mercredi 8 janvier 2014

"Le temps qui va, le temps qui vient"


"C'est non pas une coupe de saké mais un poisson à la main que l'on pénètre dans ce petit quartier commerçant de Tokyo. Car c'est surtout dans la boutique du poissonnier amateur de Cocteau que se rencontre la chaleueuse communauté de gens qui l'habitent. Chacun à son tour prend la parole dans une manière de fugue à la composition surprenante, à la fois très structurée et d'apparence aussi aléatoire que le hasard qui enchevêtre ces vies les unes aux autres. Il est question de solitude et de rencontres, de passions secrètes, de joies modestes mais délectables, et l'écriture ne se fait jamais plus légère que lorsqu'il s'ait d'évoquer les choses graves."

Avec Hiromi Kawakami, c'est un peu la loterie. "Les années douces" m'a enchantée, d'abord en roman puis dessiné par Jiro Taniguchi. J'ai beaucoup aimé "La brocante Nakano". En revanche, je n'ai pas dépassé les 30 premières pages de "Cette lumière qui vient de la mer", et j'ai abandonné "Manazuru" aux deux tiers. "Le temps qui va, le temps qui vient" se situe quelque part dans le ventre mou du classement. Si je l'ai lu très vite et sans déplaisir, j'en ai oublié la plupart des protagonistes sitôt que je l'ai refermé. Aucun d'eux n'a su m'intéresser avec son histoire, et je n'ai pas trouvé de pertinence aux rapports purement géographiques qui les unissent. Le quartier de Tokyo où l'action se déroule n'a pas d'atmosphère particulière, ni rien de franchement pittoresque ou attachant. Ca aurait pu être bien, et c'est juste très dispensable. 

mardi 7 janvier 2014

Kaizen, le magazine des initiatives positives


"Kaizen est un mot japonais qui signifie littéralement "changement bon". Mais c'est également une méthode: celle du changement par les petits pas. La perspective de changer brutalement, de passer du tout au tout, réveille nos peurs et attise nos résistances. Commencer par un petit pas, prendre courage, en faire un second puis une multitude, chaque jour, avec régularité, peut nous conduire aux plus grandes transformations. Cela s'est déjà vu dans l'histoire et c'est ce que nous espérons, à nouveau." 

Après avoir lu à la fin de l'édito cette petite explication qui faisait si bien écho à l'une de mes constatations récentes, je me suis sentie un peu obligée d'acheter le #12 de Kaizen, le magazine des initiatives positives

A l'intérieur de ce numéro de janvier-février 2014:
- Des reportages sur un poulailler collectif, sur les maisons de la semence qui tentent de contrer l'hégémonie de Monsanto et Cie, sur un supermarché collaboratif de Brooklyn qui devrait bientôt faire des petits en France, sur le travail du photographe naturaliste Vincent Munier, sur les "AMAP de la culture"
- Des questions de société: est-il plus écolo de vivre en ville ou à la campagne?, faut-il suivre le modèle suédois?, combien d'humains la Terre peut-elle supporter?
- Des articles sur  les bienfaits de l'amande, des graines germées ou des shiitake, tous trois assortis de plusieurs recettes
- Et une chronique de l'incontournable Pierre Rabhi. 

Sujets intéressants et variés, maquette sérieuse mais pas barbante, articles bien écrits et informatifs mais assez courts pour ne pas perdre le lecteur en route: Kaizen est un magazine formidable qui touche de très près mes préoccupations actuelles. Je me demande bien comment il avait échappé à mon attention jusqu'ici. 

lundi 6 janvier 2014

Idée de dernière minute




Dites, les gens de la région de Toulon, ça vous dirait de faire connaissance en vrai? Je me doute que vous n'êtes pas méga-nombreux, mais ça pourrait être sympa quand même. Un goûter samedi après-midi dans le centre-ville (à l'Aparté ou à la Théière, par exemple), ça tente quelqu'un?

