jeudi 3 septembre 2009

Tel(le) maître(sse), tel(le) chat(te)


Copernique a un goût très sûr en matière de sacs à main: elle a immédiatement adopté le Mathilde ramené de Monpatelin où il venait de passer deux ans et demi en exil dans ma penderie.

"Votre mort nous appartient"

La petite maison d'édition Griffe d'Encre aura décidément produit bien des merveilles cette année! Après "La vieille anglaise et le continent" qui a raflé tous les prix dans sa catégorie, après "Les poubelles pleurent aussi" que j'avais beaucoup aimé et l'excellente traduction du "GiG" de James Lovegrove dont je vous chanterai les louanges prochainement, je viens de dévorer une novella (format intermédiaire entre la nouvelle et le roman) d'anticipation qui ferait froid dans le dos si son auteur n'y avait pas mis tant d'humour.

Dans un futur lointain, la mort a été pratiquement éradiquée. La médecine est capable de réparer tous les dégâts subis par le corps humain, et il est désormais possible de sauvegarder l'âme de quelqu'un sur CD. Conséquence: les naissances sont sévèrement régulées... et il faut, pour se suicider, réclamer une permission que l'administration met une éternité à accorder (voilà au moins une chose qui n'a pas changé!). Roïn Venkoo ne se sent pas à sa place dans ce monde aseptisé, où les machines sont plus nombreuses et plus efficaces que les humains et où ceux-ci ne sortent pour ainsi dire plus jamais de chez eux. Désespéré, il tente de se supprimer illégalement en sautant du haut de son immeuble. La chute lui sera fatale... Mais c'est après sa réanimation que les ennuis commenceront véritablement.

"Si je peux me permettre de formuler un avis, commença le coussin droit, je subodore un camouflage, une manipulation. Bref, en termes techniques: ça pue l'embrouille."

Je ne suis pas fan de romans d'anticipation, qui décrivent toujours un futur peu enviable. Celui-ci ne fait pas exception à la règle, mais l'absurdité des situations qu'il décrit désamorce quelque peu le cynisme extrême dont l'auteur fait preuve dans son récit - et permet d'oublier le fait que le futur qu'il décrit n'est pas si improbable que ça. Et la fin, loin d'être "happy", boucle admirablement la boucle. Je recommande.

mercredi 2 septembre 2009

Un rapide calcul...

Voilà, je suis de retour à Bruxelles où il fait une température humainement supportable, hallelujah! Dans le TGV du retour, je me suis amusée à comptabiliser ce que j'avais lu depuis mercredi dernier:
- 3 romans 1/2 - "Le Japon n'existe pas" dont je vous parlais hier, "Votre mort nous appartient" dont je vous parlerai sans doute demain, "Les identités remarquables" de Sébastien Lapaque qui ne mérite pas vraiment que j'en parle, et la moitié de "Ni d'Eve ni d'Adam" d'une romancière belge si célèbre qu'elle n'a certainement pas besoin que je parle d'elle.
- 3 mangas - les tomes 3 et 4 de "Death Note" qui déchire de plus en plus, et le premier de "Black Rose Alice" de Setona Mizushiro dont j'avais adoré "L'infirmerie après les cours" mais qui n'a pas réussi à m'accrocher avec son histoire de vampires alors que franchement, je suis un public quasi-conquis d'avance sur ce genre de sujet.
- 0,1 récit de voyage - "Le Bénarès-Kyoto" d'Olivier Germain-Thomas qui aurait pu se donner la peine de mettre en forme les notes griffonnées sur son genou dans un bus brinquebalant avant de les publier.
Sans même parler de la demi-douzaine de magazine de fille ruineux (parce qu'importés des Zuess, vu que j'avais déjà lu tous les francophones du mois) achetés pour occuper mon aller-retour en train, j'en suis donc à quelque chose comme 70€ de budget lecture pour la semaine. Soit, vu que la semaine en question n'a rien d'exceptionnel, plus de 3000€ de bouquins par an. Le prix de deux semaines au Japon tous frais compris.
Sauf que je suis totalement incapable de vivre sans lire.
Quelqu'un connaît une bibliothèque bien approvisionnée en trucs récents à Bruxelles?

mardi 1 septembre 2009

"Le Japon n'existe pas"

Je n'avais jamais entendu parler de ce bouquin quand je l'ai aperçu le mois dernier dans les rayonnages de la Fnac, mais la présence du mot "Japon" dans son titre ainsi qu'une petite étiquette "coup de coeur libraire" m'ont convaincue de me laisser tenter.

"Le Japon n'existe pas" est le premier roman d'un jeune artiste et professeur espagnol. Son narrateur, le très sympathique Don Salvador Fuensanta, exerce le métier de balayeur dans un aéroport. Toute la journée, il apostrophe les passagers en partance pour des pays lointains, devine leur destination et leur raconte des histoires tantôt tragiques, tantôt comiques. Il ne déteste pas non plus faire la causette à la serveuse de la cafétéria ou à la marchande de journaux, qu'il tient en haleine avec des récits en plusieurs épisodes. Parfois, il révèle des secrets bien gardés à ses interlocuteurs. Savez-vous quel message vous envoyez lorsque vous vous éventez avec un livre dans un aéroport? Vous seriez-vous douté que le Japon n'était qu'une invention marketing destinée à faire vendre des produits technologiques? Non? Alors un conseil: si vous avez un long trajet à faire en avion, emportez le roman d'Alberto Torres-Blandina. Il sera pour vous un délicieux compagnon de voyage.

lundi 31 août 2009

Bad timing, good inspiration

Les idées pour mon futur roman se bousculent dans ma tête... pile au moment où je n'ai pas du tout de temps à leur consacrer. J'ai une trad à rendre fin septembre, et pour la première fois de ma vie (ou du moins de ma carrière de traductrice, qui a fêté ses 15 ans en juillet), je suis très en retard sur mon planning. Oh, j'ai une très bonne excuse: quand on prend des médocs qui vous font dormir 12 heures par jour et vous transforment en zombi les 12 autres, on ne risque pas d'être super productive. N'empêche qu'il faut quand même que j'honore mes engagements et, accessoirement, que je paie mes factures. Le mois qui s'apprête à commencer sera donc tout entier dédié au travail. Et je crains que, pour cause de retard accumulé cet été, le dernier trimestre 2009 suive plus ou moins le même chemin. C'est assez rageant que le moment où je me décide ENFIN à écrire coïncide pile avec une des rares périodes où je ne peux pas me le permettre. Life is a bitch sometimes.

