mercredi 5 août 2020

Comment mon style a évolué pendant ma quarantaine




Durant cette décennie, mon corps a changé. Je n'ai pas pris énormément de poids (peut-être 4 ou 5 kilos), mais ma taille qui était bien marquée et plutôt fine jusque là s'est beaucoup épaissie. J'ai dû me résoudre à passer au 42 dans la plupart des marques pour ne pas être boudinée dans mes vêtements. 

Il y a 6 ans ou 7 ans déjà, j'ai renoncé aux jeans, dans lesquels je ne me sentais pas spécialement à l'aise et qui n'étaient guère flatteurs sur ma silhouette courtaude - sans parler de la galère pour trouver des modèles capables d'accommoder à la fois ma cambrure, mes hanches et mes cuisses.  Pendant un long moment, je n'ai plus mis que des robes et des jupes, et je m'en suis félicitée: ça demande un poil plus d'effort au moment de se préparer, mais je ne me sens plus comprimée sous la taille, et je n'ai jamais eu autant de compliments sur mes tenues (même si je ne les recherche pas, ça fait toujours plaisir). Dernièrement, les jours de flemme ou quand j'ai juste une course rapide à faire, j'ai adopté le legging de sport noir-baskets pour sortir. 

mardi 4 août 2020

[LECTURE] Les sorties d'août que j'attends avec impatience


La seconde quinzaine d'août marquera le début de la rentrée littéraire. A cette occasion, tous les ans, des titres beaucoup trop nombreux pour assurer correctement la promotion de chacun viennent s'entasser sur les tables des libraires. Cette fois, je pensais que les éditeurs réduiraient quelque peu la voilure à cause du confinement et de ses suites, mais que nenni: les chiffres s'annoncent peu ou prou identiques à ceux de 2019. Un jour, il faudra m'expliquer l'intérêt de cette surproduction qui n'augmente ni le temps dont les gens disposent pour lire, ni le budget qu'ils peuvent consacrer à l'achat de bouquins, et qui fait donc juste baisser les ventes individuelles de chaque ouvrage tout en donnant trop de boulot à tous les acteurs de la chaîne et en envoyant des tonnes d'invendus au pilon. Mais soit. Dans cette déferlante de nouveautés qui se profile à l'horizon, voici quelques titres qui sont déjà certains de trouver le chemin de ma PAL...

lundi 3 août 2020

La semaine en bref #134




Lundi:
 Renforcement des mesures anti-coronavirus en Belgique. La diminution de la bulle sociale ne va pas nous affecter; en revanche, Chouchou devra retourner faire les courses seul, et ça va être plus compliqué pour aller voir son beau-père récemment entré en maison de retraite.
Le livreur de DPD appelle pour dire qu'il a laissé un avis de passage (non seulement j'étais là et personne n'a sonné, mais notre boîte à lettres est vide...) et déposé mon colis Son de Flor au point Relais le plus proche. Au lieu d'un joli carton contenant une robe bien pliée et retenue par un ruban de satin, comme la fois précédente, je récupère une robe froissée s'échappant à demi d'une enveloppe brune déchirée. Le service client, c'est plus ce que c'était.
 Fin de la première saison de "Deadwind". L'histoire est un peu tirée par les cheveux, mais j'ai aimé revoir la Finlande, et ce court dialogue est l'une des choses les plus drôles que j'ai entendues cette année: "J'ai couché avec ton frère." "C'était bien?" "Non." "Il y a des restes au frigo." "Je t'emmerde."

dimanche 2 août 2020

[BRUXELLES] Exposition "Mappa mundi: Cartographies contemporaines" à la fondation Boghossian




Sans faire partie de mes grandes passions, la cartographie est un domaine qui m'intéresse beaucoup. Aussi avions-nous inscrit cette exposition à notre planning de sorties pour le 3ème week-end de mars. Il aura fallu nous armer de patience, mais plus de quatre mois après, nous avons enfin réussi à la voir!

vendredi 31 juillet 2020

Depuis la fin du confinement




J'ai entamé une TCC. Deux séances pour l'instant, une troisième prévue la semaine prochaine. J'ai eu la chance d'accrocher tout de suite avec la thérapeute suggérée par une amie qui l'avait consultée avant moi; elle m'a déjà fourni des pistes de réflexion intéressantes qui, sans m'apporter de solutions à ce stade, m'ont permis de recadrer la problématique de mon anxiété. Par ailleurs, je me tâte pour consulter une psychiatre histoire de déterminer une bonne fois pour toutes si je suis autiste Asperger ou pas, bipolaire ou pas en plus de mon TAG. Je suis vraiment partagée. Quoi que je décide au final, la santé mentale et ses troubles sont devenus un de mes centres d'intérêt principaux. Il y a vraiment beaucoup à en dire, et puisque je possède à la fois une connaissance intime du sujet et un certain talent pour expliquer les choses, j'ai décidé de contribuer au minimum à l'éducation de mon entourage et de mon lectorat. Je réfléchis à un moyen de faire davantage, mais ça prendra sans doute du temps.

dimanche 26 juillet 2020

La semaine en bref #133




Lundi:
Cette année, le point "Bosser en slip" aura donc été atteint seulement le 20 juillet. Vive les petites bénédictions.
 Pour la deuxième fois en 3 jours, Chouchou doit chasser une guêpe de notre chambre. Visiblement, ces satanées bestioles n'ont pas entendu parler de distanciation sociale: cette année, elles sont partout.

