samedi 15 juin 2013

Helsinki: images en vrac


Nous venons juste de rentrer d'Helsinki (bien à contrecoeur). J'ai passé la soirée à trier les centaines de photos prises cette semaine, et en attendant de rédiger des billets spécifiques sur les endroits ou les choses qui m'ont le plus marquée, je vous livre déjà quelques clichés de ces vacances...



Tuomiokirkko, la cathédrale luthérienne de style néoclassique qui se dresse au centre de la capitale finlandaise. Les touristes aiment à se reposer sur ses marches; nous y avons d'ailleurs déjeuné un midi.


Aleksanterinkatu, équivalent local de la rue Neuve en un poil plus classe, est portionnée à l'aide de plaques représentant différents animaux: dromadaire, girafe, âne, lapin... et même une licorne. 
On notera que partout à Helsinki, l'affichage se fait simultanément en finnois et en suédois, qui sont les deux langues officielles du pays. 


Pour ne pas déroger à la tradition, nous avons pris notre premier repas des vacances au HRC local. Les prix étaient encore plus atroces qu'ailleurs, mais la sublime limonade fraise-basilic et le vrai cheesecake (= avec une croûte PAS en speculoos) le valaient bien. 


Les lilas fleurissaient à travers la ville, je n'en avais jamais vu autant dans un même endroit. (J'espère que ce sont bien des lilas, sinon je vais avoir l'air tout spécialement idiote!)


Ce food truck stationné dans la partie basse d'Unionkatu propose des "burgers" froids au saumon fumé accompagné de chou-fleur frit. Miam. 





Les trois photos ci-dessus ont été prises dans un musée dont je n'ai pas retenu le nom, mais qui se trouvait juste face au food truck et qui proposait une petite expo très bien scénographiée appelée "Mad about Helsinki".


Eteläesplanadi, promenade verte bordée de boutiques chic et de cafés. Au moindre rayon de soleil, les gens vont s'affaler sur ses pelouses, et nous n'avons pas dérogé à la règle en sortant assoiffés du flagstore Marimekko! On notera que sur toute statue d'Helsinki, à tout moment, une mouette est toujours perchée. 


Les Moomin de Tove Jansson sont omniprésents dans toute la Scandinavie, mais plus particulièrement en Finlande, leur pays d'origine, où des boutiques entières leur sont consacrées.


Les jardins botaniques de l'université. Nous y avons trouvé une géocache et dessiné une des serres. 


L'architecture d'Helsinki, mêlant néoclassique, Art Nouveau, romantisme moderne et pragmatisme soviétique (je sais, ça n'est pas un genre officiel, mais je me comprends), a mis quelque temps à me séduire. Si je dis que je préfère les petites maisons colorées et sans prétention de Copenhague ou de Reykjavik, est-ce que les historiens parmi vous vont me lapider? 


Au musée d'histoire naturelle (auquel je consacrerai un billet), nous avons dessiné des dinosaures - YEAH!


Chaque soir à la petite table de cuisine de l'appartement que nous avions loué par airbnb, je préparais la journée du lendemain en buvant un thé dans mon nouveau mug Marimekko. 


Sur le marché central de Kauppatori, parmi les étals de brols destinés aux touristes, des échoppes proposent des calamars ou de petits poissons frits, ainsi que du saumon grillé ou sous forme de soupe avec des pommes de terre, de la crème et de l'aneth. C'est divinement bon et ridiculement pas cher (pour la Finlande).



Après la croisière-sans-baleines à Reykjavik l'an dernier, j'avais juré de ne plus remonter sur un bateau de toute ma vie. Mais 15 mn de ferry pour atteindre l'île-forteresse de Suomenlinna (qui aura elle aussi droit à son propre billet), c'était encore dans mes possibilités. 


Pour la modique somme de 8€ consommations non incluses, le Sparakoff, tramway rouge aménagé en bar, vous fait faire une visite pseudo-touristique de la ville sans le moindre commentaire, mais avec des ivrognes à gogo. Parfois, mon instinct de voyageuse urbaine me lâche lamentablement.


