dimanche 3 février 2019

Les conversations absurdes #52


CHOUCHOU: Dans les chiens sympas, tu as les labradors.
MOI: Je vois pas trop à quoi ça ressemble; je pense que je confonds avec les Golden Retriever. Je suis assez nulle en clebs. 
CHOUCHOU: Le labrador, c'est le chien dans "Belle et Sébastien".
MOI, explosant de rire: Tu te fiches de moi? Le chien dans "Belle et Sébastien", c'est un berger des Pyrénées. Même moi, je sais ça. 
CHOUCHOU, sentencieux: Ca dépend dans quelle version. Y'a eu beaucoup d'adaptations de "Belle et Sébastien", tu sais. 
MOI: Oui, et je te garantis que Belle n'est un labrador dans aucune d'entre elles. 


Mon cultivateur de bonnes habitudes

samedi 2 février 2019

"Louis & Louise" (Julie Cohen)


En 1978, un bébé naît dans une petite ville du Maine. Sa mère est une reine de beauté locale; son père ingénieur travaille à l'usine de fabrication de papier créée par ses ancêtres et dont il héritera un jour. Ses meilleurs amis seront les faux jumeaux Allie et Benny; sa vocation sera l'écriture. Mais selon que ce bébé est fille ou garçon, sa vie en sera fondamentalement transformée...

...Ou pas, ai-je envie de dire après cette lecture frustrante. Le sujet de "Louis & Louise" était extrêmement prometteur, et le premier chapitre qui met en vis-à-vis les réactions à la naissance d'une fille et à la naissance d'un garçon m'avait vraiment donné de grands espoirs. Je pensais que Julie Cohen allait souligner toutes les manières dont les enfants puis les adultes sont socialement formatés en fonction de leur sexe, mettre en évidence les façons multiples dont cela influence leur parcours de vie. 

Au lieu de ça, elle se focalise sur un drame bien précis - qui certes se déroule différemment dans les chapitres consacrés à Louis et ceux consacrés à Louise. Mais les maintes autres problématiques que son idée de départ aurait pu l'amener à aborder sont juste balayées sous le tapis. Et comme Louis.e est bisexuel.le, même ses pulsions amoureuses restent identiques dans les deux versions. Dans chacune de ses incarnations, Julie Cohen lui fait répéter que l'important, ce n'est pas le sexe mais la personne, et de fait, son Louis et sa Louise sont fondamentalement les mêmes. Je ne suis pas du tout d'avis que nous possédons une nature intouchable qui échappe au conditionnement social, et en particulier au conditionnement de genre. Surtout, si c'était pour que l'histoire se termine de la même façon dans les deux cas, je ne vois pas l'intérêt de cette double narration. 

Envies de février





un brunch au Train Bistro
(on n'a pas testé de nouveau brunch à Bruxelles de toute l'année 2018, vous vous rendez compte?)

(autant amortir nos Museum Pass...)

(vite avant qu'elle ne se termine!)

la série Netflix "The umbrella academy"
(le comics m'avait vite soûlée, mais la bande-annonce est très prometteuse, et ça sort le 15)

(je pourrais dire qu'il a l'air savoureux, mais ce serait peut-être un peu facile)

(de manière très inhabituelle, la VF est disponible depuis mi-janvier, mais je voulais le lire en VO comme le premier tome)

(j'aime tellement le travail de l'instructrice, Jennifer Orkin Lewis alias August Wren!)

ce très long gilet bordeaux pour traîner à la maison
(quelqu'un a déjà commandé sur ce site?)

(on est de nouveau dans une de ces phases où on mange toujours pareil; je veux tester d'autres recettes)

(je me vois bien passer le week-end enfermée là-dedans avec Chouchou et des bouquins...)


