samedi 19 décembre 2015

"Un bébé à livrer" (Benjamin Renner)


J'avais A-DO-RE "Le grand méchant renard" de Benjamin Brenner. Je ne compte plus le nombre de personnes qui l'ont acheté sur mes recommandations enthousiastes. Alors, quand j'ai vu que l'auteur sortait un nouvel album avec, encore une fois, des animaux ni super futés ni super doués comme héros, je me suis jetée dessus. 

"Un bébé à livrer", c'est l'histoire d'un canard et d'un lapin qui, pour leur plus grand malheur, croisent une cigogne à l'aile cassée. Celle-ci leur confie une mission: livrer à sa place le bébé qu'elle apportait à ses futurs parents, en Avignon. Le problème, c'est que nos deux compères ne savent même pas dans quelle direction se trouve cette ville, et à plus forte raison comment s'y rendre. Ils tentent bien de refiler le nourrisson à leur pote le cochon râleur, mais celui-ci accepte seulement de les accompagner. A partir de là, les mésaventures vont s'enchaîner à toute vitesse...

A toute vitesse, certes, mais sans m'amuser une seule seconde. Je voulais aimer "Un bébé à livrer", je voulais vraiment. Mais alors qu'il est long comme un jour sans pain, ses gags ne m'ont arraché un vague sourire que dans les planches ci-dessous. Je n'ai retrouvé ni la drôlerie, ni le message social qui m'avaient tant séduite dans "Le grand méchant renard". Sans eux,  ce gros album pas franchement donné m'a juste paru ennuyeux à mourir. Puis j'ai découvert qu'il s'agissait d'une réédition d'un vieil album, et tout s'est éclairé: on y retrouve bien les bases qui font la qualité du "Grand méchant renard"; simplement, elles ne sont pas encore abouties. 




vendredi 18 décembre 2015

Swap Perfect Strangers du magazine Oh Comely


J'avoue: je commençais à désespérer, et à soupçonner la Poste d'avoir escamoté le paquet envoyé par ma "parfaite inconnue". Le mien lui était parvenu en 3 jours à peine. J'ai oublié de le prendre en photo, mais il contenait: 
- un foulard brun clair moucheté de doré
- une pochette de soirée vert anis bordée de dentelle grise
- un ornement de Noël (un lapin vêtu d'un pull, d'un bonnet et de patins à glace)
- une boule à thé en forme d'oiseau
- deux tablettes de chocolat Dolfin (speculoos et babeluttes)
- un carnet à couverture doré foncé
- un set de papier à lettres à fleurs
- deux planches d'autocollants de Noël
- un savon parfumé joliment emballé
- un masque pour le visage en pochette individuelle
- une petite boîte en métal contenant trois crèmes pour les mains en format voyage
Le tout emballé dans de jolies pochettes individuelles en papier rayé ou à pois. 
A en croire le message que Kim m'a envoyé après déballage, elle était ravie. 

De son côté, voici ce qu'elle m'a envoyé, et qui a fini par arriver mercredi midi: 





J'avais bien entendu déjà lu le livre (j'en avais même tiré le nom de mon premier blog il y a 12 ans!).
La barre Maltesers en forme de renne n'a pas survécu plus de 30 secondes à la prise de cette photo; par contre je garde les shortbreads pour les partager au goûter avec Chouchou pendant un week-end.
J'ai immédiatement mis le petit collier en forme d'étoiles, et pour sortir un peu plus tard dans la journée, j'ai noué l'écharpe renard autour de mon cou - elle rend beaucoup mieux en vrai. Ce n'est sans doute pas un objet que je me serais acheté car d'habitude, mes goûts me portent vers des animaux plus stylisés ou mignonnisés, mais en fait, je l'adore. C'est mon gros coup de coeur du colis.
Le miroir de poche renard et putois servira toujours car le mien commence à être bien abîmé; le carnet et le crayon ne se perdront pas non plus. 
Le savon a une odeur un peu trop sucrée pour moi; j'ai déjà trop de jolis mugs et le mini-ornement de Noël à mon nom est voué à l'oubli puisque je ne fais jamais de sapin. 
Mais dans l'ensemble, je suis absolument ravie de ce paquet. On voit bien que, contrairement à ma partenaire précédente du swap de mai, Kim s'est donné du mal pour trouver des choses jolies et originales correspondant aux goûts que j'avais exprimés dans mon profil. 

"Le journal de Frankie Pratt" (Caroline Preston)


1920. Frankie Pratt a 18 ans. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d'archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook. Tour à tour étudiante, danseuse de charleston amateur, rédactrice de potins à grand tirage, amoureuse éperdue de mauvais garçons, elle nous entraîne dans son sillage du New York de la Prohibition au Paris des Années Folles. 

Mélange de carnet intime et d'art journal à base de collages de documents d'époque, ce roman graphique est un vrai régal pour les yeux. J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures de l'héroïne, sa vie modeste d'orpheline de père dans une bourgade rurale, son béguin pour un homme plus âgé qu'elle et déjà marié, son entrée dans une université prestigieuse où elle tombe sous la coupe d'une amie riche et charismatique, sa découverte de New York et de la vie d'adulte, les plaisirs dont elle profite avec insouciance, sa traversée de l'océan dans la cabine de 3ème classe d'un énorme paquebot, les rencontres qu'elle y fait, son installation à Montmartre où elle interviewe Hemingway et fréquente une pléthore d'artistes fauchés... J'ai adoré le comportement émancipé de Frankie, son appétit de vivre et de découvrir des choses, ses observations sur le monde et les gens qui l'entourent. Bien que j'aie un peu regretté une fin assez convenue (et néanmoins logique pour l'époque), dans l'ensemble, cet ouvrage désormais disponible en version poche reste un plaisir de lecture à ne pas bouder, surtout si vous avez comme moi un faible pour les années 20!





jeudi 17 décembre 2015

"Ici ça va" (Thomas Vinau)


Pour échapper à un quotidien stressant, un couple trouve refuge au milieu des herbes folles, dans les ruines d'une maison familiale. Lui reconstruit, elle jardine. Et tandis que les blessures du passé surgissent entre les fissures des pierres, chacun se reconquiert, redécouvrant le goût de la vie et le chemin lumineux qui conduit à l'autre...

