dimanche 14 juin 2009

Le Hard Rock Café: une valeur sûre


En voyage, je peste très souvent contre la mondialisation qui fait qu'on retrouve les mêmes enseignes dans toutes les grandes villes de la planète et qu'il devient proprement impossible de frimer en lançant d'un air détaché: "Ca? Laisse tomber, je l'ai ramené de Tokyo". Je suis également la première à clamer que si on ne veut pas avoir de contacts avec les autochtones et ne pas manger la cuisine locale, autant rester à la maison. Mais tout règle a ses exceptions, et la mienne, c'est le Hard Rock Café. Je ne connais pas d'autre endroit où, quel que soit le pays dans lequel je me trouve, je sois certaine de pouvoir manger un burger succulent, servi par des employés enthousiastes et souriants, en écoutant la musique que j'aime et rien d'autre.

Ces quinze dernières années, j'ai dû dîner, boire un verre et/ou acheter une fringue dans une bonne vingtaine de HRC.
- Celui dont Soeur Cadette m'a ramené un T-shirt circa 1992 et où je suis moi-même allée en 2006: New York
- Celui qui fut mon premier et auquel je serais retournée si une queue monstrueuse ne m'en avait pas découragée: Londres, the original one! (1993 et 2008)
- Ceux auxquels j'ai fait deux visites: Amsterdam (1999 et 2009), San Francisco (2005 et 2006) et Tokyo Ueno-Eki (2005 et 2007)
- Ceux dans lesquels j'ai acheté deux sweats zippés identiques parce que j'avais perdu le premier à mi-chemin: Miami et San Diego (2007)
- Celui où Chouchou et moi avons acheté le même sweat zippé, tendance His n' Hers (ou Thing One et Thing Two): Copenhague (2008)
- Celui dont j'ai le moins de chance de rencontrer quelqu'un qui y a mangé aussi: Yokohama (2007)
- Celui qui m'est le plus accessible et où je n'ai pourtant jamais mis les pieds: Paris!
- Celui qui n'existe pas, mais que fait la police? Bruxelles...

Vendredi, donc, pour ne pas déroger à la tradition, Chouchou et moi sommes allés dîner au HRC de Prague qui a le bon goût de se trouver à cinq minutes à pied de notre hôtel. Avec ses trois étages, c'est sans doute un des plus grands que je connaisse (après l'indétrônable Orlando, of course). Pour fêter le 38ème anniversaire de la chaîne - oui, le HRC est né en 1971, comme moi... -, la direction avait organisé une série de concerts live, dont l'un avait justement lieu ce soir-là. J'ai trouvé très sympa le groupe qui reprenait de bons vieux standards de Springsteen et Cie et, sans surprise, je me suis régalée d'une Cobb salad et d'un apple cobbler arrosés d'un petit Sex on the beach :-)

Une année d'auto-portraits: semaine 24


Et hop, je vous recolle mon Twee adoré dont je ne me lasse pas. Je sais que le décor ne varie pas beaucoup, mais avec un peu de chance, la semaine prochaine, je sortirai de ma manche un auto-portrait réalisé à Prague, pour changer un peu!

vendredi 12 juin 2009

Djobi, djoba, mais qu'est-ce que je fous là?

Tous les gens de mon entourage qui sont déjà venus à Prague m'ont fait le même rapport enthousiaste: "C'est super-mignon, tu vas adorer!".
Apparemment, les gens de mon entourage ne me connaissent pas du tout. Je suis à Prague depuis deux jours, et je me fais chier comme un rat mort.
Certes, la météo a décidé de ne pas y mettre du sien. Nous passons notre temps à grelotter ou à crever de chaud, à alterner parapluie et lunettes de soleil, et ce, plusieurs fois en l'espace d'une heure. A peine mettons-nous le nez dehors que la pluie, le vent, voire la grêle se déchaînent; mais il suffit que de guerre lasse nous nous installions dans un café internet et commandions des boissons géantes pour que les gros nuages noirs se volatilisent et que le soleil se remette à briller innocemment.
Avec tout ça, je n'ai pas encore esquissé le moindre début de croquis: trop peur qu'une averse se déclenche à peine aurais-je trouvé un endroit où m'installer et déballé mes affaires. Donc, depuis hier matin, je me trimballe avec trois kilos de matos qui me tuent l'épaule - pour que dalle.
Mais ce n'est pas grave parce que de toute façon, rien ne m'inspire. Les façades couleurs de dragée sont jolies à la façon d'un décor de carton-pâte dont je ne parviens pas à sentir l'âme. Les magasins vendent soit des bijoux en grenat très laids, soit des marionnettes ramasse-poussière, soit des poupées russes avec des têtes de footballeurs. Et les rues sont envahies par des flots de touristes à rendre claustrophobe n'importe qui en-dessous d'un mètre quatre-vingts. Je ne suis pas sûre d'avoir déjà croisé un Pragois ailleurs que derrière le comptoir d'un commerce.
En fait, j'ai l'impression d'être en vacances dans un Disneyland alternatif où la proportion d'enfants serait légèrement moindre mais les attractions ennuyeuses à mourir. Je viens de passer la plus grosse partie de la journée au palais royal, et tout ce que j'ai retenu d'une visite pendant laquelle j'ai failli m'endormir debout, c'est que les incendies et la défenestration semblaient être des hobbies populaires chez les Slaves.
Maintenant, il est 18h. Je poste ceci d'un café où, après une compile de a-Ha, nous avons droit à l'intégrale des Gipsy Kings, à fond les ballons comme on disait au siècle dernier quand ce groupe sévissait dans les charts*. Je repense au moment où nous avons hésité entre Prague et Barcelone pour ces quelques jours de vacances, et j'ai un tout petit peu envie de me pendre.

*et défonçait l'arrière de la voiture de Soeur Cadette à un rond-point aux alentours de Montpellier, mais ceci est une autre histoire.

jeudi 11 juin 2009

Où sont les somnifères quand on a besoin d'eux?

Or donc, nous nous sommes levés ce matin à 4h20 pour prendre l'avion qui devait nous emmener à Prague. 50% d'entre nous avaient à peine fermé l'oeil parce que:
- les 50 autres % avaient choisi cette nuit-là pour ronfler, alors qu'en temps normal ils n'émettent pas un son;
- les 50 premiers % s'étaient brusquement persuadés que l'engourdissement et les fourmillements ressentis aux bras gauche depuis quelques semaines découlaient, non pas d'un bête nerf pincé ou d'un trop grand poids du sac à main porté - quelle coïncidence - justement à cette épaule depuis justement ce laps de temps, mais bel et bien d'une tumeur au cerveau foudroyante qui, c'était évident, allait les tuer avant Noël prochain sans qu'ils aient revu la branche de leur famille exilée chez les Ewing.
Résultat, bien que le trajet vers l'aéroport (taxi + train) se soit déroulé sans encombres, je me suis fait une vraie bonne grosse crise d'angoisse dans l'avion, avec tremblement de tout le corps, frottage frénétique de la main incriminée et même pleurage à chaudes larmes. Ben oui, quand on n'a pas dormi, les terreurs nocturnes se prolongent après le lever du soleil.
Là, nous sommes arrivés à Prague: la pluie qui a présidé notre première exploration de la ville s'est arrêtée, le soleil pointe le bout de son nez et je recommence à penser de façon rationnelle. Je vais profiter de mon voyage, le sac sur l'épaule droite de préférence, et en rentrant à Bruxelles, j'irais voir la super kiné de Chouchou pour explorer les causes les plus probables et les plus inoffensives du phénomène qui me perturbe.
Parfois, je regrette vraiment d'avoir arrêté les somnifères...

Maquillage n°7: Symphonie en vert




Je sais: mes photos sont pourries - et de traviole. Mais il faisait gris ce jour-là, mon maquillage datait déjà de trois heures, et je savais que je n'aurais pas de Chouchou sous la main avant quatre heures supplémentaires pour en prendre de meilleures. Donc, je vous remercie par avance pour votre indulgence.

- coin interne de la paupière mobile: Juxt (MAC)
- milieu de la paupière mobile: Swimming (MAC)
- banane fermée et ras de cils inférieur: Flourishing (MAC)
- sous l'arcade: Malt (MAC)
- liner noir: Smudge pot (Stila)
- mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)

Avec ça je portais:
- blush: Fun & Games (MAC)
- rouge à lèvres: Jolie rouge brillant 05 Papaya (Clarins)

mercredi 10 juin 2009

"Kiki Strike inside the shadow city"*

Malgré le succès planétaire de Harry Potter, beaucoup d'auteurs jeunesse - surtout s'ils sévissent dans le domaine du fantastique - s'entendent encore régulièrement demander: "Et vous n'avez jamais eu envie d'écrire un vrai livre?". Alors qu'il existe autant de bons (et de mauvais) romans pour adolescents que pour adultes, et que les meilleurs d'entre eux remportent généralement l'adhésion des deux catégories de public. J'ai trouvé au fil des ans beaucoup de séries passionnantes au rayon "jeunes adultes". Une de mes préférées, celle des "Young Wizards" de Diane Duane, n'est à ma connaissance toujours pas traduite en français: mais que fichent les éditeurs? Et récemment, j'ai eu un coup de coeur pour Kiki Strike, l'héroïne ambiguë de Kirsten Miller.

