mercredi 10 février 2016

Winter Cookbook Challenge: Boulettes de sarrasin au comté




Je poursuis l'exploration de mon fidèle livre "Veggie: Je sais cuisiner végétarien" avec cette recette tirée de la catégorie "Pour les enfants". Horrifiée par le prix du comté, et ne sachant pas si ma tentative serait réussie, j'ai préféré utiliser un vulgaire bloc d'emmental. Pour le reste, j'ai bien respecté la recette, sauf que:
- Mon kasha n'a pas mis 3 minutes à cuire, mais plutôt une bonne dizaine.
- Je me suis retrouvée avec 13 boulettes au lieu de la vingtaine préconisée, sans doute parce que je les ai faites un peu grosses (en vertu de la même impatience qui, à l'époque où je préparais des crêpes, me poussait à verser chaque fois un centimètre de pâte dans la poêle histoire de venir plus vite à bout du saladier).




Résultat, le fromage n'a pas fondu à l'intérieur pendant la cuisson. Et même si c'était très mangeable, je ne suis pas emballée: le sarrasin a un goût vraiment fort que je n'apprécie guère que dans les crêpes salées galettes bretonnes. Bien entendu, à côté, mon emmental ne se sentait pas du tout - c'est là que j'ai compris l'utilité d'investir dans du comté. Il est peu probable que je refasse cette recette un jour, d'autant que je n'aime pas beaucoup manipuler des mélanges un peu collants à mains nues, mais je suis contente d'avoir essayé - ça changeait un peu.




Le Winter Cookbook Challenge a été lancé par Sunalee pour inciter ses lectrices à tenter de nouvelles recettes. 

mardi 9 février 2016

"Mollie makes": la version française vient de sortir


Bien que je ne pratique plus de loisirs créatifs depuis un an et demi, un reste de curiosité m'a poussée à acheter le premier numéro de la version française de Mollie Makes, magazine anglais de DIY auquel j'ai longtemps été abonnée et que j'aimais vraiment beaucoup. Je m'attendais à une simple sélection d'articles anglais traduits, mais non: même s'il reprend le concept et la mise en page à la fois sobre et dynamique de son grand frère, le magazine est pour la plus grande partie réalisé par des créatrices et blogueuses françaises. Ca, c'est le bon point. 

Le mauvais point, c'est que les DIY présentés manquent, à mon avis, franchement d'originalité et surtout de variété. Je n'ai vu que des choses assez basiques déjà aperçues mille fois sur internet, et la seule réalisation qui me tentait un peu (un tissage mural) m'a paru insuffisamment illustrée pour être facile à reproduire. Et puis, les deux articles consacrés à des intérieurs de créatrice et mobilisant 16 pages en tout auraient davantage eu leur place dans un magazine de déco; ici, ils prenaient juste de la place qui aurait été mieux employée à présenter des DIY axés sur autre chose que les arts du fil et du tissu, vraiment trop prépondérants à mon goût. Bref, en ce qui me concerne, c'est une déception. 

"Quatuor" (Anna Enquist)


Ils sont quatre musiciens classique amateurs qui se réunissent régulièrement juste pour le plaisir de jouer ensemble. Caroline, médecin généraliste, ne se remet pas d'avoir perdu ses enfants dans un accident. Son mari Jochem évacue une grande violence intérieure dans son métier de luthier. Sa meilleure amie Heleen, infirmière, est une âme bienveillante membre d'un club de correspondance avec des prisonniers. Hugo, le cousin d'Heleen, vit sur une péniche et dirige un centre culturel qui prend l'eau de toutes parts en ces temps où la culture ne reçoit plus aucune subvention. A la lisière de leur quatuor, Reinier, l'ancien professeur de Caroline et Hugo, autrefois un violoncelliste virtuose, se trouve désormais cloué chez lui par l'arthrose et la paranoïa: il sait que si on le juge inapte à vivre seul, il sera emmené dans un ces mystérieux centres où les visites sont découragées et où les pensionnaires ne font généralement pas long feu. Pendant que chacun se débat avec ses problèmes personnels, une affaire de corruption met les médias locaux en émoi...

