samedi 13 décembre 2008

Les lumières de Nowel

Si Bruxelles n'est pas précisément claffie de monuments touristiques, elle s'enorgueillit néanmoins d'une magnifique Grand-Place qui reçoit, en août, le plus grand tapis de fleurs du monde, et en décembre, des illuminations assez grandioses made in Electrabel. Et autant je peine à comprendre l'engouement universel pour les marchés de Noël (partout les mêmes petites cabanes en bois préfabriqué qui vendent les mêmes ramasses-poussière; partout la même bouffe grasse, calorique et bien trop chère), autant je m'émerveille volontiers devant les jeux de lumière. Nous étions très occupés le week-end dernier et nous partirons à Toulouse samedi prochain; cela ne nous laissait donc qu'aujourd'hui pour descendre en centre-ville nous en mettre plein les mirettes - et les Lumix.

L'immense sapin était toujours là, fidèle au rendez-vous. Mais cette année, Electrabel avait innové en ajoutant, aux traditionnelles projections de motifs sur les sublimes façades gothiques, une installation de colonnes lumineuses aux couleurs changeantes. Passée la surprise initiale, l'ensemble donnait assez bien. Et j'ai eu ma seconde d'attendrissement en réalisant que c'était déjà la troisième fois que j'admirais les lumières de Noël sur la Grand-Place en compagnie de Chouchou... ainsi que de mon bonnet, de mon écharpe et de mes gants. Car malheureusement, il faisait un froid de gueux à Bruxelles aujourd'hui. L'an dernier à la même époque, c'était la cohue dans le quartier; j'avais même failli paniquer tant la foule était dense, et nous avions mis un bon quart d'heure à nous en extraire. Cette fois, les gens n'étaient pas bien nombreux à stationner sur les pavés le nez en l'air. Je n'ai même pas eu le courage de sortir mon appareil photo de mon sac, et j'ai lâchement laissé Chouchou se charger des photos vu que de toute façon, il n'avait pas de gants, lui. Au bout de deux minutes à peine, n'y tenant plus, nous avons battu en retraite vers l'arrêt du 71 qui allait nous conduire vers l'Ultime Atome pour une collation bien méritée.

Random act of kindness

Hier, Marine me demande le nom du thé vert à la pêche qu'elle a bu chez nous en octobre. Comme il n'y a pas de Palais des Thés là où elle habite et que je dois justement passer aujourd'hui à celui de Bruxelles, je propose de lui en envoyer. Elle est toute surprise et gênée quand je refuse qu'elle me rembourse. "Je n'ai jamais rien fait pour toi", proteste-t-elle. Bah oui, mais l'amitié - et les rapports humains en général, d'ailleurs -, c'est pas de la comptabilité. Quand j'étais ado et fauchée, j'avais des amis plus vieux qui bossaient déjà et qui me transportaient dans leur voiture ou m'invitaient parfois au resto. Pour eux, ce n'était pas énorme; pour moi, ça faisait une grosse différence. J'aime l'idée de rendre ça à la génération suivante.

Plus globalement, je suis fan du motto américain "pass it on" (qu'on pourrait traduire par "faites passer"), ou du concept de "random acts of kindness" ("actes de gentillesse aléatoires"). Celui-ci est assez populaire Outre-Atlantique; il me semble même qu'on en avait fait un film il y a quelques années, avec l'insupportable Haley Joel Osment. Accomplir spontanément un geste qui va embellir la journée d'autrui et ce, sans rien en attendre en retour ni égard ni grand amour pas même l'espoir d'être aimééé, c'est une des plus grandes sources de satisfaction que je connaisse. Du coup, on peut même dire que ce n'est pas gratuit du tout, puisque ça m'apporte du plaisir. Mais bon, je ne vais pas non plus me forcer à faire des choses non-obligatoires qui m'emmerdent, hein. Ma bonne volonté (ou mon masochisme!) ne va pas jusque là. Simplement, je trouve qu'il y a beaucoup de bonheur à mettre un sourire sur les lèvres de quelqu'un, juste parce que.

vendredi 12 décembre 2008

"Quinze chansons"

