dimanche 10 juillet 2016

Les joies de la semaine #27




Lundi: la SNCF me rembourse 25€ à cause du retard de mon dernier TGV / mon billet du jour en petite Une humeurs de HelloCoton / lire des bédés au calme chez Filigranes / mon fleuriste a encore des pivoines blanches

Mardi: coup sur coup, deux intéressantes propositions de partenariat pour le blog / le soir, aller manger aux food trucks du marché du Luxembourg

Mercredi: il ne m'aura fallu que 9h30 (relecture incluse) pour venir à bout de cette bédé de 250 pages / un lunch-lecture tranquille au nouveau Peck 20 / coup de fil à la famille pour les 15 ans d'Attila, qui a eu son brevet mention TB et qui est admis au lycée européen, tandis que Cahouète finit 2ème de sa classe après être passé de CM1 en CM2 au milieu de l'année

Jeudi: reçu mes jolies derbies Esska bleu canard / il semble que la trad du prochain AB va avancer plus vite que prévu / une photo rigolote dans le fauteuil d'Hagrid à l'expo Harry Potter / miam les petits gâteaux chocolat-matcha

Vendredi: avant même de nous lever, un gros fou-rire dans lequel il est question entre autres choses de reproduction des escargots / mon billet d'hier en petite Une culture de HelloCoton / mes cheveux n'ont jamais été aussi flamboyants / le patron de La Machine me reconnaît et me remercie pour mon "super article" / happy hour dans la douceur de l'air estival et l'animation d'un vendredi soir autour des halles Saint Géry

Samedi: un brunch en amoureux au Peck 20 / "Love your dress, it's beautiful", me dit une vendeuse (super lookée) de Waterstones à propos de ma robe Monop' à imprimé ananas / un esquimau Pierre Marcolini chocolat noir-framboise / commencer le dernier Judy Blume à la terrasse du Pain Quot' des Galeries Royales  

Dimanche: pour changer un peu, aller faire le marché à Saint-Gilles et trouver entre autres choses: du melon de Cavaillon qui sent trop bon, des abricots bien mûrs, du gorgonzola pleiiiiin de bleu et des m'semen comme au Maroc / déjeuner vite fait d'un des bons bagels d'APDM / l'expo sur la peinture hyper-réaliste au musée d'Ixelles, surtout les scènes de diner

...et sans jour particulier: l'application Prisma qui donne des effets géniaux à mes Instagram / travailler côte à côte plutôt que face à face, c'est bien pratique pour se faire des bisous / avancer dans mes cours de CSS / l'odeur de mon nouveau savon Lait d'Iris de chez Bubbles at Home / le thé vert citron-gingembre de God Save the Cream, méga rafraîchissant glacé

Et si vous n'avez pas encore participé au concours "La soudaine apparition de Hope Arden" sur l'Annexe, c'est par ici!

vendredi 8 juillet 2016

"La pâtissière de Long Island" (Sylvia Lott)


Pour l'empêcher de fréquenter l'homme qu'elle aime, le père de Marie décide de l'envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale: à New York, chez deux de ses frères. Avec pour seuls bagages son coeur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, la jeune fille débarque à Brooklyn par ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l'entoure. Elle est bien loin de se douter de l'incroyable destin que lui réserve le Nouveau-Monde. 
Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie. 

Au début, j'avoue avoir été stupéfaite par les similitudes entre "La pâtissière de Long Island" et "Un goût de cannelle et d'espoir". Dans les deux cas, une jeune Allemande émigrée aux Etats-Unis vers le milieu du siècle dernier s'y fait une place grâce à son don pour la pâtisserie et, devenue vieille dame, narre son existence mouvementée à une quadra en pleine dérive pour la remettre sur les rails. Heureusement, l'atmosphère des deux romans n'est pas du tout la même. Au lieu d'un drame sous le régime nazi, Sylvia Lott propose une histoire feel-good et gourmande, où l'héroïne n'affronte rien de plus grave que le mal du pays et quelques déconvenues amoureuses tandis qu'elle découvre New-York et les moeurs américaines.

Soumise et conciliante au début, Marie se crée des expériences, forge ses propres opinions et gagne peu à peu son indépendance sans jamais renier ses origines ou sa famille. Le roman se concentre exclusivement sur sa vie pendant les années 30, puis sur sa rencontre, au début des années 2000, avec une Rona en pleine remise en question. Guidée par la sagesse de son aïeule, la plus jeune des deux femmes va complètement bouleverser sa vie et, ce faisant, trouver sa propre place tout en refermant une boucle d'une façon aussi symbolique qu'émouvante. "La pâtissière de Long Island" est un délicieux roman initiatique, un pur plaisir de lecture que je vous recommande chaudement en cette période estivale.

jeudi 7 juillet 2016

"Harry Potter: the Exhibition" au Brussels Expo




Je me doute que je vais encore passer pour une râleuse, mais tant pis. 

Quand les réservations pour l'expo Harry Potter ont ouvert en février dernier, j'ai bondi pour acheter deux billets en ligne (l'unique moyen de se les procurer: il n'y a pas de vente sur place). J'ai un peu tiqué devant le prix - 21€ par adulte, tout de même... - mais j'avais lu des articles sur le passage de l'expo à Paris l'année dernière, et apparemment, les pièces exposées étaient différentes de celles que nous avions déjà vues aux studios de la Warner Bros près de Londres. Du coup, comme je suis vraiment très fan de l'univers de J.K. Rowling et des films qui en ont été tirés, j'ai pensé que ça vaudrait le coup. Et qu'avec un peu de chance, le système de réservation pour un créneau horaire bien précis fluidifierait le traffic en supprimant les longues files d'attente et la foule à l'intérieur. 

HA HA HA HA HA HA HA. (Ceci est un rire plus jaune qu'un citron élevé en Floride et souffrant d'un ictère galopant.)




En fait, donc, nous nous sommes cogné environ une heure d'attente, la moitié en extérieur et la moitié en intérieur - alors que, la porte du hall 2 franchie, nous pensions pénétrer dans l'exposition même: erreur, grosse erreur! Lorsque nous avons fini par nous retrouver poussés dans une pièce où nous avons dû subir en groupe une petite présentation du choixpeau, ma patience, qui n'est pas ma plus grande qualité dans les meilleures circonstances, avait déjà largement atteint ses limites. Chouchou m'a dit: "Tu vas voir, le gag, c'est qu'on va continuer en file indienne pendant toute l'expo". C'était une tentative d'humour. Et malheureusement, il s'est avéré qu'elle collait plus ou moins à la réalité.

