dimanche 5 novembre 2017

Où je surmonte mon angoisse de la foule pour assister (enfin) à un concert de Metallica




Il en a fallu des choses pour arriver au Sportpaleis d'Anvers ce vendredi 3 novembre 2017 aux alentours de 20h20. Il a fallu que, longtemps après que j'avais lâché l'affaire en raison du prix des places et des problèmes techniques du site le jour de la mise en vente, fin mars, Chouchou s'obstine à se connecter et réussisse à nous obtenir deux fauteuils qui me semblaient plutôt mal placés. Il a fallu décider si on louait une voiture pour rentrer à Bruxelles juste après le spectacle, ou si on prenait une chambre d'hôtel à Anvers pour y passer la nuit et profiter d'une journée sur place le lendemain. Il a fallu que j'ignore l'angoisse qui grandissait en moi à l'approche de la date fatidique: la foule m'oppresse de plus en plus en vieillissant, et difficile de ne pas penser à l'attentat de Manchester il y a quelques mois. Je refuse de laisser la peur m'empêcher de faire les choses dont j'ai envie, mais d'un autre côté, j'aime bien arriver à respirer normalement et ne pas me sentir au bord de l'attaque de panique pendant des heures d'affilée. 

samedi 4 novembre 2017

Les conversations absurdes #19


CHOUCHOU, m'observant attentivement depuis l'oreiller voisin: Tu as un troisième oeil.
MOI, agacée: Ah, pitié, hein! Tu ne vas pas commencer à me bassiner avec ces conneries mystico-New Age, toi aussi!
CHOUCHOU, penaud: Euh, non, c'est juste que je louche. 

vendredi 3 novembre 2017

[TOULON] "Inside Moebius: L'alchimie du trait" à l'Hôtel des Arts




Si la vie culturelle à Toulon n'est pas toujours aussi riche que je le souhaiterais, il est quand même un très bel endroit qui organise régulièrement des expos magnifiques - et gratuites de surcroît: l'Hôtel des Arts, en bas de l'avenue de la gare et face au Pathé Liberté. Cette fois, l'occasion est encore plus exceptionnelle, puisqu'il s'agit de la toute première rétrospective consacrée à l'oeuvre du bédéaste Jean Giraud, plus connu sous le nom de Moebius et décédé en 2012 au terme d'une immense carrière internationale. 

jeudi 2 novembre 2017

Envies de novembre




m'offrir le calendrier de l'Avent Theodor
aller voir l'expo Ai Weiwei à Anvers
faire un tour à la Basement Sale de Noë
goûter les cocktails du Bijou
tester les burgers de chez Huggy's
...et les pâtes servies dans la poêle du Nuovo Rosso
préparer une soupe de pois cassés avec la recette trouvée dans un vieux Frankie
savourer le 5ème et dernier tome des "Carnets de Cerise"
...ainsi que le 4ème et dernier tome des "Vieux fourneaux"
caser un aller-retour à Paris pour voir l'expo de Camille Henrot au Palais de Tokyo
aller travailler à l'extérieur un après-midi par semaine
faire une séance photo avec mon masque renard

lundi 30 octobre 2017

Lectures d'Octobre 2017




ROMANS/MEMOIRES
- La cache (Christophe Boltanski)
- The girl from the Savoy (Hazel Gaynor) ♥︎♥︎♥︎
- I am, I am, I am (Maggie O'Farrell) ♥︎♥︎
- Spoonbenders (Daryl Gregory) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- The loneliest girl in the universe (Lauren James) ♥︎♥︎
- Monster (C.J. Skuse) ♥︎♥︎
- Nos vies (Marie-Hélène Lafon) ♥︎♥︎♥︎
- Elizabeth and Zenobia (Jessica Miller) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Avant la fête (Sasa Stanisic)
- Stone Junction (Jim Dodge) ♥︎♥︎♥︎
- All the crooked saints (Maggie Stiefvater) ♥︎♥︎
- La maison des Turner (Angela Flournoy) ♥︎♥︎
- Or (Audur Ava Olafsdottir) ♥︎♥︎
- One dark throne (Kendare Blake) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- Mon chat, ma cuisine et moi (Han Hye-yeon) ♥︎♥︎
- March comes in like a lion T6 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Manhattan murmures (Giacomo Bevilacqua) ♥︎♥︎♥︎
- L'air de rien (Aude Picault) ♥︎♥︎
- L'esprit de Lewis T1 (Santini/Richerand) ♥︎♥︎♥︎
- Gloutons et dragons T3 (Ryoko Kui) ♥︎♥︎♥︎
- Erased: re (Kei Sanbe) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- The illustrated compendium of amazing animal facts (Maja Säftsröm) ♥︎♥︎♥︎♥︎