Dinos forever and everywhere.


Dans le fond, Kallion Kirkko. Devant, le chou de Bruxelles croisé avec une mongolfière tombée dans la boîte de Caran d'Ache d'un daltonien: je n'ai pas la moindre idée de ce dont il s'agit.



Deux photos du parc d'attractions de Linnanmäki (autre billet à venir).


Juste: pourquoi???






Le Kiasma, musée d'art contemporain d'Helsinki, idéal pour occuper un après-midi pluvieux. 

mardi 11 juin 2013

DIY 20/52: Col en dentelle pour T-shirt tout simple




Inspiration: ce collier réalisé pour mon swap créatif.
Fournitures: du fil de coton (ici, Rowan Handknit Coton écru), un crochet n°5, un T-shirt basique (celui-ci a été acheté chez Hema pour 5€ - attention, ça taille très grand, j'ai pris du S alors que je fais un bon 40 et c'est nickel), du fil à coudre ton sur ton et une aiguille. 
Temps de réalisation: 1/2 h




J'ai adapté le patron original du premier volant du collier de la façon suivante: 
Rang 1: 33 ch
Rang 2: br dans 3ème ch, br dans chaque ch jusqu'à la fin du rang, 3 ml
Rang 3: br dans 1ère br du rang précédent, *3 ml, br dans br suivante du rang pécédent*, 3 ml
Rang 4: br dans 1ère br du rang précédent, puis dans la boucle créée au rang précédent (dbr, ms, dbr, dbr, ms, dbr), *2 ml, sauter une boucle, ms dans la boucle suivante, 2 ml, sauter une boucle, dans la boucle suivante (dbr, ms, dbr, dbr, ms, dbr)*, br dans la dernière br du rang précédent, terminer.
Puis j'ai cousu le col sur le T-shirt avec de tout petits points invisibles.




J'aime beaucoup le résultat, mais je me dis que j'ai manqué d'audace au niveau des couleurs et que ce col donnerait très bien en rose fluo (sur du marine), en jaune fluo (sur du gris) ou en orange fluo (sur du kaki). Une prochaine fois, peut-être?


lundi 10 juin 2013

Petit questionnaire entre théophiles





Depuis quand buvez-vous du thé? 
J'ai commencé le 1er janvier 2000, date hautement symbolique à laquelle j'entamais une nouvelle vie. Entre autres choses, j'avais décidé de devenir végétarienne (j'ai tenu un an) et de laisser un ami m'initier au thé. Mes parents ne buvaient que de l'affreux Lipton jaune qui ne m'avait jamais fait envie. Philippe m'a fait découvrir Mariage Frères, qui a longtemps été mon unique fournisseur ou presque. J'ai été pendant près de dix ans une très grosse consommatrice de Fujiyama (thé vert japonais, nature) et de Thé sur le Nil (thé vert aux agrumes) avant de passer à autre chose.


Quel genre préférez-vous?
Je bois du vert, et quasi exclusivement du vert (même s'il m'arrive de me laisser tenter par un noir aux fruits rouges l'hiver à l'heure du goûter). Je l'aime japonais ou chinois, mais surtout pas fumé; nature ou parfumé à la menthe et/ou aux fruits, pourvu qu'ils ne soient pas exotiques. En revanche, je fuis les fleurs - surtout la rose - et les épices - surtout la cannelle, la réglisse et l'anis. Malgré de nombreuses tentatives, je n'arrive pas à apprécier le thé blanc, sauf mélangé avec du vert. Quant au rooibos dit "thé rouge"... pitié, épargnez-moi cette horreur. 

Comment le préparez-vous? 
Comme je le consomme souvent seule, je le prépare à même ma tasse, avec un petit filtre métallique muni d'un manche qui lui permet de tenir en équilibre. Si je fais du thé glacé, j'utilise une bouteille en verre d'un litre (achetée chez Ikea) et un grand filtre jetable en papier. Je possède des dizaines de théières de tous types mais m'en sers très rarement: elles sont surtout là pour la collection! Pour ce qui est de la tasse: à Bruxelles, c'est soit un joli gobelet en raku déniché à Paris l'an dernier, soit un mug en verre dont j'adore la transparence. A Monpatelin, un de mes nombreux mugs en céramique illustrés. 

