samedi 6 juillet 2013

"Le reste est silence"


Tommy a douze ans, mais c'est à peine s'il en paraît huit. Atteint d'une grave malformation cardiaque, il ne peut pas pratiquer les mêmes activités que les autres enfants de son âge, et ceux-ci le raillent cruellement. Alors, Tommy - enfant intelligent et sensible - s'est créé un petit monde à lui. Avec son ami imaginaire Kàjef, il fait du canoë sur l'océan. Il aime aussi enregistrer les conversations des adultes pour tenter de les comprendre. A l'occasion d'un mariage, il découvre ainsi que sa mère n'est pas morte d'une rupture d'anévrisme comme on le lui a fait croire, mais qu'elle s'est suicidée... 

Alma est la belle-mère de Tommy, qu'elle aime comme s'il était son propre fils. Elle s'est construite en opposition à sa propre mère,  coureuse invétérée, fantasque et irresponsable, qu'elle appelle Manà. Mais quand son ancien amant Leo réapparaît lors de ce fameux mariage, Alma, délaissée par son époux, se surprend à s'engager dans les traces de sa mère...

Juan est le père de Tommy et le mari d'Alma, un homme sévère et entièrement dévoué à son travail de chirurgien cardiologue. Il n'a rien pu faire pour sa première femme et il craint constamment pour la vie de son fils; alors, comme pour conjurer le sort, il s'efforce de sauver d'autres malades. Et quand la pression devient trop forte, il s'évade à bord de son petit avion... 

Impossible de communiquer pour les membres de cette famille recomposée. Chacun est seul, enfermé en lui-même avec les pensées qui le tourmentent, et ne peut ou n'ose pas compter sur les autres pour l'aider. L'enquête de Tommy pour découvrir ce qui est réellement arrivé à sa mère, la liaison d'Alma et de Leo, l'impuissance de Juan face à la détérioration rapide d'un de ses jeunes patients vont renforcer leur isolement et les mener jusqu'au drame. Pourtant, "Le reste est silence" n'est pas un roman déprimant. Douloureux, sans doute. Mais ce que j'en retiendrai surtout, c'est sa justesse et sa force émotionnelles. Babel/Actes Sud s'impose décidément comme mon fournisseur n°1 de littérature contemporaine de qualité.

vendredi 5 juillet 2013

Nouveaut(h)é: Bons baisers de Paris de L'autre thé


C'est dans la box Envouthé "Elixir fleuri" que j'ai découvert ce mélange de thés vert et blanc à la violette et à la framboise. Admirez les fruits entiers, les fleurs bien reconnaissables, mais aussi les feuilles de thé entières qui sont toujours un gage de qualité supérieure:



Séduite par le goût surprenant de ce Bons baisers de Paris (que personnellement j'aurais plutôt appelé Bons baisers de Toulouse, mais ceci est un détail), j'ai dès la fin du sachet dégustation passé une commande sur le site de la marque L'autre thé. Bonne surprise, tous les thés sont proposés en plusieurs formats - dans une jolie boîte en métal, en sachet de 100, de 50 ou de 10g... Il est donc possible de multiplier les découvertes, d'autant que beaucoup de mélanges sont très alléchants et que les frais de port offerts à partir de 35€ encouragent à se lâcher... (Oui je sais, déconsommation blabla, mais j'ai fait le vide dans mon placard à thé récemment, et s'il est bien une chose qui ne se gaspille pas chez moi, c'est le thé: j'ai des tas de copines toujours contentes de récupérer les variétés qui ne me plaisent finalement pas.)


En plus du Bons baisers de Paris, j'ai choisi le Jardin des Hespérides bio (thés vert et blanc au pamplemousse et à la mandarine, parsemé d'écorces d'agrumes et de fleurs de souci), le Jardin de Provence (Yunnan à la lavande), le Rêve d'Eté (thé vert à la fraise, à la pêche, à l'ananas et aux fleurs de tournesol) qui par un pur hasard est également présent dans la Thé Box de ce mois-ci, le Grand Jasmin bio et le Cassis bio. En cadeau, j'ai reçu avec ma commande deux sachets dégustation (10g) de tisane: la Passion orange et la Bonne humeur, que je ne boirai pas car elles contiennent toutes deux des fleurs d'hibiscus, mais une des copines mentionnées ci-dessus leur fera sûrement honneur!

Après Teapigs et O Thés Divins, c'est la troisième "petite" marque que je découvre grâce aux box de thé. Je suis ravie de constater que, fût-ce par correspondance, on trouve désormais autre chose que du Mariage Frères ou du Palais des Thés en France, et que ces nouvelles maisons savent composer des mélanges originaux avec un bon rapport qualité-prix. De plus, elles proposent un nombre grandissant de produits bio - et ça aussi, ça ne peut que m'enchanter!

