mercredi 24 septembre 2014

★COPENHAGUE★ Jeudi: des bateaux nuls, un musée sans expo et des salons de thé inexistants





Les douches sans bac, c'est le pied; petit-déjeuner aux halles sous le soleil de fin septembre, quel bonheur!; j'adore tripoter des marches métalliques sur lesquelles un chien a dû pisser récemment vu l'odeur - le geocaching exige parfois des sacrifices - heureusement que j'ai toujours du gel anti-bactérien sur moi; après un léger cafouillage entre métro et trains régionaux, nous prenons la direction de la petite ville côtière de Roskilde (ne pas prononcer le "d") (les Danois foutent des lettres en trop dans presque tous leurs mots, c'est très perturbant); quand ils disent 20mn de marche sur les dépliants, ils s'adressent à des gens qui ont des jambes de 3m12, ou bien?; le viking flatbread est un pur délice, surtout mangé dehors avec une brise marine qui emporte les serviettes en papier et les feuilles de salade. 







Et donc, les vikings ignoraient l'usage de la scie et taillaient leurs planches à la hache: respect; je suis très contente de voir la mer, hein, mais quand on m'a fait miroiter des drakkars, j'imaginais de fiers et majestueux navires avec des voiles colorées et une figure de proue en forme de dragon; à la place de ça, j'ai droit à trois planches pourries qui appartenaient jadis à la coque de pirogues animées par des illusions de grandeur - je ne suis PAS impressionnée; oh, et en plus on vient juste de rater le bus qui ne passe que toutes les demi-heures; de retour à la gare centrale de Copenhague, on trouve une géocache sur un quai, et une autre le long de l'enceinte du Tivoli voisin; énorme déconvenue en arrivant devant le Dansk Design Center que j'avais adoré en 2008: il n'accueille plus d'expositions depuis deux ans; si nous le regardons fixement assez longtemps, le couple asiatique assis sur le banc où se trouve la cache H.C. Andersen va peut-être finir par se sentir mal à l'aise et s'en aller?; ...ou pas; après avoir fait des emplettes bien plus réduites que prévu chez Tiger et cherché en vain un endroit sympa où nous poser, nous finissons à la terrasse du Joe & The Juice de la Rundetarn; dommage, la journée avait bien commencé mais n'a pas tenu ses extravagantes promesses; ce soir, pour se consoler, on va se faire des nouilles pleines de noix de cajou et dégoulinantes de sauce chez Wok On.

★COPENHAGUE★ Mercredi: architecture & design







Aux alentours de 9h, cap sur Nyhavn où les restaurateurs commencent à peine à sortir leur terrasse; le pont piéton situé au bout est fermé pour travaux; du coup, nous longeons le canal, ce qui nous donne l'occasion de prendre quelques photos de lieux emblématiques (l'ancien bâtiment des douanes transformé en restaurant, l'ancienne Bourse et son étrange clocher fait de quatre queues de dragon entortillées...); le diner's prévu pour le petit-déjeuner ne m'inspire pas, allons plutôt chez Sweet Treat qui m'a l'air d'être un repaire de bobos comme je les aime; yaourt+fruits frais+granola = MIAM.





Le Dansk Arkitektur Center, où je n'ai accepté de me traîner que pour faire plaisir à Chouchou, propose une expo très courte mais hyper intéressante qui présente l'architecture comme l'organisation de flux vitaux: j'adore!; et en plus, il y avait une géocache juste à l'entrée; sautons dans le métro pour nous faire ramener à Norreport; à cause de la numérotation bizarre d'une avenue, Chouchou m'apprend le mot "boustrophédon" que je n'avais même jamais entendu (et qui ne colle pas du tout avec la situation présente, mais bref); le Panduro local est beaucoup moins grand et moins bien fourni que celui de Stockholm, ce n'est pas ici que je me ruinerai en fournitures de loisirs créatifs.






Aux halles voisines, nous nous laisserions bien tenter par des tapas à manger sur un tonneau/table au soleil, mais elles sont chères et le vendeur se moque de moi quand je lui demande un renseignement: next!; retour vers les rues commerçantes du Quartier Latin; petit shopping de brols et de cartes postales pour moi, et 2 bédés pour Chouchou dans une très belle librairie de SFFF appelée "Les cigares du Pharaon"; chez Riz Raz, on trouve non seulement un délicieux buffet végétarien chaud/froid pour à peine 79kr, mais aussi des thés A.C. Perch qui semble être la seule marque danoise décente; dussé-je utiliser mes ciseaux de broderie pour l'attraper, je parviendrai à sortir la géocache de la Rundetarn du pied de ce banc!; il est l'heure de la pause wifi à l'hôtel; Stroget, encore et toujours, et une géocache astucieusement planquée dans un magasin de jeux qui nous donne bien du fil à retordre; triste constat: les Danois étant surtout de grands amateurs de café, il est quasi impossible de trouver un salon de thé digne de ce nom dans le centre de Copenhague, et la célèbre pâtisserie La Glace ne m'inspire pas du tout; Chouchou boit un Sex Me Up chez Joe & The Juice pendant que je m'abats telle la foudre sur le stand Paperchase du Magasin du Nord (en français dans le texte).





Dernière attraction de la journée: le Designmuseum; j'ai sérieusement mal aux pieds et les expos ne me bouleversent pas, même si je ne peux qu'admirer l'opiniâtreté de Hans Wegner qui a conçu 1200 chaises dans sa vie avec l'idée de produire "just one good chair"; un nouveau thé A.C. Perch au café Klint me requinque juste le nécessaire pour terminer la visite et rentrer à pied à l'hôtel; cédons à la facilité ce soir, et dînons de burgers au bar de l'hôtel (nom: le Pétanque; slogan: "Have a boule"); la bouffe est moyenne mais je kiffe les vieux classiques du rock qu'ils passent en première partie de soirée. 

mardi 23 septembre 2014

★COPENHAGUE★ Mardi, c'est Malmö et Tivoli!






