vendredi 18 janvier 2019

"The dreamers" (Karen Thompson Walker)


Ca commence à l'université de la petite ville californienne de Santa Lora. Des étudiants s'endorment brusquement et ne se réveillent plus. Pourtant, leurs signes vitaux restent excellents, et leur activité cérébrale paraît aussi intense que s'ils rêvaient. Petit à petit, l'étrange épidémie se propage au reste de la communauté, que les autorités décident de mettre en quarantaine...

L'idée de base de "The dreamers" me paraissait d'autant plus intéressante que "L'âge des miracles", le premier roman de Karen Thompson Walker, avait été mon gros coup de coeur de l'année 2012. Malheureusement, si on retrouve ici l'atmosphère de fin du monde inexplicable et empreinte d'une certaine poésie, ainsi que l'absence de grands drames et d'effusions de violence généralement répandues dans les histoires apocalyptiques, tous les autres éléments du récit m'ont laissée sur ma faim. 

Certes, il ne se passait déjà pas grand-chose dans "L'âge des miracles," mais l'objet de celui-ci était de suivre l'évolution de la jeune héroïne, la manière dont elle gérait son adolescence dans un contexte de fin du monde. Ici, on suit un tas de personnages différents, si nombreux qu'on ne parvient à en connaître vraiment aucun - encore moins à s'attacher à eux. Et il ne se passe absolument RIEN. (Attention: spoilers.) L'épidémie se répand puis se résorbe sans qu'on sache d'où elle vient (ce qui n'est pas un problème en soi) et sans provoquer le moindre changement significatif (ce qui est beaucoup plus regrettable). L'idée que les dormeurs entrevoient peut-être leur avenir, dans ce monde-ci ou dans un univers parallèle, est intéressante mais survient seulement sur la toute fin et n'est donc quasiment pas exploitée. De la même façon, les autres amorces d'intrigue prometteuses - comme la grossesse d'une des premières patientes - sont à peine survolées. 

Je passe sur les problèmes de crédibilité: comment se fait-il que l'épidémie mystérieuse, super contagieuse et qui se transmet par la voie des airs, reste circonscrite à Santa Lora? Qu'à l'ère d'internet, le reste du pays voire du monde ne s'affole pas une seule seconde?  Que les ONG et les forces armées n'affluent pas sur place, bien plus nombreuses que la poignée de soldats et de volontaires incapables de gérer les malades? La seule chose qui m'a poussée à lire jusqu'à la fin, c'est que l'autrice écrit vraiment très, très bien. Le grand néant de "The dreamers" n'en apparaît que davantage comme un regrettable gâchis de son talent. 

jeudi 17 janvier 2019

Et petit à petit, apprendre à aimer l'hiver





J'ai longtemps détesté l'hiver. Sans aller jusqu'à souffrir de dépression saisonnière, j'avais beaucoup de mal à garder le moral pendant ces quelques mois où je souffrais du froid et du manque de lumière, où je peinais à me lever le matin et avais envie de me coucher avec le soleil en milieu d'après-midi. Je  me plaignais en boucle et vivais les yeux rivés au calendrier, attendant le retour du printemps. Puis vers la quarantaine, comme je sentais le cours du temps accélérer et ma biologie interne ralentir, j'ai eu une sorte de déclic. J'ai commencé à percevoir la beauté de toutes les saisons, à éprouver la nécessité de leur succession, à accompagner ce cycle au lieu de me rebeller vainement contre lui. J'ai collectionné les petits plaisirs spécifiques de l'hiver et développé des stratégies pour pallier ses difficultés. 

mercredi 16 janvier 2019

"The light in the dark" (Horatio Clare)


Horatio Clare vit dans un coin paumé d'Angleterre avec sa femme Rebecca et leur fils de 5 ans; deux jours par semaine, il fait un long trajet en train pour aller enseigner à l'université de Manchester. Sujet à une forte dépression saisonnière, il décide de tenir un journal pendant l'hiver pour combattre ce phénomène. C'est l'occasion pour lui d'égrener ses souvenirs de gamin qui a grandi à la campagne, puis vécu en France et en Italie avant de revenir s'installer à la campagne dans son pays natal. Pendant quelques mois, il s'attache à observer la nature, à détailler sa beauté et à y chercher des traces d'espoir.

Sa prose est très belle, mais j'avoue qu'elle m'a ennuyée par moments. J'avais envie d'en savoir plus sur lui, sur ses états d'âme et sur leurs effets vis-à-vis de ses proches, pas sur les espèces d'oiseaux qu'il croisait dans ses promenades ou la teinte exacte de la brume un 5 février en milieu de matinée. J'ai même failli interrompre ma lecture au milieu. Mais dans le dernier tiers de son court mémoire , l'auteur commence enfin à aborder frontalement le sujet de sa dépression, sa culpabilité de ne pas gagner assez d'argent et d'être un boulet pour sa famille, ses craintes d'être bipolaire, ses hésitations à aller voir un médecin pour se faire diagnostiquer. Son épilogue est lumineux et plein d'espoir.  

mardi 15 janvier 2019

[LIEGE] Génération 80 Expérience





Chouchou et moi sommes nés au début des années 70. Les années 80 sont donc celles de notre adolescence: une période riche en souvenirs et en références culturelles de tout poil. Aussi ne pouvions-nous pas manquer d'aller voir l'exposition qui leur est actuellement consacrée à la gare de Liège Guillemins. Et comme, jusqu'à fin janvier, on peut avoir deux places pour le prix d'une en les achetant sur internet, nous avons voulu en profiter le week-end dernier avant mon retour en France pour les semaines à venir. 

lundi 14 janvier 2019

La semaine en bref #53





Lundi:
★ Je profite des promos de Nouvel An pour m'inscrire à un cours de character design sur Udemy. Je suis super motivée pour dessiner cette année, autant battre le fer pendant qu'il est chaud! 

Mardi:
★ J'ai rêvé que je ratais un avion parce que, bien qu'arrivée hyper en avance à l'aéroport, je ne m'étais pas rendu compte qu'il y avait une correspondance dans mon vol et que la destination à guetter sur les tableaux d'affichage n'était pas celle que je croyais. Je me réveille aussi contrariée que si c'était arrivé pour de vrai. 
★ Au saut du lit, nous filmons une nouvelle vidéo pour ma chaîne IGTV. Je vais finir par m'habituer à ma voix criarde et à mes douze mentons. 
★ Qui a acheté tous les poulets rôtis du Delhaize? Et toutes les pâtes brisées et feuilletées des quatre supermarchés les plus proches de chez nous? On voudrait nous affamer qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Chouchou finit par en dénicher une, mais sans gluten et sans lactose. Faute de grives...

dimanche 13 janvier 2019

"Two can keep a secret" (Karen McManus)


Parce que leur mère célibataire a été placée en cure de désintoxication, Ellery et Ezra Corcoran doivent partir habiter à Echo Ridge, chez leur grand-mère qu'ils ne connaissent quasiment pas. Il y a plus de 20 ans, leur tante Sarah a disparu sans laisser de traces. Il y a 5 ans, une autre adolescente a été assassinée à Murderland, le parc d'attractions flippant où travaillent la moitié des jeunes de la ville. Et à l'approche du bal d'automne, de nouvelles menaces anonymes mettent la  petite communauté en émoi...

