samedi 13 décembre 2014

Le samedi où je me rends compte que bien picoler va me revenir cher




Réveillée spontanément avant 7h - même si je ne finis par me lever qu'un peu avant 8h30. OK, le craquelin est un substitut acceptable au cramique. Le gommage visage bio aux fruits rouges de chez Nuxe (que j'avais récupéré dans je ne sais plus quelle box beauté et que j'entame seulement maintenant) est un énorme coup de coeur, d'abord parce qu'il sent bon et change de texture une fois mouillé, ensuite parce que jamais de ma vie ma peau ne m'a semblé aussi lisse et aussi fraîche après coup - jamais. Attaquons la rédaction des cartes de voeux, et commandons des timbres pour pouvoir les envoyer. Je ne suis pas fan des cours de yoga pendant lesquels on ne fait pas une seule posture classique, à l'exception du corbeau que Chouchou maîtrise désormais comme un chef (#lulucostaud) mais moi toujours pas en raison de mes bras trop courts et musclés comme des clafoutis individuels. Je ris tout haut, mais un peu jaune, en lisant le texte de mon angel card. Ce n'est pas DU TOUT ce que je suis, mais c'est très exactement ce vers quoi il faudrait sans doute que je tende. Ca tombe bien, je réfléchissais à mon mot pour 2015 et j'avais un peu de mal à trouver quelque chose qui me parlait. Je me laisse encore une semaine pour y réfléchir. Chouchou qualifie la journée de "gloomy"; moi, tant qu'il fait un froid sec et qu'on a vaguement de la lumière, ça me va. C'est décembre à Bruxelles, quoi! Peu de monde au comptoir des reventes chez Pêle-Mêle, hourra. Un fast-food où le service est plus lent que dans un resto classique, c'est quand même un peu pénible - n'est-ce pas, Walk'in Thai? Dommage, j'aime beaucoup leur bouffe crapuleuse et leurs tarifs hyper raisonnables. Dans la commande d'hier, que nous parvenons à récupérer au Delhaize Flagey, se trouve une bouteille gratuite de Fresita, un mélange de vin mousseux chilien et de jus de fraise que j'avais goûté au Blue Lagoon, près de Reykjavik, et trouvé délicieux pendant que je barbotais à ciel ouvert dans une eau à 40°. Avant de me poser, je dois encore rapporter dans un point-relais les bottines Schmoove que j'ai décidé de ne pas garder. Le patron du point-relais est bien embêté: son appareil à code-barre refuse de flasher le code QR présent sur mon bon de retour. Je ne félicite pas DPD. Puisque je suis dans le coin, passons chez le fleuriste de la place Jourdan chercher quelques renoncules. 12€ la botte de 10? Alors que celles que la fleuriste de Monpatelin m'a données il y a deux semaines coûtaient 4€ à la base et, même défraîchies, ont pour la plupart d'entre elles tenu une grosse semaine? A ce prix-là, sauf erreur de calcul, je devrais pouvoir les garder jusqu'à mi-janvier. Je rentre chez moi en grommelant et, bien qu'il soit encore tôt, je décide de me rafraîchir avec le fameux Fresita. Oh mon Dieu, c'est infâme. Si je comprends bien, pour apprécier de la piquette, il faut que je me trouve à l'autre bout du monde, ou au moins dans un endroit suffisamment exotique pour que tout me paraisse merveilleux. A Bruxelles, je suis donc condamnée au bon champagne et aux cocktails de l'hôtel Le Berger. Ca va faire cher l'alcoolisme mondain. Ce soir, c'est dîner bi-soupes (le reste de haricots mungo de l'autre soir, et un velouté de pourpier avec des tartines de bleu) devant le dernier épisode de "The Big Bang Theory". J'ai affreusement envie de lire la suite de "Erased", mais je n'ai pas trouvé les tomes 2 et 3 au Brüsel Flagey et je vais devoir attendre que le facteur me les apporte dans le courant de la semaine prochaine. Le bonheur de se glisser dans des draps propres. 

vendredi 12 décembre 2014

Le vendredi où ça veut juste pas




Grâce à la cliente de Chouchou qui l'appelle à 7h15, je suis debout à 7h45: encore un quart d'heure de gagné sur l'instant V (comme verticalisation). Je viens de réaliser à qui le méchant de ma trad me fait penser - c'est Keyser Söze, en plus flippant. Mais, euh, des cèdres à Montpellier, vraiment? Chie Mihara me souhaite de joyeuses fêtes. Ils peuvent: sur le peu de chaussures que j'ai achetées cette année, il y avait deux paires qui venaient de chez eux. Ah, le livre que je dois commencer à traduire en janvier est arrivé... et c'est un monstre. J'informe deux autres éditeurs qui ne m'ont pas donné les dates de remise pour leurs prochains ouvrages que du coup, ma date de remise minimum passe pour l'un à fin avril, et pour l'autre à mi-juin. Réponse du premier: il me faut votre traduction pour mi-avril. J'attends avec impatience que l'autre me dise qu'il a besoin de son bouquin pour, genre, fin février. Par contre, bonne nouvelle: le virement que j'attendais depuis juin 2013 vient d'arriver. Pour fêter ça, je renonce à faire mes cinq dernières pages de la journée (je sais, c'est mal) et m'aventure dehors en pleine tempête afin de me rendre à une dédicace. Presque une heure pour faire neuf arrêts de bus dans des bouchons hallucinants et sous une pluie battante. Une fois sur place, encore une grosse heure d'attente debout, avec mon dos qui me torture. Et quand vient mon tour et que je réclame un dessin de madame D., écrivaine spirituelle au menton et au nez archi-pointus, qui arbore des lunettes rondes géantes et un chignon vertigineux, je me retrouve avec une vieille dame générique au menton et au nez ronds, avec de petites bésicles et des cheveux courts vaguement gonflés à l'arrière. Je suis déçue. Je comprends bien que ça doit être crevant de dessiner à la chaîne, et je sais que l'auteur (par ailleurs fort sympathique) n'est même pas rémunérée pour ça, donc je remercie avec un grand sourire; mais si j'avais su, je serais restée au chaud à la maison au lieu de choper la mort et de me bousiller les vertèbres. Heureusement, le retour est plus rapide. J'arrive chez moi; la lumière du hall est cassée. Je monte les étages à tâtons en m'imaginant rater une marche et me fracasser le crâne sur le palier du dessous, puis je mets une éternité à trouver le trou de la serrure avec ma clé. Chouchou me rejoint quelques minutes plus tard: le Delhaize Flagey, où il devait passer récupérer ce soir les courses faites sur internet, a été pris d'assaut par des syndicalistes qui l'ont forcé à fermer. Et dans la commande eFarmz, mon cramique bien-aimé a été remplacé par un craquelin. Apparemment, le dieu des petites contrariétés a décidé que c'était ma fête aujourd'hui. Tant que ça empêche son jumeau le dieu des grands drames de s'intéresser à mon cas! Changer d'actrice au milieu d'une scène entre le pilote et le deuxième épisode de "Transparent", c'était assez culotté. "Je n'aime pas que mes cheveux fassent un angle avec mon crâne", me déclare très sérieusement Chouchou pour m'expliquer sa politique de tonte. Avant de prendre un air dégagé comme je fronce les sourcils et renifle en essuyant la vaisselle, au cas où je croirais que c'est le T-Rex sur mon torchon qui vient de lâcher un pet. Une chose est sûre: je mourrai peut-être d'asphyxie, mais probablement pas d'ennui.