D'Anna Enquist, une des plus importantes auteurs néerlandaises, j'avais adoré "Le retour" qui romançait l'existence de la femme du capitaine James Cook. Avec "Quatuor", on est dans un tout autre registre: un avenir proche qui semble une évolution à la fois crédible et glaçante de notre société actuelle. Mépris extrême pour la personne humaine, autorités incompétentes ou corrompues... Et telles des grenouilles plongées dans une casserole d'eau froide dont la température augmente trop imperceptiblement pour qu'elles songent à se sauver, les gens ordinaires continuent à vaquer à leurs occupations en occultant d'un haussement d'épaules fataliste les iniquités qu'on leur impose. Les quatre héros trouvent une forme de salut dans leur musique, la seule chose qui leur apporte encore une joie véritable, mais même ces moments ne sont que des éclaircies fugaces dans un quotidien plus que plombant. Bien que "Quatuor" soit un excellent roman, très bien écrit et traduit (au point qu'il semble avoir été rédigé directement en français), il appuie vraiment là où ça fait mal, et pour cette raison j'ai eu beaucoup de mal à l'apprécier.

"Incroyable que le pays soit gouverné par des individus pareils. (...) Apparemment, les gens qui veulent faire quelque chose d'utile et qui en plus ont les compétences requises n'occupent jamais ce genre de poste. Ya qu'à voir l'endormi qu'on a au ministère de la Santé, ce type n'a aucune idée de ce qu'est la maladie ou le handicap et de toute façon, ça ne l'intéresse pas. On parlait de lui l'autre soir à table, chez Heleen, la pauvre était absolument outrée des offenses infligées aux personnes qu'elle soigne. L'Etat-Providence appartient au passé, avait dit le ministre, on avait eu raison à l'époque de remplacer ce système par une logique participative: pas de soins à domicile ni de remboursements inabordables, mais de l'aide apportée par les voisins et la famille. L'approche s'est elle aussi révélée impraticable, avait-il reconnu d'un air jovial, on n'avait pas les moyens de contrôle adéquats et on sollicitait trop la population active. L'autonomie, voilà notre nouvel idéal, avait-il résumé avec enthousiasme, autonomie et responsabilisation. Chaque citoyen doit faire lui-même en sorte que la maladie ne se déclare pas. Bouger, manger sain, ne pas rester toute la journée en position assise - autant de bienfaits scientifiquement prouvés dont nous devons tous tirer profit. Tenez, moi par exemple, avait conclu le ministre, je cours dix kilomètres par jour et je ne mange pas de sucre."

lundi 8 février 2016

"Foot Print - Sur les pas des chaussures dans la mode" au MoMu d'Anvers


Après avoir reporté de semaine en semaine depuis le début de l'année, samedi, nous avons enfin réussi à nous rendre à Anvers pour voir l'exposition "Foot Print - Sur les pas des chaussures dans la mode" qui prendra fin le dimanche 14. Le MoMu, ou Mode Museum, se situe pas trop loin de la grande artère commerçante du Meir (compter une petite demi-heure à pied depuis la gare centrale, ou prendre le tram 12 jusqu'à l'arrêt Groenplaats). C'est un beau bâtiment moderne avec de larges marches en bois et des volumes bien travaillés, flanqué d'une boutique où l'on trouve plein d'ouvrages passionnants. Quant à l'expo elle-même, elle présente 500 paires de chaussures de créateurs du monde entier, et il y en a vraiment pour tous les goûts, du presque portable au plus expérimental, du quasi-sobre au très très délirant. Des vitrines souvent agrémentées de vidéos les regroupent par thème ou par créateur. Comme d'habitude, j'ai regretté que tout ce qui n'est pas les pièces proprement dites soit complètement plongé dans le noir, mais Chouchou m'a fait remarquer que c'était peut-être pour diminuer les reflets sur le verre. Dommage: j'aurais bien aimé dessiner, mais je n'avais pas apporté de lampe. Néanmoins l'expo me paraît très intéressante pour les fétichistes de la chaussure dans mon genre. 















Nationalestraat 28
2000 Antwerpen
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Entrée adulte plein tarif: 8€

dimanche 7 février 2016

Les joies de la semaine #5




Lundi: le magnifique Totoro géant dans la vitrine de Holy Moly / un test de tarte amandine aux clémentines assez réussi / AF peut se libérer pour déjeuner avec moi mercredi prochain

Mardi: début du tournage de l'ultime saison de "Gilmore Girls" / un colis-surprise de chocolat Villars envoyé par Lady Pops / le gentil vendeur du Brüsel Flagey m'a mis de côté un des tote bags panda offerts avec le "Notes 10" de Boulet / une bougie parfumée Kungsholmstorg chez & other stories / recevoir un livre de recettes en cadeau avec mes achats à la Fnac / miam la nouvelle carte du Little Tokyo

