samedi 21 mai 2016

"Les Salauds Gentilshommes T3: La république des voleurs" (Scott Lynch)


Empoisonné à la fin du tome 2, Locke Lamora se meurt malgré tous les efforts de son fidèle compagnon Jean Tannen. C'est alors que surgit Patience, une Mage-Esclave qui leur propose un marché. Elle sauvera Locke s'il consent faire campagne pour l'un des deux principaux partis politiques qui, tous les cinq ans, se disputent les 19 sièges du Konseil de Karthain. Mais ce n'est pas tout: pour l'empêcher de gagner, l'opposition a embauché au même poste une certaine Sabetha Belacoros, voleuse émérite et surtout grand amour perdu de Locke...

Cinq ans se sont écoulés entre la parution des tomes 2 et 3 de cette série de fantasy, six ans durant lesquels l'auteur a lutté contre la dépression. A cela, il faut ajouter que j'ai gardé "La république des voleurs" trois ans dans ma PAL, alors que j'avais adoré les "Les mensonges de Locke Lamora" et "Des horizons rouge sang". L'intuition, peut-être - car j'ai été fort déçue par ce tome. 

Si Scott Lynch reprend sa structure habituelle consistant à mener en parallèle une histoire de la jeunesse des Salauds Gentilshommes et une histoire du présent de Locke, cette fois, la ville dans laquelle il envoie son héros n'est pas un dixième aussi fascinante que Camorr et Tal Verrar précédemment. Au lieu des arnaques incroyablement complexes qui faisaient tout le suspens des deux premiers tomes, il ne nous offre ici qu'une série de ruses minables et de manoeuvres d'intimidation sans intérêt. La fameuse Sabetha, dont on avait beaucoup entendu parler sans jamais la voir, se révèle incroyablement crispante, une emmerdeuse de première devant laquelle Locke se change en toutou pitoyable. Leur relation à peu près réaliste dans la partie de l'histoire où ils sont adolescents devient carrément pénible une fois qu'ils sont devenus adultes, et prend toute la place au détriment du scénario ou du développement des personnages secondaires. 

Restent malgré tout l'écriture plaisante de Scott Lynch, ses dialogues sarcastiques à souhait, ses insultes colorées et étonnamment crues, et surtout l'espoir qu'il redresse la barre dans les prochains tomes. Après que sa sortie ait été repoussée plusieurs fois, "The Thorn of Emberlain" devrait paraître en septembre de cette année. Un peu échaudée par "La république des voleurs", j'attendrai sans doute sa sortie en poche pour l'acheter. 

jeudi 19 mai 2016

Où je dois me rendre à la cruelle évidence





Je suis peinarde dans le bus, en train de lutter contre un vague mal au coeur parce que je veux finir le troisième tome des Salauds Gentilshommes d'ici demain et que du coup, je lis depuis Monpatelin alors que je sais très bien que c'est une mauvaise idée. Entre Amigas et Champ de Mars, quelqu'un s'arrête près de mon siège et une petite voix lance timidement: "Excusez-moi, madame". 

Je lève la tête. Une blondinette de quinze ans environ, le teint frais bien qu'un peu acnéique, pas un poil de maquillage, me fixe avec de grands yeux innocents et pleins de confiance. Si elle veut me taper une clope, elle est mal barrée. 

"Moui?" 

Elle se retourne vers le fond du bus et désigne un sac à dos en toile kaki sur la banquette. "Le monsieur qui était assis là est descendu à l'arrêt précédent en laissant ça." Et elle attend en continuant à me fixer benoîtement. 

Un doute me saisit: la robe rouge que je porte aujourd'hui serait-elle le nouvel uniforme de la Police des Objets Abandonnés? Sérieusement, pourquoi cette gamine me dit ça, à moi? 

Puis je regarde les autres passagers. A l'arrière, des jeunes à divers états de l'avachissement. A l'avant, des vieux à divers stades de la liquéfaction. Alors, la lumière se fait dans mon esprit. 

Je suis dans ce bus ce qui ressemble le plus à une Adulte Compétente et Responsable (hormis le chauffeur qui a les mains occupées et un air pas super commode). 

Flûte. J'imagine que les lunettes rigolotes et le vernis à paillettes ne suffisent plus à masquer la triste réalité. 

mardi 17 mai 2016

Obsessions du moment





- Les dorayaki (faute d'en trouver des frais à Bruxelles, j'en achète des industriels sous emballage plastique individuel au Tagawa, et déjà bien contente d'avoir ceux-là...)

- Les pivoines (la saison est courte, j'en profite à fond)

- Les figurines Funko Pop, surtout si elles ont des lunettes (il y a quelques années, je collectionnais les grandes Kimi Doll; il faut croire que j'aime compliquer le dépoussiérage de mes bibliothèques!)

- Les méduses sous verre (à Toulon, en haut de la rue Paul Lendrin, il y a une boutique appelée Le Petit Bazar qui vend des espèces de presse-papier de tailles diverses avec des méduses blanches ou noires à l'intérieure; je trouve ça sublime et j'en ai déjà acheté deux)

- Chercher des robes Anatopik sur eBay (j'adore les modèles de cette marque mais les trouve beaucoup trop chers pour la qualité; du coup, je piste tout ce que je peux trouver d'occasion en 40 et en très bon état)

- Boire mon thé dans une jolie tasse en porcelaine le soir (les mugs, c'est très pratique en journée pendant que je bosse, mais ça manque un peu de raffinement)

- La saison 6 de "Game of Thrones" (après un démarrage particulièrement mou, j'ai fait de petits bonds de joie sur mon canapé hier soir devant l'épisode 4 - allez les fiiiiiiiiiilles!)

- Les bouquins de développement personnel dont la lecture nourrit ma réflexion et mon évolution (parce que la thérapie c'est pas du tout mon truc, qu'il faut bien avancer quand même et que c'est le moyen qui me correspond le mieux)

- Voir réapparaître ma taille au milieu des bourrelets (mon 2ème 30 Day Shred se passe bien, le problème sera de trouver quoi faire ensuite pour continuer à bouger plusieurs fois par semaine)

- La mer (j'ai envie de balades en fin de journée sur une vraie grande plage déserte, de sable encore un peu chaud sous les pieds nus, de vent dans la figure et d'odeurs iodées)

- Les voyages lointains (un de mes potes est en Australie en ce moment; les VIP font leur tour habituel des parcs nationaux américains, et moi je n'en peux plus de trépigner devant mon ordinateur - au point de me dire que si Chouchou ne peut pas m'accompagner, je pars toute seule l'an prochain)

Et vous, c'est quoi vos "trucs" du moment?

