mercredi 22 juillet 2015

Quand soudain, un inconnu m'offre un beignet




Hier. Parti avec un retard d'une demi-heure "à cause des âneries habituelles de la SNCF", annonce franco le chef de bord, le Bruxelles-Nice arrive à Toulon à 19h30 au lieu de 18h44. D'un côté, je serai contente de me faire rembourser un tiers de mon billet en première classe (pendant les grandes vacances, je n'hésite pas à payer 20€ de plus pour éviter de voyager dans des wagons de seconde bondés de familles avec enfants). De l'autre, il ne faudrait surtout pas que je rate le TER Toulon-Trululu, supprimé pendant toute l'année scolaire qui vient de s'écouler pour cause de travaux sur les voies, rétabli l'espace de deux mois pour les touristes et voué à disparaître de nouveau à la rentrée prochaine. C'est la seule fois de l'année où j'aurai pu faire Toulon-Monpatelin en 13 minutes au lieu d'une grosse heure en bus; ça ne se manque pas. 

Grâce au retard de mon TGV, je n'ai que 5 minutes pour l'attraper, et je crains que ça ne fasse un peu court. Mais comme mon premier train s'immobilise enfin en gare de Toulon, je vois que mon TER attend sur le même quai, à sa voie-habituelle-de-quand-il-daigne-circuler. Parfait! Je me jette dedans et reprends la lecture du dernier Odd Thomas. Premier arrêt: "Machinette-les-Oies". Deuxième arrêt: "Prosper-Youplaboum". Je rassemble mes affaires et vais me positionner près de la porte. Tiens, ça me semble un peu plus long que d'habitude jusqu'à Monpatelin, et je ne reconnais pas trop le paysage. "Duquai-Dugland". Je blêmis. "Hein? Mais comment ça, Duquai-Dugland? Je vais à Monpatelin, moi." "Ah, vous n'êtes pas dans le bon TER, m'informe un monsieur roux tout transpirant qui attend à côté de moi. Ce n'est pas le Toulon-Trululu, mais le Toulon-Tralala. Il ne passe pas par Votrepatelin". 

Grand moment de solitude. Bien que Monpatelin et Duquai-Dugland soient des communes mitoyennes, elles ne sont reliées par aucun transport en commun. Il faudrait que je trouve un bus pour retourner à Toulon, puis que j'attende le dernier bus pour Monpatelin qui me mettrait chez moi aux environs de 22h30. Un instant, j'envisage de faire le trajet à pied, mais le soleil cogne encore très fort, je suis trop habillée pour la météo, je n'ai pas de crème solaire ni de chaussures adaptées à la marche, je traîne une valise à roulettes et surtout: je ne connais pas le chemin et j'ai un sens de l'orientation méga-pourri. Taxi, alors? Mon portable est chargé, mais je ne suis pas certaine d'avoir de numéro idoine en mémoire et je ne connais pas le numéro du service de renseignements de mon opérateur. C'est alors qu'un miracle se produit: face à ma mine déconfite, le monsieur roux tout transpirant pousse un gros soupir et me dit: "Bon, de toute façon, j'ai déjà une demi-heure de retard, je vais vous emmener en voiture". 

En temps normal, j'aurais sans doute refusé poliment. Ca pourrait être un serial killer (oui, à Duquai-Dugland, parfaitement: il faut bien que les serial killers vivent quelque part), ou au moins un conducteur fou, et surtout, j'ai déjà un mal de chien à me sentir redevable envers mes proches - alors, envers un parfait inconnu! Mais là, je suis franchement embêtée. Et aussi, ça fait des mois que je travaille à gommer mon hostilité naturelle envers "Les Gens", cette espèce qui ne m'a jamais rien inspiré de bon. Alors, je décide de faire confiance et de monter dans la Fiat 500 rouge du monsieur roux tout transpirant.

Vingt minutes plus tard, je ne reconnais toujours pas le paysage et je commence à flipper; on devrait être arrivés en terrain familier depuis un bon moment. Le monsieur roux tout transpirant n'est néanmoins pas un serial killer: il a juste un sens de l'orientation presque aussi pourri que le mien. On fait trois fois plus de chemin que nécessaire, mais on finit par s'arrêter dans le parking de ma résidence, où je remercie mon Bon Samaritain du fond du coeur. Le pauvre semble juste pressé de rentrer chez lui, ce qui est bien naturel. Je ne pourrai jamais lui rendre service en retour, et ça me désole. Mais ça m'est aussi arrivé de faire spontanément une grosse bonne action pour un parfait inconnu, et quelque part, c'était une récompense en soi. Alors, je décide de considérer que le monsieur roux tout transpirant vient de créditer son compte karmique, et que je ferai circuler quand l'occasion se présentera. 

N'empêche. En novembre dernier, quand je me suis retrouvée bloquée à Toulon par des inondations, j'ai appelé un ami de longue date pour me servir de chauffeur jusqu'à Monpatelin. En mai, quand j'ai cru ne pas pouvoir atteindre la gare pour cause d'absence de bus un jour férié, c'est ma couturière (que je connais depuis dix ans, mais dont je ne suis pas proche) qui a offert de m'y conduire. Et aujourd'hui, un parfait inconnu m'a tirée d'un mauvais pas. Que dois-je en déduire? Que je suis victime de persécution ferroviaire? Ca me semble évident. Que le monde n'est pas toujours un endroit hostile et qu'il existe aussi des gens sincèrement gentils? Malgré ma méfiance et mon pessimisme naturels, je le savais déjà, même si je préfère ne pas compter dessus. Alors, quoi?

Dans son mémoire "The Art of Asking: How I Learned to Stop Worrying and Let People Help", Amanda Palmer parle de la difficulté qu'ont les artistes à accepter l'aide qu'on leur propose spontanément en comparant ça à une boîte de donuts offerts. Puis elle explique comment elle en est venue à solliciter l'aide des autres sans craindre de se montrer vulnérable ni considérer ça comme une faiblesse de sa part. Je n'en suis pas encore tout à fait là. Mais désormais, je suis capable de prendre le beignet qu'on me tend. C'est déjà un gros progrès pour moi. 

mardi 21 juillet 2015

Une liste de choses notables que j'ai perdues




- Ma gourmette de baptême, offerte par ma grand-mère paternelle qui était aussi ma marraine (et dont je porte le prénom en deuxième position), un samedi soir de... 1986 ou 1987, je dirais, dans une cafétéria Casino où je dînais avec ma bande du club de jeux de rôles. Elle est tombée de mon poignet sans que je m'en rende compte et je ne l'ai jamais revue.

- Ma chaîne de baptême, que j'utilisais à l'époque pour y suspendre d'autres pendentifs que ma médaille. Le fermoir s'est cassé pendant que j'étais dans la salle de bain de mon appart' en colocation, la première année de mes études à Toulouse (1988-1989, donc). Je l'ai rangée dans la poche latérale d'une trousse de toilette en attendant de pouvoir la faire réparer. Je ne l'ai jamais retrouvée. Il me reste donc seulement la médaille, très épaisse et très lourde comparée à ce qui se fait aujourd'hui: l'or n'était pas cher l'année de ma naissance!

- Le 45 tours que j'avais enregistré au studio Miraval (aujourd'hui propriété de Brad Pitt et Angelina Jolie) après avoir remporté le deuxième prix d'un concours de poésie organisé par la Caisse d'Epargne sur le thème "L'enfant et l'espace" quand j'étais en CM2. J'avais été horrifiée d'entendre ma voix de Minnie Mouse sous hélium pour la première fois, mais quand même, j'étais un peu fière d'avoir réussi à réciter comme il fallait dès la seconde prise. J'imagine que ce 45T est parti à la poubelle avec le reste des affaires laissées trop longtemps chez mes parents après mon départ de la maison.

- Mon exemplaire original de "Neverwhere", un de mes bouquins préférés au monde, prêté à un voisin vers la fin du dernier millénaire et jamais récupéré. Bon, ça a été l'occasion de le racheter en VO plutôt qu'en VF. 

- Mon premier permis de conduire, en 2005. J'en ai fait faire un autre, et puis j'ai retrouvé le premier dans un sac à main que j'avais cessé d'utiliser un moment. Sur la photo du premier, j'avais les cheveux orange vif, un carré lisse, des lunettes rouges de secrétaire et un rouge à lèvres tirant sur le brun. Sur la photo du second, je suis semi-blonde et je ne me ressemble pas du tout. (La preuve sur Instagram.)

- Tous mes passeports. Du moins, c'est ce que je déclare systématiquement quand je dois en faire un nouveau. 

