jeudi 2 janvier 2014

"The lunchbox"


Ila est femme au foyer à Mumbai. Chaque matin, elle cuisine pour son époux un déjeuner qu'un livreur lui apporte sur son lieu de travail. Elle met tout son amour dans ses plats, espérant ainsi reconquérir l'attention de cet homme qui la délaisse. Mais un jour, la boîte métallique à étages atterrit par erreur sur le bureau de Saajan. Consciencieux employé d'un service de réclamations, celui-ci est veuf et sur le point de partir à la retraite. Ila et lui entament une correspondance pleine des désillusions de la première et des conseils que le second lui prodigue de plus en plus volontiers...

Contrairement à l'une des citations qui figurent sur l'affiche, je n'aurais pas qualifié "The lunchbox" de comédie romantique tant il est à mille lieues des clichés hollywoodiens en la matière - et pas seulement à cause de l'exotisme de la culture indienne pour une Occidentale comme moi. C'est l'histoire de deux solitudes qui se rencontrent par hasard, se soutiennent mutuellement et se redonnent du courage. Ici, pas de décors qui en jettent, pas de musique kitsch, pas d'esbrouffe visuelle, pas de dialogues grandiloquents: juste les anecdotes d'un quotidien banal, quelques souvenirs tendres ou douloureux, des rêves à peine formulés, et surtout les émotions subtiles qui passent sur le visage des comédiens filmés en plans serrés. Le cinéma comme je l'aime, et comme j'en vois trop peu souvent.

Où je décide de me taire pendant un mois




Dans mes objectifs de cette année, il y a "apprendre à lâcher-prise". Quand j'ai écrit ça, je pensais à un type de situation bien particulier: celui où les gens n'agissent pas comme j'estime qu'ils devraient. Exemples: l'éditeur qui a encore oublié de me payer ce mois-ci et qui m'informe que du coup je vais devoir attendre le mois prochain (il est bien connu que je peux aisément suspendre le paiement de mes propres factures et cesser de manger pendant 4 semaines et demie), l'électricien qui ne vient pas au rendez-vous sans prévenir alors que j'ai organisé ma journée pour le recevoir, ma mère qui me tanne au sujet de mon alimentation pourtant dix fois plus saine que la sienne, mais aussi mes contacts Facebook qui parlent sans réfléchir et racontent des âneries plus grosses qu'eux. 

Dans ces cas-là, une répartie cinglante à souhait surgit immédiatement dans ma tête, et je dois lutter très fort pour la contenir. J'ai vécu assez longtemps pour comprendre que même lorsque j'ai raison, le faire remarquer d'une manière agressive ou humiliante ne me servira pas à long terme. N'empêche que ce qui m'apparaît comme de l'incompétence, du manque d'organisation, du je-m'en foutisme ou de la bêtise pure et simple continue trop souvent à me faire grimper aux murs. Combien de fois m'arrive-t-il encore de composer des mails incendiaires que je finis par effacer la rage au coeur? Combien de fois par jour me retiens-je de renvoyer dans leurs buts les auteurs de stupidités cosmiques? 

J'ai renoncé à agir sous le coup de la colère; désormais, je prends le temps nécessaire pour me calmer avant de composer une réponse ferme mais uniquement factuelle si nécessaire - et de laisser tomber dans le cas contraire. Néanmoins, la tentation subsiste. Pendant des heures, je remâche les arguments imparables qui me permettraient d'écrabouiller moralement l'impudent. Et ça ne sert à rien. C'est du pur gaspillage de temps et d'énergie. Comme me l'a fait remarquer Chouchou, souvent, les dysfonctionnements qui m'affectent ne résultent pas de la mauvaise volonté d'une personne, mais de la défaillance d'un système. Quant aux conneries que les gens profèrent parfois... il serait très étonnant que je n'en raconte pas aussi à l'occasion, sans m'en rendre compte. (On est toujours l'abruti ou le "les gens" de quelqu'un d'autre!)

Bref, si le problème du lâcher-prise semble vaste et complexe, et si en venir à bout est certainement un travail de longue haleine, j'ai décidé de l'attaquer par un exercice pratique tout simple. Pendant un mois, chaque fois que quelqu'un me causera du tort de manière non-intentionnelle, chaque fois que quelqu'un me gratifiera d'une opinion que je n'ai pas sollicitée ou se fourvoiera avec une assurance bruyante en ma présence, je me tairai. Sauf nécessité absolue, je ne m'autoriserai pas à réagir de quelque façon que ce soit. Et j'espère que cette obligation de silence me délivrera de la tentation des ruminations à n'en plus finir. Puisque je ne peux rien dire, à quoi bon peaufiner la répartie la plus assassine et me la réciter en boucle sur tous les tons pendant des heures? 