"Porcelaine T1: Gamine"


Gamine des rues, abandonnée par son père qui doit revenir la chercher (mais quand?), elle survit en volant avec ses compagnons d'infortune. Un soir, sous prétexte qu'elle est la plus petite et la plus rapide d'entre eux, une grande de la bande la force à s'introduire dans la propriété d'un soi-disant "sorcier maléfique" pour y dérober de l'argenterie. En réalité, le propriétaire des lieux est un alchimiste inconsolable de la mort de sa femme. En cherchant à ramener cette dernière auprès de lui, il a découvert comment créer des automates de porcelaine qui lui servent de domestiques et de protecteurs. Cette gamine à la langue bien pendue le fait rire; alors, comme il se sent seul depuis trop longtemps, il décide de la garder chez lui... 

Pour donner une idée du contenu de cet album, mon libraire cite Ted Naifeh, Tim Burton et Harry Potter. L'éditeur, lui, mentionne Charles Dickens et Lewis Carroll. Et s'il est vrai que "Porcelaine" séduira sûrement les fans de ces auteurs/univers, le réduire à une série d'influences, si prestigieuses soient-elles, serait lui causer beaucoup de tort. Ce serait nier l'originalité de son atmosphère, l'envoûtement tissé par ce conte de fées dépourvu de méchant où les passages enchanteurs alternent avec les scènes inquiétantes et où l'horreur cueille le lecteur quand il s'y attend le moins - une horreur née non pas de la cruauté ou de la malveillance, mais de la misère et du chagrin. Oeuvre au scénario fort, servi par un graphisme plaisant (bien qu'il manque peut-être d'un petit grain de folie), ce premier tome constitue une histoire en soi. Mais je ne doute pas que lorsque vous l'aurez lu, vous brûlerez d'envie de vous jeter sur la suite - hélas pas encore publiée. En attendant, "Gamine" pourrait d'ores et déjà faire un excellent cadeau de Noël!




jeudi 11 décembre 2014

Le jeudi où on va se promener en ville pour admirer les lumières de Noël




Réveillée presque une heure avant que le réveil ne sonne, je commence à prendre le rythme! Aujourd'hui, j'attaque le chapitre le plus long et le plus oppressant du bouquin. Je m'interromps à la fin de chaque paragraphe pour respirer et faire un reset mental; du coup, j'avance à une allure d'escargot. Le facteur apporte les bottines Schmoove à étoiles qui ne devaient arriver que demain, elles sont jolies mais vraiment très plates, avec un cuir assez rigide dont je crains que le rebord ne me blesse la cheville; je vais donc les renvoyer. A la place, j'envisage des merveilles rouges de chez Wonders. Shootée à l'Earl Grey vert, je réussis à boucler ma rude journée avec dix minutes d'avance et file me préparer pour sortir avec Chouchou. Ca ne circule pas du tout dans le centre; le 38 avance à une allure d'escargot et finit par nous larguer quelques centaines de mètres avant son terminus. Comme d'habitude, les tarifs internationaux de BePost me donnent envie d'aller me pendre. Consolons-nous en achetant quelques biscuits de La Cure Gourmande pour demain, et en renouvelant les stocks de You Zi Hua Cha et de thé blanc au jasmin au Nong Cha. "Je vous fais goûter un thé rouge à la rose?" propose aimablement le vendeur. Euh, non, merci, je préfère pas. Cette année, le sapin de la Grand-Place est nettement plus classique que celui de l'an dernier, et nettement moins suggestif que celui de la Place Vendôme mi-octobre. De manière générale, je trouve tout moins décoré et moins joli, mais ça fera des économies d'énergie. Ah, l'horrible odeur du vin chaud, le parfum écoeurant des sucreries mélangé aux relents de charcutaille et de fromage, les produits artisanaux moches et inutiles - vivent les marchés de Noël! Je ne peux même pas monter dans la grande roue (il fait trop froid) ni m'offrir une crêpe géante, mon péché mignon (il y a beaucoup trop de queue au stand). La balade reste néanmoins agréable en ce jeudi soir où il n'y a pas encore trop de monde. Les mains gelées d'avoir tenu nos appareils photo, nous nous réfugions chez l'Archiduc. Posé sur le piano, un énorme bouquet de lys dispute visiblement aux cahots du 38 et aux remugles boustifailliens l'honneur de me filer la plus grosse nausée de la journée. Quant aux cocktails... Ils sont aussi chers que ceux de l'hôtel Le Berger, mais trois fois plus petits et dix fois moins bons, servis avec un mini-bol de chips industrielles plutôt que de délicieuses bouchées maison. Chouchou, pourtant très peu difficile en matière de nourriture et de boisson, commente en rigolant que son Virgin Mary est le jus de tomate le plus dégueulasse qui a jamais franchi ses lèvres.  Nous ne nous attardons pas. Il est déjà 19h passées, mais en raison d'un événement privé qui a lieu à l'étage, Brüsel est toujours ouvert, youhou! Et je ne résiste pas à trois bédés très alléchantes, non plus qu'à une figurine de licorne cosmique. A la station Arts-Lois, une chanteuse massacre "Lipstick polychrome" avec conviction. Nous dînons tardivement des super spaghetti à la Norma de Chouchou devant le pilote de "Transparent". Je ne raffole pas de la manière de filmer façon 70's, mais tout le reste me paraît assez bien pour que j'aie envie de continuer. Maintenant, résister à l'envie de me faire une tasse de thé au jasmin qui risquerait de m'empêcher de dormir...

Winter To Do List




1. Envoyer une carte de voeux à tous mes proches
2. Réaliser un carnet de voyage à Porto
3. Démarrer un art journal/agenda 2015
4. Organiser un séjour en Suisse au printemps
5. ...et quelque chose de chouette pour mon anniversaire
6. Faire une des enquêtes de Qui veut pister Bruxelles*
7. Commander de nouveaux stickers Moo pour le blog
8. Changer la bannière du blog
9. Me créer un profil LinkedIn
10. Faire le 30 Day Shred challenge
11. Planifier le remplacement de l'escalier de ma mezzanine
12. Prendre rendez-vous chez la gynéco
13. Faire une analyse de sang
14. Trouver 3 nouveaux thés parfumés que j'aime
15. Apporter mes boots de moto chez le cordonnier

*(reporté de ma liste d'automne)

mercredi 10 décembre 2014

Le mercredi où je reçois ma première carte de voeux




A 6h30, l'iPhone de Chouchou émet un bip strident pour signaler la réception d'un texto - grrrr. Je n'aime toujours pas me lever à 8h, mais je suis assez contente des deux journées précédentes pour ne pas rechigner à m'extraire de la couette quand le réveil sonne. Je kiffe tellement cette présentation de Paris que je relis ma propre traduction trois fois d'affilée, en jubilant toujours davantage à la fin: "Pour Aquarius, Paris était la dernière résidence connue de l'entité nommée Janus." Pourquoi le site de Flow Magazine refuse-t-il ma nouvelle Visa (activée dans les règles) quand je tente d'acheter le calendrier 2015 avec une citation par jour? J'avais arrêté de commander sur eFarmz en raison d'un bug qui semble avoir disparu; faisons donc un plein de légumes belges, de muesli bio - et, OK, de cramique pour le week-end. Je décroche de justesse la dernière place pour la dédicace d'Aurélie Neyret vendredi, youhou! Newsflash: même périmée depuis 1 an, 11 mois et 13 jours, la sauce au poivre D&L demeure parfaitement comestible. Le facteur ne m'apporte pas le bouquin que je dois commencer à traduire en janvier, ni le contrat qui va avec, ni mes exemplaires du tome précédent; en revanche, il me dépose (sans sonner, évidemment) un avis de passage au nom d'une fille qui n'est pas moi et qui habite environ 160 numéros plus loin, ainsi qu'une carte de Noël envoyée par Petra. Le cassoulet de canard aux litchis sur un lit de blettes marinées avec des prunes siciliennes cueillies à la main, c'est, euh, un poil étrange. Tout comme cette jeune Parisienne prénommée Monique (ou alors, c'est une enfant Ogino dont ses parents voulaient se venger). Je ne peux jamais employer le mot "courroux" sans avoir envie de rajouter "coucou" derrière, merci le tribunal des flagrants délires. Passer un long moment à chercher ce qu'on va bien pouvoir faire à manger ce soir. Soudain, l'idée de génie: une soupe de pois cassés! C'est de saison, ça tient bien au corps, ce sera parfait. Je fouille dans mon placard: je n'ai pas de pois cassés. Par contre, j'ai des haricots mungo qui y ressemblent beaucoup. On peut bien remplacer des petites billes vertes et dures par d'autres petites billes vertes et dures, non? La première fois, je ne m'étais pas rendu compte que la fin de la saison 5 de "Gilmore Girls" était autant à côté de la plaque. L'église orthodoxe s'élève contre la construction d'une réplique de l'Oeil de Sauron à Moscou - les gens n'ont vraiment pas d'humour. Pendant que la ricotta sèche dans le four, essayer de fignoler une To Do List d'hiver à la fois stimulante et réaliste, fun et utile. Allez, au dodo - demain, je dois avoir fini de travailler à 16h.

