mercredi 5 août 2009

Voyages voyages...

En début d'année, j'avais deux projets de voyage arrêtés: le Maroc début mai et Prague courant juin. J'appréhendais le premier et pensais que j'allais adorer le second. Erreur sur toute la ligne. Le Maroc m'a complètement séduite et Prague, gravement déçue. Et je me suis rendu compte qu'au fil du temps, ma conception du voyage évoluait.

Elle a sans doute commencé à le faire lors des road trips à travers les Zuess avec les VIP. Trois ans d'affilée, sous l'impulsion d'Autre Moi, j'ai visité des endroits sauvages dans lesquels je n'aurais jamais mis les pieds par moi-même, et j'ai été vraiment conquise par certains d'entre eux. Pas tous, mais assez pour élargir mes horizons touristiques jusque là réduits aux grandes villes, aux centres commerciaux et aux musées d'art moderne.

Au Maroc, cette tendance s'est confirmée. Même si j'ai pris du plaisir à faire un peu de shopping dans les souks, j'ai surtout aimé les rencontres avec les gens de là-bas et l'exotisme des paysages urbains très différents de ceux que j'avais connus jusque là. Je me suis beaucoup plus amusée à dessiner des choses qu'à en acheter.

A peine un mois plus tard, je me retrouvais à Prague avec des milliards d'autres touristes, dans une ville qui par contraste avec mon expérience de Marrakech et d'Essaouira m'a parue aseptisée et peu intéressante. J'ai bien été obligée de me remettre en cause et de me demander ce que je cherchais en voyageant, dans le fond. J'ai réalisé que jusqu'ici, mes expériences à l'étranger, bien que souvent plaisantes, avaient été assez superficielles d'un point de vue humain. Et j'ai eu envie que ça change.

Il y a dix jours, alors que nous buvions un verre au Meteko avec Miss Sunalee et diane cairn, la conversation s'est portée sur les voyages. Ils nous ont dit combien ils avaient adoré leur expéditions en Thaïlande et au Cambodge, et qu'ils espéraient partir au Vietnam cet hiver. Pour une raison que j'ignore, la Thaïlande ne me tente pas du tout (de plus, Chouchou y est déjà allé avec son ex); en revanche, le récit de leur trip organisé au Cambodge, avec une agence qui privilégie les petits groupes anglophones et les commerces locaux, m'a ouvert de nouveaux horizons.

Et le soir même, alors que nous dînions chez elle, Ingrid nous a également parlé de ses voyages en Thaïlande et au Cambodge, nous disant qu'elle n'avait pas aimé le premier mais gardait un excellent souvenir du second. J'y ai vu un signe. Depuis, je fantasme sur un pays dont je ne sais quasiment rien, sinon que sa capitale se nomme Phnom Penh (j'ai été obligée de vérifier l'orthographe avant de l'écrire) et que le régime communiste radical des Khmers lui a fait beaucoup de mal pendant, euh, longtemps. Autrement dit, même pas de quoi avoir la moyenne au bac en histégé.

En 2010, nous savons déjà que nous retournerons au Japon et que nous irons voir Soeur Cadette au Texas. Mais à partir de 2011, tout devient possible.

mardi 4 août 2009

La véritable histoire de Monsieur Tout-Le-Monde, épisode 2

Voilà, je ressemble enfin à quelque chose dans la bédé de mon amoureux.

Evidemment, pour l'instant, il se borne à dévoiler la moitié supérieure de ma tête.

A ce rythme-là, plusieurs mois s'écouleront avant qu'il doive s'attaquer au problème épineux de dessiner mes chaussures :-)

La saga de l'été: Sauvetage d'une peau (épisode 2)

Résumé de l'épisode précédent: lassée de cumuler acné, mélasma et premières rides, notre héroïne a décidé de retrouver visage humain, dusse-t-elle pour cela résilier son Codevi et en reverser tout le contenu dans les caisses de Sephora.

Après avoir essayé quantité de produits avec des résultats plus ou moins probants (souvenez-vous de mes tests de la semaine, publiés chaque mercredi pendant au moins deux mois...), j'ai définitivement fixé les modalités de soin de ma peau.

Le matin:
Systématiquement:
- nettoyage à l'eau micellaire Avène
- hydratation avec la crème pour peaux intolérantes Avène
Si je sors dans la journée (même par temps couvert):
- crème solaire SPF 50+ Melascreen de Ducray
Une fois par semaine (pas les deux le même jour):
- masque à l'argile Out of Trouble Origins
- gommage doux éclatant Seaderm

Le soir:
Si j'étais maquillée:
- démaquillage des yeux avec le Sens'Eyes de MakeUp For Ever
- démaquillage du reste du visage avec l'huile démaquillante Shu Uemura verte
Dans tous les cas:
- nettoyage avec la Washing Cream Menard
- élimination des dernières impuretés avec la lotion bleue Menard
- deep filler à l'acide hyaluronique IncaRose en contour des yeux
- sérum Night Repair d'Estée Lauder sur le reste du visage

Ca peut paraître beaucoup, mais je me suis rendu compte que nettoyer ma peau à fond et la nourrir convenablement fait une énorme différence. Depuis que j'ai adopté cette "routine", je n'ai plus de boutons que les fois où je m'absente quelques jours et n'emporte pas tous mes cosmétiques avec moi.

Ce que je recommande à toutes les filles, quels que soient leur âge et la nature de leur peau:


- S'hydrater et se protéger du soleil tous les matins.
Dans ce domaine, je pense que toutes les crèmes se valent à peu près; à vous de voir ce qui vous convient en matière de prix, de texture, de parfum, etc. A mon avis, les produits que l'on trouve dans les supermarchés font tout aussi bien leur boulot que ceux des marques de parfumerie, donc si vous n'avez pas un gros budget, inutile de vous ruiner en crème de jour et en écran total.

- Le soir, adopter un rituel en trois temps: démaquillant, nettoyant, lotion.
Je conseille vraiment le Sens'Eyes qui est un produit génial bien que pas donné; il enlève les maquillages les plus costauds sans frotter ni piquer les yeux, un vrai bonheur!
Préférez également l'huile aux eaux, aux crèmes ou aux laits démaquillants: c'est de très loin ce qu'il y a de plus efficace pour désincruster le fond de teint, notamment. Celle de Shu Uemura est chère, mais plein d'autres marques en font à des prix plus abordables, et qui donnent d'aussi bons résultats.
Pour le nettoyant, la Washing Cream de Menard (que l'on peut trouver soit à leur institut de Paris, soit sur leur site internet) est vraiment un produit fantastique; de plus, elle ne coûte que 22€ le tube et comme il en faut peu, elle dure très longtemps. Un bon investissement.
Quant à la lotion, n'importe quoi fait l'affaire.

