lundi 1 décembre 2008

L'automne comme je l'aime

Cet après-midi, le campus universitaire embaumait les feuilles mortes encore détrempées par la pluie de la veille, et le ruisseau qui le traverse chuchotait avec plus de vigueur que d'habitude. Le soleil était sorti de derrière les nuages regonflé à bloc, m'éblouissant à demi. Pas un souffle de vent n'agitait les feuilles jaunes d'or qui s'accrochaient encore aux branches des platanes. Le froid piquait juste assez pour rosir mes joues et justifier le port du mignon petit manteau blanc cassé dont je venais de faire l'emplette. Malgré les sacs de shopping qui me battaient les jambes, je me sentais légère, légère.

"Twist"

J'achète assez souvent des livres au hasard, sans en avoir entendu parler au préalable, parce que pour une raison ou pour une autre ils ont attiré mon attention chez le libraire. Je ne me rappelle plus pourquoi j'ai jeté mon dévolu sur "Twist". D'ordinaire, je recherche les romans dans lesquels je me retrouve un minimum: ceux dont l'intrigue présente une résonnance avec ma vie ou l'un des personnages principaux me ressemble par un aspect au moins. Un bouquin a beaucoup plus de chances de me plaire s'il tire sur la corde de mon empathie. C'est sûrement très narcissique, mais c'est comme ça. Il arrive pourtant qu'une oeuvre géniale parvienne à me captiver en l'absence de tout élément familier. La fois précédente, c'était "A fraction of the whole" de Steve Toltz. Et cette semaine, donc, je me suis laissée captiver par "Twist", dont j'ai dévoré les 426 pages en quatre fins de soirée.

Trois personnages se partagent la narration. Le premier est une fillette de onze ans, Madison Etchart, qui vient de se faire enlever par un inconnu et passera près de cinq ans enfermée dans une cave. Durant sa captivité, elle se confie par écrit à des cahiers d'écolier. Madison est une gamine à l'intelligence précoce et à la volonté indomptable. Pour survivre à ce qui lui arrive, elle déploie des trésors d'énergie et de ruse. Pendant ce temps, sa mère, persuadée qu'elle est toujours en vie malgré le pessisme des enquêteurs, lui écrit des lettres poignantes afin de maintenir un lien avec elle - afin, tout simplement, de ne pas disparaître elle aussi dans la béance de son absence. Ailleurs, un jeune homme pour lequel Madison avait le béguin, et qui lui a inspiré l'idée grâce à laquelle elle endurera sa détention prolongée, connaît son premier chagrin d'amour. Chacun se raconte avec une voix bien distincte, sur un ton propre à sa marque de souffrance particulière, avec beaucoup d'émotion mais sans pathos. L'ensemble donne un livre formidable dont les pages se tournent presque toutes seules tant on s'attache aux protagonistes. L'écriture de Delphine Bertholon, éclatante de vivacité et de naturel, est de celle qui vous emporte irrésistiblement d'une phrase à l'autre. "Twist" est son premier roman; gageons que ça ne sera pas le dernier.

PS: Pour les âmes sensibles dans mon genre, je précise que ce livre ne contient pas la moindre scène de pédophilie - je ne l'aurais pas supporté.

dimanche 30 novembre 2008

Le retour du verre à moitié vide/verre à moitié plein

Le trajet en avion a été perturbé par d'assez grosses turbulences; à Monpatelin, il pleut et il fait à peine plus chaud qu'à Bruxelles (où la température vient de tomber dans les négatifs); mon taxi était en retard, et j'ai attendu dans le froid entourée de fumeurs compulsifs; quand Monique m'a enfin récupérée, elle portait une espèce de patchouli qui a fini de me flanquer la gerbe; et une fois arrivée chez moi, j'ai eu la bonne surprise de constater que mon ADSL était en rade.

Sur une note positive: l'avion était presque vide; j'ai eu le temps de me gaver de magazines féminins pendant le vol; Biba coûte, mystérieusement, 80 cts de moins en Belgique qu'en France (pour les autres titres, c'est plutôt l'inverse, la palme revenant à Glamour qui passe de 1,80 à 2,95€!); du soleil est prévu à Monpatelin pour les jours prochains; mon chauffe-eau n'a pas explosé en mon absence; l'Homme a bien déposé dans ma boîte les papiers que je lui avais réclamés; et Chouchou est le roi du dépannage par téléphone.

samedi 29 novembre 2008

10 things I loved this month

- Les deux étagères Lack rouges qui ont enfin accueilli notre collection de monstres en tout genre et "habillé" le mur chocolat de notre salon. Tout ça pour moins de 10€ pièce. J'aime Ikea.

