samedi 25 février 2012

"Lydie"


C'est à la faveur de sa réédition avec une nouvelle couverture que j'ai découvert cette bédé. Au début des années 30, il règne une atmosphère joviale et chaleureuse dans l'impasse du Bébé à Moustaches, ainsi surnommée à cause d'une publicité quelque peu enjolivée par un garnement du coin. Camille, la fille simplette du conducteur de locomotive surnommé Papa Tchou-Tchou, met au monde un enfant de père inconnu - une petite fille mort-née qu'elle aurait voulu appeler Lydie. Son chagrin est immense. Mais deux mois plus tard, elle annonce rayonnante que Dieu lui a rendu son bébé. Et parce qu'elle n'a jamais été aussi heureuse, tous les habitants de l'impasse vont entrer dans son jeu, choyant l'enfant imaginaire et lui faisant une place dans leur vie au fil des ans...

"Pourquoi faire du mal quand il est si facile de faire du bien?" Cette question résume à elle seule la profonde humanité qui se dégage de cette histoire. Avec des couleurs douces et tendres, des visages pleins de caractère et de bonhommie, Jordi Lafebre met en images l'émouvant scénario de son comparse Zidrou. Leurs talents conjugués font osciller le lecteur entre rire et larmes jusqu'à un dénouement hélas un peu expéditif, qui coupe court à la nouvelle orientation prise dans les dernières pages. Malgré ce petit regret, je recommande vivement "Lydie", une bédé qui fait chaud au coeur comme on aimerait en lire plus souvent. Et bien qu'elle soit un peu plus chère, je vous conseille d'opter pour la nouvelle version enrichie d'un supplément de 8 pages qui révèle l'identité du papa de Lydie (ou alors, je n'ai rien compris!).

vendredi 24 février 2012

Swap littéraire "Mondes imaginaires": paquets reçus et envoyés (13)


J'avais choisi comme swapeuse Nelly, qui habite également à Bruxelles. Nous devions nous voir début février pour qu'elle me remette son colis en mains propres, mais des imprévus professionnels s'en sont mêlés, puis elle a déménagé... Bref, je viens de recevoir son colis à l'instant.


Je n'ai pas lu "The passage" de Justin Cronin; à vrai dire, je n'en avais même jamais entendu parler, mais la quatrième de couverture est alléchante. Je vous la fais en français: "Amy Harper Bellafonte a six ans, et sa mère pense qu'elle est la personne plus importante au monde. Elle a raison. Anthony Carter pense qu'il n'existe pas de pire endroit que le Couloir de la Mort. Il a tort. L'agent du FBI Brad Wolgast pense qu'il se prépare un événement qui défiera l'imagination. Il a raison. Bien qu'ils ne se connaissent pas, tous trois sont liés d'une façon qu'aucun d'eux ne soupçonne. Ils vont entreprendre un voyage, un voyage épique qui leur fera traverser un monde transformé par les songes les plus noirs de l'Homme et les conduira jusqu'au coeur même de la nature humaine - voire au-delà. Parce que quelque chose approche, un raz-de-marée ténébreux prêt à engloutir le monde. Et Amy est la seule personne capable de l'arrêter."

Avec ce pavé de près de 1000 pages, un marque-page Magritte, un collier artisanal bleu et noir en provenance du Chili, et quatre badges rigolos ornés de petits monstres que vous verrez mieux ici:


En l'absence de lettre explicative, je pense que je découvrirai le lien entre livre et objets durant ma lecture. Merci Nelly pour ce paquet, "The passage" m'intrigue vraiment, et je vais de ce pas chercher où piquer les petits monstres :-)

Ceci clôture le swap "Mondes imaginaires" de janvier, qui aura largement débordé de sa date limite pour des raisons indépendantes de la volonté de certaines participantes. Je réfléchis à un moyen d'éviter cela la prochaine fois, peut-être en réduisant la période d'envoi à trois semaines afin d'avoir de bonnes chances que le swap soit bouclé pour la fin du mois concerné. Ouverture des inscriptions pour le swap "Bédé et manga" le 20 mars. Merci à tous les participants d'avoir si bien joué le jeu pour celui-là, et à très vite!

jeudi 23 février 2012

"American Fuji"


Alexander Thorn, psychologue et auteur d'un livre sur l'échec amoureux, se rend au Japon pour y donner une série de conférences. Il espère en profiter pour élucider le mystère de la disparition de son fils Cody. Un an auparavant, le jeune homme qui étudiait à l'université de Shizuyama a été victime d'un accident mortel. La société de pompes funèbres Gone with the Wind a renvoyé son corps aux Etats-Unis mais... sans le coeur, soigneusement prélevé alors que Cody était bouddhiste et donc opposé au don d'organes.

Gaby Stanton, une expatriée américaine installée au Japon depuis 5 ans, fut autrefois le professeur de Cody. Licenciée pour des raisons que personne n'a daigné lui expliquer, elle a retrouvé un emploi de vendeuse d'obsèques de rêve chez Gone with the Wind. Gaby est affligée d'une maladie gênante qui handicape sa vie sociale et l'empêche d'avoir des relations amoureuses. A contrecoeur, elle va unir sa solitude à celle d'Alex pour l'aider dans sa quête...

