lundi 25 mai 2015

Maison Flagey, l'émerveillement des sens à Bruxelles



Début avril, une maison d'hôtes unique a ouvert à Bruxelles, au bord des étangs Flagey. Chineur passionné depuis son plus jeune âge, Vincent Liesnard a pris ses quartiers dans une superbe bâtisse Art Nouveau construite en 1904 par Ernest Blérot, qu'il a aménagée avec un goût exquis et un soin du détail poussé à l'extrême. J'ai eu la chance d'y passer une nuit la semaine dernière, et je peux vous dire que c'était une expérience paradisiaque après laquelle j'ai eu bien du mal à retourner à la vie réelle! A la Maison Flagey, tout a été conçu pour solliciter et combler les cinq sens des hôtes...



LA VUE

Cinq, c'est aussi le nombre de chambres disponibles, depuis la plus petite (la Gypsy) jusqu'à la plus grande (la Suite Royale). Si chacune possède sa propre personnalité et son propre charme, toutes ont été rénovées il y a quelques années: les planchers d'origine ont été poncés et remis à neuf, les carreaux abîmés refaits à l'identique et remplacés... Le décor est donc à la fois authentiquement Art Nouveau et en excellent état un siècle après l'avènement de ce style. Par contraste, toute la maison est équipée en domotique - par exemple, les lumières s'allument et s'éteignent seules sur le passage des occupants. Ainsi bénéficie-t-on à la fois du charme de l'ancien et du confort de la modernité. 

Petite visite guidée en images. Commençons au troisième et dernier étage, où se font face la Gypsy et la Chambre Verte, dans laquelle j'ai dormi...


LA GYPSY





Coup de coeur pour: 
- la vasque sans bonde de la salle de bain, que l'on vide en la faisant pivoter sur son axe.
- la lampe à oiseaux créée par Matthieu Challières
- le grand et vieux miroir au cadre argenté


LA CHAMBRE VERTE




Coup de coeur pour:
- la salle de bain sous les toits, avec ses baies vitrées à commande électrique donnant sur les étangs Flagey, sa baignoire à pieds et le confortable petit fauteuil où j'ai passé une heure délicieuse à lire tandis que la pluie tambourinait aux carreaux


Descendons ensuite au deuxième étage où l'on trouve les chambres de taille intermédiaire, la Chambre Préférée et le Cabinet de Curiosités.


LA CHAMBRE PREFEREE




Coup de coeur pour: 
- la petite terrasse à l'abri des regards indiscrets, où l'on peut se prélasser sur deux chaises longues en tek les jours de beau temps
- l'incroyable lampe en bulles de verre multicolores, fabriquée par un artisan syrien


LE CABINET DE CURIOSITES




Coup de coeur pour:
- la somptueuse robinetterie cuivrée de la douche
- la lumière qui entre à flots dans la chambre


La dernière chambre, la plus somptueuse de toutes, se trouve au premier étage face à la salle à manger où le petit-déjeuner est servi chaque matin. 


LA SUITE ROYALE






Coup de coeur pour:
- le dessus de lit scandinave en velours prune incroyablement doux
- la baignoire à pieds face aux fenêtres donnant sur un mur couvert de lierre
- l'hallucinante douche ornée d'une fresque de mosaïque, dans laquelle une dizaine de personnes tiendraient à l'aise, et dont le jet produit un effet "pluie amazonienne"


LE TOUCHER



Les chambres de la Maison Flagey ne sont pas seulement agréables au regard: les gens tactiles comme moi ne pourront s'empêcher de tripoter tout ce qui leur tombera sous la main. J'ai déjà évoqué l'incroyable douceur du couvre-lit en velours prune de la Suite Royale (il y a le même en moutarde dans le Cabinet de Curiosités); je peux également vous dire que je n'avais jamais eu le plaisir de m'essuyer au sortir de ma douche avec des serviettes aussi épaisses et moelleuses. Quant aux poignées de porte ouvragées, aux thermostats des radiateurs et surtout aux carrelages en relief des salles de bain, tous plus beaux les uns que les autres, leurs motifs en léger relief ont fasciné le bout de mes doigts... 


L'ODORAT



Un bouquet de pivoines fraîches (mes fleurs préférées...) embaumait discrètement la salle à manger le matin où j'étais là. Mais surtout, surtout... Vincent fait fabriquer exprès pour la Maison Flagey deux sortes de savons bios, l'un au thé vert et l'autre à l'iris. Ayant l'odorat aussi développé que sélectif, je suis souvent rebutée par les produits de bain. Ceux-là m'ont complètement envoûtée. Une semaine après, je sens encore le parfum de ce savon à l'iris avec lequel je me suis douchée (dédaignant le mini-flacon de gel douche L:A Bruket pourtant fait pour ça). Vincent a prévu de les commercialiser d'ici quelques mois, avec des bougies assorties: j'en trépigne d'impatience!


LE GOUT





Pour le buffet du petit-déjeuner (boissons chaudes, oranges pressées, viennoiseries, pain frais, charcuterie belge, fromage, yaourt, céréales, confiture...), Vincent a choisi de proposer un maximum de produits bios. Mention spéciales aux croissants franchement délicieux - et je suis hyper difficile en la matière.


L'OUIE



Comme la Maison Flagey se trouve du côté résidentiel des étangs, elle est très calme pendant la nuit. Dans la journée ou en soirée, les hôtes peuvent s'installer au salon (qu'il est possible de louer pour des réunions ou autres événements) où joue une station de musique classique. Et pour ceux qui ne voudraient pas rater leur programme préféré, toutes les chambres sont équipées d'une télévision à écran plat.


Je pense que vous l'aurez compris: je n'ai pas de qualificatif assez élogieux pour cet endroit magique qu'est la Maison Flagey. Vincent, dont l'accueil chaleureux m'a immédiatement mise à l'aise, a su en faire un lieu hors du temps et du stress qui règne à l'extérieur, un havre de paix luxueux et douillet. Quant aux prix, ils sont tout simplement inégalables pour cette qualité de prestation: de 120€ la nuit, pour la Gypsy, à 220€ pour la Suite Royale, petit-déjeuner inclus. Que vous soyez de passage à Bruxelles pour un week-end en amoureux, ou que vous habitiez dans le coin et souhaitiez vous offrir une nuit romantique pour une occasion spéciale, je ne peux que vous recommander la Maison Flagey!

Avenue Général de Gaulle 39
1050 Bruxelles
contact@maisonflagey.com

dimanche 24 mai 2015

Les brèves de la semaine #21




- Lundi matin, je profite des offres de mai sur le site de Nat & Nin pour m'offrir un beau camera bag cacao dont le format me semble idéal.

- Je reçois ma robe planisphère. Elle est très belle et, coupée sur mesure, me va comme un gant. Mais à cause de la raideur du tissu, le bustier baille dès que mes épaules s'affaissent fût-ce d'un millimètre - or, j'ai une tendance prononcée à l'avachissement. Je pense qu'il va falloir que je fasse rajouter des bretelles pour contrer toute velléité d'évasion mammaire.

- Le soir, après avoir dîné avec Chouchou au Takumi dont le serveur m'a reconnue immédiatement, je m'aperçois que... mon portefeuille n'est pas dans mon sac.  Du coup, alors que nous passons la nuit à la Maison Flagey, Chouchou fonce à l'appartement pour vérifier que je l'ai bien oublié là-bas après en avoir sorti mes reçus Visa la veille - ce qui est le cas, ouf!

- Mardi, je goûte le chocolat blanc vanille de Villars rapporté de Suisse. C'est une tuerie. Pourquoi, mais pourquoi n'en ai-je acheté qu'une seule tablette? Comme je me menace de me couvrir le visage de cendres et de le lacérer avec mes ongles, Marika propose de m'en apporter aux Imaginales le week-end prochain. L'absence de subtilité, parfois, ça paie. En calories sucrées.

