mercredi 14 avril 2010

Le dernier rempart de la civilisation humaine

Lundi, 10h40, dans le TGV qui nous emmène à Roissy (et qui nous y déposera très en retard, nous occasionnant une grosse suée et manquant nous faire rater notre avion).

Le contrôleur entre dans le wagon. Chouchou prend nos deux billets de train et pose sa trousse dessus, les cachant complètement.

MOI: Euh, ça ne serait pas plus judicieux de les mettre bien en vue pour que le monsieur puisse les prendre en passant?

CHOUCHOU: Oui, mais je ne voudrais pas qu'ils s'envolent.

MOI: Dans un train fermé?

CHOUCHOU: On ne sait jamais, avec le vent du voyage.

MOI: ...

CHOUCHOU: Et puis, des extraterrestres pourraient ouvrir un portail spatiotemporel pour venir nous les voler!

MOI: Ils pourraient ouvrir un portail spatiotemporel, mais pas soulever une trousse?

mardi 13 avril 2010

Avène, beware

Je suis victime d'une malédiction assez frustrante: chaque fois que je trouve dans le commerce un produit qui me convient, le fabricant le supprime de sa gamme avant la fin de l'année en cours.

Mes jeans m'ont boudinée pendant 20 ans, jusqu'à ce que Levis révise la coupe de son 501 femme en prévoyant de la place pour y caser tous les attributs d'un Botticelli. J'aurais dû en acheter trois d'un coup, parce que quand le mien a fini par lâcher après quatre ans de bons et loyaux services, le 501 était de nouveau taillé sur les mensurations de Kate Moss. Quelques mois plus tard, j'ai cru pleurer de joie en découvrant le boyfriend d'Uniqlo. Il a été disponible au magasin de Paris pendant exactement huit semaines. Depuis, plus rien.

Même chose avec les parfums, domaine dans lequel je suis extrêmement difficile: 95% d'entre eux me filent mal à la tête. Mon idée de l'enfer, c'est de me retrouver coincée dans un ascenseur avec une femme qui porte Poison. Les seules odeurs que je supporte bien sont celles des agrumes. Ainsi, j'ai successivement craqué pour le premier CK One Summer, puis pour l'Aqua Allegoria Orange Magnifica de Guerlain. Tous deux étaient des parfums éphémères qui n'ont été vendus que l'espace d'une saison.

Jusqu'ici, j'étais assez tranquille dans le domaine des cosmétiques, étant donné que je passais mon temps à en changer. Mais l'an dernier, j'ai enfin trouvé le trio magique qui me faisait une peau acceptable: Washing Cream de Menard pour nettoyer, Gommage Doux Eclatant de Seaderm pour exfolier et Crème pour les Peaux Intolérantes d'Avène pour hydrater. A ce jour, Menard est en rupture de stock de Washing Cream depuis plusieurs mois parce qu'une plante cruciale pour la fabrication est devenue introuvable, et les laboratoires Seaderm en proie à de gros soucis financiers ont cessé de livrer leurs distributeurs.

Je ne voudrais pas porter la poisse à Avène, mais je m'attends à ce que leur usine brûle d'un jour à l'autre.

lundi 12 avril 2010

"Ma vie à deux" vs "Tout sur ma vie avec le prince charmant"

Parues en même temps chez le même éditeur, ces deux bédés de filles ont aussi le même sujet: la vie de couple traitée sur le mode humoristique. Pourtant, "Ma vie à deux : Pour le meilleur et pour le pire !" a réussi à me faire rire et sourire tout au long de ses 130 pages tandis que "Tout sur ma vie avec le Prince Charmant" n'a suscité chez moi qu'un profond agacement.

Malgré un graphisme plus recherché que celui de sa consoeur, Hélène Badault se contente de ressasser le thème usé jusqu'à la corde de Mars contre Vénus - autrement dit, des différences domestiques "fondamentales" entre hommes et femmes. Du coup, l'ambiance de sa bédé est assez aigre et peu plaisante.

Missbean, en revanche, sait aussi montrer les moments de complicité presque gamine de ses héros et la cocasserie de leur vie à deux dans un espace minuscule. Son album déborde de la tendresse et du sens de l'auto-dérision qui devraient être le ciment de n'importe quel couple. Pour l'avoir personnellement vécue, je suis particulièrement fan de l'anecdote relatée pages 66-67 et appelée "Le dernier samouraï", mais j'ai adoré presque toutes les autres aussi. Une chouette idée de cadeau pour des amoureux qui s'installent ensemble... ou pour se faire plaisir à soi-même.

dimanche 11 avril 2010

Ca promet pour plus tard

L'un de mes neveux, voyant un autre petit garçon embêter son frère, a foncé sur le malotru pour lui lancer sans sommation son pied dans l'entrejambe.
Ce justicier en culotte courte, c'est Cahouète (3 ans 1/2) qui venait ainsi au secours d'Attila (8 ans 3/4).
...Estimant, sans doute, que nul autre que lui n'avait le droit de taper sur son aîné.

samedi 10 avril 2010

De plus en plus osé!