Je n'ai pas dit que ça marcherait. Mais il me semble que l'expérience vaut la peine d'être tentée... et documentée. 

mercredi 1 janvier 2014

Objectifs 2014


Illustration: Rik Verdru pour Plaizier


En 2014, mes gros chantiers personnels seront:
- Apprendre à lâcher-prise
- Développer une activité complémentaire
- Redécorer l'appartement de Monpatelin

Et j'ai l'intention de continuer à:
- Consolider mes finances
- Faire du sport régulièrement
- Diminuer la quantité de mes possessions

Côté voyages, j'aimerais:
- Retourner à Copenhague
- Aller passer quelques jours en Suisse
- Découvrir un endroit que je ne connais pas

En vrac sur ma to-do list: 
- Tenir un journal "Une phrase par jour"
- Prendre un cours de broderie
- Acheter un nouveau MacBook
- Organiser un challenge "Ménage de printemps"
- Tenter le récit dessiné en vignettes
- Changer de gynéco
- Participer à une activité du groupe de yarn bombing bruxellois
- Tester l'impression de Blurb books
- Faire établir un devis pour le changement de mes volets
- Récupérer les droits de mes anciennes traductions
- Assister à la Renegade Craft Fair de Londres
- Partir ailleurs pour Noël

Hop hop hop, au travail!

A nice, low-key New Year's Eve




Plus jeune, j'ai vécu quelques réveillons du Nouvel An exceptionnels, le genre d'événement dont on se souvient toute une vie. Le plus mémorable restera sans doute cette murder party dans un domaine viticole avec ma bande de potes rôlistes. Chaque participant s'incarnait lui-même 5 ans plus tard. A minuit, on s'apercevait qu'il n'y avait pas assez de place dans la chapelle millénaire pour tracer le pentacle nécessaire, et on se résignait à le faire dehors, chacun se cramant les mains afin de protéger la flamme de sa bougie et l'empêcher de s'éteindre. Good times. C'était au tout début des années 90, et les photos argentiques que j'ai prises ce soir-là sont toutes voilées de violet comme par l'intervention d'un esprit malin. 

Depuis, j'ai vieilli et subi quelques réveillons moins agréables. Une fois, à l'école d'aïkido du sensei de l'Homme-ce-chacal-jaune, minuit m'a trouvée barricadée dans les toilettes en train de lire loin de tous ces gens qui ne m'intéressaient pas le moins du monde (et de me faire engueuler à travers la porte pour ma sociopathie). J'ai fini par renoncer à fêter le Nouvel An. Un petit dîner en amoureux, une coupe de champ' et au lit de bonne heure pour attaquer janvier fraîche et dispose, me suis-je mise à prôner. Et même ces soirées intimes avec Chouchou se sont parfois soldées par des drames. Deux ou trois fois, nous avons commencé la nouvelle année fâchés à mort. Pas génial. 

Mais hier soir, nous avons commandé des plats thaï au Tom Yam: un assortiment d'entrées que nous nous sommes partagé, un canard aux crêpes pour moi et des crevettes à l'ail pour lui. A 18h45, nous commencions à manger devant "Gremlins", en hurlant de rire devant les déprédations perpétrées par les infernales bestioles et en grondant en choeur: "Gizmo, caca!". Bien sûr, j'ai eu une pensée pour mon père qui faisait une imitation de gremlin assez hilarante en son temps. Après une pause d'une heure, nous avons débouché l'excellente bouteille de champagne offerte par les ex-collègues de Chouchou, sorti du four deux tartes Tatin Picard individuelles, collé une boule de glace à la vanille dessus, et nous nous sommes de nouveau affalés sur le canapé, cette fois devant "Ramen Girl" dont Funambuline nous avait parlé dix jours plus tôt. C'était une comédie étrangement touchante, et nous l'avons beaucoup aimée tous les deux.