Comment le buvez-vous? 
Le plus souvent, seule devant mon ordinateur. Parfois avec Chouchou, le week-end. Et parfois dans un des salons de thé que j'affectionne, avec un bon bouquin pour me tenir compagnie. En bonne puriste du thé vert, je n'y ajoute JAMAIS de sucre. 

Combien en consommez-vous chaque jour? 
Ces derniers mois, je me suis efforcée de réduire ma consommation. Mais au minimum, une grande tasse le matin en me levant et une autre en début d'après-midi quand je reprends le boulot. Le reste du temps, j'essaie de favoriser plutôt les infusions de plantes. 

Quels sont vos chouchous du moment?
Depuis des années, je bois le Yu Zi Hua Cha de la boutique Nong Cha (thé vert subtilement façonné à la fleur de pamplemousse) au petit déjeuner. Il m'est indispensable pour bien commencer la journée. Je suis également une fan de longue date de leur Roi du Thé au Jasmin, que je consomme au goûter, le week-end. Pour ce qui est des coups de coeur relativement récents, je citerais le Temple Céleste de l'Univers du Thé et la Brise Séductrice d'O Thés Divins, tous deux délicieux chauds comme glacés, et que j'aime boire l'après-midi en semaine. 

Combien de variétés différentes trouve-t-on dans vos placards?
Suite à un récent écrémage, et sans compter ni les tisanes ni le thé en sachet de Chouchou: 21 à Bruxelles, et sans doute une douzaine à Monpatelin (pas les mêmes à une ou deux exceptions près). J'en laisse aussi 3 ou 4 sortes chez ma mère, pour ne pas avoir à en apporter chaque fois que je lui rends visite.

Sur ce, je passe le relais à toutes celle qui auront envie de parler de leur propre passion pour le thé!

dimanche 9 juin 2013

En capeline à pois



Samedi après-midi, j'avais besoin de passer chez Schleiper pour acheter LE parfait carnet de voyage, repéré la semaine précédente mais pas pris sur le coup car il me semblait en avoir un relativement semblable à la maison. Bien entendu, je me trompais. Tant pis: ça faisait un but de balade et une occasion de photographier mes deux emplettes mode de la semaine - les premières depuis trèèèèèèès longtemps. 


J'adore les chapeaux et ils me le rendent bien. L'hiver, je me planque avec délice sous des bonnets ou des bérets; pour la mi-saison, j'ai une casquette en feutre rouge et un melon en feutre noir, mais c'est l'été que je m'éclate vraiment avec des petits Borsalino en paille ou des capelines tout terrain comme celle-ci. 




Pour la petite histoire, les soques à noeud que je porte sur les photos font partie de mes chaussures préférées - ou plutôt, elles faisaient, car en les ôtant pour les remplacer par des ballerines une fois la séance terminée, je me suis rendue compte qu'une des lanières de celle de droite était aux trois quarts arrachée de façon irrémédiable. Les semelles commençaient aussi à être pas mal abîmées, et j'avais de toute façon prévu de leur dire adieu à la fin de cette saison. Leur forfait prématuré me chagrine un peu, car je n'ai pas d'autre paire qui corresponde au même cahier des charges: sandales noires ouvertes, talon de hauteur et de largeur moyenne, confortables mais mignonnes. Ce sera donc ma prochaine quête chaussuresque!


