samedi 4 juin 2011

"Morning Rose" Chanel + "Teenage Dream" OPI



A la demande générale de Funambuline, voici la manucure que je m'étais faite le week-ed dernier pour les Imaginales: quelque chose de fun mais avec une base claire, qui supporterait quelques éclats éventuels sans faire trop négligé.

La recette?
- Deux couches de "Morning Rose" de Chanel, le premier vernis de la marque qui non seulement n'est pas une escroquerie AMHO, mais qui justifie carrément son prix par la subtilité de son rendu et son excellente tenue (la première fois que j'en ai mis, je l'ai gardé 5 jours, et quand j'ai fini par l'enlever, c'est à peine si j'avais un peu d'usure régulière au bord des ongles).
- Une couche de "Teenage Dream" de la collection limitée Katy Perry d'OPI, parfait pour donner un peu de peps à n'importe quel vernis trop sage à la base.

Sur la photo, ma manucure date déjà de 4 jours. Et je sais que ça fait un peu "Princesse Barbapapa qui attend qu'on lui selle sa licorne pour partir au salon de thé", mais j'adore quand même. Par contre, les paillettes sont über-chiantes à enlever.

vendredi 3 juin 2011

Où Georges-Arthur fait un retour en force (et c'est tant mieux, parce qu'on va avoir besoin de lui)



La journée a été longue. Depuis plusieurs semaines, Scarlett nous réveille tous les matins à 5h en miaulant très fort sans que nous puissions jamais déterminer pourquoi - ses gamelles sont pleines, sa caisse est propre, et si on la prend pour la caresser, elle se casse au bout de cinq minutes et recommence à brailler de plus belle. Dans ces moments-là, j'avoue que je la changerais bien en descente de lit.

A 10h, j'étais au Serendip Spa pour le début du nouveau workshop de Catherine, sur le thème "Abondance et prospérité". J'ai eu le plaisir de retrouver une dizaine de mes petits camarades de novembre, auxquels sont venus s'ajouter une douzaine de nouveaux visages en provenance des quatre coins de l'Europe. En revanche, j'ai été assez dépitée de découvrir que mes visions étaient toujours aussi sombres et négatives. J'ai beau bosser sur moi depuis plusieurs années maintenant et avoir obtenu des résultats assez satisfaisants dans certains domaines, mon subconscient continue à voir la vie en noir. Ou peut-être est-ce juste parce que je traverse une période difficile.

Exemple: nous devons nous représenter notre relation au reste de l'univers, prendre conscience que nous n'existons pas dans le vide. Mes petits camarades voient une lumière magnifique, des arbres majestueux, des oiseaux qui gazouillent, ce genre de trucs. Moi, je m'imagine au centre d'une toile d'araignée, une sorte de réseau d'énergie formé par des lignes palpitantes d'énergie noire. Et bien que rien ni personne ne fasse attention à moi, je perçois une menace diffuse, comme si toute cette activité pouvait se retourner contre moi d'un instant à l'autre. "C'est une ambiance un peu comme dans "Neuromancien" ou "Blade Runner", vous voyez?" Non, Catherine ne voit pas; elle pense juste que je vais trop au cinéma. Moi qui pensais me faire "X-men: First Class" demain, c'est peut-être pas une bonne idée finalement.

Autre exemple: nous devons maintenant écrire sur un ruban rouge tout ce qui nous empêche d'atteindre nos objectifs dans la vie, puis creuser un trou dans le désert, y déposer le ruban, y mettre le feu et en recouvrir les cendres de sable. Nous devons ensuite crier notre nom par trois fois. "Qu'est-ce qui répond à votre appel?". Là, c'est MégaloLand: la plupart des gens voient au minimum une lumière divine, voire carrément Dieu. Ben voyons. Moi? Je n'entends que l'écho de ma propre voix. Je précise: "Mais mon désert n'est pas de sable, il est de sel". Catherine insiste pour que je recommence l'exercice avec un désert de sable. Cette fois, quand j'appelle, qui vois-je descendre une dune voisine en tortillant du popotin? Ce brave Georges-Arthur. C'est bon de se sentir soutenue dans l'épreuve.

Et juste une petite anecdote marrante: alors que Catherine nous explique que pour réussir à obtenir quelque chose, il faut que ce soit "notre rêve véritable" et que nous puissions le formuler de façon très précise, elle cite en exemple... Lady Gaga, qui fut autrefois la première petite amie de son fils! "Déjà, à l'époque, elle ne parlait que d'une chose: elle voulait devenir célèbre. Résultat, aujourd'hui, c'est une superstar, et mon fils, qui a exactement le même âge, pffffff". Soupir qui en dit long sur les performances du jeune homme - ou leur absence.

Vers 17h, j'ai dû m'éclipser alors que Catherine débordait légèrement de l'horaire prévu: mon compagnon et moi avions rendez-vous à l'autre bout de la ville pour notre première séance de thérapie conjugale. J'ai bien accroché avec la psy même si elle m'a posé la question qui m'horripile le plus au monde ("Pourquoi ne voulez-vous pas d'enfants?") et qu'elle m'a immédiatement cataloguée comme souffrant de solitude parce que je bosse chez moi. Euh, non. Mais le plus dur, ça a été d'entendre mon compagnon faire de moi un portrait assez infect et soulever des griefs dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Je suis sortie de là avec l'impression d'avoir pris un gros coup sur la tête, et très peu optimiste quant à nos chances de sauver notre couple.

J'ai préféré ne rien dire pendant le trajet de retour, le temps de digérer un peu. Et puis une fois à la maison, nous avons eu une bonne discussion, franche mais sans hostilité. Tout est sur la table maintenant, et chacun de nous a réaffirmé son désir de surmonter nos problèmes relationnels pour construire quelque chose de durable. Nous avons évoqué quelques mesures concrètes que nous pouvions d'ores et déjà prendre. Je ne sais pas si ça suffira, mais contrairement à ce qui s'est passé avec mon ex-mari et avec l'Homme-ce-chacal-jaune, je ne veux pas baisser les bras devant les difficultés, parce que rien de fondamental ne nous sépare. Les raisons de nos crises sont purement comportementales; avec de la bonne volonté et de l'amour, il devrait être possible d'y remédier. Nous avons un projet de vie qui tient la route. Ce serait vraiment dommage de finir dans le fossé.

jeudi 2 juin 2011

A beautiful mess, a beautiful project, a beautiful wedding


J'ai déjà dû vous parler d'Elsie Flannigan, vite fait en passant. C'était l'une des filles qui faisait les tendances dans le monde du scrapbooking du temps où je pratiquais beaucoup; puis elle est passée à autre chose. Je la suis depuis des années via son blog, et je suis toujours aussi épatée par sa créativité tous azimuts, sa capacité à inventer mille choses par jour et à les réaliser avec des matériaux de récupération qui ne coûtent presque rien. En plus, elle a ce genre d'aura douce et positive qui m'attire de plus en plus.