"Notre univers en expansion" (Alex Robinson)


Scott attend son deuxième enfant et prêche les joies de la parentalité tout en trompant sa femme qui ne manifeste plus assez d'enthousiasme pour le sexe. Billy ne se sent pas prêt à devenir père et commence à paniquer quand sa compagne lui annonce qu'elle est enceinte. Brownie, enfin, a divorcé et se satisfait parfaitement d'une vie de célibataire consacrée à jouer aux jeux vidéo et à fumer de l'herbe. Une fois par mois, ces presque quadragénaires se retrouvent pour jouer au box ball et discuter de leur vie... 

Misère. Je suis certaine qu'Alex Robinson s'imaginait faire le portrait d'une bande de potes représentatifs de leur époque, épingler avec une tendre lucidité ces enfants des années 70-80 qui tendent à rester d'éternels adolescents... Au lieu de ça, il livre un roman graphique d'un sexisme navrant, bourré de clichés négatifs, avec des personnages atrocement caricaturaux. Les femmes sont adultes mais un peu chiantes et mères (effectives ou potentielles) avant tout autre chose. Les hommes sont immatures, lâches et infoutus de supporter de ne plus être la préoccupation n°1 de leur partenaire une fois parents. Sans le rapprochement cosmologique bien foutu de la fin, j'aurais mis le feu à cette bédé. Là, j'ai juste eu très envie d'allumer la machine à distribuer des baffes.



lundi 16 mai 2016

Concours "Miss Dumplin": la gagnante!




C'est Tyl' qui remporte l'exemplaire de "Miss Dumplin" mis en jeu; je l'invite à m'envoyer son adresse postale par mail à: leroseetlenoir@hotmail.com

Merci à tous les participants et à bientôt pour d'autres concours!

dimanche 15 mai 2016

Les joies de la semaine #19





Lundi: premier jour où je peux bosser en débardeur-culotte / remporté l'enchère eBay sur la jolie jupe Anatopik que je convoitais / finalement il fait du bien au moral, ce "Journal d'un vampire en pyjama" / réussir à répondre très calmement à des mails pros qui me foutent dans une rogne noire

Mardi: arrivée simultanée de deux virements qui se faisaient attendre / ne pas galérer dans le niveau 2 du 30 Day Shred, sauf pendant les 3 dernières minutes / entamer le savon-qui-sent-bon du dernier swap Perfect Strangers / reçu une petite enveloppe de papeterie kawai envoyée par Sandrine (si l'intéressée me lit: je ne retrouve pas ton mail pour te remercier!)

Mercredi: mon billet d'hier est en petite Une de HelloCoton / j'ai dû courir, mais je n'ai pas raté le bus de 18h55 / reçu mes exemplaires de traducteur de "Miss Dumplin": je vais pouvoir organiser un concours sur l'Annexe / il semblerait que j'aie rebouché efficacement les trous par lesquels les fourmis entraient dans ma mezzanine / au crépuscule, de magnifiques tours de nuages gris foncé par ma fenêtre

Jeudi: la jupe Anatopik est déjà arrivée et elle me va super bien / un délicieux lunch solo dans le resto gastronomique où j'allais autrefois avec l'Homme-ce-chacal-jaune, et qui a récemment changé de propriétaires / m'offrir une jolie tasse en porcelaine ornée de fleurs et 100g de mélange Kimono du Comptoir Français du Thé

Vendredi: ces pivoines rose foncé sont magnifiques / rattrapé sans douleur mon petit retard de boulot / le plombier passe enfin changer mon mitigeur de cuisine et déplacer le lave-linge dans la salle de bain / récompense non-alimentaire du jour: un bain moussant à la lavande / revendu un de mes billets Paris-Epinal par l'intermédiaire de KelBillet.com

Samedi: réussir à me motiver pour faire mon fitness à 10h du matin / une petite méduse noire pour tenir compagnie aux deux grandes blanches / l'air tout heureux de Marco quand il m'annonce qu'il sera papa pour la première fois dans deux semaines / les fabuleux raviolis à la chicorée rouge de Lorenzo / au bout de la 8ème pharmacie, trouver enfin un pot de Milical au chocolat / ressortir avec bonheur mes lunettes de soleil pour siroter un thé glacé à la terrasse du Chantilly, puis un mojito à celle de l'Oasis

Dimanche: après dix ans de vains essais, enfin réussi à sortir le tiroir à lessive de mon lave-linge pour le nettoyer / au terme d'une longue conversation en MP avec O&L, décider d'aller à Nantes pour les Utopiales fin octobre: à nous le carrousel des fonds marins! / réserver un escape game avec Philou et Stef le dernier samedi du mois

N'oubliez pas: vous avez jusqu'à ce soir minuit pour participer 

samedi 14 mai 2016

Les moulins à vent





Je ne voudrais pas m'avancer, mais je crois que la crise d'angoisse qui m'a pourri la vie ces derniers mois est terminée. J'avais eu une semaine de répit au moment de la visite de ma soeur à Bruxelles avant de rechuter assez sévèrement, mais là, je sens que je tiens le bon bout. Je n'ai plus mal au ventre et je retrouve le recul lucide qui avait totalement disparu depuis mi-février. Jeudi, j'ai même annulé le rendez-vous que j'avais pris avec mon généraliste pour lui réclamer des examens et/ou des anxiolytiques dignes de ce nom. 

Je ne suis pas certaine que quiconque se soit rendu compte à quel point j'allais mal. Les jours les plus difficiles, je n'osais pas prendre le métro parce que j'avais des visions de moi en train de me jeter sous un train juste pour que ça s'arrête. Je n'avais aucune envie de mourir, mais je n'en pouvais plus d'être enfermée dans ma tête avec toutes ces pensées qui me torturaient. Sauf qu'à l'extérieur, je me comportais normalement. Je ne pleurais pas; je ne restais pas prostrée. Bon, j'étais encore plus asociale que d'habitude et pas très loquace même à la maison, mais mon boulot était fait, mes corvées administratives et ménagères aussi. Je suis anxieuse, pas dépressive. Assurer le quotidien quoi qu'il arrive, c'est le seul moyen que je connais de ne pas me laisser couler. Quand je bosse sur un texte, mes idées noires sont suspendues pour quelques heures. Du coup, je suis extrêmement productive dans mes périodes de grande détresse. 