Chouchou s'est dépêché de finir sa bédé en cours pour la poster avant notre départ. Vous pouvez la voir . Dites-lui qu'il ressemble à Zeus, ça lui fera plaisir.

vendredi 9 avril 2010

Sur le départ

Les bagages sont faits. Comme il faudra avoir de la place au retour pour le shopping, je n'ai emporté que très peu de vêtements, un tube de lessive à la main et deux mini-étendoirs à linge pliants. Du coup, mes quatre T-shirts, mon jean de rechange et mon petit sac de sous-vêtements étaient tout perdus dans mon immense valise. Pour combler un peu e vide qui restait, j'ai rajouté une provision de thé en sachets, de briquettes de lait chocolaté, de brioche tranchée et de Grany (le petit déjeuner n'est définitivement pas ce que je préfère au Japon: les légumes vinaigrés, la soupe miso et la friture de poisson avant 10h du mat', j'ai un peu de mal). Oh, et des mini-saucissons. Ne riez pas: vous ne vous êtes jamais trouvé perdu dans Ginza avec un Dr. Chouchou que le vide de son estomac menace de transformer en Mr. Godzilla. Il est bon d'avoir de quoi nourrir la Bête dans les cas d'urgence.

Ernest-Raoul et Augustine sont en pension chez Miss Sunalee et diane cairn, où leurs principales activités des deux semaines à venir risquent d'être l'imbibage de cocktails et les partouzes de pious. Je sais, nous sommes des parents indignes. Mais deux adultes qui se promènent avec une peluche prêtent à sourire; deux adultes qui se promènent avec deux peluches commencent à être sacrément encombrés; deux adultes qui se promènent avec trois peluches suscitent des regards interloqués et vaguement inquiets. Donc, nous n'emmenons que Régis. Principalement pour pouvoir le tenir à l'oeil et éviter de nous brouiller avec nos amis. Quant à Scarlett et Copernique, elles partent chez tata Sophie demain soir.

J'ai passé l'après-midi à ranger l'appartement. Premier constat: j'ai déjà accumulé 43 paires de chaussures à Bruxelles. Il est temps de me trouver une passion moins placarophage. Les timbres-poste du Xème siècle, par exemple. En vrac. Deuxième constat: 32 flacons de vernis à ongles, mine de rien, ça prend vachement de place aussi. Pensons philatélie médiévale. Troisième constat: vous vous souvenez que dans mes résolutions de cette année, il y avait "écluser ma PAL"? C'est un échec retentissant. ...J'ai quand même réussi à trouver une place à chaque chose, parce que j'aime rentrer crevée de vacances dans un appart' impec. Il nous reste encore à faire le ménage demain, mais comme toute la lessive a été expédiée en début de semaine (RIP petite robe à fleurs Alain Manoukian), ça devrait aller assez vite. Du coup, ce soir pendant que je blogue, Chouchou tente de finir sa bédé en cours pour la publier avant notre départ. Pas facile de dessiner - ou de taper sur un clavier, d'ailleurs - en braillant les Magnolias de Claude François et en faisant les bras qui vont avec...

"True blood" saison 2

J'ai trouvé encore plus mauvais et plus addictif que la saison 1 de "True blood": la saison 2 de "True blood".

(Attention: spoilers!)

Non mais c'est vrai quoi. Depuis quand on met les bases d'une série sans dessus-dessous dès la saison 2, en séparant les héros pendant les trois quarts des épisodes pour mener deux histoires majeures en parallèle? Et les histoires, parlons-en des histoires! La première (celle de l'église des illuminés), simpliste et bâclée au possible, lance des pistes intéressantes sans les exploiter vraiment. La deuxième (celle de la ménade) n'en finit plus et semble juste un prétexte pour caser une scène d'orgie sanglante dans chaque épisode. Oh, et Vampire Bill est toujours aussi insipide et chiant; s'il vise le "beau brun ténébreux", il serait bien inspiré de prendre des leçons auprès d'Angel.