J'avais adoré le premier album éponyme de Vincent Delerm, été très déçue par la tristesse qui se dégageait du second ("Kensington Square") et totalement ignoré le troisième ("Les piqûres d'araignée"). Est-ce parce que je viens de finir le dernier livre de son père? J'ai soudain eu envie de me replonger dans son univers intimiste. Et je ne le regrette pas. Si l'humour que j'avais tant apprécié dans ses premières chansons est beaucoup plus discret ici - malgré quelques amusantes comparaisons dans "Un tacle de Patrik Vieira n'est pas une truite en chocolat" -, on y retrouve le sens du détail significatif qui a également fait la célébrité de son écrivain de papa, ce don pour brosser des atmosphères en quelques traits marquants. "Tous les acteurs s'appellent Terence" évoque à merveille le cinéma hollywoodien d'après-guerre; "Allan et Louise" esquisse l'histoire d'un couple qui aurait pu se reconstituer sans le 11 septembre; "78543 habitants" conjure la mélancolie du retour dans la petite ville de province où on a passé son enfance. J'ai sursauté en entendant "From a room", morceau d'un peu moins d'une minute où une voix de femme dément les idées reçues sur la photo figurant au dos d'un disque de... Leonard Cohen. Malgré tout, cet album m'a un peu laissée sur ma faim. Une bonne moitié des chansons ont un goût d'inachevé et la nostalgie y prédomine un peu trop à mon goût. Conclusion: pas mal, mais peut mieux faire.

Message personnel: Vincent, mon ex-mari a appelé, il voudrait que tu lui rendes sa coiffure.

jeudi 11 décembre 2008

"Chicou Chicou"

J'aime la collection Shampoing dirigée par Lewis Trondheim, et aussi les gros pavés BD surtout si leur unique couleur hormis le noir et blanc est le rose. Autant de raisons pour m'intéresser à "Chicou Chicou".
Le principe? Cinq dessinateurs s'amusent à se mettre en scène selon le principe du cadavre exquis: l'un d'eux commence une histoire, les autres la poursuivent. L'idée est intéressante, mais le résultat assez inégal à mon avis. Certains chapitres m'ont bien faire rire (l'attaque des zombis, la tranformation en super-héros); et j'ai trouvé que d'autres tombaient plutôt à plat (les années lycée, la miniaturisation et l'exploration d'un corps vu de l'intérieur). Petit coup de coeur pour les trois pages de "Matin d'hiver" par Ella, que j'aurais pu réaliser moi-même si je savais dessiner. Néanmoins, avant d'investir 35€ dans cette bédé, je vous suggère d'aller faire un tour sur le site des auteurs pour vérifier que vous accrochez à leur style de dessin et à leur humour.

mardi 9 décembre 2008

Migration informatique

La migration informatique a été douloureuse. C'est que je ne changeais pas seulement de machine, mais aussi de système d'exploitation, passant de XP à Vista. Et après trois jours à frôler l'hystérie, je me pose toujours la même question: comment peut-on obliger les gens à remplacer un truc médiocre par un autre encore plus naze? "Microsoft, célemal", me répond Chouchou, pas plus étonné que ça. Sans lui, je pense que mon nouveau portable HP aurait déjà volé par la fenêtre. La moitié des fonctions que j'utilisais ont disparu ou changé, m'obligeant à modifier tous mes automatismes si durement acquis. L'autre moitié est devenue dix fois moins performante; par exemple, l'upload de mes photos sur Blogger, qui durait quelques secondes avec XP, prend désormais plusieurs minutes. Pour ne rien arranger, la dernière synchro de mon portable précédent avec mon disque dur externe a bizarrement omis la récupération de mes photos des deux derniers mois, ainsi que du fichier Adobe contenant le roman pas encore publié dont je suis censée rendre la trad avant les vacances de Noël. Heureusement que j'avais une sortie papier à Bruxelles, parce que j'ai laissé le vieux HP et tout son contenu à Monpatelin. Cerise sur le gâteau, j'ai dû reprogrammer des dizaines d'options de correction automatique dans mon Word et retrouver le mode d'emploi des tirets quadratins. Mais voilà, le plus dur est fait, et il ne me reste qu'à m'habituer à mon nouveau clavier: pour l'instant, je ne parviens à taper du premier coup qu'un "a" et un "e" sur deux, ce qui fait considérablement baisser ma vitesse de frappe. Quant au reste, je suis très contente de la légèreté de ce portable, de son encombrement moindre, de sa webcam intégrée et du joli dessin sur sa coque.

lundi 8 décembre 2008

"Twilight"

En Belgique, il fait moche environ 370 jours par an. En Belgique, la Poste c'est rien que des fainéants et les services de douane, un ramassis d'escrocs. En Belgique, y'a des speculoos dans tout. En Belgique, il faut se battre plusieurs mois avec les télécom et les fournisseurs d'accès internet pour obtenir l'ADSL. En Belgique, on ne peut pas réclamer de carafe au restaurant. En Belgique, les sauces sont en supplément et les toilettes souvent payantes.