Réveillée spontanément à 6h50 - le truc qui ne m'arrive JAMAIS un jour où je dois bosser -, mais avec un vilain début de migraine car j'ai eu trop chaud pendant la nuit; en l'absence de guichet occupé par un être humain, on se galère un peu pour prendre les billets jusqu'à Malmö; et en l'absence de café satisfaisant dans les environs, on achète au camion de Norreport de quoi petit-déjeuner dans le train: pour moi, ce sera un énorme chocolat chaud et deux croissants maousse que je vais m'obstiner à tremper dans mon gobelet au mépris de toute coulure disgracieuse sur mon menton ou mes vêtements; la météo du jour: grand soleil et vent vif; malheureusement, le Form/Design Center est entre deux expos, mais à la boutique, je repère un livre magnifique illustré d'aquarelles d'Andrea de la Barre de Nanteuil - je le commanderai en anglais sur Amazon; "regarde, une courgette tueuse!" s'exclame Chouchou en lorgnant un torchon sur le motif duquel un légume masqué brandit un couteau; "non mon coeur, les courgettes sont vertes, ça c'est violet et c'est probablement une aubergine"; "ne fais pas ton yéyé!" me rabroue sévèrement Chouchou comme, voyant qu'il n'y a pas de voitures sur la route, je m'apprête à traverser au feu rouge; peu de géocaches dans le centre de Malmö, mais nous en trouvons quand même une à proximité d'une école d'arts; la librairie de SFFF de Davidshallsgatan est aussi bien fournie que dans mon souvenir, et j'y achète le premier tome d'une série d'urban fantasy qui me semble très prometteuse; déjeuner assez quelconque chez Jensens Bofhus (mais au moins, il y a un buffet végétarien pas cher); encore une géocache, à côté de la cathédrale cette fois: un homme sort d'une boutique voisine et regarde dans notre direction, pour ne pas avoir l'air louche, nous nous embrassons fougueusement tandis que l'un de nous glisse mine de rien une main derrière une gouttière pour remettre la boîte de pellicule aimantée à la sa place. 




Pause-thé fort nécessaire au café du magasin de musique Folk a Rock, que nous avions adoré la dernière fois et qui n'a pas changé d'un iota, j'en profite pour me débarrasser des couronnes suédoises qui me restaient d'un séjour précédent; shopping ultra-modeste au Lagerhaus local, mon fournisseur de torchons depuis 6 ans; la première géocache derrière la gare a disparu, la seconde est impossible à chercher sans avoir l'air ultra-chelou; nous reprenons le train vers Copenhague à 16h et, comme il ne va pas jusqu'à Kongens Nytorv, nous changeons à l'aéroport sur le conseil d'une aimable contrôleuse.






Une pause wifi à l'hôtel, et c'est reparti pour le Tivoli!; à l'entrée du parc, nous activons les Copenhagen Cards qui nous mèneront jusqu'à la fin de notre séjour; comme la fois précédente, je suis absolument charmée par ce parc d'attractions rétro bien plus paisible qu'un Disneyland - ses petites lumières, ses plans d'eau, son quartier chinois, son improbable Taj Mahal, son bateau pirate et son théâtre en plein air.




Un dîner moyen au Wagamama, et nous regagnons nos pénates d'assez bonne heure; ne voulant pas me taper la grande rue commerçante de Stroget encore une fois, je nous choisis un chemin alternatif "moche et inintéressant", rigole Chouchou. 

★COPENHAGUE★ Lundi: Lego sexistes, poissons mangeurs de pieds et burger sans pain




J'aime avoir réservé un vol à 10h30 et pouvoir me lever à 7h plutôt qu'au milieu de la nuit pour partir en vacances; 50mn pour aller de la place du Luxembourg à Zaventem: on a bien fait de prévoir large; bon en même temps, notre avion a une demi-heure de retard, alors...; le nouveau yaourt aux fruits et au granola d'Exki est une pure tuerie; oh allez tiens, je n'ai pas lu de roman de Mike Gayle depuis des années et ça ira très bien pour les vacances; "mademoiselle, vous avez oublié un livre sous votre siège" "...non mais c'est fait exprès" #vismaviedebookcrosseusepasdiscrète; pour une fois que je laisse le hublot à Chouchou, je me retrouve assise à côté d'un très gros monsieur qui empiète sur mon espace vital et pue la transpiration - ça m'apprendra à être charitable; chaque fois que mon voisin lève le bras, je manque m'évanouir tellement l'odeur est horrible; c'est quand qu'on arrive, déjà?; pitié, laissez-moi sortir!; les tickets trajet unique ne rentrent pas dans les composteuses des transports publics de Copenhague, il faut le savoir; la place Kongens Nytorv est défigurée par les travaux des deux nouvelles lignes de métro, mais les palissades ont été utilisées intelligemment comme support d'installations artistiques éphémères; niveau charme, l'hostel Generator n'arrive pas à la cheville du Kex de Reykjavik, mais il est bien situé, pas bruyant, doté de lits confortables et d'un wifi irréprochable, donc ça ira; déjeuner sur le pouce dans les échoppes de l'avenue voisine: bagel pour Chouchou, wok végétarien pour moi.





Chouchou passe une heure à fouiller dans les bacs de pièces détachées du Lego Store pour se créer un mini-MTLM; je me serais bien fait une mini-Armalite, mais il n'y a presque pas d'options féminines: c'est quoi ce sexisme à la noix?; quand même, je craquerais bien sur ce calendrier de l'avent Star Wars, mais j'ai peur qu'il ne tienne pas dans les bagages du retour.




16h, ça fait un peu tard pour courir au Dansk Design Center qui ferme à 17h; à la place, et si on allait se faire manger les pieds par des poissons?; la fish pedicure fait incontestablement partie du Top 10 de mes expériences les plus bizarres; je ne trouve pas ça très agréable, mais ça marche: à la fin, mes pieds sont vraiment débarrassés de leurs peaux mortes; la première géocache que nous cherchons a disparu, la seconde nous rapporte notre 13ème pays logué depuis août 2010.




