jeudi 13 août 2015

"Retour en Islande"


"Disa s'apprête à retourner dans son Islande natale après vingt ans d'exil en Angleterre, où elle dirige de main de maître les cuisines de sa belle auberge. Préparatifs, repas d'adieux, dernière inspection de la maison et des objets familiers, transfert en voiture, traversée en mer: chaque étape de son voyage ouvre les vannes à un flot de souvenirs que sa vie si bien ordonnée avait pu lui faire croire enfouis..."

Bénis soient les libraires indépendants, ceux qui s'offrent encore le luxe d'avoir, dans leur rayon "Voyages", quatre exemplaires d'un obscur roman islandais paru voici plus de dix ans - juste parce que c'est un bijou injustement méconnu. Sans Ombres Blanches, jamais je n'aurais passé quelques heures paresseuses à savourer cette succession de courts chapitres qui, à petites touches impressionnistes désordonnées, dépeignent la trajectoire d'une femme forte depuis le petit village d'Islande où elle voit le jour au début des années 1920 jusque dans la campagne anglaise où elle achèvera son existence singulière. Disa n'est pas une héroïne particulièrement sympathique: orgueilleuse, intransigeante, volontiers injuste envers les autres, elle est cependant rachetée par sa capacité à s'immerger dans l'instant présent, à remarquer chaque nuance de la météo et chaque subtil mouvement de la nature, à trouver de la sérénité dans les menus plaisirs du quotidien. Son histoire est servie par une belle plume sensible et évocatrice, si bien traduite que l'on peine à imaginer qu'elle n'ait pas été écrite directement en français. Un roman contemplatif plein de délicatesse. 

"Je demande à la serveuse de m'apporter un morceau de fromage et un autre ballon de rosé. Etonnant comme une simple omelette, un verre de vin et un rayon de soleil par une fenêtre à demi ouverte peuvent vous remonter le moral en un rien de temps." 

"L'âme peut se contenter de menus plaisirs, si les pensées la laissent en paix ne serait-ce qu'un court instant."

mercredi 12 août 2015

Le Petit Prince: plutôt pour les grands...


C'est l'histoire d'une Petite Fille prématurément changée en adulte responsable par sa maman divorcée qui veut lui donner les meilleures chances possibles dans la vie. En vue de son entrée dans une école prestigieuse, la Petite Fille est censée passer toutes les grandes vacances à bûcher dans une maison grise en forme de cube qui ressemble à un bunker. Son emploi du temps de ministre ne lui autorise aucun repos, pas même pour fréquenter un ami - et surtout pas si cet ami est le vieux voisin bizarre qui bricole une épave de coucou dans son jardin. Pourtant, la Petite Fille va se laisser charmer par les histoires de l'Aviateur, et notamment par celle de sa rencontre dans le désert avec le Petit Prince...

Traditionnellement, pendant les vacances à Toulouse, on se fait un ciné avec mes neveux. Cette année, ils avaient déjà vu "Les Minions" et nous "Vice-Versa". Donc, j'ai porté mon choix sur "Le Petit Prince" dont la bande-annonce me semblait très prometteuse. Et je l'ai regretté assez rapidement. En tant qu'adulte, je peux supporter un graphisme plat et déprimant pendant une bonne moitié du film - parce qu'il est censé illustrer la tristesse d'une existence formatée pour la performance. Je peux aussi encaisser des considérations certes poétiques mais encore plus déprimantes sur la vie et surtout sur la mort. Mais je pensais que deux garçons de 9 et 14 ans allaient s'ennuyer grave. Au final, l'aîné a jugé ça "pas mal sans plus", et le petit, qui aurait pourtant préféré aller voir "Ant-Man", a été complètement séduit. Quand à Chouchou et moi, nous avons été surpris de trouver le film aussi lugubre, et même si à titre personnel je me suis complètement laissée happer par un dernier tiers très touchant, je me demande bien à qui ce "Petit Prince" s'adresse. Je doute fort que les plus jeunes spectateurs y trouvent leur compte.




mardi 11 août 2015

[TOULOUSE] Enigma Escape: Le bureau de Pierre Rousseau




Pendant ces vacances, je tenais absolument à faire découvrir les escape games à ma soeur et à son mari. Fin mars, j'avais vu qu'il existait une salle sur Toulouse. La première énigme qu'elle proposait était identique à celle d'Adventure Rooms que Chouchou et moi venions de faire à Toulon, mais il était question qu'une seconde énigme soit disponible courant avril. J'ai attendu pour faire une réservation et... fin juillet, la seconde énigme était annoncée comme disponible "courant août". Je me suis dit "Tant pis, ce sera pour une autre fois". Mais Chouchou, lui, a été fouiller sur internet et s'est rendu compte que deux autres salles avaient ouvert entre-temps dans la Ville Rose. Les commentaires des clients nous ont orientés vers Enigma Escape qui disposait à ce moment-là de deux énigmes: Le bureau de Pierre Rousseau et Dans le cachot de la taverne. Mon choix s'est portée sur la première qui me semblait plus indiquée pour une initiation, d'autant qu'Attila (14 ans) avait manifesté l'envie de compléter notre équipe. 




Bien entendu, je ne peux rien raconter de trop précis pour ne pas spoiler les futurs joueurs. Je peux juste dire deux choses:

- Le bureau de Pierre Rousseau est une énigme des plus classiques, qui m'a fortement rappelé la James Murdock de Hint Hunt (la première que nous avions faite avec Chouchou). Pour autant, nous ne nous sommes absolument pas ennuyés puisqu'à l'intérieur de la salle, les puzzles à résoudre, bien que basés sur les mêmes principes, restaient entièrement différents. On retrouvait plusieurs éléments communs à de nombreux escape games, ce qui nous a sûrement un peu aidés. Mais le tout était bien ficelé, avec assez d'astuces inédites pour ne pas que Chouchou et moi nous ennuyions. Disons que cette salle me paraît plus indiquée pour des débutants, mais que des joueurs confirmés prendront quand même plaisir à la faire, surtout au sein d'une équipe mixte comme la nôtre.

