vendredi 31 décembre 2010

Pour finir l'année sur une bonne note

Vingt ans de cours de danse classique,
de jazz, de rock et de salsa,
et Chouchou qui remue
avec toute la grâce et la coordination
d'une passoire unijambiste
me bat à plates coutures à Just Dance 2.

Où est le service après-vente,
que je me fasse rembourser l'année 2010
jusqu'à la dernière minute?

Problem solved

MOI (très excitée): Chouchou, regarde le résumé de l'histoire de zombies que je vais traduire bientôt! Ca a l'air marrant, non?
CHOUCHOU (parcourant le texte par-dessus mon épaule): Ah, mais ça parle d'une épidémie de zombies. Jusqu'ici, tu avais l'habitude du zombie 1930; là, tu auras affaire au zombie 2010, qui est en fait le zombie post-1968.
MOI: Gni?
CHOUCHOU: Le zombie 1930 est un produit du vaudou, généralement solitaire, et tragique parce qu'il peut être quelqu'un que le héros a connu de son vivant. Le zombie post-1968 est un phénomène de masse, issu d'un virus extraterrestre ou d'une expérience qui a mal tourné. Il pose une problématique tout à fait différente. Tu ne vas pas pouvoir gérer une foule de zombies anonymes comme un zombie individuel.
MOI: Euh... Il suffit de rajouter des "s" à la fin de tous les mots, non?

mercredi 29 décembre 2010

Ah oué, quand même

Voici le dernier paragraphe que j'ai traduit aujourd'hui:

"Au début, quand j'essayais de les branler en même temps, je n'y arrivais pas. Je n'arrivais pas à partager mon attention entre eux de manière égale; or, mieux vaut être concentrée quand on manipule ce qu'un homme a de plus fragile. Mais l'entraînement a fini par payer, et maintenant, ma technique est au point. J'ai enfin trouvé un domaine dans lequel je suis ambidextre."

C'est vraiment une bonne chose que je n'aie pas d'enfants. J'aurais beaucoup de mal à leur expliquer comment Maman gagne sa vie.

Next!

En principe, j'aime bien faire un bilan de l'année écoulée, mais... le deuxième semestre 2010 a été assez calamiteux, et je trouve que je me suis déjà beaucoup épanchée ici. Il ne me paraît pas utile d'en rajouter. Je préfère tourner rapidement la page et me concentrer sur les 5 buts que je me suis fixés pour 2011. Par ordre d'importance:

Poursuivre ma quête d'équilibre intérieur
- Continuer le yoga et la méditation avec Claudia, une fois par semaine quand je suis à Bruxelles
- Assister au(x) prochain(s) atelier(s) de visualisation donnés par Catherine au Serendip Spa
- Lire un maximum d'ouvrages sur des sujets pertinents (dans ma PAL pour l'instant: "Guérir" de David Servan-Shreiber, prêté par Chouchou qui m'en a dit beaucoup de bien, et le bouquin de Catherine)
- M'intéresser aux médecines alternatives telles qu'herboristerie, reiki, shiatsu ou acupuncture pour venir à bout de mes problèmes de santé

Profiter des gens que j'aime
- Descendre à Toulouse au moins quatre fois dans l'année (mars, juillet, octobre, décembre)
- Voir au moins un ami par semaine

Voyager
- Puisque je n'ose pas prévoir de déplacement long et lointain tant que mon père ne sera pas guéri: faire un city trip dans le nord de l'Europe (Stockholm? Edimbourg? Talinn?) et un autre dans le sud (Istanbul? Barcelone? Rome?)
- Assister au Salon du Livre de Paris en mars, aux Imaginales d'Epinal en mai et aux Utopiales de Nantes en octobre/novembre, un peu pour le boulot et beaucoup pour les rencontres

Augmenter ma sécurité financière
- Porter mon fonds de roulement à quatre mois de frais fixes au lieu de trois
- Diversifier mon activité professionnelle (objectif encore un peu flou auquel je vais réfléchir dans les semaines à venir)
- Voir si je ne pourrais pas faire racheter mon crédit immobilier par une autre banque (les taux d'intérêt étant bas en ce moment)

Continuer à désencombrer ma vie
- Maintenir ma PAL à 30 livres maximum
- Virer toutes les affaires de scrapbook que je n'utilise plus (passer une annonce sur un site quelconque pour les donner à une association ou un particulier)
- Ramener le nombre de mes chaussures à 50 paires maximum, Bruxelles et Monpatelin confondus
- Faire un grand tri dans ma penderie (puis organiser un vide-dressing sur ce blog si ça intéresse quelqu'un, ou un nouvel après-midi troc)
- Envisager l'achat d'une liseuse pour les livres "consommables"
- Virtualiser le plus possible mes achats culturels (musique, séries télé...)

