dimanche 2 novembre 2008

L'échappée belle


Tout à l'heure, en nous dirigeant vers la sortie après la fin du concert de Naheulbeuk à la Cité des Congrès de Nantes, nous passons devant le stand tenu par mon ex-mari, dont je suis divorcée depuis 11 ans et que je n'ai pas revu depuis plus de 8. Voyant qu'il vend des CD du groupe dont je viens d'adorer la performance live, je m'approche pour lui en acheter un - et aussi, soyons franche, pour le plaisir de le surprendre.
Ouah. C'est quoi cette coiffure? Quand on a les cheveux qui poussent à la verticale, on tâche d'aller chez le coiffeur avant qu'ils atteignent quinze centimètres de long de haut. A la limite, je peux imaginer qu'il ne se regarde jamais dans une glace, mais sa deuxième femme (une ancienne bonne copine à moi...) serait-elle aveugle? Personnellement, si mon mec avait cette tête-là, je le droguerais avant de l'embarquer de force chez Jean-Louis David Homme. Ou je le raserais pendant son sommeil et je mettrais ça sur le compte d'une crise de somnambulisme. Mais bon, pour les quelques minutes à venir, je dois pouvoir supporter la vision de cette aberration capilaire.
A travers la foule, le regard de mon ex-mari ne s'arrête pas sur moi plus d'une demi-seconde. La seule raison pour laquelle je sais qu'il m'a reconnue, c'est le soin avec lequel il nous ignore, Gren, Frog et moi. Il ne s'occupe que des clients qui se trouvent à l'autre bout de son stand et garde les yeux soigneusement baissés. Je comprends que pour lui demander gentiment de ses nouvelles (et de celles de Loustic, le chat que je lui ai laissé en partant), c'est râpé. Mais je veux quand même mon CD.
J'agite les mains en faisant "Houhou". Mon ex-mari lève très brièvement les yeux vers moi. Je souris et demande sur le ton le plus anodin du monde:
- Tu acceptes les chèques?
- Moui-ii, pas de problème, répond-il, le regard de nouveau baissé.
- Bon, ben alors je vais te prendre le premier CD de Naheulbeuk.
Il me le tend sans un mot. Je rédige rapidement mon chèque et le lui donne en lançant, sur le ton primesautier de la fille contente de sa blague:
- Tu veux une pièce d'identité?
J'ai juste le temps de voir un rictus nerveux crisper un coin de sa bouche avant que, les yeux toujours rivés au sol, il marmonne:
- Non, non, ça ira.
Je range le CD dans mon sac et m'éloigne en me félicitant de l'avoir quitté. Je ne pouvais décemment pas passer le reste de ma vie mariée à quelqu'un qui se coiffe avec un pétard et ne pige absolument pas mon humour.

vendredi 31 octobre 2008

20 things I love right now

1. Le scrap d'Ali Edwards - autant j'adore le freestyle pour mes pages isolées, autant le concept "just tell the story" des albums d'Ali correspond parfaitement à ce que j'aime faire avec, notamment, mes carnets de voyage.

2. Mes boots de moto Free Lance - achetés une mini-fortune en décembre 2004, portés presque chaque jour pendant six mois de l'année depuis lors, ils attaquent leur cinquième hiver encore plus beaux qu'au premier jour car un rien patinés.

3. La brioche à l'écorce d'orange confite de la boulangerie de la place Jourdan - une tuerie pour le goûter.

4. Cambio, ce merveilleux système de voitures partagées auquel nous sommes abonnés, pour notre plus grande satisfaction, depuis un an.

5. Les chaussures Chie Mihara - je viens d'acquérir ma 5ème paire en 4 mois sur eBay. Je suis très fière de n'en avoir payé aucune plus de 60% de sa valeur magasin.

6. Les petits crochets rouges aimantés dénichés chez Rose et grâce auxquels désormais, nous ne perdons plus jamais de temps à chercher nos clés.

7. L'univers coloré et artistique d'Elsie Flannigan - à découvrir sur son blog "A beautiful mess".

8. Le genmaicha, thé vert japonais au riz soufflé; celui de Mariage Frères est meilleur que celui du Palais des Thés, mal proportionné.

9. Mon lave-vaisselle. C'est un peu comme le téléphone portable ou internet: on s'en passe très bien, jusqu'au jour où on s'équipe et où on se demande comment on a pu survivre sans jusque là.

10. Leonard Cohen, always and forever.

11. Les pizzas de chez Mamma Roma - surtout la patate à l'huile de truffe, mais pas que.

12. Les pantalons d'intérieur Etam - je dois en avoir une demi-douzaine entre Bruxelles et Monpatelin. Je vis dedans. Ca coûte à peine 20€; c'est le summum du confort, et en plus je trouve ça assez flatteur pour la silhouette.

13. Les surgelés Picard - délicieux, variés, pas chers, livrés à domicile pour 6€ seulement, ils sont ma bouée de sauvetage alimentaire entre le Colruyt déprimant et le Contact GB ruineux.

14. Notre nouvelle porte blindée - non seulement très sécurisante, mais parfaite pour transformer en grand panneau d'affichage grâce à une multitude de petits aimants.

15. Postcrossing, dont j'ai déjà longuement parlé ici. C'est un vrai bonheur de recevoir des cartes postales du monde entier et, par leur biais, d'entrevoir la vie que mènent les habitants de tel ou tel pays.

16. Real Simple - magazine américain orienté "lifestyle". A Bruxelles, je ne le trouve que chez Sterling Books ou au Relay de l'aéroport (parfois). Résultat, des trous dans ma collec.

17. Les stickers muraux - moyen génial de personnaliser son intérieur à moindres frais et sans entreprendre de grands travaux. Je suis particulièrement fan de ceux du Pré d'Eau.

18. Le Thalys - 1h25 le Bruxelles-Paris pour 25€ en périodes de promo (assez nombreuses). Difficile de faire mieux.

19. Les alphabets Thickers, sans contestation possible ma fourniture préférée du moment. Je viens d'en commander au moins une douzaine: en chipboard, en vinyle, en feutre, dans plein de polices et de couleurs différentes.

