mardi 13 janvier 2015

Thé: état des stocks au 1er janvier




Prenant exemple sur Shermane (dans le but, d'ailleurs, de procéder à un échange d'échantillons avec elle), j'ai dressé une liste des thés que j'avais dans mes placards à Bruxelles et à Monpatelin. Les stocks me semblaient plutôt raisonnables depuis le dernier grand ménage, et en fait, euh, non, rien. 

Thé verts nature
- Mao Feng (Tea Pigs) ★★
- Kukicha (Comptoir Florian) ★★★
- Pilo Chun (Nong Cha) ★★★
- Bouddhiste (L'Oasis des Saveurs) ★★

Thé verts parfumés
- You Zi Hua Cha (Nong Cha), fleur de pamplemousse ★★★★
- Temple Céleste (L'Univers du Thé) fruit de la passion, pêche de vigne, fraise des bois, bleuet ★★★
- Trois Empires (Theodor) datte, fleur d'oranger, fleur d'osmanthe ★★
- Sables émouvants (Café Liégeois) menthe, fleur d'oranger ★★
- Orange-bleuet (La Vie Claire) ★★★
- Abricot-pistache (Terre d'Oc) ★★
- Bergamote-fleur d'oranger (Terre d'Oc) ★★
- Thé des Gnawa (L'Herboristerie) menthe, agrumes, ginseng, gingembre, aloe vera ★★★
- Rhubarbe (A.C. Perch)
- Summer tea (A.C. Perch) fraise, orange ★★
- Orient-Express n°2 (Dammann Frères) jasmin, litchi, pamplemousse, pêche, rose ★★
- Earl Grey (Palais des Thés) bergamote, bleuet ★★
- Thé du Hammam (Palais des Thés) datte, fruits rouges, fleur d'oranger, rose ★★★
- Thé des Alizés (Palais des Thés) pêche blanche, kiwi, pastèque ★★★
- Menthe glaciale (Palais des Thés) ★★★
- Rêve d'été (L'Autre Thé) fraise, pêche, ananas, fleurs de tournesol
- En attendant la pluie (Cha Yuan) agrumes, gingembre, menthe, citronnelle ★★★
- Voyage à Tokyo (George Cannon) - pas encore goûté
- Blue dragon (Mùi) ananas, mangue, fruit du dragon, calendula ★★
- Ginseng-orange sanguine (Mùi) ★★★★
- Aloe vera-kiwi (Mùi)
- Jasmine pearls (Tea Pigs) ★★
- Jasmin bio (?) ★★

Mélange thés vert + blanc parfumés
- Bon baisers de Paris (L'Autre Thé) violette, framboise ★★
- Jardin des Hespérides (L'Autre Thé) pamplemousse, mandarine, citron, orange, souci
- Igloo (Thé Box) orange, mandarine, bergamote, rose, litchi, vanille, bleuet ★★★★

Thés blancs parfumés
- Roi du thé au jasmin (Nong Cha) aiguilles argentées ★★★
- Mojito (Terre d'Oc) menthe, fraise, rhum - pas encore goûté

Thés noirs parfumés
- Pomme d'amour (Dammann) pomme caramélisée, marasquin ★★
- Cassis (Javana) ★★★

★★★★= j'en rachèterai impérativement une fois le sachet fini
★★★= j'en rachèterai peut-être, mais pas tout de suite
★★= je vais finir le sachet, mais je n'en rachèterai pas
= je n'adore pas, je vais faire circuler

Cette liste n'inclut pas mes tisanes (on m'en offre parfois, mais je n'en bois guère), ni les thés acquis depuis le début de l'année (une commande chez Chakai Club, une autre chez Mûi Concept), ni les très petites contenances qui me restent de l'époque de mes abonnements à des box. 

lundi 12 janvier 2015

"Un océan d'amour"


"Chaque matin, Monsieur part pêcher au large de côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette."

