mardi 15 septembre 2009

"Gossip girl" saison 2

Beaucoup de séries télé populaires sont affligées par ce que les Américains appellent le "sophomore slump" (littéralement: "affaissement de 2ème année"). Après une première saison enthousiasmante qui faisait feu de tout bois, elles peinent à enchaîner sur la suivante, à réussir cet exercice difficile de se renouveler et d'avancer tout en conservant les ingrédients qui ont fait son succès. "Desperate housewives", "Lost" ou "Heroes" en sont de parfaits exemples.

Fort heureusement, "Gossip girl" fait partie des exceptions à la règle. Tout au long de cette saison 2, les personnages désormais parfaitement campés et nuancés ne cessent de nous surprendre sans pour autant aller contre leur nature. Même Dan et Vanessa se révèlent capables de s'abaisser à des actes honteux si quelqu'un pousse sur leurs mauvais boutons; à l'inverse, même Blair et Chuck s'avèrent capables de générosité et de loyauté à l'occasion. Les parents ne sont pas en reste, qui se montrent souvent tout aussi faillibles que leurs rejetons. Les rebondissements s'enchaînent, ponctués par une flopée de one-liners mémorables. On rit, on compatit, on soupire, on enrage, on ne peut s'empêcher de se mettre à la place de ces gosses de riches si attachants malgré (ou peut-être à cause de) toutes leurs imperfections. Parfois, c'est vraiment bon de se sentir comme une midinette devant sa télé. Même la brute chauve qui partage ma vie vous le confirmera.

Bébé est en deuil


Autant la mort de Michael Jackson m'a laissée totalement froide, autant celle de Patrick Swayze me remplit de tristesse.
Parce que bien sûr, comme toutes les ados de ma génération, j'ai ruiné l'équivalent du stock de tout un Etam Lingerie devant Dirty Dancing et Point Break, deux des très rares films que je revois toujours avec plaisir (c'est le cas de le dire...).
Mais aussi parce que cette saloperie de maladie marque un point de plus en emportant quelqu'un qui, sans elle, aurait eu encore de belles années devant lui.

lundi 14 septembre 2009

Le risotto, c'est important

Ta-TAAAAAAAA! 5ème épisode de "La véritable histoire de M. Tout-Le-Monde". J'ai dû insister pour que mes fesses ne soient pas représentées plus grosses que ma tête. Par ailleurs, on notera que les chérubins ont l'air de biberonner de la bière depuis la nuit des temps alors que notre héros affiche une silhouette impeccablement svelte. Y'a un équivalent de la licence poétique en bédé?

dimanche 13 septembre 2009

A tous ceux qui, comme moi, en ont marre qu'on nous bassine avec le H1N1...

...et qui pensent que les autorités montent exagérément le problème en épingle, je conseille d'aller lire cet excellent article de Martin Winckler. Un peu long, mais très clair et tellement édifiant!

"Buzz-moi"

Dans son quatrième album, Aurélia Aurita raconte le tourbillon médiatique déclenché par les deux tomes de "Fraise et chocolat", le récit érotique et tendre de sa relation avec Frédéric Boilet, et la façon dont elle l'a vécu.

Avec une candeur qui n'exclut pas un sens de l'observation très affûté, elle dévoile les coulisses des émissions télé auxquelles elle a participé ou des interviews pour la presse qu'elle a accepté de faire, constate que les journalistes posent toujours les mêmes questions racoleuses et que certains manquent de professionnalisme au point de ne pas avoir lu son livre avant de la rencontrer - voire, de lui inventer des propos qu'elle n'a jamais tenus. Au passage, quelques people en prennent pour leur grade.

Loin de la jungle des média, le brusque succès de l'auteure lui apporte aussi des moments de pur bonheur, comme des invitations dans des endroits où elle ne pensait jamais se rendre ou des rencontres avec des lecteurs particulièrement touchants lors de séances de dédicaces. Même s'il n'a pas l'originalité piquante de "Fraise et chocolat", "Buzz-Moi" confirme qu'Aurélia Aurita n'est pas une étoile filante dans le monde de la bédé et et que, de par son regard et son ton singuliers, elle y mérite tout à fait sa place.

samedi 12 septembre 2009

Western spaghetti



Bon week-end à tous...

