jeudi 15 juin 2017

"Outrun the moon" (Stacey Lee)


San Francisco, 1906. Fille d'un couple d'immigrés chinois, Mercy Wong est une adolescente pleine de caractère, comme le trahissent ses pommettes hautes selon sa mère qui lit sur les visages et prédit l'avenir. Bien qu'amoureuse de son ami d'enfance Tom, elle n'a aucune intention de devenir une épouse docile: elle veut faire fortune, habiter un manoir sur Nob Hill et surtout arracher son petit frère Jack aux seize heures quotidiennes de labeur harassant qui l'attendent au pressing tenu par leur père. A force de détermination et de ruse, elle parvient à intégrer St-Clare, une académie réservée aux jeunes filles de la bonne société blanche - où elle reçoit un accueil plus que tiède de certaines de ses camarades autant que de la sévère directrice. Jusqu'à ce jour d'avril où un monstrueux séisme ravage la ville...

Comme c'est rafraîchissant de lire un roman jeunesse où les préoccupations amoureuses de l'héroïne n'occupent qu'une place ultra-secondaire! Féministe un peu avant l'heure, Mercy refuse d'entrer dans les cases préparées pour elle et se montre admirablement entreprenante. Malgré son esprit rebelle, elle est très attachée à sa famille et à sa communauté, et son bon coeur la pousse à vouloir sauver tout le monde - comme le lui reproche la blonde Elodie Du Lac, sa némésis à St-Clare. A travers Mercy, Stacey Lee explore le thème du racisme de façon vivante et concrète. Elle utilise intelligemment le drame du tremblement de terre pour bouleverser la donne sociale et tisser entre les survivants éplorés des liens qui auraient été inimaginables dans d'autres circonstances. En refermant "Outrun the moon", on a le coeur à la fois serré et gonflé d'espoir. J'espère qu'il sera très vite traduit en français (et au pire, je veux bien m'en charger moi-même!).

Le musée d'art spontané, une curiosité bruxelloise à découvrir!




Si Bruxelles compte bon nombre de musées prestigieux, on peut aussi, avec un peu de curiosité, y trouver des pépites injustement méconnues. Par exemple, le petit musée d'art spontané qui présente des oeuvres "à mi-chemin entre art naïf et art brut", selon la définition de la dame qui en tient le guichet cinq après-midi par semaine à Schaerbeek.

Dans un espace relativement modeste (une salle de dimensions moyennes au rez-de-chaussée, une petite à l'étage et un bout d'escalier) est exposé un foisonnement d'oeuvres de styles et de thèmes très variés, qui utilisent aussi bien la peinture que le tissu, le métal ou le papier mâché, et dont l'ambiance va du plus joyeux au plus angoissant. Bien que les artistes tournent une fois par mois, la liste d'attente est complète pour les deux prochaines années. Hors des sentiers battus de la culture, un lieu à découvrir. 













Rue de la Constitution 27
1030 Bruxelles
Ouvert du mardi au samedi, de 13h à 17h
Entrée: 2€

mercredi 14 juin 2017

Les brunchs du dimanche (50): Fourchette à bicyclette




Cette fois, le brunch du dimanche est en réalité un brunch du samedi, car Fourchette à bicyclette est fermé le jour du Seigneur. J'avais déjà déjeuné dans ce sympathique petit resto végétarien situé non loin du parvis Saint-Boniface, et qui propose pas mal de plats vegan et/ou sans gluten. Je me souvenais avoir bien mangé mais être restée un peu sur ma faim à cause de la taille modeste des portions. 





Il en est allé de même pour ce brunch servi à l'assiette. La carte était alléchante, et les plats ne décevaient pas du point de vue gustatif: originaux et pleins de saveur, de la mini-boule de sorbet au chou-fleur jusqu'aux deux bouches de gaufre salée en passant par l'unique feuille de kale frit. J'ai tout aimé mais... arrivée à la fin, je n'étais pas du tout rassasiée, et Chouchou encore moins. Quand on a l'habitude des formules buffet à peine plus chères sur Bruxelles (généralement 25€ au lieu des 22 facturés par Fourchette à bicyclette, et ce pour une offre comprenant aussi des produits carnés qui sont quand même une matière première plus coûteuse que les légumes ou les céréales), on ne peut s'empêcher de trouver l'addition un peu salée. Et difficile à régler, puisque bien que ça ne soit indiqué nulle part et pas non plus annoncé en début de repas, l'établissement n'accepte aucune carte de paiement. A l'heure où les banques belges visent le "No cash" et suppriment de plus en plus de distributeurs de billets, je trouve ça très, très peu pratique pour le consommateur. 

Rue Longue Vie 46
1050 Bruxelles

mardi 13 juin 2017

Plaisirs d'été (et désagréments assortis)



♥︎ Les sorbets aux parfums d'agrume
♥︎ Les orteils vernis
♥︎ Mes fruits préférés, enfin de saison: les cerises, les abricots, les nectarines et la pastèque
♥︎ Les soirées qui n'en finissent plus
♥︎ Les champs de tournesols
♥︎ Le linge qui sèche en un clin d'oeil
♥︎ Les angoisses qui fondent comme neige au soleil
♥︎ S'habiller d'un rien
♥︎ Avoir la marque des sandales
♥︎ Boire des coups en terrasse
♥︎ Lire au parc
♥︎ Etre réveillée par la lumière du jour
♥︎ Vivre les fenêtres ouvertes
♥︎ Se sentir un peu en vacances même quand on travaille