J'ai eu du mal à entrer dans ce livre. L'atmosphère des 50 premières pages est assez déprimante. Incapable de communiquer avec les gens qui l'entourent, Alex se montre complètement déboussolé par les moeurs nippones, tandis que Gaby, même si elle préfère vivre au Japon plutôt que de rentrer aux Etats-Unis, ne semble pas mener une vie très heureuse ni très épanouissante. Je trouvais que l'auteur portait un jugement bien sévère sur ce pays où elle a vécu plusieurs années, et cela me heurtait. Puis j'ai compris qu'il ne s'agissait pas de critiquer la culture japonaise, mais plutôt de mettre en évidence l'abîme qui sépare l'Orient de l'Occident, et surtout le décalage permanent dans lequel vivent les expatriés - plus vraiment chez eux dans leur pays d'origine, éternellement considérés comme des étrangers dans leur pays d'adoption.

Je connaissais déjà la plupart des coutumes, des comportements et des modes de pensée évoqués par Sara Backer, mais j'ai fini par apprécier l'analyse approfondie et nuancée à laquelle elle se livrait. Et même si je ne me suis pas attachée à ses personnages, elle a réussi à me tenir en haleine avec leur quête de vérité qui se heurte à la loi du silence japonaise. Si vous avez aimé "Lost in translation" pas seulement pour la plastique de Scarlett Johansson et le charme droopyesque de Bill Murray, "American Fuji" (ou sa traduction française "Fuji nostalgie") pourrait bien vous plaire aussi.

mercredi 22 février 2012

Swap littéraire "Mondes imaginaires": paquets reçus et envoyés (12)


- Le paquet d'Akroma pour Miss Sunalee est visible ici.

- Et celui de Miss Sunalee pour
Eve, .

Il ne manque plus qu'un seul colis pour boucler ce swap: le mien! Inutile de vous dire que je l'attends d'autant plus impatiemment...

En cours de mutation


Il est des gens d'une stabilité remarquable, des gens qui très jeunes savent qui ils sont et ont une assez bonne idée de la direction qu'ils souhaitent donner à leur existence. Soeur Cadette en fait partie, tout comme mes amis Christine et Christophe. Bien sûr, ces gens-là évoluent au fil du temps, mais en suivant un chemin plus ou moins prévisible dont même les aléas de la vie ne les détournent jamais vraiment. Je les trouve solides et rassurants, pareils à des points de repère dans mon petit monde dont le paysage est, lui, en perpétuelle mutation.

A vingt ans j'étais goth et je ne portais que des fringues noires; aujourd'hui mon placard est plein de rouge, de turquoise, de violet et de rose vif. J'ai eu les cheveux roux, permanentés façon caniche, noir bleuté, rouges et violets, méchés de blond platine. J'ai fait de la danse classique, du jazz, du rock, de la boxe thaï, de l'aïkido, de la plongée et de l'équitation pratiqué jusqu'à 4 sports en même temps à raison de 20 heures hebdomadaires, et depuis dix ans je suis une patate de canapé qui rechigne même à se traîner au yoga. J'en suis à ma troisième relation sérieuse, et chaque fois j'ai cru dur comme fer que c'était la bonne. J'ai été mariée, divorcée, pacsée, dé-pacsée, à cheval entre concubinage international et vie de célibataire à Monpatelin. J'ai vécu à Toulouse, à Aix-en-Provence, à Nantes, en Pennsylvanie et maintenant à Bruxelles. J'ai vendu des assurances-vie, été responsable du rayon boucherie-traiteur d'un hypermarché et du secteur caisses d'une grande surface spécialisée dans les jouets avant de devenir traductrice littéraire (et d'envisager de tout plaquer pour ouvrir un magasin de chaussures pendant une période de ras-le-bol). Depuis mon départ de chez mes parents, j'ai eu treize adresses officielles. J'ai été de droite avant d'opérer un changement de bord radical, et je me définirais maintenant comme une écolo de gauche. J'ai détesté les chats jusque vers 23-24 ans; depuis je les adore quand ils ne m'empêchent pas de dormir la nuit. J'ai eu le vin et le thé en horreur; je me damnerais désormais pour un très bon Bordeaux rouge, et je dépense chaque mois des fortunes au Nong Cha. J'ai grandi sans un seul ami; aujourd'hui j'en ai tant que je n'arrive pas à les voir tous.

Je crois que quelqu'un qui m'aurait connue à 20 ans aurait du mal à me reconnaître aujourd'hui. Quelques constantes subsistent: j'ai toujours été athée; je n'ai jamais voulu d'enfant; aujourd'hui comme hier, je suis boulimique de lecture et hyper-organisée, je déteste conduire, j'ai un humour excessivement sarcastique et un grand sens de la justice. Mais tout le reste a changé, parfois sous l'influence des choses qui me sont arrivées ou des gens que j'ai rencontrés, et parfois parce que j'ai voulu que ça change. Quand mes angoisses ont commencé à me bouffer la vie, je me suis focalisée dessus et j'ai essayé différentes solutions jusqu'à ce que j'en trouve une qui me permette de les surmonter. Je ne serai jamais la fille la plus zen du monde mais ça va, je gère.

Depuis six mois et la fin de notre thérapie conjugale avec Chouchou, je me suis lancée dans d'autres chantiers personnels.
- Me lever plus tôt le matin (généralement vers 7h30) n'a pas été si difficile que je le croyais, et ça a eu un effet fantastique sur ma productivité, mon niveau d'énergie et mon moral.
- Arrêter la surconsommation: je suis ravie de rapporter que mon dernier achat de chaussures remonte à mi-octobre, que je n'ai pas du tout fait les soldes d'hiver, que depuis le début de l'année j'ai craqué seulement deux fois pour des vernis à ongles, et que ma seule emplette vestimentaire consiste en un top heattech façon Damart nippon + un jean noir à 40€ dont j'avais besoin. Loin de me sentir frustrée, je suis hyper satisfaite et fière de moi.
- Dédramatiser les petits soucis du quotidien, comme j'en parlais dans un post récent.
- De manière générale, adopter une attitude plus souple et plus positive, et rechercher la compagnie de gens qui sont dans les mêmes dispositions.
Moi qui croyais tout savoir à 18 ans, je découvre de nouvelles choses chaque jour - sur moi, sur les autres et sur le monde qui m'entoure. Mon paysage intérieur est en constante évolution. De tous les voyages que j'ai faits, c'est sans doute le moins spectaculaire et le plus passionnant.