20. Le Twee-pas-mini que je me suis offert hier après-midi chez Jérôme Dreyfuss - après avoir convoité son petit frère pendant des semaines, que dis-je, des mois!

jeudi 30 octobre 2008

Ce week-end...

...Sera placé sous le signe des retrouvailles.
Ce soir, je dînerai à Paris avec JC. Je ne sais pas encore dans quel resto nous irons, mais je sais déjà ce qu'il y aura au menu: des anecdotes de boulot, des considérations sur l'avenir, des souvenirs doux-amers - et, probablement, une bonne bouteille de rouge.
Demain en fin d'après-midi, je rejoindrai à Nantes mon amie Gren et son mari, que je n'ai pas vus depuis... pfiou, plus de 8 ans. Vive Internet qui permet de rester proche de ceux qu'on aime malgré la distance!
Samedi, nous nous rendrons ensemble aux Utopiales où je croiserai sûrement quelques connaissances: des collègues traducteurs, deux ou trois auteurs, des piliers du forum d'Editeur Préféré et... mon ex-mari qui devrait y tenir un stand.
J'ai hâte.

mercredi 29 octobre 2008

De la féminité

Sur l'un des blogs que je suis, une jeune femme souffrant du syndrome MRKH (c'est-à-dire née sans utérus ni vagin) pose aujourd'hui la question: "Qu'est-ce que la féminité?".

Franchement, je serais bien en peine d'y répondre. Oui, je suis une fille, une femme, un être humain de sexe féminin. Mais pour moi, c'est juste une donnée biologique. Ca ne définit en aucun cas ma personnalité. C'est vrai que j'aime les robes et les talons hauts; cela dit, la plupart du temps, je me balade en blouson de cuir noir et en bottes de moto. C'est vrai que je suis capable de jouer les chattes et les séductrices si l'humeur m'en prend, mais j'ai aussi de grands accès d'autorité et même de machisme, parfois. C'est vrai que je pratique pas mal de loisirs typiquement féminins, comme le scrapbooking, mais je kiffe aussi les sports extrêmes et l'adrénaline qui va avec. C'est vrai que je peux avoir un côté super maternant avec les gens que j'aime, mais à côté de ça, je n'ai aucune envie de faire des enfants. Si je m'amusais à dresser la liste de tous mes traits de caractère répartis en deux colonnes, il y en aurait autant de soi-disant féminins que de soi-disant masculins. Je ne suis pas plus attirée par un sexe que par l'autre, et je pense que si j'étais née avec un chromosome Y à la place d'un X, je ne serais pas une personne très différente. Il y aurait juste moins de chaussures dans ma penderie - et encore, ce n'est même pas sûr!

Il fut une époque où les rôles homme/femme étaient clairement définis et avaient leur raison d'être. Logique que les plus costauds aillent chasser le bison; logique que celles capables d'allaiter restent à la caverne avec les gnomes. Mais aujourd'hui, dans les pays occidentaux civilisés, hommes et femmes jouissent des mêmes droits. Grâce aux progrès technologiques et à l'évolution sociale, ils peuvent, si ça leur chante, mener exactement la même vie*. Partant de là, je ne comprends pas pourquoi on s'obstine encore à faire dépendre notre identité de notre configuration physique. Ce n'est jamais qu'une façon comme une autre de ranger les gens dans des cases, de leur seriner qu'ils doivent être ceci ou cela, se comporter comme ceci et surtout pas comme cela s'ils veulent être acceptés. Voilà pourquoi en ce qui me concerne, le concept de féminité est hors de propos**: avant d'être une femme, je suis moi - un individu dont le sexe n'est qu'une caractéristique parmi beaucoup d'autres, et même pas une des plus représentatives.

*A l'exception de l'enfantement qui reste le "privilège" des femmes... Pour combien de temps encore?
**Si un(e) anglophone connaît une meilleure traduction pour "irrelevant", je suis preneuse.

mardi 28 octobre 2008

Nos premières invitées

Ce soir, nous avons reçu nos premières invitées dans le nouvel appartement.

Ce n'était pas vraiment prévu au programme. D'ailleurs, il n'y avait pas de programme. Juste un rendez-vous à 18h sous la grande enseigne Coca-Cola de De Brouckère.

Yuna et Marine, 40 ans à elles deux, en couple depuis... euh, au moins trois ans je pense (exploit pour lequel elles ont toute mon admiration), vivent et étudient à Bordeaux mais étaient de passage à Bruxelles pour la semaine. Nous nous sommes connues sur un forum disparu depuis un bail déjà, mais malgré de nombreuses conversations sur MSN, jamais nous n'avions eu l'occasion de nous rencontrer "dans la vraie vie". C'est désormais chose faite, et je dois dire que je n'ai pas été déçue.

Après un rapide tour dans le centre-ville (passage obligatoire par la Grand'Place dont l'éclairage actuel, bien que pas vilain, gâche quelque peu les photos), le froid nous a poussés à nous replier vers les Galeries Royales. Chouchou et moi espérions nous installer au Vaudeville pour, tranquillement au chaud, faire goûter à nos invitées les spécialités locales: bière et cornet de frites. Malheureusement, à cause d'un banquet, la salle était déjà pleine. Nous avons alors eu l'idée de nous replier vers la place Jourdan et "Chez Antoine" qui, même s'il m'avait déçue lors de ma première visite, reste quand même un des plus célèbres fritkot de Bruxelles - et, paraît-il, le seul construit en dur.

Pour changer un peu, la file d'attente n'avançait pas, ce qui nous a donné l'occasion de causer blogs et loisirs. Marine ayant mentionné qu'elle avait très envie de tester la Wii Fit, nous avons une fois de plus changé nos plans. Au lieu de nous installer dans un des cafés de la place, nous sommes remontés à la maison, distante de moins de 500 mètres, avec nos cornets de frites et nos poulycrocs bien emballés dans un sac plastique. Le temps de débarrasser les ordinateurs, et nous nous sommes installés tous les quatre autour de la grande table avec des verres de Coca light pour arroser notre cholestérol en bâtonnets.