♠︎ Les cuisses qui frottent et s'irritent sous les robes
♠︎ Les cheveux longs qui tiennent bien trop chaud
♠︎ Les moustiques
♠︎ Devoir se raser les mollets tous les deux jours (enfin, je sais que c'est pas une obligation, mais...)
♠︎ Les coups de soleil
♠︎ Les pieds qui gonflent dans les chaussures
♠︎ Les migraines de chaleur
♠︎ Devoir jongler entre trois paires de lunettes au lieu de deux
♠︎ Les billets d'avion et de train hors de prix, qu'il a fallu réserver des mois à l'avance
♠︎ Les avions et les trains bondés
♠︎ La difficulté de rentrer le moindre centime au mois d'août quand on est indépendant

lundi 12 juin 2017

Les conversations absurdes #11


MOI, perplexe: Tu as une grosse goutte rouge foncé juste au-dessus de l'espace entre tes sourcils. On dirait du sang figé.
Chouchou porte un doigt à l'endroit indiqué, l'examine une demi-seconde et le lèche. 
CHOUCHOU, flegmatique: C'est de la cerise. 
MOI, un peu hagarde: ...Et tu peux m'expliquer comment tu as été te coller un bindi de cerise sur le front?
CHOUCHOU, imperturbable: Le talent. 

dimanche 11 juin 2017

C'était la semaine où... (#23)




...Anne Montel, l'illustratrice de "Shä et Salomé", "Le temps des Mitaines" et "Les jours sucrés" (et accessoirement la dessinatrice de ma jolie bannière) a lancé un Kickstarter pour financer l'impression d'un recueil de 31 saynètes à l'aquarelle réalisées dans le cadre du dernier Inktober. C'est jusqu'à lundi soir prochain, n'attendez pas trop pour souscrire!
...j'ai reçu un "postcard tea" envoyé de Londres par Philou la semaine dernière. L'idée est géniale, l'emballage super pratique, l'étiquette terriblement jolie.
...quatre jours après son remplacement, la nouvelle touche 9 du clavier de mon MacBook a commencé à se barrer elle aussi. Je suis maudite (et au bord de la crise d'apoplexie).
...pour la première fois, un article de l'Annexe - celui que j'ai consacré au tome 3 de "La passe-miroir" - a été Coup de Coeur HelloCoton.
...j'ai profité d'une promo pour m'offrir un massage "Clear your mind" au Serendip Spa, et demander à M. Oh quel mouvement je pourrais faire pour débloquer mes épaules et le haut de mon dos à la fin d'une journée passée à taper sur un ordinateur. (Réponse: entrelacer les mains derrière le dos, lever les bras le plus haut possible, se pencher en avant avec les genoux légèrement pliés et la tête pendante.)
...pour prolonger ce moment de bien-être, je suis allée lire au bar du Berger avec un mojito à la pastèque. Ils ont étoffé leur carte de cocktails, ce qui est bien, mais ils ne donnent plus d'amuse-bouche avec, ce qui est mal.
...on a été manger au Yamato, et pour changer un peu de notre sempiternel miso katsu ramen, on a commandé le katsu rice. Verdict: le bouillon déchire sa mémé, mais je ne raffole pas de la sauce. La prochaine fois, je goûte leur katsudon.
...pendant que je testais cette vidéo de yin yoga (pas mal du tout), le foutu cristal qui se tenait tranquille dans un coin de mon oreille interne gauche depuis quelques semaines a recommencé à se balader. Vertiges, nausée: c'est en zigzaguant comme une poivrote que je suis sortie faire mes 10 000 pas quotidiens.
...j'ai investi dans une plante O Green qui, en plus d'être fort jolie, va nettoyer l'atmosphère de mon salon jusqu'à ce qu'elle décède d'avoir été trop longtemps exposées à mes anti-pouces verts. Quelqu'un veut parier sur le temps qu'il me faudra pour la tuer à l'insu de mon plein gré?
...l'auteure de "Banana girl" m'a remerciée pour ma critique de sa bédé sur Instagram.
...après avoir posé plein de questions par mail ("Y'a pas que des cadenas, au moins?" "A deux, c'est faisable de sortir en moins d'une heure?" "Et la lumière - on y voit quelque chose, dans votre salle?"), j'ai fini par réserver un espace game à thème pirate pour le début du mois prochain à Oslo. J'espère qu'il y aura des déguisements.
...à la fin d'une journée difficile, j'ai entamé la bougie parfumée WoodWick que je gardais en réserve pour l'été. Ravie par le doux crépitement de sa mèche en bois, je lorgne déjà sur le reste de la gamme Trilogy.
...après l'avoir reporté d'une to do list à l'autre quatre jours d'affilée, j'ai enfin envoyé le mail pro que je procrastinais depuis début mars. Je doute que le résultat soit positif, mais au moins, j'aurai essayé.
...j'ai eu envie de forcer à se faire seppuku avec une cuillère émoussée le traducteur de ce bouquin qui a cru bon de mettre tous les verbes au preterit en VO au passé composé en français. Pardon, mais c'est juste abominable.
...successivement déçue par deux masques pro qui laissaient mes cheveux lourds et poisseux, j'ai fini par trouver mon bonheur avec cet après-shampoing de la gamme Rainforest de The Body Shop qui me fait la crinière légère et soyeuse.
...nous avons testé un brunch dont Chouchou a dit qu'il avait sans doute été conçu pour "de riches moineaux". (Oui, je balancerai dans un billet dédié.)
...il faisait si beau le samedi qu'en milieu d'après-midi, nous avons pris une couverture, un bouquin chacun, et nous sommes partis lire vautrés sur la pelouse du parc le plus proche. Parfois, le bonheur, c'est vraiment simple.
...j'ai tenu un pauvre quart d'heure devant "Gosford Park" et quarante minutes (en me forçant) devant "Once". Ca devient vraiment difficile de trouver des films capables de susciter un quelconque intérêt chez moi.
...l'iPhone de Chouchou s'est mis à sonner bruyamment et sans raison vers minuit et demi, alors que j'étais en pleine phase d'endormissement. En échange de l'AVC qu'il avait failli me donner, j'ai eu très envie de lui apprendre à voler sur-le-champ.
...Attila était chez ma mère quand j'ai appelé pour le coup de fil traditionnel du week-end, et avec sa voix que je reconnaissais à peine parce qu'il a mué depuis Noël, il m'a raconté son opération des dents de sagesse prévue pour la semaine prochaine, la conduite accompagnée qu'il va avoir le droit de commencer au même moment, et son projet de se rabattre sur médecine s'il n'est pas pris en prépa véto dans 2 ans. Je kiffe l'ordre de ses priorités.
...je suis descendue chez Capoue exprès pour m'acheter une glace (orange sanguine-pêche), que j'ai flanquée par terre cent mètres plus loin. L'image de la désolation j'étais.
...j'ai renoncé à publier le compte-rendu des dix premiers jours de mon projet "30 days of giving" tant l'idée me mettait mal à l'aise, en fin de compte.