Il y a deux ans, j'avais adoré le premier thriller YA de Karen McManus, "One of us is lying". Aussi nourrissais-je de grands espoirs pour son deuxième roman. J'adore les histoires de jumeaux et les narrations à deux voix, sans compter que le fait que Murderland me semblait une idée pleine de potentiel. Malheureusement, j'ai commencé à m'ennuyer assez vite. Je n'ai  pas réussi à m'attacher aux personnages plutôt falots et jamais vraiment ressenti de tension dramatique. La résolution, certes inattendue, m'a parue aussi décevante que bancale. Et la toute dernière phrase, censée laisser les lecteurs sur le fondement en bouclant la boucle d'une problématique familiale douloureuse, soulève des questions qui n'auront jamais de réponse. Bref, "Two can keep a secret" est une lecture que j'aurais pu m'épargner.

[LIEGE] Les brunchs du dimanche (54): Tea Late, chez Alice au Pays des Merveilles





S'il est un univers avec lequel il est facile de m'appâter, c'est bien celui d'Alice au Pays des Merveilles. Je suis allée au maid's café de Tokyo (pas mal); j'ai fait l'escape game de Leavin Room à Paris (génial); j'ai testé le restaurant à Hong Kong (bof). Alors, quand j'ai vu qu'un salon de thé sur ce thème avait ouvert à Liège en octobre dernier et qu'il récoltait de très bons avis, j'ai immédiatement réservé pour le brunch du samedi. 

mardi 8 janvier 2019

Objectifs personnels: se concentrer sur le processus plutôt que sur le résultat





Ayant eu une discussion sur ce sujet hier, je voudrais revenir sur la définition d'objectifs personnels en début d'année. J'ai déjà expliqué dans ce billet pourquoi j'étais adepte d'une routine quotidienne peu contraignante. Aujourd'hui, je vais replacer cette méthode dans un contexte plus large que je pourrais résumer ainsi: il est plus sûr de se focaliser sur un processus qui dépend de vous que sur un résultat hors de votre contrôle. 

lundi 7 janvier 2019

La semaine en bref #52





Lundi:
Mieux qu'hier mais encore patraque, j'annule notre participation à la soirée Rien de Sophie-Grosquick. Puis je m'attelle à  tout ce qui est passé à l'as pendant que j'agonisais sous la couette: nettoyer la cuisine et la salle de bain, refaire mes racines...
★ Le miracle n'a pas eu lieu: nous sommes le 31 décembre, et M ne m'a pas payée. Donc, sur la somme importante que j'attendais, je ne profiterai pas du double avantage de l'année blanche pour les impôts sur le revenu et la cotisation vieillesse. Une différence à quatre chiffres avant la virgule, quand même. Pour une fois que le fisc nous faisait une fleur! 
★ Du coup, Chouchou et moi discutons d'un projet qui s'il marchait bien nous assurerait une certaine indépendance financière. Franchement, je suis super tentée. J'en ai marre d'être toujours la cinquième roue de la charrette aux yeux des maisons d'édition, qui me payent quand ça leur chante alors que je mets toujours un point d'honneur à respecter mes propres délais. 25 ans que ça dure. Je suis usée. 
★ On regarde "The A.B.C. murders", mini-série en 3 épisodes de 55mn chacun, inspirée du roman d'Agatha Christie mais avec une ambiance glauquissime et un Hercule Poirot qui n'a qu'un très lointain rapport avec le détective belge fat et vaguement ridicule dont j'ai dévoré les aventures autrefois. On peut ne pas apprécier la réécriture du passé du héros ou l'introduction d'une composante xénophobe faisant lourdement allusion à l'actualité; pour ma part, j'ai trouvé ça très bien. 
★ Sans rapport aucun: le dip de poivron fumé de Delhaize poutre du pangolin. 
★ J'ai vu passer deux phrases du discours de Macron et j'ai la tension à 75; du coup, je vais éviter de m'infliger la totalité du bouzin. 
★ Comme je refuse de clôturer l'année dans un état d'esprit pourri, à 23h15, je suis sur mon tapis de yoga et je lance une vidéo d'Adriene. 

dimanche 6 janvier 2019

7 idées pour documenter le quotidien sans se prendre la tête





Chaque fois que je montre mes journaux décorés, je suis frappée par le nombre de gens qui commentent qu'ils trouve ça super chouette et qu'ils aimeraient bien s'y mettre, mais qu'ils ne sauraient pas par où commencer. J'ai déjà traité le sujet des carnets de voyage ici, et mis sur mon IGTV une vidéo dans laquelle je montre le type de choses avec lesquelles j'agrémente mes agendas: masking tape, illustrations découpées dans des magazines, petits autocollants, billets de spectacle ou d'exposition, cartes de restaurant, prospectus, cartes postales, photos, dessins, timbres, étiquettes de produits, plans de ville, feuilles séchées... 

Mais sorti du contexte exceptionnel d'un voyage, le quotidien peut paraître un sujet aride - peu inspirant et pas très intéressant à immortaliser. Pourtant, j'ai toujours un plaisir énorme à reprendre mes vieux carnets - dont les premiers remontent à près de 40 ans! - et à voir ce qui a évolué à la fois en moi et autour de moi; c'est un excellent moyen de mesurer le chemin parcouru. Et si vous avez ou envisagez d'avoir un jour des enfants, quel trésor pour eux plus tard...

"Everything all at once" (Katrina Leno)


Helen Reaves vient de mourir d'un cancer. Agée de 40 ans seulement, elle était l'autrice de la série jeunesse la plus vendue dans le monde: l'histoire de deux enfants devenus immortels après avoir bu une potion magique. Elle laisse à sa nièce bien-aimée une série de lettres contenant chacune une mission destinée à la faire sortir de sa zone de confort, et ainsi, l'aider à surmonter l'anxiété chronique qui lui pourrit la vie. Tandis qu'elle s'efforce tant bien que mal de suivre les instructions de sa tante, Lottie fait la connaissance de Sam, un ancien élève d'Helen qui va lui apporter une aide précieuse dans sa quête...

