samedi 1 février 2014

Swap littéraire minimaliste: la ronde des poches




- Ca fait longtemps qu'on n'a pas fait de swap littéraire. 
- Les nouvelles râlent de ne plus pouvoir participer. 
- La ronde de carte de voeux du Nouvel An était super sympa. 
Partant de ces trois constatations, mon petit cerveau hyperactif a accouché de l'idée suivante: une ronde de livres de poche, soit un swap littéraire minimaliste qui, étant donnée la faible valeur monétaire des envois, serait ouvert à tout le monde. En voici les règles: 

1. Inscrivez-vous avant le 8 février midi en m'envoyant un message à leroseetlenoir@hotmail.com, et UNIQUEMENT là.
2. Pour me faciliter la vie, indiquez "Ronde des poches" comme sujet.
3. Dans le corps du mail, donnez-moi (même si je vous connais très bien, car le but est de pouvoir faire un copié-collé pour votre correspondante) 1/votre adresse postale, pays inclus 2/le pseudo sous lequel vous commentez éventuellement 3/une liste de 6 genres ou sujets qui vous intéressent en littérature. Exemple: pour moi, ce serait les voyages dans le temps, le Japon, la Scandinavie, la littérature culinaire, les secrets de famille et les chronologies parallèles ou en désordre.
4. Tout le monde peut participer cette fois. Par contre, j'ignorerai impitoyablement les demandes d'inscription qui ne tiendront pas compte des consignes ci-dessus. 
5. Je transmettrai mon adresse et mes sujets de prédilection à la première inscrite, l'adresse et les sujets de prédilection de la première inscrite à la deuxième, et ainsi de suite jusqu'à la dernière inscrite dont je garderai l'adresse pour moi. Vous ne serez donc pas appariées en fonction de vos goûts, mais juste de votre ordre d'inscription, si bien que les anciennes auront peut-être à envoyer un livre à une personne qu'elles ont déjà swapée, et que tout le monde peut être amené à envoyer un livre à l'étranger (les poches ne pèsent pas lourd, et s'il y a un Amazon local, vous pouvez faire livrer directement et gratuitement chez votre correspondante).
6. Si vous souhaitez que votre correspondante puisse vous remercier, pensez à inclure votre nom et votre adresse mail dans votre envoi. 
7. Chaque participante s'engage à envoyer à la personne dont elle a reçu l'adresse un livre de poche correspondant aux goûts que cette personne a exprimés, et ce, au plus tard le 1er mars.
8. Chaque participante accepte la possibilité que sa binôme fasse défaut. Le risque est faible (3 occurrences sur une douzaine de swaps de 25 participantes en moyenne) mais néanmoins existant, et malgré tout le soin apporté à l'organisation, je n'ai aucun moyen de le prévenir.

Ca vous tente? A vos claviers :-)

vendredi 31 janvier 2014

Janvier 2014



January victory log





Administratif:
- Carte européenne d'assurance maladie renouvelée pour un an
- Compta pro de l'année 2013 bouclée (du premier coup!), ce qui va m'alléger l'étape toujours douloureuse de l'élaboration de la 2035 pour la déclaration de revenus

Blog:
- Bannière renouvelée avec des photos des 4 derniers mois (pour la suite, je vise deux fois par an: janvier, donc, et juillet)
- Un article sur "Le rose et le noir" publié dans le numéro de janvier du magazine bruxellois Wolvendael
- Une sympathique mini-rencontre de lecteurs organisée sur Toulon

Boulot: 
- Fin de la traduction du 6ème et dernier tome de la série "The lying game"
- Début d'un one-shot génial: "The first fifteen lives of Harry August"
- En tout, j'ai produit un peu plus de 600 000 signes ce mois-ci: pas un record, mais plutôt dans la moyenne haute de ces dernières années me semble-t-il

Culture:
- 16 livres lus (8 romans, 6 bédés, 2 divers - récapitulatif en fin de trimestre)
- 5 films vus: au cinéma ("The lunchbox", "La vie rêvée de Walter Mitty", "Tel père, tel fils"); à la maison, "Twilight: Breaking dawn part 2" et "Lettre à Momo"
- Abonnement à la version numérique du magazine australien Frankie

Geocaching:
- 1 cache trouvée à Charleroi

Loisirs créatifs:
- Crochet: fin du plaid commencé fin novembre et interrompu faute de laine.
- Point de croix: suite du Cthulhu commencé pendant les vacances de Noël
- Point de croix: une petite licorne blasée

Maison:
- Changé la table basse du salon de Monpatelin

Santé:
- Révision annuelle chez la gynéco, et bilan beaucoup plus positif que je ne l'espérais

Sport:
- 5 cours de Pilates, 1 cours de yoga, 4 séances de piscine

Je m'étais interdit d'embrayer quand quelque chose m'énervait. Du coup, je ne me suis mêlée d'aucune discussion controversée et pris la tête avec personne sur Facebook - un gros gain de temps et d'énergie. Mais j'avoue que quand le statut d'un contact me hérissait tout particulièrement, il m'est arrivé d'aller bitcher en MP avec une connaissance commune, ce qui est certes humain mais ni très productif ni très gracieux.
Avec les fournisseurs de service, j'ai juste laissé filer. Par exemple, quand le livreur du Tom Yam est arrivé avec une demi-heure de retard, j'ai pensé que c'était plus probablement la faute de la cuisine ou de la circulation que la sienne, et je n'ai rien dit. J'avais toute la soirée devant moi, et manger un peu plus tard que prévu ne prêtait nullement à conséquence, alors pourquoi me prendre la tête sur une question de principe? 
Professionnellement, quand un éditeur traînait pour me payer ou me demandait un truc imprévu qui foutait le bordel dans mon planning, j'ai attendu en tapant dans ma trésorerie (parce que je pouvais me le permettre, sinon j'aurais réclamé gentiment) et fait le truc imprévu en plus du reste après avoir juste râlé un poil en privé. Résultat: on a loué "ma réactivité légendaire", et la réorganisation dont je ne voulais pas entendre parler s'est révélée positive parce qu'elle m'a permis de m'adapter progressivement au style plutôt chiadé d'un nouvel auteur. 
Comme je m'y attendais, savoir que je m'interdisais toute riposte a supprimé la tentation du sarcasme et en grande partie désamorcé le piège de la rumination. Elle m'a également évité un certain nombre d'accrochages inutiles voire néfastes. Une expérience de lâcher prise très positive, donc, que j'ai l'intention de poursuivre à l'avenir.