Mon cultivateur de bonnes habitudes

jeudi 31 janvier 2019

Lectures de Janvier 2019





ROMANS/RECITS:
- The girl before (J.P. Delaney) ♥︎♥︎♥︎
- Connect (Julian Gough)
- Une famille explosive (Yan Ge) 
- The start of me and you (Emery Lord) ♥︎♥︎♥︎
- Everything all at once (Katrina Leno) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Harley Merlin and the secret coven (Bella Forrest)
- The rules of magic (Alice Hoffman) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The light in the dark (Horatio Clare) ♥︎♥︎♥︎
- Two can keep a secret (Karen McManus) ♥︎♥︎
- Aucun dieu en vue (Altaf Tyrewala) ♥︎♥︎
- Dear Mrs Bird (A.J. Pearce) ♥︎♥︎♥︎
- The dreamers (Karen Thompson Walker) ♥︎♥︎
- Winterhouse (Ben Guterson) ♥︎♥︎
- Escape from Mr. Lemoncello's library (Chris Grabenstein) ♥︎♥︎♥︎
- Verity (Colleen Hoover) ♥︎♥︎♥︎
- The vanishing stair (Maureen Johnson) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- This lie will kill you (Chelsea Pitcher) ♥︎♥︎♥︎
- When all is said (Anne Griffin)
- The remarkable journey of Coyote Sunrise (Dan Gemeinhart) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Mr. Lemoncello's library olympics (Chris Grabenstein) ♥︎♥︎
- Miss Charity (Marie-Aude Murail)* ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- La promesse du bonheur (Justin Cartwright)

BEDE/MANGA:
- Strangers in paradise XXV #9 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Un été sans maman (Gregory Panaccione) ♥︎♥︎
- L'invasion des imbéciles (Tiphaine Rivière) ♥︎♥︎♥︎
- Chroniques new-yorkaises T2 (Akino Kondoh) ♥︎♥︎♥︎
- Kamakura diary T8 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Les contes de la ruelle (Nie Jun) ♥︎♥︎♥︎


Mon cultivateur de bonnes habitudes

lundi 28 janvier 2019

L'authenticité plutôt que la perfection





J'ai passé la semaine dernière à bosser et faire du yoga sans mettre le nez hors de chez moi. Du coup, je n'avais rien de sympa à poster sur Instagram, et même si ce n'est pas du tout une obligation, ça me manquait. N'ayant personne sous la main pour me prendre en photo, je me suis dit que j'allais apprendre à me servir de la fonction retardateur de mon Lumix et immortaliser les poses un peu difficiles de mes séances quotidiennes de yoga. La planche latérale, par exemple. Ou le danseur. J'ai fait plusieurs essais pour obtenir des clichés satisfaisants et... j'ai eu honte à l'idée de les poster. Je n'ai pas une silhouette athlétique ni plaisante à regarder, et ces postures, je suis capable de les faire, mais je ne les réussis pas spectaculairement bien non plus. Alors que sur Instagram, c'est plein de vingtenaires élastiques comme du chewing-gum, avec des cuisses fuselées et un ventre concave. D'ailleurs, me suis-je dit tristement en pianotant sur mon iPad, il suffit d'aller voir le hashtag du challenge en cours d'Adriene.

dimanche 27 janvier 2019

La semaine en bref #55





Lundi:
Je ne suis pas très Côtes de Provence, mais mon caviste m'a vendu cette bouteille de Château Saint-Pierre blanc en me jurant que j'allais adorer. Verdict: cet homme ne me connaît pas du tout
 A minuit une, recevoir sur ma Kindle le tome 2 de "Truly devious" qui sort demain (enfin, aujourd'hui) et que j'attends avec impatience depuis des mois. Oui mais je suis censée me coucher tôt. Oui mais j'ai vraiment très envie de l'entamer. Oui mais je suis censée me coucher tôt. Oui mais j'ai vraiment très envie de l'entamer. Oh allez, juste les deux premiers chapitres. 

samedi 26 janvier 2019

"The remarkable journey of Coyote Sunrise" (Dan Gemeinhart)


Il y a cinq ans, la mère et les soeurs de Coyote sont mortes dans un accident de voiture. Depuis, son père Rodeo et elle ont changé de nom, et ils sillonnent les Etats-Unis à bord de Yager, un vieux bus scolaire devenu leur maison sur roues. Interdiction d'évoquer le passé: le mot d'ordre, c'est vivre dans le présent exclusivement pour ne pas souffrir. Jusqu'au jour où Coyote apprend que le parc où elle avait enterré une boîte à souvenirs avec sa mère et ses soeurs va être rasé. Elle n'a que cinq jours pour traverser le pays jusqu'à leur ancienne ville et récupérer son trésor. Mais le plus difficile, c'est qu'elle devra le faire sans que Rodeo s'en aperçoive... 

