vendredi 16 janvier 2009

Une bonne et une mauvaise nouvelles

Père est sorti de l'hôpital ce matin. Il semblerait que la tumeur qu'on lui a enlevée n'était pas cancéreuse. Ca, c'est la (très) bonne nouvelle. La mauvaise, c'est que ce type de joyeuseté possède une forte caractéristique héréditaire, et que je présente moi-même un certain nombre des symptômes qui ont alerté Père et l'ont décidé à se faire examiner. Je suis loin de souffrir autant que lui et de manière aussi continue, et je vois à cela au moins deux autres causes potentielles parfaitement bénignes. N'empêche que tout à l'heure, mon généraliste que j'avais été voir pour un simple renouvellement d'ordonnance et auquel j'ai mentionné la chose en passant m'a recommandé - avec insistance - de faire une coloscopie pour plus de sûreté. Voilà une expérience certainement délicieuse à laquelle je n'avais pas encore eu le plaisir de goûter. J'en saute de joie toute seule dans mon coin.
Jusqu'ici, pour la bonne année, on repassera.

jeudi 15 janvier 2009

Soldes d'hiver 2009 - Episode 4: No shopping in Monpatelin

L'heure est grave.
Cette semaine, je n'ai pas trouvé le temps (ni la motivation) d'aller faire un tour au centre commercial voisin de Monpatelin, pourtant doté d'un Printemps et d'une boutique Cop Copine.
Aujourd'hui alors que je me promenais en ville, je me suis contentée d'acheter une galette des rois pour apporter chez Christophe et Christine qui m'avaient invitée à dîner ce soir. Je suis passée à la Fnac chercher nos billets pour aller voir Dita von Teese au Crazy Horse le mois prochain, et je ne suis même pas montée à l'étage jeter un coup d'oeil aux livres et aux DVD. Je suis entrée chez Sephora dont j'ai fait le tour machinalement avant de ressortir sans rien toucher, puis chez Pimkie où j'ai essayé un très chouette pantalon noir avec de fines rayures chinées. Il était ultra-taille basse, très confortable, bien coupé, mais trop grand pour moi en taille 40 et épuisé en 38. Au lieu de me dire que j'allais prendre le 40 et le faire ajuster par ma couturière, je l'ai sagement reposé sur son portant. Pourtant, à 34,95 euros soldés à - 50%, il ne m'aurait pas ruinée. Je suis passée dédaigneusement devant le Comptoir des Cotonniers et ressortie du centre commercial avec une sensation étrange, inédite dirais-je même. J'ai cherché un moment avant de réaliser: je n'avais aucun paquet dans les mains, aucune ficelle pour me scier les doigts, aucune boîte qui me battait les mollets.
En fin d'après-midi, je suis passée à la boutique Swarovski où travaille Christine, et j'ai flashé sur une bague sublime, beaucoup trop grosse pour mes petites mains aux ongles courts (je ne me les ronge pas mais je n'arrive pas à taper sur le clavier de mon ordi quand ils sont trop longs). A tout hasard, j'ai demandé si je pouvais l'essayer quand même. Et là, grosse misère: en fait, elle m'allait vachement bien. Et elle avait une classe démente. C'était tout à fait moi - du rouge, du brillant, des boucles, de la fantaisie... Son prix par contre n'avait rien de fantaisiste: 240 euros. A un autre moment, j'aurais sans doute craqué. Mais là, je venais de faire un (gros) chèque au copain plombier d'Etre Exquis. J'ai gentiment rendu la bague à Christine en disant que j'allais faire mes comptes et qu'on verrait plus tard.
Je crois que je couve quelque chose.

mercredi 14 janvier 2009

L'affaire des volets contrariants

Le séjour à Monpatelin est assez calme jusqu'ici. Je ne sors de chez moi que pour faire quelques courses dans le village et profiter un peu du soleil. Car le reste du temps, je suis enfermée dans mon bureau avec la lumière allumée. Oui, même à 11h du matin quand je commence laborieusement ma journée. Figurez-vous que la voisine à qui je laisse les clés en mon absence, ayant constaté que mes volets battaient contre la façade en cas de grand vent, a décidé de les fermer. Comme une des vis qui servaient à tenir le loquet manquait à l'appel, elle en a gentiment faire mettre une autre par son immense petit-fils prof de tennis qui a fait ses études aux Etats-Unis et qui est la fierté de ses vieux jours (quand elle me parle de lui, j'ai toujours l'impression qu'elle essaie de me le vendre). Mais voilà: le loquet étant rouillé et la vis trèèèès bien fixée, je ne peux plus rouvrir mes volets. Cet été, ça ne me dérangera pas beaucoup vu que la fenêtre donne, euh, du côté où j'ai le soleil en plein dans la gueule pendant l'après-midi qui est en principe ma période la plus productive. Là tout de suite, par contre, c'est hyper frustrant et ça ne m'incite pas précisément à m'enchaîner à mon bureau pour bosser comme une malade.

mardi 13 janvier 2009

Consommer différemment

J'avais décidé de ne pas prendre de résolution de Nouvel An, mais ceci n'en est pas vraiment une. Disons que c'est une démarche globale entreprise depuis un petit moment déjà mais que je souhaite amplifier. Consommer différemment, pour moi, c'est:
- Consommer écolo: Je me déplace essentiellement à pied ou par les transports en commun. J'utilise les produits de nettoyage Ecover; j'ai remplacé ma lessive par des noix saponifères et mes Demak'Up par des lingettes en tissu lavables; j'avais même acheté une mooncup un mois avant que ma gynéco me prescrive un traitement hormonal qui a stoppé mes règles.
- Consommer mieux: Depuis quelque temps, j'essaie de privilégier la qualité à la quantité au niveau de ma garde-robe. En gros, j'achète trois fois moins de trucs, mais ils sont trois fois plus cher. Au lieu de trois pulls coton/acrylique, je m'en offre un en cachemire; au lieu de trois paires de pompes André, je craque sur des Chie Mihara.
- Consommer moins: Bon, je ne vous cache pas que c'est là que le bât blesse. Malgré les limitations imposées par la poste belge, à cause de laquelle je n'ose presque plus rien commander sur internet, malgré l'absence à Bruxelles de beaucoup de mes enseignes-clés (Sephoraaaaa!), je continue à acheter bien trop de choses. Trop de fournitures de scrap qui engorgent mon petit espace de rangement et me découragent de sortir mon matériel; trop de vêtements que je ne porte pas mais dont je ne peux me résoudre à me débarrasser; trop de bouquins dont je ne finis que la moitié et qui encombrent les étagères de ma bibliothèque.