jeudi 8 juin 2017

"Eleanor Oliphant is completely fine" (Gail Honeyman)


Eleanor Oliphant, bientôt 30 ans, travaille au service financier d'une société de design graphique, à Glasgow. Ses collègues se moquent ouvertement de sa façon de s'exprimer et de ses manières bizarres, mais Eleanor s'en fiche. C'est une créature de principes et de routines. Tous les midis, elle mange son sandwich en faisant les mots croisés du journal. Tous les vendredi soir, elle va faire ses courses chez Tesco. Et tous les week-ends, elle reste enfermée chez elle avec sa plante Polly, à descendre 2 litres de vodka pour ne surtout rien ressentir. 

Eleanor n'a pas d'amis et pas de famille hormis une mère enfermée dans un hôpital psychiatrique, qui lui téléphone tous les mercredi soir pour la rabaisser et l'humilier encore et encore. Mais malgré les cicatrices sur le côté droit de son visage, malgré son enfance trimballée de famille d'accueil en famille d'accueil, malgré la violence du seul petit ami qu'elle a jamais eu, Eleanor trouve que sa vie n'est pas si affreuse. Lors d'une soirée organisée par son entreprise, elle a le coup de foudre pour le chanteur d'un groupe local et décide immédiatement qu'il est l'homme de sa vie. Fidèle à son mode opératoire, elle met au point une stratégie logique pour le conquérir...

J'ai acheté "Eleanor Oliphant is completely fine" en pensant tenir un "The Rosie project" ("Le théorème du homard") au féminin. Mais Eleanor n'est pas une autiste Asperger attachante en dépit de sa maniaquerie: c'est une femme au passé dramatique qui s'est délibérément isolée pour se protéger, une survivante pragmatique qui refuse l'auto-apitoiement et assume sa totale absence de compétences sociales. Si j'ai souvent souri à la lecture de ses réflexions, ce n'était pas parce que je me moquais d'elle mais parce qu'elle mettait en évidence l'absurdité de beaucoup de nos conventions. Et parce qu'il fallait bien cette part d'amusement pour contrebalancer l'émotion poignante que le personnage suscite un peu plus à chaque chapitre. Au fur et à mesure qu'elle réapprend à s'ouvrir grâce à sa rencontre avec Raymond (le nouveau du service informatique qui mange la bouche ouverte, s'habille comme l'as de pique et envoie d'incompréhensibles mails en langage SMS), Eleanor voit remonter à la surface des souvenirs réprimés depuis trop longtemps, et petit à petit, on reconstitue son histoire tragique en même temps qu'elle, jusqu'à une fin surprenante qui évite tous les écueils de la mièvrerie. Un très beau premier roman, et une héroïne que je n'oublierai pas de sitôt.

mercredi 7 juin 2017

"A boire et à manger avec Sonia Ezgulian" (Guillaume Long)


Pour le quatrième tome de sa série "À boire et à manger", Guillaume Long s'est associé avec la sympathique restauratrice Sonia Ezgulian qui lui fait découvrir ses recettes fétiches. Si l'idée pouvait sembler bonne, j'avoue n'avoir que peu apprécié le résultat. D'abord, ce n'est plus tout à fait une bédé: la moitié des pages environ est consacrée à des souvenirs écrits de Sonia Ezgulian ou au récapitulatif "au propre" des recettes abordées dans les pages dessinés. Au final, ce que j'apprécie dans ABAM n'occupe donc que 50% de l'ouvrage. 

De plus, si les recettes présentées mettent souvent l'eau à la bouche, beaucoup d'entre elles contiennent des ingrédients dont je n'ai jamais entendu parler et que je doute de pouvoir trouver facilement: le citron caviar du fameux beurre au citron caviar, pour n'en citer qu'un seul. Recherche effectuée, en plus d'être rare, il coûte une blinde! Or ce qui était sympa dans ABAM à l'origine, c'était justement que toutes les recettes pouvaient être reproduites facilement et sans faire des frais énormes. Bref, malgré la découverte d'une restauratrice à l'univers culinaire non dénué d'intérêt, je ne suis pas séduite par ce tome.