Pour l'instant, je vais donc me contenter de prendre des notes que j'exploiterai plus tard, probablement à partir de début 2010. J'ai déjà un titre qui me plaît beaucoup et qui me fournit plus ou moins la structure du récit, ainsi qu'un thème directeur: la quête d'identité. Les personnages principaux commencent à se dessiner dans ma tête. J'examine différentes possibilités de parcours pour mon héroïne, en rejette certaines et décide d'en conserver d'autres. Je peux déjà vous dévoiler qu'Alice Tanaka sera née à Paris en juin 1980, d'une mère au foyer française et d'un père japonais diplomate. Jusqu'ici, le plus difficile a été de décider si j'emploierais la première ou la troisième personne. En m'exprimant à la place de l'héroïne, je craignais d'une part de trop l'identifier à moi, d'autre part d'écrire comme je parle - ce que j'appelle "le style Cosmo". En prenant de la distance, il me semblait que j'allais céder à la tentation de singer Paul Auster ou de faire du sous-Yoko Ogawa. J'ai finalement opté pour la deuxième solution qui me répugnait tout de même moins, et je m'en félicite: depuis, Alice est devenue un personnage beaucoup plus distinct. Elle se dessine chaque jour davantage, et elle n'a pas grand-chose de commun avec moi sinon sa boulimie d'expériences.

dimanche 30 août 2009

J'en aurais bien besoin en ce moment



Merci Eve!

Honesty is such a lonely wooooord

Le garçon avec qui j'ai eu ma première relation sérieuse aidait sa mère à voler des palettes vides sur les chantiers le soir, profitait des pubs de type "5 CD pour le prix d'un seul" pour commander des tas d'albums qu'il ne payait jamais, utilisait des chéquiers trouvés et fraudait allègrement chaque fois qu'il prenait les transports en commun ou le train, sans jamais payer ses amendes ni être inquiété.
Le second de mes ex-qui-ont-compté n'avait pas d'emploi (parce qu'il n'en cherchait pas); il survivait en donnant des cours de maths à des lycéens et... en arnaquant avec son meilleur ami un type un peu barjot auquel ils faisaient croire qu'un homme politique en vue lui confierait bientôt des fonctions importantes.
Le troisième, entrepreneur indépendant, réalisait une grande partie de son chiffre d'affaires en liquide et au noir, et s'est débrouillé pendant de longues années pour ne jamais payer d'impôts sur le revenu.
Le quatrième, enfin, déclarait ne pas posséder de télévision pour ne pas payer la redevance - ce qui, je vous l'accorde, semble un délit bien modeste comparé aux précédents, mais qui était d'autant plus stupide qu'on voyait son poste de la fenêtre donnant sur la rue.
Longtemps, je me suis demandé si j'étais la seule andouille scrupuleuse perdue dans un monde de brigands, ou si une tendance malsaine me poussait à l'insu de mon plein gré vers des types plus ou moins malhonnêtes. Et puis heureusement, j'ai rencontré Chouchou qui va jusqu'à prévenir les vendeuses quand elles lui rendent de la monnaie en trop.
Bon, je ne vais pas me faire passer pour la sainte que je ne suis pas. Quand une caissière d'Ikea ou de la Fnac oublie de me compter un article et que je m'en rends compte, je ne moufte pas, partant du principe que 1/ je ne suis pas responsable de l'erreur, 2/ la perte ne représente qu'une goutte d'eau dans un océan de profits pour ces grandes chaînes. (Si la même chose se produit dans une petite boutique, en revanche, je le signale, parce que je ne veux pas léser quelqu'un qui travaille pour son propre compte.) Il m'est arrivé de ne pas mettre de sous dans un parcmètre si je pensais qu'aucune pervenche ne passerait par là durant mon temps de stationnement, ou de prendre quelques petites libertés avec la loi quand je savais que ça ne nuirait à personne.
Pour le reste, je me considère comme bêtement honnête. Un peu par peur du gendarme, sûrement. Un peu parce que j'ai une conscience aiguë de ce que j'estime bien ou mal, et que quand on aime se maquiller autant que moi, il est tout de même plus pratique de supporter de se regarder dans une glace. Mais aussi, me semble-t-il pour être tout à fait franche, par crainte d'un revers de bâton cosmique. Je ne crois pas en Dieu et ne redoute donc pas de passer l'éternité à rôtir sur une broche; en revanche, la toute petite partie de moi qui ne vénère pas Saint Thomas d'Aquin est assez sensible à la notion de karma. Qui, à bien y réfléchir, n'est pas si irrationnelle que ça. Il est permis d'imaginer que si on se conduit décemment avec les autres, ils feront de même en retour. Je sais que ça ne fonctionne pas toujours ainsi, mais j'aime à croire qu'il arrive des choses bien aux gens bien et que les méchants finissent toujours par être punis d'une façon ou d'une autre. Ce qui est sûrement très naïf de ma part, mais tant pis. Nobody's perfect, et je pêche déjà suffisamment par excès de cynisme dans d'autres domaines.

samedi 29 août 2009

Top 10: romans et séries fantastiques

Remarques préliminaires:
*Par "fantastiques", j'entends "qui mettent en scène un monde alternatif contenant des créatures surnaturelles et de la magie", quelle que soit l'époque à laquelle se situe le récit: médiévale, contemporaine ou même futuriste.
*Ici encore, les oeuvres sont classés par ordre alphabétique d'auteur et non par ordre de préférence tant il me serait difficile d'en établir un.
*Dans le cas de séries, le lien associé au titre mène vers le premier tome français. Je fournirai avec plaisir la liste complète, ainsi que les titres originaux, à qui ne serait pas fichu de les trouver tout seul ^^

- "Jonathan Strange & Mr Norrell" (Susanna Clarke): On commence fort avec le roman plus hermétique du lot. Pourquoi "hermétique"? Parce que dans sa version poche française, ce pavé compte plus de 1000 pages écrites petit avec peu de retours à la ligne et une kyrielle de notes de bas de page. Parce que beaucoup de lecteurs potentiels pourraient être rebutés par son contexte historique - il s'agit d'une uchronie qui se déroule au début du dix-neuvième siècle pendant la guerre entre la France et l'Angleterre -, par la multiplicité des points de vue qui semble parfois faire partir l'intrigue dans tous les sens, par les phrases très longues et très ampoulées que l'auteur aime à dévider. Question accessibilité, c'est un peu "Le cercle de la croix" de cette liste. Mais ceux qui parviendront à s'y plonger vraiment trouveront ce roman d'une richesse incroyable, son style magistral, son ironie irrésistible, son interprétation de certains faits réels absolument fascinante. Pour moi, ce fut un énorme coup de coeur.