Im-pa-ra-ble

La femme de notre ami Olive ayant accouché hier après-midi d'un petit Pablo, Chouchou et moi discutons des prénoms que nous aimons bien.
MOI: J'adore "Gabrielle". Si j'avais eu une fille, j'aurais voulu l'appeler comme ça.
CHOUCHOU (avec une vilaine grimace): Ah non, quelle horreur! Chaque fois qu'on prononce ce nom, j'entends Johnny éructer.
MOI (sur un ton sans appel): De toute façon, j'ai un principe: c'est celui qui pousse pendant seize heures qui a le dernier mot en matière de choix de prénom.
CHOUCHOU (imperturbable): Et moi j'ai un principe: c'est celui qui est en état d'aller déclarer l'enfant à la mairie qui a le dernier mot.

vendredi 11 septembre 2009

Confessions d'une hyène

Je suis une hyène.

Enfin, je ne l'ai pas toujours été. Avant ça, j'ai été un vilain petit canard qui a encaissé beaucoup, beaucoup de quolibets de la part des jeunes cygnes qui fréquentaient la même mare. Je ne vais pas vous refaire le conte; tout le monde le connaît par coeur. A ceci près qu'au lieu de me transformer en superbe oiseau arrivée à l'âge adulte, je me suis juste découvert des dispositions remarquables pour le sarcasme et un instinct très sûr pour taper là où ça fait mal. Des jambes d'1m20 et des bonnets D m'auraient été plus utiles, mais apparemment, y'avait rupture de stock sur les deux articles.

Au lieu de devenir la reine des catwalks, je suis donc devenue celle de la vanne qui tue laisse l'interlocuteur rouge de honte et sans voix. Curieusement, certains garçons trouvaient ça excitant (avant de finir par me le reprocher si d'aventure nous sortions ensemble, mais ceci est une autre histoire). D'autres de mes "victimes" étaient des fâcheux qui méritaient bien cette petite humiliation. Mais parfois aussi, pour l'amour d'un bon mot, pour le plaisir de faire rire ou d'épater la galerie, il m'est arrivé de blesser des gens qui ne le méritaient pas. Si je n'étais pas très fière de moi dans ces cas-là, je me gardais bien de le montrer. Plutôt passer pour une sans-coeur que pour une petite chose émotive, ça me semblait beaucoup moins risqué. Du coup, plus personne ne me cherchait de noises, et je faisais la sourde oreille quand on me reprochait d'un ton peiné d'y être allée un peu fort. Meilleure défense, attaque, toussa toussa.

Mais même les hyènes avancent en âge et, si elles ne sont pas trop obtuses, en sagesse. Au bout d'un moment, elles finissent par avoir assez de discernement pour ne plus s'entourer de gens agressifs ou mal intentionnés. Et elles s'aperçoivent que le sens de la répartie qu'elles prenaient pour un humour irrésistiblement décapant cause plus de dégâts à autrui qu'il ne les empêche d'en subir. Elles se demandent ce à quoi elles tiennent le plus: être une killeuse verbalement parlant, ou une personne décente que ses amis décriraient comme chaleureuse et bienveillante. Ce jour-là, les hyènes jettent courageusement leur armure de vannes au fond d'un puits et s'apprêtent à affronter le monde sans autres armes que leurs bonnes intentions. Et tant pis si on les trouve mièvres ou naïves: la bave du crapaud n'atteint pas la hyène en pagne.

Jusqu'au jour où la hyène en question (après s'être acheté des sous-vêtements dignes de ce nom chez Chantal Thomass ou Etam Lingerie, selon son budget) s'aperçoit qu'entre ses pattes maladroites, les bonnes intentions ont une fâcheuse tendance à dégénérer. Et qu'elle continue, fût-ce à l'insu de son plein gré, à taper immanquablement là où ça fait mal. D'où navritude de sa part et sentiment de trahison d'autant plus fort chez son interlocuteur que la hyène s'était présentée à lui avec un sourire benoît et en brandissant les madeleines au chocolat de l'amitié. Alors, la hyène se demande si ça vaut vraiment la peine de s'obstiner à lutter contre sa nature profonde.

