mardi 17 février 2015

Où le livre que je reçois contient non pas une, mais deux surprises


C'est rare que j'achète mes livres d'occasion. Un peu parce que j'ai envie de soutenir le secteur de l'édition, qui me fait vivre depuis 20 ans, et beaucoup parce que je suis hyper maniaque sur l'état de mes affaires. Mais parfois, je me laisse tenter par des exemplaires de seconde main d'ouvrages difficiles à trouver, ou un peu chers en grand format et pas encore parus en poche. 

Ainsi, il y a une quinzaine de jours, j'ai commandé un bouquin de Jillian Michaels aux Etats-Unis, chez Yankee Clipper Books - un exemplaire d'occasion classé "Très Bon Etat". Il est arrivé dans ma boîte à lettres hier, et la première chose que j'ai remarquée en ouvrant l'enveloppe, c'est que quelque chose était glissé entre les pages du livre. Une carte d'anniversaire. 




Devant: "Deux mecs de ton âge vont faire la tournée des bars à 22h un samedi. L'un boit 6 bières et l'autre, 3 bières et 2 whiskys. Lequel des deux est bourré le premier?" A l'intérieur: "Question piège: personne de ton âge ne sort plus faire la fête après 22h. Joyeux anniversaire". Et un petit mot à la main: "Cher George, pour tes 37 ans, bisous, tante Marilyn". 

J'étais encore en train de glousser en feuilletant le reste du livre quand, sur la page de garde, j'ai aperçu un gros autocollant avec un gribouillis au marqueur noir. Agacée, j'ai attaqué un coin avec le pouce pour essayer de le décoller proprement quand soudain, j'ai percuté. 




Un exemplaire signé! Offert en 2011 par une tante bien intentionnée à son neveu dont elle ne connaissait visiblement pas trop les goûts, et qui quatre ans plus tard avait trouvé son chemin jusqu'à moi. Je me suis sentie chanceuse. Puis j'ai remarqué que Jillian signait son prénom comme je signe le mien: une énorme boucle dans la moitié supérieure de la première lettre, suivie par une ondulation indéchiffrable qui meurt sur le papier sans autre forme de procès. La ressemblance est vraiment frappante, et ça m'a fait sourire. Je me suis demandé si, elle aussi, elle signait son nom de famille de manière beaucoup plus agressive, en le soulignant d'un trait appuyé vers l'avant...

Bref, hier, je n'ai pas eu à chercher bien loin pour trouver quoi mettre dans mon bocal à bonheurs quotidiens!

lundi 16 février 2015

"Orange"


Un matin, alors qu'elle se rend au lycée où elle est en première, Naho reçoit une drôle de lettre: une lettre du futur! Rongée par le remords, la jeune femme qu'elle est devenue dix ans plus tard souhaite aider celle qu'elle était autrefois à ne pas commettre les mêmes erreurs. Aussi, elle a décrit dans un long courrier les événements qui vont se dérouler dans la vie de Naho lors des prochains mois, et indiqué à cette dernière comment elle doit se comporter vis-à-vis de Kakeru, le nouvel élève qui ne la laisse pas indifférente... 

Sauf titres exceptionnels de par leur qualité (je pense notamment aux séries "Nana" ou "Le sablier"), le shôjo, ce n'est pas franchement ma tasse de sencha - je suis bien trop vieille et pas assez romantique! Pour m'accrocher, il faut un petit quelque chose en plus: l'approche culinaire, comme dans "Un amour de bentô", ou... une uchronie personnelle, comme dans "Orange". 

Si l'action se déroule principalement dans le présent de l'héroïne, quelques scènes espacées nous montrent la Naho de 26 ans et nous permettent assez vite de comprendre le drame qu'elle cherche à éviter. Le suspense ne se situe pas là: il réside dans les changements que la Naho de 16 ans parvient à provoquer malgré sa timidité et son manque d'assurance. Pourra-t-elle détourner le cours tragique des événements? Et si oui, que deviendra son alter ego plus âgé? 

Au début du tome 1 de "Orange", Ichogo Takano s'excuse de ne pas savoir dessiner. Ce n'est qu'un effet de l'humilité ahurissante des Japonais: à défaut d'originalité, son trait est plein de charme et de délicatesse. Une formule qui pourrait aussi s'appliquer à son héroïne. Les manga sont pleins de ces adolescentes rongées par le doute, incapables de croire qu'un garçon puisse s'intéresser à elles et encore plus de prendre la moindre initiative en amour. Mais du coup, il est intéressant de voir de quelle manière la situation oblige Naho à sortir de sa zone de confort. 

Sans atteindre l'intensité dramatique de "Nana" ou même de "Le sablier" avec lesquels il possède certains thèmes communs, "Orange" m'a suffisamment plu pour que j'aie envie de savoir ce qu'il adviendra de Naho, Kakeru et leurs amis. Le tome 3 vient juste de paraître. La série est encore en cours de parution au Japon, mais annoncée comme "courte". 

dimanche 15 février 2015

Les brèves de la semaine #7




- Lundi, l'éditeur qui me doit des sous depuis le 15 janvier annonce qu'en raison de problèmes de trésorerie, il va suspendre ses parutions pendant six mois. Je crains de ne pas être payée du tout, ce qui serait un coup dur vu l'importance de la somme.

- Mardi, mon train s'arrête à Toulon avec quelques minutes de retard, et je dois piquer un cent mètres pour attraper le bus de Monpatelin. Hé bien, 30 Day Shred réussi ou pas, j'ai toujours autant l'impression que je vais crever après une vingtaine de foulées.

- Pour ne rien arranger, comme mon frigo est vide et l'heure de fermeture des magasins passée depuis longtemps quand j'arrive chez moi, je suis forcée de commander la seule chose livrable à Monpatelin: une pizza. Et pas une Quatre Saisons: une Savoie (= une tartiflette posée sur de la pâte à pain). Si Jillian me voyait...

- Mercredi après-midi, je fais les fins de soldes chez... Go Sport. Ben oui, ce sera quand même mieux si j'ai une seconde paire de baskets à laisser à Monpatelin au lieu de devoir toujours trimballer mes Skechers dans ma valise. J'achète aussi un corsaire (qui se révèlera trop serré en bas) et une brassière (qui se révèlera ne rien soutenir). Je crains qu'en matière de fringues de fitness, il ne vaille mieux mettre le prix tout de suite. Ou essayer avant de passer à la caisse, maintenant que j'y pense.

- Mercredi soir, je dîne avec Fleur, et on passe un excellent moment plein de fou-rires. Elle me dit que j'écris tellement bien qu'elle ne comprend pas que je ne sois pas devenue écrivain, et comme elle n'a pas l'adresse de ce blog, je me demande sur quoi elle se base pour affirmer ça. Les lettres qu'on s'échangeait, ados? Si je me fie au contenu de mon journal intime à la même période, ça devait être atrocement mélodramatique. J'apprécie le compliment, mais suis un peu perplexe quant à sa provenance.

- Jeudi, je reçois ma dernière commande en date de tirages Instagram. Je me suis trompée de taille: ils sont quatre fois trop grands pour ce que je veux en faire. Ce qui explique sans doute pourquoi ils étaient si chers. Damned. Mais comme je reçois aussi le paiement attendu depuis le 15 janvier, et sur lequel je craignais de devoir tirer un trait, on va dire que le bilan de la journée est très positif au final!

- Vendredi, j'apporte mes cachemires troués chez la couturière pour qu'elle les reprise. J'ai beau dépenser des fortunes en anti-mites, je retrouve régulièrement mes précieux pulls changés en gruyère emmental.

- Le soir, je me fais une séance de kickboxing spéciale "tentative de fuite". Mes boobs essayent de s'échapper de ma brassière; ma pince à cheveux lâche l'affaire une bonne dizaine de fois, et même le tapis (de déco, pas de gym) passe son temps à glisser sous mes pieds. Quand ça veut pas...