Vautrés dans un des canapés du bar de l'hôtel, nous surfons sur nos iPad en attendant l'heure du repas; ce Sex on the Beach ne contient pas assez d'alcool pour soûler une fourmi; et une nouvelle bédé à traduire pour Gallimard!




Et donc, si ce resto s'appelle Hot Buns, ce n'est visiblement PAS en référence au pain des burgers que l'on y sert, me dis-je en voyant Chouchou tenter vainement de retenir sa mâchoire inférieure à la vue des serveuses très jeunes, très bien roulées et très sommairement vêtues; pas d'option végétarienne, passe encore, mais le steak bien cuit alors que je l'aime saignant et l'absence de pain - bizarrement remplacé par une omelette aux épinards -, je ne kiffe pas du tout; en plus, le kale dont on nous rebat les oreilles depuis des mois? c'est dégueulasse; la seule chose qui sauve mon repas, c'est cette sauce "crème d'ail" sublime qui va me faire une haleine de poney provençal pendant 3 jours; vers 20h, nous rentrons nous crasher à l'hôtel - quels gros fêtards nous faisons! 

lundi 22 septembre 2014

Le retour




Je n'aime pas quitter un endroit où je me sentais bien, où je commençais à prendre mes repères et où j'aurais adoré passer quelques mois de plus avec juste le contenu d'une valise. 
Mais j'aime retrouver mon chez-moi, mon MacBook quand même drôlement plus pratique qu'un iPad pour bloguer, mon placard à thé bien garni (les Danois sont surtout de grands consommateurs de café...) et mes projets laissés en suspens. 
Cette semaine aura, pour moi, marqué la transition de l'été à l'automne. J'en reviens avec 800 photos à trier, plein de jolis souvenirs en amoureux, des crampes dans les jambes, un demi-kilo de moins sur la balance malgré les restos à tous les repas, assez peu de shopping finalement (mais un compte en banque qui tire quand même la gueule), 20 géocaches supplémentaires dans mon escarcelle, un carnet de voyage dument rempli, des tas de billets à rédiger et une idée un peu plus précise de la façon dont je vois mon avenir. 
Deux projets professionnels excitants se sont concrétisés pendant mon séjour à Copenhague; j'ai une To Do List saisonnière à attaquer et de futurs voyages à préparer.
Je retrousse mes manches et je me mets au travail tout de suite.

Happy feet (4): from Paris to Copenhagen through Brussels, Toulouse and Malmö




vendredi 19 septembre 2014

Partir à 1000 kilomètres et arriver enfin à prendre du recul




La journée avait été excellente: belle balade photo dans les "champs de patates" le matin, déjeuner peinard au Laundromat Café, visite du génial musée de la ville de Copenhague (et son superbe salon de thé) l'après-midi, découverte d'une géocache dans un endroit original comme je les aime en début de soirée... Bref, j'étais d'une humeur délicieuse. Avant que Chouchou ne rentre à l'hôtel régler les problèmes d'un de ses clients, nous avons cherché une autre géocache sur Nyhavn, port intérieur célèbre pour les maisons colorées qui le bordent. Ca grouillait de monde à l'heure de l'apéro, et nous avons pensé que nous allions avoir bien du mal à rester discrets, surtout pour débusquer une "difficulté  4" (sur 5). De fait, nos premières tentatives n'ont rien donné. Chouchou s'est assis pour réfléchir pendant que je palpais une bouée de sauvetage sans trop de conviction avant de le rejoindre. C'est alors qu'un type descendu d'un bateau voisin est venu me demander: "Vous cherchez quelque chose?" d'un air entendu. J'ai répondu par l'affirmative, mais avant que je puisse ajouter "Ne me dites pas où c'est", il a glissé tout son bras derrière la bouée et en a sorti un Tupperware planqué dans une cavité dont je n'aurais jamais soupçonné l'existence, et que je n'aurais certainement pas réussi à atteindre. Pourtant, je n'aime pas qu'on me serve une cache sur un plateau; ça me donne l'impression de ne pas mériter le log. Mais je sais aussi que ça arrive à tous les géocacheurs de temps en temps, et que le type essayait juste de me rendre service. Alors, au lieu de tirer la tronche, j'ai souri et j'ai dit "Merci beaucoup pour votre aide". Lâcher-prise 1, misanthropie crasse 0.

Juste après ça, donc, j'ai laissé Chouchou reprendre le chemin du Generator et je suis partie tuer une heure au Magasin du Nord - les Galeries Lafayette locales. J'avais dans l'idée de m'acheter le foulard qui me fait cruellement défaut depuis le début de notre séjour (ensoleillé mais TRES venteux) et sans lequel je n'oserais pas faire un tour de chaises volantes au Tivoli. Bien entendu, une fois le foulard dans mon sac, j'ai déambulé un peu dans les autres rayons. Je suis passée très rapidement à l'étage mode femme; par contre, à l'étage maison, je me suis longuement attardée devant les ravissantes céramiques de Bloomingdale et de Miss Etoiles. C'est simple: tout me faisait envie. Mais tout était cher, tout risquait de se casser dans la valise du retour, et surtout, je n'avais besoin de rien. Je suis ressortie de là les mains vides, ce qui est déjà un exploit en soi, mais surtout sans le moinde sentiment de frustration. Tellement convaincue qu'il valait mieux que je garde mes sous et de la place dans mes placards que ça ne m'a fait aucune peine de laisser là toutes ces tasses si choupinettes et ce merveilleux beurrier à pois. Lâcher-prise 1, consumérisme aigu 0.

