lundi 12 décembre 2011

"Sunset Park"


De mon point de vue, on peut classer les romans de Paul Auster en deux catégories: les grandes fresques américaines (comme "Brooklyn Follies", "La nuit de l'oracle", "Moon Palace" ou"Léviathan") et les expérimentations littéraires, généralement doublées d'une réflexion sur la condition d'écrivain ("La Trilogie New-Yorkaise" ou "Dans le Scriptorium"). Autant j'adore les premières, autant les secondes m'ennuient à mourir.

Ca tombe bien: "Sunset Park" se classe résolument parmi les oeuvres les plus "classiques" de l'auteur. Rongé par le souvenir de la mort de son demi-frère, dont il se sent responsable, Miles Heller a fui sa famille et New-York où il avait grandi pour se réfugier en Floride. Au moment où sa liaison avec une mineure va l'obliger à disparaître une nouvelle fois, son vieil ami Bing lui propose de rejoindre la petite communauté de squatteurs qu'il a fondée à Brooklyn...

Comme "Invisible", le précédent opus de Paul Auster, "Sunset Park" est un roman assez court, caractérisé par la multiplicité des points de vue. Outre Miles, on suit ses trois colocataires - Bing, le grand nounours barbu qui tient un Hôpital des Objets Cassés; Ellen, une artiste refoulée que ses pulsions sexuelles inassouvies sont en train de rendre dingue; Alice, l'archétype de la fille formidable et de la thésarde studieuse - ainsi que ses parents séparés depuis belle lurette - Morris l'éditeur respecté mais menacé par la crise, Mary-Lee l'actrice vieillissante qui s'apprête à aborder un rôle difficile au théâtre. L'auteur réussit à faire de chacun d'eux une personne vivante et complexe, hautement imparfaite mais à la trajectoire parfaitement compréhensible. Plus encore que son style dont j'apprécie la fluidité, c'est cette belle empathie envers la nature humaine qui me fait apprécier Paul Auster. Je regrette un peu qu'il se contente d'effleurer l'angle social qui aurait pu être très intéressant à explorer, mais son propos n'a jamais été politique.

Par contre, la fin... Cette fin en queue de poisson qui laisse Miles à un tournant crucial, confronté à un choix qui modèlera peut-être toute la suite de sa vie, m'a remplie d'une profonde frustration. C'était bien la peine de suivre, pendant 300 pages, son cheminement vers une forme de rédemption pour l'abandonner alors même que tout ce qu'il a accompli est remis en cause! J'imagine que, de la part d'un auteur aussi chevronné que Paul Auster, il s'agit d'une décision mûrement réfléchie. Mais franchement, du point de vue du lecteur, ça ressemble surtout à une façon désinvolte de terminer un bouquin pour lequel on n'imaginait pas de conclusion satisfaisante.

Lettre à Bastet


Chère Bastet,

16 ans et 4 mois, c'est un âge respectable, pour une de tes administrées - tu n'es pas d'accord avec moi? Un âge où il ne serait pas déraisonnable de s'envoler tout doucement et sans faire de bruit pour le paradis des chats.
...Emphase sur le "tout doucement et sans faire de bruit".
...Genre, en cessant de rejouer La Traviata toute la nuit d'une voix de crécelle éraillée parce qu'on n'aime pas que les deux humains de la maison tentent de dormir au lieu au lieu de distribuer boulettes de thon, attention et câlins.
Six mois que ça dure, depuis le décès de ton autre administrée Copernique qui a plongé Scarlett - notre cantatrice, donc - dans une angoisse incontrôlable. Six mois que nous n'avons pas fait une nuit de sommeil complète. Or, il se trouve que l'humain mâle délicieux qui partage ma vie doit prendre sa voiture tous les matins de bonne heure pour se rendre à un travail über stressant. Et qu'il traîne désormais une telle fatigue chronique que tous les matins en lui disant au revoir, j'ai peur de ne pas le revoir le soir parce qu'il se sera endormi au volant et encastré dans un poteau.
Tu me diras que je n'ai qu'à isoler Scarlett la nuit. Hélas, nous vivons dans un petit appartement de 50m carrés, dépourvu de porte à l'exception de celle de la salle de bain qui se trouve à 30 cm de notre lit. Tu me diras que le mieux serait peut-être de prendre un autre chat pour lui tenir compagnie; ce à quoi je te répondrai: "Plus jamais ça. Plus jamais." Tu me diras que les anxiolytiques pour animaux, ça existe; je te répliquerai que nous avons déjà essayé et qu'ils sont restés sans effet. Depuis trois jours, nous tentons le Zylkène. La secrétaire du véto nous a dit que ça mettrait deux mois à faire vraiment effet. Mais d'ici deux mois, je risque, une nuit où mes nerfs seront particulièrement à vif, d'aider un peu la nature en essayant d'apprendre à Scarlett à s'envoler par elle-même.
Vois-tu, Scarlett, c'était la prunelle de mes yeux, et c'est en train de devenir mon cauchemar vivant. Alors, ce serait vraiment sympa de la rappeler à toi avant que je devienne un assassin de chat.
Merci, bisous.

Armalite

PS: Par contre, je crains qu'il y ait une grave méprise. Scarlett est bien un vrai chat pourvu de moustaches, d'une queue poilue et de coussinets roses. Ce n'est PAS celle de mes amies humaines qui se targue d'en être à sa troisième vie et qui a frôlé la mort samedi soir. Celle-là, elle ne miaule pas la nuit et je préfèrerais qu'elle vive encore très longtemps.

dimanche 11 décembre 2011

Les brunchs du dimanche (12): Ellis Gourmet Burger


Depuis début octobre, il ne se passe pas trois jours sans que j'entende quelqu'un parler du Ellis Gourmet Burger ou que je lise un article dithyrambique à son sujet sur internet. A force, ça m'a agacée d'être la seule Bruxelloise hors du coup, et j'ai décidé d'aller moi aussi tester ce fameux burger joint.

Samedi soir, donc, j'appelle afin de réserver une table pour deux. "Ah non, on ne prend les réservations que pour les grandes tables, me répond une demoiselle au téléphone. Sinon, vous vous rendez compte, on serait complets avant même d'ouvrir." Une salle pleine, en effet, doit être le cauchemar numéro un de tout restaurateur. Mais bon, OK. Nous irons assez tôt pour ne pas devoir attendre, et puis voilà.