Depuis plusieurs mois déjà, je voyais passer des critiques dithyrambiques sur "Un océan d'amour". Boulet chantait ses louanges sur Twitter, mon libraire y allait de son autocollant Coup de Coeur... Mais moi, les histoires sans paroles, c'est carrément pas mon truc. Et le synopsis n'avait rien pour me harponner (pardon) non plus. Puis, au détour d'un rayon de la Fnac où j'étais venue chercher tout autre chose, mon regard s'est posé sur le nom de Lupano, en haut à gauche de la couverture. Attendez... Lupano, le génial scénariste des "Vieux fourneaux" et d'"Azimut"? Mmmh. Ca méritait une enquête plus approfondie. J'ai pris l'objet en main. J'ai parcouru les premières pages. Moins de dix secondes plus tard, je l'emportais à la caisse. 

Je dois l'avouer, je me méfie des ouvrages qui font l'unanimité de la critique. Par exemple, "5000 kilomètres par seconde" (primé à Angoulême en 2011) ou plus récemment "Cet été-là" m'ont laissée de marbre. Mais cette fois, je dois me rallier à l'avis général: "Un océan d'amour" est un bijou - et même pas un petit, puisqu'il compte 200 pages. Une épopée transatlantique rocambolesque et bourrée de tendresse où les situations cocasses alternent avec les catastrophes écologiques, où l'on croise une diseuse de bonne aventure qui pratique la divination dans les crêpes bretonnes et une mouette vengeresse qui repêche les détritus pour les laisser tomber sur la tête des pollueurs, où l'huile de sardines permet de s'évader quand on est menotté à fond de cale et où un don pour le crochet pourrait faire de vous la nouvelle protégée de Fidel Castro.

Lupano confirme ici le bel humanisme qu'on trouvait déjà dans "Les vieux fourneaux"; quant à Panaccione, ses dessins sont assez éloquents pour pouvoir se passer du moindre mot. On émerge de cet "Océan d'amour" le coeur gonflé d'émotion en se disant qu'on sera bien chanceux, plus tard, de s'aimer autant que le minuscule pêcheur aux lunettes en cul de bouteille et son ample bigoudène prête à tout pour le retrouver.






Les brèves de la semaine #2




- Mardi dans le Bruxelles-Nice, la dame d'âge mûr assise près de moi a mangé un sandwich au jambon la tête enfouie dans un grand sac en papier brun posé sur la tablette devant elle, puis bu une immense canette de Kro enveloppée de Sopalin pour en masquer (imparfaitement, donc) la marque. Euh, OK.

- Mardi, toujours: Je me serais bien passée de la facture de 400€ pour la nouvelle peinture des cages d'escalier - surtout que j'avais voté contre à la dernière assemblée générale, mais bon, les joies de la copropriété... Si on ajoute que nous avons également dû débourser plus de 120€ de réparations pour notre lave-vaisselle de Bruxelles, et que mon assurance habitation a pris +50% par rapport à 2014, l'année démarre sous des auspices financiers peu prometteurs!

- Mercredi matin, jour de marché. L'un des pas-si-petits plaisirs du mois de janvier, c'est cette brioche des rois que j'adore et qu'on ne trouve qu'en Provence. La frangipane? Il ne faut même pas m'en parler. Et sinon, j'aurai attendu d'avoir presque 44 ans pour découvrir qu'il existe des anémones de toutes les couleurs, pas seulement des violettes. Mieux vaut tard que jamais.

- Mercredi midi: Charlie. Putain, Charlie. C'est pas possible. Charlie...

- Dans la seconde moitié de la semaine, le coup de massue de l'actualité m'a rendue très improductive. J'ai assuré le boulot et laissé tomber tout le reste. Mais j'ai été ravie de constater que je n'avais pas de fachos ou de théoristes de la conspiration planqués parmi mes contacts Facebook (triés sur le volet, il est vrai) et que même les gens que je pouvais imaginer indifférents à ce genre de drame manifestaient une forte émotion.

- Samedi, je me suis accordé une sortie en ville pour me remettre de mes émotions. Quelques bouquins et une nouvelle carte SD à la Fnac, un bon déjeuner à La fabbrica di Marco avec Kiki, une petite robe bordeaux et une jupe kaki sublime en soldes, un thé glacé/lecture au Chantilly. Un manteau porté sur le bras toute la journée tant il faisait chaud. Et puis aussi, une poignée de pancartes "Je suis Charlie" chez des commerçants qui m'étaient déjà sympathiques avant, ainsi qu'un placard "Toulon avec Charlie" sur les affiches de voeux du Nouvel An de la mairie.

