lundi 2 septembre 2013

"Snaps: instantanés volés"


Après avoir trouvé, sur un marché aux puces, un album rempli de photos des années 40, Rebecca Kraatz s'est amusée à inventer une histoire aux personnes figurant sur les clichés. Ainsi est né "Snaps : instantanés volés", dans lequel s'entrecroisent les trajectoires d'une trentaine de Canadiens jeunes et vieux dont la vie va être, directement ou non, affectée par la guerre qui se livre en Europe.

J'aime beaucoup le principe du "puzzle" narratif, dans lequel le lecteur reconstitue au fur et à mesure la toile des liens unissant les divers personnages. J'ai également apprécié la grande variété de ton des portraits: certains donnent dans une poésie presque surréaliste, d'autres dans le romantisme plus ou moins tragique, tandis que d'autres encore exposent des situations et des sentiments bien peu glorieux. En revanche, j'ai eu beaucoup de mal à me faire au dessin, surtout celui des visages, ce qui a pas mal gâché mon appréciation globale de l'ouvrage.

Hemgies, le burger lounge




Des murs capitonnés anthracite avec banquettes assortis. Une déco globalement ultra-foncée, sobre et moderne. Des lustres à pendeloques. De la musique lounge s'échappant des haut-parleurs. Au premier abord, on se croirait dans un bar branchouille. Pourtant, c'est un restaurant dont la carte propose essentiellement des burgers, et qui s'est taillé une excellente réputation à Bruxelles ces derniers mois. De quoi exciter notre curiosité d'amateurs...




Examinons donc la carte. Onze burgers, dont dix à base de boeuf et un à base de tartare de thon. Les compositions paraissent toutes appétissantes, mais j'aurais aimé quelques options plus light à base de poulet ou de saumon, voire un ou des burgers végétariens. J'opte pour le Blue Witloof (Stilton bleu, noix de pécan, oignon rouge, chicon, moutarde à l'ancienne) tandis que Chouchou préfère le Hemgies (Vieux Bruges, onion ring, lard, tomate, cornichon, ketchup). Le serveur m'informe que la cuisson recommandée du steak est "à point". Je pousse un couinement horrifié et réclame "saignant".




Comme on peut le constater sur la photo ci-dessus, pas question de manger ces burgers-là à la main: ils sont bien trop épais! Les frites, bien que joliment présentées, sont très moyennes, probablement surgelées et cuites en une seule fois. Rien à redire par contre sur le burger. Le steak est d'excellente qualité, épais et tendre à souhait - bien qu'un poil trop cuit pour pouvoir être véritablement qualifié de saignant. Comme je le soupçonnais, l'amertume du chicon, dont je ne raffole pas à la base, se marie parfaitement avec le goût du Stilton. Quant au pain maison, il est impeccable, moelleux mais pas friable et dépourvu de ce côté sucré que je déteste. Le Merlot rouge commandé au verre est d'une qualité tout à fait décente, chose assez rare dans un resto non gastronomique pour mériter d'être mentionnée. 

Même si j'ai beaucoup apprécié mon burger, je l'ai aussi trouvé un poil trop lourd (et encore, j'ai laissé la moitié du pain et des frites). Et l'ambiance lounge du Hemgies est trop froide pour moi; je préfère les endroits moins hype mais plus chaleureux. Cela dit, c'est vraiment une affaire de goût. Il n'y avait rien à redire au service, souriant et raisonnablement rapide. Si vous êtes un authentique carnivore, les burgers du Hemgies méritent que vous les testiez au moins une fois. 

Rue des Dominicains 12
(en face de la sortie de la galerie des Princes)
1000 Bruxelles

dimanche 1 septembre 2013

Mes 7 objectifs de septembre




1. Faire un bilan sanguin
2. Fabriquer mon propre muesli bio et sans gluten
3. Décider si je prends un smartphone, et si oui, lequel
4. Préparer une série d'annonces eBay pour revendre chaussures/vêtements d'automne
5. Faire ma compta pro du 3ème trimestre
6. Trouver un système de rangement pour mes collants
7. Envoyer une carte à PostSecret

"La rue des autres"


Sacha est vendeuse dans une librairie dont le patron préfère les chiffres aux lettres. Régulièrement, elle arrive en retard à son travail. Mais c'est à cause de Marcel-James, ce vieux clochard en fauteuil roulant qui a toujours des histoires extraordinaires à lui raconter... 