Dimanche matin, j'ai mon mal de ventre traditionnel du dimanche matin, donc nous partons en retard et nous galérons pour nous garer aux abords de la place Sainte-Catherine. Du coup, nous arrivons sur place à 12h30 alors que le resto ouvre à midi, et toutes les tables sont déjà prises. Le chef de salle (ou le patron?) nous informe sans le moindre sourire qu'il va y avoir de l'attente, et que si on pouvait parquer nos derrières sur ces chaises au lieu de rester plantés près de l'escalier, ce serait bien aimable.

La 5 se libère sous une dizaine de minutes. Juste à côté de la porte dont, en l'absence de l'épais rideau de velours qui garnit l'entrée de tous les restaurants bruxellois soucieux du bien-être de leur clientèle, émane un courant d'air glacial chaque fois que quelqu'un entre ou sort, c'est-à-dire environ toutes les 30 secondes vu la proximité du marché de Noël. Chouchou gardera donc son blouson pendant tout le repas.

A peine avons-nous posé nos fesses sur les sièges qu'une demoiselle se jette sur nous pour demander ce que nous voulons boire. Elle semble étonnée quand je lui réponds que je préfèrerais regarder la carte avant de commander. La carte, donc, est une pauvre photocopie sur du papier 80g ordinaire déjà bien déchiré dans les pliures. On note des amuse-bouches en grosses verrines qui ont l'air sympa (mais pas forcément indispensables avant de s'enfiler un burger). Les sandwichs sont à des prix plutôt démocratiques, même si ce prix s'entend "nu" et qu'il faut débourser 3,50€ de plus pour avoir droit à une portion de frites, et un peu moins pour une patate au four, du coleslaw ou un demi-épi de maïs. Par contre, excepté celui au faisan et celui au pigeon, je ne les trouve pas d'une grande originalité. Idem pour les trois salades proposées par ailleurs et pour la poignée de dessert archi-classiques, même si je note que les muffins ont l'air succulent (mais once again, pas forcément indispensables après s'être enfilé un burger).

Nous venons de passer commande à la demoiselle du début quand un jeune homme s'approche pour nous demander ce que nous voulons. La minute d'après, il installe à la table voisine de la nôtre, déjà pas très grande pour deux personnes, un couple avec un jeune enfant. Pour ce faire, il doit rapprocher ladite table de la nôtre au point que je me retrouve coincée contre le mur. Et si je veux aller aux toilettes? Ben, tant pis pour moi. Et si je veux avoir une conversation vaguement privée avec Chouchou? Tant pis pour moi aussi. De toute façon, le volume sonore ne se prête guère aux badinages amoureux, et la froideur du décor très "new-yorkais moderne", non plus. Par contre, je pourrais être tentée d'aboyer sur le serveur qui repasse toutes les cinq minutes nous poser des questions ou nous proposer des choses dont sa collègue s'est déjà chargée.




Nos burgers arrivent dans un délai raisonnable. J'ai pris un Rossini, avec de petites escalopes de foie gras et du confit d'oignon, en précisant bien que je voulais un steak saignant. Bonne surprise: la viande est cuite comme je la voulais, mais ressemble tout de même fort à du Charal décongelé - rien à voir avec l'épais et succulent steak du P.H.A.T, ou le steak ultra-mince mais confectionné sur place avec de la viande bio de l'Amour Fou. Chouchou se déclare très satisfait de son soy cheese végétarien dont le bun, je l'avoue, a l'air délicieux. Les frites servies dans un haut bol en porcelaine doublé d'un sachet papier sont excellentes, tout comme la mayonnaise au poivre fournie en bonne quantité. Globalement, donc, pas grand-chose à redire au niveau de la nourriture elle-même, et les prix sont en effet corrects.

Mais sérieusement... Avec le nombre de burger joints bobos qui fleurissent un peu partout à Bruxelles en ce moment, de la bouffe honnête, ça ne me suffit pas. J'attends aussi un minimum du côté de l'ambiance et du service, et ce minimum n'était pas du tout, du tout atteint. Je n'avais qu'une hâte: finir de manger pour décamper. J'ai du mal à comprendre le buzz qui entoure le Ellis Gourmet Burger. Pour ma part, c'est certain, je n'y remettrai pas les pieds et ne le recommanderai pas.

Ellis Gourmet Burger
Place Sainte-Catherine 4
1000 Bruxelles

Nowell Nowell tu vas venir bientôt


Se dépêcher de boucler le ménage du samedi matin; avaler ses Croustibats et ses légumes vapeur en quatrième vitesse; se précipiter au cours de yoga où on n'a pas réussi à mettre les pieds depuis plus d'un mois pour s'entendre dire d'un air navré qu'il a été annulé parce que la prof a une intoxication alimentaire.
Pour se venger, entrer chez Senteurs d'Ailleurs et s'offrir un shampoing Bumble&Bumble aux algues marines. Puis filer à la papeterie Nias; faire une provision d'enveloppes à bulles, de Post-It rigolos et de cartes à bisous.
Prendre le métro jusqu'à City 2. Chez Rituals, embarquer un petit cadeau pour Soeur Cadette au cas où les *** prévues ne seraient pas livrées à temps pour Noël. Chez Art Shop, trouver une bordure parfaite pour la sérigraphie destinée à mon père; demander un devis pour un cadre sur mesure et m'entendre répondre que le délai de fabrication est de deux semaines pleines. Geindre: "Mais j'en ai besoin pour le mercredi 21 au plus tard". Repartir en traînant les pieds et en pestant, sans bon de commande.
En attendant le tram dans le froid, grommeler: "Yénultompéi". Puis avoir une illumination: j'utiliserai une des merveilleuses cartes Plonk&Replonk sur la chasse pour confectionner un "bon pour un encadrement chez Midica", et j'emmènerai mon père le choisir après Noël s'il est en état de se balader en ville.
Descendre au Sablon. Faire un tour au Comics Café qui enchante Chouchou, et moi un peu moins. Chez Wittamer, se faire confectionner deux Carrés 30. "Dans le premier, mettez ce que vous voulez, ça se mangera toujours. Le deuxième, il est pour des gens difficiles, enfin surtout une, je vais choisir les chocolats un par un. Comment ça, vous ne faites plus les épis de maïs au lait? Révolution!" Jeter un coup d'oeil chez Taschen; hésiter devant un gros bouquin consacré à Hundertawsser, mais les photos ne sont pas terribles - le reposer, donc. S'arrêter chez Godiva et, pour 3,75€, acheter un Chocolixir viennois qui aurait de quoi tuer un bataille entier de diabétiques.
Prendre le bus 95 pour remonter vers Trône. Se faire détourner du trajet habituel par des barricades barbelées et des cars de flics: les émeutes se poursuivent suite au résultat des élections présidentielles au Congo (pas sûre de comprendre ce que tout casser à Bruxelles y changera, mais bon). Débarquer chez Filigranes et se galérer pour faire entrer tous les sacs de shopping dans les petits casiers de l'entrée. Claquer une bise à Shalf. En jetant un coup d'oeil au rayon bédé, croiser l'amie de Chouchou qui garde Scarlett quand on s'absente. Lui conseiller, pour ses nièces ados fan de manga, l'intégrale de "Paradise Kiss" ou les deux premiers tomes d'"Afterschool Charisma" comme cadeau de Noël. Puis s'installer à une table du café indoors, commander deux oranges pressées et bouquiner un petit moment avant de prendre le chemin du retour en grommelant: "Yéfroitompéi".
En poussant la porte de l'appart, trouver Scarlett en émoi: sa gamelle est vide. Lui servir des boulettes au thon; les arroser avec le contenu d'une gélule de Zylkène en priant pour que les anti-dépresseurs agissent plus vite sur les chats que sur les humains, PARCE QU'ON VOUDRAIT DORMIR LA NUIT BORDEL. Décider de bruncher le lendemain à l'Ellis Gourmet Burger, nouvelle coqueluche des branchés bruxellois en matière de burgers. Puis préparer une quiche au thon et aux oignons confits; la manger avec une soupe de légumes d'hiver devant un épisode de "How I met your mother". Débarrasser la vaisselle; se faire un sublime thé au jasmin. Ressortir l'écharpe en angora bleu-gris-vert que je suis en train de confectionner pour ma mère. Enchaîner les doubles brides en s'interrompant de temps en temps pour continuer une passionnante conversation privée sur Facebook. Aimer découvrir quelqu'un en entrant, tout de suite, dans le vif du sujet. Envisager de préparer des mini-cakes citron-pavot et remettre ça au lendemain. Echanger des mails avec Soeur Cadette sur les préparatifs du réveillon: le foie gras artisanal est commandé, hourra!
Vacances en famille: J-11.