Illustration empruntée ici.

Le non week-end de la non Saint-Valentin



La boutique Mariage Frères du Carrousel du Louvre. J'aurais bien emporté quelques-unes de ces théières pour ma collection...





Ce mur couvert de "Je t'aime" écrits dans toutes les langues se trouve derrière la sortie de la station de métro Abbesses. Le 14 au matin, des tas de couples s'y étaient donné rendez-vous pour se photographier. Nous, nous cherchions une géocache voisine... mais nous avons quand même sacrifié au rituel.





Encore une découverte que nous devons au géoaching: cette fresque située à côté du centre Pompidou, et la curieuse installation qui la flanque.



Près du magasin Image In Air, où j'ai fait le plein de cartes postales (trop tard pour le swap postal, hélas!), ce petit bonhomme a attiré mon attention. J'ai fait appel aux services d'effrayeur de pigeons de Chouchou pour les faire décoller au moment de prendre la photo.



Le très beau concept-store des Néréides, où je passais récupérer un colis acheté sur internet pour économiser les frais de port... et surtout éviter que la Poste perde mon paquet!

Malgré une météo maussade, nous avons passé un très bon séjour en amoureux. Nous devrions retourner brièvement à Paris dans les mois à venir pour visiter l'expo Tim Burton à la Cinémathèque.

mardi 21 février 2012

"Je reviendrai avec la pluie"


J'ai tendance à me méfier des phénomènes littéraires. Le "Da Vinci Code", ses cliffhangers artificiels, ses énigmes pour enfants de 3 ans, sa théorie méga-fumeuse. "L'Elégance du Hérisson", ses personnages pas crédibles une seconde, son style atrocement pompeux. "La Délicatesse", ce monument d'insipidité. Je vous fais grâce de ce que je pense de l'ensemble de l'oeuvre de Marc Lévy et de Guillaume Musso: je suis sûre qu'il y a des gens très bien qui les apprécient. Les goûts et les couleurs...

Bref, le genre de bandeau qui entoure "Je reviendrai avec la pluie" aurait plutôt eu un effet repoussoir sur moi. Oui mais ce titre intrigant - cette tendre photo de couverture - cet auteur japonais inconnu au bataillon. Et surtout, ce résumé: "Depuis la mort de sa femme Mio, Takumi vit seul avec son fils Yûji, âgé de six ans. Il gère le quotidien et l'éducation de son fils du mieux qu'il peut. Une seule chose le fait tenir: la promesse de Mio qu'elle reviendrait avec la pluie. Le premier jour de la saison humide, cette promesse se réalise. Durant six semaines, le temps se suspend pour Mio et Takumi."

Le retour de l'épouse perdue va marquer le début d'une nouvelle histoire, car Mio a tout oublié de sa vie précédente avec Takumi et Yûji. Elle va simultanément retomber amoureuse de son mari, reprendre sa place de mère auprès de son fils et devoir se préparer à les perdre une seconde fois. J'ai adoré cette histoire romantique dans le plus pur style japonais, épurée et délicate, pleine d'une poésie intemporelle. La fin, qui n'est pas sans rappeler celle de "Le temps n'est rien" ("The time traveller's wife"), m'a tiré des larmes. "Retrouvons-nous un jour, encore, quelque part..." Les âmes sensibles devraient apprécier autant que moi.

lundi 20 février 2012

"Voyage au Japon - Tome 1: Tokyo"


En sortant du Higuma mercredi, nous sommes passés devant une boutique appelée Komikku, qui vendait essentiellement des ouvrages japonais traduits en français, plus quelques brols du style accessoires à bento ou peluches Totoro. Je vous recommande l'endroit: il est très bien achalandé, avec des vendeurs super gentils. J'y ai acheté trois bouquins, dont un roman génial (critique à venir très bientôt), et ce carnet de voyage qui venait juste de paraître.

Rémi et Sandrine, les auteurs, ont effectué leur voyage de noces au Japon entre septembre et octobre 2008. Ils le relatent ici, essentiellement en images. J'ai trouvé amusant de constater qu'ils n'avaient pas du tout exploré les mêmes endroits que nous, mais qu'ils avaient eu aussi craqué pour les grands magasins Tokyû Hands (notamment leurs immenses rayons dédiés aux loisirs créatifs) et pour Yanaka Ginza-Dori, une petite ruelle commerçante où le temps semble s'être arrêté il y a un demi-siècle. Je me suis demandé s'ils dessinaient sur place ou une fois rentrés chez eux d'après photos, et dans le premier cas, comment ils arrivaient à faire des aquarelles aussi élaborées accroupis à un coin de rue. Leurs représentations de Tokyo sont un peu sombres à mon goût, et insistent un peu trop sur l'aspect boisé de la ville, mais elles m'ont bien entendu donné envie de retourner illico presto au Japon.