Nous ne sommes pas encore fin janvier et je sais déjà que je tiens mon bouquin de l'année, celui qui aura laissé la marque la plus profonde dans mon coeur. Celui qui illustre à la perfection cette phrase de mon amoureux que je n'avais jamais vraiment comprise jusqu'ici: "On ne pleure pas toujours de tristesse. Parfois, on pleure juste d'émotion." Car le vrai thème de ce roman jeunesse, c'est "Comment apprendre à vivre avec ses morts?".

Au fil d'un road trip mouvementé, Coyote fait plein de jolies rencontres, émerge de la solitude imposée par Rodeo, découvre la complexité des relations humaines et mûrit à vue d'oeil. Cette petite héroïne blessée et son papa hippie ultra-bienveillant comptent parmi les personnages les plus attachants dont j'aie croisé la route depuis une éternité. Dans "The remarkable journey of Coyote Sunrise", il n'y a aucun antagoniste - hormis peut-être quelques flics bourrus. Juste une funambule pleine de grâce qui se livre à un savant numéro d'équilibriste entre tristesse et bonheur, des personnages secondaires qui vous réconcilient avec l'humanité, un bus à bord duquel on voudrait embarquer immédiatement, une foule de phrases tellement belles et justes que j'ai dû cesser de les noter arrivée au milieu du roman, et quelques scènes d'une poignance absolue (dont une qui m'a rappelé le passage sur "Heroes" dans le film "The perks of being a wallflower", version grands espaces plutôt qu'environnement urbain).

C'est la première fois que je vais racheter un ouvrage lu sur ma Kindle en version papier, et la première fois que je comprends pourquoi certaines personnes relisent certains livres une fois par an. Je suis en outre prête à éradiquer l'ensemble de ma profession pour que l'éditeur qui achètera les droits français me confie la traduction de ce bouquin. Qu'on se le dise. 

jeudi 24 janvier 2019

"This lie will kill you" (Chelsea Pitcher)


Il y a tout juste un an, un jeune homme est mort carbonisé dans une voiture au milieu des bois. Aujourd'hui, les cinq protagonistes du drame sont conviés à une murder party, officiellement dans le but de déterminer le gagnant d'une bourse d'études de $50 000. Mais dès l'apéritif qu'une voix sortant d'un haut-parleur les a invités à boire, l'un d'eux s'écroule, inconscient. Et très vite, les quatre autres se rendent compte que leur hôte connaît leur pire secret...

Impossible pour moi de résister à un tel pitch, surtout assorti de la mention: Pour les fans de "One of us is lying", autre thriller psychologique jeunesse que j'ai beaucoup aimé. Ici, les personnages sont moins attachants mais aussi plus originaux. L'histoire, qui semble assez prévisible au premier abord, réserve son lot de surprises et presque trop de circonvolutions dans le dernier tiers. Et je ne m'attendais pas à une fin aussi sombre. Bref, "This lie will kill you" est un roman tordu à souhait qui m'a fait passer une excellente soirée.

mercredi 23 janvier 2019

Se détacher de la colère, survoler les problèmes





Début juillet, ça fera 25 ans que j'exerce le métier de traductrice littéraire avec un statut de travailleuse indépendante. Des retards de paiement, j'en ai toujours connu. Mais là où autrefois, ils étaient l'exception (hormis en août et dans la seconde quinzaine de décembre), ils sont devenus la norme au cours de la dernière décennie. Désormais, j'ai de la chance quand j'arrive à me faire régler une facture moins de deux mois après son émission. En plus de me compliquer sérieusement la vie, ça me met dans une rage folle. Je suis toujours à l'heure pour rendre mon travail, même quand les délais sont hyper serrés, même quand j'ai été malade, même quand j'ai eu à résoudre des problèmes techniques ou personnels. Pourtant, presque systématiquement, je me retrouve à mendier mon dû pendant des semaines voire des mois après le délai de traitement acceptable. Ca m'use les nerfs, et je ne sais même pas si ça sert à quoi que ce soit. 

