vendredi 20 novembre 2009

Un Cha Yuan à Bruxelles

Mercredi vers 16h15, je sortais de chez Rose - où je venais de faire une razzia de petits cadeaux de Noël - avec le sentiment du devoir accompli. L'après-midi avait été productif; mon cabas La Marelle commençait à peser au bout de mon bras et sachant que Chouchou bossait jusqu'à 22h, je n'avais pas envie de rentrer tout de suite.

Au bout de la rue du Bailli, j'ai aperçu un nom familier sur une vitrine qui me semblait inconnue: Cha Yuan. Comme le salon de thé recommandé par Princesse Audrey où Chouchou et moi avions passé un délicieux moment cet été et où j'ai ensuite voulu entraîner Soeur Cadette, la faisant marcher dans la mauvaise direction pendant 20 bonnes minutes sous un soleil de plomb et avec des ampoules aux pieds.

J'ai poussé la porte et suis entrée dans une boutique décorée de façon beaucoup plus zen et épurée que celle de Toulouse. Il restait une seule petite table inoccupée près de la cascade murale, je m'y suis glissée et ai déposé avec bonheur mes paquets près de moi. Le patron s'est approché pour me donner la carte; je lui ai fait part de mon étonnement.
- Je croyais que le Cha Yuan de Toulouse était un salon de thé unique.
- Pas du tout; nous sommes quelques-uns en France. Après avoir tenu celui de Lille pendant plusieurs années, j'ai ouvert à Bruxelles il y a quelques mois.

Il m'a apporté mon Shizuoka Sencha à l'odeur de gazon fraîchement coupé dans une petite théière individuelle à filtre incorporé, une tasse japonaise, une carafe-thermos, une coupelle où reposait un mini-financier au matcha sur des lamelles de gingembre confit et un minuteur réglé sur 60 secondes "pour la première infusion; après vous voyez selon votre goût".

J'ai sorti mon carnet à dessin et je me suis mise à griffonner vite vite tout en buvant et en reremplissant ma tasse. Mon croquis terminé, j'ai goûté le petit gâteau: il était à se damner. J'ai demandé s'il existait en taille adulte, et son grand frère en forme de fleur est arrivé sur ma table encore tout tiède. Je l'ai laissé refroidir en encrant mon dessin avec un feutre-pinceau sépia (ce qui était une mauvaise idée, comme je m'en suis aperçue dès le premier trait; mais il était trop tard pour revenir en arrière).

Puis j'ai savouré mon gâteau en lisant le dernier ELLE français. A la table d'à côté, deux filles qui exerçaient visiblement le métier de traiteur soupiraient après les clients à petit budget et cassaient du sucre sur le dos de leur amie Laurence, "non mais elle est super gentille hein, mais elle a toujours des problèmes et j'ai pas tant d'affinités que ça avec elle, tu comprends". J'ai été contente quand elles sont parties et ont cessé de parasiter mon environnement auditif immédiat.

En allant payer, j'ai encore discuté un peu avec Jean-Benoît, le patron. J'ai acheté 100 grammes de Bencha Hojicha censé ne pas (trop) m'empêcher de dormir si j'en bois le soir, et une jolie petite boîte turquoise où le ranger. J'ai emporté trois des fiches-recettes au thé gracieusement offertes par la maison: cake au matcha, cookies matcha-pistache-chocolat blanc et madeleines au matcha. J'ai vu aussi qu'en plus de sa très belle carte de thés, le Cha Yuan proposait une restauration vapeur sans interruption pendant ses heures d'ouverture. Une adresse à découvrir pour tous les amateurs de thé bruxellois.

CHA YUAN
Rue du Bailli 97

1050 BRUXELLES

Tel: 02.325.95.12

Lundi 14h-19h; Mardi-Vendredi 10h-19h

jeudi 19 novembre 2009

The best cat vidéo ever

Parce que reconnaissance nonobstant, j'ai le moral au fond des babouches ce matin après une nouvelle nuit d'insomnie, voici une petite vidéo qui m'a fait mourir de rire:


Thanksgiving

Aujourd'hui Ah non merde, dans une semaine... C'est Thanksgiving dans le pays d'adoption temporaire de Soeur Cadette. Faisant fi des malheureux Indiens massacrés par les colons européens au XVIème siècle, les Américains vont se goinfrer de dinde et de tourte au potiron en rendant grâce à Dieu pour tout ce dont ils sont reconnaissants. Même si les origines de cette fête me laissent perplexe, et bien que je sois on ne peut plus athée, je trouve que recenser les choses qui méritent gratitude est une sacrément bonne idée. Alors, je me lance.

Je suis reconnaissante d'avoir rencontré cette année plein de chouettes gens qui sont devenus des copains, voire des amis: Eve, Ando, Anne, BBL, Kettch, Miss Sunalee & diane cairn... Grâce à eux, je perds un temps dingue sur Facebook, j'envisage sérieusement de me mettre à écrire, je me mets à boire des cocktails, je découvre la complicité féminine, de nouveaux auteurs et plein de bonnes adresses. Life is sweet.

Je suis reconnaissante que jusqu'ici, 2009 se soit déroulée sans la moindre dispute apocalyptique avec Chouchou. Pourvu que ça dure! On commence à assez bien maîtriser nos démons intérieurs tous les deux. Et puis on sait que le jeu en vaut la chandelle - qu'on ne peut pas, qu'on ne DOIT PAS casser ce truc miraculeux entre nous.

Je suis reconnaissante pour mon horrible crise de panique de début juillet, parce qu'elle m'a forcée à chercher une solution à un problème qui pourrissait gentiment depuis 15 mois. Aujourd'hui, tout n'est pas encore résolu, mais c'est en bonne voie. Et je pense être devenue un peu plus humaine au passage - un peu plus humble, un peu plus tolérante, un peu plus compréhensive, un peu plus zen. Ce qui ne peut pas faire de mal.

Je suis reconnaissante pour Skype qui, malgré sa qualité de son et d'image plus qu'inégale, me permet de voir et de parler régulièrement à ma famille: mes parents à Toulouse, Soeur Cadette, David et leurs schtroumpfs à Dallas. Notre éloignement qui m'attriste si fort s'en trouve quelque peu adouci.

Je suis reconnaissante envers la SNCF et ses tarifs démocratiques (pour les gens organisés, du moins...) qui me permettent de faire des aller-retour Bruxelles-Monpatelin une fois par mois pour 50€ seulement, ou d'aller passer la journée à Paris quand l'envie m'en prend, avec l'assurance que je pollue le moins possible et ne cours quasiment aucun risque d'accident des transports.

Je suis reconnaissante envers la météo belge qui nous a donné un vrai été ensoleillé et un très bel automne (14° hier soir vers 18h...). Si elle pouvait poursuivre l'effort en nous envoyant un hiver clément, ce serait bien urbain de sa part.

mercredi 18 novembre 2009

"New Moon", the Jennsylvania remix

L'écrivain Jen Lancaster, qui me fait rire autant qu'elle m'agace parfois, vient de poster une re-création absolument HI-LA-RANTE de "New Moon", le tome 2 de la série "Twilight" dont l'adaptation cinématographique sort cette semaine aux USA. Si vous avez lu le livre ou si vous vous fichez d'être spoilé, cliquez vite ici.

Ta gueule, David Douillet*

Dans son édition du mercredi 4 novembre, [le Canard Enchaîné] publie quelques-unes des bonnes feuilles [du livre de David Douillet], sobrement intitulé L'Ame du conquérant (Robert Laffont, 1998). Justifiant sur trois pages ce qu'il appelle sa "misogynie rationnelle", le député des Yvelines y dévoile ses projets pour la femme du XXIe siècle. "Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n'est pas quelque chose de naturel, de valorisant, explique-t-il. Pour l'équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer."

"C'est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d'élever des enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n'est pas par hasard", poursuit-il. "De fait, cette femme-là, quand elle a une activité professionnelle externe, pour des raisons de choix ou de nécessité, elle ne peut plus jouer ce rôle d'accompagnement essentiel. (...) Je considère que ce noyau est déstructuré. Les fondements sur lesquels étaient bâtie l'humanité, l'éducation en particulier, sont en partie ébranlés", ajoute David Douillet, aujourd'hui membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale.

Visiblement plus porté sur les affaires "naturelles" que "culturelles", il pare aux critiques : "On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes !"

Source: www.lemonde.fr

Alors, je suis extrêmement désolée d'ébranler les fondements de l'humanité avec mes petites histoires de flingues qui ne font pas de crottes. Mais tant que Chie Mihara ne donnera pas ses chaussures - et, accessoirement, que Carrefour refusera de me laisser vider ses rayons sans me réclamer des sous en échange -, j'ai peur de devoir continuer mon ignominieux travail de sape. En même temps, comme je n'ai pas daigné me reproduire, je peux sans doute adopter cette attitude hautement anti-féminine sans trop nuire à la société. Hé oui, lectrices, mes amies, mes soeurs: des enfants ou les pieds au chaud et un estomac plein, il vous faut choisir!

