jeudi 18 février 2016

"Les jours sucrés" (Loïc Clément/Anne Montel)


A 28 ans, Eglantine apprend le décès de son père et part pour Klervi, le village breton de son enfance. L'occasion de se plonger dans sa vie d'avant et ses souvenirs enfouis en redécouvrant la boulangerie-pâtisserie familiale dont elle hérite. Elle y retrouve sa vieille tante Marronde entourée de matous envahissants et surtout Gaël, son "amoureux" d'enfance qui a bien grandi... Lorsqu'elle découvre le journal intime de son père, trésor renfermant tous ses secrets de vie et de cuisine, Eglantine se dit que c'est peut-être pour elle le signe d'un nouveau départ. 

Un notaire à moustache touffue, descendant de Gustave Doré et accro à la chantilly sur le café. Une vieille tante à "tronche de mérou", les yeux invisibles derrière ses grosses lunettes rondes en cul de bouteille, qui communique par écrit depuis qu'un AVC lui a fait perdre l'usage de la voix, se déguise en super héroïne pour traquer les cafards et patine de bonheur à la surface d'une tarte au citron. Un jeune instituteur roux qui vit dans un moulin et donne sur son temps libre des cours de soutien aux enfants d'immigrés. Une bande de chats gourmands, dont l'un tente depuis des années de se reproduire avec une guirlande électrique. Des guest stars sortis des pages de "Shä et Salomé" (dont je ne désespère pas de lire un jour d'autres aventures). Une boulangerie-couteau suisse qui va redonner vie à un village breton désertifié par la fermeture de la raffinerie voisine, et objet de la convoitise d'un grand fabricant de vin. Une histoire familiale qui n'est pas ce qu'on croyait, révélée par le journal intime d'un père longtemps détesté et récemment disparu. Des recettes gourmandes qu'on a envie d'essayer tout de suite - elle a l'air si bonne, cette soupe à la tomate de l'espace! Un petit coup de griffes bien mérité au monde de la pub. Et puis surtout, une jeune femme toujours en colère qui va réapprendre à faire confiance à la vie et à ceux qui l'entourent, à baisser ses défenses pour se laisser aimer.

Il y a tout cela dans les 145 pages de ces "Jours sucrés", avec en plus une bonne dose d'humour, de l'émotion à gogo, et une humanité profonde qui donne envie d'habiter dans un album de Loïc Clément et Anne Montel. Si j'aime tout ce que ce duo a produit jusqu'ici, "Les jours sucrés" est sans doute leur oeuvre la plus aboutie, la mieux structurée et la plus riche, celle qui trouve le plus juste équilibre entre une réalité pas franchement riante et le cocon de bienveillance qu'il est toujours possible de tisser autour de soi. La double page 46-47, où l'on voit en parallèle deux versions d'un mea culpa - l'une défensive et acerbe, répétée devant des peluches; l'autre fort contrite, en vrai face aux personnes concernées - est à elle seule un petit bijou de sensibilité et de drôlerie. Les dessins pleins de charme et de douceur regorgent de détails qui récompensent le lecteur attentif et fidèle. Bref, une réussite absolue. 






Merci à Dargaud de m'avoir envoyé cet album. Ma critique n'aurait pas été moins dithyrambique si je l'avais acheté avec mes sous. 

mercredi 17 février 2016

Concours: "Dreamology" (Lucy Keating)


Depuis son enfance, Alice mène une double vie. La vie réelle, où elle habite seule avec son père... et sa vie en rêves! Toutes ses nuits sont peuplées d'aventures extraordinaires, de voyages, de rencontres et surtout d'un garçon de son âge, Max. Au fil des années, elle est tombée amoureuse de lui et ne pense qu'à se coucher le soir pour le retrouver. Mais le jour de sa rentrée dans un nouveau lycée, Alice rencontre Max en chair et en os. Le garçon de ses nuits existerait-il vraiment? Sauf que lui ne semble pas la reconnaître. Pire, il a déjà une petite amie...

Ce roman jeunesse d'une grande fraîcheur marque le début de ma collaboration avec les éditions Michel Lafon. Et je suis bien tombée parce que je l'ai adoré, autant pour les séquences de rêve délirantes que pour les personnages secondaires farfelus comme le père d'Alice ou son meilleur ami Oliver. Aujourd'hui, je vous propose de vous faire gagner un de mes exemplaires de traducteur. Dites-moi dans quel endroit de rêve vous aimeriez emmener votre amoureux(se) pour une journée hors du commun. Vous avez jusqu'à dimanche minuit, et j'annoncerai le commentaire gagnant lundi matin. Envoi uniquement en France ou en Belgique. Bonne chance!

mardi 16 février 2016

"Magical girl site T1" (Kentarô Satô)


Aya Asagiri est une jeune fille malheureuse, harcelée au collège, frappée chez elle où l'attend tous les soirs un grand frère violent... Mais une nuit, alors qu'elle pense à se suicider, son ordinateur se connecte à un mystérieux site web. Un étrange personnage lui annonce alors qu'elle a été choisie pour devenir une magical girl. Armée de sa baguette magique, elle va maintenant devoir choisir entre pardonner ou punir ceux qui lui ont fait du mal.