Mercredi: la bonne volonté sincère du responsable éditorial de D. / ma trésorerie du premier semestre bouclée de façon satisfaisante / me plonger dans la suite de "The invisible library"

Jeudi: enfin un riz sauté aux légumes (chou chinois + épinards) réussi / les reprises de Bowie par Amanda Palmer et un quatuor à cordes

Vendredi: réservé deux entrées pour l'expo Harry Potter cet été / bouclé dans les temps la trad du festival de la boulette / un délicieux cocktail en double exemplaire au Berger / "4 miso katsu ramen s'il vous plaît"

Samedi: une météo potable pour notre journée à Anvers / la déco cosy de l'Esco Bar et ses fabuleux scampi maison / le chouette bouquin "Skylines" déniché chez Urban Outfitters et la photo que Chouchou prend de moi avec / une jolie paire de babies violettes soldées chez Noë / les clichés d'amateurs accrochés à des fils dans la cage d'escalier du FotoMuseum, et notés par les visiteurs avec des pastilles "like" / la vieille cabine de Photomaton dans le hall / le petit tram qui nous ramène jusqu'à la gare centrale alors que nous sommes crevés

Dimanche: faire le marché avec Chouchou et déjeuner d'un burger végétarien au Sin Street Food / l'éditrice du festival de la boulette semble contente de mon travail jusqu'ici / revoir le très beau "La colline aux coquelicots"

"Les enfants de la baleine T1" (Abi Umeda)


Dans un monde où tout n'est plus que sable, un gigantesque vaisseau vogue à la surface d'un océan de dunes. Il abrite des hommes et des femmes capables pour beaucoup de manipuler le saimia, un pouvoir surnaturel qu'ils tirent de leurs émotions. Ce don les condamne cependant à mourir très jeunes. A bord de la "Baleine de Glaise", ils vivent leur courte vie coupés du reste du monde. Jusqu'au jour où, sur un vaisseau à la dérive, le jeune Chakuro fait une étrange rencontre...

Impossible de ne pas penser à "Nausicaä de la vallée du vent" en lisant ce résumé - d'un autre côté, le rapprochement est plutôt flatteur, et je suis toujours partante pour une fable futuriste écolo, surtout si elle est aussi joliment dessinée et poétique dans le propos.

D'entrée de jeu, "Les enfants de la baleine" impose son univers bien particulier. Pour pallier le manque de ressources et le déséquilibre démographique de leur petite communauté, les occupants de la Baleine ont développé un mode de vie très ritualisé, et l'harmonie règne à bord malgré une poignée de contestataires que l'ordre établi ne satisfait pas. On ne surprend à penser qu'au fond, malgré sa brièveté, leur existence paisible et bien réglée semble plutôt enviable.

Puis la découverte de Chakuro soulève un coin du voile de mystère qui les enveloppe, avec des conséquences rapidement dramatiques. La fin du tome 1 laisse entrevoir un univers finalement pas du tout, du tout conforme à ce qu'on avait pu imaginer - mais sans doute encore plus fascinant. Et je ne peux hélas pas en dire plus pour ne pas gâcher l'effet de surprise. Une chose est certaine: je vais très rapidement me jeter sur la suite (le tome 2 est déjà disponible; le 3 sortira en mai, et la série toujours en cours au Japon en compte actuellement 6).

Seul petit regret, le noir et blanc ainsi que le format du manga ne mettent pas en valeur le côté grandiose des décors et des paysages imaginés par Abi Umeda. Par contre, si quelqu'un se dévouait pour produire un anime, ça pourrait être vraiment chouette!




samedi 6 février 2016

Le festival de la boulette


Je vous présente ma dernière traduction. 


A l'époque où mon planning de ce début d'année s'est brusquement vidé, j'ai paniqué un peu et fait savoir que je cherchais du boulot. Une éditrice et amie, qui avait besoin de faire traduire assez rapidement le tome 2 d'une série dont le traducteur du tome 1 n'était pas disponible à la bonne période, m'a envoyé un fichier .pdf pour que je voie si ça m'intéressait. J'ai parcouru quelques chapitres, trouvé ça sympa et dit OK. Je disposerais de quatre semaines pour traduire et relire 400 pages, ce qui était un peu chaud mais néanmoins jouable à condition de ne pas flâner en route. 