(A suivre...)

lundi 3 août 2009

"How I met your mother" saison 4

Cette quatrième saison du "Friends" des années 2000 est sans doute la plus inégale de toutes. Après un bon démarrage dans la lignée des trois précédentes, elle connaît un pic au moment du mariage raté de Ted et de Stella avant de traverser un sérieux passage à vide pendant tout son deuxième tiers. Durant celui-ci, les personnages n'évoluent pas; les gags paraissent éculés et poussifs, et on se demande si la série n'est pas en train de s'essouffler irrémédiablement.

Heureusement, les scénaristes redressent la barre dans la six derniers épisodes, pendant lesquels on regrettera juste l'absence d'Alyson Hannigan (sans doute interdite d'écran à cause de sa grossesse). Pour la saison 5 dont la diffusion démarrera à la rentrée aux Zuess, on nous promet que Ted va enfin rencontrer la femme de sa vie et qu'elle sera... une de ses élèves. Stay tuned!

dimanche 2 août 2009

Top 10: Littérature Générale

J'ai longuement hésité sur la façon de classer les livres qui suivent. Par ordre de préférence: impossible, ils sont trop différents et chers à mon coeur chacun pour des raisons bien spécifiques. Par ordre d'"accessibilité": mmmh, trop subjectif. Dans l'ordre où je les ai découverts: oui, pourquoi pas. En fin de compte, j'ai opté bêtement pour l'ordre alphabétique des noms d'auteur.

- "Le maître et Marguerite" (Mikhaïl Boulgakov): Dans les années 30, le diable débarque dans un Moscou gangrené par le communisme où se croisent, entre autres personnages burlesques, un écrivain suicidaire et un chat noir doué de parole qui ne craint pas les balles. Parallèlement, nous suivons les derniers jours de Jésus à travers les yeux de Ponce Pilate, le procurateur de Judée qui ne veut pas le condamner mais va s'y trouver forcé pour des raisons politiques. Satire du pouvoir, comédie tragique, roman à la fois foisonnant et maîtrisé, "Le maître et Marguerite" est considéré comme un des chefs-d'oeuvre de la littérature russe - et à juste titre.

- "Notre prison est un royaume" (Gilbert Cesbron): Le roman initiatique qui m'a bouleversée quand j'étais adolescente. A la rentrée des classes, la bande des Mousquetaires se reforme dans un lycée parisien. Mais Pascal Delange, le plus beau, le plus doué, le plus secret des quatre garçons manque à l'appel: il s'est suicidé pendant les vacances. L'un de ses amis va fouiller dans sa vie pour essayer de comprendre la raison de son geste. Durant sa quête, il perdra son innocence et laissera à jamais le monde de l'enfance derrière lui.

- "La maison des feuilles" (Mark Z. Danielewski): Ce roman inclassable et archi-oppressant raconte en parallèle l'histoire d'un cinéaste qui explore les entrailles d'une maison défiant toutes les lois de l'espace-temps, et celle du type paumé qui découvre un jour le récit de cette aventure et se laisse happer à son tour par la folie. Sous couvert d'un récit à la frontière du fantastique, l'auteur explore le concept de vide d'une manière aussi vertigineuse que brillante, réussissant à retranscrire ses idées à travers la mise en page et la typographie mêmes de son livre.

- "L'agneau carnivore" (Agustin Gomez-Arcos): Très difficile à trouver en français aujourd'hui, ce roman raconte une histoire d'amour hyper-charnelle entre deux frères dans l'Espagne franquiste. Ca pourrait être dérangeant et ça n'est que bouleversant de beauté, écrit dans une langue magnifique et avec une force de sentiments renversante. Comme tous les bouquins de Gomez-Arcos, d'ailleurs.

- "Le Loup des steppes" (Hermann Hesse): Dans la plupart de ses romans, Hermann Hesse explore une forme particulière de la dualité de la nature humaine: la vertu et le vice dans "Demian", le sacré et le païen dans "Narcisse et Goldmund"... Ici, il s'intéresse à l'opposition nature/culture à travers l'histoire d'un homme nommé Harry Haller qui se définit comme un loup. Tiraillé entre ses plus bas instincts et ses aspirations intellectuelles et artistiques, il envisage de se suicider lorsqu'il rencontre Hermione, son double, qui va l'aider à réconcilier les deux moitiés antagonistes de son être.

- "Une fièvre impossible à négocier" (Lola Lafon): Après s'être fait violer par un homme "irréprochable", une jeune femme révoltée trouve un sentiment de sécurité et un sens à sa vie en s'engageant dans un mouvement militant d'extrême-gauche. Récit autobiographique à peine déguisé, il vaut pour son écriture d'une fulgurance rageuse. Chaque phrase de Lola Lafon est à la fois poème vibrant, pamphlet politique et coup de poing au plexus. J'avais parlé ici de son deuxième roman. Le troisième est en préparation, et j'ai hâte de le découvrir.

- "Le temps n'est rien" (Audrey Niffenegger): Déjà cité récemment dans ma liste de bouquins à mettre entre toutes les mains, et dans cet article.

- "Le Cercle de la croix" (Iain Pears): En 1663, un professeur de l'université d'Oxford est retrouvé mort dans son cabinet. L'autopsie révèle la présence d'arsenic dans son foie. Sarah, sa servante, est accusée du meurtre et exécutée. Quatre personnages (un marchand vénitien, le fils d'un traître, un cryptographe qui travaille pour les services de renseignements et un historien amoureux de la condamnée) relatent les circonstances et les mobiles de ce crime dont ils ont, chacun à leur façon, été témoins. Chacun croit fournir la seule version objective des faits. Mais seul le lecteur pourra, à la fin, reconstituer la vérité dont chaque récit individuel ne révélait qu'un fragment.
Thriller historique incorporant de nombreux éléments scientifiques et philosophiques, "Le cercle de la croix" est tout simplement la plus brillante des oeuvres de fiction que j'aie jamais lues - et une des plus difficiles d'accès, aussi. Mais si on arrive à passer outre ses 800 ou 900 pages écrites serré sans beaucoup de retours à la ligne, et si on ne se laisse pas rebuter par le style très recherché de l'auteur, on est récompensé par un roman magistral, qu'on referme en se sentant à la fois bluffé, infiniment plus insruit et convaincu de la nature subjective de la vérité.