Mais en Belgique, les films américains sont généralement sur les écrans de cinéma un à deux mois avant leur sortie en France. Ainsi cet été, j'ai pu faire bisquer une bonne partie de mes amis en allant voir "Wall-E" et "The Dark Knight" longtemps avant eux. Et hier après-midi, je suis allée avec Chouchou à l'UGC Toison d'Or voir l'adaptation de "Twilight", série que je pense n'avoir plus besoin de vous présenter vu que je vous bassine avec depuis un mois.

Les compte-rendus lus au préalable ne m'avaient guère permis de me faire une idée. De manière générale, ceux des fans des romans étaient enthousiastes; ceux des critiques professionnels, plutôt méprisants. Le nom de la réalisatrice (Catherine Hardwicke, à qui je dois un de mes films préférés, "Lords of Dogtown") me rassurait quelque peu. Et la présence au générique de Robert Pattinson avait l'effet inverse. Tout était donc possible.

Verdict? Je suis sortie du cinéma peut-être pas tranportée, mais beaucoup plus satisfaite que je ne l'imaginais. Pour une fois, je n'ai pas été déçue par la transposition à l'écran d'un livre que j'avais apprécié. L'atmosphère de Forks - son côté sombre et pluvieux, la touffeur de la végétation et le gris tourmenté de l'océan - est extrêmement bien rendue. Le scénario demeure globalement fidèle à l'histoire; les quelques raccourcis qu'il s'autorise sont plutôt bienvenus dans les deux premiers tiers, et les scènes rajoutées m'ont paru assez pertinentes. En revanche, j'ai regretté que la traque (à mon avis la partie la plus intéressante du roman) soit réduite à une peau de chagrin. Je suis partagée sur la question des effets spéciaux: la scène où Edward grimpe aux arbres avait des relents de "Tigre et dragon", et je l'ai trouvée plus ridicule qu'autre chose; en revanche, la partie de base-ball prend une dimension que les mots ne suffisaient pas à lui donner.

Le romantisme de la série est bien rendu, sans mièvrerie ou emportements excessifs. Bien qu'un peu trop jolie pour son rôle, Kristen Stewart campe une Bella très satisfaisante. Par contre, et comme je le craignais, je n'ai pas été conquise par Robert Pattinson dans son interprétation d'Edward. Quant aux personnages secondaires, Charlie mis à part, ils n'ont que trop peu de temps à l'écran pour faire une impression. J'attendrai les films suivants pour juger de leur performance, même si je peux déjà dire que d'un simple point de vue physique, ni Carlisle, ni Jacob, ni Jasper ni même Alice ne correspondent à ce que j'imaginais.

dimanche 7 décembre 2008

ColorQuiz



ColorQuiz.comArmalite took the free ColorQuiz.com personality test!

"Her need to feel more causative and to have a wide..."


Click here to read the rest of the results.


Franchement étonnant par sa justesse... Ca a donné encore mieux pour Chouchou.

Barbibulle et le velouté orange


Ce soir, nous recevions officiellement pour la première fois dans notre nouvel appart. Le challenge était de taille: nous avions invité Olive et Aurore chez qui nous avions affreusement bien mangé il y a quelques mois. Pas question de leur réchauffer deux surgelés ou de bricoler une grande salade. D'un autre côté, nous n'avons pas énormément de place ni d'instruments pour cuisiner. Nous avons donc convenu que je préparerais mon fameux velouté orange en entrée, tandis que Chouchou servirait son non moins fameux risotto aux pleurottes en plat principal. Pour le dessert, je l'avoue, nous avons succombé à la solution de facilité en commandant un croquant au chocolat Picard (qui n'était d'ailleurs pas sensationnel): Chouchou ne fait pas de pâtisserie et je ne maîtrise que des recettes bien roborratives genre brownie marbré, cake à l'ananas ou fondant à l'orange - le genre de truc qui aurait achevé n'importe quel estomac blindé après un risotto. Un Pouilly-Fumé 2007, un Graves 2002 et un Aki Bancha (du thé vert japonais apporté par nos invités) sont venus compléter le menu.