A 23h, nous étions de retour devant nos écrans. Je regardais défiler les messages sur la page Facebook d'Amanda Palmer pour qui 2013 a été particulièrement rude et qui déprimait toute seule à Boston. A moitié soûl après les deux tiers d'une flûte de blanc de blanc, Chouchou gloussait dans son coin: "Je suis plein de sucre et de bulles!". A minuit, on s'est fait des bisous en se disant: "Tu es ma personne préférée au monde". Et puis on a été gentiment se coucher, lui avec son iPad et moi avec mon bouquin en cours, pour n'émerger qu'à dix heures ce matin sous un ciel gris assez peu engageant. 2013 est morte, vive 2014!

Et vous, vous avez fait quoi pour le réveillon?

mardi 31 décembre 2013

Décembre 2013



Mes 7 objectifs de décembre: bilan





1. Poser mes intentions pour 2014
J'ai parlé ici du mot qui me guidera cette année. J'ai également dressé une liste d'objectifs généraux (dont je parlerai sans doute prochainement) et de sous-tâches à effectuer pour les atteindre. Je ne reprendrai pas le système du "7 trucs par mois", peu adapté pour gérer des projets complexes ou à long terme - d'autant que janvier et février s'annoncent très chargés niveau boulot et que je ne m'attends pas à pouvoir faire grand-chose de personnel avant mars. Du coup, je ne publierai pas mes intentions à chaque début de mois; je me contenterai de faire un petit bilan des choses accomplies à la fin. Ce sera le Victory Log.
Taux de réussite: 100%

2. Alimenter le défi de l'avent
Ca a été fait - un peu à l'arrache car j'ai décidé ça au dernier moment et eu peu de temps à y consacrer, mais ça a été fait.
Taux de réussite: 100%

3. Faire ma compta pro de novembre
C'est fait. L'an prochain, je vais tenter de garder la bonne habitude de m'en occuper mois par mois.
Taux de réussite: 100%

4. Purger mon étagère à thé
C'est fait, à Bruxelles comme à Monpatelin. Mais il me reste encore une quarantaine de variétés, ce qui me semble un peu beaucoup vu que j'en consomme régulièrement une dizaine, pas plus. Le but, donc, sera de faire baisser ce nombre en finissant les thés qui traînent depuis longtemps et en virant les boîtes métalliques correspondantes (argh).
Taux de réussite: 80%

5. Me débarrasser de tous mes échantillons de produits de beauté
C'est fait à Monpatelin, mais pas à Bruxelles où je n'ai jamais trouvé à la fois le temps et la motivation pour m'attaquer à cette corvée.
Taux de réussite: 30%

6. Réaliser une broderie classique
J'avais commandé un très joli patron aux Zuess. Il est arrivé sans le carbone nécessaire à son transfert sur la toile. Du coup, à la place, je me suis lancée dans un nouveau point de croix assez long. Mais ce n'est que partie remise à un moment où j'aurai plus de temps libre et moins de flemme.
Taux de réussite: 0%

7. ...et une écharpe légère au tricotin pour Chouchou
Finalement, après avoir trouvé un chouette fil ombré marine/rouge/prune/moutarde chez Veritas, j'ai décidé que ça donnerait mieux de le travailler avec un gros crochet. J'ai montré le résultat ici.
Taux de réussite: 100%

Autres accomplissements
- Un snood d'anniversaire au tricotin pour Funambuline
- Un ouvrage au crochet pour le swap cocooning

Ce mois de décembre a été très chargé niveau boulot, et comme je le disais plus haut, le début de 2014 le sera plus encore. Après, par contre... Le grand inconnu. C'est la première fois depuis au moins dix ans que mon planning professionnel n'est pas plein un an à l'avance. J'essaie de considérer ça comme une opportunité plutôt que comme une source d'angoisse.

