dimanche 13 juillet 2014

Dans mon sac, il y a... (5)



Le sac: un vieux modèle en cuir brun de chez Gap, acheté avant le passage à l'euro pour la modique somme de 500FF, ce qui m'avait paru très cher à l'époque (alors que maintenant, pour avoir un sac en cuir à 70€, tu peux toujours courir...). Format idéal, mais aucune poche malheureusement. 

Ce qu'il contenait pendant notre séjour à Paris: 
- Mon Nokia plus-basique-tu-meurs
- Un plan des transports en commun de Paris
- Ma carte MOBIB 
- Un porte-cartes de fidélité rouge
- Un carnet Moleskine turquoise
- Une trousse en cuir doré/rosé qui contient des lingettes nettoyantes, un peigne, un miroir de poche, un rouge à lèvres, un essuie-lunettes, du Doliprane...
- Un double Travel Bug trouvé dans la géocache Hôtel de Clisson: Smiling Piggy et Smiling Sheep, très amoureux l'un de l'autre donc inséparables, en partance pour Las Vegas où ils souhaitent se marier
- Mon portefeuille vert amande Sabrina qui commence à donner des signes de fatigue et que je remplacerai sans doute dès que j'aurai un coup de coeur pour un autre modèle (j'ai déjà repéré un candidat potentiel chez Zao)
- Un parapluie à pois, acheté en catastrophe l'an dernier à Helsinki (au lieu des lunettes de soleil et du tube d'écran total que je trimballe d'habitude à cette période de l'année)
- Un foulard en soie orné de nuages, d'une petite marque belge appelée scarf
- Mon appareil photo - ou plutôt, juste son étui moche
- Un porte-monnaie Totoro trop mignon (mais timide: il est resté planqué dans le sac quand j'ai vidé celui-ci sur mon lit, de sorte qu'il ne figure pas sur la photo)
- Les clés de l'appartement airbnb que nous avions loué du côté de la Gare du Nord (également absentes de la photo car rendues entre-temps)

Et vous, il y a quoi dans votre sac?

"Il était une fois l'Orient-Express" à l'Institut du Monde Arabe




Même si je rouspète assez souvent contre la SNCF, le train est certainement mon moyen de transport préféré, celui qui ne me rend jamais malade, qui ne me fout jamais la trouille, qui me permet de profiter du paysage, de lire, de me dégourdir les jambes ou d'aller casser une petite croûte au wagon-restaurant si l'estomac m'en dit. Aussi, bien que n'ayant globalement pas des goûts de luxe, j'ai toujours fantasmé sur le mythique Orient-Express qui reliait autrefois l'Europe de l'Ouest à la Russie, à l'Egypte ou aux Indes, et qui a été amplement représenté dans la culture populaire depuis "Le crime de l'Orient-Express" d'Agatha Christie jusqu'au film de la franchise James Bond "Bons baisers de Russie". Il était donc impossible pour moi de faire l'impasse sur l'exposition que lui consacre actuellement l'Institut du Monde Arabe.




D'abord, une brève leçon d'histoire: l'Orient-Express a été conçu par le Belge Georges Nagelmackers, fondateur de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits. (Ici Chouchou, dont la fibre patriotique a été réveillée par les récentes performances des Diables Rouges, se lance dans une ola solitaire en pleine file d'attente.) Pourvu de tous les conforts possibles et imaginables à l'époque, il est mis en service en 1883. (L'Orient-Express, donc, pas Chouchou.) Il voit sa circulation perturbée par les deux conflits mondiaux, mais aussi par des incidents parfois des plus rocambolesques. En 1929, une tempête de neige le bloque en Turquie pendant cinq jours et force les passagers à chasser des loups pour se nourrir. En 1931, une attaque terroriste le fait dérailler en Hongrie; bilan: une vingtaine de morts. Victime des destructions provoquées par la Seconde Guerre Mondiale, il perd son statut de train de luxe en 1947 et entame son lent déclin...




L'exposition "Il était une fois l'Orient-Express" se compose de deux parties. Après une longue attente debout dans le froid et la pluie de novembre sur le parvis de l'institut, les visiteurs sont introduits par petits groupes dans 3 des voitures originelles de l'Orient-Express, redécorées et mises en scène pour l'occasion. La première est un salon sur les tables desquelles sont reconstitués toutes sortes de passe-temps mondains. Autant vous dire que nous nous sommes réjouis que les 58 cigarettes présentes ne soient pas allumées. Je n'ose imaginer comment ça devait empester à l'époque...





La deuxième voiture est un des fameux wagons-lits. L'intérieur de certaines des cabines est dédié à unepersonnage célèbre, réel ou fictif, ayant marqué l'histoire de l'Orient-Express. Mata Hari et le général Patton y côtoient donc la Madonne des Sleepings et James Bond.




La troisième voiture est un wagon-restaurant décoré de superbes marqueteries, de tapisseries des Gobelins et de cristaux signés Lalique. Une belle collection de bouteilles d'alcool trône derrière le bar! 






J'ai beaucoup aimé cette partie de l'exposition à un élément près, mais un élément de taille. Les photos des "une" de journaux d'époque, ainsi que les portraits de présentation de personnages célèbres, ont été remplacées par... des écrans qui diffusent de courtes scènes filmées (avec le son, parfois). Je n'ai pas compris la raison de cet atroce anachronisme qui pour un peu aurait gâché mon plaisir. Des photos ordinaires, de préférence en noir et blanc, auraient été tellement préférables!




La seconde partie de l'exposition se compose de deux salles situées à l'intérieur de l'institut, et rassemblant des objets et documents d'archives liés au développement du rail, à l'équipement de l'Orient-Express et à sa dimension géopolitique. Ca aurait pu être passionnant, et j'ai juste trouvé ça rasoir: mal éclairé, peu lisible, sans fil directeur clair. A 14,80€ le billet adulte, réservation comprise, l'ensemble bien que très riche m'a paradoxalement laissée sur ma faim. Mais je suis un public difficile, et cette exposition reste à mon avis assez exceptionnelle pour mériter une visite. 