Cette saison 2 réserve quand même quelques moments forts comme les crises de stress post-traumatique de Lafayette (sans conteste mon personnage préféré) ou la mort de Godric. Et j'ai apprécié la relation entre Hoyt et Jessica - quelques grammes de tendresse dans un monde de brutes -, ainsi que l'épaisseur donnée à Andy Bellefleur ou l'humanisation de Vik le Viking d'Eric. Mais ce ne sont que quelques perles perdues dans une grande mare de boue. Pourtant... j'attends déjà impatiemment le 13 juin et le début de la saison 3. "True blood", c'est un peu l'équivalent télévisuel des magazines féminins. Je trouve ça vraiment naze, mais je ne peux pas m'empêcher de me jeter dessus.

La minute coquine

Comme Maïa Mazaurette qui a attiré mon attention sur cette boutique en ligne, je n'ai jamais porté de cache-tétons (ils me font un peu le même effet que les menottes en fourrure: trop soft pour moi! ^^), mais je serais prête à essayer si on m'offrait ceux-là:



Autant les coeucoeurs ou les pampilles qu'on trouve dans les sexshops de luxe ne me tentent guère, autant je fantasme total sur l'idée d'avoir des yeux au bout des seins. Ou un Pacman et un fantôme rouge. Ou des champignons de Super Mario. Ou des revolvers. Ou des croissants. Allez faire un tour chez Lady Tornade, ça vaut franchement le détour!

jeudi 8 avril 2010

Où le recours à la méthode Coué s'impose

L'heure est grave.

Parmi les trésors d'ingéniosité qu'elles déploient pour augmenter leurs tarifs sans que ça se voie, les compagnies aériennes ont eu la bonne idée de diminuer le poids de bagages autorisés sur les vols long courrier. Résultat: nous n'aurons le droit de ramener du Japon qu'une valise de 20 kilos par personne. Alors qu'il y a deux ans et demi, mon sac en pesait 32 à lui seul.

(Mon sac fait TOUJOURS 32 kilos quand je rentre d'un voyage sur un autre continent. Peut-être s'agit-il de sa contenance maximale quand tout est méga-compacté à l'intérieur. Peut-être est-ce la limite de ce que je suis capable de charrier seule. Peut-être est-ce mon réglage par défaut, allez savoir.)

Bon, comme l'univers est bien foutu parfois, il se trouve que je n'ai pas trop de sous à dépenser en ce moment et que les deux contraintes vont dans le même sens. Evidemment, j'aurais préféré qu'elles aillent toutes les deux dans l'autre - c-à-d, que je sois pétée de thunes et autorisée à ramener mon propre poids en peluches Totoro et en Kit-Kat à la pastèque. Mais l'univers n'est pas bien foutu à ce point, sinon ça se saurait.

Donc, il a fallu budgéter les dépenses plaisir et établir des priorités. Ont survécu à ma sélection draconienne les objets suivants:

- Ce drôle de petit appareil photo, un Fuji Instax qui prend des mini-Polaroïd rectangulaires et qui n'est pas disponible en Europe. Plus quatre ou cinq cartouches d'avance pour s'amuser un peu avec dans Tokyo.

- Une poupée Blythe d'un modèle restant encore à déterminer, que j'achèterai vraisemblablement dans la plus adorable boutique du monde. Deux ou trois vêtements, et quelques goodies comme l'agenda 2010, ce mug craquant ou ce recueil de photos.

- Si et seulement si je trouve un modèle qui me fait craquer: une théière en fonte, de préférence rouge vif, pour ma collection dont l'expansion est désormais limitée par le manque de place.

- De la papeterie japonaise dénichée chez Tokyû Hands et Ito-Ya: carnets, stickers, stylos-gel, crayons de couleur, papier washi...

- Le traditionnel assortiment de magnets et de breloques qui ne coûtent pas grand-chose, ne pèsent presque rien et font de merveilleux souvenirs à conserver ou à offrir.

- Un T-shirt du Hard Rock Café de Roppongi (j'ai déjà "fait" ceux de Ueno-Eki et de Yokohama).

- Un T-shirt Hello Kitty bleu taille 8 ans ou 135 cm pour Choupie, et un équivalent version garçon pour Attila et Cahouète.

- Un tube de Washing Cream de Menard, si j'arrive à en trouver (la production a été arrêtée faute d'un ingrédient crucial, et il n'en reste plus à l'institut de Paris). Autrement, peut-être des cosmétiques DHC de la gamme Q10, si les prix sont plus intéressants qu'en France. Au pire du pire, une bricole Shiseido.