"La rue des autres", c'est l'histoire d'une amitié entre une jeune femme un peu en retrait de sa propre vie et un de ces marginaux dont les passants détournent très vite le regard. Violaine Leroy parle de solitude urbaine et de rejet de la différence, mais d'une façon plus humaine et positive que moralisatrice ou culpabilisante. Le bleu-gris qu'elle a choisi comme unique teinte de ses dessins reflète bien la tonalité de son récit: ni vraiment triste ni vraiment gai, juste émouvant et un peu mélancolique. Une très jolie bédé publiée par les éditions canadiennes La Pastèque auxquelles on doit entre autres "Paul", la merveilleuse série de Michel Rabagliati.

samedi 31 août 2013

Août 2013



Mes 7 objectifs d'août: bilan




1. Rester calme avec ma mère
J'ai passé mes dix jours de vacances chez elle à osciller entre compassion et exaspération. Malgré mes efforts, je n'ai pas réussi à rester assez zen pour m'empêcher de lui faire quelques remarques jugées désagréables. Exemple: elle me repose la même question pour la 3ème fois en 5 minutes, et quand je commence à m'énerver, elle monte sur ses grands chevaux parce que bon, elle a perdu son mari il y a moins d'un an. Personnellement, je ne vois pas en quoi ça l'empêche d'écouter une réponse qu'elle a elle-même sollicitée, donc je réplique assez sèchement que la mort de papa est en train de devenir l'excuse à tout faire. Bien entendu, ça passe mal. Une autre fois, alors qu'elle me ressassait pour la 50ème fois l'histoire de sa soeur avec qui elle est en froid en ce moment, j'avoue que je me suis mise à crier. Mais le pompon, ça a été la dernière nuit: elle recevait des gens qui étaient à un mariage, et pour qu'ils puissent rentrer au milieu de la nuit, elle avait tout simplement laissé la porte de la maison ouverte, alors qu'elle s'est déjà fait piquer tous ses bijoux il y a quelques mois (en plein jour!) à cause de son imprudence. Je lui ait dit qu'elle était inconsciente; elle a répondu que j'étais parano; j'ai répliqué que si elle l'était un peu plus, elle ne passerait peut-être pas son temps à se faire dépouiller. Elle est partie fermer la porte à clé en râlant un maximum... et un quart d'heure plus tard, elle s'est levée sur la pointe des pieds pour aller la rouvrir dans mon dos. J'ai mordu mon oreiller pour ne pas ressortir de la chambre d'amis en trombe et avoir avec elle une engueulade épique. Je n'ai pas pu m'endormir avant le retour des invités, à 3h du matin, et le lendemain, ma mère est partie déjeuner chez les voisins en nous laissant seuls à la maison jusqu'à l'heure de notre départ pour l'aéroport. J'ai hâte d'être aux vacances de Noël, vous ne pouvez pas savoir. 
Taux de réussite: 0% 

2. Manger correctement pendant le séjour à Toulouse
Sur le plan alimentaire, ces vacances se sont mieux passées que je ne l'espérais. Malgré ses objections initiales, ma mère a consenti a préparer des repas essentiellement à base de légumes et de poisson ou de volaille, que nous avons parfois complétés avec des soba ou des pâtes sans gluten. Pour le petit déjeuner, nous avions fait des provisions dès le lendemain de notre arrivée: les magasins bios ont commencé à fleurir dans les rues de Toulouse, et l'Auchan de Gramont a un rayon très bien fourni, ce qui nous a facilité la tâche. Comme par ailleurs nous avons mangé peu souvent à l'extérieur, au final, le contenu de nos assiettes a été assez semblable à ce qu'il est lorsque nous sommes à Bruxelles. 
Taux de réussite: 100%

3. Trier la garde-robe de Monpatelin
Depuis mon retour d'Helsinki, je me suis mis en tête de faire du vide chez moi. En juillet, je me suis attaquée à ma cuisine, et j'ai vidé trois caisses d'objets superflus. En août, je prévoyais un grand ménage dans ma garde-robe... mais allez savoir pourquoi, j'ai finalement préféré m'occuper de mon bureau et d'une partie de ma bibliothèque. Le dernier soir seulement, j'ai jeté un coup d'oeil dans ma penderie et éliminé huit robes dont j'étais certaine qu'elles ne m'allaient plus. Le reste, il faudrait que je l'essaie avant de trancher sur son sort. 
Taux de réussite: 30%

