lundi 6 avril 2009

Ma robe sur mesure

Il a fait beau toute la semaine à Bruxelles, et j'ai attendu le week-end avec impatience pour aller me promener. Moyennant quoi, quand nous nous sommes levés samedi matin, des nuages gris pâle masquaient totalement le ciel. Après avoir expédié les courses au Cora entre midi et deux, nous avons renoncé à toute activité extérieure - d'autant que ce jour-là marquait l'inauguration du "nouveau" métro bruxellois et que, les transports étant gratuits à cette occasion, Chouchou m'avait promis que ce serait le bordel intégral en ville.

Je me suis donc retrouvée avec un après-midi entier à occuper dans un appartement où j'avais déjà passé l'intégralité de la semaine. J'aurais bien scrappé, mais pour ça il m'aurait fallu les photos que Soeur Cadette a prises le week-end dernier. J'aurais bien dévoré la fin de la première saison de Gossip Girl, mais je préfère la faire durer au rythme d'un épisode par jour en cette période de disette série-esque. J'aurais bien préparé les cupcakes au Nutella dont j'ai trouvé la recette avant-hier, mais je ne rentre plus dans mon 501 fétiche. J'aurais bien fait le ménage, mais traditionnellement c'est notre punition du dimanche et ça n'aurait fait que reporter le problème.

Au final, j'ai donc été obligée de faire du shopping sur internet. Je sais, la vie est dure.

Par chance, quelques jours plus tôt, un billet de Sonia m'avait justement révélé l'existence du service de mes rêves. Imaginez que vous puissiez créer une robe en choisissant la matière (lin, soie ou coton-lycra), la couleur et la forme des différents éléments (buste, col, manches, ceinture, jupe). Imaginez que vous puissiez y ajouter des ornements tels que fleurs, noeuds ou volants si le coeur vous en dit. Imaginez que, si vous ne faites pas une taille standard (séant majestueux et poitrine riquiqui, ou l'inverse), vous puissiez ajuster le futur vêtement à vos mensurations à vous que vous avez. Imaginez que votre création vous soit livrée sous 12 jours ouvrés. Et imaginez que tout compris, elle vous revienne deux fois moins cher qu'une robe IKKS, One Step, Cop Copine, Maje, Sandro ou toute autre marque moyen de gamme du même style.

Non seulement c'est possible, mais c'est proposé par - tenez-vous bien - les 3 Suisses. Que je considère plutôt, dans l'ensemble, comme un fournisseur de fringues assez basiques voire ringardes. D'ailleurs j'aurais été très sceptique sur la qualité du résultat si Sonia, dont la garde-robe est bourrée de Vuitton, de Dior et de Céline, ne tarissait pas d'éloges dessus: elle en est à sa 5ème robe commandée, c'est tout dire!

J'ai donc décidé de tester ce fameux Atelier de Mode. Quelques minutes à peine m'ont suffi pour produire la petite chose turquoise ci-dessus. Coût de l'opération, frais de port inclus: 69€. Maintenant, il ne me reste plus qu'à attendre de la recevoir... en espérant que la météo belge daigne me permettre de la porter avant le mois d'août.

dimanche 5 avril 2009

Les grands esprits se rencontrent

C'est le troisième anniversaire respectif que Chouchou et moi passons ensemble (je suis de fin mars et lui de fin avril). Les deux premières fois, j'ai opté pour plusieurs petits cadeaux bien ciblés. Cette année, j'avais décidé de lui en faire plutôt un gros: de lui offrir non pas des objets, mais une expérience qui ne rentrait pas dans son budget courant et lui ferait vraiment du bien.

La semaine dernière, lorsque Soeur Cadette et moi sommes passées à la caisse du Serendip Spa, j'ai donc réclamé qu'on me prépare un bon-cadeau pour une heure et demie de massage personnalisé qui tiendrait compte des problèmes de dos de Chouchou. La demoiselle a écrit le nom du destinataire sur un rectangle de bristol, puis joliment emballé celui-ci dans du papier de soie. Je suis ressortie très contente de moi, avec le sentiment du devoir accompli et un sourire aux lèvres en imaginant Chouchou ronronner de plaisir sous les mains de la masseuse.

Quand Soeur Cadette et moi sommes arrivées à la maison, Chouchou m'a remis mon cadeau d'anniversaire: une jolie enveloppe fuchsia dans laquelle j'ai trouvé ceci...


Une journée de traitements au Spa des Cinq Mondes hein? Quelle bonne idée.... J'étais partagée entre le ravissement et l'envie de bouder parce qu'il m'avait coupé l'herbe sous le pied. "C'est si attentionné d'offrir un massage à la personne qu'on aime", ai-je dit en le serrant dans mes bras pour le remercier, la tête tournée vers Soeur Cadette à qui j'ai adressé une grimace entendue.

Il ne me restait plus qu'à mailer le Serendip Spa afin de demander si le bon-cadeau pouvait être converti en avoir pour moi-même, puis à chercher un autre cadeau pour Chouchou. Quelques jours de cogitation plus tard, j'ai trouvé une alternative beaucoup plus ruineuse qui devrait lui plaire bien davantage. Rendez-vous le 24 avril pour savoir en quoi consiste la surprise!

Une année d'auto-portraits: semaine 14


Une des photos que j'ai prises mercredi en attendant que ma couleur finisse de poser. Quand on dit que l'oisiveté est mère de tous les vices, on n'a pas forcément tout à fait tort.

samedi 4 avril 2009

Ce chat

Ce chat a chopé une cystite bactérienne - diagnostic posé au bout de quatre visites à la clinique vétérinaire, accompagnées plus de 300€ de frais en consultations, prélèvements, analyses et médicaments divers.

Ce chat refuse de prendre les antibiotiques qui lui ont été prescrits sous forme de cachets. Si nous les réduisons en poudre et les répandons sur sa viande, il renifle son assiette deux fois, lève le nez d'un air méprisant et tourne le dos. Et ne mange rien jusqu'à ce qu'on lui offre de nouvelles boulettes non contaminées.

Quand, de guerre lasse, on tente de lui introduire les comprimés dans la gorge de force, ce chat de trois petits kilos se débat comme un beau diable, feule, griffe et mord. Puis, comme on lui tient le museau fermé pour qu'il avale, il garde le cachet sur sa langue et se met à produire une bave écumante, comme s'il avait la rage, jusqu'à ce que la moindre particule de poudre ait été éliminée dans ses cataractes de salive.

De la même façon, ce chat recrache obstinément l'eau dans laquelle on a fait fondre un comprimé avant de la lui introduire dans la gorge à l'aide d'une seringue.

