lundi 24 octobre 2016

Les joies de la semaine #42




Lundi: la pensée de Lady Pops en cette date anniversaire difficile / je préfère encore me traîner de grosses inquiétudes financières que mes angoisses de santé habituelles

Mardi: réussi la suspension en lotus inversé / un petit Pear'fect chez Guapa pour me requinquer à la sortie de l'aerial yoga / une séance d'escape game très sympa chez Escape Hunt / cette fausse interview hilarante de Barack Obama

Mercredi: la mignonne carte japonaise que Chouchou a planquée dans mon MacBook / pour une fois, je n'ai que des voisines de train super agréables / réussi à traduire dix pages entre Aéroport Charles-de-Gaulle et Lyon-Part-Dieu / les cookies Super Fruit offerts par Delhaize sont vachement bons et parfaits à trimballer / c'est top pratique d'avoir du wifi gratuit en gare de Toulon maintenant / reçu (et aussitôt dépensé) un chèque-cadeau Amazon 

Jeudi: la dame du primeur qui m'offre ma barquette de mini-tomates parce qu'il faut les manger vite / les secrétaires de la clinique, super gentilles et accommodantes / un Coca-lecture au soleil à la terrasse du bar de l'Opéra / un thé de printemps-toasts briochés avec Gaby et sa fille à la Théière / Seb qui nous rejoint pour une petite balade en ville tandis que le soleil se couche sur cette magnifique journée d'automne

Vendredi: fini la traduction de mon thriller australien avec dix jours d'avance / pour fêter ça, me préparer une tresse au chocolat / échec des négociations sur le CETA grâce aux Wallons

Samedi: un thé-lecture au Chantilly / "Ma vie de Courgette" au Royal

Dimanche: l'effet du Citrafleet me paraît moins violent que la dernière fois / du coup, j'en profite pour attaquer ma traduction suivante / trouver au fond d'un tiroir deux piles crayon toutes neuves pour remplacer celles de la télécommande de mon chauffage / le soir, me refaire le début de "Pushing daisies"

...et sans jour particulier: ressortir mon pull-doudou Cotélac / la bougie parfumée avocat-menthe d'Anthropologie; la Clean Cotton de Yankee Candle / le compte Instagram d'April Wu / lire enfin "Little women" dans la ravissante édition Penguin in Bloom

dimanche 23 octobre 2016

"Ma vie de Courgette"


Courgette a neuf ans. Un soir où sa mère alcoolique menaçait de lui foutre une énième raclée, il a refermé sur elle la trappe qui menait à sa chambre, et la chute l'a tuée. Courgette atterrit donc au foyer des Fontaines, parmi une bande d'enfants tout aussi cabossés par la vie. La mère de Béatrice a été expulsée vers l'Afrique; chaque fois que la fillette aux lunettes rouges entend une voiture, elle se précipite sur le perron pleine d'espoir en criant "Maman?". Le papa d'Ahmed fait de la prison pour holdup; le petit garçon, lui, s'accroche à sa peluche et refait pipi au lit. Les parents de Simon sont drogués tous les deux, et le jeune rouquin se sonne des allures de petit dur: dès le début, il surnomme Courgette "la Patate" et lui pique son précieux cerf-volant. Alice a été sexuellement abusée par son père; elle se planque derrière sa mèche blonde et tape très fort avec le manche de sa fourchette quand les gens commencent à se disputer à table. La mère de Jujube est atteinte de TOC qui la rendent inapte à élever son enfant. Et puis un jour débarque Camille, qui a vu son père tuer sa mère et se suicider ensuite. Pour Courgette, c'est le coup de foudre...

Adapté par Céline Sciamma ("Naissance des pieuvres", "Tomboy", "Bande de filles") du roman "Autobiographie d'une Courgette" de Gilles Paris, ce film d'animation est une petite merveille tant sur le fond que sur la forme. Tour à tour dramatique, tendre et joyeux, il parle de la résilience des enfants. Sur le fumier de leur histoire tragique, Courgette et ses amis parviennent à faire éclore une irrépressible joie de vivre en dépit de tout. Leurs visages en pâte à modeler sont incroyablement expressifs; les maniérismes des personnages et le talent des jeunes comédiens qui leur prêtent leur voix les rendent extrêmement touchants. Je ne suis hélas pas certaine que dans la vraie vie, les petits Courgette rencontrent toujours des adultes aussi bienveillants que le personnel des Fontaines ou Raymond le policier moustachu. Mais comme la littérature, le cinéma sert aussi parfois à représenter les choses telles qu'on voudrait qu'elles soient. "Ma vie de Courgette": un film délicat et drôle, juste indispensable. 



samedi 22 octobre 2016

"L'épouvantable peur d'Epiphanie Frayeur" (Séverine Gauthier/Clément Lefèvre)


Epiphanie a huit ans et demi. Depuis toujours, elle a peur de son ombre, qui grandit plus vite qu'elle. Sa quête d'un remède lui fera croiser un guide qui a perdu son sérieux et qui est devenu aussi léger qu'un ballon, un docteur qui l'enverra chez un coiffeur sans corps, un preux chevalier qui proposera de la sauver mais qu'elle finira par contaminer, un dompteur et une voyante... Nourrie par toutes ces rencontres, c'est en elle que la fillette finira par trouver le déclic pour maîtriser sa peur. 