"Verity" (Colleen Hoover)


Ecrivaine peu connue, Lowen se retrouve en grande difficulté financière suite au décès de sa mère. Malgré ses réticences initiales, elle se voit contrainte d'accepter un travail de commande: écrire les trois derniers tomes d'une série de thrillers à succès dont l'autrice se trouve dans un état végétatif. C'est ainsi qu'elle débarque chez les Crawford, une famille qui semble poursuivie par le malheur. Mais dans le bureau de Verity, elle tombe sur une autobiographie cachée qui révèle les dessous abominables de la mort de ses jumelles de 8 ans... 

Colleen Hoover est une écrivaine à succès qui, d'habitude, sévit plutôt dans la romance. Aussi n'avais-je jamais rien lu d'elle avant de tomber sur des critiques dithyrambiques de "Verity", sa première incursion dans le domaine du... thriller psychologique sexy, disons. Je ne m'attendais pas à ce que ce livre contienne autant de scènes de fesses qui personnellement m'ennuient plus qu'autre chose. Moins sensible que certaines lectrices sur le sujet des enfants, je n'ai pas été gênée par les révélations monstrueuses de Verity. Mais je n'ai pas non plus été éblouie par le twist final: parce qu'à partir du moment où on sait qu'il y a en un, et que l'histoire se déroule en huis-clos entre un nombre très restreint de personnages, les possibilités ne sont pas légion. Bref, en ce qui me concerne, un pétard mouillé. Sachez néanmoins que "Verity" affiche sur GoodReads une note moyenne de 4,5 sur 5 basée sur plus de 17 000 avis: je suis donc définitivement dans une minorité de grincheux sur ce coup-là. 

mardi 22 janvier 2019

"Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello" (Chris Grabenstein)


Excentrique et talentueux créateur de jeux de société, M. Lemoncello a racheté une ancienne banque pour en faire la bibliothèque d'une petite ville américaine. Avant l'ouverture au grand public, il convie douze élèves de 5ème, gagnants d'un concours de rédaction, à découvrir les lieux en exclusivité lors d'une soirée mémorable. Mais lorsque, après s'être beaucoup amusés à explorer la technologie de pointe de et les fonctions ludiques de la bibliothèque, Kyle et ses camarades veulent rentrer chez eux le lendemain matin, ils découvrent qu'ils sont enfermés pour 24h de plus. Leur mission, s'ils l'acceptent: participer à un escape game délirant pour trouver la seconde sortie...

C'est dans "Winterhouse Hôtel", lu juste avant, que j'ai découvert l'existence de ce roman jeunesse dont le thème avait tout pour me séduire. Très inspiré par "Charlie et la chocolaterie", Chris Grabenstein parvient néanmoins à tisser une intrigue originale et des énigmes élaborées grâce auxquelles je ne me suis pas ennuyée une minute. Certes, ses jeunes héros sont psychologiquement aussi développés qu'un poussin de la veille. Mais on s'en fout, parce que l'apologie de l'esprit d'équipe est bien vue et la lecture terriblement fun. Par contre, si je me disais que "Winterhouse Hôtel" avait dû donner du fil à retordre à sa traductrice, j'ai pleuré des larmes de sang en découvrant les multiples rébus et autres difficultés d'adaptation extrêmes que contient la VO de "Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello". Au point que je vais devoir me procurer la VF pour voir comment ma méritante collègue les a résolues. Pour les amateurs, ce roman est le premier tome d'une série qui en compte quatre, dont deux déjà disponibles en français. 

Traduction d'Anath Riveline

lundi 21 janvier 2019

La semaine en bref #54





Lundi:
En pleine séance de yoga, une éditrice avec qui je marche sur des oeufs mais pour qui je voudrais vraiment bosser de nouveau m'appelle pour me demander si je peux relire en urgence les épreuves de la trad faite pour elle au printemps dernier: l'autrice sera à Paris le mois prochain, et elle voudrait lui montrer le bouquin fini. Bien entendu, j'accepte avec empressement. 
 Saisie d'angoisses multiples au moment de me coucher, je ne parviens pas à trouver le sommeil, d'autant que j'ai trop chaud avec la couette et que Chouchou ronfle comme un sonneur. Je finis par déménager sur le canapé vers 2h30, et par m'assoupir vers 4h30 pour deux pauvres heures. Quelle nuit pourrie. 

