lundi 30 mars 2020

La semaine en bref #116




Lundi:
Chouchou s'installe dans notre lit pour me déranger le moins possible pendant sa tripotée de vidéo-conférences quotidiennes. Je savais bien que même s'il ne me procurait aucune joie, ce support de laptop réglable servirait un jour! Team Marie Kondo: -10 points.
 A période exceptionnelle, mesures exceptionnelles: je tente un "la maréchale-ferrante".

dimanche 29 mars 2020

L'apocalypse en pyjama




Il y a seulement quelques mois, même mes rêves les plus délirants, jamais je n'aurais imaginé que la moitié de l'humanité passerait le printemps 2020 recluse sous la menace d'un virus. Oh, j'ai lu des romans d'anticipation qui décrivaient une pandémie, et dûment frissonné en pensant que ça pourrait bien arriver un jour. Mais après plus de deux semaines de confinement, la situation garde un côté tout à fait irréel. Sans doute parce que je suis une introvertie et que je bossais déjà à la maison, de sorte que mon quotidien est assez peu chamboulé.

mardi 24 mars 2020

Stratégies du réenchantement #3: Les tactiques pour endurer




Depuis que la Belgique a décrété la fermeture des bars et des restaurants, je ne suis sortie de chez nous qu'une seule fois, pour faire des courses alimentaires. En soi, l'enfermement ne me pèse pas outre mesure: j'y suis habituée, bien qu'avec des fenêtres de liberté qui n'existent actuellement pas. Mais la situation reste épouvantablement anxiogène pour quelqu'un qui imagine douze catastrophes par jour en temps normal. Le décompte des morts augmente chaque soir, et on est toujours incapable d'estimer quand le confinement prendra fin. En onze jours, néanmoins, quelques habitudes se sont mises en place d'elles-mêmes pour préserver ma santé mentale.

dimanche 22 mars 2020

La semaine en bref #115




Lundi:
 Ah, tiens! La semaine dernière, je déplorais la mort des blogs intimes; aujourd'hui, Caro reposte pour la première fois depuis presque un an. Du coup, je tente ma chance, sait-on jamais: JE DEPLORE FORTEMENT CETTE PANDEMIE QUI FAIT CHIER LE MONDE ENTIER, merci, bisous (de loin).

jeudi 19 mars 2020

Stratégies du réenchantement #2: La perte des repères




Quand on a compris que le Covid-19 arrivait en Europe et qu'on n'y couperait pas, mais qu'on ne se doutait pas encore trop de l'ampleur que ça prendrait, la première chose que j'ai pensée, c'est "Pourvu que ça ne nous empêche pas de partir en Ecosse pour les 50 ans de Chouchou!". Sur le coup, c'était réellement mon unique préoccupation. J'étais encore si jeune et si naïve fin février.

mardi 17 mars 2020

Stratégies du réenchantement #1: Les résolutions d'avant




Fin décembre dernier, tout le monde avait hâte de clôturer 2019 au prétexte que 2020 ne pourrait pas être pire. 
- Challenge accepté, a dit l'univers avec la voix de Neal Patrick Harris.

lundi 16 mars 2020

Les conversations absurdes #87


Avec Chouchou, on s’écrit des “lettres magiques” sur la tête pour se réconforter mutuellement. Ce soir, après son délicieux crispy chili tofu...
MOI: Je t’ai fait un G. Comme G bien mangé. 
CHOUCHOU: Et moi, je te fais un V. Comme Vroom Vroom. 
MOI: ...Pour aller très vite nulle part, vu qu’on est confinés jusqu’à nouvel ordre?

dimanche 15 mars 2020

La semaine en bref #114




Lundi:
Je craque et, à titre d'auto-cadeau d'anniversaire un poil en avance, je m'offre une deuxième toile de Jurij Frey. Si je plisse un peu les yeux, cette fille assise face à la mer, ça pourrait être moi...
 Chouchou a fait nuit blanche pour réparer le site d'un de ses clients. Je ne sais pas comment il tient; moi, je ne pense pas que j'arriverais à être efficace dans ces conditions.
 Une copine qui en a pas mal bavé est enceinte de 5 mois. Je suis ravie pour elle - et très envieuse de l'optimisme de tous les gens qui continuent à faire des enfants alors que l'humanité me semble promise à sa perte dans le demi-siècle à venir.

mardi 10 mars 2020

"Le voyage d'Abel" (Isabelle Sivan/Bruno Duhamel)


Dernier-né d'une famille de paysans, Abel a vu tous ses frères quitter Reclesme l'un après l'autre, et malgré son désir d'entrer dans la marine, il n'a pas eu d'autre choix que de reprendre la ferme de ses parents. Aujourd'hui, c'est un vieux garçon bougon qui vit avec son chien et ses brebis pour seule compagnie, et qui radote chaque fois qu'il achète du saucisson à la fille de son béguin de jeunesse. Mais peut-être n'est-il pas trop tard pour réaliser ses rêves d'évasion...