Parfois, pour faire de la bonne littérature, il n'y a pas besoin de personnages psychologiquement fouillés, d'une intrigue diabolique, d'un cadre exotique, d'un style hyper travaillé ou d'une histoire-fleuve. Parfois, avec des phrases toutes simples, des chapitres courts comme des instantanés, un décor réduit à sa plus simple expression et deux protagonistes à peine esquissés, on peut toucher à l'essentiel: produire une émotion lumineuse, vibrante d'humanité et de vérité fondamentale. Mais pour ça, il faut avoir le talent d'un Christian Bobin - ou de Thomas Vinau, que je découvrais ici et dont j'ai maintenant très envie de lire les autres romans. En guère plus de cent pages, son "Ici ça va" m'a touchée profondément et d'une façon très paradoxale, me mettant les larmes aux yeux et m'emplissant de sérénité tout à la fois. Je ne peux qu'en recommander la lecture à tous les gens en quête de sens et de simplicité. 

"Ema a pris une brindille pour écrire la date dans le béton frais. J'ai bu une bière en la regardant faire. (...) Je me suis demandé si un jour mes parents ne s'étaient pas retrouvés pour faire la même chose. J'ai pensé que c'était parfois tout ce qu'il restait d'une vie d'amour et de sueur. D'une histoire entière d'homme. Une date gravée dans le ciment. Comme dans les cimetières."

"La joie est belle. La joie est simple. Avec le temps je vois ça comme une sorte de sport. De régime. Une discipline. Une acuité du coeur et de l'oeil. Il y a des ressources considérables à puiser là-dedans. De la force. De la beauté. De la vérité. Pourtant ce n'est pas une situation confortable. Elle demande de la vigilance. De la volonté. Pas de forcer les choses, non, mais de faire attention. Il est bien plus confortable d'être négatif. C'est naturel, et on trouve toujours de quoi faire pour se tirer vers le bas."

"Nous construisons quelque chose, même si tout semble immobile. Même recroquevillés au fond de nous-mêmes. Nous construisons la prochaine saison. La prochaine lumière. Ce moment où les jours rallongeront. Cette façon de renaître."

Traverser l'hiver




Je sais qu'il existe des gens qui adorent l'hiver. Soyons clairs: je ne fais pas partie de ceux-là. Passe encore pour le froid; ayant la chance de travailler à la maison, je peux choisir de ne pas affronter le Grand Dehors Glacé la plupart des jours. Mais éteindre la lumière à 10h pour la rallumer avant 15h, ça me mine le moral. Et déjà que le ciel est fort gris en Belgique le reste de l'année... De plus, entre les événements récents à Paris et à Bruxelles d'une part, et le fait que je ne vais ni voir ma famille ni partir au soleil d'autre part, les fêtes et les mois à suivre s'annoncent particulièrement pénibles. Mais je ne me laisserai pas avoir par la déprime! Stratégie de résistance en X points. 

Je me lève plus tôt pour avoir fini mon travail à une heure où il fait encore jour. Puis, à condition qu'il ne tombe pas un déluge, je m'oblige à sortir me promener. Tous les prétextes sont bons: aller lire dans un salon de thé, racheter un feutre rose ou des filtres jetables, regarder les dernières nouveautés chez Brüsel ou bouquiner chez Filigranes, traquer les installations de yarn bombing ou autre street art, me lancer dans la quête d'un rouge à lèvres d'une teinte bien précise (et qui n'existe pas), m'offrir une crêpe dans un food truck, chercher des cartes de voeux ou d'anniversaire, me ravitailler en fromage anglais chez Marks & Spencer, voir une expo avec Chouchou, rejoindre une amie pour un cocktail en début de soirée... Le seul impératif, c'est de tout faire à pied. Et si possible, d'atteindre les 10 000 pas quotidiens. Je prends l'air, je me dégourdis les jambes, je fais un plein du peu de lumière disponible. 

A la maison, je multiplie les détails qui donnent envie de cocooner. Le matin après ma douche très chaude, je me tartine les jambes d'une crème à la consistance de chantilly et au divin parfum citronné. Je me peins les ongles en rouge parce que c'est plus gai. Je me suis offert un bas de pyjama étoilé et des pantoufles très douillettes chez Etam, ainsi qu'un joli pull d'intérieur pendant les dernières promotions des Galeries Lafayette - si je traîne chez moi, que ce soit avec un minimum de style! Je fais aussi une fixation sur les bougies parfumées, que je trouve chez Hopono rue du Bailli, au Nature & Découverte de City 2 ou chez & other stories, avenue de la Toison d'Or. Tous les soirs, j'en allume une pour profiter à la fois de son odeur et de sa douce lumière. J'ai toujours une couverture près du canapé, pour me blottir dessous quand je bouquine à Monpatelin ou mate une série télé avec Chouchou à Bruxelles. En cas d'appel de sucre, je garde dans mes placards de quoi préparer un chocolat chaud décent, et quelques shortbreads pour tremper dedans jusqu'à ce qu'ils menacent de se dissoudre. En cas de gros coup de barre, je fonce chez Méert ou chez Marcolini pour une pâtisserie crapuleuse joliment emballée. 

Je profite de ce que l'obscurité incite à l'introspection pour faire le point avec moi-même, me demander de quoi j'ai envie, dans quelle direction je pourrais évoluer et par quel moyen. Je rédige des listes de projets à réaliser, d'activités à proposer sur le blog, de films à regarder, de lieux à visiter, de fringues à chercher pendant les soldes de janvier (un ou deux pulls en cachemire supplémentaires, par exemple). Je prends des cours sur internet parce que les neurones c'est comme les muscles: ils ne s'usent que si on ne s'en sert pas. Je lis encore plus que le reste de l'année; ça tombe bien, j'ai maintenant un blog littéraire à alimenter! Par contre, j'évite les sujets plombants et les atmosphères déprimantes, préférant les histoires gaies ou qui font chaud au coeur.

