lundi 6 juin 2016

"Remember Souvenir"




L'ancien bâtiment Solvay (grande entreprise belge spécialisée dans la chimie) est voué à la démolition depuis un moment déjà. En septembre dernier, l'artiste Denis Meyers l'a investi avec une montagne de bombes de peinture noire et un projet: créer une gigantesque oeuvre d'art éphémère qui disparaîtrait avec son support. Sur les 60 000 mètres carrés du bâtiment, il en a recouvert 20 000 de portraits et de mots calligraphiés, et il continue tant que la date de début de démolition n'est pas arrêtée. Si les troisième et quatrième étages sont désormais fermés au public pour des raisons de sécurité - les plafonds commençaient à s'effondrer... -, le rez-de-chaussée, les deux premiers étages et le sous-sol sont accessibles dans le cadre d'une visite guidée pour laquelle il faut s'inscrire ici. Ca coûte 9€ par personne, ça dure un peu plus d'une heure, et comme on s'en doutera à la lecture de mon article, les photos sont non seulement autorisées mais encouragées. 











L'exploration de l'intime est l'un des rares thèmes qui me touche vraiment dans n'importe quelle forme d'art. Et au fur et à mesure de la visite, on a vraiment l'impression de rentrer dans la tête de Denis Meyers. Si le rez-de-chaussée, par lequel il a commencé son travail, contient surtout des portraits de musiciens et d'inconnus, les oeuvres du premier étage correspondent au moment où il vit une rupture douloureuse avec sa femme. A partir de là, il peint surtout son entourage proche et laisse de moins en moins "d'air" autour de ses inscriptions. Très vite, j'ai commencé à trouver ça obsessionnel et oppressant. Ajoutons à ça qu'à cause des pluies récentes et de l'absence d'isolation, il régnait à l'intérieur du bâtiment une délicieuse odeur d'eau croupie tout à fait raccord avec l'aspect décrépit du lieu. Je me suis mise à respirer par la bouche et à compter les minutes qui me séparaient de la fin de la visite. 












Je n'ai pas du tout apprécié la peinture à l'extincteur archi brute et encore plus sombre que tout le reste. Le pompon a été atteint avec le sous-sol, aux murs entièrement recouverts de crânes "non pas pour symboliser la mort, mais pour rappeler les vanités, et parce que c'était un motif répétitif qui permettait à Denis de faire le vide dans sa tête quand il venait travailler là de nuit", selon notre guide. D'accord, mais quelle que soit l'intention d'origine, l'ensemble m'a laissé une impression macabre pas du tout agréable. 









J'ai tout de même aimé, à la fin, la salle aux murs tapissés de reproductions des carnets de Denis Meyers, et la vidéo sur laquelle on le voit feuilleter certains des carnets en question. "Remember Souvenir" est certainement un travail remarquable, ne serait-ce que par son échelle et par l'investissement personnel de l'artiste. En ce qui me concerne, je ne l'ai pas apprécié, mais les amateurs d'urbex devraient se régaler.

Rue du prince Albert 44
1050 Bruxelles

Une partie des photos qui illustrent cet article ont été prises par Chouchou

dimanche 5 juin 2016

Les joies de la semaine #22




Lundi: le déjeuner presse Sushi Shop reporté à la semaine prochaine à cause des grèves - ça m'arrange / grâce au partage sur Facebook de mon billet à propos de La Machine, le blog dépasse les 3500 visites dans la journée

Mardi: fini et rendu la traduction du premier tome de "The thousandth floor" / dîné en amoureux au Little Tokyo pour fêter ça / un dessin de nous deux sous la pluie, signé Chouchou

Mercredi: mon Thalys aller circule normalement malgré les grèves / très sympa, l'expo Barbie au Musée des Arts Déco / je crois que je vais bien m'entendre avec l'assistante éditoriale de Nouveau Client / gros coup de coeur pour Free Persephone / la pause zen (massage-flash tête/épaules/haut du dos) délicieuse, et gentiment offerte par la responsable / bon allez, je craque pour le Funko Pop Drogon / arrivée à la gare du Nord très en avance, j'attrape le Thalys précédant le mien, qui a été annulé en dernière minute / au téléphone avec David pour son anniversaire

Jeudi: plein de corvées administratives expédiées en début de matinée / étrenner ma jolie bougie Kobo (Portuguese Olive Blossom: hyacinthe, eucalyptus, olive, lavande) / plus de 600 abonnés sur Instagram

Vendredi: mon billet sur l'expo Barbie en petite Une sur HelloCoton / pris rendez-vous avec Mr. Oh pour un massage Blissful Stress Relief / commencer le dernier Fausto Brizzi devant un Earl Grey chez Méert / les savoureux éclairs aux fruits de Pierre Marcolini (ananas-coriandre pour Chouchou, pêche-abricot-romarin pour moi) / le premier épisode de "Marcella" nous accroche bien tous les deux / et hop, à moi la petite robe d'été Cerf-Volant d'Anatopik, trouvée comme d'hab' sur eBay

Samedi: bien transpiré sur le niveau 1 de "Ripped in 30" / les petits choux fraise-bergamote et crème de fraise-vanille-citron de Chouconut / la jolie photo que Chouchou prend de moi dans l'expo "Remember Souvenir" (article à venir) / le mojito ananas bien mérité que je m'enfile ensuite au Berger / un repas indien  M&S devant le très bizarre "Summer wars"

Dimanche: mais... c'est quoi, cette grosse boule jaune dans le ciel? / j'en profite pour enfin nettoyer mes vitres / le petit air de violon aigrelet qui s'échappe par la fenêtre ouverte d'un immeuble voisin tandis que je bouquine sur mon lit / ce soir, Chouchou fait des crêpes pour accompagner "Zootopia" / miam la confiture rhubarbe-gingembre achetée le week-end dernier au Comptoir Florian

...et sans jour particulier: ressortir mon sublime manteau de mi-saison René Derhy dont je ne reçois que des compliments / le soin pour les ongles de Revlon, qui leur donne un si bel aspect rosé et parfaitement lisse

N'oubliez pas que vous avez jusqu'à minuit pour participer au concours A l'Unithé sur mon compte Instagram!