- "Le Maître des illusions" (Donna Tartt): Un étudiant boursier et un peu naïf débarque dans une université huppée. Très vite, il est fasciné par un professeur de lettres classiques qui a rassemblé autour de lui un groupe de cinq étudiants riches, intellectuels et arrogants. Tous dotés d'une personnalité hors normes et hors époque, ils vivent selon leur propre morale et s'adonnent à des rituels inquiétants... Présentée ainsi, l'intrigue pourrait faire penser à "La physique des catastrophes" de Marissa Pessl, mais ce roman sorti au début des années 90 est infiniment plus prenant, mieux construit et mieux écrit. Un énorme pavé que j'ai eu un mal fou à lâcher avant d'être arrivée au bout.

- "Mrs Dalloway" (Virginia Woolf): L'histoire de ce roman, ce n'est presque rien: juste la journée d'une bourgeoise qui prépare une réception pour le soir même. Mais l'écriture, rhâââ, l'écriture! "Mrs Dalloway" est l'équivalent littéraire d'un tableau impressionniste, une suite de sensations souvent très subjectives qui, telles de minuscules touches de peinture, s'enchaînent les unes aux autres pour composer un ensemble d'une luminosité saisissante. Je ne comprendrai jamais comment l'auteur d'un livre si débordant de vie et d'humanité a pu se suicider avant d'atteindre la quarantaine, mais je sais que c'est une perte immense pour la littérature.

samedi 1 août 2009

"The scenic route"

Je n'aurais sans doute jamais entendu parler de ce livre, ni jamais eu l'idée d'acheter un roman d'un auteur au prénom aussi ridicule (Binnie? Sérieusement?) si une des critiques littéraires de mon magazine chouchou Real Simple n'avait pas conclu son article sur "Les bouquins de l'été 2009" en disant que c'était son préféré parmi toute la sélection, qui en comptait une grosse trentaine.

Comme quoi, on a parfois de bonnes surprises en se lançant à l'aveuglette. Sylvia, divorcée sans enfants et récemment virée de son boulot avec des indemnités rondelettes, part traîner son désoeuvrement en Italie. Là, elle rencontre Henry, un dilettante d'âge mûr, marié à une femme aussi riche qu'absente. Tous deux se lancent dans un périple sans but, à la fois à travers l'Europe et les souvenirs de Sylvia. Dans la géographie comme dans la mémoire, ils choisissent d'emprunter les chemins de traverse, faisant mille tours et détours en n'obéissant qu'à l'impulsion du moment. Du coup, le roman a un côté un peu "fouillis", mais c'est un fouillis riche, sympathique et haut en couleurs. Il m'a fait penser à une version moins amère de "Two for the road", excellent film de Stanley Donnen avec Audrey Hepburn.

On sent que l'auteur est une conteuse au meilleur sens du terme, capable de créer des personnages attachants parce qu'imparfaits, d'installer une atmosphère par quelques détails bien choisis, de distiller avec un mélange de pragmatisme et de grâce mélancolique des anecdotes qui rapportées par quelqu'un d'autre paraîtraient tout à fait fades. J'ai adoré "The Scenic Route", et il est assez probable que malgré son impossible prénom, Binnie Kirshenbaum vienne de gagner en moi une lectrice fidèle qui va se procurer tous ses autres romans lors d'une prochaine commande sur Amazon.

A ma connaissance, il n'existe pas (ou pas encore?) de traduction française de ce livre. Si un éditeur passe par là et souhaite m'en commander une, je préviens d'avance: je suis chère, mais j'accepte les paiements en billets d'avion pour l'Asie.

Lotus Bar

Miss Sunalee, dianecairn, Chouchou et moi-même avions prévu un petit resto thaï hier soir. J'ai proposé le IIème Elément: leur cour intérieure était déjà complète quand j'ai appelé mercredi pour réserver. En plan B, j'ai suggéré le Lune de Miel ; Miss Sunalee a contré avec le Lotus Bar; je suis allée jeter un coup d'oeil sur leur site et j'ai dit bingo. J'aime bien essayer de nouveaux endroits. En plus, il y avait du canard aux crêpes dans le menu et Miss Sunalee avait évoqué la présence dans la salle d'une fâmâpoâl avec laquelle les petits pourraient s'amuser: que demander de plus?

Situé à deux pas du Grand Sablon, le Lotus Bar est certainement le resto asiatique le mieux éclairé et à la déco la plus agréable parmi tous ceux que j'ai testés à Bruxelles. Quel plaisir de voir ce qu'on mange et de reconnaître ses compagnons de table autrement qu'au son de leur voix! Et quel bonheur d'admirer autre chose que la sempiternelle statue de Bouddha et des lampions en papier aux formes plus ou moins biscornues! Mélange réussi d'éléments asiatiques traditionnels et modernes, avec quelques touches fortes comme le sculptural lustre rouge ou la fontaine à vapeur, le cadre m'a conquise sans réserve.

Côté glouglou, une liste de cocktails fort sympathique parmi laquelle j'ai choisi un Sex in Bangkok (vodka, mûre, vodka melon, ananas et cranberry). L'occasion de constater que malgré les médocs, je peux consommer une quantité d'alcool modérée sans me mettre à danser toute nue sur les tables. Côté miam-miam, à peu près la même carte que dans tous les restos thaïs, et des prix qui sans être aussi minuscules que ceux du IIème Elément restent tout de même fort corrects, soit de 12 à 20€ pour un plat copieux et délicieux, servi avec le sourire par une charmante jeune femme. Les gros appétits pourront même commander une table de riz (assortiment de 5 plats différents; équivalent d'un "menu dégustation" européen).

Même si c'était la fin de la semaine et que nous étions probablement tous un peu fatigués, nous avons passé une excellente soirée à papoter cinéma, séries télé, voyages, burlesque et autres loisirs plus ou moins avouables avec nos nouveaux amis. Pour l'occasion, j'étrennais un smoky bleu marine, ma nouvelle robe en soie Noa Noa et mes sandales Triton de Chie Mihara, et je dois dire que je me suis surprise plusieurs fois à jeter des coups d'oeil ravis au reflet de mes pieds dans les vitrines que nous avons longées à l'aller et au retour. Comme quoi, mon bonheur tient quand même à pas grand-chose ^^

Lotus Bar, 12 rue Joseph Stevens, 1000 BRUXELLES
Tel: 02/514.50.59

vendredi 31 juillet 2009

A faire pendant les vacances à Toulouse

- Des essais maquillage avec Soeur Cadette. Transformer sa table de salle à manger en annexe MAC/Sephora et faire la sourde oreille aux remarques aigres de David. Pousser des exclamations de ravissement en nous voyant si belles en ce miroir.

- Un goûter chez Bapz, et s'il ne reste pas de brioches aux pépites de chocolat noir et à l'écorce d'orange, je fais pipi par terre et je me roule dedans.