- Dimanche, j'attaque enfin le Ripped in 30. Je suis bien contente de retrouver la structure de l'interval training et de sentir à nouveau tout mon corps travailler. Et cette fois, j'ai pris des mesures avant de m'y mettre, donc je vais pouvoir quantifier la perte de gras!

Bonne semaine à tous.

samedi 14 février 2015

Un samedi pluvieux à Monpatelin




Quand j'émerge vers 10h, le monde est noyé sous la pluie, et le brouillard a englouti le Faron. 
Je pensais faire un tour en ville aujourd'hui, m'occuper du fichu détecteur de fumée, m'offrir le tome 3 de "Orange" qui vient de sortir et le lire à La Théière avec des madeleines maison. Tant pis, ça attendra mardi. 
Au fond, je ne suis pas mécontente de m'épargner encore un aller-retour en bus qui m'aurait pris presque deux heures. 
Je me prépare un You Zi Hua Cha. Ce matin, je n'oublie pas de mettre du thé dans le filtre avant de le plonger dans mon mug orné de têtes de chat - ça réveillera mieux! 
Après avoir fait mon tour habituel sur internet et grogné intérieurement à la vue des statuts Facebook consacrés à la Saint-Valentin, je finis par vaincre le niveau 829 de Candy Crush sur lequel je bloquais depuis des semaines. Moi qui aime si peu les sucreries dans la vraie vie...
Un deuxième thé, peut-être? Oui hein dis. Et une Chanteclerc coupée en quartiers en guide de petit déj' (au rayon idiosyncrasies alimentaires débiles: je me refuse à mordre dans une pomme entière).
Ranger le linge sec.
Passer le coup de fil hebdomadaire à ma mère. Point météo: il pleut aussi à Toulouse; les petits sont partis skier à Grenoble; je galère pour trouver de nouvelles lunettes.
Oh, une éclaircie! Vite, filons au village. J'aime tellement faire mes courses chez les petits commerçants qui me connaissent tous... En plus, c'est mon jour de chance: le Point Presse a reçu le Flow français! Un tour au Carrefour Market. La bonne boulangerie n'a plus de mouna, mais une brioche à la fleur d'oranger, ce sera très bien aussi. N'oublions pas de reprendre des bananes et des coeur-de-boeuf chez mon primeur.
Je pourrais glander tout le reste de la journée. Sur le principe, l'idée est tentante. Dans la pratique, j'aurais l'impression de perdre mon temps. Donc...
Ecrire des billets d'avance pour le blog (mais toujours pas celui que je procrastine depuis, genre, un mois).
Partager des anecdotes de boulot mémorables avec des collègues, sur Facebook; expliquer comment on m'a par deux fois refusé le statut de directrice de collection, ou comment la traduction de "Harry Potter" m'est passée sous le nez; m'apercevoir que tous les acteurs du milieu de la SFFF âgés de plus de 40 ans se sont fait enfler au moins une fois dans leur vie par une figure tutélaire que nous nommerons Maître J.; lire les anecdotes des autres et constater que - sire, on en a gros!
Préparer une quiche aux épinards et à la feta (une pâte feuilletée, deux oeufs, deux grosses cuillères à soupe de fromage blanc, 300 à 400 g d'épinards hachés décongelés et essorés, la moitié d'un bloc de feta émietté, plein de poivre).
Tester la séance 2 du "KickBox FastFix". Seigneur, je DETESTE ce DVD. Je pense qu'il va finir à la poubelle dès que j'aurais fait les abdos une fois, juste pour voir. En tout cas, mes quadriceps ont salement morflé; j'anticipe des courbatures demain.
Refaire ma couleur. Un jour, j'arriverai à terminer sans avoir les oreilles orange. Un jour, mais pas aujourd'hui.
Lancer une lessive de fringues de sport. Ma production de linge sale a doublé depuis que je me suis mise au fitness. Bon pour ma santé, mauvais pour l'environnement?
Skyper avec Chouchou, qui a l'air cuit. Il s'est fourré sous mon plaid au crochet avec Granchompignon et me répète pour la troisième fois en autant de jours que la saison 2 de "Masters of sex" est vachement mieux que la première.
Découvrir le Flow français avec une tasse de chocolat chaud Whittard. Pas mal de traductions d'articles déjà parus dans la version internationale (ou, j'imagine, dans la néerlandaise), mais aussi du contenu original. Ca va être difficile de choisir.
J'aime ces journées languissantes où personne n'attend rien de moi et où je peux vivre à mon rythme. Et si, pour une fois, j'allais me coucher avant qu'il soit demain?

La revue de presse du week-end #9




[ACTUALITE] Procès de DSK: pourquoi n'appelle-t-on pas un viol un viol? se demande Ovidie.

[ART] Sergei Polunin danse sur "Take me to church" dans une vidéo dirigée par David LaChapelle, et c'est beau à couper le souffle.

[DEVELOPPEMENT PERSONNEL] Pour réussir à faire quelque chose de difficile, une solution très simple: verrouiller votre issue de secours.  C'est ce que j'ai fait, inconsciemment, pendant le 30 Day Shred! (En anglais)

[DIVERS] Le vieux monsieur australien qui tricotait des pulls pour les manchots blessés.

[SOCIETE] "Les femmes ne doivent pas..." selon les recherches Google les plus fréquentes. A part ça, le féminisme est un combat dépassé, hein.

[VOYAGE] Le road trip de deux frères au Vietnam, une vidéo de 3'30" qui donne des envies d'ailleurs.

jeudi 12 février 2015

"Le sourire des femmes"


"Le hasard n'existe pas. Aurélie, jeune propriétaire d'un restaurant parisien, en est convaincue depuis qu'un roman lui a redonné goût à la vie après un chagrin d'amour. A sa grande surprise, l'héroïne du livre lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Intriguée, elle décide d'entrer en contact avec l'auteur, un énigmatique collectionneurs de voitures anciennes qui vit reclus dans son cottage, en Angleterre. Mais l'éditeur du romancier ne va pas lui faciliter la tâche... Au sein d'un Paris pittoresque et gourmet, "Le sourire des femmes" nous offre une comédie romantique moderne, non sans un zeste de magie et d'enchantement."

Après une succession de romans très bons mais passablement déprimants, je cherchais une lecture légère et agréable, un bouquin dans lequel je me plongerais avec délices et que je refermerais sourire aux lèvres. Auréolé d'un Prix des Lecteurs, "Le sourire des femmes" semblait remplir parfaitement mon cahier des charges. Et au début, je l'ai adoré sans réserve pour une multitude de raisons. D'abord, le style fluide, ni trop précieux ni trop familier, aux antipodes de ce que j'appelle "l'écriture Cosmo" - un ramassis de clichés sur la féminité et les rapports entre les deux sexes, assenés avec une fausse connivence qui m'est insupportable. Ici, rien de tel. L'auteur ne prend pas sa lectrice pour une pintade, et il émaille sa narration de références  culturelles judicieusement choisies. Premier bon point pour lui. Ensuite, il sait exploiter l'atmosphère romanesque bien qu'un peu déprimante de Paris en novembre pour mettre en scène une héroïne qui inspire immédiatement la sympathie: elle vient de perdre son père, son mec la plaque comme un parfait goujat, sa meilleure amie adepte de la bienveillance dure la bouscule inutilement... Mais comment ne pas aimer une fille qui flashe sur un parapluie à pois ou un manteau rouge et collectionne les pensées sous forme de petits papiers épinglés aux murs de sa chambre? Enfin, la peinture du milieu de l'édition, pleine d'humour et de tendresse, m'a rappelé combien j'étais chanceuse de travailler dans ce secteur.