Les brunchs du dimanche (13): Le Potemkine


Nous cherchions un nouvel endroit où bruncher hier avec Garulfo. Nous commencions à voir épuisé tous ceux qui nous tentaient dans notre Bible, "Un an de brunchs à Bruxelles". Dans ceux que nous n'avions pas encore testés, le Houtsiplou semble plutôt destiné à des familles avec enfants; le Delecta est réputé très bruyant; Les Trouvailles de Louise n'ouvre que le premier dimanche du mois, et nous avions déjà été aux Fils A Maman de Paris en début de semaine. Farfouillant sur internet, je suis tombée sur un endroit assez intrigant: un café qui organise des séances de cinéma et des soirées jeux de société, réputé "sympa, sans prétention, pas cher". Brunch tous les dimanche de 10h30 à 15h. Garulfo était enthousiaste. J'ai téléphoné: "Je suis désolé; on ne prend pas les réservations, m'a très gentiment répondu un serveur. On ne saurait pas gérer. Mais la salle est très grande, il y a toujours plus ou moins de la place." Soit.



Première impression à l'arrivée: le lieu est effectivement original, avec son immense porte en bois pivotante, son plafond très haut, sa mezzanine et sa grande baie vitrée qui laisse entrer plein de lumière même par un matin de février. Par contre, à 13h, il grouille de monde, et même si nous trouvons rapidement une table, le niveau sonore nous oblige quelque peu à crier pour discuter entre nous. Nous devons aussi faire la queue pour être servis à celui des deux comptoirs qui accepte le paiement par carte.

Toutefois, la formule brunch compense largement ces petits inconvénients. Pour 13,50€, on a droit à une boisson chaude (avec du vrai bon thé, du vrai bon café et, je présume, du vrai bon chocolat), un jus de fruits pressés à choisir parmi 7 ou 8 sortes, une viennoiserie couque accompagnée de beurre, de confiture, de miel et/ou de Nutella, deux grosses tranches de pain de campagne dense et savoureux, et deux portions de salades froides parmi la dizaine proposée, qui change apparemment toutes les semaines. Nous testons lentilles/chèvres frais, rillettes de saumon, écrevisses/avocat/chicons et magret/pâté de canard/laitue. Non seulement tout est très bon, mais au niveau des quantités, c'est juste ce qu'il faut pour sortir agréablement repu plutôt qu'au bord de l'inanition ou, au contraire, de l'indigestion.



Le rapport qualité-prix est vraiment excellent et l'endroit fort sympathique. En sortant, alors que Chouchou et moi venons de prendre congé de Garulfo et nous dirigeons vers la porte de Hal voisine pour chercher une géocache, une mini-tempête de neige nous tombe dessus à l'improviste. Les bourrasques glaciales chassent les Moldus, et nous trouvons sans problème un container qui doit être difficile d'accès par une météo plus clémente. Mais après ça, nous renonçons à en faire deux ou trois autres dans la foulée et rentrons vite nous mettre à l'abri chez nous. Pas grave: nous reviendrons sûrement bruncher au Potemkine (plutôt vers l'ouverture pour ne pas être embêtés par le bruit).

Potemkine
Avenue de la porte de Hal, 2
1060 BRUXELLES
Fermé le lundi
Mardi-mercredi: 10h30- 01h
Jeudi à samedi: 10h30-03h
Dimanche: 10h30-22h

dimanche 19 février 2012

Le Higuma



A Paris, le quartier de l'Opéra en général et la rue Sainte-Anne en particulier sont connus pour abriter un très grand nombre de restaurants japonais, dont la qualité va du plus bof au carrément délicieux. J'en ai testé pas mal au fil des ans, mais je reviens toujours à la même "cantine": le Higuma. Ici, pas de sushi, de maki ou de sashimi, et pas non plus de brochettes, mais essentiellement des plats à base de ramen ou issus de la grande famille des donburi (un grand bol de riz surmonté d'un mélange viande-oignons-omelettes). On peut manger au comptoir si on ne craint pas la fumée et qu'on a envie d'admirer les cuisiniers à l'oeuvre, ou aux tables d'une des trois salles en enfilade. Service peu souriant mais rapide. Prix parfaitement ridicules: 11€ pour un menu donburi avec salade, soupe miso et pickles, et portions franchement copieuses (je n'ai jamais réussi à terminer ce que j'avais commandé). Bref, pour les amateurs de cuisine japonaise basique, une bonne adresse où manger rapidement, sans chichis et sans se saigner aux quatre veines.



Higuma
32 bis, rue Sainte-Anne
75001 PARIS
Métro Pyramides (ligne 7)

samedi 18 février 2012

"La colline aux coquelicots"



1963. Umi vit au sommet d'une colline qui surplombe le port de Yokohama. Elle habite dans un ancien hôpital avec sa soeur cadette, son petit frère, sa grand-mère et trois pensionnaires qui leur permettent d'arrondir leurs fins de mois. Son père, capitaine de navire ravitailleur, est mort pendant la guerre de Corée. Tous les matins, Umi continue à hisser les drapeaux censés le ramener chez lui sain et sauf. Le reste du temps, elle est très occupée à tenir la maisonnée et à suivre des cours au lycée local. Quand elle tombe amoureuse de Shun et entreprend de l'aider dans sa croisade pour sauver le foyer étudiant menacé de démolition, elle est loin de se douter qu'un obstacle infranchissable va bientôt se dresser entre eux...