- Ma carte Visa. Oubliée dans un distributeur bruxellois au printemps 2009, la veille de mon départ pour une semaine au Maroc. Je m'en suis aperçue le lendemain à l'aéroport de Madrid. Grosse panique pour faire opposition et récupérer un moyen de paiement en catastrophe sur Marrakech.

- Régis 1er. Techniquement, ce n'est pas moi qui l'ai perdu: il est tombé du sac à dos à demi ouvert dans lequel Chouchou le promenait durant nos vacances d'été 2009 à Toulouse. Nous l'avons cherché partout; nous avons été faire la queue aux objets trouvés, et en Belgique, un entrefilet avec photo est même paru dans le Flair du mois suivant. J'étais inconsolable. Cette bête peluche avait accompagné notre premier voyage ensemble à l'autre bout du monde; elle nous avait inspiré un blog humoristico-photographique et un milliard de conneries qui nous avaient soudés en tant que couple bien davantage que n'importe quelle initiative romantique n'aurait pu le faire. J'ai commandé une autre Ugly Doll identique sur internet, mais ça n'a plus jamais été pareil. Régis appartient désormais à nos archives, plus à notre quotidien. 

- Un porte-cartes - en réalité, une pochette de pansements Hello Kitty qui avait juste le bon format - contenant une carte STIB (transports en commun bruxellois), une carte RMTT (transports en commun toulonnais) et une carte Tisséo (transports en commun toulousains). J'ai pesté de manière tout à fait disproportionnée avec l'importance matérielle de la perte, probablement parce que la veille encore, je maugréais intérieurement contre la distraction de Chouchou. 

- Trois Sacrés de Birmanie: Lucrèce, qui était atteinte d'axonopathie dystale et que j'ai regardé mourir âgée de sept mois seulement, la nuit de mon 25ème anniversaire; Copernique et Scarlett, que j'ai dû emmener chez le vétérinaire pour les faire euthanasier aux âges plus respectables de 15 et 17 ans. 

- Brigitte et mon père, tous les deux emportés par un foutu crabe. 

- Beaucoup d'illusions, mais aussi de complexes, de peurs et d'idées toutes faites!

lundi 20 juillet 2015

Arrière l'armée des ombres, les monstres à tentacules




Je glisse mon marque-page à la fin du chapitre, referme mon livre et le range dans ma table de chevet, puis tends la main pour éteindre la lampe. 
Près de moi, mon amoureux dort déjà, tout nu sur les draps. Il a toujours trop chaud. Je me colle doucement à lui, mon ventre moulé contre ses fesses, un pied crocheté par-dessus son mollet. Il remue vaguement les orteils pour me faire signe depuis le rivage du demi-sommeil. 
Je pose un baiser dans sa nuque, là où les poils forment un coeur dont je ne me lasse jamais, avant de caler ma joue contre ses omoplates. 
J'écoute mon souffle se faire plus profond et se synchroniser aux battements de mon coeur qui ralentissent peu à peu. 
Je sens l'air sur ma peau légèrement moite. 
Des pensées parasites tentent de m'assaillir; je les laisse passer sans réagir, tel un rocher immobile au milieu d'un torrent. 
Je refuse le tumulte intérieur. 
J'inspire... J'expire... 
J'habite mon corps, un point c'est tout. 
Je suis ici et maintenant. 
Vivante.
En paix.

dimanche 19 juillet 2015

Les brèves de la semaine #29




- Lundi après-midi, Chouchou passe un scanner. Evidemment, il faut encore attendre quatre ou cinq jours pour avoir les résultats. Je ne suis pas DU TOUT angoissée. 

- Révoltée et consternée par l'accord finalement conclu entre l'UE et la Grèce. Une porte s'était entrouverte sur un espoir; elle vient de claquer au nez de la démocratie. Wolfgang Schaüble occupe désormais la première place de mon hit-parade de Grands Méchants Politiques, devançant Vladimir Poutine qui stagnait là depuis un moment. 

- Comme souvent le mardi après-midi, je m'offre une crêpe à l'ananas au food truck Ty Penty, stationné ce jour-là square de Meeus. C'est délicieux (bien que pas facile à manger en marchant) et toujours servi avec le sourire!

- Je profite d'une place gratuite pour accompagner Mlle Mars au cinéma voir "Les Minions", et contre toute attente, je ris beaucoup. Je suis très mauvais public pour le comique, surtout de situation, mais le film est vraiment drôle même pour un Grinch comme moi.

- Mercredi, je mange ma toute dernière barre de Blanc Vanille Villars. Faute de séjour en Suisse dans un avenir proche, vais-je devoir me résoudre à acheter du Galak? (Horreur, malheur.)

- Jeudi, je descends à pied jusqu'à De Brouckère sous un beau soleil qui donne envie de jouer les touristes. Je m'arrête pour un lunch rapide dans le jardin (très agréable) du restaurant Green Kitchen au musée Belvue, puis je fais les petites courses qui m'ont amenée dans le centre et je remonte en bus vers le parvis Saint-Boniface, où je m'installe à l'Ultime Atome pour boire un verre en bouquinant. Et là, je me souviens pourquoi ça fait des années que je ne viens plus à l'Ultime Atome: parce que le service est invariablement abyssal.

- Les babies Wonders rose pâle et blanc que je guigne depuis des mois sont soldées à 50% chez Kusje, et il reste ma pointure. J'hésite: d'un côté, je ne suis pas censée acheter de chaussures  ce mois-ci; de l'autre, j'ai déjà deux paires de babies de cette marque (des rouges et des noires), et je les porte énormément parce qu'elles sont aussi confortables que mignonnes.

- Chouchou dépanne, par Skype et en catastrophe, la filleule d'un ami qui vient de planter sa migration de site internet sans avoir fait de backup préalable. C'est très amusant de constater qu'au-delà des conseils techniques, il assure aussi le soutien psychologique: "Le pire est déjà arrivé, tu ne peux plus rien faire, donc ne te mets pas les nerfs en boule et passe une bonne nuit de sommeil".

- Vendredi, le résultat du scanner de Chouchou tombe: il a un gros calcul (5 mm) dans un rein. Ca risque de ne pas être plaisant à évacuer, mais au moins, c'est bénin. Je respire.

- Je suis ravie de remporter le concours Instagram organisé par My Cup Of Tea pour ses 300 abonnés. Du courrier dans ma boîte à lettres et des découvertes en perspective!

- L'Amour Fou a changé sa carte. De nouveaux cocktails, mais plus que 6 recettes de burgers contre une quinzaine avant. 2 des 3 formules végétariennes (dont ma préférée: Portobello farci de chèvre frais et de cerneaux de noix) ont disparu. Ce n'est vraiment pas une amélioration.

- Dans la partie de la chaussée d'Ixelles qui redescend vers la place Flagey après la place Fernand Cocq, le collectif Yarnbombing Bruxelles a habillé un autre arbre. J'aime tellement ces installations urbaines qui mettent de la gaieté dans les rues toutes grises!

- Samedi midi, nous testons la salade de ramen froide du Samouraï Ramen: avec de la sauce aux cacahuètes, c'est une tuerie.

- Au 5ème épisode (sur 10), "The astronaut wives club" commence enfin à devenir intéressant - il était temps.

- Dimanche, je profite d'une journée maussade pour faire du tri dans ma penderie d'été: plusieurs T-shirts et pulls abîmés partent à la poubelle, une grande brassée de robes neuves ou presque va aller dans un sac en attendant une prochaine troc party, deux paires de chaussures se retrouveront bientôt dans mon vide-dressing. Pendant que j'y suis, je fais du ménage dans ma PAL, dont je retire une bonne dizaine de bouquins que je revendrai chez Pêle-Mêle. Et je vire de ma table de nuit l'Eggling dont aucune pousse n'a jamais daigné sortir.

Bonne semaine à tous.

samedi 18 juillet 2015

La revue de presse du week-end #30




[BLOG] Les aventures dessinées du chat Madame, par Nancy Pena.

[DEVELOPPEMENT PERSONNEL] Un très beau billet d'Anne-Solange Tardy sur la nécessité de l'individualisme.

[POLITIQUE] Pourquoi je ne voterai plus socialiste: une liste non-exhaustive des iniquités commises sous la présidence de François Hollande.

[POLITIQUE] Cinq fausses idées reçues sur la crise grecque.

[POLITIQUE] La Grèce a perdu, et l'Europe avec elle

[SANTE] Homéopathie: y croire est un problème.

