lundi 15 juin 2009

Le coup de foudre

En descendant Nerudova vers le pont Charles samedi après-midi, je suis tombée en arrêt devant la vitrine d'une galerie dans laquelle était exposé ce sublime tableau. Sans étiquette de prix, contrairement à ses voisins huit fois plus petits qui chiffraient déjà dans les 6000 kc (environ 240 €). Je n'ai pas osé entrer pour demander combien il coûtait: j'aurais été capable de faire une folie. De toute façon, Chouchou ne l'aimait pas - il lui préférait une autre interprétation de la même vue que je trouvais, pour ma part, tout à fait quelconque et dénuée de charme. N'empêche que je ne cesse d'y penser depuis, et qu'hier je me suis forcée à faire un détour pour ne pas repasser devant la galerie.

dimanche 14 juin 2009

Le Hard Rock Café: une valeur sûre


En voyage, je peste très souvent contre la mondialisation qui fait qu'on retrouve les mêmes enseignes dans toutes les grandes villes de la planète et qu'il devient proprement impossible de frimer en lançant d'un air détaché: "Ca? Laisse tomber, je l'ai ramené de Tokyo". Je suis également la première à clamer que si on ne veut pas avoir de contacts avec les autochtones et ne pas manger la cuisine locale, autant rester à la maison. Mais tout règle a ses exceptions, et la mienne, c'est le Hard Rock Café. Je ne connais pas d'autre endroit où, quel que soit le pays dans lequel je me trouve, je sois certaine de pouvoir manger un burger succulent, servi par des employés enthousiastes et souriants, en écoutant la musique que j'aime et rien d'autre.

Ces quinze dernières années, j'ai dû dîner, boire un verre et/ou acheter une fringue dans une bonne vingtaine de HRC.
- Celui dont Soeur Cadette m'a ramené un T-shirt circa 1992 et où je suis moi-même allée en 2006: New York
- Celui qui fut mon premier et auquel je serais retournée si une queue monstrueuse ne m'en avait pas découragée: Londres, the original one! (1993 et 2008)
- Ceux auxquels j'ai fait deux visites: Amsterdam (1999 et 2009), San Francisco (2005 et 2006) et Tokyo Ueno-Eki (2005 et 2007)
- Ceux dans lesquels j'ai acheté deux sweats zippés identiques parce que j'avais perdu le premier à mi-chemin: Miami et San Diego (2007)
- Celui où Chouchou et moi avons acheté le même sweat zippé, tendance His n' Hers (ou Thing One et Thing Two): Copenhague (2008)
- Celui dont j'ai le moins de chance de rencontrer quelqu'un qui y a mangé aussi: Yokohama (2007)
- Celui qui m'est le plus accessible et où je n'ai pourtant jamais mis les pieds: Paris!
- Celui qui n'existe pas, mais que fait la police? Bruxelles...

Vendredi, donc, pour ne pas déroger à la tradition, Chouchou et moi sommes allés dîner au HRC de Prague qui a le bon goût de se trouver à cinq minutes à pied de notre hôtel. Avec ses trois étages, c'est sans doute un des plus grands que je connaisse (après l'indétrônable Orlando, of course). Pour fêter le 38ème anniversaire de la chaîne - oui, le HRC est né en 1971, comme moi... -, la direction avait organisé une série de concerts live, dont l'un avait justement lieu ce soir-là. J'ai trouvé très sympa le groupe qui reprenait de bons vieux standards de Springsteen et Cie et, sans surprise, je me suis régalée d'une Cobb salad et d'un apple cobbler arrosés d'un petit Sex on the beach :-)

Une année d'auto-portraits: semaine 24


Et hop, je vous recolle mon Twee adoré dont je ne me lasse pas. Je sais que le décor ne varie pas beaucoup, mais avec un peu de chance, la semaine prochaine, je sortirai de ma manche un auto-portrait réalisé à Prague, pour changer un peu!

vendredi 12 juin 2009

Djobi, djoba, mais qu'est-ce que je fous là?