J'essaie d'organiser des choses motivantes, de fixer une date pour faire des trucs avec mes amis, de réfléchir aux prochains voyages, de prévoir des excursions en train avec Chouchou le week-end. Je documente tout ce que je fais; je prends des photos, je rédige des notes dans mon agenda et je viens le raconter ici, ce qui me permet de prolonger le plaisir (ou d'exprimer ma frustration quand je ne suis pas satisfaite!). Je cherche des moyens de garder le contact avec les gens que j'aime et qui sont loin, sans nécessairement passer par le téléphone dont je ne suis pas très fan. Je publie sur leur mur Facebook des vidéos qui m'ont fait penser à eux; je leur envoie du courrier ou des bricoles par la Poste.

Et puis, de temps en temps, je m'autorise à être triste. Si cette année 2015 m'a appris une chose, c'est que ça n'était pas la même chose que déprimer. Que parfois, il fallait s'autoriser à ressentir pleinement les émotions difficiles, les accepter pour pouvoir ensuite les évacuer et passer à autre chose. Que ça n'était pas un signe de faiblesse, et que me souvenir que je suis vulnérable n'allait pas forcément me démolir. Je m'autorise à pleurer en dedans les gens qui ne reviendront plus, les Noël enfuis, l'innocence perdue. La vie ne sera plus jamais la même et souvent, le monde me fait peur. Ca ne signifie pas que l'espoir est mort ou qu'il ne reste rien à construire. Mais il faut trouver assez d'imagination pour s'inventer un autre avenir. Assez de volonté et de ressources en soi pour traverser l'hiver.

mercredi 16 décembre 2015

Autumn To Do List: bilan




1. Recommencer à me lever à 7h
Pour moi toute seule, je n'ai pas trouvé la motivation. Pour aider Chouchou à avoir des journées plus  productives et lui dégager du temps libre le week-end, je me suis mise, il y a à peine une dizaine de jours, à régler mon réveil sur 7h et à me lever à 7h30 - ce qui est très bénéfique pour moi aussi, malgré une nouvelle et énorme envie de faire la sieste juste après le déjeuner.
Taux de réussite: 80%; taux de satisfaction: 90%

2. Obtenir le certificat de réussite du MOOC "The science of happiness",
et boucler aussi "The science of everyday thinking"
C'est fait; j'ai adoré, comme je l'ai raconté ici et .
Taux de réussite: 100%; taux de satisfaction: 200% (au moins)

3. Lire "Cataloging the World", "Big Magic" et "Le charme discret de l'intestin"
J'ai entamé le premier (mais pas été très loin, honnêtement), fini le deuxième assez vite et récupéré le troisième dans mon iPad en vue d'occuper un prochain voyage en train.
Taux de réussite: 40%; taux de satisfaction: 30%

4. Faire une des salles de l'Escape Hunt Bruxelles
C'est fait; j'en ai même parlé ici.
Taux de réussite: 100%; taux de satisfaction: 40%

5. Trouver au moins une géocache en Hongrie
C'est fait. Budapest était très pauvre en caches classiques actives; nous avons tout de même réussi à trouver 3 "taille 1". Pas de quoi pavoiser, mais suffisant pour faire de la Hongrie le 14ème pays où nous avons géocaché avec succès!
Taux de réussite: 100%; taux de satisfaction: 50%

6. Prendre des photos sous l'eau aux thermes de Budapest
C'est fait, comme vous avez pu le voir ici. Pour l'effet sirène, néanmoins, on repassera.
Taux de réussite: 80%; taux de satisfaction: 30%

7. Tester un cours d'aerial yoga
L'école qui était juste à côté de chez moi l'an dernier a déménagé à l'autre bout de Bruxelles, et avec les jours qui raccourcissent, je n'ai pas eu le courage de me taper deux heures de transport en commun après la tombée de la nuit juste pour aller tester un cours. Je garde néanmoins l'idée sous le coude, sans doute pour le printemps.
Taux de réussite: 0%; taux de satisfaction: N/A

8. ...Et une recette de One Pan Pasta
J'ai renoncé après avoir lu cet article, par ailleurs très drôle. Que ça ne soit pas une recette italienne, je m'en cogne; le coup de l'index glycémique, par contre, ça m'embête.
Taux de réussite: 0%; taux de satisfaction: N/A

9. Essayer de faire pousser des pleurotes dans mon salon
C'est fait, mais sur le fil! J'avais un peu lâché l'affaire quand, il y a quinze jours, j'ai vu qu'eFarmz proposait des kits deux fois moins chers que ceux que j'avais repérés à l'origine. Du coup, j'en ai pris un que j'ai récupéré vendredi dernier, et mis en culture dimanche. Si tout va bien, je devrais faire ma première récolte dans huit jours, ce qui permettra à Chouchou de nous préparer son célèbre risotto aux pleurotes pour Noël!
Taux de réussite: 100%; taux de satisfaction: en attente

10. Prendre rendez-vous chez l'ophtalmo pour mon prochain OCT
C'est fait, et ce sera en janvier, tout comme le prochain contrôle de ma vue dans le but de changer mes lunettes pour voir de loin.
Taux de réussite: 100%; taux de satisfaction: 100%

11. Faire un saut d'une journée ou deux à Paris
C'est fait. Chouchou ne pouvant pas m'accompagner, j'ai casé un aller-retour dans la journée en semaine pour déjeuner avec une de mes éditrices et voir deux expos. La prochaine fois, on restera un week-end et on se fera la salle Tour du Monde en 80 Jours de Leavin'Room.
Taux de réussite: 100%; taux de satisfaction: 100%