Kiki mesure un mètre vingt; elle a les cheveux blancs, s'habille toujours en noir et c'est une espionne-de-la-mort-qui tue. Dans le premier tome de ses aventures, elle a douze ans et recrute cinq girl scouts délinquantes pour explorer une cité cachée sous les rues de New York. Mais quand les choses tournent mal, elle n'hésite pas à planter là ses nouvelles amies. Celles-ci découvrent qu'elle leur a menti depuis le début, que Kiki Strike n'est même pas son vrai nom et que ses motivations réelles sont plus que douteuses. Deux ans plus tard, alors que les cinq filles se sont perdues de vue et ont presque oublié la Cité Clandestine, la traîtresse réapparaît dans leur vie...

J'ai vraiment adoré ce bouquin. Malgré des personnages quelque peu caricaturaux, un certain manque de subtilité dans le semage d'indices et une fin un poil rapide, le style de l'auteur est plaisant et l'atmosphère prenante à souhait. Je me suis très vite attachée à Ananka, la narratrice que j'ai pris plaisir à voir grandir et évoluer au fil des chapitres. Surtout, j'ai été séduite par l'intrigue qui s'écarte réellement des sentiers battus (je déteste pouvoir deviner dès la page 20 d'un livre où il va m'emmener et par où il va passer très exactement pour en arriver là). Les conseils de détective qui clôturent chaque chapitre ne sont pas sans rappeler les aventures du Clan des Sept que je dévorais enfant, ou le Manuel des Castors Junior que j'enviais à une de mes cousines, et j'ai pris un plaisir de môme à m'imaginer parcourant les souterrains de New York avec le club secret des Irrégulières. Bref, j'ai d'ores et déjà commandé la suite.

*paru en français chez Pocket Jeunesse sous le titre "Kiki Strike dans la Cité Clandestine"

mardi 9 juin 2009

Maquillage n°6: Ere brune de la fleur de sushi




Bon d'accord c'est pas mon délire d'hier, mais c'est tout ce que j'avais comme photos de maquillage sous la main :-)
Je me demande pourquoi mon Lumix donne l'impression qu'il y a, dans mes couleurs, des "trous" ou des irrégularités de teintes que je ne vois pas à l'oeil nu le nez à cinq centimètres de mon miroir. Pourrais-je trouver un meilleur réglage pour mon appareil, ou faut-il que je change de lunettes?
Sinon, côté maquillage proprement dit, il aurait fallu un trait de khôl brun à l'intérieur de l'oeil pour bien le "finir".... Mais très peu de crayons marquent sur moi, et les rares qui y parviennent ont disparu dans les dix minutes qui suivent :-(

- coin interne de la paupière mobile: Sushi Flower (MAC)
- coin externe de la paupière mobile et ras de cils inférieur: Brun (MAC)
- arc au-dessus du pli (comme une banane ouverte): Era (MAC)
- liner marron: Dipdown (MAC)
- mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)

Avec ça je portais:
- blush: Orgasm (Nars)
- rouge à lèvres: Rouge G 303 (Anna Sui)

Soeur Cadette, je t'ai comprise

Or donc, n'ayant pas pu me rendre chez MAC samedi pour cause de montage de lit Ikea, j'y suis allée hier après-midi. J'ai une palette de 15 vide qui crie famine depuis mon dernier passage à Paris, et je craignais que la DDASS du make-up finisse par débarquer à la maison pour me confisquer tout mon matos. Avant de partir, j'ai pris le temps de confectionner un léger délire paupiéresque: éventail de vert anis et vert émeraude de la palette Cargo Tahiti + Contrast (bleu marine MAC), banane ouverte au Fig.1 (violet MAC), et un rien de Yogurt (rose très pâle MAC) en highlighter. J'aurais bien rajouté du liner bleu marine mais j'en avais pas. Et j'aurais bien pris le résultat en photo, mais à bout de bras ça ne donnait rien et le temps que Chouchou rentre à la maison, il n'y avait plus assez de lumière. Tant pis.

Arrivée chez MAC, je me suis mise à swatcher comme une furieuse sur ma main gauche. La responsable de la boutique et deux de ses vendeuses m'observaient. Un instant, je me suis demandé si j'avais une tache mal placée sur mon jean ou si elles admiraient ma besace Dreyfuss. Puis mon regard a croisé celui de la responsable, qui m'a lancé: "Ca vous va très bien ce vert. Les filles aussi pensent comme moi." Rose d'émotion, j'ai piqué du nez et bafouillé un remerciement. Mon choix fait, j'ai hélé une des vendeuses pour qu'elle vienne me sortir les recharges de fàp dans les couleurs que je venais de choisir et dont je répétais la liste en boucle dans ma tête pour ne pas les oublier. "Tou es maquilleuse professionnelle?" m'a-t-elle demandé avec curiosité et un léger accent néerlandais.

Rhââââ. Mini-orgasme, là debout, devant le présentoir de fards à paupières. Bon d'accord, c'est facile d'avoir l'air de s'y connaître un peu dès qu'on ose des couleurs pétantes, et cette jeune femme aurait probablement revu son jugement si elle avait vu mes paupières fermées. Mais ça m'a fait super plaisir - beaucoup plus, par exemple, que mes résultats au concours d'entrée des grandes écoles de commerce. OK, c'était il y a plus de vingt ans mais je me souviens distinctement de mon absence d'émotion. Parce qu'il a toujours été entendu que j'étais brillante scolairement et que l'échec n'était pas une option. Mais du coup, j'ai longtemps cru que je n'étais bonne à rien d'autre qu'à calculer des probabilités compliquées, mémoriser le nombre de tonnes de poisson pêché chaque année au Japon ou disserter sur le droit et la force. Et me rendre compte que j'arrive à faire quelque chose de joli avec mes mains, c'est aujourd'hui ma plus grande satisfaction. Un truc tellement enivrant qu'en sortant de chez MAC, au lieu d'aller faire les courses prévues au Palais de Thés et chez Nias, j'ai repris directement le chemin du métro Louise en gambadant comme une môme.

lundi 8 juin 2009

Exposition CALLE SOPHIE aux Bozar

Sophie Calle est une de mes artistes préférées tous genres confondus, une des personnes que je convierais à mon dîner idéal avec Leonard Cohen et Pierre Dubois. Depuis trente ans, elle produit des oeuvres autobiographiques qui trouvent leur source dans son quotidien et ses rencontres avec autrui.
Parfois, elle exploite des évènements qui lui tombent dessus (ses ruptures amoureuses ou la mort de sa mère) comme si cela lui permettait, à défaut de leur donner un sens, de se distancier de la douleur qu'ils provoquent en les disséquant ou en les rabâchant jusqu'à la nausée. Parfois, elle se lance dans des projets conceptuels juste pour voir où ils vont la mener: elle suit un inconnu choisi au hasard dans la rue jusqu'à Venise ou se fait elle-même filer par un détective privé; elle invite des gens à venir dormir dans son lit, chez elle, ou juste à lui raconter une histoire dans ce même lit installé l'espace d'une nuit au sommet de la Tour Eiffel; elle consulte des voyantes et se rend aux endroits qu'elles lui indiquent. Elle a fait de sa vie le sujet de son art et tente avec son art de donner une structure, un sens à sa vie.

L'exposition visible aux Bozar de Bruxelles jusqu'en septembre est une sorte de rétrospective qui reprend une vingtaine de projets étalés sur l'ensemble de sa carrière. Je connaissais la plupart d'entre eux à travers l'énorme livre-catalogue "M'as-tu vue?", mais j'ai eu la bonne surprise d'en découvrir de nouveaux: les plus récents, bien sûr. Le matériau est foisonnant et très dense; il faut beaucoup de patience pour lire tous les textes présentés, et j'avoue n'avoir pas eu le courage de regarder en entier le film de 72 mn sur son road trip aux USA (alors que je le louerais volontiers s'il était disponible en DVD).
J'ai été assez intriguée par le choix scénographique consistant à présenter les oeuvres par ordre chronologique inverse. Ainsi, l'expo s'ouvre sur un projet de 2008 et se termine par le début de la carrière de l'artiste. Et "Douleur exquise", dans lequel Sophie Calle raconte aux gens qu'elle rencontre l'histoire de sa récente rupture dévastatrice et leur demande en retour de lui raconter l'événement le plus douloureux de leur vie, commence quand elle est parvenue à réduire son histoire à trois lignes qui ne la font plus souffrir et s'achève sur la rupture même, survenue trois mois plus tôt.
A ceci j'ajouterai que les salles des Bozar sont très bien éclairées et abritent quantité de sièges où les visiteurs peuvent reposer leurs jambes lasses. Bref, une expo à voir pour les fans de Sophie Calle et les amateurs d'art moderne qui ne connaîtraient pas encore son travail.

dimanche 7 juin 2009

Les élections européennes et moi

Aujourd'hui, je ne voterai pas pour élire les députés européens. D'abord parce que je suis à Bruxelles et que je ne connais à Monpatelin personne à qui j'aurais pu laisser une procuration. Ensuite parce que, même si c'est politiquement incorrect de dire ça, je ne parviens pas à m'intéresser à ces élections. En 1993, j'avais voté contre l'Europe. Je trouvais l'idée très chouette, mais je suis quelqu'un de pragmatique plus que d'idéaliste, et je ne voyais pas comment on pourrait appliquer, sans pénaliser personne, la même règlementation à de grandes puissances économiques comme la France ou l'Allemagne d'un côté, et des pays quasi-tiermondistes comme le Portugal ou la Grèce l'étaient à l'époque.