J'ai donc décidé de tenter une manoeuvre de sevrage drastique, une expérience d'une difficulté inouïe pour la shoppeuse compulsive que je suis. Pendant un mois, très exactement du 6 février au 5 mars, je n'achèterai rien. Je paierai mes factures, évidemment, et je remplirai le frigo parce je n'ai aucune intention de me laisser mourir de faim ou d'affamer Chouchou et les chats. Mais j'irai bouquiner chez Filigranes; j'éviterai eBay et les centres commerciaux; j'utiliserai ce que je possède déjà au lieu de me précipiter dans un magasin pour en acquérir une version légèrement plus ceci ou un peu moins cela.
Pourquoi ces dates-là? Parce que, téméraire mais pas suicidaire, je vise une période durant laquelle les tentations seront les moins nombreuses possibles: pas de virée à Paris, pas de soldes, pas d'anniversaire... J'espère réussir à tenir le coup et à acquérir des réflexes que je conserverai par la suite.

lundi 12 janvier 2009

Où Joe le plombier cherche à m'arnaquer

Le pitch: Après les impôts français et la poste belge, aujourd'hui, Armalite se collette avec un nouveau corps de métier.

Je m'explique. L'appart' de Monpatelin est équipé d'un cumulus qui se trouvait déjà là quand j'en suis devenue propriétaire, il y a 6 ans. Comme ces appareils ont une durée de vie moyenne de 10 ans, que j'ignore quand le mien a été mis en service et que je ne voudrais surtout pas qu'un dégât des eaux se déclenche durant l'une de mes absences prolongées, j'ai décidé de réclamer l'avis d'un professionnel. Mes amis Christine et Christophe semblaient avoir tissé des liens d'amitié avec le plombier qui avait fait d'assez gros travaux chez eux il y a deux ans; je leur ai donc demandé son numéro. Le type est venu en début d'après-midi. Bedonnant et jovial, il avait tout pour inspirer la confiance. Quand il m'a dit qu'il était grand temps de changer mon cumulus avant qu'une catastrophe se produise, j'ai répondu "OK, vous pouvez me faire ça avant la fin de la semaine?". Quand je lui ai montré mon mitigeur de baignoire entartré, il n'a fait ni une ni deux: à changer, ça aussi! Quand j'ai évoqué mon projet de faire poser une climatisation réversible au printemps, il m'a demandé: "Vous êtes sûre que vous ne préférez pas maintenant? Parce que les prix vont vachement augmenter fin février". Je lui ai demandé à combien il estimait les travaux actuels. Réponse: "800 euros pour le cumulus, 300 euros un mitigeur bain Grohe, 35 euros le flexible et le pommeau, et je vous prends quasi rien pour la main d'oeuvre... Disons, 1200 euros en tout. En liquide, sinon il faudra rajouter la TVA."

Alors bon, je n'y connais pas grand-chose, mais 1200 euros, ça me paraissait énorme. J'avais demandé autour de moi combien coûtait un cumulus, et on m'avait répondu que le modèle installé chez moi devait faire dans les 200 euros. Bonne poire mais pas totalement courge, j'ai aussitôt mailé Autre Moi (qui s'occupe des facturations d'une entreprise de plomberie en région parisienne) et téléphoné à Etre Exquis (qui est entrepreneur dans la région). Verdict: trop cher, beaucoup trop cher. J'ai rappelé le plombier, qui se trouvait déjà dans le parking de chez son fournisseur, prêt à acheter mon cumulus en platine (à ce prix-là, je ne vois pas d'autre explication). Je lui ai dit que j'avais réclamé d'autres avis et que son devis me semblait fort élevé. "Ah mais oui, mais c'est parce que je vous mets du haut de gamme!" a-t-il répondu benoîtement. J'ai expliqué qu'étant dans cet appartement une semaine par mois, je me contenterais de moyen de gamme à des prix plus raisonnables. "Bien sûr, bien sûr, si vous n'avez pas peur d'avoir des problèmes, je peux vous mettre moins cher." J'ai quand même dû insister pour avoir un chiffre précis. Nous sommes tombés à 400 euros le cumulus, 200 euros le mitigeur, 35 le flexible et le pommeau, "avec la main d'oeuvre, disons 800 hors taxes". J'ai rappelé Etre Exquis : toujours trop cher. J'ai téléphoné à Christine pour savoir à quel point son mari et elle étaient proches de ce monsieur qui tentait visiblement de m'arnaquer. Apparemment, pas tant que ça. Je me suis donc fendue d'un nouveau coup de fil qui est tombé sur boîte vocale, où j'ai laissé un message assez sec annulant le rendez-vous pris vendredi matin et invitant mon interlocuteur à se faire rembourser les fournitures qu'il s'était déjà précipité pour acheter. Je suis embêtée parce qu'il avait l'air gentil - et en même temps, j'ai conscience de l'inanité de ce critère.

Pour finir, j'ai pris rendez-vous avec un ami d'Etre Exquis préalablement mis au parfum par ce dernier. Il passera mercredi soir voir mon cumulus "et s'il y a besoin de le changer, on pourra faire ça le mois prochain: du moment que vous coupez l'eau en partant, ce serait très étonnant que vous ayez un problème en votre absence". Me voilà quelque peu rassurée, mais j'attends quand même son devis avant de danser de joie.