mardi 9 décembre 2014

Le mardi où je décide que janvier sera sportif




Quand Chouchou se lève, j'ai déjà fait mon tour sur internet et traduit trois pages. Je m'interromps pour petit-déjeuner avec lui d'un oeuf au plat et d'une tartine beurrée, puis il part en clientèle et je me remets au boulot. 14 pages en 3h, je suis un peu en-dessous de ma productivité-record d'hier, mais ça reste vachement bien vu la difficulté du texte. Sur Facebook, ma copine Marika parle d'un challenge d'exercice à la maison (le 30 Day Shred de Jillian Michaels) grâce auquel elle vient de perdre 7 kilos. Je suis assez tentée. Les séances font un peu moins d'une demi-heure, et il faut s'y tenir un mois en continu. En janvier, ce serait pas mal: ma motivation sera au top, et je n'ai pas de déplacement prévu hormis l'habituel va-et-vient Bruxelles-Toulon. Un reste de pâtes aux courgettes le midi. C'est drôle: en vieillissant, y'a plein d'aliments que je n'aimais pas avant que je me mets à apprécier; par contre, les oignons, c'est l'inverse, je vais finir par ne plus les supporter du tout. Pas évident de dresser une To Do List d'hiver: je n'ai guère envie de sortir en cette saison, donc je dois me concentrer sur des activités d'intérieur, mais même pour ça, ma motivation retombe comme un soufflé dès qu'il commence à faire nuit. Encore 9 pages. Finalement, je souffre moins sur un texte difficile mais passionnant que sur un texte facile mais chiant. Si j'arrive à tenir ce rythme, je me dégage une journée de relecture supplémentaire juste avant Noël, ce qui ne sera sans doute pas du luxe. Je crois que je viens de retoucher mon Vodka & Caviar avec du A Oui Bit Of Red (les initiées comprendront). Le problème avec les cosmétiques naturels, c'est qu'ils ne contiennent pas de conservateurs, et comme je suis trèèès détendue de la routine beauté, en général, ils tournent ou moisissent avant que j'aie réussi à en utiliser ne serait-ce qu'un quart. C'est bon de faire bisquer mes contacts Facebook en postant de courts extraits de "Touch" et des statuts délirants d'enthousiasme sur mon-boulot-de-maintenant-à-moi-que-j'ai. ("Tu es cruelle", me dit quelqu'un. J'espère bien.) Chouchou frôle la crise d'apoplexie parce que j'ai utilisé le couteau à tomates pour vérifier si la patate douce était cuite à coeur. Entre ça et les asperges sautées à l'ail, c'est un peu le festival de l'huile d'olive ce soir dans les assiettes. Je sais qu'il n'a pas écrit son sketch lui-même, mais Barack Obama est juste à mourir de rire. Par contre, je ne tiens pas à revoir Valéry Giscard-d'Estaing jouer de l'accordéon, merci, j'aimerais autant ne pas cauchemarder cette nuit. Sous la couette, nous faisons deux petites boules chaudes emboîtées, et je glisse une main sous le haut de pyjama de Chouchou pour toucher sa peau nue.

Autumn To Do List: bilan




1. Réaliser un carnet de voyage à Copenhague
C'est fait. Je n'ai absolument pas pris le temps de dessiner dans le petit Moleskine orange choisi pour l'occasion, mais j'ai noté ce que nous faisions chaque jour, collé les menus souvenirs papier ramassés ça et là, tenu une liste de dépenses en couronnes danoises et agrémenté le tout de jolis autocollants. 
Taux de réussite: 90% (ça aurait été mieux avec quelques dessins)

2. Organiser le voyage de fin d'année à Porto
C'est fait aussi. La chouette auberge conseillée par ma copine Marika était complète, mais pour le même prix, nous avons trouvé un appart' Air B'n'B sympa dans le centre historique, non loin d'une station de métro. J'ai repéré quelques trucs à faire dans le seul guide de voyage dégoté pour l'occasion, mais le plan, ce sera surtout de nous balader en prenant des photos et en géocachant. J'aurais d'ailleurs aimé préparer une liste de caches à chercher, mais le site se montre peu coopératif: celles qu'il me donne quand je tape le nom de la ville se situent en réalité à une vingtaine de km à l'extérieur, et je ne sais pas comment rectifier ça.
Taux de réussite: 75% (je n'aime pas géocacher en aveugle)

3. Tester le bookcrossing
C'est fait, et je ne suis pas emballée. Le taux de découverte annoncé est très faible (seulement 20%), et un bug du site m'interdit de changer le pays de libération au gré de mes déplacements en Belgique, en France ou ailleurs, ce qui m'a empêchée de relâcher un poche que je venais de terminer au Generator Hostel de Copenhague - pourtant l'endroit idéal pour ce genre de chose. Comme par ailleurs, je n'ai aucune nouvelle des 2 poches effectivement relâchés, je ne pense pas poursuivre l'expérience.
Taux de réussite: 100% (par contre, taux de satisfaction très bas!)

4. ...et le massage aux pierres chaudes
C'est fait, en octobre au Boudoir de Jade. Je ne suis pas particulièrement séduite.
Taux de réussite: 100% (et taux de satisfaction assez moyen)

5. Faire un Quarantine Live Escape Game
L'ouverture de la salle a été légèrement retardée, mais mon équipe et moi testerons ça le dimanche 21 en avant-première!
Taux de réussite: en attente

6. ...et une des enquêtes de Qui veut pister Bruxelles?
Nous n'avons pas trouvé le temps de caser ça. Début 2015, sans doute.
Taux de réussite: 0% (mais ce sera reporté sur ma To Do List d'hiver!)