- Dimanche, j'aurais aimé aller marcher avec des millions d'autres gens, mais j'avais peur de faire une attaque de panique dans la foule. Je l'ai bien regretté en voyant ces photos qui m'ont émue aux larmes. A mettre de côté pour les jours où ma foi en l'humanité vacillera de nouveau.

Bonne semaine à tous.

dimanche 11 janvier 2015

C'est le premier pas qui coûte le plus




Deux petites "épreuves" m'attendaient en ce début janvier. 

Juste avant Noël, j'avais achevé une traduction très difficile, que j'étais censée relire cette semaine-là puisque de toute façon nous ne faisions rien de spécial pendant les fêtes. Comme je soigne beaucoup mon premier jet, d'habitude, la phase de relecture n'est qu'une simple formalité: virer les coquilles, supprimer quelques répétitions, changer un terme du lexique si j'ai trouvé mieux entre-temps... Deux jours me suffisent pour un ouvrage de 500 feuillets. Là, j'avais plusieurs casse-tête à prendre en compte, des problèmes de changements de temps, de neutralité de genre en français, mais aussi de conventions de mise en forme. J'appréhendais grave; du coup, j'ai repoussé à la rentrée sous prétexte que j'avais jusqu'au 15 janvier pour rendre ma traduction et que "ça ne me ferait pas de mal de prendre un peu de recul par rapport au texte". Mon fondement, oui. La vérité, c'est que je bloquais d'avance sur la première phrase du premier chapitre, qui sonnait bizarre si on la traduisait au plus près de l'anglais, mais qui dénaturait le style de l'auteur si on la traduisait en ce que j'appelle le "français fluide" (et que je privilégie d'habitude). J'étais comme un cheval qui se dérobe devant le premier obstacle du parcours.

Puis le lundi de la reprise est arrivé, et comme j'avais un planning à tenir, il a bien fallu que je m'y mette. J'ai pris cinq minutes pour trancher sur cette foutue phrase dans la douleur, et après ça, j'ai enchaîné 120 pages sans grosse difficulté en quatre heures environ. La suite a été plus laborieuse, mais à cause de l'actualité obsédante plutôt que du travail lui-même. Au final, j'ai bouclé cette relecture de près de 800 000 signes en quatre jours. Et en ayant joint, pour la première fois de ma carrière, une notice d'explications de plusieurs pages à l'éditrice - mais peu importe. Il me semble avoir fait du bon travail, et le plus dur, ça a été cette fameuse première phrase. Le reste se résumait essentiellement à un exercice de vigilance. 

Autre épreuve redoutée par avance: le 30 Day Shred. Il s'agit, en gros, d'un programme d'exercices à la maison basé sur le principe de l'interval training: on alterne les abdos, les exercices de muscu et le cardio sans interruption, pour forcer le corps à s'adapter sans cesse et provoquer une "fonte" de la graisse. Les séances durent moins d'une demi-heure et ne nécessitent pas d'autre matériel qu'une paire de petites haltères. Des copines l'avaient fait en fin d'année et rapportaient des résultats fantastiques, bien qu'obtenus dans la souffrance. "Certains jours, lever un verre d'eau me faisait mal", disait l'une d'entre elles. Etant à peu près au pire poids de toute ma vie, j'ai décidé de tenter le coup aussi en janvier, dès le retour de Porto. Sauf que j'ai commencé par être trop occupée à Bruxelles, et le lendemain de mon arrivée à Toulon, le jour même où je comptais m'y mettre, il y a eu la fusillade de Charlie Hebdo qui m'a empêchée de décoller de mon ordinateur pendant trois jours.