1, rue des Fossés-Saint-Bernard
Place Mohammed V
75005 PARIS
Métro Jussieu (7) ou Cardinal Lemoine (10)
Exposition visible jusqu'au 31 août 2014


samedi 12 juillet 2014

Street art in Paris


C'est une des choses dont je ne me lasse jamais quand je me promène dans une grande ville: chercher ces oeuvres pirates qui, au détour d'une rue, surprennent le passant attentif. Aux classiques graffiti, j'avoue préférer les mosaïques inspirées des space invaders, mais aussi les collages papier ou même les messages plus ou moins mystérieux sur les trottoirs. Voici ceux que j'ai repérés au hasard de nos déambulations des trois derniers jours...



jeudi 10 juillet 2014

Où un ciel pluvieux et un quatre-quarts pas terrible me rappellent une leçon importante




L'autre jour, ayant fini de travailler d'assez bonne heure malgré une grosse charge de boulot en ce moment, je suis descendue faire quelques courses sur la place Jourdan. Arrivée devant le Carrefour Market, j'avais encore à la main la moitié du morceau de quatre-quarts marbré que je venais d'acheter chez Allemersch en même temps que mon pain aux céréales. Je me suis donc plantée au bord du trottoir avec mon parapluie, le temps de le finir. Il ne pleuvait pas très fort, mais le ciel gris n'était guère engageant pour un mois de juillet. Sur une échelle de moral de 0 à 10, 0 correspondant à "je hais le monde entier et je veux mourir" et 10 à "je suis la fille la plus heureuse de la Terre", je devais être à 6. Contente d'avoir bien bossé, légèrement déçue par la météo, pas ravie par le goût de mon gâteau, mais peu ou pas angoissée. J'étais, disons, dans un état de neutralité penchant vers le positif. Et comme je n'avais pas grand-chose d'autre à faire que mâcher avec le regard dans le vague, j'ai commencé à réfléchir.

Je me suis dit que si ce jour-là, j'avais reçu une mauvaise nouvelle ou été déprimée à la base, le ciel gris et le quatre-quarts pas terrible auraient achevé de me mettre le moral dans les chaussettes. Inversement, si on m'avait proposé une traduction géniale et hyper bien rémunérée, ou annoncé que j'avais gagné un voyage pour deux personnes en Océanie, j'aurais sauté dans les flaques en lançant la fin de mon gâteau aux pigeons. Et à ma place, un grand chef pâtissier originaire des Seychelles aurait été à deux doigts de se pendre, tandis qu'un otage fraîchement libéré après trois ans de captivité aurait pensé qu'il n'avait jamais rien senti d'aussi agréable que la pluie coulant sur son visage, ni rien mangé d'aussi bon que ce quatre-quarts plein de beurre et de sucre. Autrement dit, le regard que je portais sur la situation conditionnait mon humeur bien davantage que la situation elle-même.

Quand une situation donnée ne me convient pas, mon premier réflexe est d'essayer de la changer. Si je ne peux pas, j'en suis profondément frustrée et malheureuse. Alors qu'à défaut de modifier des circonstances extérieures qui échappent à mon contrôle, je pourrais plutôt travailler mon attitude vis-à-vis d'elles - en relativisant, ou en cherchant du positif malgré tout. C'est une leçon que j'ai apprise il y a longtemps en lisant cet ouvrage de David Burns, mais que je tends trop souvent à oublier lorsque mes angoisses prennent le dessus.

Annonce de service


Je pars en vadrouille jusqu'à samedi soir, et je n'aurai probablement qu'un accès internet très limité. 
Si je ne réponds pas à vos mails ou à vos commentaires pendant 3 jours, pas d'affolement :-)
Les inscriptions pour la ronde des poches courent quand même jusqu'à vendredi soir minuit, mais ne vous attendez pas à recevoir les coordonnées de votre swapée avant dimanche. 
A très vite avec plein de nouveaux billets!

mercredi 9 juillet 2014

Judy




Elle a l'impression que la terre vient de s'ouvrir sous ses pieds pour l'engloutir. 
Bien sûr ça n'allait pas très fort entre eux depuis un certain temps; bien sûr elle avait parfois caressé cette idée comme un dernier recours, sans y croire vraiment. L'ultime solution. La bombe atomique qui va mettre un terme au monde tel qu'elle le connaît. 
Jusqu'ici, malgré les difficultés professionnelles, les petits soucis d'argent ou de santé, les brouilles avec la famille ou les amis, elle avait toujours eu cette certitude à laquelle se raccrocher: quoi qu'il arrive, ils vieilliraient ensemble. Il serait toujours là pour la compléter, la rassurer, l'épauler, réchauffer son lit par les froides nuits d'hiver. 
C'est comme si elle avait été projetée dans une autre dimension, un continuum spatio-temporel qui n'est pas le sien et où leurs chemins se séparent sans qu'elle l'ait choisi vraiment. 
Ils avaient juré. Pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que la mort les sépare. Quel échec, quel terrible échec...
Le pire, c'est qu'elle ne sait pas si elle doit accepter la sentence ou se battre pour la faire révoquer. Au fond d'elle, elle sait bien qu'ils ne sont plus en phase, que depuis des mois voire des années, ils puisent leurs bonheurs respectifs à l'extérieur. Mais tous les couples traversent des phases à vide, non? Si on lâche trop vite en cas de problème au lieu de se battre pour le résoudre, comment espérer construire quelque chose de durable? 
Comment savoir quand on s'est assez battu et que continuer serait de l'acharnement thérapeutique pur et simple? Comment savoir quand on a passé le stade où il convient de rendre les armes? Comment savoir quand la situation est devenue irrattrapable, l'éloignement irrémédiable?
Elle n'en a pas la moindre idée. La peur de se retrouver seule, arrachée à son cocon familier, l'empêche de considérer les faits objectivement. Repartir à zéro, à son âge... cette idée l'accable autant que l'absence future de celui qui était la constante numéro un dans son paysage depuis tant d'années. Elle ne sait plus à quoi se fier, n'entend pas la voix hésitante de son instinct dans la clameur des sentiments contradictoires qui hurlent en elle. 
La suite de sa vie lui apparaît comme un tunnel obscur et sans fin. 
Un jour pourtant, elle ressortira du tunnel. Après des mois passés à enchaîner mécaniquement les gestes du quotidien avec un goût de bile dans la bouche, des mois à se sentir congédiée de sa propre vie, des mois à se demander ce qu'elle fait là et à pleurer en songeant à ce qu'elle a perdu, elle lèvera la tête vers le soleil qui caresse son visage et se sentira de nouveau vivante. Elle pensera à cette soirée qu'elle attend avec impatience, et à laquelle il se serait atrocement ennuyé. Ce projet qu'on lui a proposé, et qu'elle n'aurait pas osé accepter du temps où ils étaient ensemble. 
Elle pensera à toutes ces petites choses qu'elle ne pouvait pas faire avec lui, qu'elle sacrifiait volontiers à l'harmonie de leur couple mais qu'elle est bien contente de se réapproprier. Lire jusqu'au milieu de la nuit sans qu'il grogne parce que la lumière l'empêche de dormir. Porter des jupes qu'il aurait jugées bien trop courtes. Boire un cocktail de trop dans un apéro entre copines. Acheter une énième paire de bottines noires même pas en soldes sans planquer le ticket de caisse. S'offrir un city trip avec musées à gogo pendant les prochaines vacances plutôt que mourir d'ennui à la plage ou à la montagne.
Elle aura toujours la conscience lancinante de ce qu'elle a perdu, mais elle commencera à se rendre compte de ce qu'elle a gagné, aussi. Elle occupera à nouveau tout son espace. Elle se sentira plus forte d'avoir survécu à ce cataclysme. Elle réalisera qu'en sortant du chemin tout tracé avec lui, elle s'est ouvert une infinité de voies, et que même si ça lui donne parfois le tournis, c'est excitant, aussi.
Petit à petit, sur les ruines de son ancienne vie, elle reconstruira quelque chose de plus épanouissant et de plus solide. Et ce qui lui était apparu un jour comme la fin du monde ne sera plus qu'une transition éprouvante mais nécessaire. 