Puis nous avons sorti la Wii Fit. C'est toujours très drôle de voir des gens s'en servir pour la première fois, même si je dois avouer que Marine s'en est bien mieux sortie que nous en avril. Yuna, elle, a préféré observer depuis le canapé en sirotant un thé du Hammam. Chouchou et moi nous sommes tous deux fait la réflexion que c'était des filles très différentes. A cause, sans doute, de mes propres expériences malheureuses en la matière, je suis toujours surprise et épatée de voir durer ce genre de relation - celui dont les partenaires se complètent au lieu de se ressembler et, bien que n'ayant ni le même caractère ni les mêmes goûts, arrivent néanmoins à trouver un terrain d'entente où être heureux ensemble.

Le moment venu pour les filles de regagner Anderlecht où elles sont logées par des amis de Marine, nous avons appelé Cambio pour savoir si, par hasard, il n'y aurait pas une voiture de disponible à la station la plus proche de chez nous. Il y avait, hourra! J'aurais trouvé ça cruel de les laisser rentrer seules en métro avec le ventre plein de frites et le froid qu'il faisait dehors. Nous avons donc pu les raccompagner et les laisser devant leur domicile temporaire en leur souhaitant une bonne fin de vacances. Vive Cambio, vive la Wii Fit, vive les frites, vive nous.

dimanche 26 octobre 2008

Capoue

Afin de poursuivre notre exploration du quartier, et aussi parce que nous tenions une grosse flemme de cuisiner en ce dimanche de retour à l'heure d'hiver*, nous nous sommes traînés sur le coup de 13h30 chez Capoue qui, contrairement à ce que je pensais jusque là, n'est pas seulement un glacier bruxellois réputé. Chouchou m'avait promis qu'on pouvait y manger des salades et toutes sortes de tartes salées - les parfaites composantes d'un déjeuner light.

Oui mais voilà. Le Capoue du bas de la Chaussée de Wavre est jumelé avec le restaurant voisin**, dont il partage la cuisine. C'est ainsi que, l'appétit aiguisé par un air automnal un peu vif, nous nous sommes retrouvés à piocher dans la page "Les Bintje" de la carte. Accompagnées d'un pavé de boeuf sauce archiduc pour moi; version tartiflette pour Chouchou. Nous nous sommes régalés pour un prix très correct (respectivement 17 et 14 €, hors boissons bien sûr). Une vraie bonne patate au four avec la peau qui craque et la chair qui fond dans la bouche est un plaisir culinaire tristement sous-estimé. Inutile néanmoins de dire qu'après avoir terminé nos assiettes, nous n'avions plus du tout faim pour un dessert! Le gentil propriétaire nous a quand même amené une petite assiette avec deux bâtonnets de gâteau et deux mini-boules de glace. Les parfums? Pistache et... speculoos, of course. On a frôlé le sans faute.

*Pourquoi, mais POURQUOI? Ca fait des années que l'Europe tergiverse pour savoir si elle supprime ou non l'heure d'été. Alors que c'est tellement évident que ce qui fait chier tout le monde, c'est l'heure d'hiver!
**Qui porte le nom aux deux tiers ravissant de Bébé, Chouchou et moi.

samedi 25 octobre 2008

Pour commencer le week-end dans la bonne humeur

Spéciale dédicace à tous les fans de Flashdance ET de Star Wars.
(Comment ça, on n'est pas nombreux? :P)

vendredi 24 octobre 2008

"Je ne verrai pas Okinawa"

Comme j'avais beaucoup aimé les deux tomes de "Fraise et chocolat", je n'ai même pas cherché à savoir de quoi parlait ce troisième album d'Aurélia Aurita: dès que Chouchou l'a repéré dans les rayons de Filigranes, dimanche dernier, je l'ai emporté à la caisse. Le soir même, je le lisais d'un trait.

Les amateurs d'histoires de fesses autobiographiques, à la fois candides et crues, en seront pour leurs 12€. Ceux qui espéraient passer un moment de franche rigolade, aussi. Cette fois, Aurélia Aurita ne nous raconte pas ses galipettes avec son amoureux, mais son tout dernier séjour au Japon et la façon dont elle manqua se faire renvoyer directement en France à peine son avion posé à l'aéroport de Narita. Intrigués par les fréquents aller-retour qu'elle effectuait entre les deux pays depuis quelques années, les douaniers refusèrent d'accepter ses explications. De quoi la soupçonnaient-ils au juste, on ne le saura jamais. Mais au terme d'une confrontation aussi humiliante qu'ubuesque, ils lui accordèrent un permis de séjour d'un mois seulement. Juste le temps de faire ses adieux à ce pays qu'elle aimait tant et où elle ne se sentait désormais plus la bienvenue.

Quand on a été au Japon en tant que touriste et qu'on s'est émerveillé de l'immense gentillesse des gens rencontrés là-bas, on tend à oublier combien, de nos jours, les Japonais ont encore une mentalité protectionniste et xénophobe. Ils se montrent extrêmement serviables envers les étrangers de passage, mais que ceux-ci tentent de s'installer et de s'intégrer parmi eux, et bien souvent, on leur claquera la porte au nez. Avec moultes formules de politesse, mais le résultat sera le même.