Hier, je devais passer la journée en ville. J'ai profité des soldes pour acheter une jupe sublime mais légèrement trop juste pour moi (c'était la dernière et je la voulais vraiment), en me disant ça me ferait une motivation supplémentaire. Ce matin, je n'avais plus aucune excuse, et je voulais absolument rentrer dans ma jupe sublime. Je me suis levée de bonne heure; j'ai bu mon thé en faisant mon tour habituel sur internet; puis j'ai pris une demi-dose de créatine gracieusement fournie par Chouchou, enfilé ma tenue de sport et lancé la vidéo du niveau 1 en me disant "Quand faut y aller, faut y aller". Et tout s'est bien passé. J'ai tenu les abdos sans problème; mes muscles ont brûlé et tremblé durant les exercices de force, mais j'ai pu aller au bout; la seule fois où j'ai dû m'interrompre, c'est pendant le cardio - la deuxième répétition jumping jacks/saut de corde ne passait juste pas. J'ai fini crevée mais pas hachée menu, même si j'aurai sans doute des crampes demain (c'est là qu'on va voir l'efficacité de la créatine, ou pas).

Ces exemples d'autant plus flagrants que très rapprochés dans le temps me font repenser à toutes les idées que j'ai eues et jamais mises en pratique parce que j'anticipais la myriade de difficultés que je pourrais rencontrer. A la base, je suis une grosse feignasse velléitaire. Je ne me décide à faire les choses qui vont me coûter des efforts qu'avec un fusil dans le dos (une deadline, l'approche d'une dizaine redoutée sur la balance). Pourtant, je commence à me dire que si ça se trouve, elles m'en coûteraient beaucoup moins que je ne le redoute. Et que le couple infernal de mes démons personnels - Madame Paresse & Monsieur Pessimisme - me fait passer à côté de beaucoup d'expériences enrichissantes. Parfois, il suffit de se mettre en route pour se rendre compte que le chemin est bien moins ardu que prévu.

La revue de presse du week-end #4 - spéciale Charlie Hebdo


Dessin de Lucille Clerc

Qui est à l'origine du fameux slogan "Je suis Charlie"

"Je ne suis pas Charlie": un des articles qui m'a le plus parlé dans les heures qui ont suivi le drame. 

"Ils ont abattu des gens qui étaient en train de parler de lutte contre le racisme": le témoignage du médecin urgentiste, proche de la rédaction, qui est arrivé le premier sur les lieux.

"On n'est pas d'accord avec Charlie Hebdo? On répond à l'art par l'art, à l'écrit par l'écrit, pas par de la haine et du sang": la réaction de l'imam de Drancy.

La communauté musulmane se sent "prise entre deux feux convergents qui s'alimentent".

"Il arrivait que l'on dise aux collègues: je vous aime", confie Zineb El Rhazoui dans un témoignage dont les anecdotes montrent toute l'humanité, toute la générosité des disparus.

Peu de temps avant la fusillade, elle donnait une visite guidée des locaux clandestins de Charlie Hebdo, avec une conclusion qui fait froid dans le dos rétrospectivement...

22 hommages de dessinateurs français et étrangers aux victimes de l'attentat.

Et pour terminer sur une note légère (et néanmoins pleine de bon sens): le Top 20 des tweets de Dieu pour qu'on arrête de faire des conneries en son nom.

vendredi 9 janvier 2015

"The Rabbit Back literature society"


Il y a 30 ans, Laura White créait dans la petite ville finlandaise de Rabbit Back une Société de Littérature destinée à accueillir dix membres seulement: des élèves de primaire que cette auteure de livres pour enfants célèbre dans le monde entier formerait à devenir de brillants écrivains. Mais la Société n'a jamais eu que neuf membres... Jusqu'au jour où Ella Milana, jeune enseignante qui se débat avec le douloureux diagnostic de sa stérilité, est choisie pour compléter le groupe. Le soir de sa présentation officielle, Laura White disparaît au coeur d'une tempête de neige à l'intérieur de sa propre maison, et Ella entreprend de fouiller dans les secrets de la Société. En quoi consiste l'étrange Jeu aux règles si sévères que les neuf premiers membres évitent désormais tout contact les uns avec les autres? Et pourquoi l'histoire se modifie-t-elle toute seule à l'intérieur de certains des livres de la bibliothèque locale? 