Noisette, je suis désolée si je t'ai fait de la peine.

"GiG"

De James Lovegrove, j'avais adoré "Days", roman d'anticipation dont l'action se déroulait dans un grand magasin cauchemardesque. "Royaume-Désuni", en revanche, m'était tombé des mains vers la page 100. Mais lorsque Mélanie Fazi, qui était alors en train de le traduire, m'a parlé de "GiG" pendant le dernier Salon du Livre, j'ai su tout de suite que j'allais le lire et, probablement, l'adorer.

Parfois, je suis d'une clairvoyance stupéfiante.

Or donc, "Gig" est un roman un peu particulier puisqu'il se compose en réalité de deux novellas, disons, symétriques. L'une a pour héros Mik Dyer, chanteur d'un groupe de rock auquel ses fans vouent un véritable culte, et l'autre met en scène Kim Reid, une fan de Mik qui se sent investie d'une mission très particulière. Toutes deux se déroulent durant la journée précédant le concert de God Dog dans la ville d'origine de ses membres, et si chacune se suffit à elle-même, il faut attendre d'avoir lu les deux pour comprendre l'intrigue dans sa globalité.

Une des particularités de ce livre, c'est qu'il est conçu de manière à ne donner aucune indication au lecteur sur l'ordre dans lequel les novellas doivent être découvertes: les deux côtés de la couverture comportent chacun toutes les indications d'une première ET d'une quatrième de couv', de sorte qu'il n'y a pas de "début" et pas de "fin" officiels. Moi, j'ai commencé par l'histoire de Kim et je trouve que c'est plus intéressant dans ce sens, mais il semble que les lecteurs qui ont choisi la démarche inverse tiennent exactement les mêmes propos.

L'autre particularité de "Gig", c'est qu'il est construit, depuis les titres de ses chapitres jusqu'au nom de tous les personnages et lieux importants, sur une quantité phénoménale d'anacycliques: c'est-à-dire, de mots ou de phrases qu'on peut lire aussi bien à l'envers qu'à l'endroit. Loin d'être une simple coquetterie d'écriture, ces anacycliques renforcent la dualité des héros et de leurs parcours. C'est un exercice délicat dont James Lovegrove aussi bien que sa traductrice se tirent avec une virtuosité remarquable.

Pour le reste, je ne vais pas vous dévoiler l'histoire, mais faites-moi confiance: c'est de la bombe. Les amateurs de musique, en particulier, devraient adorer la satire réussie du milieu des fans et l'atmosphère fervente qui se dégage de la scène de concert finale.

De la séduction

Certaines de mes amies, et amies d'amies, se sont récemment montrées plus ou moins dénudées sur leur blog. Les photos étaient très jolies, de bon goût, et on n'y voyait pas leur visage. Pourtant, même si j'étais aussi bien foutue qu'elles, il ne me viendrait pas à l'esprit de les imiter. Pas par pudeur, un sentiment qui m'est passablement étranger. Simplement parce que (et c'est un peu un choc pour moi de m'en rendre compte) j'ai cessé depuis un petit moment de jouer la carte de la séduction dans mes rapports avec les autres.

La faute en incombe sans doute partiellement au traitement hormonal qui flingue ma libido depuis deux ans et demi. Mais je sais qu'il n'y a pas que ça. La séduction, c'est l'arme que j'utilisais pour me valoriser quand j'avais l'impression de ne pas avoir grand-chose d'autre à offrir, de ne pas être assez aimable au sens étymologique du mot pour susciter un intérêt - et à plus forte raison un intérêt durable. Sur le coup, je prenais ça pour un plaisir narcissique, ce qui me semblait très sain; en vieillissant, j'ai réalisé que ça n'était qu'un piège et que je donnais de moi une image fâcheusement tronquée, voire carrément faussée. Le fait d'être en couple durable m'a sûrement bien calmée aussi: je sais que mon amoureux me trouve désirable, et cela suffit à ma vanité.