Niveau poids, je devrais m'en sortir. Niveau budget, par contre, il va falloir que je fasse sacrément gaffe car lors de mon séjour précédent, j'avais dû craquer pas loin de 300€ rien que chez Junie Moon, glups! Cette fois, pas question de ramener un sac Vuitton deux fois plus cher qu'en France ou un tombereau de mangas X (à moins que Chouchou se dévoue...), ni de céder à l'appel de la robe de lolita goth que je porterai, euh, jamais. Je vais là-bas pour dessiner, pas pour dévaliser les magasins. Je vais là-bas pour dessiner, pas pour dévaliser les magasins. Je vais là-bas pour dessiner...

mercredi 7 avril 2010

Un grand cri de rage et de frustration

J'aimerais pousser un grand cri de rage et de frustration.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH!

L'autre jour, un des éditeurs pour lesquels je bosse annonce sur Facebook la sortie du tome 4 d'une série que j'adore mais qui, n'ayant pas connu le succès qu'elle méritait à mon humble avis, a été abandonnée l'espace de quelques années. Ca ne rate pas: dans les cinq minutes qui suivent, un sombre crétin commente: "Juin 2010, et ben c'est pas trop tôt! Sont longs les traducteurs! Quand on voit que la série en est déjà au tome 7 ou 8 aux USA..."

Il se trouve que le bouquin en question, je l'ai traduit il y a... 3 ou 4 ans (je ne me souviens même plus tellement c'est vieux). Et que j'aurais été ravie de combler le retard sur la publication américaine si on me l'avait demandé. Mais non: dans l'esprit des lecteurs, si ça traîne, c'est forcément la faute de ces fainéants de traducteurs qui sont tellement bien payés qu'ils peuvent se permettre de passer un an sur un livre de poche. Ca ne peut en aucun cas venir d'une décision éditoriale. Parce que bon, on le sait bien qu'une maison d'édition, c'est une oeuvre caritative qui n'a aucun impératif de rentabilité. Ni aucun autre bouquin à publier à côté.

J'ai l'impression que mes collègues et moi passons notre temps à jouer les boucs émissaires. Quand un bouquin en français est mauvais, qui accuse-t-on? L'auteur? Non. L'auteur est nécessairement un dieu de la littérature, puisqu'il a été publié. Si le traducteur se contente de coller à un texte original moyen, on lui reproche la médiocrité finale de la version française. S'il tente de l'améliorer, on s'offusque: pour qui se prend-il, à oser trahir la version originale?! Il n'est jamais qu'un traducteur, un de ces gratte-papiers qu'on soupçonne toujours de s'être rabattus sur cette occupation parce qu'ils n'ont pas réussi eux-mêmes à devenir écrivains.

Voilà pourquoi j'évite généralement de lire les critiques des bouquins que j'ai traduits. Et voilà pourquoi je ne devrais, probablement, pas être amie sur Facebook avec mes éditeurs.

mardi 6 avril 2010

"Il était une fois Playmobil"

"Quand même, faut-il que je l'aime..."

C'est ce que je me répétais dimanche il y a dix jours tandis que, après une nuit écourtée par la soirée d'Editeur Préféré à l'Evénement Bleu et par le passage à l'heure d'été, j'attendais devant le Musée des Arts Décoratifs de Paris, sous une pluie fine mais persistante, en compagnie de hordes d'enfants excités comme des puces, pour visiter... une expo de Playmobil.

Je suis probablement la seule gamine née entre 1965 et 1975 qui n'a jamais possédé aucune boîte de ces petites figurines à cheveux amovibles. Chouchou, en revanche, a été l'heureux propriétaire d'un fort et d'un bateau pirate dont il parle encore avec des trémolos dans la voix. Il n'était pas le seul à pousser des exclamations émerveillées dans la foule de parents qui utilisaient leur progéniture comme excuse pour se faire un petit trip nostalgie.

Que dire de cette expo? Euh... Il y avait beaucoup, beaucoup de Playmobil. La collec' complète, ou pas loin. Par chance, elle était rassemblée dans d'immenses vitrines devant lesquelles il était possible de passer assez rapidement, et elle n'occupait que deux salles plus un coin vidéo. Du coup, il ne nous a pas fallu plus de dix minutes pour en faire le tour. Ce qui, à 9€ le billet, me paraît quand même un peu chérot. Mais pour ce prix-là, nous avons pu faire toutes les photos que nous voulions sans que personne de plus d'un mètre vingt vienne nous embêter. J'étais ravie, je vous raconte même pas.