Mon coup de coeur bédé d'octobre, c'est cet album qui, s'il s'adresse apparemment aux enfants, aborde le problème de l'angoisse avec tant d'intelligence et de finesse que ça devrait aussi parler aux adultes concernés. (Suivez mon regard.) "Tu prends toujours tellement de place, dit Epiphanie à l'ombre-peur monstrueuse qui la suit partout. Je n'arrive plus à respirer." Sur ces prémisses peu réjouissantes en apparence, Séverine Gauthier bâtit une histoire aux métaphores aussi justes que poétiques, superbement illustrée par Clément Lefèvre. La fantaisie de leur univers offre un contrepoint bienvenu à la pesanteur de leur sujet. Une vraie réussite. 



vendredi 21 octobre 2016

La révision des 45000, épisode 1




Depuis le mois de février, je souffre de maux de ventre inexpliqués qui me donnent des angoisses terribles. Je devais de toute façon faire une coloscopie cette année (tous les 5 ans à partir de 40 ans quand on a un parent direct qui a eu un cancer du côlon), mais ma gastroentérologue a été en congé maladie pendant tout le premier semestre et je ne souhaitais pas voir quelqu'un d'autre. Par ailleurs, en septembre, une prise de sang a révélé une légère anémie et surtout une VS - vitesse de sédimentation, un indicateur d'inflammations internes - trois fois supérieure au taux acceptable. C'est peu dire que je balisais.

Bref, en l'espace d'une semaine, j'ai casé à la fois ma coloscopie, une seconde prise de sang et le rendez-vous de suivi chez mon généraliste - et tout à fait par hasard, mon détartrage annuel déjà programmé depuis le début de l'été. Je vais toujours chez l'ophtalmo en début d'année, et je n'ai pas eu envie de m'infliger un frottis chez la gynéco en plus de tout le reste. Mais quand même, la semaine s'annonçait chargée et plutôt stressante. Du coup, je me suis débrouillée pour n'avoir quasiment pas de travail à faire en parallèle et pour me caler quelques pauses sympas entre les rendez-vous médicaux. Puis j'ai pris mon courage à deux mains, mon billet de TGV entre les dents, et je suis descendue dans le sud pour la révision des 45000. 

Mercredi soir, donc, j'arrive à Monpatelin. Jeudi matin, en me rendant au village pour faire mes courses (du riz blanc, du jambon de Paris, du beurre et du fromage râpé qui constitueront mes seuls repas ce week-end - merci la préparation à la coloscopie...), je croise mon merveilleux généraliste dans la rue. Depuis plus de 15 ans que j'habite ici, ce n'était encore jamais arrivé. C'est sûrement un signe. "Ouais: le signe qu'il avait une visite à domicile dans le coin", lance, blasée, la partie rationnelle de mon esprit. Pfff, si on ne peut même plus s'imaginer que l'univers nous envoie des messages pour contrebalancer les heures sup de notre amygdale hyperactive, où va-t-on, je vous le demande.

En début d'après-midi, je me rends à la clinique pour la consultation anesthésie. La secrétaire est adorable et me promet d'essayer de me faire admettre le plus tard possible lundi (vu que je viens en bus, qu'il n'y en a qu'un toutes les heures et qu'il met 45 minutes depuis chez moi). Par contre, le docteur qui me reçoit m'ordonne deux fois de m'asseoir alors que je suis debout en train de sortir de mon sac les documents qu'il vient de me réclamer. Y'a le feu ou quoi? J'étais pourtant seule dans la salle d'attente. Il me demande si j'ai rempli le questionnaire vert. Je le lui remets.
- Tenez, j'ai aussi mon dernier bilan sanguin.
- Je m'en fous, c'est pour Mme X.
(Mme X: ma gastroentérologue. Se taper onze ans d'études pour mériter le titre de Dr. et se faire appeler "Madame" par un collègue. Les boules.)
- Mais il y avait marqué de l'apporter pour la consultation d'anesthésie.

L'anesthésiste fronce les sourcils d'un air irrité et, sans répondre, se saisit de mon questionnaire.
- Vous fumez?
- Non. C'est noté là.
(Moi aussi, je peux être désagréable.)
- Vous avez des appareils dentaires?
- Non plus, comme je l'ai indiqué.
- Vous avez déjà fait un AVC?
- Pas depuis que j'ai coché la case "non".

Après m'avoir fait répéter toutes les informations qu'il a sous le nez, il me demande si j'ai des questions.
- J'aimerais savoir pourquoi on ne m'a pas prescrit de douche à la Bétadine. J'avais dû en prendre une la dernière fois. Peut-être que ma gastroentérologue a oublié?
- Comment voulez-vous que je le sache?
- La secrétaire m'a dit qu'au cas où, vous pourriez m'en prescrire.
- C'est pas mon boulot. Autre chose?
- ...Euh, non.
- Ca fera 50€.
Il s'est écoulé royalement 4 minutes depuis mon entrée dans son bureau. J'espère que ce sera plutôt un(e) de ses collègues qui s'occupera de moi lundi.

(A suivre)

jeudi 20 octobre 2016

Ce que le blog me rapporte




"Le rose et le noir" soufflera sa douzième bougie au printemps prochain. Il n'a jamais été un "gros" blog, mais avec environ 1500 visites par jour ces cinq dernières années, je pense qu'on peut le qualifier de "moyen" en termes d'audience. S'il était positionné sur un créneau vendeur comme la mode ou la beauté, je serais régulièrement sollicitée par des marques. En l'état, c'est un fourre-tout dans lequel compte-rendus de brunchs, tests d'escape games, critiques d'expos et impressions de voyage se mélangent à des états d'âme pas toujours très gais. Pourtant, j'en retire quand même quelques avantages matériels...

La rémunération Google Ads: c'est une petite commission calculée en fonction du nombre de pages vues sur mon blog et du nombre de clics sur l'encart publicitaire situé dans ma colonne de droite. Chaque fois que le montant cumulé atteint ou dépasse 70€ un mois donné, Google effectue un virement sur mon compte bancaire à la fin du mois suivant. N'importe qui peut installer ça sur son blog à condition que celui-ci ait 6 mois d'existence. A l'heure actuelle, ça me rapporte dans les 200€ par an.