- Je plaçais de grands espoirs dans l'adaptation télé de "Jonathan Strange and Mr. Norrell", un de mes bouquins préférés de tous les temps. Hélas, je la trouve si indiciblement chiante que je lâche l'affaire à la moitié du premier épisode.

- La kalankoe offerte par ma belle-mère pour "la fête des femmes" n'aura survécu que deux mois et demi à mon fluide négatif avec les plantes. RIP fleurettes roses.

- Vendredi, alors que je reconstitue mes stocks de You Zhi Hua Cha, la propriétaire du Nong Cha m'explique que ses amis n'aiment pas le thé, qu'ils sont exclusivement "café et alcool". Quel gâchis. Si j'étais l'amie de cette dame, je passerais mon temps à la harceler pour qu'elle me fasse goûter tout son stock.

- Je suis émue mais aussi attristée par les réactions à mon billet sur la confiance en soi qui confirment mes soupçons. Toutes ces filles formidables qui doutent d'elles à ce point, quel gâchis! L'espace d'un instant, ça me donne envie de devenir coach en boostage d'ego. Puis je me souviens que je suis absolument nulle en relations humaines.

- Le même jour, je prends l'apéro au Berger avec des lectrices bruxelloises pour les 10 ans du blog. Ayant décidé de sortir de ma zone de confort cocktailesque, je renonce au Cosmo et au Mojito habituels en faveur d'un Para (vodka, passoa, soda citron, framboise). J'aurais bien testé un des nombreux cocktails de la semaine, mais ils contenaient tous du bitter ou du piment.

- En rentrant chez moi, je découvre dans ma boîte mail une proposition de série à traduire qui arrivera juste à point pour prendre le relais de "Pretty Little Liars", laquelle se termine au printemps prochain et m'occupait tout de même deux mois par an depuis huit ans. Je dois avoir une bonne étoile professionnelle, parce que chaque fois que je crains de me retrouver au chômage technique, une opportunité se présente.

- Samedi, journée un peu maussade, j'en profite pour apporter deux gros sacs de bouquins à revendre chez Pêle-Mêle, faire une lessive et une séance de fitness, rédiger un très long article sur ma nuit magique à la Maison Flagey, préparer une tarte à la rhubarbe (ma meilleure jusqu'ici!) et une soupe de radis noir et réfléchir au prochain challenge sur le blog.

- Je pensais qu'il était impossible de tourner un mauvais film avec Bill Murray. Je me trompais, comme le prouve "St. Vincent", convenu et nian-nian à souhait.

- J'ai décroché du Body Revolution depuis un mois parce que 1/les exercices devenaient trop difficiles 2/mon généraliste m'a dit que ça n'était pas le bon type d'activité physique pour moi. Depuis 4 semaines, je me contente de faire 3 séances de fitness par semaine et de marcher davantage. Hé bien dimanche matin, je suis à mon poids le plus bas depuis début janvier.

- En parlant de marcher, le fil rouge de ma semaine aura été ce qu'il convient de nommer "la saga du bracelet connecté" (toujours pas clôturée à l'heure où je publie ceci), mais je pense qu'elle mérite son propre billet.

Bonne semaine à tous!

samedi 23 mai 2015

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (9)




1. Comptoir Florian, Bruxelles 2. Walkin'Thai, Bruxelles 3. MangaKat Café, Bruxelles 4. Taihon, Bruxelles 5. AMI, Bruxelles 6. Yéti 2, Bruxelles 7. Samouraï Ramen, Bruxelles 8. Le Cercle des Voyageurs, Bruxelles 9. Chicag'Hostel, Toulon 10. Le Vog, Toulon 11. La Fabbrica di Marco, Toulon 12. Le Chantilly, Toulon 13. Gare du Nord, Paris 14. M&S Café, Bruxelles 15. Hôtel Le Berger, Bruxelles

La revue de presse du week-end #22




[DEVELOPPEMENT DURABLE] La campagne de désinvestissement des énergies fossiles gagne l'Europe.

[ECONOMIE] Six grandes banques condamnées pour manipulation des taux de change.

[FEMINISME] Un billet de blog génial qui démontre combien les détails sont importants ("mademoiselle", les jouets genrés...) et comment, même avec les meilleurs intentions du monde, on peut se laisser conditionner par ceux qui composent insidieusement notre culture, que ce soit en matière de féminisme ou d'antiracisme. Vraiment, lisez-le. 

[FEMINISME] "Bats-toi comme une fille", lettre percutante d'une maman québécoise à son jeune fils

[PHOTOS] Aux Pays-Bas, des portraits d'enfants transgenres révèlent la personne qu'ils sont vraiment.

[POLITIQUE] L'unanimité à l'Assemblée Nationale contre le gaspillage alimentaire, enfin!

[SCIENCES] A 102 ans, elle obtient enfin sa thèse rejetée sous le régime nazi pour "raisons raciales".

vendredi 22 mai 2015

Le meilleur conseil que je puisse donner à mes amies





Un mal insidieux sévit dans les rangs de mes copines: le manque de confiance en soi. 

Pourtant, elles sont vachement bien mes copines. Drôles, intelligentes, compétentes dans leur boulot, douées de leurs mains, bienveillantes, toujours prêtes à défendre leurs valeurs... Elles auraient largement de quoi être fières d'elles. Au lieu de ça, elles doutent en permanence de leurs capacités, et souvent, ça les empêche d'avancer - de réclamer une augmentation bien méritée, de se lancer dans une formation, de voyager en solo, de draguer ce type sûrement trop bien pour elles, d'oser changer de vie, de réaliser leur potentiel et s'épanouir pleinement. 

Ca me désole, parce que de l'assurance, moi, j'en ai limite trop. Je suis persuadée que non seulement je mérite tous les trucs chouettes que je convoite, mais que je suis probablement capable de les obtenir si je bosse dur. Du coup, j'ose tout ou presque, et neuf fois sur dix, ça marche. J'aimerais tellement pouvoir transmettre un peu de ça à mes copines! Avoir davantage confiance en elles changerait leur vie, j'en suis sûre. 

Du coup, je m'en vais vous raconter comment j'ai eu le déclic. 

Nous sommes... début 1991 à Sup de Co Toulouse. A l'époque, je suis super mal dans ma peau et encore plus mal à l'aise parmi mes camarades. La plupart d'entre eux sont issus de milieux bourgeois, pleins de la belle assurance que donne le fait d'avoir grandi dans une famille cultivée/friquée et toujours entendu qu'ils étaient la future élite de la France (je caricature un peu pour les besoins de l'anecdote). Pour ne rien arranger, ce sont déjà de jeunes adultes tandis que je n'ai pas encore quitté l'adolescence. Le fossé entre nous est immense. Je suis le vilain petit canard au milieu d'un troupeau de cygnes, et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas de merveilles pour mon estime de moi. 

Ce jour-là, donc, je suis enfermée dans une salle de classe avec la vingtaine d'autres étudiants de mon option majeure, "Gestion des produits de grande consommation". Un intervenant extérieur nous fait un cours sur la prise de contact téléphonique, nous expliquant diverses tactiques pour décrocher un rendez-vous même quand la personne au bout du fil n'est pas très chaude à la base. Vient le moment des exercices pratiques, où chacun de nous tour à tour doit appeler un professionnel pas dans la confidence tandis que le reste de la classe écoute la conversation sur haut-parleur. 

Il faut savoir un truc (qui n'a pas changé depuis toutes ces années): je HAIS le téléphone. J'utilise énormément le langage non-verbal, à la fois pour m'exprimer et pour décoder l'humeur de mon interlocuteur. En aveugle, je ne sais pas doser mes conversations, c'est une vraie torture. Je suis fébrile, les silences m'angoissent, j'ai les paumes moites, je fais les cent pas en parlant pour canaliser ma nervosité... L'horreur. Alors, me livrer à ce genre d'exercice sous les yeux de tout un groupe de mes camarades, vous imaginez. 