- Une visite chez Groucho, la sublime friperie avec laquelle Princesse Audrey me fait saliver depuis des mois. Au moins pour le plaisir des yeux, vu que mes finances sont sous respirateur artificiel en ce moment.

- Un repas fromage. La vie est toujours plus belle quand on vient d'ingurgiter douze millions de calories de Brécou, de Saint-Nectaire et de Fourme de Montbrison. Que je ne pourrai pas arroser d'autant de bon vin rouge que j'aimerais, because médocs. Je me contenterai donc d'un seul verre que je ferai durer, et si je vois des éléphants roses toute la nuit, et bien ça me rappellera ma folle jeunesse.

- Des parties endiablées de Guitar Hero.

- Des tonnes de photos de ma famille pour pouvoir pleurer jusqu'à Noël en les regardant.

- Soutirer deux ou trois pots de confiture maison à Mère. Par ordre de préférence: poire, pêche, abricot, fraise.

- Emmener Attila voir "Là-haut", le dernier Pixar qui a l'air sensationnel.

- Dévorer un bon pavé. De papier, pas de boeuf. J'hésite entre "La vie mode d'emploi" de Georges Pérec (Life goal # 39) et l'omnibus d'Ayesha de ma copine Ange.

- Envoyer plein de cartes Postcrossing de la ville rose; ça changera un peu des visuels "Mer turquoise et palmiers" de Monpatelin.

Dans une semaine j'y suis... Courage!

jeudi 30 juillet 2009

"Je sais pas quoi emporter pour lire en vacances; t'aurais pas un truc à me conseiller?"

A cause de ma passion bien connue pour les livres, et aussi un peu de mon métier, on me demande régulièrement des conseils de lecture. Voici une petite liste des romans que je recommande le plus souvent, même sans connaître les goûts de mon interlocuteur, parce qu'ils ont ce petit je-ne-sais-quoi d'universel qui me semble propice à faire passer un bon moment à n'importe qui, et parce que contrairement aux livres vers lesquels je pourrais diriger des lecteurs, disons, "chevronnés", ils ne nécessitent pas de culture littéraire particulière pour être appréciés.

Je ne vais pas vous faire de critique de chacun d'eux (d'autant que certains ont déjà été évoqués dans ce blog), mais simplement y associer le lien vers la page Amazon correspondante où vous pourrez trouver un résumé et, la plupart du temps, des avis d'autres lecteurs en quantité suffisante pour vous faire une idée de leur contenu. Prêts?

- "Inconnu à cette adresse" (Kressmann Taylor)
- "La voleuse de livres" (Markus Zusak)
- "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" (Mary Ann Shaffer)
- "L'ombre du vent" (Carlos Ruiz Zafon)
- "Une prière pour Owen" (John Irving)
- "Un amour de jeunesse" (Ann Packer)
- "Tout ce que j'aimais" (Siri Hustvedt)
- "Brooklyn follies" (Paul Auster)
- "La vie devant ses yeux" (Laura Kasischke)
- "Le temps n'est rien" (Audrey Niffenegger)
- "Ensemble, c'est tout" (Anna Gavalda)
- "Au bonheur des ogres" - et tout la suite de la saga Malaussène (Daniel Pennac)

Je pourrais aussi dresser une liste des meilleurs bouquins du monde selon moi (mais la plupart des gens les trouvent trop ardus, ou trop dérangeants, ou trop abscons), ou encore des meilleurs bouquins du genre fantastique (celui que je maîtrise le mieux, forcément), ou des bédés qu'il faut vraiment avoir lues (Europe, USA et Japon confondus), mais je crains que ça n'intéresse pas grand-monde. Si je me trompe, laissez-moi un message après le bip ^^

mercredi 29 juillet 2009

La saga de l'été: Sauvetage d'une peau (épisode 1)

J'ai commencé à avoir de l'acné vers 12/13 ans et... je n'ai jamais arrêté. J'ai ce qu'on appelle une peau de merde réactive, grasse sur la zone T, sèche sur le reste du visage, allergique aux huiles essentielles et à Dieu sait quelles autres substances archi-répandues. Au moindre écart alimentaire, changement de saison ou test d'un nouveau produit de beauté, mes joues et mon menton se couvrent de boutons d'autant plus humiliants que mon adolescence est derrière moi depuis plus de deux décennies.

A cela, il faut ajouter que depuis deux ans que je prends de fortes doses d'hormones pour soigner mon endométriose, j'ai développé une horreur dermatologique qui a nom mélasma et se manifeste sous forme de taches brunes particulièrement visibles sur mon teint de bidet. Au début, elles se sont cantonnées aux côtés de mon front, et j'ai pensé m'en sortir en les planquant sous une frange un peu épaisse. Mais peu à peu, elles ont gagné du terrain, envahissant toute la surface de mes joues. Mon menton et ma lèvre supérieure sont encore épargnés, mais pour combien de temps?

Pour compléter ce séduisant tableau, j'ai récemment constaté l'apparition de mes premières rides. Oh, elles sont encore peu marquées: c'est l'avantage d'avoir un visage rond. Mais si je m'examine de près dans la glace et que je grimace un peu, ils sont bien là, les légers sillons autour de mes yeux et le début de pli sur mon front. Sans compter ces vilaines parenthèses qui encadrent ma bouche, curieusement plus marquées d'un côté que de l'autre (le prix à payer, je suppose, pour tous les sourires en coin sarcastiques décochés en 38 ans et demi à cultiver un caractère de hyène).

Après avoir passé la première moitié de ma vie (si tout va bien: je touche du bois) à me contenter d'une crème de jour que je pensais à appliquer uniquement les jours fériés et d'une eau démaquillante pour les trois fois par an où je faisais l'effort de mettre un peu de mascara et une couche de gloss, j'ai décidé il y a quelques mois que j'en avais marre de ressembler à un troll à lunettes et redirigé une partie non négligeable de mon budget vers les caisses de Sephora avec un triple objectif:
- supprimer mes boutons
- faire disparaître mon mélasma
- ralentir l'apparition de mes rides

(A suivre...)

So cute


Vous aussi, faites-vous un alter ego 50's ici.

mardi 28 juillet 2009

10 things I REALLY loved this month

- L'offre spontanée d'Etre Exquis de se charger de recevoir le spécialiste en bêbêtes grignoteuses de charpente pour m'éviter de prolonger mon séjour à Monpatelin.

- La gentillesse extraordinaire de Généraliste Adoré, un médecin humain, compréhensif et rassurant comme ils sont malheureusement loin de l'être tous.