Les magical girls, ce n'est plus vraiment de mon âge. Mais explorer le versant sombre du concept me paraissait une idée assez attrayante. Surtout qu'Aya et ses semblables sont menacées par une des leurs, qui les élimine l'une après l'autre afin de s'emparer de leurs baguettes (donc, de leurs pouvoirs spécifiques), et que sur le site web s'affiche un compte à rebours de mauvais augure jusqu'à un événement appelé la Tempest.

Du potentiel, donc - mais gâché par un dessin basique et franchement affreux, là où un style sombre et délicat aurait pu instiller une atmosphère vénéneuse. Ne parlons même pas de l'épouvantable complaisance de l'auteur qui ne nous épargne rien des humiliations et des sévices subis par Aya aux mains de ses camarades psychopathes ou de son grand frère sadique. Certaines scènes sont à vomir. Et puis entre Aya-le payasson (pardon), son alliée Tsuyono qui considère tous les prétextes bons pour se venger, et la chasseuse assoiffée du sang des autres magical girls, comment s'attacher à un quelconque personnage? On l'aura compris: ce n'est pas une série que j'envisage de poursuivre, ou que je recommanderais à qui que ce soit.

20 nouvelles révélations microscopiques




1. Parfois, dans les transports en commun, je regarde un inconnu et je le vois simultanément tel qu'il est aujourd'hui, tel qu'il devait être enfant et tel qu'il sera vieillard. Je ne connais personne d'autre qui possède ce super-pouvoir 100% inutile.
2. Les sourcils maquillés, je trouve ça horrible et vaguement flippant. 
3. Je n'ai pris conscience que très récemment de l'ampleur du whitesplaining, et je suis bien contente d'avoir ouvert les yeux - je me sens moins stupide. 
4. Je n'ai aucune oreille. Rien, nada, que pouic. Je suis incapable de reconnaître un acteur ou un chanteur célèbre à sa voix, et je confonds régulièrement "Mon beau sapin" et la Marche Nuptiale.
5. Pour un Noël, je me suis fait offrir une machine à coudre que, une douzaine d'années plus tard, je n'ai toujours pas sortie de son emballage.
6. J'ai l'armoire à pharmacie la plus riquiqui et la moins bien garnie du monde; je ne prends de médicaments - même un simple Doliprane - que si je suis à l'agonie.
7. Je ne passe jamais un coup de fil si je peux m'en tirer avec un mail ou un texto.
8. Pour faire monter ma tension à 32 en un clin d'oeil, il suffit de me vanter les vertus de l'homéopathie.
9. L'astronomie ne m'excite absolument pas. L'histoire non plus. Je n'ai pas assez d'imagination pour m'intéresser à des choses trop lointaines dans l'espace ou dans le temps.
10. Si je gagnais une somme absolument indécente au loto, après avoir fait le tour du monde et gâté mes proches, je fonderais une "chaîne" de foyers pour sans-abri dans toutes les grandes villes de France.
11. Plus je vieillis, plus j'ai peur en avion et en voiture.
12. Trois choses que j'ai appris à apprécier très récemment: les (bons) cocktails à base de gin, le (bon) chocolat, le (bon) thé noir.
13. J'éternue toujours trois fois d'affilée.
14. J'ai dans mon MacBook un dossier où je range des captures d'écran de tous les tweets qui m'ont été envoyés par des gens célèbres. A mon palmarès pour le moment: Boulet, Pénélope Bagieu, les Palmer-Gaiman, le mari de Kristen Bell, Jillian Michaels. J'espère y ajouter J.K. Rowling un jour. *mode fangirl OFF*
15. J'arrache mes cheveux blancs trop visibles avec une pince à épiler.
16. Je trouve la méthode KonMari ridicule, au point que j'ai renoncé à rédiger une critique de son bouquin pour ne pas me retrouver avec un billet de 50 000 caractères dégoulinants de sarcasme.
17. Je suis affligée par le fait que, dans toutes les histoires de voyage dans le temps que j'ai lues, modifier le cours de l'histoire entraîne toujours des conséquences dramatiques. On vivrait dans le meilleur des mondes possibles, sérieusement?
18. Je rêve de contempler une aurore boréale. Comme je déteste la neige et le froid, c'est mal barré.
19. Je ne prends jamais de taxi à moins d'y être obligée: trop de mauvaises expériences, entre les arnaques multiples et la mort frôlée au moins deux fois. Ce qui ne m'empêche pas d'être violemment opposée au principe d'Uber.
20. Si je revivais ma vie en boucle comme Harry August, le héros de Claire North,  je consacrerais une de mes existences à faire les beaux-Arts et tenter de gagner ma vie comme illustratrice; dans une autre, je serai chercheuse en biologie et j'étudierais le fonctionnement du système immunitaire; dans une autre encore, je profiterais de ma connaissance du futur pour devenir très riche et je ne ferais que voyager en distribuant mes sous à des oeuvres caritatives.

lundi 15 février 2016

"Les gens dans l'enveloppe" (Isabelle Monnin)


Après avoir acheté sur un site de vente aux enchères une enveloppe bourrée de photos d'une famille de Français moyens, dont une fillette qui doit être née à peu près à la même période qu'elle, Isabelle Monnin a l'idée d'un double ouvrage. Elle commence par s'inspirer des clichés pour imaginer la vie des gens qui figurent dessus. Puis, une fois cette partie romanesque bouclée, elle s'attèle à la tâche de retrouver les modèles et de découvrir leur véritable histoire, tout en tenant un journal de son enquête. Pour parachever le concept, Alex Beaupain écrit dix chansons interprétées par lui-même, Camélia Jordana, Clotilde Hesme et Françoise Fabian, tandis que "Les gens dans l'enveloppe" reprennent des morceaux qui les ont marqués; le CD est inclus à la fin du livre. 