Et juste pour le fun:
- Teindre la pointe de mes cheveux en bleu électrique ou rose vif
- M'offrir un soin Mayako à l'institut Menard

Et vous, des envies particulières, des objectifs avoués pour cette nouvelle année qui se profile à l'horizon?

mardi 28 décembre 2010

Nouvelles paternelles

Mon père a vu son chirurgien aujourd'hui.

Le chirurgien n'a pas pu lui dire si la tumeur était morte ou toujours vivante. Il a juste trouvé qu'elle n'avait pas été beaucoup rétrécie par la radiothérapie. Mais il sait que mon père a très mal supporté les rayons, et donc il va l'opérer quand même en l'état, le 5 janvier comme prévu. A priori, ce sera une hospitalisation d'une dizaine de jours et la pose d'un anus artificiel qui pourra éventuellement être retiré par la suite.

Par ailleurs, le chirurgien n'était même pas au courant que mon père avait une métastase sur un poumon. Depuis le début, la coordination entre les différentes intervenants est juste lamentable. J'ignore à qui la faute, mais je trouve ça franchement hallucinant. La question de la métastase reste donc en suspens. Une fois mon père remis de son opération, il faudra faire un scanner et envisager une chimiothérapie.

Mais ce n'est pas tout. Comme mon père a, paraît-il, un rétrécissement de la carotide que deux médecins successifs ont estimé à 30, puis à 10%, l'anesthésiste ne veut pas le toucher avant qu'il ait passé une échographie de contrôle. Je conçois qu'il veuille se couvrir contre le décès éventuel de ses patients, mais s'il refuse d'intervenir, l'opération ne pourra pas avoir lieu, et là c'est certain que l'issue sera fatale à plus ou moins brève échéance.

J'ai eu mon père au téléphone tout à l'heure. Il n'était pas content mais ne semblait pas non plus abattu comme quand on lui a annoncé sa maladie. Peut-être est-il juste soulagé de ne pas devoir endurer un second round de radiothérapie. J'aimerais pouvoir être là pendant son séjour à l'hôpital, mais j'ai déjà pris beaucoup de retard dans mon boulot ces derniers mois et mes finances sont en assez piteux état. A moins que ma présence à Toulouse devienne nécessaire, je suivrai donc son rétablissement à distance.

J'aurais aimé commencer la nouvelle année sur une note un peu plus encourageante, mais je ne perds pas espoir pour autant. Je veux croire que même si mon père a encore quelques mois difficiles devant lui, il finira par guérir. Nous avons besoin de lui.

"A game of thrones"

Des mois et des mois que j'hésitais à me lancer dans la fameuse saga du Trône de Fer, réputée excellente mais longue et surtout inachevée à ce jour. J'ai fini par craquer pendant les vacances de Noël, alors que je séjournais chez mes parents où il n'y avait pas grand-chose d'autre à faire que bouquiner. Le premier tome m'a, entre autres choses, tenu compagnie pendant que mon père passait une IRM à la clinique où je l'avais accompagné, et occupée pendant un très long trajet Toulouse-Paris en Corail à compartiment couchettes. Il m'a également fait veiller beaucoup trop tard certains jours où j'aurais dû me coucher de bonne heure pour être en forme le lendemain, mais passons.

"A song of fire and ice" (titre originel de la saga de George R. R. Martin) raconte la rivalité de deux familles nobles, les Stark et les Lannister, durant un conflit visiblement inspiré de la Guerre des Roses. Bien que résolument médiéval-fantastique, l'univers est assez pauvre en magie et en créatures imaginaires: pas l'ombre d'un elfe, d'un orc ou d'un troll à l'horizon, et le seul nain de l'histoire est juste un humain infirme. Malgré cela, on ne s'ennuie pas une seule seconde tant l'intrigue regorge de manigances retorses et de rebondissements inattendus. L'auteur n'hésite pas à tuer ses héros dans des circonstances tragiques et sans espoir de retour, de sorte qu'il est difficile de prévoir la suite des événements. Et ça, j'adore.

Chaque chapitre présente le point de vue d'un personnage différent. J'imagine que cet éclatement pourrait rebuter certains lecteurs; pour ma part, j'ai juste trouvé qu'il ajoutait à la richesse de la narration. Les destins s'entremêlent sans forcément se croiser, ce qui permet d'avoir un point de vue d'ensemble de la situation. Une petite critique tout de même: les personnages m'ont paru un peu manichéens, presque archétypaux pour certains - Eddard Stark le seigneur noble de coeur autant que de titre; Arya le garçon manqué; Cersei la reine décadente et cruelle... D'autres sont plus nuancés, comme Tyrion Lannister ou Daenerys la descendante des dragons. Mais au crédit de l'auteur, tous évoluent de façon crédible au fil des pages, et quand on les quitte à la fin d'un chapitre, on a hâte de les retrouver pour voir vers où les conduiront leurs choix.

