vendredi 30 avril 2010

Il faudrait qu'on m'explique...

Je ne suis pas bien sûre de comprendre le battage médiatique qui entoure l'affaire Ribéry et Cie. J'ai beau tourner et retourner chacune des composantes de cette histoire dans tous les sens, je ne vois pas de quoi il faudrait que je m'offusque.

Un footballeur de l'équipe de France s'est tapé une prostituée. So what? La prostitution ne me choque pas si elle relève d'un choix librement consenti. Une femme en détresse qui ne trouve pas d'autre moyen de gagner sa vie; une fille qui préfère, pour le même prix, tailler une pipe à un inconnu en 5 minutes que bosser une demi-journée à l'usine ou derrière une caisse chez Carrefour; une gamine pas spécialement dans la misère mais qui voit là un moyen rapide et facile de se payer un sac Dolce & Gabbana, je trouve ça triste mais pas scandaleux. C'est leur corps, leur vie, leur choix.

Zahia était mineure, OK. Peut-être a-t-elle menti à son client (que j'imagine mal exiger une carte d'identité avant d'ouvrir sa braguette). Et puis de toute façon, en France, l'âge du consentement sexuel est fixé à 15 ans. Elle en avait 17, donc légalement, je ne situe pas trop le problème.

Un sportif censé représenté la France a fauté. Ha ha ha. Notre beau pays a été gouverné pendant 14 ans par un type qui menait une double vie et qui avait une fille cachée avec sa maîtresse, puis pendant 12 ans par un cavaleur notoire. Ne parlons même pas de Nanito 1er dont les frasques extra-conjugales ont fait fuir son épouse n°2. Je m'excuse, mais si on devait établir une échelle de l'obligation de comportement exemplaire, il me semble que le dirigeant d'une nation devrait se trouver plus haut qu'un type qui tape dans un ballon avec une dizaine de ses potes, fût-ce devant des millions de spectateurs déchaînés.

J'ai envie de dire que dans cette histoire, la seule personne qui a le droit d'être vraiment fâchée, c'est Mme Ribéry. Pour le reste, ce serait bien que l'opinion publique se mêle de ses affaires - ou, si elle tient absolument à s'émouvoir, qu'elle le fasse pour un truc qui en vaut la peine, genre la marée noire dans le golfe du Mexique.

jeudi 29 avril 2010

"Notes 4: Songe est mensonge"

Malgré le buzz qui entoure son blog depuis pas mal de temps déjà, j'ai attendu de rencontrer Boulet à une soirée organisée par Editeur Préféré pour m'intéresser enfin à son travail. La lecture du tome 3 de ses Notes, "La viande, c'est la force", m'a conquise quasi instantanément. Je n'y peux rien: l'humour de geek est une des rares choses au monde capable de me faire hurler de rire.

Malgré tout, j'avoue que je n'ai pas accroché au fil directeur de ce tome 4. Comme Boulet le dit lui-même, les rêves des autres, c'est toujours chiant - et les bédés sur les rêves des autres, pareil. J'ai tout de même été frappée par la justesse de cette constatation qu'il fait au début et sur laquelle il revient plusieurs fois par la suite: l'imagination n'est pas, ainsi qu'on le raconte trop souvent, l'apanage des enfants mais bien celui des adultes.

Pour le reste, c'est toujours aussi bien dessiné et toujours aussi drôle. Je suis parfois effrayée de me reconnaître à ce point dans le comportement, les goûts et et les travers d'un type mal rasé, de surcroît plus jeune que moi et indécrottablement célibataire. Mention spéciale à l'Interview des pages 42 à 44, à la Fiscal Fantasy des pages 122-123 qui tombe à point nommée en cette période de déclaration de revenus, et à la Fin du Monde des pages 150-151, définitivement mes trois histoires préférées.

mercredi 28 avril 2010

"Cadavre Exquis"

Après l'hilarant recueil des meilleures notes de son blog, après les deux tomes de "Joséphine" qui m'avaient moins convaincue, Pénélope Bagieu se lance pour la première fois dans l'exercice du "récit au long cours" plutôt que des gags en une page.

L'héroïne de "Cadavre exquis" s'appelle Zoé. Elle a 22 ans, un job pourri d'hôtesse d'accueil, un copain chômeur qui pète au lit, un appartement de douze mètres carrés et aucune ambition dans la vie. Un jour, son chemin croise celui de Thomas Rocher, ex-écrivain à succès en mal d'inspiration qui vit terré dans son somptueux appartement...