"The Rabbit Back Literature Society" est le premier roman que j'aurai lu en 2015, et j'espère bien qu'il augurera de la qualité de l'ensemble de l'année. Il faut dire qu'un roman scandinave parlant de livres, d'écrivains et de bibliothèques avait, d'entrée de jeu, de sérieux atouts pour me séduire. Et ce n'était pas les seuls. En s'appuyant sur le folklore nordique pour créer des phénomènes à la frontière du rêve éveillé et du surnaturel, Pasi Ilmari Jääskeläinen tisse une atmosphère très particulière de conte de fées inquiétant, dans lequel évoluent une héroïne anesthésiée par le froid de son propre coeur et des personnages secondaires excentriques juste ce qu'il faut. Son histoire, qui reste imprévisible jusqu'à la dernière page, donne à réfléchir sur la fiabilité de la mémoire, sur la façon dont on peut occulter des souvenirs ou se convaincre soi-même d'un mensonge et bâtir toute son existence dessus. J'aurais pu me sentir frustrée par l'absence d'explication à certains mystères, mais je me suis très bien accommodée de ne faire que l'entrevoir, parce que le véritable intérêt du roman n'était pas là. Si je ne suis pas du tout certaine que l'envoûtement de Rabbit Back fonctionnerait sur n'importe qui, pour ma part, j'ai totalement succombé à son charme étrange. 

[PORTO] Guide de voyage




Avertissement:
Porto est une ville tout en escaliers, qui monte et qui descend constamment (j'ai trouvé ça encore pire qu'à Istanbul, plutôt du niveau de San Francisco ou de Lisbonne). Je vous conseille de prévoir de bonnes chaussures de marche et du temps pour vous rendre d'un point à un autre, même s'ils ne sont distants que de quelques centaines de mètres à vol d'oiseau. Les transports en commun ne vous aideront guère dans le centre. 

Alimentation:



- La cuisine locale est très "viandarde". Mis à part les repas que nous avons préparés nous-mêmes dans notre logement airBnB, je n'ai pas réussi à manger végétarien une seule fois. Non seulement ça, mais souvent, il y a 2 voire 3 sortes de produits carnés dans un même plat. Exemple: la Francesinha, spécialité de Porto, est une sorte de croque-monsieur qui en plus du jambon et du fromage contient un bifteck et de la saucisse, plus parfois un oeuf au plat, le tout baignant dans une sauce tomate piquante à la bière. Autant dire que ce n'est pas léger-léger. Autre exemple: une fois, j'ai commandé un "hot-dog traditionnel": le pain était garni de saucisse, mais aussi de jambon et de fromage! Du coup, je n'ai pas osé demander ce que contenait le "hot-dog spécial" également à la carte. Et que dire de cette publicité pour une pizza au chorizo à la croûte garnie de mini-saucisses?

Adega Vila Mea, rua dos Caldeireiros 62

- Les amateurs de poisson se régaleront, notamment de bacalhau (morue), mais aussi de sardines, de calmars et de pleins d'autres produits de la mer à la fois très frais et très bon marché. A déguster dans les adegas (sorte de tavernes familiales) ou les restaurants du bord de mer à Matosinhos.
- S'il y a des magasins de fromage, de charcuterie et de vin à tous les coins de rue, il est bizarrement très difficile de trouver des magasins d'alimentation générale pour faire des courses "normales", et nous n'avons vu ni night shops, ni traiteurs proposant des plats à emporter (asiatiques ou autres). 

Geocaching:
Porto n'est pas très riche en géocaches, alors qu'il y aurait tant d'endroits où les dissimuler! Les deux plus remarquables que nous avons faites se trouvaient à la Fabrica Social et près de la Maternidade Julio Dinis. 