samedi 10 décembre 2011

"Whiskey & New York"


Julia Wertz, pas encore 25 ans au compteur, quitte San Francisco où elle a toujours vécu et part s'installer à New York. Entre deux boulots minables dont elle finit toujours par se faire virer très rapidement, elle dessine sa vie de galère: les appartements miteux à Brooklyn, les clochards qui l'agressent verbalement dans la rue, les cuites qu'elle se prend avec une régularité alarmante, les séances de cinéma qui occupent ses après-midi... Julia porte des fringues pourries qu'elle n'a aucune intention de changer; elle se nourrit de junk food, est incapable de se trouver un petit ami et culpabilise de ne pas être restée auprès de son frère toxico pour le soutenir. Bref, son histoire est légèrement déprimante, mais aussi assez réaliste pour qui s'imagine New York comme une Terre Promise. J'aime beaucoup quand Julia dessine les rues de la ville, ses façades ou l'intérieur des appartements dans lesquels elle habite; ses personnages, par contre, me font penser à de vieux comic strips ringards. "Whiskey & New York": une lecture pas nécessairement indispensable, mais qui ne m'a pas donné l'impression de perdre mon temps.

Au programme des réjouissances pour 2012


Vu le plaisir que j'ai eu à organiser ou simplement à participer à des swaps et à des challenges photo en 2011, j'ai décidé de vous proposer un programme à l'année pour 2012, en alternant les "animations" selon le calendrier suivant:

Janvier:
Swap littéraire sur le thème "Mondes imaginaires". Paquet à envoyer pour le 31/01. 20 participantes maxi.
Février:
Swap postal de "Cartes insolites". A boucler pour le 29/02. Pas de nombre limite de participantes.
Mars:
Challenge photo à thème "Alphabet", avec publication sur 4 dimanches consécutifs.
Avril:
Swap littéraire sur le thème "Bédé, comics, manga". Paquet à envoyer pour le 25/04. 20 participantes maxi.
Mai:
Swap postal de "Cartes humoristiques". A boucler pour le 31/05. Pas de nombre limite de participantes.
Juin:
Challenge photo à thème "Matières", avec publication sur 4 dimanches consécutifs.
Swap cosmétiques. Paquet à envoyer pour le 25/06. Nombre pair de participantes.
Juillet:
Swap littéraire sur le thème "Voyage voyage". Paquet à envoyer pour le 25/07. 20 participantes maxi.
Août:
Swap postal sur le thème "Exotisme". A boucler pour le 31/08. Pas de nombre limite de participantes.
Septembre:
Challenge photo à thème "Couleurs 2.0", avec publication sur 4 dimanches consécutifs.
Octobre:
Swap littéraire sur le thème "Gourmandise". Paquet à envoyer pour le 25/10. 20 participantes maxi.
Novembre:
Swap postal sur le thème "Hiver". A boucler pour le 30/11. Pas de nombre limite de participantes.
Décembre:
Vacances pour tout le monde!

Les swaps littéraires consisteront à envoyer un livre plus quelques menus objets à une seule personne désignée par avance, et à recevoir un paquet similaire d'une autre personne selon un principe de chaîne.
Le swap cosmétique consistera à envoyer 2 ou 3 produits de soin ou de maquillage plus une surprise à une personne désignée par avance, et à recevoir un paquet similaire de cette même personne selon un principe de binômes.
Pour les swaps postaux, en revanche, chaque participante enverra une carte à toutes les autres membres de sa ronde (8 à 10 personnes).
Dans les trois cas, j'ouvrirai les inscriptions la dernière semaine du mois précédent le début du swap, et je les clôturerai soit dès que le nombre maximum de participantes sera atteint, soit la veille du début du swap. Premières arrivées, premières servies.
Le challenges photo, en revanche, sera ouvert sans inscription ni obligation de résultat à toute personne possédant un espace de publication sur internet: blog, Tumblr, Flickr...

Voilà, j'espère que ce programme vous inspirera et donnera à celles qui n'ont encore jamais participé à un swap ou un challenge photo l'envie de se lancer. A très vite?

vendredi 9 décembre 2011

Swap littéraire: le bilan



Ce swap littéraire est maintenant terminé (même si un des paquets n'a pas encore été découvert par sa destinataire; je vous le montrerai plus tard). Je suis ravie de la façon dont il s'est déroulé: boucle intéressante, participantes agréables, colis élaborés avec soin et envoyés dans les temps... Merci à toutes pour l'enthousiasme et le coeur avec lequel vous avez joué le jeu. Vos paquets faisaient tous très envie!