Dans la première vraie salle d'expo, un troupeau compact piétinait à tel point que j'ai failli m'élancer directement vers la sortie l'écume aux lèvres, en bousculant tout le monde sur mon passage - un peu comme à l'expo David Bowie l'an dernier, en fait. Impossible d'approcher les vitrines avec les dizaines de gens plantés devant un audioguide collé à l'oreille, et entre mon mètre cinquante-quatre et l'obscurité ambiante, impossible d'y voir quoi que ce soit à plus de cinquante centimètres de distance. Je vous jure que ma zénitude a été mise à très, très rude épreuve. 










Passé la première salle, la foule s'est légèrement dispersée, ce qui m'a permis de ne pas finir la journée en prison pour avoir sauvagement mordu une douzaine de lambins. J'ai pu essayer de me faire une opinion objective sur l'expo elle-même, et voici ce que j'en pense. Non, elle n'est pas redondante avec celle des studios de la Warner Bros, et oui, elle est plutôt bien fichue avec ses regroupements thématiques: une grande salle pour les cours à Poudlard, une consacrée au quidditch, une aux créatures surnaturelles, une autre aux forces du mal, etc. On peut essentiellement admirer des "petites pièces": costumes et accessoires plutôt que décors imposants, bien que la mise en scène soit également assez soignée. 










En revanche, j'ai regretté la quasi absence d'éléments interactifs, alors que l'univers de Harry Potter s'y prête si bien. Deux ou trois stands de prise de photos (payantes, évidemment), la possibilité de "déraciner" une plante hurleuse ou de s'asseoir dans le fauteuil géant d'Hagrid et, euh, c'est tout. En une demi-heure, nous avions fait le tour. La visite se conclut par l'inévitable boutique pleine de gadgets licenciés, et pas forcément les plus chouettes qui existent. 










En résumé: l'expo est pas mal mais pourrait être mieux, surtout pour le prix, et les conditions de visite sont juste épouvantables pour qui craint un peu la foule. Si j'avais su, honnêtement, je ne serais pas venue. 

Jusqu'au 11 septembre 2016 à Brussels Expo (métro Heysel)
Réservations en ligne ici

mercredi 6 juillet 2016

A nous deux, l'été!




Il a suffi que le soleil revienne à Bruxelles pour que je retrouve la motivation de bouger, de sortir, de parler aux gens et de profiter de la vie. J'ai repris le boulot tranquillement mais efficacement, bouclant en moins de 10 heures tout compris la traduction d'une bédé de 250 pages. Demain, j'attaque le tome 24 d'Anita Blake et on va déjà moins rigoler, je pense. Mais tant pis. Je dors comme un bébé; j'envisage même d'abandonner couette et/ou pyjama une nuit prochaine. En journée, je vis les fenêtres entrouvertes. Je suis super motivée par mes cours de programmation sur Codecademy (après le HTML, j'ai bientôt fini de plancher le CSS en attendant de passer au JavaScript), que je bosse à coup d'une demi-heure par-ci, une demi-heure par là pour une meilleure assimilation. Je vais prendre l'air tous les jours, et bouquiner ici ou là devant un thé glacé même si ce n'est pas toujours en terrasse. Le week-end, je teste des brunchs gourmands avec Chouchou. 

J'ai enfin pu ranger mes collants et mes bottines - pas encore mes petites vestes légères, mais je suis pleine d'espoir. Pour fêter ça, je me suis offert deux vernis OPI avec des couleurs démentes histoire de me peinturlurer les orteils. Je pique des broches colorées sur toutes mes robes. J'ai des envies de cactus auxquelles je vais probablement céder. Je blinde mon planning des semaines à venir: ici l'expo Harry Potter et celle sur la peinture hyper-réaliste au musée d'Ixelles, là un barbecue à la campagne ou un cocktail sur le rooftop d'un hôtel branché hype à la mode, là encore le soin des pieds ultime dûssé-je aller le chercher en Thalys, et puis des escape games partout: à Toulouse avec ma famille, à Lille avec Philou et Stef, peut-être à Paris où on m'a invitée à tester une salle à thème maya (la civilisation, pas l'abeille). J'essaie même de caser une troc party au milieu. 

Mes angoisses se sont envolées comme par magie; je me doute qu'elles reviendront, mais je profite de leur absence tant qu'elle dure. J'envisage même la possibilité que ne pas être en mode panique 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 n'attirera pas forcément sur ma tête (ou tout autre partie de mon anatomie): a/ les foudres d'un crabe vicieux, b/ une horrible maladie neurodégénérative. Je n'ai jamais pesé aussi lourd de ma vie mais bizarrement, je me sens en paix avec mon corps. Quand les gens m'énervent sur Facebook ou ailleurs, je me garde bien de leur répondre et je passe très vite à autre chose... même si c'est juste une partie de Farm Heroes. Pour peu que j'arrive à trouver prochainement des abricots bien mûrs pour tester une recette de tarte à la ricotta, je déclarerai officiellement l'état de grâce. Lui non plus, je ne sais pas combien de temps il durera, mais ce qui est pris - et caetera, et caetera. 

C'est drôle. En vieillissant, j'ai appris à mieux supporter les six mois de mauvaise saison, à me focaliser sur les plaisirs spécifiques à l'automne et à l'hiver, à profiter de cette occasion forcée de me replier sur moi-même et sur mon foyer, à en faire un moment d'introspection profonde où je définis de nouveaux objectifs et prends des forces pour me lancer dans les prochaines batailles. En contrepartie, je tolère de plus en plus mal les printemps et les étés décevants. J'ai l'impression de les avoir attendus si patiemment que je me sens flouée s'ils ne m'apportent pas la dose de lumière et de chaleur espérée. Un mois de juin pourri comme on vient de l'avoir à Bruxelles, et c'est la déprime garantie. Il ne me reste plus qu'à croiser les doigts pour que juillet continue sur sa lancée!

lundi 4 juillet 2016

Parfois




Parfois, je me lève pour céder ma place dans le bus à une personne âgée ou une femme enceinte. Et puis parfois, je ne les vois pas parce que j'ai la tête ailleurs, ou je les vois mais j'ai mal aux pieds alors je reste assise égoïstement.

Parfois, je donne une pièce à quelqu'un qui fait la manche. Et puis parfois, je n'ai pas de monnaie ou pas envie et je détourne la tête pour ne pas voir, parce que je ne sais pas quoi faire du mélange de culpabilité et de colère qui me broie le coeur. 

Le plus souvent, j'achète mes fringues chez des marques moyen de gamme dont j'espère qu'elles font fabriquer leurs vêtements dans des conditions décentes. Et puis parfois, je me retrouve à Edimbourg avec une valise pleine de fringues d'été alors qu'il fait 10° et qu'il pleut, et je dois me précipiter chez H&M pour acheter un cardigan à £12 que je jetterai une fois rentrée chez moi en m'apercevant qu'il a un gros trou sur le devant. 