12. Caler un prochain passage à Toulouse
13. ...Et en prévoir un autre à Rotterdam
14. Trouver un endroit à l'étranger où fêter le Nouvel An
Nos finances sont au plus bas pour le moment. Les voyages devront malheureusement attendre qu'on renfloue les caisses.
Taux de réussite: 0%; taux de satisfaction: N/A

15. Me procurer deux jolis agendas 2016
Flow a mis un maximum de mauvaise volonté à m'envoyer le sien, mais j'ai fini par le recevoir un mois et demi seulement (*ironie inside*) après avoir passé ma commande. Par ailleurs, vu qu'il existe un agenda Pratchett 2016, la tradition m'ordonnait de le prendre. Dès mi-novembre, j'étais donc parée. Et puis, la semaine dernière, j'ai découvert l'existence de l'agenda Mr Wonderful, si gai et plein de messages positifs que je n'ai pas résisté à l'envie de le commander. Maintenant, reste à déterminer lequel des trois j'utiliserai pour les choses à faire, lequel j'utiliserai pour les choses faites et à archiver, et lequel restera sur la touche sans accomplir son destin.
Taux de réussite: 150%; taux de satisfaction: 100%

mardi 15 décembre 2015

Les brunchs du dimanche (35): Peck 47


J'ai découvert cet endroit récemment lors d'un déjeuner avec Gasparde, durant lequel nous avions savouré de fabuleux sandwichs Wild Belgian dans un cadre typiquement hipster. Voyant qu'ils servaient aussi un brunch, j'ai décidé d'y entraîner Chouchou dimanche dernier. J'ai voulu réserver la veille, mais ça n'était pas possible. Sachant que cela signifiait un gros risque d'attente, nous sommes arrivés un peu avant midi, et il y avait déjà une douzaine de personnes plantées sous la bruine devant l'entrée du restaurant. Nous avons eu de la chance: la plupart d'entre elles étaient en groupe, et nous avons rapidement pu obtenir une table pour deux en passant devant des gens qui attendaient depuis bien plus longtemps (et ont continué quasiment jusqu'à ce que nous repartions). 





Autant en semaine, j'avais trouvé l'endroit relativement calme bien que plein, autant le dimanche, entre la musique un peu trop forte et la salle bondée, c'était beaucoup trop bruyant à mon goût. Pas insupportable, mais très désagréable. Un serveur qui parlait seulement anglais est venu prendre notre commande assez vite, et malgré l'affluence, nos assiettes sont arrivées au bout de quelques minutes. J'avais choisi un Veggie Peck's Special, soit une gaufre surmontée d'épinards frais, de champignons poêlés et de deux oeufs Benedict, accompagnée de salades vertes mélangées. Chouchou, lui, avait opté pour le Peck's Special, version gaufre + oeufs + bacon + fromage de chèvre. En entrée, nous avons partagé un grand bol de la soupe du jour - brocoli-parmesan, et en boisson, une limonade maison fraise-basilic. 




Tout était franchement délicieux; en revanche, le brouhaha ambiant et les tables collées les unes aux autres ne nous ont pas donné envie de nous attarder pour le dessert. Addition: 32,50€ pour deux, ce qui n'est pas donné mais qui reste correct pour Bruxelles. Reviendrons-nous? Pour un lunch, certainement, car les plats sont à la fois bons et originaux dans la catégorie vite-fait vite-mangé. Pour un brunch, sans doute pas: le dimanche midi, j'ai envie de calme et de cozytude. 

Rue du marché aux poulets 47
1000 Bruxelles

"Les choses comme je les vois" (Roopa Farooki)


Diagnostiquée Asperger dans sa petite enfance, Yasmine Murphy présente aussi le syndrome du savant, et elle est synesthète par-dessus le marché. Sa vision du monde ne ressemble à aucune autre - et elle s'apprête à la partager avec les neurotypiques en se laissant filmer pendant qu'elle prépare ses examens de fin de lycée.
Lila est la soeur de Yasmine. Rongée par un eczéma chronique qu'elle se donne un mal fou pour dissimuler, elle vit dans un taudis et enchaîne les conquêtes amoureuses autant que les petits boulots. C'est une artiste douée mais en colère, persuadée que Yasmine fait du cinéma depuis toujours et qu'elle lui a volé toute l'attention maternelle. 
Asif est l'aîné de la fratrie, l'éternel gentil garçon invisible aux yeux de tous. A la mort de leur mère, il a abandonné des études prometteuses pour prendre soin de Yasmine. Depuis, il fait un travail de bureau sans intérêt et a tiré une croix sur toute vie sociale. 
Le tournage du documentaire consacré à Yasmine va bouleverser leur équilibre bancal, obligeant chacun d'eux à repenser sa vision de la vie et de son propre avenir.

Je ne saurais dire si la voix très particulière de Yasmine est réaliste par rapport à sa forme d'autisme, mais elle m'a complètement fascinée - sans doute parce que je suis également synesthète, même si beaucoup moins qu'elle, et que je partage pas mal de ses névroses à un certain degré. J'ai trouvé passionnant de voir comment son neuroatypisme affectait les autres membres de sa famille, les forçant à adopter des rôles dont ils ne voulaient pas. Roopa Farooki montre bien de quelle façon le handicap d'un enfant concentre toute l'attention sur lui au détriment de ses frères et soeurs, créant des situations injustes et frustrantes qui ne sont la faute de personne et auxquelles personne ne peut remédier vraiment. Pour autant, "Les choses comme je les vois" n'est pas une lecture déprimante, puisque tous ses protagonistes finissent par trouver leur place - un compromis entre devoirs et choix personnels - ainsi qu'une certaine forme d'apaisement. Un beau roman humain et intelligent, qui s'efforce de comprendre sans jamais juger. 