J'ai beaucoup aimé la première partie du livre, qui fait se succéder trois points de vue: celui de la fillette, baptisée Laurence, qui grandit dans l'absence de sa mère et le chagrin de son père; celui de Michelle, la mère qui se sent étouffer dans son existence d'ouvrière et qui finit par s'en échapper très loin; celui de Simone, la grand-mère arrivée en fin de vie qui ressasse ses souvenirs une dernière fois. Les instantanés d'un quotidien plutôt tristounet sont magnifiés par une écriture parfois dure et crue, parfois poétique voire lyrique.

"Adossée à un arbre, j'observe la baignade de deux chiens dans le ruisseau. Je les dessine dans ma tête, je peine à rendre la transparence de l'eau sur leur poil. Je me demande ce que serait le monde en mon absence. Une fille adossée à un arbre observe des chiens ou aucune fille adossée à cet arbre pour observer ces chiens: rien d'essentiel ne manquerait, tout ce qui compte vraiment serait là, l'arbre, le ruisseau, les chiens. Complètement le même monde, sans moi. J'en déduis une conclusion parfaite pour ma collection de réflexions inutiles." 

"A la mort qui vient, elle offre mais ouvertes sa solitude grise et ses odeurs froides. Elle offre aussi ses bocaux à la cave, les haricots verts que personne ne prend plus, elle donne les pommes alignées sur le papier journal, son couteau noir et ses bouteilles de bouillon, elle cède sans un regard les tricots commencés pas terminés et ses photos mélangées, n'emportera que celles qui trempent dans le lait. Elle lui offre tout, ses importants et ses regrets, le même jour hagard toujours recommencé."

Je n'avais pas envie que ça se termine, et j'ai été agacée de voir le récit de l'enquête survenir si vite. Dans cette seconde partie, Isabelle Monnin rencontre ses sujets et les fait parler d'eux. Il est très étrange de constater que, même si elle lui fait parfois écho de façon inattendue - la répétition des prénoms, le thème de l'abandon... -,  la réalité est bien plus complexe et bien moins "propre" que la fiction. Elle semble aussi mettre en lumière plusieurs épisodes intimes douloureux de la vie de l'auteur, qui sont évoqués en passant mais pas approfondis.

Au final, ce récit m'a laissé une impression parfaitement illustrée par sa dernière phrase: "Des bribes, des bouts, des lambeaux. Je les étale. Si quelqu'un sait coudre, qu'il les assemble entre eux." Je n'avais pas envie de coudre, mais de lire quelque chose de structuré - que j'avais eu avec la partie romancée. Et la juxtaposition de la fiction avec la réalité, censée faire toute la valeur de l'ouvrage, m'a rebutée plus qu'autre chose. 

dimanche 14 février 2016

Les joies de la semaine #6




Lundi: attaquer la traduction du nouveau roman de Claire North / ma soeur, mon beau-frère et mes neveux vont venir nous voir à Bruxelles en avril / en MP, une conversation qui fait chaud au coeur avec un scénariste de bédé que j'adore / les spaghettis à l'ail et au citron préparés par Chouchou

Mardi: pouvoir compter sur mes contacts Facebook quand je dois traduire des trucs auxquels je ne connais rien / reçu le Flow International #12

Mercredi: le joyeux bonjour du chauffeur de bus / le ciel bleu qui m'accueille à la descente du Thalys / trouver le Frankie #68 chez WH Smith / un chouette déjeuner avec AF, et la meilleure panacotta du monde / l'adorable vendeuse de chez Caroline Abram, qui se souvient très bien de moi / la razzia chez Lupicia / Chouchou qui vient me chercher en voiture à la gare du Midi / le même, bouche bée en découvrant le livre sur Terry Gilliam que je lui rapporte

Jeudi: lire la suite des "Enfants de la baleine" sous la couette avec une tasse de thé au chocolat à portée de main

Vendredi: une très belle lumière hivernale / trouvé le Frankie #69 chez Waterstones / la beauté des illustrations de Fanny Ducassé dans "Louve" / un goûter impromptu dans le nouvel espace dégustation de Méert / à 18h le jour commence seulement à décliner / "Votre Succulence"

Samedi: à 7h le ciel commence déjà à s'éclaircir / le délicieux cake aux fruits de Méert au petit-déjeuner / un nouveau prêt sur Kiva (à Mary du Kenya) / l'odeur de l'Huile Virtuose de Sanoflore / étrenner enfin mes escarpins gris à bride A.S. 98 / le Zanzibar: gin, pamplemousse, poivre, cardamome - mmmmh / un gros fou-rire de fin de soirée cocktails à cause de Sainte-Tabite / entendre le pas de Chouchou dans l'escalier quand il revient après avoir déposé la voiture Cambio

Dimanche: le reste de carrot cake d'hier soir au petit-déjeuner / devoir monter le chauffage à 23° parce que Chouchou est malade / ce soir: repas indien M&S devant "Les délices de Tokyo" "Guardians of the galaxy"

samedi 13 février 2016

Boutique Lupicia, un paradis pour les amateurs de thé (et de jolies boîtes)




Ravie par ma première commande Lupicia, et gravement en manque de Neige Blanche depuis la fin de mes 50g d'origine quelques semaines plus tôt, j'avais prévu de passer mercredi dernier à la boutique parisienne - et, du même coup, d'y retrouver Shermane qui m'avait fait découvrir la marque. 