"La petite encyclopédie illustrée des animaux les plus étonnants" (Maja Säfström)


Saviez-vous que certains papillons ne peuvent pas manger car ils n'ont pas de bouche, et qu'ils doivent survivre avec l'énergie emmagasinée quand ils étaient chenilles? Ou que les dents des crocodiles ne leur servent pas à mâcher: ils avalent des pierres qui se chargent de broyer la nourriture avalée dans leur estomac même, et qui de plus leur servent de lest pour plonger plus profondément? Que les martinets peuvent voler six mois de suite sans jamais se poser? Que les tarentules ne tissent pas de toile, mais utilisent leur soie pour décorer leur antre? Que les cafards peuvent manger de tout mais qu'ils détestent les concombres? Tous ces faits peu connus, et bien d'autres encore, sont réunis dans les 120 pages de "La petite encyclopédie illustrée des animaux les plus étonnants", avec de très chouettes dessins en noir et blanc qui devraient plaire aux petits comme aux grands. Une super idée de cadeau! 

dimanche 29 octobre 2017

C'était la semaine où... (#43)




...j'ai trouvé le nouvel amour de ma vie: le Leggings Shaping Marin de Calzedonia. Oui, je bataille un peu pour l'enfiler, mais il me rend mon ventre plat d'il y a 5 ans, me fait perdre une taille visuellement et tient lieu de collant de contention à mes jambes affligées d'une mauvaise circulation sanguine. Sans déconner, ce truc est miraculeux. 

...après quelques mois à errer dans le centre de Toulon sans salon de thé fixe depuis la fermeture de La Théière, je me suis décidée à aller bouquiner à l'étage ambiance orientale du Chadao. Confort du fessier serti dans un moelleux fauteuil de velours vert, orgasme des papilles provoqué par un sublime chocolat fondu à l'ancienne parfumé à la fleur d'oranger. Je reviendrai. 

"Or" (Audur Ava Olafsdottir)


Fraîchement divorcé d'une épouse qu'il n'avait pas touchée depuis huit ans et qui a fini par lui apprendre que leur fille unique n'était pas de lui, Jonas a décidé d'en finir avec la vie. Dans ce but, il liquide ses affaires et prend un aller simple pour le pays le plus dangereux du monde, où une guerre atroce vient juste de se terminer et où le sol est encore truffé de mines. Il n'emporte avec lui qu'une chemise rouge, une perceuse et quelques outils. Lorsqu'il arrive à l'Hôtel Silence, personne ne veut croire qu'il soit venu en vacances comme il le déclare...

Depuis "Rosa Candida", je me jette dès sa sortie sur chaque nouveau roman de l'auteure islandaise Audur Ava Olafsdottir. J'adore son écriture délicate, les quêtes intimes de ses héros, la mélancolie intemporelle qui imprègne tous ses récits, le charme austère de son pays natal. Mais cette fois, je suis au regret d'avouer que je suis passée complètement à côté de "Ör". Je n'ai jamais réussi à m'attacher à son héros dont je ne comprenais pas les envies de suicide et envers lequel je n'arrivais donc à éprouver aucune empathie. Le cadre du "pays le plus dangereux du monde" m'a tristement rappelé une actualité brutale à laquelle je n'avais pas du tout envie de penser. Du coup, même si j'ai trouvée très jolie l'idée que Jonas se répare métaphoriquement en réparant littéralement les choses cassées qui l'entourent, je me suis ennuyée tout du long et un peu forcée pour arriver jusqu'au bout.