- Facebook: j'ai repris contact avec quelques personnes perdues de vues à regret, gaspillé des heures innombrables à arranger six lettres de toutes les façons possibles ou à essayer de reconnaître le drapeau du Mozambique, poussé des petits cris de joie en découvrant que tel ou tel écrivain célèbre voulait être mon ami. Pas de doutes, malgré mes réticences initiales, je suis accro.

- Les mendiants Wittamer. Ils me faisaient de l'oeil depuis que je fréquente ce célèbre chocolatier, mais jusqu'ici, j'avais toujours résisté. Décidément, novembre aura été le mois de tous les lâchages. Je ne regrette rien: au chocolat noir ou au chocolat blanc, ils sont diaboliquement bons.

- La neige sur Bruxelles. Quand je suis au chaud chez moi, et pas en ville les bras chargés de paquets.

- Mon beau sapin, une initiative de Pénélope Bagieu toute à son image: généreuse et poilante.

- Le service de protection des acheteurs Paypal, grâce auquel j'ai bel et bien été remboursée pour des articles jamais reçus.

- "Pushing daisies", série à l'esthétique burtonienne pour laquelle Chouchou et moi avons eu un gros coup de coeur - et qui a, bien entendu, été arrêtée au bout de deux saisons.

- La série "Twilight" de Stephenie Meyer, dont j'ai déjà longuement parlé ici.

- "Twist", le premier roman de Delphine Bertholon. Un bouquin formidable auquel je consacrerai un post dès que je l'aurai fini.

- Les Utopiales où j'ai passé un week-end riche en émotions. D'ailleurs, si on veut toujours de moi à Nantes, j'y retournerai en 2009, c'est sûr!

jeudi 27 novembre 2008

J'me sens tout mou, moumoumou...

Semaine maussade. Il fait froid dehors, et la nuit tombe si tôt que je dois allumer à partir de 16h30; Chouchou a des rendez-vous quasiment tous les matins avant de partir bosser de 14 à 22h, et il travaille samedi; quant à moi, je peine à finir la traduction qui m'occupe depuis début septembre. C'est une loi du genre: tous les romans de fantasy se terminent par une grande bataille, et moi, les descriptions de combats, je trouve ça juste chiant. J'ai un mal fou à me mettre en route le matin et je ne sais pas trop quoi faire de mes soirées. Un jour sur deux environ, je me force à faire trois quarts d'heure de Wii Fit - objectif: foie gras et champagne pour Noël, je le rappelle. Je n'ai pas mis le nez dehors depuis le week-end dernier, préférant résoudre le problème de frigo vide en envoyant Chouchou au Contact GB, puis en passant une commande chez Picard. Je vis en pyjama et il m'arrive d'oublier de prendre ma douche quotidienne. Je finis laborieusement de scrapper les photos du voyage en Scandinavie (album bientôt visible sur Scrapharnaüm). J'observe d'un oeil morne le naufrage du PS. J'essaie sans conviction d'améliorer mon score au bowling, et je chope des crampes dans le majeur droit. Essentiellement, je compte les jours en attendant les vacances de Noël.

mercredi 26 novembre 2008

Les banques nous prennent vraiment pour des cons

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je ne vais pas râler contre la Poste ou le Trésor Public, mais contre ma banque.
En juillet dernier, après avoir passé au crible les cotisations exorbitantes que je payais depuis dix ans, je me suis rendu compte que la mienne me facturait des tonnes de prestations dont je n'ai pas besoin (notamment des assurances pour salarié...) et deux cotisations de carte Visa en double!
J'ai appelé mon chargé de compte pour gueuler. Après examen de mes besoins réels, je suis passée de 370 à 132 euros de frais bancaires par an, tout compris. Prélevés sous la forme d'une cotisation mensuelle de 11 euros. Avec la promesse d'un "geste commercial" pour compenser tous les sous dont j'avais été grugée jusque là.
Bon.
Sauf que maintenant, nous sommes fin novembre. Que le geste commercial, je l'attends toujours, malgré plusieurs rappels de ma part. Et qu'aujourd'hui, on vient de me prélever 112 euros de cotisation Visa Premier sortis de nulle part.
Je changerais bien de banque, mais j'ai peur que le problème soit le même partout.