Bilan de la soirée: personne n'est mort de faim, et il ne reste pas un seul grain de riz dans la gamelle; une famille Barbapapa entière vit désormais sous notre toit, et je suis in love de Barbibulle-qui-fait-l'avion; nous avons effectué une Nième démonstration de Wii Fit, et c'est toujours aussi marrant de voir des débutants essayer de faire des têtes, slalomer à ski ou rentrer les billes dans les trous; le soi-disant "bon sens" de Rachida Dati fait l'unanimité contre lui, mais tout le monde se fout de savoir qui est le père de son enfant.

VELOUTE ORANGE
Pour quatre personnes:
- 1 oignon
- 20 g de beurre
- 1 kg de potiron
- 3 carottes
- 1 orange
- 1 gousse d'ail
- 1 cuillère à café de cumin en poudre
- 1 cube de bouillon de poule
- sel, poivre
- 10 cl de crème liquide
Faire blondir l'oignon dans le beurre au fond d'une cocotte.
Ajouter les légumes coupés en petits morceaux et tous les autres ingrédients sauf la crème.
Recouvrir avec un litre d'eau.
Faire cuire environ une heure à feu moyen.
Mixer. Rajouter la crème. Mixer de nouveau. C'est prêt!

samedi 6 décembre 2008

Un partout balle au centre

Woohoo: la vendeuse de la Fnac a oublié de me compter la saison V de Kaamelott!
Waahaa: sans faire attention je l'ai prise en Bluray...

vendredi 5 décembre 2008

Hier

Hier, je suis entrée contrainte et forcée dans un Photomaton. J'avais besoin de photos pour refaire ma carte d'identité qui expire fin janvier. Avec les nouvelles consignes - poser de face, prendre une expression neutre -, on a vite une gueule de bagnard. Mon reflet dans la vitre était à peu près potable. Mais dès que j'ai mis mes 4€ dans la fente et que l'appareil s'est allumé, il m'a renvoyé l'image effrayante d'un visage bouffi et blafard, parsemé de quelques plaques rouges pour la bonne mesure. Je me suis dit que c'était une déformation de l'écran, que les photos n'allaient pas ressembler à ça. Ben si. Et renseignements pris, elles ne sont pas valables parce que j'ai oublié d'écarter ma frange. Heureusement que j'ai un passeport valide jusqu'en 2015...

Hier, pour la première fois depuis des mois, mon esthéticienne ne m'a pas bassinée avec son petit jeune (qui est parti bosser à Londres et ne lui a plus jamais donné de nouvelles). Sans doute parce que sa fille de six ans était malade et à l'affût de notre moindre parole. Je m'en réjouirais si du coup, elle ne s'était pas intéressée à ma santé. Rien ne me met plus mal à l'aise que de discuter de choses auxquelles je ne veux pas penser avec de vagues connaissances. Oui, je me rends bien compte que je raconte ici ma vie à de parfaits inconnus, mais par ordinateur interposé, ce n'est pas du tout la même chose. J'ai coupé court au papotage post-épilation en arguant que j'avais des courses de Noël à faire. Pour moi. Mais bon, ça compte quand même, non?

Hier à la Fnac, dépitée de ne trouver nulle par mon Acer Aspire One dans la couleur et le système d'exploitation voulus, j'ai fini par acheter un Eee-PC noir encore plus cher. Et un nouvel ordinateur portable parce que le modèle qui me faisait craquer était une série limitée, en promo de surcroît, et que j'avais peur de ne pas en retrouver un qui me plaise autant d'ici le printemps prochain. Et une housse pour chacun des deux appareils. Et deux CD, un coffret DVD, un livre de photos et deux BD. Je suis ressortie du centre commercial chargée comme une mule, avec le carton de l'ordi qui raclait le bitume au bout de mon bras gauche et la trouille de me faire dévaliser entre la Fnac et l'arrêt de bus.

Hier chez Kiki, un copain de son fils de 14 ans a dû se plier en deux pour me faire la bise. Non, je ne me suis pas du tout sentie microscopique. Choupie, qui s'est cassé le poignet en début de mois, arborait fièrement une orthèse toute neuve - l'occasion pour moi d'apprendre un mot que je ne connaissais pas - et refusait de jeter la vieille qu'elle avait apparemment l'intention de conserver tel un trophée. Elle m'a offert une adorable bestiole rayée rouge et blanc ainsi qu'un dessin de Noël que, honte à moi, j'ai oublié en partant. (A ma décharge, plusieurs de ses oeuvres ornent déjà les murs de mon appartement.) Pour le dîner, Tof avait préparé des paupiettes dans une sauce aux champignons, et c'était délicieux. J'aime les hommes qui cuisinent; je trouve ça très séduisant. En dessert, nous avons mangé des crêpes avec de la chantilly et un truc merveilleux qui s'appelle le Confipure. J'essaierai d'en trouver à Bruxelles, mais c'est pas gagné. Bref, avec tout ça, aucune chance que je perde ne fut-ce que 100 grammes avant les vacances de Noël.