*Pardon pour cette grossièreté et pour cet emprunt au formidable blog C'est la gêne, mais y'a des jours où quand on lit ce qu'on lit et on voit ce qu'on voit, on se dit qu'on a bien raison de penser ce qu'on pense. J'me comprends.

mardi 17 novembre 2009

Charrette

Suis en période de bouclage pour les deux semaines à venir. STOP. Fini hier soir de bosser à 23h. STOP. Neurones ressemblent à spaghetti trop cuits. STOP. Ne résiste néanmoins pas au plaisir de vous livrer trois lignes extraites de mon boulot d'hier. STOP. "Un flingue se fiche de vos pouvoirs métaphysiques. Et il ne critique pas votre vie privée. Les chiens non plus, mais je n’ai pas besoin de ramasser les crottes de mon flingue après avoir tiré." STOP. Ai un métier formidable. STOP.

Il y a



Dieu que cette fille est belle dans sa singularité et son bonheur...
Son double Best Of sortira le 23 novembre; il sera plein d'inédits et de morceaux qui ne figuraient pas sur ses albums studios (notamment un extrait d'Atomik Circus et un autre du Soldat Rose). Il va direct se rajouter sur ma liste au Père Noël.

lundi 16 novembre 2009

"L'échappée belle"

Je ne déteste pas les bons sentiments, bien au contraire. J'adore refermer un livre ou ressortir d'une salle de cinéma le sourire aux lèvres et le coeur plus léger. Mais les jolies choses ne sont pas nécessairement les plus palpitantes. Pour capter l'attention de quelqu'un en lui parlant de choses du quotidien ou en lui racontant la vie de gens ordinaires à qui il n'arrive rien de spécial, il faut beaucoup, beaucoup de talent. Exemples d'essais transformés en littérature: "La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" de Philippe Delerm ou "Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda, deux bouquins que j'ai adorés malgré l'enthousiasme quasi-unanime qu'ils ont soulevé à l'époque de leur sortie. (Oui, "malgré", car je suis une snob littéraire et me méfie du consensus public en la matière. Mais j'ai mes raisons. Trois d'entre elles se nomment Dan Brown, Marc Lévy et Guillaume Musso. Si vous voyez ce que je veux dire.)

J'avais déjà parlé ici de ma déception à la lecture du roman suivant d'Anna Gavalda, "La consolante". Son cinquième opus paru au début du mois chez Le Dilettante ne rattrape en rien cette mauvaise impression. Une histoire de frères et soeurs qui s'échappent d'un mariage à la campagne pour se payer une dernière virée dans l'enfance, ça aurait pourtant pu être sympa. Manque de chance: ça reste superficiel et franchement insipide. On ne fait pas un bon bouquin en se contentant d'accumuler des touches de dégoût facile et de nostalgie convenue. Je sais qu'Anna Gavalda a écrit "L'Echappée belle" il y a déjà huit ans, pour répondre à une commande de France Loisirs qui souhaitait offrir une oeuvre originale à ses lecteurs. Je veux bien croire qu'elle a subi des contraintes de volume qui l'ont empêchée de développer sa trame pour en faire quelque chose de plus intéressant. Mais là, la jolie couverture aux cornets de riz cache un texte pareil à une barbe à papa: trop sucré, inconsistant et franchement hors de prix pour la satisfaction qu'on en retire.

Smells like indian curry

Finalement, la journée d'hier s'est très bien passée. Je me suis levée plus tard que prévu mais sans vertiges, youhou! J'ai lancé la liste de mes 25 favoris sur iTunes, en commençant par la chanson qui ne manque jamais de me donner la pêche: "Holiday" de Green Day. Vu l'heure, j'ai décidé de reporter le ménage au lendemain et de m'occuper uniquement de la récolte de mes petits pois sur FarmVille de la cuisson de mes madeleines. En l'absence de cuillère en bois (qui se trouvait dans le lave-vaisselle en train de tourner...) à coincer dans la porte du four pour la maintenir entrouverte, elles se sont légèrement desséchées mais avaient tout de même un bel aspect. Chouchou a aimé ma tenue du jour: petite robe en laine grise Urban Outfitters portée avec des collants toile d'araignée, des babies gris clair très hautes de chez Mango et ma jolie veste en velours vert-gris One Step.

JB et Hélène, que nous ne connaissions pas mais qui étaient invités en même temps que nous chez Miss Sunalee et diane cairn, sont venus nous chercher avec nos deux guitares et manettes de Wii, mon essoreuse à salades pleine de madeleines et ma valise de maquillage pour nous conduire jusqu'à Stokkel. J'avoue que même fan des transports en commun, je ne dédaigne pas une petite balade en BMW, surtout par un jour pluvieux et en talons de 10! A l'apéro, j'ai eu droit au Mai-Tai que je réclamais à cor et à cris depuis, euh, depuis le dernier que diane m'avait préparé. Pour le déjeuner, nos hôtes avaient confectionné un repas indien avec crevettes sauce coco en entrée et curry d'agneau tendre à se damner, servi avec moult accompagnements: dal de lentilles, raïta, chutney d'ananas, tomates à la coriandre fraîche, petit mélange de légumes... Le dessert était une panacotta au gingembre et au citron dont Miss Sunalee nous a prévenus qu'elle allait se stocker directement dans nos fesses. Je me suis dit que chez moi, elle allait devoir batailler ferme pour se faire de la place...

Le temps que nous sortions de table, le jour commençait déjà à décliner, et c'est à la lumière électrique que j'ai donné une leçon de "maquillage soutenu" aux filles pendant que les garçons jouaient à Guitar Hero V. J'ai proposé ensuite que nous inversions, mais curieusement, mon idée n'a pas déchaîné l'enthousiasme des foules. Je me suis donc contentée d'un petit "Smells like teen spirit" en duo avec Chouchou avant que nous prenions le chemin du retour, l'essoreuse à salade un peu plus légère mais l'estomac beaucoup plus lourd. L'avantage, c'est que nous avons pu sauter le repas du soir nous contenter d'un bol de soupe et d'une petite tartine de chutney d'oignon le soir. L'inconvénient, c'est que je ne veux plus jamais manger indien ailleurs que chez Miss Sunalee et diane cairn.

dimanche 15 novembre 2009

"The creative license"

Si les ouvrages sur les art journals des autres ne manquent pas, il est beaucoup plus difficile d'en trouver un qui motive le lecteur pour se lancer à son tour, surtout s'il ne possède aucune notion de dessin et pas la moindre idée sur la façon de procéder. J'ai longtemps cherché, et mon obstination vient enfin d'être récompensée: "The Creative License" de Danny Gregory est le manuel que j'attendais, et plus encore.

Après avoir très rapidement convaincu le lecteur que dessiner est à la portée de chacun et que cela enrichira sa vie en l'obligeant à regarder vraiment les choses qui l'entourent, l'auteur enchaîne par une série d'exercices faciles et passionnants. Chaque chapitre de son livre est un parfait mélange de conseils, d'anecdotes, de citations inspirantes et de dessins extraits de ses propres carnets. Il n'est pas une page qui ne donne des fourmis dans les doigts et une furieuse envie de lâcher tout ce qu'on est en train de faire pour se mettre à gribouiller avec un enthousiasme fiévreux. Un must pour tous les aspirants carnettistes. Je suis sûre que même les dessinateurs chevronnés adoreraient.

Vertigo

Mercredi, conformément aux instructions de Mme Mapsy et après une réduction très progressive de la dose que je prenais, j'ai complètement arrêté le Deroxat.

Jeudi, je me suis sentie à cran sans trop savoir pourquoi.

Vendredi, un ouvrier est venu à la maison effectuer de petits travaux que nous réclamions à la propriétaire depuis des mois. Pendant plus de deux heures, il a fait des allées et venues, sonné à l'interphone et joué de la perceuse. A peine était-il parti qu'une alarme de voiture stridente s'est déclenchée dans la rue. J'ai peiné comme une malade pour traduire dix pauvres pages et répondu par monosyllabes à Chouchou chaque fois qu'il a tenté de m'adresser la parole ce soir-là.

Dans la nuit de vendredi à samedi, impossible de trouver le sommeil. Je me suis relevée vers 1h30 pour bouquiner jusqu'à 4h. C'est Chouchou qui m'a réveillée le lendemain matin vers 11h30. J'ai passé tout le début de la journée en proie à des vertiges terribles qui m'ont jetée à terre trois fois, et j'ai dû me concentrer de toutes mes forces pour ne pas tourner de l'oeil dans ma baignoire, puis pendant que je me séchais les cheveux et tentais de me donner une apparence vaguement humaine dans ma salle de bain. A 15h, lassée de vaciller même dans ma chaise de bureau, je suis allée m'allonger.

Je me suis relevée à 16h30, sans avoir dormi ni attaqué la moindre des nombreuses tâches que je m'étais fixées pour ce week-end. J'ai décidé que l'arrêt des médicaments avait été trop brutal et avalé un demi Deroxat dans l'idée de continuer à en prendre un jour sur deux pendant encore quinze jours. Puis j'ai essayé de mettre les bouchées doubles et réussi à faire quelques trucs, mais pas le quart de ce que j'aurais voulu. J'ai skypé une heure avec Soeur Cadette, ce qui m'a un peu remonté le moral. Et j'ai bien fait attention à ne pas boire de thé passé 19h pour ne pas aggraver mon cas. Mais là, il est 2h30, Chouchou ronfle quelle que soit la position dans laquelle je le pousse, et je me fracasserais volontiers la tête contre un mur pour dormir enfin.