Par contre, certaines, dans l'intention louable de faire plaisir, ont envoyé plus d'objets que demandé... Du coup, les filles qui ont respecté les consignes ont l'impression de n'en avoir pas fait assez. Je me permets de signaler ce phénomène de "surenchère", car c'est ce qui m'a personnellement découragée des swaps saisonniers auxquels je participais avec un autre groupe. Une prochaine fois, j'insisterai bien sur le fait que chacune doit s'en tenir au nombre d'objets indiqué. Ce n'était sans doute pas assez clair cette fois, et je m'en excuse auprès de toutes.

Ce minuscule détail mis à part, c'était une première expérience très réussie! Et que, du coup, j'ai hâte de renouveler. Dès demain, je publierai un programme des réjouissances 2012, avec des swaps littéraires à thème mais aussi des swaps postaux et des challenges photos pour celles que ça branche. J'espère que vous serez nombreuses à avoir envie de tenter ou de retenter l'expérience. A très vite!

Je hais l'hiver


Je hais l'hiver.
Je dois avoir du sang de marmotte dans les veines, parce que dès que les températures descendent en-dessous de 10 degrés, je n'ai plus qu'une envie: me rouler en boule sous la couette et n'en émerger qu'au printemps.
Hier, après une Nième mauvaise nuit (réveillée à 3h, puis à 4h30 par Scarlett...), je n'ai pas réussi à me sortir du lit avant 9h. J'avais super mal à la tête, et il ne restait pas un seul Doliprane dans l'armoire à pharmacie. Heureusement, deux cachets égarés traînaient au fond de la trousse à maquillage dans mon sac. Mais j'ai su tout de suite que je n'arriverais pas à faire quoi que ce soit de productif de cette journée. J'ai réorganisé mon emploi du temps jusqu'au 22, date officielle du début de mes vacances de Noël. Il me reste 150 pages à traduire en deux semaines, sachant que sur ce laps de temps, je vais paumer deux jours ouvrés dans le train.

(J'ouvre ici une parenthèse pour cracher ma haine violente de la SNCF. A partir du 11, les deux tiers des horaires de train actuels changent. Je n'aurai - tenez-vous bien - plus de ligne directe pour faire Monpatelin-Toulouse en 5h. A la place, les deux tiers des trajets que me propose le site internet ont une correspondance à... Lyon, pour une durée de voyage totale d'environ 8h alors que la distance à vol d'oiseau et en ligne droite est de moins de 500 km. Je crois que quelqu'un, quelque part, a mal compris la notion de service public, et je m'offre pour la lui enseigner à coups de massue cloutée, à moins que le consort de La Princesse me laisse lui emprunter une hallebarde de collection rouillée.)

Je disais donc: va falloir bourrer sur les deux dernières semaines de boulot de l'année, mais soit.
J'ai pensé qu'à défaut de bosser, j'allais au moins employer ma journée de façon productive, même productive non-rémunérée. J'avais huit pulls en cachemire et un poncho en bébé angora qui se languissaient au fond de mon panier depuis l'hiver dernier. J'ai voulu laver les pulls: pas de bol, il y avait plus urgent à passer en machine. Chouchou, qui devait descendre à la pharmacie et chez le cordonnier, a proposé de déposer le poncho au pressing: re-pas de bol, j'avais froid et je voulais le mettre tout de suite, même sale. De toute façon, je vois pas pourquoi je serais forcée de laver ce truc à sec. Les chèvres, ça vit bien dehors et ça rétrécit pas à chaque averse, que je sache?

Donc: pas de boulot, pas de lessive. Quoi d'autre? J'ai préparé un ou deux posts d'avance, sans grande conviction. J'ai envoyé quelques tweets en pestant que je ne trouvais pas les fonctions dont j'aurais voulu me servir. (Oui, j'ai fini par céder aux sirènes de Twitter - et une fois de plus, c'est la faute de l'autre rhino volant.) Après Bénabar à Forest en mars, j'ai réservé deux places pour le spectacle de Vincent Delerm au Wolubilis, en avril prochain. (Mais à part ça, Chouchou adore Marilyn Manson et j'ai du Manowar et du Korn dans mon iTunes, hein.) J'ai annulé mon thé de 16h30 au comptoir Florian, et renoncé à me traîner à la soirée magique du Serendip Spa où j'aurais pu faire le plein de cours de yoga et de massages à -15%. (Ca tombe bien, je suis fauchée.) J'ai voulu faire une sieste et passé une heure sur mon lit sans réussir à m'endormir. Quand tu en es au stade où tu foires même une simple sieste, il faut te résigner: tu es en train de vivre une authentique journée de merde, une de celles que tu peux foutre à la poubelle avant même de l'avoir finie.

Plus que 103 à tirer jusqu'au printemps.


jeudi 8 décembre 2011

Swap littéraire: paquets reçus et envoyés (11)


- Le paquet de Myriam qui n'est plus une elfe fée pour Nelly:


"Le facteur est passé le vendredi alors que je n'étais évidemment pas là. J'ai donc dû attendre jusqu'au lundi suivant pour aller récupérer mon précieux paquet.
J'étais tellement pressée que je n'ai même pas pris en photo l'emballage du livre. Un beau papier turquoise (important pour la suite). En voyant le nom de l'auteur "Ange", je n'ai pu m'empêcher de sourire. Je collectionne les anges et c'est un détail que j'avais oublié de mettre dans ma description, mais comme quoi ils me rattrapent. Je ne connaissais pas cette trilogie et lisant très peu de romans français, c'est un excellent choix !
Le paquet était placé sous le signe de la couleur turquoise par rapport au titre du livre. J'ai donc découvert un petit sachet avec une belle écharpe en soie, ainsi qu'un sachet de thé. J'adore le thé et les écharpes ! C'est un swap qui a fait mouche à 100% ! Merci beaucoup pour ce très joli paquet ! Je me plonge dès que possible dans la lecture de cet ouvrage !
(Désolée pour la photo, faite avec mon ipod, elle est pas la plus claire...)"

Nelly

Hiiiiiii! Ange, c'est mes copaiiiiiiins! D'ailleurs, j'ai l'intégrale dédicacée d'"Ayesha" dans ma PAL depuis des lustres (honte à moi de ne pas encore l'avoir lue, d'autant qu'il paraît que ça déchire!). J'aime beaucoup beaucoup leurs romans comme les bédés dont ils sont scénaristes.