Je ne peux ni vous dévoiler la fin, ni même vous révéler le pitch de cette bédé - ce serait gâcher son principal intérêt, qui est de surprendre le lecteur tout en restant dans la logique d'une histoire dont la mise en place dure presque cent pages. Je l'avoue: avant de comprendre où Pénélope Bagieu m'emmenait, j'ai failli m'ennuyer. Puis j'ai juste eu envie d'applaudir. Malgré quelques longueurs, "Cadavre exquis" est une jolie réussite qui prouve que son auteure est bel et bien capable d'écrire de la fiction pure, et pas seulement de faire rire en se moquant d'elle-même.

mardi 27 avril 2010

Mise à jour de mon blog de voyage

Le début du récit de notre voyage à Tokyo est en ligne ici. J'essaierai de poster chaque jour pendant les deux semaines à suivre, mais je vais avoir beaucoup de boulot et je ne vous promets rien. Je vais aussi tâcher d'alimenter le blog de Régis avec les nombreuses photos de lui que nous avons prises au Japon.

lundi 26 avril 2010

Japanese food

Back from Tokyo

Après un voyage sans encombres (le contraste entre le bordel de Roissy et la paisible efficacité de Narita est assez hallucinant...), mais qui a quand même duré plus de vingt heures porte-à-porte, nous voici rentrés à Bruxelles. Nous nous sommes écroulés dans notre lit vers 22h30 hier soir, et nous étions debout à 6h30 ce matin. Comme quoi, j'aurais une vie beaucoup mieux réglée si je revenais d'Asie plus souvent. Aujourd'hui, nous avons un million de choses à faire avant de reprendre le boulot: aller chercher les chats chez Tata Sophie, remplir le frigo, vider les valises et faite une lessive, traiter le courrier-papier en attente, rapatrier les photo sur nos ordis respectifs et commencer à les trier, faire nos comptes (aïe)...

Chouchou avait le blues hier me semble-t-il, mais pas moi. Je suis toujours contente de partir en voyage, et presque plus contente encore de rentrer. Retrouver mon chez-moi, pouvoir de nouveau larver le matin, manger autre chose que de la nourriture de resto ou de traiteur... Dans l'avion, j'ai failli pleurer de joie à la vue d'une carotte bouillie et d'une feuille de salade anémiée - et Dieubouddhallah sait que je n'éprouve pas un amour immodéré pour les légumes à la base. Hier soir et ce matin, je me suis blottie contre Chouchou en savourant l'absence de trou dans le matelas entre nous deux. Je me réjouis d'avance de laver, tout à l'heure, mon linge en machine plutôt qu'à la main dans un lavabo. Et de porter de nouveau d'autres chaussures que des Converse fatiguées.

C'était vraiment de chouettes vacances. Libérés des obligations touristiques de base par notre précédent séjour à Tokyo, nous avons pu oublier les "must-see" et ne faire que ce dont nous avions réellement envie. L'expo Roppongi Crossing 2010 au Musée Mori; la deuxième visite au Musée Ghibli et le déjeuner avec Hélie; la virée en trolley le long de la côte, entre Fujisawa et Kamakura; le pèlerinage au Mont Fuji; le dîner au Pays des Merveilles resteront autant de grands moments. L'effervescence provoquée au ryokan par l'annulation des vols vers l'Europe a délié les langues et facilité les conversations; nous avons rencontré beaucoup de gens intéressants et discuté longuement avec eux dans la salle commune - et ça aussi, c'était vraiment bien.

Dessiner, en revanche, n'a pas été facile. Au Japon, il n'existe pas de cafés à la terrasse desquels on peut traîner pendant des heures; dans les restaurants, le personnel s'attend à ce qu'on déguerpisse sitôt la dernière bouchée avalée, et s'asseoir par terre dans la rue est hors de question. Je n'avais peut-être pas choisi le format de carnet le plus approprié à la situation, non plus: mon Moleskine trop encombrant était difficile à sortir impromptu dans le métro, par exemple. Alors que j'aurais eu envie de croquer des dizaines de Japonaises au look intéressant. Mon travel log est donc, une fois de plus, essentiellement composé de texte et de collages avec quelques dessins par-ci par-là... et je dois encore le finaliser dans les jours à venir. Quant à Chouchou, il a récolté quelques idées de bédés sympas qu'il vous fera partager dans les semaines à venir. Stay tuned!

dimanche 25 avril 2010

"The Big Bang theory" saison 1

Si vous aimez l'humour de geek, vous ne POUVEZ PAS passer à côté de cette série.

Leonard et Sheldon ont un QI combiné d'environ 350. Physiciens surdoués mais quelque peu handicapés des relations sociales, ils partagent un appartement à Pasadena, en Californie. Leur vie se trouve bouleversée le jour où Penny, une serveuse blonde à gros seins qui espère devenir actrice, s'installe en face de chez eux. Le choc des cultures sera rude et hilarant.

Je l'avoue, j'ai quelques problèmes avec les sitcoms, leur format trop court pour qu'un épisode fasse une pause-dîner acceptable et surtout leurs insupportables rires enregistrés. Ici, de plus, il est très difficile de s'identifier et donc de s'attacher aux héros. Mais "The Big Bang Theory" permettra à tout amateur de Star Trek ou du Seigneur des Anneaux de tester la tonicité de son muscle pubo-coccygien - celui qui lui évitera de se faire pipi dessus en regardant la série... ou pas.

samedi 24 avril 2010

Où Chouchou ne comprend pas bien le concept d'anniversaire

Pour ses 40 ans aujourd'hui, c'est Chouchou qui m'a fait un cadeau mémorable: une peur bleue.