Un mois très productif qui démarre l'année 2014 en beauté!

jeudi 30 janvier 2014

Parfois, il faut savoir perdre du temps pour en gagner




Ce matin, comme ça m'arrive parfois après avoir dormi trop longtemps ou eu trop chaud pendant la nuit, je me suis réveillée avec une vilaine migraine, de celles qui donnent envie de vomir. J'ai dégainé mon huile essentielle de menthe poivrée, mais exceptionnellement, elle n'est pas venue à bout de mon mal de tête. J'avais beaucoup de travail et pas la possibilité de glander une journée entière, alors, je me suis quand même mise au boulot en serrant les dents. J'ai peiné à finir la moitié de mon quota de pages quotidien, et pensé que je ne tiendrais pas tout l'après-midi dans les mêmes conditions.

Sans grand espoir, j'ai pris un Doliprane. Puis j'ai mis un masque sur mes yeux et je me suis roulée en boule sur le canapé avec ma couverture rayée pour attendre que ça passe. Je n'ai fait que somnoler, mais petit à petit, la nausée et la migraine ont recédé. Vers 14h30, j'ai pu me lever, me faire réchauffer un bol de soupe, grignoter quelques tartines et me remettre au travail. J'ai fini bien plus tard que d'habitude, mais j'ai fini quand même, et je ne pense pas que la qualité de ma traduction en ait été (trop) affectée - on verra à la relecture finale. En somme, j'ai perdu du temps pour mieux en gagner, un réflexe que je considère comme essentiel à la gestion optimale de mon énergie physique et mentale. 

(Maintenant, je vais tenter de déterminer comment je peux avoir trop chaud la nuit dans un appart' où le thermostat est réglé pour descendre à 17° entre 23h et 6h, et ce, alors que je suis la fille la plus frileuse de la création. "Tu n'as qu'à dormir toute nue", suggère Chouchou, ce Belge isotherme jamais à court d'arguments pour me faire tomber le pyjama. Ce qui, certes, est une solution pratique mais ne répond pas à ma question. Après avoir passé l'après-midi à disséquer l'interaction nucléaire faible et l'interaction nucléaire forte de l'atome, j'ai soif d'explications scientifiques, moi, Môssieur.)

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (2)





1. Teoz, Monpatelin-Toulouse 2 et 20. Le Pain Quotidien - Sablon, Bruxelles 3. Mangetsu, Bruxelles 4 et 9. Sur la Place, Toulon 5. La Théière, Toulon 6. Caffé Florian, Venise 7 et 12. Pho Pho, Bruxelles 8 et 13. Comptoir Florian, Bruxelles 10. Mamma Roma - Jourdan, Bruxelles 11. Filigranes, Bruxelles 14, 15 et 18. L'Aparté, Toulon 16. Sterling Books, Bruxelles 17. Tata Bidule, Toulouse 19. Le Chantilly, Toulon 21. Exki - rue Neuve, Bruxelles

mercredi 29 janvier 2014

Où je transpire figurativement, et où j'aime ça




Courant novembre, un nouvel éditeur m'a contactée pour me proposer une traduction. Une histoire de voyage dans le temps, un de mes sujets préférés en littérature. Une quatrième de couverture über intrigante. Un style très travaillé, et en bonus, le mystère de l'identité de l'auteur, qui s'est déjà fait connaître en publiant plusieurs romans à succès dans d'autres genres et qui signe ici d'un pseudonyme. Moins de cinq minutes m'ont suffi pour savoir que j'avais très envie d'accepter ce boulot. Puis j'ai demandé à quand serait fixée la date de remise, et on m'a répondu: fin février au plus tard. Alors que ça représentait environ six semaines de boulot pour moi, et que mon planning du premier trimestre 2014 était déjà plein. Mais elle me faisait tellement envie, cette traduction, que je me suis démenée pour lui trouver quand même une petite place. J'ai négocié un délai supplémentaire de trois semaines avec l'éditeur du tome 12 de "Pretty Little Liars", que je devais rendre fin février. Puis j'ai mis la gomme pour gratter une semaine sur la remise du tome 8 des "Seigneurs des Runes" (initialement prévue fin novembre) et deux sur la remise du tome 6 de "The Lying Game" (initialement prévue fin janvier), en me félicitant de prévoir toujours une marge en cas d'imprévus et en priant pour ne pas tomber malade avant fin mars. 

Quand je commence à traduire un nouvel auteur, il me faut toujours un moment pour m'adapter à son style. Ici, la principale difficulté réside en des phrases longues et très alambiquées, qui passent tout juste en anglais et pas du tout en français. Dilemme: les couper en deux pour les rendre plus digestes, mais ce faisant, toucher à la spécificité de l'écriture, ou les raccourcir légèrement pour les garder d'un seul tenant, mais au prix du sacrifice de quelques adverbes et autres détails? Non seulement il n'y a pas de réponse 100% satisfaisante (quel que soit votre choix, il y aura toujours quelqu'un pour penser que vous n'avez pas fait le bon), mais la réponse la moins insatisfaisante change d'une fois sur l'autre, de sorte qu'il faut se reposer la question à chaque phrase ou presque. Bien entendu, la vitesse de travail s'en ressent. Mais une fois que je commence à être vraiment dans le texte, à acquérir une méthode et un rythme, quelle satisfaction de déjouer les pièges de la VO de plus en plus facilement! Quelle jubilation en relisant un paragraphe bien tordu et en constatant qu'il coule tout seul en français! Je n'avais pas bossé sur un texte aussi ardu, ni ressenti autant de satisfaction du travail accompli, depuis "Les Chroniques de Thomas Covenant". 

Autre difficulté de ce roman: une pléthore de références historiques et scientifiques, deux domaines dans lesquels j'ai une culture générale des plus moyennes. Heureusement que Google mon ami est là! Je n'ose penser au temps que j'aurais perdu en recherches si j'avais dû traduire ce roman quand j'ai débuté dans le métier, deux ans avant de découvrir internet - oui, je suis VIEILLE. Au tiers du bouquin, j'ai déjà dû me documenter sur: le cancer des poumons (avec le bonheur que vous imaginez...), la chronologie du Watergate, la structure des tanks allemands pendant la Deuxième Guerre Mondiale (un choix de traduction qui trahit ma nature pessimiste), les psychotropes (toutes ces substances que je n'ai jamais eu l'occasion de tester dans ma folle jeunesse!), la théorie du Big Bang vs. celle de l'état stationnaire, la topographie de Londres (tous ces quartiers où je n'ai jamais mis les pieds!) et les corsaires ottomans. D'ici à ce que je rende ma traduction, je devrais avoir gagné environ 10 000 XP dans ma compétence Culture Générale. Je ne m'en plains pas: j'aime gagner au Trivial Pursuit apprendre. 