Tous les gens de mon entourage qui sont déjà venus à Prague m'ont fait le même rapport enthousiaste: "C'est super-mignon, tu vas adorer!".
Apparemment, les gens de mon entourage ne me connaissent pas du tout. Je suis à Prague depuis deux jours, et je me fais chier comme un rat mort.
Certes, la météo a décidé de ne pas y mettre du sien. Nous passons notre temps à grelotter ou à crever de chaud, à alterner parapluie et lunettes de soleil, et ce, plusieurs fois en l'espace d'une heure. A peine mettons-nous le nez dehors que la pluie, le vent, voire la grêle se déchaînent; mais il suffit que de guerre lasse nous nous installions dans un café internet et commandions des boissons géantes pour que les gros nuages noirs se volatilisent et que le soleil se remette à briller innocemment.
Avec tout ça, je n'ai pas encore esquissé le moindre début de croquis: trop peur qu'une averse se déclenche à peine aurais-je trouvé un endroit où m'installer et déballé mes affaires. Donc, depuis hier matin, je me trimballe avec trois kilos de matos qui me tuent l'épaule - pour que dalle.
Mais ce n'est pas grave parce que de toute façon, rien ne m'inspire. Les façades couleurs de dragée sont jolies à la façon d'un décor de carton-pâte dont je ne parviens pas à sentir l'âme. Les magasins vendent soit des bijoux en grenat très laids, soit des marionnettes ramasse-poussière, soit des poupées russes avec des têtes de footballeurs. Et les rues sont envahies par des flots de touristes à rendre claustrophobe n'importe qui en-dessous d'un mètre quatre-vingts. Je ne suis pas sûre d'avoir déjà croisé un Pragois ailleurs que derrière le comptoir d'un commerce.
En fait, j'ai l'impression d'être en vacances dans un Disneyland alternatif où la proportion d'enfants serait légèrement moindre mais les attractions ennuyeuses à mourir. Je viens de passer la plus grosse partie de la journée au palais royal, et tout ce que j'ai retenu d'une visite pendant laquelle j'ai failli m'endormir debout, c'est que les incendies et la défenestration semblaient être des hobbies populaires chez les Slaves.
Maintenant, il est 18h. Je poste ceci d'un café où, après une compile de a-Ha, nous avons droit à l'intégrale des Gipsy Kings, à fond les ballons comme on disait au siècle dernier quand ce groupe sévissait dans les charts*. Je repense au moment où nous avons hésité entre Prague et Barcelone pour ces quelques jours de vacances, et j'ai un tout petit peu envie de me pendre.

*et défonçait l'arrière de la voiture de Soeur Cadette à un rond-point aux alentours de Montpellier, mais ceci est une autre histoire.

jeudi 11 juin 2009

Où sont les somnifères quand on a besoin d'eux?

Or donc, nous nous sommes levés ce matin à 4h20 pour prendre l'avion qui devait nous emmener à Prague. 50% d'entre nous avaient à peine fermé l'oeil parce que:
- les 50 autres % avaient choisi cette nuit-là pour ronfler, alors qu'en temps normal ils n'émettent pas un son;
- les 50 premiers % s'étaient brusquement persuadés que l'engourdissement et les fourmillements ressentis aux bras gauche depuis quelques semaines découlaient, non pas d'un bête nerf pincé ou d'un trop grand poids du sac à main porté - quelle coïncidence - justement à cette épaule depuis justement ce laps de temps, mais bel et bien d'une tumeur au cerveau foudroyante qui, c'était évident, allait les tuer avant Noël prochain sans qu'ils aient revu la branche de leur famille exilée chez les Ewing.
Résultat, bien que le trajet vers l'aéroport (taxi + train) se soit déroulé sans encombres, je me suis fait une vraie bonne grosse crise d'angoisse dans l'avion, avec tremblement de tout le corps, frottage frénétique de la main incriminée et même pleurage à chaudes larmes. Ben oui, quand on n'a pas dormi, les terreurs nocturnes se prolongent après le lever du soleil.
Là, nous sommes arrivés à Prague: la pluie qui a présidé notre première exploration de la ville s'est arrêtée, le soleil pointe le bout de son nez et je recommence à penser de façon rationnelle. Je vais profiter de mon voyage, le sac sur l'épaule droite de préférence, et en rentrant à Bruxelles, j'irais voir la super kiné de Chouchou pour explorer les causes les plus probables et les plus inoffensives du phénomène qui me perturbe.
Parfois, je regrette vraiment d'avoir arrêté les somnifères...

Maquillage n°7: Symphonie en vert




Je sais: mes photos sont pourries - et de traviole. Mais il faisait gris ce jour-là, mon maquillage datait déjà de trois heures, et je savais que je n'aurais pas de Chouchou sous la main avant quatre heures supplémentaires pour en prendre de meilleures. Donc, je vous remercie par avance pour votre indulgence.

- coin interne de la paupière mobile: Juxt (MAC)
- milieu de la paupière mobile: Swimming (MAC)
- banane fermée et ras de cils inférieur: Flourishing (MAC)
- sous l'arcade: Malt (MAC)
- liner noir: Smudge pot (Stila)
- mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)

Avec ça je portais:
- blush: Fun & Games (MAC)
- rouge à lèvres: Jolie rouge brillant 05 Papaya (Clarins)

mercredi 10 juin 2009

"Kiki Strike inside the shadow city"*

Malgré le succès planétaire de Harry Potter, beaucoup d'auteurs jeunesse - surtout s'ils sévissent dans le domaine du fantastique - s'entendent encore régulièrement demander: "Et vous n'avez jamais eu envie d'écrire un vrai livre?". Alors qu'il existe autant de bons (et de mauvais) romans pour adolescents que pour adultes, et que les meilleurs d'entre eux remportent généralement l'adhésion des deux catégories de public. J'ai trouvé au fil des ans beaucoup de séries passionnantes au rayon "jeunes adultes". Une de mes préférées, celle des "Young Wizards" de Diane Duane, n'est à ma connaissance toujours pas traduite en français: mais que fichent les éditeurs? Et récemment, j'ai eu un coup de coeur pour Kiki Strike, l'héroïne ambiguë de Kirsten Miller.