Au final, l'Europe s'est faite quand même. Et je suis bien contente de pouvoir voyager plus facilement à l'intérieur de ses frontières, bien contente de n'avoir pas à justifier mes fréquents allers-retours entre la France et la Belgique, bien contente de pouvoir payer en euros quand je vais passer des vacances en Italie ou aux Pays-Bas. Mais honnêtement, je ne me rends pas du tout compte de l'impact de l'Europe sur mon quotidien, et je n'ai qu'une vague conscience de ce qu'elle peut apporter à ses membres économiquement parlant. Donc, si j'avais pu aller voter, j'aurais sans douté voté écolo par défaut, comme chaque fois que je n'ai pas d'opinion bien définie. Parce qu'autant les véritables motivations des partis traditionnels me laissent de plus en plus perplexe, autant je me dis qu'il n'y aura jamais assez de gens pour se préoccuper de notre environnement et de l'avenir de cette planète.

En Belgique, le vote est obligatoire, et je trouve ça révoltant. Je sais, des gens se sont battus et sont morts pour qu'on ait le droit de choisir nos dirigeants et nos représentants. Mais le mot-clé dans cette phrase, c'est "droit", pas "obligation". Chouchou me dit que ce système a permis d'assurer une certaine stabilité politique à son pays et d'éviter l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite (parce que les abstentionnistes sont des gens sans opinion bien tranchée, donc modérés a priori, et que s'ils doivent voter quand même, ils vont voter blanc ou centre mou). La pragmatique en moi ne peut que s'en réjouir. L'idéaliste qui, finalement, n'est pas si profondément enfouie trouve qu'on ne devrait pas forcer les gens à émettre une opinion qu'ils n'ont pas ou qu'ils se fichent d'exprimer. C'est une forme de coercition étatique supplémentaire, et on en subit déjà bien assez à mon goût.

Une année d'auto-portraits: semaine 23


J'en ai marre de voir ma bobine, alors voilà, je me cache. Et j'en profite pour montrer comment il est joli, mon T-shirt Mango plus long derrière que devant. J'adore prendre des poses devant les miroirs des cabines d'essayage; les vendeuses doivent se demander ce que je fous là-dedans pour y rester aussi longtemps à chaque fois.

samedi 6 juin 2009

Chambre enfin finie, youpi!


Nous étions censés changer de lit depuis notre emménagement dans le nouvel appart'. Et puis bon, nous avions toujours autre chose à faire de nos sous. En mars, nous nous sommes enfin décidés à acheter un matelas digne de ce nom pour remplacer l'atroce futon de Chouchou qui me niquait le dos. Et ce matin, n'écoutant que notre courage, nous sommes partis chez Ikea avec un minivan Cambio dans l'idée de ramener tout le reste, c'est-à-dire cadre de lit, sommier et tables de chevet.

Limités par la largeur disponible de notre chambre (257 cm maximum en tenant compte de l'ouverture de la porte coulissante de la salle de bain), nous hésitions entre deux modèles:
1. Le Mandal
Avantages: sommier inclus, possibilité de mettre des tiroirs de rangement dessous, tête de lit rigolote avec ses tablettes modulables.
Inconvénients: disponible uniquement en pin naturel vernis avec façade des tiroirs et tablettes teintées noir (beurk), nécessité de percer des trous pour fixer la tête de lit.
2. Le Malm
Avantages: plein de couleurs dont un beau brun moyen, pas de fixation au mur, tables de chevet munies d'un grand tiroir et d'un présentoir original pour les bouquins, tête de lit basse donc possibilité d'accrocher quelque chose au-dessus pour décorer.
Inconvénients: pas de sommier, trop bas pour mettre quoi que ce soit dessous - même pas des boîtes en plastique, look peut-être un peu trop 70's.

Finalement nous avons opté pour le second choix et trimé tout l'après-midi afin de monter la totale. Mais je suis enchantée par le résultat. C'est sobre, pratique et confortable. Et ça a coûté un peu moins de 270€. Alors, je sais: tout le monde se meuble chez Ikea et ça peut donner des intérieurs qui manquent franchement de personnalité. Mais la personnalité, je me charge de l'apporter avec mes petites touches déco changeables au gré de mes humeurs ou de l'évolution de mes goûts (contrairement au mobilier qu'on renouvelle rarement tous les six mois). Et surtout, je refuse de dépenser des blindes dans des meubles auxquels je demande juste d'être fonctionnels et passe-partout. Mes gros sous, je préfère de loin les investir dans des voyages.

Maintenant, il ne nous reste plus qu'à prendre une très belle photo panoramique et à la faire agrandir pour l'accrocher au-dessus de notre lit tout neuf!

vendredi 5 juin 2009

"Star Trek 11: The future begins"

Je ne suis pas une trekkie. Si je connais assez bien l'univers de Star Trek, c'est parce que j'ai eu l'occasion de traduire plusieurs des romans de la série il y a quelques années. Je les avais trouvés plutôt intéressants, mais la SF, si intelligente soit-elle, ce n'est pas trop ma tasse de thé. Donc, quand le plus récent des films de la franchise est sorti au cinéma, j'ai fait la sourde oreille aux exclamations enthousiastes de Chouchou et superbement ignoré les perches qu'il me lançait.

Et puis hier soir, alors que nous étions partis pour voir "Millénium" à l'UGC De Brouckère afin d'utiliser les dernières place de notre carte qui expirait ce week-end, les hommes en noir s'en sont mêlés. Le bus nous est passé sous le nez, et nous avons dû descendre à pied jusqu'à Trône. Là, nous avons attendu notre premier métro un bon quart d'heure, tandis que quatre autres se succédaient sur le quai d'en face. Finalement, nous sommes arrivés au cinéma un quart d'heure après le début de la séance, au moment pile où le film commençait. Et il était impensable pour moi de rentrer dans la salle sans avoir mangé d'abord.

Nous sommes donc partis nous restaurer au Cheesecake Café voisin - qui, malgré son nom, fait le cheesecake le plus infâme de tout l'univers connu. Le décor est super, les plats corrects et pas chers, mais sérieusement, le cheesecake est un attentat aux papilles, et ce, malgré une croûte exempte de toute miette de speculoos. Pendant le repas, parce que je ne voulais pas rentrer bredouille et que la séance de "Millénium" que nous venions de rater était la dernière de la journée, j'ai dit à Chouchou: "Parle-moi du Star Trek et tâche de me donner envie de le voir". Il s'est lancé dans une énumération enthousiaste: J.J. Abrams, Starfleet academy, jeunesse des héros légendaires, superbes effets spéciaux... Voyant que rien de tout cela ne semblait me convaincre, il a fini par me lancer: "Y'a du sexe et des ragots, c'est Gossip Girl dans l'espace!". Ca m'a fait tellement rire que j'ai dit banco.

Au final, je ne l'ai pas regretté, parce que le film est vraiment très bien. Avec son concept de réalité alternative, ses interprètes qui ressemblent étonnamment à une version plus jeune de leurs illustres prédécesseurs, son mélange savamment dosé de psychologie, d'action, d'humour et d'émotion*, il apporte une fraîcheur nouvelle à un univers exploité en long et en large depuis quarante ans, sans cependant trahir l'esprit qui anime celui-ci depuis le début. Je ne suis pas certaine que quelqu'un qui ne connaîtrait rien à Star Trek prendrait autant de plaisir que nous à le voir, mais les amateurs de la série devraient adorer.

*mais pas de sexe, la chose la plus osée du film en la matière étant un chaste bisou entre Spock et Uhura. Chouchou est un sale menteur.

jeudi 4 juin 2009

"Firmin"

Prenez Rémy, le héros de "Ratatouille". Mettez-le dans un quartier décrépit de Boston plutôt que dans le centre amélipoulinesque de Paris, et donnez-lui une passion dévorante - au sens propre du terme - pour la littérature plutôt que pour la cuisine. Racontez le tout sous un jour plus dramatique qu'humoristique, et vous obtiendrez ce formidable petit bouquin dont la traduction (excellente!) vient de paraître chez Actes Sud. "Firmin" parle de livres, bien sûr, mais aussi des exclus du rêve américain avec une lucidité qui n'exclut pas la tendresse. C'est le premier roman d'un auteur qui l'a écrit à l'âge plus très tendre de 65 ans, et dont j'espère bien qu'il ne s'en tiendra pas là. Si, à l'instar de son héros, vous vous considérez comme un rat de bibliothèque, vous ne devez pas passer à côté.

mercredi 3 juin 2009

Décès de David Eddings

David Eddings vient de mourir à l'âge de 77 ans.
Si vous n'êtes pas amateur de fantasy, son nom ne vous dira probablement rien, mais il est l'auteur d'une des séries les plus populaires du genre, la pentalogie de la Belgariade. C'est Gren qui me l'avait fait découvrir début 1994, alors que je venais de négocier mon départ de chez Toys R'Us et que je me retrouvais complètement désoeuvrée. J'ai dévoré les cinq (gros) tomes en moins de deux semaines.
Par la suite, j'ai lu une très grande partie des bouquins de David Eddings; j'ai même eu l'occasion d'en traduire quatre. C'était, au final, toujours les mêmes archétypes de personnages ayant le même genre de rapports, pratiquant le même genre d'humour, se fourrant dans les mêmes situations et évoluant dans des univers à la mythologie quasi-identique. Un peu lassant à la longue, donc, mais la recette fonctionnait toujours très bien à en croire le succès jamais démenti de ses bouquins.

Une parfaite journée parfaite (3/3)

18h30 approchant en même temps que la fin de mon Elle, je me décide enfin à payer mon Coca light... et parmi la monnaie de mon billet de dix euros, le serveur me rend une pièce de Malte flambant neuve. C'est Père qui va être content! Je m'arrête chez Paul pour acheter un gâteau et, aucun de ceux qui restent à cette heure tardive ne m'inspirant, je me rabats sur une demi-douzaine de tartelettes aux fruits. Puis je me dirige vers la boutique Swarovski.