Robe (+ ceinture): New Look
Capeline: Claire's
Chaussures: Miss L Fire (old - et même dead, en fait)
Collier: Claire's
Sac: Mango (old)

samedi 8 juin 2013

Le retour de Khan - et du nuage noir




Vendredi. Dernier jour de boulot avant les vacances. Grand soleil, pas envie de bosser. Aligner quand même 13 pages dans la matinée, et puis décider que c'est marre. Enfiler la petite jupe blanche à broderies corail dénichée chez Promod l'autre jour et un vieux T-shirt H&M rayé; attraper un cabas en tissu et descendre faire quelques courses. Dans le piétonnier de la place Jourdan, les terrasses sont de sortie et il ne reste pas une table de libre. Par contraste, la salle du Taihon est complètement vide. S'y réfugier dans une moiteur familière, bouquiner un peu en attendant l'arrivée du menu lunch. Repartir de bonne humeur. S'arrêter à la pharmacie et demander quelque chose pour ce mal de gorge qui dure depuis plusieurs mois. La vendeuse écarquille les yeux, l'air de dire que c'est anormalement long quand même. Et paf! Retour du nuage noir. Faire semblant de ne pas le voir; se dire que si on l'ignore, il finira sans doute par disparaître de lui-même. Acheter quelques bricoles chez Be Positive. Sur le chemin du retour, s'offrir la première glace de l'année chez Capoue - une boule à la pêche, délicieusement rafraîchissante. Ranger les courses, hésiter sur la façon d'employer le reste de l'après-midi. Finir sur le lit avec le 5ème tome des Spellman. Fatiguée, fatiguée, fatiguée. Tenter une sieste entre 16h et 16h30, ne pas dormir mais se sentir à moitié abrutie. Envisager de laisser l'amoureux aller au ciné tout seul avec les amies ce soir. Se dire que non, au contraire, il faut se forcer pour se changer les idées. Voiture coincée dans les embouteillages, coup d'oeil à l'horloge du tableau de bord, si ça continue on va être en retard et on n'aura pas le temps de grignoter à l'Exki avant la séance. Même la fébrilité n'a que peu de prise sur l'angoisse. Qu'est-ce que ça peut foutre de sauter un repas alors que si ça se trouve on est en train de mourir? Avoir quand même le temps de manger, en fin de compte, et s'installer dans la salle juste avant que les lumières s'éteignent. Star Trek XII. Très chouettes dialogues, Benedict Miam, mais toutes ces bastons et tout ce boucan, c'est moyen dans l'esprit de la série. Décrocher pendant une énième bataille spatiale. Toussoter. Il est vraiment bizarre ce gratouillis. Impression de sentir une tumeur pousser de seconde en seconde sur son larynx. Ou ses cordes vocales - notions d'anatomie assez floues. Prémisses d'une attaque de panique, alors qu'on n'en a pas eu depuis plusieurs années. Faire appel à tout l'arsenal de "trucs" développés au fil du temps pour la contenir. Se répéter en boucle la phrase entendue un peu plus tôt dans la bande-annonce d'un film à l'air pourtant bien débile: "Le danger est réel; la peur est un choix". Eviter la crise discrètement dans le noir de la salle et le bruit des explosions. En sortant du ciné, quelqu'un propose d'aller boire un verre. Pourquoi pas, il fait encore jour et l'air est si agréablement doux. Atterrir au Cirio où on n'avait jamais mis les pieds avant. Jolie salle de brasserie, pas bruyante du tout. Commander un sirop de cassis; penser à Doudou et à son jardin où poussaient des légumes géants. Faire des projets de pique-nique estival. Parler de tout et de rien, mais en se marrant et en savourant le bonheur d'être précisément là, précisément à ce moment, précisément en cette compagnie. Peu à peu, la conversation animée et les éclats de rire dissipent le nuage noir tandis que sur la Grand-Place, la tour de l'hôtel de ville clignote en technicolor comme si c'était Noël. Encore une soirée de sauvée, et bien.