Aujourd'hui, Elsie m'a fait craquer deux fois.

D'abord avec son idée pour financer sa prochaine collection de robes: elle récolte des dons via le site Kickstarter, et tous les gens qui auront contribué à l'achat de sa nouvelle machine à coudre industrielle recevront des cadeaux issus de Red Velvet, la boutique-concept vintage qu'elle tient dans sa ville natale du Missouri. J'étais tellement contente de pouvoir la soutenir dans un de ses projets que j'ai cliqué immédiatement. Vivent les commerces indépendants, surtout quand ils sont tenus avec autant d'inventivité et de coeur.

Ensuite, avec la vidéo de son récent (et second...) mariage. Je suis la personne la moins romantique du monde, et en tant qu'adulte, j'ai assisté à un seul mariage: celui de Soeur Cadette. A la base, ce n'est pas du tout, du tout ma tasse de thé. Pourtant, ce petit film de 5 minutes m'a mis un immense sourire sur le visage. Ce qui, en ce moment - je ne vais pas vous faire un dessin. C'est la chose la plus joyeusement touchante que j'aie vue depuis une éternité. Incroyable ce qu'on peut faire avec trois francs six sous, un peu de style, et beaucoup d'amitié et d'amour. Enjoy.


mercredi 1 juin 2011

The end is nigh


Depuis deux ou trois jours, je vois circuler sur ma page Facebook ce petit article (que j'ai moi-même relayé):

Le chef indien Raoni pleure en apprenant la décision du gouvernement brésilien. Celui-ci vient, en effet, de donner le feu vert pour la construction du barrage de Belo Monte.

Les milliers de lettres ainsi que plus de 600 000 signatures ont tout simplement été ignorées.

Madame Dilma Roussef a signé l’arrêté de mort des peuples Xingus.

Le barrage de Belo Monte sera plus vaste que le canal du Panama et inondera au moins 400 000 hectares de forêt. De ce fait 40 000 indigènes et autres populations locales seront délocalisés et l’habitat de nombreuses espèces animales et végétales sera détruit

Tout ceci pour faire de l’énergie ?

Au prix de l’humain et de la terre ?

- Ana Herrmann Vieira

J'espérais, naïvement sans doute, que l'humanité aurait compris la leçon enseignée par BP l'an dernier et Fukushima récemment: que la course folle à l'énergie signerait, à terme, l'arrêt de mort de notre espèce. Mais non. Tant que des sociétés privées gèreront des ressources qui devraient appartenir à tous, tant que des actionnaires se soucieront davantage de gagner de l'argent que de préserver l'environnement, tant que des politiciens seront plus préoccupés par leur réélection que par l'avenir des générations futures, tant que tous ceux qui nous dirigent rechercheront le profit par-dessus la pérennité, nous continuerons à foncer droit dans le mur.

La fin est proche, oui. Elle arrivera juste un peu plus vite pour certains. Et pas forcément ceux qui mériteraient de crever les premiers.

A faire en juin


- Prendre rendez-vous chez un(e) thérapeute conjugal(e)
J'ai un nom et un numéro de téléphone; espérons qu'il y aura moyen d'être reçus après 18h30 en semaine ou le samedi matin... Parce que là, le sentiment qui domine quand je regarde l'homme qui partage ma vie, c'est un mélange de méfiance et de lassitude. Rien de très folichon, donc.

- Aller chez le coiffeur dès mon premier mercredi de libre
Les photos des Imaginales ont confirmé ce que je soupçonnais: en ce moment, j'ai une coupe de Playmobil qui souligne merveilleusement joues de hamster et mentons multiples. Et ça fait des mois que j'ai envie d'essayer le drôle de coiffeur/tatoueur installé non loin de chez moi dans une boutique au décor passablement délirant.

- Faire établir un devis pour changer les fenêtres de l'appart de Monpatelin
...Sinon, je me connais: je vais claquer mon reliquat de droits d'auteur 2010 en godasses, en bouquins et en vernis à ongles. Toutes choses d'un immense intérêt culturel, mais que je possède déjà en trop grande quantité pour ma consommation personnelle. Et puis je ne cracherais pas sur une petite réduction d'impôts pour l'an prochain.

- Voir s'il reste des places pour le stage de crochet signalé par Astrid
...Et qui, miraculeusement, tombe à un moment où je pourrais me libérer.

- Etablir un programme prévisionnel pour la visite à Lausanne
A caser: un shopping chocolat-fromage-Essence-brols pour le swap, une visite au village de Gruyère et si possible une autre au château de Chillon, une séance photo devant la fourchette géante de Vevey, une poignée de géocaches à déterminer, un dîner chez Lady Pops, un repas au Holy Cow qui fait soi-disant les meilleurs burgers de la ville, peut-être un apéro avec d'autres swapettes du groupe, une première leçon de crochet (qui n'est pas réservé à ma mémé) et une guest-manucure by celle par qui la Funambulite arrive. Quatre jours qui s'annoncent bien remplis, comme je les aime!

- Acheter des pots ou des jardinières et des graines de plantes aromatiques
A peine 30 cm séparent le bas de la porte-fenêtre de la rambarde de notre "balcon", mais j'aimerais mettre ce tout petit espace à profit pour faire pousser de la menthe, du basilic, de la ciboulette et de la coriandre.

- Commencer à remplir le Summer Book que je viens de commander à Elise Blaha
...Une de mes blogueuses créatives préférées. Parce que j'adore son style simple, basé sur des motifs géométriques et des couleurs vitaminées, ainsi que son côté "Californienne positive et souriante". Chaque fois que je regarde les vidéos qu'elle poste, je n'ai qu'une envie: la supplier de devenir mon amie.