Parfois, je lis l'article en détail et je vérifie sa date de parution et ses sources avant de le partager. Et puis parfois, je le balance sur Facebook sans avoir été plus loin que son titre accrocheur. 

Parfois - dans les petits commerces -, je signale aux employés qu'ils ont oublié de me compter un article ou fait une autre erreur en ma faveur. Et puis parfois - dans les grandes enseignes -, je ne moufte pas, voire j'en tire une certaine jubilation.

Le plus souvent, je reste très polie avec les opérateurs des services clients, parce que je sais bien qu'ils ne sont pas la cause de mon problème et qu'ils ne choisissent pas les moyens dont ils disposent (ou pas) pour le résoudre. Et puis parfois, l'agacement et la frustration me rendent archi-cassante, pour ne pas dire carrément désagréable.

Le plus souvent, j'essaie de ne pas dire du mal des gens dans leur dos parce que je trouve que c'est surtout moi que ça fait paraître moche. Et puis parfois, je ne résiste pas au plaisir de bitcher sur quelqu'un qui m'énerve vraiment. 

Le plus souvent, je mange végétarien parce que mes convictions m'y poussent, et parce que je digère mieux les repas sans viande de toute façon. Et puis parfois, au resto, je craque pour un gros burger dont je réclame le steak saignant parce que j'adore ça (et le soir, quand je n'arrive pas à m'endormir parce que j'ai mal au ventre, je geins qu'on ne m'y prendra plus jamais... jusqu'à la fois d'après). 

Le plus souvent, j'essaie de consommer local et de saison. Et puis parfois, au milieu de l'hiver, quand je n'en peux plus des courges et des poireaux, je me rue sur les asperges du Pérou pour faire un risotto crapuleux.

Le plus souvent, je décolle soigneusement le scotch et les étiquettes des cartons avant de les mettre au recyclage. Et puis parfois, quand il y en a trop, ça me gonfle et je fous le carton à la poubelle normale.

Le plus souvent, je me déplace à pied ou en transports en commun - je suis une grande militante anti-bagnole. Et puis parfois, il fait froid ou il pleut et j'ai envie de mettre des chaussures inmarchables pour aller au resto, alors je demande à Chouchou de nous réserver une Cambio pour la soirée. 

Que celui qui réussit à bien faire 100% du temps me jette la première pierre. 

dimanche 3 juillet 2016

Les joies de la semaine #26




Lundi: m'éclater à enchaîner les modules HTML Basics II et III sur Codecademy / ma jolie carafe Toadstool by Hannah Turner est arrivée / rendre service à la dame aux chiens en lui prêtant ma clé de la résidence pour qu'elle la fasse copier / best episode of "Game of Thrones" EVER (il se peut même que j'aie scandé "King in the North" deux ou trois fois toute seule dans mon salon)

Mardi: le premier numéro de mon bonnement à PopShot dans ma boîte à lettres / enfin eu le courage de porter un sac de bouquins à revendre aux kiosques / un échange sympathique avec la jeune femme qui me rachète mon Toulon-Paris du 8 juillet / délicieux, les samoussas à l'agneau de Sisteron de l'Aparté / la rue Lamalgue très joliment bordée de fleurs / prendre le 3 pour regagner le centre-ville en ménageant mes pieds pleins d'ampoules / dévorer les 150 premières pages de "Les lumières d'Assam" en sirotant un Planteur à la terrasse du Chamo / bon allez, je craque pour le Macy en olive: il sera parfait cet hiver / hé mais c'est que j'ai pris des couleurs, moi! / rafraîchir mes pieds torturés avec un masque à la lavande de chez Sephora

Mercredi: cette lettre que j'avais envoyée - cet élan que je n'avais pas réprimé - a donc servi à quelque chose / pour une fois, m'autoriser à ne pas faire un grand ménage de l'appart' avant de partir

Jeudi: heureusement qu'il fait déjà jour à 6h en cette saison / l'infaillible gentillesse des employés du bar à pâtes sous la gare de Lyon / une revente de mon Paris-Bruxelles du 8 juillet rondement menée avec un charmant jeune homme / le wifi fonctionne dans le Thalys / sympathiser avec ma voisine de siège, une expat' roumaine qui fait un taf super intéressant à la commission européenne, au point qu'on échange nos cartes avant de se séparer à la sortie du métro 

Vendredi: le chalutage en eaux profondes enfin interdit! / retrouver mon boulot de la matinée après l'avoir cru perdu l'espace de quelques minutes / le vendeur de chez Waterstones qui m'applique volontairement le tarif promo sur un bouquin pas concerné / commencer le très original "The rest of us just live here" au Peck 47 avec un délicieux jus de pastèque et de citron vert / saisir au vol une des poupées steampunk de Madame Manon sur sa boutique Etsy / réussir à maîtriser ma colère pour avoir une discussion calme et fructueuse avec Chouchou

Samedi: Chouchou ravi de tester la Fiat 500 grâce à Cambio / après l'averse de ce matin, du ciel bleu et de beaux nuages blancs sur Ixelles / Moineau a reçu des jacinthes d'eau / ma 3ème broche brodée Macon & Lesquoy: une petite fourmi rouge / lecture en duo chez Unami (et "La pâtissière de Long Island" est génial jusqu'ici) / je raffole vraiment du cocktail Beijing Fresh et des raviolis à la soupe de Dam Sum 

Dimanche: vive les sèche-linge de la wasserette qui me rendent mon linge tout doux et prêt à ranger / tester une autre recette - bien plus calorique que la mienne - de tarte à la rhubarbe / ingurgiter les deux tiers de l'introduction au CSS pendant que Chouchou bosse à côté de moi / ce soir, spaghetti ail-citron devant la fin de "Marcella"

"Les lumières d'Assam" (Janet MacLeod Trotter)


1904. Malgré la mort de sa mère et l'alcoolisme de son père, Clarissa Belhaven coule une douce jeunesse dans la plantation de thé familiale, en Assam. Mais le développement des méthodes d'exploitation industrielle met Belgooree en grande difficulté, et au décès de leur père, Clarrie et sa jeune soeur Olivia se retrouvent ruinées. Elles quittent l'Inde pour l'Angleterre, où elles sont recueillies par un cousin dont l'acariâtre épouse les fait travailler comme des esclaves dans leur pub d'un quartier populaire de Newcastle...