- Le paquet de Nelly pour Sybille:

Fait amusant, Sybille aura été la première à envoyer le paquet pour sa swapée et la dernière à recevoir le paquet de sa swapeuse. Et comme elle était en position n°1 dans la chaîne (vous le verrez demain, quand je publierai la photo de cette dernière en même temps qu'un bilan global du swap), on peut dire que la boucle est vraiment bouclée!

"Ma swappeuse, Nelly, m'écrit qu'elle a choisi pour moi "ce livre parce qu'il parle d'écriture et d'un auteur prêt à tout pour réussir dans ce domaine" Cool
En effet, sur le 4ème de couv' de Saga de Tonino Benacquista, auteur que je ne connaissais même pas de nom, on peut lire : "j'aurais fait n'importe quoi pour devenir scénariste. Même écrire un feuilleton que personne ne verrait jamais." lol!
Je suis vraiment curieuse et j'imagine que je reviendrai causer de cette lecture Wink


Toujours parce que j'aime l'écriture, Nelly avait donc ajouté un petit carnet vert à glisser dans le sac (le genre qui fait bien sérieux avec le petit élastique pour refermer) et, "en tant que belge" et pour que je puisse savourer un bon chocolat chaud en écrivant/lisant, des blocs de chocolat au bout d'un bâtonnet (je connaissais le concept, mais je trouve ça trop cool/rigolo/tentant).


Voilà un joli prémisse à Noël et un grand merci à Nelly Very Happy

A demain, donc, pour le bilan de ce swap, et à après-demain pour la révélation du programme des réjouissances 2012.

Un mercredi après-midi en demi-teinte


Chouchou ayant un reliquat de congés payés à écouler avant fin décembre, il avait posé son après-midi d'hier. Nous en avons profité pour aller déjeuner chez Oups, un bar à soupes situé du côté de la place Flagey que nous aimons beaucoup mais qui est fermé le soir et le week-end, si bien que nous n'avions pas eu l'occasion d'y manger depuis très longtemps. Les filles qui le tiennent composent leur carte en fonction des trouvailles du jour sur le marché, si bien que la demi-douzaines de soupes, les quelques salades et les focaccia proposées pour les accompagner changent tout le temps. Hier, la soupe au poulet que j'avais choisie était affreusement fade, avec à peine un vague goût de persil et de petits pois: ma toute première déception chez Oups. Le consommé de lentilles jaunes aux épinards, par contre, était à la hauteur de mes souvenirs, tout comme le pain bio maison.

Après ça, Chouchou et moi avons pris le tram puis le métro pour nous rendre dans le centre. Bien qu'il fasse encore assez beau à Bruxelles, la température a chuté brutalement en fin de semaine dernière, et j'ai amèrement regretté de n'avoir pas emporté de gants. Les deux manèges steampunk installés sur la place Sainte-Catherine ne m'ont pas emballée: j'en avais déjà vu de beaucoup plus beaux. Evidemment, comparés à celui des Machines de l'Ile, j'imagine que tous les autres vont me paraître minables maintenant! En nous dirigeant vers la Bourse, nous avons traversé l'un de ces marchés de Noël que j'abhorre avec leurs petits chalets en bois faussement authentiques, leurs écoeurantes odeurs de bouffe - friture, charcutaille et vin chaud mélangés - et leurs produits tous plus kitsch et improbables les uns que les autres. Des souvenirs de Russie en plein Bruxelles, sérieusement?

Un petit passage chez Brüsel pour nous ravitailler en BD, et nous sommes allés nous réfugier aux Gens Que J'Aime. Tout en sirotant un bon chocolat chaud, j'ai lu les 90 premières pages de la bédé underground "Whiskey et New York". Mais un courant d'air glacial m'empêchait d'ôter mon manteau, et j'en ai vite eu assez. En attendant la tombée de la nuit, Chouchou et moi avons donc rassemblé les indices nécessaires pour trouver la géocache à tiroirs "Grute Met".

D'abord, compter les fenêtres sous les toits de l'hôtel de ville. Obtenir les coordonnées du Manneken Pis, et aller compter les barreaux de la partie inférieure de la grille qui l'entoure. (Au passage, ne pas manquer d'admirer les statues en chocolat qui trônent dans les vitrines voisines.) Obtenir les coordonnées de la Jeanneke Pis. Revenir vers la Grand'Place pour prendre des photos du sapin géant désormais illuminé. Regretter que le superbe spectacle offert par Electrabel ne commence pas avant 20h. Longer la rue des Bouchers en se faisant interpeler par les serveurs des restaurants à touristes. Trouver la date d'inauguration de la statue, et obtenir les coordonnées d'un point situé près du Nova. Traverser les galeries royales en achetant au passage quelques cartes postales dans une petite librairie ancienne. Arrivés à destination, examiner une gouttière pas trop propre et... ne rien trouver. Argh. Tant pis, nous repasserons de jour, quand on y verra mieux.

De retour à la maison, j'ai trouvé ma boîte mail pleine. Un message du syndic de Monpatelin m'informait que la pente des gouttières de la résidence n'est plus respectée, d'où les débordements constatés sur la façade; il va falloir faire quelques travaux. J'ai le choix entre les ordonner tout de suite et m'attirer les foudres du reste de la copropriété, ou attendre 9 mois la prochaine assemblée générale pour mettre le financement au vote (et prendre le risque qu'il soit refusé). Pendant ce temps, la dégradation de la façade continuera... Un autre message de mon père m'annonçait les résultats de son dernier scanner. Ses métastases aux poumons sont toujours là, mais elles ont un peu diminué de taille et les autres organes ne sont pas atteints. Il attaque lundi prochain un second round de chimio, par cachets cette fois et avec une dose doublée. Ce n'est pas une excellente nouvelle, mais ce n'est pas non plus une atrocement mauvaise nouvelle, et il faudra s'en contenter.

L'hiver a commencé.