[SANTE] L'Europe prête à accepter des niveaux de radioactivité élevée dans ses aliments

[SPORT] De magnifiques photos d'athlètes nus dans l'exercice de leur sport.

vendredi 17 juillet 2015

Flow special Mindfulness




Ca fait déjà un petit moment que je chante les louanges du magazine Flow - même si je préfère sa version internationale, en anglais, à sa plus récente version française. Courant juin est sorti un hors-série consacré à la Pleine Conscience, qui est une cousine de la pensée positive et l'un de mes dadas actuels. Je ne pouvais donc que me jeter sur ce numéro spécial et le dévorer quasiment d'une traite!

Que trouve-t-on au sommaire?
- Un article qui explique l'utilité de la Pleine Conscience dans la vie de tous les jours, notamment en tant que réducteur de stress et aide de gestion des émotions
- Plusieurs entretiens avec des journalistes qui ont fait un stage de 8 semaines avec un des fondateurs du mouvement - leurs impressions, ce que ça a changé pour eux
- Des témoignages de personnalités plus ou moins connues qui ont adopté la Pleine Conscience
- Des articles dédiés à la Pleine Conscience appliquée à divers sujets: le couple, la colère, la peur, la jalousie, l'auto-compassion...
- De nombreuses suggestions d'exercices pratiques: listes, collage...
- Des recettes de soupes qui mijotent lentement
- Comme d'habitude, des tas de goodies papier aux illustrations ravissantes: cartes au dos desquelles écrire des remarques, cartes à ranger annotées dans un bocal de beaux moments, cartes postales à envoyer, mini-journal "une pensée par jour", mini-journal "une chose à la fois"
- Un répertoire contenant des sites internet de référence, des adresses de lieux qui organisent des stages ou des retraites, des critiques d'ouvrages théoriques ou pratiques...











Est-ce que je le recommande? Si vous avez un niveau d'anglais correct et que vous êtes intéressée par le sujet sans y connaître grand-chose pour le moment, oui, définitivement. Si vous avez déjà beaucoup lu et écouté sur la Pleine Conscience, vous risquez de vous ennuyer par moments, mais vous pourrez toujours profiter des goodies et piocher des idées dans le répertoire pour poursuivre votre exploration. Par exemple, j'y ai dégoté un cours en ligne de l'UCLA (payant, mais bien moins cher qu'un stage IRL) qui nous intéresse tous les deux, Chouchou et moi. Je vous en reparlerai sûrement cet automne...

Vous pouvez commander le hors-série Flow Mindfulness ici

jeudi 16 juillet 2015

En juillet, j'ai envie...




...d'un abonnement à la box Saperlipapier (mais ça ne serait pas raisonnable)
...de ce sac Nat&Nin qui serait parfait pour  mes voyages en train ou en avion
...et de ce livre dont la couverture me fait complètement craquer
...puis surtout d'un appareil à ultra-sons efficace pour éloigner les souris
sans jamais avoir directement affaire à elles
...d'un regain de motivation pour continuer le fitness (je commence à m'ennuyer sérieusement)
...de déjeuner dehors tous les midis ou presque
...de manger des soupes froides tous les soirs ou presque
...d'une bonne séance de réflexologie plantaire
...de vernis aqua sur mes orteils, avec un top coat à paillettes
...de faire la grève des actualités jusqu'en septembre tellement tout me fout en rogne:
la crise grecque, le 49.3 de Macron, le Tafta...
...de décaler mon heure de réveil pour profiter davantage de ces longues journées
...que la météo bruxelloise cesse de jouer au yoyo entre "surface de la planète Mars au mois d'août vers midi" et "ambiance landes écossaises autour de la mi-novembre", merci, bisous
...que l'Adventure Rooms de Toulouse se décide à ouvrir sa deuxième salle avant nos vacances là-bas (mais ça me paraît plus que compromis)
...d'assister à un festival de montgolfières (celui d'Hotton le mois prochain, peut-être?)

mercredi 15 juillet 2015

"Ma grand-mère vous passe le bonjour"


Elsa a sept ans, presque huit. Son plus grand trésor est son écharpe Gryffondor. Elle lit de la littérature de qualité (à savoir, des bédés de super héros) et tout ce qu'elle ne sait pas, elle l'apprend sur Wikipédia. Elsa est vachement futée pour son âge. Pour tous les âges, même. Du coup, elle n'a pas d'autre amie que sa grand-mère - et quelle grand-mère! Une femme chirurgien qui a sillonné le monde toute sa vie pour venir en aide à ceux que personne d'autre ne voulait aider, une briseuse de coeurs qui ne s'est jamais fixée avec personne, une fieffée emmerdeuse imperméable aux conventions. "Il n'arrive jamais d'accident à Mamie: c'est Mamie qui arrive aux accidents", affirme Elsa. C'est aussi Mamie qui, chaque soir, l'entraîne dans le Pays Presqu'Eveillé pour lui faire vivre des contes et légendes fantastiques. Mais un matin, à cause d'un sale crabe, Mamie ne revient pas du royaume de Miamos. Elle a laissé pour Elsa une drôle de chasse au trésor: trouver et distribuer des lettres dans lesquelles elle demande pardon...

J'avais tellement aimé "Vieux, râleur et suicidaire: la vie selon Ove", le premier roman de Fredrik Backman, que je redoutais la malédiction du deuxième roman super décevant. Et au final, j'ai encore plus adoré "Ma grand-mère vous passe le bonjour". Ici aussi, le personnage principal est quelqu'un de solitaire qui va apprendre à tisser des liens avec les gens qui l'entourent; ici aussi, chaque chapitre suinte l'humanité brute et la tendresse bourrue. Mais "Ma grand-mère..." possède une profondeur supplémentaire. Il parle du pouvoir de l'imagination et des rêves, de choses pas très marrantes comme la folie et la mort,  et puis surtout du droit à la différence ou à l'erreur. C'est une histoire à la fois très drôle et très poignante, parfois en même temps; une histoire bourrée de références à Harry Potter, aux super-héros et à la culture internet; une histoire qu'on termine avec du chaud dans le coeur, de l'amour pour son prochain et de la tolérance pour toutes les failles du genre humain. C'est aussi un portrait de gamine ultra attachante - maligne et têtue, horriblement franche et curieuse, très à cheval sur l'orthographe et la grammaire, bougonne et de mauvaise foi mais toujours droite dans ses bottes -, servi par une très chouette traduction de Laurence Mennerich. Une pépite, tout simplement.

"Mamie a soixante-dix-sept ans, presque soixante-dix-huit. Ce qui ne lui réussit pas très bien non plus. On voit qu'elle est vieille, son visage ressemble à du papier journal fourré dans des chaussures mouillées, mais personne ne trouve jamais que Mamie est mature pour son âge. "En forme", voilà ce que les gens disent parfois à la maman d'Elsa. Ensuite, ils prennent un air soit très inquiet soit très en colère, et maman demande en soupirant combien vont coûter les dédommagements."

"Elsa avait eu très peur cette nuit-là, et elle avait demandé à Mamie ce qu'elle devrait faire si un jour leur monde s'écroulait. Alors, Mamie avait serré fort les index d'Elsa et répondu: "Nous ferons comme tout le monde, nous ferons ce que nous pourrons". Elsa avait grimpé sur ses genoux et demandé: "Que pouvons-nous faire?" Mamie lui avait embrassé les cheveux, l'avait enlacée fort, fort, fort, et avait soufflé: "On porte autant d'enfants qu'on peut, et on court aussi vite qu'on peut"."

"Elsa décide que si les personnes qu'elle aime se sont comportées comme des ordures dans leur jeunesse, elle va juste devoir apprendre à les aimer quand même. Il ne reste plus beaucoup de monde si on disqualifie tous ceux qui se sont conduits en ordures à un moment ou à un autre."

mardi 14 juillet 2015

"Au service surnaturel de Sa Majesté"


Lorsqu'elle reprend conscience dans un parc de Londres, entourée de cadavres d'hommes en costume portant des gants en latex, Myfanwy Thomas ne se souvient de rien. D'après la lettre qu'elle a trouvée dans sa poche, elle savait qu'elle allait perdre la mémoire et s'est laissé tous les indices nécessaires pour découvrir qui veut l'éliminer. Elle rejoint ainsi la Checquy, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la couronne britannique. Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais, la jeune femme, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, devra se frayer un chemin dans un univers semé d'embûches et lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables...