"Si je m'organise soigneusement, je peux essayer de faire en même temps une dernière chose sur ma liste qui est la seule qui ne concerne pas une expérience sensorielle: je pourrais sauver une vie. En fait, je pourrais peut-être même en sauver plusieurs si je me débrouille pour mettre un terme à ma vie d'une manière qui permette à mes organes d'être prélevés pour des greffes. C'est logique: on pourrait sauver plein de vies si on organisait de temps à autre une loterie dans laquelle une personne mourante donnerait ses organes à tous les autres avant que la maladie qui est en train de la tuer ne les abîme, mais je suppose que la famille s'y opposerait. Cette idée ne me dérange pas, mais je suis réaliste quant au fait que je suis en train de mourir. Comme tout le monde. C'est juste une question de temps. Et aucune personne n'est plus importante qu'une autre, pas plus qu'un grain de sable dans l'océan." 

lundi 14 décembre 2015

Ice Star Wars à Liège




C'est devenu notre unique "tradition" des fêtes de fin d'année. Samedi, pour la quatrième fois, nous sommes allés admirer l'exposition de statues de glace qui, après Bruges pour "Le seigneur des anneaux" et Bruxelles pour la bédé belge, se tient cette fois à Liège sur un thème incontournable à l'approche de la sortie de l'épisode VII: "Star Wars"!

Comme toujours, les créations sont très finement ouvragées et d'une grande qualité. Comme toujours, elles sont éclairées de lumières à dominantes rose, violette et bleue. Comme toujours, elles sont disposées de manière à ce que même en cas de grande affluence, on puisse prendre des photos sans avoir personne dans le cadre. Comme toujours, il y a un endroit où se faire tirer le portrait assis (cette fois, le trône de l'Empereur) et un toboggan de glace à la fin. Comme toujours, il fait - 6° à l'intérieur du hangar et on a intérêt à venir chaudement couvert. Comme toujours, la visite bien que durant soi-disant une heure est bouclée en 20 à 25 minutes, même en mitraillant à tout va, d'autant que la température polaire n'incite pas vraiment à s'attarder sur les lieux! Comme toujours, à la sortie, il y a un vaste bar bien chauffé où l'on peut boire et manger crêpes, gaufres ou hot-dogs en attendant de retrouver des sensations dans les pieds et les mains. Bref, c'est une formule bien rodée et plutôt satisfaisante même si on déplore toujours le prix peu démocratique de l'entrée (14€ par adulte). 

























jusqu'au 31 janvier 2016
sur l'esplanade de la gare Liège-Guillemins



dimanche 13 décembre 2015

Concours "Touch": les gagnantes!



Premier commentaire tiré au sort par Random: celui de Balise, 
qui ne participe pas parce qu'elle est en Suisse. 
Bon, on reprend à zéro!


La première gagnante est donc Jeanne Blue


La deuxième gagnante est Nelly.  


La troisième gagnante est Solaena

Le hasard fait bien les choses (après un petit cafouillage): 
vous êtes toutes les trois en Belgique, donc je peux vous expédier vos livres rapidement. 
Jeanne, tu es la seule dont je n'ai pas l'adresse postale, merci de me l'envoyer à: l_annexe@hotmail.com

Merci à toutes les participantes et à bientôt pour un prochain concours!

Les brèves de la semaine #48




- Mardi, je suis très déçue par l'achat de "What a Wonderful World !" de Zep. Je pensais y retrouver la même sensibilité que dans son carnet intime, mais non - hormis quelques planches sympas qui expriment clairement son humanisme, ce ne sont presque que des histoires de bite. Et hop, direct dans le sac pour Pêle-Mêle!

- Mercredi, je me bidonne devant la vidéo Instagram Husband à laquelle on participé Emma de A beautiful mess et son mari Trey. Bravo à eux pour leur capacité d'auto-dérision.

- Je reçois ma toute première carte de voeux de l'année, envoyée par une adorable lectrice qui avait participé à l'opération "enveloppes-mystère". Merci, Elise! Mes propres cartes sont prêtes à partir, mais je vais attendre encore un peu pour les poster. 

- Le soir, on teste la boîte-repas chinois pour deux de Marks & Spencer: c'est moins réussi que la version indienne (et 2 euros plus cher!). 

- Vendredi matin, suite à la publication de mon billet "Une journée ordinaire", mon beau-frère m'envoie un MP sur Facebook pour me dire "Ben moi, je me suis levé à 8h30 après un horrible cauchemar: j'ai rêvé qu'hier, j'étais forcé d'assister au concert de Maître Gims!". Son MP précédent, bien visible juste au-dessus: "Appelle tes parents STP". Daté du 17 octobre 2012 à 23h40 - le jour de la mort de mon père. Parfois, je hais Facebook.

- Un peu avant midi, j'envoie ma traduction terminée. L'éditrice accuse réception en me disant: "J'ai hâte de relire ça, d'autant qu'on va mettre le paquet sur ce titre!". Gloups. Je croise les doigts et j'espère très fort avoir fait du bon boulot. 

-  Sur une suggestion de Chouchou, j'abandonne Iconosquare pour Squarelovin, qui continue à fournir des statistiques Instagram gratuites. Pour combien de temps? On verra.

- Je n'ai toujours pas reçu le paquet de ma partenaire du swap Perfect Strangers, expédié en milieu de semaine dernière. Le mien lui est parvenu en 3 jours. J'espère que la Poste belge ne s'est pas encore livrée à un de ces escamotages dont elle a le secret... En attendant, Kim de Birmingham semble absolument ravie de ce que je lui ai envoyé. Elle m'écrit que chaque année en ressortant l'ornement de Noël (un lapin en patins à glace, déniché chez Maisons du Monde), elle pensera à ma générosité, et ça me fait hyper plaisir. 

- Samedi, après avoir visité l'expo des statues de glace Star Wars à Liège, Chouchou et moi nous baladons dans le petit centre piétonnier de la ville et faisons un tour au marché de Noël, où nous mangeons la tartiflette la plus dégueulasse que j'aie jamais goûtée. Ce n'est pas la sortie du siècle, mais nous trouvons quand même deux géocaches, et surtout, il y avait longtemps que nous n'avions pas traîné tous les deux un week-end. Ca fait beaucoup de bien! 