"La vie rêvée de Walter Mitty"


Walter Mitty, employé au traitement des négatifs du magazine "Life", est un type parfaitement banal qui n'a jamais été nulle part ni accompli quoi que ce soit sortant de l'ordinaire. Ses exploits, il se contente de les rêver les yeux ouverts. Jusqu'au jour où "Life" est racheté et où un gestionnaire odieux commence à licencier à tour de bras. Pour sauver la couverture du dernier numéro papier - et son emploi du même coup -, Walter se lance à la poursuite de l'insaisissable photographe Sean O'Connell. Du Groenland au Yémen, il va vivre des aventures plus folles que tout ce qu'il a jamais imaginé...

Personne ne peut m'accuser d'être fan de Ben Stiller. Pourtant, la bande-annonce de ce film m'avait donné très envie de le voir. Deuxième ciné de l'année, deuxième excellente pioche. J'ai adoré "La vie rêvée de Walter Mitty" d'un bout à l'autre. Oui, le traitement du sujet est assez hollywoodien et quelque peu prévisible, mais pour une fois, ça n'a pas du tout entamé mon plaisir. L'histoire du mec timoré qui finit par se lancer malgré sa trouille, par sillonner la planète et faire des trucs complètement dingues, c'est un scénario qui fonctionne à mort avec moi - surtout quand il est traité de façon aussi jubilatoire. Deux scènes m'ont particulièrement transportée: la descente de la route islandaise déserte en skateboard et la partie de foot improvisée dans l'Himalaya, mais l'ensemble ne faiblit jamais. Touchant, drôle et inspirant, "La vie rêvée de Walter Mitty" donne envie de vaincre ses peurs, d'envoyer promener ce qui nous éteint, de prendre des risques pour vivre intensément. Deux heures et dix euros bien dépensés.

dimanche 5 janvier 2014

"Le rose et le noir" dans Wolvendael




Fin novembre, j'ai été contactée par une journaliste du magazine bruxellois Wolvendael qui avait aimé l'idée du challenge anti-morosité d'octobre. Son encart sur mon blog figure dans le numéro de janvier, visible en totalité ici

Merci à Stella de m'avoir signalé la parution, et à Leyciaan pour le lien. 

Où je m'épate toute seule




Hier après-midi, au lieu de faire les soldes qui avaient commencé l'avant-veille en Belgique, je suis allée nager au club de gym. 

Pour bien mesurer l'incongruité de cette phrase, il faut connaître mon historique d'accro du shopping (amplement documenté ici en son temps) et ma haine sidérale de l'eau. Il m'arrive de déclarer que je vais me doucher à 9h du matin, et de ne me résoudre à passer à l'action que vers 18h. Je rêve du jour où on inventera le lavage par ultrasons ou autre procédé encore sciencefictionnesque et où je n'aurai plus jamais, jamais à me mouiller pour le restant de ma vie.

Mais j'avais vraiment besoin de me bouger après les fêtes, et la raclette belle-familiale encore mal digérée de la veille m'avait fait louper le cours de Pilates de 11h. Donc, je pouvais aller jouer la sardine dans les magasins, et dépenser trop de sous pour des trucs dont je n'avais pas réellement besoin. Ou bien, je pouvais prendre mon courage à deux mains, enfiler mon maillot une pièce de l'autre et partir jouer le thon brûler quelques calories. 

J'ai jeté un coup d'oeil à l'horloge murale. Une demi-heure les 40 longueurs de piscine pas franchement olympique (en plus du quart d'heure d'exos d'aquagym). Laure Manaudou peut dormir sur ses deux oreilles: ses records sont en sécurité. Je nage un peu comme une grenouille désossée - rien de particulièrement gracieux ou efficace. Mais l'avantage, c'est que ça fait travailler tous mes embryons de muscles sans aucun risque de bobo. Et puis l'eau était chaude. Au lieu de ruminer par ennui, comme je le craignais, je me suis laissée absorber par le côté répétitif de la brasse qui m'a plongée dans un état quasi méditatif similaire à celui que j'expérimente en faisant du crochet. 

Je suis sortie de là très en forme, hyper fière de moi, le compte en banque intact et le contenu de mes placards stationnaire. Et je ne suis même pas passée à la boulangerie m'offrir un chausson aux pommes pour fêter ça (OK, essentiellement parce que je n'avais pas emporté mon porte-monnaie, mais c'est le résultat qui compte). Que du bénef'. 