- Les deux appels - la premier par téléphone, le deuxième sur Skype - de Soeur Cadette, respectivement le lendemain et le surlendemain de son arrivée à Dallas alors qu'elle avait sûrement autre chose à foutre que bavasser makeup avec moi.

- Le canapé que Christine m'a proposé tout simplement pour y passer ma convalescence si jamais... J'espère ne pas en avoir besoin, mais c'est bon de savoir que l'option existe.

- La petite main de Choupie se glissant dans la mienne alors que nous marchions dans la rue avec ses parents derrière nous, le soir du 13 juillet.

- L'adorable mail surprise de Zorro, la soeur de JC, avec qui j'avais plus ou moins perdu contact ces dernières années et dont j'ignorais qu'elle suivait mon blog.

- Les messages un peu maladroits mais claffis de bonnes intentions de mes parents. Si ça commence par "Ma fille", je sais que ça a été rédigé par Père; si ça commence par "Zouzou", je sais que ça vient de Mère. Tous sont sauvegardés précieusement dans un dossier "Famille".

- Le soutien sans faille de Chouchou. C'est dans la difficulté que les vrais rocs se révèlent.

- La chouette rencontre avec Miss Sunalee et dianecairn. C'est rare que j'accroche aussi fort et aussi vite avec des gens. Bénis soient les blogs qui permettent même à une asociale comme moi de se faire de nouveaux amis partageant son univers un poil décalé.

- Les "vraies frites belges" préparées par les blanches mains d'Ingrid, son superbe appartement, ses deux jolies minettes et la soirée apaisante que nous avons passée chez elle.

Les jolis objets s'achètent avec une carte Visa. Les très belles choses sont intangibles et n'ont pas de prix.

lundi 27 juillet 2009

Fan de Chouchou

Mon amoureux se lance dans la bédé. Ca fait des mois que je le vois chercher ses personnages, alterner des phases de gribouillage fiévreux avec des semaines entières de manque de temps et d'inspiration.

Sa première histoire de quatre planches lui a coûté plusieurs soirées d'efforts continus, de questions existentielles ("cases ou pas cases?") et de bagarre féroce avec son scanner. Et je ne suis peut-être pas très objective, mais elle me fait mourir de rire.

dimanche 26 juillet 2009

Maquillage n°10: Comme un Satellite...

Hier, j'ai eu envie de faire un maquillage pour assortir au pendentif que je portais (sous-préfète powaaaaa!) et que voici:


Chouette, n'est-ce pas? Bon, j'ai tenté le rouge, ça me donnait l'air d'avoir la myxomatose, donc je suis sagement restée sur une base rose/orange:




- Tiers intérieur de la paupière mobile: rose moyen, 4ème fard en partant du haut, 5ème colonne en partant de la droite de la palette 88 Coastal Scents
- Deux-tiers extérieurs de la paupière mobile: orange moyen, 3ème fard en partant du haut, 3ème colonne en partant de la droite de la palette 88 Coastal Scents
- Banane et ras de cils inférieur: brun clair, 6ème fard en partant du haut, 2ème colonne en partant de la droite de la palette 88 Coastal Scents
- Highlighter: Effet paupières 02 (Body Shop)
- Liner crème: Dipdown (MAC)
- Mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)

Soyez indulgent(e)s: je ne m'étais pas maquillée depuis longtemps et mes mains tremblent un peu en ce moment... Il faudrait aussi quelque chose à l'intérieur de l'oeil pour "finir" ce maquillage, mais je n'ai toujours pas trouvé de crayon qui tienne pour l'instant.

samedi 25 juillet 2009

"Complément affectif"

Sous ce titre sibyllin et assez peu accrocheur se cache un très bon shojo manga de Mari Okazaki, dont le tome 7 vient juste de paraître aux éditions Delcourt. Il raconte l'histoire de Minami Fuji, jeune Tokyoïte de 28 ans qui travaille dans une agence de communication mais a beaucoup de mal à appliquer à sa vie privée les talents qu'elle déploie dans sa vie professionnelle. Outre l'esthétisme du dessin et le découpage extrêmement recherché, "Complément affectif" vaut par la façon remarquable dont il traduit la confusion sentimentale de son héroïne, cette femme qui selon les critères de la société japonaise commence à atteindre un âge limite pour "se caser" mais qui subit une pression insensée dans son travail et n'a plus ni temps ni énergie à consacrer à quoi que ce soit d'autre. La série illustre assez bien le dilemme auquel sont confrontées les Japonaises diplômées d'aujourd'hui, obligées de choisir entre une carrière épanouissante et leur vie de femme. Rien que pour cela, elle mérite le détour.

vendredi 24 juillet 2009

La (semi-)victoire domestique du jour

En vieillissant, on s'embourgeoise on apprend à apprécier les belles choses. Niveau fringues, par exemple, on se lasse des fibres synthétiques désagréables sur la peau et qui ne ressemblent plus à rien après trois lavages. On veut des matières naturelles: du cachemire ou de la soie, par exemple. La bonne nouvelle, c'est qu'arrivé à ce stade, on a généralement les moyens de se les offrir (ne serait-ce que pendant les soldes). La mauvaise nouvelle, c'est qu'arrivé à ce stade, on n'a généralement pas le temps de les nettoyer amoureusement à la main comme le préconise l'étiquette d'entretien. Et pas forcément envie de finir par les payer quatre fois leur prix en les apportant au pressing après chaque utilisation.

Mais parmi les vendeuses de prêt-à-porter et chez lez blogueuses de mode, il se chuchote que, même si les fabricants affirment le contraire pour se protéger contre d'éventuelles réclamations, cachemire et soie supportent très bien le lavage en machine à condition:
- d'utiliser le programme délicat
- de ne pas dépasser 30°
- de régler la vitesse d'essorage au minimum
- d'utiliser de la lessive liquide (ou des noix de lavage)
- de ne pas mettre d'adoucissant.

Chouchou ayant manifesté son mécontentement que la moitié inférieure du panier à linge soit, depuis plusieurs mois, squattée par une demi-douzaine de pulls en cachemire portés deux fois chacun l'hiver dernier, je me suis décidée hier après-midi à faire un test sur celui qui m'avait coûté le moins cher (un petit pull à col rond bleu canard payé 70€ chez Etam). Cette fois, je ne me suis pas tombée dans le trip "la lessive, c'est une question d'instinct", et j'ai respecté scrupuleusement les instructions.

