samedi 2 mars 2019

Envies de mars




le tome 4 des aventures de Veronica Speedwell
(héroïne de romance policière historique à la langue bien pendue)

le nouveau Sophie Calle
(dont le sujet me touche particulièrement)

ce livre de recettes véganes
(la chaîne Youtube de Bosh! me met sérieusement l'eau à la bouche)

un repas au restaurant inclusif 65 degrés
(quelle merveilleuse idée - par contre, ça va être chaud pour caler ça un midi en semaine)

un abonnement à Find What Feels Good Yoga
(parce que je suis tout à fait obsédée par Adriene et que son message autant que ses cours me fait un bien fou)

cette bougie de soja au pamplemousse et au gingembre
(deux de mes odeurs préférées)

ce masque de sommeil
(hideux mais sûrement très efficace)

ces chaussons Giesswein
(la Rolls autrichienne de la pantoufle, d'après une amie qui en a une paire)

(en rupture sur le site, mais je crois avoir vu la même dans la vitrine d'un magasin au début de la rue Dansaert)

ces solaires pinup YSL
(comme je ne m'imagine pas plus mettre ce prix dans des lunettes de soleil, c'est juste pour le plaisir des yeux - si je puis dire)

jeudi 28 février 2019

Lectures de Février 2019





ROMANS:
- Louis & Louise (Julie Cohen) ♥︎♥︎
- Tell the wolves I'm home (Carol Rifka Brunt) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The Mussorgsky riddle (Darin Kennedy) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- La grande traversée (Shion Miura) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Number one chinese restaurant (Lillian Li)
- Good omens (Terry Pratchett/Neil Gaiman)* ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- The midnight hour (Benjamin Read/Laura Trinder) ♥︎♥︎♥︎
- Mist, metal and ash (Gwendolyn Clare) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Fair-play (Tove Jansson)
- The librarian (Salley Vickers) ♥︎♥︎♥︎
- The Stravinsky intrigue (Darin Kennedy) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGAS:
- La fille dans l'écran (Manon Desveaux/Lou Lubie) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Je suis née dans un village communautaire (Kaya Takada)
- Un peu de tarte aux épinards (Philippe Pelaez/Javier Sanchez Casado) ♥︎♥︎
- Les jours qui restent (Eric Dérian/Magalie Foutrier) ♥︎♥︎
- Strangers in paradise XXV #10 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Heartbroken chocolatier T5-9 (Setona Mizushiro) ♥︎♥︎♥︎
- Ce que font les gens normaux (Hartley Lin) ♥︎♥︎♥︎
- Adieu mon utérus (Yuki Okada) ♥︎♥︎♥︎
- Yasmina et les mangeurs de patates (Wauter Mannaert) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS:
- Planting gardens in graves vol. 1 (r.h. Sin) ♥︎
- Draw your day (Samantha Dion Baker) ♥︎♥︎♥︎♥︎


Mon cultivateur de bonnes habitudes

"Yasmina et les mangeurs de patates" (Wauter Mannaert)


Malgré son jeune âge, Yasmina est déjà une cheffe émérite, qui réussit à préparer de savoureux petits plats à partir des légumes donnés par ses deux amis jardiniers Cyrille et Marco. Mais le jour où un méchant fabricant de patates en sachet rase les potagers pour y installer son usine, la fillette se retrouve bien embêtée. Ce n'est pas avec le maigre salaire d'Omran, son papa employé dans un fast-food, qu'elle va réussir à acheter des tomates à près de 3€ le kilo. Heureusement, elle arrive à se servir en douce dans le jardin qu'une mystérieuse voisine cultive sur le toit de son immeuble. Puis les patates en sachet envahissent les magasins, connaissant un succès fou, et les gens qui en ont mangé se mettent à se comporter très bizarrement... 

On aura compris depuis longtemps que je suis incapable de résister à une bédé culinaire. Mais outre son thème alléchant, "Yasmina et les mangeurs de patates" coche pratiquement toutes les cases de ce que j'adore en bande dessinée. Sur le plan graphique: absence de cases, longues plages muettes et néanmoins très parlantes, bâtiments vus en coupe et architecture originale, gros plans d'assiette, belles illustrations pleine page... Sur le plan de la narration, une jeune héroïne racisée, futée et militante du bien-manger, des personnages secondaires divers et attachants malgré leurs petits travers, des échanges hyper drôles (notamment entre le jardinier tradi et le fou du bio, ou entre Omran et ses collègues qui, voyant ses bento végétariens, soupirent qu'eux, sans viande et sans frites, ils ont de nouveau faim à 16h). Même si j'ai davantage aimé le côté "tranche de vie" de la longue mise en place que l'aventure qui s'emballe dans le dernier tiers, le récit est original et maîtrisé, sans aucun temps mort. Et malgré son côté parfois farfelu, il fait passer de très chouettes idées. Mon avis: il vous le faut. Pas encore convaincu? Allez lire les 24 premières pages ici

Traduction de Laurent Bayer



mercredi 27 février 2019

Gérer les angoisses: un exemple illustré





Ce matin, histoire de titiller autre chose que ma misanthropie rampante très excitée par les événements des derniers jours (que je vous laisse découvrir dans ma future récap hebdomadaire), l'univers a décidé de m'envoyer une épreuve de nature administrative. 
Mi-janvier, constatant que je n'étais pas prélevée de mes cotisations Agessa, j'ai envoyé un mail auquel on m'a répondu que le souci était de leur côté, et que l'échéance de janvier serait prélevée en même temps que celle de février. Pour une fois que les problèmes d'un de mes interlocuteurs se révélaient bénéfiques à ma trésorerie, j'ai trouvé ça plutôt cool. 
Mi-février, toujours rien. Ce matin, par curiosité, je me connecte à mon espace personnel: mon échéance de janvier est notée comme en retard et à régler auprès de l'Urssaf du Limousin, désormais chargée du recouvrement des contentieux (ne cherchez pas, ça fait partie de l'usine à gaz de la réforme de la Sécu des auteurs).

