mardi 3 juillet 2018

"Un petit carnet rouge" (Sofia Lundgren)


Au crépuscule de sa vie tumultueuse, Doris Alm, une Suédoise de 96 ans, décide de rédiger ses souvenirs pour l'unique famille qui lui reste: sa petite-nièce Jenny, qui vit aux USA. Pour ce faire, elle se base sur le carnet d'adresses que son père lui offrit autrefois et dans lequel elle a, au fil des ans, soigneusement barré le nom de ses connaissances au fur et à mesure que celles-ci décédaient...

Ce bouquin avait tout pour me plaire. L'histoire d'une femme forte et indépendante qui traverse le XXème siècle en s'expatriant plusieurs fois et en multipliant les rencontres; le petit carnet utilisé comme fil rouge et structure de la narration; un regard contemplatif et apaisé sur la fin de vie... Correctement employés, ces ingrédients pouvaient faire un vrai page turner. Hélas! La platitude du style de Sofia Lundgren n'a d'égale que la lourdeur des ficelles scénaristiques qu'elle emploie, des invraisemblances qu'elle multiplie et des poncifs dont elle abuse à longueur de chapitres. 

Mais le pire, c'est l'histoire d'amour qu'on nous vend comme merveilleuse et qui est un parfait exemple d'instalove, ce procédé insupportable selon lequel deux parfaits inconnus tombent amoureux au premier regard. Seules justifications à leur passion brûlante: l'homme "fait rire" la femme, et ils ne sont "jamais à court de sujets de conversation" (mais l'auteure se garde bien de donner le moindre exemple d'humour ou de préciser de quoi ils parlent ensemble). Ils filent le parfait amour pendant royalement quatre mois; puis le sort les sépare, et au lieu de passer à autre chose comme toute personne normalement constituée, ils continuent à soupirer l'un après l'autre pendant 70 ans. A ce stade, ce n'est plus du romantisme mais du gâtisme pur. Bref, après un démarrage prometteur, j'ai trouvé qu'"Un petit carnet rouge" s'envolait vers des sommets de ridicule. Ne faites pas comme moi: économisez 20€ et deux ou trois précieuses heures de vie en évitant de l'acheter. 

Traduction de Caroline Berg

lundi 2 juillet 2018

"Les Suprêmes chantent le blues" (Edward Kelsey Moore)


Cinq ans après la conclusion de "Les Suprêmes", nos trois héroïnes vivent toujours à Plainview, dans l'Indiana. Clarice est désormais séparée de son coureur de mari et mène la carrière de pianiste de concert dont elle a toujours rêvé. Odette s'est remise de son cancer et continue à parler aux fantômes de sa mère, de sa tante Marjorie et d'Eleanor Roosevelet. Barbara Jean file le parfait amour avec le Roi des P'tits Blancs et promène son élégance impeccable dans les couloirs de l'hôpital que sa fortune contribue à financer. 

C'est alors qu'un vieux chanteur de blues disparu depuis plusieurs décennies revient en ville pour chanter au mariage de Beatrice, la mère bigote de Clarice, avec Forrest, le tenancier du club de strip-tease local. Sa présence va faire ressurgir beaucoup de souvenirs douloureux, mais aussi donner à plusieurs des protagonistes une chance de faire la paix avec leur passé...

Je suis toujours un peu craintive quand un roman prévu pour être un one-shot connaît un tel succès populaire que son auteur finit par écrire une suite non prévue au départ. Comme il est censé avoir tout raconté dans son premier opus et tout résolu à la fin de celui-ci, souvent, il doit recourir à un procédé quelque peu artificiel pour lancer une nouvelle intrigue. Ici, c'est le retour d'Ed Walker, qui portait jadis un autre nom et fut une figure capitale dans la construction d'un des personnages originels. 

J'avoue avoir d'abord eu du mal à m'intéresser à ce musicien éternellement tourmenté par le démon de la drogue, un profil qui me semblait un peu trop archétypal. Je trouvais qu'on ne voyait pas assez les Suprêmes, alors que c'était pour elles que j'avais eu envie de lire le livre! Mais au fur et à mesure que les liens se révélaient et que le passé se apparaissait en filigrane, j'ai réalisé que sa présence apportait une épaisseur supplémentaire à l'histoire des trois femmes et de leur entourage immédiat. 