Swap littéraire: paquets reçus et envoyés (10)


- Le paquet de Sylvie pour Coco:





J'ai reçu aujourd'hui le colis Sylvie!!
Bien sûr je l'ai inspecté et première chose qui m'a ravie, ce colis venait de Belgique!!
Les différents paquets étaient bien emballés dans du papier bulle et heureusement car la boîte semblait avoir quelque peu souffert du voyage!!
A l'intérieur je découvre trois paquets et une carte (à ne lire qu'après avoir ouvert les paquets!!) J'ai adoré les petites inscriptions sur chaque paquet!!
Et en ouvrant le tout, je découvre "L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet"
"T.S.Spivet est un jeune prodige de douze ans, passionné par la cartographie& et les illustrations scientifiques. Un jour, le musée Smithsonian l'appelle : il a obtenu le très prestigieux prix Baird et il est invité à venir faire un discours. A l'insu de tous, il décide alors de traverser les Etats-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas, personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant."
J'ai juste feuilleté le livre et ce que j'ai adoré d'emblée c'est qu'il y a plein d'annotations et de dessins dans la marge, un peu comme s'il s'agissait d'un journal de bord. Sylvie a relevé le fait que j'aimais particulièrement la littérature jeunesse et ce me semble être tout à fait le genre d'ouvrage que j'affectionne!!
Accompagnant ce livre, j'ai trouvé un très chouette album photo et c'est vrai qu'avec le numérique je n'ai plus l'occasion de ranger les photos dans un album, ce qui perd un peu de son charme!!!
Enfin, "une invitation à me balader dans Bruxelles" qui m'a d'autant plus touchée que Sylvie se propose volontiers pour me faire visiter la ville à l'occasion!!
Comme elle l'a relevé dans sa carte, il semble que nous ayons un certain nombre de points communs alors un très grand merci à elle pour cet avant goût de Noël et à Armalite d'avoir si bien su assembler swapées et swapeuses!!!!

Coco

Encore un livre dont j'avais parlé et que j'avais vivement recommandé sur le blog, un livre que j'aurais pu envoyer moi-même si les goûts de ma swapée s'y étaient prêtés. Je suis ravie!

Il ne reste plus que trois paquets à découvrir. Le premier est bien arrivé mais n'a pas encore été récupéré par Myriam; le second est bien arrivé aussi et j'attend le compte-rendu de Nelly; le troisième a été posté il y a une dizaine de jour pour Sybille, et je commence à craindre que la Poste ne l'ait égaré...

mercredi 7 décembre 2011

D'où vient votre pseudo de blogueuse?


Déjà, je voudrais rectifier une erreur quasi-systématique: Armalite ne se prononce pas à la française, mais à l'anglaise, comme Armalight, soit Armalaïte. C'est, à la base, le nom d'un fabricant d'armes automatiques. Et je l'ai choisi comme pseudo parce que c'est le premier mot de "Forgotten sons", une de mes chansons préférées de mon groupe préféré:

Armalite, street lights, nightsights
Searching the roofs for a sniper, a viper, a fighter
Death in the shadows he'll maim you, he'll wound you, he'll kill you
For a long forgotten cause,
On not so foreign shores,
Boys baptised in war, boys baptised in war

Morphine, chill scream, bad dream
Serving as numbers on dogtags, flakrags, sandbags
Your friend has married your best friend, love's end, poison pen
Your flesh will always creep,
Tossing, turning, sleep
The wounds that burn so deep, burn so deep

Your mother sits on the edge of the world
When the cameras start to roll
Panoramic viewpoints resurrect the killing fold
Your father drains another beer, he's one of the few that cares
Crawling behind a Saracen's hull
From the safety of his living room chair
Forgotten Sons, Forgotten Sons, Forgotten Sons

And so I patrol the valley of the shadow of the Tricolor
I must fear evil for I am but mortal and mortals can only die
Asking questions, pleading answers from the nameless
Faceless watchers that parade the carpeted corridors of Whitehall
Who orders desecration, mutilation, verbal masturbation
In their guarded bureaucratic wombs
Minister, Minister care for your children, order them not
Into damnation to eliminate those who would trespass against you,
For whose is the kingdom, the power, the glory
Forever and ever, Amen,
Amen, Amen, Amen, Amen, Amen, Amen
- Halt who goes there?
Death.
Approach... friend

You're just another coffin on its way down the emerald aisle
Where the children's stoney glances mourn your death in a terrorist's smile
The bomber's arm placing fiery gifts on the supermarket shelves,
Alleys sing with shrapnel detonate in a temporary hell
Forgotten Sons, Forgotten Sons, Forgotten Sons

From the dolequeue to the regiment a profession in a flash,
But remember Monday's signings when from door to door you dash,
On the news a nation mourns you unknown soldier count the cost,
For a second you'll be famous but labelled posthumous
Forgotten Sons, Forgotten Sons, Forgotten Sons, Forgotten Sons
They're still forgotten, they're still, still, forgotten
Peace on Earth and mercy mild
Mother Brown has lost her child
Just another Forgotten Son







Bon, évidemment, il faut aimer le prog (rock progressif) et les chanteurs maquillés. Moi qui ne suis pas très branchée musique, Marillion est LE groupe que je retiendrais si je devais n'en garder qu'un, celui qui a le plus marqué mon adolescence, et mon pseudo reflète cette influence.

Et le vôtre, d'où vient-il? Pourquoi l'avez-vous choisi?

"Le voyage de cent pas"


"Mon nom est Hassan Haji. Deuxième d'une famille de six enfants, je suis né au-dessus du restaurant de mon grand-père situé Napean Sea Road dans Bombay Ouest, bien avant que cette métropole ne soit rebaptisée Mumbai. J'ai tendance à penser que mon destin était scellé d'avance, car mon premier éveil à la vie fut l'odeur du machli ka salan, le curry de poisson épicé, qui montait à travers les lattes du plancher jusqu'à mon berceau (...). Aujourd'hui encore, je me souviens de la sensation des barreaux de mon lit pressés contre mon visage de bébé tandis que, le nez levé, je humais ce paquet aromatique de cardamome, de têtes de poissons et d'huile de palme qui m'invitait déjà, en dépit de mon jeune âge, à découvrir et à savourer les richesses incommensurables du monde extérieur."

Ainsi commence "Le Voyage de Cent pas", premier roman de Richard C. Morais dont l'adaptation cinématographique est déjà en cours. Et contrairement à ce que son titre prête à croire, ce sont des milliers de kilomètres que Hassan Haji va parcourir avant de devenir un grand chef cuisinier. Son enfance à Mumbai, à la frontière entre le bidonville et le quartier riche, s'achèvera par une tragédie qui décidera son père à immigrer en Angleterre. Après quelques années à Londres, le destin conduira toute la famille à s'installer dans le petit village de Lumière, au milieu des montagnes du Jura. Là, le père d'Hassan tentera de monter un restaurant indien et se heurtera à l'implacable inimitié de sa voisine Gertrude Mallory, une fervente défenderesse de la tradition culinaire française...