- Le lecteur de DVD de l'iMac de Chouchou ne veut plus rien lire du tout. Tant pis pour "Fantastic Mr. Fox", que je viens pourtant à peine de déballer: nous continuons "Jessica Jones".

- Dimanche, après avoir brunché du côté de Bourse, nous faisons un petit tour chez Brüsel, dont je ressors avec 3 bouquins supplémentaires. Ce qui porte à 10 le nombre des entrées dans ma PAL Pour cette seule semaine. Je calculerais bien mon budget bouquins mensuel, mais je crains que mon vieux coeur n'y résiste pas.

Bonne fin de week-end et excellente semaine à tous.

10 suggestions de livres à offrir aux enfants de votre entourage pour Noël



Les mous: guide illustré drôle et tendre pour apprendre à "ne pas mener la vie dure aux mous" (à partir de 3 ans).

Dinomania: magnifique popup book au graphisme légèrement rétro, plein de dinosaures et de tout ce qu'il y a à savoir sur eux (à partir de 6 ans).

Par bonheur, le lait: court roman d'aventure rocambolesque avec un stégosaure, des vampires, des pirates et des extra-terrestres, illustré par Boulet (à partir de 9 ans).

Mon frère est un super-héros: roman débordant d'humour dont le jeune narrateur estime que c'est lui qui aurait dû se voir confier des super-pouvoirs (à partir de 9 ans).

Ce qu'on a trouvé dans le canapé, puis comment on a sauvé le monde: roman d'aventure loufoque à souhait où un Crayola couleur courgette décide du sort de l'humanité (à partir de 9 ans).

Cartes, voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde: superbe atlas qui met en évidence la richesse du monde à l'aide de cartes illustrées à la manière des grands explorateurs, pour les fans de géographie et de voyages (à partir de 9 ans).

Les petites reines: roman intelligent et optimiste sur les thèmes du harcèlement et de l'acceptation de soi (à partir de 11 ans).

Yama: roman d'initiation ancré dans la culture fantastique japonaise, et situé à la période Edo (à partir de 11 ans).

La Balance Brisée: excellente trilogie de romans dont l'héroïne récemment orpheline se découvre des pouvoirs magiques et apprend à les apprivoiser (à partir de 11 ans).

Les enfants d'Evernight: série de romans de fantasy dont l'action se déroule dans un monde onirique (à partir de 11 ans, deux tomes parus à ce jour, également disponibles sous forme de bandes dessinées).

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (13)




1. La Fabbrica di Marco (Toulon) 2. Le Chamo (Toulon) 3. Unami (Bruxelles) 
4 et 13. Filigranes (Bruxelles) 5 et 7. Hôtel Le Berge (Bruxelles) 6. Halle Saint-Pierre (Paris) 
8. Samourai Ramen (Bruxelles) 9 et 14. Marks & Spencer Café (Bruxelles) 
10. Le Chantilly (Toulon) 11. La Théière (Toulon) 12. Takumi (Bruxelles)
14. Comptoir Florian (Bruxelles)

vendredi 11 décembre 2015

"Transparence" (Alex Christofi)


A l'image du verre, dont il porte le nom, Günter Glass est la transparence, la pureté, l'honnêteté même. Dans la ville de Salisbury où il a grandi (un peu), il fait figure de Candide bouboule, myope et accro aux gaufres. Si bien qu'à vingt ans, muni d'un optimisme débordant, d'une frêle culture wikipédiesque et d'une fascination immodérée pour la matière translucide, il se satisfait pleinement d'un emploi de laveur de carreaux - discipline où il excelle au point d'être réclamé sur les plus haut gratte-ciel londoniens...
Mais la vie est compliquée aux ingénus. Entre un patron fasciste, un premier amour désarçonnant, un frère aussi teigneux que sourd-muet et un colocataire aussi allemand qu'ermite, le naïf Günter expérimente les vertiges de l'âge adulte. Comment faire le bien quand tout est si compliqué? Voir au travers d'un monde aux facettes si multiples? Et si la perfection, comme le verre, passait plutôt par des milliards de petites impuretés?

Conquise par les récentes publications de Fleuve Editions, je me suis laissée tenter par "Transparence" que l'on m'avait vanté comme un roman feel good. Et je l'ai refermé franchement perplexe quant à ce qui avait pu lui valoir une telle appréciation. Il est vrai que j'ai suivi les mésaventures du jeune Candide sans déplaisir, en souriant des réflexions très justes qui émergeaient parfois de sa naïveté et en me demandant où sa curieuse fascination pour le verre allait le mener. Mais la vérité, c'est qu'elle ne le mène nulle part sinon à une fin triste, absurde, bâclée et profondément insatisfaisante qui laisse toutes les intrigues secondaires en suspens. Du coup, ce n'est pas une lecture que je recommanderais.

J'étais incapable de parler aux femmes. Je pouvais le faire tant qu'elles restaient des êtres humains. Mais dès qu'elles devenaient des femmes, qu'elles portaient des vêtements sexy et me regardaient dans les yeux, j'étais paralysé. Kali avait déjà cessé de s'intéresser à moi pour parler avec les deux autres. Je m'entraînerais à parler aux femmes une autre fois. Quand l'occasion se présenterait. Une fois que toutes les conditions seraient réunies. Mais dans l'idéal, avant mon rencard de samedi. 

Je me retrouvais confronté à un dilemme - et non des moindres. Les gens illuminés ou délirants me mettaient mal à l'aise. Mais ma modeste expérience en la matière (et par expérience, j'entends les heures passées devant MTV) m'avait appris que le sous-ensemble des femmes que je trouvais sexy recoupait souvent le sous-ensemble des femmes qui avaient l'air folles. 