Open Museum Alain Passard aux Palais des Beaux-Arts de Lille



Après le groupe Air, Donald Duck et le dessinateur Zep, c'est au chef étoilé Alain Passard que le Palais des Beaux-Arts de Lille a donné carte blanche pour faire découvrir son univers à travers 44 oeuvres réparties dans les trois niveaux du musée. A l'entrée, chaque visiteur reçoit un plan avec le nom et un aperçu de ces 44 oeuvres; à lui ensuite d'ouvrir l'oeil pour les localiser parmi la collection permanente. Je trouve le principe génialement ludique. Si on ajoute à ça que le bâtiment est magnifique en soi et le prix du billet beaucoup plus démocratique que dans les musées bruxellois, il ne me restait aucune raison de ne pas foncer à Lille en TGV!


Certaines des oeuvres sont animées. Par exemple, les cocotte-minute ci-dessus sifflent, tandis que les feuilles ci-dessous remuent doucement - une vision très poétique, même si son rapport avec le travail d'Alain Passard peut sembler assez lointain. Plus bas, les bottes disposées sur une plate-forme créée pour l'occasion émettent des bruits de pas un peu inquiétants...






Alain Passard a renoncé à cuisiner de la viande dans son célèbre restaurant L'Arpège, comme en témoignent plusieurs oeuvres: cette enseigne au néon au-dessus d'un tableau de la collection permanente figurant du gibier, ou encore son ancienne presse à canard que l'artiste Arman a transformée en sculpture. 





Une douzaine de tableaux de la collection permanente sont inclus dans le parcours; ci-dessus, mon préféré: "Le petit pâtissier" de Chaïm Soutine.


Coup de coeur pour cette statue nommée "La danse des chefs", hélas très difficile à photographier en raison de la basse lumière et de la disposition des lieux (merci Chouchou!).



La partie la plus intéressante de l'exposition, à mon sens: un grand nombre de collages réalisés par Alain Passard pour imaginer (en amont) ou illustrer (en aval) ses plats à base de légumes dont la description donne très envie de se précipiter dans son restaurant! A défaut, je vous conseille la lecture de la bédé qui lui a été consarée il y a quelques années, et dans laquelle on le voit développer abondamment sa conception de son métier ainsi que son processus créatif. 

jusqu'au 16 juillet 2017
Palais des Beaux-Arts
Place de la république
59000 LILLE
Fermé le mardi
Ouvert le lundi de 14h à 18h
et du mercredi au dimanche de 10h à 18h
Tarif normal: 7€

mardi 6 juin 2017

"Banana girl: jaune à l'extérieur, blanche à l'intérieur" (Kei Lam)


A l'âge de six ans, Kei Lam débarque à Paris avec sa mère pour rendre visite à son père, un artiste peintre qui vit là depuis un an. Elles sont censées rester deux semaines; en fait, elles ne repartiront jamais à Hong-Kong. 

L'auteure raconte sa découverte de la culture française, la curiosité qu'elle inspire à ses camarades de classe, les appartements minuscules dans lesquels sa famille va longtemps s'entasser, les problèmes administratifs auxquels ses parents sont confrontés et la façon dont, ayant très vite appris la langue locale, elle doit souvent servir de trait d'union entre eux et leur nouveau pays. 

Les dessins au trait en noir et blanc de son récit cèdent parfois la place à de belles illustrations aux couleurs éclatantes. Dans l'ensemble, "Banana girl" propose un témoignage intéressant, souvent amusant, parfois plus grave, mais toujours sincère et plein de charme.






Quand les Tartes de Françoise s'emparent d'une recette bien de chez moi: la tropézienne




Je suis née dans le Midi de la France. La tropézienne fait partie de mon patrimoine gourmand depuis toujours. Alors, quand Les Tartes de Françoise (qui régalent depuis des années mes goûters chez Filigranes et accompagnent tous mes longs trajets en TGV depuis la gare du Midi) m'ont proposé de tester leur propre version de cette grosse brioche au sucre fourrée d'un crapuleux mélange de deux crèmes, vous pensez bien que j'ai sauté sur l'occasion! D'autant que nous étions invités à un barbecue dimanche soir, et qu'on est toujours bienvenu chez ses amis quand on apporte un bon dessert. 

J'avoue que j'étais assez impatiente de goûter cette tarte - tout en redoutant qu'elle ne tienne pas bien la comparaison avec la tropézienne originale. En fait, j'ai été très agréablement surprise. La brioche est un peu moins épaisse, ce qui rend l'ensemble moins bourratif. Et la crème hyper onctueuse a un goût vanillé plus prononcé. On peut ne pas aimer; personnellement, je n'aurai qu'un mot: MIAM.

La version qui m'avait été offerte était la plus grande (22€), prévue pour 8 à 10 personnes d'après le charmant jeune homme de l'atelier d'Ixelles qui me l'a remise. En fait, à 5, nous n'avons même pas réussi à en manger la moitié le soir même. Je pense qu'à la fin d'un repas, il y a largement moyen de contenter une douzaine de gourmands avec cette tropézienne. Si on est moins nombreux, il existe une version plus petite (16€) théoriquement prévue pour 4 à 6 personnes. 

Les tropéziennes sont disponibles dans tous les ateliers des Tartes de Françoise, dont vous trouverez la liste complète sur leur site internet. Si toutefois vous en souhaitez une pour une occasion particulière, il est sans doute plus sage de la commander à l'avance. 



Concours "Le défi aux étoiles T1: Génésis": la gagnante!




C'est donc Larissa qui remporte le livre cette fois. 