"Adieu, mon utérus" (Yuki Okada)


Yuki Okada a 33 ans, un mari très pris par son métier de mangaka, une petite fille de deux ans et demi et une carrière qui décolle enfin quand elle découvre qu'elle a un cancer du col de l'utérus. Dans ce manga en un seul tome, elle raconte son parcours depuis le diagnostic jusqu'à la radiothérapie qui a suivi son opération. Très angoissée de nature, elle doit faire le deuil d'un éventuel deuxième enfant, gérer l'idée d'une ménopause précoce, mais aussi apaiser les craintes de ses proches et gérer les répercussions matérielles que sa maladie va avoir sur eux. 

Le sujet n'est certes pas très gai, mais l'autrice ayant publié "Adieu, mon utérus" cinq ans plus tard, on sait d'entrée de jeu que son histoire se termine bien. Elle la raconte avec beaucoup de candeur et de sensibilité, sans toutefois s'apitoyer sur son sort. J'ai été particulièrement touchée par la solidarité entre elles et les autres patientes qui partagent sa chambre - la manière dont leur présence, qu'elle vit d'abord comme une agression, finit par lui apporter courage et réconfort. Toutefois, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur l'après-hystérectomie. J'ai regretté qu'elle ne parle pas vraiment des suites de l'opération, des conséquences sur sa santé et sa forme physique, de ce que ça avait pu changer à sa manière d'appréhender la vie. Du coup, bien que ce manga soit intéressant, je l'ai refermé un peu frustrée. 

Traduction de Mireille Jaccard

dimanche 24 février 2019

La semaine en bref #59





Lundi:
★ Remarquant le patch Harry Potter que m'a offert Gasparde, Chouchou s'étonne: "Pourquoi Ravenclaw? Tu es Slytherin, non?". Comme plan B de carrière, il peut tirer un trait sur Choixpeau. 
En revanche, 12 ans et 4 mois après notre rencontre, je suis toujours aussi séduite par son risotto à l'huile de truffe (même si les champignons de Paris ont remplacé les pleurottes depuis belle lurette pour des raisons de commodité!). 

vendredi 22 février 2019

En profiter tant que ça dure




D'ordinaire, le moins qu'on puisse dire de février, c'est que ce n'est pas mon mois préféré: le bel élan de janvier s'est tassé, l'hiver commencer à s'éterniser et le printemps semble encore loin. La seule chose qui le rachète un peu, c'est qu'il a le bon goût d'être court. Mais cette année, février est un mois de renaissance après plus d'un semestre passé la tête sous l'eau, à angoisser de ne plus trouver assez de boulot, à galérer pour me faire payer le peu de travail effectué, à me rendre compte à quel point mon identité et mon estime de moi sont liées à mon métier et à l'indépendance financière qu'il m'a procurée jusqu'ici, à entretenir des idées très noires et à bloquer mon entourage parce que je fonctionne comme ça: mes problèmes, j'ai besoin de les ruminer dans mon coin jusqu'à ce que je leur trouve une solution. Il paraît que vers 3-4 ans, tous les jeunes enfants traversent une phase où ils veulent tout faire tout seuls; moi, ça ne m'a jamais passé. 

mercredi 20 février 2019

"A la Saint-Aimée, fais la liste de tes qualités"






Je viens de voir passer ce dessin sur le compte Instagram de l'illustratrice Margaux Motin, et je trouve que c'est une excellente idée. Il me semble d'ailleurs que j'avais déjà conseillé cet exercice dans un challenge de pensée positive il y a quelques années, mais si je ne m'en souviens plus exactement, c'est qu'il est temps de recommencer! Alors, je me lance. 

dimanche 17 février 2019

La semaine en bref #58





Lundi:
L'éditrice qui m'a proposé une trad vendredi dernier me prévient aujourd'hui qu'elle a également demandé un essai à un de mes collègues. La remise n'est absolument pas pressée, le texte ne comporte aucune difficulté particulière, le style est assez bateau: pourquoi employer ce procédé qui, même si nous faisons tous les deux du bon travail, signifie que l'un de nous aura bossé pour rien? 

vendredi 15 février 2019

[BRUXELLES] Les brunchs du dimanche (55): Train Bistro





J'adore les trains - mon petit côté Sheldon Cooper, sans doute. Alors, quand j'ai lu plusieurs critiques de blog élogieuses sur le brunch d'un nouveau restaurant appelé le Train Bistro et situé à deux pas de mon musée bruxellois préféré, le Train World, je me suis dépêchée de réserver une table pour le dimanche suivant. 

jeudi 14 février 2019

Les conversations absurdes #55


CHOUCHOU, après avoir vu une vidéo d'écureuil mignon: En fait, il faudrait s'abonner à The Dodo
MOI: Déjà fait depuis longtemps. Comment crois-tu que je survis en cas de grosse déprime? Les jours où le monde est trop horrible, The Dodo, c'est mon seul réconfort. 
CHOUCHOU: Moi j'écoute les émissions de Rachel Maddow. 
MOI: ...Je ne suis pas certaine que tu aies bien bien compris la notion de réconfort.