lundi 30 décembre 2013

Christmas holidays




EasyJet c'est quand même le top en matière d'organisation, le taxi qui pendant deux ans a conduit mon père à ses séances de radio et de chimiothérapie vient nous chercher à l'aéroport de Blagnac, le chat de ma mère s'est changé en veau roux depuis qu'on l'a stérilisé, Marika m'a envoyé une ravissante boîte de thé rétro à trois étages, il y a d'étranges bouquets de tiges rouges géantes sur la place du Capitole et des saynètes parfaitement creepy dans le passage qui traverse le bâtiment, Chouchou s'approvisionne au Paradis Gourmet en sardines hors de prix pour son petit-déj', les vitrines du magasin Repetto sont vraiment chouettes, Tata Bidule fait le meilleur cheesecake que j'aie mangé de ce côté de l'Atlantique, le "Chute libre" de mademoiselle Caroline est franchement excellent, j'entame un gros point de croix cthulhuesque, incroyable: à 44 ans, Fanfan est papa pour la première fois, une salière qui fait aussi lampe-torche c'est original, ma famille réveillonne à la choucroute (et moi à la cassolette de Saint-Jacques), les Têtes à Claques me laissent de marbre, la nuit je rêve de Benedict Cumberbatch, mon beau-frère monopolise l'hélicoptère télécommandé que le Père Noël a apporté à Cahouète, Attila reçoit son premier téléphone portable, "Casse-tête chinois" est très exactement ce à quoi je m'attendais, "Mais tu n'as pas peur d'avoir des carences?" is the new "Mais pourquoi tu ne veux pas d'enfants?", ma mère pleure de trouille à l'idée d'aller passer sa prochaine mammo, un chanteur mort rend hommage à un chanteur vivant, ce chat me dégoûterait presque de la gent féline, "C'est bientôt Noël, on est des fruits tout nus, la neige tombe du ciel et ON SE PELE LE CUL!", comment s'appelle donc la jolie plante posée sur le comptoir du Motchiya?, des nains de jardin coulés dans des blocs de béton montent la garde sur l'expo Plonk & Replonk, on pénètre dans cette parfumerie très chic au péril de ses yeux et de son odorat, La Mucca ne vend plus le type de carnet dont j'ai besoin, Nekkonezumi louche très joliment dans sa tasse de Ceylan, ces mômes de 11 ans cuisinent mieux que moi, je dois absolument retourner chercher la jolie tasse à pois multicolores, la porte coulissante de chez Hugo Boss reste obstinément fermée devant nous comme si elle devinait qu'on n'a aucune intention d'acheter quoi que ce soit à l'intérieur, vingt personnes au moins attendent sous la pluie devant chez Bapz, "Ah on était justement en train de vous mettre un mot sur Facebook" s'exclament les deux serveuses de chez Tata Bidule en me voyant entrer, j'aurais dû commander un bagel végétarien, la pomponette familiale fait un vol plané et répand tous ses grains de sucre dans le hall de la Fnac, pitié que quelqu'un explique à Muriel Robin qu'ELLE NE SAIT PAS CHANTER, l'écharpe à largeur variable c'est un concept, occupons-nous agréablement en attendant que la salle de bain soit à la bonne température, un apéro improvisé avec le reste du champagne de Noël et des Tuc saveur chorizo, oui Maman nous connaissons déjà le coupable dans "The Bletchley Circle", Chouchou ton sweat à capuche sècherait mieux si tu allumais le radiateur sur lequel tu l'as posé, l'avantage de ne presque plus faire de shopping c'est que je suis sûre d'arriver à fermer la valise au retour, pourvu que la Polo plus vieille qu'Attila ne rende pas son dernier soupir avant l'aéroport!

Le Salon d'Eugénie





Vendredi, après un formidable déjeuner de maki au Motchiya et une petite promenade dans les rues du centre-ville, la pétillante Nekkonezumi, Chouchou et moi-même décidons qu'une pause rafraîchissement s'impose. Aux abords de La Mucca où je viens de faire quelques emplettes, un salon de thé à la mine sympathique nous fait justement de l'oeil...




Rapidement, un problème se pose. Les gâteaux ont tous l'air délicieux, mais aucun de nous trois n'a plus faim. Tant pis: au nom de la curiosité gastronomique, nous ignorons les suppliques de notre estomac. Crumble aux fruits rouges, tarte aux abricots façon crumble et fromage blanc à la crème de marrons accompagnent donc respectivement notre Ceylan, notre Darjeeling Himalaya et notre Montagne Verte (Sencha à la rhubarbe et à la fraise). Nous sommes restés relativement sobres, mais dans la vitrine et dans l'assiette du monsieur de la table voisine, on peut admirer d'extravagants monticules de génoise, de fruits, de crème et de Dieu sait quoi d'autre. 




Le thé est servi dans de la porcelaine à l'anglaise. A raison d'un litre par personne, aucun de nous trois ne finira le sien, mais j'imagine que ce serait idéal pour quelqu'un qui voudrait passer l'après-midi à bouquiner dans une table de coin, d'autant que l'atmosphère est plutôt chaleureuse et la salle pas particulièrement bruyante malgré l'affluence. Quant aux prix, à 4,30€ la très grosse part de gâteau, je les trouve tout à fait raisonnables. 