jeudi 4 juillet 2013

La folle aventure de la clim de Schrödinger




7h30: Je me tire péniblement du lit. J'ai encore lu tard hier soir, mais l'électricien doit passer à 9h pour poser ma clim et je voudrais ranger un peu avant son arrivée. 
8h30: Je tente de vider la poubelle. Le sac trop plein se déchire et répand, moitié sur le sol moitié à l'intérieur de la poubelle, 500g de chocolat en poudre italien périmé depuis octobre 2010 ainsi qu'un demi-paquet de coquillettes complètes préhistoriques. Positivons: ça fait des mois que je me dis "Il faudrait quand même que tu nettoies cette poubelle". Là, j'ai plus le choix. 
9h: Penchée au-dessus de ma baignoire remplie de cacao, je récupère les coquillettes en fuite avant qu'elles ne s'engouffrent dans la bonde. Pourvu que l'électricien ne sonne pas maintenant!
9h10: La poubelle est propre et sèche. L'électricien brille par son absence. Mais bon, dans le Sud, on sait bien ce que ça veut dire, "à 9h". Il arrivera sans doute à 9h15. 
9h30: ...Ou pas. 
10h: Ca commence à bien faire, je l'appelle sur son portable. 
10h02: Pas de bol, il ne décroche pas.
10h20: Je retente ma chance. Cette fois, l'électricien décroche. "Bonjour, c'est Mme Armalite." "Ah oui, on est en retard, mais j'avais pas votre numéro pour vous prévenir." "..."
10h30: L'électricien arrive avec un collègue et une quantité de matos inouïe avec laquelle il cogne joyeusement les murs de mon couloir. 
10h45: Les deux électriciens se disputent sur la manière de poser ma clim. Je commence à flipper.  
10h50: J'entends "Ah merde, ça sort à droite", suivi de "Tant pis, au pire, on cassera un peu". Qu'est-ce qui m'a pris de vouloir faire poser une clim au début de l'été le plus pourri du millénaire? 
11h05: Le collègue de l'électricien demande: "On perce maintenant?" Réponse: "Ah ben non je peux pas, j'ai un rendez-vous à 11h." 
11h06: L'électricien s'en va.
11h20: Le collègue de l'électricien fume une clope en téléphonant sur mon balcon. Pendant ce temps, au moins, il ne casse rien.
11h45: Le collègue de l'électricien s'agite en maugréant entre ses dents. Je n'ose pas sortir de mon bureau pour voir ce qu'il fait. Pourtant, ce serait bien que je monte dans ma chambre vider une penderie, ça me détendrait un peu...
11h50: J'entends comme des coups de masse et un bout de mur qui s'effrite.
12h05: J'entends un genre de perceuse.
12h07: J'entends un "Oh putain!".
12h08: Re-perceuse.
12h11: Re-"Oh putain!". Où est mon Xanax?
12h25: Je n'entends plus rien depuis plusieurs minutes. Je crois que c'est pire.
12h35: L'électricien revient. Son collègue lui annonce que le marteau-piqueur est en panne. C'était donc ça.
12h37: "Madame Armalite, on va manger au McDo et on en profite pour passer au bureau chercher un autre marteau-piqueur, d'accord?"
14h20: Retour des électriciens. Je faisais la sieste sur les 7 centimètres carrés de canapé qui n'étaient pas occupés par des sacs de trucs à donner. J'ai un début de migraine et un torticolis; je sens que l'après-midi va être plaisant.
14h25: Ouh putain, il marche bien le nouveau marteau-piqueur. J'aurais peut-être dû prévenir les voisins que je faisais des travaux chez moi aujourd'hui. Et me faire prescrire du Doliprane en perfusion.
14h30: J'envisage la trépanation à la mèche de 12 pour mettre un terme à mes souffrances.
14h50: Il me semble urgent de mettre en oeuvre la célèbre tactique dite du "Courage, fuyons". J'annonce que je pars faire quelques courses au village.
15h: Evidemment, c'est la seule fois depuis douze ans que j'habite ici qu'il n'y a pas UN péquin avant moi à la Poste.
15h20: Quand je rentre, je ne peux m'empêcher d'apercevoir le trou dans le mur de mon salon: au-dessus de l'ouverture pratiquée par le tuyau, un bon morceau de revêtement s'est détaché. J'espère que ça sera masqué par l'appareil.
15h21: Chaleur oblige, le collègue de l'électricien s'est mis torse nu pour travailler. C'est pas vraiment le sosie de Vin Diesel. Mes yeux saignent. Quand on se croise dans mon couloir (plutôt étroit), je retiens mon souffle pour que son gros ventre blanc et luisant de sueur ne me touche pas.
15h22: J'aurais dû demander aux vieux sur la place du village de me laisser jouer à la pétanque avec eux.
15h50: J'offre une bière aux électriciens. Il ne s'agirait pas qu'ils meurent déshydratés avant d'avoir fini de poser cette foutue clim. "Fait chaud hein?" me lance #1. "C'est parce que vous vous agitez. Moi je suis juste bien." "Ah ouais, mais les femmes, vous, vous êtes des lézards!" Euh.
16h20: L'électricien #1 me demande une pelle et une balayette pour nettoyer, parce qu'ils ont fini. J'hésite à beugler "It goes like this, the fourth, the fifth, the minor fall, the major lift..." en levant les bras au ciel, mais je me retiens de crainte qu'il ne me dise "Moi aussi, j'aime beaucoup cette chanson de Jeff Buckley".
17h20: L'électricien #1 m'appelle pour m'expliquer le fonctionnement de ma clim. Passé "On/Off", le réglage du mode et celui de la température, je ne comprends plus rien. J'ai l'impression qu'il ne me parle même pas français. "De toute façon, c'est dans le mode d'emploi", me dit-il en brandissant un genre de catalogue de La Redoute, les photos en moins. Je réponds que ma religion m'interdit de lire les modes d'emploi, et qu'il faudra donc que je me débrouille avec les trois boutons de base.
17h35: La porte se referme sur les deux électriciens. Ils ont tout bien nettoyé avant de partir et il fait délicieusement frais dans mon salon. Allez, l'été prochain, je fais changer mes volets.

Non, ceci n'est pas le produit de ma dernière sortie geocaching, 
mais ce que les électriciens ont retrouvé à l'intérieur du radiateur de mon salon. 
Les archéologues apprécieront. 

mercredi 3 juillet 2013

Ici et maintenant



Après une journée passée à trier et à jeter frénétiquement, se dire sur le coup de 17h30 qu'on a bien mérité une petite pause.
Prendre un livre de saison: "Under the Tuscan sun", de Frances Mayes, et l'emporter sur la terrasse.
Tourner le transat pour avoir une meilleure vue sur le grand pin.
Commencer à lire et à rêver de vacances en Italie.
De temps en temps, lever la tête vers le ciel bleu et soupirer d'aise.
Se remplir de cette luminosité sublime par tous les pores.
Finir par poser le livre et fermer les yeux.
Somnoler à moitié tandis que le crincrin des cigales cède la place au hululement plaintif de la première chouette.
Rester là longtemps malgré l'air qui fraîchit et l'estomac qui gargouille un peu.
Se demander s'il existe un seul autre endroit au monde où on se sentira jamais aussi complètement en paix qu'ici. 

mardi 2 juillet 2013

Lectures 2ème trimestre 2013


ROMANS/ESSAIS EN FRANCAIS
- Le grand jardin (Francis Dannemark) ♥♥
- Histoire d'Alice, qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un) (Francis Dannemark) ♥♥
- Louisa et Clem (Julia Glass)
- Le petit joueur d'échecs (Yôko Ogawa)
- L'ombre de moi-même (Aimee Bender) ♥♥♥
- Le voyage de Luca (Jean-Luc Outers) ♥♥♥♥
- Walvis blues (Luvan) ♥♥♥
- L'horloge du temps perdu (Anne Fakhouri) ♥♥♥
- Ce qui nous lie (Samantha Bailly) ♥♥♥
- Confessions d'un automate mangeur d'opium (Fabrice Colin/ Mathieu Gaborit) ♥♥♥♥
- Les lisières (Olivier Adam) ♥♥♥♥
- L'envie (Sophie Fontanel) ♥♥
- Eloge de la vieillesse (Hermann Hesse) ♥♥♥
- La cote 400 (Sophie Divry) ♥♥♥
- Le reste est silence (Carla Guelfenbein) ♥♥♥