Par ailleurs, j'ai aimé retrouver ces héroïnes si différentes les unes des autres, et pourtant unies par une amitié indéfectible qui les aide à surmonter toutes les épreuves. Edward Kelsey Moore continue à doser habilement sujets graves et moments qui réchauffent le coeur, confrontations pénibles et scènes hilarantes en évitant les violons autant que la guimauve. "Les Suprêmes chantent le blues" n'est pas une suite indispensable. Mais si vous avez apprécié l'original, il devrait vous plaire quand même. 

Traduction d'Emmanuelle et Philippe Aronson

Merci aux éditions Actes Sud pour cette lecture

La semaine en bref #26





Lundi:
J'arrive chez Capoue pour m'offrir une glace par cette première belle journée d'été à Bruxelles. "Bonjour, je voudrais un pot avec deux boules..." Je n'ai même pas le temps d'indiquer les parfums: "Vous êtes de Marseille, non?" me coupe la vendeuse. A cent kilomètres près, oui. Repérée deux jours d'affilée. L'accent du Midi est puissant en moi. 
 Je meurs d'envie de bouquiner avec un thé glacé à la terrasse du Stam, mais celle-ci est squattée par une horde d'amateurs de foot les yeux rivés à un écran plat qui hurle. Comme toutes les autres terrasses du quartier, d'ailleurs. Vivement que ça se termine. 

dimanche 1 juillet 2018

Juin 2018



Lectures de Juin 2018





ROMANS
- Le rêve de Ryôsuke (Durian Sukegawa) ♥︎♥︎♥︎♥︎
The man who didn't call (Rosie Walsh) ♥︎♥︎♥︎♥︎
Girl made of stars (Ashley Herring Blake) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The memory shop (Ella Griffin) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Ton année parfaite (Charlotte Lucas) ♥︎♥︎
- Dans la forêt (Jean Hegland)
- A thousand paper birds (Tor Udall) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Summer of salt (Katrina Leno) ♥︎♥︎♥︎
- Daisy's vintage cornish camper van (Ali McNamara) ♥︎♥︎
- Viens ici que je t'embrasse (Griet Op de Beeck) ♥︎♥︎♥︎
- The mermaid and Mrs Hancock (Imogen Hermes Gowar) ♥︎♥︎♥︎
- Brexit romance (Clémentine Beauvais) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Les Suprêmes chantent le blues (Edward Kelsey Moore) ♥︎♥︎♥︎
- Un petit carnet rouge (Sofia Lundberg) ♥︎

BEDE
- Les beaux étés T4: Le repos du guerrier (Zidrou/Jordi Lafebre) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- La soutenable légèreté de l'être (Eléonore Costes/Karensac) ♥︎
- Qu'est-ce qui monte et qui descend? (Knl) ♥︎♥︎♥︎
- Aspirine (Joann Sfar) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Comment être une femme élégante (Sol Diaz) ♥︎♥︎
- L'obsolescence programmée de nos sentiments (Zidrou/Aimée de Jongh) ♥︎♥︎♥︎
- My lesbian experience with loneliness (Kabi Nagata) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Dans la bulle de Brune (Bruna Vieira/Lu Cafaggi) ♥︎♥︎
- Presque maintenant (Cyril Bonin) ♥︎♥︎♥︎
- March comes in like a lion T9 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- My solo exchange diary T1 (Kabi Nagata) ♥︎♥︎
- Le secret de l'ange T2 (Shiki Kawabata) ♥︎♥︎
- Gloutons & dragons T5 (Ryoko Kui) ♥︎♥︎♥︎

"Viens ici que je t'embrasse" (Griet Op de Beeck)


Sa mère dure et peu affectueuse meurt dans un accident de voiture quand elle n'a que neuf ans. Son père, un dentiste nettement plus investi dans son travail que dans sa famille, se dépêche de se remarier avec une jeune femme peu sûre d'elle-même, qui a constamment besoin d'être rassurée. Résultat: Mona grandit en essayant d'être l'enfant parfaite qui satisfait les désirs de tout le monde sans jamais faire de vagues. Devenue adulte, elle peine à s'affirmer aussi bien dans son travail de dramaturge pour un célèbre metteur en scène que dans le couple qu'elle forme avec un écrivain égocentrique de quatorze ans plus âgé qu'elle...