7. Réaliser un tableau dans un tambour à broder
J'ai commencé modestement par un porte-broches, enchaîné par une broderie rétro, vainement tenté de continuer avec un transfert sur tissu (réussi mais que j'ai dû encadrer autrement en fin de compte).  Et j'ai fait quelques esquisses d'un projet qui me tient à coeur, et que je tenterai de réaliser cet hiver.
Taux de réussite: 50% (car ce que j'avais en tête à la base, ce n'était pas n'importe quel tableau, mais le fameux "projet qui me tient à coeur")

8. Goûter les scones du God Save the Cream
C'est fait. Ils sont très bons. Par ailleurs, je recommande vivement leur brunch du dimanche.
Taux de réussite: 100%

9. Essayer les nouveaux cours de yoga du Serendip Spa
Je n'ai pas réussi à me motiver pour sortir le soir maintenant qu'il fait froid/pluvieux/nuit aussi tôt, et j'avais autre chose à faire pendant l'après-midi "portes ouvertes" de samedi dernier.
Taux de réussite: 0%

10. Créer un tableau détaillé pour le suivi de mes traductions
C'est fait. Il s'agit d'un simple document Google Drive que je peux consulter depuis n'importe lequel de mes appareils. Dessus, j'indique la date de remise convenue pour chaque ouvrage, et je pointe la réception du contrat signé par l'éditeur, puis les paiements effectués, la réception de mes exemplaires de traducteur et le signalement à la Sofia. Ca m'évitera de ne pas m'apercevoir que j'ai un trou dans mes séries ou de me poser des questions dont je ne peux pas vérifier la réponse parce que je suis à Bruxelles alors que ma documentation se trouve à Toulon (par exemple). 
Taux de réussite: 100%

11. Installer 1password sur mes MacBook et mon iPad
C'est fait. Je n'ose pas y noter mes login et mots de passe les plus importants (ceux qui permettent d'accéder à mes comptes bancaires, notamment), mais pour les identifiants de réseaux sociaux, de sites administratifs mineurs ou de sites marchands sur lesquels je n'ai pas enregistré de cartes de paiement, c'est très pratique: ça m'évite d'avoir à réinitialiser mes mots de passe tout le temps, parce que je ne sais pas vous, mais moi, je n'arrive juste pas à retenir 80 mots de passe différents comportant chacun minimum 8 caractères dont une majuscule, un chiffre, un signe de ponctuation, un hiéroglyphe vieux d'au moins 3000 ans, une invocation à Satan et que sais-je encore.
Taux de réussite: 80% (pour l'instant, je n'ai pas le réflexe de m'en servir)

12. Proposer un challenge minimaliste sur le blog
C'est fait. Le succès n'a pas été à la hauteur du challenge anti-morosité de l'an dernier, mais je m'y attendais: le thème était nettement moins porteur et se prêtait peu aux échanges dans les commentaires. Je suis quand même contente de l'avoir mené à bien, ne serait-ce que parce que ça m'a permis de poursuivre ma propre entreprise de déstockage personnelle!
Taux de réussite: 100%

13. ...et un swap de Noël
J'y ai finalement renoncé, pour les raisons que j'explique ici. En revanche, j'ai ensuite organisé en privé une ronde de cartes d'anniversaire pour l'an prochain.
Taux de réussite: 0%

14. Apprendre à faire les oeufs pochés
Chaque fois que j'y pensais, impossible de trouver une recette incluant des oeufs pochés; du coup, je ne voyais plus l'utilité d'en faire.
Taux de réussite: 0%

15. Renouveler la déco de porte à Bruxelles et à Monpatelin
A Bruxelles, j'ai enlevé la carte du monde à gratter qui prenait toute la place depuis deux ans, et je l'ai déplacée, en la collant avec du scotch double face, dans un petit bout de couloir où la fragilité de la cloison m'interdit de planter des clous, si bien qu'il était toujours resté vide jusque là. Du coup, l'arrière de la porte d'entrée blindée a pu reprendre sa fonction de grand tableau magnétique sur lequel j'affiche pêle-mêle des photos, des cartes postales et des magnets-souvenirs de voyage. Par contre, à Toulon, je n'ai pas eu le courage de m'attaquer à l'arrière de la porte de mon bureau.
Taux de réussite: 50%

lundi 8 décembre 2014

Le lundi où j'aimerais bien être aussi efficace tous les jours




Hier soir, Chouchou m'a fait jouer à "The room" sur son iPad, et j'ai largement dépassé mon heure de coucher prévisionnelle sans m'en rendre compte. Juste avant de me réveiller, je rêve qu'une lectrice m'offre des chaussons en forme de panda (ceci n'est pas un désir inconscient et encore moins un appel au peuple). J'ouvre un oeil une minute avant que mon simulateur d'aube ne se mette à sonner. A 8h45, je commence à bosser. A 12h30, j'ai fini mon quota de pages de la journée, et je pense avoir très bien travaillé de surcroît. Je me sens tellement efficace que je me demande si, au lieu de traduire égoïstement, je ne devrais pas m'attaquer à la résolution d'un vrai problème, genre les réfugiés syriens, Vladimir Poutine ou les manches trois-quarts. Profiter de ma pause-déjeuner pour écouter la fin du 2ème CD (sur 11!) de l'audio book d'Amanda Palmer. Ce qu'elle dit sur la vulnérabilité enfonce le clou de la conférence TED de Brene Brown que j'avais vue il y a deux ans, mais je ne suis toujours pas sûre d'avoir envie de l'entendre. Discussion sur "The room" avec Chouchou pendant qu'il lace ses Docs pour partir en clientèle: "J'aimerais bien continuer, mais vu que toi, tu l'as déjà fini, ça va t'ennuyer de me regarder faire, non?" Il rigole: "Avec toi, le spectacle est dans la salle." J'imagine qu'il y a pire fondation pour un couple que de se trouver mutuellement distrayants. Bosser encore deux heures cet après-midi histoire de prendre un peu d'avance, et boucler la journée à 6h de travail effectif pour un peu plus de 48 000 signes français d'un texte pas évident. Si seulement ça pouvait être comme ça tout le temps! Pour me récompenser, je m'accorde le droit de décapsuler le chocolat blanc Whittard et d'en boire une tasse avec du vrai lait. Chouchou rentre tôt: lui aussi a été super efficace. Il m'a trouvé un nouvel Instagram de hérisson* qui me fait pousser des couinements attendris et, en même temps, me rend triste de penser que je ne peux plus vraiment avoir d'animaux. Aujourd'hui c'était les obsèques de la mère de son ex, et voir les rangs de la génération du dessus s'éclaircir, ce n'est pas très gai non plus. La journée commencée pleine d'énergie se termine sur une note mélancolique. Du coup, je ne résiste pas très longtemps à ce trophée de chasse portrait en origami de Georges-Arthur à monter soi-même.

*Instagram de hérisson: ernest_hedgingway et marutaro_hedgehog, grave mignons tous les deux. 

"The story of Mademoiselle Oiseau" et quelques autres idées de beaux livres à offrir pour les fêtes




C'est dans ma boutique du Form & Design Center de Malmö que j'ai repéré ce magnifique ouvrage pour la première fois, en septembre dernier... et en suédois, une langue dans laquelle je sais à peine dire "Bonjour" et "Merci". Un petit tour sur Amazon m'a appris qu'une version anglaise sortait le 15 février 2015. Je l'ai pré-commandée et, par je ne sais quel tour de passe-passe, reçue la semaine dernière.

Mademoiselle Oiseau, donc, vit à Paris, au dernier étage d'un immeuble avenue des Temps Perdus. Nul ne connaît son âge: bien qu'elle semble jeune et élégante, on chuchote qu'elle habite là depuis près d'un siècle. Mais à vrai dire, c'est à peine si on l'aperçoit de loin quand elle sort sur sur balcon. Car Mademoiselle Oiseau ne met jamais les pieds hors de chez elle. Tous les midi, elle envoie l'un de ses nombreux chats lui chercher une quiche aux poireaux et un macaron à la boulangerie du coin. Et elle vit ainsi en recluse jusqu'au jour où la petite Isabella, gamine terne de 9 ans qui habite juste en dessous de chez elle, vient sonner à sa porte. Emerveillée, Isabella découvre un appartement plein de pièces qui ne peuvent pas exister, où la cuisine sert uniquement à concocter des parfums et où une passerelle aérienne conduit vers un château hors du temps... 