D'entrée, j'ai été agréablement surprise par l'espace immense et les thés qui s'alignaient presque à perte de vue. Je ne savais plus du tout où donner de la tête! Un vendeur très serviable m'a guidée vers les thés de Noël (en promo à -15% pour finir le stock, avant qu'ils disparaissent pour revenir à l'automne prochain). J'aurais pu me contenter de reprendre du Neige Blanche, mais il y avait beaucoup trop de jolies boîtes et de parfums tentants. Je pense que je n'ai jamais craqué pour autant de thés noirs de ma vie, moi qui n'en raffole pas d'habitude. Outre le Neige Blanche, j'ai pris de l'Earl Grey, mais aussi du Thé au chocolat, du Thé à l'abricot et même du Thé au kumquat - par curiosité, sans trop savoir s'il me plairait. Au final, mon seul thé vert est le mélange maison, le Bonaparte n°40 ainsi baptisé en référence à l'adresse de la boutique parisienne et que l'on trouve seulement là. Les autres points de vente de la marque ont leur propre mélange maison, mais pour y goûter il faudra aller en Asie, aux USA ou en Australie (on y travaille...). 












J'aime beaucoup la diversité des produits et le fait qu'on puisse choisir entre différents conditionnements: jolies boîtes métalliques plates, sachets de 50g  (ce qui permet de faire des tests à moindre coût - et si on prend plus d'un sachet à la fois, il y a 10% de réduction à partir du deuxième) ou infusettes individuelles parfois. Les matchas en poudre parfumés, à diluer directement dans de l'eau chaude, sont un concept très intéressant, et les coffrets doivent faire de merveilleux cadeaux. On peut humer toutes les variétés grâces aux boîtes d'exposition, et compléter ses emplettes avec théières, tasses, filtres, fouets à matcha et autres accessoires. Je n'ai qu'une seule question: à quand un salon de thé attenant? 

40 rue Bonaparte
75006 Paris
Ouvert du lundi au samedi

vendredi 12 février 2016

Impressions parisiennes




Un beau ciel bleu qui m'accueille à la descente du Thalys - j'ai fait une bonne affaire, il pleuvait et il caillait quand je suis partie de Bruxelles. Une jeune femme avec un double piercing à la lèvre inférieure fume une clope au bas de l'immeuble de mon éditeur; je lui remets l'enveloppe avec les contrats signés de ma nouvelle trad. La librairie Dimension Fantastique n'a pas le Funko Pop d'Amy Farrah Fowler, mais je repars quand même avec "La photographe" et un porte-clés Harley Quinn pour Chouchou. Métro Poissonnière: acheter un carnet de 10 tickets ou prendre un Mobilis pour la journée? WH Smith a encore le dernier Frankie, hourra! Par contre, euh, 16,99€ alors que le marchand de journaux de la rue du Bailli le vend 11,50 - pourquoi? "C'est parce que ça vient de loin". L'Australie est plus loin pour vous que pour les autres revendeurs français et belges, sérieusement?

Retrouver AF à Saint-Philippe-du-Roule. Papoter avec animation autour d'une salade Cobb (moi) et d'un tartare aller-retour (elle). Oui, le monde se porterait nettement mieux s'il était géré par les bobos de gauche. Cette panacotta aux fruits rouges façon crème brûlée est une tuerie, mais je vais mettre deux jours à la digérer. Oh, le beau livre sur Terry Gilliam; je suis sûre que Chouchou va adorer. C'est cool de savoir que je peux demander du boulot à un éditeur de plus en cas de besoin. Direction rive gauche. L'adorable vendeuse de Caroline Abram me reconnaît tout de suite et me conseille hyper bien - ce sera donc l'Orchidée noire, mais version solaire. Féerie des sculptures en papier d'Ai Weiwei au Bon Marché, mais qu'elles sont difficiles à photographier correctement! D'ici, j'ai aussi vite fait d'aller chez Lupicia à pied. Mais où est la suite de la rue Bonaparte? Haaaaan je veux tout - surtout le thé noir au chocolat et celui à l'abricot.

Sous un ciel qui se couvre mais devient assez spectaculaire au-dessus de Notre-Dame, longer les quais de la seine jusque chez Shakespeare and Co. Résister à l'appel du dernier Steve Toltz (dédicacé, en plus). Le café est un peu décevant, trois pauvres tables serrées les unes contre les autres et service d'une lenteur gastéropodienne - mais très bon smoothie du jour, et la tarte poire/cerise de Shermane a l'air délicieuse. J'aime quand il y a du super savon à mains dans les toilettes: ici, un Aesop à la mandarine et au cèdre. Tiens, il a plu pendant qu'on était à l'intérieur. Le tome 6 d'Erased est sorti et on en prend un chacune chez Album. Résister à l'appel de The Secret Six, comics au pitch fort intéressant mais au graphisme trop convenu. Se séparer dans le métro: elle descend aux Halles, je continue jusqu'à Poissonnière en me réjouissant d'avance de la délicieuse assiette végétarienne que je vais m'offrir au Café Pinson.

