vendredi 14 novembre 2014

Ca m'énerve


 


Les gens qui se permettent d'être systématiquement en retard, comme si mon temps était moins précieux que le leur (variante: les services comptables qui font traîner mon paiement alors que je rends toujours mon boulot en temps et heure). 
Les gens qui téléphonent dans le train. En parlant très fort. Et ceux qui écoutent leur musique de merde à fond et en font profiter tout le wagon. 
Les gens qui se réservent une table d'avance dans un fast-food bondé, alors qu'ils n'ont pas encore leur nourriture et que d'autres gens avec des plateaux pleins ne savent pas où s'asseoir. 
Les gens qui klaxonnent dans les embouteillages comme si leur boucan allait miraculeusement résorber l'excès de circulation. 
Les gens qui veulent à tout prix me convaincre qu'en n'ayant pas d'enfant, je passe à côté de ma vie de fâme. 
Ma mère quand elle me répète pour la millionième fois qu'elle s'inquiète beaucoup des carences que je risque de développer à cause de mon "alimentation déséquilibrée" (ceci, de la part d'une personne qui se nourrit essentiellement de chocolat et de sucre sous toutes ses formes). 
Le facteur des colis qui dépose un avis de passage dans ma boîte sans même sonner avant, alors que je suis chez moi toute la journée. 
Les éditeurs américains qui publient des livres bourrés d'énormes incohérences (surtout quand c'est moi qui dois les traduire. Sérieusement, qu'est devenu le métier de correcteur aux Zuess?)
Les actrices faméliques et/ou botoxées à mort qui donnent une image complètement irréaliste de la féminité (en plus, figer leur visage alors que leur métier consiste à exprimer des émotions? Comprends pas.)
Le marketing genré (très récemment, j'ai reçu une proposition d'un comptoir de thé qui m'offrait de tester ses "tisanes pour femmes". J'aime à croire que le contenu de ma culotte ne détermine pas mes goûts, merci bien.)
La Saint-Valentin et sa débauche d'incitations au pseudo-romantisme formaté.
Les chaînes sur Facebook. 
Les gros 4x4 même pas hybrides en ville. 

mardi 11 novembre 2014

La fin des swaps




Le swap papeterie s'est achevé officiellement le 31 octobre. Ma binôme et moi-même avons d'un commun accord convenu de repousser la date d'envoi de nos paquets à fin novembre: les derniers mois ont été un peu agités de son côté, et moi, je voudrais profiter de mon passage à la Renegade Craft Fair de Londres, dans une dizaine de jours, pour lui trouver une ou deux bricoles faites main. Je vous monterai ce que nous nous sommes mutuellement offert une fois les colis arrivés à bon port. En attendant, je vous annonce que ce swap aura été le dernier organisé par mes soins sur le blog. 

A cela, il y a deux raisons. D'abord, j'en ai ras-le bol des filles qui ne jouent pas le jeu. Celles qui disparaissent dans la nature sans explication (même après plusieurs swaps réussis). Celles qui ne prennent pas la peine de remercier leur binôme. Celles qui méprisent le soin apporté à la confection du colis qu'elles ont reçu, au prétexte que ça ne colle pas pile poil avec leurs goûts. Celles qui, à l'inverse, se payent clairement la tête de leur partenaire en lui envoyant de l'ultra bas de gamme, voire des articles publicitaires sans rapport particulier avec le thème. Elles ne sont pas majoritaires, mais à force, leur manque de respect a fini par me gâcher tout le plaisir que je prenais à orchestrer ces échanges. J'avais déjà fait deux pauses pour des raisons similaires, le temps de digérer ma déconvenue et d'envisager de nouvelles modalités, mais je vois que ça ne sert pas à grand-chose. 

La seconde raison (qui n'a pas grand-chose à voir avec la première...), c'est que l'idée même des swaps me paraît de plus en plus antinomique avec celle de minimalisme ou de déconsommation. J'ai reçu au fil des ans beaucoup de choses très jolies qui m'ont fait plaisir sur le coup, mais dont je ne me suis jamais servi et dont j'ai répugné à me séparer parce qu'il s'agissait de cadeaux. Au final c'était donc du gaspillage - souvent ravissant, toujours très bien intentionné, mais du gaspillage quand même. Je me suis rendu compte à quel point en voyant combien d'objets issus de swaps j'ai éliminés durant le challenge d'octobre. Malgré le plaisir que je prenais à les découvrir chaque mois, j'ai fini par stopper tous mes abonnements à des box thé ou beauté pour les mêmes raisons. Il me semble important de rester cohérente dans ma démarche. Autant qu'à cause des problèmes de fonctionnement interne, c'est pour cela que j'ai décidé d'arrêter l'organisation de swaps.