Langage:
Dans les commerces, la plupart des gens baragouinent un peu d'anglais ou de français, mais rarement plus. Cela dit, le portugais étant une langue d'origine latine, les inscriptions sont souvent assez faciles à comprendre pour les francophones (encore plus si vous avez quelques notions d'espagnol). 
Logement:
- Ma copine Marika nous avait chaudement recommandé le Gallery Hostel, beau, ridiculement pas cher, super sympa et où l'on mange très bien en demi-pension. Mais quand on a voulu réserver, il ne restait pas de place pour les dates de notre voyage.
- Nous avons donc séjourné dans un des 8 appartements du Mouzinho 134, résidence gérée par Luis et sa mère Eugenia qui parlent tous les deux un français excellent. Pour à peine 45€ la nuit (environ 50 en comptant les frais airBnB et le ménage final), nous avions un deux pièces spacieux, dans de l'ancien superbement rénové, situé à moins de cinq minutes à pied de la gare ferroviaire et de la station de métro Sao Bento. Plancher en bois sombre, murs blancs lumineux, lit et canapé confortables, dressing monsieur/madame, wifi sans souci, cuisine équipée (frigo, plaques chauffantes et vaisselle de base, mais aussi bouilloire, cafetière, grille-pain, lave-vaisselle, plus de quoi prendre un premier apéro)... Tout était impeccable, l'accueil y compris: Eugenia nous a même fourni un plan du centre avec ses bonnes adresses! Nous nous sommes sentis comme chez nous, et nous avons aimé traîner dans cet appartement bien plus que nous ne l'aurions fait dans une chambre d'hôtel.


Météo:
Ciel bleu sans le moindre nuage et 18° le Jour de l'An. Porto (et le Portugal en général), c'est une chouette destination pour faire le plein de lumière en hiver. Par contre, pas sûre que je m'y risquerais en plein été. 

Shopping:
- Je ne m'étais pas ruinée à Lisbonne il y a 4 ans, je ne me suis pas non plus ruinée à Porto cette fois. Mis à part les torchons brodés auxquels je trouve un certain charme, l'artisanat local est peu attrayant: de la maroquinerie en liège, vraiment?


- Les deux grandes rues commerçantes piétonnières n'ont aucun intérêt. Dans la rua Santa Catarina, H&M et Rituals côtoient un entrepreneur de pompes funèbres et une boutique de poupées flippantes; rua Cedofeita, on fait plutôt dans la droguerie et les articles de ménage.


- A rapporter dans sa valise: du vin de Porto, évidemment (il en existe une myriade de types différents), du fromage et de la charcuterie (les meilleurs magasins se trouvent dans la rua Formosa, près du marché couvert de Bolhao que j'ai trouvé assez peu engageant), mais aussi des sardines, du chocolat et des savonnettes aux emballages rétro, ainsi que de ravissants cahiers d'écolier à l'ancienne, tous en vente chez A vida portuguesa (voir plus bas).
- Le Portugal faisant partie de la zone euro, vous n'aurez pas de conversion alambiquée à faire de tête, et pas non plus de frais bancaires à acquitter. En revanche, attention: beaucoup de commerces n'acceptent pas les cartes de crédit, seulement le liquide. 

A faire:


- S'offrir une dégustation aux caves de Porto, qui se trouvent en réalité à Vila Nova de Gaia, sur la rive opposée du Douro. On y accède soit par la ligne D du métro, soit en franchissant à pied l'impressionnant ponte Dom Luiz I au double tablier (bas pour les voitures, haut pour les piétons). Afin de s'épargner une remontée pénible, il est conseillé de prendre le petit téléphérique qui relie les quais à la station de métro et à l'extrémité du pont (5€ l'aller simple).



- Se promener le long du cais da Ribeira avec ses jolies façades et sa belle vue sur le Douro. A la tombée de la nuit, s'arrêter pour boire un verre à l'étage du Peter Sport Café, où la salle est très cosy dans le genre maritime et où les cocktails sans fioritures mais excellents coûtent à peine 4,90€.


- Passer à la librairie Lello (rua das Carmellitas 144), sûrement une des plus belles du monde avec son double escalier incurvé rouge et son plafond en bois ouvragé orné d'un vitrail. Attention: les photos n'y sont autorisées que les jours de semaine, entre 9h et 10h du matin. Le reste du temps, si vous essayez d'en prendre, vous vous ferez sévèrement rappeler à l'ordre par le tenancier du mini-café situé à l'étage.






- Acheter des souvenirs rétro chez A vida portuguesa (rua Galeria de Paris 20).





- Admirer le street art rua das Flores, mais aussi au bout de la rua de Miguel Bombarda, et un peu partout dans le reste de la ville - ouvrez l'oeil!


- Prendre le tram n°1 délicieusement rétro jusqu'à son terminus de Foz (2,50€ l'aller simple), et déambuler le long des plages de l'Atlantique.