...Sauf que maintenant, ils ferment à 19h. Une fois de plus, j'atterris donc chez Big Fernand. C'est très bon mais bien trop lourd, heureusement que j'ai beaucoup marché aujourd'hui. Avec seulement quatre trajets en métro dans la journée, je n'aurai pas du tout amorti ce Mobilis en fin de compte. Contrôles de sécurité à l'embarquement du Thalys. Oups, je me suis trompée de siège. Finir "Si peu d'endroits confortables", lire le tome 6 d'"Erased", commencer le Frankie. Et à l'arrivée à Bruxelles, me jeter dans les bras de Chouchou en claironnant: "J'ai des cadeaux pour toi!". 

jeudi 11 février 2016

"Les vieux ne pleurent jamais" (Céline Curiol)


A 70 ans, Judith Hogen vit désormais seule. Actrice à la retraite, elle a cessé de fréquenter les scènes artistiques new-yorkaises et se contente de la compagnie de sa voisine Janet Shebabi, une femme de son âge fantasque et malicieuse. Trouvent un soir entre les pages d'un roman de Louis-Ferdinand Céline une vieille photographie, Judith est transportée cinquante ans en arrière et soudain submergée de tendresse et de ressentiments. Face à ce visage longtemps aimé, elle se surprend à douter des choix du passé. C'est ce moment que choisit Janet pour lui proposer de partir, de s'embarquer dans un voyage organisé aussi déroutant que burlesque au cours duquel s'établit entre elles un compagnonnage heureux hors des convenances de l'âge. De retour à Brooklyn, Judith doit bien admettre que la raisonnable passivité que lui impose la société devient insupportable. Elle décide de repartir en voyage dans son pays natal, cette France quitté dans les années 60, là où demeure cet homme, celui de la photo, ce héros. 

Difficile pour moi d'écrire une critique de ce roman qui m'a laissé une impression aussi partagée. J'ai adoré la première partie qui se passe aux USA, les réflexions intimes de Judith sur la maladie et la mort de son mari, ainsi que sur la façon dont la vieillesse l'enferme dans un rôle auquel elle ne s'identifie absolument pas; j'ai trouvé ça très beau et très juste. Mais à partir du moment où l'héroïne retourne en France, l'histoire prend un tour désarçonnant qui m'a larguée en chemin. L'homme de la photo n'est pas celui qu'on croit; Judith et lui ne se sont pas éloignés pour les raisons qu'on imagine, mais pour quelque chose que j'ai eu un peu de mal à admettre malgré les moeurs de l'époque; et les retrouvailles attendues n'auront finalement pas lieu pour un motif qui semble à la fois brumeux et peu crédible. J'avoue avoir survolé la fin à toute vitesse et avec un sentiment de grande déception.

"Pendant tant d'années, j'avais voulu me préserver de cette manière de penser, "s'occuper", comme si nous ne vivions qu'un long sursis dans l'illusion d'une existence véritable, ô combien cette façon d'appréhender le temps m'avait paru néfaste. Mais rapidement après le décès d'Herb, le verbe s'était imposé et j'avais réalisé que dorénavant, moi aussi, je m'occuperais, comme Janet. Même auparavant, au cours des derniers mois de sa maladie, alors que j'avais progressivement perdu mon rôle d'épouse tendre et impertinente, devenant infirmière diligente et serviable, me faisant cette présence permanente qui veillait aux moindres de ses besoins, je m'étais occupée par intervalles, dans ces moments de plus en plus fréquents où il s'abandonnait au sommeil en pleine journée pour échapper à la douleur, livré aux mains d'acier et aux baisers aigres de la morphine. Par intermittence, j'essayais donc de m'occuper, ou plutôt de me perdre dans des tâches anodines, des projets simples de rangement et de nettoyage, assignée à résidence la majeure partie de la semaine. Et quand intervenaient les infirmières ou la garde-malade, je ne savais même plus comment m'y prendre pour obtenir ce que les âmes bien intentionnées m'enjoignaient de m'accorder, du plaisir, un plaisir qui, au vu des circonstances, au vu de ce que lui endurait, dégoulinait d'indécence." 