J'étais donc prête à faire une critique dithyrambique de ce roman, et puis... mon enthousiasme est quelque peu retombé en chemin, au fur et à mesure que l'intrigue devenait prévisible jusque dans ses moindres détails et que la prometteuse Aurélie se comportait de manière de plus en plus sotte. J'ai regretté que le filon culinaire ne soit pas exploité davantage malgré la présence de quelques recettes en fin de livre, et que l'imbroglio amoureux occulte tous les autres à-côtés alléchants qui auraient pu étoffer l'histoire. J'ai quand même terminé ma lecture très vite, et elle a été agréable dans l'ensemble, mais j'avoue que j'espérais mieux au départ.

mercredi 11 février 2015

J'ai testé: Jillian Michaels' Cardio Kickbox


Après une journée de pause bien méritée suite à la fin du 30 Day Shred, et en attendant l'arrivée des DVD que j'ai commandés (Ripped in 30, KickBox FastFix et Yoga Inferno), aujourd'hui, j'ai testé une séance de pur cardio inspirée du kickboxing, sport que j'ai pratiqué pour de vrai il y a... euh, plus d'une vingtaine d'années. 

Ce Kickbox Workout dure 25 minutes en tout. Pas besoin d'haltères ni de tapis de gym, juste d'une tenue de sport et d'un peu plus de place que pour le 30 Day Shred. Les exercices sont ultra-simples: coups de pied, coups de genou, coups de poing, plus sauts de corde et jumping jacks. Ils ne nécessitent aucune explication; aussi s'enchaînent-il à toute allure, en revenant plusieurs fois chacun. Ca donne une séance super défoulatoire, mais sans doute pas passionnante à refaire des tas de fois d'affilée. De toute façon, comme elle ne permet pas de travail musculaire en profondeur, j'imagine que la meilleure façon de l'employer, c'est en alternance avec d'autres vidéos. 

J'ai tout de même eu l'énorme satisfaction de tenir sans aucun problème la série 30 sauts de corde/30 jumping jacks ultra-rapides qui m'aurait tuée au début du 30 Day Shred, surtout arrivant en toute fin de séance. Alors que Jillian semblait à bout de forces pendant le cooldown, je me sentais à peine essoufflée, et j'avais transpiré beaucoup moins que pendant les séances du shred. Au final, j'ai surtout eu l'impression de jouer les lapins Duracell sous amphétamines, mais pour ce qui est de travailler vraiment... bof. Je ne reviendrai vers cette séance que si je ne me sens pas d'attaque pour du plus lourd un jour donné, histoire de faire quand même quelque chose. 


 

"Demokratia T1"


"Fruit de l'émulation entre Taku Maezawa, élève en ingénierie, et Hisashi Iguma, spécialiste en robotique, le concept de Demokratia semble révolutionnaire: 3 000 personnes recrutées au hasard sur le web décideront à la majorité via un réseau social des faits et gestes de Mai. Ce robot d'apparence féminine pourrait ainsi devenir le creuset d'un savoir collectif, la convergence de 3 000 intelligences. Mais l'expérience pourrait aussi révéler qu'à l'épreuve du monde réel, démocratie n'est pas toujours synonyme de raison..."

Il y a 3 ans, Motorô Mase me captivait avec "Ikigami: préavis de mort", thriller social noir et passionnant. Il revient aujourd'hui avec une nouvelle série au thème tout aussi provocant et au traitement non moins dérangeant: "Demokratia". J'ai toujours pensé que la démocratie était une fausse bonne idée: pourquoi la majorité ferait-elle nécessairement des choix éclairés? L'auteur semble partager mon point de vue. Dès ce tome de mise en place, nous voyons des gens ordinaires piloter un robot humanoïde avec les meilleures intentions du monde, mais d'une façon souvent discutable - chacun d'eux basant ses décisions sur des expériences personnelles qui affectent son jugement. Sans le vouloir, ils vont exercer une influence catastrophique sur un jeune désaxé, personnage malchanceux broyé par une enfance difficile et par les conventions sociales. Loin de la structure répétitive d'"Ikigami", je suis assez curieuse de voir où l'auteur compte emmener son histoire cette fois.

mardi 10 février 2015

Bienveillance douce, bienveillance dure




Quand vous allez mal, à quel genre d'ami(e) vous adressez-vous, et qu'attendez-vous de lui ou d'elle? Probablement une épaule compatissante, une écoute attentive, des paroles de réconfort. 
Ce que j'appelle de la "bienveillance douce". 
Or, moi, face à quelqu'un qui souffre, j'ai plutôt tendance à chercher des solutions à son problème, à l'encourager à se bouger pour s'en sortir au plus vite, à le pousser à l'arrière-train en lui certifiant qu'il peut le faire, bien sûr qu'il peut le faire!
Ce que j'appelle de la "bienveillance dure".
Je ne parle pas des grandes tragédies de la vie, des maladies graves, des décès: il est hélas des soucis contre lesquels on ne peut rien, même avec la meilleure volonté du monde. Face à ceux-là, je tâche juste d'être présente, de dire "Je ne sais pas quoi dire, mais je suis là". 
Mais pour tout le reste? Mes réserves de compassion sont ultra-limitées, et plus je vieillis, plus elles s'amenuisent. A ce stade de mon existence, j'ai vu trop de choses pour ne pas savoir faire la distinction entre vrais et faux problèmes. Or, de toutes les choses dont mon entourage et moi nous plaignons régulièrement, 95% relèvent de la seconde catégorie. Ce sont juste des irritations passagères dont nous ne souviendrons même pas d'ici l'année prochaine. 
"Quand même. Et les chagrins d'amour?", objectait une amie le week-end dernier. Oui, je sais, ça fait super mal. Sur le coup, on croit qu'on va en crever. Mais après un divorce et un dépacsage, je suis bien placée pour savoir qu'on survit (et que souvent, on est plus heureux après). La rupture, c'est l'équivalent affectif du calcul rénal: une souffrance aussi abominable que bénigne. Si ça n'a pas marché avec cette personne, vous êtes mieux sans elle; plus vite vous la laisserez derrière vous, plus vite vous retrouverez le bonheur seul ou avec quelqu'un d'autre. En tout cas, tel est le message que vous recevrez de ma part. Et je peux concevoir que vous n'ayez pas envie de l'entendre, que vous préfériez qu'on vous murmure des paroles de sympathie, qu'on ne vous bouscule pas à un moment où vous vous sentez fragile. 
Mais pour ma part... Un point de vue qui relativise. L'énoncé de vos capacités. Une vision de votre avenir quand vous aurez repris du poil de la bête. Une poussée, un élan. C'est tout ce que j'ai à vous offrir. 

lundi 9 février 2015

J'ai testé: le 30 Day Shred - level 3 et bilan




Pour savoir en quoi consiste le 30 Day Shred et quelles sont les raisons qui m'ont poussée à me lancer là-dedans, cliquez ici
Pour lire mon compte-rendu du niveau 1, cliquez ici
Pour lire mon compte-rendu du niveau 2, cliquez ici

Jour 21 (69,5 kgs; 16h45): Comment reprendre en 48h de repas à l'extérieur tout le poids péniblement perdu en 3 semaines de Shred! Je suis un poil dégoûtée, mais j'ai bon espoir que ça va re-fondre très vite. Le niveau 3 est plein de sauts (que je déteste), ainsi que de pompes et de planches améliorées (qui me donnent beaucoup, beaucoup de mal). La frontière entre les exercices se brouille: la muscu fait aussi bosser les abdos, le cardio fait aussi bosser les muscles... Les circuits 1 et 3 sont abominables, le 2 est juste horrible. Adieu, monde cruel. 

Jour 22 (68,3 kgs; 15h): J'ai un peu révisé mon jugement depuis hier. Le circuit 2 se révèle presque faisable aujourd'hui, mais le 3 semble encore plus affreux. La partie muscu a clairement été conçue par une psychopathe. Et pendant la partie cardio, je vois de grosses gouttes de sueur tomber de mon menton et s'écraser sur le tapis en dessous de moi avec la régularité d'un métronome. Miam. 