Jusqu'au 16 mai 2010
Musée des Arts décoratifs - galerie des jouets
107 rue de Rivoli
75001 Paris
Tél. : 01 44 55 57 50

lundi 5 avril 2010

...Et je doute qu'elle ressuscite miraculeusement

Non, la pose de Jésus, c'est pas parce que c'est Pâques.
C'est parce que cette photo est la seule sur laquelle on voit à peu près bien ma robe préférée, dont j'ai prononcé le décès aujourd'hui aux alentours de 16h33.
Figurez-vous Chouchou a décidé qu'il ne saurait partir au Japon en laissant derrière lui un panier à linge sale dont on ne verrait pas le fond. Soit. Afin d'expédier toutes les lessives durant ce jour férié, il a décidé de porter le linge essoré mais encore humide à la laverie afin de le mettre dans un séchoir électrique et de l'en ressortir prêt à être plié et rangé.
Parmi le linge sale, il y avait cette petite robe à fleurs Alain Manoukian achetée il y a... au moins 5 ans alors que je faisais les soldes d'hiver à Monpatelin avec la seule de mes cousines également atteinte de shoppingite aiguë. Je m'en souviens encore. On avait passé une matinée entière à écumer la galerie marchande toutes les deux. Martine est quelqu'un que j'aime beaucoup et que je n'ai pas souvent l'occasion de voir, alors ça me faisait vraiment plaisir cette virée de filles avec elle.
A l'époque, la petite robe à fleurs Alain Manoukian m'était limite trop grande. Je l'aimais tellement que je ne la portais que dans des occasions spéciales, comme ce week-end en roulotte avec Chouchou pour mes 36 ans. Plus récemment, elle m'avait accompagnée au Musée de la Mode de Hasselt où la photo ci-dessus a été prise. (Oui, en public. Je crains très peu le ridicule quand il s'agit de faire des photos-souvenir originales.)
Sa dernière sortie aura été samedi dernier, pour la soirée organisée par Editeur Préféré à l'Evènement Bleu. A cause du poids pris l'an dernier, la petite robe à fleurs Alain Manoukian me serrait pas mal, mais elle me faisait encore une jolie silhouette féminine.
Le problème, c'est qu'elle était en viscose, une matière qui tire-bouchonne et rétrécit quand on l'expose à une chaleur intense comme, disons, celle d'un sèche-linge. Désormais, la petite robe à fleurs Alain Manoukian est un piteux torchon taille 8 ans que mon sentimentalisme vestimentaire m'empêche de ranger à la seule place qui lui convienne encore: dans la poubelle.

Les brunchs du dimanche (4): L'orangerie d'Egmont


Au plaisir de tester un nouvel endroit pour bruncher s'ajoutait celui de retrouver Miss Sunalee et diane cairn, que nous n'avions pas vu depuis plus d'un mois parce qu'ils étaient partis en vacances au Vietnam. Une averse intempestive s'est bien déclenchée comme nous sortions du métro, nous forçant à nous réfugier dix minutes sous l'auvent de chez Tiffany; mais heureusement, le ciel s'est ensuite dégagé et nous avons pu gagner l'orangerie sans encombre (bien qu'en titubant, pour 50% d'entre nous, sur des talons de 12 fort peu adaptés à la gadoue qui régnait dans le parc).

Cadre: Le restaurant de l'orangerie est un bel endroit à la déco rouge et blanche, inondé de lumière par d'immenses baies vitrées. On peut s'y installer à des tables traditionnelles ou à un comptoir, et la grande salle comporte une mezzanine pour les convives qui préfèrent une atmosphère plus feutrées. Par beau temps (entre le 14 et le 16 juillet, approximativement), on peut manger dehors dans l'orangerie même, et ce doit être assez agréable.

Nourriture: Le brunch proposé était assez classique. Pour 25€, nous avons eu droit à l'assortiment habituel de viennoiseries et de brioches, à des jus de fruits frais, à un choix respectable de salades froides, de crudités, de charcuterie et de fromage, ainsi qu'à un bar où un cuisinier préparait à la demande crêpes ou omelettes garnies selon les desiderata du client. En revanche, hormis les omelettes en question, il n'était proposé qu'un seul plat chaud, ce que j'ai trouvé un peu léger. Et les boissons chaudes étaient en supplément.

Service: L'hôtesse et le cuisinier étaient charmants. On ne pouvait hélas pas en dire autant de notre serveur. Quand Chouchou et moi lui avons demandé s'il avait du thé vert, il nous a toisé d'un air méprisant: "Ben évidemment!". En fin de repas, comme nous nous attardions à table pour bavarder avec nos amis, il est revenu plusieurs fois voir si nous voulions commander autre chose, et quand nous avons fini par lui réclamer l'addition, il a lâché sur un ton aigre: "Oui, c'est une bonne idée". Espèce de déplaisant, va.