J'ai vécu plus ou moins la même expérience qu'Aurélia Aurita durant l'année passée aux USA. Lors de mon dernier voyage, j'ai été retenue plusieurs heures dans les bureaux des services d'immigration qui trouvaient que plusieurs séjours de trois mois enchaînés à quelques semaines d'intervalle, c'était louche. J'ai eu beau leur expliquer ce que je faisais comme métier, que j'étais payée par des éditeurs français et que même si je travaillais physiquement sur leur sol, je ne piquais en aucun cas le boulot d'un Américain, c'est tout juste s'ils ont accepté de me laisser entrer dans le pays. J'ai senti qu'une prochaine fois, je n'aurais pas autant de chance. A la fin de ce séjour, je suis rentrée en France pour de bon. Et je ne suis retournée aux USA, pour dix jours, que huit ans après.

jeudi 23 octobre 2008

"Desperate housewives" saison 4

Les ménagères désespérées sont de retour pour une saison 4 certes raccourcie par la grève des scénaristes (17 épisodes au lieu de 22 habituellement), mais de très bonne facture. Après douze ans passés à Chicago, Katherine Mayfair revient à Wisteria Lane avec un séduisant deuxième époux et une fille adolescente qui, curieusement, ne se souvient pas avoir déjà vécu dans le quartier - ni avoir été la meilleure amie de Julie Mayer. Cette rousse flamboyante au caractère inflexible, experte en arrangements floraux et en tarte au citron meringuée, va rapidement se poser en rivale pour Bree. L'actrice Dana Delaney, qui l'interprète, avait d'ailleurs refusé le rôle finalement attribué à Marcia Cross l'année où la série fut créée. Je trouve personnellement que nous avons gagné au change.

Bon, le mystère principal n'est pas le plus palpitant qui soit, et le double épisode de la tornade mis à part, cette saison manque un peu de moments forts (la plupart d'entre eux échoient à Felicity Huffman, qui entre son cancer et sa démoniaque belle-fille dispose de tous les atouts nécessaires pour émouvoir les spectateurs). En revanche, les répliques hilarantes fusent au rythme d'une par minute, ou presque. Gabrielle, qui jusque là n'était qu'une garce matérialiste, devient une garce matérialiste drôlissime. Quand Carlos lui ordonne de faire ses bagages pour fuir dans la minute, et de n'emporter que le strict nécessaire, il la retrouve en train de bourrer deux énormes valises d'effets personnels. Il saisit un boa qu'il lui brandit sous le nez d'un air incrédule. "Quoi? Si tu m'emmènes dans un endroit où je n'aurai pas besoin de boa, je ne suis pas sûre de vouloir te suivre!" réplique Gabby, indignée. La fausse grossesse de Bree donne également matière à maintes scènes comiques, notamment celle de la soirée d'Halloween.

L'un dans l'autre, ça ne vaut pas la première saison, mais c'est bien supérieur à la seconde. Et si la fin est amenée un peu rapidement à cause du nombre d'épisodes réduits, elle consiste en un "flash forward" très intrigant. Cinq ans plus tard, Bree est devenue un auteur de livres de cuisine à succès; Gabrielle, une mère de famille rondouillarde et mal fagotée; les fils de Lynette sont des délinquants juvéniles, et Susan a divorcé de Mike. Pourquoi, comment? Vous le saurez en regardant la saison 5 de "Desperate housewives"!

mardi 21 octobre 2008

Leonard Cohen à Forest National

Leo entre et sort de scène en sautillant comme un jeune homme. Le reste du temps, malgré sa silhouette un peu tassée par l'âge, il se balance au rythme de la musique; souvent, il met un genou en terre et ferme les yeux comme s'il était totalement absorbé par la puissance de ses propres mots. Deux écrans géants restituent son expression tantôt grave et mélancolique, tantôt éclairée par un sourire très doux. Sa voix est toujours aussi magnifique, grave et profonde. Elle n'a rien perdu de sa force ni de ses nuances; le temps n'a pas altéré son timbre fabuleux. Si les cigarettes, le café fort et le whisky avaient une tonalité, ce serait celle-là. Cet homme n'est pas spécialement beau, et il ne l'a jamais été. Mais il a un charisme époustouflant, une aura qui fait que le public, au lieu de chanter à tue-tête avec lui, retient son souffle et l'écoute religieusement.

Leo s'adresse rarement à son public: tout est déjà dans ses chansons. Mais quand il remercie, il enlève son chapeau, le porte à son coeur et appelle les spectateurs "friends". Il fait même l'effort de prononcer quelques phrases en français. Son humilité, sa chaleur, la sincérité profonde qui émane de lui sont bouleversantes. Cet homme ne triche pas, et ça se sent. Sur scène, il est accompagné par des artistes fantastiques, choristes et musiciens qu'il place chacun à leur tour dans la lumière en leur faisant interpréter une chanson ou jouer un long solo, et qu'il présente (deux fois!) avec des termes merveilleusement poétiques - par exemple, "the master of timekeeping" pour son batteur, ou "the prince of arpegio" pour son guitariste. Cet homme est la générosité incarnée.

Leo ne plaint pas son temps. Entracte de vingt minutes compris, le spectacle dure près de trois heures et comporte trois rappels. Pour le premier, il interprète "So long, Marianne" et "First we take Manhattan". Il conclut le second par "Closing time", et on pense que ça va s'arrêter là. Mais presque aussitôt, le public lui faisant une énième standing ovation, il revient entonner "I tried to leave you" avec un petit sourire ironique. Oui, en plus de tout le reste - le talent, l'intelligence, la sensibilité -, cet homme a de l'humour!

Leo a 74 ans. Il a tout vécu, tout essayé - fréquenté les plus grands artistes des années 60 et 70, logé au mythique Chelsea Hotel et habité dans une semi-réclusion sur une minuscule île grecque, enchaîné les amours tumultueuses et politiquement incorrectes, été menacé de mort par un de ses producteurs et plumé par sa secrétaire particulière*, écrit de nombreux romans et recueils de poésie en plus de sa carrière de chanteur. Et partout, tout le temps, il a cherché Dieu, ou du moins, quelque chose de divin. Comme Siddharta dans le roman éponyme de Herman Hesse, il est à la fois un pécheur et un saint, capable de se vautrer dans les plaisirs terrestres et de passer plusieurs années dans un monastère zen. Son parcours chaotique mais sans compromission lui a donné une sagesse rayonnante. Cet homme irradie l'amour - amour des femmes, de son prochain en général et surtout de la vie. Alors, quand il chante,dans "Anthem": "There is a crack in everything; that's how the light gets in", je me sens pardonnée pour toutes mes erreurs, validée dans mes propres choix parfois erratiques. Moi qui ne crois pas en Dieu, c'est comme si je recevais l'absolution de la part de la personne qui incarne à mes yeux toute la beauté complexe et glorieuse de l'être humain.