Dans la lignée de l'intimiste "Bien des ciels au-dessus du septième", "Viens ici que je t'embrasse" démonte la mécanique d'une famille un peu plus dysfonctionnelle que la moyenne, mettant en évidence la façon dont les défaillances parentales modèlent le caractère et les choix de l'héroïne jusque dans l'âge adulte. L'histoire se décompose en trois parties dans lesquelles on voit Mona d'abord âgée d'une dizaine d'années, puis de 24 et enfin de 35 ans, ce qui permet de suivre son évolution. Ca traîne parfois un peu en longueur, mais c'est toujours psychologiquement très fin et sans pathos, y compris dans la dernière partie où Mona se rapproche de son père mourant - et commence enfin à oser s'affirmer. Un portrait de femme tout en subtilité. 

Traduction d'Isabelle Rosselin

Merci aux éditions Héloïse d'Ormesson pour cette lecture

samedi 30 juin 2018

50 (tiny) reasons to stay alive





Les longues journées de juin. Les écureuils qui jaillissent devant moi quand je ne m'y attends pas et que je peux suivre des yeux quelques secondes à peine, en retenant mon souffle, avant qu'ils disparaissent. Me glisser dans des draps en lin tout propres. Un thé glacé presque pas sucré quand j'ai très soif. Partir en voyage. Rentrer de voyage. Le crépitement des bougies avec une mèche en bois. Les solos de guitare de Steve Rothery. Manger une fondue avec des amis en Suisse. Espérer lire un jour la suite de Nana. Les jolis timbres sur les cartes postales envoyées de l'étranger. Le bruit du ressac et l'odeur de l'air marin. La neige en ville quand personne n'a encore marché dedans. Les phares qui me font rêver d'y passer une nuit. Les rassemblements de montgolfières à Albuquerque ou en Cappadoce. Les cabanes dans les arbres. L'odeur de lanoline des peaux et de la laine de mouton. Les pivoines quand elles sont largement épanouies, juste avant que leurs pétales commencent à tomber. Les ciels de traîne. Faire des bulles de savon. Une occasion de porter du Russian Red. La légère ivresse après deux cocktails. Les vraies pizzas napolitaines. Le ventre doux et l'impossible mignonnitude des chatons. Les belles couvertures des romans anglais. Une pinte d'Orchard's Thief ou de Thistly Cross après une longue journée. Marcher seule dans une ville inconnue. Le crépitement des touches des vieilles machines à écrire. Les aquarelles de Jennifer Orkin Lewis alias August Wren. Les émaux cristallins de Maggie Zerafa. Un nouveau numéro de Oh Comely. Les nuits de pleine lune. Les chansons des années 80 qui me font retomber en adolescence l'espace de quatre minutes. Les feux de cheminée. Les chaises volantes, surtout celles du Tivoli. Les magasins Lagerhaus en Scandinavie. Le rouge cerise et le bleu sarcelle. Les terrasses sur le toit des immeubles. Faire du trampoline. Les fous rires la nuit dans le lit. Les chants d'oiseaux le matin au réveil. L'île de Skye. Faire pousser des plantes (ou réussir à les maintenir en vie plus de quelques mois). Un texto d'Attila. Un cadeau bien choisi. La satisfaction d'avoir rendu un vrai service. Petrichor - le mot et l'odeur. "Glorious" d'Andreas Johnson. Les compliments des gens avec qui je bosse. Connaître la fin de Game of Thrones.

jeudi 28 juin 2018

Noir c'est noir





La semaine où Kate Spade et Anthony Bourdain se sont donné la mort, tous les gens qui les connaissaient de près ou de loin s'en sont attristés. C'est assez terrible de penser que même la réussite professionnelle, l'accomplissement artistique, l'aisance matérielle, une famille à laquelle on tient ne suffisent pas à enrayer les pulsions suicidaires.