Bref, je bosse beaucoup en ce moment, et c'est ma joie. Parfois, j'ai un peu de mal à caser tout ce que j'aimerais faire dans ma journée (avant-hier, un peu patraque, je me suis levée tard et ai dû renoncer à ma séance de Pilates du midi), mais le plus souvent, cette pression me booste et me donne envie d'être encore plus active par ailleurs. Je n'ai jamais eu autant d'idées et de projets, à la fois en attente et en cours de réalisation. 2014 devrait être une année extrêmement productive. 

Oui, mais le bouquin, me direz-vous? Après nous avoir mis l'eau à la bouche, tu ne vas quand même pas conclure ton billet sans nous filer le titre? Non, je ne suis pas si cruelle. Ca s'appelle "The First Fifteen Lives of Harry August", et c'est de la bombe. La VO sort début avril, et ma traduction française le mois suivant me semble-t-il. Je vous en reparlerai à ce moment-là, et j'en ferai sans doute gagner un exemplaire ici même. Stay tuned. 

mardi 28 janvier 2014

La boîte d'Hortense de janvier



Non, il ne s'agit pas d'une erreur de manip' sur Picasa: j'ai bel et bien oublié de cadrer la moitié du paquet de thé de droite en prenant ma photo - et le temps que je m'en aperçoive, 1/j'avais éventré le paquet de biscuits, 2/il faisait trop sombre pour prendre une autre photo. Oups.


La boîte d'Hortense est donc arrivée aujourd'hui en début d'après-midi. Sans attendre, je vous dévoile son contenu:

- 50g de thé de Jacques (Assam parfumé aux dattes, aux figues, au raison, à l'écorce de cacao et aux fleurs d'immortelle). Je ne suis pas fan de thé noir mais j'adore les dattes, donc le mélange m'intrigue suffisamment pour que je goûte. 

- 35g de tisane bio Bonne Nuit de la marque Hildegarde de Bingen (mélisse, feuille de mûre, fleur de sureau, thym, verveine, souci, bleuer, pétales de tournesol. Miraculeusement, aucun composant que j'exècre; je l'essaierai donc très volontiers. 

- 3 sachets individuels de la marque La route du thé: Bayman (vert aux fleurs et aux épices), Cavaliers Bleus (vert à la menthe, à la mangue, à la figue et aux pétales de rose) et Douceur d'Himalaya (Darjeeling à la bergamote et au jasmin). Le livret d'accompagnement annonce aussi un sachet de Tisane du Montagnard (tilleul, verveine, menthe poivrée, bigaradier, citronnelle) qui n'était pas présent dans ma box: dommage, le mélange avait tout pour me plaire. 

- Un sachet de biscuits "Intense chocolat" de Stephen Destrée, élu meilleur artisan de Belgique en 2010. Je les ai goûtés tout de suite: ils contiennent une pointe de sel et sont délicieux. 

- Deux bâtons de sucre (un brun, un blanc): pas le genre de "gadget" que j'achèterais, mais toujours sympa à utiliser. 

- Quelques filtres en papier: ça tombe bien, Chouchou était à court (moi, j'utilise un filtre-panier en métal) et j'avais la flemme de me traîner jusqu'au Palais des Thés juste pour ça. 

Une fois de plus, Hortense respecte ses engagements de qualité. Je vais de ce pas fouiner sur internet pour voir si quelqu'un a déjà dévoilé le contenu de la boîte bien-être!

lundi 27 janvier 2014

"The Rosie project"


Don Tillman a 39 ans. Brillant généticien, fin cuisinier, ceinture noire d'aikido et de karaté, il est en outre doté d'un physique avantageux. Mais même s'il ne s'identifie pas comme tel, Don présente tous les symptômes d'un autiste Asperger: détachement émotionnel, difficulté à intégrer les codes sociaux, tempérament obsessionnel-compulsif, attachement excessif à la routine... Si bien qu'il n'a jamais réussi à avoir plus d'un rendez-vous avec une femme. Quand il estime le moment venu pour lui de se marier, Don décide de procéder de manière scientifique, en établissant un questionnaire très précis à administrer aux prétendantes. Sa future épouse devra être non-fumeuse, extrêmement ponctuelle, surtout pas végétarienne, avoir un QI en rapport avec le sien, ne pas se maquiller, faire de l'exercice régulièrement et admettre qu'il n'existe aucune différence de goût entre deux parfums de glace. C'est alors que Rosie débarque dans son bureau. Elle gagne sa vie comme serveuse, est chroniquement en retard, a une hygiène de vie déplorable et peut reconnaître l'abricot de la mangue à tous les coups les yeux fermés. Bien entendu, Don décide immédiatement que ce n'est pas la femme qu'il lui faut. Mais comme, à sa grande surprise, il s'amuse bien avec elle, il décide de l'aider à chercher le père qu'elle n'a jamais connu...

La suite, on la voit venir gros comme une maison. Mais on s'en fout, parce que "The Rosie project" n'est pas un thriller. C'est un roman plein d'humanité dont le héros pourrait théoriquement être qualifié d'handicapé mental - sauf qu'au lieu de d'en faire un objet de moquerie (à la Sheldon Cooper) ou de pitié, Graeme Simsion peint de lui un portrait merveilleusement positif et attachant. Oui, Don est complètement psychorigide ça arrive à des gens très bien; oui, il fonctionne en se fiant à sa raison plutôt qu'à ses émotions ce qui me paraît quand même vachement plus efficace dans l'ensemble. Pourtant, malgré son intelligence, il n'est pas arrogant pour un sou. Il a conscience de ses failles, et il est prêt à tenter d'y remédier, mais jamais il ne s'excuse d'être ce qu'il est, et jamais il ne se laisse abattre par le regard que les autres portent sur lui. Sans compter que sa méconnaissance des conventions sociales le rend beaucoup plus tolérant que la plupart des gens "normaux". En fait, je crois que si Don Tillman existait pour de vrai, il pourrait devenir mon meilleur ami. Son histoire avec Rosie est drôle, pleine de tendresse, et elle fait chaud au coeur. Mille mercis à ma copine Marika qui m'a conseillé ce roman très feel-good.

