mercredi 13 août 2014

Et Toulouse ne me reverra pas de sitôt




Je suis rentrée de Toulouse le coeur lourd. 
Mon père n'est plus là. Mes rapports avec ma mère ne se sont pas améliorés depuis qu'elle est devenue ma seule interlocutrice dans la maison parentale. Ma soeur débordée par son boulot n'a plus jamais une minute de libre. Mes neveux ont des emplois du temps de ministres maintenant qu'ils font du hockey. 
Je ne sais même plus pourquoi je continue à aller là-bas. 
J'ai l'impression d'avoir perdu pas juste mon père, mais toute ma famille. 
Ca fait un mal de chien. 
Je n'ai pas d'amis intimes par choix. Mon cercle de proches, jusqu'ici, c'était Chouchou et ma famille. Chouchou peut me quitter du jour au lendemain si ça lui chante, ce que j'ai toujours su et que j'accepte, parce que c'est le jeu quand on ne veut ni se marier ni avoir des enfants. Mais je ne pensais pas que ma famille disparaîtrait de cette façon insidieuse - pas parce qu'on se serait fâchés, juste parce que d'autres priorités prendraient le pas sur notre relation. 
Du coup, je passerai les fêtes de fin d'année sous le soleil de Porto. 
Et Toulouse ne me reverra pas de sitôt.

mardi 12 août 2014

"La Touchkanie"


Carnet de voyage dans un pays imaginaire (bien que fortement inspiré des anciennes républiques soviétiques), ce petit livre joliment illustré raconte les déboires des deux auteurs lors de leur séjour en Touchkanie: détenus 3 jours par des douaniers qui veulent leur extorquer un bakchich, logés dans un hôtel miteux alors qu'ils avaient réservé dans un 3 étoiles, intoxiqués aux abats de yak, détroussés par les autochtones, menacés par le dictateur local... On en frémirait pour eux si on n'était pas aussi occupé à glousser. C'est drôle, bien foutu, et ça donne envie de lire d'autres pseudo-guides aussi loufoques pour se réjouir de passer ses vacances dans un endroit sans histoire!

"Nous sommes un peu surpris par l'impétuosité des mendigots du cru. "Ca problème, consent Tirza. Mieux avant: on pouvait immoler eux à coups de bâton!" En Touchkanie aussi, les traditions se perdent..."

"Les Jorio l'ont fait ériger au XIIIème siècle sur la base du nombre d'or (1,618033988) - comme la pyramide de Kheops et le Pathénon -, mais pour des raisons pratiques, l'architecte Pitkvanlüfz a arrondi à 2... c'est ainsi que depuis sa construction, l'édifice qui était promis à l'éternité menace de s'effondrer."

"Au 14ème étage, les choses s'arrangent enfin. Il y a là un snack-bar (d'Etat), une boutique de souvenirs (d'Etat), et même des toilettes (hors d'état)."






"Avril enchanté"


"A tous ceux qui aiment les glycines et le soleil. Italie. Mois d'avril. Particulier loue petit château médiéval meublé bord Méditerranée." Du moment où elle découvre cette annonce un jour de pluie particulièrement déprimant, Mrs Wilkins, timide Londonienne mariée à un avocat aussi pingre de son argent que de son affection, n'a plus de cesse que de s'organiser des vacances de rêve au nez et à la barbe de son époux. Pour diminuer le coût de la location, elle entraîne trois autres femmes dans son aventure: la très pieuse Rose Arbuthnot, dont le mari écrit sous pseudonyme des bibliographies de courtisanes célèbres, l'acariâtre Mrs Fischer qui vit dans le souvenir des grands intellectuels qu'elle fréquentait autrefois, et la sublime Lady Caroline Dester qui n'aspire qu'à mettre un maximum de distance entre elle et ses innombrables prétendants. La beauté enchanteresse de San Salvatore va transformer les quatre femmes en profondeur...

Ecrit dans les années 20, "Avril enchanté" surprend par sa liberté de ton et son ironie très fine. Elizabeth von Arnim se moque gentiment de ses personnages, avec une belle irrévérence mais aussi beaucoup de tendresse et un style tout à fait savoureux. L'excellente traduction de François Dupuigrenet Desroussilles contient des ratiocinations, des irénismes et une flopée d'imparfaits du subjonctif - de quoi satisfaire tous les amoureux d'un certain langage fleuri. Véritable explosion de couleurs et de parfums, la peinture de la végétation au coeur de laquelle se niche San Salvatore évoque un jardin d'Eden aux vertus miraculeuses. Les tourments et les déboires des quatre vacancières témoignent du carcan des conventions de leur époque avec un humour qui ne fait pas oublier les avancées de la condition féminine au cours du dernier siècle. Bref, une lecture légère et pétillante, mais plus substantielle qu'il n'y paraît au premier abord. 

"Autrefois, ce seul mot était à la fois magique et rassurant. Ses amis de Londres, tous gens de son âge et de sa condition, avaient connu cet univers enchanté, pouvaient le comparer aux légèretés du temps présent, et savaient trouver dans le souvenir des grands hommes une consolation à la médiocrité vulgaire des jeunes gens qui, en dépit de la guerre qui en avait tué beaucoup, occupaient indûment la plus grande partie du monde."

"Mellersh, en dépit de son tempérament froid, se laissait même aller à des gestes de tendresse tout à fait inhabituels (...). Au cours de cette deuxième semaine au château, il lui arriva en effet de lui pincer non pas une oreille mais deux avant d'aller dormir. Très peu préparée à de pareils débordements, Lotty se demandait ce qu'il lui réservait pour la troisième semaine, lorsqu'il ne lui resterait plus de nouvelles oreilles à pincer."