4. Tester un cours de yoga vinyasa
Je n'avais pas réalisé que je ne passerais que très peu de temps à Bruxelles ce mois-ci. Le seul jour où j'aurais pu y aller, quelqu'un a crevé deux pneus de notre voiture à coups de couteau; du coup, Chouchou a dû bosser à la maison et j'ai été particulièrement improductive (je ne sais travailler que dans le silence le plus absolu). Boulot pas fini + moral à plat = aucune chance que j'arrive à me traîner jusqu'à la place Stéphanie. Taux de réussite: 0%

5. Crocheter un col(lier)
J'avais deux patrons à tester: un col Claudine et un collier. J'ai réalisé le col en double, pour pouvoir offrir le second exemplaire. Par contre, le patron du collier est juste incompréhensible. Dommage!
Taux de réussite: 100%

6. Organiser un swap "bio"
C'est fait! Les paquets sont à envoyer pour le 20 septembre. Comme nous sommes un peu moins nombreux que d'habitude, et que les colis s'annoncent aussi plus originaux, j'ai finalement décidé de publier les compte-rendus après réception; ainsi tout le monde en profitera! Pour ma part, j'ai déjà tous les objets du paquet à destination de ma partenaire, mais je compte attendre le prochain séjour à Monpatelin pour les expédier. 
Taux de réussite: 100%

7. Remplacer la toile cirée rouge à pois blancs
...Non parce qu'elle était jolie et pas chère, mais faute de pellicule protectrice sur le dessus, elle a immédiatement commencé à déteindre à l'endroit où Chouchou et moi appuyons nos avant-bras tous les jours pour taper à l'ordinateur. Du coup, non seulement je voulais la changer, mais j'étais prête à investir un peu pour avoir du durable. Je n'avais même pas commencé à chercher que je suis tombée par hasard sur une toile cirée absolument parfaite au niveau du motif comme de la largeur (beaucoup sont en 120, or il nous faut du 140). Merci Eurodif! 
Taux de réussite: 100%

Autres accomplissements: 
- J'ai casé dans mon planning une traduction courte, sympa et totalement imprévue.
- J'ai enfin changé le layout du blog.
- J'ai bouclé ma compta pro du 1er semestre. 
- Je me suis décidée à prendre une carte Mobib anonyme.
- Mes cheveux sont de nouveau de la "bonne" couleur. 
- Je poursuis mes efforts pour réduire mes possessions matérielles. 
- Nous avons trouvé 4 géocaches (sur 7 cherchées).

Conclusion:
Un mois plein de contrariétés. Outre les rapports pénibles avec ma mère et le premier 28 août sans mon père, 3 règlements que j'attendais avant le 5 n'ont toujours pas été effectués; nous avons dû faire venir un plombier en urgence, ça nous a coûté la peau des fesses et le problème de fond n'est toujours pas résolu; mes dents et mon endométriose me causent du souci; les actes de vandalisme se multiplient dans notre quartier; mon sommeil s'est beaucoup décalé pendant les vacances et quinze jours plus tard, je ne suis toujours pas parvenue à reprendre mes horaires de boulot habituels. Heureusement qu'il a fait beau, ça a empêché mon moral de sombrer. Mais clairement, août n'a pas été mon mois le plus productif. On tâchera de faire mieux en septembre. 

vendredi 30 août 2013

"Orphan black" saison 1



Jeune marginale d'origine anglaise, Sarah Manning vient de réapparaître après une absence de dix mois. Un soir, sur le quai d'une gare, elle assiste au suicide d'une inconnue qui lui ressemble trait pour trait. Elle s'empare de l'identité de cette dernière afin de vider ses comptes en banque et de pouvoir recommencer une nouvelle vie avec Felix, son frère adoptif, et Kira, sa fille de 7 ans. Mais la chose va se révéler plus difficile que prévu: Beth Childs était inspecteur de police, récemment suspendue pour avoir abattu une civile par erreur. Et surtout, il semble qu'elle ne soit pas le seul sosie de Sarah - et que quelqu'un ait décidé de toutes les éliminer. 