Christine n'a pas tout à fait fini de travailler; je l'attends dehors en téléphonant à mes parents. Soeur Cadette se trouve justement chez eux et s'empare du combiné. Elle vient de signer son contrat d'expatriation pour deux ans, mais ce dont elle est le plus fière... c'est qu'à la boutique MAC de Toulouse, une autre cliente lui a demandé aujourd'hui si elle était maquilleuse professionnelle. Je suis morte de rire. Apparemment, le tiercé de fàp gagnant était Yogurt/Contrast/Nylon. J'adore la vitesse à laquelle Soeur Cadette est passée de "Mais je saurais jamais faire ça... Et pas de couleurs trop flashy, hein!" à "Je me colle du rose et du bleu marine sur les yeux, et il ne reste déjà plus que deux emplacements vides dans ma palette de 15". Bon sang ne saurait mentir.

Pendant que je termine mon coup de fil, Raf, le fils de Christine, vient se planter devant moi. Quand je l'ai connu, il avait quatre ans et il était grand comme ça (oui évidemment sur le blog on voit pas bien); maintenant il en a 14, il fait une tête de plus que moi, il chausse du quarante-douze et il joue à Magic que je ne pratique plus depuis... hum, un peu avant sa naissance. Tout ça ne me rajeunit pas. Pendant que nous discutons devant la vitrine, mon regard est irrésistiblement attiré par un collier auquel je me retiens de jeter des coups d'oeil trop fréquents. Jusqu'à ce que j'interrompe Raf au beau milieu d'une phrase avec un: "Rhaaaa, excuse-moi mais il me le faut!" et fonce à l'intérieur de la boutique avant que Christine et sa collègue Véro arrêtent la caisse.

Véro nous ramène tous en voiture chez Christine, où nous retrouvons la seconde moitié de la famille. L'élément paternel a le bon goût de ne pas trop changer d'une fois sur l'autre, contrairement à sa fille de six ans et demi qui me montre fièrement ses premières pointes. Ce qui me renvoie, euh, 27 ans en arrière. Je suis un brontosaure. Le progrès n'épargne pas la confection des chaussons de danse classique: maintenant, on peut les acheter avec une semelle souple, ou disons semi-rigide, qui évite de se massacrer les pieds à les "faire". C'est toujours ça de gagné sur le mal aux arpions des petits rats d'aujourd'hui.

Nous dînons d'une salade composée avant de nous vautrer dans le canapé pour regarder la retransmission du concert de Johnny au Stade de France. Personnellement, je ne suis pas fan, mais je me rends compte qu'il y a quand même tout plein de ses chansons que j'aime beaucoup. "Gabrielle", "Allumer le feu", "Sang pour sang", "L'envie", "Requiem pour un fou"... Au bout d'un quart d'heure, Christine et moi meuglons les paroles de ses plus gros succès en jouant, elle de la batterie invisible, moi de la guitare dans les airs, sous le regard impassible de son mari (qui en a vu d'autres) et amusé de son grand fils (qui en verra d'autres, ou du moins je le lui souhaite).

A la fin du concert, vers minuit, Christophe me raccompagne. C'est seulement deux jours plus tard que je me rendrai compte que le sac contenant mon collier Swarovski ne se trouve pas chez moi et n'est jamais arrivé jusque là. Au moment où j'écris ces lignes, j'attends toujours qu'il refasse surface.

mardi 2 juin 2009

Nouvelle Star 2009: en souvenir de l'an dernier...

...Comme exceptionnellement, j'aurai accès ce soir à une télévision qui capte M6, je vous propose de faire un post en direct avec mes commentaires sarcastiques impressions à chaud. A tout à l'heure?

Edit 21h09: Bon ben c'est tellement insipide que je vais plutôt monter me coucher avec une tisane...

Une parfaite journée parfaite (2/3)

Le centre de gravité plus bas de quinze ou vingt centimètres, je dis au revoir à Etre Exquis et, après un passage chez le bouquiniste local pour me délester de quelques SP, me dirige vers la boutique Swarovski où officie Christine. Je pensais juste lui faire un petit coucou puis prendre sagement le bus du retour vers Monpatelin, mais elle m'invite à dîner le soir. Evidemment, ça change tout. Je vais être obligée de faire les magasins tout l'après-midi en attendant qu'elle ait fini de bosser, quelle torture! Mais bon, je suis une amie dévouée jusqu'à la mort jusqu'au découvert si nécessaire (surtout que je viens de récupérer une Visa toute neuve et que l'usage répété reste le meilleur moyen de mémoriser mon nouveau code).

Je descends donc sans me presser en direction du port. Au passage, j'essaie chez Naf-Naf une longue robe tye&dye verte qui ressemble à un sac sur moi, ainsi qu'un joli top à fleurs dans les tons rouges et violets qui donne l'impression que je suis bâtie comme R2D2. J'ai plus de chance chez Mango, où je dégote quelques T-shirts assez rock'n'roll. D'ailleurs, je décide d'en garder un sur moi pour remplacer mon débardeur Emily the Strange qui peine à contenir la bouée résultant d'un excès de Mamma Roma cet hiver.

Puis je quitte les rues ensoleillées pour la fraîcheur du centre commercial. Les Converse, mêmes basses, tendent à faire mijoter les pieds au court-bouillon par plus de 30° dehors. Chez Eram, où je n'ai rien acheté depuis des siècles, je déniche une mignonne paire de sandales plates à lanières marron qui ne coûtent presque rien et qui seront parfaites avec tout. En plus, contrairement aux tropéziennes, je ne les retrouverai pas aux pieds de cinq filles sur dix - les cinq autres portant généralement la deuxième godasse la plus moche du monde après les Crocs, j'ai nommé les Birkenstock.

Je me fais violence pour ne pas entrer chez Sephora. Par contre, le passage à la Fnac est obligatoire. Je ressors avec 3 coffrets de DVD: la saison 1 de Dr. House qui ne me tente pas plus que ça a priori mais dont tout le monde dit tellement de bien que ça a fini par exciter ma curiosité, celle de Skins dont j'ai aperçu quelques extraits et qui me paraît trash à souhait, et la fin des Sopranos histoire de gâter Chouchou. J'ai aussi acheté un deuxième exemplaire du bouquin de Margaux Motin pour l'offrir à Christine qui devrait apprécier, un recueil de nouvelles d'un auteur coréen au nom imprononçable et le "Un grand week-end à Marrakech". Oui, j'achète des guides de voyage après être rentrée chez moi, et alors? Je ne fume plus, ne me drogue plus et bois rarement. Chacun son vice.

Après ça, chargée comme une mule, je décide de rebrousser chemin en longeant le premier étage du centre commercial puisque je suis arrivée par le rez-de-chaussée. Ce faisant, je passe devant une boutique dont le nom ringard m'a toujours dissuadée de détailler les vitrines, persuadée que j'étais de n'y trouver que des fringues cheap et/ou mémère. Sauf qu'en fait, tout ça me semble fort inspiré de Cop Copine, avec un peu plus de couleurs et des étiquettes un poil plus raisonnables. Je ressors de La Mode Est A Vous (hein que c'est naze comme nom?) avec une mignonne petite robe asymétrique pleine de chouettes détails que j'ai payée à peine 62€. J'aime les trouvailles inattendues.

C'est le nouveau code de ma Visa sculpté à même le cerveau et les doigts sciés par les sacs en plastique que je remonte vers ma place préférée. Je m'installe à une petite table en terrasse, face à la fontaine moussue que j'adore, et commande un Coca light "avec des glaçons, une rondelle et une paille s'il vous plaît". Je le sirote en feuilletant le Elle paru le matin même, qui pour une fois ne raconte pas trop de conneries et parle même (en bien) d'un très bon bouquin que je suis en train de lire. Une heure de détente tout simple qui me fait un bien démentiel. A Bruxelles, les occasions de lézarder en terrasse ne sont pas légion pour qui considère qu'un demi-rayon de soleil et une température à deux chiffres avant la virgule ne suffisent pas à justifier de boire un verre dehors...

lundi 1 juin 2009

Une parfaite journée parfaite (1/3)

J'avais décidé que cette semaine passée à Monpatelin serait toute entière consacrée au travail. Une fois n'est pas coutume, j'allais bosser comme une brute pour terminer (enfin!) ma trad en cours. Donc, je n'ai pas appelé Kiki mercredi soir pour lui demander si je pouvais passer chez elle ce week-end, et quand Etre Exquis est venu me rendre ma clé de boîte à lettres vendredi midi, je lui ai dit que je n'avais pas le temps cette fois, mais que j'espérais bien qu'on réussirait à déjeuner ensemble à la Feuille de Chou lors de ma prochaine visite, mi-juillet.

Puis samedi, le facteur m'a tirée du lit à 9h20 alors que j'avais bouquiné la moitié de la nuit, et il faisait un temps si magnifique que je ne me suis même pas recouchée après son passage. J'ai pensé que c'était inhumain de rester enfermée par une journée pareille et que si je mourais le lendemain, je ne regretterais probablement pas d'avoir reporté la remise d'une trad de 24h - mais de ne pas avoir profité du soleil et de mes amis quand je le pouvais encore, si.

J'ai appelé Etre Exquis: "Finalement, ce dej' à la Feuille de Chou, on se le ferait pas aujourd'hui?". Il a rigolé, et à midi et demie pétantes, nous étions attablés sur une placette de la vieille ville, à l'ombre d'une demi-douzaine de grands oliviers. Un hamburger au canard confit et fromage de chèvre pour moi, une assiette de rigattoni aux asperges pour lui, deux verres de vin pour arroser gentiment le tout et une conversation facile entre gens qui se connaissent par coeur et n'ont plus rien à se cacher mais prennent toujours plaisir aux détails de la vie de l'autre.