dimanche 10 août 2014

Un week-end orageux




Super mal dormi cette nuit: les séjours à Toulouse me pèsent de plus en plus; aussi, si le petit fond migraineux que je traîne depuis 24h voulait bien se dissiper, ça m'arrangerait #mercibisous; apprenant que ma mère a réservé demain midi dans un resto gastronomique, ma soeur s'inquiète que Cahouète et elle ne trouvent rien à leur goût dans le menu imposé; finir la relecture de la 3ème partie dont je n'ai pas réussi à venir à bout hier; redescendre en ville sans but précis, juste pour ne pas tourner en rond chez ma mère; métro Capitole, rue du Taur, basilique St-Sernin pour y chercher une géocache vite trouvée (mais dont le logbook est détrempé); dire que le tout premier appartement où j'ai habité seule se trouvait à cent mètres de là, dans la rue Gramat...; le salon de thé voisin ne nous inspire pas: allons plutôt au Salon d'Eugénie; le Salon d'Eugénie est fermé, tentons notre chance chez Tata Bidule; Tata Bidule est fermé, rabattons-nous sur O Thé Divin; au bout de trois bouchées de tarte framboises-chocolat blanc, je frôle l'overdose de sucre; j'avais adoré "L'histoire de l'amour" de Nicole Krauss, mais "La grande maison" dont le sujet m'alléchait pourtant beaucoup me tombe des mains au bout d'une soixantaine de pages; la géocache de l'ancienne maison de Claude Nougaro nous tient en haleine un long moment; celle de la Garonnette nous fait découvrir un mini-canal urbain bordé de fleurs qui serpente dans une rue en contrebas; sur le bord, les membres du Club Portugais de Toulouse boivent l'apéro en écoutant de la musique très fort, c'est joyeux comme tout; malgré le ciel couvert, je dégouline littéralement dans ma robe en coton ultra-légère; il me faut un nouveau bouquin: direction Ombres Blanches; pourquoi, mais pourquoi n'avais-je jamais mis les pieds dans cette librairie immense, véritable labyrinthe aux rayons cinquante fois mieux fournis que ceux de la Fnac?; envisager le dernier Stefano Benni sorti chez Actes Sud, mais se contenter sagement d'un poche au titre alléchant; aller à la parapharmacie Lafayette avec une liste d'une demi-douzaine de trucs à acheter, un samedi en fin d'après-midi, c'est prendre le risque de finir son week-end en prison pour meurtre de masse; dans le métro du retour, un vieil Asiatique agite son gros trousseau de clés sous le nez d'un petit garçon hilare; seconde douche de la journée: check! (mais cette fois, j'ai un super déodorant au thé vert et à la menthe, conquis au péril de la virginité de mon casier judiciaire); apparemment, "les radis ont-ils été rincés?" est une question difficile, susceptible de déclencher une crise d'hystérie maternelle; soupir de soulagement: "Avril enchanté" a l'air vraiment très bien; l'odeur de transpiration rance fait un TRES mauvais parfum d'ambiance, surtout au moment du coucher.




Cette nuit j'ai rêvé qu'on avait encore Scarlet et Copernique, plus deux petits que cette dernière avait faits avec un chat gris et qu'on essayait de placer avant les vacances; pendant ce temps, un moustique vicieux m'a piquée sur la tranche du pied droit, et les habitants de la bande de Gaza n'en ont pas fini de morfler; comment un homme seul peut-il, sans l'aide d'aucun matériel lourd, transformer ainsi une salle de bain en piscine?; mon entrée au tourteau est divine, mais celle de ma soeur, qui ne mange aucune bête aquatique, a l'air encore meilleure; sur la liste des résolutions d'automne, il y aura "apprendre à faire les oeufs mollets"; finalement, une bouteille de pinard à 3, ça se descend très bien; les garçons sont fascinés par les porte-serviettes en forme de ressort; Cahouète a un nouveau lit-coffre et une housse de couette avec des ours polaires; je me baigne seule dans la piscine jusqu'à ce que Cahouète me rejoigne et me demande de jouer au ballon avec lui; mes cheveux sont trempés, mes lunettes dégoulinent, et je n'arrive pas à faire plus de 9 passes (alors que le record familial est de 54 - la honte), mais je suis contente d'avoir partagé un moment avec mon neveu; nous sommes juste en train de nous sécher quand la pluie commence à tomber; bon ben je n'aurai pas réussi à passer une seule minute en tête-à-tête avec ma soeur, et Noël, ce sera sans moi; j'ai beau tenter de me raisonner, tout ça me brise un petit peu le coeur. 

samedi 9 août 2014

"Demain est un autre jour"


A la mort de sa mère bien-aimée, Brett Bohlinger s'attend à hériter de l'empire cosmétique familial. Perdu: Elizabeth ne lui a légué qu'une vieille liste d'objectifs que Brett s'était fixés à 14 ans, et qui ne correspondent plus du tout à la femme d'affaires trentenaire qu'elle est devenue. Enseigner alors qu'elle est directrice marketing et n'a aucune autorité sur les enfants? Acheter un cheval alors qu'elle vit en plein Chicago? Faire un bébé alors que son petit ami n'en veut absolument pas? Rétablir une bonne relation avec son père alors qu'il est mort depuis des années?  Pourtant, si elle veut accomplir les dernières volontés maternelles et toucher le pactole, Brett devra atteindre dix de ces objectifs avant le premier anniversaire du décès d'Elizabeth. Et très vite, elle va s'apercevoir à quel point sa mère avait tout prévu pour faire son bonheur fût-ce malgré elle...

Je suis passée plusieurs fois devant ce roman avant de me décider à l'acheter faute de lecture plus inspirante. D'un côté, je pressentais un facteur feel good toujours bienvenu; de l'autre, je craignais un taux de mièvrerie stratosphérique. Au final, le bilan est plutôt bon. Certes, l'histoire est complètement invraisemblable et sans grandes surprises. Il faut la prendre comme un conte de fées moderne dont la princesse serait forcée de se sauver elle-même (bien qu'avec force coups de pied maternels dans le fondement et l'aide attentive d'un charmant avocat). Mais si on veut bien laisser de côté toute aspiration à un quelconque réalisme, on passe un moment très agréable à lire les mésaventures de Brett, et parfois même, on est ému ou inspiré par ce qui lui arrive. "Demain est un autre jour" ne changera pas votre vie, mais si vous cherchez une lecture d'été légère, positive et pas trop cucul, vous pouvez y aller!

jeudi 7 août 2014

Duck Me: le fast-good spécial canard




Ouvert depuis début juillet à Toulouse, Duck Me propose des classiques du fast-food (burger, hot dog, club sandwich, falafel, brochettes et même une salade!) entièrement au canard. Et pas l'équivalent d'un vilain steak McDo version volaille, hein: une viande premier choix en provenance exclusive d'élevages du Sud-Ouest. Utilisation de produits locaux? Check!