Pour une fois dans un film du studio Ghibli, il n'est pas question d'enjeux écologiques majeurs, de puissances mystiques ou de créatures légendaires. Dans "La colline aux coquelicots", on n'aperçoit pas même le manche d'un balai volant. Il y a juste des décors presque immobiles mais troublants de beauté paisible, des personnages à l'animation rudimentaire et pourtant bien plus touchants que tous les animaux anthropomorphisés du monde. Il y a du talent, de la poésie et de l'émotion, toutes choses qu'aucun monstrueux budget de 3D ne parviendra jamais à acheter. Il y a tout simplement la magie Miyazaki à l'oeuvre, et le monde extérieur qui s'efface le temps d'une séance de cinéma. C'est beau, un point c'est tout.

Le Club Des 5



Chose promise, chose due. Aujourd'hui, je vous parle du second resto des créateurs des Fils A Maman: Le Club Des 5. Cette fois, c'est dans une ambiance années 80 délicieusement régressive que nous nous retrouvons plongés, avec une déco à base de vieux jouets (rhââââ, ce Goldorak géant qui fait baver Chouchou, et cette fusée sur laquelle il fantasme pendant tout notre repas!) et de livres d'époque tels que Bibliothèques Rose et Verte ou albums de Martine. Les banquettes en skaï rouge sont d'un confort absolu et donnent envie de s'y attarder longuement.



L'accueil est tout à fait charmant cette fois. Par contre, comme nous tombons la veille du changement de carte, le choix de plats est assez restreint. Ca fait déjà plusieurs minutes que nous lorgnons sur les cheeseburgers de la table voisine; nous en commandons donc deux, "saignants s'il vous plaît". La recette est des plus classiques, mais exécutée avec de très bons produits: un bun pas trop sucré et qui ne s'émiette pas entre les mains, un steak épais et juteux, une tomate un peu pâlotte (mais pas de saison, donc on lui pardonne), une feuille de laitue croquante et quelques tranches d'oignons rouges tout pareils. Frites très fines et délicieuses. Dommage pour la mayonnaise en tube: ce burger méritait une préparation maison.



Chouchou, qui se dit calé (mais que lui arrive-t-il?), en restera là. Quant à moi, parmi toute une liste de desserts régressifs à base de Carambar, de Petit-Lu ou de Nutella, je choisis une crème brûlée aux oursons. Elle est très bonne, même si la petite figurine en guimauve posée sur le dessus n'apporte pas grand-chose de mon point de vue.

Avant de partir, je fais un tour aux toilettes entièrement tapissées de photos des créateurs et de leurs potes en train de délirer. Le concept est très sympa, et j'aime aussi le mur garni de distributeurs de papier: l'assurance de ne jamais tomber en panne!



Au final, nos deux burgers plus un dessert, un verre de vin et une eau pétillante nous reviennent 36€. Encore une fois, c'est très correct pour la qualité de ce que nous avons mangé et du décor dans lequel nous l'avons mangé. J'avais beaucoup aimé Les Fils A Maman, mais je préfère encore Le Club Des Cinq. Même s'il n'est pas situé dans un quartier très sexy, j'y reviendrai sûrement lors d'un prochain séjour parisien, peut-être pour un brunch!

Le Club Des Cinq
57, rue des Batignolles
75017 PARIS
Tel: 01 53 04 94 73
Métro Rome (ligne 2)
Ouvert tous les jours sauf le lundi midi
Brunch le samedi et le dimanche

vendredi 17 février 2012

A change of attitude


J'ai réussi à éliminer, ces derniers mois, pas mal des problèmes personnels qui me pourrissaient le quotidien. Il en reste encore un, et de taille. Chaque fois qu'un grain de sable vient se coincer dans l'engrenage de mes tractations avec le reste du monde, je vois rouge. Ma tension monte en flèche et je me mets à trembler d'énervement. Je commence à imaginer le scénario le plus catastrophique; j'écume de rage contre la personne qui a mal fait son boulot ou l'organisation débile du service incriminé; je me lance aussitôt dans la rédaction de mails furieux et frôle l'infarctus si je ne reçois pas une réponse tranquillisante dans la minute qui suit. Et bien entendu, je n'en dors pas la nuit d'après.

Or, des incidents de ce genre, il s'en produit en moyenne deux ou trois par semaine. Dans les quelques jours qui ont précédé mon départ pour Paris, j'ai ainsi déploré:
- Un colis en souffrance à la Poste de Monpatelin, et qui va repartir à l'expéditeur avant que je puisse aller le chercher parce que 1/la livraison est survenue légèrement en retard, donc après la fin de mon dernier séjour dans le Sud de la France 2/pour une raison inconnue, le facteur n'a pas déposé le colis en question dans ma (grande) boîte comme je l'escomptais.
- Des billets de concert que je risque de ne pas pouvoir retirer à la Fnac parce que je les ai réglés avec mon ancienne carte Visa (celle que j'ai dû faire remplacer suite à un piratage) et que le mail de confirmation stipule bien que les places seront délivrées uniquement sur présentation physique du moyen de paiement.
- Des opérations imputées à tort sur mon compte bancaire professionnel, qui ne peuvent pas être transférées sur mon compte personnel et qui vont foutre le bordel dans ma comptabilité.
- Un billet de train Toulouse-Paris dont j'ai effacé par erreur le mail de confirmation et qui, suite à un remaniement obligatoire des comptes clients sur le site de la SNCF, a disparu de mes archives
- Un achat payé avec la carte Galeries Lafayette, que j'avais demandé à régler immédiatement en une seule fois, m'a été débité en trois fois avec prélèvement de frais de crédit plutôt maousse. J'ai envoyé un mail furibard à Cofinoga, qui a accusé réception en me promettant de me répondre très vite et ne l'a bien sûr jamais fait.