mardi 8 juillet 2014

"Le Peigne de Cléopâtre"


"Mari, Anna et Fredrik, trois amis de longue date, ont monté leur société au doux nom du Peigne de Cléopâtre. Leur créneau: résoudre les problèmes des gens. Chacun apporte ses compétences, qui en jardinage, qui en déco d'intérieur ou en comptabilité... et la PME se développe avec succès. Chacun patauge quelque peu dans sa propre existence, en quête d'identité ou d'âme soeuret trouve un réconfort non négligeable dans l'idée de venir en aide à autrui. Jusqu'au jour où une vieille dame se présente avec une étrange requête: elle souhaite que le Peigne de Cléopâtre élimine son mari. Difficile de résister à un filon qui promet d'être aussi lucratif, et les candidats se bousculent bientôt au portillon."

Pour être honnête, jamais je ne me serais laissé tenter par cette quatrième de couverture si "Le Peigne de Cléopâtre" n'avait pas été signé par Maria Ernestam, écrivaine suédoise dont j'avais adoré les deux premiers romans "Toujours avec toi" et "Les oreilles de Buster". L'idée de départ me faisait un peu penser à un roman de chicklit, mais je me disais que l'auteur saurait la traiter avec la noirceur réaliste qui caractérisait ses écrits jusque là, et créer des personnages forts dont elle parviendrait à faire accepter les décisions moralement douteuses. Hélas, je n'ai retrouvé ici aucune des qualités qui m'avaient séduite précédemment chez elle. Les trois héros m'ont paru inconsistants et dépourvus de tout intérêt malgré leur passé douloureux. Les dialogues m'ont fait grincer des dents tant ils sonnaient faux; l'artifice censé créer un certain suspens n'a pas du tout fonctionné pour moi, et j'ai failli attraper un torticolis à force de secouer la tête devant l'invraisemblance des situations. Louchant à la fois vers la farce, le roman psychologique et le thriller, "Le Peigne de Cléopâtre" tente de mélanger plusieurs genres littéraires et échoue de façon spectaculaire. 

lundi 7 juillet 2014

Un week-end d'automne en juillet




15h30, traduction rendue, début officiel du week-end; comment ça, l'huile de truffe est en rupture de stock sur le site de Delhaize? je voulais faire ma fameuse salade de grenailles!; hum, ça sent un peu le fennec là-dedans, une douche serait sans doute la bienvenue maintenant que le robinet de la baignoire consent à cracher autre chose que de l'eau glacée; redevenue olfactivement acceptable, descendre chercher du collyre à la pharmacie; sur le chemin du retour, être frustrée que le magasin de glaces ait fermé (mais à la place, il y aura bientôt un endroit qui servira des brunchs); du coup, entrer chez Holy Moly et m'offrir une paire de chaussettes à orteils Totoro; Chouchou arrive essoufflé, en sueur et en retard pour son conference call: chouette, ça sent de nouveau le fennec!; rarement ma notation aura autant varié que durant la lecture de "The rise and fall of great powers", mais je termine sur une excellente impression; d'ailleurs, je vais tout de suite ajouter le premier roman de Tom Rachman à ma liste de trucs à lire; des pizzas Mamma Roma devant un épisode de "Gilmore girls": life is good (but would be even better with a glass of red wine); merci les Allemands, j'espère maintenant que les Argentins seront à la hauteur demain; un débat animé sur le harcèlement de rue, ça facilite la digestion; réfléchir à un DIY qui mélangera laine cardée, feutrine et broderie; "tu préfères un jeu où on joue un tueur à gages, un robot ou un légume?" s'enquiert Chouchou  avant d'aller dormir.




Cette nuit j'ai rêvé que Chouchou très très en colère me disait des horreurs avant de me quitter; dur dur de me traîner au yoga alors que je fonctionne encore au ralenti et qu'il fait moche dehors; je pense que Claudia consomme à elle seule la moitié de la production belge de betteraves; le système Delhaize direct, c'est quand même bien pratique, même si j'ai encore acheté un surgelé sans m'en rendre compte; j'ai envie de chocolat et il n'en reste pas un seul carré dans la maison, c'est atroce; à quand les baignoires auto-nettoyantes?; proportionnellement à la taille de la ville, y'a pas tant de géocaches que ça à Paris, surtout si on se limite aux classiques; finissons les deux carnets en papier recyclé commencés lors du stage de samedi dernier; je sens bien que l'encollage va toujours être la phase problématique; entre Chouchou et moi, on a foutu un bordel innommable sur notre table de salle à manger pourtant très grande; j'ai envie d'un cocktail et il n'y a pas une goutte d'alcool dans la maison, c'est atroce; Chouchou, qui théoriquement déteste le foot autant que moi et n'est pas particulièrement chauvin, est glué au score du match Argentine-Belgique en espérant que l'équipe fritelandienne marque à la dernière minute "comme elle fait toujours"; monsieur qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de mon partenaire dans le crime?; soirée de vieux: soupe asperges-cerfeuil devant "It's a wonderful life", que je n'ai encore jamais vu; franchement, mais qui appelle sa fille Zuzu?; (...je veux dire, à part ma mère qui m'a donné un prénom parfaitement décent pour ensuite me surnommer Zouzou); le vieux banquier méchant n'est jamais puni, elle est où la justice immanente?; après avoir adoré les deux premiers, je n'accroche pas vraiment au 3ème roman de Maria Ernestam.




