mercredi 12 novembre 2008

Cherchez l'erreur


Un(e) intrus(e) s'est glissé dans cette photo de notre bibliothèque;
saurez-vous la retrouver?

mardi 11 novembre 2008

Notre prochain investissement loisirs


The Lapins Crétins Show
envoyé par Gameblog

Il paraît après-demain. Si la Fnac City 2 le veut bien, nous commencerons à nous entraîner le soir même. Je prédis des vacances de Noël en famille plutôt... remuantes.

"Eclipse"

J'ai littéralement dévoré le tome 3 de la série de Stephenie Meyer, au rythme d'une bonne centaine de pages chaque soir avant de me coucher. Bella et Edward se sont retrouvés, mais tout n'est pas rose pour autant. Seattle est la proie d'un mystérieux tueur en série; un vampire inconnu s'introduit la nuit dans la chambre de l'héroïne pour... lui voler son chemisier préféré; et surtout, au grand dam de Bella, Edward insiste obstinément pour l'épouser avant de la transformer en vampire comme elle le lui réclame. Parallèlement, la jeune fille s'efforce de réparer son amitié brisée avec Jacob Black, le loup-garou amoureux d'elle. La rivalité entre Edward et Jacob la met dans une position intenable: quoi qu'elle fasse, elle en blesse un des deux. Mais lorsque la nature de la menace diffuse qui pèse sur la petite ville de Forks est enfin révélée et que Bella s'avère en être la cible, la famille Cullen et la meute des Quileute n'ont pas d'autre choix que de coopérer pour sauver leur protégée.

Disons-le tout de suite, Stephenie Meyer ne cherche à faire ni dans le thriller, ni dans le roman d'action. L'intrigue policière est réduite à sa plus simple expression, et toutes les scènes de combat se déroulent soit hors de la vue de l'héroïne, soit trop vite pour qu'elle puisse distinguer quoi que ce soit (par moments, elle ne réalise même pas qui a le dessus). Ici comme dans les tomes précédents, l'accent est mis sur les sentiments des personnages. L'auteur rend très bien le côté exaltant, asbolu et déchirant de la passion, ainsi que l'impuissance de ceux qu'elle frappe bien souvent malgré eux. En revanche, j'ai du mal à m'attacher à ses héros. Edward essaie de contrôler le moindre mouvement de Bella, et même si c'est pour la protéger, même s'il est prêt à mourir pour elle, ça devient vite irritant. De son côté, Bella se laisse faire quand elle devrait mettre le holà et agit avec une imprudence stupide quand elle devrait écouter les conseils de son petit ami. J'ai par contre beaucoup de sympathie pour Jacob, y compris quand il ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il veut. Alice, personnage secondaire que la plupart des lecteurs de la série semble adorer, ne m'inspire que de l'agacement. Mais j'ai adoré en découvrir davantage sur l'histoire et le fonctionnement de la meute.

En résumé, un troisième tome bien dans la lignée du second, durant lequel la tension dramatique ne cesse d'augmenter. J'ai hâte d'attaquer le quatrième et dernier (un pavé de 750 pages), même si j'ai lu ça et là sur internet qu'il avait déçu la plupart des fans.

lundi 10 novembre 2008

Pour ou contre: le port d'arme pour les citoyens

Le Second Amendement de la Constitution américaine, qui garantit à tous les citoyens le droit de porter une arme, est l'un des sujets qui opposent traditionnellement Démocrates et Républicains - les premiers étant pour sa suppression, les seconds hurlant au scandale et arguant qu'il est l'un des fondements de leur nation. Et de fait, je comprends que dans un pays aussi jeune, fondé par des pionniers qui ont dû se battre pour voler conquérir et conserver leurs terres, la possibilité de se défendre par le fer et le feu fasse partie des acquis culturels. En même temps, on n'est plus au temps du Far West, hein.

Bien sûr que si quelqu'un nous agressait, moi et ma famille, j'aimerais être en mesure de le neutraliser de manière efficace. Si je croyais notre sécurité physique menacée et si j'avais une arme sous la main, je n'hésiterais pas à m'en servir - et sans une once de remords. Mais honnêtement, la probabilité que cela arrive est infinitésimale. Beaucoup plus probablement, si je gardais un flingue chez moi, l'aîné de mes neveux ou l'un des jeunes enfants de mes amis finirait par le trouver et risquerait de se blesser, voire de se tuer avec.

Et puis, où s'arrête la justification sécuritaire? Comment puis-je être certaine qu'une personne va vraiment me faire du mal? A quel moment puis-je décider qu'elle mérite que je lui tire dessus?
- Quand elle brandit un couteau sous la gorge de mon compagnon?
Dans cette situation, je pense que tout le monde me donnerait raison, y compris un tribunal de justice français.
- Quand elle s'introduit chez nous, croyant la maison vide et pensant peut-être juste à emporter notre console de jeux vidéo et mes bijoux?
A cette question, beaucoup d'Américains (et mon paternel...) répondraient "oui"; moi, je pense que la riposte doit rester proportionnée à l'offense et qu'on n'abat pas quelqu'un pour des possessions matérielles.
- Quand je la surprends à rôder dans mon jardin, à titre préventif?
Et si ce n'était qu'un voisin soûl qui a perdu ses clés?