Pour 10€ maxi, on peut acheter un menu sandwich/frites/boisson à emporter ou à déguster sur place, dans la salle toute en longueur ou sur les quelques tables en terrasse. Toute la déco a été pensée sur le thème du canard, depuis le jaune de l'ordinateur qui sert à prendre les commandes jusqu'aux tabliers des employés en passant par le nom des plats, les dessins qui ornent les tables et même les appliques faites maison! Concept original et rigolo? Check!






C'est bien beau tout ça, mais l'important dans un resto, c'est quand même le contenu de l'assiette (ou en l'occurrence, du plateau). Dans l'idée de tester un maximum d'options, Chouchou a pris un falafel, jugé délicieux mais insuffisamment copieux; Nekkonezumi a choisi un burger auquel elle n'a rien trouvé à redire, et dont elle m'a assuré que le bun légèrement brioché n'était pas du tout sec ni bourratif (ma principale hantise avec les burgers); quant à moi, j'ai opté pour un club sandwich assez fabuleux et tellement gros que j'en ai cédé sans regret un bout à Chouchou. 





Les frites, cuites dans la graisse de canard, ont été approuvées sans réserve par l'élément belge du groupe, ainsi que par l'élément toulonno-bruxellois qui ne supporte plus les frites en carton servies dans la plupart des restaurants français. Les desserts, dont des coookies maison et des fruits du coin-coin, étaient assez tentants, mais nous pensions à juste titre que nous n'aurions plus faim après notre menu. Estomacs ravis? Check!

Bilan: notre repas au Duck Me n'aura sûrement pas été le plus léger de ces vacances. Mais nous l'avons trouvé savoureux et d'un excellent rapport qualité-prix. Si vous habitez Toulouse ou avez l'occasion d'y passer prochainement, je ne peux que vous recommander de faire un petit tour dans ce fast-good qui sait tirer le meilleur parti d'un produit local trop longtemps cantonné à des préparations traditionnelles.

10 rue de la Pomme
31000 Toulouse
...et bientôt à Bordeaux!

mercredi 6 août 2014

Un mot pour 2014: le projet secret


Robe: DDP, modèle Charleston
Vernis: Revlon Sun Candy 450 "Lava flame"

En vue de la réalisation d'un projet web secret pour l'instant, Ali Edwards, la blogueuse à l'origine de l'initiative "One little word", a demandé si ses lectrices pouvaient lui envoyer une photo d'elles tenant une feuille de papier sur laquelle était écrit le mot qu'elles avaient choisi pour 2014. 

Si vous souhaitez participer, envoyez votre photo non compressée à: katie@aliedwards.com au plus tard vendredi. Ali ne le précise pas, mais j'imagine qu'elle utilisera uniquement les mots en anglais, donc pensez le cas échéant à traduire le vôtre! 

(La photo d'Ali est visible ici, et je parle de mon mot pour 2014 .)

mardi 5 août 2014

Mon premier bibimbap au Boli Café




Si je connais et apprécie la plupart des cuisines asiatiques, je dois avouer que je n'avais encore jamais mangé coréen. Il y a quelques jours sur Twitter, Funambuline s'est vantée de rentrer chez elle avec un bibimbap à emporter. J'ai fait remarquer qu'il faudrait vraiment que je goûte ce plat au nom si rigolo. Funambuline m'a assuré que c'était de la parfaite comfort food. J'ai dit: très bien, je note ça sur ma liste des objectifs de la rentrée. Sur ce, Zorro est arrivé Nekkonezumi, avec qui Chouchou et moi avions prévu de déjeuner durant la semaine, est intervenue pour signaler qu'elle avait justement un bon resto à bibimbap dans son carnet d'adresses, et qu'il suffisait de vérifier que c'était ouvert en ce début de mois d'août. Ca l'était. J'aime quand un plan se conçoit et s'exécute sans le moindre accroc, en deux minutes chrono.




Situé à deux pas de la place du Capitole, à Toulouse, le Boli Café est donc un restaurant coréen qui ne propose que trois plats: le bibimbap, version boeuf, poulet, porc, canard ou tofu; le japchaebap, nouilles de patate douce sautées accompagnées de légumes; et la soupe La-Miyore qui est une sorte de ramen coréen. Cela dit, c'est déjà assez difficile de choisir entre les trois, qui me tentaient tous. Mais j'étais là pour goûter du bibimbap, et je ne me suis pas laissé détourner de mon objectif. Pour les deux autres spécialités, il faudra revenir lors d'un prochain séjour!




Si les thés que nous avons commandés (ginseng rouge pour Chouchou, riz brun pour moi) n'avaient rien de très remarquable, le bibimbap en revanche ne nous a pas déçus. C'est bien le plat goûtu et roboratif qu'on nous avait décrit, tout à fait équilibré avec son riz, ses cinq légumes, son oeuf et sa viande/son tofu à mélanger avec l'une des deux sauces proposées par la maison: la piquante traditionnelle dont j'ai oublié le nom, et une autre à base de soja pour les mauviettes des papilles dans mon genre. En accompagnement ce jour-là, du chou mariné piquant qui se mariait très bien avec le riz. Et pour se rafraîchir à la fin, un petit godet d'une boisson à l'aloé véra aussi surprenante que délicieuse. Tout ça pour la modique somme de 10€ (sans le thé), et avec possibilité de se faire emballer les restes si on n'arrive pas à terminer son assiette. 




Le resto a un petit côté cantine asiatique égayée par des tissus aux gros motifs colorés et rigolos tendus sur un des murs. On peut également y acheter des marque-pages et des breloques coréennes, ainsi que des boissons et des plats à emporter. Nous avons beaucoup apprécié notre repas et nous comptons bien revenir... mais aussi tester ce que Bruxelles peut nous offrir en matière de plats coréens!