"Le voyage d'Abel" est un album quasi-monochrome, dont les variations de gris-bleu donnent parfaitement le ton de cette tranche de vie immobile. Abel est un héros attachant, sempiternel râleur qui a courbé l'échine devant les exigences de la vie mais s'obstine à entretenir une flamme d'espoir vivace tout au fond de lui. Même les moqueries des habitués du bistrot local, qui ne voient pas plus loin que les limites de leur village, échouent à l'atteindre: contrairement à eux, il a de l'imagination et une irrépressible envie d'ailleurs.

Parce qu'il serait dommage de déflorer la suite, je vous invite à la découvrir vous-mêmes un jour où vous serez prêt(e)s à vous laisser prendre le coeur par cette histoire terriblement émouvante.

lundi 9 mars 2020

Safe spaces



Autrefois, lorsque j'ouvrais mon agrégateur de fils RSS le matin, j'y trouvais au moins une douzaine de nouveaux articles de blogs, presque tous dans la catégorie intime. Aujourd'hui, plusieurs jours s'écoulent parfois avant qu'il en apparaisse un seul dans mon Feedly. Presque toutes les blogueuses, archi-populaires ou un peu moins, que je prenais plaisir à suivre au début des années 2010 ont disparu d'internet, ne publient plus que trois fois par an ou se concentrent désormais sur Instagram. Même Pensées by Caro, le seul blog intime de ma connaissance qui avait démarré à la même époque que moi et qui conservait un rythme de publication aussi soutenu, a fini par s'arrêter au printemps dernier. Et je n'ai pas trouvé de nouveaux blogs pour remplacer ceux dont les autrices avaient tourné la page. Les femmes de ma génération ont sans doute autre chose à faire de leur (rare) temps libre; les plus jeunes tendent à préférer d'autres canaux d'expression tels que chaînes YouTube ou podcasts. 

dimanche 8 mars 2020

La semaine en bref #113




Lundi:
 Soulagement: la copine aspirante écrivaine dont j'ai relu le manuscrit ce week-end n'a pas du tout mal pris mes critiques. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne me livre jamais à ce genre d'exercice, en principe: je ne sais pas mentir - je n'en vois pas l'intérêt -, mais je déteste froisser les sentiments de gens dont je sais très bien qu'ils ont investi beaucoup de temps et de coeur dans leur projet. Là, heureusement, il y avait aussi plein de bonnes choses à souligner. 

mercredi 4 mars 2020

[LECTURE] Les sorties de mars que j'attends avec impatience


ROMANS:

"The Glass Hotel(en anglais seulement, mais sans doute pas pour bien longtemps), le nouveau roman d'Emily St. John Mandel dont le "Station Eleven" m'avait fait une si forte impression il y a quelques années. Vincent is the beautiful bartender at the Hotel Caiette, a five-star glass-and-cedar palace on the northernmost tip of Vancouver Island. New York financier Jonathan Alkaitis owns the hotel. When he passes Vincent his card with a tip, it's the beginning of their life together. That same day, a hooded figure scrawls a note on the windowed wall of the hotel: 'Why don't you swallow broken glass.' Leon Prevant, a shipping executive for a company called Neptune-Avramidis, sees the note from the hotel bar and is shaken to his core. Thirteen years later, Vincent mysteriously disappears from the deck of a Neptune-Avramidis ship. Weaving together the lives of these characters, Emily St John Mandel's The Glass Hotel moves between the ship, the skyscrapers of Manhattan, and the wilderness of remote British Columbia, painting a breathtaking picture of greed and guilt, fantasy and delusion, art and the ghosts of our pasts. Sortie le 24

mardi 3 mars 2020

Bienvenue dans mon vide-dressing!




Au cas où l'info vous aurait échappé sur mon Instagram et sur la page Facebook du blog, j'ai créé hier un Instagram spécial vide-dressing pour y revendre mes chaussures (pointure 36), vêtements (taille 38, 40 ou 42) et sacs à main pas ou peu portés. Vous trouverez un permalien dans la colonne de droite. 

Sur les 12 pièces mises en ligne hier, 3 étaient déjà vendues dans la soirée, merci aux acheteuses! J'ai supprimé les annonces qui n'avaient plus lieu d'être au fur et à mesure, et je devrais mettre en ligne quelques articles supplémentaires aujourd'hui. Ils resteront à Monpatelin, que je quitterai en fin de semaine; donc, si l'un d'eux vous intéresse, manifestez-vous rapidement pour ne pas devoir attendre mon retour de Bruxelles!