La frontière entre la légitime défense et la bavure est excessivement mince. Même si c'était légal en France, je ne souhaiterais pas me promener avec une arme à feu. J'aurais trop peur, sous l'emprise du stress, de commettre une grave erreur de jugement. Et puis, c'est prouvé: rien de tel que de dégainer un flingue pour faire dégénérer une situation déjà tendue. Un calibre .38 dans les mains, la tentation est trop grande de jouer les cowboys. Alors, même si je peux comprendre que l'on souhaite être en mesure de défendre ses proches, je pense que le jeu n'en vaut pas la chandelle. Pour un meurtre ou une agression sérieuse évités, combien d'innocentes victimes du Second Amendement aux Etats-Unis? Les psychopathes en liberté sont, fort heureusement, beaucoup moins nombreux que les gamins curieux et les petits délinquants.

"Californication" saison 1

Le monde des séries télé US est tout petit. Régulièrement, alors que je suis vautrée devant ma télé en train de regarder un nouvel épisode, je fronce les sourcils et marmonne: "Où est-ce que je l'ai déjà vu, lui?". Parfois, j'arrive immédiatement à replacer l'acteur concerné. Et parfois, je dois aller consulter sa biographie sur l'IMDB pour ne pas passer la nuit à chercher désespérément les yeux grands ouverts dans le noir.

Chouchou et moi avons récemment entamé la saison 1 de "Californication". Le sujet: la vie sentimentale et sexuelle d'un écrivain en panne d'inspiration, toujours amoureux de la femme avec qui il a eu une fille et qui l'a quitté pour quelqu'un de plus stable. Dès l'épisode pilote, il couche avec une nana délurée rencontrée dans une librairie, qui s'avère plus tard avoir tout juste 16 ans et être la fille du nouveau compagnon de son ex. J'ai lancé ma complainte familière. "Elle me dit quelque chose, cette gamine..." Il a fallu attendre le générique de fin et la mention du nom de Madeline Zima pour que je réalise: "Aaaah, c'était la petite dernière de la famille Sheffield dans "Une nounou d'enfer!" ". Depuis, je ne m'en remets pas d'avoir vu l'angélique Gracie balancer ses nichons (fort jolis au demeurant) au-dessus de l'agent Mulder.

Ah oui, parce que le cast entier de "Californication" vient d'ailleurs. Le héros est joué par David Duchovny, son ex par Natasha McElhone (l'Irlandaise qui courait après la fameuse valise dans "Ronin", mais je suis sûre qu'on a dû la voir dans une quelconque série), sa conquête scientologue d'un des premiers épisodes par la conseillère d'orientation de "Veronica Mars", son agent par Evan Handler qui interprétait le deuxième mari de Charlotte dans "Sex & the City", le nouveau compagnon de son ex par l'acteur qui faisait le mari de Lisa Kudrow dans "The comeback", etc etc. A mon avis, le seul visage neuf doit être celui de la fille du héros, et pour cause: elle n'a que douze ans. Je plains les débutants qui tentent de percer à Hollywood.

Même sans cette impression de recyclage, "Californication" ne m'enthousiasmerait guère. Le héros est présenté d'abord comme un salaud cynique, puis comme un type paumé - la vieille justification du "il n'aime pas les autres parce qu'il n'arrive pas à s'aimer, lui" -, mais il n'est pas assez attachant pour susciter l'empathie et pas assez flamboyant pour provoquer un dégoût mêlé d'admiration réticente, à la Christian Troy dans "Nip/Tuck" par exemple. Les histoires tentent de s'engager sur le chemin de la provocation mais finissent toujours pas revenir lâchement sur le terrain du politiquement correct. Il y a quelques bonnes idées, mais elles sont trop mal exploitées pour faire mouche. De mon point de vue, "Californication" a le cul entre deux chaises et rate totalement son but.