Si on tente de ruser et de planquer le cachet entier dans du fromage blanc, ce chat lape tout ledit fromage blanc et nous restitue une assiette propre comme au sortir du lave-vaisselle, avec un médicament intact au milieu.

Ce chat va nous rendre chèvres.

A bout de nerfs, hier soir, nous avons donc ramené ce chat une cinquième fois à la clinique vétérinaire près de Mérode. A pied depuis la place Jourdan pour cause de bus qui n'arrivait pas et d'heure qui tournait. Une jeune femme souriante lui a fait une injection d'antibiotiques en nous prévenant que ça n'était pas aussi efficace que les cachets et qu'il faudrait revenir pour une deuxième piqûre dans quatorze jours.

J'ai toujours dit que je ne pourrais plus vivre sans chats. Mais là, entre les housses de couette irrécupérables pour cause de poils incrustés partout, les quatre futons bousillés en six mois, les grains de litière éparpillés dans le salon, la difficulté de faire garder les bestioles quand nous partons en vacances et le week-end en amoureux qui vient de s'évaporer en frais vétérinaires, je n'en suis plus du tout certaine.

vendredi 3 avril 2009

Too much of a good thing

Chouchou et moi sommes du genre enthousiastes et bruyants. Quand nous nous prenons de passion pour une série télé, nous chantons le générique à tue-tête.
Durant le visionnage des trois saisons de "Veronica Mars", par exemple, nous avons braillé en choeur "Come on now sugar, bring it on, bring it on yeah..." en agitant la tête à nous démonter le cou.
L'absence éventuelle de paroles ne nous arrête pas: nous arrivons très bien à bruiter les guitares de Nerf Herder au début de chaque épisode de "Buffy", et en rebondissant sur le canapé en même temps siouplé.
Mais en ce moment, nous regardons "Gossip girl". Et j'avoue qu'entendre ma brute chauve susurrer langoureusement "X-O-X-O, Gossip girl" en même temps que Kristen Bell me perturbe un poil.

jeudi 2 avril 2009

Ce que je fais quand je ne fais rien

Jeudi dernier, un de mes éditeurs m'a fait un joli cadeau d'anniversaire en me confirmant l'arrêt de Maudite Série qui certes fait joli sur mon CV mais se vend grosso modo à dix-sept exemplaires le tome, soit trop peu pour rentabiliser des bouquins de plus de huit cents feuillets.
Du coup, je me suis retrouvée avec deux mois et demi de "trou" dans mon emploi du temps de cette année. Et comme j'ai touché ou ne vais pas tarder à toucher des droits d'auteur sur lesquels je ne comptais pas, mais qui vont compenser en grande partie ce manque à gagner, j'ai décidé de ne pas prendre d'autre traduction à la place. Travailler plus pour filer plus de sous à un Etat dont les dirigeants actuels m'inspirent de violentes pulsions anarchistes, non merci. A la place, j'ai décidé de m'accorder un peu de temps. J'ai avancé les traductions qui suivaient dans mon planning histoire de mieux étaler mon boulot, et j'arrive à ceci: tous mes mercredi libres jusqu'à la fin de l'année.
Je passerai certains de ces mercredi dans le TGV: entre fin mars et fin septembre, l'avion pour descendre à Monpatelin devient vraiment trop cher - d'autant que je dois rajouter environ 70 € de taxi au prix du billet, l'aéroport local étant extrêmement mal desservi par les transports en commun. Je profiterai des autres pour faire quelques aller-retour d'une journée à Paris, ou pour mener à bien des projets créatifs personnels: je n'ai pas scrappé DU TOUT en mars, et ça me manque terriblement.

Mon premier mercredi officiellement libre, c'était hier. Je me suis réveillée à 10h, assez contente de moi vu que 1/ d'habitude je mets quinze jours à me recadrer après le passage à l'heure d'été, 2/ je m'étais relevée dans la nuit entre 1h40 et 3h20 pour rédiger un texte qui refusait de me laisser m'endormir. Comme d'habitude, j'ai petit-déjeuné devant mon ordinateur en surfant sur mes sites favoris. Une chope de Thé sur le Nil, deux tranches de brioche Harry's passées trente secondes au grille-pain, une portion de fromage blanc 20% et une compote pomme-ananas, avalées en m'efforçant de ne pas penser avec regret aux bagels tartinés de Philadelphia et de jambon italien à cause desquels je peux désormais soit porter mon 501 fétiche, soit respirer, mais pas les deux en même temps. Ensuite...
J'ai fait toute ma compta professionnelle du premier trimestre. En me demandant pour la millième fois si ça ne serait pas plus simple et moins coûteux de me mettre au régime forfaitaire, mais comment le savoir? Les employés de mon centre des impôts sont trop mal informé ou trop peu coopératifs pour me fournir une réponse claire. Et ma technophobie m'empêche de passer sur Ciel, le logiciel de comptabilité des professions libérales et des travailleurs indépendants. Moyennant quoi, qui c'est qui continue à tenir à la main un registre 32 colonnes comme si on était encore au XIXème siècle? Obviously, c'est Bibi.
J'ai voulu reprendre la Wii Fit après... hum, presque deux mois d'interruption. Mais quand j'ai allumé la console, c'est le disque de Guitar Hero qui se trouvait dedans. Je n'ai pas pu résister: je me suis enchaîné "Miss Murder", "My name is Jonas", "Rock you like a hurricane", "Cliffs of Dover", "Welcome to the jungle", "The number of the beast" et "Here kommt Alex". A la fin, mon bras droit était plus endolori qu'après deux séries d'exercices pour les triceps tellement je m'étais excitée sur la strum bar. Constatation: j'ai beaucoup perdu depuis que j'ai arrêté de jouer. Par contre, le chacal jaune avec qui je partage un loyer mon amoureux a profité de mes séjours à Monpatelin pour exploser en douce tous mes records. Scandaleux, je sais.
Quand je suis enfin passée à la Wii Fit, je me suis aperçue que les piles de la balance board étaient mortes. Ballot, hein? Je me suis dit que j'allais quand même faire une demi-heure de jogging, puisque ça ne nécessite qu'une Wiimote: au bout de cinq minutes, ma cheville droite hurlait à la barbarie et menaçait de prévenir Amnesty International. J'ai lâché l'affaire au bout d'un quart d'heure. Dès que Chacal Jaune aura changé les piles de la balance board, je recommencerai sagement par un peu de step et de yoga.
Même si je ne ruisselais pas de sueur à proprement parler, je me suis dirigée vers ma salle de bain. Objectif: faire disparaître mes racines (et ma petite douzaine de cheveux blancs). Je pourrais aller chez le coiffeur, mais je me refuse à gaspiller 3 heures et 60 € pour un truc que je peux faire chez moi en une heure avec un produit acheté 12€ chez Carrefour. Le Loréal Préférence que j'utilise depuis peu a une couleur sublime et vraiment durable, mais contrairement au Garnier qui l'a précédé, il s'applique sur cheveux mouillés et sa texture archi liquide fait qu'il est quasi impossible de ne pas en foutre partout. Sachant que les taches sont indélébiles et que mon 6.66 a grosso modo la couleur du mercurochrome, je dois être extrêmement attentive pour ne pas que ma salle de bain toute blanche prenne des allures d'abattoir.
La demi-heure de pose est toujours pénible: ne pouvant pas remettre mes lunettes, j'erre dans une sorte de flou artistique peu propice à l'accomplissement de quelque tâche que ce soit. Cette fois, j'en ai profité pour me tartiner la figure de masque à l'argile et pour prendre quelques auto-portraits grimaçants dont les derniers font franchement peur. Ca m'étonnerait que j'ose en utiliser un dans ma rubrique dominicale. Puis j'ai sauté dans la douche pour rincer tout ça. Je me suis débarbouillé la figure avec du gel nettoyant, les bourrelets avec de la crème de douche Citron Givré, et une fois sèche j'ai consciencieusement enduit la première de crème pour peaux intolérantes et les seconds d'huile sèche pour le corps. Oh, et j'ai pulvérisé dans mes cheveux de l'eau démêlante jasmin-pamplemousse. Je crois que c'est clair: je ne ferai jamais Koh-Lanta.