Boli Café
31 rue Gambetta
31000 Toulouse
Ouvert de 12h à 14h30

lundi 4 août 2014

"Park Avenue"


"En épousant Merrill par amour, le jeune avocat Paul Ross est entré dans le clan Darling avec tout son cortège de privilèges: un appartement sur Park Avenue, un job en or, des week-ends dans les Hamptons, et des soirées avec le tout-Manhattan. Mais bientôt, Wall Street plonge, et les grandes banques menacent de s'effondrer. Un scandale vient éclabousser la famille Darling, la propulsant sous les feux des médias, et Paul doit choisir son camp. Sauver sa peau en trahissant sa femme et les siens ou les protéger coûte que coûte..."

En l'espace de quelques jours, durant le week-end de Thanksgiving si cher aux Américains, on assiste à la chute d'une famille de la haute société new-yorkaise à travers de nombreux points de vue pas forcément liés a priori, mais qui finissent tous par se recouper. L'histoire est bien construite, savamment rythmée et presque aussi prenante qu'un thriller. Ancienne analyste chez Goldman Sachs, l'auteure maîtrise son sujet à fond mais parvient à ne pas perdre le lecteur dans les méandres techniques de la finance. Si elle traite ses personnages sans complaisance excessive, elle sait malgré tout ne pas tomber dans la caricature, et on se surprend à se demander ce qu'on ferait à la place de Paul Ross, le Candide confronté à un terrible dilemme moral. Un roman qu'on a du mal à lâcher avant la fin, ce qui en fait une parfaite lecture de vacances!

dimanche 3 août 2014

Un week-end de vol planés magnifiquement amortis




Mais il moisit dans le placard de ma mère depuis combien de temps, ce thé qui a perdu tout son goût?; ces stickers Instagram sont vraiment minuscules, je suis un peu déçue; en principe je préfère me laver au savon, mais le gel douche à la menthe poivrée et au romarin de chez Burt's Bees est juste divin; le Bordeaux de Mavala sera peut-être le premier vernis dont je finirai le flacon; ce serait bien que je bosse un peu cet après-midi avant l'arrivée de Chouchou; "on emmène les enfants au bowling, ça t'intéresse?"; bon, ben le travail attendra; les champs de tournesols qui bordent la route vallonnée entre chez ma mère et ma soeur sont sans doute un de mes paysages préférés au monde; apparemment, pour l'Education Nationale, un stylo est un "object scripteur" et un ballon un "référent bondissant": ça va me faire ma journée, ça; un splendide vol plané présente ma culotte (boxer en microfibre taupe Calvin Klein, taille L) à tous les joueurs des pistes voisines, mais me vaut mon premier strike, et une barbe à papa offerte par la direction; quand je pense que l'été de mes 17 ans, j'alignais régulièrement des scores à 200 et plus, et que là je peine pour atteindre la moitié; sur notre droite, un blondinet malingre de 8 ou 9 ans, répondant au prénom d'Antoine et vêtu intégralement de rose framboise, montre une stupéfiante absence de dispositions sportives; OK Cahouète, je vais porter ce bracelet jaune fluo, mais c'est vraiment parce que c'est les vacances; une glace italienne chocolat belge/caramel beurre salé, c'est mal mais qu'est-ce que c'est bon; pourquoi cette méchante averse alors que je suis en sandales plates et que je me suis lavé les cheveux ce matin?; la part des livres chez Cultura est de plus en plus réduite, quelle tristesse; bien contente de récupérer Chouchou après dix jours de séparation; sur TF1, une dame mal coiffée hulule "L'envie" sur le plateau de "The winner is" - je préférais la version des L5; pour la deuxième fois d'affilée, un roman acheté dans un Relay de gare se révèle une bonne pioche: je kiffe "Park Avenue" de Cristina Alger. 




Réveillée à 7h30 par la chaleur; mais comment Chouchou a-t-il su que je pensais précisément à de la Play-Doh?; re-réveillée à 10h: juste le temps de se préparer tranquillement pour aller barbecuter chez ma soeur; la petite robe mandarine DDP achetée en soldes et étrennée aujourd'hui remporte un vif succès auprès de l'élément masculin du couple; premier melon de l'année, tomates du jardin maternel, courgettes grillées (et aussi saucisse de Toulouse, chorizo, chipolatas) mais aïe: on a oublié le pain!; ces trous dans les T-shirts en coton d'Attila, c'est sûrement la faute des X-Mites; Chouchou initie mes neveux à Hitman Go; ma mère pleure devant la retransmission du festival celtique que mon père et elle aimaient regarder chaque année; bouquiner à l'ombre sur un transat pendant que ma soeur taille son olivier et de temps en temps, lancer avec une moue critique: "y'a un bout qui dépasse sur la gauche"; rentrer me mettre en maillot et, en ressortant, faire un magnifique vol plané sur le carrelage trempé, mais m'en tirer avec une pauvre égratignure et un léger bleu - le gras, c'est la vie; braver les 26° de l'eau de la piscine et, le glagla initial surmonté, y passer finalement une bonne heure; avec un mojito, là, on frôlerait la perfection; mon "Park Avenue" resté au bord du bassin est à moitié noyé quand je ressors: il a accompli son destin de Livre de Poche de l'Eté; rendez-vous pris mardi pour notre premier bibimbap en compagnie de la sémillante Nekkonezumi; tiens, un (petit) article sur le geocaching dans le dernier numéro de Flow international; ce soir, ce sera un Lune de Miel; T-shirt Hard Rock Café et tasse en porcelaine blanche rehaussée d'un filet doré: c'est la Chouchou's Touch; motivation: demain, je dois me lever à 8h pour bosser toute la matinée et pouvoir sortir l'après-midi.

samedi 2 août 2014

"The imperfectionists"