- "La volupté du sang" (Nancy A. Collins): Premier tome de la trilogie "Midnight Blue" ayant pour héroïne une vampire qui traque et exécute ses semblables, il est aussi le seul à avoir été traduit en français et épuisé à ce jour. Inutile donc que je vous fasse saliver avec cette histoire d'urban fantasy injustement méconnue à mon sens.

- "Neverwhere" (Neil Gaiman): Gaiman est un de mes auteurs de fantastique préférés, connu du grand public pour avoir écrit "Stardust" et "Coraline" qui ont tous deux été adaptés au cinéma. De tous ses livres, "Neverwhere" est à mon avis le plus abouti et le plus intéressant - un "De l'autre côté du miroir" urbain. Après l'avoir lu, vous ne pourrez plus prendre le métro à Londres sans scruter les ombres de chaque station en espérant, vous aussi, entrevoir une porte...

- "De bons présages" (Neil Gaiman/Terry Pratchett): Quand deux très bons auteurs associent leur talent pour imaginer ce qui se passerait si un ange et un démon tentaient, chacun pour des raisons qui lui sont propres, d'empêcher l'Apocalypse, ça donne un des romans les plus hilarants que j'aie jamais lu, et susceptible de plaire même aux non-amateurs de fantastique.

- "Légendes de Lancedragon" (Tracy Hickman/Margaret Weiss): Inspirée d'une campagne de Donjons et Dragons, la saga Lancedragon est, dans son ensemble, assez classique bien que de très bonne facture. Elle occupe cependant une place particulière dans mon coeur, premièrement parce que c'est grâce à elle que je suis devenue traductrice, deuxièmement à cause du personnage de Raistlin le mage aux yeux en forme de sablier qui est l'un des plus complexes et des plus fascinants jamais créé par un auteur tous genres confondus. Avant d'attaquer la trilogie des Légendes, qui lui est entièrement consacrée, il vous faudra cependant lire celle des Chroniques qui la précède et met en scène toute une bande d'aventuriers traditionnelle. Mais rassurez-vous: c'est aussi une lecture très agréable pour les amateurs d'heroic fantasy qui seraient passés à côté jusque là.

- "Les Salauds Gentilshommes" (Scott Lynch): Je prends peut-être des risques en mentionnant ici une série en 7 volumes dont seulement 2 sont parus jusqu'ici, et dont les suivants pourraient s'avérer décevants. Mais le premier tome, "Les mensonges de Locke Lamora", est l'un des meilleurs romans que j'aie jamais dévoré. Imaginez une Venise médiévale et semi-décadente sur laquelle règne un puissant syndicat du crime. Rajoutez une bande d'orphelins recueillis par un prêtre et entraînés à devenir des voleurs d'élite, une secte de mages aussi mystérieux qu'effrayants, et faites s'affronter tout ce beau monde dans le cadre d'une arnaque dont même Sherlock Holmes peinerait à démêler les ficelles: vous obtenez un roman mené tambour battant, où le lecteur va de surprise en surprise, et qu'il est bien difficile de reposer avant la fin. Je vous aurai prévenus...

- "Les Annales du Disque-Monde" (Terry Pratchett): Quand une série se prolonge sur plus d'une trentaine de volumes, il est inévitable que sa qualité finisse par décliner. Pourtant, je prends encore plaisir à découvrir, chaque année, les nouvelles aventures de Rincevent le magicien trouillard incapable de lancer le moindre sort, des Laurel et Hardy de la sorcellerie que sont Mémé Ciredutemps et son acolyte Nounou Ogg, du bibliothécaire orang-outang soudoyable à coups de bananes, du capitaine Carotte, le seul nain au monde qui dépasse les deux mètres, et de la Mort qui se cherche un remplaçant pour pouvoir aller à la pêche. Jusqu'à "Hogfather", la série est une petite merveille d'humour absurde. Après, évidemment, les ficelles deviennent de plus en plus grosses et la satire sociale de moins en moins fine; mais il reste de quoi passer une très bon moment.¨Petite précision: chaque tome des Annales du Disque-Monde peut être lu indépendamment des autres, même si je ne le recommande pas car il est bien plus amusant de suivre l'évolution progressive des personnages récurrents.

- "Harry Potter" (J.K. Rowling): Je ne vais pas vous faire l'insulte de vous expliquer de quoi parle la série la plus vendue au monde... Je voudrais juste souligner combien je suis contente que, pour une fois, une oeuvre qui le mérite de par sa qualité ait remporté un tel succès populaire - et donné le goût de la lecture à tant d'enfants.

- "Vampire Junction" (S.P. Somtow): Pour public averti, voire très averti. A l'époque de Gilles de Rais, il se faisait appeler Jeannot et aurait compté parmi les dernières victimes du seigneur de Tiffauges, surnommé Barbe-Bleue. Durant la Seconde Guerre mondiale, à Auschwitz, il aurait été gazé plusieurs fois. De nos jours, c'est une star de rock qui amasse des millions de dollars. Timmy Valentine a 12 ans depuis des siècles. Afin de percer le mystère de sa propre nature, il décide d'entreprendre une analyse. Ainsi sa psy et le compagnon de celle-ci vont-ils se retrouver embarqués dans une bien étrange relation à trois... Souvent comparé aux premières oeuvres de Stephen King, "Vampire Junction" est le premier volet d'une trilogie mêlant rock et vampires, meurtres abominables et déviances sexuelles. Pourquoi je n'ai jamais lu les deux volumes suivants? Parce que, franchement, je ne suis pas certaine de les supporter.