Chacal Jaune est rentré assez content de sa première journée de boulot: il avait découvert l'existence chez son nouvel employeur d'une salle de fitness réservée aux employés. Le salariat n'a décidément aucun attrait pour moi. Ensemble, nous avons vaillamment bataillé pour faire ingurgiter ses comprimés d'antibiotiques à Copernique, qui nous les a recrachés à la figure une demi-douzaine de fois avant de consentir à avaler les trois grains de poudre qu'elle n'avait pas déjà éliminés en nous bavant copieusement sur les mains. J'ai rappelé la clinique vétérinaire pour savoir si le médoc n'existait pas sous une autre forme. Résultat, il faut leur ramener Copernique pour qu'ils lui fassent une injection. J'en suis déjà à plus de 300 € de frais, mon chat est toujours malade et il faut encore lui faire une ponction dans la gorge en cabinet spécialisé. L'agacement commence à me gagner un chouïa.
Pour se faire pardonner sa traîtrise me réconforter, Chacal Jaune m'a confectionné une petite tartine de caviar d'artichaut sur pain de mie 7 céréales, miam! Et dans la foulée, je me suis inscrite au premier cours en ligne d'Elise Blaha, une scrappeuse dont j'aime beaucoup l'approche "clean & simple". Utilisant assez peu de produits spécifiques, Elise pratique un scrap très proche de ce que le mien était avant que je découvre les sites américains de fournitures, et de ce vers quoi il tend à revenir en ce moment. J'aime de moins en moins les pages fouillis, surchargées en embellissements au milieu desquels on ne voit plus grand-chose. Je continue à en faire une de temps en temps à titre d'exercice créatif et parce que c'est fun. Mais à la base, je scrappe pour archiver mes souvenirs et faire ressortir les émotions éprouvées, pas pour éblouir les foules par ma capacité à assortir dix-sept éléments disparates.

Afin de conclure ma journée de repos (enfin, si on peut dire vu que j'aurai quand même passé deux heures le nez dans mon admin' et, euh quinze minutes - mais des longues - à courir sur place dans mon salon), Chacal Jaune et moi avons décidé de nous faire une petite soirée resto + ciné. Le resto aurait dû être le IIème Elément, notre thaï adoré du parvis Saint-Boniface. Mais il était plein, et à l'accueil on nous a annoncé qu'il n'y aurait pas de table disponible avant une vingtaine de minutes. Résultat, nous nous sommes rabattus sur le Yamato voisin où nous avons passé... plus d'une demi-heure sur la banquette à attendre que deux places se libèrent au comptoir. Nous avons dû engloutir nos gyozas et nos miso katsu ramen brûlants à toute vitesse, j'en ai encore le palais plein de cloques. Dommage, parce que c'était vraiment délicieux et que ça aurait mérité d'être savouré plus calmement.
Au final, nous avons manqué les bandes annonces mais pas le début du film: "Duplicity", bonne petite comédie mâtinée d'espionnage avec une Julia Roberts plus éblouissante que jamais, quelques scènes hilarantes (la bagarre de PGD sur le tarmac, l'interrogatoire de la responsable des voyages) et d'énormes incohérences de scénario qui ne nous ont pas empêchés de passer un excellent moment. Bref, mes batteries sont rechargées à bloc, et c'est tant mieux parce que j'ai des serpents-garous en plein trip SM sévère qui m'attendent au boulot aujourd'hui.

mercredi 1 avril 2009

"De ça je me console"

"Comme un oiseau sur un fil, j'ai tenté à ma façon d'être libre", dit une citation de Leonard Cohen sous la photo de mon profil Facebook.

La liberté, pour moi, c'est avoir rompu plusieurs relations sérieuses avec des partenaires qui m'étaient toxiques, malgré les honoraires d'avocat le poids des conventions sociales et le fait que je ne rajeunissais pas. C'est refuser de céder à la pression ambiante et de faire des enfants alors que je n'ai pas l'ombre d'un début de fibre maternelle. C'est avoir tourné le dos au salariat, à ses conforts mais aussi à ses contraintes pour choisir une activité que j'exerce comme je veux, quand je veux, et tant pis pour la précarité qu'elle implique. C'est m'habiller, m'exprimer sans me soucier du qu'en-dira-t-on. C'est dépenser mes sous comme je l'entends, pour une 17ème paire d'escarpins importables si ça me chante. Et tout cela me procure une vraie satisfaction.

Mais

Une petite voix en moi ne peut s'empêcher de ricaner. De me dire que ma liberté pourrait aussi être qualifiée de papillonnage, d'égocentrisme, de paresse, d'arrogance et de matérialisme rampant. Que composer avec les règles d'une société dont je vomis le fonctionnement pour en tirer le meilleur parti, c'est sans doute assez malin, mais pas forcément très glorieux.

