mardi 20 avril 2010

Le voeu de Régis

Il existe deux sortes de temples au Japon: les Bouddhistes, dont la visite est généralement payante, et les Shintoïstes auxquels on peut accéder gratuitement. Ces derniers sont dédiés au culte des kamis, les esprits japonais. On les reconnaît à leurs toris, de grands portails rouges ornés de kanjis noirs. Pour 500 yens, vous pouvez acheter une plaquette de bois ornée, d'un côté, d'une représentation du ou d'un des kamis tutélaires du temple - souvent un animal. L'autre côté est vierge; vous pouvez y inscrire un voeu avec le marqueur en libre service que personne ne vole jamais, parce que c'est le Japon. Puis, pour que votre voeu soit exaucé, vous devez accrocher la plaquette sur un des présentoirs mis à votre disposition.



La plupart des visiteurs réclament la santé et le bonheur pour leurs proches; d'autres, plus ambitieux, souhaitent la paix dans le monde. On trouve parfois des messages très émouvants, comme hier après-midi sur l'île d'Enoshima: "6 milliards d'humains sur Terre et tu es celui que je préfère. Ton papa qui t'aime" ou encore au temple de Kannon à Hase: "Je suis passée par ici, c'était beau, je me sentais bien et j'ai pensé à toi. Où que tu sois, j'espère que tu as trouvé la sérénité". Certain(e)s se montrent plus pragmatiques:


Quant à Régis, il tente de combiner les deux approches:


It's a small world after all

Au fil des séjours, j'ai fait des tas de rencontres intéressantes autour de la table dans la salle commune du Kimi Ryokan - notamment un photographe animalier connu, spécialisé dans les chats. Mais je crois que cette année, j'ai battu un record de coïncidences.

Un premier couple s'attarde souvent le matin après le petit-déjeuner et le soir après le dîner pour surfer sur un Vaio. A priori, ils sont assez mal assortis: lui, Afro-Américain d'une bonne cinquantaine d'années, très calme et très posé; elle, Zébulon autrichien à la longue chevelure blonde et au drôle de nez épaté, sans doute guère plus de 30 ans. En les écoutant discuter en anglais, nous avons découvert qu'il pratiquait le iaido et qu'elle était... prof d'aïkido. Je lui ai demandé si elle était venue à Tokyo pour étudier à l'aïkikaï, et de là, nous nous sommes mis à parler de Tamura-senseï, le prof de l'Homme qu'elle connaît bien puisqu'il donne de nombreux stages en Autriche et dans le reste de l'Europe. Elle participe d'ailleurs chaque été à celui de la Colle sur Loup qui me laissait célibataire tous les ans dix jours au mois d'août. Si ça se trouve, je l'ai déjà croisée dans un stage ou l'autre il y a des années.

Un second couple, de Français cette fois, a raté son avion de retour dimanche et prend son mal en patience en attendant de pouvoir être rapatrié. Lui utilise son iPhone pour travailler à distance. Elle réalise un carnet de voyage. En apprenant que j'en fais un aussi, elle a demandé à le voir, et nous nous sommes mises à discuter d'illustration. Elle m'a parlé de Kitty Crowther, sa prof que je ne connaissais pas et dont le travail semble intéressant - sans compter qu'elle enseigne à Bruxelles. Je lui ai parlé d'Antonia Neyrins, et elle s'est exclamée: "Ah oui, je la connais bien Antonia!" mais sans me préciser comment. Plus tard, quand je lui ai demandé si elle avait de la colle adaptée pour le métal (j'avais acheté une pièce souvenir à l'effigie du trolley qui relie Fujisawa et Kamakura, et je voulais l'inclure dans mon journal), elle m'a répondu: "Ah non, je ne fais pas ça, moi. Je ne travaille pas du tout comme Antonia." Mission de ce soir: tenter d'en apprendre davantage pour satisfaire ma curiosité...

lundi 19 avril 2010

Ca par contre, le Japon peut se le garder

- Ses desserts infâmes. Adaptés de recettes occidentales dont les Japonais conservent l'apparence mais suppriment presque tout le sucre et le beurre. Il a l'air bon, ce "strawberry shortcake parfait", hein? Ben, il ne l'est pas. Et en plus, il y a des corn flakes et de la Jell-O rouge planqués dedans.

- Ses lieux publics toujours fumeurs, sans même parfois qu'un espace soit réservé aux non-adeptes de la clope désireux de manger un tonkatsu ou de boire un Coca dans une atmosphère respirable.

- Ses futons. Rien à faire, ces machins-là me cassent le dos.