La boîte d'Hortense de décembre


Avec un certain retard - voire un retard certain -, je viens vous présenter le contenu de la boîte d'Hortense de décembre, reçue juste avant mon départ en vacances:




Nous avons là:
- une boîte d'Earl Grey du Sri Lanka, bio et équitable, en sachets
- un paquet de thé de Noël bio en vrac: "La route des anges" de l'Heure Bleue (magasin bruxellois que je ne connais pas, sans doute parce qu'il se trouve dans un quartier où je ne vais jamais!), qui allie rooibos, bergamote, pêche, abricot, gingembre, cannelle, fenouil, réglisse, cardamome, vanille et écorce d'orange. 
- un paquet de tisane de Francis où se mélangent pomme, hibiscus, orange, papayer et fleur d'oranger, en vrac
- un sachet de speculoos Dandoy, les vrais de vrais
- un petit bol artisanal en céramique produit par l'atelier Ose la Terre, qui organise régulièrement des journées d'initiation à la poterie (mmmmh...)

Autant le dire tout de suite: à part le bol, je ne garderai rien de cette boîte. J'avais tout aimé des deux précédentes, mais là, entre le thé noir, le rooibos, la cannelle, le fenouil, la réglisse, l'hibiscus et le speculoos, c'est un festival de trucs que je déteste. Mais bon, je m'y attendais un peu en cette période de Noël. Les speculoos ont déjà fini dans un estomac ami, et le thé sera recueilli par une autre famille à qui je fais confiance pour ne pas le gaspiller. Pour janvier, j'espère très fort le retour du thé vert dans la boîte d'Hortense!

samedi 4 janvier 2014

Nouveaut(h)é: Blooming Tea "Honey peach" de Tea Trends


Depuis que je me suis offert une petite théière en verre, j'ai éclusé toutes les fleurs de thé blanc reçues dans des box. J'ai voulu en racheter, parce que je raffole du spectacle des "pétales" qui s'ouvrent dans l'eau chaude, et je me suis aperçue que c'était assez cher: dans les 5€ l'unité en moyenne. Pas anormal si l'on considère que les feuilles de thé sont assemblées à la main, mais tout de même un peu hors budget. Puis lors d'une visite chez Nature & Découvertes, j'ai découvert tout une gamme de fleurs de thé bio parfumées, vendues par 10 pour 24,95€. Ni la fraise, ni la vanille, ni le litchee, ni la mangue ne me tentaient beaucoup; par élimination, j'ai donc opté pour la pêche. 




Si la fleur fait son petit effet en s'ouvrant et présente un aspect très satisfaisant, la dégustation, en revanche, se révèle un peu décevante. Le goût manque décidément de subtilité - aussi bien côté thé que côté fruit. La morale de cette histoire, c'est qu'en matière de thé comme de fringues, mieux vaut mettre le prix une fois de temps en temps plutôt que de multiplier les ersatz!




vendredi 3 janvier 2014

Le surf de la bonne humeur #8




(Photos) La dose hebdomadaire d'animaux mignons - dont un mini Georges-Arthur

(Article) Quand les elfes s'opposent avec succès à la construction d'une autoroute en Islande

(Article + vidéo) L'altruiste mystérieux

(Vidéo) Les différentes façons de danser observées en boîte de nuit à Singapour

L'arbre qui n'aura pas froid cet hiver




Le groupe Yarn Bombing Bruxelles, dont je vous avais déjà montré l'installation réalisée devant la gare du Luxembourg, a également sévi sur la place Henri Conscience, à deux pas de notre ancien appartement de la rue Maes. Le tronc et une partie des branches de l'arbre central ont été enveloppés de carrés multicolores (dont un code QR que nous n'avons pas réussi à faire fonctionner), tout comme les poteaux des panneaux de signalisation alentour et même les barreaux de certaines fenêtres en sous-sol. 