ROMANS EN ANGLAIS
- Odd apocalypse (Dean Koontz) ♥♥♥
- The newlyweds (Nell Freudenberger) ♥♥♥♥
- May we be forgiven (A.M. Homes)
- The universe versus Alex Woods (Gavin Extence) ♥♥♥♥
- Trails of the Spellmans (Lisa Lutz) ♥
- Undead and unstable (Mary Janice Davidson) ♥
- The mysterious Benedict society (Trenton Lee Stewart) ♥♥♥

BEDE EUROPEENNE
- Le Cercle T1: "Your true colors" (Andoryss/Nesskain) ♥♥♥♥
- Le voyage extraordinaire T1 et 2 (Filippi/Camboni) ♥♥♥♥
- Madie (Raymond/Filippi/Mercier) ♥♥
- Ma vie posthume T2: "Anisette et formol" (Hubert/Zanzim) ♥♥♥♥
- Le cirque, journal d'un dompteur de chaises (Ileana Surducan) ♥♥♥
- Vivre vieux et gros: les clés du succès (Michel Plée) ♥♥♥
- M. Cheval (Mux) ♥
- La tectonique des plaques (Margaux Motin) ♥♥♥♥
- Ouessantines (P. Weber/Nicoby) ♥♥
- Deux ou trois mois d'éternité (Lewis Trondheim) ♥♥
- Le Cercle T2: "Réminiscence" (Andoryss/Nesskain): ♥♥♥
- L'atelier Mastodonte (Trondheim, Pedrosa, Bianco, Neel, Alfred, Tebo, Yoann) ♥♥♥

COMICS
- Rachel rising T1 "The shadow of death" (Terry Moore) ♥♥♥

MANGA
- Kamakura diary T1 (Akimi Yoshida) ♥♥
- Utena la fillette révolutionnaire T1 (Saitô Chiho/Be-Papas) ♥
- Gisèle Alain T3 (Sui Kasai) ♥♥♥
- Mes petits plats faciles by Hana T2 (Masayuki Kusumi/Etsuko Mizusawa) ♥♥♥♥♥

* désigne un livre que j'avais déjà lu précédemment
Une totale absence de ♥ signifie que je n'ai même pas terminé le livre en question.
Je n'inclus pas dans cette liste les livres lus pour le boulot.

L'embuscade




Franchement, elle avait bien commencé, cette journée. Ciel bleu sans nuages, 27° à l'ombre - ma température idéale, même si par ici les gens trouvent que l'été se fait un peu désirer. La veille au soir, fini un marathon-bouclage de trad et envoyé une groooosse facture. Du coup, journée détente au programme. Envoi du colis du swap bonne humeur vers le Canada. Déjeuner dans mon petit resto préféré avec mon couple d'amis préférés - des petits farcis à la provençale comme en préparait ma grand-mère, miam! (Non, les petits farcis ne sont pas mes amis préférés mais ce qu'on a mangé ensemble.) (Je préfère préciser, on ne sait jamais.) 

Comme j'ai des courses un peu encombrantes à faire, mes amis proposent de me prêter leur vieille 205 Junior. J'avais la même au début des années 90, ça me fera une séquence nostalgie en plus de vachement m'arranger. Je prends le temps de descendre sur le port pour manger une glace face à la mer et bouquiner une petite demi-heure, puis je me mets en route vers Ikea. Dieu que les tapis sont moches; c'est pas aujourd'hui que je vais changer celui de mon bureau. Une nouvelle ménagère pour remplacer les vieux couverts dont le manche en plastique commence à se fendiller - très bien. Où sont les égouttoirs? Pendant que je cherche, Céline Dion se met à roucouler sa wishlist par les haut-parleurs: elle voudrait oublier le temps, elle voudrait retrouver ses traces, elle voudrait décrocher la lune... mais avant tout, avoue-t-elle en attaquant le refrain, elle voudrait parler à son père. 

Au premier refrain, les yeux me piquent; au second, je commence à renifler; au troisième, je chiale comme une conne entre le rayon des torchons et une palette de bols Färgrik. 

Parce que moi aussi, plus que toute autre chose au monde, je voudrais parler à mon père. Lui demander comment vont les tomates et les courgettes de son jardin, et s'il y aura encore des fraises quand je viendrai le mois prochain. Lui dire que je fais poser une clim réversible chez moi et l'entendre approuver que ce sera un bon investissement. Lui montrer les pièces d'euros finlandaises rapportées de Helsinki, et le regarder les approcher de son oeil pour vérifier qu'elles n'ont aucune rayure. Lui annoncer que notre prochain voyage nous emmènera à Venis, et le voir filer chercher son petit guide pour me montrer les commémoratives italiennes qui lui manquent. L'entendre maugréer devant les infos de TF1 qu'on nous prend vraiment pour des cons. Même, me ratatiner de honte chez Carré d'Artistes en l'entendant gueuler que tout est super moche et que les tableaux lui font peur. 

Mais je ne peux pas; je ne peux plus. 

Alors pour me venger, j'achète deux verres avec des flamants roses et un donut industriel que je dévore sans en sentir le goût en regagnant la voiture. 

Le chagrin est une sale bête qui vous saute dessus sans crier gare au moment où vous vous y attendez le moins.

lundi 1 juillet 2013

Mes 7 objectifs de juillet




1. Eliminer (au moins) un objet chaque jour
2. ...et tenir une liste entrants/sortants
3. Faire ma compta pro du 1er semestre
4. Sortir tous les jours où il fait soleil
5. Porter seulement des robes ou des jupes
6. Revenir au roux
7. Prévoir mon prochain passage à Paris

Swap créatif: le compte-rendu


Le colis de ma swapeuse Manon était arrivé à Monpatelin le mois dernier, mais... le lendemain de mon départ. Je ne l'ai donc récupéré que la semaine dernière. Cela dit, ça valait le coup d'attendre! Jugez-en vous-même:


Le paquet de droite contient des "fortune cookies". Les biscuits sont arrivés cassés malheureusement, mais les petites prédictions qu'ils contiennent sont intactes, elles. De la marque Sophie M., je connaissais et adorais déjà les petits-beurre, mais je n'avais encore jamais vu ces "fortunes cookies".

La boîte de gauche, fabriquée par Manon, abritait ces trésors:


- Un trophée Georges-Arthur au crochet, pour accrocher à mon mur (j'ai déjà une tête de souris en feutrine dans le même style, ça lui fera de la compagnie!)
- Deux vernis à ongles Kiko, un fuchsia et un vert
- Un collier renard dans un bocal que j'avais admiré sur le blog de Manon
- Un paquet de lingettes oshibori japonaises qui gonflent quand on les sort du paquet 
- Deux boutons renard
- Une carte renard en pliage contenant un mot de ma swapeuse

Je vous montre les créations de Manon d'un peu plus près:



Terrible, n'est-ce pas? J'ai vraiment été gâtée sur ce coup-là. Je suis très admirative du talent de Manon pour réaliser de toutes petites choses avec de la pâte Fimo, moi qui manque tellement de dextérité! 