dimanche 9 novembre 2008

La vie de mes seins

Depuis une dizaine de jours, j'ai des douleurs persistantes dans la poitrine. D'abord discrètes, elles n'ont fait que s'accentuer et s'étendre jusqu'à hier. C'est la première fois qu'une telle chose m'arrive. Alors, bien que je me sois fait examiner par mon généraliste il y a trois semaines seulement, j'ai commencé à flipper.
Je n'ai pensé qu'à ça toute la journée de samedi.
Dans les phases optimistes, je me disais que je ne sentais pas de boule, que le problème semblait plutôt de nature musculaire, et que de toute façon, vu les hormones dont je me bourre pour soigner mon endométriose, c'est un peu normal que mon corps subisse des effets secondaires.
Dans les phases pessimistes, j'organisais mentalement mon opération et les traitements consécutifs. Il faudrait que je me fasse soigner en France, puisque je ne suis pas couverte par la Sécu belge, et comme je n'ai personne à Monpatelin pour s'occuper de moi, je devrais réclamer asile à mes parents. Voyons, quinze jours pour se remettre de l'ablation de la tumeur avant de pouvoir rentrer à Bruxelles, ensuite, des aller-retours toutes les trois semaines pour les séances de chimio (à caler juste la veille d'un jour de la semaine où Brussels Airlines assure la liaison avec Toulouse, histoire de voyager pendant la brève fenêtre où je tiendrais encore debout), puis un séjour d'un mois et demi pour la radiothérapie et ses séances quotidiennes. Suggérer à Editeur Préféré de me décharger d'un bouquin pour ne pas prendre de retard sur tout le reste. Emporter plein de jeux de cartes pour occuper Père (qui déteste les hôpitaux, je le rappelle) pendant qu'il me tiendrait compagnie durant les séances de chimio. Etc, etc.
Dans les phases très pessimistes, j'imaginais Gentil Généraliste m'annonçant que je n'en avais plus que pour six mois, et je me demandais qui viendrait à ma crémation.
Je sais, ma réaction est tout à fait ridicule.
L'an dernier à la même époque, je me croyais honnêtement indestructible. Je n'ai eu que deux maladies infantiles, avec si peu de symptômes que le docteur n'était même pas certain qu'il s'agisse de ça; quand je chope une gastro (ce qui a dû m'arriver trois ou quatre fois à tout casser), j'ai un peu la nausée pendant une demi-journée, je vomis un coup et c'est réglé. Je n'ai jamais attrapé de grippe; je ne suis allergique à rien, et je me suis remise très vite de mes rares opérations sous anesthésie générale. Du coup, il me semblait que j'allais vivre 120 ans au bas mot.
Et puis Brigitte a succombé après trois ans de lutte acharnée contre son cancer. Et j'ai brusquement pris conscience que mourir de maladie avant l'heure n'était pas juste un concept. Oh, bien sûr, la partie rationnelle de mon cerveau savait que malgré les progrès de la médecine, le cancer et le SIDA (entre autres) continuaient à faire des victimes. Mais savoir une chose et en faire l'expérience, fût-ce indirectement, ce n'est pas du tout pareil. Depuis le 2 mars, chaque fois que j'éternue de travers, il me semble que j'ai déjà un pied dans la tombe.
Hier soir, Chouchou m'a donné des anti-inflammatoires. Ce matin au réveil, je n'avais presque plus mal. Il va falloir attendre le prochain courant d'air pour une nouvelle chance d'être débarrassés de moi :)

vendredi 7 novembre 2008

Je sens que la journée va être bonne

Ce matin, comme tous les jours, mon premier geste en me levant est d'allumer mon ordinateur et de me préparer un thé vert à siroter en faisant mon tour habituel sur Internet. Une surprise m'attend sur le site de ma banque: les impôts m'ont prélevé 653 €. L'intitulé de l'opération ne précise pas pourquoi. Vu qu'il ne me reste plus que ça à payer cette année et que le montant correspond grosso modo, j'imagine qu'il s'agit de ma taxe d'habitation/redevance. Mais d'habitude, je la paye mi-décembre. Et j'aurais apprécié de recevoir un avis d'imposition avant. Quoi que si ça se trouve, il est en cours d'acheminement par la poste belge...

Poste belge qui se trouve justement à l'origine des surprises du jour n°2 et 3. A 11h20, Chouchou qui était sorti remonte avec le contenu de la boîte aux lettres. Dont un avis de passage daté de 20 mn plus tôt. C'est le colis de DVD en provenance des USA sur lequel je comptais pour occuper nos soirées ce week-end. Evidemment, vu que les facteurs belges ne travaillent pas le samedi et que lundi, c'est férié, je ne pourrai pas la récupérer avant mardi. Et pour ça, il faudra que j'aille jusqu'au bureau de la Porte de Namur. Joie, mais joie, hein.

Et ce n'est pas tout! Un courrier d'ABX Logistics (gni?) m'informe qu'ils détiennent le colis de fournitures de scrap avec lequel j'espérais finir mon album du voyage en Scandinavie ce week-end, et qu'ils ne me le remettront qu'en échange d'une preuve de paiement que je dois leur adresser par un moyen non-précisé. Ils m'invitent à les contacter par téléphone. Bien entendu, la ligne est toujours occupée, et moi poliment invitée non pas à attendre trente ou quarante minutes, mais à rappeler plus tard. Quand je pense qu'il fut un temps où je pestais contre la poste française... Du coup, je me retrouve totalement désoeuvrée pour le week-end, ET JE DETESTE CA!!!