Novembre en juin




Il pleut tous les jours en ce moment; j'ai ressorti collants et chaussures fermées; vendredi j'ai dû rallumer les radiateurs parce que mon linge ne séchait pas et que je devais me fourrer sous la couette pour ne pas grelotter en lisant. Même pour Bruxelles, ce n'est pas du tout un temps de saison. Je voulais profiter de mon mois sabbatique pour me promener et faire le plein de soleil; jusqu'ici, c'est assez raté. Et encore, je m'estime heureuse que nous ne soyons pas inondés comme beaucoup d'autres gens dans le Nord de la France ou de la Belgique.

Reste que combinée à une actualité désastreuse, cette météo a tout pour plomber le moral. Et avec mon pessimisme (réalisme?) habituel, je me dis qu'il va falloir s'habituer à ça tant bien que mal: les saisons détraquées, la multiplication des catastrophes naturelles, les réfugiés sans cesse plus nombreux, le durcissement des haines imbéciles, la trahison par ceux-là mêmes qui sont censés préserver nos intérêts et n'agissent plus que dans celui des banques et des grandes entreprises, une agitation civile d'une brutalité grandissante.

Comment garder espoir dans un monde de plus en plus sombre et inquiétant? Comment faire son deuil de l'avenir meilleur qu'on nous a toujours fait miroiter, celui qu'on pensait nous être dû? Comment ne pas baisser les bras mais continuer à se battre à sa petite échelle? Ne pas se contenter d'écoper pour rester plus ou moins à flots, mais réussir à filer sereinement au milieu de la tempête? Je n'ai pas de réponses à ces questions. Comme tout le monde sans doute, je les cherche un peu chaque jour.

samedi 4 juin 2016

Les sorties bédé que j'attends avec impatience en juin




J'avais adoré le premier tome de cette série de Zidrou, scénariste remarquable par l'humanité qui imprègne toutes ses histoires. Ici, il est question d'une famille de Belges moyens qui, chaque été, descendent dans le Sud de la France pour y passer leurs vacances. Pour le tome 2, on remonte deux ans en arrière, avant que le couple formé par le papa dessinateur de bédé et la maman vendeuse de chaussures n'arrive au bord du divorce...



A travers les aventures de Noa, créature synthétique à la plastique enviable, cette série de SF dystopique explore les thèmes du fanatisme religieux, de l'ultra-capitalisme et de la dictature des médias. Cinq ans se sont écoulés depuis la parution du T3, et j'avoue ne plus très bien me souvenir de l'histoire, mais j'y jetterai sans doute un coup d'oeil rien que pour la beauté des dessins.



Ca fait des années que je n'ai rien lu de Jean-Philippe Peyraud, dont la fausse légèreté et le trait épuré avaient enchanté mon début de vingtaine. Ici, il livre une "rafraîchissante comédie romantique et burlesque à la française qui mélange polar, amour, famille et remise en question". Vais-je résister? C'est peu probable - à condition qu'il sorte dans un format autre que numérique.

vendredi 3 juin 2016

Barbie au Musée des Arts Décoratifs




Mercredi, j'ai fait un aller-retour à Paris dans la journée. Arrivée gare du Nord vers 10h30, je disposais de deux grosses heures pour caser une expo avant d'aller déjeuner avec une de mes éditrices et amies. Mon choix s'est porté sur l'expo Barbie actuellement visible au Musée des Arts Décoratifs. 





Barbie et moi, c'est une histoire un peu curieuse. Je n'ai jamais joué à la poupée quand j'étais enfant; par contre, en fin de vingtaine, je me suis prise de passion pour les Barbie de collection: celles qui portaient des costumes historiques ou ethniques, celles qui étaient habillées par des couturiers extravagants, celles qui s'inspiraient de films que j'aimais, les rééditions de modèles des années 60 rétro à souhait... Pendant quelques années, j'en ai eu une pleine vitrine dans mon salon. Puis mon intérêt s'est reporté sur les poupées japonaises, notamment les Blythe, et je me suis débarrassée de mes Barbie. Aujourd'hui, je ne sais pas trop quoi en penser. J'ai conscience que ce jouet a longtemps véhiculé une image tout à fait irréaliste du corps féminin (et qu'il continue, malgré la récente mise sur le marché de modèles aux mensurations alternatives: plus petits, plus grands ou plus ronds). Mais l'extraordinaire variété et l'originalité des costumes confectionnés pour Barbie m'ont toujours laissée baba. 








Et Dieu sait qu'il y a de quoi s'en mettre plein les mirettes dans cette expo: pas moins de 700 poupées réparties sur deux niveaux et 1500 mètres carrés, visant à replacer l'icone Barbie dans "une perspective historique et sociologique". La scénographie est très réussie; j'ai particulièrement admiré les décors magnifiques qui permettent de mettre en scène les modèles les plus glamour, la série de poupées sous cloche représentant chacune une profession et l'immense dégradé de vêtements qui occupe plusieurs murs à la fin. En ce matin de semaine, j'étais pratiquement la seule visiteuse hormis une tripotée de petites filles allongées par terre et qui dessinaient leur modèle préféré, et comme les photos sont autorisée, j'ai pu m'en donner à coeur joie!