Le contrat signé, l'éditrice m'a envoyé deux livres-papier: le tome 1 en français et le tome 2 en anglais. Je voulais bien entendu lire le tome 1 avant de commencer, pour me mettre au parfum, mais juste avant cette traduction-là, j'en avais bouclé une autre en très peu de temps aussi, et j'avais envie de souffler. Donc, au lieu de lire le tome 1 le week-end avant d'entamer la traduction du tome 2, j'ai reporté au week-end suivant, en me disant que si j'avais fait des erreurs dans le premier quart, je les corrigerais à la relecture. 

La première semaine s'est très bien passée. Je suis rentrée tout de suite dans le style de l'auteur, je me sentais vraiment à l'aise. En plus, on devait garder le même contexte mais changer de personnage principal par rapport au tome 1, parce qu'on faisait vraiment la connaissance de l'héroïne, sa famille, son passé, ses motivations... Du coup, je me suis dit que comme le traducteur précédent avait établi un lexique, je pouvais sans doute me passer de lire le tome 1. Mais par conscience professionnelle, j'ai quand même voulu m'y mettre dès le vendredi soir, après avoir bouclé mon quota de pages pour la journée. 

C'est là que je me suis aperçue que le .pdf sur lequel je bossais (le seul dont je disposais, puisque par ailleurs j'avais des livres-papier) n'était pas celui du tome 2 mais du tome 1. Dont je venais de retraduire inutilement le premier quart. Tu m'étonnes qu'on faisait vraiment la connaissance de l'héroïne...

Il me restait 3 semaines pour traduire et relire 400 pages. Et je ne pouvais pas réclamer de délai, parce que l'éditrice avait déjà accepté de mordre d'une semaine sur son temps de relecture pour me permettre de faire la traduction en premier lieu. Moi qui suis tellement attentive aux détails d'habitude, je ne comprenais même pas comment j'avais pu faire une boulette pareille. 

Je me suis traitée de tous les noms d'oiseaux. Puis, au lieu de paniquer ou de me lamenter, j'ai mis au point un plan de bataille. J'ai redécoupé le texte en fonction du temps qui me restait, en faisant sauter les après-midi libres que je m'étais gardés pour boucler ma compta pro 2015 et remplir le dossier correspondant pour mon association de gestion agréée: je m'en occuperais le week-end, ou plus tard car j'avais un peu de marge. J'ai annulé tous les autres trucs que je comptais faire un jour de semaine pendant cette période-là - tant pis pour mes 10 000 pas par jour et mes promenades de santé. J'avais une boulette à rattraper, et une grosse.

La deuxième semaine, il faisait un beau temps d'hiver, froid mais sec et ensoleillé, ce qui me donnait très envie de sortir l'après-midi. J'avais énormément de mal à m'adapter au travail fait par le traducteur précédent: plusieurs termes importants de son lexique me chiffonnaient, mais j'étais obligée de les garder. Par ailleurs, le style que j'avais apprécié dans le (début du) tome 1 devenait ici franchement basique, avec beaucoup de répétitions et d'expressions vagues qui passaient en anglais mais pas en français, et quantité d'incohérences à corriger. Les boulettes de l'auteur venant s'additionner à la mienne - quel bonheur!

La troisième semaine, il faisait super moche, et j'avais très envie de passer mes journée à lire sous la couette avec un chocolat chaud. En plus, j'avais bien mal au ventre: j'ai d'abord cru que je couvais une gastro, mais au final, ce n'était sans doute "que" mon endométriose. Je tirais la langue un peu plus chaque jour devant mon ordinateur, mais arrivée au vendredi soir, j'étais toujours dans les temps.

La quatrième semaine, je me suis coincé un nerf sous l'omoplate droite en faisant des pompes (y'a pas à dire, le sport, c'est excellent pour la santé). J'ai tendance à traiter ce genre de bobo par le mépris, en me disant que ça passera tout seul, sauf que ça empirait au fil des jours et que je n'avais pas le temps d'aller voir un ostéo. Après avoir bataillé contre des incohérences de plus en plus tragiques, j'ai rendu ma traduction hier soir un peu avant 17h, en me retenant d'écrire dans le mail d'accompagnement à mon éditrice: "Je pense que ton homologue américaine était bourrée quand elle a signé le BAT". Puis je suis partie boire des cocktails pour oublier.

J'espère qu'il va bien marcher, ce bouquin. Franchement, je l'ai mérité.

vendredi 5 février 2016

SECRET SANTA: Les paquets échangés #3


Le colis d'Annelise pour La Plume:



Le colis de La Plume pour Andoryss
(qu'elle a dû lui envoyer deux fois, car la première, il lui avait été retourné sans qu'Andoryss ait jamais reçu d'avis de passage et pu aller le chercher avant la fin du délai de garde)



Le colis d'Andoryss pour Fatima
(le second, en fait, car le premier a été signalé livré par Colissimo alors que Fatima n'avait rien reçu...)