Les autres gens que je rencontre, je ne cherche plus à les charmer. J'essaie d'être moi-même, de montrer que j'ai de l'humour, de la culture et de la compassion. Si mes plaisanteries ne font pas rire mon interlocuteur, si nous n'avons pas de références communes, si ma bienveillance lui paraît mièvre, il n'est de toute façon pas utile que nous développions une relation. Et mon ego se passe très bien de la certitude que si je voulais, je serais capable de lui donner une érection. Dans les bons jours, j'aime y voir une forme de sagesse. Dans les mauvais jours, je songe avec une pointe de nostalgie que flirter avec des gens sans avoir nécessairement l'intention d'aller plus loin était tout de même bien agréable.

NB: Il va sans dire que tout ce qui précède ne concerne que moi, et que je ne présume absolument pas des motivations personnelles des amies ou amies d'amies évoquées en début d'article ^^

jeudi 10 septembre 2009

"Quelque chose en lui de Bartleby"

C'est portée par le souvenir délicieux de "La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" et oubliant, d'une part ma déception à la lecture des bouquins suivants de Philippe Delerm, d'autre part ma résolution de ne plus acheter de grands ou de moyens formats, que je me suis laissée influencer par une bonne critique d'un magazine quelconque et ai investi 14,50€ dans "Quelque chose en lui de Bartleby".

Une heure et demie après l'avoir ouvert, j'arrivais à la fin et le plaçais directement sur la pile des ouvrages en partance pour le bouquiniste, jurant mais un peu tard qu'on ne m'y prendrait plus.

La quarantaine passée, employé de la Poste et célibataire sans enfants, Arnold Spitzweg est un éternel spectateur de la vie, et cela lui convient très bien. Un jour, il crée un blog pour y consigner ses observations. www.antiaction.com connaît un succès fulgurant et... Euh, et c'est tout. Et c'est un peu maigre. D'autant que si on prend plaisir à lire les flâneries du héros dans Paris l'été, la partie consacrée au blog, qui aurait pu être intéressante, occupe trop peu de place et manque cruellement de crédibilité. Bref, un petit roman pas désagréable mais assez inconsistant. A la place, achetez plutôt deux bons gros livres de poche.

Second chance

Vous êtes folle de fringues. Hélas! C'est la crise, et vous avez décidé de consacrer le peu de sous qui reste sur votre compte après que le Trésor Public et la Sécu se soient (grassement) servis à un projet excitant et néanmoins ruineux comme, au hasard, la préparation de deux grands voyages pour l'année 2010.
Que faire pour ne pas sombrer dans la dépression vestimentaire?

...Du shopping dans vos propres placards!

Allons, avouez. Combien de tops datant de la saison automne-hiver 2006 dorment encore munis de leur étiquette au fond de votre penderie? Combien de paires de chaussures achetées en frétillant des orteils par anticipation n'ont jamais eu l'occasion de fouler le trottoir d'une avenue commerçante? Combien de sacs à main mâchonnent tristement leur petit sachet de billes de silicone anti-humidité en attendant d'avoir l'honneur de paraître en public à votre bras?
Je sais, on a toutes des étagères remplies de monumentales erreurs d'achat: un pantalon trop petit dans lequel il faut choisir entre s'asseoir et respirer, mais qui était censé mouler parfaitement notre séant dès qu'on aurait perdu nos 3 kilos de trop (qui se sont depuis transformés en 5). Ou un pull d'une couleur qui, loin des néons du magasin, s'avère plus digne de figurer sur le poncho d'un Péruvien que sur le dos d'une Occidentale désireuse d'éviter les saignements oculaires à son entourage proche.
Je ne vous parle pas de ces fringues importables dont le destin est de terminer à l'Armée du Salut (ou sur le postérieur d'une copine mieux gaulée, la garce). Non, je vous parle de celles que vous avez oubliées sitôt achetées parce qu'en fin de compte, vous aviez déjà une veste en velours presque identique, la flemme de "faire" ces nouveaux escarpins au talon vertigineux ou aucun top susceptible d'aller avec cette jupe brodée.
Exhumez ces pauvrettes. Donnez-leur une seconde chance.