Edit du 29/11/2015: Ce roman est désormais disponible en VF sous le titre "Le Théorème du homard". 

dimanche 26 janvier 2014

Du bon côté des périodes de vaches maigres (surtout pour une végétarienne)




L'année a commencé sous le signe des restrictions budgétaires. 
Chouchou vient de s'installer en indépendant. Il a passé le plus gros du mois à peaufiner son projet et commence juste à chercher des missions. Son dernier jour de boulot payé, c'était fin décembre. 
De mon côté, pour la première fois depuis très longtemps, je n'ai guère qu'une visibilité professionnelle à 6 mois. Je pense pouvoir boucler l'année sans trop de problèmes, mais de mon point de vue, tant que ça n'est pas signé, ça n'est pas signé. Et entre les vacances de Noël et l'allongement généralisé des délais de paiement, je n'ai pas touché le moindre cent depuis fin novembre (alors que j'ai bossé comme une brute pendant la même période). Oh, je sais que les sous vont finir par rentrer, mais en attendant, je vis sur mon Livret A. 
Donc, on fait gaffe. 
Pas de restos depuis le début de l'année. Pas de sorties ruineuses genre l'expo Lego. Pour la première fois depuis qu'on se connaît, aucun voyage de prévu pour cette année, même si on espère que ça viendra. 
Je ne vais pas dire qu'une petite partie de moi n'est pas frustrée. Sans avoir des goûts dispendieux, je n'ai guère eu à compter depuis fort longtemps. Et même si je n'ai jamais perdu de vue le fait que c'était une sacrée chance, je m'y suis un peu habituée. Je meurs d'envie de retourner à Copenhague et en Islande, de faire enfin le road trip californien dont nous parlons depuis notre dernier grand voyage au Japon en 2010, de découvrir Tallinn et Edimbourg, de rendre visite aux copines en Gruyérie... 
Mais bon, pour le moment, ça n'est pas possible, et ça n'est pas si grave. 
Au lieu d'aller au resto, nous testons des tas de recettes végétariennes délicieuses. Tous les jours ou presque, je nous prépare un nouveau jus de fruits et de légumes - enfin, je nous préparais: notre centrifugeuse vient de rendre l'âme, et ce n'est pas vraiment le moment d'investir dans un modèle plus haut de gamme. 
Le week-end, au lieu de bruncher ou d'aller nous promener par monts et par vaux, nous profitons de notre abonnement annuel (déjà payé) à la salle de sport. Piscine pour moi, vélo pour Chouchou, sauna pour tout le monde. Puis retour à la maison et écriture-broderie d'un côté de la table, dessin-méditation de l'autre. Le soir, nous nous blottissons sous une couverture pour regarder des films téléchargés sur internet DVD. Le mercredi après-midi, ma demi-journée de RTT auto-proclamée, plutôt que de faire les soldes, je bouquine dans un salon de thé. Au fond, ça ne tombe pas si mal avec la météo froide et pluvieuse de janvier qui incite fortement au cocooning. 
Nous ne manquons de rien, et surtout pas d'imagination pour embellir notre quotidien quelles que soient les circonstances. Nous savions depuis un moment déjà que 2014 serait une année de transition, et que ça impliquerait de réviser notre train de vie à la baisse, au moins temporairement. Ce qui colle pile poil avec ma démarche de simplification et de déconsommation. 
Je le disais récemment à mon amie Isa dont la situation actuelle est comparable à la mienne (et qui vit ça de la même façon décontractée): on ne peut pas empêcher les événements malheureux ou les revers de fortune. Mais on peut choisir la façon dont on y réagit pour en souffrir le moins possible, voire pour en retirer quelque chose de positif. 

samedi 25 janvier 2014

La petite licorne blasée


C'est toujours quand je ne cherche pas que je trouve. 
Par exemple, en ce moment, je devrais être en train d'avancer mon point de croix Cthulhu. Mais j'avoue que ses milliards de teintes de vert me fatiguent. Alors, quand je suis tombée sur cette photo complètement par hasard, j'ai aussitôt eu envie de copier le modèle.




Je n'ai pas trouvé de toile bleue, et j'ai eu la flemme d'en teindre de la blanche. J'ai donc récupéré une chute de mon habituelle Aida 14 lignée. Pour les fils, je n'ai rien acheté de spécial, me contentant de piocher dans mon stock et de broder avec 3 brins au lieu des 2 habituels, pour obtenir un résultat plus dense. J'ai également apporté quelques modifications au modèle, notamment dans la crinière et la queue. 

Après une petite soirée de boulot, je n'ai plus eu qu'à tailler un passe-partout dans un morceau de carton ondulé argenté, glisser le tout dans un cadre trouvé chez Hema l'an dernier à l'époque du projet "52 DIY" et promettre une brouettée de bisous à Chouchou s'il parvenait à prendre le résultat en photo de manière satisfaisante!

mercredi 22 janvier 2014

Happinez, le premier mindstyle magazine


Ce bimestriel dont le premier numéro vient de paraître en France, en Belgique et en Suisse n'est autre que l'adaptation d'un titre qui, selon son édito, existe depuis 10 ans et connaît un succès international. Personnellement, je n'en avais jamais entendu parler avant de recevoir un mail d'information à son sujet, mais comme je suis toujours avide de nouveautés presse et que Happinez semblait tomber pile dans le créneau qui m'intéresse, je me suis dit: Pourquoi pas? Le premier Relay où je l'ai cherché ne l'avait pas en rayon, mais ma seconde tentative fut la bonne. 