Après avoir vainement cherché, du côté de Shibuya, un izakaya indiqué par le Cartoville pour y fêter dignement l'occasion, nous avons décidé de rentrer à Ikebukuro et de nous rabattre sur un bar à sushis (une valeur sûre ici, surtout pour les amateurs de thon rouge qui frétille encore). Je suis montée dans le métro, et les portes se sont refermées derrière moi. Sur Chouchou, qui a basculé en arrière. Alors qu'il y avait un grand espace entre le quai et la rame. Tandis qu'il s'écroulait, l'espace d'une fraction de seconde, je l'ai vu passer sous le train qui démarrait, projetant son sang, sa cervelle et ses tripes à dix mètres à la ronde et ne me laissant qu'une bouillie rougeâtre à rapatrier en Belgique. Sans vouloir plagier Audiard, de battre mon coeur s'est arrêté.

Puis Chouchou s'est relevé très vite et a sauté dans la rame dont les portes se sont une deuxième fois refermées sur lui, mais cette fois il est resté debout et a pu monter dans le train quand elles se sont rouvertes. Dix secondes plus tard, je me suis mise à pleurer à chaudes larmes, la tête baissée pour ne pas heurter le stoïcisme nippon des autres voyageurs. Chouchou s'en tire avec deux énormes bleus sur un tibia, mais je parie que je vais en faire des cauchemars pendant quelques semaines.

Ce qui a changé depuis la dernière fois (suite)

- Les Japonais se mettent à manifester pour l'écologie. En une semaine, nous avons croisé quatre manifs différentes visant (un peu ambitieusement peut-être) à sauver la planète ou (plus modestement) à interdire la chasse à la baleine. Bien entendu, tout ceci se fait dans l'ordre et le calme, sous la supervision de deux paires de policiers en uniforme. Mais quand même.

- Les Lolita Goth ont disparu! Dimanche dernier, il n'en restait que deux spécimens tout de rose vêtus sur le pont du Meiji-Jingu qui était autrefois leur lieu de rasseblement. Dans les boutiques de Takeshite-Dori, le noir, la dentelle et les froufrous ont cédé la place aux teintes pastel, aux fleurettes et aux canotiers. C'est tout juste si Atelier Pierrot et Alice et les Pirates survivent encore au sous-sol de Laforêt, l'équivalent du 109 dans Omotesando. Très triste je suis.

- Disparu également, le Coca light. Désormais, on ne trouve plus que du Coca gras (bourré de sucre, donc) ou du Coca Zéro (sans sucre, mais aussi sans goût). Pourquoi, mais pourquoiiiiii?

Par contre, ça n'a pas changé en 5 ans (et ça mérite d'être noté): le tarif des chambres du Kimi-Ryokan, du Japan Rail Pass, des tickets de métro et des timbres tarif monde. A croire qu'il n'y a pas d'inflation au Japon.

vendredi 23 avril 2010

Un dîner au Pays des Merveilles


Parmi les incontournables dans notre liste de choses à faire au Japon durant ce séjour, il y avait la visite d'un café ou d'un restaurant à thème, avec décor extravagant et serveuses déguisées. L'étude approfondie d'un livre très bien documenté sur ce thème nous avait permis de sélectionner deux établissements tentants à tous points de vue: le Vampire Café et le Alice in Wonderland Fantasy Dining, tous deux situés dans le quartier chic de Ginza. Craignant qu'il y ait un dress code informel dans le premier, nous avons demandé au réceptionniste de notre ryokan de réserver pour nous dans le second.

La première chose dont nous avons été informés, c'est qu'en tant que gaijins, nous devrions payer un supplément de 600 yens plus 10% du montant de nos consommations. D'indignation, j'ai failli renoncer à y aller. Vous imaginez, si un établissement français annonçait quelque chose comme "chez nous, les niaquoués (car "gaijins" est souvent employé dans un sens péjoratif...) raquent plus cher"? Il aurait toutes les associations de consommateurs plus SOS Racisme sur le dos, et à juste titre! L'immense courtoisie dont les Japonais font preuve vis-à-vis des touristes fait parfois oublier leur profonde xénophobie; ce genre d'incident la rappelle de manière fort désagréable et laisse un goût un peu amer.

Néanmoins, Chouchou était super motivé, et comme on ne refuse rien à un homme qui a 40 ans dans deux jours et qu'on aime tendrement, j'ai décidé de m'asseoir sur mon indignation pour l'accompagner quand même. C'est sous une pluie battante et avec des indications fort vagues que nous nous sommes mis en quête, hier après-midi, du Taiyo Building. Une série de suppositions éclairées couplées à un peu de chance nous ont permis de le localiser malgré nos craintes. Nous avons fait l'ouverture: le service de 19h, nous avait-on dit au téléphone, était complet; nous avons donc dû nous résoudre à dîner à... 17h.