La vérité, c'est que je suis plus conventionnelle et plus enchaînée que je ne voudrais le croire. Quand je ne suis pas amoureuse, je m'étiole, et bien que je clame partout "Plutôt seule que mal accompagnée", je n'ai pas été célibataire plus de quatre ou cinq mois depuis l'âge de 16 ans. Pur produit de la classe moyenne, issue d'une famille de fonctionnaires, je paye scrupuleusement toutes mes factures et mets des sous de côté de côté pour mes vieux jours avant de dépenser le moindre centime surnuméraire. Je ne fraude pas le fisc; je respecte les lois à quelques minuscules exceptions près - parfois parce que je les trouve censées, parfois par peur du gendarme comme tout un chacun. Dès que j'ai pensé m'être fixée à un endroit, j'ai acheté un appartement parce que c'était l'option la plus raisonnable du point de vue financier.
Dans le fond, ma liberté est pitoyablement relative.

Pourtant

Au fond de moi se tapit une âme rebelle qui ne voit pas pourquoi elle travaillerait plus que strictement nécessaire, et qui réalise que le strict nécessaire, ça peut vraiment se réduire à pas grand-chose. Qui aspire à ne pas posséder davantage que ce que peut contenir une petite chambre - voire, que ce qu'elle peut porter dans un sac à dos. Qui mesure à quel point les objets encombrent et paralysent, et qui aimerait s'affranchir de sa dépendance envers eux. Qui voudrait consacrer le plus gros de sa précieuse et courte existence à vivre vraiment: passer du temps avec les gens qu'elle aime, lire, écrire, dessiner, rêver, voyager en s'en remettant au hasard des rencontres et des chemins. Qui pense que le vote utile est un concept parfaitement gerbant; que se taire quand un gouvernement prend au vu et au su de tous des mesures iniques, c'est cautionner sa politique et devenir, de fait, un(e) sale collabo. Qui voudrait être capable d'une autre réaction que détourner les yeux pour ne pas se blesser la vue sur la misère dont est jonché le bitume de nos belles cités.

Je suis trop bien dressée et trop lâche, sûrement, pour que l'âme rebelle l'emporte sur la bourgeoise-bohème en moi. Alors, je tâche de composer avec elle, de trouver un juste milieu entre ses idéaux et la réalité que je me suis laissé imposer par facilité. Parfois il me semble que je ne m'en sors pas si mal par rapport à la plupart des gens et que je mérite ma propre indulgence. Parfois, je me donne juste envie de vomir et ce dégoût m'évite de sombrer dans l'auto-complaisance.
...Ce dégoût, et les bouquins de Lola Lafon. Je ne serai jamais aussi libre qu'elle (ou que ses personnages?); je n'écrirai jamais avec cette fulgurance; je ne raconterai jamais d'histoires qui à l'instar des siennes font tourner la tête comme l'azur doux et violent d'un ciel printanier. Et de ça, je crois bien que je ne me consolerai jamais tout à fait.


Edit: Lola, qui figure dans mes contacts Facebook et à qui je me suis permis d'envoyer une copie de mon post ce matin, m'a répondu ceci:
ton texte est à la fois beau et honnête, je veux dire artistiquement honnête, ce qui est beaucoup...
bonne journée et merci, vraiment
lola
et a linké mon article sur sa page. Me voilà émue pour la journée, au moins.

mardi 31 mars 2009

10 (other) things I loved this month

- La clinique vétérinaire à laquelle, après deux expériences malheureuses, nous nous sommes adressés pour faire soigner Copernique. Super bien équipée niveau matériel et personnel, elle assure un service de garde la nuit, les week-ends et les jours fériés. En plus, la réceptionniste est adorable. Adresse sur demande pour les Bruxellois.

- La saison 1 de "Gossip girl", parce que je ne dédaigne pas un petit plaisir coupable de temps en temps. C'est clair que ça ne fait pas mal à la tête, mais passé le pilote un peu laborieux, la série trouve son rythme et acquiert un humour féroce du meilleur goût. On en viendrait presque à éprouver de la pitié pour les gosses de riches de l'Upper East Side: leur vie a l'air d'un compliqué!

- L'huile sèche à l'huile d'olive Body Shop. Ca se vaporise sur le corps pour éviter l'effet peau de croco; ça remplace très avantageusement les crèmes grasses qui mettent trois plombes à pénétrer et collent aux vêtements; et ça n'a pas du tout une odeur de Puget extra-vierge 1ère pression à froid, mais un parfum léger et très agréable.

- Les peep-toe compensées Cacao de chez André - la seule boutique moyen de gamme dans laquelle j'achète encore des chaussures, même si les prix tendent fortement à s'envoler depuis quelques années: je sais que la qualité y est toujours bonne. Et puis leur collection Studio copie s'inspire pas mal de designers pointus, notamment Chie Mihara. Je cherchais des chaussures de ce style depuis que j'en avais vu aux pieds d'Alyson Hannigan dans un vieil épisode de HIMYM. Elles me grandissent pas mal, sont super stables et iront avec tout. J'en suis d'ores et déjà folle.

- Le Philadelphia: sorte de Saint-Moret belge, encore meilleur que son équivalent français. Acheté en barquette familiale et généreusement tartiné sur un bagel le matin, est probablement responsable d'une grosse partie des 5 kilos excédentaires que j'ai emmagasinés à l'insu de mon plein gré cet hiver. S'est donc vu banni (avec un immense regret) de notre frigo à l'approche des beaux jours.

- Mon pinceau à blush n°168 de chez MAC. Hélène m'avait conseillé le 187 ou le 188, mais je les ai essayés et je ne les sentais pas. La vendeuse m'a suggéré celui-ci; j'ai craqué pour son asymétrie, son côté touffu et la douceur de ses poils. C'est vraiment l'outil qu'il me fallait pour réussir à poser correctement mon blush, moi qui étais assez handicapée de ce côté-là. Comme tous les pinceaux MAC, coûte un rein mais durera une vie si bien entretenu (= lavé une fois par semaine au savon de Marseille).

- Les records battus par "Le rose et le noir", avec 48 messages ce mois-ci et un pic d'affluence à 434 visiteurs uniques dans la journée du dimanche 22. La plupart des blogs s'essoufflent au fil du temps; le mien n'a jamais été aussi foisonnant qu'à la veille de son 4ème anniversaire (et du 5ème anniversaire de mon arrivée dans la blogosphère avec le défunt "Le temps n'est rien").

- Les sous-pulls: enfant, je les tenais pour une invention du diable justifiant à elle seule la destruction de toutes mes photos d'écolière. Aujourd'hui, je vis dans un pays où l'hiver dure 9 mois, et arrive un moment où je me lasse même de mes jolis pulls en cachemire, un moment où je veux recommencer à porter des tuniques et des hauts sans manches. Jusqu'ici, je n'ai pas trouvé d'autre solution que le recours aux sous-pulls pour éviter de trépasser de froid. Simplement, je les ai achetés noir, gris ou rose pâle plutôt que bleu marine, vert sapin ou bordeaux comme ceux qui m'ont traumatisée jadis.