Que ce soit par son format (grand, trop grand même pour moi qui aime trimballer mes magazines dans mon sac), la beauté de ses photos, sa mise en page épurée ou les sujets abordés, Happinez se positionne très clairement sur le créneau bobo tendance New Age. Dans ce premier numéro, on rencontre Rajshree Patel, "visage féminin de la fondation L'Art de Vivre considérée comme l'un des guides spirituels les plus influents de notre époque", mais aussi le gourou culinaire Jamie Oliver, l'écrivain à succès Paulo Coelho, le philosophe écolo Pierre Rabhi ou l'acteur Michael Lonsdale. On visite un ryokan suédois (!); on parle d'apaisement des troubles du sommeil, on aborde la sérénité en 5 exercices; on évoque les vertus de l'hiver et la fin qui est aussi un recommencement, ou l'enfant en tant que miroir de ses parents; on suit le voyage d'un journaliste en deuil de son frère sur les traces du Bouddha; on fait du shopping "authentique, inspirant, durable, unique". En cadeau, on reçoit 24 cartes à piocher au hasard chaque matin, et portant des suggestions qui permettent d'aborder le monde avec un esprit neuf. 

Mes impressions? Le magazine est joli et agréable à lire, si l'on excepte le détail gênant pour moi de son grand format. Le contenu varié et pas trop ésotérique me paraît accessible à tous ceux qui s'intéressent à la spiritualité au sens large. Tout ne m'a pas intéressée, mais bon nombre d'articles m'ont interpelée, fait réfléchir ou confortée dans mes choix de vie actuels. Bref, j'achèterai sûrement les prochains numéros. Je regrette juste que Happinez soit positionné comme un féminin, car sa présentation n'a vraiment rien de girly et les sujets abordés concernent aussi bien les deux sexes.

mardi 21 janvier 2014

Photographies insolites #1



Pierre Javelle et Akiko Ido nous prouvent que même adulte, on peut jouer avec sa nourriture... et obtenir un résultat étonnant. 



Chino Otsuka se rajoute adulte dans des clichés d'elle enfant, comme pour devenir "une touriste au sein de sa propre histoire". Une chouette idée. 



...Bon, plus exactement, des rats et des ours en peluche miniatures. Personnellement, la plupart des rongeurs me donnent envie de m'enfuir en courant, mais on peut trouver ça mignon.



Jimmy Nelson fait le tour du monde à la recherche de tribus en voie d'extinction auxquelles il tire le portrait. Beau et poignant. 

Swap cocooning: le paquet que j'ai reçu


Bien entendu, le facteur est passé vendredi dernier pendant que j'étais à la salle de sport, et bien entendu, le paquet n'était pas indiqué disponible au bureau de poste à partir du samedi, mais du lundi. J'ai donc pris mon mal en patience pendant tout le week-end. Et hier, Chouchou ce héros a bravé le mauvais temps pour se traîner jusqu'à la porte de Namur pendant que je terminais un truc de boulot en urgence - vive lui!




La première chose que j'ai découverte en déballant le colis envoyé par Kleo, c'est un livre de cuisine "Mes pâtes à tartiner sucrées & salées". J'ai poussé un cri de ravissement: je suis fan des recettes de l'auteure Clea, dont je possède déjà "Veggie : Je sais cuisiner végétarien", qui est une vraie mine. Et justement, l'hiver, notre dîner des soirs de flemme prend généralement la forme d'une soupe de légumes et de tartines de pain aux céréales sur lesquelles nous alternons hoummous et dip de betterave. Cet ouvrage nous permettra de varier. Sans compter qu'il contient trois recettes de faux-mage (fromage vegan) que je suis très curieuse d'essayer. Quant au beurre de speculoos, je vais faire mine d'ignorer son existence, ce sera mieux pour tout le monde!

Le paquet de Kleo contenait également une crème nourrissante pour les pieds de la marque Senev. Sur le côté de la boîte, on m'informe que les pieds sont naturellement secs, tout comme les lèvres, et on me demande: laisseriez-vous vos lèvres sans protection? Ce à quoi je suis bien forcée de répondre: euh, oui, toujours, vu qu'elles ne se fendillent pas spécialement, et c'est d'ailleurs la même chose pour mes pieds. Cela dit, ce n'est pas parce que je n'en ai pas besoin dans l'absolu que je ne prendrai pas plaisir à la tester. Se poupougner, c'est encore plus agréable quand on passe beaucoup de temps à l'intérieur. Ou dans une piscine chlorée. Je dis ça, je dis rien. 

Venaient enfin deux objets complémentaires: un mug marqué "Enjoy the little things" - ce qui est assez drôle, parce que je suis en train de bosser sur une création perso en point de croix basée sur ce "slogan" exact - et une tisane Egyptian Nights à la menthe et à la camomille provenant d'un magasin londonien: Yumchaa, "curators of immodest tea". Pourtant, on cherche en vain les boobs à l'air sur le paquet. C'est quoi cette publicité mensongère? J'ai testé les deux le soir même, après un dîner à base de gratin d'épinards (ce n'était pas un soir de flemme) et un épisode de "House of lies" (dont la saison 3 s'annonce aussi décevante que la 2). La tisane est légère mais parfumée, et probablement très bénéfique pour la digestion. Merci Kleo pour ce joli paquet sur-mesure!




Quelqu'un d'autre a reçu son colis? Vous nous racontez? Ou mieux encore, vous nous montrez? 

lundi 20 janvier 2014

"Divergent"


Dans un monde post-apocalyptique où les gens sont divisés en cinq factions - les Altruistes, les Audacieux, les Erudits, les Sincères et les Fraternels -, l'heure du choix est arrivée pour Beatrice Prior, 16 ans. Mais le test qui doit lui révéler ses aptitudes profondes se révèle non-concluant. Beatrice est Divergente, un secret dangereux qu'on lui enjoint de dissimuler à tout prix. Ne se sentant pas prête à mener jusqu'à la fin de ses jours la même vie que ses parents Altruistes, elle choisit d'intégrer la faction des Audacieux et se rebaptise Tris. Mais l'initiation se révèle plus brutale et plus sélective que prévu... 

Premier tome d'une trilogie écrite par une jeune femme de 22 ans à peine, "Divergent" est une dystopie que beaucoup ont comparée à "The hunger games": même type de société ultra-compartimentée aux règles injustes, même type d'héroïne qui n'a pas froid aux yeux et qui va défier l'autorité en place, même succès de librairie foudroyant aussitôt suivi par une adaptation au cinéma. Pourtant, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne brille ni par la richesse ni par la beauté de son style. A la fin du premier chapitre, je me demandais comment j'allais tenir 400 pages de phrases sujet/verbe/complément.