Notre serveuse portait une combinaison qui m'a laissée perplexe: bustier élastique en haut, sarouel en bas; de l'esprit de quel malade mental avait bien pu sortir ce vêtement? Mais elle était souriante et sympa. De temps en temps, une rafale secouait les branches des arbres et faisait tomber une pluie de minuscules pétales jaunes dans nos verres. Au début, je les repêchais avec la pointe de mon couteau, mais très vite, j'ai eu le réflexe de recouvrir mon verre de ma main au premier souffle de vent.

Pendant le repas, nous avons vu affluer des gens tous vêtus des mêmes T-shirts rouge vif qui, armés d'appareils photos, semblaient chercher quelque chose à immortaliser. J'ai à peine eu le temps de tiquer que l'un d'eux s'est retourné, me présentant son dos et l'inscription: "Marathon photo numérique de la Fnac". Ce qui a relancé la conversation sur ma participation, avec Chouchou, à celui de Bruxelles l'an dernier. Etre Exquis et moi n'avons pas pu résister à l'envie de prendre un dessert, et lorsque nous avons repoussé nos chaises, il était déjà trois heures moins le quart. Ben ouais, on sait prendre son temps pour savourer les choses agréables dans le sud :-)

dimanche 31 mai 2009

Une année d'auto-portraits: semaine 22


Photo prise dimanche dernier dans le jardin de nos amis Olive et Aurore. Il faisait un temps exceptionnel pour un mois de mai en Belgique, avec un thermomètre qui affichait 24°. L'occasion d'étrenner ma dernière trouvaille de chez Promod, une robe taupe tout fluide, avec une jupe un peu large mais pas trop qui s'arrête juste en-dessous du genou, et un décolleté travaillé qui lui donne l'air d'avoir coûté beaucoup plus que son prix réel.

Ca m'énerve



Carrément pas mon style musical... Mais j'ai entendu cette chanson pour la première fois jeudi après-midi alors que je farfouillais dans les portants à T-shirt d'un magasin de djeûns où le L équivaut à un 38, et je l'ai trouvée tellement drôle que j'ai éclaté de rire toute seule dans mon coin. Depuis, je n'arrive pas à me sortir son beat de la tête.

samedi 30 mai 2009

Creature of habit

Si j'ai mes petits rituels d'avant-retour à Bruxelles, j'ai aussi une kyrielle de menus plaisirs répétés chaque fois que j'arrive à Monpatelin.

Le soir même:
- me servir un très grand Coca light avec des glaçons;
- le boire en ouvrant les colis arrivés en mon absence et gentiment déposés par ma vieille voisine sur le comptoir de ma cuisine à l'américaine;
- appeler dès 18h le pizzaïolo du coin pour lui commander une maxi-parmiggiana, et réclamer que le livreur me l'apporte dès son arrivée à 19h
- rallumer mon ordinateur en espérant qu'il n'y ait pas de problème avec mon wifi, et vérifier ce qui s'est passé sur le net pendant les quelques heures où j'en ai été coupée;
- défaire ma valise et me creuser la tête pour trouver dans ma bibliothèque une place aux livres ramenés de Bruxelles;
- constater avec une exaspération résignée les derniers dégâts provoqués par les petits insectes bouffeurs de papier qui pullulent dans le coin et dont je ne sais comment me débarrasser;
- à 19h05, descendre les escaliers en courant pour récupérer la parmiggiana apportée par le livreur, remonter presque aussi vite malgré l'énorme carton, découper fébrilement un huitième de pizza à la roulette et l'engloutir debout en un temps record avec des soupirs de bien-être;
- manger trois autres huitièmes de plus en plus lentement et finir par refermer la boîte en me disant que la moitié qui reste fera mon petit déjeuner du lendemain;
- préparer des colis d'articles vendus sur Amazon Marketplace ou sur eBay et remplir d'avance les bordereaux Colissimo;
- écrire quelques cartes pour Postcrossing et me demander systématiquement "C'est combien déjà, les Marianne bleu marine?";
- discuter un petit quart d'heure avec Chouchou sur Skype pour se dire qu'on n'a absolument rien à se raconter depuis qu'on s'est quittés le matin;
- monter me coucher avec un livre tout neuf et lire dans mon lit beaucoup trop tard.

Et le lendemain matin:
- marcher jusqu'au centre du village en tirant derrière moi ma poussette de mémé mon joli caddie rose et en m'émerveillant qu'il fasse tellement meilleur ici qu'à Bruxelles;
- m'arrêter d'abord à la Poste pour me débarrasser du courrier en partance; faire la file et au besoin, laisser passer des gens devant moi pour avoir toujours affaire à ma guichetière préférée (celle qui connaît mon adresse par coeur et ne dit jamais rien quand j'envoie d'énormes bouquins en tarif lettre); reconstituer ma provision de timbres et réclamer d'une voix chantante "Vous me ferez une facturette pour le tout s'il vous plaît?";
- passer ensuite au 8 à Huit pour acheter quelques basiques: de la roquette en sachet s'il y en a, du lait demi-écrémé en hiver, des filets de poulet et du jambon cuit, du fromage blanc à 20% de MG, de la feta ou de la mimolette, des MaronSui's si je suis d'humeur gourmande, du PQ environ une fois sur deux, parfois de l'essuie-tout, des piles ou de l'anti-mites, et bien sûr deux grandes bouteilles de Coca light; faire remarquer en riant au propriétaire barbichu qui tient la caisse qu'il est ENCORE en rupture de stock de pain de mie aux 7 céréales et que ce n'est pas encore cette fois que je mangerai des croque-monsieur; remercier la cliente (il y en a toujours une) qui me complimente sur mon magnifique caddie;
- m'arrêter chez mon primeur préféré parmi la demi-douzaine qui bordent la rue principale de Monpatelin, celui où les fruits et légumes sont toujours colorés, joufflus et impeccablement bien présentés; examiner les étals en reniflant avec gourmandise pour déterminer ce que je vais prendre en plus des incontournables tomates-concombre-radis-avocat; demander, bien que je connaisse la réponse d'avance: "Elles ont du goût, les fraises?" ou "Elles sont comment, les premières cerises?"; acheter, pour la semaine, plus de fruits que je n'en consomme dans le mois à Bruxelles, et savoir que je vais me régaler avec tous; entasser prudemment les sacs en papier qui craquent au-dessus de mes emplettes du 8 à Huit, dans l'ordre où me les tend la marchande: "Et les abricots en dernier pour ne pas les écraser; vous allez voir, c'est du miel!";
- faire une dernière halte à la grande pharmacie pour renouveler mon stock de Lutényl; dire à la minuscule vendeuse aux cheveux teints en noir corbeau dont la frange tombe sur ses bésicles: "Je veux bien le générique" et m'entendre répondre quatre fois sur cinq: "Désolée, on n'en a plus"; en lui tendant ma carte Vitale, ajouter in extremis: "Oh, et il me faudrait aussi une boîte de Doliprane 1000 en comprimés à avaler";
- prendre le chemin du retour le nez en l'air pour admirer le bleu du ciel en souriant de bonheur.

vendredi 29 mai 2009

10 (other) things I loved this month

- Ces adorables bottines violettes Annabel Winship. A 295€ euros la paire, je pensais attendre les soldes pour me les offrir (éventuellement). Mais Sarenza ne les a déjà plus qu'en 38 et en 41. Et la marque n'est pas encore très présente sur eBay... Dommage, vraiment. Elles auraient très bien été avec mon Twee et mon spencer gris rayé Topshop.

- Le boudin blanc de chez Joseph, apparemment réputé dans tout l'univers civilisé. Ou au moins dans un rayon de trois kilomètres autour de Saintes :-) Quoi qu'il en soit, absolument délicieux préparé au barbecue.

- Donald Sutherland dans "Dirty Sexy Money". La série se laisse regarder sans plus, mais Donald y est vraiment magistral. Après mes déclarations enflammées à Leonard Cohen et Pierre Dubois, vous allez finir par croire que je ne craque que pour le 3ème âge... Pourtant, le plus vieux des hommes de ma vie avait seulement 5 ans de plus que moi.

- "Extrême limite" en DVD, enfin!!! Il y a douze ou quinze ans, je suivais avec ravissement cette série télé qui racontait les aventures de sept jeunes sportifs de haut niveau étudiant dans une académie du côté de St-Tropez. Dans le genre plaisir coupable, on a rarement fait mieux. Tout y était: les acteurs mignons, le décor de rêve, les scénarios et les dialogues cuculs, les chansons sirupeuses... Le précurseur de "Sous le soleil", quoi (dans lequel on retrouvait d'ailleurs Tonya Kinzinger et son petit accent américain). Deux saisons avaient été filmées; à ma connaissance, TF1 n'a jamais diffusé la fin de la seconde dans lequel on devait voir le mariage de deux des héros: mon chouchou interprété par Gregori Baquet et sa dulcinée jouée par Astrid Veillon. Dès réception de ma commande Amazon, je vais pouvoir remédier avec délice à cette insupportable lacune.

- Le "Favorite Things Kit" d'Elsie Flannigan. De quoi me donner envie de me remettre au scrap (que j'ai beaucoup délaissé ces derniers mois) en bricolant un petit album rapide et fun. Pour voir ce qu'Elsie a fait avec son propre kit, c'est ici. Cute, isn't it? En vente chez RedVelvetArt, avec toutes ses autres créations et un tas de brols très mimis.