Je tiens à remercier toutes les participantes qui ont joué le jeu, souvent avec une grande générosité, et contribué à faire de ces échanges un vrai plaisir pendant plusieurs années. Les swaps "Le rose et le noir" prennent fin ici, mais je crois que les amitiés auxquelles ils ont donné naissance leur survivront, et c'est déjà un bilan plus que positif. 

lundi 10 novembre 2014

"The bone clocks"


Eté 1984. Holly Sykes, une adolescente anglaise en fugue, rencontre une étrange vieille femme qui lui demande asile - et accepte sans comprendre à quoi elle s'engage. A compter de ce jour, elle est témoin d'événements violents et inexplicables dont elle ne se souvient pas toujours, et sujette à des flashs de précognition qui ressemblent à des crises d'épilepsie. Malgré elle, Holly est devenue un pion d'une importance capitale dans la guerre que se livrent, en marge de la société humaine, les Horologistes et les Anchorites: deux groupes de quasi-immortels aux origines et aux objectifs opposés...

Difficile de parler de ce roman foisonnant sans gâcher les nombreuses surprises qu'il recèle. "The bone clocks" se compose de six sections qui se focalisent chacune sur un narrateur différent à une époque différente. Après Holly Sykes - le fil rouge de toute l'histoire - en 1984, nous suivons Hugo Lamb, étudiant dénué de conscience qui sera brièvement son amant, en 1991, puis Ed Brubeck, reporter de guerre accro à l'adrénaline avec qui elle a eu une petite fille, en 2004, puis Crispin Hershey, écrivain arrogant et lâche qui deviendra pourtant son ami, entre 2015 et 2020, puis le Dr Iris Fenby qui l'a déjà soignée à deux reprises et sous deux identités différentes, en 2025 alors que se prépare l'affrontement final entre Horologistes et Anchorites, et de nouveau Holly Sykes en 2043, dans un monde ravagé par la pénurie de ressources naturelles et les accidents nucléaires. 

Côté positif, David Mitchell sait donner une voix bien personnelle à chacun de ses narrateurs (parfois, on a même l'impression qu'il se livre à un exercice de style dans le but d'épater le lecteur en lui prouvant l'ampleur de son registre d'écriture). Malgré un clivage un peu caricatural et somme toute discutable, ses deux factions d'immortels sont très intéressantes chacune à sa façon. Et tout au long des presque 600 pages de son roman, j'ai été impatiente de découvrir la suite de l'histoire. Côté négatif, il passe beaucoup trop de temps sur des choses sans intérêt pour l'intrigue principale (la partie d'Ed, par exemple, ne sert strictement à rien...) au détriment de celui qu'il aurait pu consacrer à développer les antécédents, la personnalité et les pouvoirs des Horologistes. Et surtout, sa fin est d'une noirceur absolue, complètement désespérante et tellement en phase avec mes angoisses que sitôt le livre refermé, j'ai été prise d'une violente envie de le jeter par terre pour le piétiner sauvagement. Au final, j'ai trouvé "The bone clocks" passionnant malgré ses défauts, mais si j'étais l'éditrice de David Mitchell, je vous garantis qu'il aurait subi de sérieux remaniements avant publication! 

dimanche 9 novembre 2014

Le week-end où j'échappe à la Brussels Tattoo Convention et joue les fées du logis