"Le Grand Pays"

C'est toujours avec un peu d'appréhension que je lis les bouquins écrits ou traduits par des amis. Parce que je sais que si ça ne me plaît pas, je serai incapable de le leur cacher, de sourire hypocritement en disant "Oui, oui, j'ai adoré, c'était super!". Donc, quand il m'arrive de le faire, c'est toujours en cachette. Si je n'ai pas aimé, je ne moufte pas, et la diplomatie est sauve.

Vous vous en doutez, si je parle aujourd'hui du premier tome de "La légende des Tueuses-Démon", c'est parce que je n'ai quasiment que du bien à en dire. Dès le départ, le lecteur est plongé dans l'action avec une des meilleures premières phrases de roman que j'ai jamais lues, tous genres confondus: "A onze heures, ils demandèrent à Malïn de se suicider". La fin arrive, elle aussi, comme un coup de poing avec un cliffhanger qui donne juste envie de maudire l'auteur et de demander quand - mais QUAND? - paraîtra la suite. Entre les deux, il y a une quête de fantasy au scénario a priori relativement convenu (deux adolescents doivent chercher dans un pays étranger et hostile la personne qui leur permettra de sauver les habitants de leur royaume menacé par un démon), mais au cadre si original et à la narration si haletante qu'on ne s'ennuie pas une seconde. Lentement, l'un des jeune héros bascule dans la folie, et quand son aventure se conclut enfin, ce n'est pas du tout de la façon que le lecteur attendait. Les descriptions de lieux sont très vivaces, évocatrices sans sombrer dans le trop touffu, et l'ambiance vaguement asiatique apporte une petite touche d'exotisme bienvenue. Bien qu'omniprésente, la magie reste un concept assez vague pour maintenir une atmosphère de menace diffuse. Le pragmatisme à tout crin des deux personnages principaux les place à mille lieues des ados nian-nian dont ce genre de série nous gratifie d'habitude. Plusieurs mystères sont esquissés dans des interludes et laissés en suspens jusqu'à une date ultérieure - très ultérieure, même, si on considère le bond en avant qui sépare les deux derniers chapitres.

Si j'avais un petit reproche à faire à ce roman, ce serait la disproportion entre la première partie où Malïn fuit le Palais de l'Immuable pendant plus de 70 pages, et le "corps" de sa quête qui n'en occupe ensuite que 260: j'aurais aimé un poil moins d'horreurs au début et ensuite, que certains passages de ses aventures soient plus détaillés (au début, quand il découvre le Grand Pays et ses habitants; ou à la fin, quand il lève son armée avant de rentrer chez lui). J'ai également eu un petit souci de vraisemblance dans la partie où les deux héros se relaient pour porter sur leur dos, pendant plusieurs semaines de marche forcée quasiment sans eau et sans nourriture, une autre adolescente de leur âge. Personnellement, je ne fais pas plus de deux cents mètres en charriant une valise qui pèse le tiers de mon poids. C'est sûr, je ne ferai jamais une bonne héroïne de fantasy :) Mais ceci mis à part, "Le Grand Pays" est un roman comme il en paraît bien peu dans le genre. Si vous êtes amateur de fantasy et que vous commencez à vous lasser de lire tout le temps les mêmes histoires, je vous le recommande chaudement.

mardi 25 novembre 2008

Pour la bûche de Noël, si on la commande chez Picard...


Celle-là, c'est NON.

Tu y viendras comme les autres, Jen...

Trouvé dans la rubrique "potins people" de http://www.glamourmagazine.co.uk/:

Jennifer Aniston won't join Facebook

Jennifer Aniston has admitted that she's a bit phobic when it comes to technology. The Friends star told the New York Times: "I'm really computer illiterate. When I see people on their BlackBerrys, working them like some girls work a hairdryer, I'm just stunned. People have sent me clips from FunnyOrDie.com or YouTube, but I never seek it out... I'm content with just checking my e-mail." The actress says that she's determined to buck the trend and avoid joining Facebook: "It's not for me. I'd be opening myself up too much. I don't want to sound like a complete innocent - I've looked at things, of course. But it's such spewing. If I look at it, I'll be affected. It's like dancing with the devil."

Et moi je dis, vu la réussite de sa vie amoureuse depuis que Brad est parti avec Angelina, elle ne peut pas trop faire la difficile sur ses partenaires de danse :)

lundi 24 novembre 2008

A tous les lecteurs de ce blog...