Et je n'en parle pas, ou très peu. Pourquoi faire? Ca ne me soulage pas, au contraire: ça donne encore plus de réalité à mes fantasmes morbides, et ça inquiète mon entourage. Même face à mon médecin, je n'arrive pas à mettre en mots le mal qui me ronge, ou plutôt, je n'arrive pas à prononcer ces mots. J'ai beau savoir que mon anxiété atroce n'est pas un défaut de ma volonté ou un signe d'auto-complaisance outrancière, je n'arrive pas à me défaire d'une honte paralysante vis-à-vis d'elle. Je mène une vie de super-privilégiée. Je n'ai AUCUNE raison de me plaindre. Si j'en avais, sans doute mon angoisse irrationnelle n'aurait-elle pas la place de se développer: je serais bien trop occupée à m'inquiéter pour des raisons concrètes, à lutter contre de vrais problèmes. Mes idées noires, c'est un peu comme les moulins à vent de Don Quichotte, un adversaire qui n'existe que dans mon imagination. J'ai fini de me battre contre eux pour cette fois. Mais je sais qu'ils reviendront.

vendredi 13 mai 2016

"Journal d'un vampire en pyjama" (Mathias Malzieu)


En novembre 2013, Mathias Malzieu se découvre atteint d'aplasie médullaire, une méchante maladie auto-immune qui détruit sa moelle osseuse. Commence alors une course-poursuite contre ses globules et ses plaquettes en voie d'extinction pour réussir à assurer le lancement de son premier film "Jack et la mécanique du coeur". Puis c'est l'enfermement en chambre stérile, et les traitements lourds qui se succèdent sans garantie de réussite...

"La maladie ne prend ni week-ends ni vacances, c'est du vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, mais je crois pouvoir le dire le plus calmement et puissamment possible, je suis heureux. Je sens une force nouvelle m'envahir sous les tonnes de plomb qui ralentissent mes pas. 
Cela n'enlève rien à la peur, heureusement que j'ai peur. L'inverse serait un signe de déni. Ce serait comme ne pas avoir le trac avant de monter sur scène à l'Olympia, ou en avoir trop et rester paralysé dans les loges. Il faut y aller!"

Pendant sa maladie, le chanteur/écrivain/réalisateur porté par l'amour de ses proches ainsi que par une formidable énergie créatrice tient un journal dont, après sa guérison, sera tiré ce "Journal d'un vampire en pyjama". Et parce que l'histoire se termine bien, même une flippée des hôpitaux comme moi peut suivre son parcours sans trop d'angoisse, voire en y trouvant une certaine forme d'apaisement. La douceur et le dévouement du personnel hospitalier, le soutien sans faille de son amoureuse, la volonté de de vivre inentamée de l'auteur, son obstination à tirer le meilleur de cette expérience difficile avant même de savoir s'il en réchappera, et puis bien sûr sa plume si particulière composent un témoignage fort et émouvant, parfois drôle, souvent tendre et surtout étonnamment vivifiant.

"Je vais entamer une carrière d'homme poétique.  Etablir un programme de rêves à partager et m'y tenir. Je veux vivre le mieux possible, pour ne pas insulter ceux qui m'ont donné leur sang, leur temps, leur moelle osseuse."

mercredi 11 mai 2016

Concours: "Miss Dumplin"


Willowdean est grosse, et alors? Pas besoin d'être super slim pour s'assumer. Jusqu'au jour où elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom et ne tarde pas à lui voler un baiser. Mais peut-il vraiment l'aimer? On lui a tellement dit que les filles comme elle ne sont que des seconds rôles... Un seul moyen pour retrouver confiance en elle: faire la chose la plus inimaginable qui soit et s'inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, une ex-miss filiforme. Entraînant dans son sillage tout un groupe de candidates hors normes, Will va prouver au monde, et surtout à elle-même, qu'elle a aussi sa place sous les projecteurs. 
"Il me dit que je suis belle. 
Je me dis que je suis grosse. 
Et si j'étais les deux en même temps?"

J'ai adoré traduire ce roman jeunesse pêchu à l'héroïne hors-normes, et pas seulement à cause de sa taille de vêtements: par exemple, c'est une fan absolue de Dolly Parton! "Miss Dumplin" sort aujourd'hui en librairie, et je vous propose d'en gagner un de mes exemplaires de traducteur. Pour ça, dites-moi en commentaire qui était votre idole quand vous aviez seize ans (l'âge de Willowdean dans le roman). Clôture du concours dimanche à minuit; tirage au sort et annonce du résultat lundi. Envoi en Europe uniquement. Bonne chance à tous!

mardi 10 mai 2016

Avant internet



Le film mythique de mon adolescence; j'ai dû le voir 3 fois rien qu'au cinéma

Ce mois-ci, entre autres objectifs, je me suis fixé de passer moins de temps devant un écran (essentiellement ordinateur et tablette dans mon cas). J'ai lu récemment que les rayons bleus émis par ces derniers favorisaient l'apparition de la DMLA - c'est-à-dire, la perte de la vision de près - dès la cinquantaine. J'ai 45 ans passés, et ne plus pouvoir lire est l'une de mes plus grandes trouilles dans la vie. Donc, j'ai résolu de m'arracher à mon MacBook quand je ne suis pas en train de travailler, de bloguer ou de faire quelque chose de vaguement utile. Ca tombe bien, parce qu'un autre de mes objectifs du mois est de faire radicalement baisser ma PAL. Mais je me suis rendu compte qu'hormis lire, je ne sais plus guère m'occuper sans une connexion internet. 

Pourtant, j'appartiens à une génération qui a grandi sans ça. J'ai acheté mon premier PC en 1994, à l'âge de 23 ans, pour l'unique raison que je commençais à bosser en free lance et que j'en avais besoin comme outil de travail. Et je n'ai découvert internet que deux ans plus tard. Donc, j'ai passé toute mon adolescence sans ordinateur, mais aussi sans vie sociale (ou presque), et rétrospectivement, je me demande bien ce que je pouvais foutre de mon temps libre, sachant que mes devoirs étaient très vite expédiés à la sortie de l'école. 

Je me souviens que je regardais pas mal la télé en fin d'après-midi et le mercredi - les premiers anime qui arrivaient en Europe, notamment, et qui m'ont donné envie d'apprendre le japonais un peu plus tard. J'étais déjà boulimique de lecture, mais je n'avais pas des tonnes de bouquins à disposition. J'écrivais dans mon journal (l'équivalent de mon blog d'aujourd'hui, lecteurs en moins). J'écoutais beaucoup de musique, chose que je ne fais plus du tout aujourd'hui: d'abord de la variété française et du rock, puis de la cold wave, du metal et du goth en vieillissant. Je prenais des cours de danse classique et de modern jazz, ce qui devenait assez chronophage dès le printemps avec la préparation du gala de fin d'année. Et vers 15 ans, je me suis mise aux jeux de rôles qui ont très vite occupé une place importante dans ma vie, puisque c'est grâce à eux que j'ai pu démarrer professionnellement dans la traduction quelques années plus tard. 