jeudi 4 décembre 2008

"Vanessa Paradis: Divinidylle tour"

C'est une biographie de Leonard Cohen qui a attiré mon attention vers le rayon consacré à la musique et au cinéma. Juste à côté, ce livre de photos dont je n'avais même pas entendu parler avant sa sortie. Il a immédiatement rejoint la pile de mes achats du jour.

Vanessa Paradis me fascine; je l'ai déjà dit ici. Pourtant, je ne suis pas du tout sensible à la musique qu'elle fait, et ses derniers films ne m'ont guère emballée. Je ne la trouve pas spécialement belle non plus. Mais elle a une grâce insensée. Et c'est justement ce que Claude Gassian parvient à faire ressortir dans ce livre. Sans un mot, juste avec ses images, il raconte la conception de l'album "Divinidylle" et la façon dont Vanessa, M et quelques musiciens lui ont donné vie sur scène. On est très loin du côté icone de papier glacé mis en évidence par les pubs Chanel ou Miu Miu, très loin aussi de la star qui pose sur les tapis rouges en tenue vintage bohème au bras de son ultra-célèbre compagnon. Vanessa est en studio, le visage nu et blême, un chapeau cloche enfoncé sur ses cheveux pendouillants, des bas de laine tire-bouchonnés dévoilant des genoux cagneux. Vanessa fait des étirements par terre, sur un tapis de gym Décathlon en chaussettes rayées. Vanessa traverse les couloirs en béton d'une salle de spectacle; Vanessa bâille pendant qu'une équipe de maquilleurs et de coiffeurs s'affaire autour d'elle; Vanessa se repose rêveuse dans le bus de sa tournée. Et puis de temps en temps, Vanessa pose pour le photographe - avec du rouge à lèvres pupute dans une douche carrelée de blanc, enveloppée d'une grande gabardine noire sur un parking. Elle est à cet âge intéressant où l'enfant transparaît encore en elle et où se devine déjà la vieille femme qu'elle deviendra, comme en équilibre fragile sur un fil invisible. Les clichés ne sont pas tous flatteurs; certains font ressortir ses joues creuses, ses cernes, la peau qui commence à fatiguer autour de ses yeux, la maigreur de son corps. Mais tous capturent quelque chose d'authentique, une émotion, un instant de vie arrêté.

mercredi 3 décembre 2008

Je vous jure que je fais un effort pour arrêter de râler...

...Mais ce matin, je découvre que ma banque vient de me prélever 65,40€ au titre de six mystérieuses "interventions" facturées 10,90€ chacune. J'ose espérer que ce n'est pas lié au pseudo-renouvellement anticipé de ma carte Visa, que j'avais réclamée en octobre parce que l'ancienne finissait en novembre, et qui ne m'est finalement parvenue que début décembre. J'ose espérer, mais je ne peux pas vérifier parce que mon chargé de compte est en vacances.

Et ce soir, Chouchou m'annonce que j'ai reçu 677€ de taxe d'habitation à régler pour le 15 décembre. Alors que les impôts m'ont déjà prélevé 653€ à ce titre le 7 novembre. Enquête effectuée, ils se sont servis sur mon compte pour la taxe d'habitation de l'Homme avant de me réclamer quand même la mienne. L'an dernier, ils avaient fait exactement l'inverse (et j'avais jubilé en pensant que l'administration me vengeait... apparemment, mal m'en a pris). Ca va bientôt faire trois ans qu'on ne vit plus ensemble, et ils n'ont toujours pas pigé lequel de nous habitait à quelle adresse.

Pendant ce temps, la cause de mon récent problème avec la douane belge demeure toujours un mystère plus épais que la pâte à tartiner au Speculoos.

Et franchement, je pète les plombs. J'en ai marre de l'incompétence ou du jemenfoutisme de certains fonctionnaires, marre de devoir perdre du temps, du fric et de l'énergie à prouver que les torts sont de leur côté, marre d'être constamment emmerdée alors que je suis super organisée avec ma paperasserie et que pas une fois dans ma vie je n'ai fraudé un centime au fisc ou payé une facture en retard. Je voudrais parvenir à garder mon calme face à ces aléas en me disant qu'après tout il n'y a pas mort d'homme, mais je déteste être forcée de résoudre des problèmes qui ne sont pas ma faute et que j'ai personnellement tout fait pour éviter.