Envoie-moi tes coordonnées postales à: leroseetlenoir@hotmail.com

Merci à toutes pour votre participation, et à bientôt pour d'autres concours!

lundi 5 juin 2017

"La passe-miroir T3: La mémoire de Babel" (Christelle Dabos)


Deux ans et sept mois qu'Ophélie se morfond sur son arche d'Anima. Aujourd'hui il lui faut agir, exploiter ce qu'elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d'informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, elle rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuses suffiront-ils à déjouer les pièges d'adversaires toujours plus redoutables? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn?

Rarement j'ai attendu un livre avec autant d'impatience que ce tome 3 de "La passe-miroir". Trop d'impatience, sans doute, car lorsque j'ai entamé ma lecture, la déception s'est révélée aussi cuisante que mes attentes étaient stratosphériques. Pourquoi? Si vous tenez à le savoir, je vais devoir vous spoiler légèrement...

"La mémoire de Babel" se déroule sur l'arche du même nom. Et si je trouve que c'était une bonne idée de changer de cadre, tant l'univers inventé par Christelle Dabos semble offrir de possibilités alléchantes, je n'ai pas du tout été séduite par Babel qui n'a pour elle ni la fantaisie d'Anima, ni le mystère du Pôle ou l'extravagance de la Citacielle. Hormis pour quelques détails tels que les tramoiseaux et le Mémorial (dont le concept rappelle fortement le Mundaneum de Mons), rien sur cette arche ne m'a fait rêver.

Ensuite, Ophélie passe presque tout le bouquin dans une sorte de pensionnat où elle se fait bizuter et harceler pendant des mois, un thème que je trouve d'une banalité à pleurer comparé à l'intrigue des deux premiers tomes. Ici aussi, il se produit une série de crimes autour d'elle, mais qui se diluent dans les péripéties scolaires au point de ne m'avoir inspiré quasiment aucun intérêt. Globalement, l'action se traîne jusqu'au dernier quart du livre.

Enfin, mon plus grand regret est la quasi-absence de tous les personnages secondaires que j'en suis venue à adorer: Berenilde, la tante Roseline, l'insolent Archibald, Gaëlle et Renard ne font que de très fugaces apparitions, et à part peut-être Octavio, les nouvelles connaissances d'Ophélie à Babel sont toutes trop fades ou trop antipathiques pour susciter un véritable attachement.

Cependant, il faut admettre que Christelle Dabos écrit toujours aussi bien, et que la seconde moitié du bouquin se révèle nettement plus intéressante que la première. A elles seules, les révélations des derniers chapitres garantissent que je lirai le quatrième et dernier tome dès sa sortie. Même si je l'attendrais sans doute avec davantage de circonspection.

C'était la semaine où... (#22)




...j'ai testé cette recette de gâteau renversé à la rhubarbe, et même si le fond n'était pas assez caramélisé, on a trouvé ça délicieux. A refaire avec de l'ananas (entre autres).
...28 ans après sa sortie, j'ai découvert que ma chanson préférée de New Model Army s'inspirait d'un poème de Tennyson. Mieux vaut tard que jamais.
...la veille de la remise de ma trad, sur laquelle je bossais depuis 6 semaines à partir d'un fichier "a priori définitif", j'ai reçu le fichier "définitif-définitif". 620 pages, tout de même. J'ai gentiment laissé à l'éditeur le soin de vérifier s'il y avait des différences entre les deux.
...j'ai tenté les pâtes de pois cassés en faisant une faussa carbonara avec crème, parmesan, lardons et jaune d'oeuf. Les puristes de la cuisine italienne peuvent bien me lapider: c'était super bon.
...après avoir très rapidement abandonné "Girl boss" et son héroïne tête-à-claques, nous avons commencé à regarder "Dear white people". Et tout le monde devrait en faire autant, surtout les gens qui croient sincèrement à l'existence d'un racisme inversé.
...l'espace d'une journée, grâce à Donald Trump et son cofveve, Chouchou a connu la célébrité sur le site du journal Le Point.
...après avoir torché plus d'un million de signes en 5 semaines et demie, je me suis officiellement déclarée en congés jusqu'au 6 juillet. Non, pas en vacances exactement, parce que j'ai des trucs de boulot annexes dont je dois m'occuper en juin, mais ça va me faire beaucoup de bien quand même.
...on est restés un peu perplexes face à la bouffe servie au vernissage de l'expo "Astérix chez les Belges" au CBBD. Les frites et les tartines de pâté ardennais, OK, c'était dans le thème - mais avec le foie gras poêlé et les bouchées vapeur, ça faisait un assortiment assez curieux. Quant à l'expo elle-même, elle ne casse pas trois pattes à un canard landais. Des fac similés plutôt que les planches originales, sérieusement? C'est quoi l'intérêt?
...j'ai testé le yin yoga, une forme très douce et pas du tout remuante qui consiste à tenir chaque posture plusieurs minutes pour entrer dedans à fond, assouplir les articulations et faire sauter les blocages musculaires. Ca m'a beaucoup plu, et ça fera une bonne alternative à l'aerial dont je commence à me lasser.
...Gasparde et moi, on s'est ruées chez Filigranes pour acheter le tome 3 de "La passe-miroir" qui sortait ce jour-là. Après ça, la grande question, c'était: le dévorer d'un coup ou le lire à petites doses pour le faire durer?
...j'ai bu un Yellow Lantern au Café Floréo, et la vodka était dosée si généreusement qu'en sortant, j'avais l'impression de me consumer à petit feu alors qu'il faisait très doux dehors. Par contre, les gamins de 4 ou 5 ans qui couraient partout dans le bar en shootant dans les affaires des clients, j'avoue que ça m'a gonflée assez vite.
...j'ai été consternée d'apprendre que Sense8, une de mes séries préférées de tous les temps, n'aurait pas de saison 3. Je suis deuil.
...j'ai porté mon MacBook chez Cami pour faire réparer ma touche 9. En fait, elle n'était pas juste déclipée mais carrément cassée. Un très mauvais point pour la qualité du hardware Apple. Mais l'employé a récupéré une touche identique sur une de leur épaves et changé la mienne gratuitement. Un très bon point pour la qualité du service client Cami.
...pour remplacer mes sandales Esska rose métallisé plates qui arrivaient en bout de course, j'ai fini par acheter les mêmes, mais en gris métallisé avec un talon de 4 cm. Je venais de marcher plusieurs heures par 30°, et mes pieds ressemblaient à deux paquets de Knacki bouillis, donc je publierai une photo une autre fois.
...on a passé une journée épique épique écolégram à Lille.
...onze ans après, j'ai refait le (long, très long) test des forces personnelles. A la première place, la curiosité et l'intérêt envers le monde ont été détrônés par la gratitude qui ne figurait même pas dans le Top 5  la première fois.
...on a barbecuté chez Gasparde et Bohemond qui nous ont fait goûter leurs chips préparées à l'Airfryer. J'avoue: s'il nous restait un tout petit peu de place sur le plan de travail de la cuisine, on se laisserait peut-être tenter.