Demain, je dois être debout à 9h pour faire le ménage et préparer une double fournée de madeleines au chocolat avant d'aller déjeuner chez des amis. Là tout de suite, ça me paraît une épreuve absolument insurmontable.

samedi 14 novembre 2009

Le monde est fou

Ce matin (enfin ce midi, au sortir d'une très mauvaise nuit: j'ai arrêté le Deroxat mercredi et suis de nouveau en proie à des insomnies carabinées), j'apprends deux nouvelles totalement indépendantes qui me font bondir.
- Le secrétaire des général des Nations Unies vient d'entamer une grève de la faim par solidarité envers les populations du tiers monde.
- On a trouvé de l'eau sur la lune, ce qui permet d'envisager une colonisation à plus ou moins long terme.
Avec tout le fric qu'on dépense pour la conquête spatiale en vue, j'imagine, de pouvoir s'établir ailleurs un jour, ne serait-il pas plus logique (et plus humain!) de nourrir les gens qui souffrent ici et maintenant et de préserver la planète pour ne pas être obligés de la quitter plus tard?
Je dis ça, je dis rien, hein.

Week-end chargé en perspective

Voyez plutôt ma "To Do list":

- Avancer sur Kadodenoëlsecré pour Soeur Cadette
Evidemment, je ne peux pas divulguer de quoi il s'agit. Sachez juste qu'il y a du boulot de tri, de test et, idéalement, de graphisme là-dessous.
-> Fait aux deux tiers d'un trait; je suis contente de moi!

- Préparer une double dose de madeleines au chocolat
...Pour emporter chez Miss Sunalee et diane cairn dimanche, avec ma mallette de maquillage qui pèse un âne mort. Pourvu que le métro ne soit pas trop bondé!

- Mettre en forme Projet Editorial n°2
Celui qui s'est imposé à moi comme une évidence absolue dans la nuit de mercredi à jeudi, vers une heure du matin, pendant que j'essayais vainement de dormir. Dans l'ordre, ça implique de:
*recenser les éditeurs susceptibles d'être intéressés, c'est-à-dire faire une visite au rayon idoine de la Fnac et relever leurs coordonnées
*rédiger un courrier d'accompagnement
*écrire deux ou trois chapitres du bouquin (le "synopsis" étant déjà prêt)
Et surtout, faire tout ça avant que mon enthousiasme retombe et que le scepticisme me gagne.

- Finir, encrer et/ou mettre en couleurs les derniers dessins de mon carnet
Soit deux tenues, les croquis faits chez Olive & Aurore le week-end dernier et la régie de Plug RTL griffonnée mardi pendant que Chouchou donnait son interview.
- > Il me reste une tenue à dessiner complètement, mais là, je n'ai pas le courage. Si ça se trouve, je vais la zapper complètement.

- Reprendre mon carnet de Portrait de Chaussures
Et y peindre à l'aquarelle mes Richelieu rouges Annabel Winship, mes nouvelles Mary-Janes roses Shellys et les escarpins vertigineux achetés lors de ma dernière visite chez Mlle François.

- Créer un classeur de Bons Plans Voyages
...Pour y ranger tous les documents et les adresses que je collecte en vue de nos pérégrinations futures.
-> Le système de classement n'est pas idéal mais il s'améliorera au fil du temps. Ce qui compte, c'est qu'il existe.

- Rattraper le retard de ma compta professionnelle
En souffrance depuis fin mai. Oui je sais, c'est mal. Mais chaque fois que j'envisage de m'y attaquer, je trouve quelque chose de plus passionnant à faire (alphabétiser mes épices ou trier mes médicaments périmés, par exemple) avec une facilité déconcertante.

- Commencer un budget prévisionnel 2010
Ouais, j'ai gardé le plus sympa pour la fin. Ce serait vraiment ballot que je n'arrive pas au bout de ma liste...
Justifier

vendredi 13 novembre 2009

La surprise du jour

Dans la bande de potes écrivains, traducteurs ou lecteurs assidus que je retrouve pour foutre le dawa manger un bout ensemble dans un resto italien ou une crêperie lors des grands salons et festivals de fantasy et de SF, il y a un grand garçon un peu taciturne qui s'appelle Karim. Etant donnée la taille de nos tablées, ainsi que le débit et le volume sonore auxquels s'expriment certains d'entre nous pendant le repas (Anne, Jeanne, moi-même, c'est de vous que je cause...), nous n'avons pas encore vraiment eu l'occasion de discuter ensemble. En fait, tout ce que je savais de lui jusqu'à ce matin, c'est qu'il avait écrit une novella passablement loufoque appelée "La porte" que j'ai lue pendant les vacances de Noël l'an dernier, et qu'il m'avait très gentiment autorisée à lui piquer une photo de copine Anne pour illustrer le post que je lui ai consacré après les Utopiales.

Et puis soudain, cette vidéo des Ludwig von 88 relayée par Daelf sur Facebook:



Là, sur scène, derrière le micro: Karim. Avec des cheveux et sans lunettes. Mais sinon, le même que je trouve toujours si timide et réservé, limite un peu ours.

Hier encore, j'écoutais "Houlala II, la Mission" en repensant avec une pointe de nostalgie à l'été de mes 17 ans. Les vacances à la Rochelle avec les frères Z., ma première (et dernière) expérience de voile, la découverte que j'étais abominablement sujette au mal de mer, quinze jours passés à vomir par-dessus le bastingage dans la journée et, le soir, à éviter les tentatives de drague de David tout en essayant de me rapprocher d'Olivier. Mais aussi les délicieuses crêpes de Noirmoutier, l'unique Guinness de ma vie dans un pub où les autres ont piqué un verre à irish coffee, les joints fumés le soir en déambulant dans les rues pavées de ce port breton dont j'ai oublié le nom, le sublime kouign aman de la boulangerie de Pornic... et les chansons des Ludwig qu'en pleine nuit, on braillait à tue-tête dans le carré au risque de réveiller les occupants de tous les autres bateaux. Cet album, vingt ans plus tard, je le connais encore par coeur. Je m'amuse même à faire les voix sur l'intro.
- Charles-Henri, comme ce lion a de grandes dents!
- N'ayez crainte Ophélie, n'ayez craaaaaaaAAAAAH!

Parfois la vie réserve de jolies coïncidences.

Note à moi-même: la prochaine fois que je verrai Karim, tenter de conserver un minimum de dignité. Ne surtout pas me mettre à claironner "Pinponpinponpin, pinponpinponpin, Oui-Oui's not deaaaad" comme une pauvre fan de base.

Cher Papa Noël

Depuis des années, on ne se fait plus de cadeaux entre adultes dans ma famille. Sur mon initiative. Ben oui, je trouvais ça bête de se demander mutuellement ce qu'on voulait pour être sûrs de faire plaisir, de s'indiquer des cadeaux de même valeur approximative par souci d'équité et de gaspiller du papier pour les emballer alors qu'il aurait suffi que chacun s'achète ce qu'il voulait à un moment où les magasins étaient moins encombrés.

De la même façon, Chouchou et moi nous sommes contentés jusqu'ici d'investir ensemble dans quelque chose qui nous servirait à tous les deux: une Wii, par exemple. Et cette année, ce sera dans nos deux grands voyages de 2010 (le Japon au printemps et le Texas à la rentrée), donc nous n'aurons même pas quelque chose de tangible à mettre au pied du sapin.

Honnêtement, je m'en fiche: Noël ne signifie rien d'autre pour moi qu'une occasion de me goinfrer de foie gras et de boire beaucoup trop de champagne de passer du temps avec ma famille. Ce qui ne signifie pas que, si un gros barbu habillé de rouge tenait à me gâter parce que j'ai été admirablement sage pendant douze mois, je déclinerais poliment son offre en disant: "Merci, mais je n'ai besoin de rien". Besoin, c'est sûr. Envie? J'ai TOUJOURS envie de quelque chose. Et même de tout un paquet de choses, tiens:

- ma fameuse bague Christa Reniers
- le pendentif chauve-souris Dodo pour Pomellato
- le pendentif araignée créé par Aurélie Bidermann
- des Lillian de Louboutin (en rose pâle, noir mat ou rouge vernis)
- ces Hush Puppies grises
- la robe Origami de Manoush
- un petit pull en cachemire framboise Sud Express, à col rond et boutons décalés sur le côté
- un Sony ICF-CD3IP pour utiliser mon iPod comme réveil
- Lapins crétins - La grosse aventure pour Wii
- Wii Fit Plus (histoire de dépoussiérer la Balance Board)
- une poupée Blythe 12": la Taylor Gibson, la Cloud 9 Bow ou la Night Flower
- un shampoing et un masque capillaire de la gamme Sunflower de Kiehl's
- un contour des yeux au thé blanc Origins
- un grand flacon d'huile démaquillante Shu Uemura verte ou orange, décoré par Anno Moyoco
- une deuxième paire de lunettes de vue avec la monture Anne & Valentin ci-dessus, ou la Tom Ford qui lui ressemble fortement
- deux aller-retour pour Copenhague, Barcelone, Lisbonne ou Tallinn
- le dernier album de Regina Spektor, "Far"
- un album d'Arcade Fire, pour découvrir depuis le temps que j'en entends parler en bien
- un des 5 Thés Verts Nouveaux (grands crus) que Mariage Frères vient de sortir en pochette sous vide
- une boîte de Kusmi Tea "Vert Troïka"
- des bouquins: "Le voyage à Bordeaux" de Yoko Tawada, "Le remède et le poison" de Dick Wittenborn, "L'impatiente" de Céline Lis ou le tome 2 de Kushiel, "L'élue"