Résultat? Mon pull est propre, il n'a pas bouloché et a priori il fait toujours une taille 38. Par contre, essorage minimum ou pas d'essorage du tout, c'est kif-kif: il est ressorti de la machine tout dégoulinant, et j'ai quand même dû me plier au rituel haï de l'enroulage dans un drap de bain pour absorber le plus gros de la flotte dont il restait gorgé. Du coup, pour l'opération "Attendons que tous mes cachemires soient sales histoire de remplir une machine et de ménager ma sensibilité écolo", c'est râpé: je n'ai juste pas assez de draps de bain. Et j'ai été obligée d'allumer un de mes radiateurs pour finir le séchage, craignant que mon pull se retrouve à sentir le moisi si j'attendais que l'air humide de Bruxelles s'en charge seul. Une semi-réussite, donc.

jeudi 23 juillet 2009

"The time traveller's wife"

Pas plus tard que la semaine dernière, je disais à Chouchou mon regret qu'un de mes livres préférés n'ait jamais été transposé au cinéma. "La société de production de Brad Pitt et Jennifer Aniston avait pourtant acheté les droits, mais je suppose que je projet est tombé à l'eau en même temps que leur mariage. D'un autre côté, je n'aurais pas aimé être à la place du scénariste chargé d'adapter une histoire pareille pour qu'elle soit compréhensible à l'écran..."

Non seulement le dieu du cinéma m'a entendu, mais il a dû faire un paquet d'heures sup ces derniers jours: hier soir, dans un magazine américain, j'ai lu que "The time traveller's wife" sortirait le 14 août aux Zuess. S'il arrive seulement à la cheville du bouquin en matière de romantisme, les salles dans lesquelles il sera projeté devraient rapidement se transformer en piscines. Et c'est la personne la moins romantique du monde, celle qui a poussé des soupirs consternés devant "Sur la route de Madison", qui vous le garantit.

J'ai achevé la lecture de "The time traveller's wife" à moitié étouffée par mes sanglots devant la beauté si déchirante de l'histoire imaginée par Audrey Niffenegger. Dans la plupart des romances lacrymogènes, les amants sont séparés par des choses aussi terre-à-terre que leurs familles ennemies ("Roméo et Juliette", "Les hauts de Hurlevent"), leur rang social ("Titanic", "Vacances romaines"), voire une union préalablement contractée avec quelqu'un d'autre. Clare et Henry ont affaire à un problème d'un tout autre genre, puisqu'Henry voyage involontairement dans le temps. Ainsi, tout au long de leur vie, ils ne feront que se croiser pendant des périodes plus ou moins longues, avec un écart d'âge variable et à un stade de leur relation qui ne sera jamais le même pour eux deux.

Bien que d'un genre très différent de ce que je lis et apprécie d'habitude, ce roman m'avait suffisamment marquée pour que je fasse de sa phrase la plus emblématique (qui est d'ailleurs devenue le titre de sa version française) le nom de mon premier blog commencé en avril 2004: "Le temps n'est rien". Aussi, j'ai hâte de voir le film qui en a été tiré. Et un bonheur n'arrivant jamais seul, je viens également de découvrir que le second roman d'Audrey Niffenegger, "Her fearful symmetry", sortira à la mi-septembre. Je suis très impatiente.

mercredi 22 juillet 2009

De la lumière au bout du tunnel?

Je voudrais commencer ce post en remerciant tous les gens qui m'ont envoyé des petits mots de soutien et d'encouragement, sur ce blog ou par mail. Amis ou simples connaissances virtuelles, vos messages m'ont énormément touchée. Je remercie aussi ceux qui ne se sont pas manifestés parce que, peut-être, ils ne savaient pas quoi dire, mais qui continuent à me lire malgré le tour un peu déprimant que "Le rose et le noir" a pris ces deux dernières semaines. Je traverse définitivement une période plus noire que rose... mais je fais tout pour en sortir au plus vite. En attendant, j'apprécie votre fidélité - fût-elle silencieuse - à sa juste valeur.

Après une semaine à un Deroxat par jour, au terme de laquelle je commençais à récupérer physiquement, et trois jours à deux Deroxat qui m'avaient laissée anéantie physiquement ET moralement, j'ai décidé de faire marche arrière et de m'imposer une période transitoire à un Deroxat et demi par jour, jusqu'à ce que je cesse de dormir seize heures sur ving-quatre. Généraliste Adoré m'avait prévenue que les effets variaient d'un sujet sur l'autre et laissé une certaine latitude pour moduler mon dosage à l'intérieur de paramètres bien établis. Le but est d'arriver à deux Deroxat bien supportés par jour et un état mental stabilisé vis-à-vis de mes crises d'angoisse; alors je pourrai débuter la thérapie qui est censée résoudre le problème au lieu de se contenter de traiter les symptômes. Mais je ne veux pas non plus me bousiller la vie par trop de précipitation. Maintenant que je me suis engagée sur ce chemin, je vais aller jusqu'au bout, et ça prendra le temps que ça prendra.

Depuis quatre jours, je suis donc revenue à un Deroxat et demi chaque soir. Et aujourd'hui, j'ai passé ma première journée à peu près normale depuis deux semaines. Elle a débuté par une bonne nouvelle: un coup de fil d'Etre Exquis qui sortait de l'appart' de Monpatelin après la visite de l'expert en bestioles grignoteuses de maisons. Selon lui, il ne s'agit que de simples fourmis qui ne s'attaquent pas aux charpentes - seulement aux matériaux isolants. Il faut donc quand même traiter la résidence, mais cela se fera par l'extérieur et les fondations. Du coup, c'est le syndic qui gèrera la suite, et je n'aurai qu'à m'occuper de faire reboucher à mes frais les trous apparus entre les poutres et le plafond de mon duplex. Soulagement intense.

En principe, le mercredi est ma journée créative et sociale, celle que je garde de côté pour déjeuner avec des amis, écrire ou scrapper. Mais comme j'avais pris du retard dans mon boulot et que je tiens à rendre ma trad à l'heure quoi qu'il arrive, j'ai travaillé jusque vers 14h pour rattraper une partie des pages que je n'avais pas réussi à faire ces derniers jours. Après ça, vu qu'exceptionnellement il faisait beau, j'ai décidé de tenter une petite sortie dans le vaste monde hostile le centre de Bruxelles. Je me suis fait un shampoing avant que ma coiffure vire aux dreadlocks, j'ai mis un peu de fond de teint pour ne pas faire peur aux gens que je croiserais, ma jolie jupe en soie grise Noa Noa parce que je me sens toute légère dedans, et je suis partie sans autre but que de m'aérer un peu.