Un autre point fort de cette saga, c'est le style de son auteur. George R. R. Martin écrit superbement bien. J'ai relu plusieurs fois à voix haute la phrase suivante, sur un ton émerveillé, à Chouchou qui ne semblait guère touché par sa beauté: "Daenerys Targaryen wed Khal Drogo with fear and barbaric splendor in a field beyond the walls of Pentos, for the Dothraki believed that all things of importance in a man's life must be done beneath an open sky". Je ne sais pas si le traducteur français de la saga a fait du bon boulot, mais je l'envie d'avoir travaillé sur un texte pareil. En conclusion, si vous êtes amateur d'heroic fantasy, vous ne devez pas passer à côté de cette saga qui se classe d'emblée parmi ce que j'ai lu de meilleur dans le genre.

"A song of fire and ice" book 1: "A Game of Thrones" (VF: "Le Trône de fer - Intégrale, Tome 1")

lundi 27 décembre 2010

2010 dans le rétro - culture

Bouquins: "Les années douces", "Les déferlantes", "L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet", "The book of unholy mischief", "The gargoyle", "Grandir" et "Rosa Candida" furent de belles découvertes et de beaux voyages intérieurs. Néanmoins, "Hokkaido Highway blues" les devance tous d'une bonne tête dans mon hit-parade personnel. Je n'ai jamais autant ri et appris à la fois. Et j'ai rarement été aussi triste de terminer un livre. Dans la sous-catégorie fantasy, je viens enfin d'attaquer la saga "A song of fire and ice" de Georges R. R. Martin. Mes potes avaient raison: ça poutre tout. Je vous en reparle très vite. En bédé, pas de découverte fracassante à moins de compter "Manabéshima" dans cette catégorie.

Cinéma: Dans les films sortis en salle cette année, j'ai aimé le pourtant très décrié "Alice in Wonderland" de Tim Burton, "L'Arnacoeur" parce que Vanessa Paradis, "Inception" parce que scénario de ouf, "The Runaways" parce que rock'n'roll, et "Eat Pray Love" à cause du bouquin. Mais mon préféré reste sans conteste "Kick Ass".

Séries télé:
Ze chouette découverte de l'année, c'est "The Big Bang Theory", la sitcom la plus hilarante depuis "Friends" avec en plus ce petit côté "réservé aux initiés" que je trouve assez jouissif. Malgré de très nombreux défauts, je suis également devenue accro à "True Blood". Par contre, je n'ai pas du tout accroché à "Mad Men" qui avait a priori tout pour me plaire, et j'ai arrêté la saison 6 de "Kaamelott" après 10 minutes du premier épisode. Je continue à suivre - même si avec un peu moins de plaisir qu'avant - "Gossip Girl" (pour Chuck Bass), "How I Met Your Mother" (pas spécialement pour Barney Stinson) et "Desperate Housewives" (pour Felicity Huffman qui, ouah).

Expos et spectacles: 2010 a été plutôt pauvre sur ce plan. Je n'ai vu aucun concert, ne suis allée ni au ballet ni au théâtre, et ma seule tentative pour assister à un spectacle de burlesque ne m'a pas convaincue. Je ne retiendrai que la très belle expo "Roppongi Crossing 2010: Can There Be Art" admirée à Tokyo en avril, et ma visite au sympathique Sherlock Holmes Museum de Londres en octobre.

Musique: je crois qu'en 2010, j'ai acheté ou découvert très exactement zéro CD. Ah si, pardon, Chouchou a téléchargé (légalement) "The Resistance", le dernier album de Muse que j'aime beaucoup. A part ça, le néant. Ca me rend triste que la musique qui tenait autrefois une si grande place dans ma vie en ait presque totalement disparu, mais je me sens à mille lieues de ce qui se fait en ce moment, et j'en ai marre de réécouter l'intégrale de Fields of the Nephilim pour la 17000ème fois.

dimanche 26 décembre 2010

La recette la plus simple du monde (ou pas)