Finalement, il me semble que mes activités étaient plus variées qu'aujourd'hui - je sortais et bougeais davantage, je voyais plus de gens même si je n'avais pas d'amis proches. Internet m'a ouvert des portes fabuleuses et permis des dizaines de rencontres enrichissantes, mais il m'a aussi vissée à ma chaise en encourageant mon tempérament d'ours de maison. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles je refuse de prendre un smartphone: je n'ai pas besoin qu'on encourage mon addiction; les rares fois où je me traîne dans le Grand Dehors, je veux en profiter pleinement au lieu de rester le nez collé à un écran juste plus petit que celui que j'ai chez moi. 

Et vous - si vous avez grandi avant l'avènement d'internet, vous occupiez votre temps libre à quoi quand vous étiez plus jeune? Qu'est-ce que l'apparition d'internet a changé dans vos activités et votre mode de vie? 

"Rhapsodie française" (Antoine Laurain)


33 ans: c'est le temps qu'aura mis, pour parvenir à son destinataire, la lettre l'informant que le directeur artistique de Polydor avait beaucoup aimé la maquette de son groupe de cold wave et l'invitait à prendre contact avec lui. Entre-temps, bien entendu, les Hologramme se sont dissous faute de succès. Alain est devenu médecin, comme son père, et s'ennuie un peu entre l'épidémie de gastro qui sévit chez ses patients et une épouse qui le trompe depuis le départ de leurs enfants. Alors, il va reprendre contact avec les autres membres du groupe. Le bassiste est devenu le leader d'un mouvement d'extrême-droite. Le synthé s'est installé en Thaïlande où il tient un hôtel. Le batteur a fait carrière dans l'art contemporain. Le producteur, homme d'affaires génial, est pressenti pour se présenter à la présidence de la République. Quant à la chanteuse, elle a dû se marier et changer de nom, car impossible de retrouver sa trace...

D'Antoine Laurain, j'avais déjà beaucoup aimé "La femme au carnet rouge" qui mettait en scène une jolie romance. Dans "Rhapsodie française", l'auteur ressuscite le rêve de jeunes adultes pour l'opposer à ce que la vie a fait d'eux. C'est une histoire qui joue à fond sur le facteur nostalgie, sur les "et si...?" du chemin qu'on n'a pas emprunté, sur la perte des illusions que tout adulte a forcément subie, et qui en profite pour dresser au passage un état des lieux plutôt ironique de la société française. Si certaines trajectoires individuelles semblent peu réalistes, on se laisse emporter avec plaisir par les retournements scénaristiques jusqu'à un twist final aussi parfait qu'inattendu. Un très agréable moment de lecture.

dimanche 8 mai 2016

Les joies de la semaine #18





Lundi: le reste de la tarte à la rhubarbe d'hier pour le petit-déjeuner / ma mère qui m'affirme que les petits étaient ravis de leur bref séjour à Bruxelles / éliminé 15 articles de ma penderie, dont 3 manteaux volumineux / les naans coriandre-ail de chez M&S, parfait accompagnement pour mes carottes à la forestière / le moment que tous les fans de GoT attendaient depuis 10 mois / une invitation au prochain déjeuner presse de Sushi Shop

Mardi: pour profiter du beau temps, une balade dans le centre / commencer le nouveau Flow International devant une limonade maison chez Les Gens Que J'Aime / non, cette robe Cora Kemperman n'est pas de saison, mais elle me va trop bien (en M, de surcroît) / spaghetti ail-citron préparés par Chouchou et dégustés avec modération devant la série du soir

Mercredi: me décider à prendre ces foutus rendez-vous médicaux / la première glace de l'année: une boule caramel beurre salé chez le Framboisier Doré / acheter le #30 de Oh Comely, sur le thème des soeurs / bouquiner chez Umami devant une tasse de Fuka-Mushi Sencha / étonnamment bon, le Beijing Fresh du Dam Sum (rhum, lime, basilic thaï, poivre de sichuan, sirop de je-sais-plus-quoi)

Jeudi: El Capitan, enfin installé / une bonne journée de travail sans distraction en ce jeudi de l'Ascension / réussir à faire la première séance de mon nouveau 30 Day Shred sans devoir m'interrompre pendant le cardio, et en utilisant des poids de 2,5 kilos pour certains exercices de muscu

Vendredi: Sadiq Khan élu maire de Londres / reçu les deux bouquins envoyés par BBL, avec un trop chouette petit mot / tenu jusqu'au bout de la 2ème séance de 30 Day Shred malgré les courbatures d'hier / ôter définitivement mon Jawbone / sortir jambes nues et en sandales, avec ma jolie jupe Foxs / une soirée de printemps idéale au Brussels Food Truck Festival, avec notamment un mémorable pulled pork sandwich

Samedi: la déchetterie, c'est fait, et c'était même un peu moins long que d'habitude / retourner au Brussels Food Truck Festival, et goûter dans l'ordre: un cocktail Blue Coast Pirate (rhum blanc, curaçao bleu, Malibu, ananas), un lobster roll, un matcha cake aux fruits rouges, un hot-dog à la florentine et une gaufre chorizo-ricotta / allongée sur une pelouse du parc Royal, digérer en regardant passer les nuages

Dimanche: la conversation absurde avec Chouchou au saut du lit, commencée par: "Regarde, je suis une chauve-souris!" et poursuivie par "Si les chauve-souris n'ont pas de moustache gauloise dans les zoos, c'est parce qu'on la leur rase" et "Des sourcils rigolos, ça ne suffit pas pour tenir accroché au plafond" / ce soir, premier barbecue de l'année chez les Gasparde

"Academy Street" (Mary Costello)


Fille d'un petit propriétaire terrien irlandais, Tess voit sa vie bouleversée par la mort de sa mère adorée alors qu'elle n'a que 7 ans. Sa jeunesse campagnarde n'est pourtant pas exempte de douceur. Devenue adulte, elle passe un diplôme d'infirmière et va s'installer à New York où elle retrouve sa soeur aînée Claire. Mais sa nature passive l'empêche de se faire des amis, ou d'agir de manière décisive lorsqu'elle tombe amoureuse, si bien que le bonheur la fuira toute sa vie. Tandis qu'elle perd peu à peu tous les gens qu'elle aime, Tess se réfugie dans la lecture et apprend à faire son deuil d'un monde auquel elle n'a toujours participé que de loin.