Au 5ème étage du Tayio Building, les portes de l'ascenseur se sont ouvertes directement dans le hall du Alice in Wonderland Fantasy Dining. Chaises au dossier sculpté de roses, murs ornés de reproductions des pages de l'oeuvre de Lewis Carroll et... atmosphère claustrophobante, on est immédiatement dans le bain. Car si la décoration de ce restaurant est soignée dans les moindres détails, avec une inventivité qui m'a arraché des "Oh" et des "Ah" ravis jusque dans les toilettes, le plafond hyper bas et peint en noir, les murs très rapprochés ou couverts de miroirs et l'éclairage tamisé rougeâtre m'ont immédiatement fait penser à une boîte échangiste ou à un bordel - impression qui ne m'a pas lâchée pendant tout le repas et qui contrastait très fort avec mes attentes plus, disons, disneyesques.



Cette pénombre nous a empêchés de prendre autant de photos (ou du moins, autant de photos réussies) que nous l'aurions voulu. Admirez tout de même l'uniforme croquignolet des serveuses:



(Et, non, la clientèle n'était pas constituée que de vieux pervers, mais essentiellement de jeunes Japonaises qui auraient pu être les soeurs ou les copines de ces jeunes filles.)

Passons à la nourriture. Plusieurs cartes (menu principal, menu saisonnier, cocktails, vin) étaient logées dans la ravissante boîte que voici:



En arrière-plan, la clochette avec laquelle nous étions censés appeler notre serveuse quand nous aurions fait notre choix ou si nous désirions quoi que ce soit. Je me suis demandé comment les filles faisaient pour entendre et surtout localiser la provenance des carillons aux heures de grande affluence...

En guise d'amuse-bouche, on nous a apporté deux tranches de pain brun caoutchouteux et, dans une ravissante tasse de porcelaine anglaise, une sorte de Maredsous (= Vache qui Rit belge) avec un petit billet marqué "Eat me". Je vous rassure, nous n'avons pas rétréci pour autant.



Pour débuter notre repas, nous avons commandé la farandole d'entrées: "Une seule, à partager", ai-je dit à la serveuse. Qui est revenue quelques minutes plus tard avec deux assiettes composées à l'identique: une rose de Serrano au milieu, une carte à jouer en craquelin (pique pour Chouchou, carreau pour moi) quelques feuilles de salade et trois olives, une petite tartine à l'avocat et à la tomate, un morceau de fromage bleu, une tranchette de saumon au pesto et un peu de carpaccio. J'ai pensé qu'elle m'avait mal comprise, mais en regardant l'addition à la fin, je me suis aperçue que l'entrée nous avait bien été comptée une seule fois. Je m'attendais à une seule grande assiette avec deux fourchettes, et je suis épatée qu'on ait pris la peine de nous en préparer deux petites.



Nos plats du milieu nous ont été apportés alors que nous n'avions pas encore fini notre entrée, une grosse faute de service selon moi: je déteste sentir qu'on me presse de manger et de déguerpir. Le boeuf haché aux aubergines gratinées de Chouchou et mon risotto à la tomate et aux cèpes étaient présentés de la même façon, dans une croûte de pâte feuilletée et déguisés en chat. C'était franchement délicieux, mais quelle portion minuscule! Heureusement que vu l'heure, nous n'avions pas très faim.



Du coup, il nous restait bien assez de place pour un dessert. Admirez ce trio de gâteaux roulés: une chenille parfumée au thé vert, un chat à la mangue et un chapelier au marshmallow (ou à la barbapapa, Chouchou et moi n'avons pas réussi à tomber d'accord), servis avec un coeur en sucre filé rouge et un duo de coulis fraise/kiwi. Et fait exceptionnel au Japon, ils étaient aussi bons que beaux.



Montant total de l'addition pour deux personnes (avec deux cocktails en plus des plats suscités): 7832 yens, soit environ 60 euros, dont un quart de "surtaxe gaijin". Pas si cher en soi si on considère qu'on paye le décor et l'ambiance autant que la nourriture. Mais rageant quand même sur le principe. Pour autant, si vous allez au Japon, tester un restaurant à thème me paraît une expérience fun à tenter. Malgré toutes mes réserves, j'ai passé un bon moment et je ne regrette pas du tout d'avoir suivi Chouchou au Pays des Merveilles.

Alice in Wonderland Fantasy Dining
Taiyo Building, 5ème étage
8-8-5 Ginza, Chuo-ku
TOKYO
A la sortie de la station de métro Ginza, longer Chuo-dori en marchant sur le trottoir de droite en direction de Shimbashi. Le Taiyo Building se trouve quelques centaines de mètres plus loin, un peu avant le carrefour dont l'immeuble Ginza Nine fait l'angle.
Réservation recommandée (surtout pour les gaijins!)
Tel: 03-3574-6980

jeudi 22 avril 2010

La tête dans les nuages

Si Chouchou n'avait pas insisté, jamais je ne serais allée voir le Mont Fuji. Près de trois heures de train avec deux correspondances et autant pour le retour le soir, merci bien. Sans compter que la montagne, ça ne me gagne pas franchement. L'intérêt de contempler de plus près un cône volcanique dont je connais déjà la silhouette par coeur pour l'avoir vue sur un million de cartes postales et autres représentations m'échappait passablement. Mais Chouchou en rêvait, et on ne refuse rien à un homme qui aura 40 ans dans trois jours, surtout quand on l'aime tendrement.