En sortant, j'ai un énorme coup de coeur pour cette théière ornée de gros points d'aquarelle et sa tasse assortie. Je me dis que j'ai déjà beaucoup trop de théières et de tasses, mais plus tard, je regrette quand même. Du coup, je repasse m'offrir la tasse le lendemain...




16 rue des Lois
31000 TOULOUSE

dimanche 29 décembre 2013

L'écharpe légère pour Chouchou




Chouchou m'avait réclamé une écharpe plus légère que celle que je lui avais faite il y a deux ans. J'ai tout de suite pensé "Tricotin". Il a précisé "Je veux des rayures verticales". Du coup, c'était beaucoup plus simple de faire ça au crochet. Mais impossible de trouver un modèle qui me plaisait. Et au final, j'ai craqué sur cette laine multicolore de chez Veritas. Sayonara les rayures. J'ai testé différents patrons unis avec un crochet n°6 (celui qui était préconisé par le fabricant): tout était trop raide. Puis j'ai eu l'idée d'utiliser un crochet n°9 pour obtenir un résultat joliment lâche et aéré. J'ai pris ce patron au point granit, que j'ai adapté en 22 mailles chaînettes de base au lieu des 26 indiquées pour ne pas que l'écharpe soit trop large. 8 heures de travail et un peu moins de 3 pelotes plus tard, voilà le résultat: 



Lectures 4ème trimestre 2013



ROMANS EN FRANCAIS 
Avant d'aller dormir (S.J. Watson) 
- Et que le vaste monde poursuive sa course folle (Calum McCann)
- Et devant moi le monde (Joyce Maynard)
- Tartes aux pommes et fin du monde (Guillaume Siaudeau) 
L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (Romain Puértolas) 
L'éveil de mademoiselle Prim (Natalia Sanmartin Fenollera) 
Les petits pains de la pleine lune (Gu Byeong-mo) 
Esprit d'hiver (Laura Kasischke) 
Lady Hunt (Hélène Frappat) 

ROMANS EN ANGLAIS
- Sherry Cracker gets normal (DJ Connell)
Instructions for a heatwave (Maggie O'Farrell)  
- Miss Pettigrew lives for a day (Winifred Watson)
- The herring in the library (L.C. Tyler) 
Deeply Odd (Dean Koontz) 
The ocean at the end of the lane (Neil Gaiman) 
- Love saves the day (Gwen Cooper) 
- A tale for the time being (Ruth Ozeki)

BEDE EUROPEENNE & COMICS
- Bourrasques et accalmies (Sempé) 
- La liste des choses qui existent (Cathon/Iris)
- Notes T8: "Les 24 heures" (Boulet) 
Les carnets de Cerise T2: "Le livre d'Hector" (J. Chamblain/A. Neyret)  
- Une nuit à Rome, livre 2 (Jim) 
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes? (Zidrou/Roger) 
Little fish (Ramsey Beyer) 
- Chute libre: carnets du gouffre (Mademoiselle Caroline) 
- Tout se mérite (Voutch) 

MANGA
- Parapal T1 et 2 (Takumi Ishida) 

DIVERS
- Comment être heureux et le rester (Sonja Lyubomirski) 
Andrea's book, carnets du quotidien (Andrea Joseph) 

* désigne un livre que j'avais déjà lu précédemment
Une totale absence de ♥ signifie que je n'ai même pas terminé le livre en question.
Je n'inclus pas dans cette liste les livres sur lesquels je travaille.

samedi 28 décembre 2013

Note de service


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"Love saves the day"


Prudence, petite chatte tigrée trouvée dans un terrain vague, partage une vie heureuse et pleine de musique avec Sarah, sa Personne La Plus Importante, dans un quartier populaire de New York. Jusqu'au jour où Sarah ne rentre pas et où Laura, la fille avec qui elle avait des rapports tendus, vient vider son appartement. Bien qu'un peu réticente initialement, cette avocate carriériste emmène Prudence dans les beaux quartiers où elle s'est installée avec Josh, son mari tout neuf. Sarah avait dit un jour à Prudence qu'il fallait se souvenir des gens très fort pour les garder avec soi; alors, Prudence se retranche au milieu des quelques cartons qui contiennent les affaires marquées de l'odeur de Sarah dans l'espoir de la faire revenir... 