Moi, j'étais moins attristée que choquée de me rendre compte à quel point une partie de moi les enviait d'avoir eu le courage d'en finir.

mercredi 27 juin 2018

Concombre power: 2 recettes estivales au blender





Pour les jours de flemme et/ou de grosse chaleur, deux plats très frais qui ne nécessitent aucune cuisson, sont consommables immédiatement et se marient bien ensemble:

SOUPE CONCOMBRE-AVOCAT
Pour 2 personnes en plat principal ou 4 personnes en entrée
- 1 concombre épluché et émincé
- 1 avocat bien mûr, épluché et coupé en morceaux
- 2 yaourts nature au lait entier 
- zeste et jus d'un demi-citron bio
- 1 cuillère à café de fleur de sel
- poivre, blanc si possible
- une pincée de piment en poudre
- quelques feuilles de menthe fraîche (optionnel)
- 200 ml d'eau glacée pour consommer immédiatement, ou d'eau à température ambiante si on peut mettre au moins une heure au frigo avant de servir

RILLETTES THON-RICOTTA
- 140g de miettes de thon au naturel très bien égouttées
- 140g de ricotta
- un demi-concombre épluché, épépiné et coupé en morceaux
- 6 radis coupés en morceaux
- zeste d'un demi-citron bio
- une demi-cuillère à café de fleur de sel
- poivre, blanc si possible
- une pincée de piment en poudre

Pas de photo car à la maison, ils ont disparu trop vite pour que j'en prenne une! Du coup: crédit photo

mardi 26 juin 2018

[BRUXELLES] Escape Prod: Le secret du Manneken Pis





On avait vraiment aimé les deux premières salles d'Escape Prod, l'Evasion des Dalton et Blacksad, détective privé. Du coup, quand les organisateurs m'ont contactée pour me proposer de tester leur nouveau jeu, j'ai dit oui tout de suite. Surtout que cette fois, il ne s'agissait pas d'un escape game stricto sensu, mais d'un jeu de piste en extérieur. J'ai réuni les suspects habituels et cherché une date où on était tous libres en priant pour qu'il fasse beau ce jour-là. Et pour une fois, les dieux de la météo m'ont exaucée: dimanche, on avait un ciel légèrement couvert mais sans menace de pluie, et 18° - le temps parfait pour s'agiter sans se retrouver immédiatement en nage.

lundi 25 juin 2018

La semaine en bref #25




Lundi:
★ Très chouette expo temporaire sur le développement des transports à la Scottish National Portrait Gallery. J'aime particulièrement les propos de ce photographe qui, après avoir crashé son avion 9 fois et s'être fait virer par l'armée, a continué à voler dans le civil et à prendre des clichés en se penchant hors de son appareil: selon lui, il suffisait de s'attacher la jambe droite avec un bout de corde pour que ce soit "parfaitement sûr"!
★ Pendant qu'on est là, on jette un coup d'oeil à la partie moderne de l'expo permanente. Je suis fascinée par un tableau intitulé "Trois oncologues" et censé représenter les ténèbres qu'ils excisent du corps de leurs patients. J'aime aussi beaucoup le portrait de Tilda Swinton par John Byrne
★ Le midi, nous retournons au White Hart, le plus vieux pub d'Edimbourg, que nous avions bien aimé lors de notre séjour précédent. Nous trouvons la portion de bangers and mash (saucisses-purée) un peu chiche cette fois, et en repartant, j'oublie mon foulard sur le dossier de ma chaise. C'était un de mes préférés; j'espère que la gérante l'adoptera et l'aimera. 
★ Qu'il pleuve comme il y a deux ans ou qu'il fasse très beau comme aujourd'hui, deux heures passées au café du Waterstones de Prince's Street, à la table devant la baie vitrée qui donne pile sur le château, sont toujours une excellente idée. Un thé vert, un scone, un manga génial repéré par Chouchou: le bonheur. 
★ Le soir, nous retournons chez Henderson's, ZE resto vegan d'Edimbourg que nous avions adoré lors de notre séjour précédent. Nous trouvons la portion de tofu teriyaki (très bon) et celle de galettes de haricots noirs (trop sèches) un peu chiches. Tout est décidément moins bien la seconde fois. A part peut-être le sexe. Au moins, je n'oublie rien sur place en repartant.

dimanche 24 juin 2018

"Le jardin des bonheurs égarés" (Tor Udall)


Professeur de musique, Jonah ne se remet pas du décès de sa femme dans un accident de voiture. Audrey voulait désespérément un enfant; elle avait enchaîné trois fausses couches, et il la savait dépressive. Peut-être s'est-elle suicidée? Hanté par son souvenir, Jonah passe de longues heures dans les jardins botaniques de Kew qu'Audrey aimait tant. Il y rencontre Chloé, une artiste spécialisée dans l'origami qu'un lien douloureux attache elle aussi à cet endroit. Leurs trajectoires vont croiser celles d'Harry, jardinier dévoué qui vit depuis longtemps à l'écart du monde, et de Milly, l'étrange fillette qu'il a recueillie...