*J'ai bien dit "certains", il y en a aussi qui font très bien leur boulot et avec le sourire en plus. Malheureusement, ils ne représentent qu'une minorité parmi tous ceux auxquels j'ai eu affaire.

Diabolique

Le Mal étend lentement son emprise sur la France.

mardi 2 décembre 2008

48h en chiffres

Bouquins terminés: 2 ("Bright lights, big ass" de Jen Lancaster et "La révolte des accents" d'Erik Orsenna)
Magazines lus: 9 (2 "Elle" - celui de la semaine dernière et celui de cette semaine - "Marie Claire", "Cosmopolitan", "Biba" et "Glamour" de décembre, plus 3 magazines de scrap français)
Magasins dans lesquels j'ai dépensés des sous hier après-midi: 7 (Printemps, une pharmacie, Cop Copine, Etam Lingerie, Promod, Carrefour, une librairie)
Magasins dans lesquels j'ai vainement cherché mon Acer Aspire One en rose ou, à défaut, en bleu: 3 (la Fnac ne l'a qu'en blanc, alors qu'elle est censée avoir l'exclusivité sur la couleur rose jusqu'après les fêtes; Planet Saturn l'a en bleu mais sous Linux; Carrefour ne l'a qu'en blanc ET sous Linux)
Prix en euros du superbe manteau Cristalo repéré chez Cop Copine et pas acheté parce que jugé trop cher: 195
Prix en euros du même manteau vendu sur eBay par l'usine qui les fabrique en Chine: 50 + 30 de frais de port
Carte Visa récupérée à la banque deux jours et moult litres de sueur froide après la fin de validité de la précédente: 1 seule, mais avec quel soulagement!
Prix en euros du billet d'avion Bruxelles-Marrakesh commandé pour étrenner ma nouvelle carte Visa: 314 (il était à 40 euros de moins il y a trois semaines, pour un séjour encore distant de cinq mois...)
Agences bancaires visitées: 2 (et apparemment, je vais rester là où je suis... ailleurs, c'est beaucoup plus cher et rien ne me garantit que le service sera meilleur)
Cartes envoyées pour Postcrossing: 5 (au Japon, en Chine, en Russie, en Finlande et aux USA)
Passages à la Poste pour expédier en Colissimo des trucs revendus sur eBay ou Amazon marketplace: 2*
Temps d'attente total, en minutes, à la Poste pour expédier lesdits Colissimo: 40 (je n'ose même pas imaginer ce que ça va devenir à l'approche des fêtes)
Conversations téléphoniques: 5 (mes parents x 2, Soeur Cadette, Etre Exquis, mon esthéticienne)
Conversations sur Skype: 3 (une chaque soir avec Chouchou qui a le moral au fond de ses chaussettes en polaire)
Textos envoyés: 3 (à Kiki, pour arranger le dîner de jeudi)
Etapes de ravitaillement du frigo: 2 (quelques bricoles chez Carrefour hier plus une livraison Picard ce matin)
En attendant le ravitaillement du frigo, nombre d'heures tenues à me nourrir exclusivement avec les deux grandes pizzas commandées dimanche soir à mon arrivée: 36 (et la Parmigiana que je testais pour la première fois était vraiment délicieuse!)
Expérience de congélation foireuse: 1 (les Perles de Lait n'apprécient pas du tout, du tout les températures négatives)
Expériences de congélation réussies: 4 (en revanche, les Marron Suis', la brioche Harry's ainsi que les tranches de fromage et de jambon semblent avoir bien résisté)
Etagères de bibliothèque réaménagées: 3 (j'ai créé un coin spécial pour tous les bouquins ayant trait au Japon, et fini par séparer la SF de la fantasy et du fantastique)
Catégories de possessions triées impitoyablement: 3,5 (j'ai fait le ménage dans mes tiroirs à sous-vêtements, ma boîte à bijoux et ma trousse de maquillage; par contre je crains que l'épuration de ma garde-robe soit une tâche assez semblable au supplice de Sisyphe)
Vestes/manteaux portés à retoucher chez la couturière: 3 (les boutons qui se décousent et les manches qui tombent plus bas que le bout de mes doigts, ça fait rock'n'roll un moment, et après, juste ça agace)
Avec tout ça, pages traduites: 0