Par exemple, hier, j'ai sorti de leur hibernation ces ravissantes ballerines r.a.s en feutrine rouge qui venaient de passer au bas mot 5 ans à roupiller sur le rayon inférieur de mon porte-chaussures. Je les avais achetées parce que je les trouvais über-cute, et jamais portées parce que quand on mesure 1,54m et qu'on a une silhouette de Culbuto, il est vital de se rehausser avec des talons d'au moins 4 cm. Et puis mon regard s'est posé sur elles. Je les ai saisies délicatement. Elles sentaient toujours cette exquise odeur de fraise qui m'avait charmée au Bon Marché. Je les ai enfilées, juste pour voir. Elles étaient aussi confortables que des pantoufles.




Alors j'ai pensé que les règles étaient faites pour être enfreintes bordel. J'ai mis un jean, un T-shirt gris agréablement mou, une veste en tweed, et j'ai empoigné mon Mathilde pour sortir en me félicitant de mon comportement digne de la meilleure recessionista.

mercredi 9 septembre 2009

Le monde est cruel pour Cahouète

Le lundi 24 août, Cahouète, 2 ans, 11 mois et 9 jours, amateur immodéré de chocolat et grand exhibitionniste devant l'Eternel, faisait sa première rentrée scolaire à l'Ecole Internationale de Dallas. Fidèle à son tempérament de barbare, il n'a pas versé la moindre larme quand sa mère l'a laissé aux bons soins d'une Texane inconnue avec une quinzaine d'autres gamins, et le soir, il a déclaré que tout s'était bien passé. Soulagement intense de Soeur Cadette.
Le mardi 25 août, Cahouète, 2 ans, 11 mois et 10 jours, a décrété qu'il avait déjà été à l'école hier et que tout bien considéré, il préférait la piscine.
Je n'aurais pas aimé être celle qui lui a annoncé qu'il venait d'en prendre pour quinze ans minimum.

Ci-dessus: Atterré, notre Conan miniature tente de se consoler avec un rhum-Coca.

mardi 8 septembre 2009

De l'amitié féminine

Dans toute ma vie, j'ai dû avoir moins d'amies que de partenaires.

Non, je ne peux pas rivaliser avec Madonna ni même avec le personnage d'Andie McDowell dans "Quatre mariages et un enterrement". C'est juste que, si j'ai un peu plus roulé ma bosse que la moyenne en matière amoureuse, je suis toujours restée excessivement circonspecte dans le domaine des amitiés féminines. A l'adolescence, les filles que je côtoyais étaient toutes beaucoup plus jolies et beaucoup plus bêtes que moi; le mélange de jalousie et de mépris qu'elles m'inspiraient ne risquait pas de motiver un rapprochement. De toute façon, j'étais en pleine période "poétesse maudite", et seul mon journal intime me paraissait digne de recueillir mes confidences. Les rares fois où j'ai tenté de copiner avec quelqu'une se sont soldées par des déceptions retentissantes, généralement parce que ma soi-disant amie finissait par me piquer le mec sur lequel je bavais et dont je lui avais formellement interdit de s'approcher s'avérait n'être qu'une cruche qui suicidait mes neurones par paquets d'un million à chacune de nos conversations.

Arrivée à l'âge adulte, le fossé qui me séparait de mes semblables s'est encore élargi. Pendant que la plupart d'entre elles rêvaient d'un mariage en blanc, des 2,1 enfants règlementaires et si possible d'un CDI, je divorçais, tentais de me faire ligaturer les trompes et m'installais en indépendante. Je semblais vouée à ne jamais avoir le moindre point commun avec le reste de la gent féminine. J'avais des tas de copains avec qui je partageais des parties de jeux de rôle épiques ainsi qu'un goût certain pour la bande dessinée et la musique qui fait du bruit, et même quelques-uns avec qui il était possible de discuter politique, littérature ET rapports humains. Ils suffisaient à combler un besoin relationnel qui a toujours été modeste chez moi.