dimanche 29 mai 2011

Imaginales 2011 - ce que je retiendrai


- L'epic fail du week-end. Quand on a l'occasion de rencontrer enfin une auteure que l'on traduit, qui plus est quand elle arrive d'Australie et qu'elle est absolument adorable, on n'oublie pas tous ses exemplaires de presse à Sonpatelin. Sinon, faute de vouloir racheter 30€ un bouquin qu'on possède déjà en 5 exemplaires, on finit trois jours de rencontres littéraires avec quinze dédicaces dont pas une de l'auteure en question. Ce qui est vraiment ballot.
- L'achat "j'ai rien vu venir". Je m'arrête au stand Griffe d'Encre pour saluer Magali Duez. J'en repars dix minutes plus tard avec 3 bouquins dont j'ignorais l'existence jusque là mais que "je vais forcément adorer, puisque j'aime la SF déjantée". C'est ma PAL qui va être contente.
- Le rattrapage d'omission à Trolls & Légendes. Robin Hobb est là, ouf; je peux donc en profiter pour m'offrir le tome 1 de "L'assassin royal" dédicacé et la faire poser avec Régis.
- La rencontre, enfin, avec Citrouille alias Pascale, bombasse quasi-quinqua qui me redonne de l'espoir: le pouvoir de séduction ne s'évapore pas à 40 ans. En tout cas, pas chez tout le monde.
- L'écharpe "Dr. Who" tricotée maison de Daelf.
- Les citations qui fusent pendant les tables rondes. Au sujet de la radioactivité: "Marie Curie, c'est Prométhée" (Jeanne-A Debats). Discussion sur le thème d'Internet: "Les haïku sont l'ancêtre de Twitter" (Lionel Davoust). Que du lourd.
- Maïa Mazaurette qui fait une petite sieste dans un des fauteuils de la buvette. Toujours aussi pétillante quand un modérateur l'interroge sur son blog; toujours aussi souriante quand elle dédicace ses bouquins; toujours aussi craquante avec ses mini-jupes, ses longues jambes et ses jolies chaussures. La preuve vivante qu'on peut allier sexytude, cerveau et absence totale de vulgarité. J'aime énormément cette fille. (Pas autant, néanmoins, que les garçons de mon entourage qui se transforment en loups de Tex Avery à sa vue. Je peux difficilement les en blâmer.)
- La même Maïa, qui, alors que je sanglote sur l'épaule de Jeanne, "Tu te rends pas compte ce que c'est de passer tes journées à chercher comment dire "bite" sans dire "bite", me lance: "Ah, on fait le même métier alors!". J'aimerais bien, mais je ne suis qu'une humble traductrice de "bite"-lit.
- Tout le monde a un truc à fêter. Andoryss tient enfin une date de publication pour sa première bédé; +1 vient de trouver un boulot sur Paris et va pouvoir emménager avec BBL; Marie-Aude a décroché une bourse pour la réalisation de sa pièce radiophonique; Hélie a encore une proposition de conférence acceptée; Mélanie Fazi et Elvire DeCock ont remporté un des prix décernés par les Imaginales... Et moi? Euh, joker.
- La conversation très intéressante durant le dîner au Citizen avec Trudi Canavan et son compagnon sur l'ambiance sociale en Australie - pas aussi raciste que ce bouquin me l'avait laissé croire, apparemment -, et la découverte qu'il existe des pinceaux à aquarelle avec réserve d'eau intégrée dans le manche. Un must pour les carnettistes voyageurs.
- Le millefeuille chèvre frais/betterave mangé en guise de dessert. Un assortiment de goûts surprenant et néanmoins délicieux, que je devrais pouvoir reproduire sans peine à la maison.
- Les dessins façon "décoration de pinata" que Leslie, l'attachée de presse d'Editeur Préféré, gribouillait sur son set de table avec les Crayola de la fille de Peter Brett, et auxquels elle a donné le titre "Redrum". Puis-je suggérer une petite semaine de vacances après la fin de la saison des festivals littéraires?
- Le lit tout pourri de la chambre 7 de l'Hôtel Azur. Le genre qui s'affaisse au milieu et vous force, quand vous ne voulez pas rouler sur votre conjoint avec lequel vous êtes justement en froid, à vous agripper au bord du matelas toute la nuit. J'ai hyper mal dormi. L'an prochain, tant pis pour la note: je réserve au Mercure.
- Les deux dédicaces que Boulet nous a faites sur les tomes 4 et 5 de nos Notes. Sans crayonné préalable et en partant d'un détail autour duquel il construit son dessin au lieu de poser d'abord les volumes. Impressionnant. Et il se souvenait avoir déjà rencontré Régis :) (Par contre, Fun', je tiens de source sûre que tu es à peu près la 15694ème fille à l'envisager comme l'homme de ta vie. Je crains que ça ne soit pas gagné d'avance, cette histoire.)
- Le traditionnel pique-nique du samedi midi, son ambiance bon enfant et surtout le divin foie gras à l'armagnac de Jean-Claude Dunyach. Il faisait un bien beau soleil ce jour-là sur les berges de la Moselle, surtout après les averses diluviennes de la veille.
- Les diabolos menthe à 1€ de la buvette. Puisqu'il paraît maintenant que l'aspartame est cancérigène, je n'ose plus boire de Coca Light. Retour, donc, à ma boisson-préférée-de-quand-j'étais-petite.
- La course pour récolter un maximum de dédicaces d'auteurs sur mon anthologie "Magiciennes et Sorcières". J'ai même fait la queue parmi un troupeau de midinettes pour obtenir celle de Sire Cédric. Si. Au final, seule la mystérieuse Rachel Tanner a réussi à m'échapper en ne se trouvant jamais derrière sa table au moment où je passais.
- La façon hyper spontanée dont Justine Niogret s'est écriée en me voyant: "J'adore votre vernis, c'est quoi?". (Réponse: du Morning Rose de Chanel avec une couche de Teenage Dream pailleté d'OPI par-dessus, pour des ongles de princesse Barbapapa.) Connaissant le genre de bouquin hypra-couillu qu'écrit la demoiselle, j'ai trouvé ça inattendu autant que sympathique. Du coup, je lui ai parlé des vernis crack et lui ai suggéré de foncer au Monop' le plus proche de chez elle s'acheter un Debby. C'est ainsi que la Funambulite se propage...
- La longue papote boulot-vie privée avec Bénédicte Lombardo que j'adore et n'ai pratiquement jamais l'occasion de voir. Mais comme elle vient de récupérer dans sa collection jeunesse un des auteurs que je traduis, nous allons travailler plus souvent ensemble à l'avenir. Chouette.
- Le gros câlin de Meylusine en sortant des Babouches. Nous venions de manger un couscous quelque peu gâché par une longue table qui se prêtait mal à la discussion entre 13 personnes, et un service qui laissait fortement à désirer (je n'ai pas réussi à voir l'ombre d'une goutte d'eau ou de vin pendant tout le repas). Mais cette fille, c'est un petit chou en sucre.
- Les boules intersidérales en apprenant que Boulet avait assisté à un dîner auquel j'étais également conviée mais que j'avais décliné, la veille. Evidemment, les personnes présentes m'ont assuré qu'elles s'étaient amusées comme jamais jusqu'à point d'heure. Ce qui m'a juste donné envie d'aller me pendre.
- Les sublimes chaussures de Pierre Pevel, définitivement l'auteur le mieux chaussé de la fantasy francophone - voire mondiale.
- Le ratage du déjeuner de dimanche, à cause duquel je suis partie très vite et sur une note un peu amère.
- La lecture des 5 premiers chapitres de "Narcogénèse" pendant le trajet de retour à Bruxelles. Je pense que je ne devrais pas regretter d'avoir, en achetant ce bouquin, offert l'équivalent d'un café et demi à Anne Fakhouri. Qui, lorsque je le lui ai fait remarquer, m'a lancé "Non mais en fait je t'aime beaucoup, mais je préfère quand tu ne parles pas". Je ne comprends vraiment pas pourquoi.

jeudi 26 mai 2011

What's next - zombies?