Le plus effrayant, c'est que la Cagoule semblait entretenir des liens avec les plus grosses sociétés de l'époque: Michelin, la banque Worms et certaines sociétés pétrolières françaises. Le fondateur de L'Oréal avait même été un de leurs leaders. Dire que j'utilisais leurs shampoings tous les jours sans savoir que j'enrichissais une dynastie fasciste. Tout ce que je voulais, moi, c'était me débarrasser de mes pellicules. Ce n'était pas toujours facile de faire le bien, mais c'était en revanche absolument, incroyablement, extraordinairement facile de faire le mal. 

Une journée ordinaire - Décembre 2015


7h00: Mon réveil sonne. Depuis le début de la semaine, Chouchou et moi avons décidé de recommencer à nous lever tôt afin d'avoir des journées plus productives: ces derniers temps, je me sortais rarement du lit avant 9h et lui avant 10 (même s'il est souvent réveillé vers 6h30 et passe les heures suivantes à surfer sur son téléphone ou son iPad). Tout de suite, j'éteins la sonnerie et je diminue l'intensité lumineuse de moitié pour traîner encore un peu sous la couette. 

7h30: J'attrape ma tenue d'intérieur et je file à la salle de bain. Généralement, j'y passe moins de dix minutes, mais aujourd'hui, je dois me laver les cheveux (ce que je ne fais plus qu'un jour sur 5 environ depuis que j'ai découvert les bienfaits du shampoing sec). Pour lutter contre la déprime hivernale, je me suis récemment autorisé quelques achats cosmétiques. La lotion pour le corps à la rhubarbe et au pamplemousse de Pierre Hermé pour L'Occitane est une franche réussite; en revanche, la mousse nettoyante Pulpe de Vie est sans doute responsable de la vilaine éruption le long du côté droit de ma mâchoire. Ce n'est pas sans raison que d'habitude, à cause de ma peau super réactive, je m'en tiens à une routine minimaliste péniblement élaborée à coups d'essais-erreurs.

7h50: Je me prépare un thé, remarquant au passage que ma réserve de You Zi Hua Cha diminue et qu'il faudra en racheter au Nong Cha d'ici la fin de la semaine prochaine. Je le bois en faisant ma tournée des popotes internet, toujours dans le même ordre: d'abord Facebook, puis mes blogs, puis Feedly pour lire les blogs des autres, puis mes différentes boîtes mails, puis Twitter, puis Iconosquare (dont la fonction statistiques est devenue payante au 1er décembre, si bien que je ne tarderai sans doute pas à chercher un équivalent encore gratuit). Je joue un peu à Candy Crush - j'en suis au niveau 1313, et oui, vous pouvez me juger. 

8h00: Chouchou me fait un bisou et part à la salle de gym.


Ca donne hyper envie de se mettre à bosser, n'est-ce pas? 

8h25: Je me prépare un deuxième thé en refaisant passer mon You Zi Hua Cha. Depuis que j'ai découvert qu'on pouvait l'infuser 3 voire 4 fois, ma consommation de feuilles a sérieusement diminué, et je ne bois plus que ça sauf le soir. Du coup, il faudrait que je fasse du tri dans mon placard pour éliminer les autres thés que je n'utiliserai sans doute plus. Je petit-déjeune rarement le matin, mais là, j'ai faim, alors je me fais griller deux tranches de pain aux céréales que je tartine de beurre, et je les mange avec la demi-pomme bio qui traîne au frigo depuis deux jours parce qu'elle ne tenait pas dans ma dernière tarte. 

8h40: Je fais le lit, referme la fenêtre de la chambre, range un peu de linge propre qui a fini de sécher pendant la nuit et me brosse les dents.

8h45: Au travail! Au programme d'aujourd'hui: relecture d'une traduction à rendre demain soir. Mon premier jet est toujours très propre: j'effectue les recherches éventuelles et règle mes problèmes de glossaire au fur et à mesure; donc à ce stade, tout ce que je fais, c'est rajouter des tirets cadratins devant les lignes de dialogue, corriger les coquilles, supprimer une répétitions par-ci par-là et retoucher quelques formulations maladroites.

9h15: Troisième tasse de thé.

9h45: Chouchou rentre du sport et se prépare son horrible shake protéiné.

10h15: Chouchou ressort pour aller chez Exki passer des coups de fil désagréables.

11h15: J'ai bossé à toute allure, dans un état de flow parfait et pratiquement sans décoller le nez de mon texte. C'est à peine si j'ai entendu le détecteur de fumée du hall de l'immeuble se mettre à couiner parce qu'il faut lui changer sa pile - alors qu'en principe je ne supporte pas le moindre bruit quand je travaille. Résultat, j'ai déjà abattu les 160 pages que je m'étais fixé de relire pour aujourd'hui. Et comme il fait beau, je vais pouvoir en profiter pour sortir cet après-midi, hourra!

11h30: Je me pose la question du repas de midi. Pas des pâtes, parce qu'on a déjà prévu d'en manger ce soir. Une quiche courgette-feta-citron? Oui, mais il n'y a plus de feta. J'envoie un MP à Chouchou pour lui demander d'en rapporter quand il rentrera de l'Exki.

11h55: Un livreur DHL sonne à l'interphone. Il m'apporte un bouquin en anglais commandé sur Amazon. C'est la 7ème addition à ma PAL depuis le début de la semaine; il faut vraiment que je me calme sur les achats de livres.

12h00: Chouchou rentre avec la feta et un air navré. On discute un peu de ce qui est en train de se passer. J'essaie de ne pas stresser mais c'est dur.

12h20: En attendant que la quiche finisse de cuire, je poursuis ma lecture de "Literary Life", qui ne m'enthousiasme pas plus que ça au final - et pas seulement parce qu'en petit format, il est quasiment illisible.

12h40: La quiche est prête, et nous déjeunons rapidement à la table de la salle à manger. Puis, le lave-vaisselle étant plein comme un oeuf et le repas de ce soir devant générer pas mal de vaisselle sale, exceptionnellement, je le fais tourner sans attendre 23h.