Expo Barbie, jusqu'au 18 septembre 2016 au
Musée des Arts Décoratifs
107 rue de Rivoli
75001 Paris
Du mardi au dimanche, de 11h à 18h
- sauf le jeudi: ouvert jusqu'à 21h
Métro: Palais-Royal, Tuileries ou Pyramides
Tarif normal: 11€
(pour ce prix, on a accès à de nombreuses autres expositions temporaires)

jeudi 2 juin 2016

J'ai testé pour vous: A l'Unithé (+ concours)


Si, comme moi, vous êtes une grande amatrice de thé, il vous est sûrement déjà arrivé d'en acheter après avoir juste lu la description ou humé les feuilles et vous être dit: "Mmmh, ça a l'air bon". Et puis une fois rentrée chez vous, vous goûtez, et c'est le drame: en fin de compte, vous n'aimez pas du tout, ou vous trouvez juste ça bof, et vous voilà condamnée à traîner dans vos placards un paquet culpabilisant que vous ne consommerez pas. 

Pour éviter ce type d'erreur d'achat, A l'Unithé propose des assortiments de 20 ou 40 sachets individuels à composer soi-même à partir d'un large éventail de marques et de parfums. J'en ai profité pour tester plein de nouveaux Earl Grey, mais aussi des thés verts au jasmin ou aux fruits, et pour découvrir des marques que je ne connaissais pas encore comme Or Tea (ces sachets ravissants!), Pagès, Caron ou Christine Dattner... 





Voici le colis que j'ai reçu à Bruxelles (bonne nouvelle, A l'Unithé ne livre pas qu'en France!). Un petit carton plat qui devrait rentrer dans toutes les boîtes aux lettres, un emballage en papier de soie coloré, un joli petit autocollant et une carte qui souhaite une bonne dégustation: l'assortiment est bien protégé et présenté! Du coup, ça peut aussi faire un chouette cadeau - je dis ça, je dis rien.






Et la bonne nouvelle, c'est qu'A l'Unithé propose à une de mes lectrices de gagner son propre assortiment. Rendez-vous sur mon compte Instagram d'ici ce soir! 

mercredi 1 juin 2016

Au programme de mai: bilan




1. Passer moins de temps sur écran
C'est difficile à mesurer, mais je sais que j'ai sciemment fait de vraies pauses le midi, souvent sur mon lit ou mon canapé avec un bouquin, que j'ai été au lit sans iPad bien plus tôt le soir, et que j'ai profité du beau temps revenu pour sortir un maximum. C'est une hygiène de vie que je souhaite travailler à long terme.

2.  Tester le brunch de John & Rose et/ou celui de Living Room
Nous avons testé le premier, et ce n'était pas une réussite. Espérons que le second nous plaira davantage!

3. ...et les massages chez Chyl
La partie salon de beauté "est en pause pour une durée indéterminée". Zut.

4. Commander un capteur de cohérence cardiaque
Nous avons failli défunter d'horreur en voyant les prix actuels. Le moins cher était à 129€, sur un site illustrement inconnu auquel je n'avais pas du tout envie de filer mon numéro de carte de crédit. Du coup, Chouchou a bricolé un peu notre vieux capteur pour tenter de le refaire marcher. Il a un faux contact, mais en le tenant pendant la séance, apparemment, c'est encore jouable. Ca suffira pour le moment.

5. Lancer un nouveau blog en anglais
Pas eu le temps ni l'inspiration pour m'en occuper. Le mois prochain, sans doute.

6. Ne pas acheter de livres
(Du tout)
(JE NE PLAISANTE PAS!!!)
(Pose cette carte bleue et éloigne-toi sans faire de gestes brusques)
(Voilà, c'est bien)
Et bien, euh. Je me doutais que je n'arriverais pas à acheter zéro bouquin. De fait, j'ai fait pas mal d'entorses à ma résolution: un grand format chez Pêle-Mêle, parce que je le voulais et qu'il était neuf à moitié prix; une bédé chez Contrebandes, parce que je l'aurais achetée début juin de toute façon et qu'une bédé c'est vite lu; un poche à la Fnac parce que je n'avais plus rien à lire sous la main et 7h de train à faire le lendemain; l'ouvrage de non-fiction que je prévois de lire en juin, parce qu'il fallait le commander sur Amazon et qu'il n'était pas disponible immédiatement... Néanmoins, dans tout le mois, j'ai dû acheter ce que j'achète d'habitude en une semaine, et ma PAL a bien baissé.
Je me suis forcée à lire certains bouquins qui traînaient là depuis un bail, et peu d'entre eux m'ont vraiment plu; j'en ai d'ailleurs abandonné beaucoup en cours de route. Partant du constat que si je ne lis pas un livre dans les semaines qui suivent son achat - quand il correspond à mes envies du moment -, je ne vais pas le lire du tout, j'ai revendu sans remords les ouvrages qui traînaient sur ma PAL depuis trop longtemps. Leçon à retenir: continuer à acheter des bouquins, mais à un rythme plus ou moins équivalent à ma capacité de lecture, sinon c'est du gaspillage.

7. Porter à la déchetterie tous les brols qui traînent dans la cave
Fait. Chiant mais nécessaire.

8. Nettoyer à fond les vitres de l'appart de Bruxelles

C'est-à-dire qu'il faudrait déjà qu'il cesse de pleuvoir...