- Ma soeur, David et Attila se sont éclatés. Je pensais bien que ça leur plairait, mais c'était agréable d'en avoir la confirmation. Les énigmes sont accessibles pour des joueurs à partir de 10 ans, et de fait, Attila a pu participer tout autant que les adultes de notre groupe. Nous avons bien collaboré, et chacun a trouvé des idées cruciales ou réussi à débloquer plusieurs puzzles, parfois avec un léger coup de pouce du maître de jeu Romain qui nous surveillait par le système vidéo. Au final, nous avons réussi à sortir à 3'15 de la fin, en nage de nous être beaucoup agités, mais tout à fait ravis. L'équipe nous a offert des rafraîchissements - une première pour Chouchou et moi après un escape game. Nous avons été très sensibles à cette petite attention qui a agréablement conclu notre séance. Et les débutants de notre équipe étaient si emballés que nous avons prévu de retourner chez Enigma Escape en fin de semaine pour nous frotter à l'énigme du cachot!



34, rue Bayard
31000 Toulouse

lundi 10 août 2015

"Comment (bien) rater ses vacances"


"Chers parents,
Mon stage de survie en milieu hostile se passe bien, merci. J'espère que vous n'êtes pas trop morts, rapport aux frais de rapatriement qui doivent coûter bonbon depuis la Corse. 
Si jamais vous ne reveniez pas, ce serait sympa de m'envoyer un mandat parce que la prostitution masculine, ça marche pas trop dans le quartier. 
Votre fils bien-aimé, 
Maxime"

Maxime a 17 ans et aucune envie de partir faire le GR20 en Corse avec ses parents. Il préfère encore passer l'été au Kremlin-Bicêtre, avec sa chère grand-mère et un ordinateur devant lequel glander toute la journée. Du moins, c'est le plan jusqu'à ce qu'il découvre la confiture de cerises en train de cramer dans la cuisine et Mamie Lisette inanimée dans le cellier... 

Ca faisait longtemps qu'un héros de roman jeunesse ne m'avait pas été aussi sympathique. Solitaire assumé, joyeux et sarcastique, passionné par Sherlock Holmes et l'économie, mais aussi fan de rock et d'épinards, Maxime est un ado délicieusement capable de savourer l'instant présent. J'ai dévoré d'un trait le récit de ses vacances pas comme les autres, en riant beaucoup de ses mésaventures culinaires et en m'amusant de ses réflexions sur la vie. Vers la fin, j'ai été surprise par l'apparition d'un secret de famille qui semblait tomber comme un cheveu sur la soupe avant une conclusion un peu brusque... puis j'ai vu qu'il existait deux autres tomes des aventures de Maxime. Clairement, il me les faut! 

dimanche 9 août 2015

Les brèves de la semaine #32




- Dimanche soir peu avant minuit, Chouchou envoie par mail un (gros) devis que le client accepte presque immédiatement. Malgré l'heure tardive, nous sautons de joie dans notre salon. 

- Lundi, je teste la séance de muscu du "One week shred" de Jillian Michaels. La vache, ça ne rigole pas. Y'a un bon tiers des exercices que je peine à faire en niveau débutant.

- J'ai trouvé l'agenda de mes rêves pour 2016. Je sais, je ne suis pas en retard. Je croise les doigts pour que d'ici l'automne, la société américaine qui le fabrique se mette à faire des envois à l'international.

- Mardi après le dîner, j'entraîne Chouchou au parc le plus proche pour une promenade digestive censée brûler une poignée de calories. La mare est recouverte d'une mousse verdâtre peu appétissante sur laquelle flottent négligemment quelques sacs plastique. Dégoûtée, je mets le cap sur le glacier italien où je commande un cornet chocolat noir-chocolat blanc à 2758 calories la boule. #FAIL

- Les iris achetés dimanche au marché Flagey ont pourri avant même de s'ouvrir; je me demande ce que j'ai fait de travers. Trop d'eau, pas assez? Trop de lumière, pas assez? J'aurais peut-être dû fendre la tige, comme pour les tournesols? Mystère...

- Mercredi après-midi, je passe au Nong Cha et, en plus de mon You Zi Hua Cha habituel, j'achète du Greenwich dont Sara m'a parlé la veille: thé rouge (pas du rooibos, non non non) parfumé à l'écorce de pamplemousse et à la bergamote. Je suis curieuse de goûter.

- Jeudi, je reçois mes boots panthère dont je craignais qu'ils n'arrivent pendant notre absence. Ils sont très beaux, très confortables, et je passe deux heures à parader dans mon appartement en débardeur/culotte, chaussée comme pour un concert de rock en plein hiver, en me sentant méga badass.

- Vendredi à 14h pile, je boucle la relecture du tome 2 de "La Loi du Millénaire", que j'ai vraiment beaucoup aimé, et l'expédie à mon éditeur avec une semaine d'avance. Comme ça, je vais pouvoir profiter de ma semaine à Toulouse!

- Le frigo se trouvant vide à quelques heures de notre départ, je vais chercher des pizzas chez Mamma Roma pour notre dîner pré-embarquement. Chouchou avait raison: depuis qu'ils ont standardisé leur fabrication, la qualité a chuté de façon dramatique. Après presque neuf ans de fidélité, c'était sans doute la dernière fois qu'ils me voyaient.

- "C'est laquelle ma brosse à dents?" crie Chouchou depuis la salle de bain en préparant sa trousse de toilette. "Comment ça, c'est laquelle? Tu veux dire que tu n'en sais rien et que d'habitude, si ça se trouve, tu utilises la mienne?" "Non mais euh là c'est parce qu'on est en plein jour." ""...Tu veux dire que tu reconnais mieux ta brosse à dents dans le noir?"

- Le voyage en avion se passe bien si l'on excepte la présence derrière moi de Lilou, 7 ou 8 ans à vue de nez, moulin à paroles doté d'une voix suraiguë et d'une probable épilepsie chronique vu le nombre de coups de pied qu'elle file dans mon dossier. A un moment, elle se renverse du chocolat chaud sur la jambe et hurle si fort que l'hôtesse est à deux doigts d'envisager l'amputation à vif. 

- Samedi, nous passons une grande partie de l'après-midi chez Ombres Blanches à acheter des bouquins et à les lire devant une tasse de thé pendant qu'il pleut fort. Le bonheur.