Note de service


Jusqu'ici, je modérais les commentaires du blog pour éviter les spams. Mais depuis quelques semaines, leur nombre a augmenté de manière exponentielle. J'en signale désormais plus d'une centaine par jour, ce qui me prend juste trop de temps et me fait craindre de finir par supprimer de vrais commentaires dans le tas. Les anti-spams efficaces comme Akismet ne fonctionnent que sous Wordpress, or je ne souhaite pas changer de plateforme. Donc, je me vois contrainte d'activer les capchas. Je déteste ça et très souvent, ça me décourage de commenter sur le blog des autres. J'espère donc que vous serez plus patients que moi et que vous accepterez cette petite contrainte pour continuer à me faire part de vos avis, de vos idées et de vos ressentis. 

vendredi 7 juin 2013

La première soirée d'été


Après un interminable hiver, Bruxelles est passée à l'été sans transition. Du jour au lendemain, le soleil s'est installé dans un ciel où le gris prédominait depuis neuf mois, et nous avons enfin pu remiser manteaux et bottes pour sortir manches courtes et sandales. Trop longtemps sevrée de lumière, je me suis promis de sortir chaque jour où il ferait beau jusqu'à l'automne. Hier, après avoir bouclé mon travail de la journée, j'ai donc pris à pied le chemin de Filigranes. 

J'avais pensé à mettre de la crème Nok pour éviter les ampoules que je me fais toujours la première fois que je remets mes chaussures d'été - en l'occurrence, des soques Miss L Fire que j'adore mais qui commencent à être très abîmées et qui vivent sans doute là leur dernière saison. J'étrennais la petite robe en dentelle rouge dénichée deux jours plus tôt; mes mollets couleur lavabo mais rasés de frais n'en revenaient pas de se retrouver ainsi à l'air libre. J'ai dépassé les manifs pour la Turquie sans leur prêter trop attention, toute concentrée que j'étais pour ne pas me tordre les chevilles sur les pavés de la place du Lux'. Je commençais déjà à transpirer dans mon blouson en jean pourtant léger, et je regrettais d'avoir laissé mes lunettes de soleil à Monpatelin, mais jamais il ne me serait venu à l'idée de me plaindre. 

Chez Filigranes, j'ai feuilleté la presse anglaise devant un jus d'orange, et fait l'emplette du tome 2 du  "Cercle" et du dernier volume des "Petits riens" de Lewis Trondheim. Puis je suis revenue vers la Porte de Namur. En passant devant chez Claire's, j'ai aperçu  une capeline noire ornée d'un foulard blanc à pois noirs dont la place était très manifestement sur ma tête plutôt que dans cette vitrine. "Vous pouvez m'enlever l'étiquette?" ai-je demandé à la vendeuse. "Je vais la mettre tout de suite." Je me sentais très chic en me dirigeant vers la rue de la Paix pour y faire mon tour habituel chez Look 50's et Kusje - juste pour le plaisir des yeux cette fois. 




Il restait encore une demi-heure avant l'heure de mon rendez-vous avec Chouchou, mais tant pis! Je suis allée m'asseoir à l'Amour Fou, la deuxième petite table à partir de la baie vitrée grande ouverte; j'ai commandé un Frozen Strawberry Daiquiri et je me suis mise à lire. On m'a apporté une margarita; j'ai fait remarquer que ça n'avait ni la couleur ni le goût de la fraise et le temps qu'on me la change, Chouchou arrivait déjà. Même si les steaks de l'Amour Fou sont excellents, ils sont systématiquement assortis de fromage et de bacon qui rendent l'ensemble assez indigeste bien que délicieux. Par pitié pour nos estomacs, nous avons donc commandé des burgers végétariens: Portobello pour moi (champignon,  chèvre, betterave), Napoli pour Chouchou (aubergines grillées, mozzarella). 




J'ai mangé en levant régulièrement la tête vers les arbres de la place Fernand Cocq et en poussant des soupirs de bonheur. Notre repas terminé, nous avons repris tranquillement le chemin de la maison. Il y avait un gros raout sur l'esplanade du Luxembourg; des musiciens jouaient dans une tente blanche derrière un étrange panneau "Quartier à remettre". Et pour une fois, pas un nuage noir n'obscurcissait l'horizon. 




jeudi 6 juin 2013

La relève


Les chaussures Camper que j'avais commandées sur Vente Privée le mois dernier sont arrivées ce midi chez ma mère. Qui m'a envoyé le mail suivant: 

Elles sont très jolies pour quelqu'un de jeune comme toi ; et au moins tout le monde ne les porte pas.  