Kiki mesure un mètre vingt; elle a les cheveux blancs, s'habille toujours en noir et c'est une espionne-de-la-mort-qui tue. Dans le premier tome de ses aventures, elle a douze ans et recrute cinq girl scouts délinquantes pour explorer une cité cachée sous les rues de New York. Mais quand les choses tournent mal, elle n'hésite pas à planter là ses nouvelles amies. Celles-ci découvrent qu'elle leur a menti depuis le début, que Kiki Strike n'est même pas son vrai nom et que ses motivations réelles sont plus que douteuses. Deux ans plus tard, alors que les cinq filles se sont perdues de vue et ont presque oublié la Cité Clandestine, la traîtresse réapparaît dans leur vie...

J'ai vraiment adoré ce bouquin. Malgré des personnages quelque peu caricaturaux, un certain manque de subtilité dans le semage d'indices et une fin un poil rapide, le style de l'auteur est plaisant et l'atmosphère prenante à souhait. Je me suis très vite attachée à Ananka, la narratrice que j'ai pris plaisir à voir grandir et évoluer au fil des chapitres. Surtout, j'ai été séduite par l'intrigue qui s'écarte réellement des sentiers battus (je déteste pouvoir deviner dès la page 20 d'un livre où il va m'emmener et par où il va passer très exactement pour en arriver là). Les conseils de détective qui clôturent chaque chapitre ne sont pas sans rappeler les aventures du Clan des Sept que je dévorais enfant, ou le Manuel des Castors Junior que j'enviais à une de mes cousines, et j'ai pris un plaisir de môme à m'imaginer parcourant les souterrains de New York avec le club secret des Irrégulières. Bref, j'ai d'ores et déjà commandé la suite.

*paru en français chez Pocket Jeunesse sous le titre "Kiki Strike dans la Cité Clandestine"

mardi 9 juin 2009

Maquillage n°6: Ere brune de la fleur de sushi




Bon d'accord c'est pas mon délire d'hier, mais c'est tout ce que j'avais comme photos de maquillage sous la main :-)
Je me demande pourquoi mon Lumix donne l'impression qu'il y a, dans mes couleurs, des "trous" ou des irrégularités de teintes que je ne vois pas à l'oeil nu le nez à cinq centimètres de mon miroir. Pourrais-je trouver un meilleur réglage pour mon appareil, ou faut-il que je change de lunettes?
Sinon, côté maquillage proprement dit, il aurait fallu un trait de khôl brun à l'intérieur de l'oeil pour bien le "finir".... Mais très peu de crayons marquent sur moi, et les rares qui y parviennent ont disparu dans les dix minutes qui suivent :-(

- coin interne de la paupière mobile: Sushi Flower (MAC)
- coin externe de la paupière mobile et ras de cils inférieur: Brun (MAC)
- arc au-dessus du pli (comme une banane ouverte): Era (MAC)
- liner marron: Dipdown (MAC)
- mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)

Avec ça je portais:
- blush: Orgasm (Nars)
- rouge à lèvres: Rouge G 303 (Anna Sui)

Soeur Cadette, je t'ai comprise

Or donc, n'ayant pas pu me rendre chez MAC samedi pour cause de montage de lit Ikea, j'y suis allée hier après-midi. J'ai une palette de 15 vide qui crie famine depuis mon dernier passage à Paris, et je craignais que la DDASS du make-up finisse par débarquer à la maison pour me confisquer tout mon matos. Avant de partir, j'ai pris le temps de confectionner un léger délire paupiéresque: éventail de vert anis et vert émeraude de la palette Cargo Tahiti + Contrast (bleu marine MAC), banane ouverte au Fig.1 (violet MAC), et un rien de Yogurt (rose très pâle MAC) en highlighter. J'aurais bien rajouté du liner bleu marine mais j'en avais pas. Et j'aurais bien pris le résultat en photo, mais à bout de bras ça ne donnait rien et le temps que Chouchou rentre à la maison, il n'y avait plus assez de lumière. Tant pis.

Arrivée chez MAC, je me suis mise à swatcher comme une furieuse sur ma main gauche. La responsable de la boutique et deux de ses vendeuses m'observaient. Un instant, je me suis demandé si j'avais une tache mal placée sur mon jean ou si elles admiraient ma besace Dreyfuss. Puis mon regard a croisé celui de la responsable, qui m'a lancé: "Ca vous va très bien ce vert. Les filles aussi pensent comme moi." Rose d'émotion, j'ai piqué du nez et bafouillé un remerciement. Mon choix fait, j'ai hélé une des vendeuses pour qu'elle vienne me sortir les recharges de fàp dans les couleurs que je venais de choisir et dont je répétais la liste en boucle dans ma tête pour ne pas les oublier. "Tou es maquilleuse professionnelle?" m'a-t-elle demandé avec curiosité et un léger accent néerlandais.