"Dragons et chimères: carnets d'expédition"

J'ai acheté "Dragons et chimères" un peu au hasard pendant les dernières Utopiales, parce que j'avais envie d'une dédicace de l'excellent Pierre Dubois et que cet album était son ouvrage le plus récent. Je m'en félicite tout plein. Bourré de photos qui semblent dater de la fin du dix-neuvième siècle, de documents d'époque (ou tout au moins, de copies bluffantes), de chouettes dessins dans un style tantôt réaliste tantôt caricatural, "Dragons et chimères" est un gros carnet de bord qui relate deux expéditions imaginaires à la recherche de créatures soi-disant mythiques: la première en Afrique et la seconde en Inde. C'est une invitation au voyage et à la rêverie superbement réalisée malgré un très bel échantillonnage de fautes de grammaire qui m'ont sauté à la figure - déformation professionnelle oblige. A mettre entre les mains de tous les adultes qui sont restés capables de s'émerveiller!

Une année d'auto-portraits: semaine 2


Bon OK, j'ai un peu triché sur la définition d'auto-portraits: ce que je voulais dire, en fait, c'est "portraits de moi", mais avouez que ça sonne moins bien. Celui-ci a été pris par Chouchou (who else?) avant-hier dans les rues d'Anvers alors que je sortais de chez Godiva avec un délicieux Chocolixir pour me réchauffer.
Désolée de coller deux photos deux jours d'affilée, mais comme j'avais une semaine de retard sur la publication prévue... Désormais, ce sera le dimanche, un point c'est tout.

dimanche 11 janvier 2009

Une année d'auto-portraits: semaine 1


Avec un peu de retard, je vous dévoile mon autre projet photo de l'année 2009: faire (et publier) un auto-portrait par semaine. La démarche peut paraître narcissique, et je suppose qu'elle l'est. Si je l'entreprends, ce n'est pas parce que je raffole de ma propre image mais parce qu'au contraire, je ne l'aime pas beaucoup et trouve qu'à mon âge, il est temps de me réconcilier avec elle en me prouvant que je peux avoir l'air vaguement potable.
Voici donc mon premier cliché, pris le week-end dernier à l'Exki de la Porte de Namur. Rien de fracassant, mais je vais m'améliorer.

A propos de Moody & Cookie 2

Comme une seule photo par semaine, ça faisait quand même un peu minable, nous avons décidé de passer à deux: une le mercredi et une le dimanche. Et comme je suis terriblement maniaque et que je voulais faire commencer le bazar avec la nouvelle année, nous avons rétroactivement publié une photo prise entre le 1er et le 4. Enjoy.

samedi 10 janvier 2009

Soldes d'hiver 2009 - Episode 3: Fantastic finds in Antwerpen

Le câlin matinal ayant quelque peu rogné sur notre temps de préparation, c'est en courant à moitié sur les pavés gelés que nous descendons jusqu'à la gare centrale prendre le train de 11h19 pour Anvers. Quarante minutes plus tard, nous débarquons dans une gare aussi jolie que venteuse où, malgré nos écharpes et nos gants, nous congelons pratiquement sur pied en tentant de gagner la bonne sortie. Selon la Google Map imprimée par Chouchou, la boutique Lush devrait se trouver juste en face. Sauf que non. Et que nous ne voyons nulle part de panneau indiquant le nom des rues. Nous partons un peu au hasard sur une avenue qui semble engageante et tombons sur... le Wagamama, qui devait être notre second arrêt. Pas grave, nous n'avons pas eu le temps d'avaler quoi que ce soit ce matin et mangerons volontiers tout de suite. Je suis déçue de ne pas retrouver sur la carte le plat de saumon qui m'avait tant plu à Copenhague. Je me rabats sur des yasai udon précédés de gyoza (mon péché mignon dans la cuisine japonaise). Le plat arrache un chouïa, et bien que j'en laisse un peu dans mon assiette pour cause d'estomac plein, je commande un dessert à partager avec Chouchou histoire de ne pas rester sur ce goût trop pimenté. Malheureusement, le chocolate fudge cake est parfumé au gingembre, un condiment que j'exècre. J'en grignote quand même quelques bouchées avec de la glace à la vanille.

C'est au bout de l'avenue du Wagamama, en plein sur notre trajet vers le centre-ville, que nous trouvons finalement la boutique Lush. Je suis une grande fan de cette marque de cosmétiques fabriqués uniquement à base de produits naturels, sans le moindre conservateur. J'aime la charte éthique à laquelle elle adhère, et encore plus les odeurs délicieuses de ses savons et autres douceurs pour le corps: on en mangerait! Or, bien que ses boutiques se multiplient peu à peu (je me rappelle encore l'époque, il y a une dizaine d'années, où je devais pour assouvir mon addiction me traîner jusqu'à la maison-mère, dans un coin passablement paumé de Londres), nous n'en avons toujours pas à Bruxelles. Je suis juste partie pour acheter du Sexy Peel, un savon exfoliant aux zestes d'agrumes, et peut-être de la crème de rasage pour homme à l'orange recommandée par M. Pops. Au final, de "Oh, il sent trop bon ce gommage!" en "Mmmh, ce savon-là aussi est génial, et on a toujours besoin de se laver après tout", je remplis à moitié mon panier en osier et m'en tire pour plus de 70 euros. Hum. La bonne nouvelle, c'est que Lush fait une super promo: un produit gratuit à choisir parmi ceux fabriqués avant le 1er novembre par tranche de 30 euros d'achat. C'est ainsi que je me fais offrir un maxi-pot de crème à raser pour Chouchou et une immense bouteille de shampoing aux fruits que j'avais hésité à prendre tout à l'heure; valeur totale: plus de 40 euros, woohoo! Et pour la bonne mesure, la vendeuse absolument charmante me rajoute une bombe de bain à peine effritée sur le dessus "qui donnera tout aussi bien qu'une nickel". Je ressors de là absolument ravie et anticipant avec délectation les heures que je vais passer dans ma salle de bain à me shooter au parfum de mes petites emplettes.