Pour les géocacheurs qui aimeraient faire d'une pierre deux coups, il existe une très chouette cache sur les lieux: la Yarn Bombing near Museum of Ixelles. 

jeudi 2 janvier 2014

"The lunchbox"


Ila est femme au foyer à Mumbai. Chaque matin, elle cuisine pour son époux un déjeuner qu'un livreur lui apporte sur son lieu de travail. Elle met tout son amour dans ses plats, espérant ainsi reconquérir l'attention de cet homme qui la délaisse. Mais un jour, la boîte métallique à étages atterrit par erreur sur le bureau de Saajan. Consciencieux employé d'un service de réclamations, celui-ci est veuf et sur le point de partir à la retraite. Ila et lui entament une correspondance pleine des désillusions de la première et des conseils que le second lui prodigue de plus en plus volontiers...

Contrairement à l'une des citations qui figurent sur l'affiche, je n'aurais pas qualifié "The lunchbox" de comédie romantique tant il est à mille lieues des clichés hollywoodiens en la matière - et pas seulement à cause de l'exotisme de la culture indienne pour une Occidentale comme moi. C'est l'histoire de deux solitudes qui se rencontrent par hasard, se soutiennent mutuellement et se redonnent du courage. Ici, pas de décors qui en jettent, pas de musique kitsch, pas d'esbrouffe visuelle, pas de dialogues grandiloquents: juste les anecdotes d'un quotidien banal, quelques souvenirs tendres ou douloureux, des rêves à peine formulés, et surtout les émotions subtiles qui passent sur le visage des comédiens filmés en plans serrés. Le cinéma comme je l'aime, et comme j'en vois trop peu souvent.

Où je décide de me taire pendant un mois




Dans mes objectifs de cette année, il y a "apprendre à lâcher-prise". Quand j'ai écrit ça, je pensais à un type de situation bien particulier: celui où les gens n'agissent pas comme j'estime qu'ils devraient. Exemples: l'éditeur qui a encore oublié de me payer ce mois-ci et qui m'informe que du coup je vais devoir attendre le mois prochain (il est bien connu que je peux aisément suspendre le paiement de mes propres factures et cesser de manger pendant 4 semaines et demie), l'électricien qui ne vient pas au rendez-vous sans prévenir alors que j'ai organisé ma journée pour le recevoir, ma mère qui me tanne au sujet de mon alimentation pourtant dix fois plus saine que la sienne, mais aussi mes contacts Facebook qui parlent sans réfléchir et racontent des âneries plus grosses qu'eux. 

Dans ces cas-là, une répartie cinglante à souhait surgit immédiatement dans ma tête, et je dois lutter très fort pour la contenir. J'ai vécu assez longtemps pour comprendre que même lorsque j'ai raison, le faire remarquer d'une manière agressive ou humiliante ne me servira pas à long terme. N'empêche que ce qui m'apparaît comme de l'incompétence, du manque d'organisation, du je-m'en foutisme ou de la bêtise pure et simple continue trop souvent à me faire grimper aux murs. Combien de fois m'arrive-t-il encore de composer des mails incendiaires que je finis par effacer la rage au coeur? Combien de fois par jour me retiens-je de renvoyer dans leurs buts les auteurs de stupidités cosmiques? 

J'ai renoncé à agir sous le coup de la colère; désormais, je prends le temps nécessaire pour me calmer avant de composer une réponse ferme mais uniquement factuelle si nécessaire - et de laisser tomber dans le cas contraire. Néanmoins, la tentation subsiste. Pendant des heures, je remâche les arguments imparables qui me permettraient d'écrabouiller moralement l'impudent. Et ça ne sert à rien. C'est du pur gaspillage de temps et d'énergie. Comme me l'a fait remarquer Chouchou, souvent, les dysfonctionnements qui m'affectent ne résultent pas de la mauvaise volonté d'une personne, mais de la défaillance d'un système. Quant aux conneries que les gens profèrent parfois... il serait très étonnant que je n'en raconte pas aussi à l'occasion, sans m'en rendre compte. (On est toujours l'abruti ou le "les gens" de quelqu'un d'autre!)

Bref, si le problème du lâcher-prise semble vaste et complexe, et si en venir à bout est certainement un travail de longue haleine, j'ai décidé de l'attaquer par un exercice pratique tout simple. Pendant un mois, chaque fois que quelqu'un me causera du tort de manière non-intentionnelle, chaque fois que quelqu'un me gratifiera d'une opinion que je n'ai pas sollicitée ou se fourvoiera avec une assurance bruyante en ma présence, je me tairai. Sauf nécessité absolue, je ne m'autoriserai pas à réagir de quelque façon que ce soit. Et j'espère que cette obligation de silence me délivrera de la tentation des ruminations à n'en plus finir. Puisque je ne peux rien dire, à quoi bon peaufiner la répartie la plus assassine et me la réciter en boucle sur tous les tons pendant des heures? 