Rhââââ. Mini-orgasme, là debout, devant le présentoir de fards à paupières. Bon d'accord, c'est facile d'avoir l'air de s'y connaître un peu dès qu'on ose des couleurs pétantes, et cette jeune femme aurait probablement revu son jugement si elle avait vu mes paupières fermées. Mais ça m'a fait super plaisir - beaucoup plus, par exemple, que mes résultats au concours d'entrée des grandes écoles de commerce. OK, c'était il y a plus de vingt ans mais je me souviens distinctement de mon absence d'émotion. Parce qu'il a toujours été entendu que j'étais brillante scolairement et que l'échec n'était pas une option. Mais du coup, j'ai longtemps cru que je n'étais bonne à rien d'autre qu'à calculer des probabilités compliquées, mémoriser le nombre de tonnes de poisson pêché chaque année au Japon ou disserter sur le droit et la force. Et me rendre compte que j'arrive à faire quelque chose de joli avec mes mains, c'est aujourd'hui ma plus grande satisfaction. Un truc tellement enivrant qu'en sortant de chez MAC, au lieu d'aller faire les courses prévues au Palais de Thés et chez Nias, j'ai repris directement le chemin du métro Louise en gambadant comme une môme.

lundi 8 juin 2009

Exposition CALLE SOPHIE aux Bozar

Sophie Calle est une de mes artistes préférées tous genres confondus, une des personnes que je convierais à mon dîner idéal avec Leonard Cohen et Pierre Dubois. Depuis trente ans, elle produit des oeuvres autobiographiques qui trouvent leur source dans son quotidien et ses rencontres avec autrui.
Parfois, elle exploite des évènements qui lui tombent dessus (ses ruptures amoureuses ou la mort de sa mère) comme si cela lui permettait, à défaut de leur donner un sens, de se distancier de la douleur qu'ils provoquent en les disséquant ou en les rabâchant jusqu'à la nausée. Parfois, elle se lance dans des projets conceptuels juste pour voir où ils vont la mener: elle suit un inconnu choisi au hasard dans la rue jusqu'à Venise ou se fait elle-même filer par un détective privé; elle invite des gens à venir dormir dans son lit, chez elle, ou juste à lui raconter une histoire dans ce même lit installé l'espace d'une nuit au sommet de la Tour Eiffel; elle consulte des voyantes et se rend aux endroits qu'elles lui indiquent. Elle a fait de sa vie le sujet de son art et tente avec son art de donner une structure, un sens à sa vie.

L'exposition visible aux Bozar de Bruxelles jusqu'en septembre est une sorte de rétrospective qui reprend une vingtaine de projets étalés sur l'ensemble de sa carrière. Je connaissais la plupart d'entre eux à travers l'énorme livre-catalogue "M'as-tu vue?", mais j'ai eu la bonne surprise d'en découvrir de nouveaux: les plus récents, bien sûr. Le matériau est foisonnant et très dense; il faut beaucoup de patience pour lire tous les textes présentés, et j'avoue n'avoir pas eu le courage de regarder en entier le film de 72 mn sur son road trip aux USA (alors que je le louerais volontiers s'il était disponible en DVD).
J'ai été assez intriguée par le choix scénographique consistant à présenter les oeuvres par ordre chronologique inverse. Ainsi, l'expo s'ouvre sur un projet de 2008 et se termine par le début de la carrière de l'artiste. Et "Douleur exquise", dans lequel Sophie Calle raconte aux gens qu'elle rencontre l'histoire de sa récente rupture dévastatrice et leur demande en retour de lui raconter l'événement le plus douloureux de leur vie, commence quand elle est parvenue à réduire son histoire à trois lignes qui ne la font plus souffrir et s'achève sur la rupture même, survenue trois mois plus tôt.
A ceci j'ajouterai que les salles des Bozar sont très bien éclairées et abritent quantité de sièges où les visiteurs peuvent reposer leurs jambes lasses. Bref, une expo à voir pour les fans de Sophie Calle et les amateurs d'art moderne qui ne connaîtraient pas encore son travail.

dimanche 7 juin 2009

Les élections européennes et moi

Aujourd'hui, je ne voterai pas pour élire les députés européens. D'abord parce que je suis à Bruxelles et que je ne connais à Monpatelin personne à qui j'aurais pu laisser une procuration. Ensuite parce que, même si c'est politiquement incorrect de dire ça, je ne parviens pas à m'intéresser à ces élections. En 1993, j'avais voté contre l'Europe. Je trouvais l'idée très chouette, mais je suis quelqu'un de pragmatique plus que d'idéaliste, et je ne voyais pas comment on pourrait appliquer, sans pénaliser personne, la même règlementation à de grandes puissances économiques comme la France ou l'Allemagne d'un côté, et des pays quasi-tiermondistes comme le Portugal ou la Grèce l'étaient à l'époque.

Au final, l'Europe s'est faite quand même. Et je suis bien contente de pouvoir voyager plus facilement à l'intérieur de ses frontières, bien contente de n'avoir pas à justifier mes fréquents allers-retours entre la France et la Belgique, bien contente de pouvoir payer en euros quand je vais passer des vacances en Italie ou aux Pays-Bas. Mais honnêtement, je ne me rends pas du tout compte de l'impact de l'Europe sur mon quotidien, et je n'ai qu'une vague conscience de ce qu'elle peut apporter à ses membres économiquement parlant. Donc, si j'avais pu aller voter, j'aurais sans douté voté écolo par défaut, comme chaque fois que je n'ai pas d'opinion bien définie. Parce qu'autant les véritables motivations des partis traditionnels me laissent de plus en plus perplexe, autant je me dis qu'il n'y aura jamais assez de gens pour se préoccuper de notre environnement et de l'avenir de cette planète.