Premier roman de l'australien Daniel O'Malley, "Au service surnaturel de Sa Majesté" démarre sur un bon gros poncif littéraire: le personnage principal qui se réveille amnésique avec des méchants à ses trousses et se rend compte qu'il appartient à une puissante organisation secrète. Il se poursuit sur un sous-poncif de la catégorie "amnésie", avec une héroïne qui se rend rapidement compte que sa nouvelle personnalité n'a aucun rapport avec l'ancienne. L'histoire met du temps à démarrer; il y a pas mal de longueurs (notamment dans les lettres laissées par la Myfanwy originelle) et la traduction française, bien que d'un style assez enlevé, recèle des fautes de grammaire et d'orthographe qui m'ont fait saigner les yeux, sans parler de son atroce tendance à sauter du passé simple au passé composé ou à l'imparfait sans aucune raison apparente.

Cela aurait suffi à me faire abandonner presque n'importe quel autre bouquin, mais là, j'étais assez captivée par l'univers déjanté, le côté second degré et la personnalité de l'héroïne pour passer outre. Si la Myfanwy originelle était une bureaucrate timide qui se faisait constamment marcher sur les pieds par ses collègues, la nouvelle a un caractère délicieusement sarcastique, une tendance prononcée à jurer et un humour noir fort à propos pour qui doit affronter une secte d'affreux Belges mutants (oui). Les actions sur le terrain auxquelles elle doit se résoudre ont un petit côté lovecraftien horriblement jouissif, et les pouvoirs des divers membres de la Checquy en font un casting particulièrement coloré, avec des interactions chaotiques à souhait. Et puis, il y a un canard prophétique qui connaît un sort funeste mais hilarant. Bref, bien qu'il soit bourré de défauts, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire "Au service surnaturel de Sa Majesté", et je me jetterai certainement sur la suite dès qu'elle sortira. Mais en anglais.

"Dans n'importe quel autre pays, une guerre sanglante et totale aurait éclaté. Ces monstres auraient déferlé sur le territoire, des amas de chair épouvantable se seraient livré bataille et les nuits auraient donné lieu à de nouvelles atrocités innommables. 
Heureusement, on parle ici de la Belgique. 
Plutôt que de créer une armée monstrueuse prête à piétiner les soldats sur les verts pâturages, les riches mécènes rencontrèrent le dirigeant en place - probablement autour d'une sorte de potage crémeux - pour une conversation polie et civilisée."

lundi 13 juillet 2015

"Une merveilleuse histoire du temps"


Etudiant en physique plein de promesses, le jeune Stephen Hawking vient juste de rencontrer sa future femme Jane et de trouver le sujet de sa thèse de doctorat quand il apprend qu'il souffre d'une terrible maladie dégénérative qui ne lui laisse que 2 ans à vivre. A compter de ce moment, il va vaincre toutes les probabilités: d'abord en survivant bien au-delà des prévisions des médecins, puis en menant longtemps une vie de couple harmonieuse et en ayant trois enfants, enfin, en écrivant plusieurs ouvrages majeurs de la science moderne alors que ses muscles atrophiés déforment son corps, le clouent dans un fauteuil roulant, l'empêchent de parler intelligiblement et même de manger sans risquer de s'étouffer...

Bien que Stephen Hawking soit l'un de mes héros, il m'a fallu longtemps pour me décider à regarder ce biopic tiré du livre écrit par sa première femme. Je craignais de le trouver ultra-plombant: en fait, bien que très émouvant, il est beaucoup plus inspirant que déprimant. Eddie Redmayne offre une interprétation fabuleuse; ses mimiques, sa gestuelle reproduisent à la perfection celles de Stephen Hawking, même s'il le rend sans doute plus tendre que son modèle n'a la réputation de l'être. J'ai un peu regretté que l'accent mis sur sa vie personnelle éclipse autant son travail de recherche, et que son génie ne se traduise finalement à l'écran que par des remises de prix ou la mention qu'il est mondialement reconnu dans son domaine.

Mais même s'il faut tenir l'importance de ses découvertes pour acquise, son intimité reste un sujet fascinant, que le réalisateur a le bon goût de ne pas traiter comme une tragédie mais d'aborder avec une immense délicatesse. L'obstination de Hawking à rester aussi indépendant que possible malgré une infirmité écrasante, son sens de l'humour qui continue à transparaître dans les situations les plus cruelles, l'évolution de ses rapports avec Jane au fil du temps, le respect et la compréhension mutuelle avec lesquels ils gèrent une vie de couple hors du commun sont excessivement touchants. J'ai terminé le visionnage du film plus fascinée que jamais par cette incarnation du triomphe de l'esprit sur la matière. J'espère m'en souvenir la prochaine fois que je me trouverai des excuses bidon pour ne pas faire les choses.

dimanche 12 juillet 2015

Les brèves de la semaine #28




Tout ce qui m'a miné le moral cette semaine:
- Lundi soir, je me suis disputée avec Chouchou. Nous ne nous sommes pas adressé la parole de toute la semaine au-delà de "Qu'est-ce que tu veux manger ce soir?". Grosse grosse ambiance jusqu'à dimanche matin.
- J'ai fait du sport à peine deux fois tellement j'étais peu motivée, et vendredi, j'ai carrément séché le boulot. Ma date de remise est dans un mois, et j'ai le temps de me rattraper, mais mon enthousiasme pour le travail comme pour le fitness avoisine actuellement le degré de congélation de l'azote (alors que je traduis un bouquin très sympa).
- Ma prof de yoga a annulé le cours en plein air de samedi pour se rendre en urgence au chevet de son père qui traîne un cancer depuis des années. J'ai lu entre les lignes de son message et eu mal pour elle. Du coup, je n'ai pas arrêté de repenser à mon propre père, qui me manque tellement...
- Les vacances à Toulouse se rapprochent, et j'appréhende de plus en plus. Je vais encore avoir un mal de chien à ne pas m'engueuler avec ma mère; je vais encore à peine apercevoir ma soeur et sa famille en coup de vent et rentrer complètement déprimée. J'ai dit que mon père me manquait?
- Nettement plus trivial mais énervant: le masque Gratiae hors de prix que je me suis fait refourguer par un vendeur horripilant m'a transformé le visage en devanture de mercerie. Et j'ai la tension qui monte rien qu'à m'imaginer ferrailler encore verbalement avec ce type pour obtenir qu'il me rembourse, comme il avait promis de le faire si je n'étais pas convaincue à l'usage.
- Le dernier Scarlett Thomas, que j'étais impatiente de lire au point de l'avoir précommandé en hardback il y a plusieurs mois, est d'une nullité abyssale, avec entre autres choses une héroïne alcoolique/boulimique/shopping addict comme dans un roman de chick lit, des considérations métaphysiques encore plus vaseuses que d'habitude et une pléthore de fantasmes sexuels déviants, dont celui d'une gamine de 12 ans qui imagine les personnages du Club des Cinq dans une scène vaguement BDSM. Au secours.

Tout ce qui m'a réconfortée:
- L'opération de ma tante s'est passée aussi bien que possible; dès le lendemain soir, elle était de retour chez elle. On va voir maintenant ce qu'elle aura comme chimio et radiothérapie préventives, et je n'ose jamais me réjouir prématurément avec cette saleté de maladie, mais disons que so far, so good.
- Un bon burger aux Super Filles du Tram mardi; un fabuleux bahn mi au Yéti 2 vendredi; des caïpiroska à la pastèque préparées par la serveuse du Berger qui commence à bien me connaître et qui fait des grimaces en me récitant la liste des cocktails du moment pour m'indiquer ceux qu'il faut éviter à son avis. La bouffe et l'alcool, deux valeurs sûres pour se remonter le moral (avec modération, évidemment).
- Continuer à remplir mes enveloppes-mystère m'amuse vraiment, et j'ai commencé à en recevoir en retour. Egalement dans ma boîte aux lettres cette semaine: une carte inattendue d'Autre Moi, qui m'a fait super plaisir.
- Pour la première fois depuis une éternité, je me suis fait une manucure avec des paillettes-confetti. Ce sera un fléau à enlever, mais en attendant, j'ai les ongles ultra festifs.
- Dimanche après-midi, nous sommes allés voir l'expo sur les paysages belges au musée d'Ixelles. Nous en avons profité pour faire un peu les andouilles dans les galeries de la collection permanente, où Chouchou m'a gratifiée de ses inénarrables commentaires. Face à un tableau représentant une femme de dos devant une fenêtre ouverte: "Dans cette oeuvre, par exemple, la perspective légèrement faussée introduit une dimension onirique." Se tournant vers le tableau suivant: "Ca, c'est une casserole de moules."
- Histoire de conclure la semaine mieux qu'elle n'a commencé, j'ai réservé nos billets d'avion pour Budapest fin septembre et jeté un coup d'oeil aux tarifs des apparts Airbnb: ça a l'air à peu près aussi bon marché qu'à Porto, ce qui tombe vraiment bien!