Les chèques-cadeaux Amazon: quand je parle d'un truc en vente sur Amazon (généralement un bouquin), j'inclus un lien affilié qui emmène mes lecteurs directement sur la fiche du produit concerné. Tout ce qu'ils achèteront durant cette visite sur Amazon - et pas seulement le produit en question - me rapportera une commission sous forme de chèque-cadeau. Là aussi, les montants s'accumulent sur mon compte, et lorsqu'ils atteignent ou dépassent 25€ un mois donné, Amazon m'envoie mon chèque-cadeau par mail deux mois plus tard. Je peux ensuite le dépenser pour acheter n'importe quoi sur leur site. Là encore, n'importe qui peut se créer un compte pour ensuite créer des liens affiliés et les inclure dans son blog. A l'heure actuelle, ça me rapporte dans les 300€ par an. 

Les avantages en nature: il arrive que des marques me sollicitent par mail; la plupart du temps, leur produit ne me correspond pas et je refuse leur offre. Parfois, je reçois tout de même des propositions super enthousiasmantes, comme l'an dernier quand Chouchou et moi avons pu aller tester gratuitement l'indoor skydiving à Charleroi grâce aux coffrets Bongo. Je suis également dans le carnet de contacts de plusieurs agences de relations publiques, dont une qui gère beaucoup d'événementiel lié à la bouffe sur Bruxelles - c'est comme ça que, cette année, j'ai été invitée à dîner chez Lasagna Tiramisù ou aux deux déjeuners presse de Sushi Shop (toujours accompagnés d'un bon-cadeau pour récupérer la box du moment en magasin), ainsi qu'à des tas d'autres trucs très alléchants mais pour lesquels je n'étais hélas pas disponible. 
A l'opposé, je n'hésite pas à solliciter moi-même des partenariats: en 2014 pour un essai de voiture électrique Zen Car, cette année pour différents escape games. J'envoie un mail en faisant état de mes statistiques et de mon intérêt pour leur produit, et je leur propose un test gratuit contre un article. Comme je cible bien, ça marche environ deux fois sur trois. 

Rien d'extraordinaire donc. Je n'ai ni l'envie ni la patience de monétiser réellement ce blog ou de le formater éditorialement pour le rendre plus vendeur. Je ne pourrai jamais m'arrêter de travailler pour vivre de ça, et les échanges humains restent clairement ma principale "récompense" - mais ma foi, ces petits cadeaux font toujours plaisir quand ils tombent!

mercredi 19 octobre 2016

Staying in love





Aujourd'hui, ça fait dix ans que Chouchou et moi sommes ensemble. C'est notre record à tous les deux, et j'avais toujours pensé qu'on ferait un truc grandiose pour fêter ça - et puis finalement, ce n'est pas possible pour de basses raisons matérielles. Mais tant pis. Si j'ai appris une chose pendant les dix années qui viennent de s'écouler, c'est bien qu'à partir du moment où le quotidien est chouette, je n'ai pas besoin de gestes extravagants pour marquer les grandes occasions. Et qu'a contrario, si le quotidien est morne, les gestes extravagants dans les grandes occasions ne suffiront jamais à compenser. Bien sûr, dans l'idéal, on aurait un chouette quotidien ET on ferait des trucs de fous pour marquer les anniversaires, mais ne soyons pas trop gourmands - l'insatisfaction chronique est le meilleur moyen de se rendre malheureux tout seul. 

Or donc, dix ans. Qui n'ont pas été une promenade bordée de rosiers en permanence, loin de là. A un moment, on s'est même retrouvés en thérapie de couple pendant quelques mois, et la dernière fois qu'on a envisagé une rupture, c'était pas plus tard que début août de l'an dernier. Il faut dire que Chouchou est le spécialiste des colères explosives et ravageuses (mais il se soigne), tandis que je suis la spécialiste de l'amputation immédiate et sans appel de toutes les choses et de tous les gens qui me font du mal (mais je me soigne aussi). Je ne sais pas ce qu'il dirait de son côté, mais moi, j'ai beaucoup évolué à son contact. Je suis devenue plus tolérante par rapport à un tas de choses; j'ai appris à lâcher prise sur ce qui était juste une préférence personnelle et non une nécessité absolue.

J'ai aussi découvert que parfois, remporter une discussion constitue une victoire nuisible à l'harmonie du couple - et que dans la plupart des cas, je préfère avoir la paix qu'avoir le dernier mot. Ce n'est pas un renoncement ou un ramollissement de ma part, juste une concession faite à la sérénité de notre foyer. Et ça en vaut la peine parce que Chouchou n'est pas un affreux macho qui en profite, par exemple, pour se décharger sur moi de toutes les tâches communes, mais une personne de grande bonne volonté. Il remarque mes efforts, et ça l'encourage à en faire aussi de son côté. Je crois que c'est à ça qu'on reconnaît une relation - amoureuse aussi bien qu'amicale ou professionnelle - qui en vaut la peine: au fait que l'énergie investie dedans crée un cercle vertueux et que les deux personnes concernées s'en trouvent plus heureuses.

Bref, ces dix ans ensemble, ça a été beaucoup de boulot. On a rencontré un tas de difficultés, comme tous les couples je suppose - des difficultés dont il n'est pas toujours socialement acceptable de parler et face auxquelles on se sent souvent très seul, très démuni. On a eu la chance d'être tous les deux extrêmement motivés pour les résoudre. De pouvoir s'appuyer sur un socle solide de valeurs (humanistes et scientifiques) communes. D'avoir un énorme plaisir à passer du temps ensemble même quand il nous arrive des mésaventures. D'être encore capables de discuter de choses sérieuses ou absurdes alors qu'on devrait dormir depuis belle lurette. De se faire beaucoup rire mutuellement. De savoir que chacun pourrait tout à fait se passer de l'autre, mais qu'il est mieux avec que sans. Un boulot gratifiant, donc, et que j'espère poursuivre le plus longtemps possible.

mardi 18 octobre 2016

[BRUXELLES] Escape hunt: Mystère au bar du canal




Il y a quelques mois, nous avions testé la salle "Kidnapping à l'opéra" d'Escape Hunt Bruxelles, et nous n'avions pas été emballés. Non que nous la trouvions mauvaise, mais elle nous paraissait un peu simple pour une énigme étiquetée "de niveau avancé". Beau joueur, le concepteur qui nous avait servi de maître de jeu ce jour-là nous avait proposé de revenir faire gratuitement leur prochaine salle une fois qu'elle serait prête. "Mystère au bar du canal" est disponible depuis début septembre, et nous avons eu le plaisir de la tester cet après-midi même.