Les derniers mois d'un journal international sur le déclin, vus à travers les mésaventures d'une dizaine de ses employés. En panne d'inspiration, le correspondant à Paris se résoud à mettre en danger la carrière de son fils et à inventer des informations pour tenter de faire publier un article. Fils d'un journaliste célèbre qui ne possède pas le talent de son père, le rédacteur des notices nécrologiques voit son existence bouleversée par la mort accidentelle de sa fille. Lasse de la solitude, la responsable de la rubrique financière se met en ménage avec un glandeur qui profite d'elle. Auteur d'une Bible de 1400 pages dont tout le monde se moque dans son dos, le chef correcteur vit dans l'ombre d'un ami d'enfance charismatique et doué, mais qui n'a jamais concrétisé les promesses de sa jeunesse. Vieille fille aigrie, une correctrice remâche à longueur de journée sa rancoeur et ses intentions de démissionner. Ancien étudiant en primatologie, le potentiel correspondant au Caire se fait exploiter par un collègue plus aguerri et sans scrupules. Détestée par tous ses collègues, la chef comptable est inopinément humiliée par un homme qu'elle vient de licencier... Entre les chapitres consacrés chacun à un personnage différent, des interludes narrent l'histoire du journal depuis sa création en 1954, à Rome. A mi-chemin entre le roman et le recueil de nouvelles, "The imperfectionists", le premier roman de Tom Rachman, a connu un très beau succès critique aussi bien que commercial. Je suis au regret de dire que malgré une structure intéressante et un sujet alléchant, il n'a pas su me charmer avec ses protagonistes pathétiques, aux histoires toutes plus déprimantes les unes que les autres. 

vendredi 1 août 2014

July victory log




Administratif:
- Compta pro de juin

Bien-être:

Blog: 
- Un article en grande Une de HelloCoton, et 7 autres en petite Une
- Changement de bannière

Boulot: 
- Fin du tome 2 de la série de Jacqueline Green
- Première (grosse) moitié du nouveau roman de Trudi Canavan
- Au total,  environ 620 000 signes

Culture:
- 15 livres: 8 romans, 6 bédés, 1 récit de voyage, 1 carnet de voyage 
- 3 films: au cinéma, "Boyhood"; à la maison, "It's a wonderful life" et "The Breakfast Club"

Geocaching:
- 1 cache trouvée pendant notre séjour à Paris (+ 2 Travel Bugs)

Sport: 
- 4 séances de piscine, 2 cours de yoga

Divers:
- Racheté un GSM (je n'avais plus de téléphone belge depuis un an environ)

Défi du mois: Passer moins de temps devant un écran
Nous avons passé 3 jours en vadrouille à Paris, et soleil aidant, je suis sortie aussi souvent que possible pour m'adonner à l'alcoolisme mondain. Aucun doute n'est plus permis: les problèmes de mon oeil droit se manifestent uniquement en vision de près, surtout devant un écran et aussi un peu quand je lis. Lâcher mon ordinateur, même sans quitter la maison, est donc très bénéfique ne serait-ce que pour apaiser mes angoisses! J'ai l'intention de continuer à faire des efforts dans ce sens, même si je pense que ce sera plus difficile après la fin de l'été.

mercredi 30 juillet 2014

Candylicious Spa by Le Boudoir de Jade, un havre de douceur sucrée à Toulon




Récemment, alors que je descendais à pied depuis la gare de Toulon vers le centre-ville, j'ai repéré une vitrine robe bonbon qui détonnait pas mal au milieu des cabinets d'avocats et de comptables. "Le boudoir de Jade". Mmmh. C'est nouveau, ça, me suis-je dit. Je suis allée voir leur site internet: la carte des soins était impressionnante par sa diversité et sa modernité. Alors, même si les paillettes, les cupcakes et l'hyper-girlytude, c'est pas trop mon truc, la curiosité m'a poussée à prendre rendez-vous pour une pédicure.




Le jour J, j'arrive un peu en avance et suis accueillie par un charmant jeune homme qui me dirige vers la salle d'attente équipée de sièges moelleux, d'un minibar et de piles de magazines féminins. J'en profite pour aller aux toilettes en regardant partout autour de moi. C'est assez étonnant, ce grand appartement de type haussmanien transformé en royaume de la barbapapa, mais même si je ne me sens pas forcément dans mon élément, je dois admettre que la déco du Candylicious Spa est recherchée et cohérente, avec un grand soin apporté aux moindres détails. Outre le bar à ongles où je serai reçue aujourd'hui, plusieurs salles sont réservées au hammam, au bain à remous et aux soins cabine, et l'accueil comprend un espace boutique où sont vendus les cosmétiques aux senteurs gourmandes (meringue, chocolat, cupcake, cookie...) créés par Jade.




A l'heure pile de mon rendez-vous, la maîtresse des lieux en personne vient me chercher et me conduit dans le bar à ongles. Une esthéticienne est en train de faire une manucure à une autre cliente. Je suis invitée à déposer mes affaires dans un coin, ôter mes chaussures et grimper sur un des deux "trônes" pour présenter mes pieds à Jade. La pédicure à la brésilienne dure une demi-heure; elle comprend un ponçage des pieds et des ongles, la pose de chaussons imprégnés d'un produit émollient à base d'acide hyaluronique et de silicone et d'aloé vera, la taille des ongles ("rond ou carré?" me demande Jade) et la pose d'un vernis au choix parmi les dizaines de flacons d'OPI sagement alignés sur la cheminée. 




Pendant la période d'attente, Jade me propose à boire: thé parfum muffin à la myrtille ou cupcake à la fraise, café, sirop aux saveurs acidulées... J'opte pour un thé, que le réceptionniste m'apporte sur un petit plateau dans une jolie tasse accompagnée de bonbons. J'apprécie beaucoup l'attention même si je ne mange pas de sucreries. 




En bavardant avec Jade, j'apprends que le Candylicious Spa vient de fêter ses... 7 ans. Mon redoutable sens de l'observation a encore frappé. Jade semble incroyablement jeune pour quelqu'un qui a créé une entreprise au concept aussi abouti et la gère avec succès depuis tant d'années. Elle m'assure qu'elle est plus vieille que je ne l'imagine; j'en déduis que ses cosmétiques sont d'une efficacité redoutable! Autre surprise: malgré son côté très girly, le spa  propose également des soins pour hommes et a dans sa clientèle des militaires de l'arsenal voisin. L'idée me fait sourire. Cela dit, je me vois très bien revenir avec Chouchou pour une séance de hammam suivie d'un massage en duo. Je meurs d'envie d'essayer les pierres chaudes depuis des années, c'est une occasion parfaite! 