Bonne semaine à tous.

vendredi 10 juillet 2015

30 new things: week 4



Jour 22: Tirer la première prédiction de mon bocal de bonheurs instantanés
Lors de notre récent passage à Maastricht, je n'ai acheté qu'une seule chose: ce mignon petit bocal fabriqué  par une société néerlandaise à partir de matériaux recyclés. Il contient douze prédictions heureuses que je suis censée tirer au rythme d'une le premier de chaque mois pendant un an - et hier, j'ai complètement oublié. Mais ce n'est pas grave: ma chance inattendue a encore trente jours pour se manifester; elle sera de toute façon bien accueillie!



Jour 23: Faire une séance de yin yoga
J'ai envie de bouger un peu, et en même temps, il fait une telle chaleur que je n'ose ni courir ni faire le moindre exercice de fitness. Je jette donc mon dévolu sur cette séance de yoga quasi-immobile, censée stimuler mon métabolisme. J'ai peur de m'ennuyer en tenant chaque posture pendant la durée indiquée (3 à 10 minutes), mais non. J'entre dans un état presque méditatif très agréable, et j'aime sentir mes articulations s'assouplir sous le simple effet de la gravité. Il faudra que je cherche d'autres séances du même type pour les jours où des activités physiques plus exigeantes ne seront pas une option.



Jour 24: Tester le masque régénérant Gratiae
Mardi alors que je me baladais en ville, je me suis fait alpaguer par un vendeur d'une marque bio très chic que je ne connaissais absolument pas. Si je n'avais pas été déboussolée par une mauvaise nouvelle reçue quelques heures plus tôt, jamais je ne l'aurais suivi jusqu'à son comptoir. Mais j'avoue que le Renewing Peeling Gel qu'il a testé sur ma main semblait bluffant, alors malgré son prix atroce, je l'ai laissé me convaincre d'en acheter un. Je n'étais pas encore sortie de la boutique que je regrettais déjà cette folie. Quand je l'essaye à la maison, non seulement je ne constate pas le même effet sur mon visage, mais il est hors de question que je me contente d'ôter la texture pelucheuse avec un coton comme recommandé: j'ai au minimum besoin d'un rinçage à l'eau micellaire. Je pressens l'achat le plus mal avisé de l'année.



Jour 25: Soutenir un artiste sur Patreon
Patreon est un site de crowdfunding qui permet de soutenir un artiste dans la durée plutôt que sur un projet ponctuel (façon Kickstarter), en lui assurant un revenu régulier versé soit chaque mois, soit chaque fois qu'il publie une création. C'est la seconde option qu'a choisi ma chère Amanda Palmer, et comme j'aime autant ce qu'elle fait que la façon dont elle le fait j'ai envie, à ma modeste échelle, de faire partie de ses "mécènes".



Jour 26: Regarder "The astronaut wives club"
Après avoir terminé "Sense8", il faut bien trouver une autre série pour occuper les longues soirées d'été. J'aime beaucoup l'Amérique du début des années 60, alors même si la conquête de l'espace n'est pas un de mes thèmes préférés, je me dis que "The astronaut wives club" peut être sympa à regarder. Le pilote me laisse partagée, ni conquise ni rebutée. Il faudra attender les épisodes suivants pour me prononcer.



Jour 27: Acheter des freesias
S'il y a presque toujours des fleurs fraîches chez moi, j'ai tendance à acheter toujours les mêmes: selon les disponibilités saisonnières, des pivoines, des renoncules ou des tulipes, plus rarement des oeillets ou des tournesols, très exceptionnellement des lisianthus, des dahlias ou des anémones. Mais aujourd'hui, j'ai décidé de changer un peu et opté pour une brassée de freesias jaunes, violets et rouges.



Jour 28: Me relever les cheveux autrement qu'en queue de cheval
Je suis une minimaliste de la coiffure: la plupart du temps, après un shampoing, je lisse ma frange à la brosse ronde et je laisse le reste de mes cheveux sécher tout seuls comme ils le sentent. Si j'ai besoin de les attacher - pour faire du sport, parce qu'il fait trop chaud ou pour camoufler que je n'ai pas eu le temps de les laver -, je fais une queue de cheval haute, et basta. Mais j'envie tout le temps les filles que je croise avec des messy buns qu'elles ont l'air d'avoir confectionné négligemment en un tour de main et trois épingles, et encore plus celles qui se font des... demi-couronnes de tresses dans la nuque (je ne sais même pas comment ça s'appelle). Alors aujourd'hui, je tente ma version du truc. Certes, je n'y passe pas plus de 5 minutes, mais une chose est certaine: pour ma reconversion professionnelle, la coiffure, c'est out.
(Des lectrices indulgentes m'ont demandé sur Instagram comment j'avais fait. C'est pas dur: on tresse les cheveux de chaque côté de la tête, on noue les deux nattes dans la nuque en les passant dessus-dessous, on planque les extrémités et on fixe avec des épingles!)



Jour 29: Goûter une Pavlova
Je ne suis pas très sucré, mais en général, les trucs aux fruits passent bien, et je n'ai encore jamais goûté ce grand classique des salons de thé. La version bio maison de God Save The Cream est délicieuse... ce qui ne m'empêche pas de saturer au bout de trois bouchées.



Jour 30: Goûter un sandwich bahn mi
Funambuline cherchait récemment du pain convenable pour se préparer cette recette vietnamienne dont je n'avais jamais entendu parler jusque là. Alors, quand j'arrive au Yéti 2 ce midi pour me prendre un burger végé mais que je vois "sandwich bahn mi" à la carte, je suis obligée de goûter. Comme c'est mon premier, je ne saurais pas dire dans quelle mesure c'est fidèle ou non à la recette originale, mais je trouve ça délicieux! Le pain est croquant, le porc tendre, la sauce piquante juste comme il faut; les légumes crus et la coriandre à foison apportent une très agréable note de fraîcheur.

Bilan de ce mois de petites découvertes: c'était très sympa! Certains jours, j'ai eu plus de mal que d'autres, parce que je ne sortais pas de chez moi, que j'étais très occupée ou que j'avais la tête ailleurs, mais j'ai presque toujours trouvé un truc nouveau à tester (et sinon, je me suis rattrapée dès le lendemain). Ca m'a servi de coup de pouce pour des activités que je procrastinais depuis un petit moment, ou parfois juste aidée à être un peu plus aventureuse et à sortir de ma routine. Dans tous les cas, une bonne expérience, que je me verrais bien reconduire une fois par an. 

Soupe froide à l'avocat vite fait-bien fait




Pour 4 personnes en entrée, ou 2 en plat unique:
- 2 avocats bien mûrs
- 1 pomme verte (type Granny Smith)
- 1 concombre
- 1/2 oignon blanc
- 500 ml de bouillon de légumes refroidi
- le jus d'un citron vert
- sel, poivre

Eplucher tous les légumes et les couper en morceaux.
Passer au blender avec les liquides.
Servir avec quelques rondelles de radis roses et des miettes de feta (que je n'avais pas sous la main au moment où j'ai pris la photo).
...Plus simple et plus rapide, tu meurs.

jeudi 9 juillet 2015

Frustration




Notre dernier grand voyage remonte à avril 2010 - pour les 40 ans de Chouchou, notre second séjour ensemble au Japon. La grande aventure suivante devait être un road trip californien. Mais en septembre, nous avons appris que mon père avait un cancer, et je n'ai plus osé faire de plans six mois à l'avance. En octobre 2012, mon père est mort, et les projets de voyage sont revenus sur le devant de l'actualité. Puis Chouchou s'est installé en free lance, et depuis, c'est soit le temps soit l'argent qui ont manqué pour prévoir autre chose que des city trips de quelques jours. 

Parfois, j'ai l'impression que je vais exploser de frustration. 

J'ai bien conscience que c'est une réaction de gamine gâtée. Même sans bouger de Bruxelles et de Toulon, j'aurais une vie très agréable par rapport à la moyenne: un boulot que j'aime, une chouette relation de couple, pas de soucis de santé... Je sais que c'est déjà énorme. Mais moi, ce que je veux faire de ma vie, c'est voyager avant toute autre chose. Enfin, non: d'abord écrire, puis voyager - la seconde activité nourrissant tout de même énormément la première. 