Une chose me sauve cependant: nous passons par ordre alphabétique; je suis donc une des dernières à m'y coller. Et avant ça, je vois tous mes camarades si sûrs d'eux se planter dans les grandes largeurs - exécuter les consignes à la lettre et ne quand même pas réussir à décrocher le fameux rendez-vous à froid. Au mieux, on leur propose de rappeler plus tard. Du coup, quand vient mon tour, j'ai un peu moins la pression. 

Et je ne sais pas ce qui me prend, mais dès l'instant où j'ai mon interlocuteur en ligne, malgré mon coeur qui bat à cent à l'heure et mon corps trempé de sueur, je me glisse dans la peau de quelqu'un d'autre, une femme pleine d'assurance qui fait une faveur à cette personne en lui proposant un rendez-vous. Péremptoire et suave à la fois, je lui promets qu'il ne regrettera pas le temps qu'il m'accordera pour parler d'un sujet à propos duquel je reste volontairement mystérieuse (et pour cause: je n'ai aucune instruction spécifique, ni aucune idée de ce que ce type fait dans la vie!), mais dont je sous-entends qu'il a tout à y gagner. Je suis sans doute plus dans le registre de la séduction que du professionnalisme, mais ça marche: mon interlocuteur me fixe un rendez-vous ferme pour le vendredi suivant. 

Quand je raccroche, l'intervenant extérieur et toute la classe m'applaudissent. 

Ce jour-là, j'ai été la seule à atteindre l'objectif fixé. Et cette minuscule victoire a provoqué un déclic en moi. Je faisais du jeu de rôle assez intensivement depuis cinq ans déjà, et je me suis rendu compte que je pouvais utiliser ça dans tous les autres domaines de ma vie. Que confrontée à un problème insoluble pour moi, il me suffisait d'invoquer la personnalité de quelqu'un d'autre, quelqu'un qui serait parfaitement capable de gérer cette situation, quelqu'un qui possèderait l'assurance que je n'avais pas. 

Peu de temps après cette anecdote, j'ai dû me soumettre à un autre exercice scolaire pour lequel il fallait parler devant une caméra. J'étais morte de trouille. J'ai fait semblant d'être une journaliste parfaitement à l'aise devant un objectif. Cette fois encore, mon naturel a bluffé tout le monde. Depuis, je n'ai plus aucun problème à m'exprimer devant une caméra ou un public de plusieurs centaines de personnes, comme ça m'est arrivé par la suite. 

Et au fil du temps, il s'est passé un truc assez curieux: à force de feindre l'assurance et, du coup, d'obtenir une grande partie de ce que je réclamais, ou de réussir dans la plupart des tâches que j'entreprenais, j'ai fini par devenir réellement sûre de moi. En persuadant les gens que je méritais toutes ces choses, je m'en suis persuadée aussi. C'était un cercle vertueux où chaque nouvelle victoire me renforçait dans ma conviction et faisait que le masque initial devenait un peu plus ma vérité personnelle.

Alors, si j'ai un conseil à donner à toutes mes fabuleuses copines bourrées de doutes, c'est le suivant: les qualités qui vous manquent, faites semblant de les avoir jusqu'à ce que vous les développiez pour de bon. Vous verrez, c'est magique. 



[LAUSANNE] I-docens One




En cherchant des activités pour nous distraire durant notre séjour en Suisse, Lady Pops a découvert un escape game situé du côté de Vernayaz, dans un coin passablement paumé. I-docens One occupe un ancien abri militaire: les amateurs de décors "bruts", ambiance post-apocalyptique, devraient adorer. C'était le 6ème jeu de ce type que je testais avec Chouchou; notre équipe de 5 personnes comprenait en outre les novices Lady Pops, sa fille Miss A. (12 ans) et notre amie Marika.

Première spécificité: ici, il n'y a pas de chrono visible, et aucun système audio-vidéo permettant au responsable du site de communiquer avec les participants. Nous avons donc tout fait sans indice quasiment jusqu'à la fin, d'où quelques longueurs par moments. Des boîtes contenant la solution des énigmes les plus complexes sont à disposition des joueurs, mais le fait d'en briser les scellés pour regarder dedans entraîne une pénalité de X minutes à chaque fois, et nous préférions trouver par nous-mêmes - aussi, nous n'y avons pas touché.

Deuxième spécificité: pas d'électricité à l'intérieur de l'espace de jeu; tout se fait à la lumière de lampes frontales, ce qui ajoute à l'ambiance légèrement flippante du lieu. Troisième spécificité: là où les autres escape games testés précédemment se déroulaient dans un espace de trois pièces contiguës au maximum, ici, il y en a bien davantage: on ne sait pas trop quand on va en voir le bout! Quatrième et dernière spécificité: les joueurs ne sont pas enfermés; le but n'est pas de trouver un moyen de sortir, mais une clé USB sur laquelle figurent les noms de tous les participants.

Pour le reste, le principe de base reste le même: il faut fouiller partout et beaucoup, beaucoup se creuser les méninges. Ce qui n'a pas empêché Miss A. de prendre une participation très active au jeu et de découvrir plusieurs éléments cruciaux (I-docens One est ouvert aux enfants à partir de 10 ans, pourvu qu'ils soient supervisés par au moins un adulte). Tous les novices de notre équipe ont adoré, et oui, nous avons réussi à trouver la clé USB, même si nous ne savons pas en combien de temps exactement car personne n'avait pensé à regarder sa montre son smartphone au début.

Plus je teste d'escape games, plus j'adore ça. Le principe très simple se prête à une infinité de variations en matière de thèmes et de décor, et je trouve que c'est vraiment une activité de groupe géniale - en famille, entre amis ou même collègues pour faire du team building. A titre d'information, les organisateurs d'I-Docens One préparent déjà deux autres jeux sur le même site, plus un autre à Lausanne. Amis helvètes, n'hésitez pas à tester: je vous garantis que vous vous amuserez! Pour nous, la prochaine aventure aura lieu à Bruxelles dans un des décors XIXème d'Escape Hunt.



jeudi 21 mai 2015

Opération sabotage de régime en Helvétie (4/4)


Merci la fondue d'hier soir pour cette nuit remplie de cauchemars; la prochaine fois, je tâcherai d'avoir les yeux moins gros que le ventre. Pour autant, suis-je dégoûtée de la nourriture, ai-je l'appétit coupé pour les deux jours à venir? Même pas. Lorsque nous arrivons sur le coup de 11h à la ferme aux Cretegny, j'ai de nouveau une faim de loup. Et ce serait de toute façon pécher que de ne pas faire honneur à ce superbe brunch presque exclusivement composé de produits fabriqués sur place. J'aime toujours autant la rösti, et cette cuchaule est une merveille. Mais attention au gaspillage: les deux cochons sont au régime! Bien que citadine endurcie, j'avoue: je ne déteste pas l'odeur du crottin. Par contre, la décharge que je me prends en touchant involontairement la clôture électrifiée non signalée de l'enclos des poules et des lapins, je m'en serais bien passée (même si c'est plus surprenant que réellement douloureux). 







Pour l'honneur, une géocache nano rapide et facile à Morges, où les places de parking sont aussi rares que les repas sautés dans l'histoire de ma vie, puis un dernier verre avec Lady Pops et Miss A. dans un salon de thé de la grande rue piétonne, et c'est déjà l'heure de prendre le train pour l'aéroport de Genève. On serait pourtant bien restés quelques jours de plus, fût-ce au péril de la vie de nos estomacs...