Merci mon corps




Comme beaucoup de femmes j'imagine, j'ai perdu au cours de ma vie un temps considérable à détester mon corps, à me lamenter qu'il ne soit pas autrement et à essayer de le faire changer. 
J'ai tempêté contre mes boutons d'acné à l'adolescence, mon mélasma dès que j'ai commencé à prendre un traitement progestatif, les petites verrues brunes et autres taches de vieillesse qui sont apparues un peu partout vers la quarantaine. 
J'ai rouspété contre tous ces grains de beauté moches ou mal placés qui se multiplient comme des petits pains. 
J'en ai voulu mes yeux dépourvus de vision en 3D et sujets à l'hypertension oculaire susceptible de provoquer des glaucomes. 
Je me suis lamentée à cause de mes jambes trop courtes et de mon ridicule 1m54 qui me fait toujours regarder les plus de douze ans par en-dessous (sans compter qu'il me met pile à hauteur d'aisselles du reste du monde dans les transports en commun aux heures de pointe). 
J'ai pleuré de douleur à cause de mon endométriose, vomi cet utérus qui n'a jamais servi à rien sinon me faire mal et risquer une grossesse non-désirée. 
J'ai haï mes kilos en trop quoi que je fasse, ces indéboulonnables ailes de chauve-souris à cause desquelles toutes les manches me serrent et ce bidon apparu il y a quelques années là où je n'en avais jamais vraiment eu jusque là. 
J'ai regretté de ne pas avoir des seins plus gros pour contrebalancer mon majestueux séant. 
J'ai pesté contre mes canines en avant, même si c'est entièrement ma faute. 
J'ai grommelé contre mes pieds minuscules difficiles à chausser, mes petites mains boudinées jamais élégantes même avec les ongles vernis. 

Et puis à force de voir des gens mourir ou déclarer des maladies graves et handicapantes autour de moi, j'ai appris à appliquer le principe du verre à moitié plein à mon corps comme au reste, à le regarder avec plus d'indulgence voire de de gratitude. Aujourd'hui, je lui dis régulièrement merci. 
Merci de ne souffrir d'aucune infirmité ni d'aucune grosse allergie. 
Merci mon système immunitaire de combat qui fait que je ne chope pratiquement jamais de virus, que j'ignore ce qu'est la grippe et que j'ai dû prendre des antibiotiques une seule fois dans ma vie. 
Merci de cicatriser facilement. 
Merci mes veines faciles à piquer; ça aide quand on est une mauviette.
Merci de bien tolérer le seul traitement connu contre l'endométriose, si imparfait soit-il. 
Merci d'être nettement plus souple que la moyenne, et merci ma petite taille qui rend moins inconfortables les vols en classe éco. 
Merci d'avoir appris à passer des nuits reposantes. 
Merci pour le plaisir que me procure la bonne nourriture, cette consolation facile, cette satisfaction chaque jour renouvelée. 
Merci pour les orgasmes solo en moins de trois minutes chrono. 
Merci mes petits seins qui défient la gravité. 
Merci mes dents qui moyennant un détartrage annuel me fichent une paix royale. 
Merci mes yeux qui malgré tout tiennent le coup jusque là et qui me permettent de lire tant de beaux livres, de contempler tant de belles choses. 
Merci pour mes aisselles quasiment chauves, ça fait toujours un truc de moins à entretenir en été. 
Merci mes petites jambes et mes pieds minuscules qui me portent sans rechigner pendant des kilomètres et des kilomètres pourvu que j'aie pris la précaution d'enfiler des chaussures confortables. 
Merci mon 35 1/2 qui fait que je trouve facilement ma pointure en Chie Mihara pendant les soldes.
Merci mes cheveux faciles à entretenir et à coiffer, même si je ne me donne jamais la peine de le faire!
Merci la forme de mes ongles qui est comme un bout de mon père que j'emporte partout avec moi. 
Surtout, surtout: merci de ne pas avoir développé de cancer ou d'horrible maladie dégénérative pour le moment. Keep up the good work. 

L'Esco*bar, une bonne adresse pour déjeuner et goûter à Anvers




Pour notre récente escapade à Anvers, j'avais demandé à Gasparde, qui s'y rend souvent pour son travail, de nous recommander un resto sympa et pas trop cher à proximité de la gare centrale. Effectivement, l'Esco*bar est très bien situé, dans une rue sur la gauche quand on marche en direction de la grande avenue commerçante du Meir. Lorsque nous arrivons le samedi vers 11h30, les deux salles sont déjà presque pleines de gens en train de bruncher, et sans réservation, nous avons de la chance de réussir à grapiller une table pour deux qui se libère juste à ce moment. 










La formule brunch est assez classique, essentiellement du sucré avec du jambon et du fromage en plus, et nous décidons donc de taper plutôt dans le reste du menu (que je dois me faire traduire par Chouchou, car il n'en existe pas de version française ou anglaise). Un burger crapuleux et une eau pétillante pour Chouchou, les "scampi Esco*bar" et un verre de vin blanc argentin pour moi. Le temps que notre commande arrive, je me balade un peu partout en photographiant la déco.





Nos assiettes arrivent relativement vite malgré l'affluence. Le burger de Chouchou est assez monstrueux et délicieux d'après lui. Je suis un peu décontenancée de ne recevoir qu'une corbeille de pains assortis avec mes scampi, alors que selon moi, une timbale de riz blanc vapeur s'imposait en accompagnement. Malgré tout, je ne regrette pas mon choix: la sauce riche, crémeuse et légèrement épicée, est une véritable tuerie. 





L'endroit nous plaît tellement que nous y revenons pour une pause goûter avant de prendre notre train. Je suis déçue par les muffins, que je trouve un poil secs et peu intéressants gustativement; par contre la limonade maison "Royal mint" choisie dans la grande liste écrite et illustrée à la craie sur une porte est un excellent choix. Et puis pour 11,50€ à deux, difficile de rouspéter même si la maison n'accepte que les paiements en cash... Nous avons adoré l'Esco*bar, et nous y reviendrons sûrement lors d'un prochain passage à Anvers.