"New moon"

Je poursuis ma lecture de la série de Stephenie Meyer. Le premier tome, "Twilight" ("Fascination" en VF) m'a plutôt déçue par sa lenteur à démarrer. Fraîchement arrivée dans un nouveau lycée, Bella Swan tombe amoureuse d'Edward Cullen, un de ses camarades évidemment beau comme un astre, s'aperçoit que c'est un vampire et réussit, tout instinct de survie oublié, à le convaincre de sortir avec elle. Pendant plus de 300 pages, il ne se passe rien d'autre, et malgré l'aspect fantastique, on s'ennuie un peu à lire cette banale histoire d'ados qui découvrent les affres de la passion. C'est seulement dans le dernier tiers que l'histoire commence à devenir intéressante, quand un redoutable chasseur d'humains jette son dévolu sur Bella et que s'engage une course-poursuite ma foi assez haletante. J'ai aimé la façon dont l'auteur suggérait la menace à travers les pensées de l'héroïne et la réaction des vampires au lieu de l'exprimer à travers des scènes d'action horrifiques et/ou rocambolesques.

J'ai enchaîné aussitôt sur "New moon" ("Tentation" en VF). Et là, surprise: avant la page 100, Edward et toute sa famille disparaissent pour ne plus revenir qu'à la fin du bouquin. Le thème principal de ce tome 2, c'est la perte de l'amour: le désespoir sans fond, l'hébétude qui frappe la personne quittée, la douleur qui ronge et contre laquelle on est impuissant, le sentiment de s'être fait voler sa vie sans comprendre pourquoi ni comment. Réduite à l'état de zombie par le départ de son vampire bien-aimé, Bella ne trouve un peu d'apaisement qu'auprès de son ami Jacob Black, dont le lecteur comprend à peu près quinze chapitres avant elle qu'il est un loup-garou et donc l'ennemi mortel des Cullen. Ici encore, les sentiments priment sur l'action, et les conflits se résolvent par la négociation ou hors de la vue de l'héroïne. Mais les élans juvéniles du premier tome cèdent la place à des émotions très sombres et à une atmosphère qui le devient de plus en plus. Et même si Bella et Edward se trouvent réunis à la fin, leur relation est plus menacée que jamais par des éléments extérieurs qui souhaitent la mort de l'un ou de l'autre.

Je viens d'attaquer "Eclipse" ("Hésitation" en VF), le tome 3 de la série, et étant donné qu'il enchaîne brillamment sur le précédent, je suppose que je reviendrai très vite vous en parler!

jeudi 6 novembre 2008

"Ugly Betty" saison 2

On retrouve dans cette deuxième saison la plupart des éléments qui faisaient la saveur de la première: l'identité graphique forte, la fraîcheur désarmante de Betty, les one-liners de Wilhelmina*, le contraste entre la vie d'une famille d'immigrés mexicains et le monde archi-superficiel de la mode. Les acteurs sont toujours aussi hilarants, notamment Vanessa "just a simple girl with an evil plan" William, Becky Newton parfaite en écervelée tête-à-claques occasionnellement très touchante, ou Judith Light dont le personnage prend ici toute sa dimenson dramatique et comique.
Côté histoire, en revanche, ça part un peu dans tous les sens - et ce, avant même le déclenchement de la grève des scénaristes. La romance condamnée de Betty et d'Henry n'a pas tardé à m'énerver; au moins deux fois par épisode, j'apostrophais mon poste de télé: "Rhâââ, mais qu'est-ce que tu lui trouves à ce type? Il est chiant comme la mort. Sors avec Gio!". J'ai trouvé le mariage Slater/Meade et ses conséquences juste grand-guignolesques. Les hauts et les bas de la relation fraternelle entre Daniel et Alexis sont vite devenus lassants. La mise hors jeu de Renée dépassait les bornes de l'infâmie. Oh, et le retour du mari de Christina sent les pieds à deux kilomètres - nous verrons la saison prochaine, mais je pense qu'il essaie juste de l'arnaquer.
Bon, je râle, mais ça ne m'a pas empêchée de suivre toute la saison avec plaisir et en m'esclaffant à de nombreuses reprises, ce qui est quand même l'essentiel. J'espère seulement que la saison 3 retrouvera la fluidité de la 1.

mercredi 5 novembre 2008

Créativa Nantes + Cuisine Tendance

Ayant raté le Créativa 2008 de Bruxelles pour cause de simultanéité avec le Salon du Livre parisien, puis celui de Namur qui avait lieu au moment où Chouchou et moi emménagions dans notre nouveau domicile, j'étais ravie à l'idée de me rattraper à Nantes le week-end dernier - d'autant que je sais mon amie Gren assez amatrice de loisirs créatifs elle aussi. La dernière fois que nous nous étions vues, au printemps 2000, elle m'avait confectionné pour mon anniversaire une ravissante bougie gel avec une abeille et un vase rempli de fleurs incrustés dedans. Ladite bougie trône toujours, intacte, sur une des étagères de ma bibliothèque monpatelinoise: je n'ai jamais pu me résoudre à l'utiliser.