Le voyage et la cuisine étant deux de mes thèmes favoris en littérature, je ne pouvais manquer d'apprécier les savoureuses aventures d'Hassan Haji. C'est vrai que l'histoire est plus intéressante que son héros, un peu transparent à mon goût. C'est vrai aussi que le grand bond en avant entre le moment où il quitte Lumière simple apprenti cuisinier et le moment où on le retrouve à Paris, propriétaire de son restaurant et titulaire de deux étoiles décernées par le Guide Michelin, résume très rapidement un pan de sa vie qu'il m'aurait paru intéressant de détailler. Au lieu de quoi, on a droit à une critique des guides gastronomiques et du système fiscal français qui tombe un peu comme un cheveu sur une soupe jusque là délicieusement parfumée. Malgré ces quelques réserves, "Le voyage de cent pas" reste un roman à dévorer avec gourmandise.

mardi 6 décembre 2011

Swap littéraire: paquets reçus et envoyés (9)


- Le paquet d'Antonia pour Londoncam:


"J'ai trouvé une grande enveloppe blanche avec une belle écriture calligraphiée, enveloppe que je me suis empressée d'ouvrir, tout en prenant mes précautions car elle portait la mention "fragile".
Dans cette enveloppe, j'ai trouvé un swap sur le thème de l'Afrique, qui ne pouvait plus me convenir et me faire plaisir, puisque j'ai vécu 13 ans en Afrique et reste amoureuse de ce continent.
Il y avait tout d'abord le livre de J.M.G Le Clézio, l'Africain, que contre toute attente je n'ai pas lu. Antonia ne pouvait tomber plus juste, j'avais envie de lire du Le Clézio mais ne savait pas par lequel commencer. L'Africain est un choix parfait !
Pour l'accompagner, une très jolie carte, avec un très gentil mot: Antonia a elle aussi parcouru l'Afrique !
Une jolie boîte remplie de Rooibos et de bissap (une boisson à base d'hibiscus) était également dans le colis: je voulais justement m'acheter du bissap, et je bois toute sorte de thé et tisane, je suis ravie.
Et enfin, last but not least, une oeuvre autour de l'Afrique réalisée par Antonia, magnifique, qui m'a bluffée (et a bluffé l'homme). Sache Antonia que nous allons lui trouver un cadre digne de ce nom et qu'elle aura une place de choix dans notre chez nous.
Il ne me reste plus qu'à dire MERCI à Antonia dont le paquet m'a beaucoup touchée, et merci à toi pour avoir organisé ce super swap !

Camille"



Il reste encore deux paquets en transit, et quatre compte-rendus à découvrir dans les jours qui viennent.

Les brunchs du dimanche (11): P.H.A.T.



Ouvert en mai dernier dans le quartier du Châtelain, le Pretty Hot And Tasty vient grossir les rangs des restos bobo-branchés de Bruxelles, mais il le fait bien. Dans une salle en trois parties, spacieuse, peu bruyante et décorée avec goût mais sans trop de chichis, les convives prennent place devant des sets de table qui sont des photocopies de unes historiques de journaux américains. Puis ils déplient le menu et se mettent à gémir de frustration devant l'énorme choix de burgers, de salades et de sandwichs tous plus appétissants les uns que les autres - sans parler du véritable English Breakfast servi entre midi et 16h le week-end. Nous étions quatre à table dimanche dernier, et nous avons mis un temps fou à nous décider. Chouchou a pris un burger à cheval, Funambuline un Teriyaki burger, Shalf un cheeseburger au gorgonzola et moi le burger méditerranéen avec steak d'agneau, yaourt à la menthe, mozzarella, tomate confite et caviar d'aubergines. (Celui au foie gras me tentait beaucoup également, mais 24€, ça commence à faire cher pour un burger, quand même!)



Le mariage de saveurs de mon burger était hyper réussi; Funambuline et Shalf ont eu l'air enchantés par les leurs, tandis que Chouchou a paru trouver le sien pas mauvais, mais rien d'extraordinaire. Les frites cuites moitié à l'huile, moitié à la graisse de boeuf ont fait l'unanimité, tout comme la mayo maison bien goûtue et le coleslaw très frais. Gros bémol sur le pain trop mince, qui s'est effrité entre nos mains (oui, nous mangeons avec les doigts, faites-nous un procès) dès la première bouchée. La patronne, à qui nous faisions part de nos impressions, nous a répondu qu'elle avait conscience de ce problème et qu'elle cherchait à y remédier depuis longtemps, mais qu'aucune boulangerie bruxelloise m'arrivant à produire des buns corrects, elle avait dû se résoudre à les faire venir depuis les USA. La première fournée devrait arriver dans une semaine. Vous voulez dire qu'il faudra revenir tester? Trop dure la vie.

A part ça, le wifi gratuit est généralement saturé et inaccessible, Voo ne consentant pas à débloquer un plus grand nombre d'adresses IP pour l'établissement. Le cheesecake que j'ai pris en dessert était un vrai de vrai avec la croûte en biscuits digestifs, mais assez quelconque au niveau du goût; j'ai regretté de ne pas avoir plutôt commandé le pain perdu avec ses fruits frais et sa boule vanille. Le service, souvent critiqué dans les premières reviews internet du P.H.A.T., était ce jour-là (et pour notre table, du moins) tout à fait irréprochable, avec du personnel souriant et une arrivée des plats ni trop rapide, ni trop lente. J'ai aimé la bibliothèque pleine de classiques qui fait le tour du comptoir, les lettres lumineuses pour épeler le nom du restaurant ou indiquer les toilettes, les tables assez grandes pour qu'on s'y sente à l'aise même avec plein de choses dessus. Avec deux burgers, une grande bouteille d'eau, un verre de vin, un soda et un seul dessert, notre part de l'addition, à Chouchou et à moi, se montait à un peu plus de 50€, ce qui n'est pas donné mais qui reste à peu près raisonnable en regard de la qualité des produits. La prochaine fois, j'ai vraiment envie de tenter l'English Breakfast.

P.H.A.T.
Rue Américaine 122
1050 BRUXELLES
Tel: 02 852 19 06

Challenge photo de novembre: thèmes 26 à 30



26. Regard
Cahouète, alors âgé de 9 mois. Notez le sourcil frémissant et la joue à bisou qui sont ses deux défenses intégrées les plus efficaces.