vendredi 24 juillet 2020

[GAND] 1898 The Post, chambre The Carriage with Terrace




Nous n'avons pas pu partir depuis octobre dernier, et nos boulots respectifs ne nous permettaient pas de prendre des vacances cet été. Comme je commençais à tirer sérieusement la langue, j'ai cherché quel genre d'escapade ou pourrait faire sans quitter la Belgique ni dépasser deux jours et une nuit, et j'en ai casé une en juillet, une en août et une en septembre. Pour la première, j'ai choisi de répéter une formule connue et adorée: ma ville belge chouchou et mon hôtel chouchou. Ironiquement, la dernière fois que nous avons passé une nuit hors de notre domicile fin 2019, c'était déjà au 1898 The Post, et ce n'était même pas notre premier séjour chez eux... mais honnêtement, je ne me lasse pas de cet hôtel magnifique, installé dans l'ancienne poste centrale de la ville. Cette fois, j'avais décidé de me faire vraiment plaisir en prenant la chambre dotée de l'unique terrasse de l'établissement, avec vue sur le Korenmarkt et l'église Saint-Nicolas. Et comme Chouchou était gravement frustré de sujets photo depuis le début de l'année, j'ai emporté plusieurs jolies robes afin de poser pour lui.

mercredi 22 juillet 2020

Les conversations absurdes #90


MOI, avec un gros soupir: Je rêve de passer une nuit dans un phare, mais il n'y en a même pas en Belgique. C'est nul. 
CHOUCHOU, ironique: Excuse-nous d'être au bord de la mer du Nord et de ses grands bancs de sable sans le moindre récif à l'horizon. En cherchant bien, tu dois en trouver, mais ce sera des petits phares moches. 
MOI, boudeuse: Ouais, des pharekes. Ca n'ira pas. Je veux un phare platonicien, rayé rouge et blanc. Idéalement dressé sur un rocher solitaire à l'entrée d'une baie. 
CHOUCHOU, pragmatique: Tu as le mal de mer; ça va être commode pour l'atteindre. 
MOI, exaltée et gesticulante: Et puis, il faudrait qu'il y ait une grosse tempête le soir où on y dormira. 
CHOUCHOU: ...Tu as peur des orages; tu fais toujours tout un flan quand il y en a un en ville. 
MOI: Hé ben, je me cacherai sous la couette et tu me serreras contre toi pour me rassurer. 
CHOUCHOU: On va payer genre 300 balles la nuit pour se terrer sous un duvet Ikea comme à la maison. Quelle idée brillante.
MOI: Non, non, on prendra des photos aussi!
CHOUCHOU: A travers des rideaux de pluie qui changeront juste le paysage en masse grise informe?
MOI: Non, car ce sera une tempête avec des gouttes suffisamment écartées pour qu'on puisse admirer la vue. Et de beaux éclairs dans le lointain pour tout éclairer.
CHOUCHOU: ...
MOI, dédaigneuse: Tu ne comprends rien à mon genre de romantisme. Je m'en fous, moi, des bouquets de roses pour la Saint-Valentin et des demandes en mariage au deuxième étage de la tour Eiffel. Je veux du gothique, tu comprends?
CHOUCHOU, pas dupe: Tu veux du gothique sécurisé, nuance.

mardi 21 juillet 2020

"L'odeur de la colle en pot" (Adèle Bréau)


En 1990, Caroline a 13 ans, et elle entre en 4ème dans un nouveau collège parisien. Le récent déménagement de sa famille n'a pas ramené l'harmonie entre ses parents, qui se déchirent un peu plus chaque semaine. Pas facile de supporter les absences fréquentes de son père, les crises de larmes de sa mère et la petite soeur qui s'accroche désespérément à elle en plus des tourments ordinaires de l'adolescence. Caroline désespère de rougir dès qu'on s'intéresse à elle, de ne pas encore avoir ses règles ni de quoi remplir un soutien-gorge - et elle se sent absolument incapable d'aborder David, le garçon qui lui plaît tant...

Malgré l'âge de l'héroïne, "L'odeur de la colle en pot" n'est pas un roman jeunesse. Non qu'il contienne des choses choquantes ou hors de portée d'un(e) ado, mais il est clairement écrit avec un recul d'adulte, une capacité d'analyse et un vocabulaire qui ne sont pas ceux d'une gamine de 13 ans. Adèle Bréau est rédactrice en chef du site Elle.fr, ce qui m'a fait quelque peu hésiter à acheter un de ses bouquins: je ne me reconnais plus du tout dans les valeurs de ce magazine, et ce depuis très longtemps. Mais j'avoue que la nostalgie des années 80 et 90, ça marche toujours très bien sur moi - et l'évocation que l'autrice en fait est très très réussie. Bien qu'un peu plus âgée de Caroline, j'ai instantanément replongé dans l'atmosphère de l'époque pré-internet... et aussi dans la tête d'une ado embarrassée d'elle-même, qui ne sait pas comment gérer ses relations avec les autres et les émotions nouvelles dont elle est la proie. Un livre juste, touchant et doux-amer que j'ai dévoré en 24 heures. 

dimanche 19 juillet 2020

La semaine en bref #132




Lundi:
 Pourquoi, quand il y a une jeune Française dans les romans américains ou australiens que je traduis, elle porte toujours un prénom de grand-mère genre Monique ou Micheline?
Je nous réserve des places pour le passage de Marina Rollman à Bruxelles fin mai 2021, et la tête me tourne de tant d'optimisme délirant. (D’habitude, même hors pandémie, mon mode opératoire c’est plutôt «m’attendre à la fin du monde chaque semaine et être agréablement surprise le dimanche soir».)

mercredi 15 juillet 2020

L'effet rebond




Après plusieurs mois très difficiles, je suis actuellement dans ce que j'appelle une de mes phases de rebond.