En arrivant dans la chambre d'hôtel, je me suis jetée sur mon iPad pour prendre des nouvelles du reste du monde. Et j'ai appris qu'il y avait eu de violents orages suivis de fortes inondations dans mon coin du Var. Je ne crains pas beauccoup les inondations: seul un minuscule ruisseau traverse Monpatelin; il passe loin de chez moi, et j'habite en étage. En revanche, l'évacuation de mon balcon tend à se boucher facilement, et ma mezzanine est juste sous le toit de la résidence, de sorte qu'en cas de tempête et de fortes pluies, je redoute toujours les infiltrations par la porte-fenêtre du salon ou le combo tuiles arrachées/dégât des eaux. Pourtant, je n'ai pas cédé à mon angoisse habituelle. Rien ne disait qu'il y avait un problème, et même s'il y en avait eu un, j'étais plus ou moins coincée à Copenhague jusqu'à dimanche, dans l'impossibilité de rejoindre Monpatelin avant lundi soir au mieux. Alors, plutôt que de me pourrir la fin des vacances pour rien, j'ai décidé de ne pas y penser. J'ai envoyé un mail à mon oncle, qui n'habite pas loin de chez moi, pour lui demander s'il aurait une occasion de passer jeter un coup d'oeil à mon appart'. Et après ça, j'ai rangé le problème dans un tiroir mental pour continuer ma soirée normalement. Lâcher-prise 1, angoisse paranoïaque 0.

C'est marrant, parce qu'au moment de choisir un mot pour 2014, j'ai longuement hésité entre "avancer" et "lâcher-prise" avant de finir par choisir le premier. Aux trois quarts du terme, je n'ai mis à exécution aucun des projets que j'avais en tête, mais j'ai l'impression de progresser à vue d'oeil pour ce qui est du détachement. 

mercredi 17 septembre 2014

Le sang en ébullition



Ce soir, nous avons décidé de manger au bar/resto de notre hôtel. Nous marchons beaucoup depuis notre arrivée et je cumulais un sacré mal aux pieds avec une magnifique crampe dans le mollet gauche. Installés à une table près de la baie vitrée, dans la salle chichement éclairée, nous avons mangé des burgers honnêtes sans plus en écoutant des vieux classiques du rock. Quand "Love will tear us apart" a succédé aux Sex Pistols, j'ai repensé à celle que j'étais il y a une demi-vie, quand je traînais mes 22 ans vaguement gothiques dans les caves d'Aix-en-Provence où je fumais comme un pompier, dansais comme une possédée, me comportais avec une dignité modérément exemplaire après une bière de trop et rentrais juste à temps pour prendre une douche avant de partir faire un boulot que je haïssais. Aujourd'hui, à 43 ans bien sonnés, je m'habille vaguement rétro (toujours incapable d'adhérer totalement à quoi que ce soit); les clopes des autres me donnent la nausée; je ne bois que du bon vin rouge ou des cocktails de fille et si je me couche après 1h du matin, il me faut la semaine pour m'en remettre. Je suis une collaboratrice exemplaire qui aime beaucoup son job la plupart du temps; je mange sainement et je n'écoute presque plus jamais de musique. 

Je pourrais dire que je suis une bien meilleure personne à 43 ans qu'à 22: plus intéressante, moins égoïste. Je ne prends plus les autres pour de simples figurants dans le film de ma vie - mais j'ai cessé depuis belle lurette de me soucier de leur opinion. Je sais que je peux survivre à presque toutes les catastrophes, si dévastatrices qu'elles me semblent sur le coup. J'ai développé une confiance en moi quasi-inébranlable. Je suis devenue responsable sans pour autant commencer à me prendre au sérieux. Bien que largement imparfaite, je peux me regarder dans la glace sans avoir à rougir de moi. Je fais de mon mieux la plupart du temps - même si ça ne suffit pas toujours. Je m'intéresse au monde qui m'entoure. Je ne suis plus gouvernée par des passions ravageuses; désormais, c'est ma tête qui décide. Pourtant... ce qui m'a permis d'en arriver là, c'est une suite de souffrances petites et grandes: les déconvenues professionnelles, les ruptures amoureuses, les déceptions amicales, les blessures de l'égo, les déracinements successifs, la maladie et la mort de gens que j'aimais. Je ne peux m'empêcher de regretter l'innocence de mes 22 ans, cette certitude que j'avais l'éternité devant moi et que les drames n'arrivaient qu'aux autres. 

Mais surtout, ce que je regrette, c'est ma capacité à éprouver des émotions intenses. Au fil du temps et des expériences, elle s'est si bien émoussée qu'il ne m'en reste presque rien. Je ne suis plus jamais extatique - et plus jamais non plus au 36ème dessous. C'est nettement moins fatigant, mais ça me donne l'impression de regarder le monde à travers un filtre qui atténue les couleurs et la netteté des images. Je sais désormais que rien ne dure: ni le bonheur, ni le malheur. Du coup, les émotions semblent presque superflues. Tout finira par passer. D'ailleurs, à la vitesse où le temps file, tout est déjà passé, en fait. Mon travail de chaque jour, c'est de savourer le présent, de le vivre en conscience pour en tirer autant de plénitude que possible. C'est, selon l'angle sous lequel on le considère, une attitude pleine de sagesse et la voie de la sérénité, ou une petite mort de chaque instant en attendant la grande. Ce soir, pendant que Debbie Harry feulait "Call me", j'ai eu très envie d'avoir de nouveau 22 ans et le sang en ébullition.