(Le lendemain matin, de retour à Bruxelles, je me pèse en frémissant d'avance: je fais exactement le même poids que la veille de notre départ, alors que je me suis gavée et que je n'ai pas fait de fitness pendant 4 jours, juste nettement plus marché que d'habitude. Mon généraliste doit avoir raison quant aux activités bénéfiques pour moi. Je me commande donc immédiatement un bracelet connecté pour m'encourager à accumuler les pas supplémentaires. Mais ceci fera l'objet d'un autre billet!)

mercredi 20 mai 2015

Opération sabotage de régime en Helvétie (3/4)






Ce matin en me levant, je trouve Lady Pops en train de préparer des scones maison. La loi suisse permet-elle de se faire adopter par une personne plus jeune que soi? Moka le lapin de combat a le poil doux comme de la soie, tandis que Timmy le patapouf arbore une magnifique paire d'oreilles hélicoptère. Chouchou se fait prendre en photo sur le ponton du château de Chillon (visité en 2011) pour illustrer son nouveau site professionnel. J'aime bien le concept du croque-monsieur à la béchamel, un peu moins les deux cheveux que je trouve dans mon assiette.




Cette sculpture géniale qui allie science et poésie, entre le parking et le bord du lac à Vevey - est-ce que c'est possible de la piquer en douce pour la rapporter à la maison? Marika nous rejoint en robe bain de soleil et tongs; je porte une jupe d'hiver, des collants et des boots de moto: on dirait qu'on n'appartient pas au même espace-temps. Le timing est serré; modifions nos plans et commençons par faire les courses. Claquer 100€ en fromage (plus 5 tablettes de chocolat), c'est une expérience inédite pour moi. Euh, Chouchou, tu as vu le prix du livre que tu guignes chez Payot? Il coûte 12€ de plus qu'en France; achète plutôt l'e-book sur Amazon!








L'Alimentarium est un bien beau musée, mais peut-on se fier aux informations nutritionnelles diffusées par Nestlé? En attendant, l'expo Détox (très bien foutue) m'apprend deux ou trois choses sur la digestion - j'ignorais par exemple que les vitamines A,D, E et K étaient solubles dans le gras alors que les B et C sont solubles dans l'eau. Et aussi, l'estomac d'un buveur de bière, ça fait un peu peur. "Viens faire des câlins au fenouil violet". En effet, il a une texture tout à fait particulière, comme de la peluche caoutchouteuse. Breaking news: on peut tenir (et même s'attacher) à trois à l'arrière d'une Fiat 500 rose, pourvu que l'une des trois soit une Miss A. filiforme. La fondue moitié-moitié, c'est très bon; la fondue au vacherin, c'est encore meilleur, mais la fondue au fromage de chèvre, accompagnée d'olives noires et de tomates séchées, ça tabasse TOUT. Le problème, c'est que je ne sais pas m'arrêter et que j'en mange à peu près deux fois plus que nécessaire pour me rassasier. Compteur calorique du jour: 17 356, à vue de nez. Burps. Et si quelqu'un me chante "Julie la petite olive" encore une fois, je le noie dans le fond du caquelon, merci, bisous. 

mardi 19 mai 2015

Opération sabotage de régime en Helvétie (2/4)




Commencer la journée par un brunch maison: fromages suisses, charcuterie, pain aux céréales, tresse, assortiment de confitures et de pâtes à tartiner, miam! Après le quasi coup de soleil d'hier, ça fait un peu bizarre d'enfiler des collants en laine et de sortir le parapluie, mais soit. Le chic suisse: Marika nous donne rendez-vous devant les poubelles de sa rue. "Prends à droite. De toute façon, on est en Suisse: c'est TOUJOURS à droite." L'escape game I-docens est bien planqué au bout d'un chemin boueux qu'on ne peut remonter qu'à pied. Une heure et demie à courir d'une pièce à l'autre de cet ancien abri militaire, mais au final, nous parvenons à récupérer la clé USB sur laquelle sont écrits tous les noms des participants, hourra! Et les novices de notre équipe ont adoré, ce qui est l'essentiel. (article à venir) Par contre, sous ce déluge, pas question de faire la géocache de la cascade qui semblait pourtant sympa.





De retour à Vevey, nous errons dans les rues aux pavés luisants de pluie à la recherche d'un endroit sympa où boire un truc chaud, et après plusieurs déconvenues, nous finissons au café littéraire près de l'Alimentarium. Le chocolat chaud n'est pas bon du tout, mais l'endroit se révèle fort agréable, et nous y passons près de deux heures à bavarder.





Même à demi planquées par le brouillard, les montagnes sont magnifiques. Marika championne de photobombing (elle a tout appris à Benedict Cumberbatch). Elle me prête son bracelet connecté pour que je puisse tester, en m'ordonnant de marcher au moins vingt minutes le soir pour ne pas pourrir sa moyenne. Résultat, une fois rentrée chez Lady Pops, je fais les cent pas dans le salon. Histoire de faire semblant d'avoir une alimentation équilibrée, la maîtresse de maison nous prépare une soupe fabuleuse: une chaudrée au poulet, chorizo, épinards et crème de maïs, recette de la blogueuse Trois fois par jour. Chouchou en engloutit 3 assiettes, tandis que je me restreins à 2 - malgré quoi je n'ai plus beaucoup de place pour la tarte aux pommes préparée avec amour par Miss A. Compteur calorique de la journée: moins pire qu'hier, mais clairement, la malnutrition ne nous guette pas. 

lundi 18 mai 2015

Rappel: apéro pour les 10 ans du blog




Comme convenu, je serai au bar de l'hôtel Le Berger vendredi soir pour arroser le 10ème anniversaire de mon blog en compagnie de toutes celles d'entre vous qui auront envie de trinquer avec moi. 

Infos pratiques:
Adresse: rue du Berger 24, 1050 Ixelles
Métro: Porte de Namur
Bus: 54 et 71, arrêt Matongé ou Quartier St. Boniface
Horaires: à partir de 17h30 et jusqu'à 20h environ
Prix des consommations: 10€ les cocktails, 5€ la bière (il y a aussi des soft drinks et du vin au verre)

A vendredi?

Opération sabotage de régime en Helvétie (1/4)


Bizarrement, quand le réveil sonne à 6h parce que j'ai un avion à prendre, je n'ai aucun mal à me tirer du lit. On a bien fait de prendre la navette de 7h plutôt que celle de 8h: Zaventem est blindé de monde en ce début de week-end de 4 jours. ...Comment ça, je n'avais pas droit à une valise avec mon billet Check & Go, et je vais devoir payer 35€ à l'aller et autant au retour pour l'emporter avec moi? L'aéroport, que j'ai toujours trouvé limite sinistre, vient d'être refait; il est maintenant hyper-lumineux, moderne et bien agencé. Et le magasin de lunettes de soleil solde un modèle rouge de chez D&G absolument parfait pour moi - ça tombe bien, il m'en fallait une paire. A peine une heure et quart pour faire Bruxelles-Genève; autant dire que la Suisse, c'est la porte à côté. Dans le train jusqu'à Lausanne, écouter mine de rien la conversation des voyageurs d'à côté qui parlent des moutons employés par la société de chemins de fer nationale pour désherber les voies - un moyen écolo à souhait qui me ravit. 




"On t'a reconnue de loin à tes chaussures", m'annoncent Lady Pops et Funambuline. Le métro de Lausanne est le même que celui de Toulouse; nous ne sommes pas dépaysés, et ici aussi, Chouchou essaie de se mettre à l'avant de la rame sans conducteur comme s'il avait 5 ans et demi. Les jouets suspendus au bras de la statue de Guillaume Tell, on va dire que ça change des baskets jetées sur les fils électriques. La brasserie de Montbenon, petit coin de paradis à la fois champêtre et luxueux en plein centre-ville. J'ai l'impression d'être une riche expatriée qui prend le soleil en terrasse avec ses amis dilettantes - le bonheur, quoi. Et l'ail des ours, que je n'avais encore jamais goûté? Je kiffe grave. 