- Le refus total de ses habitants de parler anglais. Alors que bon, ils en font tous minimum 6 ans à l'école, ce qui devrait suffire pour répondre à une demande de renseignements basique.

dimanche 18 avril 2010

Maudit nuage

Après le coup de stress dû à la grève de la SNCF à l'aller, il semblerait que notre retour en Europe soit hypothéqué par le fameux nuage de cendres responsable de la fermeture de nombreux aéroports. La salle commune de notre ryokan est pleine de gens dont les vols ont été annulés et qui ne pourront pas rentrer chez eux avant une bonne semaine, si les avions dans lesquels on les a recasés peuvent décoller d'ici là. Autant dire que même si notre départ n'est pas prévu avant dimanche prochain, je flippe comme une malade. Je suis en train de lister les frais que ça entraînera: en hôtel (d'autant que nous entrerons alors en période de congés annuels pour les Japonais, et que trouver un hébergement bon marché sera sans doute impossible), en transport (notre rail pass aura expiré), en repas à emporter mais surtout en manque à gagner puisque je ne pourrai pas bosser tant que je ne serai pas rentrée en France. L'eee-PC, c'est bien pour bloguer, pas pour traduire. Apparemment, les compagnies aériennes ne prennent en charge que la première nuit d'hôtel dans le meilleur des cas, et quelque chose me dit que les catastrophes naturelles doivent figurer dans les clauses d'exclusion de l'assurance de ma Visa Premier avec laquelle j'ai payé nos deux billets d'avion. Donc, j'ai déjà mailé mes parents (actuellement en visite chez Soeur Cadette à Dallas, et qui auront peut-être eux-mêmes du mal à se rapatrier à Toulouse) pour solliciter une petite injection de cash. Et je ne vois pas ce que je peux faire de plus à part gober des Xanax pour tenter de profiter de la deuxième moitié de mes vacances en croisant les doigts pour que les aéroports rouvrent d'ici dimanche.

Ce que j'importerais volontiers du Japon

- La discipline et la politesse des gens dans le métro. Dans la plus grande gare du monde en pleine heure de pointe, une marée humaine proprement effrayante et pas un seul heurt. La circulation est dense et rapide mais fluide, et on ne constate aucune bousculade y compris pour monter dans un train déjà bondé. Les voyageurs s'entassent calmement, sans jamais râler ni agresser leur voisin. J'aime.

- Le métro lui-même, qui circule entièrement en surface à Tokyo (pour des raisons de sécurité dans cette région sismique, j'imagine). Un trajet d'une demi-heure ou plus est tout de suite moins déprimant quand on bénéficie de la lumière du jour et qu'on peut regarder le paysage défiler par la fenêtre.

- Les sachets à parapluie distribués gratuitement à l'entrée de tous les lieux publics, histoire que les gens ne foutent pas d'eau partout. Il y a même des emballeuses automatiques, oui oui. J'espère juste que le plastique usagé (récupéré dans des containers à la sortie) est recyclé; sinon, quel gâchis!

- Les toilettes de la mort, surtout celles avec siège chauffant. Rhâââ, quoi. Et puis tous ces petits boutons qui permettent de s'envoyer des jets d'eau réglables vers le fondement, c'est assez grandiose quand on y pense. Je ne pousserai cependant pas la fascination jusqu'à visiter le musée que Tokyo a consacré aux toilettes à travers les âges.

- Le laisser de chaussures à la porte obligatoire dans les lieux d'habitation (même si je le pratique déjà chez moi). C'est tellement plus propre!

- Le traîner en yukata après la douche ou le soir. En plus de son confort étonnant, ce peignoir en coton léger sèche remarquablement bien la peau mouillée.

- Les magasins ouverts le dimanche, et fermant à tour de rôle un seul jour dans la semaine.

- Les vrais bars à sushis où le poisson ne coûte presque rien, et où le thé vert est gratuit; les échoppes de gyozas où les raviolis sont à se rouler par terre (exception faite de notre expérience malheureuse de l'autre soir).

- Les bentos: plateaux-repas souvent très joliment préparés, pratiques à manger dans le train ou dans la salle commune d'un ryokan, et commençant aux alentours de 400 yens (3€ environ). Celui de la photo ci-contre est au saumon; il a coûté 1200 yens, soit un peu moins de 10€. Pour dîner sur le pouce, c'est quand même vachement plus sympa qu'un McDo, non?

- L'audace vestimentaire des Japonaises qui ignorent pratiquement le port du jean et se débrouillent pour porter des micro-shorts, des jupes ou des robes avec de jolies chaussures même quand il fait mauvais dehors. Le flegme des mâles de l'espèce qui ne leur jettent ni regards lubriques ni remarques déplacées.