Ce livre choisi un peu au hasard chez Sterling Books parce que sa couverture avait attiré mon regard est définitivement ma grosse bonne surprise de fin d'année. Ne vous fiez pas au titre qui laisse présager un quotient cucuterie stratosphérique. Oui, "Love Saves the Day" est plein de bons sentiments, mais de ceux qui remuent en profondeur au lieu de rester dans la guimauve superficielle. Avec une tendresse immense, il parle d'un amour mère-fille brisé par un drame social puis par des années d'incompréhension; il parle de la douleur du deuil, mais aussi de son apaisement et des ponts qui peuvent être tissés par-delà la mort; il parle de lâcher prise et de trouver son chemin dans des circonstances difficiles. En prime, une chouette peinture des quartiers populaires de New York dans les années 70 et les réflexions souvent très drôles de Prudence sur la manière dont il convient de dresser les humains. Même quand c'est triste, ça fait du bien.

vendredi 27 décembre 2013

Ma Boîte à Beauté de décembre




Comme j'ai été très, très sage niveau achats de cosmétiques toute cette année, j'avais décidé de m'offrir la Boîte à Beauté de décembre. Je rappelle le principe: 120€ de produits de beauté bio dans une boîte qui en coûte 29 (plus 3€ de frais de port). J'avais déjà commandé deux des précédentes éditions, et j'avais été ravie de découvrir de nouvelles marques "de niche" dans des formats qui, contrairement à ceux des box beauté classiques, ne me donnaient pas l'impression d'être prise pour une pigeonne. 

Cette fois, Ma Boîte à Beauté contenait, dans un pochon satiné rouge et or:
- Eclat des Songes, poudre scintillante parfumée corps et cheveux (KOS). Pas du tout le genre de produit que j'utilise. 
- Repulp Gloss, gloss repulpant (Elite). Ca non plus. 
- Eau de toilette Fleur d'Oranger (Solinotes). La fleur d'oranger est la seule odeur que je supporte; donc j'ai déjà quatre flacons de ce genre d'eau parfumée dans des marques différentes. 
- Vinésime, paillettes de bain au Chardonnay (Bourgogne beauté). Je ne suis guère amatrice de produits de bain, et l'idée de faire trempette dans une baignoire aux effluves de vin blanc ne me tente pas du tout. 
- Extreme Care, baume réparateur lèvres aux baies polaires (Polaar). Je n'utilise pas de baume à lèvres.
- Crème mains miel-amande (Terre des Sens). Ni de crème pour les mains. 
- Crème nourrissante à l'extrait naturel de scutellaire alpine (Laboratoires Saint-Gervais), pour peaux sensibles, sèches ou très sèches. J'ai la peau sensible mais plutôt grasse, du coup, je ne vais pas oser essayer. 
- Gommage corps ressourçant à la fleur de cerisier et au lotus (Sothys). C'est un gel rose irisé, et je déteste l'odeur. 

En tapant cette liste, je réalise l'inanité de continuer à acheter des box surprise alors que je suis tellement, tellement difficile. Conclusion: en 2014, pas de box beauté pour moi, et je réfléchis sérieusement à interrompre mon abonnement à la Thé Box après un an et demi de fidélité... 

Le surf de la bonne humeur #7




(Photos - avec texte en anglais) 29 personnes qui font la fierté de l'Angleterre

(Vidéo) A Noël, les fruits sont tout nus et ils se pèlent le...

(Vidéo) Déguisé en T-Rex, il sème la panique dans des bureaux japonais

(Vidéo) ...Il récidive ici

(Vidéo) ...Et là

jeudi 26 décembre 2013

"Chute libre: carnets du gouffre"


C'est l'histoire d'une dépression qui frappe sans crier gare. Mademoiselle Caroline adore son boulot d'illustratrice, son grand mari barbu, leur petit garçon de 3 ans et le chalet où ils vivent, dans la région d'Annecy. Elle porte de jolies chaussures et fait toujours l'andouille. Pourtant, du jour au lendemain, elle bascule dans un gouffre béant. Et pendant les six années qui suivent, elle tente d'en sortir. Les anti-dépresseurs font effet, mais dès qu'elle les arrête, Mademoiselle Caroline replonge. Elle parvient la plupart du temps à donner le change à son entourage; d'ailleurs, a-t-elle le choix? Chaque fois qu'elle ose évoquer son mal-être, on lui répond qu'elle a "tout pour être heureuse". Oui, mais elle est le contraire d'heureuse. A son plus bas, elle envisage même de tuer ses enfants (entre-temps, son grand mari barbu et elle ont eu des jumeaux) et de se suicider. Elle suit des thérapies inefficaces avec 3 psys diférents avant de trouver la perle rare qui l'aide à reprogrammer son cerveau émotionnel et à guérir, enfin - tout en admettant qu'elle n'osera sans doute jamais se passer de ses cachets. Un récit très sincère et très juste, avec un graphisme simple mais une mise en page percutante, qui raconte extrêmement bien la difficulté à vivre prisonnier de son propre cerveau, que l'on soit dépressif ou angoissé chronique comme moi. 