Mon cultivateur de bonnes habitudes

mardi 12 février 2019

"La grande traversée" (Shion Miura)


Jeune homme discret et emprunté, Majimé se voit bombardé éditeur d'un dictionnaire en cours d'élaboration. Il ne le sait pas encore mais ce projet ambitieux, baptisé "La grande traversée", va prendre une quinzaine d'années de sa vie...

Enorme succès commercial au Japon, où il a également été adapté sous forme de film et de dessin animé, "La grande traversée" a pourtant mis du temps à me séduire. La quatrième de couverture laissait supposer une forte composante gastronomique à travers le personnage de Kaguya, dont Majimé est amoureux et qui est tout aussi obnubilée par la cuisine que lui par la lexicographie. En réalité, le sujet est à peine évoqué, ce qui m'a  déçue au point que j'ai failli abandonner ma lecture en cours de route. 

Et puis je me suis attachée à ce héros improbable qu'est Majimé. Un peu excentrique, il se fiche des apparences, ne se souciant que de faire le meilleur travail possible: approcher au plus près la vérité de chaque mot, en répertorier toutes les nuances possibles, décider quels termes désuets doivent être éliminés pour faire place à d'autres plus modernes. Un labeur de fourmi dans lequel il met toute son énergie et tout son coeur. Il n'a pour l'assister qu'une équipe réduite: deux hommes âgés spécialistes des dictionnaires, une secrétaire à mi-temps, un collègue désinvolte et moqueur qui va devenir pour lui un précieux allié, et plus tard, une jeune femme d'abord contrariée par sa mutation mais que l'enthousiasme de Majimé va gagner peu à peu. Malgré des années d'incertitude quant au sort de "La grande traversée", il fait preuve d'une obstination sans faille, d'un dévouement à la pureté contagieuse. 

J'ai aimé sa relation peu conventionnelle avec Kaguya, chacun se consacrant entièrement à sa passion et respectant celle de l'autre au détriment d'une vie de famille classique. J'ai aimé l'ambiance du service des dictionnaires, relégué par la maison d'édition dans un vieux bâtiment délabré, insuffisamment financé et considéré avec une pointe de mépris par les autres employés, mais qui se transforme en ruche bourdonnante durant la période de bouclage. J'ai aimé la plaisanterie pourtant pas très fine de Nishioka, prétexte à une annexe amusante à la fin du roman. Bref, même si ce n'était pas tout à fait le roman que je pensais lire lorsque je l'ai acheté, je l'ai finalement beaucoup apprécié. 

Traduction de Sophie Refle

lundi 11 février 2019

La semaine en bref #57





Lundi:
★ Ma prochaine trad n'étant pas pressée du tout, je prends la journée pour m'occuper de diverses corvées. Par exemple, nettoyer la montagne de vaisselle sale accumulée ce week-end cause panne de lave-vaisselle. Ou aller chercher un colis à la poste, et en profiter pour faire les poubelles en quête d'un carton avec lequel envoyer ma prochaine vente Momox. 
★ Plus réjouissant: Chouchou crée une Google Map pour notre prochain séjour à Porto, et je commence à la remplir. Le challenge de ce voyage consistera à organiser une excursion d'une journée au parc naturel de la Serra de Estrela. 

dimanche 10 février 2019

"The Mussorgsky riddle" (Darin Kennedy)


Investigatrice psychique, Mira Tejedor est appelée au secours d'un garçon autiste de 13 ans qui a brusquement sombré dans l'apathie. Si d'ordinaire elle se contente de percevoir les émotions d'autrui, avec Anthony Faircloth, elle plonge dans un univers mental extrêmement codifié, structuré selon "Tableaux d'une exposition" du compositeur Moussorgski...

Voilà un policier fantastique fort original! L'héroïne mène l'enquête à la fois dans le monde réel et dans une oeuvre de musique classique dont chaque personnage est une émanation de la psyché fracturée d'un adolescent. Qu'est-ce qui a bien pu traumatiser Anthony au point qu'il se retranche totalement en lui-même? Bien qu'un peu lentes à mon goût, les révélations sont amenées avec beaucoup d'habileté et aboutissent à une résolution qu'on ne voit pas venir à vingt kilomètres. Intrigant et très réussi, "The Mussorgsky riddle" peut tout à fait se lire seul, mais l'auteur a écrit deux autres tomes avec la même héroïne et sur le même principe, sur lesquels je me pencherai probablement plus tard. 

Les conversations absurdes #54


MOI: J'aime avoir du vernis à ongles sur les orteils, ça me donne l'impression que mes pieds me sourient.
CHOUCHOU: Bah moi j'ai pas de vernis à ongles, et mes pieds me sourient toujours.
MOI: Mais tes pieds sont bizarres. Moi j'ai les pieds égyptiens, avec les orteils bien rangés par ordre décroissant de grandeur. Toi tu en as un grec, avec le deuxième orteil plus long que le gros, et un romain, avec le deuxième orteil de la même longueur que le gros.
CHOUCHOU, fièrement: Je suis citoyen du monde, j'ai les pieds fusion. 