Nous nous engageons ensuite sur le Meir, la principale artère commerçante d'Anvers. Chouchou ne m'a pas dit que du bien des Flamands et de leur attitude envers les non-néerlandophones, mais une chose est certaine: cette ville est ravissante, un vrai régal pour les yeux. Dommage que le froid de canard n'incite guère à s'arrêter tous les trois pas pour ôter ses gants et mitrailler les bâtiments. L'arrêt suivant est pour le magasin Urban Outfitters, une marque que nous adorons tous les deux depuis que je l'ai faite découvrir à Choucou à Londres fin juillet, puis à Copenhague en septembre. Au terme d'une trèèèèès longue attente devant les cabines d'essayage, Chouchou repart avec un jean à... 99 euros - mais qui en coûtait le double à l'origine. J'ai flashé sur le modèle, et il paraît qu'il lui va comme un gant. Il me le fait vérifier avec les photos qu'il a prises en se contorsionnant devant un miroir: ah ouéééé. Vendu. Pendant ce temps, j'ai fait le tour des rayons femme et déniché une géniale capeline en feutre kaki qui sera parfaite pour la mi-saison, ainsi qu'un T-shirt un peu graphique, pas soldé hélas et que je dois prendre en L car le M me serre trop sur la poitrine (gni? mes seins se seraient-ils enfin décidés à pousser? mieux vaut tard que jamais, hein).

Nous sommes déjà bien chargés. Alors que, un peu à l'écart du Meir, nous cherchons la boutique Essentiel recommandée par Elle Belgique (et dont la vitrine me tentera si peu que nous n'y entrerons même pas), Chouchou avise sur le trottoir d'en face une boutique de cachemire inconnue au bataillon: Les Ateliers de la Maille. Bingo! A l'intérieur, des pulls incroyablement doux dans des teintes et des formes un peu originales, tous soldés à moitié prix. Celui que j'essaie me va si bien qu'il semble avoir été tricoté pour moi. J'hésite entre le gris clair et le noir. Chouchou préfère le premier, et c'est vrai que ça changera un peu des douze pulls noirs (et des douze pulls gris foncé) qui croupissent déjà dans ma penderie pour cause de non-cachemirosité. Je suis aux anges. La vendeuse, d'abord désagréable mais qui s'est beaucoup radoucie en apprenant que j'étais française, me parle du reste de sa gamme: au printemps-été, la marque vend des articles en fibres de bambou et de soja. Et il y a une boutique à Bruxelles, avenue Louise (plus quelques-unes à Paris, même si je n'en avais jamais entendu parler, et même un site web). Je note et reviendrai certainement.

Avec tout ça, notre budget en a pris un sérieux coup dans l'aile. Nous décidons de zapper la boutique Kiehl's, puisque nous avons déjà de quoi chouchouter notre peau pendant les trois ou quatre ans à venir, et Annemie Verbeke puisque j'en suis désormais à trois nouveaux cachemires cette semaine. Côté déco-gadgets, Mat & Rob, dont j'avais pris l'adresse dans un numéro de GAEL datant de 2007, a disparu. Quant à Akotee, elle ne tient pas les promesses du Elle Belgique (sans compter l'épouvantable odeur de pieds qui règne dans la minuscule boutique, une torture pour mon nez sensible). Je marque tout de même un dernier arrêt chez Petit Bateau où, avec Soeur Cadette, j'avais repéré de chouettes pulls d'intérieur en coton/soie/fibres de bambou, que je m'étais retenue d'acheter à cause de leur prix un chouia prohibitif. Là, ils sont soldés à -50%, et il y a ma taille (14 ans...). Pas d'hésitation, j'en embarque un.

C'est fatigués et gelés mais très contents de notre expédition que nous reprenons à pied le chemin de la gare. Nous aurons beaucoup marché cet après-midi. Nous attrapons le train de 17h09 et, grâce à une heureuse coordination des trains et bus de la STIB, atteignons la porte de notre immeuble ixellois moins d'une heure et quart plus tard. Je suis totalement conquise par Anvers, beaucoup plus jolie et mieux fournie que Bruxelles pour le genre de shopping qui m'intéresse. Sachant que l'aller-retour nous a coûté seulement 8 euros par personne, qu'il y a des trains toutes les demi-heures et que le trajet dure moins de trois quarts d'heure, il est certain que nous y retournerons. Je pourrais même y emmener Soeur Cadette lors de sa prochaine visite en nos contrées, si elle a été sage entre-temps ^^

vendredi 9 janvier 2009

Enervée

Celui de mes éditeurs pour lequel je bosse depuis le plus longtemps (soit une bonne douzaine d'années) vient de contester ma dernière facture en me demandant d'en établir une nouvelle d'un montant inférieur de 460 euros. Pour cela, il s'appuie sur un mode de comptage différent de celui qui avait toujours été utilisé jusque là, et bien entendu moins avantageux pour moi.

Je suis folle de colère, et pas seulement à cause du trou que cela représente dans mon budget mensuel. D'abord, je n'ai toujours pas touché l'acompte sur cette traduction rendue la semaine dernière, alors que ma facture est datée du 20 novembre et aurait dû être réglée sous quinzaine. Ensuite, je déteste qu'on me prenne pour une conne. Selon cet éditeur, mes feuillets calibrés pour compter 1500 signes pleins n'en feraient en réalité que 1380. J'ai fait un test en tapant n'importe quoi sans retour à la ligne: Word m'indique 1577 caractères espaces compris pour un feuillet complet. Réponse: "L'estimation manuelle est plus pertinente que le comptage informatique"! S'il m'avait avancé un argument du type: "La série ne se vend pas très bien" ou "Etant donnée la conjoncture, nous sommes soumis à des restrictions budgétaires", j'aurais pu l'accepter. A condition d'être prévenue AVANT la signature du contrat et pas mise devant le fait accompli. Pour les quatre tomes déjà parus de la même série, mes factures établies selon le mode de comptage habituel ont été réglées sans discussion... Enfin, même si je peux encaisser cette baisse, je ne trouve pas vraiment logique que ma rémunération diminue alors que le coût de la vie, lui, grimpe en flèche.