dimanche 20 janvier 2019

3 idées fausses sur le yoga



Source: Lululemon


Le yoga, c'est pour les gens souples
Quand toutes les publicités pour des écoles, des sites internet ou des magazines de yoga montrent des pratiquantes contorsionnées comme des pretzels dans des postures qui défient simultanément les lois de la gravité et la configuration du corps humain, c'est facile de se décourager avant même d'avoir commencé. En réalité, le yoga, c'est 90% de mouvements accessibles à n'importe qui, à condition de ne pas vouloir les exécuter parfaitement ou à fond dès le début. Des vieillards de plus de 90 ans font du yoga. Des personnes en chaise roulante font du yoga. Le principe de base, c'est de bouger en accordant son souffle à ses mouvements. Vos poumons fonctionnent? Vous pouvez faire du yoga. Vos poumons ne fonctionnent pas? Vous n'êtes pas en train de lire cet article, donc peu importe. Et si vous êtes raide comme un bout de bois, vous allez constater une amélioration encore plus rapide et plus spectaculaire que que les pratiquants croisés avec un chewing-gum. Vous avez peur de vous sentir ridicule? S'il y a une communauté où les gens sont bienveillants et ne jugent pas les autres, c'est bien celle du yoga. Au pire, commencez chez vous avec des vidéos faciles. En plus, le yoga boostant l'estime de soi et l'auto-compassion, il vous aidera à accepter vos limites et à ne plus craindre le ridicule dans quelque domaine que ce soit. 

"Winterhouse Hôtel" (Ben Guterson)


Depuis la mort de ses parents quand elle n'avait que quatre ans, Elizabeth Somers mène une vie misérable chez son oncle et sa tante. Bien que perpétuellement fauchés, ceux-ci partent en voyage pour Noël et, refusant de laisser leur nièce seule chez eux, l'envoient passer trois semaines à l'hôtel Winterhouse. Elizabeth, qui s'attendait à une pension sinistre, est enchantée de découvrir une bâtisse de contes de fées possédant sa propre fabrique de confiseries et surtout une fantastique bibliothèque. Elle fait la connaissance de Freddy, un jeune inventeur féru de mots en cascade et et d'anagrammes. Ensemble, ils vont s'atteler à résoudre les nombreux mystères de Winterhouse...

Si je suis toujours partante pour un roman jeunesse avec une héroïne passionnée de lecture et d'énigmes, il faut bien admettre que je ne suis pas du tout le public-cible de "Winterhouse Hôtel", et que dans la catégorie middle grade, peu d'ouvrages possèdent une complexité suffisante pour me tenir en haleine. Ici, par exemple, l'intrigue cousue de fil blanc et les personnages hyper manichéens m'ont à moitié fait décrocher dans le dernier tiers de ma lecture. Mais les 9-12 ans auxquels l'histoire est destinée devraient adorer l'atmosphère féérique de Winterhouse. Au passage, bien que j'aie lu ce roman en V.O., je me permets d'adresser une pensée compatissante à la collègue qui s'est chargée de la traduction française, et qui a dû s'arracher joliment les cheveux pour adapter les mots en cascade, les anagrammes et les messages codés. 

Traduction d'Anne-Sylvie Homassel

samedi 19 janvier 2019

"Dear Mrs Bird" (A.J. Pearce)


Malgré les bombardements nocturnes par la Luftwaffe, Emmy Lake, 23 ans, mène une vie aussi normale que possible dans le Londres du début des années 40. Elle s'efforce de garder le moral en toutes circonstances et contribue à l'effort de guerre en faisant du bénévolat dans une caserne de pompiers. Un instant de distraction durant un entretien d'embauche pour ce qu'elle croit être un poste de journaliste et la voilà assistante de la redoutable Henrietta Bird, qui répond au courrier des lectrices dans un magazine féminin en perte de vitesse. Mrs Bird considère la plupart des lettres qu'elle reçoit comme scandaleuses et indignes de son attention, mais Emmy est touchée par la détresse des femmes qui les envoient. Alors, en secret, elle se met à leur répondre à la place de sa patronne...

Dans un cadre historique pas particulièrement riant, A.J. Pearce crée une héroïne pétillante et volontaire, qui s'applique à voir toujours le verre à moitié plein mais dont le désir de bien faire va la pousser à agir de manière inconsidérée et lui attirer des tas d'ennuis. Drôle et frais, "Dear Mrs Bird" fait partie de ces romans qu'on lit d'une traite et qu'on referme le sourire aux lèvres.