"Everything all at once" n'était pas le premier roman de Katrina Leno que je lisais. Je m'attendais à ce qu'il verse dans le réalisme magique à un moment ou à un autre; aussi, j'ai immédiatement deviné le secret d'Helen et la vérité au sujet de Sam, et surtout, je n'ai pas été désarçonnée par la fin contrairement à beaucoup d'autres lecteurs. Cela dit, la révélation des derniers chapitres n'a au fond que peu d'importance. L'intérêt de ce roman, c'est l'évolution de Lottie, la façon dont elle apprend à vivre avec ses angoisses de mort paralysantes et ce qu'elle finit par réaliser à leur sujet. J'ai particulièrement aimé sa très jolie relation avec son frère cadet Abe, un ado de 16 ans féru de littérature. Cette fois encore, Katrina Leno dose avec talent l'amertume et la douceur pour ouvrir les perspectives de son héroïne et finir sur une magnifique note d'espoir. Je me réjouis qu'il me reste encore quelques romans d'elle à découvrir. 

samedi 5 janvier 2019

La masse et le marteau





Ceci est une partie du texte qui accompagnait un récent Instagram d'Alexandria Ocasio-Cortez (à droite sur la photo), une des femmes les plus inspirantes de 2018:

"Ma mère est née et a grandi à Puerto Rico. Elle a pratiquement élevé ses frères et soeurs, dans la pauvreté, pendant que sa propre mère travaillait sans arrêt pour qu'ils aient un toit et de quoi manger. Elle a rencontré mon père, un garçon du Bronx qui rendait visite à sa famille sur l'île,  quand elle était encore très jeune. Ils se sont mariés et installés à New York; elle ne parlait même pas anglais. Mes parents sont partis de rien: nouvelle langue, nouvelle vie, nouveau tout. Puis je suis arrivée, et ils ont déménagé pour recommencer à zéro afin que je bénéficie d'une bonne éducation. Ma mère lavait les sols, conduisait des bus scolaires, répondait au téléphone. Tout ce qu'il fallait faire, elle l'a fait - pour moi. A la mort de mon père, elle s'est retrouvé mère célibataire de deux enfants, et elle a encore dû repartir de zéro. Nous avons failli perdre notre maison; alors, nous l'avons vendue et nous nous avons recommencé, encore et encore et encore. 

vendredi 4 janvier 2019

Envies de janvier




un cocktail chez The Modern Alchemist, suivi d'un dîner au Penafidélis
(bar à cocktails qui vient d'ouvrir à Saint-Gilles et resto portugais situé non loin de là, recommandé par ma belle-soeur et son compagnon)

cette recette de hash browns
(même si les fêtes sont passées, la saison pousse à manger nourrissant...)

le Mademoiselle George de Paul Marius en safran
(j'avoue: j'ai un peu triché et je me le suis déjà offert pour Noël)

ce sweat Lochers... et celui-là...
(c'est affreux, j'ai envie de commander presque toute leur collection!)

cette fabuleuse bague poulpe, ou mieux, ce homard bleu qui est un peu mon emblème personnel
(aucun des deux ne conviendrait à mes petits doigts boudinés, snif)

"The Dreamers", le nouveau Karen Walker Thompson
(son premier roman "L'âge des miracles" avait été mon gros coup de coeur de 2012)

la suite du génial "Truly Devious"
(mais comment ça, je n'ai pas écrit de billet sur le premier tome? argh, je suis comme le lapin blanc: en retard, en retard en retard!)

la rétrospective Grayson Perry à la Monnaie de Paris
(hélas, elle se termine le 3 février, et je doute de pouvoir y aller d'ici là)

le film "La saveur des ramen"
(de la bouffe japonaise, des vues de Singapour - tout pour me plaire, mais je n'ai pas réussi à le voir au cinéma, et le DVD ne sort pas avant le mois de juin...)



Mon cultivateur de bonnes habitudes

"The start of me and you" (Emery Lord)


Déjà plus d'un an que son petit ami Aaron s'est noyé, et aux yeux de tout le monde, Paige Hancock reste "La Fille Dont Le Copain Est Mort". Elle peine à se défaire de cette image, mais aussi de sa culpabilité et de ses cauchemars. Alors, à son entrée en première, elle dresse une liste d'objectifs grâce auxquels elle espère sortir de son marasme...

Si j'ai acheté ce roman d'une autrice jeunesse assez connue aux USA, c'est moins pour l'histoire d'amour adolescente promise par la couverture - un sujet qui m'intéresse peu dans l'absolu - que pour les avis positifs lus sur GoodReads. Et ils ne mentaient pas. Oui, l'écriture d'Emery Lord est très plaisante, fluide et sincère, sans affectation ou familiarité excessive. Non, la relation la plus importante de "The start of me and you", ce n'est pas celle qui se développe entre Paige et un adorable nerd, mais celle que l'héroïne entretient avec ses BFF, trois filles aux personnalités variées qui ne se contentent pas de lui servir de faire-valoir. Malgré leurs différences, leur amitié reste toujours exempte de drames imbéciles. 

J'ai également beaucoup apprécié la dynamique familiale des Hancock, la surprise réservée par les parents de Paige et l'amour lumineux de la jeune fille pour sa grand-mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Surtout, je suis reconnaissante à l'autrice de nous avoir épargné l'insupportable cliché de l'instalove: l'histoire d'amour qui finit par se nouer n'est pas basée sur une attirance immédiate et inexpliquée; elle naît entre deux ados qui ont d'abord appris à se découvrir et à s'apprécier pour ce qu'ils sont réellement. Une lecture plaisante, qui met en scène des relations saines et positives. Ce qui n'est pas finalement pas si fréquent! 

mardi 1 janvier 2019

Commencer petit, être régulier


Je fais partie de ces gens qui tentent perpétuellement de remédier à leurs défauts, d'adopter de bonnes habitudes, de développer de nouvelles compétences. Parfois ça marche, et parfois ça échoue spectaculairement. A force d'essais et d'erreurs, j'ai fini par apprendre deux ou trois choses sur la définition d'objectifs personnels et le meilleur moyen de les atteindre. Par exemple: la fatigue décisionnelle nous guette tous. Au quotidien, nous n'avons pas un stock de volonté infini. Donc, il est inutile d'essayer de tout changer dans sa vie du jour au lendemain. Si une patate de canapé gourmande décide au 1er janvier d'entamer un régime draconien et de faire une heure de sport par jour jusqu'à ce qu'elle ait perdu 10 kilos, le printemps la trouvera déprimée par son échec, plus pauvre d'un abonnement d'un an dans un club de fitness où elle aura mis les pieds 3 fois, frustrée de bonne bouffe et probablement lestée de 2-3 kilos rebond supplémentaires. 