La semaine prochaine, ce sera au tour de mes placards fritelandiens de subir une opération amincissante, d'où une nouvelle vague d'annonces. Pour celles-ci, une remise en mains propres sera envisageable si vous habitez Bruxelles ou les environs. Et si tout se passe bien, d'ici le printemps, vous pourrez admirer mes trois plus grosses erreurs d'achat de tous les temps - dont deux sacs à main de marques de luxe. Mon sens de la dignité s'étant fait la malle en même temps que mes sous gaspillés, vous aurez même le droit de vous moquer de moi quand je vous raconterai le pourquoi du comment!

lundi 2 mars 2020

La semaine en bref #112




Lundi:
 La récap hebdomadaire publiée ce matin est mon 6000ème billet disponible sur le blog. Ahouiquandmême.
Tiens, les Knees to Chin ont élargi leur carte et proposent désormais des baos honorables, ainsi que des salades de nouilles de riz franchement délicieuses. Surtout celle à l'aubergine teriyaki.
 "Quand tu angoisses, tu accélères; quand j'angoisse, je freine". Chouchou vient de résumer en une phrase la différence fondamentale entre nos anxiétés respectives.

vendredi 28 février 2020

Les côtés positifs de l'anxiété chronique




Ca va bientôt faire douze ans que mon anxiété chronique me pourrit la vie dans les grandes largeurs. Tous mes efforts pour la contrer n'ont réussi qu'à procurer des répits occasionnels et me doter d'une panoplie d'outils qui, sans être miraculeux, me permettent de la gérer au quotidien - plus ou moins bien selon les périodes et la gravité des déclencheurs, mais ceci est une autre histoire. Aujourd'hui, je voulais vous parler des effets positifs de cette anxiété chronique. Car même s'ils sont loin de contrebalancer ses effets négatifs, ils existent.

jeudi 27 février 2020

"Miss Charity T1: L'enfance de l'art" (Loïc Clément/Anne Montel)


A l'origine, il y a un formidable roman jeunesse de Marie-Aude Murail paru à l'Ecole des Loisirs. Inspiré de la biographie de Beatrix Potter, la créatrice anglaise de Pierre Lapin, "Miss Charity" est l'un rares livres m'ayant suffisamment enchantée pour que je le conserve et le relise quelques années plus tard. J'étais donc obligée de me jeter dès le jour de sa sortie sur cette adaptation en bédé réalisée par mon duo fétiche.

Dans le premier tome de ce qui devrait être une trilogie, nous faisons la connaissance de Charity Tiddler, une fillette de la bonne société victorienne qui ne reçoit guère d'attention de ses parents. Sa mère se soucie uniquement qu'elle se montre pieuse et docile; son père ne lui adresse pratiquement jamais la parole. Afin de tromper son ennui, Charity collectionne toute sorte d'animaux éclopés ou promis à la casserole, dont elle aime observer et décortiquer le comportement. Sa vive curiosité fait d'elle une naturaliste dans l'âme, capable de considérer les réalités de la vie sans dégoût ni excès de sentimentalisme. Le jour où sa gouvernante Blanche l'initie à l'aquarelle, un monde nouveau s'ouvre à elle...

mercredi 26 février 2020

Comment je m'y prends pour traduire un roman (2/2)




PREMIET JET / RELECTURE

Certains de mes collègues font un premier jet kilométrique et passent ensuite beaucoup de temps à le mettre en forme. Moi, c'est l'inverse: je soigne énormément mon premier jet, et en relecture, je me contente de supprimer les coquilles et les répétitions, de corriger quelques tournures maladroites, d'améliorer un jeu de mots ou de remplacer un terme du lexique si j'ai eu une meilleure idée entre-temps. Pour un roman dont la traduction m'a pris deux mois, je consacre deux ou trois jours à la relecture avant envoi à l'éditeur, pas davantage.

DICTIONNAIRE(S)

Lorsque j'ai commencé à exercer, en 1994, mon unique outil était un gigantesque Harrap's papier en deux volumes. Il prenait une place dingue; il était horriblement lourd à manier, et la plupart du temps, je n'y trouvais pas les termes trop spécifiques que je cherchais. Quant aux références culturelles, si je ne les comprenais pas, c'était une énorme galère pour réussir à les clarifier. De ce point de vue, l'apparition d'Internet a révolutionné ma vie professionnelle.