Encore un rêve bizarre cette nuit mais au moins, ça n'était pas un cauchemar; Chouchou prépare des oeufs à la coque et des tartines beurrées pendant que je passe oranges, carottes, gingembre et citronnelle à la centrifugeuse pour notre jus vitaminé du dimanche; ressortir ma chemise "inspirations", hésiter entre diverses images pour la couverture de mon deuxième carnet et, une fois celui-ci terminé, prendre des photos pour pouvoir enfin rédiger un billet sur le stage de reliure de samedi dernier; mmmh, il y a vraiment moins de monde à la piscine vers 13h30 que vers 11h30, ça vaut le coup de se décaler un peu; j'ai pris l'habitude de réfléchir en nageant, mais c'est assez lent - aujourd'hui, par exemple, en trois quarts d'heure, je n'aboutis qu'à deux résolutions: augmenter ma mutuelle et préparer des muffins avec les baies qui traînent dans le congélateur; ah tiens, les chaussettes exfoliantes commencent à faire effet: j'ai la lèpre des dessous de pieds; le poulet du dimanche de Vincent Delerm succédant aux émeutes de Los Angeles vues par Body Count: la fonction aléatoire d'iTunes mérite bien son nom; 16h30 et j'ai bouclé ma to do list du week-end, mon Dieu mais que vais-je faire de tout ce temps libre qui me reste?; commander des carnets à Singapour, puis finir l'Earl White de Simon Lévelt dans ma nouvelle tasse Mr & Mrs Clynk en écoutant tomber la pluie; ne le dites à personne mais en fait, j'aime assez cette météo d'automne au début de l'été; après m'être fait humilier en "jeux olympiques", je décroche enfin le trophée Voyager 2; j'ai retrouvé un vieux fond d'huile de truffe pour faire quand même ma fameuse salade de grenailles; l'aîné de mes neveux a 13 ans aujourd'hui, tout ça ne me rajeunit pas (et ça doit encore moins rajeunir ses parents); mais quelle grosse galère pour trouver un petit tambour à broder ovale avec la fermeture sur le côté!

dimanche 6 juillet 2014

Où je trouve enfin à quoi employer mon énorme stock de papier




J'ai toujours eu envie d'apprendre quelques notions de reliure afin de pouvoir fabriquer mes propres carnets. Il y a quelques années, ayant repéré dans feue la boutique du Bozar les chouettes carnets en papier recycle de Broleskine, j'avais contacté une des deux créatrices pour savoir si elle organisait des ateliers. Les modalités de l'époque ne me convenaient pas, mais je m'étais inscrite à sa mailing list pour être informée des événements auxquels elle participait. Et récemment, j'ai poussé des cris de joie en voyant que Corinne Clarysse animerait le dernier week-end de juin un stage de reliure à la Maison du Livre à Saint-Gilles. Ma patience allait enfin être récompensée! 




Samedi dernier, je me suis donc rendue rue de Rome pour apprendre à confectionner un carnet avec une reliure cousue/collée à partir de matériaux recyclés - l'idéal pour moi qui suis toujours en train d'entasser les beaux papiers et les jolies images en me disant "je trouverai bien quelque chose à faire avec". Nous étions dix participantes, reçues dans une grande salle bien éclairée et très bien équipée par Mélanie, la responsable de l'organisation à la Maison du Livre. Chacune de nous avait apporté crayon à papier et gomme; tout le reste du matériel nous était fourni. Il y avait même un petit chariot avec tout le nécessaire pour préparer du café ou du thé. De quoi encourager une ambiance studieuse!




Un bon artisan ne fait pas forcément un bon professeur. Pour arriver à transmettre son savoir, il faut de la méthode, de la pédagogie et un minimum de charisme. Par chance, Corinne est très douée de ce côté-là. Elle a parfaitement su décomposer les étapes de la fabrication, les expliquer de façon claire et nous donner tout un tas de petits trucs qu'elle utilise, mais en précisant bien que chacune de nous pouvait préférer faire autrement. Ayant horreur des travaux hyper minutieux où il faut tout calculer au millimètre, j'ai adoré son principe de travail "intuitif", où aucune mesure n'est nécessaire (mais qui permet quand même un résultat nickel).

La partie couture m'a énormément plu, et j'ai tout de suite chopé le coup pour bien tendre le fil qui relie entre eux les différents cahiers. La partie encollage m'a posé un peu plus de problèmes, et j'ai merdouillé sur l'étape finale de la découpe de la couverture, dont le bord s'est retrouvé légèrement "mangé" sur le haut. Au final, mon carnet est loin d'être aussi parfait que ceux de Corinne, mais j'ai bien compris le processus de fabrication et surtout, je me suis suffisamment amusée à le faire pour avoir super envie de recommencer. Mes stocks de papier (vestiges de mes années de scrapbooking) n'ont qu'à bien se tenir! 





Premier carnet, réalisé avec 7 cahiers. Couverture décorée avec une illustration du "Death" de Neil Gaiman, du masking tape rayé rose et des étoiles en epoxy autocollantes. 






Deuxième carnet, réalisé avec 5 cahiers. Commencé à l'atelier et fini à la maison avec du papier de scrapbooking double face Simple Stories pour les gardes, une page mode d'un vieux numéro de ELLE et encore des étoiles roses en époxy.

vendredi 4 juillet 2014

Ronde des poches #2




Après une brève concertation sur la page Facebook du blog, il a été décidé qu'un swap papeterie serait lancé à la rentrée des classes et qu'en attendant, j'organiserais une deuxième ronde des poches parce que c'est rapide, facile et pas ruineux! Si le coeur vous en dit, suivez les instructions:

1. Inscrivez-vous avant le vendredi 11 juillet minuit en m'envoyant un message à leroseetlenoir@hotmail.com, et UNIQUEMENT là.
2. Pour me faciliter la vie, indiquez "Ronde des poches 2" comme sujet.
3. Dans le corps du mail, donnez-moi (même si je vous connais très bien, car le but est de pouvoir faire un copié-collé pour votre correspondante) 1/votre adresse postale, pays inclus 2/le pseudo sous lequel vous commentez éventuellement 3/une liste de 6 genres ou sujets qui vous intéressent en littérature. Exemple: pour moi, ce serait les voyages dans le temps, la Scandinavie, le Japon, la littérature culinaire, les secrets de famille et les chronologies parallèles ou en désordre 4/les langues étrangères dans lesquelles vous lisez éventuellement.
4. Tout le monde peut participer, y compris les nouvelles et les filles (ou même les garçons, d'ailleurs!) qui habitent hors de l'Union Européenne. Par contre, j'ignorerai impitoyablement les demandes d'inscription qui ne tiendront pas compte des consignes ci-dessus. 
5. Je transmettrai mon adresse et mes sujets de prédilection à la première inscrite, l'adresse et les sujets de prédilection de la première inscrite à la deuxième, et ainsi de suite jusqu'à la dernière inscrite dont je garderai l'adresse pour moi. Vous ne serez donc pas appariées en fonction de vos goûts, mais juste de votre ordre d'inscription, si bien que les anciennes auront peut-être à envoyer un livre à une personne qu'elles ont déjà swapée, et que tout le monde peut être amené à envoyer un livre à l'étranger (les poches ne pèsent pas lourd, et s'il y a un Amazon local, vous pouvez faire livrer directement et gratuitement chez votre correspondante).
6. Si vous souhaitez que votre correspondante puisse vous remercier, pensez à inclure votre nom et votre adresse mail dans votre envoi. 
7. Chaque participante s'engage à envoyer à la personne dont elle a reçu l'adresse un livre de poche correspondant aux goûts que cette personne a exprimés, et ce, au plus tard le 30 août.
8. Chaque participante accepte la possibilité que sa binôme fasse défaut. Le risque est faible (3 occurrences sur une quinzaine de swaps de 25 participantes en moyenne) mais néanmoins existant, et malgré tout le soin apporté à l'organisation, je n'ai aucun moyen de le prévenir.

jeudi 3 juillet 2014

Summer to do list




Avoir des objectifs concrets chaque mois me manque un peu... Aussi, pour m'encourager à passer moins de temps devant mon ordinateur, en voici une quinzaine (pour retomber sur environ 7 par mois) que je souhaite accomplir avant la rentrée de septembre:


1. Organiser le voyage de septembre à Copenhague/Mälmo

3. Compléter ma page vide-dressing

4. Préparer un swap papeterie pour la rentrée

5. Tester le blender blanc acheté l'été dernier (!)

6. Porter toutes les fringues en attente de retouche chez la couturière

7. Trier le contenu de ma bibliothèque de gauche

8. Faire un point de croix "inspirant"

9. Fabriquer un carnet en papier recyclé en partant de zéro

10. Produire au moins 5 pages d'art journaling

11. Finir la broderie rétro en souffrance

12. Récupérer les droits d'auteur de mes traductions plus exploitées

13. Apprendre à préparer un cocktail que j'aime

14. Trouver un MOOC de biologie basique auquel m'inscrire à la rentrée

15. Changer le matelas de notre lit à Bruxelles

Où je décide de passer moins de temps devant un écran pendant un mois




Mes yeux font des leurs en ce moment, et ma dernière consultation chez l'ophtalmo s'est terminée de manière si abrupte que je n'ai pas vraiment pu poser de questions. Du coup, comme je passe beaucoup trop de temps scotchée devant mon ordinateur (sans doute près de 15h quotidiennes les jours de semaine, soit la quasi-intégralité de mon temps de veille), j'ai décidé de diminuer ça pour voir si la fatigue oculaire joue ou non un rôle dans mes problèmes de vue. De toute façon, on ne peut pas dire que les heures englouties dans CandyCrush/FarmHeroes/BubbleWitchSaga soient très productives. Donc, pendant ce mois de juillet, mon MacBook me servira à travailler, à bloguer, à me tenir au courant de ce qui se passe chez les copains et dans le reste du monde - point. Dès que possible, je le lâcherai pour sortir et profiter du beau temps, faire de l'art journaling ou de la reliure, bouquiner pour faire baisser ma PAL qui a de nouveau atteint des proportions historiques, broder ou crocheter, chercher des géocaches, aller brûler quelques milligrammes de gras à la piscine, etc. De quoi alimenter un long victory log pour la fin du mois!

mercredi 2 juillet 2014

Swap thé: les colis que j'ai reçu et envoyé




Lundi, j'ai reçu mon colis du swap thé. Le hasard de la boucle (formée dans l'ordre des inscriptions) avait désigné une petite nouvelle, Gaëlle, pour la lourde tâche de me confectionner un paquet. Voici ce qu'il contenait:
- une grande boîte ronde en métal de thé vert à l'amande de chez Kusmi Tea
- une petite boîte de perles de jasmin de chez Simon Lévelt (marque dont j'avais vanté le Earl Grey blanc ici)
- un sachet d'Earl Grey vert au bleuet de chez Cha-Hu-Thé, une boutique de Louvain-la-Neuve, déjà goûté et approuvé par 100% des membres de mon foyer
- "T", un roman policier d'Arnaud Formal dont l'action mélange les milieux du thé et de la mafia chinoise
- enfin, une jolie carte avec une demoiselle dont je piquerais bien les collants rayés
Merci beaucoup à Gaëlle pour ce paquet!

De mon côté, j'ai envoyé un colis à ma grande copine Isa qui avait été la dernière à s'inscrire au swap, et j'avoue que comme je connais assez bien ses goûts, ce fut un plaisir de la gâter. Vous pourrez lire son compte-rendu ici

J'espère que tout le monde a bien envoyé/réceptionné son colis. Si vous tenez un blog et que vous y avez publié un compte-rendu, n'hésitez pas à laisser un lien dans les commentaires de ce billet afin que les autres participantes puissent y jeter un coup d'oeil. 