Je n'ai pas dit que ça marcherait. Mais il me semble que l'expérience vaut la peine d'être tentée... et documentée. 

mercredi 1 janvier 2014

Objectifs 2014


Illustration: Rik Verdru pour Plaizier


En 2014, mes gros chantiers personnels seront:
- Apprendre à lâcher-prise
- Développer une activité complémentaire
- Redécorer l'appartement de Monpatelin

Et j'ai l'intention de continuer à:
- Consolider mes finances
- Faire du sport régulièrement
- Diminuer la quantité de mes possessions

Côté voyages, j'aimerais:
- Retourner à Copenhague
- Aller passer quelques jours en Suisse
- Découvrir un endroit que je ne connais pas

En vrac sur ma to-do list: 
- Tenir un journal "Une phrase par jour"
- Prendre un cours de broderie
- Acheter un nouveau MacBook
- Organiser un challenge "Ménage de printemps"
- Tenter le récit dessiné en vignettes
- Changer de gynéco
- Participer à une activité du groupe de yarn bombing bruxellois
- Tester l'impression de Blurb books
- Faire établir un devis pour le changement de mes volets
- Récupérer les droits de mes anciennes traductions
- Assister à la Renegade Craft Fair de Londres
- Partir ailleurs pour Noël

Hop hop hop, au travail!

A nice, low-key New Year's Eve




Plus jeune, j'ai vécu quelques réveillons du Nouvel An exceptionnels, le genre d'événement dont on se souvient toute une vie. Le plus mémorable restera sans doute cette murder party dans un domaine viticole avec ma bande de potes rôlistes. Chaque participant s'incarnait lui-même 5 ans plus tard. A minuit, on s'apercevait qu'il n'y avait pas assez de place dans la chapelle millénaire pour tracer le pentacle nécessaire, et on se résignait à le faire dehors, chacun se cramant les mains afin de protéger la flamme de sa bougie et l'empêcher de s'éteindre. Good times. C'était au tout début des années 90, et les photos argentiques que j'ai prises ce soir-là sont toutes voilées de violet comme par l'intervention d'un esprit malin. 

Depuis, j'ai vieilli et subi quelques réveillons moins agréables. Une fois, à l'école d'aïkido du sensei de l'Homme-ce-chacal-jaune, minuit m'a trouvée barricadée dans les toilettes en train de lire loin de tous ces gens qui ne m'intéressaient pas le moins du monde (et de me faire engueuler à travers la porte pour ma sociopathie). J'ai fini par renoncer à fêter le Nouvel An. Un petit dîner en amoureux, une coupe de champ' et au lit de bonne heure pour attaquer janvier fraîche et dispose, me suis-je mise à prôner. Et même ces soirées intimes avec Chouchou se sont parfois soldées par des drames. Deux ou trois fois, nous avons commencé la nouvelle année fâchés à mort. Pas génial. 

Mais hier soir, nous avons commandé des plats thaï au Tom Yam: un assortiment d'entrées que nous nous sommes partagé, un canard aux crêpes pour moi et des crevettes à l'ail pour lui. A 18h45, nous commencions à manger devant "Gremlins", en hurlant de rire devant les déprédations perpétrées par les infernales bestioles et en grondant en choeur: "Gizmo, caca!". Bien sûr, j'ai eu une pensée pour mon père qui faisait une imitation de gremlin assez hilarante en son temps. Après une pause d'une heure, nous avons débouché l'excellente bouteille de champagne offerte par les ex-collègues de Chouchou, sorti du four deux tartes Tatin Picard individuelles, collé une boule de glace à la vanille dessus, et nous nous sommes de nouveau affalés sur le canapé, cette fois devant "Ramen Girl" dont Funambuline nous avait parlé dix jours plus tôt. C'était une comédie étrangement touchante, et nous l'avons beaucoup aimée tous les deux.