Au final, je n'ai pas glandé grand-chose. Descendue du 95 à la Bourse, j'ai continué à pied jusque chez Sterling Books où j'ai acheté le dernier numéro de Real Simple. Puis j'ai remonté la rue Neuve, fait un crochet par Waterstone pour embarquer deux féminins anglais, poussé jusqu'au Veritas de City 2 où je me suis laissée tenter par un mignon béret gris clair en grosse maille, arpenté sans conviction les rayons de la Fnac et, sentant mes jambes commencer à flageoler, j'ai pris le chemin du retour. J'ai hésité un instant à descendre chez Mamma Roma prendre des pizzas pour mon dîner, mais la flemme l'a emporté. Après avoir savouré, en guise d'apéritif, deux de mes magazines vautrée sur notre lit avec les chats qui ronronnaient à qui mieux mieux, j'ai dîné d'un bagel toasté garni de Philadelphia, de Serrano et de roquette: heaven in a bun. Là, je surfe avec une tasse de genmaicha fumant à côté de moi en attendant le retour de Chouchou qui bosse jusqu'à 22h cette semaine. Cette journée a été encourageante, et j'espère qu'elle est le signe que je commence à remonter la pente.

mardi 21 juillet 2009

Winter in my mind

Je n'ai pas envie d'attaquer ma pile de photos en attente. Des mois déjà que mon intérêt pour le scrap s'étiole. J'ai le sentiment d'en avoir fait le tour, de n'avoir plus aucune inspiration. Créer des albums devient une obligation plus qu'un plaisir, et tout ça pour quoi? Une fois finis, les entasser sur une étagère où ils prendront la poussière sans que jamais personne ne les regarde?

Plus le temps passe, plus les objets pèsent sur mon âme. Ils charment mes yeux quelques instants puis ne font que m'encombrer pendant des années, le temps que je surmonte ma culpabilité et me décide à m'en débarrasser. Avec internet, l'archivage de mes souvenirs se virtualise de plus en plus, et je trouve ça très bien. Partager mes humeurs, mes expériences, mes photos à travers mes différents blogs est beaucoup plus enrichissant que de les matérialiser pour les ranger dans un coin.

La phobie de la maladie qui me tourmente depuis des mois, cette impression constante d'être en sursis me pousse à revoir tout mon mode de vie en profondeur. Je prends conscience que la majeure partie de mes activités s'inscrivent dans une logique de continuité, se basent sur le postulat que j'aurai un avenir pour en récolter les fruits. Du coup, dans mes périodes noires, rien de ce que je fais n'a plus de sens sinon les plaisirs immédiats. Serrer les gens que j'aime dans mes bras. Dévorer une entrecôte saignante. M'absorber dans un bon roman. Rire devant un épisode de "How I met your mother".

Je suis en pleine période de transition, et je ne sais pas dans quelle mesure c'est dû aux médicaments que je prends pour tenir mes attaques de panique à distance. Depuis bientôt deux semaines, je me traîne lamentablement. Oui, je suis fatiguée et si je m'écoutais, je dormirais 20 heures par jour. Mais mon manque d'énergie est mental autant que physique. Certains jours, j'arrive à me motiver pour bosser, parce qu'il le faut bien - et d'autres non. Le reste du temps, je ne fais : rien, ou presque. Juste le minimum de tâches domestiques pour que l'appartement ne se transforme pas en porcherie et qu'aucun de ses occupants ne meure de faim.

Je ne joue pas à Guitar Hero; je repose le bouquin que j'essaie de lire au bout de quelques pages; la musique m'agresse et je ne me sens pas capable de passer deux heures à regarder un film en DVD; je n'ai pas envie de faire des essais de maquillage, rien à dire sur ce blog et aucune inspiration pour dessiner. Je mange par nécessité et sans plaisir. Aller me promener n'est pas une option vu qu'on se croirait début novembre à Bruxelles. Faire du shopping ne réussirait qu'à me déprimer davantage (d'autant que je viens de recevoir coup sur coup deux nouvelles qui mettent salement à mal mon budget des prochains mois).

En fait, je compte les jours jusqu'à notre départ pour Toulouse tout en nourrissant une appréhension inexplicable mais tenace que ces vacances se passent mal et que j'en revienne complètement démolie. Que je me sente de plus en plus étrangère à la vie de mes parents, que savoir désormais Soeur Cadette à douze heures d'avion renforce mon impression d'être seule au monde. Que ma grand-mère dont la santé décline rapidement ces derniers temps finisse par lâcher la rampe. Que le brouillard qui m'enveloppe m'empêche de connecter avec qui que ce soit de peur d'en souffrir par la suite.

dimanche 19 juillet 2009

Feeling wonderful

Mercredi, j'ai commencé à prendre mon Deroxat le soir plutôt que le midi. Résultat: jeudi, j'ai passé une journée normale, pendant laquelle j'ai pu bien travailler, profiter d'un dîner en amoureux dans la cour intérieure du IIème Elément puis aller voir le dernier Harry Potter au cinéma.

Mais jeudi soir, j'ai dû - conformément à la prescription de Généraliste Adoré - doubler la dose pour arriver aux 40 mg qui sont censés tenir mes attaques de panique à distance. Et vendredi, j'étais un vrai zombie. L'après-midi, je n'ai rien pu faire d'autre que comater sur mon lit, pas assez fatiguée pour dormir mais trop vaseuse pour lire. Rebelote hier: pendant que nous faisions nos grosses courses mensuelles au Carrefour d'Auderghem, je serais tombée deux ou trois fois si Chouchou ne m'avait pas rattrapée. J'ai passé le reste de la journée à aller et venir entre mon ordinateur et mon lit, sans rien faire de plus productif qu'une fournée de madeleines au chocolat.

Ce matin, il me semble avoir un peu plus d'énergie, mais en général c'est vers 13 ou 14h que le coup de barre me tombe dessus. J'espère que je vais rapidement m'habituer au Deroxat et que les effets secondaires ne vont pas tarder à s'estomper, parce que j'ai du boulot à abattre, une réputation de traductrice ponctuelle à préserver, et des sous à mettre de côté pour les deux voyages que Chouchou et moi avons prévus l'an prochain.

vendredi 17 juillet 2009

"Harry Potter and the half-blood prince"

Forcément, même un film de deux heures et demie ne peut rendre la complexité du bouquin de 600 pages bien denses dont il est tiré. Alors, pour n'omettre aucun élément essentiel de l'intrigue, les scénaristes suppriment tous les détails qui, à mon humble avis, faisaient la saveur des romans: les scènes de la vie estudiantine à Hogwarts, les personnages secondaires délicieusement excentriques...

De "Harry Potter and the half-blood prince", il ne reste donc que l'ossature dont la noirceur est à peine atténuée par l'humour des premiers émois sentimentaux de nos jeunes héros. Les comédiens ont grandi plus vite que leurs personnages, et cela nuit un peu à la crédibilité de l'ensemble. En revanche, Alan Rickman n'a qu'à toiser Daniel Radcliffe d'un air pincé pour voler la vedette à tous ses partenaires: quelle présence! J'ai regretté qu'on ne voit pas davantage Evanna Lynch, l'actrice qui joue Luna Lovegood - mon personnage préféré.