Jour 23 (67,9 kgs; 17h30): Couchée hier à 22h30, levée ce matin à 9h et toujours crevée. Aujourd'hui, j'arrive à faire le circuit 1 comme Natalie; le 2 me semble presque facile, mais le 3 est toujours aussi dur même en suivant Anita. Mes rock star jumps ressemblent à des sautillements de nonagénaire fan de Chopin. 

Jour 24 (67,9 kgs; 18h): Je teste mes nouvelles chaussures de fitness. Bilan: un peu mal à la voûte plantaire (mais comme ce sont des semelles à mémoire de forme, j'imagine que ça s'arrangera au fil du temps); par contre, mes genoux et surtout mes chevilles préfèrent nettement. Désormais, je passe la muscu du circuit 1 #likeaboss, et j'arrive même à faire le début de la muscu du 3 comme Natalie. 

Jour 25 (68,5 kgs; 17h): Ce matin je me suis pesée 3 fois à 3 endroits différents de ma salle de bain parce que le premier résultat me paraissait bizarre, et j'ai obtenu 3 résultats complètement incohérents, entre 70,2 et 60,7 kilos! Donc, je vais jeter ma balance bruxelloise, et attendre le lendemain de la fin du shred pour voir ce que dit ma balance toulonnaise. Pour le prochain programme, je serai moins stupide et je prendrai photos et mesures avant de commencer! Rien à signaler au niveau de la séance du jour, sinon que c'est devenu une routine quotidienne dans le bon sens du terme. 

Jour 26 (68,6 kgs; 16h30): Je fais ma séance plus tôt que prévu parce que je suis super énervée et que c'est ça ou péter les plombs. Du coup je ne suis pas trop concentrée sur mes mouvements. Et aussi, je commence à m'ennuyer. Dix répétitions de chaque séance, c'est un peu beaucoup. J'ai hâte de passer au Ripped, où on ne fait chaque niveau que 6 fois. Par ailleurs, l'articulation de mon épaule droite me fait mal depuis plusieurs jours, et j'espère qu'elle ne va pas me lâcher pendant un des nombreux exercices de planche/pompage. Le mountain climbing remporte haut la main la palme du mouvement le plus haï de ce niveau. 

Jour 27 (68,3 kgs; 13h30): Comme je me sens moins fatiguée que pendant le niveau 2, je prends le risque de faire ma séance durant ma pause déjeuner. Et si je rame un peu l'après-midi, c'est surtout parce que c'est vendredi et que la semaine a été moralement éprouvante. 

Jour 28 (68,3 kgs; 15h30): En fait, la clé, c'est le souffle. Si on le laisse prendre le rythme des exercices, ça coupe les jambes. Si on se concentre pour lui imposer lenteur et profondeur, tout devient plus facile, et pas seulement le cardio. Aujourd'hui, pour la première fois, je fais les derniers abdos (le relevé de hanches sur le côté) comme Natalie. C'est un mouvement que je n'avais jamais réussi au Pilates, du coup, je m'étais calée d'emblée sur Anita sans essayer plus. Mais ça va maintenant! 

Jour 29 (68,0 kgs; 11h45): Le fitness une heure après un gros petit-déj, c'est pas l'idéal, mais je n'avais que ce moment dans la journée pour le faire. J'ai tellement hâte d'être à demain et d'en avoir fini avec ce programme! L'après-midi, devant sortir, je mets une robe achetée en soldes début janvier et qui était alors un poil juste: il n'y a plus qu'au niveau des bras que ça coince encore un peu, hourra! J'utilise l'impédancemètre de Chouchou pour mesurer mon taux de gras: 35,6%. En novembre 2013, avant de m'inscrire à la salle de sport et alors que je pesais quatre kilos de moins qu'au début du shred, j'étais à 42%. C'est encourageant de voir que si mon poids baisse peu, ma silhouette se transforme réellement!

Jour 30 (68,4 kgs; 12h45): Les seuls exercices que je fais encore comme Anita, c'est la muscu du niveau 3 - et encore, pour les relevés bras/jambes, j'arrive à suivre Natalie une série sur les deux. Quand j'ai fini, je me sens aussi euphorique qu'après avoir mis le point final à une trad qui m'en a fait baver pendant des semaines ou des mois.

Mes impressions au final: Honnêtement, quand j'ai commencé le shred, je n'étais pas du tout sûre d'aller jusqu'au bout, et encore moins d'y arriver sans aucun jour de pause. Donc, en premier lieu, c'est une victoire sur ma fainéantise naturelle et ma haine du sport. 
La création d'un groupe Facebook qui a vite rassemblé plus d'une douzaine de personnes m'a beaucoup aidée moralement. Seule, j'y serais arrivée quand même, mais c'était chouette de comparer nos expériences, de se rendre compte qu'on avait tous les mêmes problèmes et de s'encourager les jours de petite forme physique ou morale - un peu comme si chacun bénéficiait de sa propre équipe de cheerleaders!
J'ai été surprise de me sentir aussi fatiguée durant le niveau 2, et de subir des bouleversements hormonaux fort mal venus. En revanche, j'ai très bien dormi pendant tout le mois, et j'ai pu constater que mon endurance augmentait de manière très nette; j'ai même gagné un peu de souffle, ce dont je manquais le plus à la base. 
Au vu des résultats spectaculaires annoncés sur le net, j'espérais me délester de 4 ou 5 kilos. Ma balance n'est pas très fiable, mais il est fort probable que je n'en aie perdu que 2, ce qui est un peu décevant dans l'absolu. Cependant, mon gras a pas mal fondu pour être remplacé par du muscle; du coup, il y a quand même une différence assez nette à l'oeil nu: moins de ventre, des cuisses affinées, des ailes de chauve-souris qui se résorbent. 
J'étais arrivée depuis assez longtemps à la conclusion que faire de l'exercice à la maison était le seul moyen pour que ça ne soit pas une corvée, et donc pour que je ne renonce pas très rapidement. Restait à trouver un programme qui me motive. Le 30 Day Shred m'a semblé parfait pour relancer la machine: assez difficile pour me faire vraiment bosser, mais pas au point que je me blesse ou que je sois dégoûtée. 
J'ai vraiment adoré le style de coaching de Jillian, autoritaire et positif à la fois. Comme elle a produit des tonnes d'autres vidéos de fitness, je suis hyper motivée pour poursuivre ma remise en forme avec elle. Je vais marquer un jour de pause demain; puis, de mercredi à samedi, j'essaierai quelques séances de KickBox FastFix et de Yoga Inferno. Et dimanche, j'attaquerai le Ripped in 30: 4 niveaux à répéter pendant une semaine chacun, au rythme de 6 séances + 1 jour de repos. Je vous en reparle très vite!




dimanche 8 février 2015

Les brèves de la semaine #6




- Lundi, un éditeur pour lequel je n'ai jamais travaillé me contacte afin de discuter de la reprise des droits sur deux de mes vieilles traductions qu'il "va republier en avril". Euh, pardon? Donc, là, les bouquins sont prêts à partir à l'imprimerie, et c'est seulement maintenant qu'il me demande la permission d'exploiter mon boulot? Et si je refuse, il fait quoi? 

- Dans l'avent-dernier épisode en date de "The Big Bang Theory", Penny fait du mountain climbing dans son salon. Vachement mieux que moi, la garce. Mais bon, elle ne vient sans doute pas de se taper trois minutes d'ab holds/planks et de Superman juste avant. 