samedi 28 octobre 2017

Les conversations absurdes #18


Il est 8h30. Emballé dans la couette, Chouchou surfe tranquillement sur son iPad. Je traverse la chambre pour aller à la salle de bain.
CHOUCHOU: Déjà debout?
MOI (sur un ton grinçant): Oui, tu ronflais si fort que je me suis réveillée à 6h et que je n'ai jamais réussi à me rendormir. Du coup, j'ai déjà fait des tas de trucs. 
CHOUCHOU (très satisfait de lui-même): Miracle Morning!
MOI (menaçante): Le miracle de ce matin, c'est que je ne t'aie pas encore tué. 

vendredi 27 octobre 2017

Pas cool, Raoul




J'ai descendu la poubelle, fermé les volets, arrêté la chaudière, coupé l'arrivée d'eau et bien verrouillé la porte; je peux m'en aller l'esprit tranquille pour prendre le bus de 10h30, qui m'amènera à la gare plus d'une demi-heure avant le départ de mon TGV pour Paris. Comme ça, j'aurai le temps de m'acheter de quoi manger et lire pendant le trajet. Cool, Raoul.

jeudi 26 octobre 2017

I ♥︎ FALL




Doucement, l'été indien touche à sa fin. Il a fallu rallumer le chauffage le soir, et le matin, la tentation du bouton snooze se fait de plus en plus forte tandis que la couette rechigne à libérer ses occupants humains. Il y a encore de belles journées, mais elles sont de plus en plus courtes, et d'ici une dizaine de jours, le passage à l'heure d'hiver achèvera de nous plonger dans l'obscurité avant que le boulot ne nous relâche en fin d'après-midi. Les lunettes de soleil et la crème solaire sont déjà retournées au placard depuis un petit moment; bientôt, elles seront remplacées dans les sacs à main par des parapluies pliants et du baume à lèvres.

mercredi 25 octobre 2017

[TOULON] "Marie-Claude" de Mélanie Wenger




Ca fait quelques années déjà que je ne rate aucune des expositions de la Maison de la Photographie à Toulon. J'y ai admiré des artistes que je connaissais, en ai découvert d'autres et me suis parfois plongée dans des thèmes qui n'avaient rien pour m'attirer mais qui ont tout de même réussi à m'émouvoir et parfois à m'instruire (je pense notamment à l'avant-dernière, consacrée au Liban depuis les années 70). 

mardi 24 octobre 2017

"L'esprit de Lewis T1" (Santini/Richerand)


Bouleversé par la mort de sa mère, Lewis Pharamond se réfugie dans l'une des quatre demeures familiales: Childwickbury, où il n'a pas remis les pieds depuis son enfance. Il compte y écrire un roman, mais l'inspiration se dérobe à lui. Jusqu'au jour où, après avoir été témoin de phénomènes bizarres, il fait la connaissance de Sarah, le fantôme d'une très belle jeune femme qui a tout oublié des circonstances de sa mort. Lewis tente de l'aider à se souvenir, et ce faisant, il tombe amoureux d'elle...

Avec "L'esprit de Lewis", la collection Métamorphose propose une fois de plus une oeuvre à l'atmosphère envoûtante et au graphisme fort. On pourrait penser que des couleurs aussi franches clasheraient avec la période historique choisie, mais il n'en est rien: elles se contentent de donner dynamisme et originalité à un scénario qui reprend beaucoup de clichés du roman gothique. Cependant, bien qu'assez classique au premier abord, l'histoire du tome 1 s'achève de manière assez inattendue pour donner très envie de découvrir la suite et fin de ce diptyque.