- Le tome 20 de "Nana", la série de Ai Yazawa. Toujours aussi bien dessiné et aussi poignant, même si l'histoire commence à traîner un peu en longueur. La façon dont les personnages se heurtent à la réalité et voient leurs rêves tomber en morceaux petit à petit est extrêmement bien rendue.

- "Un bonheur insoupçonnable", petit conte philosophique de Gila Lustiger à la traduction impeccable (croyez bien que je remarque ces choses-là) et aux illustrations pleines de charme. Une merveille de douceur et de tendresse dans ce monde de brutes. Par contre, je n'ai pas adoré les très longues notes de fin de chapitre qui obligent à des aller-retour perpétuels; j'ai bien conscience qu'elles sont là pour créer une atmosphère intimiste d'appartés, mais aurais apprécié que l'auteur trouve le moyen de les intégrer au texte principal.

lundi 30 mars 2009

C'est le printemps!

Dans ma tête, mon anniversaire marque surtout le retour du printemps. Je sais que dès le week-end suivant, on va passer à l'heure d'été, que les journées vont rallonger et se remplir peu à peu de lumière. Que je vais recommencer à m'aventurer dehors même sans motif impérieux tel que l'acquisition d'un 317ème fard à paupières. Que j'envisagerai une balade dominicale au parc avec mon amoureux et un bon bouquin comme un but de sortie valable, voire réjouissant. Que je pourrai de nouveau ingurgiter des fruits et des légumes autrement qu'un révolver pointé sur la tempe. Que je réussirai à travailler passé 16h30 sans avoir l'impression d'être esclave de mon boulot (mon inconscient a décidé que je ne ferais rien de productif après la tombée de la nuit; heureusement qu'il n'était pas dans ce genre de dispositions quand j'ai débuté ma carrière sinon je serais très pauvre aujourd'hui). Que j'envisagerai d'aller dîner dehors pour le plaisir de traînasser dans la cour intérieure du IIème Elément plutôt que parce que le frigo est désespérément vide. Que je mettrai les longues soirées à profit pour scrapper en voyant vraiment ce que je fais. Que je remiserai mes pulls en cachemire, mes boots de moto et mes gros blousons au profit de T-shirts colorés, de Converse sans lacets et de sandales légères. Que je pesterai contre les magazines féminins dont le numéro d'avril est inévitablement un "spécial minceur", mais que je surveillerai (un peu) mon alimentation pour ne pas me sentir trop boudinée dans mes jupes. Que j'aurai toujours du mal à m'endormir le soir, mais pas parce que je rumine des idées noires: parce que je fourmille de projets et regrette de devoir perdre du temps à roupiller.

Un chouette week-end d'anniversaire

dimanche 29 mars 2009

Une année d'auto-portraits: semaine 13


Photo prise hier à l'Urban Outfitters d'Anvers. Oui, je sais, j'ai une étiquette sur le nez, mais à 21€ les lunettes importables sauf pour déconner, je n'allais quand même pas les acheter.

samedi 28 mars 2009

Mission accomplie

Dès le soir de son arrivée, je me suis jetée sur Soeur Cadette avec ma trousse caisse à outils de maquillage et mon pot de pinceaux. Elle n'a opposé qu'une faible résistance, protestant que oui oui elle était sûre que je pouvais lui faire quelque chose de joli, mais qu'elle serait sans doute incapable de le reproduire de son côté. J'ai donc commencé par quelque chose de simple et de discret: le fond de teint Avène que je lui avais fait acheter l'après-midi (teinte 03-Sable alors que je prends le 01-Porcelaine, nous n'avons pas du tout la même carnation), puis du Satin Taupe en à-plat sur la paupière mobile, plus un peu de Brûlé en highlighter et un trait de liner crème brun. Mascara noir, blush Gingerly, rouge à lèvres Papaye de chez Clarins, et hop! Soeur Cadette était sublime pour aller dîner au Shimla. J'ai essayé de la prendre en photo, mais elle rigolait beaucoup trop pour que ça donne quelque chose.

Hier en fin de matinée, j'ai récidivé avec un maquillage un poil plus élaboré: illumineur de teint Armani mélangé au fond de teint Avène, puis All That Glitters sur la paupière mobile + Henna en genre de demi-banane ouverte, Naked Lunch sous le sourcil, re-liner brun et mascara, blush Orgasm de Nars, gloss Surrender de Body & Soul. Soeur Cadette a reproduit sur son oeil droit ce que j'avais fait sur le gauche, et elle ne s'en est pas si mal tirée (même, si, curieusement, elle n'arrive à faire que des traits de liner deux fois moins épais que les miens). Une fois de plus, j'ai modestement trouvé le résultat génial et me suis félicitée de l'excellence de mon goût.

Et hier après-midi, donc, nous avons fini notre petite boucle shopping au Châtelain chez MAC. J'avais déjà fait don à Soeur Cadette d'un pinceau à blush, d'un pinceau plat à poils longs et d'un pinceau plat à poils courts, plus une palette de fards à paupières 4 godets (vide) et d'un French Cuff (sorte de rose doré qui me faisait un peu doublon avec l'Expensive Pink). Elle s'est offert en complément le Satin Taupe, le Brûlé et le Silver Ring, le liner brun Dipdown, les pinceaux 210 (liner) et 219 (estompeur "crayon") et un blush. Addition totale: 120€; mes neveux mangeront des pâtes jusqu'à la fin du mois mais tant pis - ils auront la plus jolie maman de Toulouse et des environs.

jeudi 26 mars 2009

38

Je ne suis pas très portée sur les dates symboliques. La dernière (et une des rares) fois que j'ai fêté mon anniversaire, c'était pour mes 30 ans. D'habitude, le 26 mars est pour moi un jour plus ou moins comme les autres.

Mais cette année, j'ai tout plein de raisons de me réjouir. La deuxième opération de Père s'est si bien passée, hier matin, que l'hôpital l'a libéré tout de suite au lieu de le garder en observation 48h comme prévu. Du coup, Soeur Cadette sera parmi nous cet après-midi; nous allons la chercher à l'aéroport où elle arrive par l'avion de 13h40. Chouchou a effectué sa dernière journée à la banque Tûûût hier également, de sorte qu'il pourra participer aux réjouissances de ce week-end prolongé et surtout me cuisiner ses fameuses pâtes aux pleurottes. Et apparemment, l'éditeur de Maudite Série aurait décidé d'arrêter les frais, ou au moins de repousser la trad du tome suivant jusqu'en début d'année prochaine, ce qui m'évitera de passer un Xième été à m'arracher les cheveux à cause de termes tellement archaïques qu'ils ne figurent plus dans aucun dictionnaire.