Mon cultivateur de bonnes habitudes

jeudi 7 février 2019

"Dites aux loups que je suis chez moi" (Carol Rifka Brunt)


En 1987, dans l'Etat de NewYork. June a 14 ans lorsque son oncle adoré meurt du Sida. Finn était un artiste renommé qui venait juste d'achever un portrait de ses deux nièces. A son enterrement, June aperçoit un homme que sa soeur aînée Greta et leurs parents traitent d'assassin. Il s'appelle Toby, et il était le compagnon de Finn depuis presque dix ans. D'abord blessée d'apprendre que son oncle lui a caché tout un pan de sa vie, June trouve bientôt un message dans lequel Finn lui demande de veiller sur Toby, également malade et désormais seul au monde. Une amitié étrange naît entre eux...

On pourrait faire beaucoup de reproches au premier roman de Carol Rifka Brunt. June est l'archétype de l'ado maussade, persuadée que personne ne la comprend. Greta est jalouse et cruelle; leur mère, amère et injuste; leur père, falot et inexistant. Toby suscite la compassion mais se comporte en irresponsable total d'un bout à l'autreSérieusement, il n'y a pas un personnage pour rattraper l'autre - hormis Finn, sorte de saint intouchable mais essentiellement vu à travers les yeux de ses proches, sans qu'on sache à quel point l'image qu'ils s'en font correspondait à la réalité. 

Même avec des parents très pris par leur travail, June jouit d'une liberté de mouvement assez peu crédible pour son âge. Pourtant, son portrait psychologique est fouillé et accrocheur, notamment dans l'approche de ses sentiments les plus inavouables. Même si j'ai rouspété intérieurement tout le long, j'ai lu "Dites aux loups que je suis chez moi" presque d'un trait. L'autrice dépeint avec justesse les réactions que suscitait le Sida à la fin des années 80: la curiosité morbide du public, la honte de l'entourage, l'isolement des malades. Elle tisse des relations familiales complexes et douloureuses dans l'ensemble, mais leur offre une résolution aussi créative qu'émouvante. 

Traduction de Marie-Axelle de La Rochefoucauld

mercredi 6 février 2019

Les conversations absurdes #53


CHOUCHOU, dans un grand élan d'amour: Tu ne peux pas imaginer à quel point on est bien tous les deux. 
MOI, un peu surprise: Euh, tu sais, je suis là aussi. J'assiste au bouzin. 


Mon cultivateur de bonnes habitudes

mardi 5 février 2019

[BRUXELLES] Dream Box au MIMA





En fin de semaine dernière, le MIMA a ouvert au public la nouvelle exposition qui occupera ses locaux de Molenbeek jusqu'à début septembre. Les Instagram d'influenceurs invités au vernissage faisaient très envie; aussi, nous nous sommes précipités sur place dès le premier week-end. "Il n'y a pas d'explication; c'est à votre imagination de faire le travail", nous prévient l'employé qui distribue les tickets à l'entrée. Nous comprenons très vite ce que ça signifie. Les installations sont délirantes du point de vue esthétique, géniales à photographier, mais on y chercherait en vain un message ou un sens. Elles sont jolies et ludiques, point. Ce qui n'est déjà pas si mal comparé à beaucoup d'oeuvres d'art contemporain.

lundi 4 février 2019

"La fille dans l'écran" (Manon Desveaux/Lou Lubie)


Coline souffre d'une phobie sociale paralysante qui l'a conduite à abandonner ses études et se réfugier chez ses grands-parents, à Périgueux. Dans le cadre de son travail Une sur un projet d'album jeunesse, elle contacte Marley, une Française qui s'est installée à Montréal afin de poursuivre sa passion pour la photo, mais qui stagne dans un job alimentaire et une relation amoureuse insatisfaisante. Une complicité très forte se tisse entre les deux jeunes femmes par écran interposé...

La page de gauche pour Manon Desveaux qui dessine  Coline en noir et blanc, celle de droite pour Lou Lubie qui dessine en couleurs ce que fait Marley au même moment - avec l'inévitable décalage horaire dû à leurs deux pays de résidence. Cette disposition en vis-à-vis, qui permet de bien saisir le contraste entre la vie et la personnalité des deux héroïnes, donne également beaucoup de fluidité au récit à quatre mains. La phobie sociale de Coline et la pression que lui mettent ses parents, la routine dans laquelle Marley se sent de plus en plus enfermée et sa rébellion qui monte petit à petit sont rendus de manière réaliste et délicate à la fois. "La fille dans l'écran", c'est l'histoire de deux jeunes femmes qui vont n'en faire qu'à leur tête et résister aux conventions pour choisir leur propre chemin. Un roman graphique très réussi. 