- "Les princes d'Ambre" (Roger Zelazny): Un amnésique s'échappe d'un hôpital psychiatrique. Petit à petit, il va se rendre compte qu'il est l'un des princes d'Ambre, neuf frères très puissants qui s'affrontent pour prendre le contrôle du seul monde véritable dont tous les autres, la Terre y compris, ne sont que de pâles copies. Univers original, personnages hauts en couleurs, motivations troubles, alliances et trahisons font de cette saga en deux fois 5 tomes un pur régal.

vendredi 28 août 2009

Muse 1, Armalite 0

La scène se passe dans une petite chambre sous les toits exquisement meublée et décorée, vers minuit et demie. Depuis une heure, notre héroïne se tourne et se retourne sur les draps qu'elle n'a même pas défaits en proie à un cruel dilemme: si elle laisse son ventilateur allumé, le bruit l'empêche de dormir. Si elle éteint son ventilateur, la chaleur l'empêche de dormir. Si elle ouvre sa fenêtre pour avoir de l'air, les moustiques l'empêchent de dormir. Or, il FAUT qu'elle dorme car elle doit se lever tôt demain matin pour aller au rendez-vous chez son ophtalmo conquis de haute lutte six mois auparavant (le rendez-vous, pas l'ophtalmo qui est une respectable quinquagénaire à la fesse molle).

Alors qu'elle hésite entre la peste, le choléra et la diphtérie, notre héroïne entend une voix aigre lui lancer:
- Bon, tu vas te décider à l'exploiter, l'idée géniale que je t'ai généreusement filée il y a presque douze ans?
Et merde, songe-t-elle. Cette chieuse de Muse est de retour. Plus jamais je ne ricanerai en lisant les statuts Facebook de Laurell K. Hamilton. Entre ses dents, elle maugrée un lapidaire:
- Non.
- Ah ben bravo! Tu rêves de devenir écrivain depuis que tu es gamine, et tu te lamentes de ne pas avoir d'idée. Bonne fille, je t'en envoie une. Et toi, tu refuses de l'utiliser? Tu sais combien d'aspirants romanciers se damneraient pour recevoir ma visite?
- ...M'en fous. Elle est peut-être géniale ton idée, mais j'en ai pour des mois et des mois à rassembler la doc nécessaire. C'est pas parce qu'en 6ème, j'étais passionnée de mythologie au point d'avoir dessiné les arbres généalogiques des panthéons grecs, romains et nordiques sur du papier à petits carreaux que j'y connais quoi que ce soit en histoire des religions antiques! La Renaissance italienne, t'es gentille, mais je saurais même pas te dire si c'était au XIVème ou au XVème siècle, et j'ai absolument aucune idée de la façon dont les gens vivaient à Florence à cette époque. Pour ce que j'en sais, ils portaient leur culotte sur la tête.
"Quant au Moyen-Age en Bretagne, la représentation que je m'en fais est essentiellement basée sur Donjons & Dragons et Kaamelott l'Excalibur de John Boorman. Pas hyper-réaliste, donc, je le crains. Je ne suis pas non plus certaine de réussir à me mettre dans la peau d'un homosexuel honteux dans le Japon d'après-guerre. Et pour ce qui est d'imaginer les techniques d'hypnose dont la médecine disposera d'ici la fin du XXIème siècle, je te rappelle que la littérature d'anticipation me file de l'eczéma. Alors, tu peux le reprendre, ton cadeau empoisonné!

Un long silence suit cette tirade. Notre héroïne n'est pas peu satisfaite d'avoir cloué le bec à cette Muse capricieuse qui la harcèle toutes les nuits depuis une semaine.
- D'accord, je reconnais que le sujet est casse-gueule pour un premier roman, finit par admettre la voix sortie de nulle part (ou peut-être du placard aux cent paires de chaussures). Et si je te soufflais quelque chose de plus accessible?
- Genre? demande notre héroïne, méfiante.
- Genre une histoire pour laquelle tu disposerais déjà de quasiment toutes les références culturelles et émotionnelles nécessaires afin de donner vie à ton personnage principal. Et dont tu pourrais facilement te procurer les autres auprès de gens de ton entourage.
- Ouh là, ça pue l'autobiographie de trentenaire à plein nez! Je t'ai déjà dit des milliards de fois que je ne voulais pas ajouter ma petite crotte au tas de fumier narcissique qui encombre les tables des librairies depuis des années.
- Mais justement, c'est là toute la beauté de mon idée! s'écrie la voix, triomphante. Le personnage principal, ça ne serait pas toi du tout. Et son histoire ne serait pas la tienne. Disons juste que vous partageriez certaines préoccupations et certains traits de caractère grâce auxquels tu n'aurais pas trop de mal à te glisser dans sa peau.
Malgré elle, notre héroïne est intriguée.
- Mmmmh... D'accord, je t'écoute.

La Muse parle.

Une demi-heure plus tard, notre héroïne s'est enfin décidée. Avant son 40ème anniversaire, elle disposera d'un roman écrit de sa main (et même probablement des deux), prêt à être jeté en pâture à des éditeurs qui ne daigneront sans doute même pas lui adresser une lettre de refus poli. Mais au moins, cette fichue Muse ira harceler quelqu'un d'autre, et elle pourra recommencer à dormir tranquille.

jeudi 27 août 2009

10 (other) things I loved this month

- "C'est la gêne", site internet récemment créé par quatre représentants de "minorités opprimées". Une meuf, un juif, un arabe et un pédé donnent leur avis politiquement incorrect sur un peu tout. Je ne suis pas toujours d'accord avec eux, mais j'aime leur liberté de ton et le mordant de leur écriture.

- Entre ces deux modèles de chaussures Annabel Winship, mon coeur balance. Je crois que j'ai envie de rouge pour cet automne. Malheureusement, à 220€ les derbys à talons et 295€ les bottines, ça ne va pas être possible à moins de gagner au loto dans les semaines à venir.

- Death Note. D'habitude, je fais plutôt dans le shojo que dans le thriller fantastique en matière de manga. Mais les couvertures de cette série complète en 12 tomes ont attiré mon regard sur un présentoir du Virgin, et comme je n'avais pas grand-chose à me mettre sous la dent à ce moment-là, je me suis laissée tenter. Je ne le regrette pas: l'intrigue est haletante, vraiment originale et plutôt bien foutue pour le moment. Je vous en reparle dès que j'ai tout lu.