Hier soir, devant la finale de Pékin Express. Les deux dernières équipes en lice doivent énumérer les ingrédients du quatre-quarts. "Farine, oeufs, sucre et, euh, levure", avance un candidat. Chouchou est mort de rire. "Un quart de levure, hou hou hou!". "Farine, sucre, beurre et.... vanille?" tente une autre candidate. Chouchou s'esclaffe derechef.
MOI (soupçonneuse): Tu les connais, au moins, les ingrédients du quatre-quarts?
CHOUCHOU: Evidemment! Farine, sucre, beurre et lait.
...Je crois que je vais continuer à me charger de la pâtisserie à la maison.

samedi 25 décembre 2010

"Megamind"

Après la sieste de Cahouète, il était trop tard pour la séance de 16h de "Raiponce". Attila aurait aimé voir le dernier Harry Potter, mais Chouchou et moi-même le jugions trop violent pour son petit frère. Quant au nouveau Narnia, il a récolté des critiques si pitoyables que personne ne l'a même envisagé comme une possibilité. C'est donc la salle 6 du Gaumont Labège et "Megamind" qui ont eu l'honneur de recevoir nos augustes postérieurs cet après-midi.

"Megamind est le superméchant le plus génial de toute l’histoire de l’humanité. Et le pire loser aussi... Depuis des années, il essaie par tous les moyens de conquérir Metro City. En vain : chacune de ses tentatives est mise en échec par l’invincible Metro Man, et tourne à la farce. Jusqu’au jour où Megamind tue Metro Man !
Mais un superméchant a besoin d’un superhéros pour se sentir exister et avoir un but dans la vie. Megamind a donc l’idée de se fabriquer un nouvel adversaire : Titan, encore plus grand, plus fort et plus héroïque que le précédent. Problème : Titan découvre vite que c’est bien plus drôle d’être un méchant que de protéger les hommes. Et encore plus amusant de détruire le monde que de le diriger…
Pris au piège, Megamind réussira-t-il à vaincre sa diabolique création ? À devenir le héros inattendu de sa propre histoire ?"

Malgré un scénario pas trop prévisible (en tout cas, pour qui n'avait pas lu au préalable le synopsis ci-dessus), quelques bons traits d'humour (la parodie de l'affiche "Yes we can" d'Obama, ornée de la tête sévère de Megamind et du slogan "No you can't") et une BO d'enfer (ACDC! Guns'n'Roses!), je crois que nous nous sommes tous un peu ennuyés devant ce film, et pas seulement à cause de la VF. "Megamind" n'est pas un mauvais film, mais j'ai trouvé qu'il manquait cruellement de rythme.

vendredi 24 décembre 2010

Où notre brillante carrière de géocacheurs s'embourbe

Nous n'avions qu'un seul créneau pour faire du géocaching pendant les vacances: cet après-midi entre 13h45 et 15h45, avant de nous rendre chez Soeur Cadette pour préparer le réveillon. Après un déjeuner de morue à la portugaise et de canard aux pommes, Chouchou et moi avons donc emprunté la Mégane de Père, deux paires de gants de jardinage et les bottes en caoutchouc de Mère, puis mis le cap vers la campagne profonde sous un ciel menaçant.

Panoramas de Montjoire: Grelottant sous la neige, nous cherchons un endroit "où se reposer" à proximité des coordonnées GPS fournies. Au bout de quelques minutes, nous repérons plusieurs bancs... à l'intérieur d'un jardin au portail fermé par une chaîne et un cadenas. Hors de question d'avoir fait tout ce chemin pour rien: Chouchou escalade vaillamment la grille, mais ne trouve rien de l'autre côté. Le seul banc situé à l'extérieur, le long d'un chemin boueux, est entouré de lierre et de ronce détrempées. Nos fouilles ne donnent rien, et je finis par sonner la retraite en grommelant. Nous avons passé une heure sur cette cache et nous ne nous sommes même pas logués. Je suis grmblbl.

In the cuckoo's holly: Direction la forêt de Buzet. "Attention aux Muggles, qui se promènent et pique-niquent en nombre dans les parages", prévient le créateur de la cache. Ouais, ben un jour de réveillon, sous la pluie et avec une température ne dépassant pas 1°, les seuls couillons qui arpentent les sentiers couverts de feuilles mortes glissantes, c'est Chouchou et moi. Notre GPS nous fait faire un très grand carré, et je suis en train de remettre sérieusement en cause mes convictions écolos au motif que la nature, ça craint un max, quand j'aperçois enfin un énorme buisson de houx qui ferait une très bonne cachette. N'écoutant que ma frustration, je me faufile entre les feuilles vernissées et piquantes et trouve immédiatement un grand Tupperware rectangulaire. Il n'est pas bien étanche, et il y a plein d'eau à l'intérieur. Le stylo ne fonctionne plus; le logbook est trempé et le feutre de Chouchou peine à écrire dessus. Je sélectionne une petite figurine Kiki bleue pour l'ajouter à mon trésor de guerre et, à la place, laisse un porte-clés babouche marocaine et une géocoin trouvée à Lisbonne au début du mois.