Voilà un livre dont il est très difficile de parler, à la fois pour ne pas déflorer son intrigue et parce qu'il ne ressemble à aucun autre. Tor Udall, qui signe ici son premier roman, déploie une prose incroyablement maîtrisée et poétique, un vrai régal de bout en bout. Elle fait évoluer des personnages rongés par la perte dans une atmosphère paradoxalement très sereine. L'histoire se déroule avec une telle lenteur qu'elle semble parfois faire du sur-place. En réalité, il se passe mille choses sous sa surface; mille détails esquissent la personnalité et le passé des protagonistes, guidant le lecteur vers une révélation que j'ai déjà souvent vu utilisée en littérature, mais jamais de manière aussi subtile et naturelle. "Le jardin des bonheurs égarés" ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais sa beauté lancinante m'a totalement ensorcelée (et donné très envie de retourner à Kew).

Traduction de Claire Desserrey

Miscellanées écossaises





LES HEBERGEMENTS QU'ON A ADORES:

- A Glasgow, cet appartement lumineux dans une maison georgienne, avec une cuisine et une salle de bain super bien équipées et un lit très confortable, à la limite entre le centre-ville et le quartier étudiant où se trouvent un beau parc et l'un des principaux musées de la ville. 
- A Edimbourg, cette superbe et très grande chambre avec salle de bain en suite, dans l'appartement d'une artiste qui a tout décoré avec un goût impeccable. Elle se trouve dans la Ville Neuve, à un quart d'heure de marche de la gare de Waverley en ligne droite ou moins de dix minutes de la station de bus. 
- Sur l'île de Skye: cet éco-studio attenant à la maison des propriétaires, un couple de dames adorables. Frigo garni à mort, lit queen size et couette archi-moelleuse, chauffage par le sol dans la salle de bain, baie vitrée avec une vue sublime sur le loch en contrebas, calme à toute épreuve. La tannerie Skyeskyns, dont je recommande fortement la visite, est à moins de 300 mètres. 
- Près de Fort William: cet hostel plutôt destiné aux randonneurs, mais qui convient très bien aussi pour un séjour d'une nuit quand on est juste de passage et qu'on ne veut pas exploser son budget. Accueil d'une gentillesse incroyable (la dame parle français), immenses parties communes comprenant entre autre une buanderie toute équipée, chambres fonctionnelles mais très correctes. Un rapport qualité-prix imbattable dans la région.

samedi 23 juin 2018

"Presque maintenant" (Cyril Bonin)


Anna, étudiante au conservatoire, vit une histoire d'amitié fusionnelle avec Alexis, futur écrivain, et son colocataire Félix, passionné par les nanotechnologies. Attirée par les deux garçons, elle finit par se mettre en couple avec le second tandis que le premier s'enfuit en Russie. 

Quelques années plus tard, Félix a mis au point des pilules révolutionnaires qui permettent de suivre son espérance de vie en temps réel. Obsédé par sa santé et par celle d'Anna, il régente très strictement  le moindre détail de leur existence commune. Pourtant, l'enfant qu'ils désirent tous les deux n'arrive pas... 

Sorte de "Jules et Jim" mâtiné d'anticipation, "Presque maintenant" offre un point de vue très humain sur les dérives comportementales que peut engendrer le progrès scientifique, et la manière dont une découverte a priori positive finit par se retourner contre ses utilisateurs. Les lecteurs gonflés par le discours actuel en faveur d'un mode de vie toujours plus healthy devraient adorer. Attention toutefois: les couleurs éclatantes de la couverture ne se retrouvent pas du tout dans les pages intérieures où dominent des teintes jaunes plus subtiles.

Happy feet (9): interesting floors & pandas galore




vendredi 22 juin 2018

[EDIMBOURG] Panda & Sons: un barbier? Non, un bar à cocktails!