Aujourd'hui, si j'ai un doute sur un nom appartenant à un champ lexical que je maîtrise mal ou une expression peu usitée en langage courant, je commence par chercher dans le dictionnaire en ligne Lexilogos, ou tout simplement sur Google. Internet regorge de sites dédiés à tous les sujets possibles et imaginables; si je bute sur le nom français des figures de cheerleading, comme ça m'est arrivé récemment, je trouverai toujours une liste de vocabulaire anglais/français mise en ligne par une pratiquante passionnée. Il faut juste chercher un peu. 

Je n'hésite pas non plus à faire appel aux connaissances de mes collègues - sur Facebook, nous avons un groupe d'entraide réservé aux traducteurs de l'imaginaire - ou même de mon entourage: "Dis, toi qui pratique le XXX, comment tu appelles le bidule qui sert à YYY?". Enfin, le français supportant beaucoup plus mal les répétitions que l'anglais, le dictionnaire des synonymes du Crisco m'est souvent d'une aide précieuse. 

LEXIQUE

Lorsque je traduis une série, particulièrement si elle se déroule dans un monde imaginaire avec énormément de termes inventés, j'établis un lexique dans un fichier distinct, afin de ne pas risquer d'incohérences de traduction d'un tome sur l'autre (et aussi par charité envers le traducteur qui prendrait éventuellement ma relève si je devais abandonner cette série pour une raison de santé ou de planning). J'y consigne le vocabulaire spécifique et les noms de lieux, ainsi que certaines expressions qui reviennent fréquemment. Par ailleurs, je tiens à jour une liste de tutoiement et de vouvoiement entre les personnages - une distinction qui n'existe pas en anglais et qui est donc laissée à l'appréciation du traducteur.

CORRECTIONS

Quelle que soit l'attention apportée à mon travail, il reste TOUJOURS une erreur quelque part, et plein de petites choses qui pourraient être améliorées - soit objectivement, soit selon les critères spécifiques de l'éditeur. Chacun de mes clients a une liste personnelle de bêtes noires, verbes qu'il refuse d'employer ou tournures qu'il déteste, et j'ai du mal à me souvenir de toutes. Une fois que j'ai remis ma traduction, quelqu'un (parfois une éditrice junior, parfois une correctrice free lance) la relit donc pour proposer des changements.

La quantité de corrections suggérées varie énormément d'un éditeur à l'autre, et même d'un ouvrage à l'autre selon la personne qui m'a relue. Il arrive qu'il n'y ait pratiquement rien, et il arrive aussi que je peine à reconnaître mon texte. Il arrive que je trouve le travail de la correctrice ultra-pertinent, et il arrive aussi que je m'arrache les cheveux en découvrant mon texte truffé d'erreurs qui ne s'y trouvaient pas à la base. Je suis libre de refuser toute correction relevant uniquement d'une appréciation subjective. Mais il n'est guère judicieux de se battre pour des peccadilles, d'autant que je m'efforce toujours de justifier ma réaction par écrit et que ça prend un temps délirant.

Lorsqu'il a reçu mon retour, l'éditeur valide les corrections que j'ai acceptées, et le texte part en composition. Au bout d'un délai variable, je récupère un nouveau fichier appelé épreuves corrigées, et c'est là l'ultime possibilité de signaler un problème avant que le texte soit envoyé chez l'imprimeur. A ce stade, normalement, il ne doit rester que très peu d'erreurs, et elles ont le plus souvent trait à la mise en page. Mais je ne crois pas avoir jamais tenu entre mes mains un livre publié dans lequel il ne subsistait pas au moins une coquille. 

mardi 25 février 2020

Comment je m'y prends pour traduire un roman (1/2)




POSTE DE TRAVAIL

Depuis que je mène une vie semi-nomade, je n'ai plus de poste fixe: juste un ordinateur portable 13" que je trimballe partout avec moi - et dont le clavier souffre beaucoup des cadences infernales que je lui impose. Du temps où les éditeurs mettaient en traduction des textes déjà parus dans leur pays d'origine, ils m'envoyaient un exemplaire VO que je posais à gauche de mon écran sur un lutrin; aujourd'hui, je travaille 80% du temps à partir de PDF d'ouvrages pas encore publiés. J'ouvre donc deux fichiers sur mon écran: la VO à gauche et ma VF à droite. Encombrement minimum, d'autant que je n'utilise même pas de souris - juste le touchpad, que je manie avec une précision olympique. Mais il faut bien admettre que ça n'est sans doute pas très bon pour mes yeux. La plupart de mes collègues, surtout à partir d'un certain âge, travaillent le plus souvent possible sur poste fixe avec un grand écran, et je devrai sûrement y revenir un jour.