En gros, je ne suis pas tant en train de rouspéter pour les sous (qui représentent pourtant le budget du super week-end en amoureux planifié hier) que pour l'injustice de la situation. Mais qu'est-ce que je peux bien y faire? La formulation des contrats de cet éditeur mentionne juste: "X euros le feuillet de 1500 signes", sans préciser le mode de comptage (j'en connais au moins trois différents selon les maisons: le feuillet d'imprimerie, les 1500 signes réels et les 1500 signes estimés). Je n'ai aucun argument juridique sur lequel fonder une réclamation, et quand bien même j'en poserais une, cet éditeur déciderait tout simplement de ne plus bosser avec moi. Or, si je n'ai pas besoin du boulot qu'il me donne et me fait fort d'en trouver ailleurs (j'ai suffisamment de contacts dans le milieu et un planning bourré massacre pour les deux prochaines années), il se trouve que c'est le seul pour lequel je fais autre chose que de la fantasy et des bouquins énormes. J'ai besoin de la respiration que m'offrent ces petits romans contemporains au milieu des énormes pavés pleins de chevaliers, de magiciens ou de vampires que je traduis par ailleurs. Ce qui ne m'a pas empêchée de protester. Oh, avec diplomatie, certes. Mais le message était clair: "Je vais revoir ma facture à la baisse parce que vous êtes les plus forts; simplement, votre façon de procéder est malhonnête, et ne croyez pas que je ne m'en sois pas aperçue". Je ne vois pas bien ce que je pouvais faire de plus.

jeudi 8 janvier 2009

En 2009, l'horreur étend son emprise


C'est au tour du foie gras d'être contaminé.
A Noël prochain, faudra-t-il aussi que je me méfie du champagne?
(Article tiré du numéro de février de GAEL)

Soldes d'hiver 2009 - Episode 2: Hot & cold in Paris

Avec un gros quart d'heure de retard dû aux conditions climatiques déplorables, le Thalys m'a déposée hier matin à Paris où il faisait, à vue de nez congelé, au moins cinq degrés de plus qu'à Bruxelles. J'ai commencé ma journée par le shopping hors soldes: un passage au Temple du Scrap (sur le chemin duquel j'ai fait une inspection rapide - et infructueuse - des Manoukian et Etam de l'avenue du général Leclerc), et un crochet par Arkham pour récupérer les comics accumulés dans ma pochette depuis début novembre (soit trois Buffy, un Echo et le premier numéro du nouveau Phonogram).

C'est avec un sac déjà fort lourd et encombrant que je me suis lancée à l'assaut du boulevard Haussmann. Comme prévu, le Printemps était bondé et les rayons en bordel total. Ne trouvant pas le courage de me lancer à la recherche du fameux pantalon noir, je me suis concentrée sur ma quête de cachemire. Chez Maje, j'ai trouvé un adorable petit pull indigo avec le genre de col arrondi légèrement bateau que j'affectionne, ultra-doux, avec un tombé impeccable. Soldé à - 40%. Je l'aurais bien pris dans une autre couleur, mais ça devait être du deux fils tout au plus et la marque n'a pas une réputation de très grande qualité en matière de cachemire, donc j'ai joué la prudence. Chez Bérénice, le seul modèle qui me plaisait ne contenait que 20% de cachemire et n'était soldé qu'à 20%; de plus mes cheveux longs auraient caché le joli hibou imprimé dans le dos. J'ai quand même craqué pour un top à manches longues également indigo, également tout-mou-très-doux, qui sera parfait pour porter sous un pull. Dans la cabine d'essayage, j'ai retiré mon gros pull gris qui commençait sérieusement à faire étuve et l'ai fourré dans mon sac avec mes achats précédents. Malgré ça, j'ai grimacé quand j'ai dû remettre mon manteau par-dessus mon T-shirt. Je suis passée devant chez Zadig&Voltaire sans un regard pour leurs cachemires hors de prix qui, paraît-on, se transforment en serpillère dès le premier lavage. Au rez-de-chaussée, j'avais envie de fouiller le rayon accessoires en quête d'un bonnet en grosse maille, mais je me suis égarée du côté des sacs à main et n'ai pas eu le courage de rebrousser chemin à travers une foule compacte et de moins en moins polie. Moi-même, sauf gros accrochage, j'avais cessé de dire pardon aux gens que je bousculais depuis une heure environ. Je suis passée au second magasin Printemps pour quelques petites courses beauté, hors soldes évidemment. Chez Kiehl's et L'Occitane, j'ai vainement cherché pour Chouchou un after-shave dont l'odeur ne me ferait pas froncer le nez. Chez Shu Uemura, j'ai fait l'emplette d'un flacon de la fameuse huile démaquillante au thé vert, un produit soi-disant miraculeux (et pour l'avoir essayé sur ma main, je suis assez encline à croire la rumeur) qui me fait envie depuis que j'ai recommencé à me maquiller "sérieusement". Chez Paul & Joe, j'ai été toute contente d'apprendre qu'il restait encore quelques tubes du rouge à lèvres Velveteen sorti en édition limitée pour les fêtes et vanté par Anne-So sur Cachemire et Soie.