La semaine en bref #56





Lundi:
 Ca ne m'arrive presque jamais, mais pour soigner ma grogne intense face à un compte en banque toujours désespérément vide, je me décide à relire un de mes bouquins doudous
★ Pourquoi est-il devenu si difficile de trouver des madeleines longues qui ne soient pas emballées deux par deux? Tout ce plastique inutile, ça me rend dingue. 
 Une journaliste d'Europe 1 me contacte pour participer à une émission de radio sur le thème de l'amitié. Elle me dit qu'elle m'a trouvée par le biais d'un billet de blog où j'expliquais pourquoi je n'avais pas d'amis proches, et que l'interview se fera au téléphone. Je raconte ça à Chouchou, en lui disant que je n'ai aucune intention d'accepter. Il me répond: "Tu devrais; ça te ferait de l'exposition pour le blog et pour la boutique". Sauf que je ne suis pas sûre que le fait de meugler "Je ne supporte pas les gens" à la radio soit un excellent moyen de me rendre sympathique!

dimanche 3 février 2019

Les conversations absurdes #52


CHOUCHOU: Dans les chiens sympas, tu as les labradors.
MOI: Je vois pas trop à quoi ça ressemble; je pense que je confonds avec les Golden Retriever. Je suis assez nulle en clebs. 
CHOUCHOU: Le labrador, c'est le chien dans "Belle et Sébastien".
MOI, explosant de rire: Tu te fiches de moi? Le chien dans "Belle et Sébastien", c'est un berger des Pyrénées. Même moi, je sais ça. 
CHOUCHOU, sentencieux: Ca dépend dans quelle version. Y'a eu beaucoup d'adaptations de "Belle et Sébastien", tu sais. 
MOI: Oui, et je te garantis que Belle n'est un labrador dans aucune d'entre elles. 


Mon cultivateur de bonnes habitudes

samedi 2 février 2019

"Louis & Louise" (Julie Cohen)


En 1978, un bébé naît dans une petite ville du Maine. Sa mère est une reine de beauté locale; son père ingénieur travaille à l'usine de fabrication de papier créée par ses ancêtres et dont il héritera un jour. Ses meilleurs amis seront les faux jumeaux Allie et Benny; sa vocation sera l'écriture. Mais selon que ce bébé est fille ou garçon, sa vie en sera fondamentalement transformée...

...Ou pas, ai-je envie de dire après cette lecture frustrante. Le sujet de "Louis & Louise" était extrêmement prometteur, et le premier chapitre qui met en vis-à-vis les réactions à la naissance d'une fille et à la naissance d'un garçon m'avait vraiment donné de grands espoirs. Je pensais que Julie Cohen allait souligner toutes les manières dont les enfants puis les adultes sont socialement formatés en fonction de leur sexe, mettre en évidence les façons multiples dont cela influence leur parcours de vie. 

Au lieu de ça, elle se focalise sur un drame bien précis - qui certes se déroule différemment dans les chapitres consacrés à Louis et ceux consacrés à Louise. Mais les maintes autres problématiques que son idée de départ aurait pu l'amener à aborder sont juste balayées sous le tapis. Et comme Louis.e est bisexuel.le, même ses pulsions amoureuses restent identiques dans les deux versions. Dans chacune de ses incarnations, Julie Cohen lui fait répéter que l'important, ce n'est pas le sexe mais la personne, et de fait, son Louis et sa Louise sont fondamentalement les mêmes. Je ne suis pas du tout d'avis que nous possédons une nature intouchable qui échappe au conditionnement social, et en particulier au conditionnement de genre. Surtout, si c'était pour que l'histoire se termine de la même façon dans les deux cas, je ne vois pas l'intérêt de cette double narration. 

Envies de février





un brunch au Train Bistro
(on n'a pas testé de nouveau brunch à Bruxelles de toute l'année 2018, vous vous rendez compte?)

(autant amortir nos Museum Pass...)

(vite avant qu'elle ne se termine!)

la série Netflix "The umbrella academy"
(le comics m'avait vite soûlée, mais la bande-annonce est très prometteuse, et ça sort le 15)

(je pourrais dire qu'il a l'air savoureux, mais ce serait peut-être un peu facile)

(de manière très inhabituelle, la VF est disponible depuis mi-janvier, mais je voulais le lire en VO comme le premier tome)

(j'aime tellement le travail de l'instructrice, Jennifer Orkin Lewis alias August Wren!)

ce très long gilet bordeaux pour traîner à la maison
(quelqu'un a déjà commandé sur ce site?)

(on est de nouveau dans une de ces phases où on mange toujours pareil; je veux tester d'autres recettes)

(je me vois bien passer le week-end enfermée là-dedans avec Chouchou et des bouquins...)


Mon cultivateur de bonnes habitudes

jeudi 31 janvier 2019

Lectures de Janvier 2019





ROMANS/RECITS:
- The girl before (J.P. Delaney) ♥︎♥︎♥︎
- Connect (Julian Gough)
- Une famille explosive (Yan Ge) 
- The start of me and you (Emery Lord) ♥︎♥︎♥︎
- Everything all at once (Katrina Leno) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Harley Merlin and the secret coven (Bella Forrest)
- The rules of magic (Alice Hoffman) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The light in the dark (Horatio Clare) ♥︎♥︎♥︎
- Two can keep a secret (Karen McManus) ♥︎♥︎
- Aucun dieu en vue (Altaf Tyrewala) ♥︎♥︎
- Dear Mrs Bird (A.J. Pearce) ♥︎♥︎♥︎
- The dreamers (Karen Thompson Walker) ♥︎♥︎
- Winterhouse (Ben Guterson) ♥︎♥︎
- Escape from Mr. Lemoncello's library (Chris Grabenstein) ♥︎♥︎♥︎
- Verity (Colleen Hoover) ♥︎♥︎♥︎
- The vanishing stair (Maureen Johnson) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- This lie will kill you (Chelsea Pitcher) ♥︎♥︎♥︎
- When all is said (Anne Griffin)
- The remarkable journey of Coyote Sunrise (Dan Gemeinhart) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Mr. Lemoncello's library olympics (Chris Grabenstein) ♥︎♥︎
- Miss Charity (Marie-Aude Murail)* ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- La promesse du bonheur (Justin Cartwright)