mercredi 25 décembre 2013

Snood ombré bleu et violet




Je cherchais une idée de cadeau d'anniversaire pour Funambuline quand au hasard de mes déambulations chez Veritas, je suis tombée sur d'énormes pelotes de laine ombrée super douce. Gros coup de foudre. J'ai pensé qu'il y avait là matière à confectionner un snood bien douillet pour affronter les températures hivernales polaires de la Gruyérie. Le soir même, je me suis lancée en utilisant mon grand tricotin rectangulaire et le point double avec lequel j'avais déjà réalisé une écharpe




En tout, il m'aura fallu à peu près 10h de travail pour tricotiner une écharpe de 20 picots de large sur 140cm de long. Une petite couture pour la fermer, et hop! Je suis très fan de l'effet ombré, un peu moins du fait que sur la fin de mon ouvrage, le fil est devenu subitement très fin avant de se rompre en plein violet et d'être rattaché par un bête noeud à du bleu pur très épais. La transition n'est pas très heureuse (mais se retrouvera planquée sous les cheveux de la propriétaire quand elle le portera, donc bon). 




Sur les 532 m de fil que comptait la pelote, il doit m'en rester un bon tiers, qui va aller rejoindre le panier à laine en attendant que l'inspiration frappe de nouveau. 

mardi 24 décembre 2013

Tata Bidule est-elle la reine du cheesecake?




Depuis un peu plus d'un an, Tata Bidule propose aux Toulousains un large choix de gourmandises anglo-saxonnes: cupcakes baptisés Oncle Fétide ou Tata Yoto, cookies répondant au doux nom de Cousin Machin, bagels servis à toute heure de la journée, et miracle des miracles, un cheesecake dont la croûte n'est pas en speculoos mais en sablés bretons! Forcément, j'étais obligée de tester...





La salle, où l'on trouve 3 tables en formica de 4 places chacune plus un joli petit comptoir, est décorée dans l'esprit 50's-60's. Coup de coeur pour l'enseigne intérieure en mousse stabilisée, le poste de radio rétro, le papier peint à gros motifs jaunes et les toilettes aux murs tapissés de vieilles pochettes de 45 Tours. C'est mignon et chaleureux, mais pas surchargé. 





Après la petite séance photo (autorisée par les deux jeunes femmes souriantes qui officient derrière le comptoir), Chouchou commande un bagel végétarien et un jus orange-carotte; pour moi, bien entendu, ce sera un cheesecake avec un thé blanc. Et mes aïeux, quel cheesecake! Je n'en avais pas mangé de si bon depuis bien longtemps. Plus léger et digeste que la recette "classique", il a un délicieux petit goût citronné qui se marie parfaitement avec les sablés bretons. Une vraie réussite. De son côté, Chouchou est également enchanté par son bagel. 




Vous l'aurez compris: j'ai adoré Tata Bidule sans réserve, et je vous conseille fortement d'y faire un tour si vous passez vous aussi par la Ville Rose.

14 rue Temponières
31000 TOULOUSE

DEFI DE L'AVENT



Ce soir et demain, offrez-vous le cadeau de voir le verre à moitié plein. Ne bloquez pas sur les petites tensions familiales ou les présents décevants. Concentrez-vous sur votre chance d'avoir des gens avec qui partager ces moments, un endroit douillet où vous blottir ensemble, de la bonne chère dans vos assiettes. Et joyeux Noël à tous. 

lundi 23 décembre 2013

En attendant la chute




Hier matin, je lisais ce post d'Amanda Palmer dans lequel elle raconte qu'elle a perdu beaucoup de proches ces derniers mois et s'interroge sur le sens à donner à tous ces deuils. Comment continuer à vivre après la disparition souvent aléatoire et injuste de ceux qu'on aimait? Comme toujours, son texte bien que très long est d'une grande puissance émotionnelle - et il résonne forcément en moi qui me pose la même question depuis un bout de temps. La réponse d'Amanda est simple, au fond: faire de l'art, faire de l'art, faire de l'art. Partager avec les gens. 