Comme le nom de la salle l'indique, le décor est donc celui d'un bar où l'on joue au poker ou aux fléchettes et où l'on boit de la bière, beaucoup de bière! La mission des détectives est triple: trouver en quoi consiste le trafic auquel se livrent sur place trois individus peu scrupuleux, identifier les individus en question et, comme d'habitude, sortir de là en moins de soixante minutes. Le temps restant est indiqué sur un chrono, et si les joueurs piétinent, le maître de jeu leur téléphone pour leur fournir des indices oralement. 

Nous avons énormément apprécié la quasi-absence de cadenas à code (après deux douzaines d'escape games, c'est vraiment LE truc qu'on ne peut plus saquer, le degré zéro de l'originalité en matière d'énigmes). Très peu de fouille aussi: l'essentiel du scénario repose sur des mécanismes entièrement automatisés et souvent aussi inattendus qu'astucieux, jusqu'à celui qui commande la sortie de la pièce. Le niveau est plutôt élevé, d'ailleurs à deux, nous avons débordé de 3'39" sur le chrono - merci au sympathique maître de jeu qui nous a laissé terminer quand même pour le fun. 

En résumé, je conseille cette salle surtout aux gens qui, ayant déjà fait un ou deux escape games, sont à la recherche d'une expérience différente et/ou un peu plus ardue. A mon avis, une équipe de trois ou quatre personnes serait optimale. On appréciera aussi l'accueil toujours irréprochablement souriant, la magnifique et confortable salle de briefing/debriefing, les déguisements fournis pour la photo (même si nous n'en avons pas profité cette fois) et la petite boisson offerte à la fin. Escape Hunt Bruxelles dispose de trois scénarios de niveaux et de thèmes différents, jouables sur plusieurs salles chacun en simultané: parfait pour les team building ou les enterrements de vie de célibataire!




Rue de Livourne 13
1060 Bruxelles

"Hikikomori" (Jeff Backhaus)


Depuis la mort accidentelle de son fils, trois ans auparavant, Thomas Tessler vit barricadé dans sa chambre et refuse tout contact avec le reste du monde. Au Japon, cet enfermement volontaire est un phénomène connu; aux USA, en revanche, le cas de Thomas semble unique. Pour tenter de le sauver, son épouse Silke fait appel à Megumi, une jeune Japonaise expatriée qui connaît bien le problème puisque son propre frère était hikikomori...

C'est un récit à deux points de vue que nous propose Jeff Backhaus: celui de Thomas, narré à la première personne, et celui de Megumi, narré à la troisième (ce que j'ai trouvé un peu dommage, car j'aurais préféré une approche introspective pour elle aussi). Tous les deux en deuil d'une personne chère, ils vont tisser  à huis clos une relation aussi étrange qu'émouvante dont il est impossible de prévoir où elle les mènera - avec en toile de fond, New York au milieu de l'hiver et un aperçu de la société japonaise dans ce qu'elle peut avoir de plus cruel. Les phrases coulent toutes seules, et les pages défilent si bien que j'ai lu "Hikikomori" d'un trait. Un premier roman intimiste, singulier et prenant.

lundi 17 octobre 2016

Les joies de la semaine #41




Lundi: mais qu'ils sont bons, ces scones au fromage de chez M&S! / le billet sur mon "Journal de santé physique et mentale" cité dans un article du Huffington Post

Mardi: j'ai réussi à faire la suspension hyper impressionnante où on se retrouve en écart facial à 1m50 du sol, et où on doit basculer en arrière et laisser le hamac se dérouler tout seul pour sortir / recevoir le texte de mes deux prochaines trads et pouvoir planifier mon boulot pour les cinq mois à venir / passé la barre des 800 likes sur la page Facebook du blog

Mercredi: DHL m'apporte un colis en provenance de l'usine Villars - encore une adorable attention signée Lady Pops / l'escape game nantais qui m'intéresse accepte le deal "une partie gratuite contre un article de blog"

Jeudi: mon billet du jour en petite Une Humeurs de HelloCoton / plutôt que de sortir dépenser des sous que je n'ai pas, rester sagement à la maison et prendre de l'avance dans mon boulot / un cours d'aerial yoga super intense avec Sash / de retour chez nous, manger le reste des lentilles d'hier en regardant ce formidable discours de Michelle Obama

Vendredi: un Skype pro plaisant avec Olivier / ressortir le délicieux "Neige blanche" de Lupicia

Samedi: brunch maison et traînage en pyjama jusqu'à quatre heures de l'après-midi / je crois que Jenny Lawson est mon âme soeur / cocktails de bienvenue pour Hylidae à La Machine

Dimanche: un temps très chaud et très ensoleillé pour la saison / une erreur dans la préparation, et mes petits gâteaux choco-matcha sont encore meilleurs que d'habitude / comme elle sent bon, la bougie Garden Sweet Pea de Yankee Candle! / première soupe de la saison (courgettes + Boursin au poivre) et plaid gris tout doux devant le pilote de "Timeless"

...et sans jour particulier: ces 23 bébés pandas / le chocolat au lait et au sel marin de Sicile de Marks & Spencer

dimanche 16 octobre 2016

"The Good Place"