- Le hors-série des Inrocks consacré à Leonard Cohen. Parce qu'il le vaut bien. Vendu avec un CD de reprises de ses chansons par d'autres interprètes. Vous reprendrez bien une 112ème version de "Halléluiah"? Par contre j'aime beaucoup le "Lover, lover, lover" vaguement hispanisant de Ian McCulloch - peut-être parce que je ne suis pas dingue de l'original.

- "Indexed", le blog de Jessica Hagy qui, chaque jour, essaie de retranscrire à l'aide d'un schéma la dynamique d'une situation du quotidien ou de l'actualité. Réservé aux anglophones, mais vaut le coup d'être rajouté dans votre Google Reader.

- "J'aurais adoré être ethnologue", la bédé-tirée-du-blog de Margaux Motin. Si vous êtes fan de Pénélope Jolicoeur et ne connaissez pas encore l'illustratrice tout aussi drôlissime qu'est Margaux, foncez, vous ne serez pas déçus!

- "Maroc", très beau bouquin qui m'a permis de prolonger par la pensée mon voyage à Marrakech et à Essaouira. Ses deux auteurs, Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz, semblent être des spécialistes de ce pays puisqu'ils ont écrit pas moins de onze ouvrages dessus!

-La théière ancienne que j'ai rapportée de Marrakech. Repérée dans les souks dès le premier jour. Le vendeur en voulait 350 dh. J'ai fait la moue, "Moui moui je repasserai peut-être". Et je suis effectivement repassée le dernier jour, où je ne me suis pas donné trop de mal pour la descendre à moins de 250 dh vu qu'il me restait du liquide à écouler. Sans compter que j'ai payé plus cher que ça des modèles qui avaient beaucoup moins de caractère, et qu'elle plaît aussi beaucoup à Chouchou. Par contre, je ne pense pas qu'elle possède le pouvoir magique de préparer du thé à la menthe correct qui ne contienne pas douze millions de calories le dé à coudre. C'est triste.

jeudi 28 mai 2009

Where the hell is Matt?



Matt ne connaît qu'un seul pas de danse, avec lequel il n'a aucune chance de détrôner Noureyev au panthéon des étoiles du cinquième art. Mais ce petit pas de danse pourri sans prétention, il l'a réalisé partout à travers le monde. Et il s'est fait filmer. Et il a balancé la vidéo sur le net. Et ça a tellement plu qu'il est reparti pour un second périple durant lequel il a, cette fois, invité les autochtones à danser avec lui. Le montage final est aussi drôle qu'émouvant. Quand j'ai fini de le regarder, j'avais un immense sourire aux lèvres, les yeux qui piquaient un peu et plus que jamais envie de voyager.

Pour visionner les autres vidéos de Matt, c'est ici.

mercredi 27 mai 2009

Les tests de la semaine #8

Vernis n°7 Macao, Mavala, 4,95€
C'est assez rare que je prenne la peine de me faire une manucure, et le vernis à ongles n'a pas une très grande espérance de vie une fois entamé. Résultat: je finis par jeter les flacons après m'en être servie deux ou trois fois seulement. Au prix des Estée Lauder que j'affectionne (une vingtaine d'euros), ça finit par énerver un peu. J'ai bien essayé les petits vernis Sephora, mais leurs couleurs manquent vraiment de subtilité et leur texture est trop épaisse. Par contre, je suis très contente des Mavala que j'ai découverts récemment. Le Macao a tenu pas moins de trois semaines sur mes orteils, et quand j'ai fini par l'enlever, il commençait tout juste à s'abîmer! Il s'étale très bien, et j'aime ce rouge-rose bien tonique*. Du coup, j'ai également acheté le Shangai, une sorte de rose orangé assez clair. Et vu la taille des flacons, je ne devrais pas trop en gaspiller.
*Que, comme d'habitude, la photo ne rend pas bien du tout.

UV Prime SPF 50, Make Up For Ever, 27€
Le concept était génial: une base de maquillage doublée d'une très forte protection solaire, permettant de faire l'économie d'un produit et de se tartiner une couche de moins le matin. La réalisation n'est, de mon point de vue, pas à la hauteur. L'UV Prime est aussi désagréablement blanche et collante que n'importe quel écran total, et elle coûte facilement deux fois plus cher. En plus, je la soupçonne d'être responsable des petits boutons apparus quand j'ai commencé à l'utiliser en même temps que tout le protocole Menard. Je vais peut-être essayer l'Eucerin vanté par Hélène. Ou juste continuer à utiliser ma fidèle crème solaire Ducray, et fuck la base.

Hair Repair, Sachajuan, 25€
Je ne saurais vraiment pas dire ce qui m'a poussée à acheter, lors d'une virée chez Sephora, ce produit au packaging minimaliste et au prix relativement prohibitif d'une marque suédoise dont je n'avais jamais entendu parler. Test cette semaine sur cheveux fraîchement colorés. Le flacon à pompe est, de mon point de vue, toujours une bonne idée même si un débit supérieur eût été plus pratique: là, j'ai dû faire une grosse dizaine de pressions pour obtenir la dose de produit nécessaire. Le masque a une odeur assez légère mais agréable. Il faut le laisser poser 5 à 10 minutes - le temps de faire un gommage visage et corps, par exemple. Le rinçage est assez facile, et une fois essorés les cheveux se démêlent quasiment tout seuls.

Body Scrub Lavender Apple, Sabon, 19,95€
L'odeur de ces sels de gommage pour le corps est très artificielle; on reconnaît à peu près la pomme mais très peu la lavande (à la base j'étais partie pour acheter le citron/menthe, mais il puait vraiment trop). Pour le reste, les grains sont petits et très abrasifs, comme j'aime. Une quantité équivalente à une cuillère à café bien pleine et un ratio temps/effort minimum suffisent pour faire un gommage efficace. Par contre, je ne suis pas certaine qu'on trouve ces produits hors des boutiques de la marque, basée en Hollande.

mardi 26 mai 2009

Ce que je sais de notre voisin du dessus

- Notre voisin du dessus est un lycéen slovène qui ne parle pas un mot de français.
- La mère de notre voisin du dessus travaille aux communautés européennes et, bien qu'elle se soit donnée la peine d'emmener son fils en Belgique, elle n'habite pas avec lui.
- Notre voisin du dessus a de quoi loger, dans la longue tignasse frisottée qui lui pend devant la figure, quelques dizaines de familles d'écureuils. Après l'avoir croisé une demi-douzaine de fois, je ne sais toujours pas à quoi il ressemble
- En revanche, je connais par coeur les horaires du voisin du dessus: il monte et descend l'escalier en bois de l'immeuble avec toute la discrétion d'un jeune pachyderme obèse (et néanmoins étonnamment vif).
- Après notre emménagement, quand nous avons dû nous battre avec Mobistar pendant des mois pour récupérer une connexion internet, notre voisin du dessus nous a sauvé la vie en acceptant de nous donner son mot de passe afin que nous puissions nous brancher sur son réseau. Pour cela, qu'il soit béni jusqu'à la dix-septième génération d'éléphanteaux slovènes.

Cela fait maintenant une bonne heure que d'étranges hululements émanent de chez le voisin du dessus. Vingt minutes nous ont été nécessaires pour reconnaître des notes de musique. Vingt minutes supplémentaires m'ont permis d'identifier "Knocking on heaven's door" (qui certes ne doit plus en être à un outrage près). Et depuis près d'une demi-heure, Chouchou et moi sommes en désaccord sur la nature de l'instrument si abominablement torturé. Je penche pour un vieux Bontempi rescapé des années 80 tandis qu'il me soutient qu'il s'agit d'une guitare.
Je commence à comprendre pourquoi la mère du voisin du dessus lui loue un appartement rien qu'à lui.

Kiva, un an plus tard

Le 4 juin dernier, je découvrais l'association Kiva et son site internet. Petite piqûre de rappel:

http://www.kiva.org/ joue l'interface entre un investisseur (vous, moi ou n'importe quelle personne désireuse de faire un geste de solidarité) et un micro-entrepreneur d'un pays du Tiers-Monde. La rubrique "Lend" compile tous les projets en attente de soutien et indique le montant nécessaire à leur réalisation, ainsi que la somme restant à réunir. On choisit celui ou ceux qui nous interpellent le plus et on prête la somme qu'on veut ($25 minimum, autant dire pas grand-chose au cours actuel du dollar!). Le remboursement s'effectue via le site chaque mois. Je trouve cette initiative fantastique parce qu'il ne s'agit pas d'assistanat, mais bel et bien de donner à des gens désireux de s'en sortir par eux-mêmes les moyens de le faire. C'est à mon avis la façon la moins condescendante et la plus fructueuse de tendre une main.

Presque un an plus tard, je n'ai que du bien à dire de Kiva et de son fonctionnement. Les premiers prêts que j'ai aidé à financer ont été intégralement remboursés en temps et heure. Au fur et à mesure que mon compte était recrédité, je ne récupérais pas les sous mais les reprêtais à d'autres personnes. Aujourd'hui, mon "portefeuille" compte 16 projets financés sans aucune anicroche, et je suis ravie d'avoir trouvé ce moyen de faire circuler un tout petit peu la chance dont je bénéficie d'un point de vue matériel.

lundi 25 mai 2009

"The reader"

Un peu après la seconde guerre mondiale, un adolescent allemand vit, l'espace d'un été, une aventure avec une femme plus âgée qui aime qu'il lui fasse la lecture avant l'amour. Un jour, cette femme reçoit une promotion et disparaît brutalement de sa vie. Des années plus tard, alors qu'il étudie pour devenir avocat, le jeune homme retrouve son premier amour sur le banc des accusés: ancienne SS, elle aurait envoyé à la mort des centaines de prisonnières...