Quelques jours avant que je parte pour Toulouse, au début du mois, mon couple a connu une crise violente comme il s'en produit une tous les six mois environ. L'avant-dernière, en juin 2010, avait bien failli signer la fin de notre histoire. Jusqu'à fin août, l'homme qui partage ma vie m'est apparu comme un étranger à côté de qui qui je n'avais plus nécessairement envie de poursuivre ma route. Puis nous avons appris que mon père avait un cancer, et tout le reste est passé au second plan. Mon compagnon a été un précieux soutien durant cette période, et ça a remis notre couple sur les rails. La crise suivante, le 1er janvier, a été vite balayée sous le tapis: mon père se faisait opérer quelques jours plus tard et je n'avais pas d'énergie à consacrer à des disputes répétitives.

Mais cette fois... Cette fois, une limite a été franchie, et j'ai décidé que je ne voulais pas continuer ainsi, pas avec cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Même si elles ont toujours fini par se résoudre jusqu'ici, ces crises sapent ma foi en notre relation et m'empêchent de prendre la moindre décision constructive à long terme. Hors de question de m'installer officiellement en Belgique, d'envisager un achat d'appartement commun ou un mariage pour des raisons pratiques alors que je ne sais pas si je serai encore avec mon compagnon quelques mois plus tard. J'en ai assez de cette instabilité. Cette fois, ça passe ou ça casse.

Puisque nous n'arrivons pas à régler ce problème entre nous, j'ai suggéré de faire intervenir une tierce personne neutre, à savoir un(e) thérapeute conjugal(e). Mon compagnon a accepté. Nous prendrons donc rendez-vous en début de semaine prochaine, après les Imaginales. Si je n'écoutais que mon orgueil, j'aurais déjà fait mes cartons. Mais je veux tenir compte du fait que 99% du temps, nous avons une relation très chouette, pleine de complicité, de soutien mutuel et de fou-rires, qui mérite que l'on tente tout pour la sauver. Certaines d'entre vous ont-elles déjà essayé la thérapie conjugale? Si oui, quels résultats avez-vous obtenus, et en combien de temps?

Le titre de ce post est une allusion à un bouquin que j'ai traduit récemment. Ca parle d'un couple qui ne s'entend plus du tout et qui consulte pour tenter d'arranger les choses. Un jour, en arrivant chez leur thérapeute conjugale, ils la trouvent en train de bouffer ses clients précédents. J'espère ne pas être confrontée bientôt à une épidémie de zombies IRL. En même temps, il paraît que la fin du monde est proche, donc qui sait?

lundi 23 mai 2011

J'ai testé pour vous: la coloscopie


Quand un de vos parents au premier degré est atteint d'un cancer du colon, il vous est fortement conseillé de commencer le dépistage vers 40 ans. La coloscopie consiste à introduire une microcaméra dans le fondement du patient afin d'examiner sa tripaille de l'intérieur. Comme la tripaille en question décrit plus ou moins un cercle, le procédé serait assez douloureux s'il n'était pratiqué sous anesthésie générale légère - d'où la nécessité d'être hospitalisé une demi-journée. Et pour permettre au gastro-entérologue qui effectue l'examen d'y voir quelque chose, le patient doit au préalable nettoyer les lieux de fond en comble. C'est, m'avait-on prévenue, la partie la plus emm chia pénible de toute l'opération.

Samedi matin, j'ai donc entamé pour 48h un régime sans fibres, sans laitages et sans graisses cuites. Comprendre: j'avais droit uniquement aux protéines et aux féculents. Et comme je passe ma vie à claironner que si ça ne tenait qu'à moi, je me nourrirais exclusivement de pâtes et de riz, je me réjouissais d'avance de cette occasion de me goinfrer de coquillettes-jambon sans le moindre remords. Sauf que dimanche matin, je suis allée faire le marché, et que la vue des abricots juteux, des pêches blanches veloutées et des cerises joufflues débordant de leurs petites barquettes m'a mise à la torture. Je me suis également rendu compte que si j'adore les pâtes, je les accompagne généralement de légumes, et que sans les tomates cerise dont j'aime l'agrémenter, mon riz au citron et au romarin fait plutôt triste mine. Sans parler des fringales de l'après-midi, impossibles à combler avec un Krisproll-confiture, ni de celles de la soirée que j'apaise généralement avec un yaourt nature sucré.

En plus de ce régime, je devais boire 3 litres d'eau dans la journée d'hier, dont la moitié avant 18h et la moitié ensuite, après absorption d'un sachet de Citrafleet dilué dans de l'eau. Le médicament (assez récent me semble-t-il) avait un goût de citron pas mauvais, très loin des mixtures infâmes qu'il fallait ingurgiter il n'y a pas si longtemps. Et comme je bois déjà dans les 2 litres par jour en temps normal, je n'ai pas eu à me forcer beaucoup. Par contre, étant prévenue des effets foudroyants de cette purge, dès 18h01, j'étais assise sur mes toilettes avec coussin d'ordinateur et MacBook sur les genoux, bouteille de Vittel et polar danois à portée de main. J'ai attendu, attendu, et Patrick n'est jamais revenu rien n'est venu. Perplexe ("Je dois être étanche au remède"), je suis retournée vaquer à mes occupations. Les premiers effets se sont fait sentir vers 20h30 et ont continué jusqu'après 22h30. C'était désagréable, mais pas plus qu'une gastro, et nettement moins que l'intrigue abracadabrante de mon polar danois.

Ce matin, re-belote: lever à 5h30 (!!!), un verre de Citrafleet puis un litre d'eau supplémentaire dans l'heure qui a suivi. Urgh. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu le soleil se lever à moins d'avoir un avion à prendre. Je devais choper le TER de 10h34; à 10h, j'étais toujours aux toilettes, et passablement inquiète pour la suite. Je suis néanmoins parvenue à la clinique sans encombre, après un minuscule arrêt aux Galeries Lafayette pour acheter un vernis crack Debby rose à Funambuline ainsi que le Jaune Impérial de Rouge Baiser et le Electric Green de Mavala pour moi. C'est là qu'a commencé la partie la plus pénible de l'attente: une heure et demie avant que mon numéro d'ordre soit appelé par le bureau des admissions. Et mon polar danois devenait de plus en plus consternant (mais je n'avais rien apporté d'autre à lire).

Finalement, je suis montée à l'étage de la chirurgie ambulatoire. On m'a donné une chambre; j'ai enfilé la blouse jetable bleu marine et la charlotte über-sexy de rigueur, et je me suis laissé pousser jusqu'au bloc par une brancardière souriante. J'ai poireauté assez longtemps dans un couloir avant que l'anesthésiste vienne me planter un robinet dans le bras. "Tiens, ce n'est pas vous que j'ai vue vendredi", ai-je fait remarquer avec le sens de l'observation holmesien qui me caractérise. "Non. Je suis la seule femme dans une équipe de six hommes", a-t-elle répondu en rigolant. J'ai hoché la tête d'un air entendu (moins facile qu'il n'y paraît en position allongée). "Je vois. Chouette métier".