9. Faire un tour au nouveau marché de la place du Luxembourg, le mardi soir
Fait. Bien qu'il y ait un ou deux primeurs, ce marché rassemble essentiellement des food trucks, notamment le Sin Street Food dont les burgers végétariens nous régalent souvent le dimanche midi place Flagey, le Ty Penty dont j'adore les crêpes bretonnes, et la food bike Le petit nuage, découverte durant le Brussels Food Truck festival, qui vend de délicieuses gaufres salées en bâton. A partir de midi, pour les gens qui bossent dans le coin.

10. Mettre à jour les OS de mon MacBook et de mon iPad
Fait. Et je peux vous dire que quand El Capitan vous annonce qu'il va mettre une demi-heure à s'installer, IL MENT. Comptez plutôt le double ou le triple.

11. Relancer le plombier une dernière fois à propos du mitigeur de cuisine de Monpatelin
Le plombier a dû sentir mon désespoir, car cette fois, il est bien venu comme annoncé. J'ai donc un nouveau robinet de cuisine, et un gros trou à l'ancien emplacement de mon lave-linge - désormais installé dans la salle de bain. La question maintenant est de savoir si j'utilise cet espace pour y mettre un lave-vaisselle (l'option feignasse) ou un placard (je n'ai quasiment aucun rangement dans cette pièce, ce serait donc l'option raisonnable).

12. Changer mon grille-pain

Ce n'est pas faute d'avoir cherché, en magasin comme en ligne! Mais les rares modèles susceptibles de me plaire (chromé, blanc ou noir; format baguette plutôt que tranches de pain de mie; budget 50€ maxi) récoltent d'assez mauvaises critiques d'utilisateurs, notamment en termes de qualité. Du coup, je ne parviens pas à me décider.

13. Caler un escape game avec Philou et Stéphanie le week-end où ils viennent à Bruxelles
Fait. Nous avons testé le 60 minutes, et c'était très bien!

14. ...et en réserver un à Edimbourg pour le mois prochain
Fait aussi. Après hésitation avec la salle The darker side of Edinburgh, ce sera finalement la Da Vinci chez Escape Edinburgh.

Fait. C'était une lecture instructive et étonnamment drôle.

mardi 31 mai 2016

Mai 2016



Lectures de Mai 2016




ROMANS
- "I am Radar" (Reif Larsen)
- "Academy street" (Mary Costello) ♥︎♥︎
- "L'héritière des Raeven T1: Sorcière malgré elle" (Méropée Malo)
- "Rhapsodie française" (Antoine Laurain) ♥︎♥︎♥︎
- "Journal d'un vampire en pyjama" (Mathias Malzieu) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La vie en mieux" (Anna Gavalda)
- "Hélianthe" (Stefano Benni)
- "La facture" (Jonas Karlsson) ♥︎
- "Summer at the Little Beach Street Bakery" (Jenny Colgan) ♥︎♥︎♥︎
- "L'enfant de l'étranger" (Alan Hollinghurst)
- "The Gentlemen Bastards T3: The republic of thieves" (Scott Lynch)  ♥︎♥︎
- "Les ferrailleurs T1: Le château" (Edward Carey) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La poupée de Kafka" (Fabrice Colin)
- "The last days of Rabbit Hayes" (Anna McPartlin) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La valse de Valeyri" (Gudmundur Andri Thorsson) ♥︎♥︎♥︎
- "Abattoir 5" (Kurt Vonnegut)
- "All the birds in the sky" (Charlie Jane Anders) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- "Sur la pointe des pieds T1: A la rencontre de l'hiver" (Jidi/A. Geng) ♥︎♥︎♥︎
- "Notre univers en expansion" (Alex Robinson) ♥︎
- "Le temps des Mitaines T2: Coeur de renard" (Loïc Clément/Anne Montel) ♥︎♥︎♥︎
- "Le monde de Ran T1" (Aki Irie) ♥︎♥︎

DIVERS
- [Challenge non-fiction] "Le charme discret de l'intestin" (Giulia Enders) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The principles of uncertainty" (Maira Kalman)* ♥︎♥︎♥︎
- "Mourir d'amour en été" (Plonk & Replonk)
- "Haikus du temps présent" (Mayuzumi Madoka) ♥︎♥︎♥︎

lundi 30 mai 2016

Lasagna Tiramisù: le bonheur est dans l'assiette




Vendredi soir, répondant à une invitation de l'agence Cinna, nous avons dîné dans ce restaurant italien au concept simple mais alléchant: proposer chaque jour 5 ou 6 variétés de lasagnes (dont au moins une végétarienne) et autant de variétés de tiramisù, choisies parmi une centaine de recettes-maison qui tournent en fonction des saisons et des produits disponibles. En effet, José, créateur de Lasagna Tiramisù avec son épouse Simona, attache une grande importance à la qualité et à la fraîcheur de ses matières premières. Les autres principes qui régissent son travail? Chaleur de l'accueil, respect des personnes, absence de gaspillage. Avant même l'apparition du moindre plat sur notre table, nous étions totalement séduits par ce chef d'entreprise aussi dynamique que profondément humain, avec une conception et une éthique du travail qu'on aimerait plus largement répandues. 