- Mardi après-midi, je mange une gaufre au Drug Opera à la table voisine de celle de deux jeunes gens - un garçon arabe et une fille à la tresse blond-blanc, qui ont l'un envers l'autre cette familiarité des amis de longue date. Je ne peux m'empêcher d'entendre leur conversation: ils parlent jeux vidéo et Chevaliers du Zodiaque (notamment la version abrégée qui m'avait fait mourir de rire quand je l'ai découverte pendant l'été 2013). Quand je commence à prendre des photos d'une figurine Mon Petit Poney dans mon assiette, le garçon chuchote à la fille sur un ton amusé: "C'est mignon". En partant, ils se battent pour régler l'addition. Ca aussi, c'est mignon. 

- "House of lies", c'est vraiment devenu une grosse daube. Ca avait commencé comme une satire incisive du capitalisme; ça ne raconte désormais que l'errance morale de personnages sans cesse plus antipathiques.

- ...Et "Galavant", c'est rigolo mais pas du tout pour moi.

- Jeudi midi, je retourne au Taihon pour la première fois depuis la fin des travaux. Je ne suis emballée ni par la nouvelle cloison qui isole les deux tables situées face aux toilettes, ni par la version remastérisée des plats aux aubergines et à l'ail, plus jolis dans l'assiette mais avec des morceaux de légumes trop gros et pas assez de sauce. Espérons que c'était juste cette fois.

- Cette semaine, tout le monde semble s'être donné le mot pour essayer de me faire sortir de mes gonds, notamment cet autre client qui devait m'envoyer un gros virement le 15 janvier et qui invoque comme raison de son retard "un truc qui coince au niveau de la banque". Au fil des ans, ses excuses deviennent de moins en moins créatives; je sens bien que la magie s'amenuise entre nous. (Contrairement à ses délais de paiement, hélas.)

- Je suis totalement et irrémédiablement amoureuse de cette bague, mais je n'arrive pas à me trouver de raison valable pour l'acheter. (Non, "ça me ferait tellement plaisir" ou "elle est trooooooop belle" ne sont pas des raisons valables, du moins pas pour moi à ce stade de ma vie).

- Vendredi soir, nous profitons du bon-cadeau qui m'a été offert à l'issue du lunch dégustation Sushi Shop pour clôturer cette semaine un poil éprouvante en nous goinfrant l'intégralité des nouveautés 2015. Burps.

- Samedi soir, Chouchou me fait découvrir "Little shop of horrors", la version comédie musicale de 1986. Il a téléchargé le director's cut qui se termine sur l'invasion de la Terre par les plantes carnivores venues de l'espace. Beaucoup plus fun, apparemment, que la version qui a été montrée en salles!

- Dimanche matin, je déclare que j'ai envie d'un chocolat chaud avec des croissants. Chouchou brave le froid de gueux et la file d'attente à la boulangerie pour m'en rapporter. Quand il rentre avec son sac de viennoiseries, je m'aperçois qu'il n'y a plus de lait dans le frigo. *fail*

- Dimanche après-midi, j'enfile pour sortir une robe bordeaux achetée en soldes début janvier, et j'ai le plaisir de me sentir beaucoup mieux dedans que lorsque je l'ai essayée dans le magasin. J'en profite pour étrenner des Chie Mihara vert bronze dont mes copines me font plein de compliments. Je me sens super bien dans ma peau, très heureuse du travail accompli en un mois (même s'il reste encore beaucoup à faire!).

- J'en cherchais depuis des années: finalement, c'est Mlle Mars qui me donne une paire de collants de sorcière rayés rouge et blanc. Je suis tellement ravie que je reste à moitié à poil au milieu du salon de Sara pendant un bon quart d'heure histoire que tout le monde les voie bien.

Bonne semaine à tous.

samedi 7 février 2015

La revue de presse du week-end #8




[CULTURE] D'adorables illustrations pour 23 mots qui n'ont pas d'équivalent hors de leur langue d'origine (alors que les trois quarts d'entre eux me font régulièrement défaut!) (En anglais)

[CULTURE] L'armée japonaise a sculpté une fresque Star Wars géante dans de la neige!

[ECONOMIE] L'évasion fiscale, cause majeure de la crise des démocraties occidentales - un documentaire qu'il faut absolument que je regarde.

[ENVIRONNEMENT] Une vidéo hilarante sur l'inanité du débat concernant le changement climatique. (En anglais)

[HUMOUR] Pourquoi il n'y a plus de licornes.

[HUMOUR] 21 cartes de Saint-Valentin anti-conventionnelles. (En anglais)

[PHOTO] Si vous aimez les paysages nordiques et les animaux sauvages, vous devez absolument suivre le Finlandais Konsta Punkka sur Instagram

jeudi 5 février 2015

Little Miss Volcano




Ce n'est pas un secret: j'ai un tempérament volcanique. Quand les gens me gonflent, je me retiens une fois, deux fois, trois fois parce que je n'ai pas envie de les blesser et que me sachant peu diplomate, je préfère ne rien dire du tout. Et puis la quatrième fois, j'explose sans qu'ils aient rien vu venir, et je les vire avec pertes et fracas. Ce n'est sans doute pas un de mes meilleurs traits de caractère, mais comme les personnes avec qui c'est arrivé ne me manquent généralement pas, corriger ce défaut n'a jamais fait partie de mes priorités. Du moins, en ce qui concerne mes relations sociales. 

Pour le boulot, c'est autre chose. Un pétage de plombs pourrait m'être vraiment préjudiciable; aussi, le maximum que je m'autorise, ce sont des mails cinglants quand il est bien clair que les torts sont 100% du côté de mes interlocuteurs, et que le problème traîne à être résolu depuis plusieurs semaines. Je me dis que ça me vaut probablement une réputation de collaboratrice désagréable, mais que ma vie professionnelle n'est pas un concours de popularité et qu'à choisir, je préfère être vue comme une chieuse qu'on respecte plutôt que comme une gentille qu'on roule dans la farine. 

Néanmoins.

J'aimerais bien être un peu plus cool. Je déteste me mettre dans tous mes états pour des choses qui ne sont au fond pas des questions de vie ou de mort et, même quand je parviens à me mordre la langue, passer des jours à ruminer et à pester dans mon coin. Je déteste me laisser irriter à ce point par le comportement des gens qui m'entourent, y compris lorsqu'il ne m'affecte pas directement. Je voudrais être capable de juger les situations problématiques froidement, de m'en désintéresser tout de suite si elles ne me concernent pas et de les traiter de manière pondérée dans le cas contraire, puis de passer à autre chose. Ne pas agir ou agir au mieux, et classer le dossier dans la foulée. Ce serait meilleur pour ma tension. Et si je me fiche d'être considérée comme une personne dure (puisque je le suis!), je pense qu'il y a plein de cas où mes réactions sont juste improductives - un gaspillage de temps et d'énergie.

Voilà pourquoi, en début d'année, j'ai pris entre autres résolutions celle de ne pas réagir à chaud. Attendre que la rage soit passée pour décider calmement si je peux régler le problème en restant aimable, ou s'il est justifié de mettre des points sur les i et des barres aux t. Et dans le second cas, le faire de manière ferme mais froide, factuelle et non-émotionnelle. Ce n'est pas quelque chose de naturel pour moi, et ça reste souvent très difficile. Sur le plan professionnel, ça implique de pouvoir me mettre en retrait par rapport à mon sentiment d'injustice et de manque de respect, deux choses que j'ai beaucoup de mal à tolérer. Sur le plan privé, ça suppose soit une empathie dont je suis presque totalement dépourvue, soit une zénitude que je m'efforce de cultiver depuis quelque temps mais dont les graines peinent à s'enraciner dans un sol hostile. 

Je suis une adepte des solutions concrètes. Pour développer une qualité ou gommer un défaut, j'ai besoin de "trucs" pratiques à répéter jusqu'à ce qu'ils deviennent un réflexe. Cette semaine, j'ai eu deux excellentes raisons de m'énerver au boulot, et les deux fois, je me suis calmée en allant faire mon shred. Reste que les circonstances ne se prêtent pas toujours à enfiler des baskets et à dérouler un tapis de gym. Alors, je me suis dit que j'allais consulter mes lecteurs. Avez-vous des trucs concrets que vous utilisez pour garder votre sang-froid, des tactiques qui vous permettent de prendre du recul par rapport à une situation problématique et de la gérer avec détachement? Si oui, ça m'intéresse beaucoup! 