27. Rond
Chouchou et moi en train de faire les andouilles dans une laverie avant que je vienne m'installer à Bruxelles. C'est à peu près la seule photo de cette série qui puisse être considérée comme tout public. "Euh, attends y'a une caméra dans le coin." "Bah, si un pauvre type est en train de s'emmerder à surveiller une Wasserette à cette heure-ci, il sera très content d'avoir un peu de distraction." "...Bon ben d'accord." Good times ^^



28. Vintage
Sur ce coup-là, j'ai été prise à mon propre piège. J'ai écrit "Vintage" alors que je pensais "Rétro". Et il se trouve que contrairement à certaines de mes copines, je ne suis pas du tout une fan de friperies. J'ai donc ressorti une photo de la crèche familiale, parce que c'est de saison. Ouvrage entièrement réalisé au crochet sur une base de cones taillés dans des boîtes de biscottes Heudebert, par ma mère alors qu'elle était enceinte de Soeur Cadette (fin 1974). Connaît encore son heure de gloire tous les ans. Ma mère n'a plus jamais touché un crochet de sa vie: elle préfère largement le tricot.



29. Voyage
Paris-Tokyo, en avril 2010. Notre dernier "grand voyage" à ce jour. Je déteste prendre l'avion, mais je trouve toujours magiques les levers et les couchers de soleil vus depuis au-dessus des nuages.



30. Zen
Le Bouddha de Kamakura, pendant le même voyage. Les églises me gonflent prodigieusement, mais j'aime assez les temples bouddhistes et shintoistes que l'on peut visiter au Japon.

Allez voir les photos des autres participantes:

Voilà, c'est fini pour cette fois! Merci à toutes celles qui ont joué le jeu; il y avait de très belles choses dans vos publications.

Un mot sur l'organisation: rétrospectivement, je regrette d'avoir laissé un mois entier pour prendre les photos, puis demandé de tout publier en 6 jours. Ca fait une trop longue période sans "obligation" de résultat, et l'enthousiasme tend à retomber. Du coup, pour les prochains challenges photo, je reviendrai à un format de publication hebdomadaire.


lundi 5 décembre 2011

Concours: gagnez des entrées pour la soirée rétro de Radio Modern à Bruxelles


Radio Modern est un collectif qui organise des soirées rétro en Belgique. Jusqu'ici actif uniquement en Flandres, il désire étendre ses activités à Bruxelles. C'est ainsi que le 17 décembre, vous pourrez aller à La Tentation écouter un orchestre rockabilly, vous initier au charleston avec Lady Flo et bénéficier d'une animation coiffure/makeup. Vous pourrez consulter le reste du programme ici.

Tentées? Grâce à The geek whisperer, je propose à deux d'entre vous de gagner deux entrées pour cette soirée (soit quatre entrées en tout). Pour cela, il vous suffit de me laisser un commentaire avant mercredi soir minuit, et j'annoncerai le nom des gagnantes dans la journée de jeudi. Bonne chance!

Minsk de Mavala + top coat Circus Confetti d'Essence (ou: jamais 2 sans 3)


Lors de mon dernier passage à Paris, j'ai testé la collection Muppets d'OPI qui me faisait saliver par avance depuis des mois, et j'ai été super déçue: les beaux vernis à paillettes vert et bleu avaient des bases transparentes, pas du tout ce que j'espérais; quant aux autres, j'avais déjà des teintes approchantes des seuls qui me plaisaient. Le seul que je trouvais vraiment magnifique, c'était le Rainbow Collection avec ses paillettes multicolores de plusieurs tailles. Je ne devais pas être la seule, car il était déjà en rupture de stock partout. J'ai donc fouillé la blogo beauté à la recherche d'un dupe, et je suis tombée sur le Circus Confetti, un top coat Essence qui avait l'air de bien faire la blague, pour moins de 2 euros au lieu de 13,50. Que demande le peuple? Qu'il ne soit pas déjà sold out chez Kruidvat le temps que je regagne la Belgique, ai-je supplié sur mon profil Facebook.

Rentrée à Bruxelles, je passe chez Kruidvat une première fois. "Fermé pour cause exceptionnelle". Bien bien bien. Je passe une seconde fois: mon Circus Confetti est là, hourra! Mais à sa vue, un doute me saisit: je ne l'aurais pas déjà acheté le mois dernier, ou celui d'avant? Vu le prix riquiqui, je l'emporte quand même. Et arrivée chez moi, je constate que oui, j'en ai bien déjà un flacon dans ma collection. Je décide donc de l'offrir à mon amie Sophie, qui se met du vernis depuis peu et qui n'a probablement pas déjà atteint le stade de l'addiction où on achète ce genre de top coat flashouille.

Et puis jeudi dernier, je reçois un petit paquet en provenance de Gruyérie. C'est l'adorable Lady Pops qui, émue par mes lamentations sur Facebook, m'envoie... un flacon de Circus Confetti au prétexte que "si Alice a droit à des non-anniversaires, j'ai droit à un non-Noël". J'ai déjà dit combien j'étais fan de petites attentions? Celle-ci ne sera pas perdue: je n'avais jusqu'ici pas de vernis pailleté dans mon stock monpatelinois: lacune bientôt réparée. Il était donc plus que temps que je me décide à tester la bête...






En base, j'ai utilisé le Minsk de Mavala, un gris acier de la collection permanente. J'ai bien laissé sécher les deux couches avant d'appliquer le Circus Confetti. Je voulais tenter un dégradé, avec une très grosse concentration de paillettes dans le bas de l'ongle, puis de moins en moins en remontant et rien du tout vers le haut. Mais l'épaisseur du top coat et la quantité insuffisante de paillettes ne m'ont pas permis d'obtenir le résultat que j'espérais. N'empêche que j'aime assez le résultat, plus gai et plus original qu'un vernis très sombre porté tout seul. Et vous?

Challenge photo de novembre: thèmes 21 à 25



21. Nuit
A la base, je voulais utiliser une photo de la façade des Galeries Lafayette illuminée pour les fêtes. Mais je l'avais déjà incluse dans ma mosaïque de novembre. Et vendredi, nous sommes allés dîner chez des amies qui avaient cette jolie guirlande étoiles posée sur un meuble noir...



22. Numéro
La façade d'une maison décorée pour Halloween, du côté de Tomberg. Près de la sonnette, il y avait un panneau émaillé "Place des Bisous"...



23. PAL (Pile A Lire)
L'exemple-type du concept facile en apparence, mais qui ne produit que des photos bof. Celle-ci a été prise hier lors d'un brunch riche en fou-rires au P.H.A.T., dont je vous reparle très prochainement.



24. Petit-déjeuner
Le somptueux chocolat chaud de la Ferme du Hameau du Roy.



25. Porte/Portail
Le célèbre bleu d'Essaouira, sur la côte marocaine, en mai 2009, lors d'un stage carnet de voyages avec mon amie Antonia.

Allez aussi voir les photos des autres participantes:

A demain pour les cinq derniers thèmes de ce challenge!