Chaque fois que des circonstances extérieures appuient sur mes mauvais boutons, je pars dans une spirale descendante, un cercle vicieux que chaque nouvelle supplémentaire vient alimenter. Une fois que j'ai touché le fond, je n'ai plus d'autre choix que me supprimer ou remonter. Et jusqu'ici, après avoir envisagé plus ou moins longuement la première solution, j'ai toujours fini par opter pour la seconde. C'est le début d'une spirale ascendante, l'amorce d'un cercle vertueux où chaque chose que j'arrive à voir sous un angle positif renforce ma conviction temporaire que ça va aller, que je peux triompher des obstacles et des difficultés, que le monde n'est pas si moche et l'avenir pas si noir. C'est comme si la lumière se rallumait dans ma tête et que je pouvais de nouveau respirer librement. Succédant à des semaines voire des mois de désespoir violent, ce sentiment a quelque chose de vertigineux. Au point que je me suis parfois demandé si je n'y étais pas accro inconsciemment, si je ne perpétuais pas ce cycle infernal pour le flot d'endorphines qu'il déclenche dans les phases de rebond. Comme une droguée à l'envers, qui passerait à la caisse de la descente avant d'être autorisée à planer.

mardi 14 juillet 2020

Les conversations absurdes #89


GASPARDE: Sinon, comment se porte le gros cactus? 
MOI: Le gros cactus est un salopard qui m'a fait une séance d'acunpucture en traître.
GASPARDE: S'il est beau, on lui pardonne. 
MOI: Ouais enfin je suis partie de ce principe avec mon ex et ça ne m'a pas vraiment réussi. 
GASPARDE: J'ai bon espoir que ça marche mieux avec le cactus!
MOI: Ben déjà, il aura du mal à me tromper avec une de ses élèves. 

lundi 13 juillet 2020

La semaine en bref #131




Lundi:
J'arrive chez la psy avec 35 mn d'avance. Comme il n'y a pas de salle d'attente, je dois poireauter debout dans le hall de l'immeuble. Puis la dame me reçoit avec un quart d'heure de retard. Heureusement qu'il y a du wifi public. 
 J'appréhendais ce premier rendez-vous, mais le contact passe hyper bien. Non seulement je suis soulagée de ne pas devoir tester cinquante praticiennes avant de trouver la bonne, mais celle-ci a pointe déjà du doigt deux-trois trucs très intéressants, dont j'avais conscience sans toutefois les avoir identifiés comme source potentielle de mes crises d'anxiété. Elle n'a pas volé ses 75 balles. Et elle consulte aussi par FaceTime, ce qui m'arrange car je ne devrai pas mettre ma thérapie en pause chaque fois que je serai en France. 
 Je suis rentrée chez moi depuis dix minutes à peine quand le facteur sonne à l'interphone avec un paquet plein de mignonneries envoyé par une lectrice hyper douée de ses mains. Je suis particulièrement fan de la délicate broche oiseau en perles miyuki.
 Roseline Bachelot à la Culture? Sérieusement? Le monde de demain ressemble furieusement à celui d'avant-hier. Cela dit, pour être honnête, s'ils avaient mis Aya Nakamura je râlerais aussi. (Oui, les nominations de Darmanin à l'Intérieur et de Dupond-Moretti à la Justice sont autrement problématiques. Si problématiques, en fait, que je n'ai pas du tout le coeur à en plaisanter.)

dimanche 12 juillet 2020

Qui suis-je si je ne voyage plus?




Parmi toutes les choses qui m'ont chamboulée pendant le confinement et qui ont continué à peser ensuite sur mon moral, la crainte de ne plus pouvoir voyager a occupé une place prépondérante. Et, oui, j'ai bien conscience qu'il s'agit d'une préoccupation de privilégiée (ou "problème de riche"). Mon amoureux et moi étions en bonne santé; nous avions toujours du travail et pas de problèmes financiers - difficile de demander plus en cette période si critique pour beaucoup d'autres gens. Aussi, même si l'annulation de notre road trip en Ecosse m'a beaucoup attristée, sur le coup je l'ai prise avec philosophie: ce n'était la faute de personne, tout le monde était dans la même galère, les Highlands seraient toujours là à la fin de la crise et nous serions encore plus contents d'y retourner.

mercredi 8 juillet 2020

"La ville sans vent" (Eléonore Devillepoix)


Dans la métropole sous dôme d'Hyperborée, Lastyanax, jeune mage aux origines modestes, décroche son diplôme le jour où son maître est assassiné et se retrouve propulsé ministre à sa place. Au même moment, Arka, guerrière de 13 ans au passé tragique, débarque en ville pour y chercher son père. Les circonstances vont les pousser à une improbable alliance pour déjouer les complots politiques dans lesquels ils seront pris bien malgré eux...