A 23h, nous étions de retour devant nos écrans. Je regardais défiler les messages sur la page Facebook d'Amanda Palmer pour qui 2013 a été particulièrement rude et qui déprimait toute seule à Boston. A moitié soûl après les deux tiers d'une flûte de blanc de blanc, Chouchou gloussait dans son coin: "Je suis plein de sucre et de bulles!". A minuit, on s'est fait des bisous en se disant: "Tu es ma personne préférée au monde". Et puis on a été gentiment se coucher, lui avec son iPad et moi avec mon bouquin en cours, pour n'émerger qu'à dix heures ce matin sous un ciel gris assez peu engageant. 2013 est morte, vive 2014!

Et vous, vous avez fait quoi pour le réveillon?

mardi 31 décembre 2013

Décembre 2013



Mes 7 objectifs de décembre: bilan





1. Poser mes intentions pour 2014
J'ai parlé ici du mot qui me guidera cette année. J'ai également dressé une liste d'objectifs généraux (dont je parlerai sans doute prochainement) et de sous-tâches à effectuer pour les atteindre. Je ne reprendrai pas le système du "7 trucs par mois", peu adapté pour gérer des projets complexes ou à long terme - d'autant que janvier et février s'annoncent très chargés niveau boulot et que je ne m'attends pas à pouvoir faire grand-chose de personnel avant mars. Du coup, je ne publierai pas mes intentions à chaque début de mois; je me contenterai de faire un petit bilan des choses accomplies à la fin. Ce sera le Victory Log.
Taux de réussite: 100%

2. Alimenter le défi de l'avent
Ca a été fait - un peu à l'arrache car j'ai décidé ça au dernier moment et eu peu de temps à y consacrer, mais ça a été fait.
Taux de réussite: 100%

3. Faire ma compta pro de novembre
C'est fait. L'an prochain, je vais tenter de garder la bonne habitude de m'en occuper mois par mois.
Taux de réussite: 100%

4. Purger mon étagère à thé
C'est fait, à Bruxelles comme à Monpatelin. Mais il me reste encore une quarantaine de variétés, ce qui me semble un peu beaucoup vu que j'en consomme régulièrement une dizaine, pas plus. Le but, donc, sera de faire baisser ce nombre en finissant les thés qui traînent depuis longtemps et en virant les boîtes métalliques correspondantes (argh).
Taux de réussite: 80%

5. Me débarrasser de tous mes échantillons de produits de beauté
C'est fait à Monpatelin, mais pas à Bruxelles où je n'ai jamais trouvé à la fois le temps et la motivation pour m'attaquer à cette corvée.
Taux de réussite: 30%

6. Réaliser une broderie classique
J'avais commandé un très joli patron aux Zuess. Il est arrivé sans le carbone nécessaire à son transfert sur la toile. Du coup, à la place, je me suis lancée dans un nouveau point de croix assez long. Mais ce n'est que partie remise à un moment où j'aurai plus de temps libre et moins de flemme.
Taux de réussite: 0%

7. ...et une écharpe légère au tricotin pour Chouchou
Finalement, après avoir trouvé un chouette fil ombré marine/rouge/prune/moutarde chez Veritas, j'ai décidé que ça donnerait mieux de le travailler avec un gros crochet. J'ai montré le résultat ici.
Taux de réussite: 100%

Autres accomplissements
- Un snood d'anniversaire au tricotin pour Funambuline
- Un ouvrage au crochet pour le swap cocooning

Ce mois de décembre a été très chargé niveau boulot, et comme je le disais plus haut, le début de 2014 le sera plus encore. Après, par contre... Le grand inconnu. C'est la première fois depuis au moins dix ans que mon planning professionnel n'est pas plein un an à l'avance. J'essaie de considérer ça comme une opportunité plutôt que comme une source d'angoisse.