Illustration empruntée ici

lundi 15 septembre 2014

Un week-end où je soupire après de nouvelles lunettes




Dernière ligne droite avant le départ pour Copenhague; il est temps de reporter tous les trucs à voir sur le plan par quartier: gommettes, stylo indélébile, surligneur rose fluo, à moi!; c'est la première fois que j'achète une City Card, mais vu que celle-ci nous donne aussi le train gratuit pour aller jusqu'à Roskilde (Chouchou tient absolument à voir le musée des bateaux vikings...), ça vaut la peine; flûte, les betteraves ont moisi dans leur Tupperware; un filet d'huile d'olive et une poignée de graines, ça vous habille tout de suite une bête soupe aux épinards; pendant que Chouchou va s'acheter des gadgets à la Fnac, je file réaliser l'objectif n°8 de ma To Do List d'automne; les scones du God Save The Cream sont bons mais pas inoubliables, en revanche le brunch a l'air vraiment super et il faudra venir le tester un dimanche; rentrer directement par le chemin le plus court, ou faire une grande boucle histoire de marcher un peu mais prendre le risque d'acheter des trucs en cours de route?; raisonnable, je ne craque pas pour le livre "Meal in a mug" chez Urban Outfitters - pourtant, il est beau, et j'ai très envie de pousser plus loin le concept des mug cakes; OH MON DIEU JE VEUX ESSAYER CETTE MONTURE; j'adore j'adore j'adore, mais si je la prends, je devrai recommencer à me maquiller les yeux pour ne pas avoir l'air d'une chouette mal réveillée; "alors la monture est à 228€, et pour les verres progressifs, il faut compter 370€ fois 2"; excusez-moi je fais une petite crise cardiaque et je reviens; sachant que la Sécu plus ma mutuelle me rembourseront royalement 32€ sur l'ensemble, je crois que je vais garder mes vieilles lunettes même si elles ne sont plus tout à fait à ma vue; un petit tour chez Hema pour commencer mes courses de swap papeterie, ça, c'est permis!; dîner light: tofu mariné et grillé (avec de belles rayures) + brocoli sauté; "Time after time", c'est assez sympa, dommage pour la fin super cucul où c'est comme par hasard la femme qui sacrifie tout pour suivre l'homme - et dans l'Angleterre victorienne, à mon avis, elle ne va pas rigoler tous les jours.




Au réveil, le bon gros clash qui te donne envie de tout envoyer bouler et de devenir pirate - ou au moins de partir à l'autre bout du monde, mais seule; j'ai cru gagner du temps en habillant mon tambour à broder avec du washi tape plutôt qu'en le peignant, et en fait, non; ah, le casse-tête sans cesse renouvelé de la valise pour qui aime voyager léger et confort MAIS être parée à toutes les éventualités et fringuée un peu joliment sur ses photos de vacances; pour les vêtements, je ne sais pas ce que ça donnera, mais ma trousse de carnet de voyage est juste parfaite; même après le premier shampoing mouillé et séchage à ma façon, ma coupe de cheveux me déplaît toujours autant; le site de Bookcrossing n'accepte les changements de lieu que si je me connecte avec Safari au lieu de Chrome - mais bon, ma note de libération est validée, et je vais pouvoir abandonner mon deuxième livre demain à l'aéroport; corsage violet et points de noeud bien réguliers: je vois enfin le bout de ma seconde broderie rétro (même si je suis pour ça obligée d'enlever mes vieilles lunettes); Cahouète a reçu un mini iPad pour son anniversaire; je croyais qu'on était à la fin de la saison 4 de "Gilmore girls", mais non, il nous restera encore 2 épisodes à regarder en rentrant.

dimanche 14 septembre 2014

DIY: un porte-broches dans un tambour à broder


Cet été, j'avais en tête une idée de création qui mélangerait laine cardée, feutrine et broderie composant une saynète que j'encadrerais dans un tambour à broder. J'ai manqué de temps pour me pencher dessus sérieusement, mais pendant nos vacances à Toulouse, je suis tombée par hasard sur un bouquin formidable: "100 idées déco avec les tambours à broder".

En principe, j'achète peu d'ouvrages de loisirs créatifs, parce qu'on trouve des tas de choses super gratuitement sur internet et parce que, pour une vingtaine d'euros, il n'y a généralement qu'un ou deux projets qui m'intéressent dans tout le livre. Mais là, un simple feuilletage dans les rayons d'Ombres Blanches m'a permis d'en découvrir au moins une douzaine qui me faisaient très envie (dont un, d'ailleurs, qui ressemblait un peu à ce que j'avais en tête pour ma fameuse création). J'ai donc acheté cet ouvrage, et je peux vous dire que je ne le regrette pas: c'est une mine d'idées géniales! 




Premier projet réalisé: un porte-broches. Parce que c'était facile et rapide, et que ça me semblait donc une bonne entrée en matière, mais aussi parce que je possède une mini-collection de broches que je porte peu (je déteste faire des trous dans mes vêtements) et que je cherchais justement un moyen de mettre en valeur malgré tout.

Il m'a suffi de choisir un joli coupon de tissu, d'y piquer mes broches en utilisant le cercle intérieur du tambour comme guide, d'habiller le cercle extérieur avec du washi tape (en prenant garde à faire coïncider les motifs), de monter le tambour et de faufiler le bord caché du tissu avec du fil de lin doublé pour le maintenir en place. Le couper ras et le coller au cercle intérieur aurait été plus "propre", mais aussi plus définitif et plus difficile à rattraper en cas de bourde. Là, c'est moche mais ça ne se voit pas, et je peux défaire quand je veux!




samedi 13 septembre 2014

Summer to do list: bilan





1. Organiser le voyage de septembre à Copenhague/Mälmo
C'est fait, et heureusement, parce que nous partons lundi matin!
Taux de réussite: 100%

2. Lire "The Rational Optimist"
Je pensais que ce livre m'aiderait à avoir une vision un peu moins pessimiste du monde et de l'avenir. En fait, c'est un pavé dont les trois quarts sont consacrés à relater la formidable évolution de l'humanité au fil des âges. Le premier chapitre explique à grands renforts de statistiques super barbantes pourquoi nous n'avons jamais été si bien lotis, et le dernier - seulement - pourquoi tous les espoirs sont permis pour l'avenir. Mais l'apologie du capitalisme débridé à laquelle se livre l'auteur m'a tellement hérissée que je n'ai pas encore réussi à arriver jusque là.
Taux de réussite: 20%