Si comme moi vous avez adoré les deux premiers tomes de "La passe-miroir" et que vous cherchez désespérément quelque chose d'approchant à lire, "La ville sans vent" a toutes les chances de vous séduire. D'abord, il est très bien écrit, d'un style élégant mais pas prétentieux qui fait agréablement couler les phrases. Ensuite, il propose un monde de fantasy original, que j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir - même si maintenant, j'ai envie de me déplacer en tortue le long de paisibles aqueducs plutôt qu'en bagnole sur des routes polluées. Les deux héros très mal assortis de prime abord développent une relation aussi amusante que touchante, et l'intrigue pleine de rebondissements grâce auxquels on ne s'ennuie jamais aborde au passage la question des droits des femmes et celle des inégalités sociales. Seul bémol: le manque criant de diversité des personnages. L'histoire entamée dans ce premier tome se poursuivra et s'achèvera dans le second, à paraître dès le mois d'octobre. 

dimanche 5 juillet 2020

La semaine en bref #130




Lundi:
Pas un seul commerce ouvert à l’aéroport de Blagnac, alors que je suis partie de chez ma sœur sans petit-déjeuner et que je ne serai pas chez moi avant 14h30. Heureusement, un distributeur consent à me vendre une compote de pommes et un mini-paquet de Prince - l'occasion de me rendre compte que le temps où j'adorais ça est révolu. 
 Je croyais que c'était la canicule à Bruxelles, mais il fait à peine 21° quand je descends de la navette à Luxembourg. Limite si je n'ai pas froid avec ma robe sans manches et mes sandales. Franchement, je préfère ça plutôt que crever de chaud.
  Le pad thai de Chouchou m'avait manqué. Pas autant que le cuisinier, bien entendu. 

jeudi 2 juillet 2020

Les conversations absurdes #88


Nous discutons du problème de cristaux dans l'oreille interne qui me fait perdre l'équilibre. 
CHOUCHOU: Tu n'as jamais réalisé l'expérience avec les crevettes en cours de biologie?
MOI, soupçonneuse: ...Non.
CHOUCHOU: En fait, les crevettes s'orientent grâce à leurs poils: le sens dans lequel ils tombent leur indique où est le bas. Sauf que ces poils ne sont pas assez longs pour que la gravité exerce une traction suffisante dans l'eau. Donc, elles les alourdissent en se roulant dans le sable. 
MOI, confuse: Si elles savent où est le sable, elles savent où est le bas. 
CHOUCHOU: Elles savent où est le sable parce qu'elles se sont déjà roulées dedans avant. En fait, elles passent leur temps à le renouveler pour pouvoir toujours s'orienter. 
MOI: Ce serait quand même plus simple de se laisser pousser les poils comme de bonnes féministes radicales.

mardi 30 juin 2020

Où j'invoque Jean de la Fontaine


Photo by Katarzyna Kos on Unsplash

D'ordinaire, j'attends fin décembre pour faire le bilan de l'année écoulée. Mais là, nous sommes à peine à la moitié de 2020 et j'ai l'impression qu'il s'est écoulé une décennie entière depuis que je me suis armée de mes plus belles résolutions pour commencer un nouveau chapitre de ma vie. Je le voulais plus dynamique, plus audacieux, plus confiant. Au lieu de ça, j'ai passé deux mois enfermée à la maison, annulé tous mes projets pour le futur prévisible et frôlé la tentative de suicide. Je crois que c'est ce qu'on appelle un epic fail

dimanche 28 juin 2020

La semaine en bref #129




Lundi:
 Soudain, je m'aperçois qu'un des personnages principaux du roman que je suis en train de traduire était censé en tutoyer un autre, et non pas le vouvoyer comme je lui fais faire depuis le début de ce tome. Certes, 3 ans se sont écoulés depuis que j'ai traduit le tome précédent, mais c'est justement pour éviter ce genre de bourde que je prends des notes à la fin de mes lexiques. Pourquoi je ne les ai pas consultées cette fois, mystère.
Ma soeur, répondant au téléphone quand Attila parti jouer à la pétanque avec ses potes appelle à 20h45, alors que ses parents et moi lassés de l'attendre sans avoir de nouvelles de l'heure où il rentrait avons fini par passer à table sans lui: "Auberge du Poney Fringant, j'écoute?". Le sarcasme est puissant dans ma famille.

lundi 22 juin 2020

La semaine en bref #128




Lundi:
 Ma soeur m'appelle, et on passe une heure et demie ensemble au téléphone - dont la moitié à sangloter honteusement pour ma part. Mais bon, j'arrive enfin à exprimer la peine que ça me fait de les voir si peu depuis la mort de mon père. Et du coup, je vais aller passer quelques jours à Toulouse avant de remonter à Bruxelles. Ce ne sera des vacances pour personne, et Darklulu risque de ne pas être là, mais tant pis, je prends quand même.

mercredi 17 juin 2020

"Carnet d'un voyageur immobile dans un petit jardin" (Fred Bernard)


Qu'il raconte les aventures exotiques de Jeanne Picquigny, intrépide féministe avant l'heure, qu'il fasse l'éloge de la vigne ou du comté dans de délectables chroniques, je suis toujours impatiente de découvrir le dernier album de Fred Bernard. J'aime son style d'aquarelle spontané et un peu brouillon, la pointe de fantaisie qu'il arrive à glisser partout, son attention pour les détails et l'émerveillement palpable que lui inspire la nature. Qu'il représente des lieux lointains et spectaculaires ou juste son terroir, ses paysages me donnent toujours une furieuse envie d'attraper moi aussi un crayon pour croquer tout ce que je vois. 