Clonage + usurpation d'identité, telle est la recette de cette nouvelle série au rythme haletant et au scénario bien ficelé. Même si la trame demeure assez classique et dépourvue d'intrigues secondaires, l'action et le suspens sont au rendez-vous tout au long de cette première saison. Tatiana Maslany se livre à un épatant numéro de caméléon en interprétant pas moins 7 personnages, et en parvenant à être crédible dans chacun de ses multiples rôles (y compris quand l'héroïne se fait passer pour un de ses alter ego et vice-versa). J'ai une affection toute particulière pour la mère de famille armée jusqu'aux dents qui part complètement en vrille à partir de l'épisode 6; Chouchou et moi en avons ri aux éclats malgré une ambiance globale plutôt sombre. Et je trouve intéressant que l'un des clones soit lesbienne: cela semble indiquer que les scénaristes considèrent l'homosexualité comme quelque chose d'acquis plutôt que d'inné. Les personnages secondaires sont assez réussis également, avec une mention spéciale pour la mère adoptive dont la perception ne cesse d'évoluer au fil des épisodes. Certes, l'histoire réserve quelques invraisemblances (même sans parler de la douleur, je doute qu'il soit possible de conduire une moto avec une barre en fer rouillé plantée dans le ventre), mais vu le sujet, la suspension d'incrédulité est de rigueur de toute façon.

La première saison d'Orphan Black compte 10 épisodes d'une quarantaine de minutes chacun. La deuxième saison sera diffusée aux Etats-Unis début 2014. J'ai déjà hâte. 

jeudi 29 août 2013

"La nostalgie heureuse"


Des années que je n'avais pas lu un roman d'Amélie Nothomb qui, selon moi, peine vraiment à renouveler ses thèmes. J'ai rempilé avec "La nostalgie heureuse" parce que j'avais beaucoup aimé le récit autobiographique de ses précédentes aventures nippones. Ici, pour les besoins d'un reportage télé, l'auteur retourne au Japon sur les traces de son passé pour la première fois depuis seize ans. Elle va faire un petit tour à Fukushima, où elle est effarée par la dévastation. Elle revoit sa nourrice Nishio (un des personnages principaux de "Métaphysique des tubes"), qu'elle étreint en pleurant, puis son ex-fiancé Rinri (à qui elle avait consacré "Ni d'Eve ni d'Adam") avec qui elle partage un agréable dîner au restaurant. La présence ses caméras la gêne. Plantée au milieu du carrefour de Shibuya, elle connaît une sorte d'épiphanie. Et au retour, son avion frôle l'Everest, lui inspirant quelques considérations sincères mais d'une grande banalité sur la beauté du monde. Voilà, c'est tout. Malgré une humilité et un humour toujours aussi sympathiques chez cette écrivaine merveilleusement barrée, j'ai trouvé sa Nostalgie plutôt creuse et dénuée d'intérêt. Et puis, 16€ le bouquin lu en trois quarts d'heure? C'est un peu court, jeune fille. 

mercredi 28 août 2013

Nouveau layout


C'était dans mes objectifs de février, puis de mars... J'ai pris le temps, mais ça y est - avec l'aide de Chouchou, j'ai enfin refait le layout du blog! Vous constaterez trois grands changements:

- Le fond blanc: Question de lisibilité. Je me suis rendu compte que mes goûts me portaient de plus en plus vers un look épuré, et que le précédent fond rouge et rose me semblait désormais bien trop chargé. Il me semble que mes photos ressortiront mieux sans rien autour pour leur faire concurrence. 

- La bannière: J'ai repris le principe de mes mosaïques bien-aimées, et je renouvellerai régulièrement les photos qui la composent. Celles que j'ai choisies sont censées illustrer les différents thèmes abordés sur le blog et donner le ton général. 

- Les onglets: Ils vous permettront de fouiller plus facilement les archives pour retrouver les billets ayant trait à un sujet bien précis. Comme j'ai encore un peu de place dans la barre, j'en rajouterai sans doute quelques-uns dans les semaines ou les mois à venir. Pour l'instant, j'envisage un récapitulatif d'adresses toulousaines, et peut-être un thème "bien-être" qui regrouperait mes billets sur la pensée positive, la visualisation, et toutes les recherches que j'ai pu faire ces dernières années dans le but de 1/vaincre mes angoisses 2/être plus heureuse.

Des avis, des suggestions? Les commentaires sont là pour ça!