PS: Bien entendu, si Hugh Jackman est seul le soir du réveillon (ou tout autre soir de l'année d'ailleurs), je me ferai un plaisir de l'abriter et de le réchauffer, hin hin hin.

jeudi 12 novembre 2009

Filigranes a 21 ans

Je vous ai souvent parlé de Filigranes, cette mythique librairie bruxelloise qui se targue d'être la plus grande du monde et qui reste ouverte 365 jours par an. Hier, elle avait convié sa clientèle à fêter son 21ème anniversaire en présence de quelques célébrités locales (parmi lesquelles le chocolatier Pierre Marcolini). Photographe professionnel tirant le portrait des nouveaux arrivants; fritkot installé sur le trottoir; champagne, vin et cocktails servis dans l'espace bar; gâteau réalisé par un grand pâtissier qui avait réussi à se tromper et à indiquer le chiffre 25 en pâte d'amande; karaoké auquel se sont essayés même le maître des lieux, sa mère et sa fille: rien ne manquait au bonheur des invités à part peut-être des boules Quiès.


La foule étant essentiellement agglutinée du côté du bar et le personnel occupé à festoyer lui aussi, les rayons périphériques se trouvaient étrangement déserts pour une fois, ce qui nous a permis d'y flâner tout à notre aise. Il y avait fort longtemps que je n'avais pas feuilleté autant de beaux livres de photos. Bien entendu, quelques malheureux employés avaient tout de même hérité de la corvée de caisse, ce qui m'a permis de ne pas repartir les mains vides mais avec le butin suivant:
- "Les larmes de Tarzan", de Katarina Mazetti dont j'ai adoré "Le mec de la tombe d'à côté" il y a peu
- "L'Echappée belle" d'Anna Gavalda, que j'ai beaucoup hésité à prendre mais dont le format et la jolie couverture m'ont finalement fait craquer
- "Les choses" de Georges Pérec dans une nouvelle et très belle édition de chez Pocket (nous l'avons déjà à la maison, mais en poche vilain)
- "L'art de l'essentiel" de Dominique Loreau, dont j'avais déjà beaucoup apprécié "L'art de la simplicité" et "L'art des listes"

mercredi 11 novembre 2009

Je sais, l'attente fut longue...

...Et la bédé est courte. Mais Chouchou n'est pas resté inactif pendant un mois, bien au contraire: il s'est doté de nouveaux moyens techniques qui devraient augmenter sa productivité. Il vous racontera tout ça lui-même dans les jours à venir.

"Septembre en t'attendant"


Alissa Torres est enceinte de son premier enfant lorsque son mari, qui travaillait au World Trade Center depuis la veille, est tué dans les attentats du 11 septembre 2001. Commence alors pour la jeune femme un long parcours du combattant. Il lui faut non seulement faire le deuil de son époux avec qui elle était en froid la dernière fois qu'elle l'a vu, mais aussi se préparer à son nouveau rôle de mère dans des circonstances matérielles difficiles...

Beaucoup d'oeuvres de fiction ont été écrites sur la tragédie qui frappa New York en ce mardi funeste, voici déjà huit ans. Ce qui fait la force de "Septembre en t'attendant", c'est son côté journal intime. Le lecteur vit le drame de l'intérieur: les cauchemars de la jeune femme qui imagine son époux se jeter du 83ème étage, sa lutte incessante pour obtenir les dédommagements financiers qui lui sont dus, les absurdités bureaucratiques auxquelles elle se heurte, la nécessité pourtant de continuer à avancer pour son bébé... Mais aussi les souvenirs de temps plus heureux qui nous permettent de reconstituer sa vie d'avant - avant qu'elle ne soit plus qu'une victime d'abord prise en pitié, puis en butte à une étrange hostilité pour son statut de veuve du 11 septembre. C'est un parcours bien solitaire et bien douloureux que retrace là le dessinateur Sungyoon Choi. "Septembre en t'attendant" est plus qu'une simple bédé: un documentaire historique intime et émouvant.

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde font leur show

Notre interview pour l'émission "Lifestyle" a été mise en boîte hier par l'avenante Françoise et sera diffusée le 29 novembre à 17h20 sur PlugRTL (le M6 local). Pour ceux qui ne capteraient pas la télé belge ou auraient autre chose à foutre ce jour-là, le résultat sera visible sur le site internet de la chaîne pendant la semaine suivante. Quant à nous, nous recevrons un DVD dont nous pourrons fièrement infliger le visionnage à tous ceux de nos parents et amis qui ne lisent pas (encore) notre blog. Joy and happiness for everybody, donc.

mardi 10 novembre 2009

Bac en novembre, Noël en décembre

Cette nuit, j'ai passé un très long moment à tenter de mettre la main sur ma convocation pour le bac. Arrivée dans un lycée inconnu et labyrinthesque, j'ai cherché, au bord de l'affolement, la salle dans laquelle devait se dérouler l'épreuve d'anglais - celle où j'étais certaine de cartonner. Non parce que les autres matières, ça faisait quand même un moment que je ne les avais pas étudiées. Ca m'aurait beaucoup étonnée que je sois encore capable d'analyser une fonction algébrique ou de restituer les statistiques du commerce extérieur de la Chine.
Puis je me suis souvenue que le bac, je l'avais déjà eu il y a 22 ans, et j'ai réalisé que je n'avais rien à prouver en essayant de le décrocher une deuxième fois. Du coup, j'ai voulu rentrer chez moi, mais le 60 m'est passé sous le nez, et je me suis retrouvée à marcher des kilomètres et des kilomètres en rase campagne, en espérant que je n'allais pas me perdre.
Mais tout ça n'était rien à côté de ce qui attendait copine Jeanne (prof de français quand elle n'écrit pas des novellas de SF qui raflent tous les prix de leur catégorie l'année de leur sortie): le rectorat venait juste d'apprendre qu'elle n'avait jamais eu son bac; elle était donc priée de le décrocher dans les meilleurs délais, et avec une mention de préférence, sans quoi le déshonneur l'obligerait à se faire seppuku.

Depuis que j'ai fortement diminué mes doses de médicaments, j'ai recommencé à rêver, et on dirait que mon inconscient essaie de rattraper le temps perdu. Tant qu'il ne m'envoie pas de cauchemars atroces comme il sait si bien m'en concocter parfois, ça me va. Mais je suis un peu étonnée qu'il me ressorte ce thème éculé de "l'examen pour lequel je stresse à mort, avant de me rendre compte que je ne suis pas obligée de le passer". A quelques variations près (parfois, au lieu du bac, il s'agit des examens de fin d'études à Sup de Co, et je peux m'en dispenser parce que je me souviens tout à coup que j'ai déjà un boulot et qu'il ne dépend pas de ce diplôme), il revient hanter mes songes plusieurs fois par an depuis que je travaille. Et se termine toujours par une sensation d'intense soulagement.

lundi 9 novembre 2009

Mademoiselle reçoit

"Mademoiselle vous reçoit tous les dimanches pour vous offrir quelques instants magiques, instants qui vous motiveront à retourner sur le chemin du travail avec le sourire. Mademoiselle est l’hôtesse que toute femme rêve d’être et que tout homme aimerait connaître. Elle accueillera ses hôtes le dimanche, dès 20h, dans un lieu cosy et chaleureux, proposant sa sélection musicale à la fois pointue et dansante, ses délicieux cocktails ainsi que ses délectables mises en bouche. Il arrivera que Mademoiselle reçoive une de ses amies pour chanter sur un dj set plus deep house. Sans oublier les fabuleux Bingo organisés tous les dimanches par la maîtresse des lieux elle-même !"

Alléchée par la publicité ci-dessus, j'imaginais un lieu à l'ambiance "salon" plein de trentenaires détendus, où l'on pourrait papoter avec de nouvelles connaissances confortablement assis dans des fauteuils moelleux. Dès la deuxième édition de Mademoiselle Reçoit (Chouchou et moi nous trouvions à Nantes pendant la première, le week-end dernier), nous avons donc donné rendez-vous là-bas à Miss Sunalee et diane cairn. Et bravé le froid de gueux qui s'était brusquement abattu sur la ville en fin de journée pour nous rendre en bus jusqu'au 8 chaussée de Boondael.