L'oasis: Nous avions prévu de faire une autre cache dans le coin, "Mûres, raisins & co", mais l'heure tourne et théoriquement, nous devrions déjà prendre le chemin du retour. Comme j'aimerais tenter la cache de Lavalette, nous appelons mes parents pour prévenir que nous aurons un peu de retard. Grave erreur. A Lavalette, notre GPS nous fait arrêter sur un chemin de campagne et continuer à pied à travers des labours. Le terrain descend selon une pente assez forte; pour chaque mètre parcouru, un kilo de ciment à base de feuilles mortes et de glaise détrempée vient se coller à nos bottes. Les miennes, qui font 4 ou 5 pointures de trop, menacent de rester ventousées au sol à chaque pas que je fais. Bientôt, Chouchou et moi avons de la boue jusqu'aux genoux. Lorsque nous atteignons les coordonnées de la cache, je suis tellement énervée que je jette à peine un coup d'oeil aux arbres alentour avant de décréter que j'en ai marre et que je veux rentrer. Remonter la pente tient de l'exploit physique; je peine à soulever les pieds et j'ai beau racler mes semelles sur l'herbe, la glaise refuse de s'en décrocher.

A 16h30, je déboule furieuse chez mes parents en clamant que je HAIS la campagne et qu'il est plus que temps de bétonner tout ça, que quand j'étais môme on nous promettait qu'en l'an 2000 on vivrait tous dans des cités sous dôme avec des voitures volantes et que je me sens grugée sur l'action.

A 17h15, après avoir enfilé une jolie robe et des chaussures dignes de ce nom, puis mis une bonne couche de Russian Red, j'arrive chez Soeur Cadette. En me voyant, Cahouète, réputé pour être avare de bisous et de compliments, se fend d'un sourire extatique et s'exclame: "T'es trop jolie, Tatie!". Me voici réconciliée avec la Terre entière, campagne incluse. Disons juste que désormais, je garderai mes distances vis-à-vis des forêts et des champs.

Joyeux Noël à tous.

jeudi 23 décembre 2010

Poète et macho

Mes deux neveux font du hockey sur glace. Ce soir, nous sommes allés les admirer à l'entraînement. Attila, 9 ans, joue déjà dans l'équipe locale tandis que Cahouète, 4 ans, s'efforce encore de maîtriser les rudiments du patinage. Pour l'instant, il marche plus qu'il ne glisse, et les chutes sont encore nombreuses.

Un jour, alors qu'il gisait immobile sur la glace, les membres en étoile, son père inquiet lui a lancé depuis l'autre côté de la rambarde: "Tu t'es fait mal?". "Non, je regarde le plafond", a tranquillement répondu Cahouète.

Un autre jour, alors qu'il venait de s'étaler de tout son long, son entraîneur s'est approché pour le remettre debout. Cahouète a dédaigné sa main tendue et s'est relevé tout seul en expliquant poliment: "Non, merci, j'ai pas besoin d'aide: je suis un homme." Poète et macho: tout un programme.

mercredi 22 décembre 2010

"La symphonie du temps qui passe"

Jamais encore je n'avais lu roman si prometteur et, au final, si décevant. Poussé par la curiosité, Green Talbot quitte le village endormi où il a vu le jour afin de parcourir le monde pour satisfaire sa soif d'expériences nouvelles. Son voyage initiatique l'amènera à parcourir deux continents durant une période charnière du XXème siècle. Green apprendra à parler aux oiseaux et à respirer comme les poissons, croisera au large de l'île où s'échouent tous les messages en bouteille jamais parvenus à leur destinataire et se mettra à vieillir en accéléré lorsque le ciel lui tombera (littéralement) sur la tête...