- Après quelques courses pour ma mère, nous allons dîner d'un burger chez les Toulous'hein. Il est 18h, toutes les tables de la salle du 1er étage sont jonchées de restes de bouffe du repas de midi, et alors que nous sommes les seuls clients, nous attendons notre commande un bon quart d'heure. En plus, les steaks bien trop cuits masquent le goût de tous les autres ingrédients du Jolimont. Je ne recommande pas.

- Nous remontons jusqu'au métro Esquirol lorsque, dans un magasin de chaussures, j'aperçois les sandales Esska que j'avais hésité à acheter à Bruxelles - même modèle, même couleur, 49€ en fin de série, et il y a encore ma pointure. Ce serait péché que de ne pas les emporter. (Par conte je résiste vaillamment aux escarpins Patricia Blanchet dorés à paillettes, sublimes mais conçus pour les pieds d'une fille à la vie bien plus glamour que la mienne.)

- Dimanche midi, Attila, qui s'est récemment découvert une vocation de pâtissier, nous prépare un gâteau renversé à l'ananas. Après trois tentatives foireuses pour fabriquer du caramel, le futur Michalak pousse un gros soupir et commente: "Le caramel, c'est relou".  N'empêche que le résultat est super réussi et que, même après l'excellent rougail saucisse de ma soeur, personne n'en laisse la moindre miette.

Bonne semaine à tous.

vendredi 7 août 2015

Point de rupture du T-Rex




Depuis quelques mois, je communique beaucoup moins sur des sujets intimes, sauf quand ils me semblent positifs et/ou peu polémiques. J'ai la peau dure, mais au bout d'un moment, passer mon temps à me justifier me fatigue, et je n'en vois pas l'intérêt. Dans ma vie privée, je crois que c'est encore pire. Je n'ai jamais exprimé aussi peu d'émotions. A force de m'entendre dire que je suis trop directe, trop sarcastique, trop colérique, trop dure; que je devrais être plus tolérante, plus compréhensive, plus sensible, plus douce; que je devrais m'ouvrir davantage aux autres, me montrer vulnérable, m'autoriser à être triste - j'ai essentiellement envie d'envoyer promener tout le monde. J'ai beau faire des efforts (je n'en ai jamais fait autant que ces derniers mois), ça ne suffit jamais. Il y a toujours quelque chose à me reprocher, une raison pour laquelle je ne suis pas... adéquate. Affectivement incorrecte.

Honnêtement? J'en ai gros, par rapport à plein de gens et à plein de choses. Et je ne peux pas l'écrire ici, parce que d'une part ça ne concerne pas que moi, d'autre part je sais que je ne serai pas lue que par des gens bienveillants. Je ne peux pas non plus en parler à mon entourage, qui est généralement le premier à me renvoyer mes faiblesses à la figure quand j'ai le malheur de faire un pas de travers. J'en suis à envisager de fermer le blog, quitter mon compagnon, couper les ponts avec mes amis et ma famille et partir m'installer quelque part à l'autre bout du monde. Ce qui aurait le mérite de remettre les compteurs à zéro. Bien sûr ce serait encore et toujours ma faute, mais hé, je ne serais plus là pour l'entendre et pour me forcer à faire comme si ça n'avait pas d'importance. Les T-Rex aussi ont un point de rupture.

J'en étais à me demander si je n'allais pas claquer mon Livret A en aller simple pour Melbourne quand j'ai soudain réalisé à qui je pouvais parler sans crainte, auprès de qui je pouvais m'épancher d'une façon qui me soulagerait dans un premier temps et se révèlerait sans doute vaguement constructive dans un second. Un bon vieux journal intime. Le truc que j'ai abandonné il y a plus de dix ans en ouvrant ce blog qui, à la base, était censé s'y substituer. Sauf que plus mon lectorat s'est développé, plus ma liberté d'expression s'en est trouvée réduite, et moins "Le rose et le noir" a pu jouer un rôle de défouloir, d'endroit où je mettais les choses à plat pour prendre un peu de recul. Les rencontres que j'ai pu faire grâce à lui, les échanges auxquels il a donné naissance sont des cadeaux que je continue à apprécier, mais qui m'obligent néanmoins à me censurer là où j'aurais le plus besoin de vider mon sac.

Bref. Il y avait ce gros cahier vert d'eau chez Hema, qui me faisait de l'oeil depuis quelques semaines mais que je me retenais d'acheter malgré son prix mini, sa jolie couleur, son format parfait, son papier crème ligné juste comme j'aime et le détail très important du petit élastique de fermeture. Et soudain, j'ai eu un déclic. Recommencer à écrire juste pour moi, sans me soucier de ménager qui que ce soit ou d'être affectivement correcte, sans réprimer mes peurs, mes doutes et mes questionnements, sans me préoccuper d'être drôle, intéressante ou structurée dans mon propos, sans m'astreindre à une fréquence, une humeur ou une diversité quelconque. Voilà ce dont j'avais besoin pour y voir plus clair. Peut-être que ça ne suffira pas. Mais je n'ai pas grand-chose à perdre en essayant.

jeudi 6 août 2015

14 choses à faire à Toulouse pendant ces vacances


Demain soir, nous nous envolons pour Toulouse où nous passerons une dizaine de jours. Cela fait presque deux mois que la perspective de ces vacances m'angoisse: je n'ai pas vu ma famille depuis l'été dernier, et à l'époque j'étais revenue fort déprimée de me sentir aussi déconnectée d'eux. J'ignore ce qu'il en sera cette fois, mais pour au moins arriver dans de bonnes dispositions, j'ai recouru à mon arme habituelle: la liste! En l'occurrence, une liste de choses que je pourrai faire avec Chouchou pour que ce séjour soit agréable même si les rapports avec ma famille restent distants ou marqués par l'incompréhension. 