Or (bis), il se trouve que même si je suis quelqu'un de très méticuleux qui ne commet JAMAIS commet rarement des bourdes dans un cadre professionnel, une erreur humaine reste toujours possible, pour un tas de raisons dont certaines sont parfaitement recevables. Et j'aurai beau écumer et vitupérer, je ne viendrai pas toute seule à bout des dysfonctionnements du service public ou des organismes privés. Donc, je me mets dans tous mes états pour rien. Pire, dans la plupart des cas, mon emportement doit se révéler contre-productif, car il me semble qu'on obtient plus facilement la résolution d'un problème en demandant gentiment (au début, tout du moins).

Par ailleurs, rétrospectivement, je me rends compte qu'environ la moitié de ces incidents possèdent une solution assez facile à mettre en oeuvre, et que la quasi-totalité de l'autre moitié se soldera, au pire, par une perte financière modeste ou un dérangement somme toute minime.
- Aussi incroyable que ça puisse paraître quand on a souvent affaire à eux, la SNCF possède un service de recherche des billets imprimables et a pu me renvoyer un lien vers le mien sous 3 jours environ.
- Mes places de concert pourront être récupérées sur présentation d'une attestation de ma banque stipulant que j'étais bien la propriétaire de la carte Visa détruite.
- Le problème de comptabilité se résume à une demi-douzaine d'écritures supplémentaires; c'est pas la mort.
- Mon paquet va repartir à l'envoyeur, certes. J'en serai quitte pour repayer 5,50€ de frais de port et l'attendre plus longtemps que prévu. C'est agaçant parce que ce n'est pas ma faute, mais il n'y a pas de quoi se mettre la rate au court-bouillon.
- Pour Cofinoga, s'ils ont décidé de faire la sourde oreille, je n'aurai pas gain de cause de toute façon. Je vais faire une croix sur les 10€ de frais de crédit qu'ils m'ont prélevés de manière abusive, résilier ma carte et ne plus jamais traiter avec eux.

Conclusion? Je dois changer d'attitude, parce que mon comportement actuel ne résoud rien et ne sert qu'à me pourrir la vie (et celle de Choucou, accessoirement). Cesser de penser que "ce genre d'incident, ça ne devrait pas arriver". Me mettre en tête, même pas que "ce genre d'incident, ça peut arriver", mais que "ce genre d'incident, ça arrive tout le temps", histoire de ne pas partir dans un trip Caliméro à chaque fois. Faire ce que je peux pour résoudre calmement le problème, et s'il s'avère qu'il n'existe pas de solution, laisser filer au lieu de m'acharner dessus comme un chien sur un os à ronger, en rouspétant que je suis victime de l'incompétence ou du je-m'en-foutisme général de mes contemporains. Je suis sûre que ça va beaucoup m'améliorer la vie (et celle de Choucou, accessoirement).

Illustration empruntée à ce blog.

Les Fils A Maman


Les Fils A Maman, c'est le premier des 5 restos à thème ouverts par une bande de 4 potes trentenaires, amoureux de bonne bouffe et d'ambiances chaleureuses. Après avoir traversé une petite terrasse en retrait de la rue, où il doit faire bon dîner aux beaux jours, on pénètre dans une salle décorée façon bistrot années 60-70. L'accueil est, je dirais, typiquement parisien: assez désinvolte bien que pas désagréable. Mais dès le menu ouvert, on l'oublie bien vite. C'est simple: moi qui suis relativement difficile quand je mange au resto, j'avais envie de TOUT. Et Dieu sait qu'il y avait le choix, entre une carte très bien fournie (présentée façon cahier d'écolier, avec de petites remarques amusantes sur certains plats) et une ardoise proposant différents plats du jour.



Renonçant à commander une des entrées pourtant originales et appétissantes, de crainte de ne plus avoir faim pour le dessert, j'ai réclamé un carré d'agneau au jus d'agrumes tandis que Chouchou optait pour le cordon bleu au magret de canard. Le service a été un tout petit peu long, mais rien de dramatique. Ma viande était idéalement cuite et bien croustillante sur l'extérieur, même si j'aurais aimé un goût d'agrumes plus prononcé. Chouchou s'est régalé lui aussi, déplorant juste une escalope presque trop généreuse.





En dessert, j'ai pris des madeleines maison avec leur compote pomme-poire, qui est arrivée dans un bocal accompagnée de quelques groseilles, d'une tranche de carambole et d'un Mikado. Tout était absolument délicieux. Chouchou a préféré une Tatin décorée comme une oeuvre d'art. Il l'a trouvée très belle, mais a déclaré qu'il aurait préféré la classique boule de glace à la vanille plutôt que de la pistache, et que la tarte elle-même était un poil trop maousse à son goût.





En accompagnement, nous avons bu du rouge de la cuvée des "Fils A Maman", un Bordeaux honnête. Et l'addition nous a été apportée avec un énorme bocal de sucreries genre fraises Tagada et bouteilles de Coca - attention que nous avons trouvée charmante même si nous étions plus que calés à ce stade. Deux plats, deux desserts, deux verres de vin: 58€. C'était franchement correct pour ce que nous avions mangé et pour le soin apporté au cadre comme aux détails du service. Une adresse à découvrir. Dès demain, je vous parle du deuxième resto de la bande des Fils à Maman. En attendant, allez donc jeter un coup d'oeil à leur site pour vous mettre l'eau à la bouche...