Ceci est un roman historique à l'eau de rose. Rien n'y manque: ni la courageuse héroïne qui ne se laisse jamais abattre par les coups du sort, ni la petite soeur fragile et capricieuse qu'elle a juré de protéger, ni les revers de fortune étourdissants, ni les individus affreux qui ont juré sa perte et s'acharnent injustement sur elle, ni bien évidemment l'homme très beau mais très arrogant qu'elle prétend détester et qui fait battre son coeur malgré elle.

Mais il faut admettre que c'est drôlement bien foutu, et que je ne me suis ennuyée à aucun moment durant ma lecture. J'ai surtout aimé le début qui se passe en Inde, dans une modeste plantation de thé au milieu des montagnes, puis l'évocation des progrès de la condition féminine dans l'Angleterre d'avant la Première Guerre Mondiale. Telle une Scarlett O'Hara anglo-indienne, Clarrie se bat pour son indépendance dans une société encore conservatrice et hostile, surmontant un par un les obstacles placés sur sa route. Et bien qu'ultra-prévisible, l'histoire d'amour prend finalement peu de place dans le récit. Bien écrit et savamment dosé, "Les lumières d'Assam" fera un excellent bouquin de plage.

samedi 2 juillet 2016

Au programme de juillet




1. Faire ma compta pro de juin
2. Changer ma vieille imprimante
3. Programmer ma prochaine coloscopie
4. Prendre rendez-vous chez le dentiste pour l'automne
5. Faire de belles photos à l'expo Harry Potter
6. Réserver un escape game à Toulouse pour début août
7. Démarrer mon projet "moodmapping"
8. Acheter seulement des livres de poche (en français) ou des TPB (en anglais)
9. Enchaîner sur les cours de CSS de Codecademy
10. Dîner avec Fleur
11. Commencer à organiser le séjour à Nantes de fin octobre
12. Tester les nouveaux cours de yoga du Serendip Spa avec Chouchou
13. Remplacer le tapis de mon bureau
14. Lire "F*ck Feelings: Less Obsessing, More Living"

vendredi 1 juillet 2016

Concours: "La soudaine apparition de Hope Arden" (Claire North)


Dois-je encore vous présenter Claire North, alias "l'auteur du meilleur bouquin que j'ai traduit de toute ma carrière"? Après "Les quinze premières vies d'Harry August" et "Touch", je vous propose de gagner un exemplaire de son troisième roman récemment paru aux éditions Delpierre. Ici encore, il s'agit d'un individu qu'un pouvoir extraordinaire autant qu'incompréhensible isole du reste de l'humanité. 

Hope Arden, fille d'un policier anglais et d'une réfugiée soudanaise, ne marque pas la mémoire des gens qui l'entourent. Dès qu'ils ne l'ont plus sous les yeux pendant une minute, ceux-ci l'oublient purement et simplement. Ne pouvant occuper un emploi ordinaire ni avoir des relations normales, la jeune femme devient une voleuse au toupet stupéfiant. Jusqu'au jour où sa route croise celle de Perfection: une application qui, à travers leurs données personnelles, prend le contrôle de la vie de ses utilisateurs... 

Pour gagner un exemplaire de "La soudaine apparition de Hope Arden", laissez-moi un commentaire en me disant quel est votre super-pouvoir pourri au quotidien (exemple: Chouchou a "dispersion de nourriture" - en mangeant, il arrive à s'en coller jusque dans des endroits qu'on pourrait croire tout à fait inaccessibles, tandis que j'ai "bouts de doigts indétectables par les écrans tactiles" - une des raisons pour lesquelles je me refuse à prendre un smartphone). Clôture du concours vendredi 15 à minuit, et annonce du résultat durant le week-end. Envoi en Europe uniquement. Bonne chance à tous!

Au programme de juin: bilan





1. Rattraper toute ma compte pro depuis le début de l'année: OUI
Je prends toujours du retard sur le premier trimestre, où je suis occupée à boucler le dossier de l'année précédente pour le faire valider par mon association de gestion agréée. Cette fois, je me suis laissée aller un peu au-delà. Mais on reprend les bonnes vieilles habitudes: à partir de maintenant, la compta du mois M sera faite le premier week-end du mois M+1.

2. Remanier mon profil LinkedIn: NON
J'ai eu la flemme, d'autant que je ne suis toujours pas persuadée de l'utilité de ce truc pour moi.

3. Mettre à jour le listing de mes traductions: OUI
J'approche des 300 titres et sans ce document, j'aurais du mal à m'y retrouver.

4. Changer la bannière des deux blogs: OUI
C'est fait, même si je suis sûre que personne ne s'en aperçoit jamais!

5. M'inscrire sur Codecademy: OUI
Super motivée, j'ai englouti les trois modules de HTML basics en deux jours. Il y a là-dedans un côté carré et ultra-logique qui me plaît beaucoup. Maintenant, on va passer au CSS...

6. Réaliser un carnet de voyage à Edimbourg: OUI
J'attends de recevoir mes Instagram imprimés pour le finaliser, mais tout le reste est OK.

7. Apporter nos pièces orange à la Banque Nationale: OUI
C'est fait. Excellente occasion de découvrir un bâtiment d'un autre âge dont les services ferment à 15h30. Après m'avoir sévèrement prévenue que l'échange de pièces, c'était une seule fois par mois pour les particuliers, et pas plus de 5 kilos sans quoi il fallait payer une commission, un employé à l'accent à couper au couteau a examiné ma carte d'identité française à la loupe d'un air fort soupçonneux, puis est parti la photocopier et a réussi, en recopiant mes coordonnées sur le reçu, à faire une faute à mon nom de famille et deux à mon adresse. Tout ça pour récupérer 25,04 euros.

8. Aller fouiller au Pêle-Mêle d'Anneessens: OUI
C'est fait, mais ils ont complètement changé la disposition des rayons depuis mon dernier passage et je ne m'y suis pas plu du tout, si bien que j'ai capitulé assez vite sans avoir rien trouvé.

9. M'offrir de nouvelles lunettes de soleil Caroline Abram: NON
La boutique du boulevard Raspail ne les avait plus dans la bonne couleur quand je suis passée à Paris en début de mois. J'aurais pu les faire commander par l'opticien toulonnais qui référence la marque, mais à ce stade, je devais amortir les dépenses des vacances à Edimbourg, et comme j'ai déjà une paire de solaires D&G très convenables achetées l'an dernier, j'ai décidé d'être raisonnable et de renoncer.

10. Développer mon projet de blog en anglais: NON
L'élan initial que j'ai éprouvé quand j'en ai eu l'idée n'a pas duré. Je garde le concept sous le coude pour le cas où il reviendrait, mais il faut admettre que mes deux blogs actuels me donnent déjà beaucoup de travail!