Nous avons donc pris le Limited Express de la Chuo Line depuis Shinjuku jusqu'à Otsuki. De là, un tortillard rigolo nous a poussivement emmenés vers les hauteurs, en traversant de la vraie campagne japonaise reculée - et j'avoue que c'était bien beau et très dépaysant. A notre arrivée à Kawaguchi, nous sommes descendus à pied vers l'un des cinq lacs qui entourent le pied du Mont Fuji. Sa berge est bordée de commerces qui font boutique de souvenirs au rez-de-chaussée et restaurant au premier étage. Après un déjeuner rapide et sans chichis, nous avons pris le funiculaire (appelé "ropeway") qui nous a hissés jusqu'à un très joli point d'observation. Chouchou a enfin pu découvrir le Mont Fuji... qui, en grand timide, cachait sa tête dans de gros nuages. Impossible de faire une photo de carte postale. Mais cela ne nous a pas découragés; nous avons sorti nos carnets pour tenter de dessiner le géant drapé dans la brume. Avant de redescendre, et comme indiqué sur le dépliant, nous avons sonné la jolie cloche de Tenjo en regardant le Mont Fuji et en faisant un voeu: "SVP, laissez-nous rentrer dimanche!".

Nous avons enchaîné avec une croisière sur le "pleasure boat" qui fait le tour du lac. Il n'y avait qu'un seul autre couple avec nous, des Japonais d'âge mûr qui ont préféré rester à l'intérieur. C'est donc sur le pont désert que je me suis frileusement blottie contre la poitrine virile de Chouchou pour regarder le Mont Fuji passer lentement derrière les cerisiers en fleurs. Et j'ai bien dû admettre que c'était un Moment, un de ces instants parfaits qui resteront gravés dans la mémoire et auquel on se raccrochera pour traverser des temps plus sombres. Un point pour Chouchou.

Après ça, j'ai entraîné Chouchou au Cheesecake Factory local manger un gâteau qui n'avait de cheesecake que le nom, mais qui était quand même bien bon - ouf! Puis nous avons acheté chacun un mini-Mont Fuji en peluche bleu et blanc avant de prendre le chemin du retour, un peu soûlés par l'altitude mais profondément heureux.

mercredi 21 avril 2010

Les gens sont drôlement soigneux par ici


Le Kimi-Ryokan où nous logeons possède une salle commune équipée d'une télé, d'un frigo, d'un micro-ondes et de deux distributeurs de boissons. Beaucoup de clients, dont Chouchou et moi, achètent de la nourriture à l'extérieur pour petit-déjeuner et dîner ici, histoire d'économiser un peu sur les restos.

La vaisselle n'étant pas fournie, j'ai pris l'habitude à chacun de mes séjours d'emporter un mug pabô que j'abandonne sur place à la fin, histoire de faire de la place dans la valise. Et cette fois, j'ai eu la surprise de retrouver celui que j'avais laissé ici en septembre 2007 - un mug acheté dans l'Arizona pour $1 ou 2 lors d'un road trip avec les VIP, et dont je m'étais lassée.

Le premier matin, je l'ai aperçu sur la table et je n'ai pas réagi. Le deuxième matin, je l'ai trouvé vaguement familier. Le troisième matin, ça a fait tilt dans mon crâne de piaf. "Ah, mais c'est le mien!". Dimanche (ou un autre jour, à la convenance du nuage de cendres), c'est un hideux mug du Musée de Chypre rapporté de vacances par la mère de Chouchou qui ira le rejoindre dans les placards du ryokan au titre de ma contribution à la Circulation Internationale de la Vaisselle pour l'an 2010.

mardi 20 avril 2010

Le voeu de Régis

Il existe deux sortes de temples au Japon: les Bouddhistes, dont la visite est généralement payante, et les Shintoïstes auxquels on peut accéder gratuitement. Ces derniers sont dédiés au culte des kamis, les esprits japonais. On les reconnaît à leurs toris, de grands portails rouges ornés de kanjis noirs. Pour 500 yens, vous pouvez acheter une plaquette de bois ornée, d'un côté, d'une représentation du ou d'un des kamis tutélaires du temple - souvent un animal. L'autre côté est vierge; vous pouvez y inscrire un voeu avec le marqueur en libre service que personne ne vole jamais, parce que c'est le Japon. Puis, pour que votre voeu soit exaucé, vous devez accrocher la plaquette sur un des présentoirs mis à votre disposition.