Avant le premier couplet de la première chanson ("Dance me till the end of love"), j'ai déjà les yeux pleins de larmes tellement c'est fort pour moi de me retrouver dans la même salle que lui. Même si je ne distingue que vaguement sa silhouette minuscule - son éternel feutre et son pardessus noir - sur la scène de Forest National, j'ai l'impression que sa voix résonne directement dans mon coeur sans passer par mes oreilles. Pendant "In my secret life", qui n'est même pas un de mes morceaux préférés, les vannes s'ouvrent et je me mets à sangloter sur l'épaule de Chouchou. "I smile when I'm angry, I cheat and I lie, I do what I have to do to get by, but I know what is wrong and I know what is right..."

Mais le pire arrive au moment de ses magnifiques adieux. Je sais que ce concert sera unique, que je ne reverrai probablement jamais Leo. C'est "Ravie de faire votre connaissance", "Vous êtes une personne sublime qui me touche comme nulle autre au monde" et "Au revoir à jamais" en l'espace de quelques heures. Alors, quand il dit (je reconstitue vaguement de mémoire): "We thank you for your unforgettably warm welcome. It's getting chilly up there (...), but when the cold gets too bitter, may we remember one another. Thank you friends, and good night", je m'effondre totalement. Il me semble que toutes les émotions intenses, bonnes ou mauvaises, que j'ai jamais éprouvées ressurgissent d'un coup pour me submerger. Je suis anéantie, terrassée par le poids de mes propres joies et de mes propres chagrins passés ou à venir. Ce que je viens de vivre, ce n'est pas juste un concert inoubliable: c'est ce qui peut se rapprocher le plus d'une expérience mystique pour une athée comme moi. Tout ça par la grâce d'un petit bonhomme imparfait et sublimement humain.

Thanks to you too... friend.

*d'où cette tournée dont il nous gratifie quinze ans après la précédente afin de renflouer les caisses: le malheur des uns, etc.

lundi 20 octobre 2008

Le Shimla

Finalement, hier soir, en rentrant de chez Filigranes où nous venions de faire quelques emplettes (le tome 19 de Nana et le nouveau Aurélia Aurita pour moi; le deuxième bouquin de potins hollywoodiens de Peter Biskind pour Chouchou), nous avons décidé de nous faire un petit resto. Nous pensions tester le grec voisin de notre Mamma Roma, mais la lecture de la carte affichée en vitrine - et étrangement bourrée de plats français - ne nous a pas inspirés. Comme d'habitude, je m'apprêtais à laisser tomber et à rebrousser chemin; comme d'habitude, Chouchou a insisté pour faire quand même le tour de la place Jourdan, au cas où.

Il a eu raison. Un peu après le contact GB où je préfèrerais me ruiner à faire mes courses plutôt que de retourner au Colruyt, nous avons découvert un restaurant indien à la façade sympathique et au menu alléchant, bien que dans une gamme de prix supérieure à celle des établissements que nous fréquentons d'habitude. Bon, c'était nos deux ans et nous venions juste de mettre le point final à notre installation dans le nouvel appartement; nous avons donc estimé que ça méritait bien un petit gueuleton.

Et de fait, gueuletonné nous avons. Thali viande pour Chouchou, thali végétarien pour moi et une demi-bouteille de rouge indien pour arroser le tout. La nourriture était absolument divine; comme souvent, nous avons échangé nos assiettes à la moitié du repas et les huits plats que nous avions commandés à nous deux rivalisaient de déliciosité (je sais, ce n'est pas un mot, mais on s'en fout). Sauces crémeuses et parfumées, viande tendre et cuite à point, légumes fondants... Un vrai régal. Le vin aussi était intéressant, un Cabernet-Sauvignon pas très sophistiqué mais un peu râpeux avec quelque chose à la limite du pétillant. Quant à l'atmosphère de la salle, elle est intimiste juste ce qu'il faut grâce aux murs peints en rouge et aux lumières tamisées. En résumé, une très bonne adresse que je recommande vivement.

Le Shimla, place Jourdan 67, 1040 BRUXELLES

Emmanuelle comme un soleil

L'autre jour, après avoir lu une interview de soeur Emmanuelle dans un quelconque magazine féminin, je m'émerveillais de la longévité de cette femme extraordinaire et faisais remarquer à Chouchou que mère Theresa et l'abbé Pierre avaient eux aussi vécu fort vieux et en restant lucides jusqu'au bout, comme si le fait d'avoir un coeur énorme et de vivre pleinement en accord avec ses convictions préservait de la décrépitude. Autant je suis athée et, il faut le reconnaître, assez farouchement anticléricale en général, autant j'admirais ces trois personnages hors du commun qui ne se contentaient pas de prêches faciles mais avaient consacré toute leur existence à servir les autres de la façon la plus concrète qui soit.
Soeur Emmanuelle était née à Bruxelles et a fini sa vie non loin de Monpatelin. Elle aurait eu cent ans le mois prochain, et elle a eu une vie extrêmement bien remplie. Mais c'est toujours triste quand une grande âme s'éteint.

dimanche 19 octobre 2008

Deux ans

Deux ans aujourd'hui que nous sommes ensemble... Qui aurait parié que cette histoire commencée à la sauvage dans une chambre d'hôtel nous mènerait si loin? Pas moi, en tout cas. Pas lui non plus, je crois. Nous venions de sortir passablement cabossés de nos relations précédentes, et aucun de nous deux ne se sentait prêt à se relancer dans quelque chose de sérieux. Comme quoi, c'est toujours quand on ne cherche pas qu'on finit par trouver.