Traîner chez Ombres Blanches
Manger un bibimbap au Boli Café
...et une (ou plusieurs) glaces du Sorbet d'Amour
Tester le brunch du Bleu Canard
Eviter de me disputer avec ma mère
Faire un escape game en famille
Voir la pétillante Nekkonezumi
Faire un "dîner de traducteurs" avec JCD, JDB et PPD
Trouver au moins une géocache
Me baigner dans la piscine de ma soeur
Emmener mes neveux choisir leur cadeau d'anniversaire
Regarder une conférence TED par jour
Prendre des photos dans la campagne

mercredi 5 août 2015

Soldes printemps/été 2015: mes trouvailles


En juillet, j'avais décidé de faire un mois de no buy parce que nos finances n'étaient pas brillantes et que ma priorité était de réserver notre séjour de fin septembre à Budapest. Et puis le 1er du mois, j'ai reçu un versement inopiné de la Sofia sur lequel je ne comptais absolument pas. Du coup, je me suis quand même laissée tenter par quelques articles repérés de longue date et désormais soldés à des prix intéressants. 



T-shirt sirène Anatopik
J'ai un énorme faible pour les illustrations présentes sur les hauts et les robes de cette marque; en revanche, je trouve leurs prix scandaleusement élevés pour des vêtements en jersey pas spécialement épais ni résistant au lavage. Donc, je ne les achète qu'en soldes (ici, -40% sur eBay).



Robe oiseaux Emily & Fin
Emily & Fin est ma marque coup de coeur du printemps/été 2015. Après avoir acheté une première robe imprimée nuages sur fond turquoise à tarif plein chez Kusje, et trouvé la coupe comme la taille absolument parfaites pour moi, j'ai déniché la même avec un imprimé rétro sur fond noir à - 40% sur Asos courant mai, et là, de nouveau la même mais avec un imprimé oiseaux sur fond rouge, toujours à -40% sur Asos.



Babies rose pâle et blanc Wonders
J'ai déjà deux paires de babies de cette marque, et je les trouve aussi confortables que des pantoufles. Alors, quand celles-ci se sont retrouvées à -50% chez Kusje, j'ai su que je ferais une bonne affaire en les prenant. Maintenant que j'ai trouvé mon style, je m'aperçois que j'achète souvent la même chose en plusieurs exemplaires avec juste des variations de motifs ou de couleurs!



Sac Bossa rouge Nat & Nin
Ca doit faire 5 ou 6 ans que je n'achète plus que des sacs de cette marque tellement j'en suis fan. J'ai craqué pour ce modèle à mi-chemin entre le sac à main et le sac de voyage, super pratique pour mes trajets en train ou en avion. Il était à -30% chez Sarenza, et j'ai encore eu 10€ de réduction "nouvelle cliente" (étant donné que j'avais perdu les coordonnées de mon ancien compte, pas utilisées depuis trop longtemps, et que j'ai donc dû en créer un autre). A l'usage, il s'est révélé absolument parfait!



Pantalon de yoga NinaBroze
Je l'avais épinglé dans mes favoris Etsy depuis des mois, mais $70 plus les frais de port pour un bas de fitness, euh, non. Par contre, quand il est descendu à $37 parce que la couleur allait être arrêtée et remplacée par un rouge plus foncé, mes scrupules se sont envolés. Comme les délais de livraison depuis les USA sont méga aléatoires, je l'ai fait livrer chez ma mère où je le récupèrerai ce week-end. Au cas où vous auriez le moindre doute, ce n'est donc malheureusement pas mon auguste fondement qui figure sur la photo ci-dessus (Jillian n'a pas réussi à faire un tel miracle!). 




Boots panthère Coqueterra
Je ne suis pas DU TOUT fan d'imprimés animaux, pourtant j'ai eu le coup de coeur pour ces boots (qui existaient aussi dans des couleurs beaucoup plus neutres). Même à -40%, j'ai hésité un moment: je ne porte plus de pantalon; avec quoi allais-je les mettre? Puis j'ai décidé qu'elles rockeraient très bien une petite robe noire et des collants opaques. Par contre, Spartoo n'est pas hyper rapide sur les envois: commande jeudi dernier, livraison prévue en début de semaine prochaine... pendant que nous serons absents. Du coup, rien ne garantit qu'elles m'iront et que je les garderai.

Au final, je me suis pas mal lâchée... mais j'avais fait un gros gros vide dans ma penderie en début de mois, et tous ces articles ont déjà été portés ou le seront suffisamment pour justifier leur achat. Pas de regrets, donc!

mardi 4 août 2015

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (11)




1. Les super filles du tram, Bruxelles 2. God save the cream, Bruxelles 3. La Mercerie, Bruxelles 
4. Exki (porte de Namur), Bruxelles 5. Green Kitchen at Belvue, Bruxelles 
6. L'ultime atome, Bruxelles 7. L'Amour Fou, Bruxelles 8. Samouraï ramen, Bruxelles 
9. Taihon, Bruxelles 10 et 14. Le bar de la place, Monpatelin 11. La fabbrica di Marco, Toulon 
12. L'Oasis, Toulon 13. L'aparté, Toulon 15. Yéti 2, Bruxelles

lundi 3 août 2015

"Mr. Holmes"


1947. Désormais âgé de 93 ans, Sherlock Holmes coule une retraite bucolique dans sa maison du Sussex. Il a cessé de travailler 35 ans plus tôt, suite à une affaire qui le hante depuis lors mais dont il ne se rappelle pas le dénouement. Peu à peu, cet esprit brillant est en train de basculer dans la sénilité, et ni la gelée royale produite par ses chères abeilles, ni le frêne épineux qu'il a été chercher au Japon ne semblent freiner le processus. Tout en se débattant avec ses souvenirs fuyants, il se prend d'affection pour Roger, le fils de sa gouvernante, un petit garçon vif et éveillé qui adore ses histoires...