La plupart des visiteurs réclament la santé et le bonheur pour leurs proches; d'autres, plus ambitieux, souhaitent la paix dans le monde. On trouve parfois des messages très émouvants, comme hier après-midi sur l'île d'Enoshima: "6 milliards d'humains sur Terre et tu es celui que je préfère. Ton papa qui t'aime" ou encore au temple de Kannon à Hase: "Je suis passée par ici, c'était beau, je me sentais bien et j'ai pensé à toi. Où que tu sois, j'espère que tu as trouvé la sérénité". Certain(e)s se montrent plus pragmatiques:


Quant à Régis, il tente de combiner les deux approches:


It's a small world after all

Au fil des séjours, j'ai fait des tas de rencontres intéressantes autour de la table dans la salle commune du Kimi Ryokan - notamment un photographe animalier connu, spécialisé dans les chats. Mais je crois que cette année, j'ai battu un record de coïncidences.

Un premier couple s'attarde souvent le matin après le petit-déjeuner et le soir après le dîner pour surfer sur un Vaio. A priori, ils sont assez mal assortis: lui, Afro-Américain d'une bonne cinquantaine d'années, très calme et très posé; elle, Zébulon autrichien à la longue chevelure blonde et au drôle de nez épaté, sans doute guère plus de 30 ans. En les écoutant discuter en anglais, nous avons découvert qu'il pratiquait le iaido et qu'elle était... prof d'aïkido. Je lui ai demandé si elle était venue à Tokyo pour étudier à l'aïkikaï, et de là, nous nous sommes mis à parler de Tamura-senseï, le prof de l'Homme qu'elle connaît bien puisqu'il donne de nombreux stages en Autriche et dans le reste de l'Europe. Elle participe d'ailleurs chaque été à celui de la Colle sur Loup qui me laissait célibataire tous les ans dix jours au mois d'août. Si ça se trouve, je l'ai déjà croisée dans un stage ou l'autre il y a des années.

Un second couple, de Français cette fois, a raté son avion de retour dimanche et prend son mal en patience en attendant de pouvoir être rapatrié. Lui utilise son iPhone pour travailler à distance. Elle réalise un carnet de voyage. En apprenant que j'en fais un aussi, elle a demandé à le voir, et nous nous sommes mises à discuter d'illustration. Elle m'a parlé de Kitty Crowther, sa prof que je ne connaissais pas et dont le travail semble intéressant - sans compter qu'elle enseigne à Bruxelles. Je lui ai parlé d'Antonia Neyrins, et elle s'est exclamée: "Ah oui, je la connais bien Antonia!" mais sans me préciser comment. Plus tard, quand je lui ai demandé si elle avait de la colle adaptée pour le métal (j'avais acheté une pièce souvenir à l'effigie du trolley qui relie Fujisawa et Kamakura, et je voulais l'inclure dans mon journal), elle m'a répondu: "Ah non, je ne fais pas ça, moi. Je ne travaille pas du tout comme Antonia." Mission de ce soir: tenter d'en apprendre davantage pour satisfaire ma curiosité...

lundi 19 avril 2010

Ca par contre, le Japon peut se le garder

- Ses desserts infâmes. Adaptés de recettes occidentales dont les Japonais conservent l'apparence mais suppriment presque tout le sucre et le beurre. Il a l'air bon, ce "strawberry shortcake parfait", hein? Ben, il ne l'est pas. Et en plus, il y a des corn flakes et de la Jell-O rouge planqués dedans.

- Ses lieux publics toujours fumeurs, sans même parfois qu'un espace soit réservé aux non-adeptes de la clope désireux de manger un tonkatsu ou de boire un Coca dans une atmosphère respirable.

- Ses futons. Rien à faire, ces machins-là me cassent le dos.

- Le refus total de ses habitants de parler anglais. Alors que bon, ils en font tous minimum 6 ans à l'école, ce qui devrait suffire pour répondre à une demande de renseignements basique.

dimanche 18 avril 2010

Maudit nuage

Après le coup de stress dû à la grève de la SNCF à l'aller, il semblerait que notre retour en Europe soit hypothéqué par le fameux nuage de cendres responsable de la fermeture de nombreux aéroports. La salle commune de notre ryokan est pleine de gens dont les vols ont été annulés et qui ne pourront pas rentrer chez eux avant une bonne semaine, si les avions dans lesquels on les a recasés peuvent décoller d'ici là. Autant dire que même si notre départ n'est pas prévu avant dimanche prochain, je flippe comme une malade. Je suis en train de lister les frais que ça entraînera: en hôtel (d'autant que nous entrerons alors en période de congés annuels pour les Japonais, et que trouver un hébergement bon marché sera sans doute impossible), en transport (notre rail pass aura expiré), en repas à emporter mais surtout en manque à gagner puisque je ne pourrai pas bosser tant que je ne serai pas rentrée en France. L'eee-PC, c'est bien pour bloguer, pas pour traduire. Apparemment, les compagnies aériennes ne prennent en charge que la première nuit d'hôtel dans le meilleur des cas, et quelque chose me dit que les catastrophes naturelles doivent figurer dans les clauses d'exclusion de l'assurance de ma Visa Premier avec laquelle j'ai payé nos deux billets d'avion. Donc, j'ai déjà mailé mes parents (actuellement en visite chez Soeur Cadette à Dallas, et qui auront peut-être eux-mêmes du mal à se rapatrier à Toulouse) pour solliciter une petite injection de cash. Et je ne vois pas ce que je peux faire de plus à part gober des Xanax pour tenter de profiter de la deuxième moitié de mes vacances en croisant les doigts pour que les aéroports rouvrent d'ici dimanche.