Mademoiselle Oiseau est une Parisienne à l'élégance intemporelle, qui ne s'entoure que de belles choses un peu magiques et de personnages excentriques. Andrea de la Barre de Nanteuil crée un conte de fées urbain, une histoire gaie et légère comme une bulle de champagne, très joliment illustrée par la Suédoise Lovisa Burfitt. "The story of Mademoiselle Oiseau": une gourmandise de 120 pages à savourer sans modération (en anglais seulement pour le moment).

Comme les fêtes approchent et qu'offrir un beau livre est toujours une excellente idée, voici quelques autres recommandations...

ADULTES

"L'effroyable encyclopédie des revenants", avec des textes de Pierre Dubois (grand spécialiste français des créatures fantastiques), illustrés par Elian Black'mor et Carine M. Une mise en page sublime, un papier épais et odorant comme celui d'un grimoire, et assez d'histoires courtes pour occuper toutes vos soirées d'hiver.
"Walking your octopus": pour les amateurs de steampunk. Victoria promène son poulpe domestique. Un régal visuel signé Brian Kesinger (et que l'on peut éventuellement compléter par "Coloring with your octopus").
"Sherlock: Chronicles": pour les fans de la série avec Benedict Cumberbatch, un ouvrage très riche, plein de photos, d'anecdotes et d'interviews inédites, qui couvre les 3 saisons actuellement disponibles (en anglais seulement pour le moment).

ENFANTS

"Les super-héros détestent les artichauts": a priori destinés aux enfants, ces portraits plein d'humour et de références à la culture pop, mis en images par le talentueux Benjamin Lacombe, devraient également séduire les adultes. (Fourni avec des lunettes 3D.)
"Carnet de notes de Léonard de Vinci": pourquoi, mais pourquoi n'existait-il pas de livres comme ça quand j'étais gamine? Les 5 maquettes à construire soi-même me font tellement envie, 35 ans plus tard, que pour un peu je me l'offrirais aujourd'hui. Si vous avez de jeunes bricoleurs dans votre entourage, ils devraient adorer!
"Mille milliards de trucs (et de moutons)": un livre-jeu qui fonctionne sur le même principe que la série des "Où est Charlie?" - c'est-à-dire qu'il s'agit de retrouver un objet bien précis parmi une multitude d'autres, au fil d'une journée de la vie d'un enfant. Les délicieuses illustrations à l'aquarelle sont signées Anne Montel.

dimanche 7 décembre 2014

Le dimanche avec l'audio book d'Amanda Palmer, les photos envolées de Funambuline et le coup de fil de ma soeur


(Non, je ne suis pas en train de méditer mais de téléphoner.)


Réveil 10h avec une bonne migraine car j'ai eu trop chaud pendant la nuit. Mais que fout le thermostat entre l'heure du coucher, où je me gèle tout habillée sous la couette, et le moment où j'émerge en nage le lendemain matin? Est-ce qu'il s'amuse à faire des sinusoïdales de température juste pour me rendre dingue? Et au nom du ciel, qu'ai-je fait à cet appareil pour mériter une torture pareille? Le mystère est épais comme un chocolat chaud préparé avec du lait entier au lieu de cette saloperie de jus de noisette. Un Doliprane 1000, quelques gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée, une bonne tasse de You Zi Hua Cha, un morceau de tarte aux pommes et c'est parti pour tenter de faire quelque chose de productif de ce dimanche maussade. Lancer l'audio book de "The art of asking", et me rendre compte qu'écouter un texte me réclame beaucoup, beaucoup plus d'attention que de le lire. Préparer ma trousse pour Porto, et en profiter pour finaliser mon article sur les carnets de voyage pendant que Chouchou part soulever de la fonte. A son retour vers 14h, déjeuner lui d'un shake protéiné et moi de spaghetti sauce tomate (il me manque du persil pour tester cette recette de Funambuline). Pour une fois, renoncer aux Post-It qui ne seraient pas pratiques sur des cartes dépliables et me contenter d'annoter en rose fluo le Cartoville de Porto. Sécher la vaisselle pendant que Chouchou lave, et ne pas trouver ce petit rituel si désagréable. Puis préparer une théière de l'Earl Grey vert acheté hier au Palais des Thés (et qui est potable bien que pas extraordinaire). Boucler la compta d'octobre, mais ne pas avoir le courage d'attaquer novembre. Comment ça, il fait déjà nuit? Qui m'a piqué mon dimanche? Ecouter Chouchou dépanner Funambuline par Skype tout en préparant des crêpes au lait d'amande - quand je pense qu'en plus, c'est le Best Bisou Pixie, je me dis que je l'ai bien choisi. Sélectionner quelques beaux livres à recommander en cadeau de Noël. Je suis en train de me dire qu'il faudrait que j'appelle ma mère quand le fixe sonne: c'est ma soeur. Attila et Cahouète ont tous les deux besoin d'un appareil dentaire, et en prime, Cahouète va devoir porter des lunettes. Ma soeur elle-même envisage d'ouvrir un PER - cette année, Noël sera rock'n'roll. La voisine de ma mère se sert d'elle comme d'une gardienne non-rémunérée près de neuf mois par an, mais fait la sourde oreille quand ma mère lui demande quelque chose de parfaitement justifié. Y'a des baffes qui se perdent. Cette remarque vaut également pour les clients de Chouchou qui le contactent à 20h30 un dimanche soir avec un problème urgent à régler. Oublier d'acheter du cidre pour aller avec les crêpes, c'est ballot; avoir du cidre au frigo et oublier de le boire en mangeant les crêpes, c'est carrément crétin. Ah mais je ne dis pas que j'ai mauvais fond: je dis qu'en surface, ma patience est mince. Proportionnelle à mon degré d'intimité avec la personne d'en face, mais globalement mince. Oui, allons nous coucher de bonne heure: une grosse semaine de boulot m'attend à partir de demain.

Comment réaliser un carnet de voyage sans dessiner?


Ca fait des années que je réalise des carnets de voyage, pas systématiquement mais souvent. Au début, je me contentais d'une sorte de journal de bord dans lequel je notais ce que je faisais et voyais au fur et à mesure. Puis je me suis mise au scrapbooking, et je suis passée à des albums photos super élaborés qui me prenaient des dizaines d'heures de travail après mon retour - mais je perdais l'immédiateté des impressions, et cela m'ennuyait. Ensuite, j'ai rencontré Antonia, fait un stage avec elle au Maroc et tenté de passer au carnet dessiné. Ca n'a pas trop marché: d'une part, je n'ai pas de formation technique ni d'amour pour les gribouillis approximatifs; d'autre part, quand je suis à l'étranger, j'ai envie de bouger un maximum pour profiter de mon séjour, pas de passer une heure devant chaque sujet qui attire mon regard.

Quand je m'en suis rendu compte, j'ai eu une période de découragement où je n'ai plus rien fait. Et puis l'année dernière à Helsinki, j'ai fini par m'y remettre avec un tout petit Moleskine 9x14, à la fois peu encombrant et facile à remplir même en quelques jours. J'ai opté pour une version minimaliste: un peu de texte, des collages, quelques croquis et basta. On est très loin des carnets de voyage magnifiques publiés par certains éditeurs, mais ça ne me demande pas trop de temps, c'est du souvenir pris sur le vif (avec juste une heure de finalisation après le retour de vacances), et ça a le mérite d'exister et d'être fini. Aussi, j'ai pensé qu'il serait sympa d'écrire un article là-dessus pour celles d'entre vous qui aimeraient bien faire des carnets de voyage mais ne savent pas trop comment s'y prendre et sont un peu intimidées par le processus. 