- Les Japonaises tout court. Parce qu'elles sont trop mignonnes.

samedi 17 avril 2010

Comment rattraper une matinée gâchée à Tokyo


1. Aux grands maux les grands remèdes: aller déjeuner au Hard Rock Café. Celui de Roppongi qu'on n'a pas encore fait lors des deux voyages précédents. Recevoir les compliments de la serveuse qui trouve "Légissu" (= Régis) super-kawaï. Commander une Cobb salad avec une sauce blue cheese (pour elle) et un BBQ bacon cheeseburger (pour lui), plus une part de vrai cheesecake à la croûte en Graham crackers et un coulis de fraise qui tue (avec deux cuillères pour éviter l'implosion). Manger en secouant la tête en rythme tandis que Deep Purple, Melissa Etheridge, Lenny Kravitz et Eric Clapton font de la vraie musique sur les écrans et dans les haut-parleurs.

2. Aller visiter le Musée Mori qui, cette fois, expose bien de jeunes artistes japonais et pas une rétrospective de l'oeuvre de Le Corbusier comme en septembre 2007 lors de notre voyage précédent. Trouver tout formidable, et particulièrement les arbres découpés dans des sacs de shopping. Féliciter une Japonaise pour son bô chapô et entamer avec elle une conversation un poil surréaliste, moitié en mauvais anglais (le sien), moitié en très mauvais japonais (le mien). Un peu plus loin, tomber sur Hélie, son père et sa soeur. Quelle était la probabilité, sérieusement? Convenir de déjeuner ensemble le lendemain au musée Ghibli puisque c'est aussi le jour pour lequel ils ont réservé. Acheter une peluche rose délirante signée Takashi Murakami. Se retenir d'emporter aussi la mignonne Tour de Tokyo en Lego. Et le robot qui trébuche. Et, et, et...

3. Après un passage au ryokan pour déposer les sacs de shopping, partir vers Ikebukuro Est. Il y a juste la station de métro voisine à traverser, ça ne fait pas plus de deux kilomètres, ah ah. Fouiller tous les étages d'Animate et conclure qu'on n'est plus du tout à la page en matière de mangas. Laisser tomber et se rabattre sur Namjatown, parc d'attractions surréaliste composé de quatre zones respectivement dédiées aux desserts, aux glaces (jusqu'ici ça se tient), aux gyozas (admettons) et... aux massages. Avec au milieu, un tunnel complètement creepy ambiance Halloween plein de jeux mécaniques tous plus lugubres les uns que les autres. Des endroits comme ça, franchement, je n'en ai vu qu'au Japon. Chouchou s'offre une partie de Time Crisis (un bon shoot'em up de base) et moi un massage des pieds (que j'ai en compote). Puis nous partons nous goinfrer de gyozas pour le dîner mais choisissons mal notre échoppe parmi la douzaine qui s'offrent à nous et ingurgitons de loin les plus mauvais raviolis japonais de toute mon existence, expériences françaises comprises. Pas grave, ça en valait la peine rien que pour l'ambiance si spéciale du lieu.

vendredi 16 avril 2010

Comment perdre une matinée à Tokyo

1. Hyper excités par la perspective d'aller au Musée Ghiblirhirhirhi, se coucher tard la veille et n'émerger qu'à 8h45 le matin.
2. Prendre à Shinjuku un train de la Chuô line qui va gagner Mitaka en s'arrêtant dix minutes dans chaque gare, le tout à travers un paysage bien déprimant et trempé par la pluie.
3. Arrivés à Mitaka, courir pour attraper la navette conduite par le premier Japonais mal aimable rencontré depuis le début du séjour.
4. Présenter ses billets au jeune boutonneux posté à l'entrée du musée et l'entendre répondre sur un ton sans appel: "Ziss iz for toumorro".
5. Ouvrir de grands yeux. Vérifier la date sur le billet. "April the 16th". Demander à Chouchou: "On n'est pas jeudi? Je croyais qu'on était jeudi."
6. Recompter les jours passés. Si, on est bien jeudi. Mais vu qu'on a souhaité hier l'anniversaire de Soeur Cadette, née le 14, on n'est probablement pas le 16.
7. Se demander d'où vient l'erreur. On avait pourtant dit à Chouchou de réserver pour le premier jeudi des vacances. Ou bien il s'est trompé, ou bien c'est l'agence. Qui, entre parenthèses, aurait pu ajouter "Friday" à côté de la date, pour les gens qui ne savent jamais le combien ils sont.
8. Dépités, reprendre dans l'autre sens la navette au conducteur mal aimable et se retrouver à Shinjuku vers midi avec une moitié de journée de gâchée.

jeudi 15 avril 2010

Ce qui a changé depuis la dernière fois

- La sortie C6 Ouest de la station d'Ikebukuro est désormais dotée d'un escalator et d'un auvent. Bien pratique quand on est super chargé et/ou qu'il pleut à verse, comme le jour de notre arrivée. Par ailleurs, les couloirs menant de ladite sortie au hub central de la gare ont été transformés en pseudo quartier chic de Paris circa 1900 avec du fer forgé partout, des noms français qui une fois sur deux ne veulent rien dire et une profusion de boulangeries qui vendent des gâteaux roses ou verts.