3. Compléter ma page vide-dressing
J'ai rajouté quelques trucs, mais il en reste encore plein d'autres dont je devrais me débarrasser...
Taux de réussite: 50%

4. Préparer un swap papeterie pour la rentrée
C'est fait, et il est lancé depuis une semaine avec une grosse trentaine de participantes.
Taux de réussite: 100%

5. Tester le blender blanc acheté l'été dernier (!)
J'ai eu un grand moment de solitude quand il a refusé de fonctionner au premier abord. Un instant, je me suis vue le mettre à la poubelle sans m'en être jamais servie (vu que la garantie était terminée). Mais non, en insistant un peu, j'ai fini par arriver à mes fins. Et je n'y ai plus retouché par la suite. Un achat peu inspiré: quand je suis à Monpatelin, j'ai juste la flemme de salir de la vaisselle pour moi toute seule.
Taux de réussite: 100%

6. Porter toutes les fringues en attente de retouche chez la couturière
C'est fait.
Taux de réussite: 100%

7. Trier le contenu de ma bibliothèque de gauche
C'est fait aussi, et j'ai même trié le contenu de mon secrétaire en prime.
Taux de réussite: 100%

8. Faire un point de croix "inspirant"
Je n'ai pas trouvé de modèle pour ce que j'avais en tête. Mais j'ai quand même fait cette petite chose.
Taux de réussite: 50%

9. Fabriquer un carnet en papier recyclé en partant de zéro
Pas eu le temps ni l'inspiration.
Taux de réussite: 0%

10. Produire au moins 5 pages d'art journaling
Voir ci-dessus.
Taux de réussite: 0%

11. Finir la broderie rétro en souffrance
Je la termine demain si tout va bien, et je la montrerai sans doute prochainement.
Taux de réussite: 100%

12. Récupérer les droits d'auteur de mes traductions plus exploitées
Une corvée administrative qui m'emmerde royalement et n'a rien d'obligatoire ni d'urgent, si bien que je n'y ai pas touché.
Taux de réussite: 0%

13. Apprendre à préparer un cocktail que j'aime
Je sais faire un Mojito et un Sea Breeze. Mais moins bons que ceux de l'Amour Fou.
Taux de réussite: 80%

14. Trouver un MOOC de biologie basique auquel m'inscrire à la rentrée
L'idée de me mettre du travail supplémentaire non rémunéré sur le dos me donne juste envie de partir en courant. Tant pis, je resterai scientifiquement inculte.
Taux de réussite: 0%

15. Changer le matelas de notre lit à Bruxelles
C'est fait, et c'est un merveilleux investissement.
Taux de réussite: 100%

jeudi 11 septembre 2014

Autumn to do list




1. Réaliser un carnet de voyage à Copenhague
2. Organiser le voyage de fin d'année à Porto
3. Tester le bookcrossing
4. ...et le massage aux pierres chaudes
5. Faire un Quarantine Live Escape Game
6. ...et une des enquêtes de Qui veut pister Bruxelles?
7. Réaliser un tableau dans un tambour à broder
8. Goûter les scones du God Save the Queen
9. Essayer les nouveaux cours de yoga du Serendip Spa
10. Créer un tableau détaillé pour le suivi de mes traductions
11. Installer 1password sur mes MacBook et mon iPad
12. Proposer un challenge minimaliste sur le blog
13. ...et un swap de Noël
14. Apprendre à faire les oeufs pochés
15. Renouveler la déco de porte à Bruxelles et à Monpatelin

mercredi 10 septembre 2014

Ici et maintenant




Je savoure ma dernière journée à Monpatelin (c'est-à-dire que je soupire en regardant dehors au lieu de travailler) avant de reprendre le chemin de Bruxelles. Ca fait deux matins d'affilée que je me réveille avec une migraine à cause de la chaleur, et entre les incohérences à la pelle, les tirades misogynes et les positions politiques qui me donnent envie de hurler, je n'adore pas franchement le bouquin que je traduis en ce moment. Mais bon, ça passera, comme le reste.

Je suis attristée par la disparition de Graham Joyce. Je n'avais pourtant lu qu'un seul de ses romans, "Les limites de l'enchantement", que j'avais trouvé fort oubliable. Mais c'est un point de plus marqué par le crabe contre quelqu'un qui avait beaucoup à donner et qui aurait dû avoir encore de nombreuses années pour le faire.

Je ne suis pas ravie par la coupe de cheveux finalement conquise de haute lutte hier après-midi. Le bas est beaucoup trop droit au lieu de partir en pointe dans le dos comme j'aime. Pourquoi je n'arrive jamais à expliquer ce que je veux aux coiffeurs? Les mots signifient-ils des choses différentes dans leur français et dans le mien? Mystère. 

J'attends un devis pour changer l'escalier de ma mezzanine. J'avais envie de le faire depuis des années, mais j'ai toujours un peu regimbé à l'idée du bordel que les travaux allaient foutre chez moi. Et puis mercredi dernier, tout à fait par hasard, j'ai croisé dans les rues de Monpatelin le menuisier ami de l'Homme-ce-chacal-jaune qui avait fabriqué ma bibliothèque et tout un tas d'autres petits meubles chez moi, il y a plus de 10 ans. J'ai pris ça comme un signe. Hier, il est passé à la maison relever les cotes pour me préparer un devis. Apparemment, déposer l'ancien escalier et installer le nouveau ne prendrait qu'une journée... 

Je trépigne d'impatience à la pensée de décoller bientôt pour Copenhague. Nous n'avons pas voyagé depuis un an tout rond, et j'ai la ferme intention de profiter de ces vacances au maximum. Ce sera notre deuxième séjour dans la capitale danoise avec crochet par la ville suédoise de Malmö, de l'autre côté du pont de l'Oresund immortalisé par la série Bron/Broen. Nous ne croiserons probablement pas Saga Noren, mais nous avons plein d'autres activités au programme - notamment, inscrire le Danemark en 13ème position de la liste des pays où nous avons fait du geocaching.