67



Cette année, personne ne réclamera d'entrecôte bien cuite avec des frites.
Mon père aurait eu 67 ans aujourd'hui. 
Il n'en finit pas de me manquer. 

mardi 27 août 2013

Col Claudine au crochet



J'avais repéré le patron sur Ravelry, et décidé de le tenter pendant les vacances. Pour ce faire, j'avais emporté deux sortes de fil d'épaisseurs différentes. J'ai commencé par le plus gros, un Rialto Aran de la marque Debbie Bliss dans le coloris 18 (rouge). Du 100% mérinos agréable à toucher, mais pas du tout à travailler, car les brins se dédoublent en permanence. De plus, chaque pelote ne contient que 80 mètres de fil: je me suis donc retrouvée en panne aux trois quarts du dernier rang de mon ouvrage. Je n'avais pas de seconde pelote de la même couleur, juste une pelote de la même qualité, mais rose vif, et elle était restée à la maison. 


Je me suis dit que je finirais une fois rentrée, mais j'étais frustrée quand même. J'ai donc recommencé à zéro avec mon autre fil: du Sprint de chez Bertagna Filati, 70% mérinos 30% polyamide, d'un gris mêlé de brins argentés. Moins doux mais plus fin et plus facile à travailler même s'il accroche légèrement. Le résultat obtenu a un petit côté "romantique classique" qui m'a fait tout de suite penser à quelqu'une dont l'anniversaire approchait; j'espère qu'elle l'appréciera!


Voici ce que donne le mien porté. Je pense trouver un top sur lequel il va particulièrement bien et le fixer avec quelques points pour l'empêcher de tourner. 

lundi 26 août 2013

"Une part de ciel"


Il est quelques auteurs dont je ne réfléchis même pas avant d'acheter les nouveaux livres: quel que soit le sujet, je sais que je passerai un bon moment avec eux. Depuis "Seule Venise", "Les déferlantes" et "L'amour est une île", Claudie Gallay fait partie de ce petit club très fermé. Aussi, je me suis jetée sur "Une part de ciel" dès sa parution, la semaine dernière. Je n'aurais de toute façon pas pu résister bien longtemps à sa ravissante couverture... 

"Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père Curtil lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa soeur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n'est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse... 

Dans le gîte qu'elle loue à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l'artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n'a rien d'évident: Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d'enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s'écoule, le froid s'installe, la neige arrive... Curtil sera-t-il là pour Noël?" 

Une fois de plus, Claudie Gallay nous livre le monologue intérieur d'une femme seule qui observe attentivement le monde et les gens alentour; une femme sans but véritable, qui s'interroge trop pour être tout à fait présente à sa propre vie - mais qui va apprendre à le devenir. On aime ou on n'aime pas; personnellement, j'adore. Le style est toujours aussi particulier: phrases courtes, parfois incomplètes, écrites comme on pense. Claudie Gallay égrène les gestes du quotidien; elle bâtit les trois quarts de son roman sur des choses banales que d'autres auteurs passeraient sous silence en les considérant comme sans intérêt. Du coup, la narration est d'une extrême lenteur, et l'action quasi inexistante. Mais j'adore ce sentiment d'être dans la tête de ses héroïnes, de voir véritablement à travers leurs yeux. 

Pour le reste, j'avoue que le décor du village de montagne m'a moins touchée que les rues de Venise en hiver ou les falaises battues par les embruns de la côte Atlantique. "Seule Venise" et "Les déferlantes" m'avaient donné envie de partir en voyage; "Une part de ciel" m'a plutôt donné envie de fuir cet endroit déprimant qu'est le Val-des-Seuls: sa taille mise à part, il m'a fortement m'a rappelé la petite ville dans laquelle se déroule l'action de la série télé "Les revenants". En résumé, bien que j'aie dévoré ce roman, il ne m'a pas enchantée autant que les précédents de Claudie Gallay. Ce qui ne m'empêchera pas d'attendre le prochain avec impatience. 

Wishlist Automne 2013


Wishlist Automne 2013


Si je vous disais le temps qui m'a été nécessaire pour pondre ce pauvre petit moodboard sur Polyvore, les geekettes parmi vous se moqueraient de moi jusqu'à la fin des temps plus un jour. Ma première tentative, qui avait mobilisé la plus grande partie de mon samedi, a tout bonnement disparu au moment où je cliquais sur "Sauvegarder". Crise de rage, menace d'aller poser une bombe quelque part ou au minimum de ne plus jamais tenter d'apprivoiser aucun nouvel outil informatique, etc. Probablement une vengeance du karma minimaliste que j'ai bichonné si amoureusement tout l'été, même si je n'ai pas dit que j'allais tout acheter. (D'accord, en fait, un de ces objets est déjà dans mes placards et deux autres font actuellement route vers moi. Mais 3 sur 14, ça reste raisonnable.)
Et vous, déjà des envies pour cet automne?

dimanche 25 août 2013

Foxy lady



Grâce à Fred et Olivier de chez Wakko, j'ai enfin récupéré mon roux flamboyant - hourra! Hier soir, nous devions aller chez des amis alors que Bruxelles connaissait sa première journée de pluie et de grisaille depuis début juillet; j'en ai profité pour ressortir la robe à renards achetée en soldes l'hiver dernier. Des babies compensées de la nouvelle collection Jeune & Jolie André, un blouson en jean court, une paire de collants chair pour ne pas trop plomber l'ensemble, et hop!