Ce matin, pour le petit-déjeuner: bébé panettone déniché hier soir chez Delhaize. Chargeons la voiture Cambio et partons nous débarrasser de la plus grande partie des affaires triées pendant le challenge minimaliste d'octobre. Deux grands sacs de brols dans la Givebox de Berchem-Sainte-Agathe, un moyen sacs de livres et plein de jeux au Pêle-Mêle d'Annesseens, le reste des jeux chez Cash Converters - voilà qui va drôlement dégager les abords du canapé. Pour fêter ça, allons claquer une partie du pécule récupéré chez Les super filles du tram. Arriver en début de service un jour où il fait assez beau pour laisser la porte d'entrée ouverte, c'est le seul moyen de survivre à cette atroce odeur de graillon. La plupart des végétariens disent qu'au fil du temps, la viande leur manque de moins en moins et finit même par les dégoûter; bizarrement, moi, c'est l'inverse. Le graphisme du "Roi des scarabées" me plaît vachement moins que celui de "Mine", mais l'histoire a l'air vraiment chouette, alors je me laisse tenter. Chouchou, même si je t'aime plus que tout au monde, il fait beaucoup trop beau pour que j'aille m'enfermer 5 heures d'affilée dans une manifestation qui m'indiffère royalement - ça ne t'ennuie pas d'aller tout seul à la Brussels Tattoo Convention? Si la polygamie était légale en Suisse, j'épouserais Funambuline et moi aussi, j'aurais des grilled cheese sandwiches façon #Chef le matin au petit-dej'. En descendant chercher du gel medium chez Schleiper, je découvre qu'aujourd'hui il y a -20% sur tout le magasin: groumpf, parce que du coup c'est blindé de monde, mais youpi, parce que ça me permet de m'offrir une bricole un peu chère en vue d'un projet prévu pour 2015.  Chez Kusje comme chez Look 50's, tout me laisse indifférente: je crois que mon mojo du shopping est cassé. Même le rayon collants de chez Veritas ne m'arrache pas le moindre frémissement d'excitation (d'un autre côté, j'ai de quoi tenir au chaud les guiboles d'un mille-pattes pendant une bonne décennie, donc...). Le samedi aussi, le bar de l'hôtel Le Berger est un havre de paix pour qui veut bouquiner tranquille. Tiens, je vais prendre un Cosmopolitan pour changer un peu. En principe, je déteste les scènes de bataille, mais l'affrontement des deux groupes d'immortels poutre du pangolin. Par contre, c'est quoi cette fin über déprimante qui appuie sur tous mes boutons d'angoisse? Chouchou a pris 1400 photos cet après-midi et vu une performeuse burlesque s'enfoncer des clous dans le corps: je pense que j'ai bien fait de la jouer cavalière solitaire. Même moi, qui ai 40 ans passés, pas la télé et aucun intérêt pour les faits divers people, je connais tous les rebondissements de l'affaire Nabilla - et ça me déprime de penser à tout ce que je pourrais stocker de plus utile dans ce coin de mon cerveau. Chouchou, il faut arrêter de mettre 2 bouillons cubes par marmite de soupe: à la fin, on ne sent même plus le goût des légumes, on a l'impression de manger constamment de la soupe de bouillon cube! Velouté de chou-fleur + flan au chocolat, ce soir on fait un repas pour édentés. Vraiment chouette ce film du studio Ghibli qui nous avait échappé jusque là, mais je pense que je vais faire comme avec HIMYM et prétendre que la dernière minute n'a jamais existé. Avec Gasparde, on fait débriefing-book club de "The bone clocks" par message privé sur Facebook, et on est d'accord pour dire qu'on s'est bien fait arnaquer par l'auteur et que ce bouquin nous laisse sur une énorme frustration. D'où sort cet affreux mal de ventre? Vite, ma bouillotte!




Deux oeufs à la coque ne seront pas de trop pour me donner le courage de m'attaquer au ménage de la cuisine et au lessivage fenêtres-murs de notre pièce à vivre: depuis une dizaine de jours, la moisissure est de retour en force dans notre appartement super humide. Heureusement, comme il fait beau, je peux ouvrir en grand pour que ça sèche vite (au lieu de juste créer des plaques de moisissures plus grandes). Pourvu que ma seconde tarte pomme/groseille soit aussi réussie que la première! J'ai besoin d'une photo en noir et blanc susceptible de symboliser l'angoisse, et c'est encore We Heart It qui va me la fournir. Premier test de transfert au gel medium: comme il faut laisser poser "plusieurs heures, voire toute une nuit", je ne verrai le résultat que demain. J'espère qu'il sera bon, car je suis inspirée. Mon velouté de pourpier est riquiqui; je vais le rallonger avec des épinards. Le plaisir tout simple et néanmoins fabuleux d'une douche bien chaude après une journée passée à faire le ménage, la lessive et la cuisine. M1&M2 ont apporté deux livres traduits par M1; du coup, je me permets de leur glisser un de mes exemplaires des "Quinze premières vies d'Harry August".  Je sais qu'on ne choisit pas un vin pour son étiquette, mais franchement, le syrah WhalePod sud-africain avec explications illustrées du langage corporel des baleines est tout à fait délectable. Et Chouchou a produit ses meilleurs burgers de tofu jusqu'ici: goûteux, fermes, un peu grillés en surface et bien cuits à coeur - miam. Au total, dîner léger, savoureux et fini de bonne heure comme il sied aux vieillards que nous sommes. La semaine prochaine est une semaine de bouclage, et elle s'annonce rude!

"Si tu tends l'oreille" ("Mimi wo sumaseba")


Shizuku vit dans la banlieue de Tokyo avec son père bibliothécaire, sa mère qui a repris des études et sa soeur aînée qui fréquente la fac tout en travaillant à mi-temps. En fin de collège, l'adolescente devrait réviser pour ses examens d'entrée au lycée mais préfère passer son temps à dévorer des romans ou adapter des chansons anglaises en japonais pour ses amies. Un jour, elle se rend compte que le nom d'un garçon inconnu figure sur presque toutes les fiches des livres qu'elle emprunte... 