Je prépare le prochain challenge d'octobre - j'aimerais bien en faire une tradition annuelle. Cette fois, le thème sera le minimalisme. J'ai un peu le trac. C'est un thème cher à mon coeur, et j'aimerais à la fois encourager les gens qui s'y intéressent déjà et séduire quelques-uns de ceux qui s'en foutent en leur présentant le concept sous un jour ludique, ou en tout cas, pas aussi rébarbatif qu'ils ne l'imaginent. 

Je dresse une longue liste de projets pour cet automne, histoire de prendre ma revanche sur cet été dont je n'ai pas vraiment pu profiter. Et pas de corvées administratives ou autres trucs chiants-mais-nécessaires: que des expériences excitantes. En plus d'être excellent pour mon moral, ça ira tout à fait dans le sens de mon nouveau credo "posséder moins, faire plus". Et ça me fournira matière à alimenter ce blog! 

mardi 9 septembre 2014

"Le ruban"


Ca commence comme un conte. Une grand-mère fantasque et passionnée d'oiseaux trouve un oeuf tombé du nid, le met à couver dans son chignon et donne à l'oiseau qui éclôt le nom de Ruban - car cet oiseau, explique-t-elle solennellement à sa petite-fille, est le ruban qui nous relie pour l'éternité". Un jour, l'oiseau s'envole et pour les personnes qui croisent son chemin, il devient un signe d'espoir, de liberté et de consolation. 

En fait de roman, "Le ruban" est plutôt une collection de nouvelles reliées par le fil rouge de l'oiseau: des instantanés de vie dont les protagonistes sont dans la peine. Ruban surgit dans leur existence, parfois pour quelques instants - vision fugace dans le ciel -, parfois pour des années de compagnie fidèle. Quand il les quitte, la paix est revenue dans leur coeur.

D'abord un peu désarçonnée par cette structure, car je suis toujours frustrée de quitter un personnage que je viens à peine d'apprendre à connaître, j'ai fini par apprécier la brièveté des récits qui ne sont pas là pour montrer des trajectoires entières, mais juste des moments-clé. Bien entendu, certains m'ont touchée davantage que d'autres. Ce qui m'a le plus frappée néanmoins, c'est la sérénité des protagonistes par rapport à ce que nous considérons en Occident comme dramatique (vieillesse, maladie, mort), contrastant avec la vivacité des émotions que leur procurent des choses minuscules auxquelles nous, nous ne ferions pas attention.

Après "Le restaurant de l'amour retrouvé", dont l'histoire et l'atmosphère m'avaient séduite malgré un style un peu pauvre, Ito Ogawa livre un nouvel ouvrage à la sensibilité à la fois typiquement nippone et tout à fait personnelle.

lundi 8 septembre 2014

La fabbrica di Marco




A Toulon, j'ai une affection particulière pour la rue Paul Lendrin, surnommée "petit cours Lafayette" parce que le marché qui occupe ce dernier chaque matin se prolonge dans cette artère adjacente et également semi-piétonne. C'est ici que l'on trouve la géniale librairie d'images Contrebandes et la sympathique cassecroûterie L'Aparté, ainsi que les belles créations mode d'Abyss... et, depuis un an tout rond, un restaurant-traiteur italien au sujet duquel j'avais entendu tant de louanges qu'il fallait bien que je finisse par le tester. 




La terrasse est complète à mon arrivée, samedi vers 13h, mais quelques instants plus tard, une dame se lève pour libérer sa table dont je m'empare prestement. Les étals du marché remballés, il fait bon s'installer à l'ombre des arbres pour profiter de la chaleur de fin d'été tempérée par une douce brise. Je bouquine un peu en observant le ballet des trois serveurs qui ne chôment pas beaucoup. Bientôt, une jeune femme vient débarrasser et dresser de nouveau ma table, puis m'apporte l'ardoise avec les plats du jour. Je choisis des caramelle aux olives avec une sauce aux câpres et un verre de vin rouge sicilien (je crois). Malgré l'affluence, j'ai à peine le temps de lire quelques pages que les deux apparaissent devant moi. Le vin est correct sans plus; disons qu'il manque légèrement de subtilité. Par contre, ces pâtes... Mamma mia. Un vrai régal. Bien que la portion soit correcte, j'en aurais facilement englouti le double juste par gourmandise. 




Il me reste un peu de place pour le dessert. Après quelques instants d'hésitation (il y a là une salade de fruits accompagné d'un sorbet au citron maison et d'un petit baba au rhum qui me tente également pas mal), je choisis un gâteau de ricotta au citron "assez proche de la fiadone corse" d'après la serveuse. Effectivement, il est délicieux, même si je n'ai plus assez faim pour en venir complètement à bout. Montant de l'addition: 21€. Ca les vaut largement, autant pour la qualité de la nourriture que pour le dynamisme et le sourire du personnel - sans parler de l'emplacement si agréable. La fabbrica di Marco fait également traiteur/épicerie, et propose uniquement des produits maison ou importés d'Italie. Une adresse à découvrir absolument! 