lundi 30 décembre 2013

Christmas holidays




EasyJet c'est quand même le top en matière d'organisation, le taxi qui pendant deux ans a conduit mon père à ses séances de radio et de chimiothérapie vient nous chercher à l'aéroport de Blagnac, le chat de ma mère s'est changé en veau roux depuis qu'on l'a stérilisé, Marika m'a envoyé une ravissante boîte de thé rétro à trois étages, il y a d'étranges bouquets de tiges rouges géantes sur la place du Capitole et des saynètes parfaitement creepy dans le passage qui traverse le bâtiment, Chouchou s'approvisionne au Paradis Gourmet en sardines hors de prix pour son petit-déj', les vitrines du magasin Repetto sont vraiment chouettes, Tata Bidule fait le meilleur cheesecake que j'aie mangé de ce côté de l'Atlantique, le "Chute libre" de mademoiselle Caroline est franchement excellent, j'entame un gros point de croix cthulhuesque, incroyable: à 44 ans, Fanfan est papa pour la première fois, une salière qui fait aussi lampe-torche c'est original, ma famille réveillonne à la choucroute (et moi à la cassolette de Saint-Jacques), les Têtes à Claques me laissent de marbre, la nuit je rêve de Benedict Cumberbatch, mon beau-frère monopolise l'hélicoptère télécommandé que le Père Noël a apporté à Cahouète, Attila reçoit son premier téléphone portable, "Casse-tête chinois" est très exactement ce à quoi je m'attendais, "Mais tu n'as pas peur d'avoir des carences?" is the new "Mais pourquoi tu ne veux pas d'enfants?", ma mère pleure de trouille à l'idée d'aller passer sa prochaine mammo, un chanteur mort rend hommage à un chanteur vivant, ce chat me dégoûterait presque de la gent féline, "C'est bientôt Noël, on est des fruits tout nus, la neige tombe du ciel et ON SE PELE LE CUL!", comment s'appelle donc la jolie plante posée sur le comptoir du Motchiya?, des nains de jardin coulés dans des blocs de béton montent la garde sur l'expo Plonk & Replonk, on pénètre dans cette parfumerie très chic au péril de ses yeux et de son odorat, La Mucca ne vend plus le type de carnet dont j'ai besoin, Nekkonezumi louche très joliment dans sa tasse de Ceylan, ces mômes de 11 ans cuisinent mieux que moi, je dois absolument retourner chercher la jolie tasse à pois multicolores, la porte coulissante de chez Hugo Boss reste obstinément fermée devant nous comme si elle devinait qu'on n'a aucune intention d'acheter quoi que ce soit à l'intérieur, vingt personnes au moins attendent sous la pluie devant chez Bapz, "Ah on était justement en train de vous mettre un mot sur Facebook" s'exclament les deux serveuses de chez Tata Bidule en me voyant entrer, j'aurais dû commander un bagel végétarien, la pomponette familiale fait un vol plané et répand tous ses grains de sucre dans le hall de la Fnac, pitié que quelqu'un explique à Muriel Robin qu'ELLE NE SAIT PAS CHANTER, l'écharpe à largeur variable c'est un concept, occupons-nous agréablement en attendant que la salle de bain soit à la bonne température, un apéro improvisé avec le reste du champagne de Noël et des Tuc saveur chorizo, oui Maman nous connaissons déjà le coupable dans "The Bletchley Circle", Chouchou ton sweat à capuche sècherait mieux si tu allumais le radiateur sur lequel tu l'as posé, l'avantage de ne presque plus faire de shopping c'est que je suis sûre d'arriver à fermer la valise au retour, pourvu que la Polo plus vieille qu'Attila ne rende pas son dernier soupir avant l'aéroport!

Le Salon d'Eugénie





Vendredi, après un formidable déjeuner de maki au Motchiya et une petite promenade dans les rues du centre-ville, la pétillante Nekkonezumi, Chouchou et moi-même décidons qu'une pause rafraîchissement s'impose. Aux abords de La Mucca où je viens de faire quelques emplettes, un salon de thé à la mine sympathique nous fait justement de l'oeil...




Rapidement, un problème se pose. Les gâteaux ont tous l'air délicieux, mais aucun de nous trois n'a plus faim. Tant pis: au nom de la curiosité gastronomique, nous ignorons les suppliques de notre estomac. Crumble aux fruits rouges, tarte aux abricots façon crumble et fromage blanc à la crème de marrons accompagnent donc respectivement notre Ceylan, notre Darjeeling Himalaya et notre Montagne Verte (Sencha à la rhubarbe et à la fraise). Nous sommes restés relativement sobres, mais dans la vitrine et dans l'assiette du monsieur de la table voisine, on peut admirer d'extravagants monticules de génoise, de fruits, de crème et de Dieu sait quoi d'autre. 