En payant mon soin, je ne peux m'empêcher de sentir les parfums présentés sous cloche sur le comptoir. Comme je m'y attendais, la plupart d'entre eux sont bien trop sucrés à mon goût, mais je craque quand même pour un gommage corps "tarte aux pommes" dont je sais que j'apprécierai l'odeur gourmande cet hiver. Je repars enchantée par mon test et bien décidée à revenir très prochainement. 




71, av. Vauban
83000 TOULON
Ouvert du mardi au samedi, avec ou sans RV

EDIT février 2016: Etablissement en liquidation judiciaire. 

mardi 29 juillet 2014

"My real children"


Patricia est en maison de retraite. Et malgré son diagnostic de sénilité, son problème n'est pas d'avoir oublié des choses, mais de s'en rappeler trop. Elle jurerait avoir mené deux vies différentes. Dans l'une, on la surnommait Trish. Elle était mariée avec Mark, un homme froid et désagréable qui la rabaissait constamment, refusait qu'elle travaille et lui avait fait quatre enfants - mais bien que malheureuse, elle vivait dans un monde de tolérance et de paix. Dans l'autre, on l'appelait Pat. Elle avait une relation merveilleuse avec une autre femme, trois enfants conçus à l'aide d'un ami qui avait bien voulu servir de géniteur, une belle maison de vacances à Florence et une carrière épanouissante d'auteur de guide de voyages, mais le monde avait été ravagé par une guerre nucléaire...

J'ai fait des pieds et des mains pour me procurer le dernier roman de Jo Walton. Je l'ai cherché à Paris et à Bruxelles dans cinq librairies anglophones qui ne l'avaient pas en stock malgré sa sortie très récente, et de guerre lasse, j'ai fini par le commander sur Amazon. Oui, c'était un hardback; oui, il coûtait plus de 20€, mais j'avais été tellement enchantée par le réalisme magique de "Among others", et j'étais si motivée par cette idée de base prometteuse qu'il me le fallait absolument. 

J'ai vite déchanté. Narrées en parallèle, les deux existences de Patricia se résument à une énumération d'événements, une chronologie sèche et dépourvue d'émotion. Je me rends bien compte que 300 pages, c'est court pour raconter deux vies entières, mais il m'aurait semblé plus judicieux de se focaliser sur des moments-charnière ou des anecdotes parlantes, comme le fait Kate Atkinson dans "Life after life" - autre uchronie personnelle nettement plus réussie. Jamais on ne sait pourquoi le monde de Pat est si différent de celui de Trish, même si l'héroïne envisage que ça puisse être dû à un effet papillon généré par le fait qu'elle accepte ou refuse la demande en mariage de Mark (un Anglais ordinaire nullement impliqué dans la politique internationale).

Je me suis vaillamment mais fermement ennuyée jusqu'au dernier chapitre, que je ne peux que qualifier de grotesque dans sa façon de loucher vers "Le choix de Sophie". Pourquoi, arrivée à la fin de sa vie, Patricia se sent-elle tenue de choisir une de ses deux existences et de faire prévaloir un monde sur l'autre? C'est un mystère presque aussi épais que la façon dont laquelle une auteure capable d'écrire avec la sensibilité et le talent d'évocation dont elle fait preuve dans "Among others" a pu dans la foulée commettre un roman d'une platitude aussi abominable

lundi 28 juillet 2014

Les livres de ma jeunesse




Mes parents ne lisaient pas vraiment.
Toute leur bibliothèque tenait dans la partie vitrée d'un petit buffet années 70. Du côté de ma mère, il y avait: 
- l'intégrale des "Jalna" de Mazo de la Roche, que nous avons dévorée et adorée toutes les deux,
- l'intégrale des "Rois Maudits", qu'on lui avait offerte et qu'aucune de nous deux n'a eu le courage de se farcir,
- un ou deux Pearl Buck dont je ne peux pas dire qu'ils m'aient laissé un souvenir impérissable,
- "L'astragale" d'Albertine Sarrazin, que j'avais trouvé assez troublant,
- un roman d'amour et d'aventure qui se passait dans le Sud de l'Afrique, et dont je n'ai rien retenu sinon que la capitale de la Namibie s'appelle Windhoek (par contre, ne me demandez pas de le prononcer).
Du côté de mon père, il y avait essentiellement des ouvrages consacrés à la nature, dont:
- un très beau "Guide des oiseaux" relié cuir, que j'ai récupéré après sa mort et dont l'odeur bien particulière me fait immédiatement monter les larmes aux yeux chaque fois que je me risque à l'ouvrir,
- "50 histoires de chasse et de pêche", parmi lesquelles l'horrible mésaventure d'un type qui s'est à moitié fait bouffer par un grizzly et qui a feint d'être déjà mort pour en réchapper - j'en ai fait des cauchemars pendant plusieurs années.

On conviendra que c'est peu. Pour pallier les déficiences de la bibliothèque parentale, j'avais une poignée de recours:
- le bibliobus, qui venait dans mon quartier un vendredi sur deux et où je ne pouvais emprunter que 2 livres à la fois, mais grâce auquel j'ai découvert Arsène Lupin,
- le CDI de mon collège, dont l'intégralité des ouvrages tenait sur une douzaine d'étagères, mais qui a eu le mérite d'alimenter la passion dévorante que je vouais alors à la mythologie; j'ai dû emprunter 10 fois l'encyclopédie sur le panthéon gréco-romain pour compléter le tentaculaire arbre généalogique tracé avec amour sur une feuille de papier à petits carreaux format A3 que mon père m'avait rapportée du travail, 
- le comité d'entreprise de l'URSSAF où bossait ma mère, auquel je dois de m'être farci plusieurs Paul-Loup Sulitzer ainsi que les aventures d'Emma Harte écrites par Barbara Taylor Bradford,
- la collection de Reader's Digest de ma grand-tante, chez qui nous passions parfois le dimanche après-midi devant un poste de télé poussiéreux et un sac de 1 kilo de biscuits secs avec des trucs écrits dessus; c'est là que j'ai lu mes premiers Agatha Christie en version ultra-tronquée, ainsi que "Les dents de la mer",
- la bibliothèque de mon grand-père, pas si énorme que ça pour un prof de français quand j'y repense; souvenirs les plus marquants: l'intégrale des Comtesse de Ségur, quelques Alexandre Dumas, une poignée de Jules Verne (nouveaux cauchemars après la lecture de la scène où les méchants Tartares brûlent les yeux de Michel Strogoff), "Le complexe d'Icare" d'Erica Jong qui n'était pas du tout de mon âge (je me souviens avoir été choquée par la façon très crue dont l'auteur décrivait l'arrivée de ses règles) et une collection de Playboy des années 70 planquée sous le lit de la mansarde, que j'ai feuilletée avidement comme tous mes cousins en prétendant que c'était "pour les articles". J'ai lu tous les romans vautrée sur l'ancien lit de mon arrière-grand-mère: le jour, tandis que mes parents me houspillaient pour que j'aille plutôt jouer dehors; la nuit, planquée sous les couvertures avec une lampe de poche à côté de ma soeur qui rouspétait pour que j'éteigne. 