Pour commencer, nous avons eu droit à une sublime assiette de charcuterie et de fromages italiens (les petits appétits peuvent également opter pour l'une des salades dont la composition, comme celle des lasagnes et du tiramisù, change chaque jour). Je garde un souvenir particulièrement ému du saucisson qui fondait dans la bouche, du miel à la truffe dont le lard était arrosé, et d'un étonnant gorgonzola à la fleur d'oranger. Chouchou, lui, a adoré la 'nduja trop piquante pour mes papilles délicates. L'ensemble était accompagné d'un pain croustillant et encore tiède, car fabriqué maison - miam.




Passons au plat de résistance: les lasagnes. Il faut savoir que José souhaite proposer "les meilleures du monde" - vive la saine ambition! Parmi les variétés du jour, j'ai choisi la melanzane, aux aubergines frites et à la mozzarella fumée, tandis que Chouchou décidément séduit optait pour la 'nduja. Nos plats individuels sont arrivés accompagnés d'une petite salade verte au vinaigre balsamique pour la touche fraîcheur. Niveau vin, comme je souhaitais du blanc, José m'a proposé un Vigna del Vulcano de 2011 fabriqué à partir de raisin ayant poussé sur les pentes du Vésuve, ce qui lui donne un goût minéral absolument sublime et une longévité exceptionnelle (il est garanti 10 ans, contre plutôt 4 ou 5 pour la plupart des vins blancs à ce qu'il paraît). C'était pour moi une magnifique découverte. Et les lasagnes? Délicieuses, évidemment!





J'avoue qu'arrivée à ce stade du repas, je calais sérieusement. Et en plus, oserais-je l'avouer? Je n'aime pas du tout le café, donc le tiramisù n'est pas mon dessert préféré. Du coup, nous en avons pris un pour deux, à la noisette, et je me suis contentée de goûter la couche mousseuse du dessus. Sa légèreté ne m'a pas surprise: José nous avait prévenus qu'il utilisait une crème à seulement 30% de matières grasses, de sorte que le goût de la noisette ressortait superbement bien. Comme les lasagnes, le tiramisù est proposé en portion de taille raisonnable, ce qui permet de ne pas ressortir du restaurant l'estomac complètement explosé.





Est-il besoin de préciser que nous avons été complètement charmés, à la fois par le maître des lieux et par le merveilleux repas que nous venions de faire? Ou que nous reviendrons sûrement goûter les nombreuses autres recettes du restaurant? 

Deux précisions utiles: 
- Lasagnà Tiramisù, c'est aussi un service de traiteur pour vos dîners à la maison, et de catering pour vos réceptions diverses et variées. 
- Les recettes du jour (qui peuvent changer du midi au soir selon la demande) sont visibles sur la page d'accueil du site internet


Lasagna Tiramisù
Rue Stevin 82
(Quartier Schuman; métro 1 ou 5, station Maalbeek)
et 
Rue du Page 31
(Quartier Châtelain; tram 81, arrêt Trinité)
Ouvert du lundi au samedi,
de 11h à 15h30 et de 19h à 22h

[BRUXELLES] 60 Minutes: La chambre du Manneken Pis




Pour notre 16ème escape game (oui, déjà!), nous avions choisi une salle bruxelloise recommandée par un des game masters d'Escape Hunt: la chambre du Manneken Pis. Nous faisions pour l'occasion équipe avec nos amis Philou et Stef, initiés l'an dernier dans une salle lilloise pas terrible dont je me garderai de citer le nom ici - heureusement pour nous, ça ne les avait pas dégoûtés et ils étaient tout prêts à remettre ça. Du coup, j'espérais vraiment, vraiment que l'expérience serait bonne cette fois! 




C'est toujours difficile de vanter les spécificités d'un escape game sans en spoiler l'intrigue. Alors, en quelques mots: la chambre du Manneken Pis (celle d'un petit garçon, donc remplie de jeux...) propose un gameplay hyper ludique, basé non pas sur la résolution d'énigmes mais plutôt sur des mécanismes et manipulations aussi fun que bien trouvés. Ce n'est pas une salle difficile; nous l'avons bouclée en moins de 47 minutes, ce qui d'après les photos d'autres équipes publiées sur la page Facebook de 60 minutes semble être la moyenne générale. Elle me semble donc très indiquée pour des débutants, surtout ceux qui pourraient être rebutés par l'aspect un peu "intellectuel" d'autres salles. Et même les habitués que nous commençons à être ont pris beaucoup de plaisir à s'amuser dans cette astucieuse chambre. 60 minutes prépare l'ouverture d'une salle de niveau intermédiaire à la même adresse dans les mois à venir; autant dire que nous sommes tout disposés à la tester!

Rue Saint-Jean 37
1000 Bruxelles

dimanche 29 mai 2016

Les joies de la semaine #21




Lundi: c'est le candidat écolo qui remporte les présidentielles autrichiennes face à l'extrême-droite / découvrir en avant-première le tome 2 du "Temps des Mitaines" / revendu en direct un de mes Bruxelles-Paris de vendredi / vraiment émouvant, le déjà fameux "Hold the door"

Mardi: trouvé les deux paires de chaussures dont j'avais besoin pour crapahuter, bien moins cher sur Amazon que chez Sarenza / prendre le temps d'aller déjeuner avec Chouchou au marché de la place du Luxembourg / la super tarte au citron du Sin Street Food

Mercredi: un goûter-lecture au Comptoir Florian / la scène de sexe au téléphone entre Alison et Donnie dans l'épisode 404 d'"Orphan Black"