- Les jeux Facebook. Merci à Goo Deluxe, Elementz et plus récemment Farmville d'avoir focalisé mon attention quand je luttais contre l'effet assommant des médocs pour ne pas perdre tout mon après-midi à faire la sieste. Mais maintenant, il faudrait me laisser bosser un peu, d'accord? Et tant pis si un cochon mate mes framboises avec un regard concupiscent.

- La poudre Mineralize Skin Finish de MAC, en Porcelain Pink (rose veiné de doré, dans la collection limitée Colour Craft; la photo ne rend pas justice à sa couleur ravissante). Premier produit de maquillage minéral par lequel je suis convaincue - que dis-je, transportée! Un très joli rendu discret qui donne bonne mine et matifie à merveille par grande chaleur. Et puis j'adore appliquer la poudre sur mon visage avec un gros pinceau très doux; c'est un geste que je trouve plein de coquetterie et de féminité.

- "Rabbit heart", de Florence & The Machine. Les paroles, la musique, la chanteuse, la vidéo: j'aime tout. Au point de me demander si je ne vais pas m'offrir l'album lors de mon prochain passage à la Fnac.




- La saison 2 de "House". Dialogues qui font mouche, situations audacieuses, développement psychologique des personnages... Un régal.

- Le Sun Fluid Matifiant SPF 50 d'Eucerin. Enfin un écran total qui pénètre vite, sans laisser le visage blanc et collant. De plus, le petit format du flacon et son bouchon à vis font qu'on peut le glisser sans crainte dans un sac à main pour s'en remettre régulièrement au cours de la journée. Comme diraient Leo et un paquet de copieurs: "Hallelujah!".

- Les tarifs de la SNCF: 25€ l'aller-simple Bruxelles-Monpatelin (pris trois mois à l'avance et non-remboursable), auxquels je dois rajouter 1,15€ de bus pour arriver chez moi. Si je prends l'avion, c'est minimum 49,99€ le billet + 8€ de frais de dossier + 5€ de frais de paiement par carte bancaire + 3€ de train pour aller à Zaventem + 35€ de taxi de l'aéroport de T/H jusque chez moi. Le tout toujours non-remboursable, et devant parfois être réservé six mois à l'avance. 52,30€ l'aller-retour en train contre un peu plus de 200 pour la même prestation en avion, sachant que je fais le voyage une fois par mois environ: le choix est vite fait... Sans compter que le train pollue dix milliards de fois moins.

- Le petit ventilateur colonne Bluesky acheté 30€ à Carrefour et qui me sauve de la métamorphose en Bolino pour le 4ème été consécutif. L'an prochain (soyons fous), je m'en offre un second histoire d'en avoir un dans mon bureau ET un dans mon sauna de nuit ma chambrette sous les toits.

mercredi 26 août 2009

Vive les vacances la rentrée

J'ai hâte que l'été se termine. Je n'ai jamais aimé cette période de l'année où j'ai tout le temps trop chaud, où les vêtements de saison m'obligent à découvrir mes bras et mes jambes que je déteste, où je me casse le nez sur la porte de mes restos et de mes magasins préférés "fermés pour cause de congés annuels", où mes amis sont injoignables, où les services de compta fonctionnent au ralenti et ne me paient pas ce qu'ils me doivent avant la rentrée (alors que le Trésor Public, l'AGESSA et la société de crédit immobilier continuent à se servir sur mon compte avec une régularité de métronome), où les trains et les avions sont bondés de gens qui puent fleurent bon la sueur et d'enfants qui hurlent.

Gamine déjà, je détestais ces deux mois pendant lesquels je savais que je n'irais pas à l'école et n'apprendrais rien, que ma grand-mère me traînerait à la plage tous les jours tant que mes parents bosseraient, et qu'ensuite ceux-ci m'emmèneraient à la campagne où ils insisteraient pour que j'aille m'amuser dehors alors que j'aspirerais seulement à rester dans la fraîcheur bienfaisante du grenier avec la collection de Playboy des années 70 de mon grand-père de vieux romans poussiéreux d'Alexandre Dumas. Je n'avais qu'une hâte: qu'arrive la rentrée avec ses fournitures flambant neuves et son emploi du temps dont je colorierais soigneusement les cases horaires dans mon agenda: bleu pour le français, vert pour l'anglais (et plus tard, jaune pour l'espagnol), rouge pour les maths, marron pour les maudits travaux manuels...

Ma scolarité s'est achevée en juin 1991, et pourtant, chaque année c'est la même chose. J'attends le 1er septembre, les collections d'automne, la sortie de films décents au cinéma et de centaines de romans sur les tables des librairies, la reprise de l'activité citadine et des horaires normaux des transports en commun, le retour d'une température supportable avec une impatience identique à celle de mes 9 ans. Bien plus que le 1er janvier qui ne correspond pas à grand-chose pour moi, cette date marque le commencement d'un nouveau cycle - et en bon Bélier, j'aime les commencements et le renouveau plus que toute autre chose au monde.

Cette année, je suis d'autant plus impatiente que mon été a été sacrifié sur l'autel des attaques de panique et du Xanax qui, conjugués à la canicule, m'ont fait dormir 12 heures par jour et me traîner comme un zombi les 12 autres. Mais là, ça y est, je commence à maîtriser les dosages et mon corps s'est plus ou moins habitué aux effets secondaires. Je suis prête à attaquer ma thérapie comportementale, à mettre les bouchées doubles niveau boulot pour rattraper le retard accumulé en juillet et en août, à me chercher un look sympa pour la saison automne/hiver, à faire des projets de sorties et de voyages avec Chouchou, à reprendre mes cours de japonais en prévision de notre prochain voyage à Tokyo. En fait, la seule chose qui me manque, c'est un nouvel agenda :-)

mardi 25 août 2009

"La solitude des nombres premiers"

Il est rare que j'achète des livres en grand format (même si je suis bien placée pour savoir que c'est grâce à eux que les éditeurs peuvent ensuite se permettre de publier des versions poche). Mais un titre pareil, ça ne pouvait que m'intriguer. Et puis un roman qui s'est vendu à un million d'exemplaires en Italie et que plusieurs critiques qualifient de chef-d'oeuvre ne peut être totalement mauvais, non?