Quant au colis que je lui ai envoyé, vous pouvez en découvrir le contenu ici, sur son blog.

Manon participe également au swap bonne humeur en cours, et j'ai hâte de voir ce qu'elle aura préparé pour sa binôme de cette fois!

dimanche 30 juin 2013

Mes 7 objectifs de juin: bilan


Calendrier renard acheté, et photo empruntée, sur la boutique Etsy de Gingiber

1. Réaliser un carnet de voyage à Helsinki
Un problème de logistique carnettesque (j'ai acheté un Rodia ligné plutôt qu'avec des pages blanches...) m'a obligée à utiliser un petit Moleskine de mon stock pas vraiment approprié à sa mission. Résultat: j'ai pas mal dessiné, mais pas trop pris de notes ni pu faire de collages. On est loin du carnet "idéal" réalisé au Japon en 2010. Cela dit, c'est le premier que je refais depuis lors, et c'est déjà bien qu'il existe.
Taux de réussite: 80%

2. Perdre 3 kilos
A 100 grammes près, je fais le même poids aujourd'hui qu'au début du mois.  Bon, en même temps, vu que j'étais préoccupée par tout autre chose, j'ai pas fait plus de sport que d'habitude et j'ai mangé exactement pareil. Je peux pas réclamer de miracle. Mais comme il faut quand même que je maigrisse un peu, je vais devoir me pencher sur la question dès que j'aurai un minimum de temps et de volonté à lui consacrer.
Taux de réussite: 0%

3. Faire une cure de fer et de magnésium
Entre l'hiver interminable et le fait que je ne consommais quasiment plus de protéines animales, je me sentais à plat depuis des mois. Pour y remédier, j'ai pris une fiole de Defatyl Plus (magnésium à boire, pas trop dégueu mais trouvable seulement en Belgique - sous ce nom du moins) tous les deux jours, et une capsule de B-Fer tous les jours. J'ai également réintroduit un peu de protéines animales dans mon alimentation, notamment sous forme de poisson et de poulet bio. Et je termine juin en bien meilleure forme que je ne l'ai commencé.
Taux de réussite: 100%

4. Installer une clim réversible à Monpatelin
Le rendez-vous est pris avec mon électricien pour mercredi prochain. Ce qui ne signifie pas qu'il viendra effectivement (il lui est déjà arrivé de me faire faux-bond sans même me prévenir). A l'heure actuelle, ma future climatisation flotte donc dans des limbes schrödingiennes. Elle sera peut-être posée, et peut-être pas.
Taux de réussite: 0 ou 100%, à confirmer!

5. Organiser un nouveau swap littéraire
Le thème a été choisi dès la fin d'un mois de mai particulièrement pourri niveau météo: la bonne humeur! Objectif: envoyer un livre qui donne le sourire à sa destinataire. Les binômes ont été communiqués le premier week-end du mois. Nous sommes 28 participantes, et nous devons expédier notre colis d'ici le 15 juillet. Le mien est prêt et partira lundi; j'ai longuement hésité entre plusieurs livres et c'est finalement le manque de disponibilité de certains d'entre eux qui m'a fait opter pour le choix le plus audacieux du lot. J'espère ne pas avoir mis à côté de la plaque!
Taux de réussite: 100%

6. Changer la photo de présentation du blog
J'adorais la précédente, mais elle datait de février 2011; il était temps de la changer. Je ne suis pas folle de la nouvelle (prise à Brighton en avril), mais au moins, elle est plus récente.
Taux de réussite: 80%

7. Apprendre à utiliser l'app. Beautiful Mess
Chouchou me l'a installée. J'ai chargé les mises à jour au fur et à mesure et... euh, c'est tout. Mais ça va venir, hein.
Taux de réussite: 5%

Autres accomplissements
- J'ai commencé à me servir de mon iPad pour acheter et lire les versions numériques de magazines étrangers difficiles à trouver ou atrocement coûteux à l'importation comme Real Simple (US), Mollie Makes, Simple Crochet ou The Simple Things (UK). Enfin une utilité pour ce maudit engin!
- A Helsinki, j'ai eu un vrai déclic par rapport à la déconsommation et au désencombrement. Du coup, je me suis mise à éliminer beaucoup de choses et à résister bien plus facilement aux achats impulsifs. On en reparlera sûrement en juillet...
- Je me suis rendu compte que le projet 52 DIY me poussait à acheter beaucoup de nouvelles fournitures et me faisait générer pas mal de bordel supplémentaire pour chez moi. Comme je suis plutôt dans une démarche inverse, je préfère laisser tomber. Je ferai et présenterai encore des DIY, mais à un rythme plus cool, quand je serai vraiment inspirée et pas juste pour "faire du rendement". Je n'arriverai sûrement pas à 52 d'ici la fin de l'année, mais tant pis. A l'heure actuelle, un projet par semaine, ça ne me convient plus.
- J'ai eu l'idée d'un goûter/swap DIY à Bruxelles. Pas sûre qu'assez de gens soient disponibles pour le mettre en place cet été comme je l'envisageais, mais au pire, j'en reparlerai à la rentrée.
- J'ai enfin eu une conversation que je remettais à plus tard depuis deux ans environ - et j'ai réussi à l'avoir calmement, sans trop agresser la personne d'en face malgré ma brutalité légendaire. Il y a peut-être un truc à creuser dans ce fameux concept de "diplomatie".

Et les objectifs du mois précédent? 
Je me suis efforcée de continuer à toujours choisir l'option optimiste. Et je ne m'en suis pas trop mal sortie, sauf pour tout ce qui touche à ma santé, qui reste LE sujet angoissant pour moi. En pleine période de bouclage, alors que j'étais débordée, j'ai de nouveau frôlé l'attaque de panique; je me suis décidée à filer chez mon généraliste sans rendez-vous, quitte à perdre 3h dans sa salle d'attente, afin qu'il me rassure. Clairement, il y a encore du boulot de ce côté-là, et je désespère un peu d'en voir le bout un jour. Pour le reste, il y a encore du boulot aussi, mais la progression est régulière et satisfaisante.

Et mon petit mot de 2013?
Ca rejoint la réponse à la question précédente.