...qui connaissent ou ont trouvé mon véritable nom et me lancent des invitations à devenir leur amie sur Facebook:
Je suis touchée par vos nombreuses demandes (une dizaine rien qu'aujourd'hui!), mais après avoir longuement réfléchi, j'ai décidé de limiter mon réseau aux gens que je connais "dans la vraie vie". En effet, mon profil contient certaines informations dont je préfère qu'elles ne soient pas divulguées trop largement. Et puis, je l'ai créé pour entretenir un contact avec mes relations existantes, pas pour collectionner le nom et la photo de gens dont je ne sais rien sinon qu'ils ont le bon goût la gentillesse d'apprécier mes modestes écrits. Pour l'heure, je ne valide donc que les demandes de personnes que j'ai déjà rencontrées ou avec lesquelles j'ai eu un véritable échange - sur ce blog, sur le leur ou par l'intermédiaire d'un forum. Merci de votre compréhension :)

dimanche 23 novembre 2008

Moi aussi, j'ai rejoint la secte

Voilà, j'ai craqué.
Je me suis inscrite sur Facebook. Hier en rentrant du cinéma où je venais de voir un film médiocre. Il était 22h, nous avions encore une fin de soirée à tuer et Chouchou rigolait tout seul en regardant son mur. Ca m'a rendue jalouse. Je n'aime pas me sentir mise à l'écart, même quand je m'y suis mise toute seule.
Une heure après avoir basculé du côté obscur de la Force, j'avais déjà 6 amis et j'étais occupée à taper frénétiquement dans la barre "rechercher" le nom de tous les gens que j'ai jamais rencontrés dans ma vie (pas pour les inviter, juste pour voir s'ils "en étaient"). Et ben même une sociopathe dans mon genre connaît beaucoup, beaucoup de monde.
Constatation: la plupart des membres de ma famille ont un nom trop commun. Impossible de retrouver le moindre de mes cousins dans les listes pléthoriques de Jean-François R, Martine F, Nathalie G ou Frédérique D. Itou avec certains amis perdus de vue que j'aurais retrouvés avec plaisir. Par contre, j'ai une homonyme "peignée comme un dessous de bras" pour reprendre l'expression de Phil H, qui a été scolarisée dans l'autre grand lycée de ma ville natale et fréquente la même ophtalmo et le même coiffeur que moi (chose que je savais déjà car on a tenté plusieurs fois de me refiler ses lunettes ou de me teindre les cheveux de la même couleur que les siens).
Après avoir épuisé mon carnet d'adresses, je ressemblais à une junkie qui vient de se faire son premier shoot d'héro. Je tirais sur la manche de Chouchou en réclamant "encore, encore" tandis qu'un léger filet de bave me coulait au coin des lèvres.
Je me suis rempli un profil Travel Brain. Et j'ai été très vexée de voir qu'avec mes plus de 90 villes visitées et mes voyages extensifs à travers les Etats-Unis, j'obtenais moins de points que Chouchou, tout ça parce qu'il a été une fois en Egypte et une fois en Thaïlande. J'ai eu beau me creuser la tête pour en exhumer le nom du moindre petit village où j'ai passé plus de deux heures dans toute ma vie, impossible apparemment de rivaliser avec une croisière sur le Nil et les temples de Chiang Mai. Grmbl.
A une heure du matin, il a littéralement fallu m'enlever mon portable des mains et m'envoyer me coucher sous la menace.
Ce matin, ma première pensée en ouvrant les yeux a été "je me demande combien j'ai d'amis en ce moment?". En même temps c'est bien: l'envie de vérifier m'a empêchée de traîner au lit jusqu'à onze heures.
J'ai poussé des cris de joie en voyant que mes amis étaient désormais au nombre de 15. D'un coup d'un seul, je me suis sentie populaire (un sentiment très nouveau pour moi). Puis je me suis plongée avec délices dans Virtual Bookshelf: enfin un moyen d'archiver mes nombreuses lectures! Là, je regarde Chouchou installer les luminaires achetés le week-end dernier en inspectant les amis de mes amis et en cherchant des tests stupides à faire. Je suis : monomaniaque pathétique.

"Samantha who?" saison 1

Samantha Newly se réveille à l'hôpital après une semaine dans le coma - sans le moindre souvenir de son passé. Elle ne reconnaît ni ses parents, ni son copain, ni sa meilleure amie. En fait, elle ne sait même plus qui elle est. Mais elle ne va pas tarder à le découvrir - et à être horrifiée.