En effet, "La solitude des nombres premiers" n'est pas totalement mauvais. Je l'ai juste trouvé chiant d'un bout à l'autre. Pourtant, Dieu/Allah/Bouddha/Mère Nature (rayez la mention inutile) sait que j'aime les histoires d'adolescents torturés et solitaires à travers lesquelles j'essaie, probablement, d'exorciser cette période de ma propre vie. Mais jamais Alice, l'héroïne boîteuse et anorexique, ni Mattia le surdoué en maths responsable de la mort de sa soeur jumelle, n'ont réellement pris vie devant mes yeux. A aucun moment de ma lecture je n'ai éprouvé la moindre empathie à leur égard ni ne me suis sentie concernée par ce qu'ils allaient devenir. Jusqu'à la dernière page, ils sont restés pour moi des silhouettes de papier bidimensionnelles et pâlottes. Et un livre aux personnages duquel on ne s'attache pas est pour moi un livre raté.

10 excuses bidons bonne excuses pour ne (toujours) pas écrire

Depuis des années, les gens de mon entourage me demandent "Alors, quand est-ce que tu nous ponds un roman?".
Et depuis des années, je réponds invariablement: "C'est pas le tout de savoir écrire en français correct, il faut avoir quelque chose à raconter, et moi j'ai pas d'idée".
Sauf que là, j'en ai une qui me tarabuste depuis quatre jours.
Pour être honnête, elle ne date pas de vendredi dernier. Je revois très bien le moment où je l'ai eue. Je traversais le parking de l'immeuble où j'ai habité petite fille pour gagner le centre commercial voisin, et elle m'est tombée dessus sans trop crier gare. C'était il y a, euh... boâ, à peine plus de dix ou onze ans.
Depuis, elle a ressurgi pour me culpabiliser chaque fois qu'on me posait la fameuse question et que je faisais la fameuse réponse. "En vérité, tu en as une, d'idée; tu es juste trop feignasse pour l'exploiter", me soufflait une petite voix sévère. "Oui mais bon, entre une idée et un roman fini, y'a tout un processus vachement long et compliqué, me défendais-je avec véhémence. Il faut concevoir des personnages, décider ce qu'ils vont faire ou ce qui va leur arriver, sous quel angle on va le présenter... Et j'ai aucune idée de ce qui peut bien se passer dans la tête des autres; j'ai déjà assez de mal à comprendre ce qui se passe dans la mienne!"
Vendredi soir, je ne sais plus bien pourquoi, j'ai évoqué THE idée avec Chouchou. Qui a aussitôt saisi un papier et un crayon et embrayé bille en tête. "C'est pas dur, il faut procéder par étapes. Combien il y aurait de parties dans ton pseudo-recueil-de-nouvelles-qui-est-en-fait-un-roman?" "Mmmmh... six plus une, soit sept." (J'aurais dû faire un doctorat de mathématiques.) "OK, qui se passeraient à quelle époque? Avec quels personnages?" Avant de m'en rendre compte, je lui avais pris le papier des mains et je commençais à griffonner des listes en marmonnant entre mes dents et en traçant des flèches dans tous les sens.
Puis j'ai mis le papier de côté parce que bon, un quart d'heure de travail sur une idée en onze ans, ça me paraissait bien suffisant.

Apparemment, l'idée ne l'entend pas de cette oreille. Le soir, quand j'ai éteint la lumière et que j'attends le sommeil, elle revient m'imposer des détails supplémentaires qui font petit à petit émerger les personnages du néant et affûtent la cohérence potentielle de l'ensemble.
Si ça continue comme ça, je vais être obligée de m'y mettre. Et je n'ai pas envie, parce que...
- Je travaille déjà cinq heures par jour sur mes trads. Plus de boulot, ça frôlerait l'esclavagisme.
- Tout le monde sait bien qu'à moins de s'appeler Marc Lévy ou Anna Gavalda, un écrivain français, ça ne vit pas de sa plume. Et Chie Mihara ne fait pas précisément cadeau de ses godasses.
- Chouchou vise déjà la gloire et la célébrité. Deux auteurs sous le même toit, c'est au moins un ego surdimensionné de trop.
- Jamais je ne réussirai à supporter pendant deux heures (la durée normale d'une séance de dédicace) les 60° du hangar dans lequel se tient chaque année le Salon du Livre, Porte de Versailles.
- Bernard Pivot a pris sa retraite, et ni Michel Field ni PPDA ne sauront saisir la subtilité de mon oeuvre.
- Je ne peux pas me montrer à la télé tant que je n'ai pas perdu dix kilos. Ou quinze, vu qu'il paraît que la caméra en ajoute cinq.
- Ma famille et mes amis n'ont pas demandé à être poursuivis par les paparazzi.
- Tant que mes parents seront en vie, j'aimerais mieux que certaines anecdotes de ma jeunesse mouvementée ne soient jamais évoquées dans la presse, sous peine qu'ils ne le restent pas.
- Le monde n'est pas prêt pour une pensée aussi chaotique novatrice que la mienne.
- Après avoir vendu un million d'exemplaires de son premier roman, on est plus ou moins obligé d'en écrire un second. Au rythme d'une idée tous les 38 ans, c'est pas gagné d'avance.

lundi 24 août 2009

Maquillage n°12: senteurs côtières à la prune




Encore un bidouillage avec la fameuse palette Coastal Scents 88 pour le barbecue auquel Miss Sunalee et diane cairn nous avaient conviés hier dans leur nouvelle maison.

- Coin interne paupière mobile: rose clair, 2ème fard en partant du haut, 5ème colonne en partant de la droite (Coastal Scents)
- Milieu paupière mobile: pêche, 4ème fard en partant du haut, 3ème colonne en partant de la droite (Coastal Scents)
- Outer V et ras de cils inférieurs: violet foncé, 2ème fard en partant du bas, 4ème colonne en partant de la droite (Coastal Scents)
- Highlighter: Unbasic White (MAC, collection temporaire Colour Craft)
- Crayon au ras des cils supérieurs: Aqua Eyes 4L prune (Make Up For Ever)
- Mascara: Colossal noir (Gemey Maybelline)

dimanche 23 août 2009

Satan Cahouète n'est pas patient

Ce troisième épisode de "La véritable histoire de Monsieur Tout-Le-Monde" est inspiré de faits véridiques.