BEDE/MANGA:
- Strangers in paradise XXV #9 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Un été sans maman (Gregory Panaccione) ♥︎♥︎
- L'invasion des imbéciles (Tiphaine Rivière) ♥︎♥︎♥︎
- Chroniques new-yorkaises T2 (Akino Kondoh) ♥︎♥︎♥︎
- Kamakura diary T8 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Les contes de la ruelle (Nie Jun) ♥︎♥︎♥︎


Mon cultivateur de bonnes habitudes

lundi 28 janvier 2019

L'authenticité plutôt que la perfection





J'ai passé la semaine dernière à bosser et faire du yoga sans mettre le nez hors de chez moi. Du coup, je n'avais rien de sympa à poster sur Instagram, et même si ce n'est pas du tout une obligation, ça me manquait. N'ayant personne sous la main pour me prendre en photo, je me suis dit que j'allais apprendre à me servir de la fonction retardateur de mon Lumix et immortaliser les poses un peu difficiles de mes séances quotidiennes de yoga. La planche latérale, par exemple. Ou le danseur. J'ai fait plusieurs essais pour obtenir des clichés satisfaisants et... j'ai eu honte à l'idée de les poster. Je n'ai pas une silhouette athlétique ni plaisante à regarder, et ces postures, je suis capable de les faire, mais je ne les réussis pas spectaculairement bien non plus. Alors que sur Instagram, c'est plein de vingtenaires élastiques comme du chewing-gum, avec des cuisses fuselées et un ventre concave. D'ailleurs, me suis-je dit tristement en pianotant sur mon iPad, il suffit d'aller voir le hashtag du challenge en cours d'Adriene.

dimanche 27 janvier 2019

La semaine en bref #55





Lundi:
Je ne suis pas très Côtes de Provence, mais mon caviste m'a vendu cette bouteille de Château Saint-Pierre blanc en me jurant que j'allais adorer. Verdict: cet homme ne me connaît pas du tout
 A minuit une, recevoir sur ma Kindle le tome 2 de "Truly devious" qui sort demain (enfin, aujourd'hui) et que j'attends avec impatience depuis des mois. Oui mais je suis censée me coucher tôt. Oui mais j'ai vraiment très envie de l'entamer. Oui mais je suis censée me coucher tôt. Oui mais j'ai vraiment très envie de l'entamer. Oh allez, juste les deux premiers chapitres. 

samedi 26 janvier 2019

"The remarkable journey of Coyote Sunrise" (Dan Gemeinhart)


Il y a cinq ans, la mère et les soeurs de Coyote sont mortes dans un accident de voiture. Depuis, son père Rodeo et elle ont changé de nom, et ils sillonnent les Etats-Unis à bord de Yager, un vieux bus scolaire devenu leur maison sur roues. Interdiction d'évoquer le passé: le mot d'ordre, c'est vivre dans le présent exclusivement pour ne pas souffrir. Jusqu'au jour où Coyote apprend que le parc où elle avait enterré une boîte à souvenirs avec sa mère et ses soeurs va être rasé. Elle n'a que cinq jours pour traverser le pays jusqu'à leur ancienne ville et récupérer son trésor. Mais le plus difficile, c'est qu'elle devra le faire sans que Rodeo s'en aperçoive... 

Nous ne sommes pas encore fin janvier et je sais déjà que je tiens mon bouquin de l'année, celui qui aura laissé la marque la plus profonde dans mon coeur. Celui qui illustre à la perfection cette phrase de mon amoureux que je n'avais jamais vraiment comprise jusqu'ici: "On ne pleure pas toujours de tristesse. Parfois, on pleure juste d'émotion." Car le vrai thème de ce roman jeunesse, c'est "Comment apprendre à vivre avec ses morts?".

Au fil d'un road trip mouvementé, Coyote fait plein de jolies rencontres, émerge de la solitude imposée par Rodeo, découvre la complexité des relations humaines et mûrit à vue d'oeil. Cette petite héroïne blessée et son papa hippie ultra-bienveillant comptent parmi les personnages les plus attachants dont j'aie croisé la route depuis une éternité. Dans "The remarkable journey of Coyote Sunrise", il n'y a aucun antagoniste - hormis peut-être quelques flics bourrus. Juste une funambule pleine de grâce qui se livre à un savant numéro d'équilibriste entre tristesse et bonheur, des personnages secondaires qui vous réconcilient avec l'humanité, un bus à bord duquel on voudrait embarquer immédiatement, une foule de phrases tellement belles et justes que j'ai dû cesser de les noter arrivée au milieu du roman, et quelques scènes d'une poignance absolue (dont une qui m'a rappelé le passage sur "Heroes" dans le film "The perks of being a wallflower", version grands espaces plutôt qu'environnement urbain).

C'est la première fois que je vais racheter un ouvrage lu sur ma Kindle en version papier, et la première fois que je comprends pourquoi certaines personnes relisent certains livres une fois par an. Je suis en outre prête à éradiquer l'ensemble de ma profession pour que l'éditeur qui achètera les droits français me confie la traduction de ce bouquin. Qu'on se le dise. 

jeudi 24 janvier 2019

"This lie will kill you" (Chelsea Pitcher)


Il y a tout juste un an, un jeune homme est mort carbonisé dans une voiture au milieu des bois. Aujourd'hui, les cinq protagonistes du drame sont conviés à une murder party, officiellement dans le but de déterminer le gagnant d'une bourse d'études de $50 000. Mais dès l'apéritif qu'une voix sortant d'un haut-parleur les a invités à boire, l'un d'eux s'écroule, inconscient. Et très vite, les quatre autres se rendent compte que leur hôte connaît leur pire secret...