Le colis de Fatima pour Mélusine:



Le colis de Mélusine pour Raphaele:



Le colis de Raphaele pour La Grande Cla
(le second, en fait, car la Poste ne sait pas ce qu'elle a fait du premier...)
Je n'ai pas de nouvelles de ce colis et ignore s'il est bien arrivé à destination


Le colis de La Grande Cla pour Elise:



Le colis d'Elise pour Gasparde:



Le colis de Gasparde pour Ju de Pom:



Le colis de Ju de Pom pour Roulio:
Pas de photo car Roulio n'avait pas d'appareil sous la main

Merci à toutes les participantes pour leur enthousiasme, leur patience et leur bonne volonté face aux ignominies commises par la Poste! Trois colis disparus ou retournés à l'envoyeur sans raison valable, sur trente, ça fait quand même 10% d'envois problématiques, et je ne vois pas trop comment y remédier. Imposer un envoi avec remise contre signature, c'est un coût supplémentaire pour l'expéditeur et parfois un dérangement pour le destinataire... 

jeudi 4 février 2016

"La folle rencontre de Flora et Max" (Martin Page/Coline Pierré)


Lorsqu'elle découvre l'étonnante lettre de Max, Flora est à la fois heureuse et troublée: elle reçoit si peu de courrier depuis qu'elle est en prison... Que peut bien lui vouloir ce garçon excentrique qui semble persuadé qu'ils ont des points communs? Que peut-il partager avec une lycéenne condamnée à six mois ferme pour avoir violemment frappé une fille qui la harcelait? 
Max ne tarde pas à révéler qu'il vit lui aussi enfermé. Il a quitté le lycée après une grave crise d'angoisse. Depuis, il n'arrive plus à mettre un pied dehors et vit retranché chez lui avec ses livres, son ordinateur, son chat gourmet et son ukulélé.
Flora et Max vont s'écrire, collecter chaque jour des choses lumineuses et réconfortantes à se dire, apprivoiser leur enfermement et peu à peu, avec humour et fantaisie, se construire une place dans le monde. 

Je ne suis pas certaine qu'il existe beaucoup de filles ordinaires de dix-sept ans et demi ayant pour auteurs préférés Sylvia Plath et Fernando Pessoa, s'exprimant avec un vocabulaire aussi châtié que celui de Flora et terminant leurs lettres par "Douce journée". Des deux héros de ce roman épistolaire, c'est son personnage qui m'a paru le moins crédible, bien que pas inintéressant puisque l'on découvre l'univers carcéral à travers ses yeux. J'ai davantage accroché à l'humour décalé et aux petites excentricités de Max, peut-être parce que je suis familière avec la prison mentale des angoisses paroxystiques et tout à fait capable de comprendre sa phobie sociale. Les efforts qu'il déploie pour s'en sortir m'ont beaucoup touchée, et j'ai aimé l'idée des lettres qui aident deux solitaires à panser leurs blessures respectives et à s'ouvrir de nouveau à la vie.

(Max) Le suicide, je comprends, j'y ai pensé souvent, mais à chaque fois c'était pour le rejeter violemment. Le désespoir est mon adversaire. Pas la vie. Alors je me bats. Je crois que Sylvia aurait dû rencontrer plus de gens dépressifs: ils sont bien placés pour aider, comprendre, encourager, donner de l'espoir. Je trouve ça beau que tu la fasses revivre grâce à une marionnette. Et puis ainsi tu as de la compagnie. Je crois en l'amitié des êtres inanimés, des esprits, des objets, des morts, des personnages de fiction. Ils ont les mains plus chaudes et plus de conversation que la plupart des vivants. 

(Flora) Si tu n'y arrives pas, ce n'est pas grave. Je suis sûre qu'elle aurait compris. On peut penser aux morts sans aller à leur enterrement, sans mettre de fleurs sur leur tombe. On peut y penser en restant chez soi, en lisant un livre, en écoutant la pluie tomber, en jouant de la musique. On peut leur tenir la main en pensée, se remémorer leur voix et leur sourire, leurs expressions favorites. On peut aussi leur parler et leur lire des poèmes. 