Je n'ai pas encore décidé du thème du prochain swap. Dans mon collimateur: une 2ème ronde des poches, un 2ème swap "mondes imaginaires" (fantasy/SF/fantastique), un swap papeterie et peut-être une ronde de cartes d'anniversaire. Des idées, des remarques, des souhaits particuliers? 

mardi 1 juillet 2014

June victory log




Administratif:
- Compta pro de mai
- Adhésion à la SOFIA pour que les droits issus du prêt en bibliothèque me soient reversés directement
- Adhésion au SELF qui défend les intérêts des auteurs de langue française

Blog:
- 4 articles en petite Une de HelloCoton

Boulot: 
- Passage à la version payante de NeoOffice
- Traduction de la quasi-totalité du tome 2 d'une série de Jacqueline Green (environ 480 000 signes)
- Signé pour le tome 1 de la nouvelle série de Trudi Canavan et donné mon accord de principe pour la traduction du prochain roman de Claire North

Culture: 
- 8 livres lus (2 bédés, 6 romans)
- 4 films vus: au cinéma, "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" et "Bird people"; à la maison, "About time" et "Dead like me: Life after death"
- Exposition photo "Patience" de Josef Hoflehner

Geocaching:
- 1 cache trouvée dans Bruxelles

Loisirs créatifs:
- Stage de reliure à la Maison du Livre de Saint-Gilles 

Maison:
- Bruxelles: rangement par le vide de mon placard à thés + réparation de la chaudière après des mois de mauvais fonctionnement
- Monpatelin: gros vide dans la bibliothèque de droite

Santé:
- 5 séances de HeartMath (meilleure moyenne: 6,7)
- Visite de contrôle chez l'ophtalmo; mon hypotonie a augmenté dans les deux yeux et il faudra bientôt envisager un traitement

Sport:
- 4 séances de piscine, 2 cours de yoga

Divers:

Défi du mois: Adopter la technique des petits pas
Autant le dire tout de suite: ça a été un échec complet. J'ai tenu le défi de la planche pendant 3 semaines, passant de 20 secondes à 1 minute, avant de lâcher complètement l'affaire sur la fin. Quant à mes projets de reconversion, j'y ai encore moins touché que le mois dernier. Ma grosse erreur a été de ne pas définir en quoi consisteraient mes petits pas en la matière. J'ai laissé traîner les premiers jours, et ensuite, une grosse crise d'angoisse liée à tout autre chose m'a fait passer en mode "survie". Je n'ai plus été capable que d'assurer le minimum syndical côté boulot et maison; dès que j'avais cinq minutes de libre, je me réfugiais dans un bouquin pour ne pas ressasser. 

Un mois nerveusement épuisant. 

"Vieux, râleur et suicidaire - la vie selon Ove"


"Dans le lotissement où il vit depuis 40 ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Et maintenant qu'il ne travaille plus, il se sent seul et inutile. Il erre dans sa maison, fait des rondes pour relever les infractions des habitants du quartier. Jusqu'au jour où, las de cette routine, il décide d'en finir. Corde au cou, debout dans le salon, il est prêt à passer à l'acte... Mais l'arrivée de nouveaux voisins et d'un chat abandonné va contrecarrer ses plans. Interrompant sans le savoir ses différentes tentatives de suicide, ceux-ci vont peu à peu pousser Ove dans ses derniers retranchements et le ramener à la vie."

Je ne vais pas y aller par quatre chemins: ce premier roman du Suédois Fredrik Backman est une merveille d'humour grinçant et d'émotion, qui suscite autant de rires que de larmes. Ove est un homme comme on n'en fait plus: travailleur, intègre, fidèle, solide... mais aussi têtu comme une mule, fermé au progrès, totalement psychorigide, obsédé par sa consommation d'essence et par l'interdiction de rouler dans le lotissement où il vit. D'abord exaspérant, ce retraité bourru révèle peu à peu des traits de caractère qui en font un personnage aussi nuancé que profondément attachant. Il a vécu une magnifique histoire d'amour avec une femme qui était son opposé en tout, et qui lui donnait l'impression de "courir pieds nus dans son coeur". Il entretient depuis 40 ans une relation tumultueuse avec son voisin Rune, alternant les moments de complicité muette et d'affrontements acharnés. Et le jour où il décide qu'il n'a plus rien à faire en ce monde, plusieurs rencontres se chargent de le détromper sans que jamais il ne perde son immense mauvaise foi ou son inimitable sens de la répartie. Son histoire est un conte de fées réaliste dans lequel les marraines seraient un chat estropié, une Iranienne enceinte jusqu'aux yeux d'un époux totalement incapable, un jeune homosexuel tremblant de peur à l'idée de faire son coming out et un vieux monsieur atteint de la maladie d'Alzheimer que les services sociaux veulent enlever de force à sa femme. En les aidant, Ove s'aidera lui-même, pour le plus grand bonheur du lecteur conquis. J'aurais voulu que ce roman ne se termine jamais. 

Lectures 2ème trimestre 2014


ROMANS
- "Le loup solitaire" (Louis Joseph Vance)
- "Le dernier vide-grenier de Faith Bass Darling" (Lynda Rutledge) 
- "L'exception" (Audur Ava Olafsdottir) 
- "Mr Penumbra's 24-hour library" (Robin Sloan) 
- "I am the messenger" (Markus Zusak) 
- "Seventh heaven" (Alice Hoffman) 
- "Five days" (Douglas Kennedy)
- "Life after life" (Kate Atkinson) 
- "Les brumes de l'apparence" (Frédérique Deghelt)
- "The postmortal" (Drew Magary) 
- "The Story sisters" (Alice Hoffman) 
- "Maine" (J. Courtney Sullivan) 
- "Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce" (Lola Lafon) 
- "Mr Gwyn" (Alessandro Baricco) 
- "Lacrimosa" (Alice Scarling) 
- "Villa avec piscine" (Herman Koch)
- "The rise and fall of great powers" (Tom Rachman) 
- "Sweet Tooth" (Ian McEwan) 
- "The islanders" (Christopher Priest)
- "Toujours avec toi" (Maria Ernestam) 
- "Les gens heureux lisent et boivent du café" (Agnès Martin-Lugand) 
- "Vieux, râleur et suicidaire - la vie selon Ove" (Fredrick Backman) 

BEDE
- "Moi, jardinier citadin T1" (Min-ho Choi) 
- "Mangeons! T1" (Sanko Takada) 
- "Mon frère nocturne" (Joanna Hellgren) 
- "Hell's kitchen T1" (Gumi Amazi, Mitsuru Nishimura) 
- "What did you eat yesterday? T1 et 2"(Fumi Yoshinaga) 
- "Journal" (Julie Delporte) 
- "Azimut T1* et 2" (Lupano/Andréae) 
- "Le voyage extraordinaire T3" (Filippi/Camboni) 
- "Les vieux fourneaux T1: Ceux qui restent" (Lupano/Cauuet) 
- "Bouche d'ombre: Lou 1985" (Maud Begon/Carole Martinez) ♥ 
- "La tour fantôme T1" (Taro Nogizaka) 
- "Délices" (Lucy Knisley
- "French milk" (Lucy Knisley) 