Ce que j'importerais volontiers du Japon

- La discipline et la politesse des gens dans le métro. Dans la plus grande gare du monde en pleine heure de pointe, une marée humaine proprement effrayante et pas un seul heurt. La circulation est dense et rapide mais fluide, et on ne constate aucune bousculade y compris pour monter dans un train déjà bondé. Les voyageurs s'entassent calmement, sans jamais râler ni agresser leur voisin. J'aime.

- Le métro lui-même, qui circule entièrement en surface à Tokyo (pour des raisons de sécurité dans cette région sismique, j'imagine). Un trajet d'une demi-heure ou plus est tout de suite moins déprimant quand on bénéficie de la lumière du jour et qu'on peut regarder le paysage défiler par la fenêtre.

- Les sachets à parapluie distribués gratuitement à l'entrée de tous les lieux publics, histoire que les gens ne foutent pas d'eau partout. Il y a même des emballeuses automatiques, oui oui. J'espère juste que le plastique usagé (récupéré dans des containers à la sortie) est recyclé; sinon, quel gâchis!

- Les toilettes de la mort, surtout celles avec siège chauffant. Rhâââ, quoi. Et puis tous ces petits boutons qui permettent de s'envoyer des jets d'eau réglables vers le fondement, c'est assez grandiose quand on y pense. Je ne pousserai cependant pas la fascination jusqu'à visiter le musée que Tokyo a consacré aux toilettes à travers les âges.

- Le laisser de chaussures à la porte obligatoire dans les lieux d'habitation (même si je le pratique déjà chez moi). C'est tellement plus propre!

- Le traîner en yukata après la douche ou le soir. En plus de son confort étonnant, ce peignoir en coton léger sèche remarquablement bien la peau mouillée.

- Les magasins ouverts le dimanche, et fermant à tour de rôle un seul jour dans la semaine.

- Les vrais bars à sushis où le poisson ne coûte presque rien, et où le thé vert est gratuit; les échoppes de gyozas où les raviolis sont à se rouler par terre (exception faite de notre expérience malheureuse de l'autre soir).

- Les bentos: plateaux-repas souvent très joliment préparés, pratiques à manger dans le train ou dans la salle commune d'un ryokan, et commençant aux alentours de 400 yens (3€ environ). Celui de la photo ci-contre est au saumon; il a coûté 1200 yens, soit un peu moins de 10€. Pour dîner sur le pouce, c'est quand même vachement plus sympa qu'un McDo, non?

- L'audace vestimentaire des Japonaises qui ignorent pratiquement le port du jean et se débrouillent pour porter des micro-shorts, des jupes ou des robes avec de jolies chaussures même quand il fait mauvais dehors. Le flegme des mâles de l'espèce qui ne leur jettent ni regards lubriques ni remarques déplacées.

- Les Japonaises tout court. Parce qu'elles sont trop mignonnes.

samedi 17 avril 2010

Comment rattraper une matinée gâchée à Tokyo


1. Aux grands maux les grands remèdes: aller déjeuner au Hard Rock Café. Celui de Roppongi qu'on n'a pas encore fait lors des deux voyages précédents. Recevoir les compliments de la serveuse qui trouve "Légissu" (= Régis) super-kawaï. Commander une Cobb salad avec une sauce blue cheese (pour elle) et un BBQ bacon cheeseburger (pour lui), plus une part de vrai cheesecake à la croûte en Graham crackers et un coulis de fraise qui tue (avec deux cuillères pour éviter l'implosion). Manger en secouant la tête en rythme tandis que Deep Purple, Melissa Etheridge, Lenny Kravitz et Eric Clapton font de la vraie musique sur les écrans et dans les haut-parleurs.

2. Aller visiter le Musée Mori qui, cette fois, expose bien de jeunes artistes japonais et pas une rétrospective de l'oeuvre de Le Corbusier comme en septembre 2007 lors de notre voyage précédent. Trouver tout formidable, et particulièrement les arbres découpés dans des sacs de shopping. Féliciter une Japonaise pour son bô chapô et entamer avec elle une conversation un poil surréaliste, moitié en mauvais anglais (le sien), moitié en très mauvais japonais (le mien). Un peu plus loin, tomber sur Hélie, son père et sa soeur. Quelle était la probabilité, sérieusement? Convenir de déjeuner ensemble le lendemain au musée Ghibli puisque c'est aussi le jour pour lequel ils ont réservé. Acheter une peluche rose délirante signée Takashi Murakami. Se retenir d'emporter aussi la mignonne Tour de Tokyo en Lego. Et le robot qui trébuche. Et, et, et...