D'un côté, je me réjouis que quelqu'un (fût-ce ma mère) me trouve encore jeune.
De l'autre, je me demande si le "tout le monde ne les porte pas" est un compliment détourné ou une insulte juste plus subtile que celles de feu mon père.

"Borgen: une femme au pouvoir" saison 1




Suite à une série de scandales ayant précédé l'élection du nouveau Premier Ministre danois, ce rôle échoit à Birgitte Nyborg, chef du parti modéré qui ne s'attendait pas vraiment à se retrouver dans une telle position. Si son étiquette de centriste lui permet de négocier avec les deux extrémités du spectre  politique, elle la prive en revanche d'alliances "naturelles" solides. Birgitte va donc avoir fort à faire pour accomplir la mission qu'elle s'est fixée en prenant la tête du gouvernement. Qu'est-elle prête à sacrifier à l'exercice du pouvoir: sa vie privée, son intégrité morale? 

"Borgen" n'avait a priori pas grand-chose pour me séduire. Je considère la politique comme un mal nécessaire dans la vie de tous les jours; je me tiens informée pour savoir à quelle sauce nos dirigeants prévoient de me manger, mais ça ne me passionne pas plus que ça. Pour me détendre, je préfère des sujets plus divertissants, des histoires qui me changent les idées fût-ce en massacrant un par un tous les héros auxquels j'ai fini par m'attacher

Pourtant, dès le deuxième des dix épisodes que comprend cette première saison, j'étais accro à "Borgen" justement à cause de son réalisme fascinant. Loin des effets dramatiques outranciers d'une série américaine, elle reste toujours très crédible. Comment composer avec un dictateur étranger qui envisage de passer à votre pays une commande de plusieurs milliards d'euros, à condition que vous extradiez un célèbre révolutionnaire dont il y a fort à parier que la capture signera son arrêt de mort? Tel est le genre de question auquel Birgitte doit répondre chaque jour. Et bien qu'elle lutte pour rester fidèle à ses idéaux, petit à petit, on la voit maigrir sous l'effet du stress, devenir de plus en plus dure, délaisser mari et enfants. 

Autour d'elle gravitent des acteurs du monde politique ou des médias dont le destin se retrouve intimement lié au sien. Katrine, une blonde et lisse journaliste de télévision, est tout entière dévouée à la vérité mais se heurte à une hiérarchie qui refuse d'outrepasser certaines limites. Kasper, l'arrogant spin doctor de Birgitte, ignore jusqu'à la signification du mot "scrupules" et refuse de parler de son passé. Il n'a qu'une faiblesse: Katrine, dont il fut le petit ami et qu'il aimerait bien reconquérir. Le lien qui les unit symbolise à merveille la dépendance conflictuelle entre la presse et le pouvoir en place. 

Par ailleurs, la série illustre très bien la fragilité de l'équilibre au sein des différents partis qui composent le gouvernement, ainsi que le jeu des attaques perpétuelles de l'opposition pour déstabiliser Birgitte. Obligée de ménager la chèvre et le chou dans le meilleur des cas, et de cautionner des choix qui lui répugnent dans le pire, celle-ci est soumise à une pression aussi constante qu'intense. Dix fois par épisode, je me dis que je ne voudrais de son boulot pour rien au monde. Par contre, la regarder se débattre afin de préserver ce qui lui est cher dans des circonstances qui, au fond, échappent grandement à son contrôle, est absolument passionnant. Je rempile volontiers pour la saison 2!