Avoir tant de bonnes idées de personnages originaux et d'aventures poétiques pour se contenter de les jeter sur le papier en les détaillant à peine plus que dans un synopsis, puis arrêter brutalement le récit de la vie du héros au moment où, âgé de trente-et-un ans à peine, il rencontre la femme de sa vie et se fait menacer d'un pistolet sur la tempe par son beau-père putatif, ça sent le poil de mammouth dans la main de l'écrivain. On dirait qu'arrivé au premier tiers de son ébauche, Mattia Signorini s'est désintéressé de la fable initiatique et surréaliste pourtant très prometteuse qui avait germé dans son esprit et qui aurait facilement pu donner matière à un roman palpitant d'un millier de pages. La lecture de "La symphonie du temps qui passe" m'a remplie d'une frustration dont je vais avoir beaucoup de mal à me remettre.

mardi 21 décembre 2010

"Mamika"

Pour sortir de la dépression sa grand-mère âgée de 90 ans, le photographe Sacha Golberger décide d'en faire le modèle d'une série de photos à l'humour complètement décalé. On y voit Mamika ("petite grand-mère" dans son hongrois natal) fumer des Knacki et des bananes, faire du vélo d'appartement sur la place de l'Etoile, planter un clou avec une éponge, improviser des jumelles avec deux rouleaux de PQ, boire son thé dans une bouillotte, transformer son frigo en garde-robe, descendre ses escaliers à ski, se laisser draguer par un poulet, suspendre sa salade avec des pinces à linge pour l'égoutter ou faire du stop pour Gotham City déguisée en super héroïne. C'est irrésistible de drôlerie et de tendresse. Un ouvrage à mettre entre les mains des petits comme des grands.

vendredi 17 décembre 2010

La Georges-Arthur attitude

Quand je me suis aperçue hier matin que ma Livebox était en rade et que la réinitialiser ne résolvait pas le problème, je me suis dit: "Pas grave, je peux bien tenir une journée sans internet, Chouchou m'arrangera ça par téléphone ce soir."
Quand Chouchou, après quelques tentatives infructueuses, m'a renvoyée vers le service clients d'Orange alors que ma ligne fixe était également en rade, j'ai composé le 3900 sur mon portable, attendu 10 minutes facturées un prix exhorbitant, expliqué très gentiment le problème à la dame qui a fini par me prendre en ligne et fait tout ce qu'elle m'a demandé.
Quand la dame m'a annoncé au bout de 10 autres minutes qu'elle ne pouvait rien faire pour moi, qu'il fallait que je contacte un technicien mais que là tout de suite ce n'était pas possible parce qu'il était débordé, je lui ai dit: "Bon ben tant pis alors; vu que je m'en vais demain et que je reviens pas avant le 19 janvier, je rappellerai à ce moment-là. Merci et joyeuses fêtes, madame."

Quand j'ai voulu brancher mon vieil HP dans la multiprise de mon bureau et qu'il s'est produit un gros flash, j'ai pensé que j'avais eu de la chance de ne pas me prendre une décharge de 220V.
Quand je me suis aperçue que cette prise ne donnait plus de courant, j'ai été me brancher à l'autre prise de la pièce, en improvisant un mini-échafaudage pour soutenir le transfo qui se retrouvait suspendu un mètre au-dessus du sol.
Quand j'ai constaté que la prise du couloir à laquelle je tentais de recharger mon téléphone portable ne donnait plus de courant non plus, je me suis consolée en pensant qu'au moins, j'avais toujours de la lumière et que c'était l'essentiel.
Quand le radiateur de la salle de bain a refusé de s'allumer pour chauffer la pièce avant ma douche matinale, je me suis fait couler un bain à 40° en me disant que quand même, il allait falloir prendre rendez-vous avec un électricien pour fin janvier. Mais que ça ne tombait pas si mal parce qu'il pourrait en profiter pour réparer les loupiotes qui ne fonctionnent plus, au-dessus du comptoir de ma cuisine à l'américaine.

Quand mon généraliste m'a palpé l'abdomen en demandant: "Et là, ça vous fait mal?" tandis que je glapissais simultanément "AIIIIIIIIIE!", puis annoncé que je faisais une belle colopathie et que même si j'étais trop jeune pour avoir déjà un cancer du colon, il serait bon d'effectuer une coloscopie histore de voir si je ne traînais pas déjà des polypes pré-cancéreux à surveiller de près, j'ai juste pensé à la blague du type qui tombe du 30ème étage et je me suis dit: "Jusqu'ici, tout va bien."
Etant donné que mon traitement contre l'endométriose a cessé de fonctionner et que le seul remède que me propose encore la médecine traditionnelle est de faire un enfant (!), je me suis demandé, un peu cyniquement sans doute, d'où finirait par venir le crabe: les ovaires, le colon, un sein peut-être? Mais je n'ai pas paniqué. J'ai pensé "hygiène de vie", "médecines alternatives" et "vigilance maximale"; j'ai pensé "progrès constants de la médecine traditionnelle"; j'ai pensé "de plus en plus de gens qui s'en sortent"; j'ai pensé "profiter-profiter-profiter pendant que je peux".