2015 daily goal tracker




Courant janvier, quand j'ai réalisé que j'avais l'intention de continuer le fitness au-delà du 30 Day Shred et d'en faire une habitude quotidienne, j'ai repensé au planning de tenue de résolutions mis au point par une de mes blogueuses préférées, dont la spécialité est justement de se fixer des objectifs et de s'y tenir. J'en ai commandé une version imprimée en letterpress, et j'ai guetté le facteur avec impatience. Il est passé hier, marmonnant qu'il y aurait... 14,89€ de frais de douanes à régler pour l'équivalent d'une feuille de Canson payée $8 à la base. J'ai dit "Oui merci mais non merci". Puis j'ai envoyé un mail à Elise, en lui expliquant que l'enveloppe lui serait retournée d'ici 15 jours et en lui demandant si elle voulait bien me renvoyer le fichier pdf permettant d'imprimer le planning soi-même (j'avais déjà reçu le fichier en question juste après ma commande, car il faisait partie du package, mais pensant que je n'en aurais pas besoin, je l'avais supprimé de ma boîte mail).




Dès qu'il a été une heure décente en Californie où elle habite, Elise m'a écrit qu'elle venait de me rembourser la partie de mon paiement correspondant au letterpress et aux frais de port, ne conservant que le prix du pdf vendu seul. Je ne m'y attendais absolument pas: après tout, elle n'avait commis aucune erreur; c'est moi qui n'avais pas pris en compte les frais de douane dans mon pays de livraison. Bref. Je l'ai remerciée chaleureusement, en me disant que les Américains sont décidément bien plus forts que nous en matière de service clients, et je me suis hâtée d'imprimer mon pdf sur un joli Canson couleur tabac. Moins bien que du letterpress, mais pas mal du tout quand même! Puis je me suis amusée à noircir tous les jours où j'ai déjà fait du fitness depuis le début de l'année. Ce planning restera affiché près de mon bureau jusqu'à fin décembre, et j'espère bien l'avoir couvert de ronds noirs d'ici là!

Pour commander un 2015 daily goal tracker sous forme de pdf, cliquez ici

mercredi 4 février 2015

Sushi Shop: les nouveautés 2015


A Bruxelles comme à Toulon, je suis cliente de Sushi Shop depuis des années. J'adore leur carte originale et variée, avec des produits plus proches des California rolls que des sushi japonais traditionnels, et j'apprécie qu'ils renouvellent leur offre très régulièrement. Sans compter que leur service de livraison est un des seuls dont je n'ai jamais eu à me plaindre. Du coup, quand on m'a proposé de participer à un lunch de présentation des nouveautés 2015, c'est bien volontiers que j'ai dit oui! Petit tour d'horizon avec vous...

Les signatures rolls: 

Ce sont des "rouleaux" entiers mais pré-découpés, emballés dans un étui individuel. Plus gros que les sushi et les maki du reste de la carte, ils présentent aussi des accords de saveurs plus travaillés et, avant même qu'on les mange, sont déjà un régal pour les yeux. 



Au fond: Fire roll (thon, sauce épicée + avocat, crevette tempura, sauce mayonnaise ponzu)
Devant: Rainbow roll (saumon, thon, avocat, piment doux + crabe, avocat, sauce mayonnaise ponzu)



Au fond: Rock'n'roll (saumon laqué, chips craquantes, piment doux 
+ thon, asperge, avocat, masago, sauce épicée)
Devant: Dragon roll (avocat, oeufs de saumon, piment doux 
+ ceviche de daurade, concombre, sauce mayonnaise teriyaki)



Même s'ils sont tous bons, j'avoue une petite préférence pour le Rock'n'roll. Et pas d'inquiétude pour les gens qui, comme moi, craignent les mets très piquants: le piment est réellement doux!

La box for two:

Autre nouveauté qui remplace la box Joël Robuchon de 2014 (dont je suis toujours en deuil, tant je l'adorais). Comme son nom l'indique, elle est conçue pour deux personnes et propose un assortiment tout prêt de spécialités Sushi Shop. Je la trouve jolie aussi bien dehors que dedans, avec une composition variée et néanmoins susceptible de plaire au plus grand nombre. 

Par contre, j'avoue que 42 pièces, ça me semble beaucoup trop: je n'en consomme jamais que 12 ou 15 par repas, si vraiment j'ai très faim. Avec 21, je vais gaspiller puisque les sushi ne se conservent pas. J'aurais donc préféré une box un peu plus petite et un peu moins chère aussi: 39€, ça commence à faire un sacré budget pour un repas de traiteur... Mais les gros appétits apprécieront sûrement (ainsi que les gens qui sont 3 ou 4 à la maison!). 




Les ceviches:

Sans contestation possible ma nouveauté préférée de cette carte 2015! Spécialité originaire de l'Amérique du Sud, le ceviche se compose de lamelles de poisson "cuites" dans une marinade au citron. Je n'en avais mangé qu'une seule fois auparavant, sans être très emballée. Là, j'ai complètement craqué pour la fraîcheur et la subtilité de ce plat (qui se décline en thon, saumon ou daurade). Léger, savoureux et sain: c'est pile tout ce que j'aime! 





lundi 2 février 2015

Ma soeur




Ma soeur, elle a une vie très différente de la mienne. 
Ma soeur, elle habite dans une grande maison avec piscine dans la banlieue de Toulouse alors que je n'aime que les appartements minuscules. 
Ma soeur, elle conduit un énorme 4x4 en talons de 10, alors que j'ai du mal à gérer une Twingo en baskets (du coup, je n'ai même plus de voiture: je prends les transports en commun).
Ma soeur, elle a connu son mari en 5ème, et elle a fait deux enfants avec lui pendant que j'enchaînais les amoureux et refusais catégoriquement de prendre la responsabilité d'une autre vie que la mienne. 
Ma soeur, elle sort de la même école que moi, et à 38 ans, elle est devenue directeur financier de la succursale française d'une grosse boîte américaine qui l'envoie une fois par mois aux Zuess en classe affaires. Moi, je traduis des histoires d'elfes, de vampires et de voyages dans le temps, et au bout de vingt ans, ma mère dit encore "ton truc" pour parler de mon métier. 
Ma soeur, quand elle a su que mon père était malade, elle vivait à Dallas où elle devait rester encore un an, et elle a tout plaqué au risque de bousiller sa carrière pour rentrer en France s'occuper de lui. Moi, je me suis contentée d'assurer l'intérim en attendant son retour. 
Ma soeur, elle se fait des semaines de folie, 60 heures au bureau et sur les routes pratiquement tous les week-ends pour emmener ses gosses à des matchs ou des stages de hockey sur glace. Moi, quand j'ai bossé plus de 25 heures entre le lundi matin et le vendredi soir, je me sens limite héroïque, et il me faut deux jours de glande pour m'en remettre. 
Ma soeur, elle fait genre 10 cm de plus et 10 kilos de moins que moi. 
Ma soeur, elle porte des vêtements élégants dans des tons neutres. Moi, ma garde-robe ressemble à l'explosion d'un magasin Rougier et Plé. 
Ma soeur, elle sait parler aux gens. Elle a toujours été populaire à l'école, et même adulte, elle n'arrête pas de se faire des amis partout où elle passe. Elle ne juge personne et fait preuve de compassion envers tout le monde. Les gens qui bossent avec elle l'adorent, autant pour ses compétences que parce qu'ils la trouvent sympa. Moi, je suis une solitaire misanthrope avec un doctorat en gaffes monumentales et réparties fracassantes. 
Ma soeur, elle arrive à prendre sur elle quand les circonstances le justifient, et avec le sourire. Moi, je suis la spécialiste des explosions volcaniques et des ponts coupés. 
Ma soeur, elle sait pardonner. Moi, je suis atrocement rancunière. 
Ma soeur, elle est aussi bien capable de regarder des trucs débiles à la télé en se marrant comme une baleine, que d'analyser l'actualité sans se laisser berner une seconde - contrairement à moi qui suis une grosse snob de la culture. 
Ma soeur, elle ne se prend jamais la tête à angoisser sur l'avenir. Quand des problèmes surviennent, elle les traite de son mieux, avec un petit soupir et un haussement d'épaules fataliste, puis elle passe à autre chose. Pendant ce temps, j'envisage la fin du monde douze fois par jour, et je rumine encore des trucs qui se sont passés il y a trente ans. 
Ma soeur, c'est probablement la personne la plus chouette que je connais. 
Ma soeur, elle me manque drôlement depuis des années qu'elle n'a plus le temps de rien. J'ai l'impression de l'avoir perdue en même temps que mon père, et ça me fait un mal de chien. Mais idiote orgueilleuse que je suis, je me serais coupé un bras plutôt que de le lui dire. 
Du coup, c'est elle qui me l'a écrit la première, samedi matin. J'en ai chialé bêtement devant gmail. 
Et puis, comme je suis incapable d'avouer la moindre émotion en direct... au lieu de lui répondre "toi aussi", je me suis mise à écrire un billet de blog kilométrique. 