Et n'oubliez pas: vous avez jusqu'à ce soir pour participer au concours "Le défi des étoiles" sur mon blog lecture!

dimanche 4 juin 2017

Où ça s'améliore, mais c'est pas encore ça



Très récemment, j'évoquais les limites du développement personnel dans ce billet. Aujourd'hui, je vais les illustrer avec l'exemple concret de ma journée d'hier. Nous avions prévu d'aller à Lille pour voir nos amis Philou et Stef et nous livrer à quelques activités sympathiques avec eux. Le voyage aller en Thalys s'est bien passé. Nous nous sommes rendus à pied au Palais des Beaux-Arts pour voir la Carte Blanche d'Alain Passard, que j'ai trouvée un peu décevante comparée à celle de Zep l'an dernier, avec beaucoup moins de pièces originales (et évidemment beaucoup moins d'humour). Mais ça reste un très beau musée avec un prix d'entrée nettement plus accessible que ceux des musées bruxellois. Après ça, midi approchant, nous avons gagné le resto scandinave réservé par nos amis. Jolie terrasse fermée; beaucoup de plats à base de saumon fumé, que je déteste - c'est gras, c'est froid, ça m'écoeure horriblement - mais j'ai réussi à trouver dans la carte un pavé de saumon bio aux deux sésames tout à fait satisfaisant. 

Nous avons ensuite filé chez Escapers pour tester la salle Braquage à la lilloise ouverte récemment. Et là, c'est le drame. Après une entrée en matière originale qui laissait espérer un très bon moment, le jeu s'est révélé de loin le plus nul que nous avons fait en 3 ans et une trentaine de salles. Je me suis ennuyée pendant une heure, abandonnant toute tentative de participer à dix minutes de la fin. Les autres ont continué, mais sans enthousiasme. Quand le game master est venu nous délivrer, je lui ai exprimé ma déception et mon énervement en des termes non-incertains. Les autres en ont fait autant, bien qu'avec plus de diplomatie. Très flegmatique, le game master nous a dit: "Je comprends que vous n'avez pas aimé, et je prends note de vos remarques". Puis il nous a quand même fait payer l'intégralité des 96 euros du prix de la séance. Alors que la situation exigeant vraiment un geste commercial. Du coup, en plus d'être déçue et énervée, j'étais furieuse et dégoûtée en sortant de là. La panoplie entière des sentiments que je matérialise en rouge dans mon moodmapping.

Nous avons poursuivi notre après-midi par un goûter chez Méert (toujours délicieux), puis une balade dans le vieux Lille. Il faisait doux, j'étais contente de voir Philou et Stef, on avait des discussions agréables, et j'essayais désespérément de me focaliser là-dessus plutôt que de ruminer cette histoire d'escape game. Après tout, c'était passé et on ne pouvait plus rien y faire, n'est-ce pas? Et puis franchement, c'était juste un problème de riches. Personne n'était en train de souffrir ou de mourir; on passait une journée de détente entre amis; il y avait plus de raisons de se réjouir que de faire la tête. D'ailleurs extérieurement, je ne faisais pas la tête - mais à l'intérieur, je fulminais sans pouvoir m'en empêcher. Apercevant un magasin Paul Marius, dont j'avais découvert les sacs sur internet la semaine précédente, j'ai entraîné tout le monde à l'intérieur et fait sur un coup de tête l'emplette d'un sac à dos olive très joli mais pas du tout adapté à mes besoins. Avant même de l'avoir payé, je savais que c'était une bêtise, mais je cherchais à faire un truc pour me changer les idées et j'ai gardé la fâcheuse habitude de reporter ma frustration soit sur la bouffe, soit sur le shopping. Du coup, après ça, je pestais aussi contre moi-même en plus de pester contre Escapers. 