En Belgique, le vote est obligatoire, et je trouve ça révoltant. Je sais, des gens se sont battus et sont morts pour qu'on ait le droit de choisir nos dirigeants et nos représentants. Mais le mot-clé dans cette phrase, c'est "droit", pas "obligation". Chouchou me dit que ce système a permis d'assurer une certaine stabilité politique à son pays et d'éviter l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite (parce que les abstentionnistes sont des gens sans opinion bien tranchée, donc modérés a priori, et que s'ils doivent voter quand même, ils vont voter blanc ou centre mou). La pragmatique en moi ne peut que s'en réjouir. L'idéaliste qui, finalement, n'est pas si profondément enfouie trouve qu'on ne devrait pas forcer les gens à émettre une opinion qu'ils n'ont pas ou qu'ils se fichent d'exprimer. C'est une forme de coercition étatique supplémentaire, et on en subit déjà bien assez à mon goût.

Une année d'auto-portraits: semaine 23


J'en ai marre de voir ma bobine, alors voilà, je me cache. Et j'en profite pour montrer comment il est joli, mon T-shirt Mango plus long derrière que devant. J'adore prendre des poses devant les miroirs des cabines d'essayage; les vendeuses doivent se demander ce que je fous là-dedans pour y rester aussi longtemps à chaque fois.

samedi 6 juin 2009

Chambre enfin finie, youpi!


Nous étions censés changer de lit depuis notre emménagement dans le nouvel appart'. Et puis bon, nous avions toujours autre chose à faire de nos sous. En mars, nous nous sommes enfin décidés à acheter un matelas digne de ce nom pour remplacer l'atroce futon de Chouchou qui me niquait le dos. Et ce matin, n'écoutant que notre courage, nous sommes partis chez Ikea avec un minivan Cambio dans l'idée de ramener tout le reste, c'est-à-dire cadre de lit, sommier et tables de chevet.

Limités par la largeur disponible de notre chambre (257 cm maximum en tenant compte de l'ouverture de la porte coulissante de la salle de bain), nous hésitions entre deux modèles:
1. Le Mandal
Avantages: sommier inclus, possibilité de mettre des tiroirs de rangement dessous, tête de lit rigolote avec ses tablettes modulables.
Inconvénients: disponible uniquement en pin naturel vernis avec façade des tiroirs et tablettes teintées noir (beurk), nécessité de percer des trous pour fixer la tête de lit.
2. Le Malm
Avantages: plein de couleurs dont un beau brun moyen, pas de fixation au mur, tables de chevet munies d'un grand tiroir et d'un présentoir original pour les bouquins, tête de lit basse donc possibilité d'accrocher quelque chose au-dessus pour décorer.
Inconvénients: pas de sommier, trop bas pour mettre quoi que ce soit dessous - même pas des boîtes en plastique, look peut-être un peu trop 70's.

Finalement nous avons opté pour le second choix et trimé tout l'après-midi afin de monter la totale. Mais je suis enchantée par le résultat. C'est sobre, pratique et confortable. Et ça a coûté un peu moins de 270€. Alors, je sais: tout le monde se meuble chez Ikea et ça peut donner des intérieurs qui manquent franchement de personnalité. Mais la personnalité, je me charge de l'apporter avec mes petites touches déco changeables au gré de mes humeurs ou de l'évolution de mes goûts (contrairement au mobilier qu'on renouvelle rarement tous les six mois). Et surtout, je refuse de dépenser des blindes dans des meubles auxquels je demande juste d'être fonctionnels et passe-partout. Mes gros sous, je préfère de loin les investir dans des voyages.

Maintenant, il ne nous reste plus qu'à prendre une très belle photo panoramique et à la faire agrandir pour l'accrocher au-dessus de notre lit tout neuf!

vendredi 5 juin 2009

"Star Trek 11: The future begins"

Je ne suis pas une trekkie. Si je connais assez bien l'univers de Star Trek, c'est parce que j'ai eu l'occasion de traduire plusieurs des romans de la série il y a quelques années. Je les avais trouvés plutôt intéressants, mais la SF, si intelligente soit-elle, ce n'est pas trop ma tasse de thé. Donc, quand le plus récent des films de la franchise est sorti au cinéma, j'ai fait la sourde oreille aux exclamations enthousiastes de Chouchou et superbement ignoré les perches qu'il me lançait.

Et puis hier soir, alors que nous étions partis pour voir "Millénium" à l'UGC De Brouckère afin d'utiliser les dernières place de notre carte qui expirait ce week-end, les hommes en noir s'en sont mêlés. Le bus nous est passé sous le nez, et nous avons dû descendre à pied jusqu'à Trône. Là, nous avons attendu notre premier métro un bon quart d'heure, tandis que quatre autres se succédaient sur le quai d'en face. Finalement, nous sommes arrivés au cinéma un quart d'heure après le début de la séance, au moment pile où le film commençait. Et il était impensable pour moi de rentrer dans la salle sans avoir mangé d'abord.