Là, je suis chez mes parents à Toulouse. J'ai essayé mes Ugg: elles me vont super bien et c'est vrai qu'elles sont diantrement chaudes et confortables. J'ai ouvert le colis contenant le cadeau de Soeur Cadette et constaté que je m'étais plantée dans ma commande - tant pis, je vais en repasser une ce soir, et Soeur Cadette aura deux cadeaux au lieu d'un, je suis sûre qu'elle ne m'en voudra pas. Mère a préparé du pot-au-feu; c'est merveilleux, j'adore ça et je n'en fais jamais à la maison. Père a acheté un radiateur d'appoint pour la chambre d'amis dans laquelle je dors; il semble assez en forme physiquement et moralement (mon père, pas le radiateur dont le moral m'importe assez peu). Le thé blanc aux fruits Cool Dragon de chez Rituals est, comme mon poncho d'amour, parfait pour accompagner une fin d'après-midi glacé.

Un hippopotame mauve, c'est fou ce que ça change la vie.

mardi 14 décembre 2010

Pour les cadeaux de dernière minute...

Je conseille aux anglophones de jeter un coup d'oeil au site britannique Not On The High Street qui rassemble les produits proposés par des centaines d'artisans talentueux. Je l'ai découvert par hasard en cherchant un petit frère à mon poncho d'amour. Le choix est immense (et la navigation facile grâce à un système de catégories et de thèmes particulièrement bien pensé), pas nécessairement bon marché mais pas hors de prix non plus, et permet d'offrir de beaux objets un poil originaux.


C'est ainsi que j'ai finalement résolu le dilemme du "cadeau chouette et pas trop cher" posé un peu à l'arrache par Chouchou. (Je ne vais pas vous dire ce que je lui ai commandé maintenant, mais il y aura des photos après Noël.) Pour Soeur Cadette, j'avais pensé à ce collier, clin d'oeil à "Gossip Girl" que nous avons découvert ensemble et moyen de lui laisser une provision de câlins solides pour quand je ne suis pas là. Malheureusement, il n'est pas livrable hors du Royaume-Uni - tout comme cet autre collier que je me serais volontiers offert, puisqu'il paraît qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même! Mais le site présente tout un tas d'autres merveilles expédiables dans le monde entier, qui raviront les amateurs de cocooning et d'élégance discrète.

lundi 13 décembre 2010

Une bonne nouvelle

Là tout de suite, je suis joie.
Je viens juste d'appeler mes parents. Mon père a passé un scanner aujourd'hui. Sa tumeur principale, qui mesurait 40mm avant le traitement, a été réduite à 25mm par la radiothérapie. C'est bon d'apprendre qu'il n'a pas souffert pour rien et qu'il va pouvoir être opéré dans de bonnes conditions début janvier.
Reste à savoir comment la métastase de son poumon a évolué pendant ce temps. J'imagine que c'est à cela que servira l'IRM du 22.
Doigts croisés, souffle retenu. Mais ce soir, espoir.

To Do List: 13-26 décembre 2010

- Donner un dernier coup de collier sur ma trad en cours pendant les quelques jours que je passe à Monpatelin, pour être tranquille une fois à Toulouse.

- Aller voir mon généraliste pour lui parler des douleurs bizarres que je traîne au flanc droit depuis que le traitement pour mon endométriose a cessé de fonctionner.

- Envoyer les chaussures, les palettes de maquillage et les bijoux dont je suis en train de me débarrasser sur eBay.

- Poster aussi la petite douzaine de cartes de voeux rédigées cette année.

- Relancer les impôts qui me donnent des réponses incomplètes et/ou aberrantes au sujet de mon éventuelle domiciliation en Belgique.

- M'occuper en catastrophe des cadeaux qui me restent encore à faire... soit presque tous. D'habitude, fin novembre, mes paquets sont déjà prêts; mais cette année je souffre d'un manque d'inspiration absolue. Pour l'instant j'ai 2 mugs Starbucks (de Bruxelles et de Lisbonne) pour la collection de mes parents et 2 T-shirts pour mes neveux (Hard Rock Café Lisboa pour le grand; tram n°28 pour le petit). Plus les habituels chocolats Wittamer et deux paquets de speculoos Dandoy*. C'est maigre.

- Accompagner mon père à son IRM de contrôle le 22. J'imagine qu'on n'aura pas les résultats tout de suite, mais qu'il flippera quand même et que ça sera bien que quelqu'un soit avec lui pour le distraire.

- Me mettre du vernis à paillettes, et tant pis si c'est toujours infernal à enlever.

- Au lieu de me plaindre que j'ai froid, porter tout le temps en intérieur le poncho en bébé alpaga acheté au Serendip Spa jeudi dernier et qui est le nouvel amour de ma vie. Entre ça, les Ugg et ma récente passion pour la tisane du soir, je suis en voie rapide de mémérisation. Mais j'assume.