Nous sommes allés boire un verre au Dernier bar avant la fin du monde. Je pensais qu'un cocktail m'aiderait à me détendre, mais pour ça, il aurait fallu qu'il contienne plus d'alcool qu'une quantité à peine suffisante pour soûler une amibe. Nouveau grumpf, un peu atténué par la déco et l'ambiance aussi sympas que dans l'établissement du même nom à Paris. L'heure approchait de regagner Lille Europe pour notre train de retour. A ce stade, j'avais fait plus de 20000 pas dans la journée. Avec une robe, et en oubliant de mettre de la crème Nok sur mes cuisses à l'endroit où elles se touchent. Résultat, je commençais à avoir la chair à vif (toutes les filles en surpoids me comprendront), et chaque pas devenait un peu plus douloureux que le précédent. Pour couronner le tout, en arrivant à la gare, nous avons appris que notre TGV aurait 50 minutes de retard. J'avais faim et toutes les échoppes de bouffe alentour étaient en train de fermer; j'avais hyper froid aux jambes dans la température déclinante et les courants d'air de la salle d'attente; j'avais trop mal pour envisager de partir à la recherche d'un endroit confortable où manger un bout et patienter. Et mon cerveau rationnel avait beau me répéter en boucle "Allez, 50 minutes désagréables, dans une vie, ce n'est rien du tout. Tu auras déjà tout oublié demain", j'étais plutôt abattue et grognon. 

Bien entendu, c'était une réaction tout à fait disproportionnée, que je me reproche de ne pas avoir réussi à dépasser pour profiter davantage des (très) bons aspects de cette journée. Et en même temps, dans des circonstances identiques, il y a vingt ans ou même seulement dix, j'aurais pété les plombs. J'aurais piqué une vraie grosse crise, en beuglant que j'aurais mieux fait de rester chez moi; je me serais montrée généralement imbuvable, et j'aurais gâché la journée de tout le monde. Là, il y avait au moins une partie de mon cerveau qui parvenait à mettre la situation en perspective, à se rendre compte que rien de tout ça n'était objectivement grave et à parler d'autre chose pendant que l'autre partie ruminait sévère en tâche de fond. Au final, je gère ma colère ( = mes émotions rouges) de la même façon que mon angoisse ( = mes émotions noires): en agissant extérieurement comme si de rien n'était. Ca facilite la vie de mon entourage, ce qui est déjà un très bon point; ça m'évite de passer pour plus pénible qu'on ne me sait déjà, et de m'enliser complètement dans mon ressenti négatif. Pour l'instant, c'est tout ce dont je suis capable. Et même si c'est loin d'être parfait, c'est déjà un sacré progrès. 

jeudi 1 juin 2017

Les dépenses intentionnelles de mai




Les dépenses intentionnelles que j'ai faites ce mois-ci
Immatériel:
Jeu vidéo "The witness"
1 livre numérique
Brunch (Chalet Robinson)
Lunch (Chadao)
Goûter x 2 (Méert, Forcado)
Cocktails x 2 (The Dominican, La Pharmacie Anglaise)
Dîner x 3 (Horia, AMI, Green mango)
Billets de train pour Lille
Matériel:
13 livres, 4 magazines (Psychologie positive, Frankie, Flow français, Respire)
7 rouleaux de masking tape
Bouquet de pivoines roses
Robe en lin rose pâle Talia Benson
Jupe coton rouge foncé C&A
Jupe noire à imprimé oiseaux Froy & Dind
Robe longue "Petit diable" Anatopik d'occasion sur eBay
Robe longue Cop Copine d'occasion sur eBay
Ceinture Plume de Nat & Nin
Gobelet à thé + planchette en porcelaine helen b
Drap + 2 taies d'oreiller en lin lavé gris

Les dépenses que j'ai envisagées et renoncé à faire
Le numéro 1 de Calme: encore un magazine au croisement entre Simple Things et Flow. Ca aurait pu m'intéresser, mais pas à 9,50€ - le prix d'un gros livre de poche qui m'occuperait pendant des heures.
Les deux livres de l'illustratrice coréenne Puuung: ils me font très envie, mais une expédition depuis l'Asie va prendre des mois et probablement me doubler le prix des articles entre les frais de port et les frais de douane.
Des bottines Hush Puppies Tiffin rouges: elles sont vraiment magnifiques, mais pas de saison, et surtout la fermeture éclair monte trop haut - je suis à peu près sûre qu'avec mes mollets dodus, je n'arriverai pas à la fermer.
Deux réservations pour le Tram Experience: j'ai envie de tester depuis 2012, de préférence à cette période de l'année, mais c'est aussi cher que deux escapes games pour un groupe de 4, et plus cher qu'un aller-retour pour la plupart des grandes villes d'Europe. Mon budget n'est pas extensible à l'infini, et je préfère les escape games et les city trips.

Bilan du mois:
J'achète pas mal de fringues depuis quelque temps, mais c'est parce que j'ai grossi et que les trois quarts de ma garde-robe me boudinent. Plus qu'à trouver une paire de sandales et je serai parée pour cet été. Quant au reste, pas de regrets: le jeu vidéo est génial, les sorties sont toujours un plaisir, et je rêvais d'une parure de lit en lin depuis un an. En revanche, ma PAL recommence à prendre des proportions inquiétantes; je vais donc tâcher de lire ce que j'ai avant de rentrer davantage de bouquins.

mercredi 31 mai 2017

Mai 2017



Lectures de Mai 2017




ROMANS/NOUVELLES/MEMOIRES
- The Lotterys plus one (Emma Donaghue)
- A manual for cleaning women (Lucia Berlin)
- Bien des ciels au-dessus du septième (Griet Op de Beeck) ♥︎♥︎♥︎
- The summer seaside kitchen (Jenny Colgan) ♥︎♥︎♥︎
- D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds (Jon Kalman Stefansson)
- Au pays de l'ailleurs (Tahereh Mafi) ♥︎♥︎
- Let's pretend it never happened (Jenny Lawson)
- Fates and furies (Lauren Groff)
- Les mystères de Larispem T2: Les jeux du siècle (Lucie Pierrat-Pajot) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- L'été après la guerre (Helen Simonson) ♥︎♥︎♥︎♥︎