Jusqu'à ce que je commence à gagner ma vie, je n'avais jamais assez à lire (et surtout, pas ce que j'aurais voulu). Parfois, j'en étais réduite à éplucher le Télé 7 Jours familial ou le dos d'une boîte de chocolat en poudre. C'est sans doute la plus grande frustration de mon enfance. Et ça explique sûrement pourquoi un des premiers rêves que je me suis empressée de réaliser une fois devenue propriétaire de mon appartement, c'est l'achat d'une bibliothèque sur mesure, réalisée par un ami menuisier et occupant toute une pièce. Je pensais que je ne la remplirais jamais; en fait, comme je lis plus d'une centaine de bouquins par an et que je stocke également un exemplaire de toutes mes traductions, les étagères ont commencé à déborder six mois après son installation. Aujourd'hui, je suis obligée d'observer très strictement la règle du "1 entrant, 1 sortant". Au fil du temps, je constitue ainsi une sorte de "best of" de l'ensemble de mes lectures, les ouvrages qui ont été considérés comme assez extraordinaires et/ou marquants pour mériter une place dans ce saint des saints. C'est de toutes mes possessions matérielles la plus encombrante, la plus significative et celle à laquelle j'aurais le plus de mal à renoncer.




dimanche 27 juillet 2014

A tous ceux et celles qui osent




A tous ceux et celles qui mettent fin à une longue relation qui ne les rendait plus heureux, malgré la peur de la solitude et des difficultés matérielles,
tous ceux et celles qui font ou refont leur vie avec une personne d'une autre couleur, d'une autre religion ou d'un autre milieu social au mépris du qu'en-dira-t-on,
tous ceux et celles qui partent vivre à l'étranger l'estomac noué à la perspective de tout recommencer à zéro, sans repères familiers et sans réseau de contacts, mais qui partent quand même,
tous ceux et celles qui plaquent un boulot salarié dans lequel ils crevaient à petit feu pour tracer leur propre chemin en free lance, visant l'épanouissement au prix d'une précarité permanente,
tous ceux qui réfléchissent à des moyens de changer le monde en mieux, et qui se démènent pour les mettre en application quand ce serait tellement plus simple de bêler avec le reste du troupeau,
tous ceux et celles qui ont choisi un mode de vie non conventionnel et affrontent perpétuellement les questions déplacées voire agressives des braves gens qui n'aiment pas que...

A tous les pères au foyer, les mères qui ont une carrière hyper-prenante, les femmes qui assument de ne pas vouloir d'enfants, les Juifs qui épousent des Arabes, les divorcés après 20 ans de mariage, les expatriés à l'autre bout du monde, les gens qui inventent leur métier chaque jour, les parents d'handicapés qui se battent pour les droits de leurs enfants, les intermittents qui se font traiter de parasites et les écrivains dépouillés de leurs droits, les homosexuels qui fondent une famille, les polyamoureux, les vegans et les militants écologistes, les révolutionnaires du quotidien, les insurgés qui mettent le feu aux poudres des conventions,

Je vous salue: vous êtes vivants. 

Un week-end chaud et (presque) studieux




Impossible de m'endormir avant 3h30 hier soir, ça m'a rappelé mes années d'insomnie et j'ai remercié le ciel d'avoir retrouvé un sommeil normal 99% du temps; vers 10h, passage du livreur Picard qui m'apporte de quoi survivre les jours de grandes flemme; attaquons donc le rangement par le vide de la bibliothèque de gauche; je ne vais JAMAIS relire les 18 tomes de Fushigi Yugi; ouste, les deux boîtes de biscuits Mickey contenant les souvenirs de mes deux premiers séjours à Disneyland, il y a une quinzaine d'années, avec Etre-Anciennement-Exquis; déposer un carton plein de bouquins et de bédés avec une affichette "servez-vous" dans le hall de ma résidence; le TER d'habitude quasi désert est aujourd'hui bondé de gens avec valises; ouh mais ça tape vachement, j'aurais peut-être dû mettre de la crème solaire sur mes bras aussi; une petite halte vite fait aux Galeries Lafayette pour jeter un coup d'oeil aux fins de solde tout en profitant de la clim'; cette petite jupe noire Pablo serait une bonne addition à ma garde-robe de mi-saison, et cette robe DDC mandarine à doublure de coton m'éviterait de transpirer dans mes fringues en pur synthétique, mais ni l'une ni l'autre ne m'excite vraiment; alors que je me dirige vers la sortie, je tombe raide amoureuse de... d'un imperméable? d'un trench ? d'une parka légère? bleu marine René Derhy, qui sera parfait(e) pour les jours de pluie à Bruxelles et me fait une silhouette ravissante; j'ai beau tourner autour des halles, impossible de trouver le fameux bar à cocktails dont j'ai lu tant de bien; du coup, ce sera un thé glacé et une boule de sorbet à la pêche artisanal sur une des banquettes en velours vert du Chantilly (mais j'avoue: un instant, j'ai hésité avec les beignets de fleur de courgette qui étaient à la carte du déjeuner); oh, chic, un Monoprix va ouvrir à deux pas de là; 34°, tu m'étonnes que j'aie un peu chaud; l'achat pas glamour (et néanmoins indispensable) du jour, c'est une cartouche couleur pour mon imprimante; mais où faut-il aller pour trouver de la menthe fraîche dans cette ville?; réponse: au Franprix de l'avenue Vauban; je testerais bien la pédicure du Boudoir de Jade - prenons rendez-vous pour la semaine prochaine; dans ma hâte de rentrer chez moi, je monte dans un TER à destination de Marseille, ne m'en aperçois qu'au bout de quelques minutes et me ridiculise en jaillissant de mon siège comme si une guêpe m'avait piquée; le carton que j'ai déposé ce matin est déjà vide à l'exception de deux livres de photos avec des textes en anglais; comment la même auteure peut-elle avoir écrit le merveilleux "Among others" et le chiantissime "My real children"? mystère.