27, rue Paul Lendrin
83000 TOULON

Un week-end où l'Italie et la Nouvelle-Zélande s'invitent dans mon assiette




Eu du mal à m'endormir hier soir et fini ma nuit sur le canapé; chère madame qui, au prétexte qu'on a toutes les deux 25 mn à poireauter en attendant le bus en plein cagnard, pense que ça t'autorise à m'abreuver de tes histoires de chien refusé dans les transports en commun pour cause d'oubli de muselière: NON; j'ai toujours envie de mordre les inconnus qui viennent me parler: la grande crise d'empathie de mercredi n'était qu'un incident isolé, ouf; de nouvelles cartes anti-touristiques chez Contrebandes, chic!; testons ce resto italien dont j'ai entendu dire tant de bien; la bouffe est divine, dommage que je sois encadrée à droite par des touristes allemands qui fument comme des pompiers et à gauche par des vétérans de la légion étrangère qui fument pire que des pompiers; tout de même, on est drôlement bien à l'ombre des arbres du petit cours Lafayette, avec 26° et juste ce qu'il faut de brise; je tente une incursion dans quelques magasins de fringues et en ressors les mains vides sans aucun regret; au troisième passage, la géocache de la fontaine de la rue d'Alger est enfin mienne; quelle bonne idée de chercher des enveloppes dans Carrefour un samedi de rentrée des classes!; 3 coiffeurs d'affilée m'annoncent une demi-heure d'attente et, quand je leur dis que je viens pour rafraîchir ma coupe, proposent de me renverser un seau de glaçons sur la tête; tant pis, mes cheveux resteront trop longs; dans mon effort pour soutenir les librairies indépendantes, je rentre chez Gaia pour la première fois de ma vie et je ne suis pas séduite par le bordel - mais j'achète quand même un poche à la 4ème de couverture prometteuse; après avoir fait deux fois le tour du centre sans trouver de terrasse qui m'inspire particulièrement, je finis sur une des banquettes en velours vert du Chantilly; je peux savoir pourquoi mon wifi péclote tout à coup?; il m'aura fallu 8 ans et demi pour arriver au bout de la bouteille d'Absolut achetée en duty free lors d'un voyage aux USA: comme alcoolique mondaine, je suis assez nulle; les röstis de chez Picard ne valent pas ceux de Lady Pops, mais comme je n'ai pas Lady Pops sous la main pour me nourrir, ils feront l'affaire; commencer à former les binômes du swap papeterie; en fait, pour avoir l'air bien en photo, il faut prendre des poses complètement pas naturelles dans lesquelles tu te sens ridicule et endolorie, explique Sue Bryce dans une vidéo de presque une heure; un mug cake et au lit!




Une petite touche d'exotisme pour commencer la journée avec la confiture de kiwi que Zéphine m'a envoyée de Nouvelle-Zélande; pardon, hein, mais l'héroïne qui, pour prouver qu'elle est une femme forte, se vante de n'avoir aucune tendance girly et de fonctionner comme un mec, je trouve ça tout sauf féministe; j'ai oublié le mot de passe pour accéder à mon compte sur le site des impôts: quelle surprise...; si je touchais 10€ par incohérence que je corrige, je deviendrais bientôt riche, et je pourrais arrêter de bosser; j'aurais dû préciser que les demandes d'inscription au swap devaient être rédigées dans un français lisible, parce que là...; ma mère décrète qu'elle préfère encore mourir d'un cancer qu'avoir la maladie d'Alzheimer, et pour une fois je suis d'accord avec elle; "il est de quelle couleur, ce nouveau T-shirt? je vois pas bien à la webcam", dis-je à Chouchou; une seconde de silence, et nous éclatons de rire tous les deux: "oui, ok, je me ferai ma propre idée en rentrant"; ma swapée, qui vit à Okinawa, était de passage dans le patelin voisin du mien la semaine dernière, quel dommage de s'être ratées de si peu!

dimanche 7 septembre 2014

Si vous voulez me connaître, fouillez dans ma bibliothèque



Le petit personnage aviateur est une création de KibooChan

Mes romans mélangés vous diront que je lis indifféremment en français ou en anglais. Que j'ai une prédilection pour la littérature culinaire et les histoires de voyage dans le temps. Que je ne m'intéresse ni à la poésie, ni au polar, ni aux biographies, ni aux histoires d'amour, mais que la plupart des auteurs que j'affectionne sont des femmes. Que les grands classiques sont tout à fait absents de ma culture personnelle.
Les deux petites étagères consacrées à la littérature niponne, et les deux grandes bourrées de manga vous apprendront que le Japon occupe une place particulière dans mon coeur; le petit Fuji et la boîte remplie de cours du CNED témoigneront que j'en ai même étudié la langue pendant plusieurs années.
L'état impeccable de mes livres, leur classement méticuleux trahiront que je suis une personne psychorigide soigneuse et ordonnée.
En regardant la page de garde d'une bonne partie de mes romans de SFFF et de certaines séries jeunesse à la présence incongrue au premier abord, vous vous apercevrez que j'exerce le métier de traductrice depuis 20 ans.
Et en tombant sur la pile de mes cahiers Exacompta à tête paresseuse, vous réaliserez que je suis le genre de dinosaure qui fait toujours sa comptabilité à la main. 
Mes beaux livres vous évoqueront ma passion pour les chats, les voyages et les journaux illustrés.
Mes nombreuses bédés vous parleront de ma préférence pour les lignes claires, l'aquarelle et les récits intimistes. Et vous donneront une idée du temps (considérable) que j'ai passé à poireauter devant des dizaines d'auteurs pour une dédicace. 
Mes innombrables albums photos, agendas remplis et autres carnets de voyage vous révèleront que je suis l'archiviste de ma propre existence. 
Et les manuels de règles vieux de plus de 20 ans, bien usés sur la tranche, que j'ai pratiqué assidûment le jeu de rôles dans ma jeunesse.
En cherchant bien, vous découvrirez que j'ai une faiblesse pour les livres animés et la très bonne littérature jeunesse.
En cherchant vraiment très bien, vous repèrerez UN roman dont les pages se détachent d'avoir été trop lues - celui qui a bouleversé mon adolescence.
Vous vous demanderez sans doute pourquoi j'entasse une telle quantité de carnets vierges: la peur qu'une guerre éclate et que les usines cessent d'en fabriquer, peut-être?
Enfin, la collection de théières qui mobilise deux meubles vous laissera deviner que le thé occupe dans ma vie une place presque aussi importante que la lecture.
Bien plus que ma garde-robe ou ma salle de bain, ma bibliothèque parle de moi.