Conclusion:
Un mois en demi-teinte, avec beaucoup d'averses mais de belles éclaircies, des choses planifiées qui n'ont pas du tout avancé et d'autres qui, alors que je ne me focalisais pas spécialement dessus, ont fait un grand bond en avant. J'aime bien tout contrôler, mais j'essaie d'accepter le fait que parfois, rien ou pas grand-chose ne se passe comme prévu, et que ça peut aussi donner de bons résultats.

Juin 2013



samedi 29 juin 2013

Ma boîte à beauté de juin


Ma boîte à beauté de janvier a constitué pratiquement mon seul achat de cosmétiques depuis le début de l'année. Pour tout vous avouer, l'autre jour en faisant du tri dans mon portefeuille, je me suis aperçue que j'avais laissé expirer deux coupons Sephora à -10%, ainsi que ma carte de fidélité Gold - périmée depuis février et qui n'a pas été renouvelée, fût-ce dans sa version la plus basique. J'ai considéré ça comme une victoire personnelle contre le consumérisme acharné. 

Petit à petit, je vide mes stocks, et j'ai décidé de remplacer désormais les produits finis soit par des équivalents bio, soit par des cosmétiques maison. Du coup, je me suis laissée tenter Ma boîte à beauté de juin. La formule a changé depuis ma commande précédente: si on achète toujours au coup par coup, il n'y a plus qu'une box tous les deux mois, et le tarif est passé à 29€ au lieu de 16 auparavant... Mais on reçoit encore plus de produits, toujours uniquement bio et toujours uniquement full size. Je vous montre? 




- Un tube de lait visage et corps aux extraits de vigne Bourgogne Beauté (250 ml). Sans paraben et sans alcool. Son odeur fraîche et légère me fait penser à celle des produits Caudalie. 
- Un spray d'eau bronzante K pour Karité (100 ml). Pour un bronzage instantané; s'élimine à la première douche.
- Un flacon d'Excellence de Sésame, huile corporelle hydratation et massage Pura Bali, à l'odeur d'agrumes (75 ml).
- Un flacon de shampoing Côte d'Amour en Britanie, à la protéine de blé (50 ml). L'odeur est curieuse, mais le format idéal pour une trousse de voyage. 
- Un soin lissant contour des yeux Polaar, aux glycoprotéines antarctiques (20 ml). 
- Un masque cheveux conditionneur Pirogue sous la Lune à la fleur d'oranger, de la marque Sevessence (200 ml)
- Un pot de yaourt corporel au melon Attirance (100 g).
- Un khôl effet smoky Elite Paris (3 g).
Le tout est emballé dans un pochon en tissu jaune. 

Je suis certaine d'utiliser la moitié des produits (le lait visage et corps, le shampoing, le masque cheveux et le yaourt corporel), et cela suffit à rentabiliser mon achat. Je testerai sans doute le soin contour des yeux et l'huile corporelle. Le reste circulera lors d'une prochaine troc party. Globalement, je suis enchantée par cette box qui me fait découvrir des marques pas nécessairement mises en avant ni faciles à trouver dans le commerce, et correspondant bien à l'évolution de mes critères de choix. 

vendredi 28 juin 2013

Auprès de mon arbre




Quand j'ai acheté mon appartement, je n'ai même pas fait attention à lui. Trop excitée par la perspective d'avoir une terrasse où mes chats pourraient prendre l'air, je n'ai pas pensé à tourner la tête vers le géant placide qui dominait de loin ma résidence et la rangée de petites maisons en contrebas. 

J'ai commencé à l'admirer pendant l'été 2006, alors que je tentais vaillamment de recoller les miettes de mon coeur brisé en mille morceaux. Pour bien commencer la journée, je petit-déjeunais face à lui et scrutais ses aiguilles qui frémissaient à peine dans la brise en me demandant quel était le secret de sa sérénité. L'après-midi, je lisais allongée sur un transat en lui tournant le dos, mais savoir qu'il veillait sur moi m'apaisait de façon inexplicable

C'est drôle, parce que globalement, je n'ai pas ce qu'on pourrait appeler un rapport étroit avec la nature. Je me soucie énormément de sa préservation, mais moins je la fréquente de près, mieux je me porte. La campagne, la montagne, les grands espaces en général sont souvent photogéniques et suscitent occasionnellement chez moi des fantasmes de retraite loin de tout, dans quelque lieu pittoresque où j'aurais une grande révélation sur le sens de la vie. Mais en pratique, il y fait toujours trop chaud, trop froid ou trop venteux; on s'y tord les pieds sur les cailloux et on s'y fait piquer par des bêtes. (Sans parler de l'absence de librairie décente à des kilomètres à la ronde.)

Non vraiment, je ne suis pas du genre à communier avec la nature. Mais cet arbre-là m'a ensorcelée tout doucement au fil des ans. Quand j'arrive à Monpatelin, à peine la porte de l'appartement refermée sur moi et ma valise déposée dans l'entrée, je vais pousser les volets du salon pour le saluer. Il est beaucoup plus vieux que moi, et il me survivra probablement - ce qui me remet tout de suite à ma place éphémère d'être humain. Bien que nous n'appartenions pas à la même espèce ni au même règne, son souffle nourrit le mien et réciproquement. Il reste planté là, majestueux et immuable, tandis que ma minuscule personne s'agite en tous sens et saute sur chaque occasion de s'envoler à l'autre bout de la planète. 

Pourtant, je crois qu'on se comprend, "mon" arbre et moi. 

Thé Box "Le songe d'une nuit d'été"



La dernière Thé Box expédiée avant une pause estivale de deux mois est orange fluo et a pour thème "Le songe d'une nuit d'été". 


A l'intérieur, on trouve comme d'habitude quelques goodies:
- 3 cartes postales
- un sachet de 2 gaufrettes frappées d'un message humoristique
- un mini-pot de confiture abricot-lavande (j'ai hâte de goûter!)
- 4 dosettes de sucre de canne équitable et bio (pratiques pour trimballer dans un sac!)
- 2 petits carrés de chocolat noir  bio et équitable

Et pour les thés eux-mêmes:
- un sachet de Rêve d'Eté (vert à la pêche, à la fraise, à l'ananas et à la fleur de tournesol) de L'Autre Thé. Je venais justement d'en recevoir 100g dans ma première commande passée sur le site de la marque, mais au moins, il ne se gaspillera pas puisqu'il correspond pile poil à mes goûts, surtout en matière de thé glacé!
- un sachet d'infusion Pique-Nique (raisin, canneberge, pomme, carotte, betterave, hibiscus) de LaGrangeDirect, à boire glacée d'après les instructions. Bonne idée que d'avoir mélangé fruits, légumes et fleurs, même si je n'en profiterai pas vu que je hais l'hibiscus.
- un sachet de Ceylan Grenade-Mûre de Tea Forté, également conçu pour être bu glacé.
- 4 sachets de la marque bio et équitable Lobodis: Earl Grey noir, Earl Grey vert, Darjeeling, vert à la menthe. Je n'ai jamais goûté d'Earl Grey vert et ne savais même pas que ça existait; je me coucherai moins bête!
- 4 sachets de la marque équitable Pukka: Good Morning (Nam Lanh nature) Perfect Day (Nam Lanh à la réglisse et au ginseng), Gorgeous Grey (Earl Grey à la lavande), tisane menthe-réglisse
- 8 sachets de la marque Dammann frères: 2 de Coquelicot Gourmand (noir), 2 de Capesterre (noir parfumé), 2 de Jaune Lemon (vert parfumé), 2 de Tisane du Soleil
- 3 sachets de la marque Harney & Sons: noir aux fruits de la passion, noir au cassis, noir à l'abricot.