En résumé, je dirais que le cadre est agréable et le brunch lui-même dans une honnête moyenne, sans plus. Le Cook & Book et le Bla Bla & Gallery continuent pour l'instant à planer très haut en tête de ma liste des brunchs bruxellois. Ce qui ne nous a pas empêché de passer un délicieux moment entre amis à discuter de voyages. Parce que la bonne compagnie, par un dimanche pluvieux, c'est quand même bien plus important que la déco ou le contenu de l'assiette.

dimanche 4 avril 2010

"Plage de Manaccora, 16h30"

Il y a sept ou huit ans, à l'époque de la sortie du "Cosmonaute", j'ai eu une brève période Philippe Jaenada, durant laquelle j'ai dévoré quasiment tout ce qu'il avait écrit jusque là. Si j'ai adoré son sens de l'humour et les situations parfois absurdes dans lequelles il n'hésitait pas à mettre ses personnages, ses tics d'écriture ont fini par me lasser. Les digressions dans les digressions, c'est sympa pendant quelques centaines de pages; au-delà, ça agace. Et puis cette manie d'utiliser toujours la même figure féminine folledingue... Saturée, j'ai regardé les bouquins suivants de Jaenada se succéder sur les tables des libraires sans que me vienne l'envie d'en acheter un.

Jusqu'à "Plage de Manaccora, 16h30". Pourquoi celui-là et pas un de ceux qui l'ont précédé, ou qui le suivront? Parce que Caro de Pensées de Ronde en avait dit beaucoup de bien, et que j'ai pas mal de coups de coeurs littéraires en commun avec elle depuis deux ou trois ans. J'ai bien fait de l'écouter: j'ai adoré ce roman court que j'ai lu quasiment d'une traite. De quoi parle-t-il? Pendant leurs vacances dans le sud de l'Italie, un couple et son jeune fils sont confrontés à un monstrueux incendie de forêt qui les rabat vers la mer. Et fidèle à l'adage qui veut que l'on revoie toute sa vie en accéléré quand on est sur le point de mourir, le narrateur se remémore des scènes marquantes de son existence tandis qu'il s'efforce d'entraîner sa famille en sécurité. Outre la force de l'histoire, j'ai beaucoup apprécié l'évolution du style de l'auteur. Philippe Jaenada a su conserver ce qui faisait sa spécificité d'écrivain tout en se débarrassant d'une certaine arrogance plumitive. Désormais, il sait parfaitement doser ses digressions poupées-russes pour amuser ou interpeler sans perdre son lecteur en route. Et au lieu de chercher à éblouir ce dernier, il s'attache juste à être vrai, ce qui le rend souvent émouvant. "Plage de Manaccora, 16h30" est l'oeuvre d'un auteur enfin parvenu à maturité que je continuerai à suivre avec intérêt.

samedi 3 avril 2010

Mars 2010


Tu parles d'un héritage!

Je crois que je suis en train de devenir mon père.

Non, une moustache poivre-et-sel n'est pas subitement apparue sur ma lèvre supérieure. Non, mon sac Dreyfuss bien-aimé ne s'est pas transformé en vilaine gibecière de chasse et non, je n'ai pas miraculeusement perdu cinq ou dix kilos. (Oui, je pèse plus lourd que mon père. VDM.) Mais plus le temps passe, et plus je deviens catastrophiste.

J'ai toujours été d'un naturel peu confiant en mon prochain, et eu du coup tendance à baliser au maximum mes interactions sociales. Pour le reste, en revanche, je donnais plutôt dans l'optimisme. Je prenais toutes les précautions qui me semblaient nécessaires afin que les choses se passent bien; après quoi, je me détendais et je profitais de la vie.

Mais depuis quelque temps, je constate chez moi une mutation inquiétante: le développement d'une tendance à inventer des problèmes là où il n'y en a pas, à toujours partir du principe que l'issue d'une situation donnée sera la pire possible. Les fans de "Friends" se souviendront peut-être de cet épisode où Rachel s'enferme hors de chez elle alors que son bébé dort à l'intérieur. Elle se tape un délire total, imaginant qu'un aigle s'engouffre par la fenêtre ouverte pour enlever sa fille. Sur le coup, ça m'avait fait beaucoup rigoler. Aujourd'hui, je trouve poignantes les souffrances mentales de la pauvre Rachel.