Mais là, déception: au lieu de l'endroit cosy qu'on nous avait promis, nous n'avons trouvé qu'un bar branché avec de la musique un peu trop forte, un éclairage de boîte de nuit et une carte de boissons réduite à sa plus simple expression. Quelques couples gays se pelotaient sur la banquette du fond; une poignée de vingtenaires lookés traînaient dans les coins ou se grillaient une clope à l'intérieur. Tout l'opposé de ce que j'étais venue chercher. Nous avons tenu le coup une petite heure en papotant, interrompus à environ une dizaine de reprises par l'un ou l'autre serveur désireux de nous distribuer des cartes de bingo ou de renouveler nos consommations, avant de fuir lâchement dans la nuit. De la Mademoiselle qui a donné son nom à la soirée, nous n'avons pas vu la moindre trace. Quant à l'endroit sympa où sortir à notre âge, qui ne soit ni un salon de thé pour mamie fermant à 19h, ni une boîte de nuit où l'animation commence passé minuit, nous le cherchons toujours.

Mademoiselle reçoit tous les dimanches de 21h à 1h du matin
8 chaussée de Boondael
1050 Bruxelles
Entrée gratuite

dimanche 8 novembre 2009

Saving private Krissounet

Hier, alors que Chouchou et moi déjeunions dans un bar à nouilles non loin de la Bourse, j'ai reçu un texto: "Salut **** (surnom que je ne suis pas assez stupide pour écrire ici), nous sommes sur Bruxelles pour un week-end impromptu, visite du musée Magritte, vous auriez un peu de temps pour boire un verre ou manger un bout?" C'était signé Kris, un des membres du quatuor infernal avec lequel j'ai sillonné l'Ouest américain trois années d'affilée. Garçon adorable mais plutôt branché foot qu'art moderne, politiquement à droite (personne n'est parfait ^^) et que j'ai toujours connu célibataire jusqu'à... il y a un peu plus d'un an me semble-t-il. Depuis, il s'est mis en couple avec Céline, une fille très jolie, hyper cultivée et elle aussi mordue de voyages. C'est donc en sautant de joie que j'ai répondu que nous étions libres le soir et que nous serions ravis de manger avec eux.

Nous avons réservé une table pour quatre au Cook & Book, qui est ouvert jusqu'à minuit le samedi et dont, après avoir maintes fois savouré le brunch, je voulais tester le restaurant. La conversation durant le repas fut fort instructive. J'y découvris que Krissounet était désormais écoeuré par les questions d'identité nationale et notamment par le sort réservé aux réfugiés politiques, et que bien avant le musée Magritte l'après-midi même, il avait docilement suivi Céline dans son exploration du MoMA durant leur séjour à New York cet été. Un peu plus tard, au rayon manga, en apprenant que Céline adorait Jiro Taniguchi, je lui ai vivement conseillé la lecture du "Gourmet solitaire" que j'avais adoré. Dès qu'elle a eu le dos tourné, Kris l'a pris pour l'acheter. Quand elle a vu qu'il le tenait à la main, ses yeux se sont mis à briller. "Pour toi ou pour moi?" a-t-elle roucoulé. Et mon Krissounet de lâcher avec un geste désinvolte: "Bah toi ou moi, de toute façon, c'est pareil!".

Je pense que la preuve est faite: oui, parfois, le Salut réside dans l'amour.

Je la veuxxxxxx

Hier après-midi, Chouchou et moi sommes passés à l'agence de voyage équitable Joker, recommandée par Miss Sunalee, pour voir s'ils pouvaient nous proposer des tarifs d'avion inférieurs à ceux d'internet sur deux aller-retour Bruxelles-Tokyo en avril prochain. Ils pouvaient: 820€ par personne tout compris au lieu d'environ 900€ pour la même prestation (Thalys jusqu'à Paris-Charles de Gaulle, puis vol direct Air France jusqu'au Japon). Nous avons donc pris nos billets et sommes ressortis tout guillerets, bien que le portefeuille considérablement allégé.

...Deux heures plus tard, Miss Sunalee que nous avions rejointe entre-temps m'entraînait à mon corps défendant - et ne la croyez pas si elle prétend le contraire! - chez Christa Reniers, la joaillière flamande chez qui elle avait acheté sa jolie bague verte. N'étant pas vraiment branchée bijoux, je me pensais à l'abri de tout craquage. Erreur, grosse erreur. Alors que j'examinais les présentoirs de l'oeil sceptique de la fille pas intéressée, une bague trois anneaux en argent sertie de saphirs verts (même modèle que celle de la photo mais pierres différentes) s'est mise à m'appeler d'une voix larmoyante à en briser le coeur d'un Jésuite. Bien entendu, elle m'allait divinement. Bien entendu, elle était beaucoup trop chère pour quelqu'un qui venait de claquer presque un SMIC en déplacement troueur de couche d'ozone. Mais je sais déjà que je ne dormirai plus le coeur en paix tant que je ne serai pas retournée la chercher. Le motto des prochaines semaines? "Travailler plus pour gagner plus".

samedi 7 novembre 2009

Question(s) de style

Définissez votre style en quelques mots:
40% rock, 40% bohémien, 20% rétro

Les célébrités dont vous aimez le style:

Dita Von Teese. Vanessa Paradis dans ses bons jours. Lily Cole. Gwen Stefani. Christina Aguilera quand elle ne fait pas dans le sexy-trash.

VETEMENTS


Vos marques préférées en ce moment:
Dans le milieu de gamme:
Claudie Pierlot, Odd Molly, Hoss Intropia, Noa Noa, Desigual et Manoush (même si je n'ai encore rien acheté chez eux vu les prix délirants).
Dans les chaînes à petits prix: Mango, Promod et depuis peu, H&M.

Vous rêveriez de vous offrir...
La sublime robe Origami de chez Manoush. Qui coûte 550€, glups. On verra s'il reste ma taille pendant les soldes.

Les types de
vêtements les plus présents dans votre garde-robe:
Des jeans straight ou bootcut, pas trop taille basse, indigo ou à peine délavés.
Des robes/tuniques à taille Empire.
Des jupes très évasées.
Des pulls en cachemire.
Des tops un peu mous, ni trop près du corps ni trop grands.
Des T-shirts à manche courtes, ballon ou princesse.
De jolis caracos pour porter sous les pulls très décolletés.
Des petits blousons en cuir souple, tout doux.

Quelques pièces-clés de votre look:

Mon manteau redingote rouge Promod.
Ma longue robe turquoise et taupe Cop Copine en jersey un peu moulant, avec laquelle j'adore mettre mes Docs 8 trous roses.
Ma petite robe noire à fleurs Alain Manoukian, parfaite telle quelle à la mi-saison et portée par-dessus un T-shirt noir à manches longues l'hiver.
Trois jupes d'hiver descendant sous le genou et composées de plusieurs jupons superposés: une rouge et une vieux rose de chez One Step, une noire IKKS.
Une jupe d'été Noa Noa en soie traitée façon tye-dye, gris très foncé en bas et de plus en plus clair en remontant vers la ceinture.
Mes éternels Levis (peut-être relayés dans un futur proche par des jeans Uniqlo).
Un très beau pull en cachemire gris clair, tricoté au point mousse, du Comptoir des Cotonniers.

Tout l'or du monde ne vous convaincrait pas de porter...

Un sarouel. Effet "couche pleine" garanti.

Les types de vêtements que vous évitez:
Les jupes trop courtes ou trop moulantes, pour cause de jambes moches.
Les pantacourts, pour cause de jambes déjà assez riquiqui comme ça.
Les tops à col en V et les cache-coeurs qui accentuent l'étroitesse de mes épaules et m'aplatissent la poitrine.
Les tops à emmanchures américaines qui soulignent mes bras de chauve-souris.
Les chemises et chemisiers, parce que je ne repasse pas.
Les pulls en laine ou - pire - en angora, parce que ça me gratte.
Tout ce qui est en lin, parce que ça se chiffonne immédiatement.
Tout ce qui était à la monde dans les 80': manches chauve-souris, épaulettes, couleurs fluo...

Les couleurs les plus présentes dans votre garde-robe:

En toute saison: noir, kaki, rouge vif, tous les tons de gris du plus clair au plus foncé.
Hiver: taupe, violet foncé, bleu marine, bleu canard, vieux rose ou rose poudré.
Eté: fuchsia, turquoise, rouge, indigo.

Les couleurs que vous ne porteriez jamais:

Jaune; marron; vert sapin ou pelouse (mais un bel émeraude ou un joli amande, pourquoi pas?).

Votre dernier achat:

Le manteau Desigual dont je vous ai déjà parlé ici.

Votre prochain achat:

Je vais essayer de tenir jusqu'aux soldes, en janvier. Mais ça risque d'être dur.

Quelques achats ruineux que vous regrettez:
Une grande écharpe en cachemire Burberry jamais portée, dont je vais me débarrasser sur eBay très prochainement.
Le fameux petit manteau bleu Anne Klein.

CHAUSSURES

Vos marques préférées en ce moment:

Chie Mihara, Annabel Winship, Shellys.

Vous rêveriez de vous offrir...

Les Lillian de Louboutin, en rose pâle, en noir mat ou en rouge vernis. The ultimate "f*ck me" shoe.

Les types de chaussures les plus présentes dans votre armoire:

Mary-Janes (ou "babies" en français, ah ah) et
salomés.
Escarpins à talons de 8.
Boots et bottines (pas de bottes car mes mollets refusent de rentrer dedans, snif).
Sandales d'été à haute semelle compensée.