Impossible pour moi de résister à un tel pitch, surtout assorti de la mention: Pour les fans de "One of us is lying", autre thriller psychologique jeunesse que j'ai beaucoup aimé. Ici, les personnages sont moins attachants mais aussi plus originaux. L'histoire, qui semble assez prévisible au premier abord, réserve son lot de surprises et presque trop de circonvolutions dans le dernier tiers. Et je ne m'attendais pas à une fin aussi sombre. Bref, "This lie will kill you" est un roman tordu à souhait qui m'a fait passer une excellente soirée.

mercredi 23 janvier 2019

Se détacher de la colère, survoler les problèmes





Début juillet, ça fera 25 ans que j'exerce le métier de traductrice littéraire avec un statut de travailleuse indépendante. Des retards de paiement, j'en ai toujours connu. Mais là où autrefois, ils étaient l'exception (hormis en août et dans la seconde quinzaine de décembre), ils sont devenus la norme au cours de la dernière décennie. Désormais, j'ai de la chance quand j'arrive à me faire régler une facture moins de deux mois après son émission. En plus de me compliquer sérieusement la vie, ça me met dans une rage folle. Je suis toujours à l'heure pour rendre mon travail, même quand les délais sont hyper serrés, même quand j'ai été malade, même quand j'ai eu à résoudre des problèmes techniques ou personnels. Pourtant, presque systématiquement, je me retrouve à mendier mon dû pendant des semaines voire des mois après le délai de traitement acceptable. Ca m'use les nerfs, et je ne sais même pas si ça sert à quoi que ce soit. 

"Verity" (Colleen Hoover)


Ecrivaine peu connue, Lowen se retrouve en grande difficulté financière suite au décès de sa mère. Malgré ses réticences initiales, elle se voit contrainte d'accepter un travail de commande: écrire les trois derniers tomes d'une série de thrillers à succès dont l'autrice se trouve dans un état végétatif. C'est ainsi qu'elle débarque chez les Crawford, une famille qui semble poursuivie par le malheur. Mais dans le bureau de Verity, elle tombe sur une autobiographie cachée qui révèle les dessous abominables de la mort de ses jumelles de 8 ans... 

Colleen Hoover est une écrivaine à succès qui, d'habitude, sévit plutôt dans la romance. Aussi n'avais-je jamais rien lu d'elle avant de tomber sur des critiques dithyrambiques de "Verity", sa première incursion dans le domaine du... thriller psychologique sexy, disons. Je ne m'attendais pas à ce que ce livre contienne autant de scènes de fesses qui personnellement m'ennuient plus qu'autre chose. Moins sensible que certaines lectrices sur le sujet des enfants, je n'ai pas été gênée par les révélations monstrueuses de Verity. Mais je n'ai pas non plus été éblouie par le twist final: parce qu'à partir du moment où on sait qu'il y a en un, et que l'histoire se déroule en huis-clos entre un nombre très restreint de personnages, les possibilités ne sont pas légion. Bref, en ce qui me concerne, un pétard mouillé. Sachez néanmoins que "Verity" affiche sur GoodReads une note moyenne de 4,5 sur 5 basée sur plus de 17 000 avis: je suis donc définitivement dans une minorité de grincheux sur ce coup-là. 

mardi 22 janvier 2019

"Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello" (Chris Grabenstein)


Excentrique et talentueux créateur de jeux de société, M. Lemoncello a racheté une ancienne banque pour en faire la bibliothèque d'une petite ville américaine. Avant l'ouverture au grand public, il convie douze élèves de 5ème, gagnants d'un concours de rédaction, à découvrir les lieux en exclusivité lors d'une soirée mémorable. Mais lorsque, après s'être beaucoup amusés à explorer la technologie de pointe de et les fonctions ludiques de la bibliothèque, Kyle et ses camarades veulent rentrer chez eux le lendemain matin, ils découvrent qu'ils sont enfermés pour 24h de plus. Leur mission, s'ils l'acceptent: participer à un escape game délirant pour trouver la seconde sortie...

C'est dans "Winterhouse Hôtel", lu juste avant, que j'ai découvert l'existence de ce roman jeunesse dont le thème avait tout pour me séduire. Très inspiré par "Charlie et la chocolaterie", Chris Grabenstein parvient néanmoins à tisser une intrigue originale et des énigmes élaborées grâce auxquelles je ne me suis pas ennuyée une minute. Certes, ses jeunes héros sont psychologiquement aussi développés qu'un poussin de la veille. Mais on s'en fout, parce que l'apologie de l'esprit d'équipe est bien vue et la lecture terriblement fun. Par contre, si je me disais que "Winterhouse Hôtel" avait dû donner du fil à retordre à sa traductrice, j'ai pleuré des larmes de sang en découvrant les multiples rébus et autres difficultés d'adaptation extrêmes que contient la VO de "Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello". Au point que je vais devoir me procurer la VF pour voir comment ma méritante collègue les a résolues. Pour les amateurs, ce roman est le premier tome d'une série qui en compte quatre, dont deux déjà disponibles en français. 