"La fille d'avant" (J.P. Delaney)


Lorsqu'elle découvre le One Folgate Street, Jane est conquise par cette maison ultramoderne, minimaliste, parfaite pour tourner la page après le drame éprouvant qu’elle vient de vivre. Mais, pour la louer, il faut se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Notamment répondre régulièrement à des questionnaires intrusifs. Jane apprend bientôt qu'Emma, la locataire qui l'a précédée, lui ressemble étrangement et a connu une fin tragique. Irrémédiablement, Jane s'engage sur la même voie, fait les mêmes choix, croise les mêmes personnes... et ressent la même terreur que la fille d'avant.

Moi pendant le premier quart du roman: Mmmmh, c'est intrigant. J'aime bien la narration dédoublée "Passé: Emma" et "Présent: Jane", et surtout, j'adore l'idée de la maison qui transforme ses occupants petit à petit.
Moi pendant le deuxième quart du roman: Ca devient quand même un peu ennuyeux à force de parallélisme dans les trajectoires des deux héroïnes. J'ai du mal à les distinguer l'une de l'autre. Et puis on voit très bien vers quoi on se dirige. J'en ai ras-le-bol des mâles alphas sociopathes qui exercent une attirance irrésistible sur leur proie. Si ça continue comme ça, j'arrête avant la fin.
Moi pendant le troisième quart du roman: Putain c'est super malsain. J'aime bien le principe du narrateur non fiable, mais ce personnage-là est vraiment grave tordu. Du coup, la fin n'est probablement pas celle que j'imaginais depuis le début.
Moi pendant le dernier quart du roman: Oh. Je ne m'attendais pas à ça. ...A ça non plus.

Psychologiquement, "La fille d'avant" n'est pas le roman le plus crédible du monde, mais j'avoue qu'il m'a tenue en haleine jusqu'à la fin.

Traduction de Jean Esch

lundi 31 décembre 2018

Décembre 2018






Mon cultivateur de bonnes habitudes

Lectures de Décembre 2018





ROMANS: 
- Broadway Limited #2: Un shim sham avec Fred Astaire (Malika Ferdjoukh) ♥︎♥︎♥︎
- Papa est en bas (Sophie Andriansen) ♥︎♥︎♥︎
- The parents (Caroline Hulse) ♥︎♥︎♥︎
- Les mystères de Larispem T3: L'élixir ultime (Lucie Pierrat-Pajot) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- La somme de nos folies (Shih-Li Kow) ♥︎♥︎♥︎
- Truly devious (Maureen Johnson) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- The lightkeeper's daughters (Jean E. Pendziwol)
- Chronicles of the One T1: Year One (Nora Roberts) ♥︎♥︎♥︎
- The kiss quotient (Helen Hoang) ♥︎♥︎
- Hygge & kisses (Clara Christensen) ♥︎
- The afterlife of Holly Chase (Cynthia Hand) ♥︎♥︎♥︎
- Manuscrit zéro (Yoko Ogawa)
- Le bruit du dégel (John Burnside)
- The lives we touch (Eva Woods) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA:
- Astérix chez les Belges (Uderzo/Goscinny)* ♥︎♥︎♥︎
- Achille Talon et l'appeau d'Ephèse (Greg)* ♥︎♥︎
- Je n'irai pas à Okinawa (Aurélia Aurita)* ♥︎♥︎
- Astérix chez les Helvètes (Uderzo/Goscinny)* ♥︎♥︎
- Eclats d'âme T4 (Yuhki Kamatani) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Chat Bouboule (Nathalie Jomard) ♥︎♥︎♥︎
- Le loup en slip T3 (Lupano/Itoïz) ♥︎♥︎♥︎
- Les carnets de Cerise et Valentin (Chamblain/Neyret) ♥︎♥︎
- March comes in like a lion T11 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- La fille du temple aux chats T1 (Makoto Ojiro) ♥︎
- Souvenirs de la mer assoupie (Shin'ya Komatsu) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Strangers in paradise XXV #1-8 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Bonjour l'angoisse: Mes années lycée (Lucile Gomez) ♥︎♥︎
- Heartbroken chocolatier T1-3 (Setona Mizushiro) ♥︎♥︎♥︎
- Isabella Bird T4 (Taiga Sassa) ♥︎♥︎♥︎
- Heartbroken chocolatier T4 (Setona Mizushiro) ♥︎♥︎

DIVERS:
- Les petites épiceries de mon enfance (Lee Mekyeoung) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Take the slow road: Scotland (Martin Dorey) - en cours
- Almost everything: Notes on hope (Anne Lamott) ♥︎♥︎
- Les riches heures de Jacominus Gainsborough (Rebecca Dautremer) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Ici reposent tous les oiseaux (Drillon/Freyss) ♥︎♥︎♥︎
- Le Japon: 100 instants de voyage (Edith Silva) ♥︎♥︎♥︎♥︎




Mon cultivateur de bonnes habitudes

dimanche 30 décembre 2018

La semaine en bref #51





Lundi:
J'ai passé la moitié de la nuit réveillée, d'abord à réfléchir à un problème de probabilités, ensuite à m'émerveiller d'avoir compris la solution et qu'elle me paraisse aussi évidente rétrospectivement. Mon rythme biologique est flingué (je n'ai émergé que vers 10h40 ce matin), mais je me sens super intelligente.
 Les choses qui fâchent, maintenant: budget prévisionnel sur l'ensemble de 2019. En plus du texte en attente qui va m'occuper tout le mois de janvier, il faudra que j'en traduise 6 autres pour m'en sortir de justesse, et au moins 7 si je veux avoir un peu de marge pour voyager. Cela dit, 2018 a été ma plus mauvaise année depuis le début de ma carrière, et j'en ai quand même fait 8 - donc, ça devrait être jouable.
 Réflexions sur "Love actually": 1/ Il y a quand même beaucoup, beaucoup de nichons dans ce film. 2/ Dans la moitié des couples, le mec a quasiment le double de l'âge de la fille. 3/ Le Premier Ministre qui fait muter une de ses collaboratrices parce qu'il en pince pour elle: vous trouvez ça normal? 4/ Le meilleur ami du marié, l'écrivain chiant, le futur Jojen Reed qui tombent tous amoureux sans avoir jamais eu une seule conversation avec la nana concernée: vous trouvez ça sain? 5/ 2-3 semaines pour apprendre à jouer de la batterie ou à parler portugais: vous trouvez ça réaliste?