Quelques paires que vous affectionnez par-dessus les autres:

Mes boots de moto Free Lance, les chaussures que j'aurai le plus portées de toute ma vie.
Mes Converse basses marron sans lacets, achetées une bouchée de pain à SF il y a quelques années (ou était-ce à NY?).
Les Triton de Chie Mihara, sandales d'été très hautes mais très stables grâce leur talon cône, en cuir caramel laissant les orteils à l'air et avec une bride autour de la cheville, dénichées neuves et en 35 sur eBay pour le tiers de leur prix en magasin.
Mes escarpins Sacha à talon bobine bleu canard de 7 cm, un peu rétro et parfaitement confortables.
Les premières Shellys achetées pendant les dernières soldes d'été chez Mlle François, les noires plates avec une grosse fleur en cuir rouge sur le dessus.
Les mignonnes ballerines R.A.S. oubliées dans mon placard pendant la moitié d'une décennie et ressorties récemment.

Tout l'or du monde ne vous convaincrait pas de porter...

Des mocassins, des Crocs ou ces immondes sandales à semelle en caoutchouc qui tiennent par des élastiques à scratch. Beurk.

Les types de chaussures que vous évitez:

Les ballerines trop plates, parce que j'ai besoin de me rehausser un minimum.
Les baskets, à part les Converse basses.
Les chaussures à lacets, parce que j'ai la flemme de les faire et de les défaire (mais je viens de faire une exception pour mes fameux Richelieu rouges).
Les escarpins à bout hyper pointu ou talon trop aiguille.

Votre dernier achat:
Puisque je n'ai pas pu avoir les Shellys avec les cerises, j'ai commandé celles avec le noeud sur le dessus, en rose. Elles serviront très probablement à l'élaboration de ma prochaine bannière.

Votre prochain achat:

Là aussi, je vais essayer d'attendre les soldes. Et retourner aux Galeries Lafayette Haussman voir si les Charles Krammer en nubuck rouge avec un talon très haut, une fermeture éclair derrière le talon et des "languettes" sur le cou-de-pied sont toujours disponibles en 36.

Si quelqu'une a envie de répondre ici ou sur son propre blog, qu'elle n'hésite pas (et qu'elle laisse, le cas échéant, un lien dans mes commentaires).

vendredi 6 novembre 2009

Après la radio...

Hier, j'ai été contactée pour participer à une émission de télé.
Non, pas pour parler du bouquin que je n'ai pas encore écrit.
Non, pas non plus pour chanter dans "Les 100 plus belles casseroles du siècle"; inutile de vous précipiter chez votre pharmacien pour faire un stock de boules Quiès.
En fait, il s'agit "juste" d'une émission sur les blogueurs. Et quand je dis "juste": oui, c'est de la fausse modestie; oui, je fais des bonds dans mon salon en lançant en l'air le poing de la victoire et en m'imaginant déjà inondée d'offres de voyages gratuits parce que je suis devenue en l'espace d'une heure une star de la blogosphère.
Je suis bonheur délirant, ne nous y trompons pas. En vérité, seules deux questions obscurcissent mon horizon radieux:
- Que met-on comme chaussures pour passer à la télé, et ne faudrait-il pas que j'en achète une nouvelle paire? (Chouchou me répond: "On ne verra pas tes pieds". Rabat-joie.)
- Sachant que nous ne sommes pas abonnés à la télédistribution, comment vais-je bien pouvoir faire pour me regarder?
...C'est tout pour le moment.

jeudi 5 novembre 2009

Où l'on reparle des propriétés de métamorphose du Xanax

Il s'est passé un truc étrange pendant les Utopiales.

Le premier soir, alors que Chouchou et moi venions juste d'arriver, je suis tombée sur Magali Duez de Griffe d'Encre - petite maison d'édition dont je ne chanterai jamais suffisamment les louanges. Contre sa poitrine, entortillé dans une sorte de grande écharpe en tissu, elle portait son fils de 6 semaines. Que le papa et elle ont baptisé du même prénom que Satan Cahouète. Et qui malgré ça dormait tout benoîtement.

Je me suis penchée pour le regarder et je me suis sentie sourire.

Entendons-nous bien. Il est très mignon, ce gosse, et le fait qu'il ne moufte pas a certainement aidé. Par ailleurs, je n'étais pas liquéfiée de l'intérieur comme devant un truc VRAIMENT craquant, genre une portée de chatons ou de lapereaux bélier. Mais je n'ai pas éprouvé ma vague répugnance habituelle, celle qui fait que je dois me concentrer très fort pour ne pas grimacer et reculer d'un pas au lieu d'écouter la jeune maman me raconter ses nuits sans sommeil en faisant "Mmmh" et en hochant la tête d'un air entendu comme si ce genre de chose m'intéressait le moins du monde. Voire, j'étais contente de discuter avec Magali de son état d'esprit actuel et de ses projets pour la suite. Limite, même, j'étais touchée par le spectacle de son visage fatigué et pourtant plein d'une belle sérénité terrienne.

Je ne suis absolument pas en train de revoir ma position sur la question des enfants: je n'en veux toujours pas, inutile d'appeler mes parents pour leur faire une fausse joie. Mais pour la première fois de ma vie, je me surprise à ne pas me sentir sur la défensive face à un bébé, pas agressée ni remise en cause dans ce que j'ai de plus personnel par sa seule présence. J'ai pu oublier mon nombril pour me concentrer sur ce qui était important à ce moment-là: le bouleversement bienvenu dans la vie de mon interlocutrice. Et ça m'a beaucoup plu de ne pas avoir ma réaction épidermique et égoïste habituelle.

En y repensant avec satisfaction, je me suis rendu compte que j'avais pas mal changé ces derniers mois, que j'étais devenue beaucoup plus tolérante, plus zen, plus chaleureuse dans mes rapports avec les autres. La tension, l'angoisse, la colère sous-jacentes qui m'ont toujours gâché le caractère ont disparu de façon presque miraculeuse. J'imagine que c'est un effet secondaire des médicaments que je prends. Toute la question est de savoir s'il demeurera après la fin de mon traitement. Je croise les doigts. Parce que je me préfère vraiment comme ça.

Uniqlo a débarqué à Paris

Uniqlo, c'est le Gap japonais: une marque qui propose des basiques d'un excellent rapport qualité-prix, et dont les boutiques fleurissent un peu partout dans les grandes villes de l'Empire du Soleil Levant. Il y a deux ans, Chouchou et moi y avions acheté quelques fringues qui ont fort bien tenu la distance et pas bougé malgré de nombreux passages en machine. Aussi étais-je toute contente quand on a annoncé l'ouverture, début octobre, d'un gigantesque flagship store rue Scribe, à Paris.

Les premiers compte-rendus m'ont sidérée et quelque peu refroidie. Pendant trois semaines, les client(e)s ont dû faire la file sur le trottoir, parfois pendant une demi-heure, rien que pour entrer dans le magasin. C'était paraît-il le bordel intégral à l'intérieur, sans compter une seconde queue devant les cabines d'essayage et une troisième aux caisses. Détestant la foule et les effets de mode, j'ai bien failli renoncer. Mais comme de toute façon, mes pas m'emmenaient de ce côté-là jeudi dernier, je me suis dit que ça ne me coûterait rien de jeter un coup d'oeil.

Bilan: désormais, il est possible d'accéder directement au magasin. Qui est grand à peu près comme la moitié du Texas, et sur trois étages de surcroît. Par contre, il faut toujours s'armer de patience pour essayer ses vêtements (et ne pas hésiter à retirer son manteau histoire de ne pas bouillir dans son propre jus en attendant). Les vendeurs sont très nombreux à disposition de la clientèle, et fort aimables dans l'ensemble... même si certains d'entre eux, visiblement envoyés par la maison-mère, comprennent le français sans le parler et répondent en anglais. Côté taille, on n'est pas dans les normes japonaises ni même européennes, mais plutôt américaines. Je flotte dans les jeans en 38 alors que chez Levis, je prends l'équivalent d'un 40; et pour les hauts, le S m'est limite trop grand alors que je fais un M chez la plupart des autres marques (voire un L chez celles qui taillent leurs fringues pour des alludes - oui, c'est à vous que je cause, gens de chez Zara et Desigual).