Ma première vraie amie, celle que j'ai eu instantanément l'impression de connaître comme le fond de ma poche et à qui je n'ai pas hésité à dévoiler mes pensées les plus honteuses, c'était Gren. Nous n'avons habité la même ville que quatre ans; depuis, des centaines voire des milliers de kilomètres nous ont toujours séparées, et nous avons rarement eu l'occasion de nous revoir. (Je bénis d'ailleurs internet qui permet si bien de rester en contact à distance.)

Et puis, et puis... Il y a eu, il y a toujours, des jeunes femmes que j'apprécie énormément, sur qui je sais que je peux compter et avec qui je suis ravie de passer quelques heures quand nos emplois du temps respectifs le permettent. Mais je n'ai pas avec elles cet espèce de lien gémellaire que des tas de filles entretiennent avec leur "meilleure amie". Et malgré ces quelques relations qui se sont développées tout doucement au fil des années, je m'estime toujours très novice en matière d'amitié féminine.

Résultat, quand je rencontre une fille qui me plaît, une qui me donne envie de la bombarder de questions et de lui raconter toute ma vie, de pouffer ensemble devant un chocolat viennois et une gauffre chantilly un thé vert sans sucre et une salade de fruits, d'écumer aussi bien les librairies que les magasins de fringues en poussant des couinements ravis à la vue d'un bel artbook ou d'une paire d'escarpins rétro, de s'échanger des trucs de maquillage et des souvenirs de globe-trotteuses, je suis encore plus émue et fébrile que face à un homme que j'envisage de culbuter sauvagement séduire avec la distinction et la retenue qui me caractérisent. Quand je sais que je vais la voir, je prends un soin tout particulier à choisir ma tenue. Quand nous discutons, ma crainte de parler trop fort, trop vite et en faisant trop de gestes le dispute à mon envie de montrer que je suis, moi aussi, une personne intéressante qui a des choses à raconter.

Je pense maîtriser assez bien le mode d'emploi relationnel des hommes. Mais vis-à-vis des femmes, j'ai encore peur de me montrer maladroite et mal aimable.

lundi 7 septembre 2009

"Francis rate sa vie"

Je suis assez mauvais public pour tout ce qui relève du comique. C'est très difficile de me faire rire, a fortiori de me faire rire aux éclats une douzaine de fois en l'espace de quelques minutes. Pourtant, ce petit bouquin de rien du tout y est parvenu.

J'ai fait l'acquisition du 5ème opus des aventures de Francis, le blaireau farceur, parce qu'un de mes contacts Facebook en avait dit beaucoup de bien, parce que la queue à la caisse de Cook&Book s'éternisait et qu'il y en avait une pile juste devant moi. Un rapide coup d'oeil et j'étais suffisamment emballée pour l'acheter en même temps que le Cartoville de Tokyo amoureusement serré sur mon coeur.

Or donc, chaque strip de cette hilarante petite bédé est construit de la même façon. Dans la première case, notre bondissant héros se promène dans la campagne. Dans la seconde, "soudain" il se produit quelque chose qui n'a absolument rien à voir avec la choucroute/le waterzooi (rayez la mention inutile selon votre nationalité). Et la sixième conclut son aventure de manière systématiquement catastrophique, parfois totalement absurde, parfois étrangement pertinente et parfois les deux en même temps. Un petit bijou de satire socio-économique et d'humour grinçant. A découvrir d'urgence, ainsi que les 4 autres volumes de la série!

dimanche 6 septembre 2009

Maquillage n°13: Fumée verte et blanc pas basique!