Ces deux années ont sûrement été les plus belles et les plus heureuses de ma vie. Certes, il y a eu des disputes spectaculaires et des remises en cause assez violentes. Mais - peut-être forts des leçons inculquées par nos échecs respectifs -, nous avons su nous en servir pour avancer, aussi bien ensemble qu'à titre individuel. Chacun de nous a mis de l'eau dans son vin et appris à maîtriser ses sautes d'humeur ou ses éclats de colère. Le Breton et l'Homme faisaient ressortir le pire chez moi: l'esprit de contradiction et l'intransigeance pour le premier, la mélancolie et l'apathie pour le second. Avec Chouchou, je ne suis que tendresse et bonne volonté. Et il me semble aussi que je lui fais du bien, tant le changement de sa personnalité depuis que nous nous connaissons est spectaculaire.

Nous avons le même amour du jeu, de la création et des découvertes, le même imaginaire fort et avide de stimulations nouvelles. Ensemble, nous ne nous ennuyons jamais sauf quand il insiste pour me faire regarder "Belle de Jour". Nous débordons d'envies et de projets communs: blogs, photos, spectacles, voyages... Nous avons déjà partagé beaucoup d'expériences intenses, comme une soirée à la Porte des Sens, un séjour au Japon ou un saut en parachute. Et j'ai toujours l'impression que ce n'est que le début, que l'installation dans notre nouvel appartement va nous ouvrir un tas de perspectives supplémentaires.

Nous n'avons rien prévu de spécial pour aujourd'hui. D'abord, nous finissons tout juste de liquider les derniers cartons du déménagement. Ensuite, entre les achats de meubles neufs et les frais administratifs, nos comptes en banque font plutôt grise mine ce mois-ci (un gris tirant sur le rouge). Enfin, comme j'ai déjà dû le répéter des dizaines de fois, je ne suis pas fan des célébrations imposées, des réjouissances à date fixe. Je peux occasionnellement décider de fêter un anniversaire en grande pompe, mais je n'aime pas me sentir obligée de le faire. De toute façon ***WARNING: mode "cheesy" on*** avec Chouchou, la fête, c'est tous les jours ***mode "cheesy" off***.

samedi 18 octobre 2008

Taguée!

Non, je ne me suis pas fait repeindre la face par un délinquant juvénile. Mais Melissa m'a demandé de répondre après elle au petit questionnaire musical qui circule en ce moment sur les blogs. Le principe:
- Choisir 5 chansons qui vous ressemblent et dire pourquoi
- Faire une petite playlist avec
- Rajouter en sixième position “The Song”, celle que vous aimez d’amour, plus jamais vous ne pourrez vivre sans
- Et taguer 5 personnes de votre choix

Nobody's wife d'Anouk


Il y a dix ans, alors que j'étais fraîchement divorcée, j'ai eu le coup de foudre pour cette chanson: la voix rauque de la chanteuse hollandaise, le beat énergique, et surtout les paroles qui décrivaient parfaitement ma position par rapport à l'amour et au mariage - le sentiment d'enfermement, voire d'aliénation, qui me poussait à blesser la personne avec qui j'étais. Je me suis pas mal adoucie depuis, je crois. Mais je ne serai plus jamais la femme de personne quand même.

First we take Manhattan de Leonard Cohen

Impossible de trouver une version transférable de la vidéo, je me contente donc de vous mettre le lien vers Youtube:

http://www.youtube.com/watch?v=tFBKV0zVXSE

Ce n'est pas la plus belle des chansons de Leo, mais sûrement celle qui me correspond le mieux. Le texte est tellement riche qu'on peut l'interpréter de tout un tas de façons. Je crois qu'à la base, il était censé parler de la Guerre Froide. Moi, j'y vois un portrait d'insoumis qui malgré l'opprobe de la société s'entête à poursuivre le chemin chaotique et ardent qu'il s'est choisi. Un morceau parfaitement jubilatoire. J'aurais aussi pu choisir "Everybody knows", mais ces temps-ci, je ne suis plus assez cynique pour estimer qu'elle me représente vraiment.

Un être idéal de Véronique Sanson


J'ai hésité à citer le "Bitch" de Meredith Brooks - parce que je suis nombreuse, limite schizophrène parfois. Mais la musique est trop naze. A la place, j'ai donc opté pour ce morceau de Véronique Sanson, pas son plus connu ni son meilleur, mais qui fait écho à pas mal des questions que je me suis posées au fil des ans sur ce que je voulais devenir, la personne que je voulais être. Pas évident, d'un côté, de rester en accord avec ma nature profonde, et de l'autre, de lutter pour parvenir à une certaine sérénité et une humilité dont je ne suis absolument pas dotée à la base.
(Pour les trentenaires: avez-vous reconnu, dans la vidéo, la comédienne qui jouait Lalie dans "Hélène et les garçons?")

Going under d'Evanescence


Je me retrouve tout à fait dans la musique goth-rock lourde à souhait, et surtout dans les paroles qui décrivent le sentiment de se noyer que l'on peut avoir quand on vit un amour qui fait mal. Ca résume assez bien ma relation avec l'Homme, cette blessure qui ne se décide pas à se refermer deux ans et demi après notre rupture.

Enjoy the silence de Depeche Mode (version Mike Shinoda)



Parce que c'est la face lumineuse du morceau précédent. L'amour qui fait du bien s'y impose comme une évidence; il n'a pas besoin du langage pour s'exprimer: il se suffit à lui-même. C'est ce que je vis avec mon amoureux, et qui m'inspire une gratitude immense chaque jour.

Chanson bonus: Glorious d'Andreas Johnson


Le texte est anecdotique. Il faut juste se laisser soulever par les violons et par la voix du chanteur au début du refrain. Si les chansons citées précédemment me ressemblent de par leur texte, on pourrait dire que celle-ci retranscrit parfaitement mon caractère en musique. Bien qu'elle ne soit pas très connue (à part, sans doute, pour avoir servi de bande-son à un spot publicitaire vantant les mérites d'une célèbre pâte à tartiner), j'ai eu la surprise et le ravissement de la retrouver le mois dernier sur le DVD de mon saut en parachute.