Les brèves de la semaine #5




- Lundi soir, après l'extinction des feux, une discussion sur le réchauffement climatique aboutit à un énorme fou-rire parce que Chouchou fait parler les princes saoudiens en leur donnant un accent bruxellois. Nos délires nocturnes à des heures où on ferait mieux de dormir comme des gens raisonnables sont l'une des choses que je préfère dans notre couple.

- Mardi, je reçois une des cartes qu'Isa a écrites à dix de ses amis pour leur dire ce qu'elle aimait chez eux. Et c'est George-Arthur le messager!

- "Nous ne sommes que 25 individus au monde à pouvoir faire cette première chose. Seul 1% de ce groupe est capable de faire cette deuxième chose. Et parmi eux, seuls les plus puissants peuvent arriver à faire cette troisième chose." Apparemment, les notions d'arithmétique sont aussi facultatives pour les auteurs que la relecture d'un ouvrage à publier l'est pour les éditeurs américains.

- Qui c'est la débile qui, après avoir bataillé trois semaines pour se faire envoyer un thé sublime de Porto, a enfin triomphé des problèmes d'expédition et de virement international pour commander une énorme quantité de... Gingko au lieu du Ginseng qu'elle adore? (Indice: sur la photo de présentation de son blog, elle porte un manteau froufroutant et des chaussures bleues.)

- Mercredi, je suis souffrante, j'ai le moral dans les chaussettes, il fait froid, il pleut et je rêve de passer l'après-midi roulée en boule sous ma couette. Mais j'ai promis à un ami convalescent de passer le voir. Au lieu de remettre à un autre jour comme j'aurais pu le faire il y a quelques mois, je me répète en boucle des petites phrases de Jillian et je me jette quand même dans les transports en commun. Au final, je passe un excellent après-midi à discuter du milieu de l'édition - connaissances communes, anecdotes rocambolesques - en buvant de la tisane au chrysanthème et, plus tard, du vin blanc du Jura. Bonus: il y a une minette adorable à poupougner.

- Un rien déçue de découvrir que ma traduction de "Harry August" n'est pas nominée pour le prix Jacques Chambon: c'est la première fois que j'estimais avoir une petite chance, et j'aurais bien aimé figurer dans la liste au côté de mes estimés collègues (et néanmoins amis) Jean-Daniel, Patrick et Pierre-Paul. Qui sait - peut-être l'an prochain, pour "Touch"?

- Jeudi soir, je craque et me commande des chaussures de fitness: jusqu'ici, j'ai bossé pieds nus, mais je pense que c'est mauvais pour mes genoux qui auraient besoin d'un peu d'amorti, notamment dans les séries de sauts. Et puis, ces couleurs, quoi!

- Vendredi soir, en sortant de l'apéro au Berger, je découvre que le Yamato a définitivement fermé ses portes fin décembre. Tristesse. C'est l'un des premiers endroits où Chouchou m'a emmenée à Bruxelles; son miso katsu ramen et ses gyoza étaient les meilleurs que j'ai jamais mangés hors du Japon.

- Samedi chez Brüsel, je craque pour une figurine Mystery Minis My Little Pony. Ouais, je sais, c'est plus de mon âge, mais j'adore tellement que je vais devoir faire la collection (ou au moins m'en offrir deux ou trois autres, jusqu'à ce que je tombe sur un des deux modèles qui brillent dans le noir).

- Dimanche, je joue au petit chimiste en préparant de la lessive et de l'adoucissant bio maison dans le cadre d'un partenariat avec une jeune entreprise belge. Compte-rendu très prochainement!

- Sur Facebook, lors d'une discussion avec des contacts/copains de boulot, l'un d'eux me chambre gentiment: "Ah parce que tu prends tes samedi et tes dimanche  de repos, toi? Punaise j'aurais dû faire traducteur!". Je réponds: "Oui enfin je suis désormais beaucoup trop vieille pour bosser encore 12 heures par jour, 6 jours par semaine, 51 semaines par an comme je faisais à une époque." Et cette enflure de me répondre: "Pour moi tu es éternelle, j'ai toujours entendu parler de toi depuis que j'ai mon bac." Envie de mourir un peu. Je rapporte la discussion à Chouchou, qui commente: "Tu es le Pierre Bellemare de la traduction". Ouh ben oui merci, je me sens tout de suite mieux.

- Pour conclure un week-end de températures glaciales, de corvées et de remarques désagréables, Chouchou nous prépare un dîner de crêpes que nous mangeons en écoutant Etienne Daho et en chantant la bouche pleine. C'est pas très compliqué, le bonheur.

Bonne semaine à tous.

dimanche 1 février 2015

La revue de presse du week-end #7




[DEVELOPPEMENT PERSONNEL] Un séropositif écrit une lettre très inspirante à son HIV. (En anglais)

[DEVELOPPEMENT PERSONNEL] Comment moins juger les autres et faire preuve de plus d'empathie; je me reconnais absolument dans l'attitude de Sarah, et j'adore le moyen ultra-simple qu'elle a trouvé pour y remédier. (En anglais)

[ECONOMIE] Le Traité Transatlantique ne servira que les intérêts des grandes entreprises: cette vidéo explique pourquoi en 4 minutes.

[HUMOUR] Twitter revisite l'histoire de façon hilarante.

[HUMOUR] La vie avant et après bébé, en infographie.

[POLITIQUE] La leçon de responsabilité des Grecs à l'Europe.

[POLITIQUE] Le jour où Elizabeth II a terrorisé le roi Abdallah.

[SANTE] Un article qui m'a interpelée: selon l'auteur, un modèle grande taille peut tenter de redéfinir la notion de beauté, mais pas celle de santé. (En anglais)

vendredi 30 janvier 2015

J'ai testé: le 30 Day Shred - level 2




Pour savoir en quoi consiste le 30 Day Shred et quelles sont les raisons qui m'ont poussée à me lancer là-dedans, cliquez ici
Pour lire mon compte-rendu du niveau 1, cliquez ici

Jour 11 (69,2 kgs; 13h15): Je suis partagée entre l'excitation et l'appréhension avant d'entamer ce niveau 2. ...Et bien, l'appréhension aurait dû l'emporter. Cette séance est INFERNALE. Déjà, on en bave pas mal dans les deux premiers circuits, que je dois me contenter de faire au niveau débutant avec plusieurs défaillances en cours de route. Mais dans le troisième et dernier circuit, il y a plein de mouvements basés sur la planche, et mes mains sont tellement en sueur que même avec des abdos en béton, je ne pourrais pas tenir. Je passe mon temps à glisser et à m'écraser à plat ventre. Franchement, quel est le sadique qui a inventé les plank twists? Et vue la quantité de sauts, je vais devoir caser mes prochaines séances en journée aussi, avant le retour des voisins du dessous. Je termine semi-découragée, mais en me disant que je ne peux que m'améliorer dans les jours à venir. Pendant le reste de la journée, j'ai raisonnablement mal aux épaules, au haut des bras et au bas des cuisses sur l'avant. 