DIVERS
- "Un petit pas peut changer votre vie: La voie du kaizen" (Robert Maurer) 
- "Bright bazaar" (Will Taylor) 

dimanche 29 juin 2014

Un week-end où ma collection de carnets n'est pas près de diminuer




Avec l'horrible semaine que je viens de passer, je me déclare en week-end vendredi vers 13h, après avoir relu une grosse centaine de pages de ma trad en cours; ouh punaise comme je suis rouillée: dix longueurs de bassin et je commence à avoir les muscles des bras qui tirent; je ne sais pas du tout dessiner les choux-fleurs, c'est ennuyeux; avec les travaux en cours, la portion haute de la chaussée de Wavre évoque vaguement les heures les plus sombres de Beyrouth; je m'attendais à ce que le colis gardé à la Poste contienne des exemplaires d'auteur, mais pas à ce que ce soit ceux d'une énorme intégrale que mes deux sacs en tissu vont peiner à contenir; l'emballage des chaussettes exfoliantes Kruidvat a changé de couleur, c'est pour ça que je ne les trouvais plus en rayon et que je craignais qu'ils ne les aient arrêtées; à vue de nez, j'aurais dit que le M suffirait pour cette petite robe noire à imprimé oiseaux, mais j'ai été trop optimiste; 16h55, c'est pas un peu tôt pour commencer à picoler?; oh et puis tant pis: mademoiselle, un mojito s'il vous plaît!; c'est drôlement agréable d'être assise au chaud avec un cocktail et un excellent roman pendant que la pluie se met à tomber sur Bruxelles; la jeune femme blonde qui occupe la table de droite est elle aussi seule et en train de bouquiner un vrai livre en papier de bois d'arbre - nous passons un agréable moment à échanger des impressions et des titres; rhâââ, mais pourquoi je n'ai pas pensé à lui laisser une des cartes de visite du blog, bordel?; tenir jusqu'à l'arrivée de Chouchou malgré la faim grandissante et les coups d'oeil agacés des serveuses; il veut un burger avec des grenailles et moi un burger avec des frites: qu'à cela ne tienne, chacun piquera les patates de l'autre dans son assiette; cher Blogger, dédoubler un de mes billets encore en brouillon pour compenser le fait que tu en as fait disparaître un autre n'est PAS une solution acceptable; fausse joie: "Cats" ne revient dans l'East End qu'à partir de décembre, alors que nous allons à Londres fin novembre; pour me venger, je braille la moitié des titres du spectacle jusqu'à ce qu'en guise de mesure de rétorsion, Chouchou dégaine "Don't cry for me Argentina"; mais c'est quoi ces muscles de cuisse tout bizarres?; allongé dans le noir, Chouchou prend des poses avantageuses: je suis obligée de me moquer de lui.




Le réveil à 8h un samedi matin, je kiffe pas tellement; oui j'aurais bien aimé un oeuf à la coque mais là il est trop tard, je dois partir; oh, le bus vient juste de passer; oh, le métro me file sous le nez; heureusement que Chouchou m'a imprimé un plan sinon je n'aurais jamais trouvé la Maison du Livre et réussi à arriver avec seulement 5mn de retard; ayons une pensée émue pour le plioir en os hors de prix que ma prof d'EMT avait inscrit sur la liste de fournitures à acheter à mon entrée en 6ème - qu'est-ce que mon père a pu râler!; attaquer du papier à la scie à métaux, c'est original; j'arrive à coudre mes 7 cahiers beaucoup plus vite et beaucoup mieux que prévu, mais au moment de serrer le noeud final, je tire trop fort et le fil se rompt; tant pis, j'ai la flemme de recommencer, espérons que la colle suffira à empêcher la couture de se barrer; pour déjeuner, je pourrais m'acheter des trucs légers à grignoter sur le marché de Saint-Gilles... oh, un Mamma Roma!; dommage: sans les anchois, j'aurais volontiers testé cette pizza à la fleur de courgette; le vin rouge tellement dégueu qu'il te brûle l'estomac, j'adore; moui alors on va dire que j'étais plus douée pour la couture que pour l'encollage; si ma voisine de droite continue à me piquer mes outils sans demander ni attendre que j'aie fini de m'en servir, je lui plante un poinçon dans la main; au tout dernier moment, la règle (alias "la latte" en bon belge) part sur le côté, et mon cutter rogne un coin avant de la couverture de mon carnet; j'apprécie que la pluie ne se mette à tomber qu'une fois que Chouchou m'a récupérée en voiture; le dernier Delphine Bertholon en occaze à 3€: je prends; Färm, c'est pas mal, mais c'est toujours pas là qu'on pourra faire toutes nos courses au même endroit; quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi la farine de riz blanc est introuvable ailleurs qu'à la parapharmacie Lafayette de Toulouse?; coincés dans les embouteillages, arriverons-nous à temps au Delhaize Flagey pour terminer le plein du frigo avant de devoir rendre notre Cambio? le suspense est insoutenable; un quart d'heure entre notre entrée et notre sortie du Delhaize Flagey, un samedi en fin d'après-midi: ça, c'est de l'efficacité; ce soir c'est salade composée au menu, j'ai trop besoin de légumes; PrintStudio me fait des misères pour uploader les Instagram que je veux faire imprimer sous forme de stickers, et au lieu des 10 mn prévues, j'y passe les trois quarts de ma soirée; oui, la dernière question du thème "Human body" avant le niveau 5 porte précisément sur le problème qui me préoccupe, mais ce n'est pas un signe, juste une coïncidence, OK?