Voilà un film merveilleux que je ne saurais pas à qui recommander tant il se démarque du gros de la production cinématographique actuelle. Si, au premier abord, on pourrait croire à une enquête policière abordée par le biais de la perte de mémoire, en réalité, "Mr. Holmes" est un drame psychologique qui traite de sujets lourds tels que la vieillesse et la dépendance, mais aussi la solitude et le remords. Le personnage de Conan Doyle a déjà été exploité à toutes les sauces ces dernières années, de manière plus ou moins originale et plus ou moins brillante. Interprété ici par le magistral Ian McKellen, il s'humanise dans la vulnérabilité de sa fin de vie. L'histoire, remarquablement bien maîtrisée mais pas d'une folle gaieté à la base, est traitée avec une immense délicatesse qui la rend touchante plutôt que plombante, et j'ai rarement vu une conclusion aussi magnifique dans sa simplicité, débordante d'acceptation et de zen - un pur instant de grâce. Pour une fois, je n'ai pas regretté le prix de ma place, et c'est peu de le dire. 




dimanche 2 août 2015

Les brèves de la semaine #31




- Mon ami menuisier et sa femme ont tous les deux lu "Cinquante nuances de Grey" et bien aimé. Là, sa femme et sa fille de 20 ans se font la série des "After". Surtout, ne rien dire. ("Sinon, vous ne voulez pas que je vous recommande des bons livres?")

- Mardi, je passe chez Toys'R'Us  m'acheter une figurine de Sadness. Après avoir fait deux fois le tour du magasin, organisé de façon beaucoup plus bordélique qu'à l'époque où j'y bossais (il y a... une demi-vie), je me résigne à interpeler une vendeuse. "Bonjour, où sont les jouets Ins... Vice-Versa?" "...C'est quoi Vice-Versa?" "Le dernier Disney-Pixar." "Connais pas." Je finis par trouver une malheureuse demi-étagère de merchandising pas terrible, contre un rayon entier de poupées Frozen. Tssss. 

- Un magasin de déco de la rue Berthelot a des tasses Mr et Mrs Clynk en soldes. J'en prends deux. Le nouveau prix, à l'unité, est déjà indiqué sur l'étiquette, et il n'y a pas de réduction si on achète plusieurs articles. Pourtant, la vendeuse m'annonce sans trembler: "Ca fera 18,47." "Hum, je ne pense pas." "Ah bon, pourquoi?" "Parce qu'une multiplication par deux ne peut pas donner un résultat qui finit par un chiffre impair." Quelques secondes de silence. "Ah." Je regarde le prix sur l'étiquette. "Elles sont à 9,27 pièce, ça fait 18,54 pour les deux." La vendeuse m'ignore et reprend sa calculette solaire, sur laquelle elle tape 9,27 + 9,27. Résultat: 232,12! Je répète un peu plus fort: "Ca fait 18,54". La vendeuse m'ignore toujours et prend un papier et un stylo pour calculer à la main, puis annonce triomphalement: "Ca fait 18,54." ...Si vous le dites. 

- Je vais goûter au Chamo avec Kiki et Choupie (qui fait désormais 10 cm et quatre pointures et demie de plus que moi, la sale gosse), puis nous remontons ensemble jusqu'au Kiosque, le bouquiniste local, où Kiki envisage de s'offrir "Entretien avec un vampire" jusqu'à ce que je l'aiguille plutôt sur la Saga des sorcières de la même auteure, que je me rappelle avoir préférée.

- Mercredi en fin d'après-midi, délaissant tous les trucs qui me restent à faire chez moi avant mon départ du lendemain, je file bouquiner au bar de la Place avec un verre de punch. Les retraités qui occupent les autres tables s'interpellent bruyamment avé l'assent; l'eau de la fontaine scintille au soleil; les platanes bruissent doucement au-dessus de ma tête; les boules des joueurs de pétanque s'entrechoquent sur le terrain voisin. C'est toujours une petite mort de m'en aller pour retrouver la grisaille et la pollution de Bruxelles. Mais je sais aussi que quand je vivais là toute l'année, je m'ennuyais à me taper la tête contre les murs, alors j'essaie de prendre le meilleur des deux endroits et de ne pas trop me languir de l'autre quand je n'y suis pas.

- Jeudi, j'invente le voyage dans le temps! Partie de Toulon à 8h du matin par un jour de fin juillet, j'émerge du métro Trône à Bruxelles vers 15h40 aux alentours de la Toussaint (17°, pluie).

- Pour me consoler, je demande à Chouchou de m'emmener au ramen bar qu'il a testé l'avant-veille et qualifié de "digne successeur du Yamato". Le bouillon est mal assaisonné (où est l'ail?); je trouve les nouilles farineuses et les accompagnements pourraient être plus variés. Je ne suis pas séduite.

- Vendredi, je reçois trois enveloppes-mystère ainsi que deux nouveaux DVD de Jillian Michaels - je connais par coeur ceux que j'ai déjà, du moins ceux qui sont faisables pour moi, et je commençais à m'ennuyer sérieusement. Je teste tout de suite le level 1 du "Killer Abs". Pendant les deux premiers circuits, je ricane "Trop facile". Pendant les deux derniers, je ne dis rien: je suis trop occupée à compter les gouttes de sueur qui s'écrasent sur mon tapis.

- Samedi noir, noir, noir. Mais avec un peu de chance, débouchera sur du mieux.

- Pour nous remettre de nos émotions, un excellent dîner végétarien dans la petite cour d'AMI, dont je retiens deux idées de recettes: une salade quinoa-pomelo-feta-tomate-basilic et une tarte à la rhubarbe coiffée d'un crumble à l'orange. Sain et délicieux, que demande le peuple? ("Des calories négatives!")

- Dans la foulée, une promenade digestive autour des étangs d'Ixelles nous ramène près d'une géocache qui nous avait échappé l'an dernier - mais pas cette fois, ha ha! Seul hic: il n'y a pas de stylo dans le container de taille 2, et je n'en ai pas non plus sur moi. Par contre, j'ai un flacon de vernis Essie, et je me débrouille pour écrire notre pseudo avec le pinceau. 

Bonne semaine à tous.

vendredi 31 juillet 2015

Juillet 2015



Treez: financez un arbre près de chez vous ou à l'autre bout du monde


(Imaginez si les arbres émettaient un signal wifi: on en planterait tellement qu'on sauverait sans doute la planète au passage. Malheureusement, ils ne produisent que l'oxygène que nous respirons.)