Moins de 200 pages, c'est très peu pour balayer toute une existence, ou du moins, ça le serait s'il arrivait autre chose à Tess que tomber enceinte la seule fois où elle couche avec un homme. Pour le reste, l'héroïne du premier roman de Mary Costello se contente de se laisser ballotter par les événements et de compter ses morts avec plus de résignation que de douleur, semble-t-il. J'ai rarement eu autant envie de secouer un personnage de fiction comme un prunier en lui disant: "Mais fais quelque chose, bon sang!". La quasi absence de dialogues n'aide pas à lutter contre l'impression d'une femme sans voix et sans volonté.

Et c'est bien dommage, car malgré tout, "Academy Street" se laisse lire avec un certain plaisir. Il y a une sensibilité frémissante dans l'écriture, du talent dans la description de rares instants de bonheur fugaces et inarticulés, une mélancolie puissante qui se dégage de l'ensemble. Dans l'ensemble, un roman plutôt déprimant, mais qui peut néanmoins plaire.

"Cette nuit-là elle rêva. Elle entendit la terre pleurer. A l'aube elle écouta l'appel claironnant de la ville. Des rues qui attendaient ses pas. Des portes à ouvrir, des livres à lire, sa vie telle qu'elle l'avait vécue. Et toutes ces journées à traverser, les journées interminables, les nuits, les pièces silencieuses. Il n'y avait pas d'Eden, il n'y en aurait pas, pas d'élan flamboyant, pas de métamorphose. Rien que du temps, et des tâches allégées par le souvenir de l'amour, et des jours comme tous les autres où elle mettrait un pied devant l'autre et poursuivrait sa route, obéissant au destin."

samedi 7 mai 2016

Brussels Food Truck Festival: courez vous régaler!





A l'occasion de la Fête de l'Iris, et jusqu'à dimanche soir, le Brussels Food Truc Festival (qui est, à en croire les organisateurs, la plus grande manifestation de ce genre au monde), a envahi les allées du Parc Royal pour le plus grand bonheur des gourmands de tout poil. Nous y sommes allés hier avec Chouchou, par une soirée de printemps absolument idéale, et nous avons été épatés autant par le nombre des camions présents que par la variété des plats proposés. Outre les grands classiques genre pizzas et burgers à un peu tout (y compris au crocodile, si si!), on trouve de la cuisine tex-mex, thaï, vietnamienne ou japonaise, des spécialités véganes, des stands entiers dédiés au homard, à l'houmous, au fromage ou aux bananes plantain, et même un qui vend ces insectes dont il paraît qu'ils sont la source de protéines du futur. Côté boissons, du vin et de la bière à gogo, un bar à champagne et un autre à cocktails, du café, du thé, du bubble tea... 








Il faudrait être vraiment difficile pour ne rien trouver à son goût. Ne l'étant pas, nous n'avons eu que l'embarras du choix. J'ai testé un banhmi correct sans plus (8€) et, après avoir hésité avec un croissant au homard (5€), un sandwich au pulled pork fabuleux (9,50€) que je n'ai jamais réussi à finir tant il était énorme. La queue devant le bar à cocktails m'ayant découragée, je me suis contentée d'un verre de Tariquet bien frais (3€). De son côté, Chouchou a opté pour un sandwich au poulet chez Foodies on Tour (7€) et un autre au pulled pork (9,50€) chez StrEAT chef, le tout arrosé par une limonade maison de chez Barefoot Coffee(3€). Je pense que l'intérêt gustatif des plats est forcément inégal, mais que le plaisir réside aussi dans le fait de comparer les offres et de dénicher les pépites. 













Les camions venus des quatre coins de l'Europe sont un spectacle à eux tout seuls - petits ou grands, combis VW ou AirStreams à l'ancienne, avec des noms souvent rigolos et des décos plus délirantes les unes que les autres. On peut manger en déambulant parmi la foule (au risque et péril de ses vêtements), tenter de récupérer une des tables basses ou hautes prises d'assaut, s'asseoir dans l'herbe pour pique-niquer sur les pelouses centrales ou se réfugier comme nous l'avons fait sur le bord du bassin. Tout est possible, et il serait vraiment dommage de manquer ce festival si convivial et agréable, surtout avec la météo magnifique promise ce week-end!









vendredi 6 mai 2016

Les brunchs du dimanche (40): John & Rose





La première fois que j'ai appelé pour réserver chez John & Rose, c'était un vendredi et c'était déjà complet. Je me suis dit que pour être aussi populaire, leur brunch devait être vraiment super, et la semaine suivante, j'ai appelé dès le mardi histoire de ne pas faire chou-blanc une seconde fois. C'est ainsi que - pardon pour l'absence de suspense -, j'ai eu la surprise et le non-plaisir de me faire un des brunchs les plus décevants de ma vie. 






Lorsque nous sommes arrivés à midi dans cette galerie-où-l'on-mange aussi, la petite table dédiée au buffet était presque complètement vide. Elle l'est restée un bon quart d'heure pendant qu'une des deux serveuses très gentilles mais de toute évidence débordées prenait les commandes de boissons de tous les clients, m'apportait un thé en sachet pas terrible et s'affairait derrière le comptoir à laver la vaisselle ou que sais-je d'autre. La table une fois regarnie, la déception fut au rendez-vous - non parce qu'il y avait peu de choses (à 15€ le brunch sans boissons, je ne m'attendais pas à une corne d'abondance, même si d'autres établissements font nettement mieux pour le même prix ou guère plus), mais parce que tout était d'une absence d'originalité navrante. Pour la partie salée: une assiette de jambon cru, une assiette de saumon fumé, une assiette de fromages médiocres, une salade verte et deux salades pas terribles à base de céréales. Pour la partie sucrée, un yaourt pas mauvais, des tranches de banane et un panier de croissants vides. "Vous allez en remettre?" "Euh oui mais pas tout de suite, il faut qu'on refasse une fournée et ça va prendre 20 minutes."

J'ajoute que si la partie restaurant de la salle n'est pas désagréable, la moitié du fond vide et caverneuse fait une drôle d'impression. Pour couronner le tout, impossible de régler avec une autre carte que Bancontact. Bref, dans une ville où on trouve tant de brunchs délicieux, d'un excellent rapport qualité-prix et d'une organisation irréprochable, il faudrait me payer pour que je retourne me fourvoyer chez John & Rose. 