mercredi 5 juin 2013

Le nuage noir


Illustration empruntée ici

Le nuage noir est de retour dans ma tête. Depuis début mars, je me sens fatiguée. Rien d'horrible, mais en journée, j'ai constamment envie d'aller m'allonger pour faire la sieste, alors que ce genre de chose ne m'arrivait jamais jusqu'ici. J'ai aussi un petit mal de gorge qui ne passe pas. A ma place, la plupart des gens se réjouiraient de mieux dormir la nuit après des années de lutte contre l'insomnie; ils se diraient que l'hiver a été long, qu'ils ne sont absolument pas remis du décès de leur père même s'ils font semblant, qu'ils ne rajeunissent pas, qu'ils manquent d'activité physique, que cesser quasiment de consommer des protéines animales a peut-être provoqué des carences chez eux. Moi, je suis terrifiée à l'idée d'avoir un cancer de la lymphe (merci la saison 4 de "Brothers and sisters" où Callista Flickhart s'en découvre un). J'irai voir mon généraliste à la fin du mois pour faire une prise de sang; en attendant, je prends des suppléments de magnésium et de fer. Et hier, comme je n'arrivais pas à bosser et que le soleil était enfin revenu à Bruxelles, je me suis forcée à sortir pour prendre l'air. 

Je n'avais pas fait de shopping depuis des lustres; j'ai décidé que quelques menues emplettes me changeraient les idées. De toute façon, j'avais besoin de matériel pour mes projets en cours et mes prochains DIY: deux pelotes de laine noire et un feutre Staedler 0.3 chez Be Creative, un T-shirt uni dans une couleur neutre, un mini-plateau en bois brut, un petit cadre "vitrine" chez Hema. Et puis un pack de chaussettes H&M pour Chouchou qui a des orteils troueurs, une mignonne robe d'été New Look qu'on aurait dite coupée pour moi (en dentelle rouge avec une ligne rétro), un bouquin bonne humeur et une carte renards pour ma collec' chez Waterstones, le tome 3 du manga "Gisèle Alain" chez Brüsel. Ca m'a paru beaucoup de choses sur le coup; puis je me suis souvenue des virées shopping que je faisais il y a quelques années, j'ai additionné mes dépenses du jour et je me suis dit que même si j'étais encore loin de pouvoir me qualifier de minimaliste, j'avais quand même fait bien des progrès! Pour fêter ça, je suis allée manger un yaourt bio/salade de fruits frais au premier étage de l'Exki du boulevard Anspach, à ma table préférée près de la fenêtre, et j'ai glandé là un moment en lisant. C'était bien. 

Mais quand je suis rentrée à la maison, le nuage noir était toujours là. Les délicieuses pâtes d'épeautre au broccoli et au citron, le passionnant épisode 7 de la première saison de Borgen, et même les bisous de Chouchou se sont eux aussi avérés impuissants à le chasser. Pour finir, je me suis résolue à prendre un anxiolytique avant d'aller au lit - et ça non plus, ça ne m'a fait aucun effet. Ma nuit a une fois de plus été placée sous le signe de cette angoisse diffuse qui imprègne chaque minute de ma vie. Je me demande si elle finira par se dissiper, ou si je suis condamnée à la subir jusqu'à la fin de mes jours. 

mardi 4 juin 2013

"Confessions d'un automate mangeur d'opium"


C'est la beauté de ce livre en tant qu'objet qui a d'abord attiré mon attention: couverture et tranche dorées, papier crémeux... Et puis les romans steampunk français ne sont pas légion, surtout les romans steampunk français écrits par de très bons auteurs et possédant un titre aussi alléchant. Il me fallait ces "Confessions d'un automate mangeur d'opium", et j'ai profité des dernières Imaginales pour m'en procurer un exemplaire dédicacé. 

"Paris, 1889. Un monde en transition, où les fiacres côtoient les tours vertigineuses des usines. Une ville brumeuse envahie par les aéroscaphes, d'étranges machines volantes qui quadrillent le ciel, et des nuées d'automates cuivrés... C'est dans cet univers révolutionné par l'éther, la substance verte aux propriétés miraculeuses, que la comédienne Margaret Saunders doit résoudre le mystère de la mort de sa meilleure amie, tombée d'un aérocar en plein vol. Sur la piste d'un créateur de robots dément, Margo, secondée par Théo, médecin dans un asile d'aliénés, va découvrir au péril de sa vie les dangers cachés de l'envoûtante vapeur..."