Comme vous vous en souvenez peut-être, un de mes objectifs pour l'année 2015 était de soutenir chaque mois une cause qui me touchait. En juillet, je suis tombée sur le projet Treez, une communauté d'"utopistes pratiquants" engagés dans la reforestation un peu partout à travers le monde. Pour les aider - et se faire plaisir, ou faire plaisir à un amoureux de la nature -, on peut financer un arbre qui sera planté en France, au Ghana, en Thaïlande, au Brésil ou au Pérou par un travailleur local. Ca ne coûte que 12€, en échange desquels on reçoit un bracelet en bois à monter (d'une couleur variable selon le pays choisi) et un code qui, entré sur le site, permet d'avoir de plus amples informations sur "son" arbre: son espèce, l'endroit où il pousse... Le mien sera un tamarin sauvage et il poussera à Dhamma Rakhsa, en Thaïlande, parce que j'aime bien voyager par procuration. Si vous êtes intéressé par l'idée, j'ai un code de 10% à valoir sur l'achat de votre premier arbre; n'hésitez pas à me le demander par mail!







jeudi 30 juillet 2015

Où je me ruine pour l'amour de mon coccyx


A l'époque où je touchais, chaque mois de juin, une somme coquette en droits d'auteur excédentaires sur l'exercice précédent, j'avais pris l'habitude de programmer de petits travaux d'amélioration de mon appartement pendant l'été. Ainsi, en 2012, j'ai fait changer mes fenêtres d'origine en bois passablement abîmé pour des fenêtres en PVC dont certaines à oscillo-battant. En 2013, j'ai remplacé mon vieux tableau électrique par un modèle plus moderne et plus sûr, puis fait poser une climatisation réversible - une décision dont je me félicite depuis, aussi bien pendant les grosses chaleurs de l'été que pendant les mois les plus froids de l'hiver. L'an dernier, mes droits d'auteur excédentaires avaient tellement piqué du nez que je me suis contentée de changer mes tapis et ma table de salon (l'ancienne avait presque 15 ans et je ne pouvais plus la voir en peinture). 

Cette année, mes droits d'auteur excédentaires sont devenus quasi inexistants, mais comme le grand voyage auquel j'aspire ne s'est toujours pas concrétisé, j'avais quand même un peu de sous en banque, et après longuement hésité, j'ai décidé de les consacrer à un aménagement dont je parle depuis l'achat de mon appartement en janvier 2003: remplacer l'escalier de ma mezzanine. L'escalier d'origine n'était guère plus qu'une échelle améliorée, avec des marches de 18 cm de large couvertes d'une moquette super glissante. Chaque fois que je me levais la nuit pour descendre aux toilettes, j'avais peur de tomber et de me péter le coccyx ou pire. Et il restait jusqu'au mur d'en face assez de marge pour tirer un escalier un peu plus long qui décrirait un virage d'un quart de tour dans la fin, ce qui permettait de gagner sur l'inclinaison et donc de faire des marches plus larges.


Ceci n'est pas un bouquet de tulipes rouges. 

En octobre dernier, j'ai confié le projet à mon ami Jean-Michel, menuisier émérite qui avait déjà fabriqué ma bibliothèque sur mesure à l'époque de mon emménagement, ainsi qu'un meuble à chaussures et une étagère de cuisine assortis au reste de mon mobilier Interiors. Je savais qu'il bossait super bien et à des tarifs corrects. Je lui ai exposé mon idée; il m'a confirmé que c'était tout à fait réalisable et que ça donnerait bien, et m'a présenté un devis qui correspondait à ce que j'avais en tête. J'ai dit banco. Les travaux initialement prévus au printemps ont été repoussés deux fois, la première parce que je manquais de liquidités, la seconde parce que Jean-Michel manquait de temps. Finalement, ils ont eu lieu lundi dernier.




Le samedi précédent, Jean-Michel était passé avec son fils et un collègue pour m'apporter le plus gros morceau de mon escalier déjà assemblé (montants en fraké, marches en hêtre). Ils avaient dû le hisser par mon balcon, en une manoeuvre dangereuse qui m'avait fait grimper la tension à 28. Le dimanche, le bois encore non traité a embaumé tout mon petit appartement tandis que je me familiarisais avec la bête. J'ai ôté tous les bibelots des meubles placés sous l'escalier actuel et dégagé le reste du salon afin de laisser un maximum de place pour manoeuvrer les pièces anciennes et nouvelles. Le lundi matin, Jean-Michel est arrivé un peu après neuf heures et a commencé la dépose de mon ancien escalier. La manoeuvre, plus rapide et beaucoup moins bruyante que je m'y attendais, m'a même permis de faire un peu de relecture dans le bureau voisin. Quand il est parti déjeuner, il n'y avait plus moyen d'accéder à ma mezzanine. J'ai posté un Instagram pris de face, et plusieurs personnes ont commenté: "J'ai d'abord cru que c'était une maison de poupée!". C'est vrai que ça faisait tout bizarre. 




L'après-midi, Jean-Michel est revenu avec son collègue pour mettre en place le nouvel escalier, et ça a été une autre paire de manches. Pendant deux heures, je les ai entendus jurer, grogner, casser des plinthes et scier des trucs qui ne passaient pas. J'étais à deux doigts de m'évanouir de stress en imaginant mon salon dévasté. Mais finalement, c'est rentré. Après ça, le collègue est parti et Jean-Michel a encore passé plus de quatre heures à poser la rambarde de la mezzanine et la main-courante de l'escalier (ouvert côté pièce), puis à lazurer le tout en blanc et à remettre un peu d'ordre. Après son départ vers 20h30, j'ai dû faire la poussière, passer un sérieux coup d'aspirateur et tout remettre en place, avec quelques petites améliorations par rapport à la disposition précédente. J'ai notamment pu caser sous la partie supplémentaire de l'escalier un coffre qui jusqu'ici était coincé entre mon canapé et mon plan de travail américain. Les appareils électro-ménagers qui reposaient sur le coffre en question sont partis sur la petite commode qui contient des chopes et mes verres: la hauteur est bien plus pratique et ça m'évitera de contourner le plan de travail chaque fois que je veux faire bouillir de l'eau pour me préparer un thé.