La robe est adorable avec son imprimé renards et son petit col Claudine qui laisse voir un peu de peau au-dessus d'une encolure ronde classique. Par contre, elle est vraiment très courte: je porte du M alors que je mesure seulement 1m54. Une fille plus grande et plus mince aurait à peine les fesses couvertes! C'est le défaut des robes Sugarhill, mais aussi Louche et Kling, trois marques petit prix dont je raffole pourtant.


Robe: Sugarhill
Blouson: Cache-Cache
Babies compensées: André (collection A/W13)
Sac: Abaco 

jeudi 22 août 2013

"Grand-mère déballe tout"


"Il n'est pas bon que les enfants se sentent admirés. Ca les rend vaniteux et leur gâte le caractère."

Pure aryenne issue d'une "très bonne famille" de la grande bourgeoisie allemande, Elizabeth a eu le malheur de tomber amoureuse d'un médecin juif pendant qu'elle officiait au front en tant qu'infirmière, durant la Première Guerre Mondiale. Carl s'est promptement converti au catholicisme et ensemble, ils ont eu une fille, la très indomptable et très brillante Renate, qu'Elizabeth élève sévèrement avec l'aide d'une domestique bourrue. Toute la famille mène une vie agréable dans une petite ville de province... jusqu'au jour où les rafles commencent. Quand les hommes de la famille de Carl sont emmenés et que Carl lui-même se voit retirer l'autorisation d'exercer, Elizabeth décide de l'envoyer en Amérique pour le mettre en sécurité...

Chronique familiale dépeignant trois générations de femmes à fort caractère, "Grand-mère déballe tout" évoque dans un premier temps la montée du nazisme et la difficulté à reconstruire sa vie ailleurs en tant que réfugiés. Non que la narratrice se laisse jamais abattre: c'est une femme dure et volontiers moqueuse, qui ne cesse de houspiller son entourage. Même si elle prédit sans cesse l'imminence de sa propre mort, elle finit par triompher de tous les revers de fortune - fût-ce en se plaignant un maximum. Dans la seconde partie du roman, elle raconte sur un ton très critique la vie et les choix de sa fille Renate, que bien sûr elle désapprouve, puis ceux de sa petite-fille Irene (l'auteur du roman), que bien sûr elle désapprouve aussi. Une grand-mère vache mais haute en couleurs.

mercredi 21 août 2013

Astuce pour ranger vos masking tapes


Pendant longtemps, j'ai rangé mes rouleaux de masking tape dans une jolie corbeille en feutrine grise. Ca ne prenait pas beaucoup de place, mais faute de voir les motifs que j'avais déjà, il m'est arrivé d'en racheter en double. Et surtout, j'avais tendance à n'utiliser que ceux du dessus. Quand soudain, une folle inspiration...





Le plus difficile a été de trouver un cintre à pantalons multiple avec des barres amovibles plutôt que fixes (sans quoi, pas moyen d'enfiler les rouleaux dessus!). Après des visites infructueuses chez Hema, Casa, Blokker, Ikea et Eurodif, j'ai finalement déniché mon bonheur sur le site internet des 3 Suisses. Je suis absolument ravie de ma trouvaille!




Pour les intéressées, hormis les motifs classiques de la marque MT qu'on trouve un peu partout (à Bruxelles, notamment chez Filigranes ou Schleiper Be Creative), la plupart de mes masking tapes ont été commandés sur le site américain Freckled Fawn: prix raisonnables, y compris pour les frais de port vers l'Europe, grand choix  de motifs et de couleurs, service aimable et rapide.

mardi 20 août 2013

"Bridget, parce que le féminisme n'est pas un gros mot"


Dimanche à l'aéroport de Blagnac, je cherchais un magazine pour occuper mon heure et demie de vol de retour. J'avais déjà lu le NEON et le BioMood en cours, plus ma dose maximum de presse féminine "classique". Je m'apprêtais à sortir du Relay les mains vides quand mon regard s'est posé sur une couverture marrante titrée "Bridget: parce que le féminisme n'est pas un gros mot". Malgré le grand format que je déteste et le prix plutôt salé (4,90€), la curiosité et le désoeuvrement potentiel l'ont emporté. 