11. Revendre sur eBay les vêtements et chaussures de marque que je ne porte pas: NON
C'est un peu LA corvée à laquelle je ne parviens pas à m'atteler. J'ai beaucoup utilisé eBay à l'époque où tout s'y vendait facilement; aujourd'hui c'est beaucoup moins le cas et l'effort à fournir pour créer, mettre en ligne et gérer des annonces ne se rentabilise pas toujours.

12. Passer une journée à Aix-en-Provence: NON
Je n'ai pas été motivée pour me taper une heure de bus plus une heure de TGV plus un quart d'heure de navette à l'aller et autant au retour dans la même journée. Il faudrait que je me prévoie une halte de 24h avec nuit sur place un jour où je monte de Toulon à Bruxelles, en fait.

13. Me promener au Mourillon: OUI
Je suis allée y faire mon pèlerinage annuel, et cette année, sentir la distance grandissante qui me sépare de ma jeunesse ne m'a vraiment pas fait du bien. D'habitude je trouve ça doux-amer; là c'était juste amer.

14. Eliminer un objet par jour: OUI
C'est fait. J'ai viré des colliers que je ne portais pas, des ensembles de sous-vêtements quasi-neufs mais qui ne m'allaient plus depuis belle lurette, quelques autres vêtements et petits objets de déco, ainsi que l'intégrale de "Friends" en DVD. C'est une excellente discipline et je me demande si je ne devrais pas l'adopter pendant une année entière, pour voir.

15. Lire "What we gain as we grow older: on Gelassenheit": OUI
C'est fait. Et c'était court mais fort intéressant - une vision à la fois lucide et sereine du processus de vieillissement.

Total objectifs réalisés pour juin: 10/15

jeudi 30 juin 2016

Juin 2016



Le ressort du sentiment




Mardi, j'ai fait mon pèlerinage annuel à la plage du Mourillon, l'endroit où je viens me ressourcer en invoquant mes souvenirs et en réfléchissant au temps qui passe. D'habitude, c'est un rituel doux-amer mais qui me fait du bien. Cette fois, il était juste amer et je suis repartie assommée par la distance grandissante entre moi et ma jeunesse, accablée par le fardeau du temps qui pèse de plus en plus lourd sur mes épaules. 

Après quelques années difficiles qui m'avaient plongée dans une morosité quasi-permanente, j'avais pris début 2016 la décision de rebooster un peu ma vie. Ca a plutôt bien fonctionné jusqu'à mi-février, puis j'ai fait une crise d'angoisse monstrueuse qui a duré trois mois et m'a stoppée. Je ne sais plus quoi faire pour redémarrer. La mort de Brigitte puis celle de mon père ont cassé en moi quelque chose d'essentiel, un élan vital que je ne retrouverai pas. J'essaie de le remplacer par une acceptation sereine, mais j'ai plutôt l'impression de développer une morne résignation. Il me semble que le meilleur est derrière moi, que la suite ne va être qu'une longue chute au ralenti dont je ne ne peux plus rien attendre. 

Oh, je ne suis pas malheureuse, loin de là. Je sais ma chance d'avoir un métier que j'adore, un amoureux génial, un mode de vie pas très conventionnel mais plutôt plaisant et aucun vrai gros problème pour le moment. Mais pour être honnête, je ne ressens plus grand-chose. Mes vieux carnets intimes, dont j'ai relu quelques passages au hasard le week-end dernier, m'ont bien jeté à la figure que je n'étais plus capable d'une émotion forte autre que l'angoisse. Je me prépare à perdre les gens et les choses en permanence, et pour ça, je me barricade contre tout attachement potentiellement dévastateur. Ce qui est idiot, évidemment: avoir compris que rien ne dure, ni soi-même ni ce qu'on croit posséder, devrait au contraire être la meilleure raison d'en profiter à fond tant qu'on peut. Mais je n'y peux rien: mon ressort du sentiment est cassé, et je suis infoutue de le réparer. 

mercredi 29 juin 2016

Museum of Me




1. "Guide des oiseaux", état neuf, Sélection du Reader's Digest
Il appartenait à mon père, grand chasseur devant l'éternel. C'est un très bel ouvrage dont j'ai passé des heures et des heures à admirer les illustrations et à mémoriser les informations. Son odeur assez particulière symbolise affectivement toute mon enfance. Il suffit que je respire ses pages un grand coup pour que mes yeux se remplissent de larmes.

2. Chausson de danse Repetto rose saumon, pointure 10, usé et taché
J'ai pratiqué différentes formes de danse (classique, modern jazz, rock, salsa...) depuis l'âge de 10 ans jusqu'à mes 30 ans. C'est la seule activité physique que j'aie jamais vraiment adoré et le premier endroit où je me suis fait des copines.

3. Compotier Art Déco (?) bleu
Il trônait jadis sur le buffet de mes grands-parents maternels, en Haute-Loire, rempli non pas de fruits frais mais de tous les petits machins qui n'avaient leur place nulle part ailleurs. Il détonne un peu avec la déco du reste de mon appart', mais je l'adore et c'est l'une des rares choses que je sauverais d'un incendie.

4. 20 carnets intimes, dont un journal de rêves
Les ancêtres de ce blog! Je n'ai pas conservé les plus anciens, tenus à partir de l'âge de 8 ans - le premier qui me reste date de 1984. En les ressortant pour les photographier, j'en ai relu quelques passages (ce que je ne fais presque jamais d'habitude), notamment le début de mon histoire avec l'Homme-ce-chacal-jaune. Elle figure dans mes tout derniers carnets écrits, et j'ai été sidérée d'éprouver de telles émotions en la survolant. Le pouvoir des mots...

5. "Notre prison est un royaume"
LE livre qui a marqué mon adolescence, lu en classe de 3ème sur l'initiative d'une prof de français stagiaire au look baba cool et à l'enthousiasme débordant dont j'ai hélas oublié le nom. Je l'ai tellement feuilleté  que les pages se détachent, et la tranche a viré au jaune-brun avec le temps; de toute ma bibliothèque, c'est l'un des ouvrages en plus mauvais état. C'est aussi une sorte de blessure littéraire qui ne s'est jamais vraiment refermée.

6. Intégrale de "Versailles no bara" en DVD (moins le volume 6)
Si je regardais "Goldorak" et "Candy" comme tous les enfants de ma génération, c'est "Lady Oscar", diffusé pour la première fois l'année de ma terminale, qui m'a conquise à la cause du manga et poussée à prendre des cours de japonais pendant quatre ans. De là mon intérêt pour les arts martiaux, de là ma rencontre avec l'Homme-ce-chacal-jaune, de là mes voyages au Japon - et de là aussi le fait que la seule période historique sur laquelle je touche un peu ma bille, c'est la Révolution Française.