L'Ancienne Sam, comme elle la surnomme pour s'en distinguer, n'a pas adressé la parole à ses parents depuis deux ans; elle n'a aucun ami en dehors d'une garce matérialiste qui bosse avec elle chez un promoteur immobilier sans scrupules, a accumulé des dettes extravagantes et au moins une interdiction juridique d'approcher un de ses ex à moins d'un kilomètre. Elle a aussi l'habitude de pousser les futures mariées à tromper leur époux pendant leur soirée d'enterrement de vie de jeune fille, interdit les célébrations d'anniversaire au bureau et force sa secrétaire terrorisée à entamer ses pommes pour elle. Bref, tout le monde la déteste, et non sans raison. Mais la Nouvelle Sam est bien décidée à se racheter une conduite et à devenir une gentille fille. Ce qui serait plus facile si ses erreurs passées ne revenaient pas régulièrement la hanter...

"Samantha who?" n'a pas d'autre prétention que de divertir les spectacteurs avec les mésaventures cocasses d'une jolie blonde prise à son propre piège. Inutile de chercher ici un second degré ou un message profond sur le sens de la vie: il n'y en a pas. Si vous êtes en quête de séries consistantes pour satisfaire votre appétit télévisuel, allez plutôt faire un tour du côté de "Six feet under". Les amateurs de bonbons acidulés, en revanche, devraient passer un bon moment en compagnie de Christina Applegate et compagnie.

samedi 22 novembre 2008

Mon avis sur la neige...

...qui tombe juste le jour où j'ai décidé de sortir pour un après-midi shopping.


Est-ce assez éloquent?

A faire avant les vacances de Noël

- Passer chez Whittamer faire le plein de chocolats assortis pour être sûre que Mère au moins nous réservera un accueil supra-enthousiaste.
- Trouver une chouette parure pour le nouveau "lit de grand" de Cahouète. J'avais flashé sur la Robots, ; manque de chance, elle n'est plus disponible. Si des lectrices mères de famille (ou pourvues d'un large assortiment de filleuls) ont des tuyaux linge de maison à me refiler, c'est volontiers.
- Commander le cadeau de son choix à Attila qui, depuis peu, ne croit plus au Père Noël. Cette année au moins, je n'aurai pas peur de gaffer devant les enfants.
- Perdre au moins un kilo, si possible deux, pour ne pas être obligée de me rationner en foie gras et en champagne. Je déteste les huîtres et le caviar, ne raffole pas du saumon fumé et me passe très bien de douceurs sucrées genre bûche ou escargots de Bourgogne. Mais le premier qui s'interpose entre moi et mon foie gras ou mon champagne se prend une fourchette plantée dans la main et une flûte dans l'extrémité sortante. A bon entendeur.
- Me lâcher sur les commandes sur des sites internet américains et tout faire livrer chez mes parents (= dans un pays où la Poste est raisonnablement fiable et où la douane ne facture pas de frais sur les colis d'une valeur marchande de moins de $100).
- Envoyer mon chèque annuel aux Restos du Coeur. C'est l'une des seules associations caritatives en lesquelles j'ai vraiment confiance pour faire bon usage de mes sous, et les dons sont déductibles du revenu imposable à hauteur de 75%! Dans ces conditions, ça ne coûte vraiment pas grand-chose de faire un geste pour les plus démunis.
- Mettre dans ma valise: les centimes d'euros hollandais et les pièces commémoratives belges dénichées pour Père; un exemplaire de tous les SP que j'ai reçus depuis le mois de juillet (jusqu'ici, un: a priori ce n'est pas ça qui va alourdir la valise); la cire Nair chaudement recommandée par Soeur Cadette et avec laquelle je ne parviens qu'à foutre des fils roses gluants partout sur mon tapis; les manettes de Wii et le Lapins Crétins Show; les quelques cartes de voeux que je compte envoyer depuis Toulouse et qui sont déjà rédigées depuis dix jours.
- Peaufiner mon argumentaire pour convaincre Père de prendre une connection* internet et une webcam, histoire qu'on puisse s'appeler sur Skype.
- Rappeler à Soeur Cadette de prévoir un créneau pour un goûter ou un brunch chez Bapz.
- Tâter le terrain pour voir si la même Soeur Cadette nous prêterait une des voitures qu'on lui a pas encore volées, histoire d'aller nous remplir le bide de potée chez ma copine Draco (qui en plus me doit une dédicace sur sa novella multi-primée).
- Décider si j'investis ou pas dans un Acer Aspire One pour les déplacements pendant lesquels je n'ai pas besoin de bosser (et pourquoi il n'est pas disponible tout de suite en rose, d'abord, hein?).