Bon, très honnêtement, Créativa ne cassait pas des briques. Il n'y avait que trois boutiques de scrap dignes de ce nom, dont le Temple du Scrap auquel j'étais passée le jeudi à Paris (ce qui ne m'a pas empêchée de faire l'emplette de quelques stickers Jolee et de deux planches de tampons acryliques pour compléter mes achats précédents). J'ai également découvert les plantes sans terre ni racines, qui pourraient servir pour la déco du nouvel appartement bruxellois. Le reste ne m'intéressait guère, et la foule de familles avec jeunes enfants et poussette qui encombrait les allées ou bloquait l'accès aux stands n'incitait guère à s'attarder pour découvrir des nouveautés.

Gren et moi avons tout de même fait une belle rencontre. Vers la fin de notre parcours, nous sommes tombées en arrêt devant les créations d'Herbe Folle, qui commercialise des grilles de point de croix. Les motifs étaient tous plus craquant les uns que les autres: petites bêtes adorables, dragons magnifiques ou rigolos, et mon préféré, un splendide Ganesh dont la réalisation réclame pas moins de 300 heures de travail. Malheureusement, mon défaut de convergence oculaire m'empêche de m'adonner à ce genre d'activité qui nécessite de fixer longuement un objet proche. Mais nous avons longuement discuté avec le monsieur à l'allure de mousquetaire qui tenait le stand. Il parlait avec une voix douce et était extrêmement gentil et disponible. Ce fut un moment très agréable.

Nos billets nous donnaient également accès à l'autre exposition du week-end, Cuisine Tendance, plus petite que Créativa mais à peine moins bondée. Nous nous sommes longuement extasiées sur les créations d'un chocolatier local, parmi lesquelles un Père Noël ivre mort, une Mère Noël exhibitionniste, une paire d'escarpins rouges presque plus vrais que nature et un très beau buste de Beethoven. Plus loin, nous avons admiré des légumes sculptés en forme, notamment, de poissons japonais.

Mais c'est au stand du Club des Buveurs de Thé que nous avons fait notre deuxième belle rencontre de la journée. Un monsieur âgé nous a préparé et servi, dans les règles de l'art, une tasse de Sencha Shizuoka amer juste ce qu'il fallait. Il nous a conseillé un ouvrage instructif, des sites internet où commander du vrai bon thé japonais, et nous a appris tout un tas de choses. J'adore les gens intarissables sur leur passion... quand c'est aussi la mienne*. Si j'avais encore habité Nantes, je me serais volontiers inscrite à ce club-là!

*Le prochain qui me soûle avec l'aïkido ou la plongée sous-marine peut d'ores et déjà numéroter ses abattis: il paiera pour son prédécesseur.

YES, WE CAN!!!


Nous avons tenu jusqu'à 4h30 du matin, buvant des litres de chocolat pour nous sustenter, nous moquant des présentateurs de France 24 qui se trompaient dans le prénom de leur jeune envoyée spéciale au Kenya ("Elle, elle vient juste d'être embauchée!") ou sortaient des inepties pour meubler ("Mais oui: le ressenti, c'est important!"), hurlant chaque fois qu'ils osaient changer de sujet ("On s'en fout du Congo et des accidents de bus en Allemagne!"), nous demandant pourquoi, sur la carte de la BBC, seul l'Iowa restait désespérément blanc au milieu d'états qui bleuissaient, rougissaient ou grisaient pour indiquer l'annonce imminente des résultats ("Ben qu'est-ce qu'ils foutent, ils se sont endormis sur leurs machines de vote?"), guettant la progression du dépouillement ("C'est serré en Floride et au Texas, mais je pense que la première sera pour Obama et la seconde pour McCain"), nous exclamant chaque fois que de nouveaux grands électeurs tombaient dans l'escarcelle d'un des deux candidats ("La Pennsylvanie! Il a la Pennsylvanie! Merci chers ex-voisins d'avoir fait le bon choix!"). La dernière heure, nous nous avachissions insensiblement sur nos oreillers et glissions de plus en plus loin sous la couette. Quand Obama a été rendu à 207 grands électeurs acquis sur les 270 nécessaires, alors que les résultats de l'ouest n'étaient pas encore connus, nous avons estimé que les 55 de la Californie lui étant presque certainement acquis, il ne pouvait plus perdre. Et nous avons éteint la lumière.

Ce matin, avant même de sortir du lit, les yeux encore collés par le sommeil, nous avons rallumé le MacBook de Chouchou pour avoir la confirmation de ce que nous espérions. Le résultat était sans appel, un vrai raz-de-marée. 52% des votes et 349 grands électeurs pour Obama contre 46% et 162 grands électeurs pour McCain (les résultats du Missouri et de la Caroline du Nord ne sont toujours pas confirmés à l'heure où j'écris ces lignes). Nous avons regardé le discours des deux candidats. McCain s'est montré un perdant très digne. Bien que je ne partage pas ses valeurs, je respecte cet homme courageux et sincère qui s'est toujours efforcé de servir son pays au mieux de ses capacités. Je n'avais rien contre lui personnellement - en revanche, sa co-listière me fichait une trouille de tous les diables. Quant à Obama... Je ne suis peut-être pas très objective, mais je l'ai trouvé parfait. C'est un orateur remarquable: charismatique, convaincant et dénué de l'arrogance haïssable qui caractérise notre présipotent. Je sais qu'il lui sera très difficile d'être à la hauteur des folles espérances qui ont été placées en lui, mais ce matin, je suis un peu plus optimiste quant au devenir de ce monde.