Les Fils A Maman
7 bis, rue Geoffroy Marie
75009 PARIS
Tel: 01 48 24 59 39

jeudi 16 février 2012

"Sempé: un peu de Paris et d'ailleurs"


Lorsque je préparais nos trois jours en amoureux à Paris, j'ai cherché des expos sympas qui pourraient nous intéresser tous les deux... et rien trouvé, à part celle sur Sempé qui se terminait la veille de notre arrivée. Comme nous aimons beaucoup ce dessinateur, j'étais assez déçue. Puis, mardi alors que nous cherchions une géocache près de l'hôtel de ville, nous avons vu les affiches qui annonçaient: "Expo prolongée jusqu'au 31 mars". J'en ai poussé des piaillements de bonheur. Le temps de nous loguer et nous foncions vers l'entrée de la rue Lobau.



Comme beaucoup d'enfants des années 70, j'ai découvert Sempé grâce à ses illustrations des aventures du Petit Nicolas, le célèbre chenapan imaginé par Goscinny. Plus tard, j'ai savouré ses dessins d'humour caractérisés par un petit côté désuet, un sens de l'observation pointu et une profonde tendresse, y compris pour des personnages en apparence fats et ridicules. Le rire provoqué par Sempé n'est jamais méchant, et l'émotion pointe souvent le bout du nez dans son travail. Admirez la façon dont, avec des traits si épurés et une quasi absence de décor, il exprime une sollicitude infinie:



L'exposition de l'hôtel de ville rassemble plus de 300 originaux, dont beaucoup d'inédits. On y retrouve tous les personnages qui ont fait le succès de Sempé, des plus connus aux plus obscurs (je ne me souvenais franchement ni de Raoul Taburin le réparateur de vélo qui ne sait pas monter à vélo, ni de Catherine Certitude la petite ballerine myope), mais aussi les couvertures qu'il a réalisées pour le magazine d'art The New Yorker. Les oeuvres sont présentées dans une salle très spacieuse et bien éclairée; c'est un bonheur de déambuler dans les allées en écoutant glousser les autres visiteurs et en songeant avec gourmandise qu'il reste encore plein d'autres dessins à découvrir.



A la sortie, une librairie temporaire permet de compléter (ou de démarrer) sa collection de livres de Sempé, soit avec des grands formats à couverture cartonnée qui coûtent dans les 30 ou 35€, soit avec des rééditions en poche à moins de 6€ pièce. Limitée par la place dans mes bagages et ma bibliothèque, j'ai opté pour la seconde version de "Saint-Tropez" et d'"Ames soeurs" (particulièrement appropriées en ce jour de Saint-Valentin). Chouchou, de son côté, s'est offert le catalogue de l'exposition. Nous sommes ressortis enchantés du long moment passé dans l'univers de cet artiste si délicat.



Exposition "Sempé: un peu de Paris et d'ailleurs"
Hôtel de ville, 75004 PARIS
Ouvert tous les jours de 10h à 19h, sauf dimanche et jours fériés
Entrée gratuite

"La liste de mes envies"


Le mot "liste" dans le titre. La photo des bobines de fil sur le bandeau. La mention "...a déjà séduit les éditeurs du monde entier". Forcément, j'étais obligée de m'offrir ce petit roman de Grégoire Delacourt.

Jocelyne Guerbette, 47 ans, tient une mercerie à Arras. Elle est mariée à Jocelyn, un homme un peu rustre mais dont elle reste très amoureuse malgré le drame qui a marqué leur couple: la perte d'une petite fille mort-née. Leurs deux autres enfants sont grands; ils ont quitté la maison et ne donnent guère plus de nouvelles. Jocelyne tient un blog qui marche très fort, est copine avec les jumelles du salon de coiffure/esthétique voisin, et s'occupe de son père dont la mémoire s'est trouvée réduite à six pauvres minutes suite à un AVC. Elle mène une vie que d'aucuns pourraient trouver ennuyeuse, mais qui suffit à la contenter. C'est une adepte des petits bonheurs, peu exigeante et sans envies extravagantes. Alors, quand elle gagne plus de 18 millions d'euros au loto, elle se demande si elle n'a pas tout à perdre en encaissant le chèque de la Française des Jeux...

Oserai-je le dire? Malgré un thème séduisant, quelques passages touchants et deux-trois réflexions très bien vues sur l'argent qui ne peut pas tout acheter, je me suis ennuyée en lisant "La liste de mes envies". Son style simple et parlé cherche sans doute à retranscrire l'humilité de l'héroïne; je l'ai juste trouvé pauvre. Son histoire se veut remuante; elle m'a semblé prévisible et convenue (à part peut-être pour la fin). Un livre pas totalement à jeter, mais une déception quand même.

mercredi 15 février 2012

"Furari"


Quoi de mieux que le dernier Jiro Taniguchi pour tuer une heure tout en dégustant un afternoon tea, après trois jours passés à battre le pavé parisien? Cette fois, le maître nous refait son "Promeneur Solitaire" version fin du XVIIIème, à une époque où la capitale impériale du Japon s'appelle encore Edo. Son héros, un homme d'affaires fraîchement retraité, est passionné par la cartographie. Il compte ses pas chaque fois qu'il déambule dans les rues de sa ville, et songe à entreprendre une longue expédition pour assortir une mesure à la notion de degré. S'il se passionne pour une science naissante, c'est aussi un doux rêveur qui aime se projeter dans le corps d'un chat, d'une tortue, d'une libellule ou même d'une fourmi, afin de voir le monde à travers leurs yeux. Comme tous les personnages de l'auteur, ce contemplatif a un don pour savourer la moindre rencontre et la plus minuscule des choses qui l'entourent. "Furari" est un Taniguchi sans surprise, pas celui que je préfère mais néanmoins tout à fait digne d'intérêt.