Au premier abord, on ne peut s''empêcher de remarquer une forte ressemblance avec Causette: la maquette, le ton, rien ne démarque Bridget de sa grande soeur. Certes, les féminins classiques sont tous plus ou moins les mêmes, mais justement, j'attendais davantage d'originalité de la part d'un mensuel féministe. Et puis Bridget, moi, ça me fait surtout penser au personnage d'Helen Fielding, que je ne qualifierais pas franchement d'icône féministe. 

Passons au contenu. Beaucoup de remplissage avec, notamment, pas moins de 9 portraits pleine page de femmes (toutes jeunes et jolies, mais pas toutes blanches, c'est déjà ça...) qui font des grimaces marrantes avec, en haut, une citation célébrant le féminisme. Les brèves, je les ai déjà toutes vues et revues sur Facebook ou sur Twitter. Les articles reprennent des sujets traités maintes fois ces derniers mois, notamment sur les blogs féministes mais pas que: les Antigone, les déclarations consternantes de Valérie Pécresse sur le congé paternité, le sexisme dans l'industrie du jeu vidéo, le test Bechdel, les attaques à l'encontre de Marion Bartoli suite à sa victoire à Wimbledon, le harcèlement de rue... Ce n'est pas mal écrit, mais ça ressemble plus à un travail de compilation que de véritable journalisme. Le seul qui m'interpelle vraiment arrive à la fin et est intitulé "Nabila et Zahia: foutons-leur la paix". C'est dire.

Alors, Bridget, une addition inutile et probablement éphémère au paysage de la presse française? J'aurais tendance à répondre par l'affirmative. D'un autre côté, en accro du net et féministe convaincue, je suis certainement mieux renseignée que la moyenne sur la question. Mais une personne qui ne se sent pas concernée par le sujet du sexisme, et à qui Bridget pourrait donc apprendre des choses, aura-t-elle envie de le lire? Ca m'étonnerait beaucoup. Je prédis donc un flop à court terme - même si je serais ravie de me tromper.

lundi 19 août 2013

"Les débutantes"


"Bree, Celia, April et Sally avaient quitté leurs chambres de bonne et emménagé à l'étage principal. Elles laissaient leurs portes ouvertes pendant la journée et criaient simplement pour se parler. Elles se vautraient sur les divans du salon après le repas du soi, se racontant des ragots et se lisant à voix haute des passages du New Yorker et de Vogue."

Elles se sont connues et aimés à l'université de Smith, haut lieu de la culture féministe. Le temps, le mariage, la vie d'adulte les ont séparées... jusqu'à la disparition de l'une d'entre elles. Face aux déceptions de l'existence, rien n'est plus précieux que les souvenirs et les amies des années de fac. Bree, Celia, April et Sally vont s'en rendre compte. 

J'avais vu "Les débutantes" à la Fnac, et très honnêtement, sa quatrième de couverture ne m'avait pas fait envie. Les bandes de filles à l'amitié fusionnelle, la nostalgie des études supérieures sont deux sujets pour lesquels je n'éprouve aucun intérêt tant ils sont éloignés de mon propre vécu. Quant à l'entrée dans la vie adulte... la mienne remonte déjà à fort longtemps. Puis j'ai lu d'excellentes critiques sur ce premier roman de J. Courtney Sullivan, et je me suis dit que, peut-être, il ferait quand même une bonne lecture de vacances dans le genre léger et pas prise de tête. 

Une bonne lecture de vacances? Oui, sans aucun doute, étant donné que j'ai dévoré ses 540 pages en moins de 48h. Pour ce qui est du genre léger, par contre... Une des filles a perdu sa mère juste avant d'entrer en fac. Une autre est rejetée par sa famille qui n'admet pas qu'elle ait une relation lesbienne. Une troisième a été abusée par un ami de sa mère quand elle avait treize ans, s'est retrouvée enceinte et a dû avorter. La dernière se fait violer par son cavalier d'un soir, hésite à considérer l'agression comme telle car elle n'a pas protesté suffisamment et se montre presque contente quand le garçon finit par la rappeler. 