Mais plus j'avançais dans ma lecture, plus j'avais du mal à lâcher le bouquin. D'abord, parce que l'histoire est drôlement bien menée avec son lot de révélations choquantes mais crédibles, savamment distillées de manière à maintenir l'intérêt tout du long. Ensuite, parce que je trouvais assez culotté de prendre une héroïne gentille et élevée dans le respect d'autrui pour en faire une casse-cou calculatrice. Tris affirme son individualité en perdant toutes les qualités avec lesquelles elle est arrivée chez les Audacieux, pour développer d'autres traits de caractère d'une moralité parfois douteuse. Ce n'est pas forcément un personnage attachant, mais on ne peut en aucun cas lui reprocher d'être manichéenne ou d'avoir des réactions attendues. Résultat: j'ai déjà commandé les tomes 2 et 3 pour voir comment elle va mener sa révolution.

J'ai lu ce roman en VO et ne peux donc rien dire sur la qualité de sa traduction française

dimanche 19 janvier 2014

Légère




Pour l'instant, je le vis très bien, cet hiver. 
J'ai énormément de travail jusqu'à fin février, et je pensais n'avoir rien le temps de faire d'autre à côté. Je m'inquiétais même de ne pas pouvoir me tenir à mon planning de sport. 
En fait, c'est tout le contraire qui est en train de se passer. Plus j'ai de boulot, plus je me force à me discipliner, plus la satisfaction de ce que j'ai accompli me donne l'envie et l'énergie nécessaires pour accomplir d'autres tâches sur ma lancée. 
Bien sûr j'imagine que cette courbe a une limite, que si je ne dormais plus que 3h par nuit et tentais de pondre 80 000 signes par jour, je m'écroulerais rapidement. Mais là, j'ai l'impression d'approcher ma productivité optimale. Et je reste zen face aux petites contrariétés, un peu parce que j'ai décidé de me taire ce mois-ci, un peu parce que j'ai autre chose à foutre que ruminer bêtement. Occupée, je me sens légère. 
L'action, meilleur anxiolytique du monde. 
Les facteurs extérieurs jouent en ma faveur. Ma dernière visite chez la gynéco, que j'appréhendais beaucoup, s'est soldée par un bilan positif qui m'a délivrée d'un énorme poids. Et la météo est plutôt clémente pour la saison: on tourne autour de 8-10° en journée à Bruxelles en ce moment, ce qui est assez inespéré. 
Je pense aussi que mon alimentation super-saine contribue à ma forme générale. Le combo "pas de viande-pas de gluten-beaucoup de légumes" me booste physiquement. Sans parler des effets secondaires de l'activité physique: pendant mon dernier séjour à Monpatelin, je me suis surprise plusieurs fois à regretter de ne pas pouvoir aller à la salle de sport. 
De la même façon qu'il existe une spirale infernale de la dépression, je pense qu'il existe un cercle vertueux de la positivité, de l'action et de l'énergie. Plus je coche de choses sur ma To-Do List, plus je me sens d'attaque pour en éliminer d'autres dans la bonne humeur, et plus le calme se fait dans ma tête.
Sur ce, je vous laisse: j'ai piscine. Pour de vrai.

vendredi 17 janvier 2014

"Sherlock" saison 3




Rarement j'aurai attendu quelque chose avec autant d'impatience que cette saison 3 de la fabuleuse adaptation moderne du Sherlock Holmes de Conan Doyle, réalisée par la BBC avec le very yummy Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre et l'excellent Martin "Bilbo" Freeman dans celui du sidekick. 3 nouveaux épisodes d'une heure et demie chacun ont été diffusés à la télé anglaise entre le 1er et le 12 janvier - et seront disponibles en DVD à partir de lundi.

Et rarement une saison de n'importe quelle série télé m'aura laissée aussi perplexe et frustrée à la fin.

(ATTENTION: SPOILERS!)

Dans "The empty hearse", Sherlock revient parmi les siens après une absence de deux ans. Traumatisé par la mort de son sociopathe préféré, John a néanmoins fini par se consoler dans les bras de son âme-soeur, Mary, qu'il compte épouser. D'entrée de jeu, le spectateur est étonné par la compréhension dont Mary fait preuve vis-à-vis de leur relation un peu particulière, et par ses réactions pleine de sang-froid en cas d'urgence. Clairement, il ne s'agit pas d'une femme ordinaire. Pour ce qui est de savoir comment Sherlock a mis en scène sa propre mort, on a droit non pas à une, mais à trois explications alternatives, toutes plus délirantes les unes que les autres, et on ne connaîtra sans doute jamais la vérité - même si on peut aisément en reconstituer une approximation. Mais l'important n'est pas là. Ce premier épisode contient plusieurs face-à-face excellents, notamment celui de Sherlock et Mycroft qui éclaire un peu la relation entre les deux frères et fournit cette réplique immortelle de Holmes Senior: "I live in a world of goldfish" (j'envisage de la broder et d'en faire ma devise). Outre le fait qu'il introduit un nouveau "grand méchant" aux motivations mystérieuses, il donne le ton de la saison entière: il va y avoir des dialogues brillants, de superbes performances d'acteurs, des scènes fabuleuses si on les prend isolément... mais l'enquête au sens traditionnel du terme sera maigre et reléguée au second plan, cédant la place au développement des personnages.

"The sign of three" tourne entièrement autour du mariage de John et Mary, pour lequel Sherlock a été désigné garçon d'honneur et sommé d'écrire un discours. S'il se montrait atrocement tête-à-claques dans l'épisode précédent, ici, notre héros devient presque trop sentimental. Et bien qu'il donne lieu à des scènes tantôt émouvantes et tantôt hilarantes, ce grand écart au niveau de son caractère m'a vraiment gênée. Pour le reste, l'impression précédemment laissée par Mary se confirme; il devient évident que son personnage cache quelque chose, mais quoi? Un moment, on pense que les enquêtes évoquées par Sherlock ne vont servir que d'anecdotes amusantes servant à pimenter son discours, et en fin de compte, elles se rassemblent pour former un cas à résoudre durant la réception - pas le plus passionnant de l'histoire de la série, mais un cas quand même. C'est bien construit, mais je suis restée sur ma faim, avec le sentiment que les deux premiers épisodes n'auraient probablement servi qu'à préparer le troisième. Réplique de la semaine: "I'm a highly functioning sociopath. With your number."