Quellinstraat 32
2018 Antwerpen
Ouvert de 9h à 18h

mercredi 10 février 2016

Winter Cookbook Challenge: Boulettes de sarrasin au comté




Je poursuis l'exploration de mon fidèle livre "Veggie: Je sais cuisiner végétarien" avec cette recette tirée de la catégorie "Pour les enfants". Horrifiée par le prix du comté, et ne sachant pas si ma tentative serait réussie, j'ai préféré utiliser un vulgaire bloc d'emmental. Pour le reste, j'ai bien respecté la recette, sauf que:
- Mon kasha n'a pas mis 3 minutes à cuire, mais plutôt une bonne dizaine.
- Je me suis retrouvée avec 13 boulettes au lieu de la vingtaine préconisée, sans doute parce que je les ai faites un peu grosses (en vertu de la même impatience qui, à l'époque où je préparais des crêpes, me poussait à verser chaque fois un centimètre de pâte dans la poêle histoire de venir plus vite à bout du saladier).




Résultat, le fromage n'a pas fondu à l'intérieur pendant la cuisson. Et même si c'était très mangeable, je ne suis pas emballée: le sarrasin a un goût vraiment fort que je n'apprécie guère que dans les crêpes salées galettes bretonnes. Bien entendu, à côté, mon emmental ne se sentait pas du tout - c'est là que j'ai compris l'utilité d'investir dans du comté. Il est peu probable que je refasse cette recette un jour, d'autant que je n'aime pas beaucoup manipuler des mélanges un peu collants à mains nues, mais je suis contente d'avoir essayé - ça changeait un peu.




Le Winter Cookbook Challenge a été lancé par Sunalee pour inciter ses lectrices à tenter de nouvelles recettes. 

mardi 9 février 2016

"Mollie makes": la version française vient de sortir


Bien que je ne pratique plus de loisirs créatifs depuis un an et demi, un reste de curiosité m'a poussée à acheter le premier numéro de la version française de Mollie Makes, magazine anglais de DIY auquel j'ai longtemps été abonnée et que j'aimais vraiment beaucoup. Je m'attendais à une simple sélection d'articles anglais traduits, mais non: même s'il reprend le concept et la mise en page à la fois sobre et dynamique de son grand frère, le magazine est pour la plus grande partie réalisé par des créatrices et blogueuses françaises. Ca, c'est le bon point. 

Le mauvais point, c'est que les DIY présentés manquent, à mon avis, franchement d'originalité et surtout de variété. Je n'ai vu que des choses assez basiques déjà aperçues mille fois sur internet, et la seule réalisation qui me tentait un peu (un tissage mural) m'a paru insuffisamment illustrée pour être facile à reproduire. Et puis, les deux articles consacrés à des intérieurs de créatrice et mobilisant 16 pages en tout auraient davantage eu leur place dans un magazine de déco; ici, ils prenaient juste de la place qui aurait été mieux employée à présenter des DIY axés sur autre chose que les arts du fil et du tissu, vraiment trop prépondérants à mon goût. Bref, en ce qui me concerne, c'est une déception. 

"Quatuor" (Anna Enquist)


Ils sont quatre musiciens classique amateurs qui se réunissent régulièrement juste pour le plaisir de jouer ensemble. Caroline, médecin généraliste, ne se remet pas d'avoir perdu ses enfants dans un accident. Son mari Jochem évacue une grande violence intérieure dans son métier de luthier. Sa meilleure amie Heleen, infirmière, est une âme bienveillante membre d'un club de correspondance avec des prisonniers. Hugo, le cousin d'Heleen, vit sur une péniche et dirige un centre culturel qui prend l'eau de toutes parts en ces temps où la culture ne reçoit plus aucune subvention. A la lisière de leur quatuor, Reinier, l'ancien professeur de Caroline et Hugo, autrefois un violoncelliste virtuose, se trouve désormais cloué chez lui par l'arthrose et la paranoïa: il sait que si on le juge inapte à vivre seul, il sera emmené dans un ces mystérieux centres où les visites sont découragées et où les pensionnaires ne font généralement pas long feu. Pendant que chacun se débat avec ses problèmes personnels, une affaire de corruption met les médias locaux en émoi...

D'Anna Enquist, une des plus importantes auteurs néerlandaises, j'avais adoré "Le retour" qui romançait l'existence de la femme du capitaine James Cook. Avec "Quatuor", on est dans un tout autre registre: un avenir proche qui semble une évolution à la fois crédible et glaçante de notre société actuelle. Mépris extrême pour la personne humaine, autorités incompétentes ou corrompues... Et telles des grenouilles plongées dans une casserole d'eau froide dont la température augmente trop imperceptiblement pour qu'elles songent à se sauver, les gens ordinaires continuent à vaquer à leurs occupations en occultant d'un haussement d'épaules fataliste les iniquités qu'on leur impose. Les quatre héros trouvent une forme de salut dans leur musique, la seule chose qui leur apporte encore une joie véritable, mais même ces moments ne sont que des éclaircies fugaces dans un quotidien plus que plombant. Bien que "Quatuor" soit un excellent roman, très bien écrit et traduit (au point qu'il semble avoir été rédigé directement en français), il appuie vraiment là où ça fait mal, et pour cette raison j'ai eu beaucoup de mal à l'apprécier.