lundi 15 juin 2020

La semaine en bref #127




Lundi:
 Je fais le tour des appartements du rez-de-chaussée pour vérifier que les locataires ont bien reçu la consigne d'être présents vendredi matin afin de donner accès à leur jardin clôturé. La seule dame qui m'ouvre a des sourcils tracés au crayon bleu et le tour de la bouche dessiné à l'extérieur, en mauve. Elle n'est au courant de rien et ne comprend même pas de quoi je lui parle. Après coup, je réalise que je viens de discuter 10 minutes avec quelqu'un, à moins de 50 cm et sans masque. J'ai cependant moins peur d'avoir chopé le Covid-19 que de voir encore une fois l'intervention anti-fourmis charpentières échouer parce que mal organisée.
 Confrontée à la difficulté de faire un second oeil vaguement symétrique au premier dans mon portrait en cours, je commence à comprendre la démarche artistique de Picasso. 
Après m'être battue pour obtenir le remboursement de mes deux derniers billets de Thalys, je vois le site de TUI accepter mon "bon corona", m'indiquer le solde à régler pour mon vol vers Bruxelles début juillet, puis... me demander de régler l'intégralité du prix du billet. J'adapte la règle numéro un du problème informatique - éteindre et rallumer - en annulant tout, en sortant du site et en recommençant ma réservation à zéro. Victoire!

vendredi 12 juin 2020

Déconstruction intérieure




Début janvier, j'avais décidé que le grand chantier de 2020 serait la rénovation de mon appartement et la prise de renseignements administratifs, afin de préparer la mise en vente ou en location dudit appartement et mon expatriation en Belgique début 2021. Et ça me stressait d'avance de penser à tout ce que je devrais gérer seule, les prises de tête humaines ou administratives que ça engendrerait, les erreurs susceptibles d'impacter ma situation financière, sans compter le bordel matériel du déménagement lui-même.

dimanche 7 juin 2020

La semaine en bref #126




Lundi:
Une demi-heure au téléphone avec mon beau-frère dont c'est l'anniversaire. Ils ne savent toujours pas s'ils pourront partir au Japon comme prévu, et hier soir, ils ont appris que l'annonce des résultats du concours de médecine (décalé à cause du Covid-19), auquel les étudiants doivent absolument assister pour choisir leur filière s'ils sont admis, tombera pile pendant leurs vacances...
 C'est la période où Facebook me bombarde de photos de vieilles éditions des Imaginales. Je me rends compte qu'il y a des amis que je n'ai pas revus depuis les dernières auxquelles j'ai assisté, en... 2015, pfiou. Heureusement qu'il y a les réseaux sociaux pour garder le contact.

mardi 2 juin 2020

"La maison dans laquelle" (Mariam Petrosyan)


Agée d'à peine 18 ans, Mariam Petrosyan crée un univers singulier et un casting de personnages hauts en couleurs sur lesquels elle écrit pendant toute une décennie, sans aucune intention d'en faire un jour un roman publié. 15 ans plus tard, ce sont des amis à elle qui envoient son manuscrit-fleuve à un éditeur. "La maison dans laquelle" connaît un immense succès commercial et critique en Russie. Il aura pourtant fallu une recommandation de GoodReads pour m'apprendre l'existence de l'ouvrage le plus étrange et le plus fascinant que j'ai lu depuis "La maison des feuilles" de Mark Z. Danielewski - avec lequel il ne partage pas qu'un début de titre et un cadre de huis-clos. Les réactions des lecteurs qui ont laissé un avis sont exceptionnellement tranchées: je n'ai vu aucune note de 3 étoiles, la moyenne molle signifiant "j'ai bien aimé sans plus". Ceux qui se plongent dans cet ouvrage le trouvent parfaitement indigeste ou parfaitement génial - et jusqu'à la fin du premier tiers, j'avoue n'avoir pas su dans quel camp je me rangerais.

lundi 1 juin 2020

La semaine en bref #125




Lundi:
 J'ai reçu mes socquettes de la marque Chaussettes Orphelines, qui recycle les vieilles chaussettes dépareillées ou trouées qu'on peut lui envoyer grâce à une étiquette de port payé jointe à la commande. J'adore l'idée, et les socquettes sont très jolies mais... elles me grattent assez pour que je les enlève au bout de 5 minutes. Cependant, j'ai la peau tellement sensible que je ne peux même pas porter de sous-vêtements en dentelle, donc je ne suis pas une référence en la matière.

vendredi 29 mai 2020

Où je prends les mesures qui s'imposent




Pendant le confinement, la talentueuse Anne Montel (qui a créé la bannière du blog, faut-il le rappeler) publiait sur Instagram des stories la montrant en train de réaliser des dessins libres. Quand j'ai vu celui qui illustre ce billet, il m'a tellement parlé que je le lui ai réservé avant même qu'elle l'ait fini. Cette petite fille qui crie aux animaux qui l'entourent qu'elle n'a pas besoin d'eux, BORDEL, c'est tellement moi! Par rapport aux gens en général, bien sûr. Mais à ce moment-charnière où ma santé mentale recommençait à basculer vers le pire, elle incarnait aussi ma défiance envers les deux seuls moyens connus, non pas de guérir mais de traiter l'anxiété chronique: les médicaments et la thérapie.

dimanche 24 mai 2020

La semaine en bref #124




Lundi:
Sur son compte Instagram, Jordi Lafebre, le dessinateur de ma série-chouchou "Les beaux étés", confie qu'il dort sur son canapé quand il est stressé - il ne sait pas trop pourquoi. Je réponds que je fais pareil, que le changement d'endroit a un effet apaisant sur mon cerveau quand mes pensées tournent en rond, un peu comme des mini-vacances. Pierre-Henry Gomont commente que c'est la même chose pour lui, et plusieurs lectrices renchérissent dans mes messages privés. J'envisage la création d'une Secret Society of Stressed-out Sofa Sleepers avec un pyjama officiel pour chacun des membres.