1. Le carnet:
- Vous pouvez le fabriquer/l'acheter avant de partir, ou bien attendre d'être sur place et d'en trouver un qui sera déjà un souvenir en lui-même. Problème: si vous ne trouvez pas très vite, vous aurez pris du retard, cela vous découragera, et votre projet risque de tomber à l'eau avant même d'avoir démarré. 
- Tant que vous n'avez pas l'intention de dessiner, n'importe quel type de papier peut convenir, mais s'il est trop fin (comme celui des Moleskine que j'utilise, justement!), l'encre risque de traverser. Pour pallier ce problème, j'écris sur les pages de droite et colle mes souvenirs sur les pages de gauche. 
- Niveau dimensions, on voit toujours trop grand. Plus un carnet est petit, transportable et facile à terminer, plus il aura de chances de servir votre objectif. 

2. Le reste du matériel:
J'emporte toujours une jolie trousse tout-terrain (type trousse d'écolier) dans laquelle je fourre quelques essentiels:
- un stylo noir (j'utilise une pointe de taille 0.3 qui écrit à l'encre de Chine, parce que c'est l'épaisseur de trait qui me convient et que j'aime la façon dont elle glisse sur du papier satiné)
- un stylo-gel rouge ou rose, pour les accents éventuels
- un crayon à papier, pour prendre des notes effaçables par la suite (exemple: noter le sujet d'une photo que j'ajouterai après mon retour)
- un rouleau de masking tape et/ou un tube de colle liquide et/ou des pastilles autocollantes double face pour coller mes souvenirs au fur et à mesure
- un alphabet auto-collant (plus limité mais moins encombrant qu'un jeu de tampons alphabets avec leur encrier)
- quelques stickers à thème (j'aime bien ceux qui représentent des soleils, des nuages et autres phénomènes météo, mais aussi les étoiles et les coeurs dont je me sers pour souligner les choses qui m'ont particulièrement plu)
- un mini-ciseau de DIY (en vente dans les magasins de loisirs créatifs)
Je m'efforce de choisir uniquement du matériel léger et peu encombrant.




3. Les notes:
Dans la journée, j'écris dès que j'ai cinq minutes de libres et de quoi m'appuyer - notamment dans les cafés où je me suis arrêtée pour boire un verre, ou au restaurant en attendant d'être servie. Durant les trajets en train ou en voiture, ça marche aussi tant qu'on n'est pas gêné par une écriture un peu tremblée. Et je complète le soir à l'hôtel. Ma règle personnelle, c'est de ne jamais prendre de retard d'un jour sur l'autre, parce que je sais qu'il y a 90% de chances pour que je ne le rattrape jamais et que du coup, je n'aie plus envie de continuer mon carnet. Mes notes ne sont pas toujours très longues ni très détaillées, et elles ne forment pas non plus toujours un récit structuré. Parfois, je me contente de dresser une liste des choses faites ce jour-là, et de rapporter quelques détails remarquables ou moments particulièrement plaisants. Je ne vise pas le prix Nobel: je veux juste conserver des souvenirs de mon voyage. 
(Accessoirement, sur la dernière page de mon carnet, je note les dépenses faites pendant le voyage: outre la valeur de témoignage, ça me permet de faire mes comptes une fois rentrée et de budgéter mes vacances suivantes au plus juste.)

4. Les memorabilia:
"Memorabilia", c'est le mot par lequel les Anglophones désignent tous les souvenirs-papier qui se prêtent particulièrement bien à l'inclusion dans un carnet de voyage. Voici quelques idées:
- les tickets d'entrée au musée (et les petites pastilles autocollantes qu'on vous distribue pour indiquer que vous avez bien payé)


- les billets de transports en commun (toujours un peu exotiques à l'étranger!)


- les cartes des restaurants dans lesquels je mange


- l'autocollant enroulé autour de la poignée de votre valise quand vous prenez l'avion, et mentionnant les détails de votre vol, ou votre carte d'embarquement
- des timbres locaux (j'en achète toujours un de plus que mes cartes postales à envoyer)


- une ou deux jolies cartes postales de votre destination


- des autocollants touristiques achetés sur place (blason de la ville, monuments...)


- des photos prises sur place avec un Instax, ou imprimées après votre retour à la maison (gardez-leur une page vierge à l'endroit concerné)


- des étiquettes ou des emballages de nourriture locale (papier de chocolat ou de bonbons, étiquettes de boissons... évitez juste les choses grasses qui vont tacher les pages de votre carnet)


- des étiquettes de shopping


- des feuilles ou des fleurs séchées


- les tampons encreurs ou embosseurs que l'on trouve sur certains sites à visiter (dans tous les monuments au Japon, mais aussi aux studios Harry Potter au nord de Londres, notamment)


- des plans de ville ou de parcs d'attraction, découpés et/ou annotés



Voilà, j'espère que cet article vous aura donné l'envie de faire un carnet de voyage lors de vos prochaines vacances! Pas besoin de partir très loin; c'est vraiment super sympa à réaliser, et ça fait des souvenirs merveilleux pour soi-même ou pour toute la famille. 

samedi 6 décembre 2014

Le samedi où on fait une mini-expédition shopping au Châtelain




Debout à 9h pétantes conformément à mes résolutions du mois tandis que Chouchou traîne au lit encore une bonne heure. Tester le masque frais Lush reçu en échange des pots vides rapportés il y a deux semaines, et faire des selfies à la con pour m'occuper pendant le temps de pose. Il a l'air de faire à peu près beau et pas trop froid aujourd'hui: profitons-en pour nous rendre à pied jusqu'à la rue du Bailli. Washington Square Bagels - sympa sans plus; la salle est petite et sans charme particulier, la carte relativement restreinte. Je continuerai à recommander plutôt APDM. En changeant d'enseigne, Unami (ex-Cha Yuan) a également modifié le nom de tous ses thés. Chez Rose, pendant que j'ai le dos tourné, Chouchou passe discrètement à la caisse avec la bougie "squelette de chat" que je viens d'admirer. Bon, je vais faire comme si je n'avais rien vu et ne pas l'acheter moi-même, donc. Je me contenterai de craquer pour ce bloc "Do or die". Et pour des pinces à sachet renard/hérisson dans la boutique jumelle My Table. Schleiper n'a pas de petit carnet à spirale avec des pages en kraft comme en recherche Chouchou, mais je me vois bien coller ces puffy stickers moustaches sur les photos de mon pêle-mêle. Le Palais des Thés a fait vraiment un superbe boulot de design avec ses nouvelles boîtes; j'ai envie de tout acheter alors que je ne suis pas très fan de leurs produits (à l'exception des mélanges pour infusions glacées). "Je peux vous offrir un thé de la Saint-Nicolas?" "Ca dépend, y'a quoi dedans?" "Amande amère, cannelle..." "En fait, je n'ai pas très soif." Ce n'est pas une carte de voeux à proprement parler, mais ce mashup Star Wars/chocolat trouvé chez Nias où j'étais passée acheter une bête enveloppe à bulles devrait plaire à Philou. Chez Dille & Kamille, je me fais sauvagement attaquer un doigt par une plante grasse poilue qui se révèle être un cactus fourbe hérissé d'aiguilles très fines. Lush est pris d'assaut, heureusement que je sais ce que je veux (un flacon de 500ml de shampoing I Love Juicy) et que je n'ai qu'à l'attraper sur une étagère avant de foncer à la caisse. Rentrons vite à la maison avant de nous prendre une averse sur le coin de la figure, et préparons-nous un chocolat chaud Whittard à 70% de cacao avec du lait de noisette. ...Seigneur, c'est immonde, on dirait que j'ai mélangé la poudre avec de l'eau. Et en fait de bougie "squelette de chat", Chouchou s'est acheté un squelette dansant en bois. Je vais être obligée de retourner chez Rose, c'est vraiment ballot. Oui, je connais encore par coeur les paroles du générique japonais des OAV de Ranma 1/2. Non, je n'ai pas spécialement honte. Le film adapté de "The hundred-foot journey" me plaît moins que le roman dont il est tiré (quelle surprise...) mais reste malgré tout agréable à regarder, avec quelques scènes culinaires qui mettent l'eau à la bouche. Au lit avec Boulet (ou du moins, avec sa dernière bédé)!