- Visiter le Centre de la Photographie Portugaise, situé à l'intérieur d'une ancienne prison (campo dos Màrtires da Pàtria). C'est gratuit, bien que fermé durant la pause déjeuner, et le dernier étage abrite une magnifique collection d'appareils photo anciens.

Documentation:
Les guides sur Porto ne sont pas légion, du moins en français. Pour préparer notre voyage, nous nous sommes contentés du Cartoville

Beaucoup des photos utilisées dans ce billet sont l'oeuvre de Chouchou; vous pouvez en admirer d'autres sur son compte Instagram

jeudi 8 janvier 2015

Ce dont je me souviendrai


Photo Thibault Camus pour AP Press

Ce dont je me souviendrai, c'est de m'être répété en boucle toute la journée: "J'espère qu'ils n'ont pas eu le temps de comprendre ce qui se passait". 

Ce dont je me souviendrai, c'est de la bouille tendre de Cabu quand il participait à Récré A2, des albums du Grand Duduche que je piquais à mon cousin plus âgé alors que je n'avais même pas dix ans. 

Ce dont je me souviendrai, c'est de l'Instagram d'Elsa Wolinski montrant le bureau vide de son père avec la légende: "Papa est parti pas Wolinski", et des larmes acides qui me sont montées aux yeux en imaginant le choc que ça a dû être pour elle et pour tous les proches des autres victimes. 

Ce dont je me souviendrai, c'est du courage de ces journalistes et de ces artistes qui, même si je n'appréciais pas toujours leur travail, bravaient des menaces de mort depuis des années au nom de la liberté d'expression. 

Ce dont je me souviendrai, et dont j'espère que les gens tentés de mettre tous les Musulmans dans le même panier se souviendront aussi, c'est que l'un des policiers abattus en tentant de porter secours à la rédaction de Charlie Hebdo se prénommait Ahmed. 


Ce dont je me souviendrai, c'est de l'activité frénétique sur Facebook et sur Twitter, de tous les amis aussi consternés que moi, aussi infoutus de bosser, aussi inquiets à l'idée d'une récupération politique nauséabonde. 

Ce dont je me souviendrai, c'est de la vitesse hallucinante à laquelle les réseaux sociaux auront permis de mobiliser l'opinion autour de cet événement. (Et non, je ne me souviendrai pas des commentaires immondes sur le site du Figaro ou du Point, parce que je me suis bien gardée d'aller les lire.)

Ce dont je me souviendrai, c'est de tous ces rassemblements spontanés en fin de journée, à travers la France mais aussi le reste du monde: à Paris sur la place de la République, à Marseille sur le Vieux-Port, à Toulouse sur la place du Capitole, à Londres dans Trafalgar Square - marées humaines pacifiques, milliers de gens unis non pas dans la haine mais dans la tristesse.

Ce dont je me souviendrai, c'est que pour la première fois, face à une tragédie, je n'ai pas pensé: "La fin est proche" ou formé d'autre pensée négative. Je me suis dit, tout de suite et très clairement: "Ils ne gagneront pas. Nous les braves gens, nous sommes plus nombreux qu'eux, et ILS NE GAGNERONT PAS."

mercredi 7 janvier 2015

Charlie Hedbo: ne laissons pas la haine engendrer plus de haine


En 2015, je m'étais promis de ne pas réagir à chaud, mais tant pis.

L'attentat qui a eu lieu il y a deux heures dans les locaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a pour l'instant coûté la vie à une douzaine de personnes dont deux policiers, plus les dessinateurs Cabu, Wolinski et Charb. Voici le dernier dessin publié par ce dernier:




Bien sûr, je n'ai pas de mots pour exprimer mon horreur et ma tristesse, et mon coeur saigne pour les victimes et leur proches. Mais il saigne aussi pour les milliards de musulmans innocents qui n'ont fait de mal à personne aujourd'hui, et qui à cause du geste de deux fanatiques seront désormais regardés avec encore plus de suspicion, feront l'objet d'encore plus de discrimination et de racisme dans les semaines, les mois, les années à venir. 

La haine engendre la haine. Il est temps de briser le cercle vicieux, non? 

Il y a quelques semaines, je reliais ici l'initiative de Twittos australiens après l'attentat de Sydney, qui proposaient à des musulmans ne se sentant pas en sécurité de les accompagner dans les transports en commun - une idée simple et magnifique. 