mercredi 20 mai 2020

Aussi vite que possible, aussi lentement que nécessaire



Avant-hier soir, je ronchonnais ferme pendant mon appel vidéo avec Chouchou:
- Tu te rend compte que maintenant, je dois organiser un déménagement international doublé d'un déménagement local, sans aucune perspective de voyage pour me servir de carotte? Pendant un an à vue de nez, tout mon temps libre et tout mon argent vont être consacrés à des trucs hyper stressants, et je ne pourrai même pas tenir bon en pensant aux prochaines vacances. J'en déprime d'avance. 

dimanche 17 mai 2020

La semaine en bref #123




Lundi:
La tension monte de manière palpable... Plutôt que de faire du mauvais boulot sur ma trad en cours ou de ronger mon frein sur le canapé, je m'attaque aux corrections du texte que j'ai rendu fin mars. Pour une fois, je suis d'accord avec 90% des changements proposés. La preuve que les miracles sont possibles (ou juste que je m'habitue à la façon de travailler de cet éditeur, et réciproquement).
 La sortie du tome 3 de "Nevermoor", déjà repoussée de février à fin août, est maintenant annoncée pour le 15 octobre. 2020 veut vraiment ma peau. 
 Après avoir caressé la tentation de me raser le crâne durant tout le confinement, et fini par renoncer de crainte de ressembler encore plus à ma mère pendant la phase de repousse, je sors le tube de Majirel 745 acheté avant la fermeture des commerces non-essentiels pour refaire mes 5 cm de racines. Ca ne règle pas le problème de ma coupe, qui restera  en suspens jusqu'à ce que je puisse revenir à Bruxelles et aller chez Wakko. Décidément, j'ai bien fait de konmariser mes accessoires à cheveux en janvier (non).

vendredi 15 mai 2020

Où je me tape 1000 kilomètres en train 3 jours après la fin du confinement




Avertissement: ceci est un billet très peu passionnant, écrit dans le seul but de rassurer les anxieux comme moi qui devraient prendre le train dans les jours à venir. 


Ce jeudi, je l'attendais et le redoutais en même temps depuis l'annonce de la date du déconfinement. J'avais décidé que le stress de rester à Bruxelles avec Chouchou, mais en laissant en suspens tous les problèmes que je devais régler en France, serait probablement supérieur au stress d'être chez moi sans lui - même si pas de beaucoup. Du coup, j'avais réservé à prix d'or un trajet compliqué à base de Thalys + TGV + TER. Entre les grèves de la fin de l'an dernier et le confinement, je n'ai pas eu un voyage en train qui s'est passé comme prévu depuis plus de six mois, et dans les circonstances actuelles, je flippais comme une folle malgré les mesures de sécurité annoncées par la SNCF.

lundi 11 mai 2020

La semaine en bref #122




Lundi:
A peine réveillée, je commence à pleurer de stress. Elle s'annonce sympa, cette semaine...
 Dans la foulée, j'apprends que Neil Gaiman et Amanda Palmer, qui avaient l'air de vivre un confinement de rêve dans la campagne néo-zélandaise, viennent de se séparer. J'avais bien compris que leur mariage n'était pas de tout repos mais je suis super triste pour eux. Vivre ça en ce moment en plus de tout le reste, ugh.
 La nouvelle bouilloire Smeg qui a coûté un rein siffle quand on l'allume, quand on la règle, quand on la met en marche, chaque fois qu'elle passe un palier de 10° et quand elle atteint la température voulue. "On dirait R2D2", commente Chouchou, mort de rire. Moi, ça va vite me soûler.

samedi 9 mai 2020

Où je nage à contre-courant




Si tout se passe bien, je rentre en France jeudi prochain par une combinaison de 3 trains + un taxi (hors de question que je prenne le métro dans Paris). La journée s'annonce tendue, au point que Chouchou m'a très sérieusement suppliée de ne rien faire qui puisse m'envoyer en prison. Note à moi-même: arracher la tête des gens sans masque qui s'approcheraient trop de moi, c'est non. 

mardi 5 mai 2020

"Flipette et Vénère" (Lucrèce Andreae)


Flipette, c'est Clara, 26 ans, une photographe mignonne et propre sur elle qui vit dans l'heureuse ignorance du reste du monde mais commence à s'interroger sur le sens de son travail. 
Vénère, c'est Axelle, sa petite soeur piercée de partout qui a coupé les ponts avec leur famille pour s'engager dans le milieu associatif et venir en aide aux squatteurs, aux SDF, aux réfugiés, aux mineurs abandonnés et autres nécessiteux. 
Quand un accident de scooter la laisse avec une jambe dans le plâtre, leur mère demande à Clara d'aller s'installer chez elle pour lui donner un coup de main... L'occasion d'un clash violent qui les ébranlera toutes les deux jusqu'à leurs fondations mêmes.

lundi 4 mai 2020

La semaine en bref #121




Lundi:
Comment noter un bouquin très sympa, qu'on a eu beaucoup de plaisir à lire, mais qui ressemble tellement à un autre roman jeunesse hyper connu que le mot en "P" n'a pas quitté notre esprit tout au long de ses 500 pages?
 Arrivée du colis de thé à la fleur de pamplemoussier envoyé par la gentille dame de chez Sobica. Elle a joint 50g de thé au jasmin en cadeau, ainsi qu'un petit mot gentil comme tout. Voilà une commerçante qui peut compter sur ma fidélité.

samedi 2 mai 2020

Lettre à mon cerveau


J'ai écrit ce billet il y a plus de deux semaines. Depuis, j'ai recommencé à prendre des doses significatives d'anxiolytiques en continu. 