Même si je ne boirai pas certains de ces thés, je trouve cette boîte bien composée, avec un bon équilibre entre vert, noir et tisanes. Les thés glacés sont tout à fait de saison, et j'apprécie de trouver des marques bio et/ou équitables. Encore une réussite pour la Thé Box. Cependant, mes placards commencent à déborder; je suis donc heureuse qu'elle fasse une pause en juillet et en août pour me laisser le temps de décider si je poursuis ou pas mon abonnement, et pour écluser les découvertes que j'ai faites grâce à elle. 

jeudi 27 juin 2013

"Before midnight"


Si on organisait un match de romantisme entre moi et, disons, une tondeuse à gazon, la Team Engins Electriques l'emporterait à plate couture. Pourtant, en 1995, mon petit coeur de pierre s'est gonflé d'émotion devant "Before sunrise", film bavard où deux jeunes gens qui viennent de se rencontrer dans un train transeuropéen descendent ensemble à Vienne et passent la nuit à marcher dans les rues en discutant - avant de faire l'amour à l'aube sur une pelouse et de se promettre de se retrouver au même endroit six mois plus tard. Le caractère éphémère, intense et un peu hors du temps de cette histoire avait su me toucher, sans doute comme une réminiscence de certaines de mes amours adolescentes. 

Neuf ans plus tard, le réalisateur Richard Linklater, secondé par ses acteurs Julie Delpy et Ethan Hawke, remettait le couvert dans "Before sunset". A l'aube de la trentaine, Céline et Jesse se retrouvent à Paris, où le second est en train de promouvoir le livre que lui a inspiré sa rencontre avec la première. Depuis, il s'est marié et a eu un petit garçon, mais son couple bat sérieusement de l'aile... Au terme d'un après-midi passé à déambuler sur les bords de Seine en bavardant à bâtons rompus comme autrefois, il suit Céline chez elle et décide de ne pas prendre son avion de retour aux USA. Ce deuxième opus, celui des retrouvailles, faisait la part des choses entre passion romantique et intrusion du réel, mais il restait encore assez réussi, essentiellement grâce à la qualité des dialogues et à l'alchimie entre les deux acteurs.

Alors, quand j'ai appris que de nouveau neuf ans plus tard, je pourrais retrouver Céline et Jesse parents de jumelles et passant leurs vacances d'été en Grèce, qu'est-ce que j'ai fait? Je me suis ruée au cinéma le plus proche le jour même de la sortie en salle de "Before midnight" - et dès la première séance. J'étais certaine qu'une fois de plus, la magie opèrerait. Et c'est ce qu'elle a fait pendant une bonne moitié du film. La recette est toujours la même: longs plans filmés en une seule fois où les deux héros occupent l'écran ensemble et parlent, parlent, parlent de choses graves ou futiles, dissèquent leurs idéaux ou font juste les andouilles. Mais cette fois, dès le départ, le quotidien tient une place énorme dans leurs échanges - ce qui semble bien normal pour des quadras en couple depuis des lustres, dotés d'un boulot  chacun et de deux enfants. Malgré tout, je me réjouissais qu'ils aient toujours autant de trucs à se dire, que le quotidien n'aie pas tué la communication entre eux. Le soleil et les paysages grecs offraient un bien agréable écrin à ce troisième opus, et le dîner partagé avec les autres pensionnaires de la résidence d'écrivain (première scène chorale de la trilogie) était à la fois rafraîchissant et émouvant. Non vraiment, je ne regrettais pas d'être venue. 

Jusqu'à ce que Céline et Jesse se retrouvent à l'hôtel pour une nuit en amoureux offerte par leurs amis, et que la seconde moitié du film se change en une atroce scène de ménage. A l'évocation d'un possible déménagement à Chicago, où vit le fils que Jesse a eu avec son ex-femme, Céline se change en furie écumante. Jusqu'ici, on sentait bien que son esprit soi-disant brillant cachait un potentiel de chiantise assez spectaculaire: là, elle se lâche et nous en révèle toute la considérable étendue. Elle ensevelit le pauvre Jesse sous les reproches d'ordre domestique, tente de lui faire avouer une aventure qu'il n'a pas eue, le bombarde de questions auxquelles il n'existe aucune bonne réponse. C'est la femelle hystérique, bourrée de mauvaise foi et impossible à satisfaire dans toute sa splendeur. Au secours! Face à elle, le pauvre Jesse n'a que le tort d'être un peu indécis et moins impliqué dans la gestion du quotidien - sans doute parce que sa partenaire ne lui laisse la place de prendre aucune initiative. Quand elle s'en va en claquant la porte - trois fois... -, je l'ai trouvé bien gentil de partir à sa recherche. 

Au final, vous l'aurez compris, "Before midnight" m'a laissé un assez sale goût dans la bouche. Près de vingt ans après leur rencontre, les héros romantiques dont l'aventure viennoise m'avait tellement charmée sont devenus une emmerdeuse et un mollasson englués dans la monotonie du quotidien comme tout un chacun. C'était bien la peine, vraiment. 

mercredi 26 juin 2013

Happy feet (1): from Brussels to Helsinki



"Every girl goes through a photography phase. You know, horses... taking dumb pictures of your feet."
- Lost in translation

mardi 25 juin 2013

"Les lisières"


Tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence: sa femme l'a quitté, ses enfants lui manquent, son frère l'envoie s'occuper de ses parents, son père ouvrier s'apprête à voter FN et un tsunami ravage le Japon, son pays de coeur. De retour dans la banlieue de son enfance, il n'aura d'autre choix que de se tourner vers son passé pour comprendre le mal-être qui le ronge. Comment devient-on un inconnu aux yeux de ses proches? Comment trouver sa place dans un monde devenu étranger? 