- Il y a des SDF dans le métro. Ils ne jouent pas d'accordéon et ne font même pas la manche: en bons Japonais, ils se contentent de dormir par terre sans déranger personne. Mais ça fait un choc de constater qu'ici aussi, la pauvreté augmente. Ou se déplace-t-elle seulement au chaud et à l'abri pendant les averses glacées? Jusqu'ici, je n'avais connu Tokyo que sous le soleil.

- On commence à trouver dans Tokyo des stands qui vendent des jus de fruits ou de légumes frais. Bon d'accord, on est encore loiiiiiin de l'originalité et de la variété de Guapa, mais étant donnée la difficulté, pour le touriste moyen, d'obtenir sa dose quotidienne de vitamines durant un séjour au Japon (pays où les fruits et légumes sont si chers qu'on les vend à l'unité!), c'est toujours mieux que rien.

- Maintenant que le Kimi Ryokan a installé le wifi, mais qu'on ne le capte qu'au rez-de-chaussée, la salle commune est prise d'assaut par les clients équipés de portables. Les prises électriques sont chères. Pendant que je tape ceci, une Espagnole achève la conversation de plus d'une demi-heure qu'elle vient d'avoir sur Skype. En face de moi, deux Italiens (une mère et son fils, ou une cougar et son boytoy) apprennent le japonais sur internet en se partageant une paire d'écouteurs.

- Nestlé doit être en délicatesse avec la chaîne Family Mart, parce qu'on ne trouve plus de Kit-Kat aux parfums délirants dans ces supérettes ouvertes 24h/24. Moi qui viens de passer deux ans et demi à fantasmer sur ceux au chocolat blanc et aux graines de vanille, snif!

mercredi 14 avril 2010

Le dernier rempart de la civilisation humaine

Lundi, 10h40, dans le TGV qui nous emmène à Roissy (et qui nous y déposera très en retard, nous occasionnant une grosse suée et manquant nous faire rater notre avion).

Le contrôleur entre dans le wagon. Chouchou prend nos deux billets de train et pose sa trousse dessus, les cachant complètement.

MOI: Euh, ça ne serait pas plus judicieux de les mettre bien en vue pour que le monsieur puisse les prendre en passant?

CHOUCHOU: Oui, mais je ne voudrais pas qu'ils s'envolent.

MOI: Dans un train fermé?

CHOUCHOU: On ne sait jamais, avec le vent du voyage.

MOI: ...

CHOUCHOU: Et puis, des extraterrestres pourraient ouvrir un portail spatiotemporel pour venir nous les voler!

MOI: Ils pourraient ouvrir un portail spatiotemporel, mais pas soulever une trousse?

mardi 13 avril 2010

Avène, beware

Je suis victime d'une malédiction assez frustrante: chaque fois que je trouve dans le commerce un produit qui me convient, le fabricant le supprime de sa gamme avant la fin de l'année en cours.

Mes jeans m'ont boudinée pendant 20 ans, jusqu'à ce que Levis révise la coupe de son 501 femme en prévoyant de la place pour y caser tous les attributs d'un Botticelli. J'aurais dû en acheter trois d'un coup, parce que quand le mien a fini par lâcher après quatre ans de bons et loyaux services, le 501 était de nouveau taillé sur les mensurations de Kate Moss. Quelques mois plus tard, j'ai cru pleurer de joie en découvrant le boyfriend d'Uniqlo. Il a été disponible au magasin de Paris pendant exactement huit semaines. Depuis, plus rien.

Même chose avec les parfums, domaine dans lequel je suis extrêmement difficile: 95% d'entre eux me filent mal à la tête. Mon idée de l'enfer, c'est de me retrouver coincée dans un ascenseur avec une femme qui porte Poison. Les seules odeurs que je supporte bien sont celles des agrumes. Ainsi, j'ai successivement craqué pour le premier CK One Summer, puis pour l'Aqua Allegoria Orange Magnifica de Guerlain. Tous deux étaient des parfums éphémères qui n'ont été vendus que l'espace d'une saison.