Il me restait encore une heure et demie avant de devoir reprendre le chemin de la Gare du Nord. J'étais partagée entre l'envie de me traîner jusque chez Garrice, à Saint-Paul, pour voir s'ils n'auraient pas les Chie Mihara que je n'avais pas réussi à trouver chez Boccacci, et une grosse flemme de me taper un trajet en métro supplémentaire. Finalement, j'ai opté pour la solution de facilité en décidant d'aller faire un tour aux Galeries Lafayette voisines - et ce, bien que je n'apprécie guère ce magasin trop sombre et fouillis à mon goût. Au rayon Jodhpur (une marque maison), j'ai trouvé plein de jolis pulls en cachemire pas mémères, mais pas soldés non plus et uniquement dans des tailles gigantesques. Une excavation méthodique m'a néanmoins permis de mettre la main sur un adorable modèle rouge avec un décolleté bateau et de petits boutons sur les épaules, le seul 2 qui restait dans tout le rayon. Embarqué. Alors que je traînais la patte entre les autres stands du premier étage en attendant 18h30, je suis tombée sur un stand Cop Copine. A Toulouse, j'avais repéré deux pulls qui, bien que pas en cachemire, me plaisaient beaucoup. Je les ai cherchés, sans succès. Cop Copine fait visiblement partie de ces marques qui, au lieu de profiter des soldes pour vider leur rayon des modèles dépareillés qui leur restent, font rentrer en grande quantité des modèles bien précis à vendre moins cher. Ca ne m'a pas empêchée de dégoter un top à manches longues sympas, noir avec des inscriptions rouges et blanches, que j'ai essayé en plein rayon pour cause d'engorgement des cabines. Non, ça ne m'a pas dérangée de me mettre en caraco devant tout le monde: à ce stade de la journée, les gens étaient tellement hébétés qu'ils ne faisaient plus attention à rien.

Je suis rentrée à Bruxelles semi-satisfaite de cette journée. Mais nous allons à Anvers samedi, et la météo a même prévu une température positive, donc tous les espoirs restent encore permis!

Moody & Cookie, le retour

Nous sommes malades tous les deux. Rien de grave, mais le froid et le manque de sommeil ont fini par avoir raison de Chouchou, qui s'est fait donner la journée par son médecin; quant à moi, j'avais déjà mal à la gorge depuis quelques jours, et les gros changements de température que j'ai subis hier n'ont rien arrangé. Je crois que je vais être gentille avec moi et me donner congé aujourd'hui.

A côté de moi, Chouchou profite de son temps libre pour mettre à exécution un projet dont j'ai lancé l'idée fin décembre: un Moody & Cookie part 2 qui devrait être en ligne incessamment sous peu. Vous y retrouverez nos photos carrées en vis-à-vis, une pour lui et une pour moi. Le rythme de publication ne sera plus quotidien (je trouvais ça trop contraignant et répétitif au bout d'un moment) mais hebdomadaire, avec deux nouveaux clichés tous les mercredi. Nous avons renoncé à la limitation "pas de gens reconnaissables", puis "pas de gens de notre entourage reconnaissables", que nous avions de plus en plus de mal à respecter sur la fin du premier Moody & Cookie.

Pourquoi reprendre après deux mois d'interruption? Parce que j'ai vite perdu l'habitude de sortir mon appareil à tout bout de champ, et que ça me manque. Parce que j'ai besoin d'une motivation concrète pour essayer de progresser en photo. Parce que nous faisons encore des clichés sympas qui n'ont pas forcément leur place dans "Le rose et le noir" et "Quelle heure est-il à Tokyo?" Parce que Chouchou est toujours partant pour les aventures créatives. D'ici la fin de la journée, sans doute, un nouveau lien viendra donc s'inscrire dans la colonne de droite de nos blogs respectifs.

EDIT 13:22: Voilàààààà c'est fait! Viendez nombreux!

mercredi 7 janvier 2009

Jour J

Chers amis,

C'est aujourd'hui le grand événement pour lequel samedi dernier n'était qu'une vulgaire répétition. Dans le milieu du spectacle, on dit que si la générale est foirée, la pièce sera une réussite. Espérons que le principe s'applique également au shopping. Oui, mesdames et messieurs, ne reculant devant aucun sacrifice, je m'apprête à me jeter dans la cohue parisienne un premier jour de soldes d'hiver, toujours deux fois plus pénibles que leurs consoeurs d'été en raison des multiples couches de vêtements impliquées dans les essayages et de l'effet chaud/froid lorsqu'on entre et sort des magasins bondés.
Je suis parée pour résister à la température polaire: T-shirt à manches longues sous pull en cachemire, collant opaque sous jean, chaussettes dans boots, plus manteau trois-quarts, bonnet, écharpe en polaire et gants fourrés. J'espère sans trop y croire trouver un vestiaire au Printemps Haussman, sinon mon expédition risque vite de se transformer en séance de sauna. Je suis équipée de tickets de métro en quantité suffisante pour ne pas devoir faire la queue aux guichets RATP de la Gare du Nord, d'une tripotée de cartes de fidélité et de paiement et d'une liste qui se résume à ceci:
- pull(s) en cachemire
- pantalon noir d'hiver, chaud et bien coupé.
Vu la météo actuelle, les premiers risquent de s'arracher quelque chose de grave, et je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où chercher le second: ça fait des années que je ne porte que des jeans, ou éventuellement des genres de treillis (pour le confort, la rapidité de séchage et les poches multiples) quand je voyage. Autrement dit, je ne nourris pas des espoirs démentiels de rentrer ce soir ivre de bonheur. Si j'arrive à ne pas acheter quatorze fringues improbables et pas à ma taille sous le coup de la frustration, ce sera déjà bien.
Sur ce, je pars attendre mon bus dans la nuit noire à peine pâlissante.

mardi 6 janvier 2009

Ah elle commence bien l'année 2009!