C'est à l'occasion de l'expo sur le studio Ghibli à la galerie Art Ludique que j'ai découvert l'existence de "Si tu tends l'oreille", film passé inaperçu en Europe - probablement parce qu'Hayo Miyazaki n'en est pas le réalisateur, même s'il s'est beaucoup impliqué dans ce projet et que ça se sent. On retrouve ici bon nombre des thèmes chers au maître, aussi bien visuellement que scénaristiquement. Il y a des vues plongeantes magnifiques, des ciels immenses pleins de nuages, des paysages urbains charmants, une scène fantasmagorique qui ressemble à un niveau de Super Mario Galaxy, un gros matou qui se déplace en métro et aime bien faire bisquer les chiens du quartier, une boutique pleine de trésors enchanteurs, une figurine de chat aristocrate à l'histoire romanesque, un vieux réparateur d'horloges qui dispense sa sagesse à l'héroïne, un jeune fabricant de violons qui rêve de faire son apprentissage à Crémone, une métaphore sur le joyau caché dans la pierre brute au coeur de chacun d'entre nous. C'est l'histoire des premiers émois amoureux d'une jeune fille ordinaire, mais aussi et surtout, de la façon dont elle trouve sa voie - et puis aussi, un peu, une ode aux artisans et aux artistes, et à tous ceux qui travaillent dur pour vivre leur passion. Une très jolie surprise tous publics. 







mercredi 5 novembre 2014

Le bien est l'ennemi du mieux




Début 2014, le principal objectif que je me suis fixé consistait à préparer une semi-reconversion en développant deux idées d'activités potentiellement monnayables. J'ai même pris un mois sabbatique en mai pour avoir toute liberté de concrétiser mes projets. 

Résultat: j'ai esquissé un début de plan, et puis plus rien. Aucun passage à l'acte. Paralysie totale. 

C'est un échec retentissant. 

Et je sais très bien à quoi il est dû. 

La dernière fois que j'ai radicalement infléchi ma trajectoire professionnelle, je l'ai fait avec un fusil dans le dos. J'étais tellement malheureuse dans ma première "carrière" que je commençais à nourrir des idées suicidaires. A ce stade, ce n'était pas du courage de sauter dans le vide, mais un réflexe de survie. 

Comme beaucoup de gens, je répugne à quitter ma zone de confort même si on me fait miroiter la magie des possibles de l'autre côté de la barrière. Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Je ne me décide à affronter l'inconnu que lorsque le connu cesse d'être douillet et sécurisant pour devenir une source d'ennui, voire de souffrance. 

Et ça marche dans tous les domaines. Je n'ai rompu mes deux relations sérieuses avant Chouchou qu'une fois persuadée que ma vie serait plus belle sans ces personnes que pourtant j'aimais encore, mais avec qui je n'étais décidément pas compatible. Heureusement, d'ailleurs. Il serait assez difficile de construire quoi que ce soit si on était toujours en quête d'un "meilleur" partenaire, incapable de surmonter les passages à vide inévitables dans tous les couples. Le problème, bien entendu, étant de savoir où on place la barre de l'acceptable pour éviter de s'enliser dans une relation nocive. C'est une question délicate, dont la réponse varie d'un individu à l'autre. 

La plupart d'entre nous est programmée pour rechercher des relations durables et un emploi stable. Ceux qui sautent éternellement d'un partenaire à l'autre, d'un boulot à l'autre sont considérés comme des gens immatures. La tendance naturelle de l'être humain, c'est de se fixer petit à petit au lieu d'essayer de réinventer la roue tous les 3 mois dans chaque domaine de sa vie. 

A partir de quand cesse-t-on de se fixer pour s'enkyster? Et surtout, si on est heureux comme ça, à quoi bon essayer de changer? Pour un hypothétique surplus d'accomplissement ou de bonheur? C'est un pari risqué que beaucoup de gens ne sont pas prêts à faire. Moi la belle première. 

Si j'envisage une reconversion partielle, c'est parce que mon secteur professionnel va mal, que le travail y est de plus en plus rare et de moins en moins bien payé. Mais pour l'instant, même si je fais beaucoup plus attention qu'il y a quelques années, j'arrive encore à remplir mon agenda, à payer mes factures et à m'offrir quelques chouettes extras. 

Ca ne durera probablement pas, et en-deçà d'un certain seuil, je serai bien obligée de me bouger. Je le ferai parce que je n'aurai pas le choix, et peut-être qu'il en ressortira quelque chose de si lucratif et/ou de si épanouissant que je me dirai: "Tu as été bien bête de ne pas agir plus tôt!". En attendant... j'apprends à lâcher prise, à devenir un peu moins matérialiste et un peu plus philosophe - des qualités pas inutiles du tout dans l'absolu. 

Je note des idées. Je fais des listes. Je pioche de l'inspiration à droite et à gauche, chez des gens nettement plus audacieux que moi. Je ne devancerai pas l'appel du changement, mais je vais au moins tenter d'être vaguement prête à y répondre le jour où il retentira. 

mardi 4 novembre 2014

Vienne l'hiver




Après un dernier baroud d'honneur ce week-end, l'été indien s'est retiré, laissant la place à un automne convenablement gris, froid et pluvieux. J'ai longtemps détesté la "mauvaise saison": ces 5 mois compris entre la Toussaint et mon anniversaire pendant lesquels le soleil se couche terriblement tôt, emportant avec lui toute mon énergie et jusqu'à mon envie de faire quoi que ce soit de productif.  Cinq mois où  je renonce à toute idée d'élégance - chez moi comme dans la rue - pour me concentrer sur des impératifs de survie thermique. Cinq mois où je souffre du manque de lumière même en journée et ne sors de chez moi que contrainte et forcée. Cinq mois où, à cause du froid et de l'obscurité, mes idées noires sont plus difficiles à tenir en respect. 