*A ce sujet, je tiens à protester vigoureusement contre la politique d'envoi de plus en plus restrictive de la Poste française. Avant, on pouvait envoyer à peu près n'importe quoi en tarif lettre pourvu que ça tienne dans une enveloppe et que le poids n'excède pas 3 kilos. Puis le "n'importe quoi" s'est changé en "seulement du papier". Puis le "seulement du papier" est devenu "seulement du papier, exception faite des livres". Maintenant, on m'informe qu'à cause du calibrage des nouvelles machines de tri, les plis ne doivent pas dépasser 2 cm d'épaisseur et un format A4. J'aimerais qu'on m'explique comment, dans ces conditions, on peut encore parvenir à une lettre de 3 kilos. En écrivant sur des tablettes en plomb, peut-être? Par ailleurs, on ne peut plus envoyer de Colissimo emballé dans une enveloppe à bulles (système très pratique pour les vêtements ou les petits objets légers): désormais, il faudra automatiquement utiliser des cartons, même s'ils ne sont pas nécessaires. Et bien entendu, payer le supplément occasionné par cette surcharge inutile.

lundi 1 décembre 2008

L'automne comme je l'aime

Cet après-midi, le campus universitaire embaumait les feuilles mortes encore détrempées par la pluie de la veille, et le ruisseau qui le traverse chuchotait avec plus de vigueur que d'habitude. Le soleil était sorti de derrière les nuages regonflé à bloc, m'éblouissant à demi. Pas un souffle de vent n'agitait les feuilles jaunes d'or qui s'accrochaient encore aux branches des platanes. Le froid piquait juste assez pour rosir mes joues et justifier le port du mignon petit manteau blanc cassé dont je venais de faire l'emplette. Malgré les sacs de shopping qui me battaient les jambes, je me sentais légère, légère.

"Twist"

J'achète assez souvent des livres au hasard, sans en avoir entendu parler au préalable, parce que pour une raison ou pour une autre ils ont attiré mon attention chez le libraire. Je ne me rappelle plus pourquoi j'ai jeté mon dévolu sur "Twist". D'ordinaire, je recherche les romans dans lesquels je me retrouve un minimum: ceux dont l'intrigue présente une résonnance avec ma vie ou l'un des personnages principaux me ressemble par un aspect au moins. Un bouquin a beaucoup plus de chances de me plaire s'il tire sur la corde de mon empathie. C'est sûrement très narcissique, mais c'est comme ça. Il arrive pourtant qu'une oeuvre géniale parvienne à me captiver en l'absence de tout élément familier. La fois précédente, c'était "A fraction of the whole" de Steve Toltz. Et cette semaine, donc, je me suis laissée captiver par "Twist", dont j'ai dévoré les 426 pages en quatre fins de soirée.

Trois personnages se partagent la narration. Le premier est une fillette de onze ans, Madison Etchart, qui vient de se faire enlever par un inconnu et passera près de cinq ans enfermée dans une cave. Durant sa captivité, elle se confie par écrit à des cahiers d'écolier. Madison est une gamine à l'intelligence précoce et à la volonté indomptable. Pour survivre à ce qui lui arrive, elle déploie des trésors d'énergie et de ruse. Pendant ce temps, sa mère, persuadée qu'elle est toujours en vie malgré le pessisme des enquêteurs, lui écrit des lettres poignantes afin de maintenir un lien avec elle - afin, tout simplement, de ne pas disparaître elle aussi dans la béance de son absence. Ailleurs, un jeune homme pour lequel Madison avait le béguin, et qui lui a inspiré l'idée grâce à laquelle elle endurera sa détention prolongée, connaît son premier chagrin d'amour. Chacun se raconte avec une voix bien distincte, sur un ton propre à sa marque de souffrance particulière, avec beaucoup d'émotion mais sans pathos. L'ensemble donne un livre formidable dont les pages se tournent presque toutes seules tant on s'attache aux protagonistes. L'écriture de Delphine Bertholon, éclatante de vivacité et de naturel, est de celle qui vous emporte irrésistiblement d'une phrase à l'autre. "Twist" est son premier roman; gageons que ça ne sera pas le dernier.