"The reader" avait beaucoup d'atouts pour être un grand film: la présence de Kate Winslet dont la performance d'actrice a été récompensée par un Oscar, une belle histoire d'amour et quelques scènes vraiment émouvantes... Malheureusement, son scénario souffre de trous béants comme mon découvert après une virée soldes boulevard Haussman.

(Ne lisez pas la suite si vous ne voulez pas connaître l'intrigue.)

Je veux bien supposer que l'illettrisme et la honte engendrée par icelui justifie le fait qu'à presque 40 ans, l'héroïne n'ait ni mari, ni enfants, ni amis, et qu'elle fuie les emplois de bureau comme la peste - au point de s'engager chez les SS plutôt que de continuer à travailler peinarde chez Siemens. Je ne comprends en aucun cas qu'il la pousse à accepter de passer le restant de sa vie en prison plutôt que d'admettre qu'elle n'a pas pu rédiger le rapport qui la condamne. Je ne comprends pas non plus pourquoi son jeune amant, ayant découvert son secret, ne fait pas la démarche d'en informer le tribunal - ou, au minimum, de demander une explication à cette femme. Ca ne tient pas debout. Ajoutons à cela que Kate Winslet parle anglais avec un faux accent allemand épouvantable alors que son partenaire (qui interprète un personnage tout aussi allemand que le sien) parle un anglais normal et que les SS dans la rue hurlent, eux, dans la langue de Goethe, et c'est une incohérence de trop pour moi.

dimanche 24 mai 2009

Maquillage n°5: Yogurt sur henna et épines argentées



J'ai voulu tester ce matin le Silverthorn acheté hier chez MAC... Grosse déception: dans le magasin, je le voyais vert argenté; à la lumière du jour, il n'est qu'argenté tout court et ressemble furieusement à l'Electra de la même marque.
- coin interne de la paupière mobile: Silverthorn (MAC)
- coin externe de la paupière mobile et ras de cils inférieur: Henna (MAC)
- highlighter: Yogurt (MAC)
- liner marron: Dipdown (MAC)
- mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)
Avec ça je portais:
- blush: Fun & Games (MAC)
- rouge à lèvres: Joli Rouge Brillant 05 Papaya (Clarins)

Une année d'auto-portraits: semaine 21


Bon... Ca devient un peu chiant cet auto-portrait hebdomadaire... Même moi, je commence à en avoir marre de voir ma bobine sous tous les angles (ou en tout cas, sous tous les angles flatteurs, ce qui diminue considérablement les possibilités). Photo prise à l'arrache hier soir avant d'aller dodoter.

samedi 23 mai 2009

Maquillage n°4: reflet de la lune dans le bling contrasté





Y'a des jours où j'ai envie de me faire un maquillage sophistiqué et aucune inspiration. Et puis y'a des jours où je me dis: "Je vais faire simple, juste un petit halo gris avec une pointe de rose", et au final, je me retrouve avec pas moins de cinq fàp différents sur les yeux. Ici:
- coin interne de la paupière mobile: Da Bling (MAC)
- milieu de la paupière mobile: Moon's Reflection (MAC)
- extérieur de la paupière mobile + ras de cils inférieur: Contrast (MAC)
- creux de la pauière: gris argent de la palette Cargo Paris
- highlighter: White Frost (MAC)
- liner: Smudge Pot gris (Stila)
- mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)
Et ça ne se voit pas sur la photo, mais je portais aussi:
- blush: Orgasm (Nars)
- rouge à lèvres: Joli Rouge Brillant 03 Guava (Clarins)
...et c'était très joli!
Du coup, comme nous passions chaussée de Charleroi cet après-midi, je n'ai pas pu m'empêcher d'entrer chez MAC et d'acheter le Yogurt (rose très pâle) et le Silverthorn (vert argenté satiné de la collection limitée Rose Romance, absolument sublime). Je tâche de les tester demain pour aller barbecuter chez Olive et Aurore.

Muffins aux olives

Pour 12 muffins:
- 3 oeufs
- 10cl d'huile d'olive
- 10 cl de vin blanc sec
- 200g de farine
- 1 sachet de levure chimique
- 50g de sucre
- sel & poivre (ne pas lésiner dessus, sinon le goût du sucre ressort trop)
- 200g d'olives noires dénoyautées et coupées en petits bouts

Verser tous les ingrédients sauf les olives dans le bol d'un robot ménager. Mixer jusqu'à obtenir une pâte lisse. Rajouter les olives et mixer pour bien les répartir dans la pâte.
Verser la pâte dans des moules à muffins. Faire cuire 20 mn environ dans un four préchauffé à 180° (th.6).

(Non, "Le rose et le noir" ne vire pas blog de cuisine. Mais je bosse comme une folle depuis mon retour du Maroc, et ça ne me laisse pas le temps de faire beaucoup de choses passionnantes à côté.)

vendredi 22 mai 2009

Confessions d'une accro au shopping thé

J'ai découvert le thé au tout début de l'an 2000, grâce à mon ami Philou qui déjà à l'époque en faisait une grosse consommation. Jusque là, je ne connaissais que le vilain Lipton en sachet jaune, et je détestais. Philou m'a initiée aux délices de Mariage Frères, et depuis, ma passion pour le (bon) thé en vrac - de préférence vert et de préférence japonais - a envahi toute une étagère de mon placard de cuisine. Petit tour d'horizon de mes chouchous, classés par marque:

Mariage Frères:

- Thé sur le Nil: vert aux agrumes. Médaille d'or incontestée de sa catégorie. Le Thé aux Sept Agrumes du Palais des Thés, que j'ai testé un moment comme substitut faute de boutique MF à Bruxelles, ne lui arrive pas à la cheville en matière de subtilité. Parfait le matin au petit déjeuner pour réveiller les traductrices aux yeux encore embués de sommeil.
- Fuji Yama: vert japonais très fin. Vaut largement son prix un poil élevé (7,50€ les 100g me semble-t-il). Un incontournable dont je ne me suis jamais lassée depuis plus de huit ans. A consommer à toute heure du jour.
- Genmaicha: vert japonais au riz soufflé. En général, quand je le fais goûter, les gens grimacent. Est censé se boire pendant le repas (japonais, of course), mais je l'apprécie beaucoup le soir, tout seul. Là encore, le thé du même nom vendu par le Palais des Thés pâlit en comparaison.
- Marco Polo: noir aux fruits rouges. Un des rares thés noirs que j'apprécie, mais uniquement l'hiver à l'heure du goûter.

Palais des Thés:
- Thé du Hammam: vert à la rose, aux dattes, aux fruits rouges et à la fleur d'oranger. Sympa pour le goûter bien qu'un peu costaud niveau goût.
- Thé des Alizés: vert à la pêche blanche, au kiwi et à la pastèque. Plus délicatement parfumé que le précédent et bien aussi pour le goûter.

Thé O Dor:
- Les 3 Empires: vert aux dattes, à la fleur d'oranger et à l'osmanthus. Dans un genre assez proche, beaucoup plus raffiné que le Thé du Hammam. J'aime le boire au goûter en l'accompagnant d'une petite tranche de brioche à la fleur d'oranger.
- J'Aime: vert au macaron, à la fraise et à la framboise. Encore un thé du goûter, mais qui présente l'avantage de "tromper" l'appétit et permet de faire l'impasse sur les gourmandises qu'on aurait bien mangées avec. Hélas! A ma connaissance, il n'est vendu qu'avec sa boîte de présentation. La mienne sera bientôt vide, et je n'ai pas envie de réinvestir près de 20€ pour 100g de thé.

Maison Akabi:

- Sencha Shizuoka: vert japonais. Très délicat; pour changer un peu du Fuji Yama.
- Thé au riz: vert parfumé au riz, comme son nom l'indique. Et non, rien à voir avec le genmaicha (le riz n'est plus dedans; il a juste servi à parfumer le thé.) D'ailleurs le goût est tout à fait différent. Se présente sous forme de petites boules. D'après mes calculs, 7 est la quantité optimale pour un mug de 30cl.

jeudi 21 mai 2009

Une bonne chose de faite

Pendant la Grande Epopée de la Cystite Bactérienne au mois de mars, le vétérinaire qui examinait Copernique avait remarqué une grosse boule mobile dans sa gorge. Chouchou m'ayant certifié que la boule en question était là depuis qu'il connaissait Copernique (soit plus de deux ans et demi) et qu'elle n'avait jamais grossi ni évolué de quelque façon que ce soit, je ne me suis pas affolée. J'ai attendu de m'être financièrement remise des frais engendrés par une demi-douzaine de visites à la clinique, dont une en urgence un dimanche + trois séries d'analyses effectuées par un labo extérieur + une échographie + une chiée de médicaments qu'il n'a jamais été possible de faire avaler à Copernique. Puis j'ai pris rendez-vous chez une autre véto équipée du matériel d'imagerie nécessaire pour déterminer la nature de la fameuse boule.