Eleanor Shellstrop, qui vient de mourir, débarque au Bon Endroit. Dans ce paradis de poche réservé à l'élite de l'humanité, on ne trouve que des gens à la moralité sans tache, ayant oeuvré toute leur vie pour le bien commun. Les autres atterrissent au Mauvais Endroit, un lieu effrayant qui résonne de leurs hurlements. Le Bon Endroit est géré par son architecte Michael avec l'aide de Janet, une entité omnisciente qui a parfois un peu de mal à adopter un comportement humain. Ses occupants reçoivent un logis en tout point conforme à leurs goûts et sont appariés avec leur âme soeur. Pour Eleanor, il s'agit de Chidi, un professeur d'éthique sénégalais. Mais dès le lendemain de son arrivée, des incidents bizarres commencent à se produire au Bon Endroit. Car en réalité, il y a eu erreur sur la personne. Eleanor n'était pas une avocate qui se battait contre la peine de mort, comme Michael en est persuadé, mais une commerciale égoïste et dépourvue d'éthique qui passait son temps à mal se conduire avec tout son entourage. Pour ne pas être démasquée et envoyée au Mauvais Endroit, elle réclame l'aide de Chidi, qui tente de lui apprendre à devenir une personne décente...

C'est au sens le plus large que j'emploie le mot "paradis": dans "The good place", il n'est question d'aucune religion. D'ailleurs, les gens choisis par Michael ont des origines culturelles très variées. Par contre, ils sont tous jeunes, beaux et minces, parce qu'il ne faut pas non plus abuser de la diversité, et Michael et son assistante sont évidemment blancs comme des bidets. Quant aux couples d'âmes soeurs, j'attends encore d'en voir un qui ne soit pas hétéro. Et je trouve ça vraiment dommage, parce que la série possède par ailleurs une fraîcheur assez délirante qui me plaît beaucoup. Chaque épisode d'une grosse vingtaine de minutes se termine, comme "Alias" en son temps, par un cliffhanger qui fait le raccord direct avec le suivant. Bon, après, c'est de la pure comédie qui ne cherche pas vraiment à faire passer un quelconque message: juste à divertir. En ce qui me concerne, elle y parvient assez bien pour que j'espère sa reconduction l'année prochaine. 

samedi 15 octobre 2016

"Idaho" (Andria Williams)


Etats-Unis, 1959. Lorsque Paul est muté à Idaho Falls, sa femme Natalie et leurs deux petites filles s'installent avec lui dans une base militaire au milieu du désert. Au coeur de cette communauté isolée, il est difficile de se lier d'amitié et dangereux de se faire des ennemis. Dans un climat étouffant de secrets et de trahisons, leur mariage résistera-t-il aux tensions qui montent inexorablement? 

Sur la base d'un fait divers survenu au début des années 60, Andria Williams, elle-même femme de militaire, construit un récit à trois voix psychologiquement très fouillé, où petites lâchetés et non-dits s'accumulent jusqu'à la catastrophe. Personnalité intègre mais rigide, Paul se heurte au je-m'en-foutisme et à l'absence de morale d'un supérieur qui se met à lui pourrir la vie. Esseulée, la jolie Nat qui s'est toujours fichue des conventions de son époque et de son milieu développe une amitié ambiguë et se retrouve la proie des commérages. C'est presque un huis-clos qui se déroule dans les conditions climatiques extrêmes du désert, à l'ombre d'un réacteur nucléaire capricieux dont on sait dès les premières pages qu'il finira par exploser. "Idaho" (dont je préférais le titre original, "The longest night": "La nuit la plus longue") est un premier roman incroyablement subtil et maîtrisé, qui décortique à merveille l'alchimie d'un couple.

jeudi 13 octobre 2016

"Le pays que j'aime" (Caterina Bonvicini)


Valerio et Olivia grandissent ensemble dans la magnifique villa de la famille Morganti, à Bologne; Olivia est l'héritière de riches entrepreneurs du bâtiment et Valerio est le fils du jardinier. Après avoir partagé une enfance de rêve, ils ne cessent de se séparer, de se retrouver puis de se perdre de nouveau. Valero suit d'abord sa mère à Rome quand celle-ci quitte son père. Plus tard, alors qu'ils sont étudiants, c'est Olivia qui part à Paris pour échapper aux disputes de son clan. Chacun d'eux est animé de forces centrifuges qui les empêchent de poursuivre leur relation, aussi sincère que burlesque. Valerio est ambitieux et poursuit le rêve de devenir magistrat; Olivia, elle, tente désespérément de trouver son chemin...

Bilan de lecture mitigé pour ce roman de Caterina Bonvicini sur lequel la presse ne tarit pas d'éloges. D'un côté, le lieu et la période sont fort intéressants; l'atmosphère de criminalité et de corruption qui règne dans l'Italie berlusconienne est assez hallucinante, et j'ai trouvé l'écriture vive de l'auteure très agréable. De l'autre, les personnages m'ont paru caricaturaux, sans surprise et ni grand intérêt. Olivia, enfant gâtée inconséquente qui use et abuse de son pouvoir de séduction. Valerio, enfant de famille modeste qui met ses aspirations de côté pour prendre une certaine revanche sociale et s'enrichir d'une façon méprisable. Plusieurs fois, ils auraient l'occasion de se mettre ensemble pour de bon s'ils le voulaient réellement, mais non: il faut qu'il reste séparés pour que leur pseudo histoire d'amour continue à rebondir. Du coup, ils apparaissent moins comme des amants passionnés mais maudits que comme les victimes de leur propre manque de conviction et de suite dans les idées. Au final, dans "Le pays que j'aime", j'ai été bien davantage apprécié la toile de fond que l'action au premier plan. 