lundi 23 octobre 2017

Pour dénouer les tensions du corps: le yin yoga



Au printemps dernier, je cherchais un autre type de yoga que l'aerial pour diversifier ma pratique. Je connaissais déjà les formes les plus répandues telles que le hatha (classique), le bikram (dans une salle chauffée à 40°), l'ashtanga (une même séquence répétée plusieurs fois) ou le vinyasa (ultra tonique), et j'avais envie d'autre chose. Ma salle proposait des cours de yin; j'en ai essayé un. Ca m'a tellement plu que depuis, je pratique régulièrement seule chez moi. Du coup, j'ai eu envie de vous le faire découvrir aussi. 

dimanche 22 octobre 2017

C'était la semaine où... (#42)




...cohabitaient le pire et le meilleur anniversaires de ma vie: la mort de mon père le 17, il y a 5 ans (cadeau Bonux: la volatilisation toujours inexpliquée à ce jour d'Etre Exquis), et ma rencontre avec Chouchou le 19, il y a 11 ans.

...j'ai fait un essai pour une romance jeunesse, sur lequel je n'ai pas encore eu de retour, et reçu la confirmation que mon mois de décembre serait occupé à traduire un roman feel-good pour adultes. Les délais se sont raccourcis et c'est angoissant, mais au moins, le travail continue à tomber pour le moment!

samedi 21 octobre 2017

"Stone Junction" (Jim Dodge)


Annalee Pearse n'a que seize ans lorsqu'elle tombe enceinte sans savoir de qui, mais elle refuse que le bébé soit donné à l'adoption et s'enfuit avec lui. Une rencontre de hasard l'amène à gérer un refuge pour une société secrète baptisée Alliance des Magiciens et Outlaws. Lorsqu'Annalee finit par mourir dans l'explosion d'une bombe, son fils Daniel est âgé de quatorze ans. Il n'a jamais mis les pieds dans une école, mais de l'avis général, c'est un garçon vif d'esprit et plein de potentiel. Volta, un des dirigeants de l'AMO, décide de le prendre sous son aile et de lui organiser une formation très spéciale. Auprès d'une série de maîtres, Daniel apprend successivement à méditer et à se débrouiller seul dans la nature, à faire pousser de la drogue, à désactiver les alarmes et ouvrir les coffre-forts, à jouer aux cartes comme un pro et à devenir un as du maquillage et du déguisement. Il commence à se lasser de toute cette théorie quand Volta lui annonce qu'il a une vraie mission sur le terrain à lui confier. Pour s'en acquitter, Daniel va devoir acquérir la compétence la plus dangereuse de toutes: la dématérialisation...

Je ne me serais probablement pas intéressée à "Stone Junction" sans les premières critiques dithyrambiques à son sujet. Et de fait, malgré ses 720 pages et un côté mystique qui n'est pas nécessairement ma tasse de thé, c'est un roman qui se lit tout seul, peuplé d'une galerie de personnages hauts en couleurs - des hors-la-loi qui ont décidé d'utiliser leurs remarquables compétences pour échapper au système et, parfois, lutter contre lui. Si j'ai trouvé qu'il traînait parfois un peu en longueur (les longues descriptions de parties de poker ne sont guère passionnantes quand on ne comprend pas ce qui se passe autour de la table), l'apprentissage particulièrement rock'n'roll du héros ne cesse jamais de surprendre et d'exciter l'imagination. Et lorsqu'arrivé à la moitié du livre, Daniel se met enfin au travail, il devient tout à fait impossible de prévoir la suite: on ne peut que se laisser entraîner par le rythme effréné du récit. Je tiens à saluer au passage le formidable travail de traduction de Nicolas Richard, qui se débrouille magistralement avec un texte truffé d'argot et de passages techniques difficiles. Si vous êtes prêts à vous frotter à une oeuvre profondément anti-conventionnelle, "Stone Junction" est fait pour vous!

Merci à Super 8 Editions pour cette lecture. 

jeudi 19 octobre 2017

"Manhattan murmures" (Giacomo Bevilacqua)


Pour oublier une rupture douloureuse, Sam, photographe, part à New York afin d'y réaliser son premier article de fond. Celui-ci relatera le défi qu'il est lancé: passer deux mois dans cette ville grouillante de monde sans jamais adresser la parole à un autre être humain...