Rue de Flandre 80-84
1000 Bruxelles

"On est foutu, on pense trop!" (Dr Serge Marquis)


Pensouillard le hamster, c'est l'image que l'auteur de ce court mais très intéressant ouvrage de développement personnel utilise pour représenter notre ego à tous. Une petite bête qui ne sait faire qu'une seule chose: courir de plus en plus vite dans sa roue chaque fois qu'elle se sent menacée et craint pour son existence. Ainsi s'emballent les ruminations négatives qui nous font tant de mal et nous empêchent de jouir de l'existence au quotidien. Car la liste des choses que Pensouillard perçoit comme une menace est infinie. Son partenaire a ENCORE oublié de changer le rouleau de papier toilette? Il se moque de son bien-être! Un autre conducteur lui a grillé la priorité? C'est un sale con - Pensouillard, lui, n'a jamais qu'une attitude parfaitement civile en toutes circonstances. Un contact Facebook affiche une position contraire à ses propres convictions? Pensouillard écume de rage et se sent le devoir de lui prouver combien il se fourvoie. Le voisin a une nouvelle voiture magnifique; son meilleur ami à peine largué par sa femme s'est trouvé une nouvelle chérie? Pensouillard souffre: "Pourquoi lui et pas moi? Je le mérite tout autant!". Vous voyez l'idée.

Partant de là, le Dr. Serge Marquis suggère que nous serions beaucoup plus heureux en cessant de tout ramener à nous et en apprenant à considérer le monde avec détachement, au lieu de nous sentir agressés chaque fois que quelque chose nous semble anormal ou injuste. Il explique comment identifier et surtout interrompre les pédalages frénétiques de Pensouillard. Et oui, l'image peut paraître ridicule. D'ailleurs, elle l'est, ce qui lui donne d'autant plus d'efficacité - je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais moi, quand je commence à me mettre dans tous mes états pour des choses objectivement pas bien graves, me rendre compte à quel point mon agitation est futile et disproportionnée à sa cause aide pas mal à me calmer. Je ne suis pas d'accord avec tout ce que raconte l'auteur (ni d'ailleurs avec les théories bouddhistes auxquelles il fait écho). Par exemple, "votre ego, ce n'est pas vous": euh, si, il définit quand même un peu mon identité, mes aspirations et la direction que je fais prendre à ma vie. Je veux bien croire que le meilleur moyen de ne plus souffrir soit de ne plus rien désirer, mais une vie sans désirs me paraît assez peu intéressante. Ce qui ne m'empêche pas de penser comme lui que la pratique de la pleine conscience est l'outil le plus formidable qui soit pour atteindre une certaine sérénité. Bref, même si je n'adhère pas à 100%, je conseille très vivement la lecture de "On est foutu, on pense trop" à tous les gens qui souhaitent apprendre à lâcher prise au quotidien.

A propos du fait de ruminer des traumatismes passés: "Vous rendez-vous compte à quel point c'est absurde? (...) Un jour, il y a longtemps, vous avez filmé une scène de votre vie que vous vous repassez sans cesse comme si, à force, elle allait se transformer. Malheureusement, plus vous rejouerez ces scènes, plus vous permettrez au processus d'identification de se consolider et de créer des fausses identités. Vous deviendrez ce que vous n'êtes pas: quelque chose de fini, qui n'existe qu'à l'état d'enregistrement dans vos archives neuronales. (...) Etre conscient, c'est être capable de faire la distinction entre un film et la vie."

A propos du jugement qu'on porte sur autrui: "La recherche des poux a grandement évolué à l'ère de la modernité et elle est aujourd'hui beaucoup plus subtile. Epouiller consiste désormais à découvrir chez l'autre les faiblesses et les carences qui permettent de le regarder de haut. Cela consiste aussi à trouver, avec le même appétit, les erreurs que commet son semblable, les bourdes grâces auxquelles on peut l'humilier, l'enlaidir, le diminuer et, par le fait même, se grandir! Ca demeure une manière préreptilienne de se protéger, car plus Pensouillard a l'impression d'être gros, plus il a le sentiment de faire peur! Et plus il a le sentiment de faire peur, moins il se sent menacé!"

jeudi 5 mai 2016

Une envie de légèreté





Ca fait maintenant presque trois mois que je suis en crise d'angoisse quasi-permanente, et je n'en peux plus. J'ai pris différents rendez-vous médicaux pour éclaircir une bonne fois pour toutes la raison des maux de ventre légers mais permanents dont je souffre depuis mi-février, et qui me font travailler l'imagination dans un très mauvais sens. Je sais que mes angoisses s'envoleront dès qu'on m'aura confirmé que je n'ai rien de grave - et si j'ai vraiment quelque chose, ma foi, plus tôt je le saurai, mieux ça vaudra. 

A côté de ça, mon moral plombé a soif de légèreté dans tous les domaines.

Physiquement - j'ai failli faire une crise cardiaque la dernière fois que je me suis pesée. J'ai repris tout le poids péniblement perdu l'année dernière, plus un chouïa... Donc, à partir d'aujourd'hui, je refais un 30 Day Shred et je remplace mon repas de midi par un shake Milical au chocolat. L'année de mes 30 ans, j'avais perdu 12 kilos grâce à eux; je trouve ça plutôt bon si on le prépare avec du lait écrémé plutôt qu'avec de l'eau; c'est suffisant pour me rassasier jusqu'au soir, et le gros avantage, c'est que ça m'évite de me casser la tête pour savoir ce que je vais me faire à manger au déjeuner. 

Matériellement - je viens de faire un tri dans ma penderie et d'en sortir une quinzaine d'articles encombrants, dont quatre paires de chaussures et trois manteaux. Samedi, nous les porterons à la bulle à vêtements. Nous irons aussi à la déchetterie vider les brols qui encombrent la cave et le carton qui traîne à l'entrée de notre tout petit appartement depuis... 2 ans? 3? Et un de mes objectifs du mois consiste à réduire ma PAL de moitié. Après ça, un bon gros nettoyage de printemps s'imposera. 

Moralement - j'évite les sites d'actualité. Je n'en peux plus des exactions commises par la police, du sort ignoble réservé aux migrants, des lanceurs d'alerte traités comme des criminels pendant que les fraudeurs fiscaux continuent à sévir sans être inquiétés, du réchauffement climatique dont le niveau devient chaque jour plus alarmant. Pour l'instant, je donne dans la vidéo de pandas et les Instagram de hérissons. 

Professionnellement - je suis en surcharge de travail depuis début décembre dernier. Le ras-le-bol me guette, et je n'ai ni envie ni besoin de passer dans la tranche d'imposition supérieure parce que j'aurais gagné "trop" d'argent durant ce premier semestre. Alors, je termine le bouquin sur lequel je suis en train de bosser, je torche une grosse bédé vite fait et je me prends tout le mois de juin pour décompresser et m'attaquer à deux-trois projets persos qui me tiennent à coeur. 