Utopiales 2008: le concert du Naheulband

Samedi soir, en raison d'une virée shopping prolongée au centre commercial de Beaulieu, Gren et moi avons regagné la Cité des Congrès juste au moment où démarrait le concert du Naheulband. Résultat: la fosse et les alentours de la scène étaient déjà archi-combles; des gens se pressaient contre toutes les balustrades de la mezzanine en surplomb, et je me demandais bien comment j'allais y voir quelque chose. Et puis, miracle, au bout d'un quart d'heure à peine, les deux personnes assises sur des chaises devant Gren et moi sont parties, et nous avons pu récupérer de fort bonnes places pour assister à la suite du spectacle.

J'ai entendu parler du Donjon de Naheulbeuk pour la première fois durant l'été 2006. Après avoir écouté quelques podcasts, j'ai lu toutes les bédés au fur et à mesure de leur parution. Et comme beaucoup de rôlistes, passés ou présents, j'y ai retrouvé avec délectation mes parties d'AD&D les plus pourraves. Mais jusqu'ici, je ne connaissais pas du tout les chansons. Prévenue par quelques personnes qui avaient déjà vu le Naheulband en concert, je m'attendais à un joyeux bordel n'ayant qu'un lointain rapport avec de la musique. J'ai été agréablement surprise: même si leurs textes sont clairement parodiques et leurs voix pas hyper justes, John Lang et ses acolytes se débrouillent plutôt bien avec leurs instruments. Emmené par une magicienne à l'énergie contagieuse et à la poitrine tressautante, leur show est aussi drôle qu'entraînant. J'ai ri, j'ai balancé la tête en cadence et tapé du pied avec enthousiasme. A la sortie, j'ai filé acheter leur premier CD. Et pendant les vingt-quatre heures qui ont suivi, j'ai passé mon temps à m'écrier brusquement: "C'est en marchant dans les entrailleuh que les barbares vont... A-LA-BASTON!". Pour quelques jours, le Naheulband a ravivé les souvenirs d'une époque que je ne revivrais pour rien au monde mais qui a servi de fondations à toute mon existence telle qu'elle est aujourd'hui.

mardi 4 novembre 2008

Utopiales 2008: les dédicaces (5) la dédicace manquée

Vendredi soir, ma copine Jeanne-A. Debats a réussi un superbe doublé en recevant, coup sur coup, le Prix Julia Verlanger et le Grand Prix de l'Imaginaire pour sa novella La vieille Anglaise et le continent. J'avais justement emporté mon exemplaire dans l'idée de le lui faire signer quand elle aurait une minute. De toute façon, nous n'allions pas arrêter de nous croiser pendant tout le week-end, pensais-je naïvement.

Oui mais non. Samedi après-midi, peu de temps après mon arrivée à la Cité des Congrès, je suis en train de traîner dans l'espace librairie quand j'aperçois Jeanne-A. de l'autre côté des ficus en pot qui protègent les auteurs en train de dédicacer d'un éventuel backstab commis par un fan dérangé. Je lui fais coucou et crie: "Attends-moi, j'arrive tout de suite!".

Mais le temps de me frayer un chemin parmi la foule jusqu'à l'extérieur de l'espace librairie, Jeanne-A. s'est volatilisée. Je ne l'aperçois nulle part ailleurs sur la vaste mezzanine, ni même dans les escaliers qui relient cette dernière à l'étage inférieur. Etrange. En plus de son pouvoir de métamorphose draconique, aurait-elle celui de se téléporter à la vue d'une importune? Je ravale mon dépit en me disant que je la recroiserai sûrement plus tard - selon toute probabilité, au bar qui semble être le point de rassemblement désigné de tous les Utopialistes.

Oui mais re-non. J'aurai beau faire des passages répétés au bar et aller quasiment dévisager sous le nez toutes les brunes sexy à longs cheveux raides repérées de dos, de Jeanne-A. je ne reverrai point jusqu'à mon départ. Et je rentrerai chez moi avec mon exemplaire de La vieille Anglaise... toujours vierge de dédicace. Snif.

Utopiales 2008: les dédicaces (4)

Jeff Noon

Vendredi soir, en arrivant aux Utopiales, j'ai eu la surprise de tomber sur un ancien camarade d'études que je n'avais pas vu depuis ma sortie de l'ESCT, en 1991. Mathias E. dirige actuellement La Volte, une petite maison d'édition qu'il a fondée pour pouvoir traduire et publier en France son auteur préféré, Jeff Noon.

Or, pendant que je me promène dans l'espace librairie samedi après-midi, un livre à la couverture rose attire mon attention. Il s'agit de NymphoRmation, un roman justement signé Jeff Noon. Petit coup d'oeil à la quatrième de couv: sa biographie décrit l'auteur comme "un genre de Lewis Carroll moderne sous substances hallucinogènes". Mmmh, ça pourrait me plaire. Et Jeff Noon est justement en train de dédicacer. Je m'étais promis de ne pas acheter de bouquins supplémentaires ce week-end, mais j'ai déjà craqué pour le dernier Pierre Dubois, alors au point où j'en suis...