Sinon, le film contient quelques scènes assez réussies, même si la fin m'a paru un peu expédiée. On sent que "Half-blood prince" est un épisode de transition, axé autour de la découverte qui va fournir la base du septième et dernier opus de la série. J'espère que le fait d'avoir scindé celui-ci en deux permettra de donner à "Harry Potter" une conclusion de l'ampleur qu'il mérite.

jeudi 16 juillet 2009

Je est une autre

D'aussi loin que je me souvienne, mes sautes d'humeur me pourrissent l'existence. La volatilité de mon caractère, ma propension à changer d'avis plus vite que de chaussures et à brûler aujourd'hui ce(ux) que j'adorais hier, mon incapacité à faire des plans à long terme sont probablement parmi les traits qui me caractérisent le plus. Pas ceux dont je suis le plus fière, évidemment. Bien au contraire, j'ai lutté contre eux toute ma vie d'adulte en me disant qu'un peu plus de constance de ma part faciliterait grandement ma vie comme celle de mon entourage. Et d'un autre côté, je me disais que même si ce n'était pas une qualité, mon instabilité était constitutive de ma personnalité, une des choses qui faisaient que j'étais moi, unique et donc précieuse au même titre que chaque autre individu. Je passe suffisamment de temps à pester contre l'uniformisation (qu'elle touche les vêtements, les attitudes sociales ou même les paysages urbains) pour avoir une position assez ambiguë vis-à-vis de ce défaut.

N'empêche que c'est assez dur à vivre d'avoir le moral qui fait des sinusoïdes sans qu'aucun élément extérieur intervienne pour infléchir son cours. Je peux par exemple être assise devant mon ordinateur en train de bosser à un truc anodin, dans une humeur complètement neutre. Tout à coup, je me sens remplie d'énergie et de joie de vivre; mille idées et projets se bousculent dans ma tête. Et une minute plus tard, tout cela s'évapore pour me laisser au fond d'un trou noir, pataugeant dans la dépression et le désespoir. Des montées en flèche aussi fulgurantes et des chutes aussi vertigineuses, il m'arrive d'en vivre une bonne dizaine dans la même journée. Pas tous les jours, heureusement: la plupart du temps, les fluctuations sont moins spectaculaires. Mais elles sont constantes, et je perds une énergie dingue à lutter contre elles avec plus ou moins de succès.

Ces derniers temps, c'est comme si le plancher d'apathie en-dessous duquel je ne tombais jamais avait cédé sous moi, révélant un gouffre d'anxiété dont il m'était proprement impossible de sortir seule malgré toute ma volonté et mon obstination naturelles. Chaque fois que j'arrivais à escalader un petit bout de paroi pour remonter vers la lumière du jour, je finissais toujours par glisser et par poursuivre ma dégringolade. Aucune envie de savoir ce qui m'attendait au fond de ce gouffre. Alors, oubliant ma fierté, j'ai décidé de recourir à de l'aide extérieure. Dans un premier temps, celle-ci a pris la forme de médicaments.

Et un changement miraculeux s'est opéré. Depuis une semaine, j'ai l'impression d'être une autre personne. Pas celle que j'étais avant mes attaques de panique, mais bien celle que je n'avais jamais réussi à devenir. Calme, pondérée, mesurée. La tête froide et l'humeur égale. Pas un robot incapable de ressentir la moindre émotion, juste une personne dont le cerveau n'est pas un maelström constant de pulsions contradictoires et déchirantes. Mon agressivité, mon intolérance, ma tendance au sarcasme semblent s'être volatilisées. Et je n'arrive pas à décider si c'est une bonne chose ou pas. Parce que ça me donne envie de prendre du Xanax jusqu'à la fin de ma vie, et que je sais que ça ne sera pas possible. D'une part, ça ne doit pas être trop bon pour la santé à long terme, et d'autre part, ce n'est jamais qu'une béquille dont je suis censée apprendre à me passer.

Mais la question qui me taraude, c'est celle-là. Puisque je ne crois pas en Dieu, et donc pas au concept d'âme, je - en tant qu'individu - me définis par mon esprit, mon caractère, ma personnalité. S'il suffit de quelques minuscules cachets blancs pour l'altérer du tout au tout, je dois admettre que je ne suis qu'un ensemble de neurones, de synapses et de réactions chimiques manipulables quasiment à volonté par des éléments extérieurs. Autrement dit: "je" n'existe pas. "Je" n'est qu'un morceau de viande dodu doté d'une conscience subjective et d'un sens de soi illusoire. "Je" n'a pas de libre arbitre: les décisions qu'elle croit prendre lui sont dictées non par des valeurs personnelles ou des objectifs choisis, mais par la quantité de sérotonine ou de dopamine qui circule dans son corps à un moment donné. Je trouve ça assez effrayant.

mercredi 15 juillet 2009

Des propriétés de lobotomie métamorphose du Xanax

Le TGV du retour à Bruxelles était bondé; à cause d'un changement de train, certaines des places qui avaient été réservées n'existaient tout bonnement pas. Du coup, c'était le parcours du combattant pour atteindre la voiture-restaurant en enjambant les valises et les gens assis par terre qui bloquaient les couloirs. Ma voisine de banquette, craignant de se faire voler son sac, a refusé de le mettre dans un porte-bagages et l'a gardé à ses pieds; ses jambes se retrouvaient dans mon espace à moi et je ne pouvais plus bouger. Les enfants installés dans le carré de devant ont hurlé en continu jusqu'à Lille; après quoi, ils ont été remplacés par une autre famille dont les gamins à peine installés se sont empressés de se déchausser et de répandre dans tout le wagon une délicieuse odeur de Stilton de douze ans d'âge.

En temps normal, j'aurais passé le voyage à soupirer, à grommeler, voire à lancer des remarques aigres sur l'utilité publique de la vasectomie. Là, je suis restée absolument zen. J'étais fatiguée mais pas endormie; j'entendais (et je sentais!) tout, mais j'étais pleine d'indulgence envers mes semblables. La parano de la petite dame me faisait sourire plus qu'elle ne m'agaçait; je plaignais les gens qui n'avaient pas de siège au lieu de pester qu'ils me gênaient; et je me disais que ben oui, les enfants, ça s'agite et crie - c'est la vie. Je suis une hyène râleuse et asociale; les antidépresseurs sont en train de faire de moi une larve fréquentable. Je ne sais pas quelle conclusion je dois en tirer.