Derrière une pimpante façade de barbier se cache un bar façon speakeasy - ces établissements clandestins qui, à l'époque de la Prohibition, étaient souvent planqués en sous-sol derrière une fausse cloison.

jeudi 21 juin 2018

Blues post-écossais





Durant nos vacances, j'ai passé peu de temps sur internet: juste de quoi poster mes Instagram chaque soir et rédiger mes comptes-rendus sur le vif pour ne rien oublier. Je n'ai guère prêté attention à l'actualité, et inutile de dire que déconnecter ainsi m'a fait presque autant de bien que les paysages sublimes que nous traversions et les gens adorables que nous rencontrions. Ce fut certainement le voyage le plus peace and love de ma vie jusqu'ici. 

mercredi 20 juin 2018

"Solitude d'un autre genre" (Kabi Nagata)


A 28 ans, Kabi Nagata est une jeune femme profondément dépressive, incapable de s'accrocher ne serait-ce qu'à un emploi subalterne à mi-temps. Depuis sa sortie du lycée, elle a été tour à tour anorexique et boulimique; souvent, elle s'automutile pour exprimer d'une façon concrète une douleur mentale invisible qu'elle peine à identifier, et l'envie de mourir la taraude constamment. Après sa dernière grosse rechute, elle a dû revenir s'installer chez ses parents qui ne la comprennent pas - alors que son besoin d'être acceptée par eux prime sur toute autre motivation. Elle souffre aussi de phobie sociale, n'a aucun ami et commence juste à comprendre qu'elle est attirée par les femmes. Par soif de contact humain et pour perdre enfin sa virginité, elle décide de faire appel à un service d'escort girls...

Oeuvre 100% biographique, "Solitude d'un autre genre" décortique la maladie mentale de l'auteure avec une franchise si complète, si brutale qu'on se sent parfois gêné en lisant. Le dessin au trait en noir et blanc simplement rehaussé de rose, aux personnages de manga classiquement kawaii, contraste très fort avec l'enfer intérieur que décrit Kabi Nagata. Même les passages un peu drôles - quand elle s'interroge sur l'attitude à avoir avec l'escort girl, notamment - restent poignants de par leur contexte. On souffre vraiment avec elle; à la fin, on se réjouit qu'elle ait pris conscience de ses propres besoins et osé aller à l'encontre des attentes de son entourage pour trouver enfin une forme d'épanouissement. Une douloureuse et pourtant très accessible quête de l'acceptation de soi, que je recommande à tous les anglophones intéressés par les thèmes de la maladie mentale et de l'homosexualité. 

Traduction de Manon Debienne

[EDIMBOURG] Department of mysteries: Prophecies quest





Ca faisait très longtemps que j'avais envie d'essayer un escape game Harry Potter, mais tous ceux qu'on aurait pu faire lors de nos déplacements nécessitaient une équipe de 3 voire 4 personnes minimum. Du coup, lorsque j'ai appris qu'il en ouvrait un à Edimbourg deux mois avant notre séjour là-bas, je me suis empressée de réserver une session. Qui a donc eu lieu lundi en fin d'après-midi. 

lundi 18 juin 2018

[ECOSSE] Où je ne vais pas tarder à devenir sociable si ça continue comme ça





Samedi matin. Après une nuit moyenne (nos matelas n'étaient vraiment pas terribles) et un petit-déjeuner si copieux que nous avons des restes à emporter pour un en-cas, nous quittons notre oubliable Air B'n'B et roulons en direction d'Armadale, le point de départ du ferry qui relie Skye au continent. Celui de 10h40 était plein quand nous avons réservé, et d'ici à celui de 12h10, nous avons le temps de faire un tour au château local. Ce dernier était en si mauvais état faute d'entretien que les autorités ont dû le démolir aux trois quarts et que ses ruines sont inaccessibles, mais les jardins abritent un musée dédié au clan MacDonald qui a principalement dirigé l'île pendant des siècles. Si je suis intéressée par l'histoire de Skye, je trouve l'expo bavarde et assez indigeste. Nous notons cependant, avec un certain amusement, que le Celte ressemble fort à la langue des Grands Anciens imaginée par Lovecraft - ou l'inverse, plus probablement. Et je retiens une ligne du chant de guerre des MacDonald: "Be strong, nurse your wrath" ("Sois fort, nourris ta colère"). Si je me fais créer un blason un jour, ça pourrait bien être ma devise. Nous faisons également un tour dans le jardin botanique luxuriant, qui contient de très beaux spécimens d'arbres, mais la pluie battante ne nous incite hélas pas à nous attarder.