D'un bout à l'autre, j'ai adoré ce roman très bien écrit. Les chapitres alternent le point de vue de Margo et celui de Théo, avec des voix tout à fait distinctes (et parfois une magnifique incohérence due au fait que les auteurs se sont probablement partagé les deux héros, mais ne chipotons pas). L'action ne faiblit presque jamais; on va de rebondissement en rebondissement. La sempiternelle histoire d'amour à l'eau de rose nous est épargnée, puisque Margo mène l'enquête avec son frère. J'ai beaucoup aimé cette héroïne, lesbienne intrépide et plein de ressources qui n'hésite pas à user de ses charmes sur les hommes pour parvenir à ses fins. L'atmosphère du Paris steampunk est extrêmement bien rendue, et le développement de toute la technologie basée sur l'éther pose, l'air de ne pas y toucher, la question du progrès scientifique: est-il souhaitable en toute circonstance et à tout prix? Bref, un divertissement de grande qualité.

lundi 3 juin 2013

DIY 19/52: Porte-clés oiseau en feutrine




Inspiration: un patron trouvé dans le numéro 26 du magazine anglais Molly Makes, que je recommande chaudement à toutes les passionnées du DIY car il est vraiment très riche et très joli. Impossible de s'abonner à la version papier depuis la France, la Belgique ou la Suisse, mais il existe une version numérique téléchargeable de n'importe où.
Fournitures: elles étaient offertes avec le magazine, mais comme je n'aimais pas les couleurs proposées, j'ai préféré piocher dans mes propres réserves. J'ai donc utilisé: 1 morceau de feutrine rouge, 1 morceau de feutrine rose, 1 morceau de tissu rayé blanc et rose, 12 cm de croquet rose, 12 cm de ruban à pois, 1 attache porte-clés, un gros sequin blanc, une perle rocaille noire, de la colle à tissu, du fil DMC rouge, du fil DMC rouge, du fil DMC noir, de la laine de rembourrage.
Temps de réalisation: 1h30




C'est drôle: autant en crochet, j'ai un point super régulier, autant je suis infoutue de coudre droit et avec des points tous de la même longueur. Mieux vaut ne pas examiner mon petit oiseau de trop près (ou de dos!). Mais je le trouve gai et je me suis bien amusée à le faire; c'est l'essentiel!



dimanche 2 juin 2013

"The universe versus Alex Woods"


A l'âge de 11 ans, Alex est touché par la chute d'un météore et survit à peu près indemne - à ceci près qu'il devient épileptique, et une curiosité pour tous les scientifiques du monde. Tandis qu'il s'efforce d'apprendre à contrôler sa maladie, il fait la connaissance d'Isaac Petersen. Ce vieux monsieur qui a combattu au Vietnam est revenu blessé à la jambe et fervent pacifiste, mais aussi quelque peu misanthrope. Pourtant, une amitié très forte se développe entre lui et l'adolescent dépourvu de père autant que de copains de son âge. M. Petersen fait découvrir Kurt Vonnegut  et la musique classique à Alex; il lui enseigne quelques vérités essentielles et lui apprend à conduire. Aussi, quand il apparaît que son vieil ami est atteint d'une maladie incurable, Alex décide de l'accompagner jusqu'au bout de son voyage...

D'accord, le suicide assisté, ce n'est pas ce qui se fait de plus gai comme thème de roman (du moins le vieux monsieur ne se meurt-il pas d'un cancer, OUF!). Mais en vérité, ce n'est que le prétexte à raconter une amitié hors-normes et l'initiation à la vie du jeune narrateur. Mélange de grande précocité et d'attendrissante candeur, Alex m'a beaucoup fait penser au prodigieux T. S. Spivet. Et j'ai ri de ses mésaventures au moins aussi souvent que j'ai eu la gorge nouée. Les romans intelligents, drôles et émouvants à la fois ne courent pas les rues. Si vous lisez l'anglais et n'êtes pas rebuté par le sujet, je vous conseille vraiment de vous pencher sur "Universe Versus Alex Woods".