La nuit je rame




5h10. Une unique et brève sonnerie de l'iPhone de Chouchou me réveille en sursaut. Je suis sûre que cet appareil me hait et a secrètement juré ma perte. Son propriétaire, bien entendu, continue à ronflouiller comme un bienheureux. 
Incapable de me rendormir, je suis une fois de plus assaillie par les idées noires que je parviens si difficilement à maintenir à distance le jour. La nuit est un immense lac noir; je dérive au milieu et ne vois la terre ferme nulle part. 
J'essaie de me concentrer sur mon "happy place", mon "safe place", comme dans cet exercice préconisé par les thérapeutes. Depuis toutes les années où je m'y projette régulièrement, je n'ai toujours pas résolu la question du placement des fenêtres entre les rayonnages de livres (car bien sûr, mon "happy place", mon "safe place" est une bibliothèque), ni décidé si je mettais une baignoire à pieds dans la mezzanine ou pas. Cette nuit, je suis plutôt contre. Juste un bureau adossé à la balustrade et une banquette avec des coussins sous la baie vitrée. 
Mais je n'arrive pas à fixer les images dans ma tête. Toujours mon esprit revient à des cabinets de spécialistes, des appareils à IRM, des radios pleine de taches suspectes, des annonces funestes, la nausée la fatigue écrasante les cheveux qui tombent la dépendance pour tout la vie qui fout le camp sans qu'on parvienne à la retenir.
Lundi, ça fera quatre ans que mon père est mort. Et je ne peux même pas dire que c'est pour ça que je ne parviens pas à retrouver le sommeil. Mes nuits ressemblent à ça en février aussi. 
Depuis hier j'ai en outre cette angoisse sourde de mes finances qui s'annoncent catastrophiques jusqu'à la fin de l'année et peu brillantes en 2017. J'ai beau me dire que c'est juste de l'argent et que je trouverai toujours un moyen de me débrouiller, ça vient s'ajouter au reste. Surtout à 5h42 du matin. 6h10. 6h37.
Je ferais peut-être mieux de me lever, me préparer un thé, attaquer ma journée de travail de bonne heure. Faire quelque chose de positif au lieu de rester là à me battre immobile et en silence de la façon la plus stupide, la moins spectaculaire qui soit. 
Quand je rouvre les yeux, il est 8h40. J'ai réussi à grappiller encore deux heures de sommeil, et le soleil brille. Allons, il ne tient qu'à moi que cette journée soit réussie. 

mercredi 12 octobre 2016

"Les petites reines" (Clémentine Beauvais)


Mireille Laplanche ne sera pas Boudin d'Or pour la troisième année consécutive. Au cruel concours Facebook organisé par son ex-ami d'enfance, elle s'est fait coiffer au poteau par Astrid Blomvall et Hakima Idriss. De cette triste distinction naît une amitié qui pousse les trois filles à concevoir un projet un peu fou: monter à Paris à vélo, en vendant des boudins sur la route pour financer leur voyage, et taper l'incruste à la garden party du 14 juillet l'Elysée... Pour Mireille, ce serait l'occasion de rencontrer enfin son père biologique, un grand philosophe marié à la présidente de la République et n'ayant jamais reconnu son existence. Astrid, fan absolue du groupe Indochine qui l'a aidée à surmonter l'abandon par son propre père et l'exil dans un pensionnat suisse pendant de nombreuse année, veut en profiter pour rencontrer ses idoles. Quant à Hakima, elle espère se venger du général Sassin à cause duquel son frère aîné a perdu ses deux jambes durant une opération militaire qui a mal tourné. Mais bien vite, leur périple crée le buzz sur les réseaux sociaux...

Je sais: je suis méchamment à la bourre. Le roman de Clémentine Beauvais qu'il faut avoir lu en cette rentrée 2016, c'est "Songe à la douceur", écrit entièrement en vers. Mais moi, c'est "Les petites reines" que je viens de dévorer en un après-midi et dont j'ai envie de recommander la lecture à tous les ados. Parce que Mireille s'est blindée depuis belle lurette contre les commentaires affreux que lui vaut sa mocheté, et que même si elle en souffre toujours un peu, elle fait front très crânement avec les atouts qui sont les siens: pugnacité, sarcasme, esprit d'initiative et tempérament de meneuse. Et parce que, malgré ses allures de conte de fées modernes, la réjouissante épopée cycliste des #3Boudins ne se termine pas par une transformation magique des héroïnes. Aucun cygne n'émerge des plumes des vilains petits canards. Mireille, Astrid et Hakima restent ce qu'elles sont, boulottes et disgracieuses, mais avec un bel exploit à leur actif, un peu plus de sagesse et une amitié forgée dans l'adversité. Pêchu et positif, tour à tour tendre et mordant, refusant de se plier aux diktats de l'apparence et de la coolitude, "Les petites reines" mérite sûrement le titre de Meilleur Livre Jeunesse 2015 que lui a décerné le magazine Lire.

"Pour chaque fois où une personne dit qu'on est géniales, fortes, intelligentes et combatives, il y en a une autre sur un réseau social quelque part qui s'applique à écrire qu'on est des grosses connes moches, des laiderons, des putes, des pouffiasses et des salopes, des sales connasses moches comme des culs, moches comme des truies. Qui sont ces gens? Le mystère reste entier. Y a-t-il des personnes qui existent, qui vivent, qui mangent, qui rient et qui dansent, derrière ces ahurissantes insultes?"

mardi 11 octobre 2016

L'hiver prosaïquement




Ca faisait déjà plusieurs années que je m'accommodais bien mieux de la soi-disant "mauvaise" saison, mais là, je suis carrément ravie de voir approcher l'hiver. Peut-être parce que la canicule de cet été a souvent été difficile à supporter. Peut-être parce que depuis quelques semaines, j'ai enfin trouvé une activité physique qui m'enthousiasme (et qui se calque sur le rythme scolaire). Peut-être parce que, pour la première fois depuis trois ans, j'ai prévu d'aller voir ma famille à Toulouse pendant les fêtes et que je compte déjà les jours. Ou peut-être tout simplement parce que plus je vieillis, plus je comprends, accepte et savoure la nature cyclique des choses. Malgré le réchauffement climatique, le passage des saisons reste un des rares repères immuables dont nous disposons, un précieux élément de stabilité dans un monde trop souvent chaotique à mon goût. 