"Incroyable que le pays soit gouverné par des individus pareils. (...) Apparemment, les gens qui veulent faire quelque chose d'utile et qui en plus ont les compétences requises n'occupent jamais ce genre de poste. Ya qu'à voir l'endormi qu'on a au ministère de la Santé, ce type n'a aucune idée de ce qu'est la maladie ou le handicap et de toute façon, ça ne l'intéresse pas. On parlait de lui l'autre soir à table, chez Heleen, la pauvre était absolument outrée des offenses infligées aux personnes qu'elle soigne. L'Etat-Providence appartient au passé, avait dit le ministre, on avait eu raison à l'époque de remplacer ce système par une logique participative: pas de soins à domicile ni de remboursements inabordables, mais de l'aide apportée par les voisins et la famille. L'approche s'est elle aussi révélée impraticable, avait-il reconnu d'un air jovial, on n'avait pas les moyens de contrôle adéquats et on sollicitait trop la population active. L'autonomie, voilà notre nouvel idéal, avait-il résumé avec enthousiasme, autonomie et responsabilisation. Chaque citoyen doit faire lui-même en sorte que la maladie ne se déclare pas. Bouger, manger sain, ne pas rester toute la journée en position assise - autant de bienfaits scientifiquement prouvés dont nous devons tous tirer profit. Tenez, moi par exemple, avait conclu le ministre, je cours dix kilomètres par jour et je ne mange pas de sucre."

lundi 8 février 2016

"Foot Print - Sur les pas des chaussures dans la mode" au MoMu d'Anvers


Après avoir reporté de semaine en semaine depuis le début de l'année, samedi, nous avons enfin réussi à nous rendre à Anvers pour voir l'exposition "Foot Print - Sur les pas des chaussures dans la mode" qui prendra fin le dimanche 14. Le MoMu, ou Mode Museum, se situe pas trop loin de la grande artère commerçante du Meir (compter une petite demi-heure à pied depuis la gare centrale, ou prendre le tram 12 jusqu'à l'arrêt Groenplaats). C'est un beau bâtiment moderne avec de larges marches en bois et des volumes bien travaillés, flanqué d'une boutique où l'on trouve plein d'ouvrages passionnants. Quant à l'expo elle-même, elle présente 500 paires de chaussures de créateurs du monde entier, et il y en a vraiment pour tous les goûts, du presque portable au plus expérimental, du quasi-sobre au très très délirant. Des vitrines souvent agrémentées de vidéos les regroupent par thème ou par créateur. Comme d'habitude, j'ai regretté que tout ce qui n'est pas les pièces proprement dites soit complètement plongé dans le noir, mais Chouchou m'a fait remarquer que c'était peut-être pour diminuer les reflets sur le verre. Dommage: j'aurais bien aimé dessiner, mais je n'avais pas apporté de lampe. Néanmoins l'expo me paraît très intéressante pour les fétichistes de la chaussure dans mon genre. 















Nationalestraat 28
2000 Antwerpen
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Entrée adulte plein tarif: 8€

dimanche 7 février 2016

Les joies de la semaine #5




Lundi: le magnifique Totoro géant dans la vitrine de Holy Moly / un test de tarte amandine aux clémentines assez réussi / AF peut se libérer pour déjeuner avec moi mercredi prochain

Mardi: début du tournage de l'ultime saison de "Gilmore Girls" / un colis-surprise de chocolat Villars envoyé par Lady Pops / le gentil vendeur du Brüsel Flagey m'a mis de côté un des tote bags panda offerts avec le "Notes 10" de Boulet / une bougie parfumée Kungsholmstorg chez & other stories / recevoir un livre de recettes en cadeau avec mes achats à la Fnac / miam la nouvelle carte du Little Tokyo

Mercredi: la bonne volonté sincère du responsable éditorial de D. / ma trésorerie du premier semestre bouclée de façon satisfaisante / me plonger dans la suite de "The invisible library"

Jeudi: enfin un riz sauté aux légumes (chou chinois + épinards) réussi / les reprises de Bowie par Amanda Palmer et un quatuor à cordes

Vendredi: réservé deux entrées pour l'expo Harry Potter cet été / bouclé dans les temps la trad du festival de la boulette / un délicieux cocktail en double exemplaire au Berger / "4 miso katsu ramen s'il vous plaît"

Samedi: une météo potable pour notre journée à Anvers / la déco cosy de l'Esco Bar et ses fabuleux scampi maison / le chouette bouquin "Skylines" déniché chez Urban Outfitters et la photo que Chouchou prend de moi avec / une jolie paire de babies violettes soldées chez Noë / les clichés d'amateurs accrochés à des fils dans la cage d'escalier du FotoMuseum, et notés par les visiteurs avec des pastilles "like" / la vieille cabine de Photomaton dans le hall / le petit tram qui nous ramène jusqu'à la gare centrale alors que nous sommes crevés

Dimanche: faire le marché avec Chouchou et déjeuner d'un burger végétarien au Sin Street Food / l'éditrice du festival de la boulette semble contente de mon travail jusqu'ici / revoir le très beau "La colline aux coquelicots"