jeudi 27 décembre 2018

Le verre à moitié plein





Alors que, faisant le bilan de l'année écoulée, je ronchonnais que sans être catastrophique, 2018 avait quand même été assez pourrie, j'ai eu comme un sentiment de déjà entendu. Je suis allée relire mes récaps des années précédentes. 2015: Charlie Hebdo et le Bataclan, déjà des soucis de boulot pour Chouchou et moi, la pire dispute de l'histoire de notre couple, le cancer du sein de ma tante, la mort de Yal. 2016: les attentats de Bruxelles et de Nice, une énorme crise professionnelle pour Chouchou, 8 mois d'angoisse ininterrompue pour moi avant ma 2ème coloscopie, la mort de Leonard Cohen, l'élection de Trump. 2017: l'élection de Macron, un gros clash avec ma mère... Du coup, je me dis que  malgré mes périodes de chômage technique et les difficultés financières qui s'en sont suivies,  malgré la déception du voyage à Hong-Kong et le trou noir qui a failli m'avaler fin octobre, 2018 a finalement été dans l'honnête moyenne sur l'Echelle de la Merditude des Choses. Et qu'elle a eu aussi son lot de côtés positifs. 

mardi 25 décembre 2018

"Le Japon: 100 instants de voyage" (Edith Silva)


En 2016, Edith Silva et son conjoint ont passé 5 mois au Japon. Munis d'un Permis Vacances Travail, ils exploré la moitié sud de l'île de Kyushu en mélangeant tourisme et wwoofing dans des exploitations agricoles bios. Tout au long de leur périple entre Yakushima et Tokyo, l'autrice a croqué des situations de leur quotidien, et plus tard, ayant découvert cette forme typiquement japonaise de poésie dans un ouvrage de Natsume Soseki, elle a eu l'idée d'accompagner chacun de ses dessins d'un haïku. Le résultat est ce recueil d'instantanés de voyage dont le graphisme presque enfantin et l'économie de mots se combinent pour créer des vignettes douces, drôles et ultra-dépaysantes. Les notes insérées à la fin éclairent les néophytes sur les particularités de la culture japonaise. Pour ceux qui, comme moi, s'intéressent au sujet depuis longtemps et se sont lassés de lire toujours le même type de récits faits par des Occidentaux, "Le Japon : 100 instants de voyage" est aussi délicieusement rafraîchissant qu'un thé vert glacé par une journée d'été. 

lundi 24 décembre 2018

2018 dans le rétro





Janvier: Je m'inscris sur Goodreads et me fixe un objectif d'un livre par jour cette année (que je réussirai à tenir). Phase Lego: je monte d'abord la boîte Women of Nasa, puis le Combi VW. Gros soulagement, ma tension oculaire n'a pas augmenté. Je finis de rembourser mon crédit immobilier et en profite pour changer mon vieux MacBook que je traînais avec 2 touches cassées depuis un an.

dimanche 23 décembre 2018

Mes lectures préférées de 2018





En 2018, je m'étais fixé sur GoodReads le challenge de lire 365 ouvrages dans l'année, tous genres confondus (alors que les années précédentes, je devais plutôt tourner autour de 250). Résultat, encore plus de belles découvertes que d'habitude. Voici les titres que je retiendrai de cette année littéraire:

ROMANS 
♥︎ Meilleur thriller fantastique retourne-méninges et coup de coeur absolu 2018: The seven deaths of Evelyn Hardcastle
♥︎ Meilleur roman post-apo mystique: The book of M
♥︎ Meilleure approche délicate du deuil et de la reconstruction: Le jardin des bonheurs égarés
♥︎ Meilleure tranche de vie japonaise sereine: ex-aequo La péninsule aux 24 saisons et La papeterie Tsubaki
♥︎ Meilleur roman feel good: The lido

JEUNESSE
♥︎ Meilleur univers fantastique: ex-aequo, Nevermoor et D'encre, de verre et d'acier
♥︎ Meilleure comédie pétillante: Brexit romance

BEDE/MANGA
♥︎ Meilleur carnet intime: ex-aequo Moi aussi je voulais l'emporter (option féminisme) et Solitude d'un autre genre (option maladie mentale)
♥︎ Meilleure allégorie de je-ne-peux-pas-vous-dire-quoi-sinon-je-vous-gâche-la-fin: Motor girl
♥︎ Meilleure fable touchante: Rat et les animaux moches

Et vous, quels livres vous ont le plus marqué en 2018?

La semaine en bref #50





Lundi:
Mise en ligne de ma boutique à 8h30. Presque aussitôt, on me signale un problème au niveau des paiements - mais Chouchou parvient à le résoudre assez vite, et ensuite, tout roule! Merci aux lectrices qui ont déjà fait l'acquisition de mon Cultivateur de Bonnes Habitudes.
 Momox propose de me racheter 0,76€ le tome 2 d'une trilogie pour lequel la demande est "moyenne", et 2,31€ le tome 3 pour lequel la demande est "faible". Euh, OK.
 Plus chiant que la saison 1 de "The marvelous Mrs Maisel", j'ai trouvé: la saison 2 de "The marvelous Mrs Maisel". Quand je pense que j'ai tant aimé "Gilmore girls" et "Bunheads"... 

vendredi 21 décembre 2018

"The kiss quotient" (Helen Hoang)


Stella Lane vient d'avoir 30 ans. C'est une jeune femme brillante, passionnée par son métier d'économètre, mais à la vie amoureuse inexistante car son autisme Asperger lui rend les relations humaines très difficiles. Quand ses parents l'informent qu'ils sont prêts à devenir grands-parents, Stella décidé d'attaquer le problème de manière rationnelle, en embauchant un escort pour lui apprendre à devenir une bonne amante. Cet escort, c'est Michael Larsen, un beau gosse de père suédois et de mère vietnamienne, qui a mis ses rêves de côté et vend son corps un soir par semaine pour résorber les dettes familiales...

Je ne suis pas du tout amatrice de romance. En revanche, je suis toujours intéressée par les romans avec un héros ou une héroïne Asperger, et je gardais un excellent souvenir de "Le théorème du homard". En plus, j'avais lu qu'Helen Hoang était elle-même Asperger, ce qui rendait "The kiss quotient" encore plus attrayant à mes yeux. Mais les cent premières pages, enchaînement de scènes d'intimité sans aucun développement parallèle des personnages, ont bien failli me faire lâcher le livre. J'ai quand même poursuivi par curiosité, et la suite s'est améliorée. Par contre, elle est devenue très très graphique, ce à quoi je ne m'attendais pas du tout. 