Plus prosaïquement, je me réjouis à la perspective de...
- recommencer à porter ma collection de collants multicolores et à motifs
- étrenner enfin les deux paires de chaussures fermées achetées à la fin des dernières soldes d'hiver
- remettre du vernis à ongles foncé
- boire des litres et des litres de chocolat chaud
- lire dos au radiateur brûlant sur mon coussin de yoga
- dîner d'une soupe et de tartines
- découvrir la suite de mes séries coup de coeur de cet automne: "The good place" et "This is us"
- aller me coucher tôt le soir avec une bougie parfumée et un bouquin
- faire la grasse matinée sans scrupules le week-end
- préparer des brunchs à la maison 
- m'occuper un peu plus de mon intérieur 
- faire des gâteaux le dimanche après-midi
- regarder des séries ou des films blottie sous un plaid avec Chouchou
- avoir une parfaite excuse pour cocooner au lieu de me sentir obligée de sortir
- bosser d'arrache-pied en semaine et garnir mon compte en banque pour les dépenses à venir
- manger de la patate douce jaune qu'on trouve seulement dans mon sud-est natal
- être motivée pour tester des recettes délicieusement roboratives
- entamer deux nouveaux agendas début janvier
- profiter des soldes d'hiver pour m'offrir une ou deux grosses pièces un peu trop chères à la base
- tonifier ma silhouette grâce à l'aerial yoga avant le retour des vêtements légers
- voir les jours rallonger après les fêtes et anticiper le retour du printemps!

"Journal d'un homme heureux" (Philippe Delerm)


Je me souviens encore de mon émerveillement lorsque j'ai lu "La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules", souvent raillé en raison de son succès commercial et de l'insignifiance apparente des sujets choisis. En vérité, tel un monsieur Jourdain de la pensée positive - et trente ans avant que celle-ci ne devienne à la mode chez les bobos -, son auteur se faisait déjà le chantre de la pleine conscience et de la gratitude pour les petits bonheurs du quotidien. Une philosophie que je m'approprie de plus en plus au fil du temps. C'est dire si j'ai une immense sympathie pour Philippe Delerm malgré les cyniques ou les snobs littéraires qui se plaisent à mépriser son oeuvre.

C'est dire aussi si je me délectais d'avance de ce "Journal d'un homme heureux" qu'il a tenu de septembre 1988 à décembre 1989, et annoté en début d'année 2016 avant de le publier au Seuil. Hélas! Le plaisir anticipé ne fut pas au rendez-vous. Dans ces pages, l'auteur parle des fleurs du jardin de sa femme, de la peinture écaillée sur les fenêtres de la maison où ils ont emménagé un an auparavant, de la météo au fil des saisons, du calme bienfaisant de la vie en province. Tous les trois jours, il répète combien il est heureux, et on s'en réjouit pour lui - mais en même temps, on s'ennuie ferme. Ca et là, quelques considérations littéraires, un commentaire pertinent sur l'actualité, une scène de village pittoresque viennent piquer l'intérêt. Je ne suis pas certaine que cela suffise à justifier la parution d'un document intime qui n'a au final de valeur que pour son auteur.

lundi 10 octobre 2016

"Les brumes de Sapa" (Lolita Séchan)


En 2002, Lolita a 22 ans, vit encore chez sa mère, n'a pas franchement de projets d'avenir et désespère de se trouver. Alors, elle part se chercher à l'autre bout du monde - plus exactement, au Vietnam. Au nord du pays, dans une petite ville de montagne, elle rencontre Lo Thi Gom, une fillette avec qui elle crée en quelques jours un lien très fort. Après son retour à Paris, elle va étudier au Québec mais ne parvient pas à l'oublier. L'année suivante, et toutes celles d'après pendant une décennie, elle retourne au Vietnam voir sa "petite soeur". Lo Thi Gom l'emmène dans sa famille et lui fait découvrir les injustices dont sont victimes les Hmongs, la minorité à laquelle elle appartient...

Il y a quelques années, j'avais lu "Marshmalone", la première bédé de l'auteure, et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne m'avait pas bouleversée. Mais impossible de résister à la promesse d'un récit initiatique et biographique en Asie du Sud-Est! De fait, c'est une histoire très personnelle et très émouvante que Lolita Séchan raconte dans cet énorme roman graphique. Difficile de ne pas être touchée par ses interrogations de jeune femme, ses déboires de voyageuse, son rapport à ses parents, ses angoisses vis-à-vis de l'avenir, sa peur de s'engager, mais surtout l'amitié improbable et parfois incompréhensible (y compris pour elle-même) qui l'attache à la petite Lo Thi Gom. Intime et sincère, fruit de cinq ans de travail presque obsessionnel, "Les brumes de Sapa" mérite que l'on s'y plonge.