Premier roman graphique de l'italien Giacomo Bevilacqua, "Manhattan murmures" met en scène la solitude, le silence et l'introspection de son héros dans le cadre le plus paradoxal qui soit, un cadre qu'il s'attache à dépeindre avec autant de sensibilité que le paysage intérieur de Sam. 

Ici, quand le photographe capture un instant à travers son objectif, c'est d'une façon assez littérale pour que le récit flirte avec le fantastique sans y basculer tout à fait. Quelques twists bien trouvés assurent la fraîcheur d'une conclusion romantique qui, sans eux, aurait pu paraître trop convenue. Il y aurait de quoi en tirer un très joli petit film d'auteur. 

Merci aux éditions Vents d'Ouest pour cette lecture.

mercredi 18 octobre 2017

[DUBLIN] The Blind Pig




C'est dans le guide "The 500 hidden secrets of Dublin" que j'ai appris l'existence de The Blind Pig, un bar à cocktails dont l'emplacement secret changeait tous les 3 mois et n'était communiqué par mail qu'aux gens qui réservaient sur le site internet. Forcément, ça a éveillé ma curiosité, et j'ai programmé une visite. Les instructions que j'ai reçues m'ont enchantée: "Rendez-vous à telle adresse, entrez dans l'établissement principal, descendez l'escalier au-dessus duquel il est marqué "Chut", allez au bout du couloir et appuyez sur le cochon. Si quelqu'un vous demande ce que vous faites là, dites que vous venez pour les obsèques de la vieille dame."

mardi 17 octobre 2017

"Lumikko" (Pasi Ilmari Jääskeläinen)


Il y a 30 ans, Laura White créait dans la petite ville finlandaise de Rabbit Back une Société de Littérature destinée à accueillir dix membres seulement: des élèves de primaire que cette auteure de livres pour enfants célèbre dans le monde entier formerait à devenir de brillants écrivains. Mais la Société n'a jamais eu que neuf membres... Jusqu'au jour où Ella Milana, jeune enseignante qui se débat avec le douloureux diagnostic de sa stérilité, est choisie pour compléter le groupe. Le soir de sa présentation officielle, Laura White disparaît au coeur d'une tempête de neige à l'intérieur de sa propre maison, et Ella entreprend de fouiller dans les secrets de la Société. En quoi consiste l'étrange Jeu aux règles si sévères que les neuf premiers membres évitent désormais tout contact les uns avec les autres? Et pourquoi l'histoire se modifie-t-elle toute seule à l'intérieur de certains des livres de la bibliothèque locale? 

"Lumikko" est le premier roman que j'aurai lu en 2015, et j'espère bien qu'il augurera de la qualité de l'ensemble de l'année. Il faut dire qu'un roman scandinave parlant de livres, d'écrivains et de bibliothèques avait, d'entrée de jeu, de sérieux atouts pour me séduire. Et ce n'était pas les seuls. En s'appuyant sur le folklore nordique pour créer des phénomènes à la frontière du rêve éveillé et du surnaturel, Pasi Ilmari Jääskeläinen tisse une atmosphère très particulière de conte de fées inquiétant, dans lequel évoluent une héroïne anesthésiée par le froid de son propre coeur et des personnages secondaires excentriques juste ce qu'il faut. Son histoire, qui reste imprévisible jusqu'à la dernière page, donne à réfléchir sur la fiabilité de la mémoire, sur la façon dont on peut occulter des souvenirs ou se convaincre soi-même d'un mensonge et bâtir toute son existence dessus. J'aurais pu me sentir frustrée par l'absence d'explication à certains mystères, mais je me suis très bien accommodée de ne faire que l'entrevoir, parce que le véritable intérêt du roman n'était pas là. Si je ne suis pas du tout certaine que l'envoûtement de Rabbit Back fonctionnerait sur n'importe qui, pour ma part, j'ai totalement succombé à son charme étrange. 

Article publié à l'origine en janvier 2015, 
et mis à jour en raison de la parution de l'ouvrage en français depuis cette date