J'ai dû attendre quatre jours après sa diffusion initiale pour voir "His last vow". Et d'après les réactions de mes contacts Facebook, je savais que ça allait être du lourd. De fait, comme tout le monde, j'ai passé l'épisode à ramasser ma mâchoire qui tombait régulièrement à intervalles de dix minutes. Sherlock dans une relation de couple, sérieusement? Mary, un assassin anciennement au service de la CIA? La scène de la chute de Sherlock, qui vient de se faire tirer dessus et analyse toute les données dans son "palais mental" avant de tomber, puis plus tard alors qu'il oscille entre la vie et la mort à l'hôpital, est absolument incroyable, un vrai morceau de bravoure. Mais honnêtement, c'est le personnage de John qui m'a le plus touchée pendant cet épisode. Son regard quand il découvre la duplicité de Mary m'a brisé le coeur. Le discours qu'il lui fait pendant les vacances de Noël m'a arraché un "Awwwwwwwwwwwww", pire que n'importe quelle photo de chaton mignon. L'émotion et l'humour sont dosés habilement: juste après cette scène, les deux frères Holmes se font surprendre par leur mère une clope à la main et réagissent comme s'ils avaient encore 15 ans. La mise en scène d'un Sherlock enfant est d'ailleurs très intéressante pour aider à comprendre comment il est devenu cet adulte si particulier.

J'avoue cependant que le "grand méchant" m'a déçue. Oui, il est répugnant et froid comme un serpent, mais au fond, il ne menace personne; il n'a pas de plan diabolique qui fera des milliers de victimes. Du coup, j'ai eu du mal à comprendre pourquoi il inspirait tant de dégoût à Sherlock, et pourquoi celui-ci se sentait obligé de l'abattre de sang-froid. La scène des adieux à John sur le tarmac, quand Sherlock pense qu'il ne reverra jamais son meilleur ami, ne m'a pas bouleversée autant qu'elle l'aurait dû parce que... je ne comprenais absolument pas que John, qui avait passé deux ans au bord de la dépression après la fausse mort de Sherlock, se montre aussi indifférent. Sérieusement: sa soeur alcoolique est dans ses "points de pression", mais pas Sherlock? GET. OUT. Quant au pseudo-retour de Moriarty qui clôture la saison, j'espère que les scénaristes ont une très, très bonne explication à nous fournir, parce que ça sent méchamment le réchauffé. Serait-il possible de finir une seule saison sans que le cliffhanger porte sur lui?

A la lecture de ce billet, on pourrait croire que je n'ai pas aimé cette saison 3 de "Sherlock". Ce qui serait inexact. Simplement, elle m'a beaucoup désarçonnée. J'ai eu l'impression d'une saison construite pour épater les fans et prouver le génie des scénaristes, une saison "on va vous en mettre plein la vue, et tant pis si c'est au détriment des enquêtes". Elle marque un changement de direction assez net auquel je ne m'attendais pas et qui peine à me convaincre de sa pertinence. Pourtant j'ai ri, j'ai été émue et choquée, et j'ai envie de connaître la suite. Espérons qu'elle ne tardera pas trop cette fois!

jeudi 16 janvier 2014

Opération "Envoyez une carte de voeux, recevez une carte de voeux"


Vous avez été 36 (en plus de moi) à participer à ce swap de cartes de voeux, depuis la France et la Belgique mais aussi l'Allemagne, l'Italie ou le Canada, et je vous remercie toutes pour votre enthousiasme! La date limite d'envoi était avant-hier; si vous n'avez pas encore reçu votre carte, un peu de patience - en revanche, si votre boîte à lettres reste désespérément vide d'ici la fin de la semaine prochaine, n'hésitez pas à me contacter pour que je me renseigne auprès de votre correspondante.

Cela étant, le choix a été très dur parmi les cartes dont les expéditrices m'ont envoyé la photo. Et j'ai finalement décidé d'en primer 2: une dans la catégorie DIY, et une dans la catégorie toute faite. Voici la première, envoyée par Zéphine:




Sa destinataire nous dira peut-être ce qu'il y avait sous la pastille à gratter?

Et voici la seconde carte, dont j'aime le design sobre et le poème d'accompagnement rédigé par Dola:





Zéphine, n'oublie pas de m'envoyer ta nouvelle adresse pour que je puisse t'expédier ton petit cadeau. Dola, sauf avis contraire de ta part j'utiliserai celle que tu m'as fournie pour la ronde. (Par contre, soyez patientes, je suis un peu débordée en ce moment! Mais je ne vous oublierai pas, c'est promis.)

Exercice de psychologie positive appliquée: la gestion de la brebis galeuse


(Quel rapport avec le titre de l'article? Pas énorme, je vous le concède. 
Mais une vraie brebis galeuse aurait été beaucoup moins mignonne.)

Dégoûtée par le comportement de certaines participantes, j'avais suspendu les swaps pendant quelques mois, à l'automne 2012, avant de les reprendre avec des règles plus restrictives: désormais, ils ne seraient ouverts qu'aux "anciennes", les filles que je connaissais un minimum. Je pensais ainsi diminuer voire supprimer le risque d'incident. 

Je sais que beaucoup de "nouvelles" en ont été déçues. Mais le pire, c'est que ça n'a pas servi à grand-chose: durant le swap bio, une blogueuse avec qui j'avais eu des échanges très personnels par mail, et que je tenais pour quelqu'un de vraiment correct, a réceptionné le paquet de sa binôme sans jamais la remercier ni lui envoyer quoi que ce soit en retour. Un instant, je me suis même demandé s'il ne lui était pas arrivé quelque chose... mais il faut croire que non, puisqu'elle continue à alimenter son blog (bien qu'elle ne daigne visiblement pas répondre aux mails qui la dérangent). 

A ce stade-là, ma première réaction a été: y'en a marre, on ne peut vraiment faire confiance à personne, j'arrête tout. 

Et puis j'ai réfléchi. Arrêter les swaps que je prends du plaisir à organiser, qui ont permis de belles rencontres virtuelles mais aussi IRL, et qui de manière générale suscitent l'enthousiasme des participantes, à cause de quelques personnes qui ne jouent pas le jeu? En gros, me punir et punir 9 swapeuses (ou aspirantes swapeuses) sur 10 à cause d'1 brebis galeuse? Laisser un individu au comportement méprisable gâcher de jolis échanges pour la majorité de gens qui, eux, sont réglos? 