Cette nuit, j'ai rêvé que Chouchou avait une deuxième femme dans sa vie au boulot, une Suédoise prénommée Mona dont la fille de 7 ans était handicapée et portait le même prénom que moi; quand je lui disais que ça me rendait très malheureuse, il me donnait à résoudre une énigme super compliquée à base de carottes, de lapins, de renards et d'horloges, qui se terminait par la question "combien et à quelle heure?", puis il allait s'enfermer dans une cabine téléphonique; les nouveaux muscles du dos de Chouchou (le vrai) ont la forme de deux filets de sole meunière; ma mère angoisse à l'idée de rester seule 3 semaines pendant les vacances de ma soeur et de mon beau-frère; ressortir les collants et les boots d'hiver fin juin: ça, c'est fait; je n'aime pas du tout la technique de reliure qu'on est censées apprendre aujourd'hui: je veux manipuler du papier et du carton, pas du cuir - de plus, la nécessité de confectionner un gabarit minuscule me gonfle profondément; bon, ben si en plus j'ai mal au bide, je ne vais pas traîner dans les parages; organiser le prochain week-end à Paris avec Chouchou, sans une seule plage de shopping: you've come a long way, baby; rendons à ce plaid au crochet sa fonction première de couvre-lit; peut-on sans risque manger du tofu périmé depuis 2 semaines? telle est la question sur laquelle nous nous pencherons ce soir; malgré un état d'esprit vraiment pas zen, je parviens à monter jusqu'à 11.0 en cohérence cardiaque - mon record personnel; j'aime beaucoup cette idée trouvée dans le dernier numéro de frankie: une dégustation associée thés-fromages; à l'heure d'aller au lit, aucun décès par empoisonnement au tofu périmé n'est à signaler dans la maison.

samedi 28 juin 2014

#100happydays: les photos mentent


Mon challenge #100happydays a pris fin aujourd'hui. Pendant un peu plus de 3 mois, j'ai publié chaque jour sur Instagram la photo d'un instant de bonheur. Le but, pour moi, était de me familiariser avec l'outil Instagram et de prendre l'habitude de l'utiliser régulièrement. Je pense l'avoir largement atteint. Mais je dois dire que, si certains jours des plus ordinaires, le challenge m'a poussée à me créer des petits plaisirs pour avoir de quoi poster - ce qui était très positif! -, certains jours où j'allais mal, l'obligation de le faire m'est apparue comme excessivement artificielle. Quelque impression que pouvait donner ma photo aux couleurs renforcées par le filtre Lo-Fi (de loin mon préféré), je n'étais pas heureuse à ce moment-là, et ma publication m'apparaissait un peu comme un mensonge, une fausseté. Je n'ai pas aimé cet aspect-là. Mais pour les lecteurs qui n'auraient pas Instagram et qui seraient curieux de voir ce que ça donne, voici une mosaïque de mes soi-disant #100joursheureux. On constatera que j'aime beaucoup mes pieds, et lire, et manger, et boire du thé - rien de bien nouveau, en somme!




vendredi 27 juin 2014

Dark June




Ce mois de juin m'a épuisée nerveusement. 
Plusieurs nouvelles, d'abord d'ordre professionnel, puis de nature privée, m'ont plongée dans un abîme d'angoisse tel que je n'en avais pas connu depuis longtemps. J'ai passé des heures très noires enfermées dans ma propre tête, à me battre contre des catastrophes qui n'étaient pas encore arrivées et qui n'arriveront peut-être jamais. J'ai été peu présente sur le blog - or, quand je ne suis même pas en état d'écrire ici sur ce qui me tracasse, histoire de prendre un peu de recul et de bénéficier de regards extérieurs dédramatisants, c'est que ça va vraiment mal. J'ai repris des somnifères plusieurs nuits d'affilée. Au plus bas, je commençais à chercher un moyen indolore de me supprimer au cas où mes craintes se réaliseraient. 
Bref, ce mois que j'adore en temps normal a été un petit enfer personnel. Mais avec l'influence que la météo et la luminosité exercent sur mon moral, je ne veux même pas imaginer comment j'aurais réagi si les nouvelles incriminées étaient tombées en novembre. 
Je commence un peu à remonter la pente. C'est une lutte de tous les instants. Mon cerveau rationnel se rend très bien compte que mes réactions sont à la fois disproportionnées et improductives. Le problème, c'est que mon cerveau émotionnel, lui, nage en pleine panique, qu'il ne cause pas à mon cerveau rationnel et qu'il gueule beaucoup plus fort.
C'est quand même un peu décourageant de penser à tous les efforts que je déploie depuis plus de six ans pour retrouver un certain calme intérieur, et de me rendre compte qu'à la première tempête ils se font balayer comme des fétus de paille. Je vais continuer à chercher parce que je n'ai pas d'autre choix, et aussi parce que je déteste être incapable de me contrôler. Si je n'ai pas beaucoup d'indulgence pour les faiblesses des autres, je n'en ai carrément aucune pour les miennes. Parfois c'est fatigant, et parfois c'est la seule chose qui me tient debout. 
Trop occupée à lutter contre mes propres démons, je n'ai guère eu d'énergie à consacrer à autre chose ces dernières semaines. J'ai complètement délaissé mes objectifs, me contentant d'assurer le minimum syndical au niveau boulot et gestion du quotidien, m'autorisant à glander si ça pouvait me faire un peu de bien. Ca ne m'arrive pas souvent et je l'ai fait sans remords - il faut savoir réévaluer ses priorités en fonction des circonstances.
Mais maintenant, j'en ai marre d'être mal. Je suis soûlée de catastrophisme et suffisamment regroupée pour me reprendre en mains. J'ai reçu aujourd'hui une chouette nouvelle professionnelle et, bien qu'elle n'ait pas vraiment d'incidence sur les choses qui me tracassent dans ce domaine, j'ai envie d'y voir un signe que je m'en sortirai. Je recense les pistes susceptibles de m'aider à éviter un drame; je liste les solutions potentielles ou les moyens de gérer la crise. Ca ne me servira peut-être jamais, mais ça me rassure en me donnant l'impression que je ne suis pas totalement impuissante.
Et puis surtout, je tente de me focaliser sur toutes les belles choses que je peux encore faire, là maintenant, au lieu de me pourrir la vie par anticipation. Ce matin, j'ai organisé pour dans 15 jours une très excitante activité de groupe sur Paris (non, pas une soirée en boîte à partouze, bien que Chouchou ait dit: "Au pire, on pourra toujours faire des Instagram" et qu'une des amies qui nous accompagnera ait aussitôt répliqué: "N'oublie pas ton Totoro"). Ce week-end, je participe à un stage de reliure, activité à laquelle je mourais d'envie de m'initier depuis une éternité. Chouchou va bientôt toucher sa première vraie paye de l'année, et on va pouvoir organiser notre voyage à Copenhague en septembre. Je veux profiter des longues journées d'été pour aller boire des mojitos à l'Amour Fou, bouquiner en terrasse, exhiber mes orteils vernis dans des sandales, faire du yoga dans le jardin de Claudia... et le plein de vitamine D en prévision de l'hiver qui, au sens propre comme au sens figuré, arrivera toujours trop tôt.