La quatrième de couverture aurait dû me mettre la puce à l'oreille: "Les lisières" ne s'annonçait pas comme un feel-good book. Et de fait, le narrateur est un type plutôt antipathique, écrivain nombriliste, intellectuel de gauche au jugement péremptoire, dépressif chronique qui ne parvient à s'impliquer dans rien, spectateur de sa propre vie. Ce qui sauve le roman, c'est d'une part son absence totale de complaisance vis-à-vis de lui-même, d'autre part le fait que ses analyses sont toujours très justes - d'une lucidité douloureuse quand il dissèque son propre fonctionnement, d'un bien-fondé irréfutable lorsqu'il parle classes sociales et crise économique. Tout le talent d'Olivier Adam consiste à mélanger les deux sujets de manière inextricable, dans un style prenant qui m'a fait dévorer presque d'un trait une autofiction de 500 pages au climat globalement plombant. Si vous aimez la littérature du très intime; si rien ne vous fascine autant que de plonger dans la psyché d'un personnage pour en explorer jusqu'aux recoins les moins joyeux, "Les lisières" est fait pour vous. 

lundi 24 juin 2013

Introduction au geocaching


La cache de la Jeanneke Pis, à Bruxelles. Une taille 4, exceptionnelle en milieu urbain.

Le geocaching, ça consiste en quoi? 
C'est une chasse au trésor qui se pratique n'importe où, aussi bien en ville qu'à la campagne, à l'aide d'un GPS. Le but est de trouver un container qui contient, au minimum, un logbook dans lequel les geocacheurs victorieux inscrivent leur nom. Si sa taille le permet, il peut également abriter de menus objets échangeables selon le principe du "1 out, 1 in" (je prends un truc, mais j'en laisse un de valeur équivalente ou supérieure à la place). En milieu urbain, la plupart des caches sont minuscules pour ne pas être repérées et vandalisées par les Moldus (= les non-initiés); donc, on n'y trouve généralement pas de trésor. Mais il y a des exceptions, et elles sont souvent très populaires! Actuellement, il existe plus de 2 millions de caches à travers le monde, pour plus de 5 millions de geocacheurs. 

Comment faire pour me lancer?
- D'abord, inscrivez-vous sur le site Geocaching. C'est rapide et gratuit. Plus tard, vous pourrez si vous le désirez prendre un abonnement Premium qui coûte $30 pour l'année et qui offre accès à des caches supplémentaires ainsi qu'à des fonctionnalités rigolotes (notamment les statistiques), mais ça n'est absolument pas indispensable. 
- Une fois logué sur le site, indiquez le code postal ou le nom de l'endroit où vous voulez jouer; il vous sera alors fourni une liste de toutes les caches se trouvant dans les environs, par ordre de proximité décroissante. A titre indicatif, une ville comme Bruxelles en abrite plusieurs centaines: il y a donc de quoi faire!
- Consultez la liste des caches pour déterminer celle que vous avez envie de chercher (voir question suivante).
- Entrez les coordonnées GPS fournies dans votre appareil. Attention: si vous achetez un GPS exprès pour faire du geocaching, prenez garde à ce qu'il possède une fonction randonnée (c'est-à-dire, qu'il ne fonctionne pas uniquement dans un véhicule en mouvement, mais aussi pour des gens qui se déplacent à pied), et qu'il permette de rentrer une latitude et une longitude plutôt qu'une adresse postale en guise de destination. Sinon, un smartphone pourvu d'une fonction GPS fait très bien l'affaire aussi, et permet en outre de télécharger l'application geocaching pour localiser toutes les caches à proximité durant une balade quand on n'a rien préparé à l'avance.
- Suivez le guide! Sur place, agissez discrètement pour assurer la pérennité des caches. Il est toujours utile d'avoir un stylo sur soi (au cas où la cache n'en contiendrait pas), et quelque chose pour se nettoyer les mains après coup si nécessaire. 
- Une fois votre chasse terminée, revenez sur le site pour signaler si vous avez trouvé ou non la cache que vous cherchiez. Si oui, vous serez invité à parler de votre expérience dans les logs, et votre total de découvertes augmentera d'un point. Il est important de signaler également qu'on n'a pas réussi à trouver une cache, car cela peut signifier qu'elle a été vandalisée et permet à son créateur de la remplacer ou de la retirer de la circulation si nécessaire, évitant des déconvenues aux prochains geocacheurs.

Comment décrypter les fiches des caches pour choisir celles que je veux chercher?
- Il existe plusieurs types de caches, identifiés par un petit logo. Une boîte verte indique une cache "classique". Deux boîtes jaunes indiquent une cache multi-étapes, plus longue et plus difficile à trouver. Un point d'interrogation bleu indique une cache-mystère: il vous faudra résoudre une énigme pour obtenir les coordonnées GPS du container. Une petite planète Terre indique une cache immatérielle qui vise à augmenter vos connaissances en matière de géologie. Ce sont les quatre types les plus courants, mais il en existe d'autres. 
- Autres critères de classification des caches: 
*la taille du container - de 1 à 4, 1 désignant un container pas plus gros qu'une boîte de pellicule et 4 pouvant désigner une cantine de l'armée!
*la difficulté de la recherche - au début, focalisez-vous sur des caches de niveau 1 ou 1,5 sur 5
*la difficulté du terrain - au-delà de 2, il faut généralement des baskets et/ou beaucoup de discrétion pour atteindre la cache concernée
- Pour vous aider, certaines fiches fournissent un indice codé (il suffit de cliquer dessus pour le déchiffrer, ceci afin de ne pas spoiler les geocacheurs en quête de difficulté supplémentaire), et parfois une photo. Dans le cas d'une cache-mystère, vous pourrez aussi trouver un lien geochecker qui vous permettra de vérifier si les coordonnées calculées sont les bonnes. 
- Il est souvent utile de parcourir les logs laissés par d'autres geocacheurs à la fin de la fiche. S'ils ne doivent pas contenir de spoilers flagrants, on peut en revanche y glaner des indices voilés qui s'avèrent parfois cruciaux!
- Bon à savoir: les geocaches spéciales pour débutants sont surlignées en vert dans les listings.

C'est quoi, l'intérêt du geocaching? 
Pratiquer une activité de loisirs gratuite et aussi amusante pour les petits que pour les grands. Découvrir, dans sa propre ville ou sur son lieu de vacances, des endroits où l'on aurait jamais mis les pieds autrement. Avoir un but de balade. Se cultiver, souvent. Faire des rencontres, parfois: soit sur le terrain, soit lors des événements organisés à certaines occasions. 