Projets anti-déprime pour décembre




Me voici de nouveau à Bruxelles, dont je ne bougerai plus jusqu'à notre départ à Porto pour fêter le Nouvel An. 

Ca va me faire tout bizarre de ne pas être avec ma famille pour Noël. Mais c'est mon choix, et je l'assume. Entre la place vide de mon père à table, ma mère avec qui je me dispute généralement au bout de 24h, ma soeur, son mari et ses enfants qui sont toujours tellement occupés, j'ai estimé que descendre à Toulouse me ferait plus de mal que de bien, et je suis très peu maso sur le plan affectif. Donc, nous nous contenterons d'une petite soirée à la maison avec un repas amélioré (qui proviendra sans doute de chez Picard, par flemme), un peu de champagne et un bon film. 

D'ici là, j'ai énormément de boulot. J'aimerais rendre ma traduction du nouveau roman de Claire North avant de m'envoler pour le Portugal (même si en vérité, j'ai jusqu'au 15 janvier pour la finir), ce qui va impliquer des jours de semaine bien chargés. Et pour ne pas avoir le temps de déprimer, je suis en train de remplir mes week-ends à fond. 

Aujourd'hui, nous allons tester un resto de bagels et faire quelques petites courses: du thé pour Funambuline, du shampoing Lush pour moi, éventuellement la dernière bédé de Taniguchi. Demain, la météo devrait être assez dégueu, ce sera donc une journée cocooning: compta pro, épluchage du Cartoville de Porto, finalisation de mon long post sur les carnets de voyage, peut-être un petit DIY qui me trotte dans la tête. 

Le week-end prochain, il y aura une dédicace d'Aurélie Neyret (dessinatrice des "Carnets de Cerise") au Lotus Noir le vendredi en fin de journée, un cours de yoga le samedi matin et le festival Ice Magic de Bruges le dimanche. Celui d'après, re-yoga le samedi matin, et brunch plus test du Quarantine Live Escape Game le dimanche. Et le dernier week-end du mois, nous bouclerons nos affaires en cours avant de partir. Bref, plein de jolies choses et de billets intéressants - du moins, je l'espère! - en perspective. 

vendredi 5 décembre 2014

Le vendredi où les transports en commun y mettent tellement du leur que ça en devient suspect




C'est plus de mon âge de passer la nuit dans le canapé, mais ça reste le meilleur moyen pour me verticaliser dès la sonnerie du réveil. Couper l'eau et fermer la porte à clé en faisant un gros effort de pleine conscience pour ne pas être prise de panique deux cent mètres plus loin, persuadée que j'ai oublié l'un ou l'autre. Mon bus est à l'heure, et il y a des places assises de libres. "Suite aux intempéries, le ponton Tamaris n'est pas desservi jusqu'à nouvel ordre", défile sur un écran LED. "En raison des intempéries", je rectifie mentalement, un peu agacée. "En raison des intempéries, le ponton Tamaris n'est pas desservi jusqu'à nouvel ordre", récite docilement une voix dans les haut-parleurs, moins d'une minute plus tard. Mes pouvoirs sont grands. Mon TGV est en retard de 10 mn au départ, de 17 mn après un arrêt impromptu à Avignon, mais presque à l'heure à l'arrivée gare de Lyon. J'ai un RER tout de suite et, du coup, le temps d''engloutir un menu nouilles sautées dans le petit buffet asiatique pas loin de la gare du Nord. (Ce qui me donne l'occasion d'écouter un groupe d'étudiants en droit jouer les enfants gâtés et humilier la serveuse; y'a des baffes qui se perdent.) Mon Thalys est à l'heure. J'ai un métro tout de suite, et comme j'émerge de la station Trône par un froid de gueux, je vois le 80 arriver juste en face de moi. Tant de synchronicité des transports en commun, c'est louche. "On" voudrait endormir ma méfiance qu'"on" ne s'y prendrait pas autrement. J'arrive à la maison; Chouchou m'attendait pour partir faire les courses. Nous dressons ensemble une liste exhaustive du nécessaire, et il s'en va en la laissant sur la table. Ayant admis que le prélèvement de 61€ effectué sur mon compte avant-hier relevait d'une erreur, ma banque m'a remboursé aujourd'hui... 60,67€. C'est pas que je sois à 33 cents près, mais j'aimerais qu'on m'explique. Chouchou s'est acheté 2 gels douche en plus des 3 qu'il a déjà dans le placard de la salle de bain; comme ça, si jamais l'usine Le Petit Marseillais ferme ses portes, il aura quand même de quoi se laver jusqu'en février 2016. Sarenza m'envoie une réduction de 30% sur tout le site, alors que je n'ai pas cessé de penser à ces petites boots Schmoove et qu'ils ont encore ma pointure dans la couleur que j'aime. Craquera, craquera pas? La bonne nouvelle de la journée, c'est que Benedict Cumberbatch va incarner le Dr Strange. Non seulement Chouchou ne m'écoute pas quand je lui parle (ce qui est déjà assez rageant), mais en plus, il ne s'écoute pas quand il me parle et me répète les mêmes choses plusieurs fois à intervalle variable. Je compte profiter éhontément de son manque d'attention pour réclamer une triple dose de bisous de rattrapage ce week-end.

Novembre 2014



jeudi 4 décembre 2014

Le jeudi où j'ai une idée brillante




Ah tiens, il pleut de nouveau. Comme c'est original. Mais tant pis, je suis joie: je viens de m'apercevoir que le mélange Igloo, une création de la Thé Box que j'avais adorée à Noël dernier, est désormais disponible sur leur boutique. Les pépins dans la confiture de framboise, ce fléau que les médias passent honteusement sous silence. Dans la série "j'apprends des choses en travaillant": le permis allemand fonctionne à l'inverse du permis français - en cas d'infraction, on gagne des points. Voyons si la Uhu Strong & Safe, censée faire tenir des 4x4 en l'air, suffit à recoller le coffrage de mes lumignons de cuisine qui se casse la gueule d'un côté de la hotte. Mon éditrice qualifie de "brillante" l'idée un peu tirée par les cheveux que j'ai eue pour gérer le problème des changements de temps dans une même ligne narrative. Je suis fière comme un paon. (Ou un pou? Une bestiole dont le nom commence par un "p", en tout cas.) Hier, Beach Body Pilates; aujourd'hui, mal partout et déluge dehors; je crois que je vais m'abstenir de faire du sport. Solange ne répond pas quand je vais toquer à sa porte, et je n'entends pas de bruit à l'intérieur de son appartement: j'espère qu'elle a juste mis son casque avec le volume très fort pour regarder la télé. En fin de compte, le Quarantine Escape Game est repoussé au dimanche 21, à la date où on comptait le faire initialement. C'est quoi cette bosse bizarre sur mon tibia gauche? Demain, je dois regagner Bruxelles en partant dès potron-minet d'une ville noyée sous les eaux, pour arriver avec des vêtements de demi-saison dans une ville où règnent des températures négatives. Je n'ai pas hâte.

mercredi 3 décembre 2014

Où je décide de décaler mon heure de réveil pendant un mois




Si je me levais à une heure décente jusqu'au passage à l'heure d'été, en mars dernier, depuis, c'est le grand n'importe quoi. Devenu free lance, Chouchou n'a plus d'horaires fixes. Avant, j'essayais de me lever le matin quand il s'en allait, et je me débrouillais pour avoir fini de bosser le soir quand il rentrait, vers 18h. Maintenant, nos journées n'ont plus vraiment de cadre strict. Du coup, je ne mets plus de réveil, et j'émerge généralement vers 9h30. Le temps de boire mon thé en faisant mon tour sur internet, puis de me débarbouiller, je ne commence pas à bosser avant 11h, ce qui me fait finir après la tombée de la nuit. Déprime totale - d'autant que du coup, je perds une partie des heures de jour déjà peu nombreuses en cette saison.