*Le premier qui me fait remarquer que ça s'écrit avec un x en français subira le même sort que les voleurs de foie gras et/ou de champagne.

vendredi 21 novembre 2008

That time of the night ('08 remix)

Lui et moi, nous n'avons pas vraiment les mêmes horaires. Son travail l'oblige à se lever tôt le matin, si bien que le soir, il s'écroule généralement vers minuit et demie, le dernier tome de "Lone wolf and cub" ouvert à la main. "Chouchou, tu dors", dis-je en le secouant pour qu'il pose son manga, ôte ses lunettes et s'installe plus confortablement. "Hein? sursaute-t-il. Non, pas du tout. Je me repose les yeux." Il reprend sa lecture. Cinq minutes plus tard, je fais une deuxième tentative. "Chouchou, tu dors." Généralement, il capitule au bout de la troisième. Nous éteignons le plafonnier et j'allume ma lampe de chevet pour pouvoir continuer à bouquiner jusqu'à une ou deux heures du matin. Parfois, il vient se blottir contre moi, la tête sous mon bras gauche. Essayant de maintenir mon livre ouvert d'une seule main, je lui caresse machinalement le crâne de l'autre, comme je le ferais avec un de mes chats.

Vient enfin le moment où moi aussi, je décide de me coucher histoire d'être capable de me tirer du lit vers dix heures le lendemain. J'enlève mon pull et mes lunettes, dépose à côté du lit l'un des deux oreillers que j'utilise pour me caler le dos en position assise, éteins ma lampe de chevet et me glisse sous la couette. Si un ou des chats ne se sont pas subrepticement installés entre nous, roulés en boule et ronflant tout bas, je me colle contre lui. Oh, pas longtemps: j'ai vite trop chaud, et puis je ne dors bien que sur le dos. Mais j'aime profiter de ces instants que je vole à son sommeil. Caresser la peau fraîche de ses épaules et du haut de ses bras. Renifler le creux de son cou. Déposer un baiser tout léger sur son front. Jouer avec le triangle de poils dans sa nuque. Crocheter une cheville par-dessus ses mollets et frotter un peu mon pied contre les siens. Me dire qu'avec lui, je suis enfin heureuse et en paix.

jeudi 20 novembre 2008

Métempsycose du chat

Les choses étaient clairement définies depuis toujours. Copernique, plus jeune d'un an mais plus massive et plus assurée, était la femelle dominante, celle qui mangeait en premier, s'installait d'autorité à la place de choix et n'hésitait pas à pousser l'autre pour s'assurer le meilleur en tout. Menue et timide, Scarlett demeurait perpétuellement en retrait avec un air craintif, voire un peu inquiet. Parfois, elle miaulait tout doucement pour réclamer une caresse.

Les survivants d'une maladie grave disent souvent que les épreuves traversées les ont changés du tout au tout, qu'elles leur ont fait voir la vie sous un autre jour et adopter une attitude nouvelle. Apparemment, ce n'est pas valable que pour les humains.

La transformation a commencé quand Scarlett a eu des problèmes de santé à l'automne dernier, peu après mon installation à Bruxelles. Affaiblie par l'enchaînement d'une gingivite et de l'explosion d'une glande anale (cette dernière la dissuadant très fort d'avaler quoi que ce soit...), elle se traînait piteusement toute la journée, et j'ai bien cru la perdre. Non seulement elle a récupéré, mais à partir de là, elle a manifesté des bouffées d'énergie délirantes, bien que sporadiques. De temps en temps, sans qu'on sache quelle mouche l'a piquée, elle se met à cavaler dans l'appartement avec toute la grâce et la délicatesse d'un bison affolé par un incendie. Après deux ou trois aller-retour, elle se fige quelques secondes... et repart dans l'autre sens jusqu'à ce qu'épuisement s'en suive. Soit.