Cette liste a évolué avec moi. Il y a quelques années, comme chansons qui me représentaient, j'aurais pu citer "Warm wet circles" et "That time of the night" de Marillion, "Drôle de rage" de Lola Lafon & Leva, "Le tango du qui" d'Olivia Ruiz, "Me" de Paula Cole, "Vigil" de Fish, "Des attractions désastre" de Daho ou encore "Bienvenue sur mon boulevard" de Goldman. Depuis, j'ai - plus ou moins - réussi à mettre le passé de côté, à prendre le dessus sur mes angoisses, à maîtriser mes sautes d'humeur et mes pulsions explosives. Si je continue comme ça, d'ici dix ou vingt ans, je devrais faire un être humain parfaitement fréquentable :)

Voilà voilà. Et puisqu'il faut absolument taguer 5 autres personnes, disons...
- Monsieur Tout-le-Monde, alias Chouchou (ben oui, je suis curieuse)
- Gren
- Poulpy (poste, feignasse!)
- Sophie (qui ne lira sûrement pas ce message, hélas; je suis pourtant sûre que ses réponses auraient été, comme d'habitude, une merveilleuse source de perplexité ou d'hilarité, voire les deux à la fois)
- Ingrid

vendredi 17 octobre 2008

"Twilight"

Intriguée par la fascination que cette série de Stephenie Meyer semblait exercer sur ses lectrices, et nourrissant un intérêt à la fois personnel et professionnel pour la littérature vampirique, j'ai fini par craquer et par commander le premier tome. Avant-hier soir, comme Chouchou rentrait du boulot vers 23h et que je ne voulais pas attaquer sans lui la deuxième saison de "Ugly Betty" en DVD, j'ai ouvert "Twilight" en me disant que j'allais jeter un coup d'oeil au premier chapitre, pour voir. Le temps que je repose le bouquin, j'en avais dévoré deux cents pages presque d'un trait.

Je n'ai pourtant pas grand-chose de nouveau à apporter aux critiques lues de-ci de-là. Oui, la série semble s'adresser plutôt à des adolescentes avec ses héros lycéens qui découvrent l'amour et le désir. Oui, le style est assez simpliste; rien de bouleversant, en tout cas. Non, le sujet n'a rien d'original - même si ici, les vampires sont "végétariens" et peuvent sortir le jour du moment qu'il ne fait pas trop soleil. Pourtant, ça fonctionne, et ça fonctionne même très bien. Il est extrêmement difficile de s'arracher à ce roman dont les pages se tournent toutes seules. En deux soirs, je l'ai presque terminé; je viens de commander les trois tomes suivants sur Amazon, et j'attends avec impatience l'adaptation cinématographique dont la sortie est prévue pour fin novembre aux USA. Ci-dessous, la bande-annonce:

(Ouais je sais... C'est trop bizarre de voir Cedric Diggory en vampire charismatique. Un peu comme si on castait, je sais pas moi, Tom Cruise dans le rôle de Lestat.)

"Twilight" est paru en français sous le titre "Fascination", avec la même couverture que la VO.

jeudi 16 octobre 2008

Chouchou file un mauvais coton

D'abord, il se rase au prétexte fallacieux qu'on lui fait des remarques sur sa pilosité faciale au boulot, alors qu'il sait que je l'aime barbu et hirsute comme un bandit de grand chemin. Mais qui c'est qui lui fait des câlins le matin au réveil, mmmh? Ses collègues ou moi?
Ensuite, sur la patate douce au four dont je raffole et que je lui fais goûter pour la première fois, il verse, non pas un simple filet d'huile d'olive comme les gens civilisés (entendre: les gens de ma famille), mais... une bonne dose de pesto rouge vif. Hérésie!
Et pour couronner le tout, il trouve malin de me lancer avec un sourire réjoui: "Alors lundi, on va voir Leonard Couenne?". I'm not amused.
Chouchou part travailler dans un quart d'heure, et je pense que c'est une bonne chose pour la paix de notre ménage.

mardi 14 octobre 2008

Triste et inquiète

Chaque retour à Bruxelles a un goût doux-amer. Je suis toujours tiraillée entre le plaisir de revoir mon amoureux et le regret de laisser derrière moi ma région natale.

Aujourd'hui, la balance penche plutôt du côté de l'amertume. Un peu parce que c'est l'anniversaire de l'Homme et que ça me ramène à ses 40 ans, cette fête surprise que je mijotais pour lui et qu'il s'est finalement organisé tout seul, profitant de l'occasion pour présenter Fausse Blonde à ses proches. Mais surtout parce que Mère vient de m'annoncer au téléphone que le test pour le cancer colorectal de Père était revenu positif. C'était dans l'air depuis des années; il souffrait sans que les médecins parviennent à lui trouver quoi que ce soit. Aujourd'hui que l'on tient peut-être, enfin, une cause et un traitement, il refuse de retourner chez son docteur pour découvrir de quoi il retourne au juste. Les hôpitaux l'ont toujours terrorisé, au point que même s'il sait rationnellement qu'y aller très vite lui permettrait d'avoir un traitement moins lourd et de meilleures chances de s'en sortir, il est capable de faire l'autruche jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Si le problème est grave (et heureusement, il reste encore une chance qu'il ne le soit pas; mais dans ces cas-là bien sûr on envisage toujours le pire...), je pressens des mois très difficiles à venir. Mère aura beaucoup de mal à gérer un truc pareil; Soeur Cadette a déjà un emploi du temps qui suffirait à occuper deux personnes normalement constituées - et les tensions nerveuses qui vont avec; quant à moi, je vis à 1500 km... Mais cette année, j'ai déjà perdu une amie très chère à cause de cette saloperie. Je refuse de perdre également mon père s'il est possible de le guérir. S'il faut que j'aille lui botter les fesses sur place, voire le traîner drogué et saucissonné à l'hôpital, je le ferai. Et ce n'est pas avec ses 52 kilos tout mouillé qu'il arrivera à me résister.

lundi 13 octobre 2008

Ma cure de télé

Pendant mon séjour à Monpatelin, j'ai passé presque toutes mes soirées devant la télé. C'est une chose que je faisais rarement du temps où je vivais seule dans le Midi de la France. D'abord parce que peu d'émissions m'intéressaient, ensuite parce qu'en général je préférais m'occuper à quelque chose de plus personnel comme scrapper, bouquiner ou papoter sur MSN. Mais là, j'avoue que j'ai pris plaisir à glander sur mon canapé avec le portable sur les genoux, surfant d'un oeil et suivant plus ou moins un programme de l'autre.