J'essaie de ne pas laisser transparaître mon impatience au quotidien, mais intérieurement, je piaffe à un point dont vous n'avez pas idée. Je brûle de sillonner de nouveau les routes américaines, de découvrir l'Australie et la Nouvelle-Zélande, de retourner au Japon pour explorer d'autres villes que Tokyo et Kyoto, de faire le tour de l'Islande dans le silence et le vent. Si férue que je sois des plaisirs du quotidien, ils ne suffisent pas à nourrir mon âme. 

Mon âme s'emmerde grave en ce moment. 

Puisque je ne peux pas voyager au dehors, j'essaie de faire diversion en voyageant en dedans. Je lis des quantités de bouquins phénoménales. Je me renseigne pour préparer une future reconversion, notamment à travers des cours en ligne. Mais pour être honnête, je me force un peu. Rien ne m'intéresse vraiment. Je veux juste faire ma valise et m'en aller, loin. 

mardi 7 juillet 2015

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (10)




1. Takumi, Bruxelles 2. Fourchette à bicyclette, Bruxelles 3 et 14. Les gens que j'aime, Bruxelles 
4. Hôtel Le Berger, Bruxelles 5. 't Wycker Cabinet, Maastricht 
6 et 10. Bar de la Place, Monpatelin 7. La Fabbrica di Marco, Toulon 
8. Le Chamo, Toulon 9. China Fast Food, Toulon 
11. Hippopotamus Gare du Nord, Paris 12. Arthur's, Bruxelles 13. AMI, Bruxelles
15. L'Amour Fou, Bruxelles

lundi 6 juillet 2015

"Souvenirs de Marnie"


Anna a 12 ans. Placée en famille d'accueil suite au décès de ses parents, c'est une enfant solitaire qui se sent toujours "à l'extérieur du cercle". Afin de soigner son asthme, sa tutrice l'envoie passer l'été dans une petite bourgade tranquille. A peine Anne est-elle arrivée sur place qu'elle se prend de fascination pour un manoir décrépit situé au fond d'un marais. Elle y fait la connaissance de Marnie, une fillette de son âge dont les parents toujours absents la laissent à la garde d'une grand-mère sévère et de domestiques peu commodes. Entre ces deux enfants qui se sentent abandonnées, l'amitié est immédiate... 

Dernier film produit par les studios Ghibli, seconde réalisation d'Hiromasa Yonebayashi à qui on devait déjà "Arrietty, le petit monde des chapardeurs", "Souvenirs de Marnie" a fait un flop (certes relatif) tant au Japon qu'à l'étranger, et j'avoue que je peine à comprendre pourquoi. Certes, il ne possède pas la magie des plus grands Miyazaki, mais on y retrouve tous les éléments qui font le charme de films plus contemplatifs tels que "La colline aux coquelicots" ou "Si tu tends l'oreille". Ici aussi, l'héroïne est en équilibre entre l'enfance et l'adolescence; ici aussi, l'atmosphère joliment nostalgique est servie par un travail fabuleux sur les paysages et la lumière; ici non plus, il n'y a pas de lutte contre un antagoniste quelconque: juste la découverte de soi et l'apprentissage parfois doux-amer de la vie. Un très joli dessin animé à mettre devant toutes les mirettes. 




dimanche 5 juillet 2015

Les brèves de la semaine #27




- Lundi, je fais le workout 1 du "6-week 6-pack" de Jillian Michaels. 35 minutes d'abdos purs à un train d'enfer. Quand je termine, je suis tellement trempée de sueur qu'on dirait que je sors de la douche. Mais le lendemain, je n'ai presque pas mal, hourra!

- Ma crève d'été s'éternise; je dois désormais être composée de morve à 90%. 

- Mardi midi, j'apprends que le crabe qui squattait les poumons d'un ami est de retour après avoir été chassé une première fois. Fuck.

- Le soir, le nouveau directeur de collection d'une série que je traduis depuis plus de 15 ans - c'est même moi qui l'ai recommandée à l'éditeur au millénaire dernier - déclare dans une interview "qu'il travaille" à la publication de l'ultime tome récemment paru en VO. Ou bien il pipote, ou bien il y travaille sans moi - ce qui m'étonnerait un peu vu le monstrueux glossaire que j'ai dû établir et que je suis la seule à détenir.

- Mercredi, je snobe le début des soldes: je viens d'entrer dans mon mois de no buy.

- Je me renseigne pour des cours d'aerial yoga. La super nouvelle, c'est qu'il y a une école juste à côté de chez moi avec des horaires et des tarifs qui me conviennent. La mauvaise nouvelle, c'est qu'elle vient juste de fermer - seulement pour les grandes vacances, j'espère!

- Jeudi, je me lève en nage à cause de la canicule, et avec la chanson de l'équipe de foot de St-Etienne qui tourne en boucle dans la tête (pourquoi?). C'est ce qu'on appelle un excellent début de journée.

- Vendredi, je reçois le hors-série de Flow spécial Mindfulness qui tombe à pic pour cristalliser certaines de mes intentions encore un peu floues quant à une future réorientation professionnelle. Dès que j'aurai un peu de temps et d'inspiration, je pondrai un billet sur le sujet.

- Le Takumi compte arrêter mon donburi préféré, celui aux boulettes de poulet mariné, parce qu'elles nécessitent trois cuissons différentes et que c'est un peu chiant. Mais à la place, il devrait y avoir bientôt une autre recette de donburi et une de udon. A tester!

- Samedi, nous retournons au yoga pour la première fois depuis six mois. Le cours en plein air, à l'ombre fraîche des grands arbres d'un parc privé, est un vrai bonheur.

- En allant chercher une pièce de rechange pour notre blender KitchenAid chez International Home of Cooking, nous découvrons qu'il y a un tout nouveau NoaNoa au début de la chaussée de Charleroi. Je me retiens héroïquement d'entrer - j'adore leurs jupes, et ils ont le bon goût de tailler grand.

- Dimanche matin, le marché Flagey rétrécit de plus en plus au fur et à mesure que l'été avance: dommage, c'est quand même la saison la plus riche en fruits et légumes... Heureusement, je peux me consoler de l'absence de poivrons corne de boeuf et d'asperges sauvages avec deux très bons pad thai du food truck Chang Noi.

- Je passe une partie de l'après-midi à traduire des annonces d'ateliers de rêves et de visualisation pour ma prof de yoga en échange de cours gratuits. Vive le troc de compétences!

- Vers 17h30, enfin, la pluie se met à tomber. J'ai rarement été aussi contente de la voir. J'en suis même à souhaiter un bon gros orage pour cette nuit, histoire de rafraîchir vraiment l'atmosphère...

Bonne semaine à tous.

"Sense8": Vous n'êtes plus seulement vous-mêmes




A Seoul, Bombay, Nairobi, Berlin, Londres, Chicago, Mexico et San Francisco, quatre hommes et quatre femmes ordinaires, que rien ne reliait jusque là, sont simultanément frappés par la même vision brutale. Sans s'expliquer pourquoi ni parvenir à maîtriser ce phénomène, ils commencent à partager leurs sensations et leurs vécus respectifs. Et comme si ce n'était pas assez déboussolant, une organisation mystérieuse tente de s'emparer d'eux...

"Sense8" est une série produite par Netflix, dont la première saison de douze épisodes est disponible depuis début juin. Sortie de l'imagination des Wachowski, elle reprend avec brio le thème de l'empathie et de la connectivité qu'ils avaient déjà traité de manière ambitieuse (mais un poil chiante) dans leur film "Cloud Atlas". Ici aussi, la science-fiction sert de prétexte à explorer le thème de l'humanité; ici aussi, l'intelligence de la réflexion n'empêche pas la présence de scènes d'action très spectaculaires à la "Matrix", rendues d'autant plus originales par le fait que les Sensates peuvent intervenir dans la vie les uns des autres et qu'en situation de crise, ils font généralement front à plusieurs.