Mais au fil des ans, petit à petit, la façon dont j'appréhende l'hiver a évolué. J'ai fini par comprendre qu'au même titre que la nature qui m'entoure, je fonctionne selon des cycles, et que j'ai besoin d'une période annuelle de repli sur moi-même. Une période où le beau temps et les longues journées ne me font pas culpabiliser quand je ne suis pas dehors en train d'en profiter. Une période où je n'ai aucun scrupule à ne prévoir aucune activité pour mes soirées ou mes week-ends, sinon bouquiner au chaud sous la couette. Une période où, au lieu de penser "Pfff, on devient vieux", je savoure les moments passés tranquillement à la maison avec mon amoureux. Une période où, ayant plein de temps pour rêvasser, je laisse mûrir mes réflexions intimes, mes idées créatives et mes projets de voyage. Comme la terre gelée, je reprends des forces en profondeur pour mieux ressortir de ma coquille au printemps. 

Avant, je rêvais d'un été éternel. Aujourd'hui, je me rends compte à quel point chaque saison est précieuse pour elle-même et doit être pleinement savourée dans tout ce qu'elle a à offrir. L'été pour ses mojitos, l'hiver pour ses chocolats chauds. L'été pour les dîners en terrasse, l'hiver pour les plateaux télé devant un bon film.  L'été pour la caresse du soleil sur la peau nue, l'hiver pour les feux de cheminée et les couvertures douillettes. L'été pour la légèreté et l'impression que le bonheur durera toujours, l'hiver pour la méditation et l'acceptation sereine des difficultés de la vie. Nous entrons dans la saison où, plus qu'à n'importe quel autre moment de l'année, chacun se retrouve face à lui-même, à ses faiblesses et à ses zones d'ombre. Les miennes ont cessé de me faire peur. Je suis prête, non pas à affronter l'hiver, mais à me mettre à son diapason. 

lundi 3 novembre 2014

Panthère en été indien




L'été indien se prolongeait encore ce week-end à Bruxelles. Hier, je suis donc allée faire une petite promenade au parc Léopold avec Chouchou pour photographier trois de mes récentes acquisitions mode (pratiquement les seules que j'ai faites depuis 6 mois, et toutes en promo!). 




Pour la robe, j'ai un peu hésité: je ne suis pas fan des imprimés animaux. Mais en gris, je trouvais que les taches panthère passaient assez bien. Et puis j'adorais la coupe, et à £20 au lieu de £49 pour Halloween, je me suis dit que je prenais pas trop de risque! J'aime particulièrement le petit liseré bleu électrique à la taille, que je peux assortir soit avec des collants de la même teinte (dans ce cas, je porte des chaussures noires ou grises) soit avec un collant neutre mais mes babies André comme sur cette séance photo. 





Le collier, c'est celui pour lequel j'ai craqué chez Bird on the wire lors de notre dernier week-end à Paris (mais il semble déjà avoir disparu de leur site internet). 




Le manteau de mi-saison est un craquage de fin de soldes d'été tout à fait imprévu. Original, à la fois léger, chaud et imperméable, il est super agréable à porter et très flatteur pour la silhouette! Sans parler de sa couleur qui change un peu du noir ou même du kaki...





Dernière bonne affaire et excellent investissement, le petit Gwen de Nat & Nin. Je suis hyper fan de la marque et n'achète plus mes sacs que chez eux depuis quelques années. Pour l'automne, j'en voulais un rouge moins grand que les énormes besaces et cabas que j'affectionne d'habitude, mais que je bourre à mort et qui me ruinent donc l'épaule. Là, je suis obligée d'aller à l'essentiel, plus éventuellement un livre de poche pour bouquiner dehors. Un grand format ne rentre pas, et mon iPad non plus, mais je me sens toute légère. Et à moitié prix pendant les derniers 3J des Galeries Lafayette, j'ai vraiment fait une affaire!