Par contre, l'expo d'art brut, euh, comment dire... je préfère une bonne petite promenade dans les rues de la ville. Non, je ne suis pas très intéressée par la rosace de la cathédrale. Oui, je veux absolument visiter ce musée de zoologie où le temps semble s'être arrêté dans les années 50. Quel taxidermiste fou a donné cet air shooté aux rapaces et aux singes? On est en train de perdre Shalf, qui s'endort sur le divan de l'entrée. Ouh la bonne odeur de shit qui flotte sur le bar à sirops en plein air de la place de la Riponne. La pince incrustée dans un pavé: une touche de déco urbaine à la fois discrète et originale. 




A Ouchy, il y a une statue envoyée par "la Belgique reconnaissante". Les bords du Léman sont toujours aussi magnifiques. La carte des cocktails du Beau-Rivage, clairement, ça change de l'assortiment mojito-cosmo-gin tonic habituel - d'ailleurs, je crois que je vais tenter un "Mon grand-père a planté une betterave". And now, pour le plaisir du contraste: le petit resto chinois familial bien planqué au premier étage d'un immeuble. Moi qui ne supporte pas les trucs qui piquent, j'ai réussi à choisir le plat qui arrache le plus de toute la tablée (un agneau au cumin délicieux mais klaffi de piments); heureusement que Funambuline veut bien me faire un échange avec le sien (un canard au basilic croustillant à tomber par terre). Nous sortons au moment où tombent les premières gouttes de pluie, commençons à nous mouiller dans la longue rue pavée qui descend vers la gare et roulons vers le patelin de Lady Pops sous un gros déluge - si c'était moi qui conduisais, je n'oserais pas dépasser le 20 km/heure. Compteur calorique en fin de journée: dans les 4560, à vue de nez, mais ça valait le coup!

dimanche 17 mai 2015

Les brèves de la semaine #20




- Lundi, je reçois le T-shirt Hokusai Cthulhu commandé sur Qwertee. Il est déchiré à une couture. Sur 4 T-shirts achetés sur ce site, c'est la seconde fois que j'ai ce problème, sans parler du gilet à capuche de Chouchou dont la fermeture éclair n'a jamais fonctionné (ni du fait qu'il n'y a pas de place pour plus d'un bonnet A dans la coupe femme). J'envoie un mail poli mais ferme pour exiger d'être remboursée: 10€, ce n'est pas cher, mais pour un objet inutilisable, ça reste 10€ jetés par la fenêtre.

- Dans l'épisode 505 de GoT, Stannis se révèle être un grammar nazi. Bizarrement, il m'en devient tout de suite plus sympathique.

- Dax Shepard, le mari de Kristen Bell, répond à un de mes tweets, et ça me met en joie!



- L'une des héroïnes de ma traduction en cours discute avec son père dans le hall de leur HLM. Le père lâche la boîte qu'il tenait, et celle-ci rebondit... sur le tapis berbère qui recouvre le sol. Parfois, j'ai l'impression que les auteurs glissent des âneries monumentales dans leur texte juste pour vérifier si les lecteurs suivent.

- Mercredi, je fais un tour au nouveau Marks & Spencer de l'avenue de la Toison d'Or. C'est grand; les fringues sont toujours aussi ringardes que dans mon souvenir et le rayon déco ne m'emballe pas; en revanche, le petit supermarché du sous-sol est une merveille, et j'aime bien le café du second étage (même s'il manque la moitié des pâtisseries à la carte et que le personnel ne semble pas encore avoir pris ses marques).

- La Fnac de la galerie de la Toison d'Or a maintenant un rayon papeterie avec, entre autres choses, du Mr. Wonderful et la totale de la gamme Moleskine, dont les carnets Alice in Wonderland en série limitée. A bon entendeur...

- Jeudi matin, nous partons en Suisse pour un long week-end de 4 jours entre amis, qui fera l'objet d'une série de billets séparés.

Bonne semaine à tous!

vendredi 15 mai 2015

"Irmina"


Milieu des années 30. Pleine d'ambition, une jeune Allemande, Irmina, se rend à Londres pour y commencer une formation de secrétariat international. Elle y rencontre Howard Green, un homme de couleur étudiant à Oxford, auquel elle se sent liée dans sa recherche d'une existence indépendante. Mais cette relation trouve une fin abrupte quand Irmina, contrainte par la situation politique, doit rentrer à Berlin. Dans l'Allemagne national-socialiste, elle comprend vite que le confort auquel elle aspire ne sera possible que si elle ne remet pas en cause l'idéologie criminelle du régime...

Longue fresque historique au réalisme poignant, "Irmina" m'a d'abord séduite par la densité presque torturée de son dessin au crayon, avant de me captiver avec le glissement moral inexorable de son héroïne. Au début, Irmina est une jeune femme volontaire et idéaliste, bien décidée à rejeter les conventions pour tracer son propre chemin. Puis les circonstances se referment sur elle comme un piège, l'obligeant à remiser ses rêves pour mener l'existence d'une épouse rangée et d'une collaboratrice de plus en plus fervente d'un régime qu'elle haïssait au départ. Sa transformation progressive est aussi fascinante que glaçante. 

jeudi 14 mai 2015

"Allô, Dr. Laura?"


Nicole n'a jamais connu son père, mort d'un cancer du colon quand elle était toute petite. Enfant, elle voit défiler les autres maris que sa mère a choisis avec plus ou moins de bonheur. Elle est beaucoup plus jeune que ses deux demi-soeurs et ne ressemble à personne dans sa famille, ce qui lui donne l'impression de ne pas être à sa place. Devenue adulte, elle s'installe à Portland où elle monte un groupe avec sa petite amie Radar. Mais leur relation est houleuse et Nicole ne sait toujours pas trop où elle va. Jusqu'au jour où elle apprend qu'en réalité, son père est toujours vivant...

Petite brune tatouée, à frange et à lunettes rétro. Fille d'une mère excessive et difficile à gérer. Lesbienne. Féministe radicale. Végane qui recueille des poules SDF et les chiens de ses ex. Chanteuse et dessinatrice de bédé. Nicole J. Georges est tout cela, et elle met tout cela dans ses mémoires graphiques à la si jolie couverture - plus ses tâtonnements amoureux et son début de vingtaine passé au pays des hipsters. Un peu brouillon mais sincère, "Allo, Dr Laura ?" devrait enthousiasmer les amateurs de tranches de vie - et laisser les autres lecteurs complètement froids. 

mercredi 13 mai 2015

En mai, j'ai envie...




d'avoir beau temps pendant notre séjour en Suisse (mais ça se présente mal)
...et pendant les Imaginales (là, on peut toujours espérer)
de recevoir enfin le texte de la traduction que je suis censée attaquer début juin
de ne pas toujours devoir relancer mes clients pour qu'ils payent mon reliquat de droits d'auteur
de voir aboutir la pétition contre la réforme prévue de la RAAP
de consacrer plus de temps à la lecture de tous ces romans prometteurs qui attendent dans ma PAL
de finir mon traitement aux antibiotiques pour recommencer à boire des cocktails
de me teindre les cheveux en vert, en bleu ou en gris 
de trouver un autre programme pour remplacer le Body Revolution trop difficile
de commencer à organiser un prochain voyage (Budapest fin septembre?)
de faire encore et toujours plus de vide dans mes placards
d'acheter une balance postale pour pouvoir confectionner des enveloppes-mystère
de me créer un compte sur Pinterest (mais j'ai peur du temps que ça va me bouffer)
de m'organiser de longues promenades en ville au moins deux fois par semaine
de m'acheter un bracelet connecté (lequel?)
d'être gentille avec tout le monde
de laisser filer mes vieilles rancoeurs
de faire plus souvent le premier pas

dimanche 10 mai 2015

Les brèves de la semaine #19




- Lundi, je suis très étonnée de voir que plus d'une soixantaine de personnes participent au lancement de l'Everyday Life Challenge sur Instagram, et j'adore regarder les photos qu'elles ont prises par leur fenêtre. En temps normal, je raconte beaucoup sur moi ici, mais la plupart de mes lectrices restent de parfaites inconnues: pour une fois, c'est chouette de pouvoir, moi aussi, mettre des images sur leur vie!