Et la merveilleuse cerise sur le gâteau: hier, sur le site du Soir, Chouchou a vu que Leonard Cohen repassait en Europe cet été. A Anvers, mais aussi à Paris, à Nantes et à Toulouse. La première location à s'ouvrir était celle pour Paris, ce matin à 10h. Il est 10h08 et je vous annonce avec une joie immense que je suis depuis quelques minutes l'heureuse détentrice d'une place au troisième rang du palais omnisport de Bercy, dans le Carré d'Or, pour la date du 7 juillet 2009. Ca m'a coûté un rein, mais je suis bien certaine que je ne le regretterai pas.

Alors, même si la météo ne s'annonce pas géniale, même si Copernique doit retourner une 4ème fois à la clinique vétérinaire pour des examens plus poussés - la prise de sang et l'analyse d'urine n'ayant rien révélé qui justifie son comportement des dernières semaines -, même si je vais passer la matinée à faire le ménage et la cuisine, je ne suis que bonheur. Après des années de tâtonnements et d'erreurs, ma vie ressemble enfin à ce que je suis, à ce que je veux. Je viens d'engranger douze mois d'amour serein, d'amitiés profondes et sincères, de rencontres passionnantes, d'expériences magnifiques et je ne vous parle même pas de mon placard à chaussures. Cela seul serait une raison bien suffisante pour me réjouir.

mercredi 25 mars 2009

Salade de quinoa aux agrumes

...dite également "salade anti-scorbut" :)

Pour 6 à 8 personnes en entrée, 3 ou 4 personnes en plat unique:

- 300 g de quinoa
- 2 avocats bien mûrs
- 2 oranges
- 2 grosses carottes
- 2 cuillères à soupe d'amandes pilées
- 2 citrons verts
- 4 cuillères à soupe d'huile de sésame
- sel, poivre

Faire cuire le quinoa selon les instructions sur le paquet (en général, 2 volumes d'eau bouillante salée pour 1 volume de quinoa).
Dans un grand saladier, mélanger le jus des citrons, l'huile, le sel et le poivre.
Ajouter les avocats coupés en dés, les carottes épluchées et râpées gros, les oranges en tiers de quartiers dont la peau a été préalablement enlevée (oui, ça prend du temps et on s'en fout partout).
Rajouter le quinoa cuit et les amandes. Bien mélanger. Laisser une demi-heure au frigo avant de servir.

La question de l'écriture

Ce post tourne dans ma tête depuis un moment déjà sans que j'aie le courage de m'y atteler. Mais dans le sillage du Salon du Livre et à l'aube de mes 38 ans, il m'a semblé qu'il était temps de retrousser mes manches et de prendre mon courage à deux mains. Here goes!

Quand j'étais petite, je n'avais pas d'autre ambition que de devenir écrivain. Là où les autres gamines rêvaient de se marier et d'avoir pleins d'enfants, d'endosser un uniforme d'hôtesse de l'air ou un tutu de ballerine, je savais déjà que ma vie était et serait toujours dans les livres. Les livres ne me mettaient pas la pression pour que je sois la meilleure, les livres n'étaient pas cruels et ne se moquaient jamais de moi, les livres me tendaient leurs pages pour que je m'y réfugie à toute heure en oubliant le réel. Je ne voyais pas de plus belle chose à laquelle consacrer mon existence.

Pendant mon enfance et mon adolescence, j'ai noirci des dizaines de carnets intimes. A côté de ça, j'ai écrit assez peu de fiction: une courte pièce de théâtre qui se terminait par la victoire du méchant quand j'avais une dizaine d'années et que je venais de me prendre en pleine figure le choc de la découverte de Racine; un remake de "L'empire contre-attaque" dans lequel Luke Skywalker découvrait une moi plus âgée cryogénisée, la réveillait et - bien entendu - tombait amoureux d'elle. Oh, et puis aussi quelques très mauvais poèmes morbides, le genre sous-sous-Baudelaire qu'on commet volontiers à l'adolescence. Il était déjà évident que je ne savais écrire que sur moi, que mon but n'était pas de raconter des histoires mais de soulager mes tourments intérieurs en les mettant à plat sur du papier comme si cela pouvait m'en purger.

Et puis je suis devenue (relativement) grande. Après un détour malheureux par des études entreprises contre mon gré et pas du tout faites pour moi, j'ai eu la chance de réussir à trouver du travail dans l'édition. Je me suis mise à traduire les livres des autres. Ce n'était pas tout à fait écrire, mais c'était sans doute ce qui y ressemblait le plus, hormis peut-être un boulot de journaliste. Dans mon entourage, la question a commencé à revenir de plus en plus souvent: "Et toi, quand est-ce que tu publies un livre?". Je me trouvais sûrement, du fait de mes contacts dans le milieu, en meilleure position que d'autres pour espérer le faire. Et dans mon cercle de connaissances proches ou plus lointaines, les auteurs se multipliaient à une vitesse ahurissante. Jusqu'à ce Salon du Livre où j'ai eu l'impression d'être la seule personne de mon entourage qui n'avait jamais publié un livre ni même écrit dans ce but, fût-ce une toute petite nouvelle.

A cela, il y a plusieurs raisons parfaitement logiques:

- D'abord, je suis vénale. Et la réalité, c'est qu'à moins de s'appeler Marc L., Guillaume M. ou Anna G., les auteurs français ont beaucoup de mal à vivre de leur plume, les volumes de vente étant insuffisants pour générer des droits qui leur permettraient de se consacrer entièrement à l'écriture. En tout cas, la plupart de ceux que je connais ont en parallèle une activité "alimentaire": ils sont traducteurs, scénaristes, journalistes, enseignants... Et moi, ben j'ai pris l'habitude de vivre confortablement. Pas dans le luxe, hein. Mais j'entretiens deux domiciles, un en France et un en Belgique; j'aime voyager dans des pays lointains et j'ai élevé le shopping au rang de 8ème (ou 9ème, je ne sais plus où on en est) art. Je ne m'imagine pas recommencer à compter mes petits sous comme quand j'étais étudiante.