Traduction d'Anath Riveline

lundi 21 janvier 2019

La semaine en bref #54





Lundi:
En pleine séance de yoga, une éditrice avec qui je marche sur des oeufs mais pour qui je voudrais vraiment bosser de nouveau m'appelle pour me demander si je peux relire en urgence les épreuves de la trad faite pour elle au printemps dernier: l'autrice sera à Paris le mois prochain, et elle voudrait lui montrer le bouquin fini. Bien entendu, j'accepte avec empressement. 
 Saisie d'angoisses multiples au moment de me coucher, je ne parviens pas à trouver le sommeil, d'autant que j'ai trop chaud avec la couette et que Chouchou ronfle comme un sonneur. Je finis par déménager sur le canapé vers 2h30, et par m'assoupir vers 4h30 pour deux pauvres heures. Quelle nuit pourrie. 

dimanche 20 janvier 2019

3 idées fausses sur le yoga



Source: Lululemon


Le yoga, c'est pour les gens souples
Quand toutes les publicités pour des écoles, des sites internet ou des magazines de yoga montrent des pratiquantes contorsionnées comme des pretzels dans des postures qui défient simultanément les lois de la gravité et la configuration du corps humain, c'est facile de se décourager avant même d'avoir commencé. En réalité, le yoga, c'est 90% de mouvements accessibles à n'importe qui, à condition de ne pas vouloir les exécuter parfaitement ou à fond dès le début. Des vieillards de plus de 90 ans font du yoga. Des personnes en chaise roulante font du yoga. Le principe de base, c'est de bouger en accordant son souffle à ses mouvements. Vos poumons fonctionnent? Vous pouvez faire du yoga. Vos poumons ne fonctionnent pas? Vous n'êtes pas en train de lire cet article, donc peu importe. Et si vous êtes raide comme un bout de bois, vous allez constater une amélioration encore plus rapide et plus spectaculaire que que les pratiquants croisés avec un chewing-gum. Vous avez peur de vous sentir ridicule? S'il y a une communauté où les gens sont bienveillants et ne jugent pas les autres, c'est bien celle du yoga. Au pire, commencez chez vous avec des vidéos faciles. En plus, le yoga boostant l'estime de soi et l'auto-compassion, il vous aidera à accepter vos limites et à ne plus craindre le ridicule dans quelque domaine que ce soit. 

"Winterhouse Hôtel" (Ben Guterson)


Depuis la mort de ses parents quand elle n'avait que quatre ans, Elizabeth Somers mène une vie misérable chez son oncle et sa tante. Bien que perpétuellement fauchés, ceux-ci partent en voyage pour Noël et, refusant de laisser leur nièce seule chez eux, l'envoient passer trois semaines à l'hôtel Winterhouse. Elizabeth, qui s'attendait à une pension sinistre, est enchantée de découvrir une bâtisse de contes de fées possédant sa propre fabrique de confiseries et surtout une fantastique bibliothèque. Elle fait la connaissance de Freddy, un jeune inventeur féru de mots en cascade et et d'anagrammes. Ensemble, ils vont s'atteler à résoudre les nombreux mystères de Winterhouse...

Si je suis toujours partante pour un roman jeunesse avec une héroïne passionnée de lecture et d'énigmes, il faut bien admettre que je ne suis pas du tout le public-cible de "Winterhouse Hôtel", et que dans la catégorie middle grade, peu d'ouvrages possèdent une complexité suffisante pour me tenir en haleine. Ici, par exemple, l'intrigue cousue de fil blanc et les personnages hyper manichéens m'ont à moitié fait décrocher dans le dernier tiers de ma lecture. Mais les 9-12 ans auxquels l'histoire est destinée devraient adorer l'atmosphère féérique de Winterhouse. Au passage, bien que j'aie lu ce roman en V.O., je me permets d'adresser une pensée compatissante à la collègue qui s'est chargée de la traduction française, et qui a dû s'arracher joliment les cheveux pour adapter les mots en cascade, les anagrammes et les messages codés. 

Traduction d'Anne-Sylvie Homassel

samedi 19 janvier 2019

"Dear Mrs Bird" (A.J. Pearce)


Malgré les bombardements nocturnes par la Luftwaffe, Emmy Lake, 23 ans, mène une vie aussi normale que possible dans le Londres du début des années 40. Elle s'efforce de garder le moral en toutes circonstances et contribue à l'effort de guerre en faisant du bénévolat dans une caserne de pompiers. Un instant de distraction durant un entretien d'embauche pour ce qu'elle croit être un poste de journaliste et la voilà assistante de la redoutable Henrietta Bird, qui répond au courrier des lectrices dans un magazine féminin en perte de vitesse. Mrs Bird considère la plupart des lettres qu'elle reçoit comme scandaleuses et indignes de son attention, mais Emmy est touchée par la détresse des femmes qui les envoient. Alors, en secret, elle se met à leur répondre à la place de sa patronne...

Dans un cadre historique pas particulièrement riant, A.J. Pearce crée une héroïne pétillante et volontaire, qui s'applique à voir toujours le verre à moitié plein mais dont le désir de bien faire va la pousser à agir de manière inconsidérée et lui attirer des tas d'ennuis. Drôle et frais, "Dear Mrs Bird" fait partie de ces romans qu'on lit d'une traite et qu'on referme le sourire aux lèvres.