Manteau: René Derhy (collection S/S2014)
Robe: modèle Luvella de Louche
Sac: modèle Gwen, coloris Tango, de Nat & Nin
Chaussures: André collection Jeune & Jolie (old)
Collier: Hug a porcupine

Le week-end où le concert d'Etienne Daho éclipse tout le reste (sauf le beau temps)




Comme je ne suis pas à la bourre, on va dire que cet après-midi, je ne travaille pas: les nouvelles professionnelles ont été rudes récemment, et mes nerfs ont besoin de repos. "Les colis doivent pouvoir supporter une chute de 80 cm": mouais, finalement, envoyer une Wii par Kiala, ça ne me paraît pas une très bonne idée. C'est quoi, mon numéro de GSM, Chouchou? Tu ne sais pas si tu as le plus récent? Envoie-moi un texto, pour voir. Non, je ne reçois rien. ...Hum, en même temps, c'est peut-être parce que j'ai allumé mon portable français. Il fait beaucoup trop beau pour rester enfermée à l'appart': je vais plutôt aller m'enfermer chez Exki avec un bouquin et un sponge cake au citron. Ces températures si douces fin octobre, c'est probablement un signe avant-coureur de la fin du monde - raison de plus pour en profiter un max avant l'Apocalypse. Je kiffe mes collants bleu électrique; ça change un peu du rouge. Pour le repas de ce soir, avant de partir de bonne heure au Cirque Royal, j'ai le choix entre préparer un gratin de chou-fleur ou acheter un truc tout prêt. Mamma Roma, here I come! Ouf, je vais pouvoir avancer d'un ou deux mois une trad dont le texte est déjà prêt pour m'éviter une période de chômage technique en janvier-février suivie d'une période de noyade quand 3 autres bouquins pas encore écrits vont tomber en même temps. Avoir avec Chouchou un long débat très animé sur le bruit que fait un ressort: j'affirme "dzoing", Chouchou vote "gao" (mais il est belge). Hé, toi qui fais la première partie du concert: les années 80 ont appelé, elles veulent récupérer leurs synthés. Echanger des textos avec eBry et Sophie-Grosquick depuis les gradins: "T'es où, toi?". Premières notes de "Des attractions désastres", le coeur qui bat super fort, foncer vers l'avant de la salle et se coller à la scène. 25 ans plus tard, la magie est toujours intacte: Etienne Daho et sa musique vieillissent plus que bien. Ce sont trois décennies de ma vie dont je me prends des fragments en pleine figure et dans le désordre. J'oscille entre les moments d'ultra-présence (danser, chanter à tue-tête) et ceux où je laisse filer l'instant parce que je suis trop occupée à en rédiger le compte-rendu dans ma tête. Direction le Daric pour descendre des Coca gras en faisant la connaissance d'abord du nouvel amoureux de Sophie-Grosquick, puis de Rock'n'Laurette, lectrice de longue date qui se trouve être l'assistante de prod du Diskönoir Tour. En plus elle m'a apporté plein d'adorables trucs de papeterie. Dans les toilettes du bus où voyagent et dorment les techniciens, il y a un hublot-vidéo: voilà, voilà, voilà. On a raté le dernier métro et je déteste les taxis, alors on rentre à pied comme des jeunes. Trois quarts d'heure à marcher dans les rues désertes en savourant la douceur de cette nuit d'automne et en répétant que c'était la plus belle soirée de l'année. 




Le réveil est un peu rude ce matin; Chouchou, notamment, grince de partout. Je regrette le temps où les croissants croustillaient vraiment et où ils avaient une forme, euh, de croissant plutôt que de boudin. Le premier supermarché où on tente d'aller faire nos courses est fermé, le deuxième aussi, le troisième itou. On s'est organisés comme des pieds, ce qui nous vaut de finir dans le minuscule Delhaize Proxy de Woluwé où, vu les prix et le peu de choix, on achète à peine un tiers de ce qui était prévu. Cet adorable list pad Paperchase, j'ai failli le prendre en septembre à Copenhague, mais j'ai renoncé pour rester raisonnable, et voilà que Rock'n'Laurette me l'offre: clairement, nous étions destinés l'un à l'autre. Ménage de magazines et de photos sur l'iPad pour pouvoir installer iOS 8.1. Changer les draps me fait penser qu'on pourrait se débarrasser d'une ou deux parures qu'on n'utilise plus. Après l'excitation d'hier soir, la journée d'aujourd'hui se traîne de corvée domestique en corvée administrative. Une amie m'envoie un mail pour me dire qu'elle se fait une cure de petits bonheurs afin de combattre la déprime automnale et me remercie de ma "présence bienveillante": hop, dans le dossier des trucs à relire les jours où je crains de me réincarner en cancrelat! J'ai toujours défendu "The Big Bang Theory", mais là, honnêtement, la saison 8 ne casse pas trois pattes à un canard. Tiens, le flan Alsa que je m'apprête à préparer est périmé depuis tout juste un an. La première tentative d'installation de Yellowstone Yosemite sur mon MacBook est un échec. Une soirée sous la couette à naviguer entre le dernier numéro de Frankie (le meilleur magazine du monde) et "The bone clocks" (le roman le plus intrigant que j'aie lu depuis une éternité). A deux heures du matin, réveillée par le troupeau d'éléphants qui sort de chez la voisine du dessus et gueule dans les escaliers pendant cinq bonnes minutes comme s'il était seul au monde: bordel, mais que sont les bonnes manières devenues?