Mon jeune voisin slovène n'étant pas encore rentré de vacances (mais quand reprend-il les cours, ce fainéant?) et les employés de Mobistar ne se décidant pas à sortir les doigts de leur fondement pour nous relier au réseau, nous sommes toujours sans internet à la maison. Depuis une semaine, nous errons donc entre La Table et l'Exki de la Porte de Namur, dépensant des fortunes en consos pour justifier notre présence et nous gelant grave les miches sur le chemin. Car bien entendu, une petite misère n'arrivant jamais seule, il fait une température sibérienne à Bruxelles. Je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie, et hier, j'ai bien cru me casser deux ou trois pattes en glissant sur la bouillie de neige semi-gelée qui recouvre les trottoirs.
Tout ça serait beaucoup plus facile à supporter si je ne me faisais pas autant de souci pour mon papa... Vivement la semaine prochaine qu'on soit enfin fixés!

lundi 5 janvier 2009

"Kaamelott" saison 5

J'avoue: je suis une fan de la première heure de Kaamelott. J'ai hurlé de rire devant les pitreries de Perceval et Caradoc, les vacheries de Léodagan et Selli, la naïveté confondante de la reine Guenièvre. J'ai compati aux difficultés de ce pauvre roi Arthur obligé de se cogner la quête du Graal avec une pareille équipe de bras cassés. J'ai retrouvé avec plaisir des tas de références aux jeux de rôles de mon adolescence et à mes films cultes. Je me suis enflammée pour le talent d'Alexandre Astier: créateur de la série, auteur des scénarios et de la musique, metteur en scène et interprète du personnage principal, que de casquettes brillamment portées par un seul homme! Mais à partir de la saison 4, Kaamelott a changé. Les épisodes se sont allongés, et l'humour a peu à peu cédé la place aux nécessités d'une narration qui se voulait de plus en plus dramatique. J'ai beaucoup moins ri et pas franchement réussi à accrocher au nouveau ton de la série. Ce qui ne m'a pas empêchée d'investir dans la saison 5 dès sa sortie en DVD. Je m'étais attachée aux personnages, et j'avais quand même envie de connaître la suite.

Huit épisodes de 50 minutes plus tard (au lieu d'une centaine d'épisodes de 3 minutes pour les trois premières saisons), ma perplexité est grande. Passent encore le changement radical de format, le bouleversement de la situation telle que nous l'avions connue jusque là et la disparition de nombreux personnages secondaires comme Angarad ou les maîtresses du roi qui trouvaient leur place dans des saynètes du quotidien mais n'en ont plus dans une histoire désormais contée avec un H majuscule. En revanche, j'ai du mal à avaler le rythme souvent languissant, le comique de répétition quand il est déjà poussif à la base, et surtout les brusques ruptures de ton. Alexandre Astier a cherché, dit-il dans un entretien filmé inclus au DVD, à surprendre le spectateur. Mais il y a une différence entre surprendre les gens et les promener de l'humour pipi-caca le plus basique à des réflexions profondes sur la condition humaine. Du coup, l'ensemble est complètement décousu, dépourvu de la moindre homogénéité. C'est vrai qu'on rit encore aux éclats quand les réparties cinglantes fusent autour de la table royale pendant le dîner; qu'on est touché par les tentatives de Guenièvre pour se rapprocher de son époux ou par la quête d'Arthur, parti chercher des enfants pour donner un sens à sa vie; qu'on s'indigne devant les manigances de Mevanwi et qu'on ne peut s'empêcher de se demander "Mais que veut donc ce Méléagant?". N'empêche que ce n'est pas ce qu'on s'est habitués à attendre de la part de Kaamelott, et en ce qui me concerne, le changement est un peu dur à avaler.

dimanche 4 janvier 2009

Soldes d’hiver 2009 - Episode 1 : Brussels, the mysterious shrinking boots

Les dernières soldes d’été ayant été particulièrement fructueuses à Bruxelles, j’espérais plus ou moins réitérer hier mes exploits du mois de juillet. Entre le froid glaciaire et l’absence prolongée d’internet à la maison, les signes étaient pourtant clairs : l’univers m’est contraire en ce moment. Pas de raison pour que son hostilité ne s’étende pas au domaine du shopping.

Ainsi, les deux paires de Chie Mihara que j’avais repérées chez Bocacci n’étaient plus disponibles qu’en pointure 37 ou 38 au minimum, alors qu’idéalement il m’aurait fallu du 35 1/2. Chez Graphie Sud, il ne restait qu’un exemplaire du col roulé en cachemire rouge Isabel Marant qui me tentait bien : une taille 3, hélas. Et le délicieux petit manteau en jacquard orange vendu au prix modeste de 460 euros ne bénéficiait que d’une remise de 30%, ce qui faisait encore un peu gloups, surtout pour quelqu’un qui a déjà acheté deux manteaux cet hiver et dont l’éditeur ne lui a toujours pas payé l’avance (la somme qui doit être versée avant le commencement d’un boulot, donc) sur une traduction rendue hier.

Je suis quand même ressortie avec une paire de bottines en cuir marron Chie Mihara. Trop grandes au niveau du pied (c’est un 36), trop étroites au niveau du mollet (je ne peux pas monter la fermeture jusqu’en haut), mais comme elles me tiennent bien la cheville, que je compte les porter uniquement sous un pantalon et qu’elles rééquilibrent à merveille ma silhouette en bouteille d’Orangina, je les ai achetées quand même. La vendeuse à la caisse a jugé utile de me préciser que c’était un vieux modèle d’il y a un ou deux ans, ce qui a quand même un peu froissé mon orgueil de chasseuse déjà mis à mal par ces premières déconvenues.

Deuxième arrêt : boulevard de Waterloo – chez les riches, donc – pour faire un tour chez Eric Bompard. J’ai toujours lu beaucoup de bien sur ce spécialiste du cachemire, et vu la température actuelle à Bruxelles, je ne pense pas survivre jusqu’au printemps avec de vulgaires pulls en coton/acrylique, d’autant que la manche longue ne semble toujours pas revenue à la mode. Cet hiver, je porterai du poil de chèvre indienne ou je trépasserai avant le 21 mars. Apparemment, Eric Bompard penche en faveur de la seconde solution. Nous avons dû attendre devant la porte que deux personnes sortent pour être autorisés à entrer dans le magasin, où une vision d’horreur nous attendait. Une truie n’aurait pas retrouvé ses petits au milieu de tous les pulls et les gilets dépliés, abandonnés en boule sur les étagères ou même sur le sol. J’ai quand même jeté un coup d’œil aux modèles, et la seule chose flatteuse que je peux en dire, c’est qu’ils doivent se marier à la perfection avec un rang de perles et des mocassins.