- Mon test d'asperges au four est une réussite incontestable. Au cas où ça vous tenterait d'essayer: prenez une botte d'asperges vertes plutôt fines; entourez chacune d'elles en spirale avec une bande de pâte feuilletée d'un demi-centimètre de largeur; posez sur la plaque de votre four (recouverte de papier d'aluminium ou de papier cuisson); badigeonnez d'huile d'olive au pinceau; salez, poivrez et saupoudrez de graines de sésame; enfournez environ 45 mn à 150°. Miam!

- Pour avoir un billet un peu moins cher, j'ai décidé de déroger à mes habitudes et de remonter à Bruxelles le vendredi plutôt que le jeudi, d'autant que ça me permettait d'avoir un train à 13h au lieu de 8h. Bien sûr, je n'ai pas percuté que le 8 mai était férié, et que je n'aurais pour m'emmener à Toulon qu'un taxi à plus de 40€ le trajet ou un bus à 9h du matin - ce qui m'obligerait à passer toute la matinée à attendre à la gare, vu l'absence de consigne et les commerces fermés. Superbe économie de temps et d'argent, vraiment. Mais quand je mentionne la chose au détour d'une conversation avec ma retoucheuse, elle me propose spontanément: "Ben je vous emmène, moi! Vous allez pas poireauter des heures à la gare, c'est chiant!". Je suis encore plus touchée par sa gentillesse que ravie de m'épargner un emmerdement.

- Jeudi après-midi, comme ma boule dans le cou n'a absolument pas disparu ni même diminué malgré la pommade, je retourne chez mon gentil généraliste. Je m'attends à ce qu'il sorte le scalpel, mais j'en suis quitte pour une ordonnance d'antibiotiques et une crème plus balèze. Problème: quand je sors de son cabinet, il est 19h10, et le lendemain est un jour férié où je quitte la France pour 3 semaines. Je cours jusqu'à ma pharmacie, qui est en train de fermer. La dame a déjà bouclé sa caisse; pourtant, elle me donne quand même mes médicaments en me disant qu'elle les passera officiellement le samedi matin. Sauvée par la gentillesse d'une Monpatelinoise pour la deuxième fois de la journée.

- Trier un carton de vieilleries que mes parents m'avaient apporté après la mort de ma grand-mère paternelle. Jeter sans remords le moche service à thé japonisant, mais passer un long moment à regarder les vieilles photos de famille, des couples en noir et blanc dont les noms écrits au verso ne me disent rien, de grandes tablées où je ne reconnais personne, un groupe de jeunes danseuses folkloriques où le nez en patate de ma mémé me permet de l'identifier. Et puis des albums de photos de mon enfance dont les couleurs ont viré. J'en connais certaines pour les avoir vues chez mes parents; j'en découvre d'autres avec un pincement au coeur, comme celle qui montre mes deux grands-pères en cuissardes, les pieds dans l'eau de la Loire. Et puis ces dizaines de photos de moi brandissant à mon corps défendant les animaux à plumes ou à écailles tués par mon père... Sur presque toutes, je fais la tronche!

- Vendredi, à cause d'un suicide en gare d'Avignon, mon TGV est détourné sur la ligne normale. J'arrive à Paris avec 1h40 de retard, loupe ma correspondance et dois prendre un Thalys ultérieur bondé où je voyage debout dans la voiture bar. Enfin cette fois, je peux difficilement blâmer la SNCF.

- Samedi, je me réveille complètement naze et passe toute la journée à me traîner lamentablement. Je comprends pourquoi les antibiotiques, c'est pas automatique, et je me réjouis d'y avoir échappé jusqu'à l'âge canonique de 44 ans: apparemment, mon corps ne kiffe pas trop-trop. Espérons au moins qu'ils fassent le boulot!

- Une soirée cocktails quand on ne peut pas boire d'alcool, c'est comme qui dirait un poil frustrant. Heureusement qu'il y a des chapeaux faits maison à essayer (je suis un pirate! non, un pilote d'avion!) et une infinité de perversions sexuelles à commenter avec moult grimaces.

- Dimanche en fin de matinée, nous profitons du beau temps pour aller faire un tour au marché de la place Flagey et revenons avec la première rhubarbe de la saison. Et une tarte pour le goûter, une!

Bonne semaine à tous.

samedi 9 mai 2015

La revue de presse du week-end #21




[ANIMAUX]  Un adorable renard domestique nommé Rylai, qui a même son compte Instagram! (Tout le monde en choeur avec moi: "Awwwwwwwwww!")

[CULTURE] Les artistes à poil: l'illustratrice Muriel Douru résume assez bien le problème de l'érosion constante des droits d'auteur.

[CULTURE]  Le manifeste d'un lecteur. (En anglais)

[EDUCATION] Comment élever vos enfants pour qu'ils deviennent des gens bienveillants et soucieux des autres? (En anglais)

[SOCIETE] A Mexico, on peut désormais changer de sexe pour l'état civil sans aucune expertise médicale et autant de fois qu'on le désire.

[SOCIETE] A Lille, les ex-SDF relogent les SDF.

vendredi 8 mai 2015

"PopCo"


Alice Butler, ex-créatrice de mots croisés, travaille désormais comme créatrice chez PopCo, le 3ème plus grand fabricant de jouets mondial. C'est une jeune femme solitaire et résolument anti-modes, qui évite ses collègues jusqu'au jour où tous sont conviés à un séminaire dans un somptueux manoir perdu au milieu des landes anglaises. Tandis qu'Alice travaille sur un projet hyper-secret visant à inventer le produit ultime pour le marché des adolescentes, elle commence à recevoir des messages codés qui font ressurgir ses souvenirs d'enfance. Son grand-père, cryptanalyste génial, avait trouvé la clé d'une énigme irrésolue depuis des siècles et, refusant de la dévoiler au grand public, en avait gravé la solution sur un collier qu'Alice porte autour du cou depuis l'âge de dix ans...

Autant vous prévenir tout de suite: je suis fan de Scarlett Thomas. J'ai lu tous ses romans à l'exception de la trilogie Lily Pascale, et si j'ai refermé la plupart d'entre eux avec un sentiment de grande frustration, je les ai tous trouvés intelligents et provocants, voire carrément brillants. Pour une raison que je m'explique mal, "PopCo", paru en 2004, avait jusqu'ici échappé à mon attention - une lacune à laquelle une visite chez Pêle-Mêle s'est chargée de remédier. Hourra pour les bouquineries! Car j'ai adoré "PopCo", bien plus encore que "The end of Mr. Y"

Il faut dire que même s'il n'est pas exempt de défauts, il cumule un nombre incroyable d'éléments qui ne pouvaient que me plaire. Les récits parallèles dans le présent adulte d'Alice et dans son enfance d'orpheline entourée de mystères. La place centrale de la cryptographie dans l'intrigue. L'héroïne en retrait de ses pairs, qui peine à s'intégrer du temps de son adolescence et finit par en faire un choix de vie. Le manifeste anti-capitaliste et pro-veganisme féroce, qui pouvait sembler naïf voire vaguement illuminé quand le livre a été écrit, mais qui prend des allures prophétiques aujourd'hui. La révolution proposée à la fin, que je ne veux pas spoiler mais à laquelle j'adhère totalement. Je trouve d'ailleurs qu'il y aurait matière à écrire, non pas une suite directe avec Alice comme héroïne (son histoire personnelle trouve une conclusion très satisfaisante, pour une fois!), mais un roman qui exploiterait cette idée à fond.