- Ensuite, je suis paresseuse. Et si la fréquentation d'auteurs publiés - ou souhaitant l'être - m'a appris une chose, c'est que l'écriture n'est pas une sinécure. Lorsqu'on dévore en deux heures un petit roman de deux cents pages, on ne se doute pas du temps que sa conception a généralement réclamé. Tous les auteurs ne sont pas comme Gudule ou comme Amélie Nothomb; pour la plupart d'entre eux, écrire est quelque chose de laborieux, de douloureux même. C'est lutter contre l'angoisse de la page blanche, les idées qui s'envolent dès qu'on s'installe à son bureau pour les développer; c'est se battre contre les phrases qui ne veulent pas prendre la tournure souhaitée, qui sonnent bizarrement ou peinent à retranscrire une image intérieure. C'est se remettre en cause en permanence: ai-je réellement quelque chose de nouveau à dire, ne suis-je pas en train de m'échiner pour produire un texte médiocre dans le meilleur des cas? Toutes choses qui me fatiguent d'avance.

- Enfin, je suis orgueilleuse. Je ne crois pas posséder l'humilité nécessaire pour accepter le fait qu'un éditeur me dicte comment remanier mon texte pour l'améliorer - une fois, deux fois, dix fois s'il l'estime nécessaire. Et puis surtout, on a trop attaché d'importance à mes brillants résultats scolaires lorsque j'étais enfant. Aujourd'hui, je ne vois pas l'intérêt d'écrire si c'est pour pondre un premier roman moins magistral que "The secret history" de Donna Tartt, moins hallucinant que "House of leaves" de Mark Z. Danielewski moins fulgurant qu'"Une fièvre impossible à négocier" de Lola Lafon.

Sans compter qu'il ne suffit pas d'avoir des prétentions éditoriales: il faut aussi un sujet à explorer. Je l'ai dit plus haut: j'ai le sentiment de ne savoir, de ne vouloir, de n'avoir besoin de parler que de moi. Je suis une nombriliste, pas une conteuse. Or, s'il est un genre littéraire qui m'agace par-dessus tout, c'est l'auto-fiction de trentenaire. Je ne vais quand même pas écrire le type de bouquin que je regarde avec mépris sur les tables des libraires!

Voilà pourquoi vous ne risquez pas de voir mon nom sur la couverture d'un roman un jour. Un mélange de pragmatisme, de flemmardise et de lucidité m'empêche de me lancer dans un tel projet. Parfois, ça me fait un peu mal de penser que mon rêve d'enfant est si proche et que je suis incapable de le concrétiser; mais je me dis que ma vie est belle quand même et que ce n'est pas si grave. D'autres fois, je soupçonne que je me mens à moi-même, que je ne suis pas vraiment incapable d'écrire ou qu'en tout cas, je n'en aurai pas la preuve avant d'avoir essayé - et que seule la lâcheté, la peur de l'échec me retient de le faire. Parfois, je considère la question comme définitivement réglée; d'autres fois, je me dis que si ça se trouve, je finirai par changer d'avis. Qui vivra verra.

mardi 24 mars 2009

"Le clairvoyage"

J'avais entendu dire énormément de bien de ce bouquin sur le forum d'Editeur Préféré. Depuis quelques mois déjà, il sommeillait dans mon panier Amazon en attendant que je passe une commande d'ouvrages français. Sauf qu'évidemment, mon étagère de lecture en attente se remplissant de livres étrangers ou de SP filés par des potes plus vite que je ne parviens à la vider, commande je ne parvenais jamais à passer.
Puis il y eut le Salon du Livre et ce mémorable déjeuner où Anne Fakhouri et moi laissâmes verbalement libre court à nos penchants de femelles castratrices, réduisant tous les convives mâles à un silence consterné. Et la curiosité l'emporta: j'avais trop envie de savoir quel genre de roman jeunesse avait pu commettre un esprit peu ou prou aussi tordu que le mien.
Réponse: un conte de fées intelligent et sensible, dépourvu de la mièvrerie et du manichéisme qui caractérisent la plupart des romans jeunesse (ainsi qu'une bonne partie des sirupeux romans pour adultes que l'on trouve régulièrement en tête du classement des meilleures ventes). Ses parents ayant été tués dans un accident de voiture, Clara, douze ans, se voit confiée à la garde d'un oncle qu'elle ne connaît pas et qui vit avec une femme mystérieuse dans une maison bourrée de secrets. Secrets que, malgré son chagrin et son scepticisme initial, la fillette va bientôt s'atteler à démêler avec l'aide du charmant et exaspérant Gauvain.
Si "La brume des jours", qui poursuit et conclut "Le clairvoyage", est à la hauteur de celui-ci, je pense que nous tenons là un classique potentiel. Dès les premiers chapitres, l'auteure plante une atmosphère bien à elle, entre mélancolie, réalisme et féérie. En narrant son histoire du point de vue de Clara, elle a l'habileté de toujours laisser planer un doute sur les motivations des personnages secondaires et sur ce qui se trame réellement autour de son héroïne. Bien qu'elle s'inspire assez évidemment du "Songe d'une nuit d'été", elle sait s'approprier le mythe des faerie en lui confrontant un joli personnage de fillette maligne qui ne déparerait pas dans un roman de Neil Gaiman.
Bref, vous l'aurez compris, je recommande chaudement la lecture du "Clairvoyage" aux petits comme aux grands! Et j'attends avec impatience la sortie de "La brume des jours" en début de semaine prochaine.

lundi 23 mars 2009

Les 3 DVD du week-end

Nous avons commencé samedi soir par "Rachel getting married". que nous avions loupé au cinéma et qui faisait envie à Chouchou. Une jeune femme assez perturbée sort de désintox pour assister au mariage de sa soeur, pendant lequel elle va semer un beau bordel. Rien à voir avec un chick flick; il s'agit plutôt d'un drame familial qui fournit à Anne Hathaway l'occasion de prouver qu'elle peut jouer autre chose que "Le diable s'habille en Prada". Pas déplaisant mais pas renversant non plus.

Dimanche après-midi, après notre éprouvante visite chez le véto, nous nous sommes de nouveau calés sur le canapé pour regarder "The duchess" (qui passe encore au cinéma en ce moment: vive les DVD zone 1 et les clubs vidéo qui les proposent très vite à la location!). Ce film inspiré d'une histoire réelle a pour héroïne une jeune noble belle, brillante et en avance sur son temps. Georgiana est aimée de tous sauf de son mari, auquel elle n'a pas réussi à donner l'héritier tant espéré. Elle se réfugie dans son engagement politique et dans l'amitié de Bess, jusqu'au jour où cette dernière devient la maîtresse de son mari et s'installe comme telle dans leur demeure. Un portrait de femme pas inintéressant, mais dont je retiendrai surtout les costumes magnifiques qui ont d'ailleurs remporté un Oscar.