Dépités, Chouchou et moi avons tenté un changement de tactique radical et mis le cap vers RacailleLand, j’ai nommé la rue Neuve. Grosse erreur. Rien que pour remonter du métro dans le centre commercial City 2, nous avons cru mourir étouffés. Une fois à l’air libre, ça ne s’est pas beaucoup arrangé. Maudits soit les gens avec poussette qui pensent que trimballer un bébé leur donne le droit d’emboutir violemment les mollets des autres pour forcer le passage, et maudits soient les fumeurs qui même au sein d’une foule compacte se baladent avec une clope allumée à la main sans se soucier de cramer les vêtements ou les mains des autres.

Partout, c’était le pur chaos. Nous avons tout de même eu un coup de chance : dans le premier magasin de chaussures où nous sommes rentrés totalement au hasard, Chouchou a trouvé une très jolie paire de boots en cuir marron vieilli pour remplacer ses vieilles baskets à scratch qui prennent l’eau de toutes parts. Moins 10% seulement, mais le prix restait dans son budget. De mon côté, je suis tombée sur l’article que je n’espérais plus, le Saint-Graal sur lequel je fantasmais sans espoir depuis des années : une paire de bottes hautes capables d’accommoder la circonférence extravagante de mes mollets. D’accord, elles fermaient juste juste dans le magasin, mais elles me faisaient des jambes presque sortables. Je les imaginais très bien portées avec un gros collant en laine ajouré et une jupe en jean au-dessus du genou.

Sauf que l’univers n’avait pas dit son dernier mot. Après un passage éclair à la maison pour poser nos paquets, Chouchou et moi avons décidé de retourner à La Table, histoire de surfer une heure ou deux sur internet. Tout fiers, nous avons enfilé nos nouvelles chaussures. Enfin, Chouchou a enfilé ses nouvelles chaussures et m’a regardée m’acharner sur la fermeture éclair de mes bottes en transpirant à grosses gouttes. Ami lecteur, amie lecteuse, je ne te mens pas : entre le moment où je les avais achetées et le moment où je les avais ramenées chez moi, mes mollets avaient apparemment pris deux ou trois centimètres de diamètre supplémentaire. A moins que les bottes aient rétréci en catimini. J’ai été obligée de défaire les petites boucles sur le côté, et le seul moyen pour moi de les refermer un jour, ce sera de poinçonner deux trous supplémentaires dans les languettes correspondantes. Ce qui serait un moindre mal si je ne soupçonnais pas que, sous la pression, le cuir de celles-ci se déchirera au bout de cent mètres de marche.

Mercredi, je fais l’ouverture des soldes à Paris, et le butin à intérêt à être bon, rogntudju !

samedi 3 janvier 2009

Le sang a parlé

SOEUR CADETTE (au téléphone le Jour de l'An): ...Et tu sais quoi, hier j'ai craqué: je suis allée chez Gérard Darel et je me suis acheté le même sac que le tien, peut-être un peu plus petit et dans un marron légèrement différent. Ben, depuis, j'ai même pas envie de le porter - juste de le regarder, tellement il est beau. Pour un peu, je dormirais avec.

Je suis fière.

vendredi 2 janvier 2009

Sans Internet Fixe

Pas d’internet à la maison depuis notre retour de vacances. Je suis sur les nerfs quelque chose de grave. C’est là que je me rends compte à quel point je suis devenue dépendante du web. Je m’en sers pour communiquer avec le reste du monde - parents, amis, employeurs et administration - par mail, par Skype, par Facebook ou blog interposé ; je compte sur lui pour me tenir au courant de l’actualité ; j’y fais mes comptes et une bonne partie de mon shopping ; j’y commande les photos sans lesquelles je ne peux pas scrapper. Tout cela est très pratique quand ça fonctionne. Dans le cas contraire… c’est la panique. Le cours normal de ma vie s’en trouve presque paralysé. Les solutions alternatives existent, mais elles sont plus chiantes et souvent beaucoup plus coûteuses en temps ou en argent.

Donc, je ronge mon frein depuis lundi soir. Mardi, Chouchou et moi avons passé trois heures et demie à surfer au premier étage de l’Exki de la Porte de Namur. Mercredi, nous avons été trop occupés pour nous mettre en quête d’un réseau non sécurisé, et hier, tout était fermé. Aujourd’hui, je me suis dépêchée de finir de bosser pour foncer de nouveau à l’Exki. Et là, le drame : la connexion ne fonctionnait pas. J’ai demandé au responsable d’éteindre et de rallumer le routeur ; il a refusé, prétextant que ça ferait trop de bazar au niveau de ses caisses. J’ai réprimé une envie sauvage de l’éventrer lentement et douloureusement avec une touillette en plastique, puis de lui servir ses intestins en guise de goûter. Sur les conseils de Chouchou, j’ai attendu une heure que la connexion se rétablisse d’elle-même, sans succès. J’ai fini par capituler et par rentrer à la maison en pestant contre Mobistar, le froid de gueux qu’il fait actuellement à Bruxelles et tout le reste de l’univers.

Chouchou étant rentré du travail, nous nous sommes dirigés vers La Table, un troquet/salle de jeux équipé du wifi qu'il avait répéré non loin de chez nous. Là, il a pu se connecter avec son MacBook... Mais rien à faire, du côté de mon HP, ça ne passait toujours pas. Chouchou s'est donc dévoué pour rebrousser chemin jusqu'à l'appart' afin de ramener un câble éthernet qui me permettrait de me brancher sur son portable. Là, j'essaie désespérément de rattraper le retard accumulé ces derniers jours tandis qu'autour de moi, des ados de 15 à 35 (!) ans jouent à Magic. Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas baigné dans cette atmosphère. Hé oui, c'est aussi ça, la vie de sans internet fixe.