Bref, si le roman commence sur un ton relativement insouciant, ses héroïnes ne tardent pas à être confrontées à toutes sortes de drames. Dans la première partie, elles ont quitté la fac depuis 5 ans et s'apprêtent à se retrouver pour le mariage de l'une d'elles. En leur donnant la parole tour à tour, l'auteur nous raconte les circonstances de leur rencontre, la naissance de leur amitié, la parenthèse quasi enchantée de leur passage à Smith, puis leurs premiers pas hésitants dans la vie adulte. Les noces de Sally est l'occasion de montrer à quel point elles se sont éloignées les unes des autres - irrémédiablement, peut-être.

Mais au début de la seconde partie, April, devenue activiste féministe, disparaît brusquement, et les trois autres, qui se demandent chacune à sa façon si elles ne se sont pas fourvoyées dans leurs choix de vie, reforment instinctivement les rangs. Le roman prend alors un ton beaucoup plus grave, même si l'amitié y reste une source constante de lumière et de chaleur. La fin, où l'on apprend ce qui est arrivé à April, flirte avec le sordide à travers un problème de société typique de la culture patriarcale et généralement passé sous silence.

Plus sérieux qu'il n'y paraît au premier abord, "Les débutantes" pose d'excellentes questions sur la condition féminine. Il aura réussi à me surprendre jusqu'au bout.

dimanche 18 août 2013

Les étonnantes sculptures de Fanny Ferré



Alléchés par les nombreuses affiches qui garnissent en ce moment les abribus de Haute-Garonne, vendredi après-midi, nous avons pris notre courage à deux mains (et la voiture de ma mère) pour parcourir les quelques 70 kilomètres de routes de campagne plombées par le soleil qui nous séparaient de l'exposition de Fanny Ferré


Au château de Laréole, bâtisse de style Renaissance construite au XVIème siècle, on peut actuellement admirer plus d'une centaine des sculptures en bronze ou en argile de cette artiste au style très personnel. 






Nus ou vêtus de haillons, ses personnages sont accroupis par terre, occupés à ripailler ou affairés à leur toilette sans pudeur aucune. Ils ne cherchent pas à provoquer: ils sont juste instinctifs et animaux - primitifs, même, dans leurs rapports aux choses et aux êtres. Certains chevauchent des bêtes à cru; d'autres traînent une carriole dans laquelle s'entassent toute leur famille et leurs maigres possessions. Presque tous semblent être d'éternels nomades. 





Leur visage n'exprime jamais de joie - au mieux, une sorte d'exultation féroce. Le plus souvent, leur bouche est ouverte comme si l'artiste les avait capturés au milieu d'une respiration, d'un halètement, d'un cri d'effort ou de souffrance. Leurs contours peuvent parfois sembler un peu bruts, mais cela contribue à leur beauté étrange et sauvage. 

Vous l'aurez compris: même si elle est située un peu loin de tout, j'ai énormément apprécié cette expo. Malgré la taille modeste de son corps d'habitation, le château de Laréole est doté d'une buvette où le visiteur peut se désaltérer et savourer une glace à l'ombre, ainsi que d'un parc qui abrite une géocache de taille 3 (promptement loguée par vos serviteurs), quelques rangs de vigne et un petit labyrinthe taillé au milieu des fleurs sauvages. Si vous êtes de passage dans la région, la balade vaut le coup. 

Jusqu'au 29 septembre 2013
Entrée libre et gratuite
Château de Laréole
31480 Laréole

samedi 17 août 2013

Balade aux deux jardins



Cet après-midi - notre dernier à Toulouse -, ma mère était de mariage. On se demandait ce qu'on allait bien pouvoir faire après notre Irish breakfast au De Danù quand j'ai eu l'idée d'une promenade au Jardin des Plantes situé non loin de là, juste à côté du Jardin Royal. Chacun d'eux abritait une géocache, et je me disais qu'on trouverait bien un banc à l'ombre pour lire ou dessiner...



Au final, on n'a logué qu'une cache sur les deux. Par contre, en cherchant vainement la première aux alentours d'une superbe cascade, j'ai découvert un belvédère qui surplombait l'ensemble du jardin. Certes, ses bancs et sa balustrade colorée étaient couverts de graffiti, et de légers effluves d'urine ou de marijuana nous chatouillaient parfois les narines. Mais il faisait une température parfaite, avec juste un souffle de vent qui agitait les grands arbres autour de nous, et nous nous sommes sentis si bien dans ce nid d'aigle que nous y avons passé une bonne heure et demie des plus sereines.