Après, tout est allé très vite. On m'a transportée en salle d'op, pris la tension, planté une seringue pleine d'un liquide blanc opaque dans le robinet; ma gastro-entérologue est venue me dire bonjour et me demander si la préparation s'était bien passée; puis l'anesthésiste a appuyé sur le piston, et j'ai à peine eu le temps de sentir une légère brûlure avant de m'endormir d'un coup. Je me suis réveillée une heure plus tard, pas tout à fait fraîche comme une rose mais les idées beaucoup plus claires que la plupart des matins où j'émerge péniblement de mon sommeil. Ma gastro-entérologue m'a informée que mon colon était nickel, juste un peu trop long (évidemment, il fallait ce soit la tuyauterie interne plutôt que les jambes). Donc, il décrit quelques virages non contractuels, ce qui explique que ça bouchonne parfois un peu à l'intérieur et que je me tape de grosses crises de mal au ventre. C'est toujours bon à savoir; ça ne diminuera pas la douleur mais l'inquiétude, si.

La brancardière m'a remontée dans ma chambre, où attendait une autre patiente accompagnée de son mari. Elle venait elle aussi de subir une coloscopie, sa troisième en dix ans, et elle m'a confirmé que le Citrafleet était merveilleux comparé aux produits précédents. Nous avons bavardé et mangé une chouette collation (jus de fruit-thé-compote de pommes-muffin au chocolat-muffin nature); puis une infirmière est venue nous enlever nos robinets respectifs et nous a donné la permission de partir. Il était environ 17h. Une fois rhabillée, j'ai sorti mon portable de mon sac pour appeler Etre Exquis qui devait venir me chercher. Je n'avais pas encore réussi à composer le code de ma carte SIM que quelqu'un a toqué à la porte: Etre Exquis. J'ai ouvert de grands yeux stupéfaits. "Euh, c'était drôlement rapide." En fait, il avait déjà été prévenu par l'accueil.

Les formalités de sortie ont été vite expédiées et un quart d'heure plus tard, j'étais de retour dans mes pénates avec juste un vague gargouillis au niveau du nombril. Alors je sais, ce n'est pas une expérience hyper-glamour, mais je tenais à la raconter pour dire: la coloscopie, c'est un examen de rien du tout. Si vous présentez le moindre symptôme ou facteur de risque pour les maladies de l'appareil digestif, faites-vous dépister. Conseil d'amie.

dimanche 22 mai 2011

"L'oiseau Canadèche"


Comme je suis plus intéressée par les personnages et leur développement que par les histoires proprement dites, je tends à dédaigner les formes de récit courtes que sont les nouvelles et les novella: de mon point de vue, elles ne laissent pas le temps de s'attacher aux héros et de savourer leur évolution. Du coup, ma PAL compte beaucoup plus de pavés de 600 pages minimum que de petits bouquins vite lus. Une étiquette "coup de coeur" dans une librairie peut cependant me convaincre d'en acheter un, que je garderai dans mon sac pour tromper l'attente chez le médecin ou m'occuper en sirotant un diabolo menthe en terrasse.

Ainsi "L'oiseau Canadèche" de Jim Dodge.

"Orphelin, Titou est recueilli par son grand-père, solitaire bourru et excentrique, porté sur le jeu et la bouteille, réfractaire à toutes les contraintes sociales, travail et impôts en premier lieu. Malgré quelques divergences de caractère - Titou a la passion des clôtures, Pépé Jake les déteste -, le duo fonctionne bien, et mieux encore du jour où déboule Canadèche, canard boulimique mais hautement sympathique qui devient leur inséparable compagnon." La biographie de l'auteur précise qu'il est écologiste et libertaire; cela se voit dans cette novella qualifiée par l'éditeur de "conte naturaliste moderne". J'ai beaucoup souri des frasques de l'inénarrable Pépé Jake, notamment dans la scène du drive-in dont voici un extrait:

"Le gérant jeta un coup d'oeil à l'intérieur de la cabine pour bien s'assurer de la présence de Canadèche et demanda:
- Que fait ce canard dans mon établissement?
- Elle veut voir le film, dit aimablement Titou, devançant son grand-papa qui commençait à écumer.
- Nous refusons absolument tout ce qui sort de l'ordinaire.
Jake explosa:
- Et ben, ça doit vous faire une petite vie bien merdeuse et salement étroite, non? Alors voilà: il se trouve que vous avez ici un canard d'attaque, dressé pour le kung-fu et spécialement élevé pour nous par la société Tong. Nous la laisserions bien à la maison, mais elle massacre tous les coyotes."

Une centaine de pages pleines d'humour, de tendresse un peu rude et même d'émotion. De quoi passer un bon moment.

samedi 21 mai 2011

"Les chaussures italiennes"


Il y a quelques mois, alors que je manifestais l'envie d'approfondir ma connaissance de la littérature scandinave moderne, plusieurs lectrices ont mentionné ce roman, que j'ai du coup acheté les yeux fermés dès sa sortie en poche.

Fredrik est un ancien chirurgien qui, suite à une terrible faute professionnelle, a abandonné son métier. Depuis plus de dix ans, il vit en ermite sur une île minuscule avec une chienne et une chatte pour seule compagnie. Le matin, il creuse un trou dans la glace pour se baigner et se souvenir qu'il n'est pas encore mort. Plus tard, il reçoit la visite de son facteur hypocondriaque qui n'a jamais de courrier pour lui mais chercher systématiquement à lui soutirer des consultations gratuites. Ainsi ses jours s'écoulent-ils, tous tristement semblables, jusqu'à l'apparition d'une vieille femme agrippée à un déambulateur. Harriet a follement aimé Fredrik autrefois, mais il a disparu de sa vie sans le moindre mot d'explication. Atteinte d'un cancer à l'estomac, elle sait que ses jours sont comptés. Elle est venue demander à son amant de tenir la promesse qu'il lui a faite près de quarante ans plus tôt: celle de lui montrer un petit lac sans nom enfoui au fond d'une forêt...

J'avoue qu'en découvrant le mal dont souffrait Harriet, j'ai pensé à un complot littéraire dirigé contre moi. Depuis un an, je ne peux plus ouvrir un bouquin sans tomber sur un cancéreux mort ou mourant. C'est une véritable épidémie. J'en ai même trouvé un dans "A game of thrones" (le père de Catelyn, dont "un crabe ronge les entrailles"). Pendant un certain temps, j'ai laissé tomber les livres ainsi contaminés; puis je me suis dit que me forcer à les poursuivre pouvait aussi m'aider à combattre ma peur panique. Dont acte.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que malgré son titre engageant, "Les chaussures italiennes" ne démarre pas dans la joie et la bonne humeur. Le paysage glacé et désolé de l'île apparaît comme une manifestation physique de la solitude et de l'engourdissement affectif du narrateur. La maladie d'Harriet est présentée d'emblée comme incurable et douloureuse - souffrance à laquelle va s'ajouter celle des plaies sentimentales rouvertes à la faveur des retrouvailles qu'elle a orchestrées... avec une idée derrière la tête. C'est là que la vie, enfin, se décide à poindre dans ce roman. Inattendue, chaotique, cruelle parfois, mais la vie, quand même. Malgré lui, Fredrik va renaître au monde et redevenir l'acteur de sa propre existence. Au milieu des larmes, du sang, de la rancoeur, de la culpabilité et de l'amertume, il trouvera une lueur d'amour et d'espoir.