Books are the new clothes



A une époque pas si lointaine, j'achetais des fringues comme si toutes les usines textiles du monde risquaient de disparaître du jour au lendemain. Je dépensais des sommes folles pour des vêtements et des chaussures que, dans la moitié des cas au moins, je ne portais jamais parce qu'ils ne m'allaient pas si bien ou que ce n'était pas mon style en fin de compte. Parfois, je ressortais un pull ou une paire de sandales du fond de mon placard où ils gisaient oubliés depuis des années, et je les regardais comme on regarde le porte-serviettes en coquilles Saint-Jacques qu'on trouvait charmant sur le port de Mykonos: en me demandant par quel démon du mauvais goût j'avais été possédée au moment de passer en caisse. 

Depuis, j'ai heureusement développé un esprit plus critique et une méthode plus sélective pour éviter l'engorgement de mes armoires. Je n'achète plus une fringue que si:
- elle me va vraiment bien (elle ne me boudine nulle part, ne poche pas dans le dos, et je me sens jolie quand je me regarde avec dans la glace)
- elle peut facilement se coordonner avec le reste de ma garde-robe (quasi exclusivement composée de noir, de rouge, de gris, de kaki et de violet, dans un style pseudo-rétro ou vaguement motard)
- elle correspond à la vie que je mène (les talons de 12 cm et les robes de princesse, c'est pas que j'aime pas, mais je ne vois vraiment pas où et quand je les porterais)
- elle est confortable et facile à entretenir (pas de trucs qui se lavent uniquement à la main, ou qui doivent impérativement être repassés).

Moyennant quoi, ça fait quelques années qu'il ne m'arrive plus que très rarement de regretter un achat. Les derniers vêtements que j'ai donnés, c'est parce que je ne rentrais plus dedans. 

Hélas, le problème de boulimie consommatrice dont je croyais m'être débarrassée n'a fait que se déplacer sur les livres. Je suis tout le temps en train d'en acheter. Et c'est vrai que j'en lis beaucoup, mais j'estime qu'environ un quart de mes achats finiront par partir chez Pêle-Mêle sans avoir été ouverts, et un autre quart environ après avoir été lus partiellement et sans plaisir. Parce que leur sujet ne m'intéressait pas tant que ça en fin de compte. Parce qu'il correspondait à une envie du moment qui m'est passée très vite. Parce que j'ai prêté l'oreille à des critiques élogieuses dont les auteurs n'avaient visiblement pas les mêmes goûts que moi. Parce que le style de l'auteur m'a très vite insupportée. Parce qu'ils sont arrivés dans ma PAL à un moment de grand encombrement et que n'ayant pas été lus tout de suite, ils ont perdu leur attrait à mes yeux. 

J'essaie de limiter les dégâts en achetant surtout des poches, et en parcourant les premières pages de chaque roman en librairie. Mais la vraie cata, ce sont les bédés. 20 ou 25€ pour un roman graphique terminé en une demi-heure, ça va encore quand j'aime beaucoup, mais dans le cas contraire, je râle vraiment. Et l'excuse "Oui mais je soutiens le secteur de l'édition" s'envole assez vite quand je convertit mon budget lecture mensuel en billets d'avion. Surtout que je conserve de moins en moins d'ouvrages (vu que je les relis rarement et ne souhaite pas m'encombrer). 

Alors certes, la lecture est mon loisir numéro un et elle le restera quoi qu'il arrive. Et j'aime avoir un petit stock de livres d'avance pour pouvoir choisir en fonction de mon humeur au moment d'en entamer un nouveau. Mais dès que j'entre dans une librairie, je deviens une sorte de monstre bavant et écumant, aussi incontrôlable qu'une gamine dans un magasin de bonbons. Je veux celui-là, et celui-là, ooooooh, et celui-là aussi. Je prête à tous le pouvoir, sinon de changer ma vie, au moins de me faire passer quelques heures délicieuses ou instructives en leur compagnie. Trop souvent, je me trompe. Et contrairement à ce qui s'est passé avec les fringues, je ne parviens pas à établir de check-list efficace pour mettre un frein à ma voracité aveugle. 

mercredi 3 février 2016

Les brunchs du dimanche (37): Garage à Manger




Le Garage à Manger, c'est un restaurant installé dans les locaux du Pêle-Mêle d'Ixelles et tenu par l'équipe du food truck El Camion. Nous l'avions déjà repéré pour son bel espace et pour son mélange réussi de styles industriel et vintage, mais nous craignions que la tranche horaire du brunch ne soit extrêmement bruyante. Ce qui ne nous a pas empêchés de tester un jour où nous devions passer de toute façon pour débarrasser deux gros sacs de bouquins...