Nous sommes donc partis nous restaurer au Cheesecake Café voisin - qui, malgré son nom, fait le cheesecake le plus infâme de tout l'univers connu. Le décor est super, les plats corrects et pas chers, mais sérieusement, le cheesecake est un attentat aux papilles, et ce, malgré une croûte exempte de toute miette de speculoos. Pendant le repas, parce que je ne voulais pas rentrer bredouille et que la séance de "Millénium" que nous venions de rater était la dernière de la journée, j'ai dit à Chouchou: "Parle-moi du Star Trek et tâche de me donner envie de le voir". Il s'est lancé dans une énumération enthousiaste: J.J. Abrams, Starfleet academy, jeunesse des héros légendaires, superbes effets spéciaux... Voyant que rien de tout cela ne semblait me convaincre, il a fini par me lancer: "Y'a du sexe et des ragots, c'est Gossip Girl dans l'espace!". Ca m'a fait tellement rire que j'ai dit banco.

Au final, je ne l'ai pas regretté, parce que le film est vraiment très bien. Avec son concept de réalité alternative, ses interprètes qui ressemblent étonnamment à une version plus jeune de leurs illustres prédécesseurs, son mélange savamment dosé de psychologie, d'action, d'humour et d'émotion*, il apporte une fraîcheur nouvelle à un univers exploité en long et en large depuis quarante ans, sans cependant trahir l'esprit qui anime celui-ci depuis le début. Je ne suis pas certaine que quelqu'un qui ne connaîtrait rien à Star Trek prendrait autant de plaisir que nous à le voir, mais les amateurs de la série devraient adorer.

*mais pas de sexe, la chose la plus osée du film en la matière étant un chaste bisou entre Spock et Uhura. Chouchou est un sale menteur.

jeudi 4 juin 2009

"Firmin"

Prenez Rémy, le héros de "Ratatouille". Mettez-le dans un quartier décrépit de Boston plutôt que dans le centre amélipoulinesque de Paris, et donnez-lui une passion dévorante - au sens propre du terme - pour la littérature plutôt que pour la cuisine. Racontez le tout sous un jour plus dramatique qu'humoristique, et vous obtiendrez ce formidable petit bouquin dont la traduction (excellente!) vient de paraître chez Actes Sud. "Firmin" parle de livres, bien sûr, mais aussi des exclus du rêve américain avec une lucidité qui n'exclut pas la tendresse. C'est le premier roman d'un auteur qui l'a écrit à l'âge plus très tendre de 65 ans, et dont j'espère bien qu'il ne s'en tiendra pas là. Si, à l'instar de son héros, vous vous considérez comme un rat de bibliothèque, vous ne devez pas passer à côté.

mercredi 3 juin 2009

Décès de David Eddings

David Eddings vient de mourir à l'âge de 77 ans.
Si vous n'êtes pas amateur de fantasy, son nom ne vous dira probablement rien, mais il est l'auteur d'une des séries les plus populaires du genre, la pentalogie de la Belgariade. C'est Gren qui me l'avait fait découvrir début 1994, alors que je venais de négocier mon départ de chez Toys R'Us et que je me retrouvais complètement désoeuvrée. J'ai dévoré les cinq (gros) tomes en moins de deux semaines.
Par la suite, j'ai lu une très grande partie des bouquins de David Eddings; j'ai même eu l'occasion d'en traduire quatre. C'était, au final, toujours les mêmes archétypes de personnages ayant le même genre de rapports, pratiquant le même genre d'humour, se fourrant dans les mêmes situations et évoluant dans des univers à la mythologie quasi-identique. Un peu lassant à la longue, donc, mais la recette fonctionnait toujours très bien à en croire le succès jamais démenti de ses bouquins.

Une parfaite journée parfaite (3/3)

18h30 approchant en même temps que la fin de mon Elle, je me décide enfin à payer mon Coca light... et parmi la monnaie de mon billet de dix euros, le serveur me rend une pièce de Malte flambant neuve. C'est Père qui va être content! Je m'arrête chez Paul pour acheter un gâteau et, aucun de ceux qui restent à cette heure tardive ne m'inspirant, je me rabats sur une demi-douzaine de tartelettes aux fruits. Puis je me dirige vers la boutique Swarovski.

Christine n'a pas tout à fait fini de travailler; je l'attends dehors en téléphonant à mes parents. Soeur Cadette se trouve justement chez eux et s'empare du combiné. Elle vient de signer son contrat d'expatriation pour deux ans, mais ce dont elle est le plus fière... c'est qu'à la boutique MAC de Toulouse, une autre cliente lui a demandé aujourd'hui si elle était maquilleuse professionnelle. Je suis morte de rire. Apparemment, le tiercé de fàp gagnant était Yogurt/Contrast/Nylon. J'adore la vitesse à laquelle Soeur Cadette est passée de "Mais je saurais jamais faire ça... Et pas de couleurs trop flashy, hein!" à "Je me colle du rose et du bleu marine sur les yeux, et il ne reste déjà plus que deux emplacements vides dans ma palette de 15". Bon sang ne saurait mentir.