BEDE
- Cobalt (Pablo de Santis/Juan Saenz Valiente) ♥︎♥︎♥︎
- Une soeur (Bastien Vivès) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Chronosquad T1 (Panaccione/Albertini) ♥︎♥︎
- A boire et à manger avec Sonia Ezgulian (Guillaume Long) ♥︎♥︎
- Petit Vampire T1: Le serment des pirates (Joann Sfar) ♥︎♥︎♥︎
- Les secrets de Brune (Bruna Vieira/Lu Cafaggi) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- How to be happy (Anna Barnes) ♥︎♥︎♥︎
- 29 gifts: how a month of giving can change your life (Cami Walker) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The worry trick: how your brain tricks you into expecting the worst and what you can do about it (David A. Carbonell) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Icons (Steve McCurry) ♥︎♥︎♥︎♥︎

mardi 30 mai 2017

"Les secrets de Brune" (Bruna Vieira/Lu Cafaggi)


Brune doit bientôt entrer dans un nouveau collège sur sa propre demande, mais sa timidité la paralyse. Elle n'ose pas aller vers les autres, et elle a peur que personne ne lui adresse la parole. Alors elle se confie à ses cahiers et à sa meilleure amie Elsa...

Basée sur la véritable histoire de la blogueuse et youtubeuse brésilienne Bruna Vieira, "Les secrets de Brune" propose une série de courtes vignettes extraites du quotidien de l'héroïne plutôt qu'un scénario avec un début et une fin. Ici, pas de grands drames de type harcèlement scolaire, juste une hypersensibilité qui bloque l'adolescente dans son rapport aux autres.

Les illustrations tendres et douces de Lu Cafaggi restituent à merveille les états d'esprit de Brune, qui se voit minuscule quand il lui semble passer inaperçue et géante lorsqu'elle craint que l'attention générale soit braquée sur elle. Car en bonne adolescente, c'est une mine de contradictions: elle veut et ne veut pas qu'on la voie, s'est fait tatouer mais refuse de montrer les hirondelles sur son bras, se maquille pour qu'on la trouve jolie mais vit les compliments comme une agression. Une bédé touchante et qui sonne juste. 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture. 





"The world of Steve McCurry" à la Bourse de Bruxelles




J'avoue: avant d'aller voir cette rétrospective de son oeuvre, j'ignorais le nom de Steve McCurry. Depuis le début des années 80, ses photos ont pourtant fait le tour du monde et la couverture de nombreux magazines. La plus célèbre d'entre elles est sans doute le portrait de cette jeune Afghane au regard vert clair qui orne l'affiche - et la plus saisissante, celle du World Trade Center en train de s'effondrer dans un monstrueux nuage de poussière et de fumée. Mais en vérité, chacun des 200 clichés qui composent cette exposition est un petit-chef d'oeuvre en soi, une image non seulement hyper maîtrisée sur le plan technique, mais pleine de force et d'émotion. 







Tout au long de sa carrière, Steve McCurry a arpenté les régions les plus pauvres et les plus dangereuses du monde pour en rapporter un témoignage inédit. Quand les Soviets ont envahi l'Afghanistan, il a passé la frontière en fraude avec des rouleaux de pellicule cousus dans ses vêtements. Pendant la première Guerre du Golfe, il a marché dans des champs de mine pour photographier la vision apocalyptique des puits de pétrole en feu. Si ses images de guerres et de désastres écologiques sont extrêmement frappantes, je trouve cependant que c'est dans l'art du portrait qu'il excelle le plus, avec une façon de capter le regard de ses modèles qui vrille absolument le coeur. 






En déambulant parmi les allées labyrinthesques créées à grand renfort de voiles, et dans lesquelles il est si facile de passer à côté de pans entiers de l'expo si on n'y prend pas garde, je n'ai pu m'empêcher de penser que je vivais vraiment dans un monde de Blancs privilégiés, sans consommer grand-chose d'autre qu'une culture blanche privilégiée. J'ai pris conscience de l'étroitesse de mon référentiel, alors que les Blancs sont une minorité à la surface de notre planète et qu'il existe tant d'autres modes de vie, tant d'autres environnements, tant d'autres histoires que les nôtres. Bien sûr, je le savais déjà intellectuellement, mais les photos de Steve McCurry me l'ont fait comprendre à un niveau beaucoup plus viscéral. 






Petit bémol: je n'ai pas raffolé de la scénographie, notamment de l'absence de cartels et du fait que l'audioguide est obligatoire si on veut savoir ce qu'on regarde. Comme je déteste ces engins de Satan (en plus, Chouchou qui en a pris un m'a dit que la voix française était bêtement superposée à la VO, ce qui rendait le tout assez inaudible), je me suis contentée de mon ressenti pur sur place. Et à la sortie, j'ai acheté le catalogue de l'expo que j'ai lu tranquillement chez moi le soir, pour découvrir dans quelles circonstances ont été prises les photos préférées de Steve McCurry. 

Ce détail mis à part, je vous recommande très chaudement cette magnifique exposition.

"The world of Steve McCurry"
Place de la Bourse 1
1000 Bruxelles
Entrée tarif normal: 12€
Tous les jours jusqu'au 25 juin 2017