mardi 14 février 2012

Faites ce que je dis, pas ce que je fais



C'est vrai: moi, j'ai passé la journée d'hier à faire les magasins. Et je compte bien recommencer aujourd'hui. Mais je n'achète que des trucs pour moi, donc ça va :D

lundi 13 février 2012

Où je tente de socialiser, mais en vain


Début décembre, j'ai été invitée à rejoindre un groupe de tricoteuses qui se réunissent un dimanche après-midi par mois. J'étais super enthousiasmée par le principe, et un peu dégoûtée de manquer la réunion suivante qui était une opération d'urban knitting. Hier, je me suis donc précipitée à Saint-Gilles, au premier étage du salon de thé Merrily's. Trois autres filles avaient répondu présentes. Je leur ai fait la bise en souriant "Bonjour, je suis Armalite"; puis j'ai commandé un thé Romanov et sorti mon écharpe au point de petites noisettes dont je ne vois plus le bout en me disant que ce serait une bonne occasion de l'avancer.

Effectivement, je l'ai avancée. Mais je n'ai fait que ça. Les autres filles se connaissaient déjà très bien; deux d'entre elles étaient soeurs et la troisième semblait être une de leurs amies de longue date. Elles avaient visiblement plein de choses à se dire, et aucune envie de faire ma connaissance. Oh, je ne pense pas que ma présence les gênait et elles n'ont jamais été impolies, mais mes quelques tentatives de m'intégrer à la conversation sont très vite retombées à plat. Bon, en même temps, la seule chose que j'ai à dire sur Orel-San dont elles venaient de voir un concert, c'est que sa chanson "Sale pute" était à vomir, et la seule chose que j'ai envie de répondre à une déclaration comme: "Franchement, de nos jours, pour tomber enceinte, il faut le vouloir. Elle a jamais entendu parler de la capote?", c'est "SIRIOUSLY???" (©Shalf). Je n'étais absolument pas à ma place. J'ai attendu une heure correcte avant de plier bagages, de remercier les filles pour leur accueil et de dire poliment: "Peut-être à une autre fois".

Un mot sur Merrily's: situé juste à côté d'Au Pays Des Merveilles dont j'aime beaucoup les bagels, ce salon de thé vend des myriades de cupcakes couverts de crème au beurre multicolore, le genre que je trouve écoeurant mais dont je sais qu'il a beaucoup d'adeptes. Les prix sont corrects, les serveuses gentilles et souriantes, et les deux salles de l'étage vraiment super cosy par un jour de grand froid. Possibilité de commander des plateaux de cupcakes à emporter (par exemple pour un goûter d'anniversaire). Des brunchs à l'américaine devraient être proposés bientôt le week-end; guettez la date sur la page Facebook de l'établissement.

46, avenue Jean Volders
1060 Bruxelles

dimanche 12 février 2012

TO GO LIST


Les incertitudes au niveau de la situation professionnelle de Chouchou nous ayant fait renoncer à notre projet de road trip le long de la côte ouest des Zuess, nous ne ferons pas de "grand" voyage cette année. Outre une poignée de déplacements en France, nous irons quelques jours en Islande au mois de juin et quelques jours dans une autre ville européenne encore à déterminer d'ici fin septembre ou début octobre. Chouchou voudrait m'emmener à Barcelone, qu'il connaît déjà; je déteste la culture hispanique et j'ai depuis notre expérience praguoise malheureuse une sainte horreur des endroits claffis de touristes. Par contre, j'aimerais bien découvrir...

TALLINN, depuis que j'ai lu le récit et vu les photos de vacances d'une blogueuse bruxelloise, il y a quelques années. Et aussi à cause de cette librairie merveilleuse.

OSLO et HELSINKI, parce que je kiffe grave la Scandinavie et qu'après les capitales danoise, suédoise et islandaise, il sera temps d'aller nous ruiner dans le pays d'origine de a-Ha, et dans celui où le Postcrossing est roi.

EDIMBOURG, parce que ma notion du romantisme me porte plus vers les châteaux hantés et le monstre du Loch Ness que vers les angelots, les petits coeurs et les bouquets de roses.

VENISE, où je suis allée en voyage scolaire à l'âge de 11 ans et que j'avais détestée à l'époque, mais à laquelle un roman de Claudie Gallay m'a convaincue de donner une seconde chance. Toujours en Italie, CINQUE TERRE et la COTE D'AMALFI ont l'air assez sublimes pour un petit séjour en amoureux.

BUDAPEST, et c'est entièrement la faute de Guillaume Long qui m'a mis l'eau à la bouche avec le récit de ses gueuletons sur place.

SAINT-PETERSBOURG, pour sa magnifique cathédrale Saint-Sauveur-Sur-Le-Sang-Versé (rien que le nom...!).

WINCANTON, petite ville anglaise jumelée avec Ankh-Morpork; PORTMEIRION, où fut tournée la série "Le Prisonnier", et BRIGHTON parce que tant qu'à être déprimée au bord de la mer du Nord, autant le faire côté britannique.

Dans les villes déjà connues mais où je retournerais volontiers, je citerais COPENHAGUE, VIENNE et AMSTERDAM. Et si je décide un jour d'aller me reposer au soleil, une escapade d'une semaine à CHYPRE devrait faire la blague.

Pour les "grands voyages", je veux donc emmener Chouchou aux Zuess, retourner au Japon, découvrir l'Asie du Sud-Est et me faire le doublé Australie-Nouvelle Zélande. Je n'aurais rien non plus contre un petit tour au Canada.

Il ne reste plus qu'à trouver le temps et les sous pour concrétiser tous ces projets!

Illustration empruntée ici.