En temps normal, mes photos de maquillage sont toujours moches.
Aujourd'hui, elles sont extra-moches. En effet, nous avions rendez-vous au Cook&Book à 12h30 pour bruncher avec Miss Sunalee et diane cairn. A 11h45, j'enfile les vêtements préparés depuis la veille: catastrophe, le pantalon anthracite à fines rayures blanches que j'ai vaillamment traqué en 38 dans tous les Pimkie de France et de Belgique pendant les dernières soldes d'hiver, et que je viens seulement de me décider à faire raccourcir, est encore 10 bons centimètres trop grand! Même avec mes bottines Ash noires à talons hauts, je marche dessus. Et toute ma tenue du jour était construite autour de lui, grrrr. Tant pis, pas le temps de me changer intégralement; je me contente d'enfiler un bête jean à la place du pantalon maudit. Du coup, nous avons raté le bus, et c'est en attendant le suivant que Chouchou prend mon maquillage en photo dans la rue.
Lorsque nous rentrons à la maison à 17h et que je visionne le résultat, c'est la cata: la lumière naturelle a bouffé toute la couleur de mes fards, on dirait que mes paupières sont nues. Je demande à Chouchou de les refaire en intérieur avant que la nuit tombe. Mais évidemment, mon maquillage est défraîchi puisque je le porte depuis plus de cinq heures. Et je n'ai pas pensé à me peigner les sourcils. Damned.
(J'ai vraiment de gros soucis dans la vie, n'est-ce pas?)
Bon, tout ça pour dire que mon nouveau Greensmoke adoré ne rend absolument rien en photo; en vrai c'est un kaki légèrement doré beau à mourir, bien plus intense qu'il n'en a l'air ici.

Halo sur paupière supérieure: Greensmoke (MAC)
Au-dessus du halo: Half-Baked (Urban Decay)
Coin interne de l'oeil: Unbasic White (MAC)
Liner: Aqua Eyes 10 (Make Up For Ever)
Mascara: Colossal noir (Gemey Maybelline)

samedi 5 septembre 2009

Finally whole!

Voilà, vous pouvez enfin me découvrir en entier dans le nouvel épisode de "La véritable histoire de Monsieur Tout-Le-Monde".

Si vous aimez, n'hésitez pas à le dire à l'auteur en lui laissant un petit commentaire. Ca lui fera très plaisir, car il a beaucoup peiné sur cette planche!

(Et maintenant qu'il a terminé, nous pouvons partir en ville dépenser des sous que nous n'avons pas ^^)

"Ni d'Eve ni d'Adam"

Au début des années 90, j'ai découvert "Hygiène de l'assassin", et comme beaucoup de gens, j'ai été soufflée qu'un roman aussi atypique et cruel soit l'oeuvre d'une fille de 23 ans à peine.

Longtemps, j'ai continué à lire les romans qu'Amélie Nothomb sortait avec une belle régularité à chaque rentrée des classes. Mais à part "Péplum", les seuls que j'ai vraiment aimés sont les récits autobiographiques où l'auteure parle de son enfance au Japon et des deux ans durant lesquels elle y séjourna en tant que jeune adulte: "Stupeur et tremblements", "Métaphysique des tubes" et "Biographie de la faim". Les autres, constatai-je au bout d'une dizaine d'années, ressassaient toujours les mêmes thèmes d'une manière un peu pédante qui finit par me lasser à la longue. Aussi cessai-je de suivre l'abondante production littéraire de ce personnage singulier qui m'agaçait autant que je l'enviais, tout au fond de moi.

Mais cette semaine, je cherchais de quoi m'occuper pendant mon retour en TGV à Bruxelles, et j'ai pensé que "Ni d'Eve ni d'Adam" ferait parfaitement l'affaire. Amélie Nothomb y raconte avec beaucoup de sincérité et d'humour le couple improbable qu'elle forma, deux années durant, avec un Japonais absolument parfait qu'elle ne réussit cependant pas à aimer et dont les demandes en mariage répétées finirent par lui faire fuir l'Empire du Soleil Levant. Malgré le lyrisme teinté de mégalomanie qu'elle ne parvient pas à réprimer totalement, elle livre là une oeuvre touchante, peut-être sa plus personnelle à ce jour.