Faisons comme les Australiens, voulez-vous? Refusons de céder aux sirènes de l'obscurantisme. 

(Merci, bisous.)

[PORTO] Rota do Chà, salon de thé merveilleux et secret




Je craignais un peu que nous ne nous ennuyions le 1er janvier, alors que tous les commerces et les musées seraient fermés. J'ai donc décidé d'exploiter les maigres ressources de geocaching de Porto en nous concoctant une balade pour rafler toutes les vertes à notre portée que nous n'avions pas encore faites. La première, située à deux pas de l'esplanade où avait eu lieu le monstrueux concert/feu d'artifice de la veille, avait vraisemblablement disparu. Le deuxième, face à la ravissante église évangélique méthodiste de Mirante, a été vite découverte.

Puis nous nous sommes engagés dans la rua de Miguel Bombarda, repaire des jeunes créateurs locaux, afin de gagner le site de la suivante. Et là, surprise: dans la partie que nous n'avions pas encore explorée les jours précédents, nous sommes tombés sur un salon de thé ouvert. Nous avons pensé qu'une petite pause rafraîchissement ne nous ferait pas de mal, et franchi la porte sans nous douter de ce qui nous attendait à l'intérieur.







Un peu hésitants, nous avons longé un couloir jaune puis traversé une salle rouge sombre et déserte, décorée dans un style asiatique. Au fond, trois petites tables flanquées de banquettes s'alignaient dans une véranda lumineuse, et j'ai songé que ce serait très agréable de s'installer là. Puis l'un des clients en train de boire son thé m'a souri en désignant de l'index une seconde porte.

Nous sommes ressortis dans une cour fermée, envahie par les plantes et baignée de soleil. Un oranger trônait au bord d'une terrasse couverte; des poufs entouraient des tables basses dont l'une était occupée par un couple et ses trois petits garçons; quelques chardonnerets sautillaient partout sous le regard impassible de deux statues de Bouddha; des haut-parleurs diffusaient une musique lounge surprenante. Un véritable enchantement.








La carte comportait plus de 300 thés, parmi lesquels j'ai reconnu des mélanges Theodor et Tekoe ainsi que certains crus du Palais des Thés. Les 8 trésors de Shaolin, que j'avais choisis initialement, étaient en rupture de stock; j'ai donc opté pour un Lu Shan (thé vert chinois réputé, que je n'avais encore jamais goûté) tandis que sur mon conseil, Chouchou commandait un Tamaryokucha Impérial (thé vert japonais un peu herbacé, très fin).

Après ça, comme nous avions à peine grignoté aux environs de midi et que nous avions vraiment envie de nous attarder, nous nous sommes laissé tenter par un menu lunch à 6€ composé d'une délicieuse soupe de légumes parfumée aux épices, ainsi que de calmars en sauce ou de poulet grillé. Si j'avais eu de quoi lire dans mon sac, je pense que j'aurais renoncé à la suite de la balade de geocaching et que nous serions restés là jusqu'à l'heure de la fermeture. Deux moments parfaits en deux jours - je peux vous dire qu'on s'est sentis drôlement gâtés...




Rua de Miguel Bombarda 457
4050 PORTO

Spaghetti à la purée de Martiens*




Ingrédients (pour 2 personnes):
- 200g de spaghetti secs
- 1 petite tête de Martien brocoli
- 1 petite gousse d'ail
- 4 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 10cl de crème légère
- 1 poignée de pignons
- sel, poivre

Faire cuire les pâtes selon les instructions du paquet.
Pendant ce temps, découper le brocoli en petites fleurettes, et la tige en rondelles pas trop épaisses. Faire cuire dans de l'eau bouillante. Egoutter. Mettre dans le bol d'un blender avec la gousse d'ail émincée, l'huile d'olive, la crème, les pignons, du sel et du poivre. Verser cette purée sur les pâtes cuites. Avant de servir, rajouter un filet d'huile d'olive et quelques pignons pour la décoration. 

*On ne sait jamais, si vous avez des enfants du genre de Calvin, ça peut réussir à leur faire avaler du brocoli sans rouspéter!