Jusqu'ici, j'étais assez tranquille dans le domaine des cosmétiques, étant donné que je passais mon temps à en changer. Mais l'an dernier, j'ai enfin trouvé le trio magique qui me faisait une peau acceptable: Washing Cream de Menard pour nettoyer, Gommage Doux Eclatant de Seaderm pour exfolier et Crème pour les Peaux Intolérantes d'Avène pour hydrater. A ce jour, Menard est en rupture de stock de Washing Cream depuis plusieurs mois parce qu'une plante cruciale pour la fabrication est devenue introuvable, et les laboratoires Seaderm en proie à de gros soucis financiers ont cessé de livrer leurs distributeurs.

Je ne voudrais pas porter la poisse à Avène, mais je m'attends à ce que leur usine brûle d'un jour à l'autre.

lundi 12 avril 2010

"Ma vie à deux" vs "Tout sur ma vie avec le prince charmant"

Parues en même temps chez le même éditeur, ces deux bédés de filles ont aussi le même sujet: la vie de couple traitée sur le mode humoristique. Pourtant, "Ma vie à deux : Pour le meilleur et pour le pire !" a réussi à me faire rire et sourire tout au long de ses 130 pages tandis que "Tout sur ma vie avec le Prince Charmant" n'a suscité chez moi qu'un profond agacement.

Malgré un graphisme plus recherché que celui de sa consoeur, Hélène Badault se contente de ressasser le thème usé jusqu'à la corde de Mars contre Vénus - autrement dit, des différences domestiques "fondamentales" entre hommes et femmes. Du coup, l'ambiance de sa bédé est assez aigre et peu plaisante.

Missbean, en revanche, sait aussi montrer les moments de complicité presque gamine de ses héros et la cocasserie de leur vie à deux dans un espace minuscule. Son album déborde de la tendresse et du sens de l'auto-dérision qui devraient être le ciment de n'importe quel couple. Pour l'avoir personnellement vécue, je suis particulièrement fan de l'anecdote relatée pages 66-67 et appelée "Le dernier samouraï", mais j'ai adoré presque toutes les autres aussi. Une chouette idée de cadeau pour des amoureux qui s'installent ensemble... ou pour se faire plaisir à soi-même.

dimanche 11 avril 2010

Ca promet pour plus tard

L'un de mes neveux, voyant un autre petit garçon embêter son frère, a foncé sur le malotru pour lui lancer sans sommation son pied dans l'entrejambe.
Ce justicier en culotte courte, c'est Cahouète (3 ans 1/2) qui venait ainsi au secours d'Attila (8 ans 3/4).
...Estimant, sans doute, que nul autre que lui n'avait le droit de taper sur son aîné.

samedi 10 avril 2010

De plus en plus osé!

Chouchou s'est dépêché de finir sa bédé en cours pour la poster avant notre départ. Vous pouvez la voir . Dites-lui qu'il ressemble à Zeus, ça lui fera plaisir.

vendredi 9 avril 2010

Sur le départ

Les bagages sont faits. Comme il faudra avoir de la place au retour pour le shopping, je n'ai emporté que très peu de vêtements, un tube de lessive à la main et deux mini-étendoirs à linge pliants. Du coup, mes quatre T-shirts, mon jean de rechange et mon petit sac de sous-vêtements étaient tout perdus dans mon immense valise. Pour combler un peu e vide qui restait, j'ai rajouté une provision de thé en sachets, de briquettes de lait chocolaté, de brioche tranchée et de Grany (le petit déjeuner n'est définitivement pas ce que je préfère au Japon: les légumes vinaigrés, la soupe miso et la friture de poisson avant 10h du mat', j'ai un peu de mal). Oh, et des mini-saucissons. Ne riez pas: vous ne vous êtes jamais trouvé perdu dans Ginza avec un Dr. Chouchou que le vide de son estomac menace de transformer en Mr. Godzilla. Il est bon d'avoir de quoi nourrir la Bête dans les cas d'urgence.

Ernest-Raoul et Augustine sont en pension chez Miss Sunalee et diane cairn, où leurs principales activités des deux semaines à venir risquent d'être l'imbibage de cocktails et les partouzes de pious. Je sais, nous sommes des parents indignes. Mais deux adultes qui se promènent avec une peluche prêtent à sourire; deux adultes qui se promènent avec deux peluches commencent à être sacrément encombrés; deux adultes qui se promènent avec trois peluches suscitent des regards interloqués et vaguement inquiets. Donc, nous n'emmenons que Régis. Principalement pour pouvoir le tenir à l'oeil et éviter de nous brouiller avec nos amis. Quant à Scarlett et Copernique, elles partent chez tata Sophie demain soir.