Rien que d'avoir un plan d'action, je me sens déjà mieux!

mercredi 4 mai 2016

"La cuisinière" (Mary Beth Keane)


Immigrée irlandaise arrivée seule à New York à la fin du XIXème siècle, Mary Mallon travaille comme lingère avant de se découvrir un talent caché pour la cuisine. Malheureusement, dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde. Mary, quant à elle, ne présente aucun symptôme de la maladie. Au contraire, sa robustesse est presque indécente. Un médecin finit par s'intéresser à elle, et les autorités sanitaires, qui l'estiment dangereuse, l'envoient en quarantaine sur une île au large de Manhattan. Commence alors pour cette femme indépendante et insoumise un combat à armes inégales pour sa liberté...

"Typhoïd Mary". Peut-être avez-vous, comme moi avant de lire ce roman, déjà entendu ce surnom sans rien connaître de la femme qu'il désignait. C'est bien le portrait d'un personnage réel que Mary Beth Keane s'applique à faire ici: celui de la première porteuse saine de la typhoïde découverte aux Etats-Unis. Pour ce que j'ai pu lire à droite et à gauche, elle s'est attachée à retranscrire sa trajectoire le plus fidèlement possible, ce qui donne à "La Cuisinière" une quasi valeur de document historique. Et il faut bien admettre que c'est un récit passionnant sur le plan médical comme humain. D'un côté, une femme dangereuse malgré elle et qui refuse de l'admettre; de l'autre, une administration qui se soucie avant tout de protéger la population, fût-ce au détriment d'un individu, et des scientifiques confrontés à un phénomène tout nouveau sur lequel ils ne parviennent pas à poser de certitudes.

Pourtant, j'ai eu un peu de mal à terminer ma lecture. Mary Mallon, qui vit en concubinage à une époque où ça ne se fait guère, ne veut pas d'enfants et tient par-dessus tout à son indépendance, aurait dû m'être un personnage éminemment sympathique. Mais passé une première phase d'incompréhension et de révolte bien naturelles, l'égoïsme hallucinant de ses réactions, l'obstination aveugle qui la pousse à continuer à vivre sa vie comme elle l'entend tout en sachant que des gens vont mourir à cause de ça, m'ont empêchée d'éprouver toute compassion pour elle. Sans investissement affectif dans le destin de l'héroïne, reste cependant un livre très bien écrit (et traduit) qui conte une histoire de femme tragique et singulière.

10 envies bassement matérielles




1. Ces lunettes de soleil Caroline Abram
...si récentes qu'elles ne figurent pas encore sur le site de la marque. Je suis sûre qu'elles m'iraient divinement bien. Une question se pose néanmoins: en rouge ou en noir?

2. Le Lola de Nat & Nin en carmin
Parce que j'ai déjà ce modèle dans un beige glacé qui a mal veilli (comme très souvent les couleurs de cette marque, hélas), et que niveau forme et contenance, c'est un peu mon sac idéal. J'utilise en ce moment un Gwen cerise acheté il y a un an et demi, très mignon mais trop petit pour moi et plus vraiment présentable tellement la couleur a passé sur le devant. Du coup, je m'interroge, ne vaudrait-il pas mieux tenter un sac rouge d'une autre marque: le Claudine de Sabrina, par exemple? Décisions, décisions. Je ne vais pas claquer 200€ avant d'être sûre de moi. 

3. La Funko Pop Amy Farah Fowler
J'ai très envie de l'ajouter à ma collection de Funko Pop à lunettes (dans laquelle on trouve déjà sa copine Bernadette de The Big Bang Theory), mais elle est sold out et quand on la trouve sur internet, c'est toujours à un prix légèrement prohibitif, surtout dans la version à cardigan rayé que je convoite.

4. "Building Stories" de Chris Ware
Des années que je tourne autour de cette bédé-concept d'un prix aussi monstrueux que son volume En apparence, elle a tout pour me plaire: le dessin, le sujet, le traitement... Mais ça ne serait pas la première fois qu'un truc qui a tout pour me plaire me déçoit, que je me reproche d'avoir gaspillé mes sous en l'achetant et que je le traîne comme un poids mort sur ma conscience pendant des années avant de parvenir enfin à m'en débarrasser.

5. Un rice cooker
Pour faire du bon riz à la japonaise. Mais notre mini-cuisine est déjà fort encombrée, et l'utiliserons-nous vraiment, ou sera-t-il voué, comme le cuit-vapeur, à ne nous inspirer que quelques mois avant d'être condamné à prendre la poussière au fond d'un placard?

6. Un lave-vaisselle pour Monpatelin
Le lave-vaisselle, c'est un peu comme la voiture ou le smartphone: tant qu'on n'en a pas, on s'en passe très bien, et à partir du moment où on en acquiert un, on ne conçoit plus la vie sans. J'avoue que devoir faire la vaisselle à la main à Monpatelin ne m'encourage absolument pas à cuisiner. Du coup, si mon plombier se décide à passer un jour, j'ai prévu de lui faire déménager vers la salle de bain le lave-linge qui occupe actuellement dans ma cuisine l'espace prévu pour accueillir un lave-vaisselle, et d'aller ensuite engraisser Mr Darty.

7. Une application de yoga ludique
Ce dont j'aurais besoin, c'est d'une application qui me propose des séances courtes et variées, et qui quantifie mon travail d'une façon ou d'une autre, un peu comme la Wii Fit autrefois ou HeartMath avec les séances de cohérence cardiaque. Sinon, je vais avoir du mal à rester motivée et régulière dans ma pratique.

8. Un dîner Tram Experience
Sachant que nous pouvons très bien dîner à deux pour moins de 40€ dans l'un des nombreux chouettes petits restos que nous connaissons à Bruxelles, je répugne à en dépenser cinq fois cette somme pour un repas qui risque de n'avoir d'extraordinaire que son cadre. Peut-on vraiment proposer une cuisine gastronomique de qualité dans un véhicule en mouvement? J'avoue, je suis sceptique. (Si quelqu'un parmi vous a testé, son avis m'intéresse!)

9. Une nuit dans la Suite Royale de la Maison Flagey
J'ai eu la chance d'être invitée à passer une nuit dans cet endroit exceptionnel il y a un an, et depuis, je rêve d'y retourner dans la plus belle de ses chambres pour une occasion spéciale.