Pendant que je termine mon coup de fil, Raf, le fils de Christine, vient se planter devant moi. Quand je l'ai connu, il avait quatre ans et il était grand comme ça (oui évidemment sur le blog on voit pas bien); maintenant il en a 14, il fait une tête de plus que moi, il chausse du quarante-douze et il joue à Magic que je ne pratique plus depuis... hum, un peu avant sa naissance. Tout ça ne me rajeunit pas. Pendant que nous discutons devant la vitrine, mon regard est irrésistiblement attiré par un collier auquel je me retiens de jeter des coups d'oeil trop fréquents. Jusqu'à ce que j'interrompe Raf au beau milieu d'une phrase avec un: "Rhaaaa, excuse-moi mais il me le faut!" et fonce à l'intérieur de la boutique avant que Christine et sa collègue Véro arrêtent la caisse.

Véro nous ramène tous en voiture chez Christine, où nous retrouvons la seconde moitié de la famille. L'élément paternel a le bon goût de ne pas trop changer d'une fois sur l'autre, contrairement à sa fille de six ans et demi qui me montre fièrement ses premières pointes. Ce qui me renvoie, euh, 27 ans en arrière. Je suis un brontosaure. Le progrès n'épargne pas la confection des chaussons de danse classique: maintenant, on peut les acheter avec une semelle souple, ou disons semi-rigide, qui évite de se massacrer les pieds à les "faire". C'est toujours ça de gagné sur le mal aux arpions des petits rats d'aujourd'hui.

Nous dînons d'une salade composée avant de nous vautrer dans le canapé pour regarder la retransmission du concert de Johnny au Stade de France. Personnellement, je ne suis pas fan, mais je me rends compte qu'il y a quand même tout plein de ses chansons que j'aime beaucoup. "Gabrielle", "Allumer le feu", "Sang pour sang", "L'envie", "Requiem pour un fou"... Au bout d'un quart d'heure, Christine et moi meuglons les paroles de ses plus gros succès en jouant, elle de la batterie invisible, moi de la guitare dans les airs, sous le regard impassible de son mari (qui en a vu d'autres) et amusé de son grand fils (qui en verra d'autres, ou du moins je le lui souhaite).

A la fin du concert, vers minuit, Christophe me raccompagne. C'est seulement deux jours plus tard que je me rendrai compte que le sac contenant mon collier Swarovski ne se trouve pas chez moi et n'est jamais arrivé jusque là. Au moment où j'écris ces lignes, j'attends toujours qu'il refasse surface.

mardi 2 juin 2009

Nouvelle Star 2009: en souvenir de l'an dernier...

...Comme exceptionnellement, j'aurai accès ce soir à une télévision qui capte M6, je vous propose de faire un post en direct avec mes commentaires sarcastiques impressions à chaud. A tout à l'heure?

Edit 21h09: Bon ben c'est tellement insipide que je vais plutôt monter me coucher avec une tisane...

Une parfaite journée parfaite (2/3)

Le centre de gravité plus bas de quinze ou vingt centimètres, je dis au revoir à Etre Exquis et, après un passage chez le bouquiniste local pour me délester de quelques SP, me dirige vers la boutique Swarovski où officie Christine. Je pensais juste lui faire un petit coucou puis prendre sagement le bus du retour vers Monpatelin, mais elle m'invite à dîner le soir. Evidemment, ça change tout. Je vais être obligée de faire les magasins tout l'après-midi en attendant qu'elle ait fini de bosser, quelle torture! Mais bon, je suis une amie dévouée jusqu'à la mort jusqu'au découvert si nécessaire (surtout que je viens de récupérer une Visa toute neuve et que l'usage répété reste le meilleur moyen de mémoriser mon nouveau code).

Je descends donc sans me presser en direction du port. Au passage, j'essaie chez Naf-Naf une longue robe tye&dye verte qui ressemble à un sac sur moi, ainsi qu'un joli top à fleurs dans les tons rouges et violets qui donne l'impression que je suis bâtie comme R2D2. J'ai plus de chance chez Mango, où je dégote quelques T-shirts assez rock'n'roll. D'ailleurs, je décide d'en garder un sur moi pour remplacer mon débardeur Emily the Strange qui peine à contenir la bouée résultant d'un excès de Mamma Roma cet hiver.

Puis je quitte les rues ensoleillées pour la fraîcheur du centre commercial. Les Converse, mêmes basses, tendent à faire mijoter les pieds au court-bouillon par plus de 30° dehors. Chez Eram, où je n'ai rien acheté depuis des siècles, je déniche une mignonne paire de sandales plates à lanières marron qui ne coûtent presque rien et qui seront parfaites avec tout. En plus, contrairement aux tropéziennes, je ne les retrouverai pas aux pieds de cinq filles sur dix - les cinq autres portant généralement la deuxième godasse la plus moche du monde après les Crocs, j'ai nommé les Birkenstock.