Pour le reste, le rythme de la narration est très lent - principal reproche adressé par les spectateurs n'ayant pas accroché au pilote. Entre deux explosions de violence, la série tisse son univers émouvant à coups de rencontres improbables entre deux solitudes séparées par des milliers de kilomètres, de scènes de groupe magiques portées par un choix musical particulièrement judicieux. Les Wachowski ont bénéficié de moyens financiers importants qui leur ont permis de tourner réellement aux neuf endroits où est censée se dérouler leur histoire: les huit cités précédemment, plus l'Islande. Ils ont également su s'entourer de comédiens tous parfaits dans leur rôle, capables d'apporter la force et la fragilité inhérentes à chacun des personnages:

- Nomi, née Michael, est une hackeuse transsexuelle en couple lesbien et biracial.
- Lito, célèbre acteur de télénovelas, dissimule son homosexualité de crainte qu'elle ne lui coûte sa carrière.
- Will, policier comme son père avant lui, est hanté par la disparition inexpliquée d'une de ses camarades d'enfance.
- Riley, DJ en vogue, ne se remet pas de la tragédie qui lui a fait fuir son Islande natale.
- Wolfgang, cambrioleur qui opère en duo avec son meilleur ami, a été poussé sur la voie du crime par une histoire familiale violente.
- Capheus, conducteur de bus et grand fan de Jean-Claude Van Damme, ne sait plus comment s'y prendre pour procurer des médicaments à sa mère atteinte du Sida.
- Kala, étudiante en pharmacie pour qui la science et la religion ne sont nullement incompatibles, se demande si elle doit épouser son fiancé merveilleux mais dont elle n'est pas amoureuse.
- Sun, femme d'affaires le jour et championne de kickboxing la nuit, a promis à sa mère mourante de veiller sur son père et son frère bien qu'ils la méprisent parce qu'elle n'est qu'une femme.




Pour certains, ce casting est une accumulation de clichés racistes choquants. Je n'y ai vu que des archétypes certes pas très subtils, mais qui servent à étoffer l'universalité du propos - et surtout, que l'on oublie très vite tant les personnages sont intéressants et/ou attachants. Leurs histoires individuelles se font écho d'une manière qui permet d'explorer mains sujets douloureux, notamment les rapports familiaux (des plus dysfonctionnels aux plus touchants) et la façon dont ils modèlent une existence. J'ai également beaucoup apprécié l'importance accordée à la notion de genre, et la mise en scène de la sexualité comme quelque chose de bien plus fluide que ne l'imaginent la plupart des gens.

Mais surtout, j'ai aimé le message qui sous-tend chacune des scènes, des plus brutales aux plus sereines, des plus poignantes aux plus hilarantes: l'évolution positive de la race humaine passera par l'empathie. Nous serons sauvés de la solitude, de nos drames personnels et des Grands Méchants non par notre propre force, mais par notre capacité à connecter avec autrui, par notre volonté d'oeuvrer tous ensemble à la résolution des problèmes qui se présenteront à nous individuellement ou à l'ensemble de notre communauté. La philosophie peut sembler un peu simpliste, mais mise en scène par les Wachowski, je vous jure qu'elle est aussi belle qu'inspirante - à tel point que pour moi, elle relègue l'aspect "conspiration" de l'intrigue assez loin à l'arrière-plan.

J'aurais encore beaucoup de choses à dire, notamment sur les scènes les plus marquantes (drôles/jouissives/émouvantes) de cette première saison, ou encore les relations privilégiées qui se nouent entre certains des héros, mais je m'en voudrais de déflorer "Sense8" aux anti-spoilers. Alors, je vais juste conclure en disant que les Wachowski ont prévu de boucler leur histoire en cinq saisons (non, "Sense 8" ne sera pas un second "Lost" qui ne sait pas où il va), dont la deuxième et la troisième sont déjà signées. Mon impatience d'être en juin prochain n'a d'égale que ma crainte que la série ne parvienne pas à soutenir un niveau pareil jusqu'au bout.




samedi 4 juillet 2015

La revue de presse du week-end #28




[ECOLOGIE] "Nous sommes une société qui fait du bien au monde", affirme sans frémir le porte-parole de Monsanto.

[ECONOMIE] Contre le totalitarisme financier, l'Europe doit changer ou mourir

[IMMIGRATION] Un magnifique texte dédié "à ceux qui pensent qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde". Et si, au contraire, ouvrir les frontières générait de la richesse?

[IMMIGRATION] Le village italien qui doit sa survie aux migrants.

[SANTE] Se pourrait-il que la dépression soit une maladie physique et non mentale? (En anglais)

[SANTE] Cuba devient le premier pays à éliminer la transmission mère-enfant du HIV. (En anglais)

vendredi 3 juillet 2015

Canicule




Je me lève une heure plus tôt que d'habitude, chassée de mon lit par la chaleur qui colle mon corps moite aux draps. 
Je me douche tout de suite pour ne pas passer la journée à mariner dans mon jus, alors que d'habitude, c'est un miracle si j'arrive à me traîner à la salle de bain avant 17h.
J'hésite: un thé chaud pour me réveiller, un thé froid pour me rafraîchir? 
Je dois me violenter pour arriver à bosser dans notre petit appartement changé en étuve plutôt que de faire... n'importe quoi d'autre, mais ailleurs. 
Je bouge au minimum pour retarder le moment où je sentirai ma sueur recommencer à couler. 
Depuis lundi, je n'envisage même plus de faire du fitness. C'est tout juste si, mercredi, je me suis fendue d'une séance quasi immobile de yin yoga. Et même quand je sors, je n'atteins pas les 10 000 pas dans la journée parce que c'est désagréable de marcher par des températures pareilles, surtout à ma vitesse habituelle. 
("Tu as la police aux trousses?" me demandait souvent un de mes ex dont les jambes faisaient un demi-mètre de plus que les miennes.)
L'avantage, c'est que la chaleur me coupe l'appétit; du coup je mange très peu et même sans bouger, je perds quand même du poids. 
Dès que mon planning le permet, je prends une deuxième douche; je m'habille juste assez pour éviter l'arrestation et je fuis. 
Dans une salle de cinéma climatisée pour voir "Inside out".
Chez Les gens que j'aime où je commande une limonade maison que j'aspire bruyamment, presque d'un trait. 
Dans des magasins où je n'ai pas l'intention d'acheter quoi que ce soit malgré les soldes - juste parce qu'il y fait vaguement frais.
A l'Amour Fou pour boire des cocktails en lisant le hors série Mindfulness de Flow.
Sur la place Flagey où je regarde les enfants en maillot de bain s'éclabousser sous les jets d'eau en regrettant de ne pas pouvoir me joindre à eux. 
Malgré la crème Nok dont je m'enduis les pieds avant de sortir, j'ai rapidement des ampoules. 
Meds jambes sont lourdes et gonflées; il me semble que je marche à travers de la purée de pois. 
Je ne râle pas: j'ai grandi dans une ville où il faisait plus de 35° pendant toutes les grandes vacances. Je n'aime pas ça, mais j'ai l'habitude.
Et puis j'ai passé tout l'hiver à appeler le soleil de mes voeux, je ne vais pas me plaindre maintenant qu'il est enfin là. 
Trop vite, de toute façon, l'été passera; les résultats d'examens et les noms des élus tomberont - et les héros de notre jeunesse avec eux; il faudra prendre des décisions à contrecoeur, regarder des vérités cruelles en face, sentir le sillon des rides se creuser, trouver le moyen de vivre quand même. 
Mais en attendant qu'éclate l'orage, le temps est provisoirement suspendu. 

Lectures 2ème trimestre 2015


ROMANS
- "Lève-toi et charme" (Clément Bénech) ♥︎
- "Me before you" (Jojo Moyes) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Deux secondes de trop" (Rachel Joyce)
- "Who is Tom Ditto?" (Danny Wallace) ♥︎♥︎
- "Pouvoirs magiques" (Cécile Reyboz) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- "L'histoire d'un mariage" (Andrew Sean Greer) ♥︎♥︎
- "Elizabeth is missing" (Emma Healy)
- "PopCo" (Scarlett Thomas) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Of things gone astray" (Janina Matthewson) ♥︎
- "La cigale du huitième jour" (Mitsuyo Kakuta)
- "Les invasions quotidiennes" (Mazarine Pingeot) ♥︎
- "A darker shade of magic (V. E. Schwab) ♥︎♥︎
- "The seven sisters" (Lucinda Riley)
- "Le vase où meurt cette verveine" (Frédérique Martin) ♥︎♥︎♥︎
- "The invisible library" (Genevieve Cogman) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Dix minutes par jour" (Chiara Gamberale) ♥︎♥︎♥︎
- "La balance brisée T1: Subliminale" (Lise Syven) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Ma femme de ta vie" (Carla Guelfenbein)
- "The versions of us" (Laura Barnett) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La balance brisée T2: Phénoménale" (Lise Syven) ♥︎♥︎♥︎
- "Denton Little's deathdate" (Lance Rubin) ♥︎
- "The sunken cathedral" (Kate Walbert)
- "La femme au carnet rouge" (Antoine Laurain) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes" (Karine Lambert) ♥︎
- "Ma vie de pingouin" (Katarina Mazetti) ♥︎♥︎♥︎
- "The Rosie effect" (Graeme Simsion) ♥︎♥︎
- "Au service surnaturel de Sa Majesté" (Daniel O'Malley) ♥︎♥︎♥︎♥︎