Au final, je comprends pourquoi "The kiss quotient" connaît actuellement un gros succès de librairie et a été élu "romance de l'année" par les utilisateurs de GoodReads. Dans son genre, il présente beaucoup de qualités. Bien qu'embarrassée par sa maladresse sociale et paniquée par les relations humaines, Stella jouit d'une excellente estime d'elle-même. Elle est parfaitement autonome, intégrée et consciente de ses qualités. Quant à Michael, c'est un homme viril et sûr de lui en matière de séduction, mais qui traite sa partenaire de façon toujours hyper respectueuse et jamais paternaliste. Dix ans après "Twilight" et cinq après "50 nuances de Grey", franchement, ça fait plaisir. Les scènes de sexe sont parmi les meilleures que j'ai lues, réalistes et excitantes mais jamais vulgaires. J'avoue  cependant que leur multiplication m'a lassée assez vite. Et que le côté ultra-prévisible de la romance n'est toujours pas ma tasse de thé. Mais les amateurs du genre - qui sont probablement plutôt des amatrices - devraient beaucoup apprécier. 

Before 2018 ends





Même si j'ai depuis plusieurs années cessé de participer à l'orgie consumériste des fêtes, j'aime cette période qui m'offre une occasion de faire le bilan de l'année écoulée et de me fixer un cap pour la suivante. Cette fois, mes intentions pour 2019 étant déjà très claires, il ne me reste qu'à attaquer une dernière liste de tâches dont l'exécution me facilitera l'année à venir:

jeudi 20 décembre 2018

Les conversations absurdes #51


MOI: Je supporte de moins en moins les gens dans la vraie vie. Chaque fois que je dois voir quelqu'un, je stresse avant, pendant et après. Ce qu'il me faudrait comme plan B de carrière, c'est gardienne de phare. Juste la mer autour et du bon wifi. 
CHOUCHOU: Sinon, tu peux postuler pour devenir concierge de l'hôtel Overlook pendant l'hiver. 
MOI: Dans un hôtel, y'a des gens. C'est un peu le but. 
CHOUCHOU, patiemment: L'hôtel Overlook, c'est celui de "The shining".
MOI: Ah. Donc au lieu de détester les gens en silence, tu veux que je les massacre à coups de hache. L'option "limiter les contacts à internet" me semblait plus conviviale.

[EDIT] Pour éviter toute méprise: "les gens" =/= "mes amis". 

mardi 18 décembre 2018

"Souvenirs de la mer assoupie" (Shin'ya Komatsu)


Lisa mène une vie paisible à Cap Verdredi, une petite ville blanche et ensoleillée au bord de la mer. Elle essaie d'apprendre à jouer du violon de verre trouvé sur la plage d'Aoûtia, se délecte des histoires fantastiques du marchand de limonade, rencontre un voyageur en parapluie volant, découvre le vent en canette et les coquillages siestacés qui projettent leurs rêves sous forme de mirage...

Avec son graphisme enfantin et sa dominante bleu azur, "Souvenirs de la mer assoupie" nous transporte dans un cadre qui n'est pas sans rappeler certains films de Miyazaki. Ici, pas d'histoire véritable, juste des tranches de vie empreintes de poésie onirique. C'est plein de douceur, et si rafraîchissant qu'on ne peut que regretter la brièveté de ce joli recueil. 

Traduction d'Aurélien Estager

lundi 17 décembre 2018

[2019] Un Cultivateur de Bonnes Habitudes





Comme beaucoup de gens sans doute, lorsque je me suis fixé un but, visualiser ma progression m'aide à rester motivée. Il y a quelques années, je découvrais le principe de l'habit tracker: un calendrier conçu pour marquer chaque jour où l'on a pratiqué une activité dont on souhaite faire une habitude. Qu'il s'agisse de faire un jogging quotidien, de pratiquer l'italien sur Duolingo ou même de s'abstenir de fumer, chaque petit rond noir apparaît comme une victoire qui incite à poursuivre les efforts. A l'aube de 2019, faute de trouver un habit tracker correspondant à mes besoins, j'ai décidé de bidouiller le mien. Et puisque j'avais dans l'idée de créer une boutique Le rose et le noir depuis un moment déjà, j'ai pensé que ça ferait un bon produit-test, peu cher et pas compliqué à mettre en vente techniquement. 

dimanche 16 décembre 2018

La semaine en bref #49





Lundi:
Les réactions à la publication de mon billet sur la réforme du PAS me confortent dans l'idée qu'un de ces jours, je prendrai sans doute un engagement syndical. Utiliser mes compétences pour aider ma communauté professionnelle m'apporte une énorme satisfaction. 

Mardi:
★ Nancy Pelosi est l'impératrice de la badassitude. J'ai eu un mini-orgasme en l'écoutant remettre Trump à sa place.
★ Pour mon prochain anniversaire, je me réveillerai chez ma soeur à Toulouse et je m'endormirai à Bruxelles avec Chouchou. J'aurai donc vu tous mes gens préférés dans la même journée: le meilleur cadeau du monde.
★ Il y a deux ans et demi, après les attentats du Bataclan et ceux de l'aéroport de Zaventem, je faisais une fixation sur les marchés de Noël comme terrain potentiel d'un nouveau drame, et je me souviens très distinctement m'être dit: "C'est pas le moment d'aller visiter Strasbourg pendant les fêtes". Si mes angoisses commencent à se réaliser, autant vous prévenir: on va tous finir bouffés par des hordes de souris aux yeux rouges et aux crocs acérés.

[NOEL 2018] Des idées de romans à offrir aux ados






10-13
"Nevermoor" (série, 1 tome paru). Mon coup de coeur absolu de l'année en littérature jeunesse. Morrigane Crow est condamnée par sa naissance à mourir le jour de son 11ème anniversaire. Peu avant les fatidiques douze coups de minuit, un homme étrange nommé Jupiter Nord l'emmène dans un royaume où il tient un hôtel fabuleux, peuplé de personnages hauts en couleurs. Et bien que Morrigane ne se connaisse aucun pouvoir, il la pousse à tenter le concours d'entrée d'une école de magie aussi prestigieuse que sélective...
"Le Club de l'Ours Polaire" (série, 2 tomes parus). Stella, 12 ans, rêve de marcher sur les traces de son père adoptif, un célèbre explorateur des mondes gelés. Hélas, cette carrière est interdite aux filles...  Aventure et amitié dans un royaume peuplé de créatures féériques. Les couvertures embossées sont superbes.
"Le célèbre catalogue Walker & Dawn" (histoire complète). Dans les années 1900. Embarqués bien malgré eux dans une histoire de meurtre, quatre gamins pauvres originaires de Louisiane traversent le pays en voyageurs clandestins...
"Les Doldrums" (série, 2 tomes parus). Petit-fils d'explorateurs disparus en Antarctique, Archer Helmsley monte un plan pour retrouver ses grands-parents avec l'aide de ses amis Adélaïde, ancien petit rat de l'Opéra à la jambe de bois, et Oliver le cerveau tête-en-l'air.
"Isidore et les autres" (histoire complète): Pas facile de grandir dans une famille de génies où on est le seul enfant normal. Et peut-être la seule personne vraiment équilibrée qui ancre toutes les autres. Contemporain, frais, juste et touchant.