Hier en fin d'après-midi, donc, j'ai fourré une Copernique très peu coopérative dans sa caisse mauve et pris un taxi pour me rendre du côté de Ma Campagne (qui comme son nom ne l'indique pas est un quartier de Bruxelles). Les embouteillages classiques d'une veille de week-end prolongé paralysaient le centre-ville, et le chauffeur, ayant fini son service, m'a larguée au bout de la rue du cabinet vétérinaire sous prétexte que celle-ci était en sens unique et que ça allait prendre trop de temps de remonter jusqu'à l'autre bout. J'étais presque en retard et, psychorigide de la ponctualité que je suis, j'ai couru cinq cents mètres avec Copernique dans sa caisse en bénissant le ciel d'avoir une petite Birmane plutôt qu'un monstrueux Maine Coon. Je n'aurais pas dû m'inquiéter: j'avais rendez-vous à 17h45, mais les consultations avaient pris beaucoup de retard et je ne suis passée que vers 18h30 bien sonnées, alors que la réceptonniste pliait bagage pour rentrer chez elle.

La vétérinaire était douce et rassurante. Dès le début de l'examen, elle a vu que la mystérieuse boule n'était qu'un gros kyste rempli de liquide. Rien de bien dangereux, donc, mais ce kyste déviait beaucoup la trachée de Copernique et elle a estimé qu'il valait mieux le vider. Pour cela, elle a fait une piqûre de calmants à Copernique et s'est absentée quelques minutes le temps que le produit agisse. Chouchou (qui m'avait rejointe entre-temps) et moi avons eu un moment d'inquiétude. Non seulement Copernique ne semblait pas calmée du tout, mais elle avait les pupilles dilatées comme si elle était shootée au crack et manifestait une volonté farouche de s'échapper. Tandis que nous nous efforçions de l'immobiliser sur la table matelassée, elle rampait une patte après l'autre vers le bord de celle-ci tel un commando en plein parcours du combattant. Une fois, elle a même réussi à sauter à terre, et nous ne l'avons rattrapée que sur le seuil de la pièce voisine.

Enfin, Copernique s'est mollement affaissée sur la table d'examen. Mais elle a gardé les yeux ouverts. La vétérinaire l'a retournée sur le dos, ses pattes pendouillant dans une position absolument pas naturelle, et j'ai dû poser une main sur son ventre pour que le mouvement de sa respiration me rassure: elle avait l'air morte. Deux seringues plantées dans son kyste (avec difficulté: "Mais elle a une peau d'éléphant!" s'est exclamée la véto) ont suffi pour vider celui-ci des trois quarts du liquide qu'il contenait. La gorge rasée et débarrassée de sa boule, ma pauvre Copernique se retrouvait avec un petit cou malingre de poulet plumé. Aucune importance: elle allait bien, et les poils, ça repousse. Les kystes aussi, apparemment, puisque le sien est d'origine thyroïdienne et pourrait bien se reformer. Si c'est le cas, il faudra soit procéder à une nouvelle ponction, soit cureter tout le kyste et lui enlever la thyroïde gauche (ce que je préfèrerais éviter). Nous verrons bien.

PS - Détail amusant: j'étais en train de me dire qu'après deux vétos belges maboules, nous étions vraiment bien tombés cette fois, quand la gentille docteure au prénom de petite sirène m'a demandé d'où j'étais originaire.
- De Monpatelin, dans le sud-est de la France.
- Ah, mais on est presque voisines alors: moi, j'ai grandi à Cagnes-sur-mer! s'est-elle exclamée.
Tout s'explique.

mercredi 20 mai 2009

Les tests de la semaine #7: SPECIAL MENARD


Les non-habituées de MBDF et du blog de Sonia vont se dire: gni? Kézako, Menard? Et bien c'est une marque de produits de soin japonais à la diffusion relativement confidentielle chez nous, puisqu'on ne peut acheter la plupart d'entre eux que dans l'unique institut français ou sur le site internet.
Il faut savoir que les Japonaises prennent un très grand soin de leur peau, n'hésitant pas à ouvrir une ombrelle et à enfiler des gants pour se protéger contre les méfaits du soleil. Et elles consacrent paraît-il beaucoup de temps chaque soir à se nettoyer et se crémer consciencieusement la figure. Du coup, la recherche cosmétique est très développée dans ce pays, où l'on trouve énormément de produits innovants, à la fois doux et efficaces.
Or donc, Menard. Je vous avais déjà dit tout le bien que je pensais du Washing et de la Cream de la gamme Tsukika. Lors de mon dernier passage-éclair à Paris, mercredi dernier, j'ai fait un saut à l'institut de la rue de la Paix, où j'ai investi dans le reste de la gamme. Et dès le lendemain, je me suis attelée à suivre le protocole fourni avec.

Pour le soir:
1. Cleansing gel, pour enlever l'essentiel du maquillage et de la crasse due à la pollution. Là, j'avoue, j'ai triché: il me reste encore les deux tiers d'un flacon d'huile démaquillante Shu Uemura dont je suis tout à fait satisfaite et que je compte utiliser jusqu'à la fin. (22€)
2. Washing cream, pour parfaire le nettoyage et avoir une peau vraiment propre. C'est là le plus grand secret de beauté des Japonaises, ce nettoyage en deux temps. Le produit, très agréable sur la peau, doit être émulsionné et rincé à l'eau tiède. Attention, il pique les yeux! (22€)
3. Massage gel: selon la vendeuse, il faudrait idéalement se masser le visage avec pendant un quart d'heure chaque soir. J'espère que deux-trois minutes suffisent pour retirer une partie des bénéfices du produit, parce que jamais je n'aurai la patience continuer plus longtemps. Le gel est frais, plein de petites billes qui fondent sur la peau, et doit lui aussi être rincé à l'eau tiède. (25€)
4. Lotion: pour nettoyer les impuretés qui auraient surévu au Cleansing gel et à la Washing cream, j'imagine. La notice dit qu'il faut la mettre sur un coton et se tapoter tout le visage du bas vers le haut. Je trouve le flacon en verre trop lourd et pas du tout pratique d'utilisation avec son trou qui ne laisse rien passer si on se contente de l'incliner, et qui fait un gros pâté façon ketchup quand on le secoue. Un flacon en plastique à pompe me semblerait beaucoup plus approprié. (25€)
5. Essence milk: pour hydrater la peau après tout ce nettoyage. Léger, pénètre bien, mais même type de flacon chiant que la lotion. (29€)
6. Cream: pour nourrir la peau pendant la nuit. Après le lait, me semble un peu superflue pour les peaux grasses comme la mienne. (34€)

Pour le matin:
Reprendre uniquement les étapes 2, 4 et 5. Ce que je ne fais pas pour l'instant, car je veux d'abord finir les autres produits entamés sur mon étagère de salle de bain.

Bilan? Se plier à tout le protocole est fastidieux. Et au bout d'une semaine, le seul changement que je constate, c'est une profusion de petits boutons sur mon visage. Mais ils pourraient être dûs à tout autre chose que les produits Menard. Je vais donc persévérer, parce que je crois à l'efficacité de ce rituel dans l'absolu et parce que ça me fait du bien de prendre ce temps chaque soir pour m'occuper de moi.

"The boat that rocked"

Dans ce bateau-là, il y a des DJ qui font partager leur passion à des million d'auditeurs dans l'Angleterre encore puritaine des années 60 - une belle collection d'originaux frondeurs, liés par leur amour du rock'n'roll et leur envie de bousculer l'ordre établi. Il y a de la camaraderie virile, des parties de Cluedo, des défis stupides, des soirées bien arrosées et des gueules de bois le lendemain; il y a de la frustration sexuelle pour certains, une pléthore de partenaires pour d'autres et beaucoup de foi en l'amour chez quelques rares romantiques; il y a de l'irrévérence envers l'establishment et une loyauté indéfectible vis-à-vis du rêve commun; il y a surtout énormément d'humour et d'émotion, des acteurs dont on oublie qu'ils ne sont pas leur personnage et une bande originale du feu de Dieu (dans laquelle on retrouve évidemment une chanson de Leo). N'hésitez pas et, vous aussi, laissez-vous embarquer par ce film dont on ressort avec l'envie de jouer à Guitar Hero danser toute la nuit.

mardi 19 mai 2009

C'est confirmé...

...Soeur Cadette et sa petite famille partent aux USA pour les deux ans à venir. Je suis super contente pour eux et, en même temps, curieusement abattue. Au début, j'ai pensé que c'était à cause de la distance qui nous séparerait désormais. Mais dans le fond, 1500 km ou 8000, ça ne change pas grand-chose (à part le prix du billet d'avion). Ils reviendront en France pour Noël, et nous leur rendrons une visite de deux semaines en juin prochain. Au final, nous nous verrons une fois de moins dans l'année mais le même nombre de jours. Sans compter qu'il y aura beaucoup plus de choses à faire au Texas (et dans les environs) qu'à Toulouse dont j'avais déjà fait le tour avant que Soeur Cadette y mette les pieds pour la première fois de sa vie. Le reste du temps, on continuera à Skyper pour se donner des nouvelles. Et deux ans, ce sera très vite passé.

A bien y réfléchir, le sentiment que j'éprouve est plus proche de la mélancolie que de la tristesse. En 1997, j'ai voulu m'installer aux USA et les services d'immigration m'ont refusé un permis de séjour. Même si je suis tout à fait contente de la tournure que ma vie a prise depuis, je garde le regret de n'avoir pu habiter plus longtemps là-bas, avec la tranquillité d'esprit que m'aurait apporté une situation régularisée. Cette aventure qui m'est passée sous le nez, Soeur Cadette va la vivre dans des conditions idéales, et je ne peux pas m'empêcher de l'envier. Chouchou me dit que rien n'est définitivement foutu, qu'il est encore possible que nous fassions un séjour de longue durée à l'étranger. Mais si ça arrive, ça ne sera pas grâce à mon boulot: l'inconvénient de pouvoir bosser partout, c'est que ça ne justifie ma présence nulle part...