Je méditais encore là-dessus quand je suis arrivée chez ma mère un peu avant minuit. Parmi les premières nouvelles qu'elle m'a annoncées, il y avait: la voisine d'une cinquantaine d'années, qui a un cancer du sein depuis un an et demi, a développé des métastases au cerveau et aux poumons. Autant dire qu'elle est foutue. Je n'ai jamais supporté cette femme qui est d'une bêtise incommensurable, et raciste de surcroît. Pourtant, ça m'a rendue affreusement triste pour elle. Personne ne mérite ça. 

Je sais que je ne me déferai plus jamais de ce sentiment d'être en sursis, et tous les gens que j'aime avec. Cette impression que la chute me guette à chaque coin de rue, demain peut-être, ou au printemps prochain... Jusqu'ici, j'ai pensé que la seule réaction valable, c'était de savourer chaque jour, chaque heure, chaque minute au maximum. Je n'ai plus eu qu'une idée en tête: profiter des petits plaisirs de la vie. Et j'ai cessé de faire des projets ou d'avoir la moindre ambition, un peu pour conjurer le sort, et beaucoup pour avoir le moins de regrets possibles quand le couperet tomberait. 

Je réalise maintenant que c'était idiot. Oui, c'est merveilleux de savoir trouver du bonheur dans les détails du quotidien que la plupart des gens tiennent pour acquis. Faut-il s'en contenter pour autant? Faut-il, par crainte que cela s'arrête bien plus tôt que prévu, se résigner à vivre petit pour avoir moins à perdre? Ou faut-il au contraire essayer d'accomplir le plus possible de choses aussi grandes que possible dans le temps inconnu qui nous est imparti? 

La bonne réponse est sûrement différente pour chacun. Moi, je crois que je vais essayer de faire de l'art. Ou quelque chose qui y ressemble vaguement. Et puis de le partager, au cas où ça parlerait à d'autres et où on pourrait se tenir chaud ensemble en attendant l'inévitable chute. 

Brussels Ice Magic


Depuis vendredi dernier et jusqu'au 9 février, on peut admirer sur la place des Palais une exposition de sculptures de glace sur le thème de la bédé. Comme la surcharge de travail de Chouchou ces dernières semaines ne nous a pas encore permis d'aller à Bruges voir le Snow & Ice dédié cette année au dernier film de Disney, "La reine des neiges", et comme nos amis les Shalbuline étaient de passage à Bruxelles ce week-end, nous avons pensé qu'une petite visite s'imposait...




(Photo: Funambuline




Les sculptures représentent essentiellement des héros de la bédé franco-belge, ainsi que quelques super-héros de comics américains. Bien que très réussies, elles m'ont paru moins éblouissantes que celles de l'expo de Bruges de l'an dernier - moins bien "finies" et surtout moins bien scénographiées. L'éclairage, notamment, laissait à désirer dans certaines parties. Et puis 15€ pour une visite qui, même en prenant plein de photos, dure en gros un quart d'heure (les -6° ambiants n'incitent de toute façon pas à s'attarder davantage), c'est un peu chérot.







Reste que malgré la comparaison peu flatteuse pour ceux qui auront vu l'expo de Bruges, la magie opère. On débusque les Schtroumpfs planqués ici et là, on rigole du pot de fleurs sur le rebord de la fenêtre de Gaston Lagaffe, on s'étonne presque que Moulinsart ait donné la permission d'utiliser Tintin et Cie, on pose la tête entre les griffes de Wolverine, on admire dûment Blake, Mortimer et la Marque Jaune, on se demande comment faire tenir toute la fresque sculptée de Corto Maltese dans un seul panoramique, on déplore que Thorgal et sa famille soient si mal mis en valeur, on monte dans le château pour dévaler le toboggan de glace sur les fesses et on se demande en quoi peut bien être le bikini de la demoiselle assise au bar où l'on sert des shots de vodka.




Bref, si vous n'êtes pas rebuté par le prix de l'entrée, ça reste une expo à voir en famille ou entre amateurs de bédé. Conseils d'amie: pré-achetez vos tickets sur le site internet pour éviter de faire la queue au guichet, et surtout, couvrez-vous bien!

D'autres photos sur l'Instagram de Chouchou et celui de Funambuline