Jeudi: profiter de la vente privée Les Néréides pour rafler deux jolis colliers de la collection Fond Marin à un prix ridicule / la date de remise de cette énorme bédé est reculée de deux semaines, ce qui m'arrange énormément / j'aurai donc réussi à revendre les 4 billets de notre séjour annulé à Epinal, et en perdant seulement 6€ en tout / le "I'd be lost without you" lancé sèchement par Amy à Sheldon

Vendredi: Henri-Ze-Kat a survécu à son opération / Chouchou reçoit enfin le papier qui lui manquait pour boucler un dossier très important / ...et il décroche une grosse mission pro / le merveilleux repas chez Lasagna & Tiramisù

Samedi: le mini-massage des pieds avant qu'on se lève / avoir le temps de déjeuner vite fait chez AMI en sortant du Delhaize / vraiment bien s'amuser dans la salle du Manneken Pis chez 60 minutes avec Philou et Stef / la sublime carte du monde au mur du Comptoir Florian du centre-ville / un très agréable moment au salon de thé Ladurée / "Cinq centimètres par seconde", du même réalisateur que "Le jardin des mots": mélancolie magnifique

Dimanche: poids stable malgré les (gros) écarts des derniers jours / avoir dans le congélo de la rhubarbe prête à l'emploi pour préparer une tarte / un chouette brunch chez Chyl avec Philou et Stef

...et aussi, sans jour particulier: le gilet paon de chez Collectif acheté pendant les soldes d'hiver est parfait pour réchauffer une robe d'été / aller se coucher avec un bouquin alors qu'il fait encore jour dehors / les petits pschits de Brume Relaxante à la fleur d'oranger que je mets sur mon oreiller le soir / avoir zéro regret de sécher les Imaginales cette année

jeudi 26 mai 2016

"Les derniers jours de Rabbit Hayes" (Anna McPartlin)


Mia Hayes, surnommée Rabbit par tous ses proches, arrive au centre de soins palliatifs où elle va bientôt finir ses jours. Bien qu'elle n'ait que 40 ans et un féroce appétit de vivre, le cancer du sein qu'elle croyait avoir vaincu quelques années plus tôt est revenu en force, métastasant dans son foie, ses poumons et ses os. Alors, sa famille et ses amis se rassemblent autour d'elle pour lui dire au revoir...

Bon, présenté comme ça, il est certain que ça n'a pas l'air gai. D'ailleurs ça ne l'est pas, malgré de beaux moments d'humour noir irrévérencieux comme je les aime. Accompagner vers la mort une personne aimée encore jeune et qui souffre, ou se trouver soi-même dans cette position, c'est sans doute le pire cauchemar de beaucoup de gens. De ce postulat tragique, Anna McPartlin réussit pourtant à tirer un roman lumineux où l'amour l'emporte sur la douleur.

C'est que de l'amour, il y en a à revendre dans cette famille irlandaise, même si ça n'empêche pas Rabbit et sa mère de s'engueuler parce que l'une est farouchement athée et l'autre Catholique fervente. Grace, la soeur aînée qui a eu quatre garçons et peine à gérer le pré-diabète du petit dernier, se demande comment faire de la place dans sa maison déjà pleine à craquer à sa nièce bientôt orpheline. Davey, le frère batteur qui a réussi dans son métier mais jamais eu de relation amoureuse de plus de quatre mois, accourt en lâchant la tournée américaine d'une star de la country. Molly et Jack, la mère fonceuse et le père taiseux, refusent de croire leur benjamine perdue et se battent pour lui trouver un traitement expérimental. Juliet, douze ans, brave petit soldat qui prend soin de sa mère au quotidien depuis des années, est persuadée que Rabbit sera bientôt guérie et attend son retour à la maison encore plus impatiemment que ses premières règles.

Au-dessus d'eux tous plane l'ombre de Johnny, le très talentueux et très charismatique chanteur de l'ancien groupe de Davey qui fut aussi le premier amour de Rabbit. Au fil des jours, ses souvenirs s'égrènent et son histoire fait douloureusement écho à celle de l'héroïne, lui apportant une perspective et une épaisseurs poignantes. J'ai juste regretté que le blog sur le cancer de Rabbit ne soit mentionné que quelques fois en passant; il me semble qu'il aurait soit fallu l'intégrer davantage à la narration, soit l'oublier complètement. Ce détail mis à part, "Les derniers jours de Rabbit Hayes" est un roman très réussi, pas une leçon de vie et de mort mais une de ces fictions qui nourrissent l'âme et éventuellement la réflexion. Moi, en tout cas, malgré son sujet difficile, il m'a fait beaucoup de bien.