Jour 12 (69,9 kgs; 12h30): Je me lève avec des courbatures très gérables, probablement parce que j'ai bossé comme une patate hier. La balance m'indique un poids supérieur à celui que j'avais avant de commencer le programme; je savais que je n'aurais pas dû me peser avant la fin, parce que là, entre l'infernalitude de la séance qui m'attend et l'impression que ça ne sert à rien, je ne suis pas motivée du tout. Pourtant, il n'est pas question que je lâche. Donc, je m'y mets en me fixant un seul impératif: tenir jusqu'au bout. Je n'hésite pas à faire en débutant les exercices qui m'ont tuée hier; je ne saute pas hyper haut, je ne descends pas hyper bas, mais j'arrive à la fin de la muscu du circuit 3 sans trop de problèmes. Je peine pas mal sur le cardio et je dois m'arrêter 5 ou 10 secondes pendant les plank twists. Mais globalement, c'était une séance très correcte pour moi. Et demain, elle me fera moins peur!

Jour 13 (69,1 kgs; 13h15): J'ai mal aux épaules et aux bras avant de commencer, et ça ne passe pas pendant l'échauffement. Je serre les dents et je tiens quand même, sauf pendant la toute dernière minute où je dois faire une pause au milieu des plank twists. Le circuit 3 est vraiment une grosse saloperie. Pour ne pas glisser sur mes mains trempées de sueur, j'ai trouvé un truc absolument ridicule: vu que je travaille pieds nus, je glisse les mains à l'intérieur de mes baskets pour profiter d'une surface anti-dérapante. Oh, bien sûr, je pourrais aller m'acheter des gants, mais où serait le fun? Par contre, comme hier, j'ai beaucoup de mal à me remettre au boulot après ma séance: j'ai juste envie d'aller m'écrouler dans un coin avec un livre, ou même sans. 

Jour 14 (69,1 kgs; 17h30): J'ai super bien dormi cette nuit et peu de courbatures, mais guère plus d'énergie qu'une vieille serpillère. J'hésite entre une sieste et une séance de fitness. La séance de fitness l'emporte de justesse. Pendant les jumping jacks de l'échauffement, je sens que mes genoux, pas très solides depuis mon accident de ski, commencent à mal encaisser les chocs répétés. A surveiller. Je me débrouille plutôt bien jusqu'à la dernière minute, les maudits plank twists durant lesquels je dois encore faire une pause. Je vais me coucher à 22h45, et je n'ai même pas la force de lire avant de m'endormir. 

Jour 15 (68,7 kgs; 17h): Je me lève aussi crevée que je me suis couchée hier soir. Mes genoux me font mal. Tant pis. Je tiens bien les neuf dixièmes de la séance, et ne dois faire une pause qu'aux trois quarts des plank twists. Dans le miroir, il me semble que mes cuisses s'affinent et que j'ai perdu du ventre; par contre mes ailes de chauve-souris flapflappent toujours autant, damned!

Jour 16 (68,2 kgs; 12h45): Bien que j'aie un peu mal au dos en me levant, la pesée du matin me met de bonne humeur pour attaquer une nouvelle semaine. Mes lunges et mes squats sont de plus en plus bas, même si je ne descends toujours que de 20 cm en vraies pompes. Mes jumping jacks sont devenus "explosifs" comme le réclame Jillian, mais mes skater's lunges ressemblent plutôt à des pétards mouillés. Je m'interromps de plus en plus tard dans les plank twists, et mon objectif est de les passer d'ici le jour 20. Malheureusement, c'est toujours aussi dur de me remettre au boulot après le déjeuner. 

Jour 17 (68,2 kgs; 17h): Cette fois, je préfère attendre d'avoir fini de bosser pour faire ma séance, histoire de ne pas trop ramer l'après-midi. Mes hormones me font des misères depuis deux-trois jours, et mon poignet droit commence à protester contre tout le temps passé en planche. Mais je ne me laisse pas le choix, et pour la première fois, je tiens les maudits plank twists! Le soir, alors que j'agonise dans mon lit avec une bouillotte sur le ventre, je regarde la vidéo du niveau 3 histoire de voir ce qui m'attend, et je suis à deux doigts de me lever pour essayer les exercices. Je crois que j'ai perdu la raison. 

Jour 18 (68,2 kgs; 13h): Depuis hier matin, j'ai mes règles. Ce n'était pas arrivé depuis presque 8 ans: je suis un traitement censé les supprimer afin d'"endormir" mon endométriose. J'imagine que la reprise du fitness a bouleversé mon équilibre hormonal. Je n'arrive pas à croire qu'une chose a priori aussi positive pour ma santé - le sport - puisse provoquer un tel cataclysme. J'essaie de rester calme, mais c'est vraiment dur de ne pas imaginer le retour des douleurs insupportables et les interventions chirurgicales répétées (j'en ai déjà eu deux avant d'être mise sous Lutényl). Je fais ma séance normalement, mais arrivée à la fin, j'ai envie de pleurer de fatigue et trouille. Sur le groupe Facebook "30 Day Shred" que j'ai créé, des filles plus avancées que moi me racontent qu'elles ont vu leur cycle bouleversé, mais que c'est rentré dans l'ordre au fil des mois - et que, effet intéressant, leur SPM a considérablement diminué. Ca me rassure un peu. 

Jour 19 (68,2 kgs; 15h): Mon poids n'a pas bougé depuis quatre jours, j'aimerais bien qu'il recommence à descendre! Je suis tellement fatiguée qu'aujourd'hui ce ne sont pas mes muscles qui font bouger mon corps: c'est mon cerveau tout seul. Mind over matter, truly. J'arrive à faire une série de doubles sauts de corde sur les deux, mais après, je dois marquer une pause pendant les plank twists. J'ai hâte d'en avoir terminé avec ce niveau.

Jour 20 (68,8 kgs; 12h30): Hier soir j'ai eu grand besoin de comfort food; ce matin, je paye mon énorme pad thai sur la balance. Dernière séance sans histoire mais sans enthousiasme non plus. Globalement, je n'ai pas trop aimé ce niveau, et je suis contente d'en changer demain, même si le suivant sera sans doute pire!

Mes impressions jusqu'ici: Même en laissant de côté l'aspect hormonal, ce niveau 2 m'a fatiguée au-delà de tout ce que j'imaginais. Mais mes courbatures sont restées raisonnables dans l'ensemble, et j'ai fini par réussir tous les exercices. Mon poids a enfin commencé à descendre et ma silhouette à s'affiner, mais vraiment rien de spectaculaire. Cela dit, j'ai presque oublié mon objectif initial qui était de perdre une ou deux tailles de fringues (presque). Ce qui me pousse à faire mes séances, même quand je pourrais me trouver des tas d'excuses pour m'abstenir, c'est la sensation que je deviens chaque jour un peu plus forte et plus endurante. J'ai toujours eu une piètre opinion de mes capacités physiques et aucune motivation pour tenter d'y remédier - après tout, on ne va pas demander à une intello d'être sportive par-dessus le marché. C'est comme si un blocage que je traînais depuis l'enfance venait de sauter. Je me rends compte que les limitations n'ont jamais existé que dans ma tête, et ça me plaît beaucoup. Niveau 3, me voilà!