Je maintiens que j'aurais préféré consacrer mon argent à un beau voyage, mais puisque ça n'était pas possible, investir dans un aménagement pratique et sécurisant me semble une solution de rechange nettement plus satisfaisante que le dépenser insidieusement en conneries au fil des mois. Je n'ai plus de visions d'horreur de mon corps fracassé sur le carrelage quand je me lève la nuit. Le nouvel escalier est bien plus beau que l'ancien, au bois lacéré de vieilles griffures de chat et à la moquette jaune à moitié effilochée. Je pense même qu'on pourrait y faire des photos sympas. D'un point de vue strictement esthétique, la main-courante était dispensable, mais d'un point de vue "gestion de mes angoisses idiotes", je préfère quand même l'avoir. Globalement, donc, un bilan positif pour ces travaux dont la réalisation me stressait pas mal d'avance.





La prochaine fois que j'aurai un peu de sous à consacrer à mon intérieur, je ferai refaire les peintures (la hauteur sous plafond dans ma pièce principale est telle que je ne peux pas envisager de m'en charger moi-même, et puis j'adorerais me débarrasser de l'horrible revêtement gouttelette et ça, c'est clairement un travail de pro) et j'en profiterai pour virer les petites loupiotes de la cuisine dont les caissons de coffrage se détachent du plafond et dont plusieurs ampoules ont un faux contact qui les maintient éteintes depuis des années. 

mercredi 29 juillet 2015

Challenge Instagram 31 jours d'été




Le dernier challenge Instagram que j'ai lancé a été bien suivi et m'a permis de découvrir l'univers des participantes - alors que d'habitude c'est moi qui montre ma vie sans savoir grand-chose de mes lectrices. J'ai adoré, et vu que ça suscitait aussi plein d'échanges entre vous. Du coup, j'ai envie de remettre ça sous une forme un peu moins directive, pour éviter que la contrainte du thème quotidien ne vous rebute et laisser plus de place à votre créativité. 

Cette fois, voilà donc ce que je vous propose: pendant tout le mois d'août, chaque jour, vous postez une photo d'une chose qui est pour vous typique ou symbolique de la saison d'été. Peu importe que vous partiez en vacances ou pas: il y aura probablement du ciel bleu, de jolies sandales, des lunettes de soleil, des cornets de glace, des cocktails ornés d'ombrelles et des bouquets de tournesols même dans votre lieu de résidence habituel. Ca vous dit? On commence samedi avec le hashtag #31joursdete (pas d'accents ni d'apostrophe). A très vite j'espère!

Je suis rapide, mais j'ai besoin de beaucoup d'élan




D'un côté, je suis une feignasse extrême, jamais à court de raisons pour procrastiner les trucs modérément fun - c'est-à-dire, tout ce qui n'est pas lire en buvant du thé ou un cocktail, aller bruncher dans un endroit bobo ou prendre un avion pour une destination semi-lointaine. De l'autre, quand je m'attaque vraiment aux choses, elles sont souvent pliées en un temps record. Exemple concret. Le matin, à moins d'avoir un train à prendre, je mets trois plombes à me lever, et je passe autres trois plombes à errer sur les internets en sirotant un mug de you zi hua cha. Comme en plus, je ne sais me mettre à bosser que sur l'heure pile ou la demie (bonjour la manie idiote), il est minimum 10h quand je tape le premier mot rémunéré de la journée. Par contre, deux heures plus tard, j'ai aligné 15 à 20 000 signes français - et pas du kilométrique, du presque propre. Au final, j'ai un super rendement professionnel en 4 heures par jour à peine, mais sauf exception en période de bouclage, je suis presque incapable de bosser davantage dans une journée. J'ai besoin de temps pour me mettre en condition, et de temps pour laisser refroidir mon moteur après l'effort. 

C'est la même chose avec les grands projets qui risquent de s'avérer difficiles à mettre en oeuvre: j'y pense pendant dans mois, voire des années, en me trouvant tout un tas d'excuses pour ne pas m'y mettre. Et puis un jour, il me prend le coquin de sort (comme on dit par chez moi) et je révolutionne ma vie dans la semaine. Vu de l'extérieur, le brusque changement de régime a de quoi surprendre: je n'ai pas d'autre mode de fonctionnement que "mollusque neurasthénique" et "Speedy Gonzales". Mais en réalité, pendant que j'ai l'air de glander, je me prépare mentalement. Je rassemble des idées - consciemment ou non, d'ailleurs; je soupèse mes propres objections; j'élimine les distractions. Je laisse mûrir ou décanter mes projets initiaux; je les apprivoise jusqu'à ce qu'ils me semblent réalisables. Extérieurement, je reste immobile. Intérieurement, je prends de l'élan pour sauter le plus loin possible du premier coup, parce que les obstacles me rebutent et que les échecs me découragent. 

Voilà pourquoi ça fait déjà deux ou trois ans que je parle de reconversion professionnelle sans rien faire de concret. Mais là, depuis quelques semaines, je tiens une piste qui me plaît beaucoup, et j'ai commencé à chercher des moyens de l'explorer, notamment à travers des lectures personnelles et des cours en ligne. Je bute encore sur un très gros obstacle, qui est mon rapport difficile à autrui. J'ai néanmoins décidé de ne pas attendre d'avoir trouvé une solution pour commencer à me former, parce que sinon, j'y serai encore à l'heure de prendre ma retraite. J'espère qu'en travaillant sur le sujet qui m'intéresse, je vais débloquer en moi les choses nécessaires. Et sinon, bah, j'aurai quand même appris des trucs. Mais je ne pars pas perdante. J'ai réussi à beaucoup progresser sur le plan personnel ces dernières années, et même le bastion "sociopathie" me semble un peu moins imprenable maintenant. 

mardi 28 juillet 2015

"Les beignets d'Oscar", ou: l'important, c'est que la mort nous trouve vivants


Lucio n'a pas assuré.
Prof de sport dans une salle de quartier minable, entraîneur d'une équipe junior de water-polo à ses heures perdues, ce presque quadragénaire un peu bedonnant (la faute, entre autres choses, au délicieux beignet qu'il passe manger tous les matins dans la pâtisserie de son beau-père) a trompé son épouse adorée avec une de ses clientes. Quand Paola l'apprend, elle le jette dehors. 
Et quelques jours après, Lucio fait la connaissance de "l'ami Fritz": une tumeur de 6 cm de long qui s'est confortablement installée dans son foie avant de faire plein de petits dans ses poumons. Sans chimiothérapie, son médecin estime qu'il lui reste trois mois avant d'entrer dans la phase terminale de son cancer. 
Paradoxalement, ces 100 jours vont être les plus heureux de la vie de Lucio.