Never have I ever



Jamais au grand jamais je n'ai

... souffert d'une fracture (hormis l'extraction de mes dents de sagesse, toutes les opérations que j'ai subies étaient liées à mon endométriose)
... eu la grippe (je touche du bois; j'ai également été très épargnée par les maladies infantiles)
... perdu de points sur mon permis (je conduis rarement, ça aide)
... couché avec une personne d'une autre couleur (non que je sois hostile au principe, mais je me rends compte que depuis que j'ai quitté le système scolaire, je n'ai pratiquement plus jamais eu de racisés dans mon entourage - certes assez réduit du fait que je bosse à la maison et suis à peu près aussi sociable qu'une palourde)
... eu plus de cinq ans de différence avec mes partenaires (sauf si quelqu'un m'a menti: je demande rarement une pièce d'identité avant de passer à l'action)
... franchi l'Equateur (mais j'espère bien aller en Australie un de ces quatre)
... foutu les pieds au Club Med (les vacances farniente c'est pas mon truc; les activités de groupe me donnent envie de me pendre, et je ne vous parle même pas de l'ambiance façon GO)
... fraudé le moindre centime au fisc (à la base, j'étais très fière de payer des impôts; aujourd'hui, je continue à régler ce que je dois par principe, même en n'étant plus du tout d'accord sur l'usage qu'en fait notre bon gouvernement)
... cru en un quelconque pouvoir supérieur (y'a des fois où j'aurais bien aimé, mais rien à faire)
... rêvé de me marier (on finira sans doute par le faire avec Chouchou, mais dans la plus stricte intimité et pour des raisons bassement matérielles)
... fantasmé sur l'idée d'être une femme entretenue (je tiens à mon indépendance matérielle d'une façon presque maladive)
... eu envie d'être célèbre (mon ego se porte super bien et je n'ai aucun besoin de validation, du coup je n'en verrais pas l'intérêt)
... envisagé la chirurgie esthétique (j'avais expliqué pourquoi ici)
... pris part à une manifestation (la dernière fois que je me suis retrouvée dans une foule très dense, j'étais à un cheveu de l'attaque de panique)
... fait du stop (vu la confiance innée que m'inspire mon prochain, ça ne risquait pas)
... eu droit à des congés payés (j'ai vaguement bossé comme salariée pendant 3 ans avant de devenir traductrice free lance, mais jamais assez longtemps dans la même boîte)
... porté de mocassins (dans mon top 3 des chaussures les plus hideuses, avec les Crocs et les sandales en élastique à scratch)
... lu le moindre bouquin de Jane Austen (et de tout un tas d'autres auteurs classiques, vu qu'en matière d'art et de culture les vieux trucs m'emmerdent royalement)
... regardé aucun des films de la trilogie du "Parrain" (ma culture cinématographique est pitoyable, sauf pour les films sortis entre 1988 et 1991, période à laquelle je disposais d'une carte étudiant et me faisais chier comme un rat mort à Toulouse)
... vu un renard en vrai (le spécimen empaillé qui a trôné sur la télé de mes grands-parents maternels pendant toute mon enfance ne compte évidemment pas)
... réussi à lever un seul sourcil (et croyez-moi, je suis très jalouse des gens qui y arrivent, ça me servirait si souvent!)
... su faire sauter les crêpes (mais Chouchou est très doué, alors ça va!)
... mangé une tablette de chocolat d'un coup (généralement, une barre, c'est mon maximum avant d'être écoeurée)

mardi 24 mai 2016

"Kotonoha no niwa" ("Le jardin des mots")


Takao a quinze ans. Son rêve: concevoir et fabriquer des chaussures. Il vit avec sa mère qui n'est jamais là, et son frère aîné qui s'apprête à déménager. Aussi, c'est surtout lui qui s'occupe des tâches domestiques, en plus du boulot alimentaire qu'il fait le soir et pendant les vacances scolaires. Au milieu de son existence si bien remplie, Takao ne s'accorde qu'une fenêtre de liberté: les matins pluvieux, il sèche les cours pour aller dessiner dans un jardin public du quartier de Shinjuku. Et chaque fois, il y croise une jeune femme qui fait de son côté le travail buissonnier pour lire en buvant de la bière et en mangeant du chocolat...

Bien qu'il ne dure que 49 mn, "Kotonoha no niwa" compense largement sa brièveté par l'incroyable beauté de son graphisme. Jamais je n'avais vu la pluie si bien rendue dans un film d'animation, au point de presque sentir le pétrichor depuis mon canapé! Les scènes de traversée d'une grande ville en métro sont aussi réussies que la représentation des gestes du quotidien telle la préparation d'un repas. Et le fond se révèle à la hauteur de la forme avec sa réflexion sur la difficulté d'être adulte, menée avec une subtilité toute asiatique et baignée par une atmosphère puissamment mélancolique. N'ayons pas peur des mots: cet anime est un pur chef-d'oeuvre.



lundi 23 mai 2016

"Les ferrailleurs T1: Le château" (Edward Carey)


Au milieu d'un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, gigantesque puzzle architectural, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier qui le suivra toute sa vie. Clod a quinze ans et possède un don singulier: il est capable d'entendre parler les objets... Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît. Les murmures des objets se font de plus en plus insistants. Dehors, une terrible tempête menace. Et voici qu'une jeune orpheline se présente à la porte du Château...

J'avoue: ce roman est une entorse à ma règle "Pas d'achats de livres en mai". Mais je suis passée à la Fnac la veille d'un voyage en train de 7 heures, alors que j'avais déjà épuisé toute la lecture emportée à l'aller, et l'illustration de couverture m'a fait de l'oeil - sans parler de sa texture légèrement gaufrée. Je ne regrette absolument pas mon craquage. "Les ferrailleurs" s'annonce dans ce tome 1 comme une série à nulle autre pareille, même si on peut lui trouve une parenté avec "les délices steampunk d'Otomo ou de China Miéville, féerie machinique peuplée de cauchemars gothiques", pour reprendre les mots de François Angelier.

Dans une atmosphère lugubre à souhait évoluent deux adolescents orphelins qui racontent l'histoire tour à tour: Clod Ferrayor, garçon en culotte courte au physique peu avantageux, souffre-douleur de ses cousins plus robustes, et Lucy Pennant, servante rousse et rebelle qui refuse d'oublier son vrai nom ou d'accepter qu'elle est condamnée à ne jamais sortir du Château. Quelques témoignages éclairants d'autres domestiques et membres de la famille Ferrayor viennent se mêler à leur récit croisé, illustré de dessins réalisés par Edward Carey.