Heureusement qu'il n'y a rien d'autre à faire le dimanche à Monpatelin, parce que j'ai pas du tout envie de bosser; pourquoi je peine comme ça sur un bouquin pourtant plutôt sympa et sans difficulté particulière?; attaquer le rangement de la partie "souvenirs" dans la bibliothèque de gauche; ne toujours pas retrouver la photo de moi petite avec ma bouée-canard bleue dont je voulais me servir pour illustrer un billet; feuilleter sans m'attarder l'agenda 1997 de mon grand-père; me demander s'il existe au monde une créature plus mélodramatique qu'une fille de 17 ans amoureuse d'un bellâtre inaccessible; danser et chanter en culotte sur des morceaux des années 80 alors qu'il fait beaucoup trop chaud pour ça et que ma traduction attend désespérément que je daigne m'y remettre; regarder le court-métrage réalisé pour les 100 ans de la gare de Tokyo et chialer un bon coup; quand soudain sous la douche, l'illumination: aérochar!; proportions rajustées, mon deuxième mojito est déjà bien meilleur que le premier, peut-être un chouïa de sucre de canne en plus? et une dose d'alcool pour adulte?; tant pis, je déclare forfait à 6 pages de mon objectif du jour; quand je pense que je vais devoir bosser pendant les vacances, j'ai un tout petit peu envie de me pendre; Pusheen veut des bisous MAINTENANT; Chouchou a tué tous ses jolis poils; dire que je n'ai même pas été foutue de pondre un des deux billets intimes qui tournent dans ma tête depuis plusieurs jours, ni de tester le foutu blender blanc acheté l'été dernier; je finis ce week-end pas très contente de moi.

samedi 26 juillet 2014

"Indigo"


"Un festival culturel rassemble pendant huit jours quatre Français, deux hommes et deux femmes, qui ne se connaissent pas. Une surprise attend chacun d'eux et bouleverse leur vie. De Delhi à Kovalam, ils voyagent dans une Inde sur le qui-vie où, juste un an après les attentats de Bombay, se fait sentir partout la menace terroriste. Une Inde où n'ont pas cours la légèreté et la raison française, où la chaleur exacerbe les sentiments, où le ciel avant l'orage est couleur indigo. Au bout du monde, les quatre Français se retrouve en huis clos, face à leur passé et à leurs limites." 

Bien que j'aie aimé plusieurs des ouvrages précédents de Catherine Cusset ("Le problème avec Jane", savouré pendant des vacances en Corse dans la fraîcheur de ma chambre alors que tout le monde était descendu à la plage, mais aussi "Confessions d'une radine" et "New York, journal d'un cycle"), je n'avais pas du tout prévu de lire "Indigo" dont le sujet ne m'attirait pas spécialement. Mais pour la deuxième fois d'affilée, je me suis aperçue arrivée à la gare que je n'avais pas emporté de quoi m'occuper durant un long voyage en train, et le Relay ne proposait qu'un choix réduit en matière de littérature. Plutôt mourir que lire du Musso, du Legardinier ou me taper le dernier Nothomb, et je ne suis pas fan de polar. Par élimination, ne restait qu'"Indigo".

Au final, je l'ai à peine entamé dans le train, mais dévoré d'une traite le lendemain à la terrasse du bar de la place de Monpatelin (devant un verre de punch rouge et trop sucré au lieu du mojito que j'espérais, parce que "c'est plutôt un bar de quartier ici, vous voyez?"). Comme souvent chez Catherine Cusset, les personnages sont présentés sous un jour peu sympathique, égocentrés au point qu'on a envie de leur foutre des claques. Une cinéaste qui a tout réussi dans sa vie se demande si elle ne serait pas responsable du suicide de sa meilleure amie. Un intellectuel vieillissant, obsédé par le sexe et persuadé que les femmes perdent tout intérêt après quarante ans, se retrouve pris au piège d'une paternité dont il ne veut pas. Une directrice de festival cruellement dépourvue de confiance en elle est confrontée à son grand amour de jeunesse, qui ne la reconnaît même pas. Enfermé dans son petit drame intérieur, chacun accumule les réflexions ridicules et passe totalement à côté des autres. Pourtant, on les observe avec fascination, un peu comme on écarquillerait les yeux devant une collision imminente: on attend de voir de quelle façon ils vont se manger un mur et s'ils vont s'en relever. Et la toile de fond de l'Inde en pleine psychose anti-terroriste est assez intéressante. Une lecture plus agréable qu'espéré, donc, servie par une écriture tout à fait dépourvue de sentimentalisme.

vendredi 25 juillet 2014

Thé vert glacé bio bergamote-fleur d'oranger de Terre d'Oc




J'avoue: je ne SAIS PAS résister à la mention "fleur d'oranger" sur un emballage. Surtout si c'est une boîte aussi jolie, et encore plus si elle contient du thé vert, bio de surcroît. Et alors que la bergamote a longtemps été à mes yeux le parent pauvre dans la famille des agrumes, je me suis prise de passion pour elle en début d'année. Moralité: j'étais obligée de craquer pour ce thé Terre d'Oc vendu chez Nature & Découvertes.




Je craignais tout de même que le parfum puissant de la bergamote ne recouvre complètement l'arôme beaucoup plus subtil de la fleur d'oranger, comme c'est souvent le cas dans ce type de mélange: et bien non. La fleur d'oranger ressort parfaitement, merci beaucoup. Au final, on obtient un thé glacé à la fois très rafraîchissant et hyper-tonique. Et même si ce n'est pas trop la saison, je l'ai goûté chaud: il est très bon aussi comme ça. Un vrai winner!