J'ai passé l'après-midi à ranger l'appartement. Premier constat: j'ai déjà accumulé 43 paires de chaussures à Bruxelles. Il est temps de me trouver une passion moins placarophage. Les timbres-poste du Xème siècle, par exemple. En vrac. Deuxième constat: 32 flacons de vernis à ongles, mine de rien, ça prend vachement de place aussi. Pensons philatélie médiévale. Troisième constat: vous vous souvenez que dans mes résolutions de cette année, il y avait "écluser ma PAL"? C'est un échec retentissant. ...J'ai quand même réussi à trouver une place à chaque chose, parce que j'aime rentrer crevée de vacances dans un appart' impec. Il nous reste encore à faire le ménage demain, mais comme toute la lessive a été expédiée en début de semaine (RIP petite robe à fleurs Alain Manoukian), ça devrait aller assez vite. Du coup, ce soir pendant que je blogue, Chouchou tente de finir sa bédé en cours pour la publier avant notre départ. Pas facile de dessiner - ou de taper sur un clavier, d'ailleurs - en braillant les Magnolias de Claude François et en faisant les bras qui vont avec...

"True blood" saison 2

J'ai trouvé encore plus mauvais et plus addictif que la saison 1 de "True blood": la saison 2 de "True blood".

(Attention: spoilers!)

Non mais c'est vrai quoi. Depuis quand on met les bases d'une série sans dessus-dessous dès la saison 2, en séparant les héros pendant les trois quarts des épisodes pour mener deux histoires majeures en parallèle? Et les histoires, parlons-en des histoires! La première (celle de l'église des illuminés), simpliste et bâclée au possible, lance des pistes intéressantes sans les exploiter vraiment. La deuxième (celle de la ménade) n'en finit plus et semble juste un prétexte pour caser une scène d'orgie sanglante dans chaque épisode. Oh, et Vampire Bill est toujours aussi insipide et chiant; s'il vise le "beau brun ténébreux", il serait bien inspiré de prendre des leçons auprès d'Angel.

Cette saison 2 réserve quand même quelques moments forts comme les crises de stress post-traumatique de Lafayette (sans conteste mon personnage préféré) ou la mort de Godric. Et j'ai apprécié la relation entre Hoyt et Jessica - quelques grammes de tendresse dans un monde de brutes -, ainsi que l'épaisseur donnée à Andy Bellefleur ou l'humanisation de Vik le Viking d'Eric. Mais ce ne sont que quelques perles perdues dans une grande mare de boue. Pourtant... j'attends déjà impatiemment le 13 juin et le début de la saison 3. "True blood", c'est un peu l'équivalent télévisuel des magazines féminins. Je trouve ça vraiment naze, mais je ne peux pas m'empêcher de me jeter dessus.

La minute coquine

Comme Maïa Mazaurette qui a attiré mon attention sur cette boutique en ligne, je n'ai jamais porté de cache-tétons (ils me font un peu le même effet que les menottes en fourrure: trop soft pour moi! ^^), mais je serais prête à essayer si on m'offrait ceux-là:



Autant les coeucoeurs ou les pampilles qu'on trouve dans les sexshops de luxe ne me tentent guère, autant je fantasme total sur l'idée d'avoir des yeux au bout des seins. Ou un Pacman et un fantôme rouge. Ou des champignons de Super Mario. Ou des revolvers. Ou des croissants. Allez faire un tour chez Lady Tornade, ça vaut franchement le détour!

jeudi 8 avril 2010

Où le recours à la méthode Coué s'impose

L'heure est grave.

Parmi les trésors d'ingéniosité qu'elles déploient pour augmenter leurs tarifs sans que ça se voie, les compagnies aériennes ont eu la bonne idée de diminuer le poids de bagages autorisés sur les vols long courrier. Résultat: nous n'aurons le droit de ramener du Japon qu'une valise de 20 kilos par personne. Alors qu'il y a deux ans et demi, mon sac en pesait 32 à lui seul.

(Mon sac fait TOUJOURS 32 kilos quand je rentre d'un voyage sur un autre continent. Peut-être s'agit-il de sa contenance maximale quand tout est méga-compacté à l'intérieur. Peut-être est-ce la limite de ce que je suis capable de charrier seule. Peut-être est-ce mon réglage par défaut, allez savoir.)