J'ai adoré l'idée selon laquelle chaque habitant du Château possède un "objet de ses jours", cadeau de naissance qui en dit long sur sa personnalité et dont le contact se révèle aussi intime qu'un acte sexuel. Mais ce n'est que l'un des éléments qui contribuent à bâtir un univers très singulier, repoussant et fascinant en égale mesure. L'intensité dramatique ne faiblit jamais tout au long de ce tome 1, et la fin spectaculaire (il y aurait moyen d'en tirer une fabuleuse adaptation au cinéma) donne très envie d'enchaîner immédiatement sur le tome 2. Une belle découverte.

La Machine, nouveau bar steampunk à Bruxelles





Pour l'ambiance steampunk, à Paris, il y a Le Dernier Bar Avant la Fin du Monde. Mais à Bruxelles, rien du tout jusqu'au mois dernier. Puis La Machine a ouvert discrètement le 11 mai face aux Halles Saint-Géry, à deux pas de la Bourse... Sitôt informée, je m'y suis précipitée pour tester. 







Au rez-de-chaussée, une salle de dimensions moyennes à la déco très agréable, avec des pièces réalisées spécialement pour l'occasion par un artiste local - la créature ailée suspendue au plafond, notamment. Dans le fond, une scène surélevée vouée à accueillir des groupes de musique. Sur le côté, un escalier qui monte vers les réserves et un autre qui descend au sous-sol, tous deux décorés de portraits photographiques ambiance steampunk. En bas, outre les toilettes, des casiers à cadenas pour les gens qui voudraient laisser sac, manteau, voire habits de ville histoire d'enfiler une tenue à la mode vaporiste, mais aussi un fumoir bien aéré et confortablement meublé d'un grand canapé Chesterfield. 






Bref, c'est un bel endroit dont la conception a visiblement été soignée dans le moindre détail. Sans grande publicité, il était déjà bondé samedi en fin d'après-midi... J'ai profité de la happy hour pour commander un des quatre Cocktails Classics (caipirinha, caipiroska, margarita, mojito à 8€) disponibles avant 22h - après ça, la carte s'allonge considérablement! Les amateurs de bière, eux, pourront choisir parmi une soixantaine de variétés. La Machine propose également toute sorte d'alcools forts à consommer seuls, du vin et un tas de boissons sans alcool, dont une demi-douzaine de thés et infusions. Et en cas de petite faim, de très appétissantes assiettes mixtes charcuterie/fromage/pain à 12€. 

Il va sans dire que je suis tout à fait séduite par La Machine et qu'on risque de m'y voir souvent. J'ai hâte de découvrir le genre de musique qui s'y jouera en live. Même pour des non-amateurs de steampunk, je pense que son emplacement au coeur du centre-ville, son ambiance originale et sa carte foisonnante en feront très vite un endroit en vue. Inauguration officielle du 10 au 12 juin. 

Place Saint-Géry 2
1000 Bruxelles
Ouvert du mardi au jeudi à partir de 16h
et du vendredi au dimanche à partir de 11h

dimanche 22 mai 2016

Les joies de la semaine #20





Lundi: me plonger avec délice dans "The republic of thieves" / le niveau 3 du 30 Day Shred me paraît gérable cette fois / le hug qui fait chaud au coeur dans "Game of Thrones"

Mardi: l'adorable et très efficace technicien de chez Orange vient résoudre mon problème de ligne, branche correctement mon téléphone et m'explique comment économiser 16€ d'abonnement par mois / le joli papillon blanc qui volète devant la fenêtre de mon bureau / le soir sur Skype avec Chouchou, une longue conversation sur le thème "Neurotransmetteurs et bactéries: quid du libre arbitre?"

Mercredi: une grasse matinée en pleine semaine / très bon déjeuner-lecture en terrasse du resto gastronomique de Monpatelin / consacrer une journée à off à mettre de l'ordre dans l'appartement / ma dentiste qui accepte de me recevoir en urgence demain après-midi

Jeudi: à moi la Tamara saveur menthe neuve pour 60€ sur eBay! / revendu mon second billet de train Paris-Epinal, toujours grâce à KelBillet / "ce n'est qu'une petite blessure qui guérira d'elle-même; je vous le garantis à 99%, et pour le 1% qui reste, je vous fais une ordonnance histoire de vous tranquilliser", me dit ma dentiste, cette excellente femme / et hop, un bon-cadeau Amazon dans mon escarcelle

Vendredi: découvrir l'affiche de "Gilmore Girls: A year in the life", d'ici la fin de l'année sur Netflix / un voyage en train avec correspondance sans aucun incident ni retard malgré les restes de grève / mon billet d'hier en petite Une de HelloCoton / profitant des super promos pour les 20 ans du Thalys, décrocher deux aller-retour à Amsterdam pour 80€ / un beau bouquet chez Végétal / le délicieux canard aux crêpes du Tom Yam

Samedi: Loïc me propose d'être relectrice sur "Le temps des Mitaines 2" / ça fait plaisir de voir le centre si animé à l'occasion de la Zinneke Parade / j'aime vraiment beaucoup ce nouveau bar steampunk - il faudra y revenir en costume / deux caipiroskas plus tard, l'agréable impression de flotter / diabolique, la mayonnaise citron-basilic du Bia Mara 

Dimanche: "puisque c'est le dernier survivant, désormais nous l'appellerons Ken!" / escape game à Edimbourg le mois prochain: réservé / logement à Amsterdam début septembre: réservé - avec beaucoup de difficulté, mais réservé / sans doute un des meilleurs anime que j'ai vu de ma vie