J'ai fait l'emplette de ce roman parce que je cherchais une lecture estivale feel-good.
Grosse erreur.
Sans doute influencée par la couverture pimpante et le sous-titre contenant le mot "bonheur", j'imaginais que la maladie ne serait qu'un prétexte sur les aspects matériels duquel l'auteur passerait pudiquement, le déclencheur d'un joyeux conte philosophique dont le héros resterait serein face à sa mort inéluctable.
...Pas trop, non.
Ne vous y méprenez pas: Lucio ne passe pas 400 pages à se tordre de douleur, vomir et regarder tomber ses cheveux. Le propos du livre est effectivement que l'imminence de la mort va lui apprendre à vivre pour de vrai, et en cela, on peut considérer qu'il s'agit d'un roman globalement positif.
Mais qui fait beaucoup pleurer, quand même. Parce que si le côté médical n'est abordé qu'assez superficiellement, les souffrances mentales du héros, elles, occupent une bonne partie du bouquin - et il est difficile de ne pas se projeter à sa place. Ce qui est sans doute le but: pousser le lecteur à réfléchir à ce qu'il voudrait faire s'il vivait ses dernières semaines sur Terre et donc, plus largement, au sens qu'il veut donner à sa vie.
Pas un sujet léger, donc.
Pour autant, même si j'aurais sans doute esquivé "Les beignets d'Oscar" eussé-je mesuré son potentiel lacrymal, j'ai adoré ce roman au style enlevé et souvent drôle (mais je suis très sensible à l'humour du désespoir). Le découpage en 100 chapitres brefs donne un rythme dynamique. Les personnages secondaires sont assez savoureux - le beau-père qui retrouve l'amour sur le tard, les deux meilleurs amis qui organisent de grosses parties de déconnade, le libraire qui écrit et vend des romans en exemplaire unique, le vieux monsieur qui a changé son appartement en boutique de bavardages pour gens esseulés... Le héros, un type très ordinaire, bon vivant un peu lâche, déploie des efforts touchants bien que tardifs pour reconquérir sa femme et tisser des liens avec ses enfants. Et puis, difficile de ne pas éprouver de sympathie pour cet admirateur acharné de Léonard de Vinci ("le Toscan multicasquette") qui partage son petit-déjeuner avec un moineau, dresse des listes de qualités des gens qu'il aime et, à une séance avec un psychologue, préfère une glace pistache-croustichoc-vanille d'antan.
Je n'ai que peux petits bémols: un fond de machisme qui s'exprime à travers quelques considérations bien rétrogrades sur l'infidélité programmée des hommes et l'incapacité des femmes à réaliser un créneau, et un épilogue dont je trouve l'angélisme limite insultant. Cela ne change rien au fait que "Les beignets d'Oscar" est un roman émouvant, qui parvient à divertir et faire réfléchir en même temps. Pas une lecture feel-good, certes, mais une très bonne lecture tout de même.

lundi 27 juillet 2015

Plaisirs coupables




- L'hiver, me faire un chocolat chaud et le manger avec de la brioche tartinée de confiture d'abricot en guise de dîner. 
- Finir par jeter à la corbeille un mail auquel je n'ai pas répondu depuis si longtemps que l'expéditeur doit avoir oublié qu'il me l'avait envoyé en premier lieu.
- Décider que le ménage peut bien attendre encore une semaine et que personne n'est jamais mort de vivre dans un appartement aux vitres presque opaques de poussière.
- Laisser Chouchou monter les gros sacs de courses maintenant qu'il est plein de muscles. 
- En rangeant les restes du dîner au frigo, boulotter subrepticement une autre cuillère du risotto désormais froid. 
- Choisir dans ma PAL un roman jeunesse rigolo qui vient juste d'arriver plutôt qu'un des gros bouquins très intelligents qui attendent depuis des mois. 
- Profiter d'une petite migraine au réveil pour décider qu'aujourd'hui, c'est congé - et faire uniquement des choses dont j'ai envie.
- Préférer obstinément la mayonnaise en tube Lesieur à toutes les mayonnaises maison. 
- Trouver enfin le courage de me débarrasser d'une fringue chère et jamais portée. 
- Renoncer officiellement à poursuivre un projet personnel qui, tout compte fait, m'emmerde. 
- Apprendre l'arrêt d'une série chiante que je ne continuais à traduire que parce que je m'y sentais moralement obligée vis-à-vis de l'éditeur.
- Commander un second cocktail.
- Abandonner en cours de route une lecture qui ne m'apporte aucun plaisir.
- Craquer pour une Xième paire de chaussures irrésistibles.
- N'avoir qu'un vieux Nokia déchargé la plupart du temps, et être injoignable dès que je sors me balader. 
- Exceptionnellement, manger un burger avec un vrai steak de boeuf saignant. Ou des rillettes  maison. 
- Masquer les publications de mes contacts FB qui parlent toujours du même sujet rasoir. 
- Comme une sale bourge, payer 20€ de supplément pour une place de 1ère classe isolée dans le TGV. 
- Caresser les lobes d'oreille de Chouchou, qui déteste ça.
- Ecrire un article assassin sur un bouquin que j'ai trouvé inepte.
- Avoir une excellente raison de zapper le fitness un jour de flemme.
- Finir par jeter le dernier petit bout de savon qui semble absolument inusable pour le plaisir d'en entamer un nouveau avec un parfum différent. 
- Quand ma voisine Solange (89 ans, sourde comme une Le Creuset) n'entend pas mon coup de sonnette et que je peux laisser ce que je lui apportais sur son paillasson sans avoir à subir pour la 197ème fois l'énumération détaillée de tous ses maux.
- Quand mon train a un retard juste suffisant pour que la SNCF me rembourse une partie de mon billet, mais pas assez important pour me faire rater ma correspondance. 
- Quand un proche tout penaud vient me dire: "Tu avais raison".