- Faire des yeux de Bambi à ma mère pour qu'elle me tricote une copie du poncho en bébé alpaga qui est le nouvel amour de ma vie, afin que j'en aie un de rechange pour le jour où il faudra le laver.

- Refaire des yeux de Bambi pour que ma mère me prépare de la morue à la portugaise. Pas tout à fait aussi bon que du vrai bacalhau, mais vraiment pas très loin derrière.

- Aller au cinéma avec Attila et Cahouète pour voir "Raiponce" (ou éventuellement "Megamind").

- Faire quelques géocaches "campagnardes" autour de chez Soeur Cadette et mes parents.

- Manger du foie gras artisanal, boire du champagne brut, engloutir un million de calories sous forme de fromages de chez Xavier.

- Acheter une brioche à l'orange et aux pépites de chocolat chez Bapz. Si possible, la déguster sur place avec un thé.

- Faucher dans le placard à confitures de mes parents de quoi reconstituer mes réserves.

- Prendre plein de photos de tout le monde.

- Profiter-profiter-profiter de ma famille.

*Mon père et Cahouète adorent ça. On est toujours trahi par les siens.

dimanche 12 décembre 2010

"Scott Pilgrim vs. the world"

La bédé qui a inspiré ce film m'était tombée des mains vers la page 50 du tome 1 (et encore, j'avais dû me forcer pour tenir jusque là). Autant dire que je n'étais pas très enthousiaste pour voir "Scott Pilgrim vs. The World". Si Chouchou n'avait pas tant insisté, j'aurais volontiers fait l'impasse. Mais insisté il a, et un compromis j'ai accepté: OK pour le film, mais en téléchargement à la maison - comme ça, si ça ne me plaisait pas, je pouvais toujours me lever du canapé et partir faire autre chose en plein milieu.

Au final, j'ai regardé jusqu'au bout. J'ai ri un peu, mais je me suis surtout pas mal ennuyée. Au contraire de "Kick Ass", autre film pour geeks que j'ai adoré cette année, "Scott Pilgrim" peut seulement se vanter d'avoir une forme sympa - et encore: pour qui aime un minimum les jeux vidéo et pige toutes les petites références qui l'émaillent. Sur le fond, il est répétitif et ne parvient pas à susciter le moindre intérêt pour ce qui arrivera à ses personnages possédant l'épaisseur psychologique d'une feuille de Rizla. Et puis, honnêtement, avec tous les jeunes acteurs qui cherchent à percer, est-on obligé d'engager Michael Cera dans chaque film indie qui se tourne ces temps-ci? Malgré une bande-son tonique dans laquelle j'ai eu le plaisir de retrouver une vieille chanson de Franck Black, je suis bien contente de ne pas avoir dépensé 10€ pour aller voir "Scott Pilgrim" au cinéma.

samedi 11 décembre 2010

"Le nom des gens"

Quand les critiques encensent un film à ce point, j'hésite toujours à aller le voir de peur d'être déçue. Surtout que je ne suis pas très bon public pour les comédies et que ce qui fait hurler de rire la plupart des gens a le don de me laisser de marbre. Hier soir, entre une séance de méditation au Serendip Spa et un dîner tardif chez Mamma Roma, j'ai quand même invité Chouchou à me rejoindre devant l'UGC Toison d'Or pour voir si "Le nom des gens" méritait tout le bien qu'on en dit.

La réponse est juste oui.

J'ai adoré le couple improbable formé par Bahia BenMahmmoud, militante de gauche qui couche avec ses adversaires politiques pour les convertir, et Arthur Martin (comme les cuisines), spécialiste des risques épidémiques posés par les volatiles morts et par ailleurs vieux garçon passablement coincé avec la gent féminine. Sara Forestier déploie une belle énergie - et une rafraîchissante impudeur - face à un Jacques Gamblin subtil et juste comme d'habitude. Les dialogues font mouche, que ce soit dans le registre comique ("Quand on commence à se méfier des canards, c'est le début de la fin!") ou humaniste ("Au fond, les étrangers sont les seuls qui méritent vraiment d'être français"). Le trait est parfois un peu forcé, comme dans cette scène où l'héroïne prend le métro toute nue sans s'en apercevoir, mais je veux bien pardonner beaucoup de choses à des gens qui arrivent à faire un film aussi drôle, touchant et pas moralisateur sur le thème casse-gueule du racisme, de la différence culturelle et de l'intégration. Le monde a besoin de plus de Chang Martin BenMahmmoud :-)