Le thé est servi dans de la porcelaine à l'anglaise. A raison d'un litre par personne, aucun de nous trois ne finira le sien, mais j'imagine que ce serait idéal pour quelqu'un qui voudrait passer l'après-midi à bouquiner dans une table de coin, d'autant que l'atmosphère est plutôt chaleureuse et la salle pas particulièrement bruyante malgré l'affluence. Quant aux prix, à 4,30€ la très grosse part de gâteau, je les trouve tout à fait raisonnables. 




En sortant, j'ai un énorme coup de coeur pour cette théière ornée de gros points d'aquarelle et sa tasse assortie. Je me dis que j'ai déjà beaucoup trop de théières et de tasses, mais plus tard, je regrette quand même. Du coup, je repasse m'offrir la tasse le lendemain...




16 rue des Lois
31000 TOULOUSE

dimanche 29 décembre 2013

L'écharpe légère pour Chouchou




Chouchou m'avait réclamé une écharpe plus légère que celle que je lui avais faite il y a deux ans. J'ai tout de suite pensé "Tricotin". Il a précisé "Je veux des rayures verticales". Du coup, c'était beaucoup plus simple de faire ça au crochet. Mais impossible de trouver un modèle qui me plaisait. Et au final, j'ai craqué sur cette laine multicolore de chez Veritas. Sayonara les rayures. J'ai testé différents patrons unis avec un crochet n°6 (celui qui était préconisé par le fabricant): tout était trop raide. Puis j'ai eu l'idée d'utiliser un crochet n°9 pour obtenir un résultat joliment lâche et aéré. J'ai pris ce patron au point granit, que j'ai adapté en 22 mailles chaînettes de base au lieu des 26 indiquées pour ne pas que l'écharpe soit trop large. 8 heures de travail et un peu moins de 3 pelotes plus tard, voilà le résultat: 



Lectures 4ème trimestre 2013



ROMANS EN FRANCAIS 
Avant d'aller dormir (S.J. Watson) 
- Et que le vaste monde poursuive sa course folle (Calum McCann)
- Et devant moi le monde (Joyce Maynard)
- Tartes aux pommes et fin du monde (Guillaume Siaudeau) 
L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (Romain Puértolas) 
L'éveil de mademoiselle Prim (Natalia Sanmartin Fenollera) 
Les petits pains de la pleine lune (Gu Byeong-mo) 
Esprit d'hiver (Laura Kasischke) 
Lady Hunt (Hélène Frappat) 

ROMANS EN ANGLAIS
- Sherry Cracker gets normal (DJ Connell)
Instructions for a heatwave (Maggie O'Farrell)  
- Miss Pettigrew lives for a day (Winifred Watson)
- The herring in the library (L.C. Tyler) 
Deeply Odd (Dean Koontz) 
The ocean at the end of the lane (Neil Gaiman) 
- Love saves the day (Gwen Cooper) 
- A tale for the time being (Ruth Ozeki)

BEDE EUROPEENNE & COMICS
- Bourrasques et accalmies (Sempé) 
- La liste des choses qui existent (Cathon/Iris)
- Notes T8: "Les 24 heures" (Boulet) 
Les carnets de Cerise T2: "Le livre d'Hector" (J. Chamblain/A. Neyret)  
- Une nuit à Rome, livre 2 (Jim) 
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes? (Zidrou/Roger) 
Little fish (Ramsey Beyer) 
- Chute libre: carnets du gouffre (Mademoiselle Caroline) 
- Tout se mérite (Voutch) 

MANGA
- Parapal T1 et 2 (Takumi Ishida) 

DIVERS
- Comment être heureux et le rester (Sonja Lyubomirski) 
Andrea's book, carnets du quotidien (Andrea Joseph) 

* désigne un livre que j'avais déjà lu précédemment
Une totale absence de ♥ signifie que je n'ai même pas terminé le livre en question.
Je n'inclus pas dans cette liste les livres sur lesquels je travaille.