Apprenant que je ne connais pas du tout l'oeuvre de Jeff Noon, la jeune femme qui lui sert d'interprète me conseille plutôt de commencer par un autre de ses romans. Je demande s'ils se suivent. "Pas vraiment, me répond-elle, on retrouve juste certaines personnages d'un tome à l'autre". "Alors, je vais quand même prendre NymphoRmation. Ma bibliothèque manque de rose." Je la vois qui hésite entre le rire et la perplexité. "Ah, ça, c'est un argument original pour choisir un bouquin".

Le grand soir

En ce moment même, les Américains votent pour élire leur 44ème président. Chouchou et moi avons si peur d'un retournement de situation imprévu que nous avons l'intention de suivre le dépouillement sur internet et de veiller jusqu'à l'annonce des résultats "définitifs", vers 4 ou 5h du matin.
Même si je suis française, je me sens très concernée par cette élection, pour des raisons à la fois personnelles et globales. Malgré tous ses défauts - et le fait qu'il m'ait refusé un permis de résidente en 1997 - j'aime profondément ce pays aux paysages magnifiques et contrastés, ce royaume de la démesure où le meilleur côtoie le pire et où, pour la plupart, les gens sont si gentils, si chaleureux, si positifs et pleins d'énergie.
Et puis, bien qu'étant sur le déclin, les USA demeurent à ce jour la première puissance mondiale. Leur futur président aura donc un rôle capital à jouer dans l'avenir de la planète. A l'heure où la pollution et l'épuisement progressif des ressources naturelles deviennent des problèmes critiques, il disposera du pouvoir économique et politique nécessaire pour influer, non seulement sur les décisions écologiques de son pays, mais sur celles des nations du monde entier - et notamment des puissances émergentes comme la Chine et l'Inde, dont la population est si importante que si elles se mettent à consommer au rythme effréné qui est actuellement le nôtre, une catastrophe irrémédiable est à prévoir sous quelques dizaines d'années. Je ne parle même pas des conflits militaires actuels, que je souhaite de tout coeur voir résolus autrement que par la force.
Cette nuit, je veillerai donc en attendant qu'on me confirme la victoire de Barack Obama.

Utopiales 2008: les dédicaces (3)

Mélanie Fazi

Mélanie est une orfèvre de l'écriture et de la traduction - en témoignent les deux Grands Prix de l'Imaginaire qu'elle a reçu, l'un en 2005 pour une de ses nouvelles fantastiques, l'autre en 2007 pour son adaptation d'un roman de Graham Joyce. Et oui: pendant que les plus vénaux d'entre nous recherchent le boulot facile et un revenu qui leur permettra d'aller se taper la cloche dans les grands restos, d'autres s'escriment juste pour l'amour de la littérature et un peu de confiture à mettre sur leur pain sec. C'est la vie cui-cui :)

Quoi qu'il en soit, j'avais eu l'occasion de rencontrer Mélanie il y a quelques années. Je ne me souviens pas de quoi nous avions parlé, mais j'en avais gardé l'impression d'une petite personne (c'est l'une des rares adultes de ma connaissance que je surplombe de quelques centimètres) à la fois timide et très volubile dès que la conversation se portait sur un sujet qui l'intéressait. Par la suite, j'ai eu l'occasion de lire son blog, ce qui m'a permis de découvrir que c'était une passionnée de bonne musique* et une photographe amateur tout à fait honorable. Je pensais la recroiser au Salon du Livre en mars dernier, mais nous nous étions loupées. Aussi étais-je ravie de cette occasion de la revoir aux Utopiales.

Après avoir hésité entre ses deux derniers recueils de nouvelles, Serpentine et Notre-Dame aux Ecailles, j'avais fini par porter mon choix sur le second un peu au hasard. Pendant qu'elle m'écrivait un gentil petit mot sur la page de garde, je lui ai demandé s'ils avaient chacun un thème différent. "Non, m'a-t-elle répondu, mais Serpentine rassemble des nouvelles que j'ai écrites autour de ma vingtaine, et en général, les gens le trouvent plus sombre que Notre-Dame aux Ecailles, dont les nouvelles ont été écrites à l'approche de la trentaine". J'ai été bien contente d'apprendre que je n'étais pas la seule personne à avoir eu une vision de la vie plutôt dark à l'adolescence, et qui s'était considérablement éclaircie par la suite. Ce qui ne m'empêchera absolument pas d'acheter son premier recueil si j'ai aimé le second.