13-18
"D'encre, de verre et d'acier" (série, 1 tome paru). Autre gros coup de coeur de cette année. A la fin du XIXème siècle, Elsa, qui vit dans un monde scripté, se lance à la poursuite des ravisseurs de sa mère dans le monde réel. Elle atterrit à Venise, dans un foyer destiné aux adolescents exceptionnellement doués pour les sciences. Avec Leo l'as de la mécanique, Faraz l'achimiste et Porzia la scriptologue, elle découvre un complot de grande envergure... Un monde steampunk qui excite l'imagination, et une intrigue sans temps mort.
"Les mystères de Larispem" (trilogie entièrement publiée): Dans un Paris steampunk éblouissant, qui a pris son indépendance pour devenir une cité-état, une jeune provinciale naïve, une bouchère noire au caractère affirmé et l'orphelin dont elle supervise l'apprentissage sont impliqués bien malgré eux dans les manigances d'une société secrète d'aristocrates dont le sang véhicule le pouvoir de contrôler autrui.
"Les soeurs Carmines" (trilogie entièrement publiée). De la fantasy urbaine gothique, avec une narratrice différente à chaque tome: d'abord une adolescente monte-en-l'air, puis une séductrice psychopathe et pour finir, une enfant qui parle avec les esprits. Morbide et drôle dans un registre grinçant.
"L'Anti-Magicien" (série, 2 tomes parus): Kelen est l'héritier d'une des familles les plus puissantes de sa cité et de son royaume - mais hélas pour lui, arrivé à l'âge de son premier duel, il ne manifeste de pouvoir dans aucune des sept formes de magie existantes. Dans sa lutte pour survivre, il trouve deux alliés de choc: une mystérieuse vagabonde nommée Furia et un chacureuil féroce répondant au nom de rakis. Une série de fantasy très sympathique, dont chaque tome se déroule dans un lieu différent.
"Le Passageur" (série, 1 tome paru). Matéo, jeune Rom sédentarisé, est le seul garçon à posséder le don de voir les fantômes - et l'obligation de les aider à trouver le repos s'il ne veut pas devenir fou. C'est ainsi qu'il se retrouve projeté à l'époque de la Commune, durant la semaine sanglante... Un héros atypique et une plongée mouvementée dans une période de l'Histoire souvent méconnue.
"Brexit romance" (histoire complète): Une comédie très actuelle, légère et féroce à la fois, entre romances simulées pour contrer le Brexit et romances réelles qui viennent foutre le bazar. Clémentine Beauvais est décidément un grand talent de la littérature jeunesse française.
"Ensemble à minuit" (histoire complète): A NewYork au moment de Noël. Après avoir été témoins d'un accident qu'ils n'ont rien fait pour empêcher, deux ados décident de relever le défi de faire sept bonnes actions désintéressées avant le Nouvel An. Une jolie leçon de vie jamais moralisatrice.
"La course au bonheur" (histoire complète): Dans un monde où la magie permet d'échapper à ses problèmes en payant un prix élevé, quatre adolescents enchaînent mensonges et manipulations pour tenter de trouver le bonheur. Un roman assez noir à l'intrigue prenante.
"Juniper Lemon ou la stratégie du bonheur" (histoire complète): En deuil de sa soeur aînée décédée quelques mois plus tôt dans un accident de voiture, Juniper se force malgré tout à poursuivre la rédaction de son "Index du Bonheur". Une héroïne attachante pour un roman au message beau et fort.
"J'ai égaré la lune" (histoire complète qui fait suite à "J'ai avalé un arc-en-ciel" mais peut très bien se lire indépendamment): Laissant sa petite amie aux Etats-Unis, Capucine part étudier un an au Japon, où elle va vivre dans une colocation ambiance "L'auberge espagnole". Drôle et feel good.
"Et ils meurent tous les deux à la fin" (histoire complète): Prévenus par le service téléphonique Death-Cast qu'ils vont mourir dans la journée, Mateo le geek introverti et Rufus l'orphelin tête brûlée se rencontrent par l'intermédiaire d'une app et décident de vivre à fond leurs dernières heures. Un roman touchant et surprenant, qui incite à la réflexion.

Je vous encourage, dans la mesure du possible, à effectuer vos achats dans une librairie indépendante. Mais si vous avez pour une raison quelconque décidé de commander plutôt sur Amazon suite à mes recommandations, ce serait très gentil de passer par les liens affiliés inclus dans ce billet: cela me permettra de toucher une petite commission sous forme de bon d'achat, que je réinvestirai dans d'autres lectures à commenter et partager!

mercredi 12 décembre 2018

Intentions pour 2019





Comme tous les ans en décembre, j'avais commencé une liste d'objectifs concrets pour l'année prochaine. Mais je me suis vite rendu compte que, hormis pour des voyage que je n'étais pas certaine d'avoir les moyens de faire, je n'avais pas grand-chose de concret à y noter. La seconde moitié de 2018 a été très compliquée et j'ai devant moi un gros travail de reconfiguration mentale et d'adaptation matérielle pour affronter (à peu près) sereinement le ralentissement de ma carrière et la baisse abrupte de revenus qui l'accompagne. Au final, donc, peu d'intentions mais qui toutes vont nécessiter un investissement important de ma part, et que je ne pourrai jamais vraiment cocher sur une To Do List. 

lundi 10 décembre 2018

Prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu: ce qui va se passer pour les indépendants





La première chose à savoir au sujet de cette réforme, c'est que les auteurs et autres catégories de travailleurs indépendants ne vont pas en bénéficier (excepté sur un point que j'aborderai plus bas). Oui, ça aurait été génial que nos clients retiennent la part des impôts sur le revenu et ne nous versent que l'argent qu'on pouvait joyeusement dépenser en putes et en coke. Et ça aurait été encore plus génial que, les mois où on n'a aucune rentrée d'argent, on n'ait pas non plus de sortie sous forme d'un prélèvement du Trésor Public. Mais nos clients, éditeurs ou autres, ne sont pas habilités à jouer les tiers collecteurs pour les sommes avec lesquelles ils rétribuent nos services. 