Cher cerveau,

Il est 6h du matin. Voici deux heures que tu m'as tirée d'un sommeil miséricordieusement dénué de rêves pour m'assaillir avec les mêmes questions que depuis un mois. Que se passera-t-il si je ne peux pas aller refaire le frottis au résultat ininterprétable pour lequel j'attends un second rendez-vous depuis décembre? Et si le cumulus que j'aurais dû changer au début du mois lâche en mon absence, noyant ma bibliothèque et mon voisin du dessous? Après plusieurs années de refus de la part de mes copropriétaires, puis une première tentative sabotée par l'incompétence de notre syndic, vais-je de nouveau rater la fenêtre de tir pour le traitement anti-fourmis charpentières? Si je rentre chez moi mi-mai, pourrai-je revenir en Belgique avant la fin de l'été? Si l'économie s'écroule, vais-je réussir à revendre mon appartement l'an prochain pour m'installer officiellement à Bruxelles et ne plus jamais risquer que des circonstances extérieures me séparent de mon amoureux? Et si la prochaine pandémie est beaucoup plus dangereuse que celle-ci? Et si elle provoque l'effondrement de notre civilisation?

vendredi 1 mai 2020

Ca ne serait jamais arrivé sans le confinement




J'ai pris une photo de moi uniquement vêtue de mon oreiller. Elle est ridicule et c'est mon Instagram le plus liké de tous les temps. Puis j'ai imaginé une reproduction de tableau façon @tussenkunstenquarantaine en mettant Régis à contribution. (Si vous savez qui est Régis, félicitations, vous êtes un très vieux lecteur ou une très vieille lectrice!)

mercredi 29 avril 2020

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité




De la fascination pour la culture goth qui a marqué la fin de mon adolescence et la première moitié de ma vingtaine, j'ai conservé un trait de caractère finalement peu répandu: je n'ai pas peur de contempler mes abîmes intérieurs. Quand j'étais jeune, il se peut même que j'aie un poil exagéré leur noirceur pour me sentir plus intéressante. Quelques décennies et autant de drames plus tard, la tendance s'est inversée: dans la vie de tous les jours, je parais beaucoup plus gaie et désinvolte que je ne le suis réellement. 

dimanche 26 avril 2020

La semaine en bref #120




Lundi:
Je rappelle Solange pendant que son aide-ménagère est là, et vu que c'est elle qui relève le courrier en mon absence, j'en profite pour me faire dicter le foutu code d'activation Urssaf dont je vais avoir besoin pour déclarer en ligne mes droits d'auteur 2019. Reste à savoir si ça fonctionnera.

samedi 25 avril 2020

Stratégies du réenchantement #5: Les espoirs pour après




J'espère qu'on aura eu le temps de réfléchir à ce qui est important et qu'on ne l'oubliera pas de sitôt.

J'espère qu'on se sentira plus forts d'avoir survécu à ça, plus confiants en nos ressources intérieures, plus capables d'affronter d'autres épreuves à l'avenir, et aussi plus reconnaissants pour les choses banales qu'on avait toujours considérées comme acquises.

jeudi 23 avril 2020

"Bordeterre" (Julia Thévenot)


Alors qu'ils courent après leur chien Pégase, Inès, petite teigne de 12 ans, et Tristan, son grand frère autiste amateur de mots croisés, basculent dans un monde parallèle nommé Bordeterre. Là, les nouveaux venus sont des êtres transparents qui occupent le bas de la hiérarchie sociale et servent de gibier aux nobles. Chanter est interdit sauf dérogation, et l'économie locale est basée sur le quartz qu'il faut aller pêcher au fond d'un lac inquiétant.

Manifestant des dispositions pour cette activité, Inès est recueillie par Philadelphe de Saint-Esprit, le beau Capitaine de la Garde qui l'a prise pour un garçon et rebaptisée Ignace. De son côté, Tristan se lie d'amitié avec Alma, une jeune révolutionnaire fraîchement sortie de prison qui vit dans un camping-car tracté par des poules...

mardi 21 avril 2020

Le temps suspendu




Passés l'hébétude du début, les projets à annuler, le quotidien à réorganiser, une routine s'est installée peu à peu. Inquiète, mais pas nécessairement désagréable pour ceux d'entre nous qui ont la chance d'avoir des conditions de vie décentes. On a vécu au ralenti, avec un moral qui jouait au yoyo selon les jours et l'actualité. On a renoncé à repeindre la cuisine en apprenant le coréen, ou à se foutre la pression pour quoi que ce soit d'autre hormis sortir de cette épreuve vivants et plus ou moins sains d'esprit. 

lundi 20 avril 2020

Comment je dépense mes sous pendant le confinement




J'ai la chance d'avoir encore du travail pendant cette période troublée, et aucune facture impayée jusqu'ici. Je me disais qu'avec des dépenses réduites aux charges de base et à la nourriture, j'allais pouvoir mettre plein de sous de côté. Et c'est en partie le cas - mais j'ai quand même effectué quelques achats pour égayer mon quotidien. 