Ces autres choses j'ai apprises et qui ont drôlement amélioré ma vie





- Ne me sentir en compétition avec personne d'autre que moi-même (ma soeur, mes collègues, mes amies ont leurs propres qualités, leurs propres défauts et leurs propres luttes; il y aura toujours des gens meilleurs et des gens plus mauvais que moi dans un domaine donné, et on s'en fout parce que la vie n'est pas une épreuve olympique)
- Viser le progrès plutôt que la perfection 
- Avoir confiance en moi 
- Me blinder contre le jugement d'autrui
- Etre consciente de ma chance, et reconnaissante pour tout ce que j'ai plutôt qu'envieuse de ce que je n'ai pas
- Vivre en-deçà de mes moyens (mais pas trop, parce qu'il faut quand même profiter)
- Réclamer l'argent que mes clients me doivent; dire quand j'estime en mériter plus
- Solliciter du boulot sans me sentir humiliée (et ça, c'est très récent...)
- Préférer avoir la paix dans mon couple plutôt que le dernier mot dans les discussions
- Ravaler un trait d'esprit que personnellement je trouve irrésistible s'il risque de blesser quelqu'un
- Ne JAMAIS balancer d'horreurs même sous le coup de la colère (la dispute passera; les mots et la blessure qu'ils ont provoquée resteront)
- Cesser de tenir mes parents responsables pour tout ce qui a foiré dans ma jeunesse
- Savourer les petits bonheurs du quotidien
- Ne pas engager de long débat avec des inconnus sur les réseaux sociaux (en revanche, il m'arrive encore de céder à la curiosité malsaine de lire les commentaires sur des articles polémiques, et le monde me paraît toujours un peu plus moche après)
- Ignorer les injonctions des médias, particulièrement en matière de féminité
- Déconstruire les messages sociaux racistes/sexistes/homophobes
- Remettre mes préjugés en question si on me fournit des arguments valables
- En cas de doute sur le bien-fondé d'une pratique médicale, me référer à la Cochrane Library 
- N'écouter ma mère que d'une oreille distraite et me contenter de "Mmmmh" qui n'engagent à rien quand ce qu'elle dit me fait bondir à l'intérieur
- Utiliser le strict minimum de produits cosmétiques (ma peau me remercie tellement, et mon porte-monnaie aussi)
- Accepter qu'à moins de m'affamer, je ne serai jamais mince - et faire ma paix avec ça; apprécier mon corps tel qu'il est pour tous les services qu'il me rend chaque jour
- Acheter ma taille de vêtements, même si je n'aime pas le chiffre sur l'étiquette (je mérite d'être à l'aise au quotidien plutôt que constamment boudinée dans mes fringues)
- Savoir ce qui me va et éviter le reste (du coup, je porte toujours le même genre de robes, de tops et de chaussures, mais j'ai choisi de considérer ça comme Mon Style)
- Me détacher de la plupart de mes possessions matérielles (la numérisation de la culture aidant vachement)
- Lire sur Kindle (je fais des économies de malade, et je ne vous raconte pas la place que je gagne dans mes bagages)
- Voyager léger (vous avez vu mon sac de Mary Poppins?)
- M'arrêter de boire quand je suis gaie mais pas encore bourrée
- Brancher une prise USB dans le bon sens du premier coup (c'est quand même pas compliqué: faut tourner la jointure vers le bas)


Mon cultivateur de bonnes habitudes

vendredi 18 janvier 2019

"The dreamers" (Karen Thompson Walker)


Ca commence à l'université de la petite ville californienne de Santa Lora. Des étudiants s'endorment brusquement et ne se réveillent plus. Pourtant, leurs signes vitaux restent excellents, et leur activité cérébrale paraît aussi intense que s'ils rêvaient. Petit à petit, l'étrange épidémie se propage au reste de la communauté, que les autorités décident de mettre en quarantaine...

L'idée de base de "The dreamers" me paraissait d'autant plus intéressante que "L'âge des miracles", le premier roman de Karen Thompson Walker, avait été mon gros coup de coeur de l'année 2012. Malheureusement, si on retrouve ici l'atmosphère de fin du monde inexplicable et empreinte d'une certaine poésie, ainsi que l'absence de grands drames et d'effusions de violence généralement répandues dans les histoires apocalyptiques, tous les autres éléments du récit m'ont laissée sur ma faim. 