Le brunch est proposé le samedi et le dimanche en deux services, un à 11h et l'autre à 13h; nous avions donc réservé pour le premier. La formule à 25€ comprend l'accès à un buffet sucré et salé, ainsi qu'une boisson chaude et une boisson froide. Il y a de petites tables pour deux, mais aussi de grandes tables d'hôte ou des tables basses entourées de canapés, le tout assez espacé pour qu'on ne se marche pas dessus et qu'on ne se bouscule pas en allant se servir. 







La nourriture et les boissons sont assez typiques de ce qu'on trouve dans à peu près tous les endroits à brunch pour bobos/hipsters. Mention spéciale au chocolat chaud (des petites pastilles de vrai chocolat à faire fondre dans du lait, ce qui permet de doser en fonction du goût de chacun), aux oeufs mollets, aux pancakes et surtout aux crapuleuses frites de polenta que j'aurais bien tenté de refaire à la maison si le cuisinier n'avait pas expliqué à Chouchou que leur préparation nécessite plusieurs heures! Le buffet contient des saucisses et de la charcuterie, mais bien assez d'autres plats sans viande pour rassasier aussi les végétariens. 




Au final, une formule plutôt classique - mais bonne - à un prix également très classique. Toute l'originalité du Garage à Manger réside dans son espace accueillant (et pas trop bruyant en fin de compte) et dans l'association avec Pêle-Mêle qui permet de farfouiller parmi les rayonnages de bouquins juste avant ou après manger, pour une chouette sortie dominicale gourmando-culturelle. A noter également que le restaurant fait épicerie fine et qu'on y trouve entre autres choses un tas de vins et de bières dont les étiquettes seules donnent envie de faire une razzia. 





Rue Washington 185
1050 Bruxelles

mardi 2 février 2016

"Automne" (Jon McNaught)


C'est un mardi gris d'octobre semblable à tant d'autres dans la petite ville de Dockwood. Les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes: à la maison de retraite d'Elmview, un garçon de cuisine prépare le repas des pensionnaires; le long de la rue de Nettlefield, un livreur de journaux finit sa ronde; et dans les arbres les hirondelles se rassemblent à grand bruit avant de s'envoler vers l'Afrique. 

Amateurs d'action, passez votre chemin. Ce très bel album au graphisme soigné donne résolument dans le registre contemplatif. Il ne se contente pas de mettre en scène le quotidien le plus ordinaire: il le dissèque au microscope pour en faire ressortir la beauté, la sérénité, parfois l'étrangeté et la mélancolie. Les personnages sont presque muets et les rues de Dockwood quasiment vides d'humains, mais Jon McNaught nous donne à admirer les feuilles agitées par le vent, les écureuils qui détalent le long des branches, les chats qui contemplent le monde depuis le sommet d'un mur, les oiseaux qui s'envolent par nuées. C'est très beau, mais sûrement trop contemplatif pour plaire à tout le monde.





lundi 1 février 2016

Au programme de janvier: bilan




1. Voir le film "Demain" avec Chouchou
Nous n'avons pas trouvé le temps, mais ce n'est que partie remise.

2. Mettre au point une routine quotidienne de 5 minutes de yoga + 10 minutes de muscu
Pour la muscu, c'est fait, même si je ne l'ai appliquée que 10 fois sur 31 jours (aujourd'hui, par exemple, j'ai l'épaule droite HS à cause de plusieurs séries de pompes trop enthousiastes).
Pour le yoga, ça reste à faire.

3. Boucler ma compta pro de 2015
Comme une gourde, j'ai oublié les documents nécessaires à Toulon. J'ai avancé sans autant que j'ai pu, et trouvé pas moins de 5 grosses erreurs comme je n'en fais jamais d'habitude. Ca promet pour la suite.

4. Profiter des soldes pour renouveler mon stock de sous-vêtements
Le seul modèle de culotte que j'aime n'était pas soldé chez Etam, et même à prix normal je n'ai pas réussi à le trouver en magasin.

5. ...et acheter une nouvelle parure de lit pour Bruxelles
J'ai déniché un chouette modèle à étoiles chez AMPM. La housse de couette soldée à - 20% seulement, et les taies au prix normal. On ne peut pas dire que j'aie fait l'affaire du siècle, mais j'ai ma parure neuve.