Vous voyez bien que je ne vous mentais pas...

PS: Je trouve Soeur Cadette très ressemblante!

samedi 22 août 2009

Next stop, Narita airport

Parce que j'ai passé l'été à dormir au lieu de bosser (merci le Xanax), mon compte en banque est vide et mon emploi du temps de septembre plein à craquer, alors que j'avais prévu l'inverse. Du coup, nous avons annulé le city trip que nous pensions faire à Barcelone un peu après la rentrée. Et je commence à penser à notre prochain voyage: le Japon au printemps prochain - idéalement la deuxième quinzaine d'avril, pour fêter les 40 ans de Chouchou là-bas tout en esquivant les foules grouillantes de la Golden Week.

Je suis déjà allée deux fois à Tokyo et à Kyoto. Autrement dit, j'ai fait (et refait, dans certains cas) toutes les visites culturelles "indispensables". Cette fois, j'envisage mon séjour autrement. Je voudrais que nous restions basés sur Tokyo où nous jouissons d'un hébergement bon marché et hyper bien situé: le Kimi Ryokan, à 5 mn à pied de la gare d'Ikebukuro. J'aimerais prendre le temps d'explorer des endroits moins touristiques, de mettre mes pas dans ceux des habitants, de ne pas hésiter à me poser une heure ici ou là pour dessiner quelque chose qui aura capté mon attention. Je ne veux pas courir dans tous les sens pour rentabiliser mon voyage, mais m'imprégner encore plus profondément de l'atmosphère de ce pays qui me fascine et revenir avec un carnet plein de gribouillis.

Pour autant, je ne vais pas partir sans aucune préparation. J'ai déjà recensé les endroits que je veux découvrir ou auxquels j'aimerais retourner, et prévu trois excursions à la journée hors de Tokyo - il ne sera pas dit que nous ne rentabiliserons pas nos Japan Rail Pass.Voici à quoi ressemble ma "to do list" pour le moment:

Retourner:
- au musée Ghibli (mais ne pas hésiter à acheter des goodies ailleurs si nous en voyons qui nous plaisent, car sur place la boutique ne propose qu'un choix limité)
- au musée d'art contemporain Mori, en espérant que l'expo principale ne sera pas consacré à un artiste français cette fois!
- dans les jardins du palais impérial que Chouchou ne connaît pas encore: un lieu parfait pour s'exercer au dessin de fleurs et d'arbres, confortablement assis sur un banc
- au marché au poisson de Tsukiji (en profitant du décalage de notre horloge biologique, les premiers jours, pour y aller le plus tôt possible un matin)
- à Takeshita-Dori pour sa faune hallucinante
- au Kiddy Land d'Omotesando, pour retomber en enfance
- chez Junie Moon, sublime magasin de Blythe situé dans Shibuya (et reprendre un taxi pour y aller afin d'économiser nos pattes)
- chez Animate pour faire le plein de mangas érotiques
- au Tokyu Hands d'Ikebukuro et l'Ito-Ya de Ginza pour m'adonner à ma passion coupable de la papeterie, fantaisie ou non
- au petit bar à sushis et au resto familial de soba situés non loin du ryokan, qui ne doivent pas voir passer de touristes souvent à en juger l'étonnement avec lequel on m'y a accueillie les fois précédentes
- à Namja Town pour nous goinfrer de gyozas à l'ail qui nous feront une haleine méphitique
- dans les deux galeries couvertes et parallèles dont j'oublie toujours le nom (compliqué), mais qui sont remplies de boutiques à merdouilles géniales, à Kyoto

Découvrir:
- un bar à thème avec décors hallucinants et serveuses déguisées
- le Hard Rock Café de Roppongi (j'ai déjà fait deux fois celui de Ueno-Eki; il faut changer un peu)
- le parc de Ueno ou celui de Yoyogi, les poumons verts de la capitale nipponne
- un des parcs d'attractions proches de Tokyo - j'hésite entre le Disneyland (connaissant bien celui de Marne-la-Vallée, j'ai peur de ne pas voir grande différence) et le Sanrio (qui me fait craindre l'overdose de rose pâle et de chats à noeud-noeud)
- les fameux lacs depuis lesquels on a paraît-il une vue superbe sur le mont Fuji (à condition de trouver un train qui nous y emmène)
- Kamakura et son célèbre Bouddha géant
- le quartier traditionnel d'Higashiyama et ses maisonnettes de bois, à Kyoto

Comme vous voyez, la liste est déjà longue et Chouchou n'y a pas encore ajouté les dizaines de vieux machins en pierre ou en bois (temples, forteresses...) dans lesquels il aimerait me traîner. La négociation s'annonce âpre.

vendredi 21 août 2009

"Le mec de la tombe d'à côté"


Elle est bibliothécaire avec "bac + plein d'années" et vient de perdre son mari biologiste dans un accident de vélo.
Il est paysan et se déclare fièrement "propriétaire de vingt-quatre vaches, sans compter le recrutement".
Elle le trouve plouc avec sa casquette à oreillettes et son blouson aux couleurs criardes.
Il la trouve pimbêche avec son carnet de poésie et ses manières de citadine.
Un jour, pourtant, ils vont échanger un sourire sur le banc d'un cimetière, et leurs deux vies vont s'en trouver bouleversées. Mais la passion la plus irrépressible peut-elle survivre au choc des cultures?

Je n'aurais probablement pas prêté attention à ce roman traduit du suédois si Caroline de Pensées de Ronde ne l'avait chaudement recommandé sur son blog. J'ai un peu hésité parce que le sujet ne m'attirait pas a priori. Mais jamais encore un bouquin paru chez Babel ne m'a déçue.
La quatrième de couverture promettait "un roman d'amour tendre et décapant, à l'humour débridé", et elle ne mentait pas. "Le mec de la tombe d'à côté est une friandise acidulée dans laquelle on croque avidement, et qui donne envie de déguster dans la foulée tous les autres livres de Katarina Mazetti. Une très bonne surprise en cette fin d'été où la chaleur écrasante donne envie de passer des heures mollement alanguie sur un canapé.

jeudi 20 août 2009

La suite de "L'ombre du vent" en librairie!