Henning Mankell ne ménage ni son héros ni ses lecteurs. Même si "Les chaussures italiennes" se termine mieux qu'il n'avait commencé, même si le cheminement de Fredrik vers sa rédemption est aussi crédible que digne d'intérêt, même si le style de l'auteur réussit à allier simplicité, pudeur et efficacité, je ne mettrais pas ce roman âpre entre toutes les mains.

vendredi 20 mai 2011

Charité bien ordonnée


Chaque fois que je passe une semaine à Monpatelin, je m'accorde une journée pour aller vadrouiller en ville, surtout s'il fait beau. Comme j'avais un rendez-vous médical en début d'après-midi, j'ai décidé de joindre l'utile à l'agréable et sauté à bord du TER de 10h34 qui m'a amenée à destination en douze minutes. Mon objectif du jour: commencer à remplir la boîte à chaussures destinée à ma swapée.

Le marchand de thé chez qui je me sers en Mariage Frères n'avait pas de mugs du style et de la couleur que j'aurais voulus. Par contre, la Boutique 51 débordait de brols colorés tous plus sympas les uns que les autres. J'ai hésité devant une bouteille design de sirop de cactus presque vert fluo - originale, certes, mais je n'étais pas sûre que la destinataire de mon colis l'apprécie. Idem pour les sucres aux parfums délirants. Au final, j'ai quand même trouvé pour elle deux objets qui remplissaient mon cahier des charges, et pour moi, une bague Pylônes rigolote: une demi-sphère de plastique transparent aux trois quarts remplie de liquide rouge. Charité bien ordonnée, toussa toussa.

A la Fnac, il y avait une promo sur les coffrets DVD de série, 3 pour le prix de 2. J'ai failli prendre la saison 1 de "Veronica Mars" pour faire découvrir ce petit bijou à ma swapée, mais si ça se trouve, elle connaît déjà. Donc, j'ai opté pour les deux premières saisons de "Brothers & Sisters" afin d'occuper les longues soirées en solitaire à Monpatelin, plus la première de "Hero Corp" dont le pitch semble alléchant mais dont je n'ai quasiment pas entendu parler sur le net, ce qui m'inquiète un peu. J'ai également embarqué trois bouquins: un pour ma swapée, plus le dernier Yoko Ogawa et une novella de Jim Dodge appelée "L'oiseau canadèche" qui était marquée d'un autocollant "coup de coeur".

Arrêt obligatoire chez Sephora, d'autant que j'avais reçu des bons de - 20% valables sur trois produits. Je me suis offert la dernière crème teintée Estée Lauder dont j'avais lu beaucoup de bien, plus le vernis shatter rouge d'OPI et le Too Hot Too Pink To Hold 'Em de la collection Texas. (J'ai testé le shatter à peine rentrée chez moi: il craquèle peu et de façon trop régulière; je suis vraiment déçue par rapports aux vernis crack de Debby qui coûtent deux fois moins cher et donnent dix fois mieux).

En passant devant chez Sinéquanone où je n'achète jamais rien, j'ai été happée par la vision d'un foulard noir avec des étoiles blanches et suis entrée pour l'examiner de plus près. Le tissu était trop rêche à mon goût. Par contre, le petit top corail également à étoiles blanches me semblait prometteur. Je l'ai embarqué en cabine d'essayage. Too bad, la fermeture éclair remontait beaucoup trop haut et me gênait dans le cou. "Ca va?" m'a demandé la vendeuse. J'ai répondu par la négative et lui ai montré le problème. Elle a rigolé. "Vous l'avez mis devant-derrière. La fermeture éclair va dans le dos." Passer pour une cruche sidérale même pas capable de regarder où se trouve l'étiquette sur un vêtement: ça, c'est fait. Pas rancunière, j'ai acheté le top de la honte qui, une fois mis correctement, m'allait très bien.

Avant l'heure de mon rendez-vous, j'ai encore réussi à dénicher une bricole pour ma swapée dans l'autre boutique de brols rigolos située face à la cathédrale, des cartes touristiques sympas pour Postcrossing, une garniture de coussin pour la jolie housse La Cerise sur le Gâteau que le facteur m'a apportée récemment, et un registre à tête paresseuse pour faire ma compta à la main. Oui, je suis un dinosaure de la gestion administrative. C'était l'achat le moins fun de la journée et, à 40€, pas le moins cher.

Déjà bien chargée, je me suis dirigée vers la clinique où j'avais rendez-vous. Au secrétariat, j'ai donné le nom d'Etre Exquis comme personne à contacter en cas de pépin. "Ca s'écrit comment?" m'a demandé la secrétaire. Avant que je puisse commencer à épeler, sa voisine de bureau s'en est chargée pour moi. Voyant mon regard interloqué, elle a expliqué en rigolant: "Moi aussi, je m'appelle comme ça, et pendant toute ma scolarité, on m'a demandé si je n'étais pas la soeur ou la cousine de votre ami". Le monde est minuscule.

Puis une troisième personne m'a annoncé qu'à mon arrivée lundi, je devrais régler un "forfait confort" de 15€ non remboursé. "C'est quoi, le forfait confort?" "Avant, on mettait les gens dans des box juste entourés de paravents après leur opération; maintenant, on les met dans des chambres pour qu'ils aient plus d'intimité, et ça a un coût." J'ai protesté que pour passer une heure à récupérer de l'anesthésie, un box me suffirait amplement. "Ah oui mais il n'y en a plus, on les a supprimés." Alors bon, 15€ ne vont certes pas me ruiner, mais si on ramène ça au tarif horaire, quatre murs blancs et un vilain lit à barrière vont me coûter proportionnellement plus cher qu'une chambre design dans un trois étoiles. Cherchez l'erreur.

L'anesthésiste qui va s'occuper de moi lundi a visiblement raté une carrière de comique. Je vous laisse imaginer le registre des blagues qu'on peut faire sur le sujet de la coloscopie, et notamment de la purge préalable obligatoire. Mais oui, j'ai bien compris que ça allait être chiant. Ah ah. Bon, cela dit, il était gentil et rassurant, ce monsieur. Même si je n'étais pas particulièrement inquiète, j'ai apprécié.

Retour en ville. Il était 15h et je commençais à mourir de faim. Un poulet général Tao et un riz thaï pris dans le boui-boui vietnamien habituel ont remédié au problème. Puis je suis passée saluer Christine à la boutique Swarovski, où j'ai vaillamment fait la sourde oreille aux appels d'un mignon petit bonhomme japonisant, style Murakami, tout piqueté de strass et à porter en pendentif. Christine m'a appris que les vernis Mavala, Debby et Rouge Baiser étaient en vente aux Galeries Lafayette voisines: voilà une info intéressante, en l'absence de Monop' dans le coin.