Chaque nouveauté dans ma vie est désormais une source d'angoisse. Prenons par exemple le voyage au Japon que Chouchou et moi devons faire incessamment sous peu. Cette semaine, dans la journée qui a suivi ma visite chez le dentiste, une de mes gencives a triplé de volume. J'ai aussitôt conclu que j'avais un horrible abcès qui allait s'infecter et m'obliger à courir aux urgences tokyoïtes, où un chirurgien qui n'aurait pas compris mon mauvais japonais m'arracherait une dent saine sans anesthésie avant de me présenter une facture de plusieurs milliards de yens que la sécu ne me rembourserait jamais. En fait, je m'étais brûlée avec un thé trop chaud et j'avais une bête cloque qui a éclaté ce matin.

Je me suis sentie soulagée pendant environ une minute. Puis j'ai cherché un autre sujet d'inquiétude. Et je n'ai pas tardé à le trouver. Ce préacheminement en Thalys jusqu'à Charles-de-Gaulle, quel piège! Les trains sont toujours en retard, c'est bien connu. Si nous loupons notre avion, nous perdrons au minimum un jour de vacances, et peut-être notre réservation au Kimi-Ryokan, ce qui foutrait tout notre séjour en l'air. Quand j'ai fait part de mes craintes à Chouchou, il m'a annoncé que la SNCF avait déposé un préavis de grève pour le 6 avril. Rhââââââ je le savais que ce voyage allait être une catastrophe, je le savais, je le savais!

...Demain je contacte l'agence pour voir s'il n'y aurait pas moyen de changer nos réservations de Thalys et de gagner Paris la veille, quitte à payer une nuit d'hôtel sur place pour être sûrs d'avoir notre avion dimanche prochain.

vendredi 2 avril 2010

Amnésie sélective

J'ai un terrible secret à vous avouer. Je suis une amnésique de la lecture.

Six mois ou un an après avoir lu un bouquin, même si je l'ai beaucoup aimé, il n'en subsiste guère que quelques traces dans ma mémoire: le sujet grosso modo, le nom des personnages principaux (et encore, pas toujours). Mais en général, la fin s'est totalement envolée. Le milieu aussi, parfois. Quand j'ai de la chance, je retiens une ou deux scènes marquantes. Je suis encore capable de parler dudit bouquin avec enthousiasme, voire de le recommander chaudement - en même temps que, dans mon for intérieur, je prie pour que mon interlocuteur ne me réclame pas trop de détails sous peine de passer pour une mytho en pleine séance de pipotage.

Prenons par exemple "Neverwhere" de Neil Gaiman, qui figure parmi mes livres préférés de tous les temps. Je me rappelle que ça se passe à Londres, dans une sorte de monde souterrain qui cohabite avec le nôtre à l'insu des humains, et que les noms des stations de métro y prennent une signification assez littérale. A part ça... nada. J'ai perdu le nom du héros et tout le contenu de l'histoire. Je ne me souviens que de la jubilation intense éprouvée en lisant ce bouquin, de sa faculté à m'avoir coupée du réel pendant quelques heures.

Le plus bizarre, c'est que pour tout le reste, j'ai une putain de mémoire de compète. Je connais par coeur l'adresse et la date d'anniversaire de tous mes proches (plus leur numéro de téléphone depuis qu'on est passés aux portables, mais avant, j'étais aussi un répertoire ambulant). J'ai parfois l'impression d'avoir avalé un juke-box avec les centaines de chansons dont je peux restituer (faux, mais là n'est pas la question) jusqu'à la moindre inflexion de la voix du chanteur. Mon agenda me sert uniquement de garde-fou, car je sais exactement ce que j'ai à faire pendant chacun des jours restants de cette année 2010. Mais les bouquins, les bouquins que j'aime tant, semblent être lentement aspirés par une sorte de trou noir, et je ne comprends pas pourquoi.

Est-ce parce que j'en lis trop - une centaine de romans par an et au moins autant de bédés? Est-ce parce que je les lis trop vite et ne les relis jamais? Est-ce parce que mon cerveau, tel un disque dur plein à craquer, a atteint sa capacité maximum de stockage? J'avoue que le phénomène me laisse perplexe et parfois plus qu'un peu embarrassée. Il présente tout de même un avantage: si un jour, je suis vraiment fauchée, j'aurai une bibliothèque entière de livres quasi-neufs pour moi à dévorer.

jeudi 1 avril 2010

La Gazette de Sigmund

Pour les amateurs de LKH et de Série Préférée, le site ABFA vient de publier La Gazette de Sigmund #3, fanzine virtuel dans lequel vous trouverez entre autres choses une série de petites annonces tordantes et une interview d'une traductrice hyper-sympathique ^^ Enjoy!

Happy beurzdé to you!

Editeur Préféré fête ses dix ans aujourd'hui, et non, ce n'est pas un poisson d'avril.