Chouchou court tout nu vers la salle de bain, une fourchette à la main. "Euh, est-ce que je veux savoir ce que tu comptes faire, ou bien?" C'était "ou bien". "Je prends quoi chez Allemersch?" "Du pain. Et deux couques au beurre pour mon petit-déj', pendant que tu y es." Une demi-heure plus tard, pas de Chouchou: se serait-il enfui avec la boulangère? "Non, il y avait juste dix mètres de queue sur le trottoir", m'explique-t-il en rentrant avec un sachet de viennoiseries. "Et le pain, il est où?" ...Toujours chez Allemersch, apparemment. Ces couques au beurre ont dû se compromettre avec des couques suisses: je ne vois pas d'autre explication à la présence des quelques raisins secs sournoisement planqués à l'intérieur. Le temps magnifique va m'obliger à sortir shooter mes dernières acquisitions modesques - trop dure la vie. 221 photos dont 34 vraiment belles, c'est un excellent ratio pour moi, ma silhouette en bouteille d'Orangina et ma tête de poisson-lune. Et j'ai très, très bien fait d'acheter cet adorable manteau de mi-saison: la coupe, la couleur, la matière, tout est juste parfait. J'ai presque hâte que la machine à laver basique achetée il y a 6 ans (et dont le vendeur de Vanden Borre, qui voulait nous en fourguer une bien plus chère, nous avait dédaigneusement assuré qu'elle ne tiendrait pas plus d'un an ou deux) tombe en panne pour la jeter et la remplacer par une lavante-séchante. Mes neveux se sont débrouillés pour choper la gastro le seul week-end de l'année scolaire où ils n'avaient ni match ni stage de hockey: bien joué, les p'tits gars. Un jour, je trouverai le générateur spontané de coccinelles planqué dans cet appartement. Chouchou remonte de la cave avec une culotte vieux rose et des mi-bas chair qu'il me tend en disant: "Tiens, ça a dû tomber du panier tout à l'heure". "...Non, c'est pas à moi, tu viens de piquer le linge de la voisine." Evidemment, si je n'allume pas le feu sous la casserole, ça cuit beaucoup moins bien. L'ex-femme de Jon Favreau va être super jouasse de récupérer un gamin de dix ans qui boit de la bière, possède son propre couteau de cuisine, chante "Sexual healing" et se farine les noix à la Maïzena. Rhâââ, je me doutais que cet Hugo trop propre sur lui était en réalité un parfait salopard. M'endormir les jambes emmêlées avec celles de Chouchou, en écoutant la pluie tambouriner doucement à la vitre.

dimanche 2 novembre 2014

Etienne Daho: Diskönoir Tour au Cirque Royal


La première fois que j'ai vu Etienne Daho en concert, c'était pendant le Tour Martien. Je devais avoir 18 ou 19 ans, et j'écoutais déjà sa musique depuis plusieurs années. L'album "Pop Satori" avait rythmé ma prépa; j'avais adopté "Paris le Flore" comme mon hymne à la dolce vita étudiante, mi-arty mi-intello. Puis le temps a passé, et si j'ai délaissé beaucoup des chanteurs de mon adolescence, je suis restée fidèle à Etienne. J'ai adoré chacun de ses albums - à l'exception d'"Eden" dont les tonalités électro m'ont rebutée. Ses chansons sont un peu devenues la bande-son de ma vie, surtout "Des attractions désastres", qui parle si bien du désordre des sens, et "L'orage" que j'ai écoutée en boucle à une période où j'étais assez malheureuse. Chaque fois que j'en ai eu l'occasion, je suis retournée le voir sur scène, et je n'ai jamais été déçue. Il y a 6 ans, à l'occasion de l'Obsession Tour, j'ai assisté à son show au Cirque Royal avec Chouchou. C'était notre premier concert ensemble, celui d'un artiste que nous aimions tous les deux, dans une salle à taille humaine et à l'acoustique excellente. Nous en avons passé toute la seconde moitié à danser dans une allée, près de la scène. Alors, quand j'ai vu que le Diskönoir Tour serait de nouveau au Cirque Royal ce 31 octobre, je me suis dépêchée de prendre des places. Ca a même été mon tout premier achat de l'année 2014, dans la journée du premier janvier...