Les doigts cisaillés par mon shopping du matin, je suis allée me poser à la terrasse d'un des bars de la place de l'opéra, où j'ai commandé un diabolo menthe. (J'ai lu tellement d'horreurs sur les effets néfastes de l'aspartame depuis quinze jours que je n'ose plus boire de Coca Light.) J'ai eu pile le temps de terminer le ELLE commencé dans la salle d'attente de l'anesthésiste avant de devoir reprendre le chemin de la gare pour attraper le TER de 17h22. En examinant mes paquets, je me suis rendu compte que j'avais quand même acheté aussi pas mal de trucs pour moi, hum. Mais je le vaux bien. Ce soir, j'ai fait un dîner de fruits: abricots-pêches blanches-cerises Burlat, car à partir de demain, c'est régime sans fibres en prévision de la coloscopie de lundi. Ce week-end sera placé sous le signe des coquillettes-jambon. J'ai hâte :S

Bisounours de combat (2)




Merci Lady Pops pour le lien!

Des insectes et des hommes


Le défourmisateur dont je réclamais l'intervention à cors et à cris depuis deux ans est passé hier matin.
Il est arrivé à 11h40 alors que nous avions rendez-vous à 10h. Il ne m'a pas prévenue de son retard par téléphone, et il ne s'est pas excusé une fois face à moi.
Il n'a pas réussi à actionner tout seul le robinet de ma baignoire pour remplir sa bonbonne. C'est vrai que c'est compliqué: il faut tourner.
Ensuite, il a traité mon balcon alors que les fourmis rentrent par de micro-fissures entre le mur et les poutres du toit.
Puis il est descendu répandre son produit autour de l'immeuble, théoriquement à la base des murs afin que les fourmis s'empoisonnent avant d'attaquer l'escalade de ceux-ci. Sauf que le mur par lequel elles rentrent est entouré par un jardin privatif auquel il n'a pas pu avoir accès, le propriétaire de l'appartement étant absent. Donc il a aspergé le pied de la clôture dudit jardin... qui est situé à dix bons mètres du mur, bien avant l'endroit où on suppose que la fourmilière est installée.

Sinon, en arrivant chez moi mardi soir, j'ai découvert dans ma salle de bains une hécatombe de bébés insectes à carapace articulée et pattes multiples, comme ceux qui bouffent le papier et ont déjà bien amoché le contenu des étagères du bas de ma bibliothèque. D'habitude, j'en trouve toujours une dizaine de-ci de-là quand je reviens d'une absence de plusieurs semaines. Là, ils sont venus pondre et se suicider en masse au pied de ma baignoire.

J'ignore ce qui m'est le plus incompréhensible, du comportement des insectes ou des humains.

jeudi 19 mai 2011

Bisounours de combat


Je suis un Bisounours.
Parfois cynique et asociale, volontiers gaffeuse, souvent angoissée et lunatique, mais incapable de faire du mal exprès.
(Surtout aux gens que j'aime.)
Je suis un Bisounours, hyper émue quand quelqu'un a pour moi une attention qui tombe bien.
(Un bouquet de pivoines pendant une période où la vie n'est pas tendre, par exemple.)
Je suis un Bisounours.
J'aime les chaussures rouges à talons, le vernis à ongles pailleté, les gadgets kawaï et les hippopotames mauves trouvés sur la banquise.
(Je ne vous raconte même pas comment je me liquéfie face à un chaton de 8 semaines qui miaule mignonnement.)
Je suis un Bisounours, persuadée qu'un sourire en appelle dix autres, que la gentillesse est le meilleur lubrifiant des rapports humains et qu'il y a du bon chez la plupart des gens.
(Même s'il faut pas mal creuser pour le trouver chez certains.)
Je suis un Bisounours. Un Bisounours qui ne pleure pas souvent, qui prend des décisions difficiles sans tergiverser, qui se relève toujours quand elle tombe et qui ne laissera personne la faire douter d'elle-même.
Je suis un Bisounours et quoi qu'il arrive, je mènerai une vie heureuse. C'est une promesse que je me suis faite.

L'illustration de ce post est signée par Gemma Correll, dont j'adore le travail. Je sais, ce n'est pas un Bisounours. Mettons que je suis déguisée en licorne rose pour préserver mon anonymat :D

mercredi 18 mai 2011

Les pivoines de Gabrielle


Au début des années 90, Gabrielle et moi fréquentions le même cercle de jeux de rôles; nous sévissions dans les mêmes tournois et les mêmes GN. Mais 6 ou 7 ans nous séparaient. C'est beaucoup à cet âge-là. Du coup, nous ne faisions pas partie de la même bande de potes. Je l'apercevais de loin en loin, et parce que les filles étaient plus que rares dans ce milieu, j'avais repéré sa longue chevelure noire, son teint pâle, son petit nez pointu et sa façon gouailleuse d'apostropher les gens. Sans être mon amie, elle faisait partie de mon paysage.

L'an dernier, sur Facebook, je retrouve le petit frère d'un de mes potes de cette époque. Surprise: il est marié à Gabrielle, qui ne tarde pas à rejoindre la liste de mes contacts. Pendant quelques mois, elle commente mes statuts et réciproquement. Je jette un coup d'oeil à ses photos. Tiens, elle est rousse maintenant. A part ça, elle n'a pas beaucoup changé. On dirait qu'elle est prof de français, qu'elle n'a pas d'enfants, qu'elle adore les films de Miyazaki et les chats. Il doit y avoir moyen de s'entendre.

Et puis quand je lance l'idée du swap d'été, Gabrielle demande si elle peut en être. Ce sera avec plaisir. Au fil de ses interventions sur le forum, je la découvre aussi enthousiaste que dans mon souvenir, un peu complexée par son physique alors qu'il n'y a pas de quoi, hyper amoureuse de celui qui restera toujours pour moi "le petit Bastos" (même s'il doit largement dépasser le mètre quatre-vingts). Le jour où je demande si ça intéresse quelqu'un de récupérer les fournitures de scrap que je n'utilise plus et qui m'encombrent inutilement, elle répond qu'elle avait justement l'intention de se mettre au scrap, que oui, elle a une voiture et qu'elle passera volontiers chercher tout ça à Monpatelin.

Elle est venue cet après-midi. S'est un peu paumée dans le village et a dû se faire guider par téléphone sur les derniers 500 mètres. Est arrivée toute confuse, les bras chargés de cadeaux. Le matin même, j'avais mentionné sur Facebook que je me serais bien acheté un bouquet de pivoines sur le marché, mais que je ne n'avais pas de vase chez moi. Gabrielle m'en a offert un, tout simple et très joli, avec le bouquet pour mettre dedans. Et un mini-set de vernis OPI en prime. "Je n'y connais rien, s'est-elle excusée, je ne savais pas trop quoi prendre". Comme si on pouvait être offensé par la gentillesse de quelqu'un...