PS: Pour les âmes sensibles dans mon genre, je précise que ce livre ne contient pas la moindre scène de pédophilie - je ne l'aurais pas supporté.

dimanche 30 novembre 2008

Le retour du verre à moitié vide/verre à moitié plein

Le trajet en avion a été perturbé par d'assez grosses turbulences; à Monpatelin, il pleut et il fait à peine plus chaud qu'à Bruxelles (où la température vient de tomber dans les négatifs); mon taxi était en retard, et j'ai attendu dans le froid entourée de fumeurs compulsifs; quand Monique m'a enfin récupérée, elle portait une espèce de patchouli qui a fini de me flanquer la gerbe; et une fois arrivée chez moi, j'ai eu la bonne surprise de constater que mon ADSL était en rade.

Sur une note positive: l'avion était presque vide; j'ai eu le temps de me gaver de magazines féminins pendant le vol; Biba coûte, mystérieusement, 80 cts de moins en Belgique qu'en France (pour les autres titres, c'est plutôt l'inverse, la palme revenant à Glamour qui passe de 1,80 à 2,95€!); du soleil est prévu à Monpatelin pour les jours prochains; mon chauffe-eau n'a pas explosé en mon absence; l'Homme a bien déposé dans ma boîte les papiers que je lui avais réclamés; et Chouchou est le roi du dépannage par téléphone.

samedi 29 novembre 2008

10 things I loved this month

- Les deux étagères Lack rouges qui ont enfin accueilli notre collection de monstres en tout genre et "habillé" le mur chocolat de notre salon. Tout ça pour moins de 10€ pièce. J'aime Ikea.

- Facebook: j'ai repris contact avec quelques personnes perdues de vues à regret, gaspillé des heures innombrables à arranger six lettres de toutes les façons possibles ou à essayer de reconnaître le drapeau du Mozambique, poussé des petits cris de joie en découvrant que tel ou tel écrivain célèbre voulait être mon ami. Pas de doutes, malgré mes réticences initiales, je suis accro.

- Les mendiants Wittamer. Ils me faisaient de l'oeil depuis que je fréquente ce célèbre chocolatier, mais jusqu'ici, j'avais toujours résisté. Décidément, novembre aura été le mois de tous les lâchages. Je ne regrette rien: au chocolat noir ou au chocolat blanc, ils sont diaboliquement bons.

- La neige sur Bruxelles. Quand je suis au chaud chez moi, et pas en ville les bras chargés de paquets.

- Mon beau sapin, une initiative de Pénélope Bagieu toute à son image: généreuse et poilante.

- Le service de protection des acheteurs Paypal, grâce auquel j'ai bel et bien été remboursée pour des articles jamais reçus.

- "Pushing daisies", série à l'esthétique burtonienne pour laquelle Chouchou et moi avons eu un gros coup de coeur - et qui a, bien entendu, été arrêtée au bout de deux saisons.

- La série "Twilight" de Stephenie Meyer, dont j'ai déjà longuement parlé ici.

- "Twist", le premier roman de Delphine Bertholon. Un bouquin formidable auquel je consacrerai un post dès que je l'aurai fini.

- Les Utopiales où j'ai passé un week-end riche en émotions. D'ailleurs, si on veut toujours de moi à Nantes, j'y retournerai en 2009, c'est sûr!

jeudi 27 novembre 2008

J'me sens tout mou, moumoumou...

Semaine maussade. Il fait froid dehors, et la nuit tombe si tôt que je dois allumer à partir de 16h30; Chouchou a des rendez-vous quasiment tous les matins avant de partir bosser de 14 à 22h, et il travaille samedi; quant à moi, je peine à finir la traduction qui m'occupe depuis début septembre. C'est une loi du genre: tous les romans de fantasy se terminent par une grande bataille, et moi, les descriptions de combats, je trouve ça juste chiant. J'ai un mal fou à me mettre en route le matin et je ne sais pas trop quoi faire de mes soirées. Un jour sur deux environ, je me force à faire trois quarts d'heure de Wii Fit - objectif: foie gras et champagne pour Noël, je le rappelle. Je n'ai pas mis le nez dehors depuis le week-end dernier, préférant résoudre le problème de frigo vide en envoyant Chouchou au Contact GB, puis en passant une commande chez Picard. Je vis en pyjama et il m'arrive d'oublier de prendre ma douche quotidienne. Je finis laborieusement de scrapper les photos du voyage en Scandinavie (album bientôt visible sur Scrapharnaüm). J'observe d'un oeil morne le naufrage du PS. J'essaie sans conviction d'améliorer mon score au bowling, et je chope des crampes dans le majeur droit. Essentiellement, je compte les jours en attendant les vacances de Noël.