Bon, comme l'univers est bien foutu parfois, il se trouve que je n'ai pas trop de sous à dépenser en ce moment et que les deux contraintes vont dans le même sens. Evidemment, j'aurais préféré qu'elles aillent toutes les deux dans l'autre - c-à-d, que je sois pétée de thunes et autorisée à ramener mon propre poids en peluches Totoro et en Kit-Kat à la pastèque. Mais l'univers n'est pas bien foutu à ce point, sinon ça se saurait.

Donc, il a fallu budgéter les dépenses plaisir et établir des priorités. Ont survécu à ma sélection draconienne les objets suivants:

- Ce drôle de petit appareil photo, un Fuji Instax qui prend des mini-Polaroïd rectangulaires et qui n'est pas disponible en Europe. Plus quatre ou cinq cartouches d'avance pour s'amuser un peu avec dans Tokyo.

- Une poupée Blythe d'un modèle restant encore à déterminer, que j'achèterai vraisemblablement dans la plus adorable boutique du monde. Deux ou trois vêtements, et quelques goodies comme l'agenda 2010, ce mug craquant ou ce recueil de photos.

- Si et seulement si je trouve un modèle qui me fait craquer: une théière en fonte, de préférence rouge vif, pour ma collection dont l'expansion est désormais limitée par le manque de place.

- De la papeterie japonaise dénichée chez Tokyû Hands et Ito-Ya: carnets, stickers, stylos-gel, crayons de couleur, papier washi...

- Le traditionnel assortiment de magnets et de breloques qui ne coûtent pas grand-chose, ne pèsent presque rien et font de merveilleux souvenirs à conserver ou à offrir.

- Un T-shirt du Hard Rock Café de Roppongi (j'ai déjà "fait" ceux de Ueno-Eki et de Yokohama).

- Un T-shirt Hello Kitty bleu taille 8 ans ou 135 cm pour Choupie, et un équivalent version garçon pour Attila et Cahouète.

- Un tube de Washing Cream de Menard, si j'arrive à en trouver (la production a été arrêtée faute d'un ingrédient crucial, et il n'en reste plus à l'institut de Paris). Autrement, peut-être des cosmétiques DHC de la gamme Q10, si les prix sont plus intéressants qu'en France. Au pire du pire, une bricole Shiseido.

Niveau poids, je devrais m'en sortir. Niveau budget, par contre, il va falloir que je fasse sacrément gaffe car lors de mon séjour précédent, j'avais dû craquer pas loin de 300€ rien que chez Junie Moon, glups! Cette fois, pas question de ramener un sac Vuitton deux fois plus cher qu'en France ou un tombereau de mangas X (à moins que Chouchou se dévoue...), ni de céder à l'appel de la robe de lolita goth que je porterai, euh, jamais. Je vais là-bas pour dessiner, pas pour dévaliser les magasins. Je vais là-bas pour dessiner, pas pour dévaliser les magasins. Je vais là-bas pour dessiner...

mercredi 7 avril 2010

Un grand cri de rage et de frustration

J'aimerais pousser un grand cri de rage et de frustration.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH!

L'autre jour, un des éditeurs pour lesquels je bosse annonce sur Facebook la sortie du tome 4 d'une série que j'adore mais qui, n'ayant pas connu le succès qu'elle méritait à mon humble avis, a été abandonnée l'espace de quelques années. Ca ne rate pas: dans les cinq minutes qui suivent, un sombre crétin commente: "Juin 2010, et ben c'est pas trop tôt! Sont longs les traducteurs! Quand on voit que la série en est déjà au tome 7 ou 8 aux USA..."

Il se trouve que le bouquin en question, je l'ai traduit il y a... 3 ou 4 ans (je ne me souviens même plus tellement c'est vieux). Et que j'aurais été ravie de combler le retard sur la publication américaine si on me l'avait demandé. Mais non: dans l'esprit des lecteurs, si ça traîne, c'est forcément la faute de ces fainéants de traducteurs qui sont tellement bien payés qu'ils peuvent se permettre de passer un an sur un livre de poche. Ca ne peut en aucun cas venir d'une décision éditoriale. Parce que bon, on le sait bien qu'une maison d'édition, c'est une oeuvre caritative qui n'a aucun impératif de rentabilité. Ni aucun autre bouquin à publier à côté.

J'ai l'impression que mes collègues et moi passons notre temps à jouer les boucs émissaires. Quand un bouquin en français est mauvais, qui accuse-t-on? L'auteur? Non. L'auteur est nécessairement un dieu de la littérature, puisqu'il a été publié. Si le traducteur se contente de coller à un texte original moyen, on lui reproche la médiocrité finale de la version française. S'il tente de l'améliorer, on s'offusque: pour qui se prend-il, à oser trahir la version originale?! Il n'est jamais qu'un traducteur, un de ces gratte-papiers qu'on soupçonne toujours de s'être rabattus sur cette occupation parce qu'ils n'ont pas réussi eux-mêmes à devenir écrivains.