Au début de l'été, je vous disais ici combien j'avais adoré le chef-d'oeuvre de Carlos Ruiz Zafon, "L'ombre du vent". Dans les commentaires, Malena avait évoqué une suite pas encore traduite en français. Et bien, je viens de la voir chez Filigranes! J'y ai jeté un coup d'oeil attentif: apparemment, "Le jeu de l'Ange" se passe à Barcelone dans les années 20; on y évoque le Cimetière des Livres Oubliés, et plusieurs personnages de "L'ombre du vent" (notamment les Sempere et Barcelo) jouent ici des rôles secondaires.

Pour le reste, l'histoire paraît indépendante, mais toujours dans le registre du thriller fantastique - et surtout, aussi bien écrite que la précédente. Un petit tour sur le net m'a révélé qu'il s'agirait du second tome d'une "tétralogie catalane". Si l'auteur parvient à maintenir ce niveau de qualité sur quatre volumes, je dis bravo! Tout de même, pour des raisons de sous et de place, j'attendrai probablement que "Le jeu de l'Ange" sorte en poche avant de l'acheter. Mais si quelqu'un(e) d'entre vous s'offre le grand format, qu'il ou elle n'hésite surtout pas à venir donner son avis dans les commentaires!

Satan is 3' tall and he's moving to Dallas

Cet enfant qui déteste le chocolat et mange si proprement (ou pas) c'est mon neveu Cahouète - ainsi surnommé par ses parents quand il n'était qu'un petit amas de cellules de sexe encore indéterminé dans le ventre de Soeur Cadette. Fréquentant la bestiole depuis sa naissance au rythme de deux semaines par an (il ne faut pas abuser des bonnes choses) et ayant régulièrement au téléphone mes parents épuisés par ses dernières frasques, je me suis rendu compte à l'usage que le pseudonyme que je continuais à employer dans ce blog était fort peu approprié. Quand je pense que j'avais baptisé "Attila" son frère aîné, ce doux agneau de désormais 8 ans qui s'est avéré n'être qu'un inoffensif moulin à paroles assoiffé d'attention et de câlins!

Sur cette échelle de valeurs, j'aurais plutôt dû appeler son cadet "Satan". Dans une vie antérieure, Cahouète a dû être T. Rex ou chef barbare au minimum. Si quelqu'un prend l'initiative de lui adresser la parole sans qu'il ait rien demandé, il montre les dents en grognant ou balance un "Arrête!" sec comme un coup de trique. Quand il se gamelle à force de courir dans tous les sens, il se marre au lieu de pleurer. Contrarié, il donne de la voix tel un Pavarotti miniature qui aurait oublié d'articuler. Il oppose un refus inébranlable et, si nécessaire, répété avec un volume sonore croissant à toute requête non susceptible de lui valoir un bonbon ou des chips. Si on lui donne une petite tape, il rend une grosse beigne. Il se lève généralement du pied gauche et distribue ses bisous au compte-gouttes, sauf à sa mamie qui est le soleil de son existence (= qui ne lui refuse jamais le bonbon ou les chips suscités). Un de ses plus grands plaisirs dans la vie est de faire enrager son frère en réclamant ce que convoite ce dernier, même si personnellement, il s'en fiche comme de sa première Pampers. Par ailleurs, il manifeste des tendances exhibitionnistes précoces et n'aime rien tant que se baigner tout nu dans la piscine familiale ou faire pipi dans le jardin en tenue d'Adam, fièrement campé sur ses jambes écartées avec une posture de conquérant.

Mais Dame Nature, qui fait bien les choses, a doté ce terroriste de 90 centimètres des atouts indispensables à sa survie: premièrement, une bouille d'ange avec d'adorables joues rebondies, des yeux pétillants de malice, un petit nez retroussé, une bouche en coeur et de minuscules dents blanches pareilles à des grains de riz. Deuxièmement, l'intelligence nécessaire pour les utiliser à bon escient et se faire pardonner toutes ses (nombreuses) turpitudes avec force gazouillis, risettes et "ze t'aime" susurrés en battant des cils quand ses parents sont à deux doigts de le réduire en bouillie. Même moi qui déteste le bruit, l'agitation et les enfants désobéissants, je n'arrive jamais à lui en vouloir plus de cinq minutes.

Aujourd'hui, Cahouète prend l'avion avec Attila et Soeur Cadette pour aller s'installer à Dallas, où j'imagine qu'il foutra joyeusement le dawa à l'école internationale qui a consenti à l'accueillir pour sa première année de maternelle en échange de l'équivalent du PIB d'un petit pays d'Afrique. Quelque chose me dit qu'il ne va pas améliorer la réputation des Français aux Zuess. N'empêche que. I'll miss the lil'monster.

mercredi 19 août 2009

"Les vivants et les ombres"

Parmi les rares romans que contenait la minuscule bibliothèque parentale, figurait une série en seize tomes appelée "Jalna": l'histoire d'un domaine terrien et de ses propriétaires, au Canada pendant la fin du XIXème et la première moitié du XXème. J'avais à peine 10 ans quand j'en ai dévoré l'intégralité, fascinée par les personnages hauts en couleurs qu'avait créés Mazo de la Roche. Longtemps, mon homme idéal a eu les cheveux acajou, la silhouette nerveuse, le talent de cavalier et la fougue irrésistible de Renny Whiteoak.

Depuis, j'ai gardé une petite faiblesse pour les sagas familiales qui me promettent des heures et des heures de lecture, d'amants séparés par le sort, de fils prodigues incarnant l'espoir de toute une dynastie, de filles déshonorées et d'enfants illégitimes animés par la soif de revanche, d'épousailles en grande pompe et de veuvages cruellement précoces. "Les Vivants et les Ombres" me promettait tout cela, raconté du point de vue original de la maison abritant ces péripéties. J'aurais dû adorer... Pourtant, ce ne fut pas le cas.

Est-ce parce que j'ai trouvé l'écriture trop vieillotte et pesante - en accord avec l'époque et les événements décrits? Est-ce parce que je n'ai pas réussi à m'intéresser aux troubles politiques qui agitèrent la Pologne dans la seconde moitié du XIXème siècle? Est-ce parce que les protagonistes me semblaient tous soit terriblement antipathiques, soit fades et inconsistants? J'ai passé plus de six cents pages à espérer que quelque chose pique mon intérêt, mais en vain. Cette fois, l'alchimie n'a pas fonctionné.