10. Deux billets d'avion pour Lisbonne
Notre séjour de décembre 2010 dans la capitale portugaise m'a laissé un goût de trop peu. En particulier, nous n'avons pas eu le temps de visiter le village voisin de Sintra. J'aimerais beaucoup y remédier prochainement. Le Portugal est sûrement ma destination bon marché préférée en Europe.

mardi 3 mai 2016

PAL: l'ampleur des dégâts





Je sais qu'il existe des gens dont la PAL se chiffre en centaines d'ouvrages. Chacun fait comme il veut en fonction de son style de vie et de la place dont il dispose. Pour ma part, j'aime que ma PAL soit contenue dans une étagère de Billy, de préférence sur une seule rangée. Or là, non seulement j'ai atteint la double rangée, mais j'ai commencé à déborder sur le dessus. Ca ne va pas du tout. En mai, donc, je vise de lire ou de me débarrasser d'au moins la moitié des bouquins suivants: 

FANTASTIQUE
- REVENDU "Dragons of the hourglass mage" (Margaret Weis/Tracy Hickman)
- LU "The Gentlemen Bastards T3: The republic of thieves" (Scott Lynch)
- "The name of the wind" (Patrick Rothfuss)
- "Les outrepasseurs T1" (Cindy Van Wilder)
- "La 25ème heure" (Fredrik Rivat)
- "A madness of angels" (Kate Griffin)
- *"All the birds in the sky" (Charlie Jane Anders)
- "Les chroniques de Pont-aux-Rats T1: Au bonheur des monstres" (Alan Snow)
- "Zombie Iceland" (Nanna Arnadottir)
- "La machine à différences" (W. Gibson/B. Sterling)
- LU "Abattoir 5" (Kurt Vonnegut)

RECIT DE VOYAGE
- "The roads to Sata" (Alan Booth)

LITTERATURE GENERALE
- "The goldfinch" (Donna Tartt)
- "The dandelion years" (Erica James)
- REVENDU "The circle" (Dave Eggers)
- LU "I am Radar" (Reif Larsen)
- LU "The last days of Rabbit Hayes" (Anna McPartlin)
- LU "Summer at the little beach street bakery" (Jenny Colgan)
- LU "Hélianthe" (Stefano Benni)
- "Marelle" (Julio Cortazar)
- LU "La vie en mieux" (Anna Gavalda)
- REVENDU "La mort d'un père" (Karl Ove Knausgaard)
- REVENDU "La parade des anges" (Jennifer Egan)
- REVENDU "La lettre à Helga" (Bergsveinn Birgisson)
- LU "L'enfant de l'étranger" (Alan Hollinghurst)
- "Nous sommes l'eau" (Wally Lamb)
- LU "La poupée de Kafka" (Fabrice Colin)
- LU "Academy street" (Mary Costello)
- REVENDU "Et rien d'autre" (James Salter)
- "La renverse" (Olivier Adam)
- "Le goût du large" (Nicolas Delesalle)
- LU "Rhapsodie française" (Antoine Laurain)
- "Les Filouttinen" (Siri Kolu)

POESIE
- LU "Haikus du temps présent" (Mayuzumi Madoka)

BEDE/MANGA
- LU "Sur la pointe des pieds T1" (Jidi/A. Geng)
- "Sortie de secours" (Joyce Farmer)
- "Demokratia T3 à 5" (Motorô Mase)

DIVERS NON-FICTION
- "Full catastrophe living" (John Kabat-Zinn)
- "Cataloging the world" (Wright)
- *"Wabi-Sabi for artists, designers, poets and philosophers" (Leonard Koren)
- "Every thing we touch" (Paula Zuccotti)
- "Le Mokafé" (Christiane Levêque)
- ARCHIVE "Skylines" (Yolanda Zappaterra/Jan Fuscoe)
- "Alternativez-vous!" (Christiane Hessel)
- LU "Mourir d'amour en été" (Plonk & Replonk)
- "Apprendre à dessiner à la japonaise" (Kamo)

dimanche 1 mai 2016

Les joies de la semaine #17





Lundi: soulagée d'avoir décidé et annoncé que nous n'irions pas aux Imaginales cette année / chocolat chaud Whittard, brioche Harry's et fin des "Mystères de Larispem" vautrée sur mon lit pendant qu'il pleut très fort dehors / le retour de GoT et des commentaires semi-révélateurs sur Facebook pendant le reste de la soirée

Mardi: un commentaire d'Autre Moi qui me touche, suite à un article sur les bobos que je viens de relier sur Facebook / reçu deux colis de bouquins (ma PAL explose) / la nouvelle série jeunesse sur laquelle je bosse est bien écrite / aujourd'hui, ça fait exactement une semaine que je n'ai pas eu de crise d'angoisse

Mercredi: un délicieux Belge Sauvage en guise de déjeuner tardif au Peck 47, accompagné d'une non moins délicieuse lecture: "Une année particulière" de Thomas Montasser 

Jeudi: une divine brioche au sucre des Merveilleux de Fred pour mon petit-déjeuner / la Daenerys à dos de dragon de FunkoPop à prix canon en pré-commande / je crois que cette caïpirinha aux fruits rouges va devenir mon cocktail de la saison / miam le canard laqué au miso chez Little Tokyo / malgré son nom ridicule, Pensouillard le hamster me donne à réfléchir / première tarte à la rhubarbe de l'année / Chouchou rentre plus tôt que prévu de sa conférence

Vendredi: sur une recommandation de Gprendre des places pour le spectacle de Kyan Khojandi en novembre / Waterstone vend le Flow International et, en réponse à mon mail, me met de côté le dernier numéro paru / Terry Moore, auteur de mon comics préféré de tous les temps ("Strangers in Paradise"), like un de mes tweets

Samedi: marché Flagey: de la rhubarbe, des fraises, du basilic! / une pause lecture en milieu d'après-midi au salon de thé Wittamer avec Chouchou / les blagues salaces de ma belle-famille pendant un repas-fromage bien arrosé

Dimanche: l'air frais qui chasse mon horrible migraine, lorsque nous allons bruncher par une fin de matinée ensoleillée / la vidéo hilarante du dernier monologue de Barack Obama au dîner des correspondants de la Maison Blanche (si Goldman Sachs ne veut pas de lui à la fin de l'année, une très belle carrière de standup comedian l'attend) / ce soir, on se revoit "Le château ambulant"

Avril 2016



Les sorties bédé que j'attends avec impatience en mai




Le 4: "Les enfants de la baleine T3"
Après le virage assez choquant amorcé à la fin du tome 2, je suis curieuse de voir où va nous emmener cette fable écolo-futuriste si originale.



Le 11: "Notre univers en expansion"
J'aime les bédés d'ensemble d'Alex Robinson depuis que je l'ai découvert avec son formidable "De mal en pis". Cette fois encore, il sera question du quotidien d'un groupe d'amis à New York - cette fois, des quadragénaires en proie à diverses interrogations existentielles. J'en salive d'avance.