Je travaille pour lui presque depuis le début. A l'époque, Editeur Préféré, c'était trois personnes qui bossaient dans un minuscule local en banlieue parisienne, et un milieu dubitatif sur la réussite potentielle de gens qui voulaient se spécialiser dans la fantasy - genre mal considéré s'il en est en France. Aujourd'hui, c'est plus de 30 salariés qui occupent quelques centaines de mètres carrés dans le 8ème arrondissement, et une place de n°1 européen dans sa catégorie. Je viens d'entamer ma 26ème traduction pour Bones et compagnie, et c'est la deuxième année consécutive que ça me rapporte des droits d'auteur en plus de mes à-valoir (ici, insérer bruit de tiroir-caisse: ka-ching!). Côté professionnel, une collaboration fructueuse, donc. Et côté personnel, des tas de chouettes rencontres faites par l'intermédiaire du forum, des liens tissés pendant les salons et approfondis sur Facebook, des dizaines de personnes dont je partage virtuellement le quotidien, les petits bonheurs et les grands énervements - ou l'inverse.

Il paraît que mélanger le travail et l'amitié n'est pas une bonne idée. Mais toute règle a ses exceptions. Je suis ravie qu'Editeur Préféré en fasse partie, et c'est bien volontiers que je rempile pour poursuivre le chemin à ses côtés pendant la prochaine décennie.

mercredi 31 mars 2010

3 jours de glande repos

J'ai beaucoup de mal à me remettre du Salon du Livre et du passage à l'heure d'été. Lundi matin, c'est la sonnerie de mon portable qui m'a tirée du lit à midi; mardi j'ai fait un tout petit peu mieux en me réveillant de moi-même vers 11h10; et ce matin j'ai dû m'arracher aux bras de Morphée avant 9h pour me rendre à ma séance de détrartrage annuelle. Je n'ai pas encore recommencé à bosser - ça, c'est prévu pour demain. Il me faut toujours un peu de temps pour digérer les grands événements.

Qu'ai-je donc fichu pendant ces trois derniers jours, à part déverser un litre de mon sang dans un crachoir et décréter que dentiste, c'était un métier de sadique? Et bien, je me suis fait bichonner. Par ma coiffeuse Lisa, adorable sosie de Sarah Jessica Parker qui m'a impitoyablement coupé toute une année de pousse de cheveux. Par ma copine Christine qui m'a préparé un délicieux gloubi-boulga à base de pâtes, de crème fraîche, de lardons et de champignons. Par mon primeur qui m'a choisi les plus belles clémentines de son étal, les fraises les plus parfumées et les meilleures pommes de terre pour une cuisson au four. Par Etre Exquis qui est venu goûter avec moi à la Théière - mais m'a lâchement abandonnée pour sortir s'en griller une quand la serveuse a commencé à nous raconter sa vie alors que j'aspirais juste à déguster en silence mon pain brioché beurré et pomme-confituré. Last but not least, par moi-même qui me suis fait un petit cadeau pour avoir plutôt bien assuré ce week-end: un collier Swarovski de la collection Alice in Wonderland.

J'ai également, en vrac:
- assisté avec une certaine stupéfaction à une averse de grêle qui, une demi-heure plus tard, avait cédé la place à un ciel radieux (décidément, y'a plus de saisons ma pov' dame)
- admiré, grâce à Skype, Attila vêtu de sa tenue de hockey flambant neuve et brandissant une crosse plus haute que lui
- fini "The Sartorialist", chouette recueil de photos tirées du blog éponyme qui prouvent bien que le style est une question d'attitude plutôt que de silhouette ou d'obéissance à la mode
- lu d'une traite pendant la pose de ma couleur "Tsubaki" d'Aki Shimazaki que j'ai trouvé intéressant mais qui ne m'a pas vraiment touchée
- lu de trois traites "Tous mes voeux" d'Anne Weber qui m'a beaucoup déçue
- dessiné la fontaine de la Halle aux Grains que j'aime d'amour en pestant de n'avoir pas ma boîte d'aquarelle avec moi
- déniché un pantalon en toile noir qui ne pèse pas plus de trois grammes et qui sera donc parfait pour le Japon, mais que j'ai dû acheter en 42 parce que, ben, je suis grosse en ce moment.

Demain, j'attaque une nouvelle traduction qui devrait m'amener tranquillement jusqu'à la fin du mois de mai et aux Imaginales. Après ça, j'aurai (déjà) épuisé mon crédit de déplacements fun prévus pour 2010. A moins que tombe la bonne nouvelle professionnelle que j'attends en croisant les doigts - et avec elle, le budget nécessaire pour une escapade en amoureux à l'automne.