Alors, bon, c'est vrai qu'il ne se passe pas grand-chose: "PopCo" n'est pas un roman d'action et encore moins un thriller, comme la quatrième de couverture pourrait le laisser penser, mais plutôt un roman initiatique durant lequel on voit se former l'identité d'une jeune femme un peu à part et éclore ce qui deviendra sa philosophie de vie. Je pense que ça pourrait rebuter pas mal de lecteurs potentiels. Moi, ça m'a captivée d'un bout à l'autre. 

jeudi 7 mai 2015

"Histoire d'un couple"


Parce que Séoul est trop chère, trop polluée, trop bruyante, le dessinateur Yeon-Sik et sa jeune épouse décident de s'installer à une heure de la capitale sud-coréenne, dans une maison délabrée au pied de la montagne. Au début, ils sont émerveillés par la proximité de la nature (même si des bruits étranges les tiennent parfois éveillés nuit). Puis arrive le premier hiver glacial. Le chauffage au fioul coûte trop cher; il faudrait investir dans un poêle à charbon. Et aussi une voiture, pour ne pas perdre toute la journée chaque fois qu'il y a un déplacement à faire. Mais les travaux de commande de Yeon-Sik ne lui rapportent qu'une maigre pitance et il ne veut pas que So-Mi se préoccupe de l'argent, préférant qu'elle se consacre à ses projets personnels. Le couple a de plus en plus de mal à acheter de la nourriture et payer ses factures. Bientôt, on lui coupe même le téléphone et l'indispensable accès internet...

Cet énorme manhwa autobiographique (plus de 550 pages!) raconte comment l'auteur et sa femme ont, durant presque deux ans, tenté l'aventure de l'auto-subsistance et vécu dans des conditions extrêmement difficiles. Si So-Mi s'accommode assez bien de leur isolement, adore jardiner et garde toujours le moral, Yeon-Sik est rongé par son travail peu épanouissant et très mal payé, ainsi que par ses rapports avec son éditrice qui lui impose toujours des modifications à n'en plus finir. Son caractère colérique menace de lui faire péter les plombs chaque fois que des randonneurs viennent se garer sur son terrain ou y jettent des ordures. Il finira d'ailleurs par en tomber malade. Heureusement, malgré quelques disputes inévitables, le couple est solide et ressortira de cette épreuve plus soudé que jamais, plus conscient aussi du vrai sens de la vie. Malgré un graphisme un peu trop naïf à mon goût (surtout dans les visages des personnages), j'ai été très touchée par ce manhwa

mercredi 6 mai 2015

Partout et en tout




Un réveil en douceur, avec le soleil.
Les dernières fraises de la barquette, avec le fond du pot de Câlin, en guise de petit-déjeuner.
Les photos du jour de l'Everyday Life Challenge que je regarde apparaître sur Instagram avec une curiosité toujours renouvelée.
L'éditrice qui veut déjà me préparer les contrats et me verser la moitié des à-valoir sur des bouquins à rendre en novembre 2015 et avril 2016.
Le rasoir qui glisse tout seul sur mes mollets grâce au D'Fluff.
La robe en coton Emily and Fin absolument parfaite trouvée en soldes sur Asos.
Le bracelet si léger qui ne me quitte déjà plus et qui fait très bien son boulot. 
La température idéale, avec juste un poil de vent - j'aime tant le mois de mai!
L'explosion des coquelicots sur le bord de la route de campagne que suit mon bus. 
Les sandales Lune et L'autre multicolores que je convoitais, et qui sont toujours disponibles dans ma pointure chez California. 
Le manhwa repéré le mois dernier chez Contrebandes, épuisé partout ailleurs, et toujours blotti au chaud dans le rayon quand je viens le chercher. 
L'accent ensoleillé de Paola quand je lui demande "un bouquin marrant pour un petit garçon".
L'immense sourire de Marco qui vient me claquer deux bises, me conseiller un Frascati bien frais pour aller avec mon plat et m'expliquer l'épopée hebdomadaire de son livreur de mozzarella. 
Les spaghetti au peccorino et au poivre, une pure tuerie que je pourrais manger tous les jours jusqu'à la fin de ma vie sans jamais m'en lasser. 
Ce déjeuner en terrasse sous les arbres du petit cours Lafayette, un moment juste parfait. 
Jade du Candyliciou Spa qui me reconnaît et m'appelle par mon nom (dommage qu'elle soit overbookée cet après-midi!)
Le serveur du Chantilly, aimable pour une fois. 
Le confort des banquettes en velours vert pour lire 400 pages de bédé d'un trait.
Le moment passé à la Théière avec Kiki et sa fille, à philosopher sur le temps qui passe et sur ce qui est grave ou pas, à m'émerveiller sur cette gamine géniale que j'ai vue naître et devenir une presque femme.
La mini-expédition chez Charlemagne: partie acheter une souris correctrice, je ressors avec en plus un rouleau de masking tape, un stylo-gel blanc, un bloc de Post-It fantaisie et deux carnets (dont un pour offrir, quand même). 
Le constat que je suis super bien à Toulon toute seule, que je suis super bien à Bruxelles avec Chouchou, et que c'est quand même vraiment chouette d'avoir les deux. 
Le parfum lourd de mes sublimes pivoines framboise en train de se faner, si touchantes avec leurs pétales tremblants qui menacent de se détacher d'un instant à l'autre. 
Le coucher de soleil qui teinte l'horizon de rose; chaque fois que je lève la tête de mon ordinateur, c'est un spectacle nouveau, un spectacle unique qui n'a lieu qu'ici et maintenant. 
Le bonheur est partout et en tout. 

mardi 5 mai 2015

"Carnets de thèse"


Jeanne Dargan a 27 ans, elle est prof de collège en ZEP et franchement, elle n'en peut plus. Alors, même si on lui a refusé un financement, elle décide de se lancer dans une thèse sur "Le motif labyrinthique dans la parabole de la loi du Procès de Kafka". Pleine d'enthousiasme, elle décrète qu'elle bouclera son travail en trois ans jour pour jour, et que son compagnon Loïc et elle seront le couple sur trois qui n'explose pas en vol pendant que l'un des deux partenaires est doctorant. 

Puis la secrétaire met un maximum de mauvaise volonté à traiter son dossier; on lui refile des cours sur une matière qu'elle ne maîtrise pas; l'université refuse de la payer; sa famille la prend pour une grosse glandeuse et son directeur de thèse ne répond pas à ses mails. Après des mois de procrastination pure, Jeanne se décide enfin à se mettre au travail. Elle case 64 heures de recherche par semaine à côté de son boulot à mi-temps, ne parle plus que de sa thèse, ne rêve plus que de sa thèse - mais passe tellement de temps à modifier son intitulé et son plan que deux ans plus tard, elle n'a toujours pas entamé la rédaction...