vendredi 4 septembre 2009

Dumbo is back

Le voisin du 3ème est rentré de sa Slovénie natale. Non, je ne l'ai pas croisé dans l'escalier avec un énorme sac de voyage dégueulant son linge sale des deux derniers mois. Mais depuis ce matin, il marche au-dessus de ma tête en faisant autant de boucan que s'il pesait 517 kilos. Je m'attends à ce que, d'un instant à l'autre, il passe au travers du plafond et atterrisse sur mes genoux dans une pluie de gravats. Le bruit ne me gêne pas plus que ça; je me demande juste comment il arrive à en faire autant. Les natifs d'Europe de l'Est ont peut-être une densité supérieure à la nôtre? A moins que ce jeune chevelu dont je n'ai jamais réussi à voir le visage soit en réalité un golem de plomb. Ce qui ne me poserait aucun problème si ce n'était pas un golem de plomb avec des aspirations musicales mais aucune oreille du même nom. Depuis une demi-heure, il s'est remis à torturer amoureusement l'instrument mystérieux dont il tire des sons impossibles à identifier. Je suis à deux doigts de lui offrir une Wii et Guitar Hero: là au moins, quand il loupera des notes, on n'entendra que le silence.

Edit du 5/9/09 à 23h19: Chouchou vient de monter pour demander au voisin du dessus s'il pouvait faire un peu moins de boucan. Dumbo lui a ouvert la porte avec des béquilles et un pied dans le plâtre. Il habite un duplex au 3ème étage de notre immeuble qui n'a pas d'ascenseur. Au final, c'est Chouchou qui s'est excusé.

Chill out yoga au Serendip Spa

Après le Full Moon Club, la réflexologie plantaire et le massage aborigène, hier, ce sont les cours de yoga en groupe que j'ai testés dans ce haut-lieu du bien-être qu'est le Serendip Spa. Le professeur prévu étant malade, il a été remplacé à la dernière minute par la maîtresse du lieu, la charmante Claudia. Au risque de me répéter, je trouve cette femme époustouflante. Tout en elle respire l'harmonie, physiquement comme moralement. Il émane d'elle quelque chose de très apaisant, et c'est toujours un bonheur de la côtoyer.

La séance était orientée "relaxation" - j'aurais préféré tester la "tonifiante", mais les horaires ne cadraient pas avec mon emploi du temps. Peut-être était-ce mieux ainsi, car les postures que Claudia nous a fait enchaîner à un rythme doux mais sans mollesse ont eu un effet très positif sur le stress que je trimballe depuis des mois. La salle, bien que petite et ne pouvant contenir qu'un nombre limité de pratiquants, est jolie et bien éclairée, munie d'un vestiaire contigu. Contre une donation d'1€ allant à l'association caritative fondée par Claudia au Sri-Lanka, il est possible d'emprunter un tapis de sol pour la séance si on n'en possède pas ou qu'on a oublié le sien.

Ca fait des années que je souhaite me mettre à la pratique régulière du yoga (c'est même mon Life Goal #33) et que je suis rebutée par les formules proposées: un paiement au cours absolument ruineux, ou un abonnement au mois que je suis souvent amenée à "gaspiller" en partie à cause de mes nombreux déplacements. Mais le Serendip Spa propose un système de carte pré-payée de 10 séances qui sera idéal pour moi. Cette fois, c'est décidé, je me lance! En plus, ça ne pourra que m'aider dans ma lutte contre l'angoisse chronique (Life Goal #35!). Déjà, Claudia m'a indiqué deux postures-clés: une à faire pour relancer la circulation de l'énergie le matin avant de se lever, et une autre pour recharger ses accus dans la journée en cas de coup de barre. J'ai bien l'intention d'en user et d'en abuser.

A l'occasion du lancement de la nouvelle saison, le Serendip Spa organise, le mardi 15 septembre de 16h à 19h, une fête ouverte à tous durant laquelle on pourra déguster de la nourriture ayurvédique et écouter des musiciens indiens. Si la curiosité vous y amène, vous m'y croiserez sûrement.