7. "Clanbook Toreador" + "L'épreuve des jumeaux"
Le "Clanbook Toreador", supplément pour le jeu de rôles "Vampire: la Mascarade", fut la première traduction professionnelle que j'ai décrochée, au début de l'été 1994; "L'épreuve des jumeaux", 6ème tome de la série Lancedragon, le premier roman en VF au début duquel figura mon nom, un an et demi plus tard. Qui aurait cru que le jeu de rôles, passe-temps largement méprisé par mon entourage, serait un jour mon sésame pour une carrière tout autre que celle à laquelle mes études m'avaient préparée?

8. Portrait scrapé de Scarlett à 9 ans
J'ai eu d'autres chats, mais Scarlett, Sacré de Birmanie chocolate point issue d'un élevage du Morbihan (sa mère figure dans ce livre de Yann Arthus-Bertrand), était l'amour félin de ma vie. Elle m'a accompagnée pendant presque 17 ans, et quatre ans après sa mort, elle me manque encore terriblement. Quant au scrapbooking, ça a été ma grande passion de 2004 à 2009, jusqu'à ce que mes albums et mon matériel commencent à devenir beaucoup trop envahissants.

9. Théière extra-terrestre en céramique, Andy Titcomb
Depuis plus de seize ans, je bois au moins un litre de thé chaque jour. J'ai collectionné les théières pendant des années avant de renoncer faute de place. Celle-ci est une de mes préférées, achetée à Londres dans le magasin de thé de Neal Street lors d'un séjour avec Philou.

10. 4 flacons-souvenirs de voyage
De gauche à droite: cailloux ramassés au Ryoanji (Kyoto, 2005), terre rouge de Monument Valley (Utah, 2006), sable d'une plage des alentours de Saint-Malo (Bretagne, 2012), lave volcanique (Islande, 2012).


J'ai dû faire deux photos car les derniers objets se trouvaient à Bruxelles 
tandis qu'en ce moment, je suis à Toulon.


11. Boots de moto Free Lance, pointure 36

J'ai eu jusqu'à 120 paires de chaussures à la fois dans mes placards, pour la plupart des escarpins à talons hauts que je ne mettais pratiquement pas. Ces boots-là, par contre, je les ai achetés en décembre 2004 et portés six mois par an jusqu'à l'été dernier, aussi bien avec des jeans qu'avec des robes et des collants. Elles étaient un peu devenues ma signature niveau look. Jusqu'au jour où j'ai fait changer la semelle intérieure et où le cordonnier m'en a mis une plus épaisse, si bien que je suis désormais un peu à l'étroit dedans. Entre-temps, j'étais venue à bout de ma légendaire boulimie de chaussures - aujourd'hui, je n'en achète presque plus.

12. Régis, Uglydog rouge en 36 cm
Pendant plusieurs années, il a été notre mascotte, à Chouchou et à moi. Il avait même un blog où nous le mettions en scène en train de faire des bêtises. Le Régis originel a été perdu un jour d'été à Toulouse; nous en avons racheté un identique, mais pour moi l'élan était brisé. Plus tard, je me le suis fait tatouer sur l'avant-bras gauche par quelqu'un qui m'a fait un très sale boulot - mais je n'ai pas vraiment le courage d'aller me le faire enlever au laser. Un jour, peut-être.

Afin que tout le monde puisse consulter les billets de l'ensemble des participantes, je vous demande:
- si vous êtes blogueuse, de mettre un permalien vers votre article dans les commentaires, et je les recopierai ici au fur et à mesure
- si vous êtes instagrameuse, d'utiliser le hashtag #museumofme

Articles de blogs: 
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- ElanorLaBelle

mardi 28 juin 2016

Lectures de Juin 2016




ROMANS
- "A madness of angels" (Kate Griffin) ♥︎♥︎
- "The other Mrs Walker" (Mary Paulson-Ellis) ♥︎
- "Aimer trois fois par jour" (Fausto Brizzi) ♥︎
- "Ceux qui restent" (Marie Laberge)
- "Foulsham" (Edward Carey) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The mystery of the clockwork sparrow" (Katherine Woodfine) ♥︎♥︎
- "Les petites consolations" (Eddie Joyce) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Conversations avec mon chat" (Eduardo Jauregui)
- "Magie ex-libris T1: Le bibliomancien" (Jim C. Hines)
- "The memory book" (Lara Avery) ♥︎♥︎♥︎
- "Wink Poppy Midnight" (April Genevieve Tucholke) ♥︎♥︎
- "La drôle de vie de Zelda Zonk" (Laurence Peyrin) ♥︎♥︎
- "Anne of Green Gables" (L.M. Montgomery) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Luna Viva: Le tournoi des voyantes" (Aurélie Benattar) ♥︎♥︎
- "Les lumières d'Assam" (Janet MacLeod Trotter) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- "Les beaux étés T2: La calanque" (Zidrou/Jordi Lafebre) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "L'inversion de la courbe des sentiments" (Jean-Philippe Peyraud) ♥︎♥︎
- "Les enfants de la baleine T3" (Abi Umeda) ♥︎♥︎♥︎
- "Chiisakobé T2" (Minetarô Mochizuki) ♥︎♥︎

DIVERS
- "What we gain as we grow older: on Gelassenheit" (Wilhelm Schmid) ♥︎♥︎♥︎
- "The geek feminist revolution" (Kameron Hurley)
- "Le Mokafé" (Christiane Lévêque) ♥︎♥︎

lundi 27 juin 2016

"Anne of Green Gables" (L.M. Montgomery)


Début du XXème siècle, dans la petite bourgade d'Avonlea au Canada. Frère et soeur, Matthew et Marilla Cuthbert ne se sont jamais mariés et vivent ensemble à la ferme des pignons verts. Mais ils commencent à se faire vieux et auraient bien besoin d'un peu d'aide. Alors, ils demandent à adopter un jeune orphelin. Et au lieu du garçon attendu, c'est une fillette de onze ans qui arrive: Anne Shirley, rousse maigrichonne volubile et ultra-émotive. Le timide Matthew tombe immédiatement sous son charme, et même la sévère Marilla accepte rapidement de la garder chez eux...