13h00: J'envoie un MP groupé à ma soeur et mon beau-frère. "J'ai vu que le concert de Maître Gims au Zénith de Toulouse, c'était ce soir. Condoléances à celui de vous deux qui s'y colle." (Ils ont offert deux places à Attila, qui est un grand fan, pour son dernier anniversaire.) La réponse de David ne se fait pas attendre: un sobre "C'est moi", suivi de trois smileys pleurant à chaudes larmes. Je lui souhaite "Force, courage et boules Quiès". J'ai dit que ma famille me manquait affreusement?

13h20: Je m'habille chaudement pour sortir: collants en laine épais et pull en cachemire noir. Il fait soleil aujourd'hui à Bruxelles mais pas super chaud (ce que je préfère largement à l'inverse).

13h30: Oh, j'allais oublier! La vente privée Whittard! Je n'ai pas commandé chez Vente Privée depuis plus de deux ans, mais là, je connais les produits, je sais que je les consommerai et surtout, la date de livraison prévue tombe à un moment où je serai à Toulon. Hop, une jolie boîte en métal de chocolat en poudre blanc, la même en version noir, et une boîte d'Earl Grey en sachet.

13h40: Toujours par MP, je tente de fixer une date pour la prochaine troc party. Il semble que le 17 janvier convienne à tout le monde.

13h50: Je quitte la maison avec Chouchou, qui s'arrête place du Luxembourg où il a rendez-vous avec quelqu'un. Moi, je descends à pied jusque dans le centre.


Riante atmosphère de préparation des fêtes - si, si, je vous jure. 

14h20: Je passe un long moment chez Tropismes à faire un repérage de bouquins pour une future liste sur L'Annexe. Puis je flâne un peu dans les Galeries Royales presque désertes.

14h50: J'enfile la rue du Marché aux Herbes jusque chez Cora Kemperman, où je craque pour une robe qui me fait une ligne sublime (avec une culotte ventre plat, elle sera carrément parfaite). J'hésite entre la rouge et la gris anthracite, jusqu'à ce que la vendeuse m'informe qu'à partir de 2 articles, il y a -25% sur tous les achats. Bon, ben à 40€ la seconde robe, je vais prendre les deux. Me voilà habillée pour l'hiver.

15h30: Après avoir fait une boucle bd Anspach, je remonte vers les Galeries Royales et entre chez Pierre Marcolini acheter les fameux éclairs qui me font baver depuis des semaines. Un aux marrons pour moi, un au chocolat noir pour Chouchou, et puis, comme ils sont tout petits, un à la crème brûlée pour partager.

15h35: Je remonte à pied jusqu'à la Chaussée d'Ixelles. Avec ça, je devrais avoir mon quota de pas pour la journée!


Du thé, un bon bouquin, what else? 

16h00: Je m'installe au Comptoir Florian avec un kabuse kukicha et me délecte de quelques chapitres de "Ce qui était perdu". Les flacons pharmacie vierges que j'attendais ne sont toujours pas arrivés, il faudra que je repasse une autre fois.

16h45: Je rentre à la maison, où je trouve Chouchou en train de faire des bonds de joie suite à une découverte qui l'enchante et qui devrait partiellement résoudre ses problèmes. Nous discutons de nos après-midi respectifs en engloutissant savourant les éclairs Marcolini. Puis j'enfile la robe rouge histoire de lui montrer ce qu'elle donne sur moi; ses yeux brillent et il commence tout de suite à chercher avec quel type de chaussures il faudrait que je la porte. Un excellent investissement, donc.

17h30: Je pense à vérifier mon compte de pas. Je suis à 11600. Pas sûre que ça suffise à compenser les éclairs, mais bon.

18h00: Rédaction de billets pour les deux blogs, notamment une sélection de très bons ouvrages jeunesse à offrir pour Noël.

19h20: David envoie des signaux de détresse depuis le concert de Maître Gims. Impitoyable, ma soeur lui répond: "Un peu plus d'entrain, s'il te plaît!". Je me marre. En représailles, David menace de pourrir mon mur Facebook avec les vidéos qu'Attila est en train de filmer. On est toujours trahi par les siens.

19h45: Chouchou se lance dans la confection des célèbres spaghetti à l'ail de Funambuline. Il était temps: les éclairs sont loin, et la révolte gronde dans mon estomac.

20h45: Nous nous installons avec nos plateaux devant l'épisode 3 de "Jessica Jones". Je suis normalement peu sensible au physique masculin, mais je dois quand même concéder que le barman noir ne fait pas mal aux yeux.

21h45: Les spaghetti à l'ail m'ont tueR. Il faut m'hélitreuiller pour me sortir du canapé. Je prévois 30 km à pied pour tout éliminer.

22h25: Sur une suggestion de ma soeur et pour ne pas mourir idiote, je viens d'écouter "Sapés comme jamais". J'envisage de me crever les tympans avec un coton-tige émoussé pour m'assurer que ça ne se reproduira plus jamais.

22h45: Avant d'aller dormir, je me livre à mon petit plaisir coupable de ces derniers mois - un tour sur le site "Get off my internets", où les gens viennent juste pour bitcher. Je l'ai découvert à un moment de grande frustration, quand je me suis rendu compte que je ne supportais plus du tout les deux blogueuses américaines que je suivais fidèlement depuis des années et que j'avais presque considérées comme des modèles à une époque. Quand j'ai vu ce que d'autres écrivaient à leur sujet, j'ai eu un peu pitié de la première et ricané bêtement en pensant à la seconde. Je sais, c'est moche.

23h00: Je me brosse les dents, je prends mon Lutényl, je me mets en pyj' et je me fourre sous la couette pour bouquiner une petite heure maxi avant l'extinction des feux, pendant que Chouchou reste au salon pour préparer son rendez-vous de demain matin.

Et vous, elle ressemble à quoi, votre journée de semaine typique?