Et côté vêtements, me direz-vous? Qu'est-ce qui justifie cette folle ruée? Que trouve-t-on d'intéressant chez Uniqlo? Principalement 3 choses.
- Des cachemires à prix raisonnable, dans un grand choix de modèles et de couleurs. Mais sorti du noir et du gris clair, n'espérez pas trouver de teintes discrètes et de bon goût telles que prune, indigo, anthracite ou aqua. Là, on est plutôt dans le jaune soleil, l'orange vif, le rose fuchsia ou le vert pelouse. Il faut aimer. Ou ne fréquenter que des aveugles.
- Des tops Heattech, fibre qui conserve et restitue la chaleur corporelle. Un poil moins efficace que le Damart, mais moins cher et surtout beaucoup moins mémère. Là encore, très grand choix de modèles, depuis le débardeur jusqu'au col roulé en passant par toutes les longueurs de manches et les formes de décolleté intermédiaires. Là encore, très grand choix de couleurs dont 90% font saigner les yeux. Courageuse mais pas téméraire, je me suis contentée d'un T-shirt noir à manches 3/4 et décolleté rond, plus fin que les Petit Bateau que je porte d'ordinaire sous mes pulls ou mes robes en hiver.
- Des jeans au prix unique de 39,90€, pour homme comme pour femme. Si vous n'êtes pas spécialement filiforme, vous pourrez choisir entre une coupe straight, une bootcut et, pour les filles, une boyfriend dans une demi-douzaine de teintes différentes. Si vous êtes filiforme, vous allez passer trois heures à vous extasier devant l'incroyable variété de slims et de skinnies en denim ou en velours, dans les teintes habituelles ou toutes les autres couleurs de l'arc-en-ciel. Jalouse à mort j'étais de toutes celles qui pouvaient rentrer leurs fesses dans du velours gris ou rose (un des grands rêves de ma vie, avec le port de la minijupe en jean sur jambes nues).

mercredi 4 novembre 2009

La justice immanente selon Carré d'Artistes


Jeudi dernier. Il fait un temps splendide à Paris, et je commence ma journée de shopping dans le Marais où j'étais juste censée dessiner les jolies petites rues et les façades originales, ha ha ha. Après être restée sourde aux appels d'une paire de babies Chies Mihara en nubuck rouge avec une petite guirlande de fleurs sur le côté vendues chez Garrice, je suis en train de remonter la rue Vieille-du-Temple quand j'aperçois un magasin Carré d'Artistes. Amatrice du concept et fidèle de la toute première boutique d'Aix-en-Provence depuis son ouverture il y a dix ans, je ne résiste pas au plaisir de rentrer pour jeter un coup d'oeil.

Plusieurs des peintres exposés éveillent mon intérêt, mais c'est la plasticienne Cathy Mouis qui le retient finalement. Je possède déjà un assez grand tableau d'elle représentant deux chats en papier mâché; intitulé "Caramel et Chocolat", il trône fièrement à l'abri de la bibliothèque de Monpatelin. Son petit frère me fait de l'oeil, et je me dis que dans un cadre blanc, il rendrait fort bien sur le mur marron de notre salon bruxellois.

Je m'en saisis donc et passe à la caisse, où je bavarde un peu avec la charmante vendeuse. Je lui narre mon bref entretien avec Haricot Vert Prétentieux, concluant avec indignation qu'elle aurait pu lui faire un procès pour plagiat de concept commercial. Elle me répond que ça n'en valait pas la peine et, avec un sourire en coin, m'apprend que le propriétaire de Dérapages l'a contactée il y a quelques mois en se plaignant que ça ne marchait pas et en demandant si par hasard, Carré d'Artistes ne voudrait pas lui racheter son affaire. Comme quoi, la justice immanente n'est pas toujours un concept fumeux.

Il est celui que je voulais (mais il ne me va pas)

Ca fait plusieurs saisons que je me cherche un beau manteau. J'en ai un rouge façon redingote longue dont je suis complètement toquée (et que j'ai payé à peine 99€ chez Promod il y a quelques années), mais il est trop typé pour aller avec tout. Du coup, j'avais envie d'un manteau gris clair cintré à la taille. Un Paul & Joe Sister, par exemple. Le mois dernier, j'en ai pisté un beau, tout neuf car issu du service de presse, vendu seulement 49€ (soit le dixième de sa valeur réelle) sur eBay. Et je l'ai laissé filer deux fois par étourderie.

Et puis l'autre jour en sortant de la dédicace de Pénélope Jolicoeur, j'ai croisé une jeune fille qui portait une création sublime, colorée et vaguement orientalisante. Je l'ai abordée poliment:
- Excusez-moi mademoiselle, votre manteau est magnifique, on dirait un Desigual.
- Bien vu! m'a-t-elle répondu avec un grand sourire. Vous n'êtes pas la première personne qui m'en fait compliment. C'est incroyable l'attention qu'il me vaut depuis que je l'ai acheté.

Depuis, je fantasmais sur ce manteau sans pouvoir me résoudre à aller l'essayer sur le stand Desigual de l'Inno. Mais jeudi alors que je déambulais dans les Galeries Lafayette à Paris, il m'a quasiment sauté à la figure. Je l'ai enfilé. Je ne pouvais pas lever les bras dans le 40 - déjà, grosse vexation. Le 42 me faisait des épaules 80's, pochait lamentablement au niveau de la taille et me moulait les hanches de façon inquiétante. Désolation j'étais.

Heureusement, il avait un copain bleu vif avec des appliques de tissu dans les tons verts et turquoise, a priori moins mon style mais qui m'allait super bien, lui. Et qui coûtait 40€ de moins - à ce stade, il n'y a pas de petites économies. Par contre, pour le côté "pas typé", euh... Tant pis, il me faisait trop envie. Et je me voyais parfaitement le porter avec une jupe noire au genoux, un collant opaque et mes escarpins Sacha bleu canard à talon bobine. Paul & Joe attendront l'hiver prochain pour intégrer (peut-être) ma garde-robe.

mardi 3 novembre 2009

Question de taille avec Maïa Mazaurette


"On est d'accord, trop grosse ça sert à rien,
mais en-dessous de cette taille-là, c'est pas possible non plus..."

Non, la sexblogueuse la plus célèbre de France (même si elle est désormais domiciliée à Berlin) n'était pas en train de me parler calibre pénien mais chaussures. Et ouais! Quand deux filles qui partagent une même passion se rencontrent, ça donne une conversation fort sympathique sur la cambrure idéale des escarpins à talon très haut et les prix "relativement modiques" - je cite - pratiqués par la marque Buffalo, celle des fameuses babies rouges qui me font baver d'envie chaque fois que Maïa Mazaurette poste une photo d'elle avec. En dédicace sur mon exemplaire de "Rien ne nous survivra - Le pire est avenir", elle m'a dessiné un plan d'accès à la boutique berlinoise, au cas où mes déambulations shoppinguesques et culturelles m'emmèneraient là-bas un de ces jours. J'avais d'elle l'image d'une fille très naturelle plutôt que sulfureuse, et je ne m'étais pas trompée: Maïa est souriante, spontanée et hyper accessible. En plus, elle portait des boucles d'oreilles Goldorak en plastique rose fluo absolument terribles. J'ai beaucoup aimé le petit moment passé à discuter avec elle aux Utopiales samedi après-midi.

Comment je suis partie de Bruxelles avec une immense valise presque vide et rentrée aussi chargée qu'après un mois de vacances aux USA

Voici les choses qui, durant mon absence de quatre jours, sont venues se rajouter dans mes bagages...


Jeudi 29 Octobre

- Un petit tableau de Cathy Mouïs dont je vous reparlerai, son achat ayant donné lieu à une anecdote amusante...
- 7 comics ("Echo" et "Buffy saison 8) récupérés chez les p'tits gars d'Arkham.
- 2 jeans Uniqlo à 39,90€ pièce, dont un boyfriend qui est la chose la plus confortable et la plus cool que j'aie jamais portée. Ca valait bien de manquer mourir de chaud en faisant la file pour les cabines d'essayage.
- 1 T-shirt noir Heattech Uniqlo, moitié moins cher qu'un Damart, trois fois plus fin et dix fois plus joli. En plus, en me voyant prendre du M, le vendeur s'est jeté sur moi pour me refiler du S en me disant "Et encore, ça sera peut-être trop grand". Il avait raison. Décidément, j'aime cette marque.
- 100g d'Opium Hill et 300g de Thé sur le Nil (1 sachet pour Bruxelles, 1 pour Monpatelin et 1 pour Gren).
- Une jolie boîte rouge Mariage Frères pour mettre l'Opium Hill qui, c'est décidé, entre dans mon assortiment permanent malgré son prix limite prohibitif.
- Un manteau Desigual sublime et ruineux, auquel je consacrerai un post un peu plus tard. Vu le prix que je l'ai payé, je compte en tirer le maximum d'usage, bloguesque y compris!
- 2 petits vernis Mavala qui m'avaient fait envie chez Funambuline: le Night Club (rose pétant) et le Minsk (anthracite). Plus une base traitante et un fixateur de la même marque. Plus le O.P.I Curry Up Don't Be Late parce que ça m'a l'air d'être un beau doré, et parce que toutes les blogueuses beauté sont folles de cette marque. Je ne peux quand même pas mourir idiote.
- 3 bédés chez Virgin: "Francis blaireau farceur" (en rupture de stock sur Amazon), le tome 4 des "Petits riens" de Trondheim (même si je les connais déjà puisque je suis abonnée au fil RSS de son blog), et l'album "Gothic Lolita" publié par Soleil qui me décevra probablement mais dont le texte en français et en japonais a excité ma curiosité.