Autrefois, Tiphaine Rivière a tenté une thèse de littérature, et lâché l'affaire au bout de trois ans pour ouvrir un blog illustré: "Le bureau 14 de la Sorbonne" (sur lequel vous pouvez lire les premières pages de sa bédé). Elle sait donc très bien de quoi elle parle, et ses "Carnets de thèse" sentent le vécu à plein nez. Bien que raconté avec beaucoup d'humour, ce parcours de la combattante a quelque chose d'effrayant, non seulement à cause des obstacles administratifs rencontrés par Jeanne, mais surtout à cause de l'enfermement, du repli sur soi, du doute perpétuel auxquels la condamne son travail - tout ça pour, à la sortie, des débouchés plus que discutables dans sa branche. "Carnets de thèse" aurait pu s'appeler "Récit d'une aliénation volontaire". Malgré son ton léger et le plaisir que j'ai pris à le lire, sa fin me laisse sur un vague sentiment de gâchis humain.

lundi 4 mai 2015

31 petits luxes dans lesquels je ne regrette jamais d'avoir investi




1. Un long week-end en amoureux dans une capitale européenne
2. Une séance de papouillage avec un masseur vraiment doué
3. Une nouvelle robe de couleur gaie et de coupe flatteuse
4. Un changement de tête chez un bon coiffeur
5. Un rouge à lèvres qui me donne de l'éclat
6. Une petite descente chez mon libraire préféré
7. Un pull très doux - un pull-doudou
8. Un super shampoing qui fait couiner mes cheveux de propreté
9. Un cocktail entre amies dans un endroit chic
10. Une oeuvre d'art pour laquelle j'ai eu un vrai gros coup de coeur
11. Un manteau en laine cintré qui me fait une silhouette féminine même au coeur de l'hiver
12. Un thé vert précieux, un peu cher mais d'une finesse à tomber à la renverse
13. Un tatouage mûrement réfléchi
14. Une barquette de gariguettes
15. Un afternoon tea dans un beau salon de thé londonien
16. Des chaussures qui me donnent envie de marcher tête baissée pour admirer mes pieds
17. Un matelas de qualité, ferme juste comme il faut
18. Une caisse de délicieux champagne pendant qu'il est en promo
19. Un repas de traiteur asiatique les soirs où l'univers m'a mis des bâtons dans les roues
20. Un bouquet de fleurs fraîches, surtout si ce sont des pivoines, des renoncules ou des tulipes
21. Un canapé-lit confortable
22. Un collant original qui me pousse à exhiber mes gambettes
23. Une poêle idéale pour préparer des repas légers et gourmands à la fois (...ou juste des crêpes)
24. Un brunch délicieux
25. Des lunettes (de vue ou de soleil) qui ont de la personnalité
26. Un billet de train en première classe quand c'est à peine plus cher que la seconde 
27. Un soutien à un chouette projet de crowdfunding
28. Un Mac plutôt qu'un PC
29. Un chocolat chaud à l'ancienne
30. Une climatisation réversible
31. Une relation de couple qui me fait vivre entre deux pays

Et vous, quelles sont les dépenses que vous faites sans hésiter (si vous avez les sous)?

dimanche 3 mai 2015

Les brèves de la semaine #18




- Dimanche soir en finissant mon sport, je remarque que j'ai une petite boule dure et un peu douloureuse à l'arrière du cou, sur le côté droit. Je passe les trois jours suivants à organiser mentalement mes obsèques. Verdict de Gentil Généraliste chez qui je cours mercredi, dès le lendemain de mon arrivée à Monpatelin: "C'est une inflammation pilo-sébacée". "...Vous voulez dire, une touffe de cheveux incarnée?" "Plus ou moins, oui." Heureusement que le ridicule ne tue pas.

- La mauvaise nouvelle, c'est que même si Gentil Généraliste veut bien me prescrire une prise de sang pour vérifier que je ne fais pas d'hypothyroïdie, il pense que mon incapacité à perdre du poids est due d'une part à l'âge, d'autre part au fait que je ne fais pas le bon type d'exercice: passé 40 ans, apparemment, il serait plus judicieux de pratiquer des activités d'endurance, genre nager, pédaler ou marcher pendant 3h à un rythme soutenu, si possible dans des pentes. Je sens que je vais les garder, ces kilos en trop. 

- Les premières pivoines de la saison ont une couleur framboise sublime  et un parfum presque assez fort pour couvrir l'odeur de peinture qui, un mois après la réfection des parties communes de ma résidence, flotte encore jusque dans les moindres recoins de mon appartement. J'aime ma fleuriste.

- L'avantage d'avoir gagné nettement moins en 2014 qu'en 2013, c'est que je vais aussi payer nettement moins d'impôts sur le revenu en 2015. Oui, j'aurais préféré l'inverse, mais je tente de voir le verre à moitié plein.

- Vers la fin de "PopCo" de Scarlett Thomas, acheté chez Pêle-Mêle, je trouve un boarding pass au nom de Luke M. pour un vol Bruxelles-Copenhague en date du 4 janvier. De quelle année? Mystère. Mais de toute évidence, Luke M. et moi avons pas mal de goûts en commun.

- Mercredi soir, je teste "6 weeks 6 pack", le programme ciblé abdos de Jillian. Jeudi, je ne peux pas éternuer sans frémir de douleur, et en guise de séance de fitness, je passe une grosse demi-heure à courir en rond sur le tapis de mon bureau en m'interrompant toutes les 3 minutes pour caser un intervalle de jumping jacks, de jabs/crosses ou de fast feet. J'espère qu'il n'y a pas de caméra cachée chez moi.

- L'ami menuisier qui va refaire l'escalier de ma mezzanine passe chercher son acompte. On bavarde un peu, et il mentionne que mon-ex-ce-chacal-jaune souffre d'un rétrécissement de la colonne vertébrale, qu'il est sous traitement pour contrôler la douleur, et que ça ne fera qu'empirer au fil du temps. Je pensais que ma Connasse Intérieure se dirait "Bien fait pour lui", mais même pas: mon Moi Vaguement Civilisé ne souhaite à personne de vivre dans une souffrance perpétuelle.

- J'avais dit que je ne commanderais plus de T-shirts sur Qwertee parce que j'étais déçue par la coupe et la qualité, mais ce Cthulhu façon Hokusai... je craque.

- Samedi midi, je teste le nouveau Bagel Corner de Toulon avec Kiki et Choupie: les recettes sont relativement basiques par rapport à ce qu'on peut trouver chez APDM à Bruxelles, mais il y a un bon choix de pains, le coleslaw est l'un des meilleurs que j'ai jamais mangés et on me signale que la croûte du cheesecake n'est PAS en speculoos. A 8,40€ le menu Suprême, une option déjeuner sympa et pas ruineuse qui cale bien jusqu'au soir!

- Tous ces gens habillés/maquillés en rouge et noir qui se promènent avec des trompettes à la main, ces drapeaux rouge et noir qui bordent l'avenue du port, la mention "rouge et noir" sur le fronton des bus à la place de leur destination... Ou bien Jeanne Mas fait une tournée d'adieux, ou bien le RCT joue à Mayol ce soir.

- C'était sans doute un poil prématuré de donner rendez-vous à Gaby et Seb sur la plage pour boire l'apéro: malgré le soleil, il y a beaucoup de vent... Tant pis: j'aime bien mon Swimming Pool (essentiellement choisi pour sa couleur bleu-vert); la petite Raphaëlle est monstre mignonne, et nous avons même un invité surprise en la personne de Fred, l'homme aux 232 Kickstarter financés. Où était cet abécédaire Cthulhu quand j'apprenais à lire, bon sang?

Bonne semaine à tous.

samedi 2 mai 2015

La revue de presse du week-end #20



[DEVELOPPEMENT DURABLE] Barack Obama s'énerve à propos du réchauffement climatique - ou comment utiliser l'humour pour faire passer un message ultra-important. (En anglais)

[ECONOMIE] Une fois de plus, l'Islande accouche d'une idée révolutionnaire pour contrer la crise.

[FEEL GOOD] Selon le même principe que les "cafés suspendus", une pizzeria où on peut payer avec un Post-It.

[FEEL GOOD] Un jeune Brésilien pauvre étudie avec des livres trouvés dans une décharge et est reçu premier aux examens d'entrée de son école.

[FEMINISME] Dans une vidéo hilarante Tina Fey, Julia-Louis Dreyfus et Patricia Arquette se moquent de la "date limite de baisabilité" des actrices à Hollywood. (En anglais)

[SOCIETE] Une illustration frappante du recul social qu'a connu l'Iran depuis les années 70, et un rappel qu'il faut continuer à défendre tous nos acquis sociaux pour ne pas risquer un retour en arrière aussi spectaculaire...