* Malgré une lacune cohennesque impardonnable dans sa culture ;)

Utopiales 2008: les dédicaces (2)

Adriana Lorusso

En principe, je ne lis pas de SF. Mais les deux volumes de Ta-Shima ont suscité des louanges enflammées sur le forum de leur éditeur, et surtout, Adriana est l'une des personnes les plus intéressantes qu'il m'ait été donné de rencontrer. Italienne d'origine, Bruxelloise d'adoption depuis plus de trente ans, elle a beaucoup voyagé (notamment au Japon), parle huit langues, a été interprète et traductrice avant de devenir écrivain, a pris des cours aux beaux-Arts et même exposé ses toiles. Et puis, elle a choisi de "ne pas s'encombrer d'enfants" et adore les animaux. Comment pourrais-je ne pas éprouver une folle sympathie pour cette femme? La curiosité l'a emporté: j'ai fait l'acquisition de ses bouquins et profité d'un moment calme pendant son créneau de dédicace pour lui faire signer le plus récent. Maintenant, il faut juste que je trouve le temps de le lire!

lundi 3 novembre 2008

Utopiales 2008: les dédicaces (1)

Pierre Dubois

C'est un conteur dans la plus pure tradition celtique, auteur de très nombreux et très beaux ouvrages parmi lesquels l'Encyclopédie des Fées, l'Encyclopédie des Lutins et l'Encyclopédie des Elfes. J'ai découvert ses livres du temps où je vivais à Nantes, grâce au Breton et à Gren qui en étaient fans. Une fois (ce devait être en 1996 me semble-t-il), il avait fait une séance de dédicaces à la médiathèque de mon quartier, et j'avais eu l'occasion de bavarder un peu avec lui. Avec beaucoup de gentillesse et de simplicité, il m'avait fait un petit dessin tout en me racontant une anecdote sur son copain le barde Alan Stivell. Je l'avais trouvé adorable, et physiquement identique à son personnage de Pétrus Barbygère (une des bandes dessinées dont il avait signé le scénario).

Douze ans plus tard, Pierre Dubois n'a pas changé. Il a toujours le crâne dégarni sur le dessus, le cheveu gris mi-long et frisottant, le regard pétillant de malice derrière ses petites lunettes à monture métallique et une silhouette de bon vivant drapée dans une longue robe noire. On s'attend presque à ce qu'il se serve d'un bâton en bois noueux couvert de runes pour s'aider à marcher. Il tutoie toujours spontanément les gens qui viennent lui demander des dédicaces et prend le temps de converser avec tous ceux qui en manifestent l'envie. Nous l'avons mobilisé un moment: moi en lui faisant signer son superbe Dragons et chimères: carnets d'exploration et en lui disant de nouveau ma déception que sa série Pixies se soit arrêtée prématurément, Gren en lui rappelant toutes les autres occasions dans lesquelles leurs chemins s'étaient déjà croisés et la réponse manuscrite qu'il avait faite à une de ses lettres. Avant de partir, elle s'est débrouillée pour lui voler deux bises et s'est éloignée, rose de bonheur, en affirmant qu'elle ne se laverait plus jamais les joues. Leonard Cohen, Pierre Dubois: les septuagénaires ont la cote avec nous!

Nantes, octobre-novembre 2008


La Bourgogne

Depuis douze ans que je connais JC, jamais encore il ne m'a emmenée dans un restaurant où la cuisine ne soit pas redoutablement délicieuse. Ainsi, jeudi soir, il m'a fait découvrir La Bourgogne qui sert de la cuisine française, disons, bourgeoise mais avec une délicieuse touche personnelle du chef Stéphane Chevereau. Et comme d'habitude, j'ai poussé des "oh" et des "ah" à chaque bouchée. J'ai fermé les yeux en savourant mon carpaccio de Saint-Jacques avec sa marinade au citron et à l'huile d'olive ; quant à la poularde aux morilles et à la crème qui a suivi, j'ai carrément demandé si c'était possible d'épouser le risotto aux truffes qui l'accompagnait (réponse: hélas, non). En fait, je m'étonne que JC me trouve encore sortable avec les manifestations d'enthousiasme délirant que je lui fais subir à chaque fois. Mais je n'y peux rien: j'aime la très bonne bouffe, et il est l'une des rares personnes avec qui j'ai l'occasion de partager ça.

Comme nous étions en voiture et avions décidé de ne pas trop boire, nous avons réclamé du vin au verre: blanc pour nos entrées, rouge pour nos plats (JC avait pris du crabe royal, puis un navarin d'agneau). Bien entendu, j'ai oublié le nom des nectars qui nous ont été apportés, mais mon palais se souvient encore de leur goût avec ravissement. Vacances de Toussaint obligent, la salle était presque vide ce soir-là, si bien que le serveur a pu passer un peu de temps à bavarder avec nous et que le chef et son épouse sont venus nous saluer à la fin du repas, une petite attention que j'apprécie toujours beaucoup. Si on ajoute à cela le plaisir de passer quelques heures avec un ami très cher vu trop rarement ces dernières années, on obtient, une fois de plus, une soirée mémorable. Mais pourquoi changer une recette qui gagne?

La Bourgogne 164, rue Jean Jaurès 94700 Maisons-Alfort
Tel: 01 43 75 12 75