BEDE 
- "Soucoupes" (Obion/Le Gouëfflec) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Vous êtes tous jaloux de mon jetpack" (Tom Gauld) ♥︎♥︎
- "The sculptor" (Scott McCloud) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Le quartier de la lumière" (Inio Asano)
- "Le grand méchant renard" (Benjamin Renner) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Irmina" (Barbara Yelin) ♥︎♥︎♥︎
- "Carnets de thèse" (Tiphaine Rivière) ♥︎♥︎♥︎
- "Histoire d'un couple" (Yeon-Sik Hong) ♥︎♥︎♥︎
- "Allô, Dr. Laura?" (Nicole J. Georges) ♥︎♥︎♥︎
- "Six half" T1 à 5 (Ricaco Iketani) ♥︎♥︎♥︎
- "Martin Bonheur" (J. Félix/S. Louis) ♥︎
- "Double je" T2 (Reiko Momochi) ♥︎♥︎
- "A boire et à manger" T3 (Guillaume Long) ♥︎♥︎
- "Bouche d'ombre, T2: Lucie 1900" (Maud Begon/Carole Martinez) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Les promeneurs sous la lune" (Zidrou/Mai Erguza) ♥︎♥︎
- "Perles et pirates" (Yohan Zaoui/Clotka) ♥︎♥︎
- "Les petits riens T7: Un arbre en furie" (Lewis Trondheim) ♥︎♥︎♥︎
- "Mille tempêtes" (Tony Sandoval) ♥︎♥︎♥︎
- "Erased" T5 (Kei Sanbe) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- "To Do List" (Sasha Cagen) ♥︎♥︎♥︎
- "L'étrange cabaret des fées désenchantées" (Hélène Larbaigt) - en cours de lecture
- "Zen habits" (Leo Babauta) - en cours de lecture
- "Radical self-love" (Gala Darling) - en cours de lecture
- "The worrier's guide to life" (Gemma Correll) ♥︎

jeudi 2 juillet 2015

30 new things: week 3



Jour 15: Tester la terrasse du Stam
Je cherchais un endroit calme, pas trop loin de chez moi, où boire un verre en bouquinant les après-midi de flemme. Le Stam remplit parfaitement mon cahier des charges, surtout qu'il propose des thés glacés maison aromatisés aux fruits frais et pas trop sucrés, juste comme j'aime. L'essayer, c'est l'adopter!



Jour 16: Préparer des enveloppes-mystère
Ma proposition est accueillie avec enthousiasme, et je reçois immédiatement une vingtaine de demandes. Du coup, comme je ne pète pas la forme et suis assez préoccupée, je m'attelle immédiatement à la confection des enveloppes histoire de me changer les idées. C'est plus de boulot que je ne le croyais, et bien entendu, après avoir fermé les premières, je pense à plusieurs choses que j'aurais pu faire différemment et mieux.



Jour 17: Assister à la Gay Pride
Je pourrais retenir mon diagnostic de peau chez Kiehl's, ou le mugicha découvert dans un super restaurant japonais, mais la nouvelle chose la plus marquante de ce samedi, c'est quand même cette Marche des Fiertés que je vois passer pour la première fois. Je craignais qu'elle ne gâche ma rencontre de lectrices chez Betjeman & Barton, devant laquelle elle défile à partir de 17h30, et en fait, je suis ravie de cette occasion d'y assister. Tant de gens qui manifestent aussi festivement et contre rien du tout, je trouve ça assez génial, surtout le lendemain de la légalisation du mariage pour tous dans l'ensemble des USA - de quoi faire le plein de bonne énergie!



Jour 18: Goûter le mélange "Comme une étoile" de Betjeman & Barton
Hier je me suis laissée tenter par un nouveau mélange au nom poétique et une jolie boîte rose fluo chez Betjeman & Barton; aujourd'hui, je goûte! Chaud - je trouve l'association fleur d'oranger-violette-kiwi-pêche-bergamote assez agréable bien que pas révolutionnaire. Froid - la violette prédomine sur tout le reste à un point que je trouve écoeurant. On va donc dire que je ne suis pas fan de ce thé (mais que je kiffe quand même la couleur de la boîte réutilisable).



Jour 19: M'inscrire à mon premier MOOC
Longtemps après être entrée dans la vie active, j'ai continué à étudier en cours du soir ou par correspondance, juste pour le plaisir. Si j'avais pu me le permettre, je serais restée étudiante à jamais. Puis je suis devenue paresseuse pragmatique. Mais aujourd'hui, grâce aux MOOC, on peut étudier toutes les matières possibles et imaginables gratuitement, avec les meilleurs professeurs du monde, chez soi et à son rythme. J'ai longtemps repoussé le moment de m'y mettre; ce défi est l'occasion rêvée de m'inscrire. J'ai repéré deux cours de psychologie positive, un de 8 semaines à 4-5 heures de travail hebdomadaire annoncé, l'autre de 6 semaines à 2-4 heures de travail. Mais seul le premier est disponible pour le moment - même s'il ne commence réellement que le 8 septembre. Me voilà donc inscrite au MOOC "The science of happiness" de l'université de Berkeley. Et en train de de passer en revue la liste des autres cours sur lesquels je pourrais me faire les dents pendant l'été - je suis assez tentée par ceux qui traitent de développement durable.



Jour 20: Marcher au milieu du boulevard Anspach
A Toulon, le coeur de la ville est piétonnier depuis aussi loin que remontent mes souvenirs. A Toulouse, la rue d'Alsace-Lorraine l'est devenue il y a quelques années. Et depuis dimanche, une portion du centre de Bruxelles est fermée à la circulation automobile. C'est très bizarre de pouvoir désormais marcher sur le boulevard Anspach qui était jusqu'ici toujours encombré de voitures. Je sais que beaucoup de Bruxellois sont mécontents, mais moi, je salue toute initiative susceptible de limiter l'utilisation des bagnoles et de favoriser la marche à pied ou les TEC. Dans bien d'autres grandes villes, l'expérience a prouvé que ça n'était pas nuisible pour le commerce, au contraire. Je ne vois donc que des raisons de me réjouir.



Jour 21: Préparer des scones
La recette à l'Earl Grey issue d'une ancienne Thé Box est imprécise à souhait, mais sans doute pas autant que mes mesures car je n'ai ni verre doseur ni balance, ayant oublié de remplacer ceux que nous avons cassé il y a déjà... pfiou, au moins ça. En plus, ma levure est périmée. Ma pâte colle un peu malgré un rajout de farine, ce qui rend difficile l'utilisation d'une tasse retournée en guide d'emporte-pièce, et au final, je modèle mes scones à la main. Au sortir du four, légèrement plus compacts que le pain de voyage nain, ils peuvent éventuellement être biclassés "armes contondantes". Mais pour le goûter, euh, je vais plutôt manger une banane.

mercredi 1 juillet 2015

Soupe froide concombre-roquette




En ces temps de canicule quasi-générale, j'ai eu envie de partager avec vous cette recette très fraîche et totalement inratable. A la fois diététique et rassasiante, elle fait un repas du soir idéal! 

Pour 4 personnes en entrée, ou 2 personnes en plat unique:
- 2 concombres
- 50 g de roquette
- 50g de pain de mie (complet si possible)
- une gousse d'ail
- 6 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre
- 4 brins de menthe
- un quart de bouquet de persil plat
- 3 oignons nouveaux (ou un quart d'oignon blanc)
- 25 cl de bouillon de poule (ou de légumes, pour les vegans)
- sel, poivre
- piment d'Espelette

Epluchez les concombres, ôtez les pépins du centre et coupez-les en petits morceaux. Mettez dans un grand Tupperware avec le pain de mie émietté, l'ail et les oignons émincés, l'huile et le vinaigre. Mélangez bien. Laissez le Tupperware fermé au frigo pendant au moins une heure. 
Pendant ce temps, préparez le bouillon de poule et laissez-le refroidir. 
Dans un blender, mélangez le contenu du Tupperware avec la roquette, les herbes, le bouillon de poule. Mixez bien. 
Salez, poivrez, et rajoutez une pincée de piment d'Espelette au moment de servir. 
N'hésitez pas à préparer une grande quantité de cette soupe froide: c'est encore meilleur le lendemain, après avoir passé toute une nuit au frais!