La dernière fois que j'ai tenté de lire un grand classique de la littérature jeunesse anglo-saxonne, c'était la série des Narnia, et je me suis monumentalement ennuyée. Mais j'avoue que je n'ai pas su résister à la ravissante édition Puffin in Bloom de Penguin, illustrée par Anna Bond qui sévit également sur la ligne de papeterie Rifle Paper Co. Et dès la première page, je me suis laissée happer par la belle écriture de L. M. Montgomery, ses descriptions enchanteresses de la nature sur l'île du Prince Edouard, l'ironie très fine et non dénuée de tendresse dont elle fait preuve vis-à-vis de ses personnages. Bien sûr, certaines de ses remarques peuvent légèrement choquer aujourd'hui: Marilla Cuthbert ne veut pas adopter "un petit arabe de Londres", Anne préfèrerait avoir la beauté plutôt que l'intelligence parce qu'elle est "très féminine", et elle trouve qu'être grosse serait pire que tout. Hum. 

Ceci mis à part, c'est une des héroïnes les plus attachantes que je connaisse, chantre de la pensée positive longtemps avant que celle-ci ne soit mise à la mode par les gourous du développement personnel. Bien que portée sur les réactions dramatiques lorsque son enthousiasme l'a poussée à commettre une énième bêtise, ou quand sa gardienne lui refuse la permission d'aller s'amuser, Anne fait généralement preuve d'un optimisme à tout crin et d'un émerveillement perpétuel devant les beautés de la campagne où elle vit. Etourdie et rêveuse, elle considère que son imagination débordante est son plus gros atout. Dans l'adversité, elle retrousse ses manches et tente de faire pour le mieux. Sa spontanéité rayonnante et ses monologues-fleuve transforment en bien la vie des gens qui l'entourent et insufflent au lecteur une irrésistible bonne humeur. 

"What a splendid day! said Anne, drawing a long breath. Isn't it good just to be alive on a day like this? I pity the people who aren't born yet for missing it. They may have good days, of course, but they can never have this one." 

"- Wouldn't you just love to be rich, girls? 
- We are rich, Anne said staunchly. Why, we have sixteen years to our credit, and we're happy as queens, and we've all got imaginations, more or less. Look at that sea, girls - all silver and shallow and vision of things not seen. We couldn't enjoy its loveliness any more of we had millions of dollars and ropes of diamonds." 

"I shall give life here my best, and I believe it will give its best to me in return. When I left Queen's, my future seemed to stretch out before me like a straight road. I thought I could see along it for many a milestone. Now there is a bend in it. I don't know what lies around the bend, but I'm going to believe that the best does. It has a fascination of its own, that bend, Marilla. I wonder how the road beyond it goes - what there is of green glory and soft, checkered light and shadows - what new landscapes - what new beauties - what curves and hills and valleys farther on."

Ce roman, qui s'arrête alors qu'Anne a 16 ans, a été suivi de six autres qui montrent son évolution jusqu'à la cinquantaine. Traduit en français (et dans bien d'autres langues), il a également été adapté au cinéma et à la télé. 

dimanche 26 juin 2016

Les joies de la semaine #25




Lundi: boucler deux grosses corvées - mon rattrapage de compta pro et le ménage de l'appart' / la nouvelle bande-annonce pour "Miss Peregrine et les enfants particuliers" / mijoter une escapade-plaisir fin août / "I never demand, but I'm up for anything, really": Targaryen-Greyjoy for the win!

Mardi: passé Lyon, le spectacle des nuages qui moutonnent gaiement dans le ciel de plus en plus bleu / le chèque de remboursement d'Easy Jet est enfin arrivé 

Mercredi: la dame du primeur m'offre un poivron vert "à couper en tout petits dés pour mettre sur votre salade de tomates" / la fleuriste m'offre une botte de mini-marguerites / le contrôleur du TER m'offre le trajet Monpatelin-Toulon / cette petite robe en lin grège à pois blancs, nouée dans le dos, que jamais je ne porterais à Bruxelles mais qui est juste parfaite pour une journée très chaude dans le sud / Marco qui me présente sa femme et son bébé d'un mois et me demande ce que je fais dans la vie pour être toujours par monts et par vaux comme il le voit sur Instagram! / les repas délicieux que je fais sur sa terrasse, à l'ombre des platanes, sont toujours des moments parfaits où le temps suspend son vol / le choeur de l'opéra de Toulon répète, fenêtres grandes ouvertes, juste au-dessus de la terrasse du bar où je sirote un jus d'abricot en bouquinant

Jeudi: @toptoulonphoto a partagé une de mes photos d'hier / un clafoutis aux abricots maison / une séance de décoinçage du haut du dos doublée de bavardages animés - j'aime tellement mon docteur! / le premier verre de punch de la saison, à la terrasse du bar de la Place

Vendredi: le très beau rendu, sur pieds légèrement bronzés,  du OPI kaki brillant que je me suis offert l'autre jour / la petite liqueur de menthe maison offerte par la patronne de l'auberge où je viens de déjeuner / Sarah du blog Yes and Yes qui réagit en direct à un de mes commentaires pendant son chat vidéo / Solange ravie que je lui aie rapporté un magnet d'Ecosse pour mettre sur son frigo

Samedi: j'ai dû me donner un peu de mal, mais je suis très satisfaite de la photo pour le billet groupé "Museum of Me" / un dorayaki et une pêche blanche plate super parfumée pour mon goûter / l'enthousiasme contagieux d'Anne of Green Gables, que je découvre dans la jolie édition Puffin

Dimanche: torcher vite fait et dans la joie le cours de HTML basics I sur Codecademy / tomber juste du deuxième coup pour la prochaine bannière du blog / Orange a bien effectué le dégroupage de ma ligne: ça fait 16€ de moins sur ma facture mensuelle / très agréable, ce masque visage à l'avocat

...et sans jour particulier: comme chaque année à cette période, me féliciter d'avoir investi dans une climatisation / sur Noisli, le combo gazouillis d'oiseaux + vent dans les feuilles + train qui passe en journée, et feu de bois + insectes nocturnes + léger ressac en soirée

N'oubliez pas: la publication de "Museum of me", c'est mercredi!

"La drôle de vie de Zelda Zonk" (Laurence Peyrin)


Les jours s'écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu'un grave accident de voiture la cloue sur un lit d'hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk. A ses côtés, et n'ayant rien d'autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d'une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s'il est encore possible de changer la sienne... 

J'ai un peu hésité à acheter ce roman couronné du Prix Maison de la Presse. Grosse snob littéraire que je suis, j'ai tendance à trouver consternants les bouquins qui cartonnent en termes de ventes (celui-ci, que j'ai détesté, ou celui-là qui m'est tombé des mains au bout de 70 pages, par exemple). Mais les gens qui cherchent à se réinventer, c'est un thème qui me parle, et au prix des poches, je ne prenais pas trop de risques.