Les pivoines une fois retaillées et disposées dans leur vase, nous nous sommes assises sur Chloé-Jasper mon canapé transsexuel avec un verre de jus de pomme, et nous avons commencé à bavarder... jusqu'à ce que le téléphone de Gabrielle sonne. C'était son-mari-cet-homme-merveilleux (a.k.a. "le petit Bastos", donc) qui sortait du travail et qui s'étonnait de ne pas la voir alors qu'elle avait dit qu'elle passerait le chercher. Là, nous nous sommes rendu compte qu'il était 18h15 et que nous papotions à bâtons rompus depuis deux heures et demie. Franchement, je n'avais pas vu passer le temps. Et comme je suis sûre que nous avons encore plein de choses à nous dire, la prochaine fois, nous nous retrouverons à La Théière pour un goûter de filles - et qui sait, peut-être ferons-nous une petite virée shopping chez La Fiancée du Pirate?

Gaby, si tu passes par ici: merci pour cet après-midi. Tes pivoines m'ont touchée plus que je ne saurais dire.

The Museum of Broken Relationships


C'est un drôle de musée où tous les ex du monde peuvent déposer des objets représentant leur histoire - des objets si symboliques d'un amour perdu qu'il serait masochiste que l'un des deux partenaires les conserve. On y trouve des menottes doublées de fourrure rose, souvenir d'une brève passion croate, une hache qui a peut-être servi à découper en morceaux une Berlinoise infidèle, un slip orange à motifs que l'on espère propre ou encore une prothèse mollet-pied face à laquelle on reste légèrement perplexe. Si Chouchou et moi nous séparons un jour, Régis y trouvera sans doute refuge.

Le Museum of Broken Relationships se trouve à Zagreb où je n'ai a priori pas l'intention de me rendre, mais depuis l'été 2006, une de ses expositions se promène un peu partout à travers le monde. Elle est déjà passée en Afrique du Sud, en Allemagne, aux USA, à Singapour et en Turquie. Si je bossais aux Bozar, je l'inviterais immédiatement à venir à Bruxelles.

mardi 17 mai 2011

Too funny, indeed


Reçu aujourd'hui cette carte Postcrossing en provenance des Pays-Bas, accompagnée du message suivant (traduit de l'anglais):

Salut, amie des hippopotames! La semaine dernière, j'ai acheté cette carte en pensant qu'elle resterait longtemps dans mon tiroir, et aujourd'hui, je pioche ton adresse. Ha ha ha. Trop drôle. J'espère que tu ne l'as pas déjà.

Comment te dire, chère Annette? Une petite visite au zoo serait sans doute une bonne idée. La lecture des pancartes n'est PAS en option.

(Oh, et accessoirement, si ça s'ouvre et que tu es obligée de l'envoyer dans une enveloppe, ce n'est pas non plus une carte postale, mais une carte de voeux.)

Bien à toi.

lundi 16 mai 2011

L'affaire DSK


Depuis hier, je suis aussi étonnée par la levée de boucliers des socialistes qui hurlent au complot que par celle des féministes qui s'indignent. "Mais bien sûr! Comme si DSK était assez stupide pour faire un truc pareil à quelques semaines d'annoncer sa candidature aux primaires!" s'exclament les uns. "Une femme pauvre et de couleur est forcément considérée comme une pute ou une manipulatrice face à un riche homme blanc", éructent les autres. Tout le monde a un avis, et tout le monde pense détenir la vérité. Alors que les seuls à la connaître sont DSK lui-même et son accusatrice.

Je ne sais pas si la justice réussira à trancher sur cette affaire qui a eu lieu sans témoins derrière une porte close. Un doute subsistera probablement toujours, et chacun campera sur ses certitudes. Est-il pourtant si inenvisageable qu'un homme politique habitué à obtenir tout ce qu'il désire puisse chercher à le prendre de force en raisonnant que sa victime n'osera pas porter plainte? A l'opposé, peut-on vraiment croire que pour 99 victimes de viol qui n'arriveront jamais à se faire entendre et seront toujours soupçonnées de "l'avoir cherché", il ne puisse pas exister une femme sans scrupules désireuse de se faire de l'argent facile? Les hommes n'ont malheureusement pas le monopole de la perversion.

Je n'ai aucune idée de ce qui s'est réellement passé dans cette chambre du Sofitel New-York. Je sais juste deux choses: les gens qui jugent à l'emporte-pièce me hérissent de plus en plus, et la gauche vient de perdre sa meilleure chance à ce jour de remporter les prochaines présidentielles.

Thérapie par le shopping




Après une semaine assez merdique, j'avais grand besoin d'un remontant. Une petite virée en centre-ville, par exemple. Les obstacles à vaincre étaient pourtant dissuasifs: pluie et température extérieure de 15° (alors qu'il avait fait grand soleil et 28° toute la semaine à Toulouse), compliqués d'une indisponibilité de Soeur Cadette retenue à la patinoire par un tournoi de hockey auquel participait Attila. Mais l'appel du Monoprix a été le plus fort. "Tu sais que tu veux du vernis crack rose et blanc", susurrait-il à mon oreille. Alors, j'ai pris mon courage à deux mains - et le volant de la Mégane parentale pour me véhiculer all by myself jusqu'au terminus du métro.

Butin de la journée:
- une robe à pois qui me va comme si elle avait été coupée pour moi. Ce sera la troisième année consécutive que ma parfaite petite robe de l'été aura été dénichée chez Naf-Naf, pour la somme modique de 55€ et en taille 38 de surcroît. Si chouette que j'ai hésité à la prendre aussi en bleu marine.
- un bol à thé japonais en terre cuite et émail rouge foncé et bleu ciel, aperçu au Palais des Thés où j'allais juste me ravitailler en filtres individuels.
- des navettes à la fleur d'oranger et d'autres au citron, ainsi qu'une boîte en forme de poisson contenant des caramels au beurre salé. From: le Paradis Gourmand, qui est un lieu de perdition pour les becs sucrés (dont je ne fais même pas partie).
- une crème pour les mains à la fleur d'oranger Chemins d'Orient, histoire de nourrir mes cuticules martyrisés. Raflée chez Auchan en allant faire des courses pour mes parents.
- un petit carnet avec des paons embossés sur la couverture vert et doré, et dessinés sur les pages intérieures. Tellement joli que je ne suis pas sûre d'oser m'en servir. Trouvé chez Trait, qui déménage bientôt rue des Tanneurs.
- deux vernis crack Debby, deux Laque Evidemment de Rouge Baiser, et le Morning Rose de Chanel qui est déjà le troisième truc que j'achète à cause de Julia.
- "Les Harmoniques célestes", recueil de nouvelles signé Jean-Claude Dunyach avec qui j'ai goûté chez Bapz et qui a eu la gentillesse de m'en offrir un exemplaire dédicacé. Une critique suivra dès que j'aurai fini de le lire.