Certes, il ne se passait déjà pas grand-chose dans "L'âge des miracles," mais l'objet de celui-ci était de suivre l'évolution de la jeune héroïne, la manière dont elle gérait son adolescence dans un contexte de fin du monde. Ici, on suit un tas de personnages différents, si nombreux qu'on ne parvient à en connaître vraiment aucun - encore moins à s'attacher à eux. Et il ne se passe absolument RIEN. (Attention: spoilers.) L'épidémie se répand puis se résorbe sans qu'on sache d'où elle vient (ce qui n'est pas un problème en soi) et sans provoquer le moindre changement significatif (ce qui est beaucoup plus regrettable). L'idée que les dormeurs entrevoient peut-être leur avenir, dans ce monde-ci ou dans un univers parallèle, est intéressante mais survient seulement sur la toute fin et n'est donc quasiment pas exploitée. De la même façon, les autres amorces d'intrigue prometteuses - comme la grossesse d'une des premières patientes - sont à peine survolées. 

Je passe sur les problèmes de crédibilité: comment se fait-il que l'épidémie mystérieuse, super contagieuse et qui se transmet par la voie des airs, reste circonscrite à Santa Lora? Qu'à l'ère d'internet, le reste du pays voire du monde ne s'affole pas une seule seconde?  Que les ONG et les forces armées n'affluent pas sur place, bien plus nombreuses que la poignée de soldats et de volontaires incapables de gérer les malades? La seule chose qui m'a poussée à lire jusqu'à la fin, c'est que l'autrice écrit vraiment très, très bien. Le grand néant de "The dreamers" n'en apparaît que davantage comme un regrettable gâchis de son talent. 

jeudi 17 janvier 2019

Et petit à petit, apprendre à aimer l'hiver





J'ai longtemps détesté l'hiver. Sans aller jusqu'à souffrir de dépression saisonnière, j'avais beaucoup de mal à garder le moral pendant ces quelques mois où je souffrais du froid et du manque de lumière, où je peinais à me lever le matin et avais envie de me coucher avec le soleil en milieu d'après-midi. Je  me plaignais en boucle et vivais les yeux rivés au calendrier, attendant le retour du printemps. Puis vers la quarantaine, comme je sentais le cours du temps accélérer et ma biologie interne ralentir, j'ai eu une sorte de déclic. J'ai commencé à percevoir la beauté de toutes les saisons, à éprouver la nécessité de leur succession, à accompagner ce cycle au lieu de me rebeller vainement contre lui. J'ai collectionné les petits plaisirs spécifiques de l'hiver et développé des stratégies pour pallier ses difficultés. 

mercredi 16 janvier 2019

"The light in the dark" (Horatio Clare)


Horatio Clare vit dans un coin paumé d'Angleterre avec sa femme Rebecca et leur fils de 5 ans; deux jours par semaine, il fait un long trajet en train pour aller enseigner à l'université de Manchester. Sujet à une forte dépression saisonnière, il décide de tenir un journal pendant l'hiver pour combattre ce phénomène. C'est l'occasion pour lui d'égrener ses souvenirs de gamin qui a grandi à la campagne, puis vécu en France et en Italie avant de revenir s'installer à la campagne dans son pays natal. Pendant quelques mois, il s'attache à observer la nature, à détailler sa beauté et à y chercher des traces d'espoir.

Sa prose est très belle, mais j'avoue qu'elle m'a ennuyée par moments. J'avais envie d'en savoir plus sur lui, sur ses états d'âme et sur leurs effets vis-à-vis de ses proches, pas sur les espèces d'oiseaux qu'il croisait dans ses promenades ou la teinte exacte de la brume un 5 février en milieu de matinée. J'ai même failli interrompre ma lecture au milieu. Mais dans le dernier tiers de son court mémoire , l'auteur commence enfin à aborder frontalement le sujet de sa dépression, sa culpabilité de ne pas gagner assez d'argent et d'être un boulet pour sa famille, ses craintes d'être bipolaire, ses hésitations à aller voir un médecin pour se faire diagnostiquer. Son épilogue est lumineux et plein d'espoir.