Je sais pourtant que quand je fais l'effort de me tirer du lit plus tôt, même si je déteste ça sur le coup, ma productivité augmente en flèche - souvent, ça va du simple au double dans une seule journée. Car, oui, je suis une marmotte dont les heures de plus grande efficacité se situent entre 8h du matin et midi. Chienne de vie. Allez comprendre. Bref, comme j'ai beaucoup de boulot en décembre, et/mais que c'est un boulot super excitant, je me dis que c'est l'occasion rêvée pour me recadrer et arriver début 2015 avec un rythme optimal. Je vise un lever à 7h30 les jours de semaine, et pas plus tard que 9h le week-end, avec le soir une extinction des feux à minuit. Bilan en fin de mois.

Le mercredi où le grand méchant Galilée me file des frissons d'horreur




Debout deux minutes plus tôt qu'hier - le progrès est lent. Crêpes du supermarché pour le petit-déjeuner, moins bonnes que celles de Chouchou évidemment, mais pas mal quand même. Soudain, vers la page 140, le bouquin que je traduis, et qui n'était jusque là "que" très bien écrit et intrigant, me chope par la gorge en m'ordonnant de le lire d'une traite jusqu'à la fin. Je résiste, mais c'est dur. La banque qui d'un coup me prélève 61€ de cotisation Visa annuelle, alors que je suis déjà mensualisée pour le paiement de ladite cotisation: je veux bien croire que c'est une erreur de bonne foi, mais j'aimerais savoir pourquoi les erreurs en question ne se produisent jamais en ma faveur. Aujourd'hui, pour la peine, on a de beaux gros nuages joufflus qui se prennent pour des cathédrales de barbapapa. Toucher à main nue la résistance du four qui chauffe à 200° depuis une heure, quelle excellente idée! De trois choses l'une: je suis ignare (et mon dico en ligne aussi), ou bien l'auteur invente des mots, ou bien la version que j'ai comporte quelques coquilles. Le livreur Picard arrive avec une heure d'avance, une haleine excessivement chargée et un calendrier tout aussi dépourvu de chatons à rubans que celui des éboueurs. Les traditions se perdent. "Ce fut, je crois, ma première rencontre avec l'entité connue sous le nom de Galilée. Ce ne devait pas être la dernière." (Quand je pense au boulot sur lequel je vais enchaîner juste après celui-là, j'espère que mon cerveau survivra au choc systémique.) Non, moi non plus, je ne m'explique pas bien pourquoi je m'inflige une séance de Beach Body Pilates un 3 décembre. Le soulagement de revoir le soleil après une semaine d'absence a dû me monter à la tête. Mais du coup, c'est sans regret que je vais aller m'écrouler sur le canapé avec une hard lemonade pour mon avant-dernière soirée à la maison.

mardi 2 décembre 2014

Le mardi où les jeunes et moi, on a du mal à se comprendre




Réveil à 8h30 et seulement deux snooze avant de me lever, mais j'ai l'impression d'être un zombie. Par contre, avoir l'occasion de commencer la journée par une BA grâce à Amanda Palmer et MassMosaic, je kiffe! Et on devine même le bleu du ciel derrière les nuages ce matin. Juste avant que je ne me mette à appliquer ma colo, le facteur sonne à l'interphone: il m'apporte "L'effroyable encyclopédie des revenants" qui n'était censée arriver que jeudi, hourra! Colo terminée, je file prendre mon bus et pour une fois, j'arrive dans le centre de Toulon juste à temps pour acheter mon thé bien-aimé (le vert à l'écorce d'orange et au bleuet) chez La Vie Claire avant la fermeture de 13h. Titou et Kiki ont l'air de bien apprécier La fabbrica di Marco eux aussi, et ça me fait super plaisir (même si je n'en doutais pas vu la qualité de la cuisine). La dame de la mutuelle, que j'interroge sur les conditions de déductibilité de ma cotisation dans le cadre de la Loi Madelin, me parle chinois - c'est normal? Ayant cessé depuis 2 ans la fabrication des shorties en Tencel qui étaient la seule chose dont je consentais à parer mon auguste postérieur depuis une décennie (et dont mon stock commence par conséquent à baisser de façon inquiétante), Etam daigne cette saison vendre le même modèle en microfibre. J'en achète trois et manque m'étrangler à la vue de la note. Presque 50€ pour trois culottes en synthétique? C'est vraiment parce que mon auguste postérieur aime son confort. "Un oiseau blanc dans le blizzard", en gros, c'est la même histoire que "Esprit d'hiver", vue par la fille au lieu de la mère. Du coup, je m'emmerde sévère, et ça m'étonnerait que je le termine. Certes, il y a plus romantique qu'un coucher de soleil derrière des bateaux de guerre, mais je suis si contente de revoir de la lumière naturelle que je ne peux pas m'empêcher de descendre sur le port pour photographier ça. Au rayon papeterie de Carrefour, j'explique à un jeune homme complètement paumé la différence entre crayons H et crayons B. "Mais alors pour dessiner, je prends quoi?" "Ben ça dépend, si vous voulez des traits secs qui ne bavent pas, du H; si vous voulez des traits gras qui s'estompent bien, du B." "...Ca veut dire quoi, estomper?". Je reformule. "Vous êtes prof de dessin, c'est ça, hein?" Euh, pas vraiment. Tiens, il existe des bébés-bouteille d'Absolut pour les célibataires géographiques qui boiraient bien un coup à la fin de leur rude journée de travail. Mélangé à la chouette limonade Michel & Augustin, je suis sûre que ce sera délicieux. Oh mon dieu, ces bottines Schmoove me plaisent TELLEMENT! Mais soyons raisonnable: elles sont très chères et trop plates. Evidemment, le bus de 17h10 est bondé. Un jeune Beur monte et laisse à sa copine la seule place disponible alors qu'il vient d'être opéré de la cheville. "La galanterie, madame, vous êtes pas d'accord avec moi? C'est les femmes qui s'assoient en premier." "Euh, de mon point de vue, c'est la personne qui a le plus de mal à tenir debout qui s'assoit en premier." "Mais le romantisme, madame!" Je me pousse pour lui faire de la place. "Vous êtes bien gentille. Pas beaucoup de gens auraient fait comme vous, c'est ça le gros problème de la France en ce moment. Je le dis toujours: l'habit ne fait pas le moine." Oui oui oui. Voilà voilà voilà. Petra, que je ne connais pas mais qui a très envie de lire "The art of asking" et pas les moyens de se l'offrir, accepte que je lui en envoie un exemplaire via Amazon. De nous deux, c'est sûrement moi la plus heureuse. Rep a sa, toi qui penses qu'internet tue le vrai contact humain. Sur Skype, longue conversation avec Chouchou à qui je raconte mes rencontres de la journée: "C'est affreux, dans le regard des jeunes, maintenant, je suis une personne d'âge mûr respectable. Ils me considèrent comme un dinosaure, mais ils cherchent mon approbation. Sauf qu'ils ne connaissent probablement pas le mot." Je ne sais pas trop ce qui me consterne le plus.