Je me suis posé beaucoup de questions avant de commander: d'un côté, je ne voulais pas donner de travail supplémentaire aux travailleurs postaux et aux livreurs; de l'autre, je souhaitais aussi soutenir certains petits commerces et créateurs ou artisans pour qui le confinement risque d'avoir des conséquences catastrophiques. Pas facile de savoir quoi privilégier... Lorsque c'était possible, j'ai demandé un envoi après la levée du confinement. 

dimanche 19 avril 2020

La semaine en bref #119




Lundi:
 Sur la recommandation de Ness, je teste ce moelleux au citron tout simple et très bon, qui s'ajoute directement au court répertoire de mes recettes pâtissières de feignasse (contenant également les tartes, les crumbles, les clafoutis et le banana bread).
 Première réaction aux annonces de Micron: "Ouaiiiiiiis, je vais pouvoir rentrer chez moi mi-mai et gérer tous mes trucs en souffrance!". Deuxième réaction: "Mais comment ça, ils veulent rouvrir les écoles dans un mois? Alors que les gamins sont les plus gros porteurs asymptomatiques et la population la moins capable de respecter les gestes barrière? Au secouuuurs!". Devinez qui ne parvient pas du tout à trouver le sommeil après ça?

vendredi 17 avril 2020

"Le serment des lampions" (Ryan Andrews)


Une vieille tradition veut qu'on jette des lampions dans la rivière le soir du festival d'automne. Cette année, Ben et ses copains se sont juré de les suivre à vélo pour voir où ils finissaient. Mais les jeunes explorateurs se dégonflent un par un jusqu'à ce que Ben reste seul avec Nathaniel, un garçon un peu à part dont il n'a jamais osé devenir l'ami parce que tous les autres se moquaient de lui. Commence alors pour eux une aventure extraordinaire...

Comme plein de gens de mon entourage, j'ai un mal fou à me concentrer sur un bouquin en ce moment - alors même que j'ai plus que jamais besoin de l'évasion offerte par la lecture. Aussi, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette merveille de roman graphique qui, l'espace d'une heure, m'a transportée très loin de notre morne quotidien en ressuscitant l'âme d'enfant bien planquée sous d'épaisses couches de pragmatisme adulte. 

mardi 14 avril 2020

L'anxiété au temps du Covid-19




Depuis une semaine, je m'interroge sur la pertinence de continuer à publier sur les réseaux sociaux. Il me semble que tout est potentiellement crispant: les tentatives de positiver coûte que coûte une expérience douloureuse voire tragique pour beaucoup, mais aussi l'aveu sincère de difficultés psychologiques grandissantes. Dans les phases où je vais à peu près bien, je répugne à l'idée de passer pour une insupportable donneuse de leçons qui pontifie du haut de ses privilèges. Dans les périodes où je suis au fond du trou, je me demande à quoi ça servirait de contaminer mes lectrices qui doivent déjà avoir fort à faire pour maintenir leur propre moral à flot. 

dimanche 12 avril 2020

La semaine en bref #118



Qui va aux toilettes perd sa place dans le lit


Lundi: 
 Moi en janvier, pendant un grand tri-ménage de l'appartement: "Allez, ouste les vieux élastiques! Je n'aurai plus jamais les cheveux longs; à quoi ça me servirait de les garder?" Moi en avril, essayant de bricoler un masque maison: "...J'espère que Marie Kondo finira au Mauvais Endroit."
 Je sors compléter le Drive Carrefour désastreux de samedi. Mais Sequoia est loin de vendre tout ce dont j'ai besoin. Je jette un coup d'oeil à l'intérieur du Carrefour Market voisin: ça grouille de gens qui ne respectent pas du tout les distances préconisées. Bon, ben cette semaine, ce sera pad thai sans cacahouètes et poulet au Chardonnay bio.

lundi 6 avril 2020

La semaine en bref #117




Lundi:
Je n'ai pas du tout un naturel jaloux. En général, la réussite des autres me stimule et m'inspire; leurs dons innés ou les trucs qu'ils ont reçus à la naissance me font juste hausser les épaules en pensant que moi aussi, j'ai des qualités et des privilèges. Mais là, les gens qui traversent la pandémie avec un zen parfait, j'avoue: j'hésite entre des fantasmes de strangulation et l'envie de me jeter à genoux en me griffant le visage et en hululant: "POURQUOIIIIIIIII?" à la face du ciel.
 Pour rattraper une journée de déprime, nous commandons un délicieux dîner au Tom Yam. D'un côté, nous hésitons à nous faire livrer depuis le début du confinement parce que ça représente un risque pour nous comme pour le livreur. De l'autre, on voudrait bien que ceux de nos restos chéris qui poursuivent leur activité de traiteur survivent à la crise.

dimanche 5 avril 2020

[LECTURE] Des e-books pour soigner son moral pendant le confinement



Depuis 3 semaines, il me semble que tout le monde a du mal à lire - et ce n'est sûrement pas faute de vouloir échapper à la réalité l'espace de quelques heures. Voici donc une petite sélection de romans disponibles en français et en version numérique que j'ai trouvés particulièrement feel good.

mercredi 1 avril 2020

Stratégies du réenchantement #4: Les petites bénédictions




Depuis quelques jours, j'ai le moral au fond des chaussettes malgré mon demi-Xanax du soir; les mauvaises nuits sont de plus en plus fréquentes et je commence à être totalement démotivée pour bosser - d'autant que je n'ai reçu qu'un seul des trois paiements promis pour mars, et que je n'ose imaginer combien de temps il faudra pour qu'on me règle la grosse traduction  remise hier. Dans ces conditions, à quoi bon m'échiner à travailler? Tout me paraît vide de sens; je voudrais juste m'endormir et me réveiller une fois le confinement levé (et sans Chouchou, jamais me conviendrait tout aussi bien). Les troubles anxieux qui me pourrissent déjà la vie en temps normal ont flambé avec le nombre des hospitalisations dues au coronavirus, et je perds pied un peu plus chaque jour. Pourtant, ma situation est loin d'être dramatique et comparée à beaucoup d'autres gens, j'ai conscience que je reste hyper privilégiée. Aussi, je me suis dit que j'allais coucher par écrit toutes mes raisons de voir le verre à moitié plein.