L'excellente surprise que j'ai eu en commençant "La drôle de vie de Zelda Zonk", c'est que Laurence Peyrin écrit drôlement bien. J'ai aimé l'arrangement de vie peu conventionnel d'Hanna et son mari Jeff: ne pouvant avoir d'enfants, ils élèvent Patti, la nièce d'Hanna dont la mère hôtesse de l'air est trop occupée à parcourir le monde. Et j'ai adoré le mystère qui plane autour de Zelda Zonk: est-elle ou n'est-elle pas Marilyn Monroe ayant feint sa propre mort pour repartir à zéro loin du feu des projecteurs?

En revanche, je n'ai pas du tout apprécié que les velléités de changement de vie d'Hanna se traduisent par une liaison extra-conjugale archi-convenue et prévisible. Les histoires d'amour, ça me gonfle. Lorsque je lis: "Les yeux de Michael l'assassinèrent de leur éclat d'airain, sa mâchoire ombrée se contracta, sa main chaude serra son bras. Elle crut mourir, à le voir de si près (...). Il était beau à faire mal.", j'ai juste envie de pousser un gigantesque soupir. Un, parce que s'il y a une chose au monde que le fait de la mettre en mots affadit au lieu de la sublimer, c'est bien la passion amoureuse. Deux, parce que l'idée qu'une femme qui a besoin de se trouver aille le faire dans les bras d'un homme, je trouve ça confondant de manque d'imagination.

Ainsi, l'excellente impression que j'ai eue pendant les trois premiers quarts du bouquin a été gâchée par l'escapade parisienne d'Hanna qui m'a donné un sentiment de mille fois lu et relu. Et je passe sur la fin peu satisfaisante, apparemment conçue pour frustrer le lecteur en ménageant la possibilité d'une suite. Dommage, ça aurait pu être vraiment bien.

vendredi 24 juin 2016

Les élans contenus



Avant-hier, je suis passée chez mon adorable fleuriste voir si elle avait encore des pivoines de la région (celles des Pays-Bas durent jusqu'en septembre, mais tant qu'à faire, j'aime mieux consommer local!). Il ne lui en restait que cinq. Je me suis demandé ce que je pourrais prendre pour compléter, et on a passé le contenu de son frigo en revue. J'ai fini par opter pour des oeillets rouges, et elle m'a offert une botte de mini-marguerites multicolores. Du coup, je me retrouvais avec assez de fleurs pour faire deux bouquets, alors que je n'ai qu'un vase. Je me suis dit: "Je vais porter l'autre à Solange, ça lui fera plaisir". Puis j'ai hésité. Si ça se trouve, Solange n'a pas de vase. Et puis elle n'y voit presque plus; est-ce que ça ne serait pas un peu cruel de lui offrir des fleurs dont elle ne profitera pas? Du coup, j'ai renoncé et casé le deuxième bouquet dans la carafe en verre de Biot que j'ai payé un rein et dont je ne me sers jamais. 

Hier midi, j'ai préparé un clafoutis aux abricots, un machin énorme dans lequel il y avait moyen de tailler 8 bonnes parts. Je me suis dit: "Tu ne vas jamais manger ça toute seule, à moins de vouloir te nourrir de sucre pendant 3 jours". J'avais rendez-vous chez mon adorable médecin pour qu'il me remette le dos en place, et j'ai pensé que j'allais lui en apporter un morceau pour son goûter. J'ai beaucoup de respect et même d'affection pour ce praticien qui me suit depuis quinze ans avec une empathie sans faille, et qui a le chic pour dédramatiser mes craintes sans jamais me donner l'impression qu'elles sont idiotes. Il pratique le tarif conventionné pour ne pas défavoriser les patients les moins fortunés, et il ne compte jamais son temps. Chaque début d'année, j'envisage de lui envoyer une carte de voeux pour le remercier d'être un médecin aussi fantastique, et chaque début d'année, je renonce de peur qu'il trouve ça déplacé. Là, même mon morceau de clafoutis, j'ai pas osé. Et s'il détestait les abricots? Et si ça le gênait plus qu'autre chose? 

Des bonnes intentions de ce genre, j'en ai à la pelle, et je ne les concrétise presque jamais par peur de mal faire - de piétiner des conventions sociales dont je n'ai pas conscience, de me ridiculiser ou de mettre le destinataire dans l'embarras. Je n'ose pas non plus faire de petits cadeaux au débotté de crainte que mes amis se sentent une dette, si minime soit-elle, envers moi. Je suis tellement nulle en rapports humains que je m'interdis toute initiative même bien intentionnée. Faute de réussir à me mettre à la place des autres, il me semble toujours que mon geste va être perçu de travers et provoquer un problème ou une réaction négative. Alors neuf fois sur dix, je m'abstiens, et la dixième, après avoir trouvé le courage de me lancer, j'ai tellement honte que je peux aller jusqu'à prendre mes distances avec la personne concernée - comme si je lui en voulais d'avoir fait spontanément un truc gentil pour elle. Ce qui est complètement débile, mais hé, je n'ai jamais prétendu avoir une intelligence émotionnelle très élevée. Ni même une intelligence émotionnelle tout court. 

"Chronologie: une histoire du monde" (Peter Goes)




Parmi les ouvrages qui me font systématiquement craquer, il y a les beaux livres dont le graphisme léché sert à représenter le monde sous forme de cartes, de plans ou autre schémas explicatifs. "Chronologie: une histoire du monde" de Peter Goes est le petit dernier de ma collection. Repéré en anglais à la boutique de la National Gallery of Scotland, il doit sortir en français au mois d'octobre et ferait probablement un magnifique cadeau de Noël pour une personne jeune ou moins jeune partageant mes goûts en la matière. Jugez-en vous-mêmes avec ces quelques planches:







jeudi 23 juin 2016

Museum of Me: une proposition





Dans le numéro 71 du magazine australien Frankie figure un article intitulé Museum of Me. Le principe? Des participants ont sélectionné une douzaine d'objets représentant l'histoire de leur vie: souvenirs d'une grande valeur sentimentale, accessoires de leurs activités préférées...  Puis ils les ont photographiés côte à côte et accompagnés de quelques lignes expliquant la signification de chacun de ces objets. Moi qui suis toujours en train de chercher des moyens de cartographier et d'archiver les choses, j'ai eu un très gros coup de coeur pour cette idée, et j'ai pensé que ça pourrait faire un super thème de billet groupé. Y a-t-il parmi vous des blogueuses ou des instagrameuses que ça intéresserait de montrer un "musée d'elles"? Si oui, je vous propose qu'on publie ça toutes le même jour: par exemple, mercredi prochain histoire de se laisser le temps de réfléchir et de tout préparer. Qui est partante?