6. Afficher les cartes de voeux reçues sur nos portes de placards avec du masking tape
J'ai essayé, mais comme j'ai reçu beaucoup de cartes doubles/lourdes/épaisses/les trois mon capitaine cette année, la plupart d'entre elles n'ont pas tenu, et j'ai renoncé.

7. Publier un compte-rendu du swap Secret Santa
J'ai publié les deux premiers tiers, et il me manque une photo pour le dernier.

8. Réserver deux billets d'avion pour la Suisse fin mars
9. ...et une session de l'escape game Le délire du Mandarin
C'est fait, et je bous d'impatience.

10. Trier le contenu de mon placard à thé
C'est fait, sauf que je n'ai pas le coeur de jeter la plupart des boîtes désormais vides parce que beaucoup d'entre elles sont des souvenirs de voyage, donc l'encombrement de mes étagères n'a guère diminué!

11. Remettre le gaz à Monpatelin
C'est fait, mais pas grâce à moi. Hum.

12. ...et manger de la galette des rois briochée
J'ai été raisonnable: malgré les fèves Barbapapa, je n'en ai acheté et dévoré qu'une.

13. Me faire plaisir avec la suite de plusieurs séries bédé que j'adore 
C'est fait et chroniqué sur L'Annexe.

14. Lire "Daring Greatly" de Brené Brown
C'est fait, et il faut que je prenne le temps de rédiger un billet là-dessus.

15. Aller à Anvers visiter les musées de la mode et de la photo
Repoussé de week-end en week-end: d'abord c'était fermé, puis j'étais à Toulon, puis Chouchou a eu trop de boulot... L'expo que je veux absolument voir - sur les chaussures dans la mode - se termine le 14 février, donc ce sera forcément samedi prochain ou celui d'après (en espérant qu'il ne pleuve pas trop).


PROGRESSION SUR LES OBJECTIFS RECURRENTS DE L'ANNEE

3. Lire au moins un ouvrage de non-fiction par mois
"Daring greatly" de Brené Brown
4. Soutenir un projet créatif ou une cause qui me tient à coeur chaque mois
AID Still Required pour venir en aide aux habitants d'Haiti, pas du tout remise du séisme qui l'a ravagée il y a six ans
25. Organiser deux troc parties dont une en janvier
Se sont envolés de mes placards pour rejoindre ceux des copines ou Les Petits Riens: 8 robes, 2 jupes, 1 jean, 1 pull en cachemire, 1 manteau, 3 paires de chaussures, 1 sac à main, 1 cartable, 1 veste d'intérieur, 1 pashmina, plus des cosmétiques et un tas de petits brols
49. Elargir mon répertoire culinaire
J'ai testé 3 nouvelles recettes: les scones d'épeautre à l'oignon rouge et au bleu (préparés 3 fois avec des variations de garniture), le nasi goreng (2 fois), et le velouté de pois cassés au lait de coco

Les sorties bédé que j'attends avec impatience en février



Nous avons quitté l'héroïne gamine, alors qu'elle venait d'hériter du domaine de son mentor créateur d'automates fabuleux. (Voir ma critique du Tome 1 ici.) Nous la retrouvons des années plus tard, et j'ai hâte de savoir quelle tournure va prendre ce conte cruel.



Le 10: "Juliette"
Je suis fan de Camille Jourdy, de sa délicatesse et de la poésie qu'elle réussit à mettre dans le quotidien. Si vous avez manqué les trois tomes de "Rosalie Blum", qui étaient une merveille, ils viennent juste de ressortir sous forme d'intégrale. Moi, j'ai hâte de découvrir sa nouvelle héroïne.



On approche du dénouement de ce palpitant thriller temporel. Ca fait déjà plusieurs tomes que j'ai ma petite idée sur le coupable et que ça n'enlève absolument rien à mon plaisir. Ma critique du début de la série ici



A défaut d'une suite au merveilleux "Sha et Salomé", je me consolerai avec ce nouvel album du duo tendre et fantaisiste formé par Anne Montel et Loïc Clément. Au menu: un village breton, une pâtisserie familiale,  des chats partout et un journal intime plein de secrets. J'ai vu passer quelques bribes sur le compte Instagram de la dessinatrice, et je sais déjà que je vais me régaler.



Sa sortie était initialement prévue en mars 2015; j'espère que ça vaudra le coup d'avoir attendu si longtemps la suite des aventures de la jeune "femme à tout faire" dont je piquerais bien l'intégralité de la garde-robe. Ma critique du début de la série ici