Cet été, ça a été le tour de Copernique de nous flanquer une sacrée frousse. En rentrant d'une absence de quelques jours durant laquelle nous l'avions confiée à la garde d'un voisin, nous l'avons trouvée apathique et maigre à faire peur, comme à moitié morte de faim. De 3,8 kilos, son poids de forme, elle avait dégringolé à 2,4 kilos seulement. Le vétérinaire consulté a décelé une anémie dont il n'as pas réussi à identifier la cause. Des antibiotiques ont permis d'enrayer le problème. Copernique a repris une activité normale, mais très peu de poids. Son poil autrefois mousseux et d'un joli blanc cassé est devenu grisâtre et raplapla; aucun brossage ne parvient plus à lui redonner un semblant de bouffant. Quand nous la prenons dans nos bras, elle est pitoyablement légère; quand elle dort roulée en boule, elle n'occupe pas plus de place qu'un chaton de six mois.

Sa personnalité semble avoir rétréci en même temps que son corps. Son miaulement est devenu éraillé et piteux. Au lieu de prendre ce qu'elle veut et de s'installer là où elle en a envie, mademoiselle boude quand on ne précède pas ses désirs. Elle nous tourne le dos pour se planter devant un radiateur ou un meuble et elle ne bouge plus, se contentant d'émettre une intense aura de culpabilisation. Je ne l'entends plus approcher. Parfois, je me retourne et elle est assise derrière moi, immobile comme une statue. J'ai l'impression qu'elle ne cligne même pas des yeux. Dans ces moments, elle me perturbe assez fort.

Pendant qu'elle rétrécissait, Scarlett, elle, s'est mise à gonfler. Et à gonfler, et à gonfler - au point que Chouchou l'a surnommée Saucisse et moi Haroun El-Poussah. Quand elle s'assied sur son arrière-train, elle ressemble à un bonhomme de neige poilu: une petite boule posée sur une très grosse. Son sans-gêne a augmenté proportionnellement à son volume. Désormais, lorsque nous remplissons la gamelle, c'est elle qui se précipite en brâmant comme si nous ne l'avions pas nourrie depuis quinze jours. C'est elle qui bâfre jusqu'aux dernières croquettes, à la dernière miette de viande; elle qui squatte entre nos deux oreillers dans la position éminemment satisfaite d'une créature qui n'a pas un seul souci au monde.

Parfois, je les regarde toutes les deux et j'ai l'impression qu'elles ont échangé leur personnalité - que l'esprit de Copernique se trouve dans le corps de Scarlett et vice-versa.

mercredi 19 novembre 2008

"Breaking dawn"

Quatrième et dernier tome de la série de Stephenie Meyer, "Breaking dawn" ("Révélation" en VF) conclut l'histoire de Bella et d'Edward. Comme prévu, il commence par le mariage des deux tourtereaux et se poursuit par leur lune de miel sur une île sud-américaine. Là, Bella obtient enfin ce qu'elle veut: qu'Edward lui fasse l'amour pendant qu'elle est encore humaine. Et ce dont on se doutait que ça arriverait arrive effectivement: notre héroïne tombe enceinte. Plus surprenant: son bébé grandit à un rythme accéléré en la dévorant de l'intérieur*. Ce qui va finalement obliger Edward à la transformer en vampire pour la sauver. Bien entendu, les ennuis ne font alors que commencer: humaine ou non, Bella reste un véritable aimant à problèmes!

J'avais lu sur internet énormément de critiques de fans déçus par ce dernier tome de la série, se plaignant que tout se résolvait beaucoup trop facilement. Je ne partage pas leur déception. C'est vrai que l'histoire de la grossesse bouclée en un mois et de l'enfant âgée de trois ans au bout de quelques jours m'a fait grincer des dents: elle avait le goût de la nécessité scénaristique à laquelle l'auteur était infichue de fournir une explication crédible. Là, en tant que lectrice, je me suis un peu sentie prise pour une truite. C'est vrai que Bella réussissant à se maîtriser tout de suite après sa transformation et sautant l'étape qu'elle redoutait depuis le début, c'est vaaachement pratique pour la suite - mais il n'est pas (trop) implausible que ce soit effectivement dû à toute la préparation dont elle a bénéficié. C'est vrai que le fait que Jacob "reconnaisse" Renesmée** tombe un peu trop à pic pour résoudre les problèmes du triangle amoureux, mais parce que ça avait été préparé à l'avance (un autre membre de la meute qui "reconnaît" une fillette, la conviction inexplicable de Bella que Jacob fait partie de sa famille), je n'ai pas trouvé ça choquant. C'est vrai, enfin, que la série se termine quasiment en happy end à la Disney et que pour rester dans le ton, il aurait fallu que le camp Cullen subisse quelques pertes.