Voilà, j'espère vous avoir donné envie de vous lancer. Si vous voulez lire le récit de mes expérience de geocaching depuis août 2010, cliquez sur le tag "geocaching" à la fin de ce billet. Si vous avez des questions supplémentaires, n'hésitez pas à me les poser dans les commentaires; j'y répondrai très volontiers. Et si vous décidez de vous inscrire, vous pouvez me faire une demande d'amitié sur le site de geocaching: nous sévissons sous le pseudo Armalite&MTLM.

dimanche 23 juin 2013

Et l'Oscar du week-end le plus pourri depuis des lustres est attribué à...


...ce premier week-end d'été, qui commence très fort avec une moyenne de 16° et une pluie quasi continue jusqu'au dimanche 15h sur Bruxelles - et après ça, j'étais bien trop lessivée pour envisager quoi que ce soit de productif. 

Samedi matin au réveil, une découverte désagréable: la porte de notre cave a été défoncée à coups de pied. Rien de volé car je suppose que l'intrus était peu intéressé par nos bacs de recyclage et n'avait pas envie de remonter sur son dos une machine à laver vieille de six ans, mais Chouchou est bon pour aller faire une déclaration à la police et demander à son assurance de remplacer la porte. Prévenue, la proprio nous informe qu'un de nos voisins a été victime d'une tentative d'effraction à son domicile dans la semaine. Joie. (Heureusement, les portes des appartements sont blindées et tant que nous n'oublierons pas de fermer à clé, je doute que nous ayons de vrais problèmes de ce côté-là.)

Pour aller au yoga, ressortir un jean et un pull; regretter de ne pas avoir mis un manteau par-dessus. Chez Pêle-Mêle, faire la queue vingt minutes au comptoir des achats derrière deux brocs qui refourguent le contenu d'une bibliothèque entière. Au Shanti, ne pas trouver tout ce que je veux. Chez Rob, être effarée par les prix - surtout ceux des produits vendus également chez Delhaize, et deux fois plus chers ici. Laisser attacher le repas du soir au fond de la sauteuse. Passer une très mauvaise nuit à cause de mon mal de gorge, et devoir m'enrouler ma petite écharpe en alpaga autour du cou pour arriver à dormir un peu. 

Dimanche matin, tenter d'aller bruncher Chez Nous: "On est complets, mais venez vers 13h, y'a toujours des tables qui se libèrent". M'étaler de tout mon long en traversant la place du Jeu de Balle, alors que je suis en ballerines et même pas en talons de 12. Paumes écorchées; genou gauche meurtri (la crotte de chien diarrhéique dans laquelle il a atterri n'a pas amorti le choc); ballerine droite possiblement foutue (bien sûr c'était ma paire préférée); dignité en miettes. Chouchou n'a rien vu et continue à tracer. En arrivant Chez Nous, on nous annonce une demi-heure à trois quarts d'heure d'attente. Nous rebroussons chemin et nous rabattons sur des sushis à emporter pour les regarder devant l'épisode 207 de Borgen. Manque de bol, il n'a pas téléchargé. 

Au programme de l'après-midi? Nettoyage des taches de moisi au plafond et sur les murs de l'appart', options "faire goutter de la Javel sur l'accoudoir du canapé neuf" et "se démonter le bras en tentant de passer derrière le lit trop lourd pour être déplacé". 

Dans la guerre contre la morosité, clairement, je ne remporte pas toutes les batailles. 

Et le meilleur reste à venir: mardi, je me tape la correspondance haïe gare du Nord-gare de Lyon en 50 mn avec une valise lourde comme un âne mort à traîner dans les escaliers du métro parisien; mercredi, j'ai rendez-vous chez la gynéco (= garantie de passer la fin de la journée au lit à me tordre de douleur); dimanche soir, je dois rendre une trad, ce qui signifie que je ne décollerai pas de mon bureau pendant toute la fin de la semaine et le week-end. 

Si la rubrique des petits bonheurs n'est pas très fournie dans les jours à venir, vous saurez pourquoi.

samedi 22 juin 2013

Smoothie pour oublier qu'il pleut le 2ème jour de l'été



Pour 2 personnes déprimées, 
passer au blender:
- 1/8ème de pastèque
- 8 (moyennes) fraises
- 8 (grandes) feuilles de menthe
- 8 (petits) glaçons
Servir et déguster immédiatement
en rêvant au retour du soleil.

vendredi 21 juin 2013

Le carnet des petits bonheurs quotidiens




Si vous vous intéressez un jour à la pensée positive et que vous commencez à faire des lectures sur le sujet, une des premières suggestions sur lesquelles vous tomberez est cet exercice: garder un carnet sur votre table de nuit et, chaque soir, y noter 5 petits bonheurs survenus dans la journée. Nous ne parlons pas d'événements renversants comme une demande en mariage, une naissance ou une énorme augmentation de salaire, mais bien des choses minuscules que, en période de déprime, nous avons tendance à ne même pas remarquer, alors que ce sont elles qui font le sel du quotidien. Une remarque amusante d'un enfant. Un coup de fil d'une amie avec qui on n'avait pas parlé depuis longtemps. Une nouvelle recette délicieuse, testée et approuvée par toute la famille. Un verre savouré en terrasse au retour du soleil. La lecture d'un thriller passionnant. La découverte des parfaites sandales d'été. Le compliment inattendu fait par un collègue. Vous voyez l'idée.

Ces petits bonheurs, il en survient tous les jours - en plus ou moins grand nombre. En faire la liste oblige à en prendre conscience, et donc, à remettre en perspective tout ce qui nous plombe par ailleurs. Cela permet d'appréhender la réalité de manière plus nuancée, au lieu de laisser le nuage noir dans notre tête déformer notre vision du monde. Pas si mal pour un exercice tout simple qui ne prend que quelques minutes chaque soir, non? Et vous verrez, au fur et à mesure, vous n'aurez plus besoin de réfléchir parce que vous aurez noté ces petits bonheurs dans votre tête au fur et à mesure qu'ils survenaient, et vous les aurez savourés sur le coup avec d'autant plus d'intensité. La vie est courte et parfois très moche; raison de plus pour profiter des belles choses au maximum, si minuscules soient-elles.

Il m'arrive parfois de publier mes petits bonheurs du jour sur la page Facebook du blog. Comme mon amie Isa, qui traverse une période difficile depuis plusieurs mois, a justement décidé de s'intéresser à la pensée positive pour lutter contre la morosité, je lui ai proposé d'en faire un double rendez-vous quotidien. Si vous voulez lire nos petits bonheurs et partager les vôtres, vous êtes les bienvenus sur:
A très vite j'espère!