Je me fais violence pour ne pas entrer chez Sephora. Par contre, le passage à la Fnac est obligatoire. Je ressors avec 3 coffrets de DVD: la saison 1 de Dr. House qui ne me tente pas plus que ça a priori mais dont tout le monde dit tellement de bien que ça a fini par exciter ma curiosité, celle de Skins dont j'ai aperçu quelques extraits et qui me paraît trash à souhait, et la fin des Sopranos histoire de gâter Chouchou. J'ai aussi acheté un deuxième exemplaire du bouquin de Margaux Motin pour l'offrir à Christine qui devrait apprécier, un recueil de nouvelles d'un auteur coréen au nom imprononçable et le "Un grand week-end à Marrakech". Oui, j'achète des guides de voyage après être rentrée chez moi, et alors? Je ne fume plus, ne me drogue plus et bois rarement. Chacun son vice.

Après ça, chargée comme une mule, je décide de rebrousser chemin en longeant le premier étage du centre commercial puisque je suis arrivée par le rez-de-chaussée. Ce faisant, je passe devant une boutique dont le nom ringard m'a toujours dissuadée de détailler les vitrines, persuadée que j'étais de n'y trouver que des fringues cheap et/ou mémère. Sauf qu'en fait, tout ça me semble fort inspiré de Cop Copine, avec un peu plus de couleurs et des étiquettes un poil plus raisonnables. Je ressors de La Mode Est A Vous (hein que c'est naze comme nom?) avec une mignonne petite robe asymétrique pleine de chouettes détails que j'ai payée à peine 62€. J'aime les trouvailles inattendues.

C'est le nouveau code de ma Visa sculpté à même le cerveau et les doigts sciés par les sacs en plastique que je remonte vers ma place préférée. Je m'installe à une petite table en terrasse, face à la fontaine moussue que j'adore, et commande un Coca light "avec des glaçons, une rondelle et une paille s'il vous plaît". Je le sirote en feuilletant le Elle paru le matin même, qui pour une fois ne raconte pas trop de conneries et parle même (en bien) d'un très bon bouquin que je suis en train de lire. Une heure de détente tout simple qui me fait un bien démentiel. A Bruxelles, les occasions de lézarder en terrasse ne sont pas légion pour qui considère qu'un demi-rayon de soleil et une température à deux chiffres avant la virgule ne suffisent pas à justifier de boire un verre dehors...

lundi 1 juin 2009

Une parfaite journée parfaite (1/3)

J'avais décidé que cette semaine passée à Monpatelin serait toute entière consacrée au travail. Une fois n'est pas coutume, j'allais bosser comme une brute pour terminer (enfin!) ma trad en cours. Donc, je n'ai pas appelé Kiki mercredi soir pour lui demander si je pouvais passer chez elle ce week-end, et quand Etre Exquis est venu me rendre ma clé de boîte à lettres vendredi midi, je lui ai dit que je n'avais pas le temps cette fois, mais que j'espérais bien qu'on réussirait à déjeuner ensemble à la Feuille de Chou lors de ma prochaine visite, mi-juillet.

Puis samedi, le facteur m'a tirée du lit à 9h20 alors que j'avais bouquiné la moitié de la nuit, et il faisait un temps si magnifique que je ne me suis même pas recouchée après son passage. J'ai pensé que c'était inhumain de rester enfermée par une journée pareille et que si je mourais le lendemain, je ne regretterais probablement pas d'avoir reporté la remise d'une trad de 24h - mais de ne pas avoir profité du soleil et de mes amis quand je le pouvais encore, si.

J'ai appelé Etre Exquis: "Finalement, ce dej' à la Feuille de Chou, on se le ferait pas aujourd'hui?". Il a rigolé, et à midi et demie pétantes, nous étions attablés sur une placette de la vieille ville, à l'ombre d'une demi-douzaine de grands oliviers. Un hamburger au canard confit et fromage de chèvre pour moi, une assiette de rigattoni aux asperges pour lui, deux verres de vin pour arroser gentiment le tout et une conversation facile entre gens qui se connaissent par coeur et n'ont plus rien à se cacher mais prennent toujours plaisir aux détails de la vie de l'autre.

Notre serveuse portait une combinaison qui m'a laissée perplexe: bustier élastique en haut, sarouel en bas; de l'esprit de quel malade mental avait bien pu sortir ce vêtement? Mais elle était souriante et sympa. De temps en temps, une rafale secouait les branches des arbres et faisait tomber une pluie de minuscules pétales jaunes dans nos verres. Au début, je les repêchais avec la pointe de mon couteau, mais très vite, j'ai eu le réflexe de recouvrir mon verre de ma main au premier souffle de vent.

Pendant le repas, nous avons vu affluer des gens tous vêtus des mêmes T-shirts rouge vif qui, armés d'appareils photos, semblaient chercher quelque chose à immortaliser. J'ai à peine eu le temps de tiquer que l'un d'eux s'est retourné, me présentant son dos et l'inscription: "Marathon photo numérique de la Fnac". Ce qui a relancé la conversation sur ma participation, avec Chouchou, à celui de Bruxelles l'an dernier. Etre Exquis et moi n'avons pas pu résister à l'envie de prendre un dessert, et lorsque nous avons repoussé nos chaises, il était déjà trois heures moins le quart. Ben ouais, on sait prendre son temps pour savourer les choses agréables dans le sud :-)