Mais ces faiblesses ne m'ont pas empêchée d'adorer "Breaking Dawn". J'ai aimé toute la seconde partie vue à travers les yeux de Jacob (comme l'épilogue d'"Eclipse"); le changement de ton et de perspective était, à ce moment de la narration, extrêmement approprié. J'ai aimé que l'auteur dévoile enfin la raison pour laquelle Edward n'entend pas les pensées de Bella, et que cette raison s'avère l'instrument de leur victoire finale. J'ai aimé le rassemblement de vampires venus des quatre coins de la planète, chacun avec ses motivations et ses particularités. J'ai aimé l'atmosphère glaçante de la confrontation avec les Volturi. J'ai aimé l'évolution globale de la série et de son héroïne: lycéenne terne au début de "Twilight", puissante immortelle à la fin de "Breaking Dawn". Stephenie Meyer n'est peut-être pas le meilleur écrivain du monde, mais elle a réussi à me tenir en haleine sur quelques 2500 pages, et je lui tire mon chapeau pour ça.

*Stephenie Meyer aurait-elle puisé son inspiration dans mes cauchemars?
**et là, je suis d'accord avec les fans déçus: j'ai rarement entendu un prénom plus vilain!

mardi 18 novembre 2008

Alors, c'est quoi le monument belge le plus célèbre, mmmh?

Voici le message que vient de m'écrire une jeune Chinoise à qui j'avais envoyé la carte postale ci-contre:

Hello!
Thanks a lot for your manneken-pis card! I know this little boy when I was in my Primary School haha++, cus our text book have a story about him! And our former chairman Jiang also give the little boy two sets of our national clothes to show our respect and love~now I have a card about my young age hero! That's cool!

Regards,
Raquel, Shanghai.

lundi 17 novembre 2008

"The L Word" saison 5

Je trouve que cette série a une évolution intéressante. Au début, on sentait qu'elle se prenait pas mal au sérieux, comme si la créatrice Ilene Chaiken s'était donné pour mission de représenter son milieu (celui des lesbiennes californiennes, donc) sous un jour aussi glamour et intense que possible, quitte à oublier la crédibilité des personnages et des situations.

Cinq ans plus tard, "The L Word" est toujours aussi peu réaliste. Il a fallu attendre une scène tournée dans les douches d'une prison pour voir la première lesbienne moche de la série! Et si on en croyait les scénaristes, une lesbienne refoulée se cacherait en pratiquement toute fille dont les yeux se posent sur Shane. Par contre, le sérieux militant a laissé la place à un humour burlesque aussi inattendu que bienvenu. En perdant sa fortune, Helena a révélé tout son potentiel comique. Devenue réalisatrice hollywoodienne, Jenny se la pète tellement qu'on hésite entre lui mettre des claques et la renvoyer jouer à la poupée. Shane, dont la relation avec Paige n'a évidemment pas tenu, attire les filles homos ou hétéros comme le jour de flûte de Hamelin les rats. Et c'est plus fort qu'elle: même quand elle tente de résister, elle ne peut s'empêcher de les sauter toutes.

Côté négatif: Adèle et Dawn. Deux psychopathes qui débarquent en même temps dans la série, ça fait au moins une de trop. Max ne sert toujours à rien, sinon à jouer le transgenre de service. Bette et Tina nous remettent ça pour la Xième fois, façon Ross et Rachel. Elles ne peuvent pas vivre ensemble, et elles ne peuvent pas vivre séparément. Enough already. Papi a disparu de la série sans la moindre explication (à moins que j'aie loupé quelque chose?). Kit est, euh, pathétique et trèèès mal coiffée. Je n'accroche pas avec le personnage de Phyllis, son coming out tardif et enthousiaste, son étroitesse d'esprit quand il s'agit des choix de sa fille. Quant à Alice, je suis toujours partagée à son sujet. D'un côté, j'admire son énergie et sa liberté d'esprit; de l'autre, ce serait bien qu'elle cesse de se mêler de ce qui ne la regarde pas et de prendre des décisions à la place des autres. Les deux seules qui ont un comportement logique et auxquelles on n'a pas tout le temps envie de mettre des baffes sont Jodi et Tasha - du moins, jusqu'à la fin de la saison où elles partent en couille (ce qui est quand même le comble pour des lesbiennes...) comme les autres.

Malgré ses défauts, "The L Word" reste pour moi une série novatrice et intéressante parce qu'unique en son genre. J'attendrai la saison 6 avec impatience.