J'avais dit qu'en 2014, je n'agirais plus en réaction, que je déciderais moi-même du cours de ma vie au lieu de laisser les événements extérieurs le faire à ma place. Je refuse de donner aux choses négatives le pouvoir d'affecter mon comportement ou même mon humeur. C'est moi le chef de moi. Accessoirement, je n'ai pas envie de perdre mon temps à fulminer contre les brebis galeuses mais plutôt de me focaliser sur les gens de bonne volonté qui, Dieu merci, sont beaucoup plus nombreux. C'est meilleur pour mon moral et ma vision du monde. 

Donc, les swaps vont continuer, et je vais même progressivement les rouvrir aux nouvelles (si elles sont motivées) parce qu'un peu de sang neuf ne nous fera pas de mal, et aussi parce que je suis sûre qu'il y a de belles personnes à découvrir parmi elles. Un "petit" swap sera lancé le 1er février pour leur permettre de se faire connaître et, si tout se passe bien, de participer ensuite à des échanges plus importants. 

En contrepartie, chaque swapeuse, ancienne ou nouvelle, devra en s'inscrivant accepter la possibilité que sa binôme fasse défaut. Le risque est faible (3 occurrences sur une douzaine de swaps de 25 participantes en moyenne) mais néanmoins existant, et malgré tout le soin apporté à l'organisation, je n'ai aucun moyen de le prévenir. C'est la solution la plus juste que j'ai trouvée pour contenter un maximum de gens, moi y compris!

mercredi 15 janvier 2014

"Comment être heureux et le rester: augmentez votre bonheur de 40%"


Pourquoi "de 40%"? Parce que des études très sérieuses ont démontré que notre capacité au bonheur se décomposait ainsi: 
- Circonstances extérieures (nos conditions de vie matérielles, professionnelles, affectives...): 10%
- Capital de départ (nos prédispositions individuelles):50%
- Investissement personnel (la part sur laquelle nous pouvons influer): 40%

D'entrée de jeu, le ton est donné. C'est une approche scientifique que propose Sonja Lyubomirsky, fruit de ses recherches à l'université de Californie dont elle dirige le laboratoire de psychologie positive. A partir des multiples travaux réalisés dans ce domaine, elle a mis au point une méthode très "carrée", parfaite pour ceux qui tendent à se méfier du blabla New Age.

Elle commence par démonter un certain nombre de mythes au sujet du bonheur, expliquant les erreurs que commettent la plupart des gens et le passionnant phénomène d'adaptation hédonique. En gros: on s'habitue à tout, y compris à être heureux; voilà pourquoi il importe de rester conscient de sa chance, mais aussi de rechercher souvent de nouveaux stimuli.

Puis vient le moment des travaux pratiques. Le lecteur est invité à remplir un questionnaire qui, en un quart d'heure ou vingt minutes, lui permet d'identifier ses dispositions pour telle ou telle chose susceptible d'améliorer son niveau de bonheur. En fonction des résultats, il est invité à piocher dans une liste les activités qui seront les plus profitables pour lui. Douze d'entre elles sont détaillées à grands renforts d'exemples concrets, d'explications limpides et d'arguments qui donnent très envie de s'y mettre:

- exprimer sa gratitude
- cultiver l'optimisme
- éviter de trop réfléchir et de se comparer à autrui
- faire preuve de génériosité
- approfondir les liens sociaux
- s'entraîner à tenir le coup
- apprendre à pardonner
- capter le "flux" au quotidien
- goûter les plaisirs de la vie
- poursuivre des objectifs
- avoir une pratique spirituelle
- prendre soin de son corps

La dernière partie du livre explique comment prolonger les effets positifs de ces activités pour les transformer en bonheur durable.

Je m'intéresse au sujet du bonheur depuis des années. J'ai lu des tas d'ouvrages là-dessus; "Comment être heureux et le rester" est de très loin le plus clair et le plus complet qui me soit passé entre les mains. Extrêmement dense, bien écrit et argumenté, mais néanmoins accessible, il propose des stratégies faciles à mettre en oeuvre par n'importe qui. Pour moins de 7€, un investissement des plus rentables!

mardi 14 janvier 2014

Swap cocooning: le paquet que j'ai envoyé




Voici le contenu du paquet que Kleo a reçu ce matin:
- Quelque chose à lire: "Shä et Salomé: Jours de pluie", parce que c'est un petit bijou d'humour, de tendresse et de bienveillance qui donne envie de se blottir au coin du feu avec une tasse de thé ou de chocolat chaud. Comme il est épuisé chez l'éditeur, j'ai dû en traquer un exemplaire d'occasion en bon état! 
- Quelque chose qui se mange ou se boit: Plutôt que de choisir, j'ai pris les deux. Un pot de pâte à tartiner au chocolat noir New Tree, marque belge qui pratique le commerce équitable. Un sachet de Mo Li Yin Zhen Wang, le fabuleux thé blanc au jasmin du Nong Cha, et un échantillon de Nai Xiang Oolong à la surprenante texture "beurrée". 
- Quelque chose qui se met sur la peau: Un pot de crème nourrissante à la rose indienne et au miel de l'Himalaya de chez la marque néerlandaise Rituals pour ma swapée très enceinte qui ne cesse de se tartiner de crème hydratante. 
- Quelque chose qui se porte: Une écharpe crochetée main avec un fil mauve moucheté de rose, de blanc et de bleu, de la gamme Donegal Luxury Tweed Aran de chez Debbie Bliss. J'ai galéré assez longtemps pour trouver un modèle qui me plaisait et qui était approprié à ce fil. 
- Une carte illustrée de théières provenant de la boutique Etsy d'ahurie alias Anne Montel, la dessinatrice de "Shä et Salomé", histoire de boucler la boucle!

Et voici la réaction de Kleo:

Un grand merci pour ce magnifique colis que mon voisin vient de me remettre. Que dire, sinon que j'adore et que tu as mis la barre très haut ?
Je me souviens avoir lu ta critique de la BD et je suis très heureuse de la découvrir. Le thé me fait très envie, et je suis moi aussi l'heureuse propriétaire d'une théière en verre qui me permettra de découvrir ce thé façonné. La pâte à tartiner est un appel au crime, je ne dirai que ça (et j'aime beaucoup la marque Newtree). La crème sent divinement bon. Enfin, l'écharpe est super jolie, et ira bien avec l'un de mes manteaux... violet !

Maintenant, j'ai hâte de recevoir le mien!