Dimanche soir enfin, nous avons terminé la première saison de "30 Rock" qui montre les coulisses d'un show télévisé américain filmé en public. Basée sur l'expérience de productrice de Tina Fey (essentiellement connue en Europe pour son imitation hilarante de Sarah Palin durant la dernière campagne présidentielle), cette série humoristique réserve beaucoup d'éclats de rire mais patine parfois un peu dans le vide. Je trouve notamment qu'on aurait pu se passer du personnage du comique black à la Eddie Murphy, qui sert de prétexte aux gags les plus outranciers et les plus poussifs. En revanche, les interactions entre Tina Fey et son supérieur Alec Baldwin sont toujours de grands moments. Il faudra voir ce que donne la saison 2.

dimanche 22 mars 2009

Wednesday on my mind

La première moitié de la semaine à venir s'annonce difficile. En début d'après-midi, nous avons de nouveau emmené Copernique chez le véto: elle mange comme quatre sans prendre un gramme, recommence à faire pipi sur le canapé sans raison apparente et hier, nous avons cru voir du sang dans ses urines. Le jeune homme qui nous a reçus à la clinique ne lui a rien trouvé du côté de la vessie; par contre, il a découvert une grosse boule dure au niveau de sa gorge - boule que je n'avais jamais repérée mais dont Chouchou m'assure qu'il l'a toujours sentie là. Résultat: je suis plus pauvre de 80€; nous devrons retourner chez le véto mercredi soir pour prendre connaissance des résultats d'analyse sanguine de Copernique et effectuer une ponction dans la fameuse boule, et si rien de tout ça n'explique les aspersions dont elle nous gratifie si généreusement, nous n'aurons plus qu'à nous tourner vers la comportementaliste de la clinique.

Mercredi, c'est aussi le jour où Père passera sur le billard pour la seconde fois, sous l'oeil vigilant de non pas un mais deux chirurgiens au cas assez probable où il ferait une hémorragie pendant l'intervention. Accessoirement, c'est la veille de mon anniversaire et bien que je ne sois pas superstitieuse, mes 20, 25 et 35 ans ont été marqués par des évènements plutôt funestes. Si la série noire pouvait s'arrêter là, ça m'arrangerait. En attendant cette belle journée, je vais poursuivre la trad attaquée la semaine dernière à Monpatelin et dont j'ai fort intelligemment oublié de rapporter les 50 premiers feuillets pondus par mes soins. Oh, et tâcher de résister aux envies de gras et de sucré qui m'assaillent depuis que j'ai décidé de me remettre à manger plus sainement. Non, je n'ai pas du tout envie de courir à la boulangerie m'acheter un délice à l'orange pour accompagner mon thé aux macarons...

PS: Comme il faut quand même une bonne nouvelle, mercredi sera aussi le dernier jour de boulot de Chouchou à la banque Tûûût.

Une année d'auto-portraits: semaine 12


J'ai déjà dit qu'il fallait que je me trouve une autre jupe au genou, un peu ample, pas en jean ni en lin? Il me semblait bien. Photo prise jeudi après-midi en sortant de chez le coiffeur (mais avant d'aller me faire dépoiler, merci les collants opaques!) dans la boutique Swarovski tenue par mon amie Kiki.

vendredi 20 mars 2009

Quatre jours pas très productifs

Je n'ai pas fait grand-chose cette semaine à Monpatelin. Quatre jours, c'était trop peu de temps pour organiser des sorties ou entreprendre des travaux à l'intérieur. J'ai mollement entamé ma nouvelle trad (qui s'annonce super, mais j'avais besoin d'un break après les trois mois passés à suer sur la précédente). J'ai pas mal lu: les derniers numéros en date de "Buffy saison 8" et d'"Echo", le tome 20 de "Nana", "Nemi" dont je parlais ici même ce matin, un gros tiers du "Clairvoyage" d'Anne Fakhouri qui m'enthousiasme et auquel je consacrerai probablement un post dès que je l'aurai terminé, et puis les sept premiers chapitres du dernier Agnès Abécassis qui me rappellent pourquoi je ne lis pas de chicklit. Même drôle et bien vu par moments, ça reste l'équivalent littéraire de la barbapapa: trop sucré et finalement dénué de substance. Ca m'apprendra à juger les livres sur leur couverture (celle-ci était de Margaux Motin dont j'adore le blog, et que je tiens pour responsable d'une dépense inutile de plus de 16€).

J'ai également réussi à passer chez le coiffeur pour demander à Lisa-le-sosie-de-Sarah-Jessica-Parker-avec-20-ans-de-moins de couper mes pointes abîmées, et chez Valérie-l'esthéticienne-dont-la-vie-privée-est-un-roman pour me faire ébouillanter les guibolles - et pas que. Je suis passée faire un bisou à Kiki à la boutique Swarovski, où j'ai résisté aux yeux doux que me faisaient Théo et Emilie, deux adorables chatons de cristal respectivement noir et rose (what else?). Vu les bêtises de Copernique a faites en mon absence, j'aurais ptêt dû les acheter pour remplacer mes vieilles minettes. A défaut de ronronner le soir, ils auraient semé moins de poils et de déjections diverses sur leur passage (le dernier futon de canapé n'a pas résisté à leurs assauts plus de quinze jours; je me demande si Ikea nous en filerait un gratuit au bout de 10 achetés?). Sinon, j'ai mis la main sur les peep-toe en cuir marron clair repérées le week-end dernier à Paris, mais que le stand André du Printemps Haussman n'avait plus dans ma taille. Et j'ai fait un plein de cartons et d'enveloppes à bulles pour le grand déstockage eBay prévu le mois prochain.

Côté mauvaises nouvelles, j'ai appris que Père devait être réopéré mercredi prochain (la veille de mon anniversaire) et que du coup, Soeur Cadette ne viendrait peut-être pas passer le week-end à Bruxelles. Nous en avons pourtant besoin toutes les deux: elle parce qu'elle est crevée et que quelques jours de repos lui feraient le plus grand bien, moi parce que ma famille me manque encore et toujours. Sur ce coup, j'avoue que j'en veux un peu à notre paternel de n'avoir pas mieux pris soin de sa santé. Ah oui: et puis je me suis pesée pour la première fois depuis deux mois, et les nouvelles ne sont pas bonnes. Il va falloir recommencer à manger plus de fruits et de légumes que de pâtes et de pizzas si je ne veux pas être très prochainement obligée de casser tous les miroirs renouveler la totalité de ma garde-robe. Par chance, avec le retour du printemps, ça ne devrait pas être très compliqué. Le soleil a brillé toute la semaine à Monpatelin, mais aujourd'hui c'est pluie et ciel délavé comme pour ne pas me faire regretter de rentrer à Bruxelles ce soir.