3. Après un passage au ryokan pour déposer les sacs de shopping, partir vers Ikebukuro Est. Il y a juste la station de métro voisine à traverser, ça ne fait pas plus de deux kilomètres, ah ah. Fouiller tous les étages d'Animate et conclure qu'on n'est plus du tout à la page en matière de mangas. Laisser tomber et se rabattre sur Namjatown, parc d'attractions surréaliste composé de quatre zones respectivement dédiées aux desserts, aux glaces (jusqu'ici ça se tient), aux gyozas (admettons) et... aux massages. Avec au milieu, un tunnel complètement creepy ambiance Halloween plein de jeux mécaniques tous plus lugubres les uns que les autres. Des endroits comme ça, franchement, je n'en ai vu qu'au Japon. Chouchou s'offre une partie de Time Crisis (un bon shoot'em up de base) et moi un massage des pieds (que j'ai en compote). Puis nous partons nous goinfrer de gyozas pour le dîner mais choisissons mal notre échoppe parmi la douzaine qui s'offrent à nous et ingurgitons de loin les plus mauvais raviolis japonais de toute mon existence, expériences françaises comprises. Pas grave, ça en valait la peine rien que pour l'ambiance si spéciale du lieu.

vendredi 16 avril 2010

Comment perdre une matinée à Tokyo

1. Hyper excités par la perspective d'aller au Musée Ghiblirhirhirhi, se coucher tard la veille et n'émerger qu'à 8h45 le matin.
2. Prendre à Shinjuku un train de la Chuô line qui va gagner Mitaka en s'arrêtant dix minutes dans chaque gare, le tout à travers un paysage bien déprimant et trempé par la pluie.
3. Arrivés à Mitaka, courir pour attraper la navette conduite par le premier Japonais mal aimable rencontré depuis le début du séjour.
4. Présenter ses billets au jeune boutonneux posté à l'entrée du musée et l'entendre répondre sur un ton sans appel: "Ziss iz for toumorro".
5. Ouvrir de grands yeux. Vérifier la date sur le billet. "April the 16th". Demander à Chouchou: "On n'est pas jeudi? Je croyais qu'on était jeudi."
6. Recompter les jours passés. Si, on est bien jeudi. Mais vu qu'on a souhaité hier l'anniversaire de Soeur Cadette, née le 14, on n'est probablement pas le 16.
7. Se demander d'où vient l'erreur. On avait pourtant dit à Chouchou de réserver pour le premier jeudi des vacances. Ou bien il s'est trompé, ou bien c'est l'agence. Qui, entre parenthèses, aurait pu ajouter "Friday" à côté de la date, pour les gens qui ne savent jamais le combien ils sont.
8. Dépités, reprendre dans l'autre sens la navette au conducteur mal aimable et se retrouver à Shinjuku vers midi avec une moitié de journée de gâchée.

jeudi 15 avril 2010

Ce qui a changé depuis la dernière fois

- La sortie C6 Ouest de la station d'Ikebukuro est désormais dotée d'un escalator et d'un auvent. Bien pratique quand on est super chargé et/ou qu'il pleut à verse, comme le jour de notre arrivée. Par ailleurs, les couloirs menant de ladite sortie au hub central de la gare ont été transformés en pseudo quartier chic de Paris circa 1900 avec du fer forgé partout, des noms français qui une fois sur deux ne veulent rien dire et une profusion de boulangeries qui vendent des gâteaux roses ou verts.

- Il y a des SDF dans le métro. Ils ne jouent pas d'accordéon et ne font même pas la manche: en bons Japonais, ils se contentent de dormir par terre sans déranger personne. Mais ça fait un choc de constater qu'ici aussi, la pauvreté augmente. Ou se déplace-t-elle seulement au chaud et à l'abri pendant les averses glacées? Jusqu'ici, je n'avais connu Tokyo que sous le soleil.

- On commence à trouver dans Tokyo des stands qui vendent des jus de fruits ou de légumes frais. Bon d'accord, on est encore loiiiiiin de l'originalité et de la variété de Guapa, mais étant donnée la difficulté, pour le touriste moyen, d'obtenir sa dose quotidienne de vitamines durant un séjour au Japon (pays où les fruits et légumes sont si chers qu'on les vend à l'unité!), c'est toujours mieux que rien.

- Maintenant que le Kimi Ryokan a installé le wifi, mais qu'on ne le capte qu'au rez-de-chaussée, la salle commune est prise d'assaut par les clients équipés de portables. Les prises électriques sont chères. Pendant que je tape ceci, une Espagnole achève la conversation de plus d'une demi-heure qu'elle vient d'avoir sur Skype. En face de moi, deux Italiens (une mère et son fils, ou une cougar et son boytoy) apprennent le japonais sur internet en se partageant une paire d'écouteurs.

- Nestlé doit être en délicatesse avec la chaîne Family Mart, parce qu'on ne trouve plus de Kit-Kat aux parfums délirants dans ces supérettes ouvertes 24h/24. Moi qui viens de passer deux ans et demi à fantasmer sur ceux au chocolat blanc et aux graines de vanille, snif!