Vendredi soir, donc, nous arrivons à la salle 5 minutes avant l'heure indiquée sur nos billets. Pourtant, la première partie est déjà commencée. Un jeune homme chante en français sur une musique très connotée années 80 (et qui me plaît bien, du coup). "Je m'appelle Thérèse", répète-t-il à plusieurs reprises pendant son set, et je me dis que quand même, ses parents sont cruels. (Plus tard, en surfant sur internet, je découvrirai que son nom est en réalité Perez. Je crois qu'il va être temps d'investir dans un sonotone.) J'ai encore en mémoire les trois premières parties de 2008 qui avaient duré une bonne heure et demie et m'avaient mise au bord de la crise de nerfs; aussi suis-je été très soulagée de voir Etienne Daho monter sur scène un peu avant 20h30. Il attaque sur "Satori Theme" avec quelques grands coups de cymbale. Lunettes noires, costard Saint-Laurent, images en noir et blanc qui défilent sur un écran derrière lui: le ton est donné. Et quand j'entends les premières notes de "Des attractions désastre", la chanson de lui que je préfère entre toutes, je me lève de mon siège dans les gradins et entraîne Chouchou dans l'allée comme il y a 6 ans. Je finis au premier rang sur la droite, avec une excellente vue sur Etienne et largement la place de me trémousser tout mon soûl - l'avantage des concerts où le public se compose essentiellement de bobos enthousiastes mais bien élevés.

Pendant une heure 40 environ, Etienne Daho alterne avec bonheur ses plus grands tubes ("Epaule tattoo", "Tombé pour la France", "Le grand sommeil", "Saudade", "Bleu comme toi", "Heure hindoues", "Comme un boomerang"...), des morceaux moins connus ("Soleil de minuit" ou "Il ne dira pas") et des extraits de son dernier album studio ("La peau dure", "En surface", "L'homme qui marche", "Les chansons de l'innocence"). Il transpire abondamment dans son costume sombre; ses cheveux grisonnent maintenant, et les contours de son visage accusent sa presque soixantaine. Mais il n'a rien perdu de son élégance de dandy de la pop, et si la pure légèreté d'autrefois s'est mâtinée d'une certaine gravité avec l'expérience, je ne crois pas l'avoir jamais vu prendre un plaisir aussi évident sur scène. La scénographie hyper sobre laisse la part belle au son qui, franchement, déménage grâce aux excellents musiciens dont Daho a toujours su s'entourer. Les décennies écoulées n'ont terni ni son sourire en coin un peu timide, ni l'éclat pétillant de ses yeux; elles n'ont pas entamé le mélange de grâce et de sexytude avec lequel ses bras ondulent et son corps svelte se déhanche. Comme la salle refuse de le laisser partir après deux rappels, pour finir, Etienne Daho s'agenouille au bord de la scène et entonne "Week-end à Rome" a capella, en duo avec les centaines de personnes qui viennent de lui faire une longue ovation. Petit moment magique qui me vaudra ma seule photo réussie de la soirée. Ciao, Etienne. On se revoit pour ta prochaine tournée.




Où je décide de me débarrasser des affaires triées pendant le challenge minimaliste en un mois


En octobre, j'ai trié de grosses quantités d'affaires dont je souhaitais me débarrasser. Certaines sont parties directement à la poubelle, mais il me reste un énorme tas de choses à revendre ou à donner, pas forcément par les mêmes canaux ni aux mêmes endroits. Je dois publier une série d'annonces sur eBay, envoyer des colis à des lectrices, préparer un carton pour une de mes tantes, passer chez Pêle-Mêle, au container à vêtements et soit chez Les Petits Riens, soit dans une Give Box. Novembre ne sera pas de trop pour tout ça!

✭✭✭

Comme promis, voici quelques Instagrams des affaires que j'ai triées. J'ai fait tous les exercices de mon challenge, mais pas pris des photos à chaque fois, notamment pour la chasse au trésor dont certains des objets avaient déjà été éliminés le temps que je publie le billet correspondant. Et je ne montre ici que celles qui ont un vague intérêt (je ne pense pas que mes médicaments périmés, mes vieilles conserves ou mes tickets de carte bleue passionnent qui que ce soit). Si vous souhaitez récupérer un ou plusieurs de ces objets, contactez-moi par mail uniquement à: leroseetlenoit@hotmail.com  Je privilégierai les dons ou achats de la main à la main, et n'enverrai par la Poste que les choses pas trop fragiles qui ne risquent pas d'être endommagées durant le transport.


JOUR 2: LIVRES





JOUR 3: VAISSELLE/USTENSILES



(Le mug crâne a déjà été donné)


JOUR 4: TABLE DE CHEVET




JOUR 5: BIBELOTS

(Les lapins crétins ont déjà été revendus)


JOUR 6: SOUS-VETEMENTS




JOUR 9: CD



JOUR 10: COSMETIQUES




JOUR 12: COLLECTIONS




JOUR 13: CHAUSSURES/ACCESSOIRES

 (Les escarpins Camper sont disponibles dans ma page vide-dressing)

(Les bottines Cristobal sont disponibles dans ma page vide-dressing)


JOUR 16: DVD




JOUR 19: AFFAIRES DE LOISIRS



JOUR 20: VETEMENTS D'ETE



(La robe à hirondelles est en vente sur ma page vide-dressing)

JOUR 23: JEUX/JOUETS



JOUR 27: VETEMENTS D'HIVER


(Le gilet est en vente sur ma page vide-dressing)