Mardi: "La Doublure", film français dans lequel un type malchanceux en amour (Gad Elmaleh, passablement insipide) est engagé par un riche industriel (Daniel Auteuil, détestable à souhait) pour faire semblant de sortir avec la maîtresse de celui-ci (Alice Taglioni, bombesque comme d'hab) et le protéger ainsi des foudres de sa femme jalouse (Kristin Scott-Thomas, glaciale). Gentillet, sans plus. J'ai enchaîné avec deux épisodes de la saison 5 de "Nip/Tuck" . Le cabinet McNamara/Troy a déménagé à Los Angeles, ville de tous les excès chirurgicaux. Et la série en a profité pour montrer encore d'un cran dans l'outrancier. Si si, c'est possible. Je crois que je m'épargnerai l'intégrale en DVD quand elle sortira.

Mercredi: Trois épisodes de la saison 4 de "Grey's anatomy". J'avais déjà regardé quelques épisodes de la saison 1 chez Soeur Cadette, qui en était assez fan. Je n'avais pas trop accroché à l'époque, et ma première impression s'est confirmée. C'est du sous-"Urgences", point.

Jeudi: Sur Arte, un long métrage passé inaperçu (de moi, du moins) lors de sa sortie en salle: "Brodeuses". L'histoire d'une adolescente enceinte qui veut faire adopter son bébé à la naissance, et qui durant sa grossesse rencontre une femme en deuil de son fils. Leur amour commun de la broderie va les rapprocher et les aider à surmonter leurs épreuves respectives. Ce "petit" film au rythme très lent est une merveille de délicatesse et de sensibilité. Lola Naymark, jeune actrice au teint diaphane et à la chevelure de feu, avait d'ailleurs été nominée pour un César l'année de sa sortie, tout comme Ariane Ascaride qui pour une fois met son talent au service d'un autre réalisateur que son mari. Une très bonne surprise.

Vendredi: "NCIS" - un épisode de la saison 5 et deux de la saison 4, que j'ai ratée pour cause de non-télédistribution à Bruxelles au moment de sa diffusion. Gibbs avec une moustache? Not sexy at all. Mais bien que je n'aime pas les séries policières en général, je suis toujours aussi fan des personnages et des dialogues de celle-là. Et puis parce que j'ai un peu tardé à éteindre, je me suis laissée entraîner dans "Journal d'une call-girl", la série tirée du best-seller autobiographique sulfureux de Belle de Jour. Une vision décomplexée, ni dramatique ni rose bonbon, de la prostitution haut de gamme, avec dans le rôle principal une Billie Piper étonnamment bonne. A suivre en DVD.

Samedi: Relâche pour cause de dîner chez C&C.

Dimanche: "L'ivresse du pouvoir". Isabelle Huppert interprète (bien, comme d'habitude) une juge d'instruction acharnée qui essaie de faire tomber des hommes d'affaires corrompus malgré les menaces de plus en plus grandes contre sa vie et celle de ses proches. Mais je déteste les fins en queue de poisson où rien n'est résolu. Après ça, "Combien tu m'aimes?". Il paraît que Monica Bellucci peut être une actrice remarquable. Dans tous les films où je l'ai vue, elle n'avait rien d'autre pour elle que sa plastique irréprochable. Quant à l'excellent Bernard Campan, je ne sais pas ce qu'il est allé faire dans cette galère. Ca hurle, c'est ridiculement mélodramatique, je n'ai pas tenu jusqu'à la fin.

Lundi: "Escalier C", film choral des années 80 qui n'a pas très bien vieilli. Du beau monde au générique, tout de même. Ca fait bizarre de voir Catherine Frot en brune bouclée et Jean-Pierre Bacri avec une tête pleine de cheveux.

Bon, ben la semaine confirme ce que je pensais: je peux très bien me passer de télé pour peu que j'arrive à récupérer les quelques séries que j'aime en DVD.

dimanche 12 octobre 2008

Holding my breath...

Tout à l'heure, je me connecte sur le site de Forest National comme ça, au hasard, pour pleurer sur le fait que les deux dates de Leo (oui, son âme et la mienne sont très intimes, alors je l'appelle simplement Leo) sont sold out depuis longtemps... Et là, je vois défiler un bandeau en haut de la page: "NOUVEAU: Leonard Cohen, places à visibilité réduite disponibles". Je me doute que "réduite" signifie "quasi-nulle", mais tout de même, c'est sans doute ma toute dernière chance d'assister à un concert de mon idole*. Même si je ne le vois pas ou peu, je serai dans la salle, je l'entendrai, nous respirerons le même air!
Donc, je lance une commande. Et là, grosse perplexité. Les places en catégorie 4 sont toujours indisponibles sur Sherpa.be. Toutes les autres, en revanche, sont indiquées dispos. Je soupçonne un bug de programmation, mais je continue quand même. Je réclame deux places en catégorie 1. Ca passe. Je paie avec ma Visa. Ca passe. Quelques minutes plus tard, je reçois un mail de confirmation pour les places suivantes: Fauteuils A, 8-113 et 114. Je ne comprends rien et n'ose pas y croire. Depuis, j'attends que Sherpa.be m'envoie un mail pour s'excuser de son erreur.
*La musique de Leo est immortelle, mais je crains que son corps ne le soit pas, et il a quand même plus de 70 ans.