Vendredi 30 Octobre

- 2 bouquins franco-japonais dénichés chez Junku: "Appartements de filles à Paris" et "Les carnets de collages des Parisiennes". Au départ j'en visais 2 autres de la même collection, mais vu leur prix délirant, j'ai réduit mes ambitions à la baisse.
- Un feutre noir à encre de Chine Neopiko en 0.3 (Je suis toujours à la recherche du parfait instrument pour mes petits dessins, alors je teste plein de marques).
- Une Boîte à Télécommandes de Valérie Nylin.
- Une nouvelle Kimmi Doll, Etsumi ("Gaieté") pour tenir compagnie à Hubert sur ma table de nuit.
- Une pochette "Paris" pour ranger mes cartes de fidélité françaises.
- Un petit cadeau de Noël à rajouter à la pile pour Soeur Cadette et David.
- 2 jolis ensembles de lingerie Passionata, un violet et un indigo. Pour la première fois de ma vie, j'ai dû prendre du 90C en soutif. Ou bien la marque taille grand, ou bien les 4 kilos pris cet hiver ne sont pas uniquement localisés sur mon bide. Dans le doute, je ne vais pas faire de régime. Voire, à la place, je vais faire une cure de Mamma Roma pour voir si je ne pourrais pas pousser jusqu'à un bonnet D.
- 3 paquets d'étiquettes autocollantes fantaisie pour orner mes art journals.
- Mes Richelieu Annabel Winship, que j'ai fait livrer chez Gren et dont je découvre qu'ils me vont à merveille - même si le joli lacet en gros grain promet d'être méga-chiant à faire et à défaire.


Samedi 31 Octobre

- 3 bouquins achetés aux Utopiales pour les faire dédicacer: "Le haut-lieu et autres espaces inhabitables" de Serge Lehman, "Rien ne nous survivra" de Maïa Mazaurette et l'anthologie de fantasy érotique "Chasseurs de fantasmes" (dont je n'ai finalement réussi à choper aucun auteur alors que j'en connais personnellement au moins 3, la lose).
- Un tube de Crème pour Peaux Intolérantes Avène que je consomme en presque aussi grande quantité que le Coca Light.
- Un petit bocal de confit d'oignon Favols (sublime sur toasts de pain aux céréales grillé avec une salade de roquette aux tomates séchées et aux pignons) et un autre de marmelade "Aventure de citron au gingembre" signé Du Bruit Dans La Cuisine.


Dimanche 1er Novembre

- Un jeu "Zéro" testé et approuvé la veille.
- 2 bocaux de confiture maison (nectarine-framboises et mûres sauvages) gracieusement offerts par Gren pour me permettre de tenir jusqu'à Noël et au renouvellement de mon stock perso par Mère.


A cela, il faut encore ajouter les achats certes beaucoup plus modestes de Chouchou:
- un jean Uniqlo
- trois paquets de plumes spéciales manga
- les trois premiers tomes de La Brigade Chimérique
- "L'art invisible" de Scott McCloud
...et bien sûr, nos vêtements et nos affaires de toilette.
Autant vous dire que les escaliers de la ligne 4 entre les stations de métro Montparnasse-Bienvenüe et Gare du Nord n'étaient pas nos amis hier midi!

lundi 2 novembre 2009

Anne Fakhouri 1 - Neil Gaiman 0

Je suis entourée de gens géniaux.
Je sais: n'importe qui vous dira la même chose de ses potes, la plupart des gens ayant tendance à éviter de fréquenter ceux qu'ils prennent pour de sombres connards.
Mais moi, je vous rappelle que j'ai exceptionnellement bon goût.
Et par "géniaux", je n'entends pas juste "achement sympas". J'entends "bourrés de talent que s'ils étaient pas aussi drôles et intéressants, j'aurais envie de les envoyer jouer dans un mixer".
Ainsi, copine Anne.
Copine Anne a une très grande gueule. Copine Anne est catho pratiquante et capable de débiter de pures horreurs de l'air le plus sérieux du monde. Copine Anne a un mari répondant au doux sobriquet de Gorille qui pratique l'escrime et la couture, ainsi qu'une fille de trois ans surnommée La Malédiction qui, au lieu de les faire se battre, accouple entre eux ses chevaliers Playmobil. Et quand copine Anne n'est pas en train de donner des cours de français, de hanter les GN ou de jouer les marieuses et de se plaindre ensuite de la réussite de ses manigances, elle écrit des bouquins fantastiques dans les deux sens du terme.
Alors quelques mois plus tard, c'est normal, copine Anne est nominée pour le Grand Prix de l'Imaginaire en catégorie Roman Jeunesse. En même temps que Neil Gaiman avec "L'Etrange vie de Nobody Owens". Excusez du peu.
Et le soir de la remise des prix, à votre avis, qui repart avec le GPI? Mmmh?



PS: Vu que l'an dernier, copine Jeanne avait reçu le prix Julia Verlanger et que ce serait dommage de gâcher un si beau winning streak, il serait bon que quelqu'un se dévoue pour casser la baraque l'an prochain. Ando, on compte sur toi.

Un goûter à La Cigale

Créée en 1895, La Cigale est une de ces grandes brasseries françaises comme on n'en fait plus aujourd'hui, avec un cadre somptueux et un service classe mais absolument pas guindé. Les premiers temps où je vivais à Nantes, je n'osais pas m'y aventurer, craignant que les prix soient à la hauteur de la beauté et de la réputation de l'établissement. Et puis, pour ses cent ans, La Cigale a organisé un lâcher de ballons auxquels les passants pouvaient accrocher une petite carte avec leurs coordonnées. Si leur ballon était retrouvé intact, ils gagnaient un repas pour deux. J'ai eu la chance que mon ballon survive jusqu'en Vendée et que quelqu'un le signale à la direction. Ainsi ai-je eu l'occasion de constater que la cuisine de La Cigale, bien que délicieuse, restait tout à fait abordable. A partir de là, conquise, je n'ai eu de cesse d'y retourner au moindre prétexte - d'autant que le restaurant fait aussi salon de thé.

Hier après-midi, il faisait très mauvais temps à Nantes. Nous avons effectué un troisième et dernier passage à la Cité des Congrès pour récupérer quelques bricoles: les tomes II et III de "La Brigade Chimérique" pour Chouchou qui avait été conquis par le I; un petit cadeau de Noël pour Soeur Cadette et David; des photos délirantes d'Ernest-Raoul avec les participants au cosplay. Puis, alors que Gren, Chouchou et moi cherchions un endroit où nous réfugier, j'ai suggéré d'aller goûter à La Cigale. Je savais que mon cinéphile d'amour serait forcément conquis par un lieu qui non seulement sert des gâteaux orgasmiques, mais a servi de décor à plusieurs films de Jacques Demy. Et comme toujours j'avais raison.



La formule chocolat Valrhona à l'ancienne ou thé ou orange pressée + pâtisserie maison coûte moins de 6€. Et le brunch, qui a l'air à se damner, n'est qu'à 20€. Autant dire que si vous venez à passer par Nantes, je vous recommande plus que chaudement d'aller faire un tour à La Cigale.

La Cigale
4, place Graslin
(face à l'Opéra)
44000 NANTES
France
Tel: 02 51 84 94 94
Ouvert tous les jours de 7h à minuit et demie

dimanche 1 novembre 2009

Télégramme nantais

Grand Prix de l'Imaginaire du Roman Jeunesse effectivement attribué à copine Anne: suis fierté. STOP. Repas à la crêperie hier midi avec la bande du forum grand moment de fou-rire, heureusement que copines BBL et Ando dotées d'heureux caractère et bon sens de l'humour. STOP. Pas facile localiser Serge Lehmann pour lui faire dédicacer son recueil de nouvelles recommandé par Mélanie, mais Gren d'une patience infinie si auteur agréable à regarder. STOP. Maïa Mazaurette adorable et pas avare de bons tuyaux chaussures; espère que son roman sera aussi bien qu'il en a l'air. STOP. Tristesse que Pierre Dubois pas là cette année un peu rattrapée par perspective présence Neil Gaiman l'an prochain (Gren déjà en train de faire plan pour le coincer dans ascenseur et lui faire subir derniers outrages). STOP. Hier soir après demi-bouteille champagne rosé, découverte deux nouveaux jeux de société très sympas: Wasabi et Zéro. STOP. Aujourd'hui temps de merde, impossibilité faire tourisme pour montrer ville à Chouchou. STOP. Reviens bientôt avec post plus détaillé. STOP.

vendredi 30 octobre 2009

Télégramme parisien

Journée superbe hier dans Paris. STOP. Ai fait des folies niveau shopping. STOP. Hâte de vous raconter tout ça et de vous montrer les photos. STOP. Très mal aux bras ce matin; qui a dit que le shopping c'était pas du sport? STOP. Là, doit me préparer pour aller chercher Chouchou à la gare. STOP. Vous embrasse fort. STOP.

jeudi 29 octobre 2009

L'inéluctable progression du CIS*

Reçu ce matin un mail m'informant de l'arrivée d'une de mes cartes Postcrossing en Angleterre:

Good news Armalite!

User Tinsey from United Kingdom received the postcard you sent! It reached its
destination in 6 days after traveling 319kms!

Tinsey wrote you a message:


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Hi Armalite,

Many thanks for the gorgeous Belgian beer postcard, I love it! I've been to

Belgium many times and although I don't drink beer either, you can't deny that
it's part of the culture. My favourite Belgian "thing" is Speculoos paste :-)
Happy postcrossing and all the best,

Tina


*Complot International du Speculoos, pour les lecteurs qui prendraient le Thalys en marche.