dimanche 9 décembre 2018

La semaine en bref #48





Lundi:
Quand je lui dis au revoir sur le seuil de la salle de bain, Darklulu se serre contre moi et fond en larmes. Du coup, moi aussi (mais je n'ai pas dormi et je suis hyper mal dans ma tête; ça amenuise toujours mes défenses émotionnelles). Je promets de revenir très vite. 
 Mon premier train a 50 minutes de retard, et je loupe ma correspondance à Marseille. Comme il est déjà 14h, je vais au Monop' Daily me chercher un truc à manger. Hélas, le rayon frais est vide "en raison des gilets jaunes qui bloquent l'approvisionnement". Pour la première fois depuis dix ans, je finis donc chez McDo. Bon, une salade César et une petite Evian ne devraient pas trop entamer mon espérance de vie. 
 Quand j'arrive enfin à Monpatelin (après un temps de trajet plus long que lorsque je viens de Bruxelles pourtant située deux fois plus loin...), j'ai le plaisir de découvrir un avis de dératisation des parties communes daté du 19 novembre, une seule minuscule crotte de souris dans mes placards de cuisine et zéro fourmi morte sur mon oreiller - vive l'hibernation. 

jeudi 6 décembre 2018

Ce que la Kindle a changé dans ma vie de lectrice





Après avoir été longtemps réfractaire à l'utilisation d'une liseuse, en fin d'année dernière, j'ai récupéré  à titre d'essai la vieille Kindle d'une amie qui m'en a gentiment fait cadeau (merci encore, Ness!). Et j'ai commencé à acheter des livres en numérique, principalement pour une question de commodité et de prix, mais je ne parvenais pas à me résoudre à les lire sur cet appareil minuscule qui se tenait d'une seule main: ce n'était pas juste l'odeur et la sensation du papier qu'on m'enlevait, c'était carrément une gestuelle adoptée près d'un demi-siècle plus tôt. Les premiers mois, je me suis donc tué les yeux à lire sur mon iPad dont le poids et la taille l'apparentaient davantage à un ouvrage classique. Puis, notre voyage en Asie approchant, j'ai décidé d'emporter mon MacBook pour pouvoir bloguer confortablement sur place, et MacBook + iPad, c'était juste redondant: un excès de poids inutile à trimballer, et un appareil de plus à sortir au passage de la sécurité dans les aéroports. Je me suis dit que ce serait une bonne occasion d'enfin tester la Kindle dans des circonstances où je n'aurais pas d'échappatoire possible à moins de renoncer à lire (glups). 

Concours: "Le vieux qui tirait les cartes" (Keziah Frost)


A 73 ans, Norbert Zelenka se retrouve fauché et seul avec son chihuahua, Ivy. Tout est foutu, pense-t-il. C'est compter sans le Club de Carlotta, trois retraitées très dynamiques bien décidées à le sortir de l'impasse en lui trouvant une nouvelle vocation. Se pliant à leur petit jeu, Norbert devient bien malgré lui le voyant de la ville...

Ca faisait longtemps que je n'avais pas organisé de concours ici! A l'approche des fêtes, j'ai envie d'offrir à l'une d'entre vous ce roman feel good traduit par mes soins, et dans lequel Noël tient une place particulière. Pour gagner "Le vieux qui tirait les cartes", indiquez-moi dans les commentaires de ce billet le titre du dernier livre qui vous a fait chaud au coeur et que vous recommanderiez aux amateurs du genre. Clôture du concours lundi 10 décembre à midi; tirage au sort et annonce de la gagnante le lendemain. Envoi en Europe seulement. 

Bonne chance à toutes!

mercredi 5 décembre 2018

Où je m'interroge sur le mouvement des gilets jaunes





A l'apparition des gilets jaunes, j'ai grogné: "Y'a pas des trucs un peu plus importants que le prix de l'essence au sujet desquels manifester en ce moment?". Oubliant que, si c'est un non-problème pour moi qui n'ai pas de voiture et souhaite ardemment qu'on cesse d'exploiter les énergies fossiles, beaucoup de gens aux revenus modestes ne peuvent pas aller travailler en transports en commun et n'ont pas les moyens de se payer un véhicule hybride ou électrique.

mardi 4 décembre 2018

Envies de décembre





le nouvel album de Vanessa Paradis
(je voulais l'acheter en MP3 dès sa sortie, mais Amazon ne m'a pas permis de le faire depuis la Belgique parce que j'ai un compte français)

la suite de Wreck-It Ralph au cinéma
(on s'est refait le premier il n'y a pas longtemps et c'était toujours aussi bien)

ce tome "bonus" de la série "Les carnets de Cerise"
(qui raconte à deux voix les aventures de l'héroïne et de son nouveau petit frère avant leur départ pour un voyage en famille autour du monde)

des chaussettes en cachemire Boden
(puisque je ne vais pas pouvoir retourner à Helsinki de sitôt et que les grosses chaussettes en laine achetées là-bas ne vont pas tarder à me lâcher)

cette couverture lestée, censée produire un effet "hug" et améliorer la qualité du sommeil
chez les personnes souffrant d'autisme, de TDAH, d'anxiété...
(mais c'est quand même un sacré budget!)

ce jubilatoire sweat-shirt brodé
(dans la nouvelle collection, j'aime aussi beaucoup celui avec les renards)

cette bougie Petrichor à la cire de soja
(mon mot préféré de la langue française, et aussi une odeur que j'adore)

ces jolies assiettes à dessert de chez Anthropologie
(histoire que mes gâteaux les plus ratés aient honte de n'avoir pas fait un petit effort!)

cette recette de choux de Bruxelles poêlés
(j'adore les choux de Bruxelles, faites-moi un procès)

du gras et du sucré international: croustillons belges sur un marché de Noël
et bolo rei à la boulangerie portugaise près de chez nous

lundi 3 décembre 2018

La semaine en bref #47





Lundi:
Maintenant, quand je tente de m'asseoir sur mes talons, le contact s'établit entre mes fesses et mes pieds. La question étant de savoir si les ligaments de mes genoux commencent enfin à s'assouplir avec tout ce yoga, ou si les chocolats chauds-tartines de ces dernières semaines ont juste fait pousser mes fesses vers le bas.

Mardi:
 Je sens qu'elle ne va pas me passionner, cette 4ème saison du "Bureau des Légendes". Tout ce que j'ai envie de faire, c'est baffer les deux nouveaux de la sécurité interne. Pour le reste, je bâille beaucoup.

dimanche 2 décembre 2018

Où les casseurs sévissent aussi en province





Je passe le week-end chez ma soeur. En ce samedi après-midi, nous devons nous rendre dans le centre de Toulouse pour faire quelques courses. Nous avons vu aux infos que les manifs de gilets jaunes dégénéraient à Paris, mais nous espérons que ce sera plus calme ici en province. La vraie question, c'est: on y va en voiture ou en métro? Mon beau-frère et Darklulu ces feignasses cosmiques sont pour la première solution; ma soeur et moi trouvons la seconde plus pratique et plus écologique; trop occupé à jouer à Bacon sur son smartphone, Attila n'a pas l'énergie d'avoir une opinion.