Voilà pourquoi j'évite généralement de lire les critiques des bouquins que j'ai traduits. Et voilà pourquoi je ne devrais, probablement, pas être amie sur Facebook avec mes éditeurs.

mardi 6 avril 2010

"Il était une fois Playmobil"

"Quand même, faut-il que je l'aime..."

C'est ce que je me répétais dimanche il y a dix jours tandis que, après une nuit écourtée par la soirée d'Editeur Préféré à l'Evénement Bleu et par le passage à l'heure d'été, j'attendais devant le Musée des Arts Décoratifs de Paris, sous une pluie fine mais persistante, en compagnie de hordes d'enfants excités comme des puces, pour visiter... une expo de Playmobil.

Je suis probablement la seule gamine née entre 1965 et 1975 qui n'a jamais possédé aucune boîte de ces petites figurines à cheveux amovibles. Chouchou, en revanche, a été l'heureux propriétaire d'un fort et d'un bateau pirate dont il parle encore avec des trémolos dans la voix. Il n'était pas le seul à pousser des exclamations émerveillées dans la foule de parents qui utilisaient leur progéniture comme excuse pour se faire un petit trip nostalgie.

Que dire de cette expo? Euh... Il y avait beaucoup, beaucoup de Playmobil. La collec' complète, ou pas loin. Par chance, elle était rassemblée dans d'immenses vitrines devant lesquelles il était possible de passer assez rapidement, et elle n'occupait que deux salles plus un coin vidéo. Du coup, il ne nous a pas fallu plus de dix minutes pour en faire le tour. Ce qui, à 9€ le billet, me paraît quand même un peu chérot. Mais pour ce prix-là, nous avons pu faire toutes les photos que nous voulions sans que personne de plus d'un mètre vingt vienne nous embêter. J'étais ravie, je vous raconte même pas.

Jusqu'au 16 mai 2010
Musée des Arts décoratifs - galerie des jouets
107 rue de Rivoli
75001 Paris
Tél. : 01 44 55 57 50

lundi 5 avril 2010

...Et je doute qu'elle ressuscite miraculeusement

Non, la pose de Jésus, c'est pas parce que c'est Pâques.
C'est parce que cette photo est la seule sur laquelle on voit à peu près bien ma robe préférée, dont j'ai prononcé le décès aujourd'hui aux alentours de 16h33.
Figurez-vous Chouchou a décidé qu'il ne saurait partir au Japon en laissant derrière lui un panier à linge sale dont on ne verrait pas le fond. Soit. Afin d'expédier toutes les lessives durant ce jour férié, il a décidé de porter le linge essoré mais encore humide à la laverie afin de le mettre dans un séchoir électrique et de l'en ressortir prêt à être plié et rangé.
Parmi le linge sale, il y avait cette petite robe à fleurs Alain Manoukian achetée il y a... au moins 5 ans alors que je faisais les soldes d'hiver à Monpatelin avec la seule de mes cousines également atteinte de shoppingite aiguë. Je m'en souviens encore. On avait passé une matinée entière à écumer la galerie marchande toutes les deux. Martine est quelqu'un que j'aime beaucoup et que je n'ai pas souvent l'occasion de voir, alors ça me faisait vraiment plaisir cette virée de filles avec elle.
A l'époque, la petite robe à fleurs Alain Manoukian m'était limite trop grande. Je l'aimais tellement que je ne la portais que dans des occasions spéciales, comme ce week-end en roulotte avec Chouchou pour mes 36 ans. Plus récemment, elle m'avait accompagnée au Musée de la Mode de Hasselt où la photo ci-dessus a été prise. (Oui, en public. Je crains très peu le ridicule quand il s'agit de faire des photos-souvenir originales.)
Sa dernière sortie aura été samedi dernier, pour la soirée organisée par Editeur Préféré à l'Evènement Bleu. A cause du poids pris l'an dernier, la petite robe à fleurs Alain Manoukian me serrait pas mal, mais elle me faisait encore une jolie silhouette féminine.
Le problème, c'est qu'elle était en viscose, une matière qui tire-bouchonne et rétrécit quand on l'expose à une chaleur intense comme, disons, celle d'un sèche-linge. Désormais, la petite robe à fleurs Alain Manoukian est un piteux torchon taille 8 ans que mon sentimentalisme vestimentaire m'empêche de ranger à la seule place qui lui convienne encore: dans la poubelle.