Les joies de la semaine #40




Lundi: réussir à boucler ma journée de travail malgré une légère migraine et surtout une très grande fatigue / Chouchou prépare des röstis patate douce-poireau pour le dîner / nous aimons tous les deux énormément le series premiere de "This is us"

Mardi: après le cours d'aerial yoga, aller bouquiner avec une orange pressée chez Filigranes / préparer la première tarte pomme-rhubarbe de l'automne / Peter Bunzl reposte l'Instagram de @l_annexe dans lequel je montre son roman 

Mercredi: sur mon lit, me plonger dans "Nous sommes l'eau" pendant une pause déjeuner très ensoleillée / cette base de cake salé + les restes qui traînaient dans mon frigo = miam / aller au lit avant 21h avec un bout de chocolat suisse et une bougie parfumée & Other stories / délirer avec Marika et Lady Pops sur la page Facebook du groupe 30 Day Shred

Jeudi: merci au Carrefour Market d'Art-Lois d'être ouvert jusqu'à 20h / pendant une heure, le cours d'aerial yoga me fait oublier mes angoisses et habiter mon corps de manière positive

Vendredi: un petit goûter-lecture au café du M&S en passant faire des courses au food court / trouver chez Veritas des collants pile du rouge que je voulais / une boîte indienne à manger devant la suite de "The good place"

Samedi: oh, un nouvel album de Vincent Delerm! / "Le chant de mon père", belle découverte bédé au Centre Culturel Coréen / j'ai toujours une bonne tête sur les photos de dos / gros craquage au magasin de bougies parfumées Popcorn Store / lire "Les brumes de Sapa" avec une limonade chez Les gens que j'aime / four nettoyé et congélateur dégivré

Dimanche: la si jolie salle de l'Estaminet / en rentrant à la maison, mettre "Use your illusion II" à fond / tapis nettoyé / première séance de lecture dos au radiateur brûlant du couloir de la saison / très bon, le chocolat au lait au sel de mer sicilien M&S

...et sans jour particulier: avoir remplacé sans trop de souffrance le thé vert par du sobacha à partir de 14h / ce Tumblr Kaamelott + féminisme / mes nouveaux marque-pages magnétique Totoro / le Flow Mindfulness Workbook, super intéressant / la météo d'automne fraîche mais ensoleillée

dimanche 9 octobre 2016

Les brunchs du dimanche (46): L'Estaminet




C'est à Ness que nous devons la découverte de ce petit restaurant situé à Schaerbeek, un quartier où j'ai dû mettre les pieds trois fois en dix ans. Malgré la salle ravissante que l'on peut admirer en photo sur leur site, je ne me serais probablement pas traînée là-bas juste pour un goûter. Par contre, quand j'ai découvert qu'ils faisaient un brunch un dimanche par mois, je me suis empressée de réserver pour le prochain!






Une façade couverte de lierre, le soleil automnal qui se reflète sur la devanture; à l'intérieur, du bois partout, des fenêtres à croisillons donnant sur un jardin intérieur avec un bassin au milieu, un meuble orné de miroirs taillés en biseau, un vieux poste de radio dans un coin, une grappe de grosses suspensions en papier à l'entrée... Tout de suite, on tombe sous le charme du lieu. Des serveuses ultra souriantes nous apportent une orange pressée, nous demandent ce que nous voulons comme boissons chaudes (pour moi, ce sera un thé vert parfumé irrésistiblement baptisé "Le tango du cactus"), nous indiquent les buffets sucré et salé et nous informent que nous pouvons également réclamer des oeufs brouillés avec ou sans bacon qui seront préparés à la demande. 

Au buffet sucré, pas de mini-viennoiseries, mais un yaourt nature fabuleux et une compote de pommes délicieuses, du banana bread, des blondies, du muesli, de la pâte de speculoos, de la sauce caramel, de la confiture de rhubarbe. Au buffet salé, pas de plats chauds mais trois belles salades composées, une surprenante tartinade patate douce/lait de coco, du jambon cuit ou cru, un plateau de fromages qui méritent le détour, deux pains tout frais qui craquent sous la dent. Moins pléthorique que d'autres brunchs de notre connaissance, mais tout est d'excellente qualité (bio pour la plupart) et le prix reste abordable: 22€ boissons comprises. Bref, on vous le recommande! Et si vous habitez ou travaillez dans le quartier, vous pourrez y déguster un lunch léger de 12h à 15h en semaine. 






Chaussée de Haecht 147
1030 Bruxelles
Tel: 0498 59 72 27
Tram 93 arrêt Sainte-Marie
Prochains brunchs: 20 novembre, 11 décembre (sur réservation)

"Nous sommes l'eau" (Wally Lamb)


Annie Oh, artiste dont l'oeuvre a souvent été qualifiée d'"en colère", s'apprête à épouser en secondes noces sa galeriste Viveca. Elle a insisté auprès de son ex-mari Orion pour que le mariage se déroule à Three Rivers, à l'endroit où ils ont vécu pendant vingt-sept ans. Toujours épris d'elle, Orion hésite: doit-il assister à la cérémonie, ou prendre un mois de vacances dans la villa de Cape Cod que Viveca propose de lui prêter? De leur côté, les trois enfants d'Annie et Orion ont des réactions assez différentes. Andrew, militaire stationné au Texas qui a récemment trouvé la foi, estime que l'homosexualité est contre nature. Ariane, sa soeur jumelle qui dirige une soupe populaire à San Francisco, se montre d'autant plus tolérante qu'elle-même vient de prendre une décision assez choquante au premier abord. Quant à la petite dernière, Marissa, actrice new-yorkaise ayant du mal à percer, elle adore Viveca qui la couvre de cadeaux coûteux. Dans les jours précédents le mariage, Annie ressasse les souvenirs de l'enfance douloureuse qui l'a façonnée et les secrets dont elle n'a jamais parlé à personne...

Une fois de plus, Wally Lamb livre ici un roman américain ample, profond et ambitieux. Les membres de la famille, qui narrent leur partie de l'histoire tour à tour, ont une psychologie tellement fouillée qu'on ne peut s'empêcher de comprendre et d'excuser même leurs actions les plus terribles. Entre la fin des années 50 et notre présent, Wally Lamb balaye nombre de problèmes de société: le racisme, l'alcoolisme, la pédophilie, les maltraitances, l'homophobie... Il a assez de talent pour démontrer la manière dont le cycle des abus et de la violence se perpétue sans que cela ne phagocyte tout le récit. Les pages défilent à toute allure jusqu'à une fin que j'ai malheureusement trouvée un peu too much. Si "Nous sommes l'eau" n'est peut-être pas le meilleur roman de l'auteur, il vaut tout de même largement la peine d'être lu.